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 Enjoy the trip, boys! [Romain/Gaby]

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Message(#) Sujet: Enjoy the trip, boys! [Romain/Gaby] Mer 24 Mar 2010 - 22:06





ENJOY THE TRIP, BOYS!
Alfie T. Braddock & Gabriel McAllister & Romain Parker-Walsh

11 avril 2011


Il faut dire que le passage, plutôt rapide avouons-le, de Gabriel en prison ne passa pas inaperçu. Alfie avait donc accueilli Andrew chez lui en attendant et comme son frère était sortit de taule, tout semblait rentrer dans l'ordre. Le vieil homme n'était pas plus choqué que ça par cette incarcération puisque de toute façon, les charges avaient été levées et Gabriel était libéré. Un homme n'était pas un homme tant qu'il n'avait pas passé quelques nuits en prison, foi de Braddock! Alfie n'avait pas l'intention de demander des comptes rendus, ne voulant en aucun cas être mêlé à ses histoires. Il ne comprenait rien à l'économie et encore moins à la politique donc il ne se voyait pas du tout s'interposer en tentant de donner son point de vue. Il avait suivit la campagne de Gabriel, il avait voté pour lui, mais il ne pouvait malheureusement rien faire de plus.

Il avait toutefois eu l'idée d'inviter son neveu en mer et comme Gabriel avait sans doute besoin de se changer les idées, il n'avait pas hésité à le lui proposer également, ne manquant pas de lui dire qu'il pourrait rencontrer le Romain dont il avait tant parlé. Il n'avait pas jugé bon de prévenir Romain et à vrai dire, il avait totalement oublié de le lui demander. Comme il doutait fortement que les deux hommes se connaissent, il n'y aurait sans doute aucun problème du côté de son neveu. Sa femme leur avait préparé des sandwichs en quantité suffisante pour nourrir une armée et il eut un mal fou à contenir le chien alors que ce dernier voulait absolument le suivre.
« Sparky, tu restes à la maison! Tu es un beau toutou, mais tu ne peux pas plaire à tout le monde! »
Après une caresse et un ordre, Alfie put quitter la maison alors que sa montre indiquait deux heures et quart. Les deux autres devaient le retrouver sur le quai à deux heures et demie en principe et il grimpa au volant de sa voiture en pesant sur le champignon histoire d'arriver à l'heure. Lorsqu'il gara la voiture et en descendit, le sac contenant les sandwichs sur l'épaule, il fit le tour de l'endroit des yeux avant de comprendre que ni l'un ni l'autre n'était arrivé. Tant mieux, ça lui donnerait le temps de préparer le bateau. Il grimpa sur le quai en saluant joyeusement un autre plaisancier et se rendit jusqu'à l'emplacement de son bateau de pêche. Un sourire vint poindre sur ses lèvres alors qu'il posait les pieds dans l'embarcation, savourant la sensation de liberté qui le prenait lorsqu'il sentait les vagues faire balloter le bateau. Il laissa les sandwichs dans la cabine et défit la plupart des cordages afin de prendre de l'avance, vérifiant également le moteur rapidement afin de s'assurer que tout était en bon état. Lorsqu'il aperçut Gabriel sur le quai, vêtu d'un pantalon et d'une chemise noire qu'il pouvait sans doute porter lors de conférences quelconques, ses yeux s'agrandirent et il pouffa de rire.
« Je veux bien croire que t'avais pas de vêtements de sport dans ta penderie, mais t'aurais pu faire un effort! Tu vas crever de chaud sur le bateau! » débuta-t-il en riant toujours, amusé de la situation. Il se reprit toutefois en fronçant les sourcils. « Attends, j'ai peut-être un truc pour toi! Si je me souviens bien, Romain avait laissé des vêtements ici... Quelque part par là... Oh, les voilà! »
Il avait fouillé deux coffres, sous les bancs, avant de trouver les vêtements qu'avait oublié son neveu la dernière fois. Un short et un tee-shirt.
« Tiens! Vas te changer dans la cabine! Vous devez faire à peu près la même taille, ils devraient t'aller. Le style n'est pas trop le tiens, mais j'imagine que tu ne vas pas t'en plaindre! »
Il avait descendu du bateau afin de donner une tape amicale sur l'épaule de Gabriel, lui désignant le bateau avec un sourire, le laissant y aller en faisant quelques pas sur le quai. Lorsqu'il vit la peugeot de Romain se garer non loin de sa voiture à lui, il eut un sourire en levant les bras, attendant qu'il s'avance vers lui pour le saluer.
« Hallelujah! Comment va mon cher petit neveu? » fit-il aussitôt en ébouriffant les cheveux du jeune homme en riant. « Au fait, j'ai invité Gabriel à se joindre à nous, j'espère que ça ne te dérange pas? Il se change et on est prêts à partir! »
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Message(#) Sujet: Re: Enjoy the trip, boys! [Romain/Gaby] Sam 27 Mar 2010 - 8:26

    21 mars 2011. Prison de Miami.

    What doesn't kill me makes me wish it had
    just so i can quit and stop making you sad

    « Avoir volé de l'argent pour ta campagne, c'est déjà pas très reluisant...mais Pride ? Sacrifier l'avenir d'un homme pour ta carrière ?! Jusqu'où tu compte aller comme ça ? »
    « Arrête Micaela... » sa voix mal assurée tremblait de fatigue. Lui d'habitude si stoïque, capable de subir les pires attaques sans faiblir, sentait les rats lui dévorer l'estomac. Incapable de se défendre, incapable d'encaisser. Pourtant, Gabriel releva le menton, solide et sombre. Il pouvait se maitriser. Il devait se maitriser, laisser la tristesse et les remords de côté. Parce que s'effondrer n'était pas une option. Parce que j'ai encore ça dans les veines, se répétait il mentalement dans une supplique désespérée à tout son être dont il s'efforçait de contrôler le moindre faux-pas. Lentement, Gabriel inspira et déposa ses mains à plat sur la table. Puis il amorça un regard d'acier avant de reprendre, emprunt d'une détermination oppressante « Je ne suis pas personnellement contre lui, je prends les mesures qui s'imposent, point. »
    « Les mesures qui s'imposent ? J'espère pour toi que ça vaut la peine de priver un enfant de son père... » Nouvelle flèche en plein cœur. « C'est facile de faire comme si j'étais le seul fautif ! Pride a agit en connaissance de cause, il était parfaitement conscient des risques. Qu'est ce que tu crois ? Qu'entre lui et moi c'était à la vie à la mort peut-être ? » L'orateur qu'il était mesurait pleinement chaque mot, pesait la moindre syllabe et l'intonation provocatrice destinée à repousser la Mexicaine pour mettre plus rapidement fin au supplice. « Non...mais j'espérais qu'entre nous, ça l'était. Manifestement je me suis trompée. » Acheva la future mère déçue, amère, tout en prenant appuie sur la table afin de se redresser et de se détourner de lui sans un regard.

    Dès qu'elle eut disparue par l'embrasure de la porte, un haut le cœur acide secoua le sénateur en sursit, ravagé par la comédie détestable à laquelle il venait de se livrer pour ne pas la retenir et la faire souffrir davantage. Il se mordit la lèvre jusqu'à ce qu'un pic de douleur acide mêlé au goût métallique du sang envahissent sa bouche. La vie était une chienne et le désespoir avait le goût du sang et de la bile. Gabriel l'avait apprit à ses dépends et si malgré tout comme il le disait "La fin justifiait les moyens", sa fin, elle, serait solitaire.

    Retour au présent...

    « Ça te changera les idées ! » avait argumenté Alfie. Un peu sceptique au départ, le ton jovial au bout du combiné avait eu raison de son humeur massacrante. C'est donc mi-figue mi-raisin, que Gabriel rejoignait le port au volant de son Aston. Chemin faisant, une légère appréhension parcouru son esprit. Il n'était pas vraiment sûr qu'une virée en mer lui soit réellement bénéfique. Depuis sa sortie de prison, le seul palliatif qu'il avait trouvé pour oblitérer la douleur d'avoir perdu l'estime de son frère et l'affection de Micaela, avait été de se laisser ensevelir par le retard accumulé dans la seule chose qui ne lui avait pas été retirée : son travail. Il s'évertuait à y engourdir son esprit, faisant taire tant bien que mal les râles de son cœur lacéré, bien plus vulnérable qu'il n'oserait jamais l'admettre.

    Son arrivée près des docks chassa son angoisse furtive tandis qu'il se garait entre deux autres voitures avec une précision aussi machinale qu'aberrante. C'est à dire en laissant pile poil assez d'espace (avec une marge d'erreur d'environ un centimètre) pour ouvrir sa portière sans effleurer celle du voisin. Puis, il s'extirpa presque à regret de l'habitacle de sa Vanquish et de son odeur de cuir familière. Il avait à peine fait quelques pas sur le quai en direction du bateau de pêche de son vieil ami, que déjà, celui-ci le haranguait en se foutant ostensiblement de sa gueule.

    « Je veux bien croire que t'avais pas de vêtements de sport dans ta penderie, mais t'aurais pu faire un effort! Tu vas crever de chaud sur le bateau! » Gabriel arbora une petite moue confuse avant de baisser un regard critique sur ses vêtements. La vérité c'est qu'il avait complètement zappé l'aspect fort peu pratique de son style vestimentaire quotidien. « Attends, j'ai peut-être un truc pour toi! Si je me souviens bien, Romain avait laissé des vêtements ici... Quelque part par là... Oh, les voilà! » Il avait déterré ce qui ressemblait de loin à un bermuda à carreaux et dieu sait quoi d'autre, non identifiable de là où Gabriel se trouvait. « Tiens! Vas te changer dans la cabine! Vous devez faire à peu près la même taille, ils devraient t'aller. Le style n'est pas trop le tiens, mais j'imagine que tu ne vas pas t'en plaindre! » Après une tape sur l'épaule, Alfie l'invita d'un geste à monter à bord se changer. Le jeune homme s'exécuta après l'avoir remercié. C'est une fois dans la cabine qu'il inspecta le vêtement précédemment non identifié, qui s'avérait être un T-shirt. Un T-shirt qui aurait pu être tout à fait banal et insignifiant, s'il n'était pas orné d'une...large tête de mort d'un goût douteux. "Pas trop son style" , c'était rien de le dire. Gabriel secoua la tête mais se changeât quand même, abandonnant chemise, pantalon de costume et du même coup ses chaussures dans l'un des coffres. Ainsi vêtu et désormais pieds nus, à bord de ce bateau sur lequel il avait apprit à naviguer étant enfant, il ressentit une agréable nostalgie du passé qui le délesta un peu du poids colossal qui pesait sur ses épaules. Un sourire vint éclairer ses lèvres tandis qu'il calait ses rayban sur son nez et c'est d'une humeur plus légère qu'il émergea de la cabine.

    « Sympa les fringues. J'ai l'impression d'avoir fait une razzia dans le placard de mon petit frère. » dit-il dans une ironie amusée, en refermant la porte du petit espace privé avant de reporter son attention sur Aflie. Ses yeux clairs s'écarquillèrent soudainement derrière ses lunettes de soleil alors qu'il apercevait celui qu'il devina être le fameux Romain dont il avait tant entendu parler. Gabriel avait beau être un piètre physionomiste, cette tête de mule d'océanologue l'avait suffisamment marqué pour qu'il se souvienne parfaitement de lui. N'y avait-il donc qu'un seul Romain à Miami ? Ou était-ce là un coup du destin qui avait décidé de se payer sa tête jusqu'au bout, en lui collant Romain Parker-Walsh dans les pattes alors qu'il osait à peine mettre sa peine de coté et s'aventurer hors de chez lui ? Toutefois, Gabriel ne se départit pas de son sourire. Trop épuisé moralement pour engager une quelconque forme d'hostilité envers lui, il pouvait en revanche prétendre que tout allait bien «  Romain Parker-Walsh, ça alors... On dirait que vous avez trouvé la parade pour me revoir sans rendez vous préalable. »
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Message(#) Sujet: Re: Enjoy the trip, boys! [Romain/Gaby] Mar 30 Mar 2010 - 4:27

Sur l’océan…



Mardi 22 mars 2011 ; 17h25
Malgré tous ses efforts, c’était bel et bien le trou noir. Romain n’avait aucun souvenir de ce qu’il s’était passé ces derniers jours. Pourquoi était-il allongé sur ce lit d’hôpital, Ceasar et son oncle Alfie à son chevet ? Il avait beau écouter les explications du médecin en face de lui, il ne comprenait pas. Selon le docteur Nichols, il était le rescapé d’un naufrage, naufrage qui avait faillit lui coûter la vie. Heureusement, un pécheur l’avait retrouvé inconscient sur une plage au petit matin, et il l’avait conduit aux urgences. Depuis ce jour, Romain sommeillait dans cette chambre individuelle, reprenant peu à peu des forces et des couleurs. Son corps était contusionné et ses membres partiellement bandés, mais grâce aux médicaments qu’on lui transfusait, il ne souffrait pas trop.
Appuyé contre l’appui de fenêtre de la chambre d’hôpital, les bras croisés et la mine sombre, Ceasar regardait son cadet avec attention. Il lui demanda, l’air visiblement soucieux :
« Tu ne te souviens réellement de rien ? »
« Non, de rien. » assura Romain en tentant d’éviter de mordiller ses lèvres car elles étaient enflées et entaillées. « Je ne sais même pas ce que j’ai bien pu faire en mer ce jour-là. Je ne travaillais pas ? »
« David est rentré d’Irak et vous êtes parti une semaine au bord du Golfe du Mexique pour vous retrouver tous les deux. »
Le regard de Romain se fronça. Encore une fois, il ne comprenait pas.
« Qui est David ? »
Oncle Alfie qui observait la scène assit au bord du lit se tourna avec appréhension vers le médecin.
« Nom d’un brochet ! Il est amnésique ? »
« Partiellement amnésique, monsieur. » répondit le docteur Nichols. « Le neurologue vous en dira plus tout à l’heure, mais votre neveu souffre apparemment effectivement d’amnésie sélectives. Il n’a aucun souvenir de ces derniers jours, ni même de son compagnon, ce qui est indiquerait que la mémoire à long terme a été touchée lors de l’accident. Sans doute à cause d’un choc ou du traumatisme. Ce sont des choses très fréquences chez les rescapés. »
Romain fouilla sa mémoire de longues minutes, laissant son frère, son oncle et le médecin palabrer sur son cas. Le jeune homme essayait frénétiquement de se souvenir de ce dénommé David mais il n’y arriva pas. Il ne se souvenait de rien. Aucune image de lui ne lui revenait en tête. Il n’arrivait pas à voir son visage, ni à entendre sa voix ou tout bêtement à se souvenir de l’importance qu’il pouvait avoir dans sa vie. Cette personne avait été comme effacée de sa mémoire.
« Je suis amnésique ? » s’inquiéta Romain au bout d’un moment. « Je vais le rester longtemps ? »
Le docteur Nichols sembla hésitant.
« Le neurologue vous en dira plus tout à l’heure, mais il se pourrait que ces souvenirs mettent du temps à revenir et qu’une aide psychologique soit nécessaire. Mais nous n’en sommes pas encore là. »



Lundi 11 avril 2011 ; 12h45
Le trajet de retour fut très calme. Assit derrière le volant de la Jeep Wrangler noire marquée du logo du parc, Romain traversait les Everglades en compagnie d’Anita, sa collègue et amie. Les deux médecins en biologie marine avaient passés la matinée dans les zones marécageuses pour prélever quelques échantillons d’eau afin de s’assurer que la pollution ne s’étendait pas au-delà la zone à risque. Puisque le gouvernement en place semblait bien décidé à fermer les yeux sur ce problème dans les Everglades, Romain et son équipe étaient pieds et poings liés. Sans moyen officiel pour lutter efficacement contre cette pollution, ils ne pouvaient que tenter de contenir dans une petite partie du parc la catastrophe à venir.
« et c’est pour ces raisons précités que nous sommes au regret de vous annoncez que nous ne souhaitons plus collaborer avec vous» lisait à voix haute Anita dont les cheveux s’envolaient aux quatre vents. « Et blablabla, et blablabla… cordialement, Simon Hanson, Greenpeace Miami» Avec une moue boudeuse, elle rangea la lette dans son enveloppe et elle la déposa dans la boite à gants. « En bref, tu es viré. »
Romain hocha la tête, son regard posé sur le chemin tortueux longeant un bras de marais.
« C’est l’idée générale, oui. Je suis bénévole dans cette organisation depuis que j’ai 16 ans et voilà comment ils me remercient. Même pas un blâme ! Ils m’ont tout de suite mit à la porte. Apparemment, le sénateur à la dent dure contre moi. »
« C’est quand même dégelasse ! »
« Non, c’est normal. » sourit en coin Romain. « J’ai quand même assiégé son bureau comme un dangereux terroriste. Si j’avais su le prix à payer pour cette opération commando, les poissons, je crois qu’il les aurait reçu en pleine gueule. »
Anita éclata de rire.
« Tu as l’air de prendre cela assez bien. »
« Je n’ai pas le choix. J’ai fais des pieds et des mains pour essayer de garder ma place au sein de Greenpeace mais il faut croire que monsieur le sénateur à le bras long, à défaut d’autre chose j’imagine. » Un clin d’œil. « Je demanderais confirmation à quelqu’un qui le connaît bien. »
Même si Romain se la jouait détaché, se faire exclure de Greenpeace était pour lui un coup dur. Il aimait beaucoup travailler avec cette organisation. Elle lui avait toujours apporté beaucoup de plaisir. Le jeune homme était triste de ne plus pouvoir faire partie de cette grande famille de militants, de ne plus pouvoir partir en mer avec eux, ou bien travailler sur les mêmes projets.
« Je suis désolée pour toi trésor. »
Ils retournèrent à Miami en discutant de tout et de rien, Romain déposant sa collègue au bureau avant de récupérer sa propre voiture et de rentrer chez lui. Cet après-midi-là, il la passerait en mer en compagnie de son oncle Alfie. Depuis son accident de bateau, Romain n’était plus retourner sur les flots. L’appel du large le tiraillait de plus en plus. Son psychiatre lui avait conseillé d’attendre encore un peu avant de remonter sur un bateau et de partir en mer, mais l’envie était trop grande pour résister. De plus, il se sentait suffisamment sain d’esprit (malgré son amnésie) pour se permettre de voguer à nouveau sur les flots. Il n’avait plus en mémoire le naufrage. L’eau ne lui faisait pas peur.
Après une douche rapide à la maison, Romain enfila un maillot de bain, un bermuda kaki, un tee-shirt bleu marine, une casquette et de vieille Converse. Il donna à manger à Django puis il partit en direction le port en grignotant une pomme. Le trajet ne dira pas très longtemps. Lorsqu’il gara sa Peugeot qu’il capota en cas de pluie, il aperçu son oncle au bout du ponton. Il le salua d’un grand geste de la main puis il le rejoignit en petite foulée, sa casquette dans une main. A peine fut-il arrivée à sa hauteur que le frère de sa mère lui ébouriffa les cheveux.
«Hallelujah! Comment va mon cher petit neveu? »
« Il va bien, oncle Alfie ! » assura-t-il en fixant sur son crâne sa casquette afin de ne pas être éblouit par le soleil. « Et il irait encore mieux si tu agissais avec lui comme avec un vrai adulte. »
«Au fait, j'ai invité Gabriel à se joindre à nous, j'espère que ça ne te dérange pas ? Il se change et on est prêts à partir ! »
Romain haussa les épaules. Gabriel ? De qui parlait-il ? Il n’avait aucun souvenir d’un Gabriel dans ses relations. Etait-ce un ami oublié à cause de son amnésie ? Interloqué, Romain allait lui demander de s’expliquer lorsque la réponse lui sauta aux yeux. Du bateau, le sénateur McAllister pointa le bout de son nez. Le jeune océanologue déglutit difficilement devant la vision de cet homme vêtu de ses propres vêtements.
« Sympa les fringues. J'ai l'impression d'avoir fait une razzia dans le placard de mon petit frère. »
« J’hallucine ! Qu’est-ce qu’il fait là ? » murmura-t-il comme un reproche à l’attention de son oncle proche de lui.
« Romain Parker-Walsh, ça alors... On dirait que vous avez trouvé la parade pour me revoir sans rendez vous préalable. »
« Monsieur le sénateur ! Quel plaisir de vous voir ! » s’élança la voix gluante d’hypocrisie de Romain. « C’est surprenant de vous voir ici. Vous faites un repérage des lieux pour raser le port et construire à la place un minigolf ? » Il échangea un bref regard avec son oncle, comprenant que Gabriel était bel et bien l’invité dont il parlait, et qu’il comptait sur lui pour être aimable. « C’est sûr que les loques que vous avez sur le dos ne valent peut-être pas un clou, mais elles ont le mérite de ne pas avoir exploiter de petits vietnamiens. Mais ça, j’imagine que ça vous dépasse. »
Il monta à bord du bateau, passant sous le nez du sénateur avec un sourire en coin, son regard noisette glissant sur le visage de Gabriel et ses lunettes.
« En acceptant cette petite virée en mer avec mon oncle, je suppose que vous ne vous attendiez pas à ça ? » Il montra d’un geste du bras le rafiot. « Si vous cherchez de beaux voiliers de luxe, allez faire un tour à la marina, sénateur. Ici, il n’y a pas de coupes de champagne, d’olives et de toast de caviar à bord. »

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Message(#) Sujet: Re: Enjoy the trip, boys! [Romain/Gaby] Mar 30 Mar 2010 - 22:19

« Et il irait encore mieux si tu agissais avec lui comme avec un vrai adulte. »
Alfie avait simplement balayé l'intervention de Romain de la main avec un sourire amusé. Son neveu était peut-être un adulte, légalement parlant, mais il demeurait un adolescent aux yeux du vieil homme. D'ailleurs, depuis ce qui s'était passé avec David, Alfie désirait s'assurer que Romain allait bien et cette petite virée en mer lui permettrait de s'en rendre compte de lui-même, sans poser de questions. Il connaissait suffisamment son neveu pour comprendre la plupart de ses gestes et ses expressions faciales en disaient long sur ses intentions et son humeur. Alfie pensait sincèrement que la journée passée sur le bateau leur serait salutaire à tous les deux et ce n'était pas pour rien qu'il les y avait conviés. Romain avait besoin de parcourir les flots de nouveau et Gabriel devait se changer les idées. Apparemment, ces deux lurons devraient parfaitement s'entendre puisqu'ils faisaient tous deux partie intégrante de la vie d'Alfie et qu'ils prendraient sans doute le temps de s'amuser un peu à bord du bateau de pêche, histoire de penser à autre chose.

Toutefois, avec toutes les bonnes intentions du monde, Alfie avait oublié un détail. Il n'avait pas pris en compte que, peut-être, ses deux moussaillons se connaissaient et que leur première rencontre n'avait peut-être pas été sincèrement agréable. À voir la tête de Romain lorsqu'il vit Gabriel émerger de la cabine, il eut presque envie de pouffer de rire, mais se retint avec un sourire amusé. D'ailleurs, la situation en elle-même portait à rire alors que le vieil homme ne tarderait sans doute pas à demander des explications. Apparemment, Romain reconnut Gabriel avant que celui-ci ne se rende compte de sa présence et Alfie était prêt à parier qu'il n'aurait pas laissé tomber cette phrase s'il avait su.
« Sympa les fringues. J'ai l'impression d'avoir fait une razzia dans le placard de mon petit frère »
« J’hallucine ! Qu’est-ce qu’il fait là ? »
« T'écoutes ou pas, quand je te parle? Je viens de te dire que je l'avais invité! »
Un sourire amusé avait prit place sur les lèvres d'Alfie alors qu'il donnait une légère tape sur l'épaule de son neveu, ravi d'avoir su les étonner. Son regard dériva de l'un à l'autre alors qu'ils semblaient tous deux se jauger avec appréhension. Décidément, il avait eu l'une des meilleures idées de sa vie en embarquant sur un bateau Gabriel et Romain et il ne doutait pas une seule seconde que cette balade serait pleine de rebondissements et très divertissantes pour un vieil homme dans son genre.
« Romain Parker-Walsh, ça alors... On dirait que vous avez trouvé la parade pour me revoir sans rendez vous préalable. »
« Monsieur le sénateur ! Quel plaisir de vous voir ! »
« Apparemment, les présentations ne seront pas nécessaires. »
« C’est surprenant de vous voir ici. Vous faites un repérage des lieux pour raser le port et construire à la place un minigolf ? »
« C'est nul, les mini-golfs. Avec le swing que j'ai, je parie que j'enverrais ma balle au milieu de l'océan! »
Un rire grave s'était échappé de sa gorge, mais il eut toutefois un regard un peu plus sérieux vis-à-vis de son neveu dans le genre: « Fous-lui la paix et reste poli ». Il aimait la mer et l'environnement autant que Romain, sinon plus, mais il savait pertinemment que Gabriel n'était pas ici pour raser le port, comme l'avait souligné Romain. Il ne voulait en aucun cas déclencher une guerre nucléaire et il comptait sincèrement sur la générosité et la sympathie de Romain pour être aimable avec Gabriel. Même si la relation qui les unissait semblait un peu tendue, Gabriel avait fait un effort et s'était même changé sans rouspéter. Romain pourrait donc agir en adulte et se montrer respectueux. Apparemment, la rancoeur de son neveu n'avait d'égales que ses remarques acerbes et Alfie le regarda s'éloigner en haussant les sourcils, un peu choqué par ses paroles.
« En acceptant cette petite virée en mer avec mon oncle, je suppose que vous ne vous attendiez pas à ça ? Si vous cherchez de beaux voiliers de luxe, allez faire un tour à la marina, sénateur. Ici, il n’y a pas de coupes de champagne, d’olives et de toast de caviar à bord. »
Il secoua la tête afin de chasser de son visage un quelconque air outré et quitta lui-même le quai afin de remonter sur le bateau, donnant une légère tape sur l'épaule de Gabriel en riant.
« T'inquiètes pas, il a du mal à partager. Encore plus quand ça a rapport à moi! »
Il avait tenté de murmurer ces quelques paroles, mais il était pourtant sûr que Romain les avait comprises. Alfie eut donc un rire amusé avec un haussement d'épaule du genre: « Je n'ai rien dis! » avant de pénétrer dans la cabine et d'en ouvrir l'un des coffres.
« Y'a peut-être pas de champagne, mais y'a le plus important! »
Il sortit de la cabine trois bouteilles de whisky qu'il planqua dans les mains de Gabriel en riant. Il défit le noeud qui rattachait encore le bateau au quai et se dirigea vers l'arrière du bateau pour démarrer le moteur manuellement. Il pouvait le faire à partir de la cabine, mais on aurait dit que la sensation n'était pas la même. Il fit donc adroitement sortir le bateau de son emplacement et reporta son attention sur les deux hommes un peu plus loin. Il secoua la tête, amusé, alors qu'il se mettait à chanter, saluant d'un coup de chapeau un homme d'environ quarante-cinq ans qui s'apprêtait aussi à partir.
« Sitting on the dock of the bay, watching the tide roll away. I'm just sitting on the dock of the bay, wasting tiiiiime! »
Sa voix s'élevait fortement sur le bateau et était sans doute portée par le vent jusqu'aux invités d'honneur. On ne pouvait que le reconnaître lorsqu'il était dans les parages! Il reposa son chapeau sur sa tête en accélérant un peu la vitesse du bateau et finit par reporter son attention sur Romain et Gabriel.
« Et si vous me disiez comment vous vous connaissez? »

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Message(#) Sujet: Re: Enjoy the trip, boys! [Romain/Gaby] Jeu 15 Avr 2010 - 1:07

    « Monsieur le sénateur ! Quel plaisir de vous voir ! »
    « Apparemment, les présentations ne seront pas nécessaires. »
    « C’est surprenant de vous voir ici. Vous faites un repérage des lieux pour raser le port et construire à la place un minigolf ? »
    « C'est nul, les mini-golfs. Avec le swing que j'ai, je parie que j'enverrais ma balle au milieu de l'océan! »

    De toute évidence, oncle et neveu s'en sortaient bien sans son intervention. Romain déterrait la hache de guerre et Alfie essayait tant bien que mal de l'en empêcher. Il lui en était gré mais c'était sans compter sur l'acharnement sans borne de junior. « C’est sûr que les loques que vous avez sur le dos ne valent peut-être pas un clou, mais elles ont le mérite de ne pas avoir exploiter de petits vietnamiens. Mais ça, j’imagine que ça vous dépasse. » Bla bla bla...Gabriel exhala un soupir morne sous ces assauts dérisoires. « En acceptant cette petite virée en mer avec mon oncle, je suppose que vous ne vous attendiez pas à ça ? Si vous cherchez de beaux voiliers de luxe, allez faire un tour à la marina, sénateur. Ici, il n’y a pas de coupes de champagne, d’olives et de toast de caviar à bord. » Et avec le sourire s'il vous plait. Pour Romain, le savoir vivre n'était apparemment pas une barrière. La peur du ridicule, non plus. Car ce qui était surprenant, ce n'était pas tant de trouver le sénateur sur un modeste bateau de pêche, que l'océan de clichés pathétiques que le jeune homme venait de lui débiter en quelques secondes. C'est uniquement pour ne pas alimenter le feu que son vieil ami s'efforçait d'éteindre, que Gabriel ne riposta pas.

    Il risqua un regard en arrière vers cet exalté d'océanologue qui venait de passer à côté de lui, l'idée de sauter sur le quai traversant subrepticement son esprit. Gabriel se partagea un instant entre l'idée de passer la journée seul à broyer du noir mais dans le calme, plutôt que d'avoir cette furie sur le dos toute l'après-midi. « T'inquiètes pas, il a du mal à partager. Encore plus quand ça a rapport à moi! » Le rire d'Alfie les rejoignant à bord fit définitivement pencher la balance en faveur de la deuxième option. Il eut un bref sourire de connivence « Sparky aurait été de meilleure compagnie. Ton neveu aboie plus que lui... » répondit-il sur un ton bas amusé.

    Du coin de l'œil il observa Alfie se diriger vers la cabine « Y'a peut-être pas de champagne, mais y'a le plus important! » Le voyant ressortir avec rien moins que trois bouteilles de whisky, Gabriel haussa un sourcil inquiet. « Une bouteille par personne, t'as prévu large. » remarqua t-il un rien circonspect, tandis que le vieil homme les lui fourrait dans les bras. La maladie qui rongeait son cœur lui interdisait d'abuser de l'alcool, du tabac et évidemment, les drogues étaient proscrites d'office. Finalement, le brun leva les yeux au ciel tandis qu'Alfie s'éloignait pour mettre le moteur en route, et déposa les bouteilles en prenant garde de bien les caler afin qu'elles ne roulent pas ça et là dans le tangage du bateau.

    Tout en se redressant, il reporta son attention sur Romain. S'il devait passer l'après midi avec lui, Gabriel jugeait qu'il serait sans doute moins pénible d'aller au devant des problèmes que de laisser planer le malaise entre eux. Il s'approcha du jeune homme, mené par le calme appréhensif du félin en chasse, redoutant la moindre de ses réactions. « Je ne sais pas pour qui vous me prenez, mais vous vous trompez sur mon compte. » Il le contourna, pour le plaisir de détailler la cambrure de son dos sous ses vêtements, la naissance de sa nuque, la ligne harmonieuse de son profil jusqu'à la courbe de ses lèvres, si réticentes à lui être agréable. « Ce n'est pas parce que je suis sénateur que je m'amuse à faire l'élitiste dans mes relations. Aussi difficile que ça paraisse à réaliser pour vous, j'aimerai vraiment passer un moment simple, en compagnie d'un vieil ami et faire la paix avec ce neveu qu'il était si impatient de me présenter. » Gabriel haussa les épaules dans un geste charmant avant de conclure « La balle est dans votre camp, faites en ce que vous voulez. Mais si vous persistez à faire l'enfant, ne vous étonnez pas de finir par recevoir une fessée. » Un rictus espiègle naquit à la commissure de ses lèvres avant qu'il ne tourne la tête, interpelé par la voix d'Alfie. « Et si vous me disiez comment vous vous connaissez ? » Aïe. La mauvaise question au mauvais moment. Quoique, c'était le prétexte idéal pour voir si Romain prenait en compte sa proposition de paix, ou s'il allait profiter de la perche tendue par son oncle pour en remettre une couche. Avec toute l'innocence du monde, il afficha un air interrogatif en direction de l'océanologue, l'invitant silencieusement à répondre à la question.
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Message(#) Sujet: Re: Enjoy the trip, boys! [Romain/Gaby] Jeu 22 Avr 2010 - 2:31

Sur l’océan…



Comme il en avait l’habitude à chaque fois qu’il partait en mer avec son oncle, Romain s’occupa de rentrer les bouées flotteurs pendant qu’Alfie défaisait la corde grosse et démarrait les moteurs. Le jeune homme tentait tant bien que mal d’ignorer superbement la présence du sénateur, mais en vain. Celui-ci l’énervait rien qu’en ouvrant la bouche. Le comparer à Sparky n’était pas la meilleure des choses à faire. Cela ne faisait qu’agacer davantage le jeune homme qui dû se mordiller la langue pour ne pas lui lancer une pique bien cinglante. Pour se calmer, Romain ne cessait de se dire que le sénateur était l’invité de son oncle et qu’en tant que tel, il lui devait le respect, ou au moins un minimum d’égard. Même s’il était une teigne capricieuse capable du pire, sa mère l’avait heureusement bien élevé et lui avait apprit à rester un minimum poli en toute circonstance, et avec tout le monde.

« Et en plus il se croit drôle… » grommela le jeune homme alors qu’il était penché par-dessus le bastingage pour récupérer les dernières bouées située de l’autre côté du bord.

Lorsqu’il se redressa, un genou appuyé contre un gros tas de filets entremêlés, Romain écarquilla les yeux. Le sénateur s’était rapproché de lui sans qu’il ne s’en aperçoive. Il dardait son regard dans le sien et cela le laissa quelques secondes sans voix. Les yeux du sénateur étaient immensément bleus. Un bref instant, Romain comprit ce qu’avait bien pu lui trouver Maât lorsqu’il était sorti avec lui. Au-delà son côté fort agaçant et ses piètres talents de sénateur, Gabriel McAllister possédaient un charme fou. Il serait fort hypocrite de sa part de le nier. Même si Romain le trouvait horripilant, et malhonnête sur les bords, force était hélas pour lui de constater que son faciès avait de quoi faire tourner les têtes.

« Je ne sais pas pour qui vous me prenez, mais vous vous trompez sur mon compte. Ce n'est pas parce que je suis sénateur que je m'amuse à faire l'élitiste dans mes relations. Aussi difficile que ça paraisse à réaliser pour vous, j'aimerai vraiment passer un moment simple, en compagnie d'un vieil ami et faire la paix avec ce neveu qu'il était si impatient de me présenter. La balle est dans votre camp, faites en ce que vous voulez. Mais si vous persistez à faire l'enfant, ne vous étonnez pas de finir par recevoir une fessée. »

La réponse se faufila hors des lèvres de Romain avec une étonnante facilité :

« Vous me l’avez déjà donnée la fessée, sénateur. J’en ai d’ailleurs les fesses qui picotent encore. »

Par là, Romain faisait allusion à son renvoi de Greenpeace. Il allait ouvertement le lui reprocher (et donc de se fait ignorer la main tendue du sénateur) lorsque l’oncle Alfie posa la fameuse question, question à laquelle Gabriel lui laissa le soin de répondre. Accompagné d’une profonde inspiration, le jeune océanologue déposa soigneusement sur le pont la bouée qu’il avait entre les mains, puis il hocha la tête. Son regard ne se décrochait pas des yeux du sénateur, comme pour le provoquer. Il dit alors à l’attention du capitaine de ce vieux bateau de pêche :

« Comment oncle Alfie ? Et bien c’est très simple, et tu vas rire lorsque tu le sauras. » Un petit sourire en coin étira les commissures des lèvres de Romain qui finalement délaissa le beau brun pour s’approcher de son oncle en se pavanant, fier comme un coq. Il enchaîna dans une fausse gaîté pourtant très convaincante : « J’ai débarqué une après-midi dans son bureau sur les chapeaux de roue en lui jetant au visage du poisson. C’était hilarant ! Nous avons bien rigolé ce jour-là ! Mais heureusement, monsieur le sénateur ne m’en tint pas rigueur. Au début réticent, sans doute à cause de l’odeur des poissons morts causée par la contamination au mercure des eaux des Everglades, il su se montrer malgré tout très à l’écoute des besoins de Mère Nature. Après une partie de franche rigolade ou nous nous sommes poilés devant l’absurdité de la situation provoquée par quelques amis manifestants m’accompagnant, nous sommes arrivé à un accord pour résoudre notre petit problème de pollution. Aujourd’hui, nous travaillons ensemble sur un projet très important pour la préservation des Everglades, projet pour lequel je dû quitter Greenpeace sous les conseils de monsieur McAllister, histoire de pouvoir me consacrer entièrement et exclusivement à cette cause qui nous tient tous à cœur. »

Alors qu’il souriait à son oncle afin de l’amadouer avec son grand sourire et ses gestes joyeux, Romain tourna quelques secondes la tête vers le sénateur pour lui lancer un regard noir. Il enchaîna, toujours aussi gluant d’hypocrisie mais Ô combien convaincant :

« Quoiqu’il en soit, voilà comment nous nous connaissons tous les deux, oncle Alfie. La nature nous a rapprochée. Mais je ne m’en étonne plus. C’est donc de toi que monsieur McAllister tient sa passion dévorante pour l’océan et ses eaux pures ? C’est fantastique ! »

Romain rejoignit Alfie à la barre du navire. Il déposa un coude sur la console et une main sur sa hanche, faisant face au sénateur resté un peu plus loin sur le pont. Il ne put s’empêcher de conclure, enfonçant le clou de son petit numéro :

« Je sais que nous ne sommes pas ici pour parler boulot, mais tu devrais lui demander ce qu’il compte faire pour les eaux contaminées des Everglades. Tu verras oncle Alfie, c’est un projet fascinant et incroyablement ambitieux ! C’est grâce à ce genre de projet que l’on peut dire sans se tromper et sans avoir honte que oui ! Gabriel McAllister est un bon sénateur ! »

Et à nouveau, Romain planta son regard noisette dans l’océan bleu des yeux de Gabriel. Il ne put retenir un sourire revanchard, conscient qu’il jouait avec le feu de la patience de cet homme de pouvoir.
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Message(#) Sujet: Re: Enjoy the trip, boys! [Romain/Gaby] Lun 26 Avr 2010 - 7:03

« Une bouteille par personne, t'as prévu large. »
« Oh! Non, non! Les deux premières sont pour moi! Vous n'aurez qu'à partager la troisième! »
D'un clin d'oeil amusé, Alfie précisa, du moins, il l'espéra, à Gabriel que ce qu'il venait de dire n'était que mensonge. Il n'avait pas l'intention de boire une bouteille complète de whisky, il en gardait simplement sur le bateau pour les grandes occasions! Il n'aurait pas eu besoin de sortir toutes les bouteilles, mais autant frapper fort! Il sourit néanmoins en voyant du coin de l'oeil Gabriel qui tentait de positionner les bouteilles de façon à ce qu'elles ne cognent pas contre elle et qu'elles ne glissent pas un peu partout. Romain, quant-à-lui, avait pris les devants, comme à son habitude, et retirait toutes les bouées. Quand le vieil homme voyait son neveu agir ainsi, il ne pouvait s'empêcher d'être fier de lui. Il l'était souvent, en fin de compte, puisque Romain marchait dans ses traces, mais il n'était pas moins fier de ses autres neveux. Il comprenait parfaitement qu'ils ne pouvaient pas tous avoir une forte passion pour l'océan et ils étaient uniques à leur façon. Il devait toutefois avouer qu'il avait passé un peu plus de temps avec Romain depuis son arrivée à Ocean Grove, depuis plusieurs années déjà.

Il fronça les sourcils en voyant Gabriel se diriger vers Romain, conscient qu'il se tramait quelque chose entre ces deux-là. Il n'y aurait pas eu toutes ces piques et ces regards étranges et condescendants sinon. Pourtant, il avait beau faire de gros efforts, il ne voyait pas comment les deux hommes pouvaient se connaître dans leur vie adulte. Un sénateur ne jouait pas souvent dans la cour des marins, et l'océanologue qu'était Romain ne s'intéressait sûrement pas à la politique. Pourtant, il était clair qu'ils se connaissaient. D'ailleurs, il y avait un petit quelque chose dans leurs regards qui lui mit la puce à l'oreille, bien qu'il n'osa pas en parler tout de suite. Ils se testaient et malgré le ton sympathique que prit Gabriel pour s'adresser à Romain, son neveu ne sembla pas vraiment enclin à faire la paix. Alfie préféra donc partir sur des bases saines en coupant court aux négociations ou aux reproches des deux hommes. Apparemment, Gabriel sembla perturbé par la question du pourquoi ils se connaissaient et Romain, quant-à-lui, prit un peu de temps avant de répondre. Pourtant, lorsque son neveu lui dépeignit ce qui s'était passé, Alfie n'eut pas de mal à croire ses paroles. C'était bien le genre de Romain de faire une manifestation aussi peu subtile et c'était également le genre de Gabriel de se montrer à l'écoute. Évidemment, tout ne s'était pas passé exactement comme ça, mais il n'était pas obligé de le savoir, non? Il pouvait bien croire encore un peu que Romain et Gabriel s'entendaient bien et que l'histoire de son neveu prenait tout son sens! Pourtant, l'enthousiasme qu'il avait en s'approchant de lui semblait un peu forcé et le regard d'Alfie se posait à tour de rôle sur chacun des deux hommes. Pourtant, la conclusion qui lui venait à l'esprit depuis le début s'imposa d'elle-même et le vieil homme ne put s'empêcher de laisser échapper un:
« Me dites pas que vous avez couché ensemble?! »
Son regard s'était illuminé alors qu'il ne savait pas du tout qu'il venait de commettre une bêtise d'envergure nationale. Alfie savait depuis longtemps que Romain aimait les hommes et il connaissait suffisamment Gabriel pour savoir que les propos qu'il avait tenus afin de taire l'affaire concernant son homosexualité étaient on ne peut plus faux. De toute façon, Gabriel le lui avait avoué quelques temps après. On ne pouvait pas cacher grand chose au vieil homme de toute façon, tout finissait toujours par se savoir. De toute façon, il n'avait que ça à faire, maintenant. Regarder les gens, trouver ce qui n'allait pas, percer la vérité à jour. Il avait relevé un doigt, comme pour montrer qu'il voyait clair dans leur petit jeu. Si Romain était aussi enthousiaste, c'est qu'il y avait certainement une raison! Encore plus si tous les deux tentaient de se la jouer détendus ou au contraire, furieux et asociaux. Décidément, la vie était pleine de surprises! Le sourire d'Alfie s'agrandit alors qu'il ne laissait pas le temps aux deux autres de placer un mot, préférant leur tirer les vers du nez tout seul!
« J'aurais dû me douter que ce n'était qu'une parure! Après tout, Romain ne doit pas s'en souvenir, mais vous vous connaissez depuis de très longues années! Le coquillage que t'a donné Gabriel était un gage d'avenir, faut croire! Vous vous entendiez tellement bien! T'avais quel âge, déjà, Romain...? 4 ans? Oui! Ton anniversaire de 4 ans! C'est ça! »
Loin de s'imaginer qu'il était complètement à côté de la plaque, le vieil homme gouvernait le bateau en souriant, étant pratiquement certain que tout ce qui s'était passé avant n'était qu'une mise en scène déjà planifiée. Si ça se trouve, ils étaient ensemble quand il leur avait téléphoné! Il ne perdit pas son sourire avant de poser un regard amusé sur gabriel.
« Je suis vraiment heureux que tu t'intéresses au problème! Vraiment! Si jamais tu as besoin de moi pour recueillir des échantillons ou pour visiter un nouveau coin d'océan, n'hésite pas! Mon bateau est à ta disposition! Mais j'imagine que Romain t'a déjà proposé ceux de son boulot? Ils sont mieux équipés, sans doute! »
Il eut un clin d'oeil en direction de Romain avant de reporter son attention sur Gabriel.
« Et bien évidemment, je ne doute pas qu'il est un excellent sénateur! Je ne lui aurais pas donné mon vote, sinon! »

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Message(#) Sujet: Re: Enjoy the trip, boys! [Romain/Gaby] Mer 5 Mai 2010 - 22:45

    Bon, pour la paix, c'était râpé. Plusieurs mots était venus en tête à Gabriel durant la petite comédie, plutôt convaincante il fallait l'admettre, que Romain servit à son oncle : Immature, puéril ou juste chiant si il devait résumer. Mais d'une manière générale, il en concluait surtout que l'océanologue faisait partit de ces gens asociaux, désagréables et paranoïaques qui se sentent obligés d'écraser les autres pour subsister. Il ne pouvait pas s'empêcher de penser, que s'il le balançait par dessus bord là maintenant et que par chance il passe sous l'hélice du bateau, mourir en nourrissant ses amis poissons serait une fin poétique très appropriée et qu'on pourrait écrire fièrement sur son épitaphe « Il est mort comme il a vécu : en défendant ses convictions. » Gabriel déploya néanmoins des trésors de self control pour ne pas tenter le destin et reporta son attention sur Alfie, une légère tension nouant son estomac à l'idée que le vieil homme prenne part à leur conflit.

    « Me dites pas que vous avez couché ensembles?! » affirma t-il tout d'un coup comme s'il venait de faire une découverte transcendantale.

    « Couché ensembles ?... » répéta Gabriel, les yeux ronds. Pour s'assurer qu'il avait bien comprit ce qu'il venait de comprendre et que l'idée, ainsi que l'image qui allait avec, fassent leur chemin jusqu'à son cerveau.

    Non parce que quand même. Il venait de se faire méchamment rembarrer sa tentative de paix par un Romain qui s'était de surcroit payé sa tête autant que possible. Alors comment le vieux loup de mer en était-il arrivé à cette brillante conclusion ? Mystère. Le pire dans tout ça, c'est qu'il venait de révéler en une malheureuse seconde l'homosexualité que Gabriel s'efforçait de démentir depuis deux mois. D'ailleurs Romain aussi avait eu droit à un coming out forcé dans la foulée. Quoi ? Romain ? Et lui ? Il croisa les bras sur son torse, incrédule. Est ce que par hasard tonton Alfie s'était mit à jouer les entremetteur en les invitant tout les deux sur le rafiot de l'angoisse ? Oui, de l'angoisse. Pour Gabriel en tout cas, parce que pour le moment il ne s'amusait pas des masses.

    Il en était là de ses pensées, planté sur le pont comme si préserver une certaine distance entre lui et les deux autres pouvait l'éloigner de cette improbable conversation, lorsque qu'Alfie embraya sur une sombre histoire de coquillage. Il était bien gentil mais entre les affirmations douteuses et les souvenirs qui dataient de mathusalem, même Gabriel avait besoin de 30 secondes pour faire les bonnes connexions neuronales dans cette dimension parallèle où il couchait avec Romain après lui avoir refilé une bon dieu de palourde. Il ne savait pas ce qu'on fumait chez les Braddock/Parker-Walsh, mais de toute évidence, eux, les connexions neuronales, ils en loupaient quelques unes.

    « Je suis vraiment heureux que tu t'intéresses au problème! Vraiment! Si jamais tu as besoin de moi pour recueillir des échantillons ou pour visiter un nouveau coin d'océan, n'hésite pas! Mon bateau est à ta disposition! Mais j'imagine que Romain t'a déjà proposé ceux de son boulot? Ils sont mieux équipés, sans doute! »
    Cette fois, c'était sûr. Tout ça n'avait rien d'un complot. Alfie avait vraiment gobé le petit speech de son neveu sans y saisir une bribe d'ironie. Et vraiment, Gabriel s'en serait voulu de casser cette belle ambiance bisounours que Romain avait brillamment instauré à son insu. Après tout, ils n'étaient que trois, en pleine mer et il n'avait plus rien à cacher maintenant qu'Alfie y était allé de sa petite déduction personnelle. Il acquiesça d'un signe de tête.

    « Bien sûr, il m'a proposé. On partage tellement de chose lui et moi ! Mais je te remercie pour ta proposition, il est évident que Romain tient sa gentillesse de son oncle. » Voilà, quitte à jouer aux cons (bon Alfie lui, ne jouait pas, il faut l'avouer) autant jouer tous ensembles.

    « Et bien évidemment, je ne doute pas qu'il est un excellent sénateur! Je ne lui aurais pas donné mon vote, sinon!»
    Ce dernier fit une petite révérence amusée. « Le compliment me va droit au cœur. » répondit-il en toute sincérité. Après quoi, son attention vint se poser sur Romain, vers lequel il s'avança tout en reprenant la parole :

    « T'as vu ça, mon ange ? » il envoya un sourire narquois à son tout nouvel amant, un digne mélange de "vas te faire mettre" et de "viens que je le fasse moi-même" pour donner l'emphase voulue à son petit surnom affectif « On ne peut rien lui cacher ! » Une fois près de lui, ses yeux parcoururent Romain langoureusement. Enfin aussi langoureusement qu'on peut l'être vis vis d'un mec qui vient de vous balancer une poignée de gravier verbale dans la tronche. Nouveau regard vers Alfie « Bon ok, son speech passionné n'était peut être pas le must en matière de subtilité. » Retour à Romain. Il lui sourit prédateur, avant de laisser glisser audacieusement son bras autour de sa taille. Sa main se referma sur son menton, redressant son visage. « Laisse moi au moins te remercier d'être mon plus ardent partisan. Tu veux ? »

    Sur ces mots, Gabriel l'attira à lui presque brusquement et scella leurs lèvres dans un baiser au goût de revanche. Ça n'avait pas d'importance que le corps de Romain se contracte contre le sien, ni que ses lèvres captives demeurent closes. Pour le moment tout ce qui comptait, c'était qu'il ne l'avait pas repoussé, car Gabriel n'était rien sinon borné et il savait embrasser. Il lécha et mordilla, taquinant les lèvres de Romain, conversant sans mot dans un énième duel entre eux. Et finalement alors que le souffle qui effleurait ses lèvres s'accélérait, il sentit le corps si proche du sien se mouvoir avec langueur accommodant ses caresses, et sa tendre proie échappa ce qui aurait pu être une protestation ou un gémissement, avant de l'embrasser en retour avec délice. Gabriel n'avait pas la moindre idée de ce qui avait bien pu pousser Romain à lui céder, mais lorsqu'ils se séparèrent, un sourire mi triomphant, mi troublé ornait ses lèvres.

    « Ça va chéri ? T'as l'air...tendu. » siffla t-il faussement inquiet, un rien mielleux quand même pour la forme. Bon, un partout. Remise en jeu. Le sénateur recula d'un pas, observant l'expression de Romain dont seules les lèvres un peu rougies témoignaient de ce qui venait de se passer. Il l'aurait bien laissé là avec Alfie dans leur dimension X pour éclaircir tranquillement l'anecdote du coquillage. Mais franchement, pour rien au monde il ne manquerait une micro-seconde de sa réaction.
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Message(#) Sujet: Re: Enjoy the trip, boys! [Romain/Gaby] Mar 2 Nov 2010 - 0:45

Sur l’océan…



« Me dites pas que vous avez couché ensembles?! »

Romain en resta bouche bée. Lui et le sénateur ? Et puis quoi encore ? Si physiquement, ils auraient pu faire un couple on ne peut plus agréablement bien assortit aux yeux de Miami, leur style de vie et leurs classes sociales respectives étaient incompatibles. L’un était riche, puissant et connard au summum, et l’autre simple et baba-cool. Romain n’était pas le style d’homme à venir en costard sur un rafiot. Il n’était pas non plus du genre à se venger et à faire exclure un membre honorable d’une organisation. Et il était encore moins le genre de connard qui plaque son mec pour préserver sa carrière. A ses yeux, Gabriel n’était qu’un sénateur incompétent, pédant et pompeux. Comment Maât avait-il bien pu tomber amoureux de ce type ?

Pourtant, malgré toute l’aversion qu’il éprouvait pour le sénateur, il dût reconnaître que ce dernier avait énormément de charme, de charisme et qu’il possédait le don de se sortir avec brio de bons nombres de situations épineuses, la presse en témoignait. Ce devait être cela qui avait charmé Maât. Cette assurance quasi arrogante. Romain devait le lui accorder. Gabriel dégageait ce quelque chose de rassurant et de puissant à la fois, même dépourvu de son sacro-saint costard/cravate.

Lorsqu’Alfie fit référence aux souvenirs à l’année de l’anniversaire de ses quatre ans, ainsi que d’un coquillage, Romain releva un sourcil, intrigué. Il se souvenait du coquillage en question. Il était la fierté de sa collection personnelle. Mais les circonstances dans lesquelles il le dénicha lui étaient restées jusqu’alors inconnues. Il n’y avait aucun souvenir qui s’attachait à la découverte de ce précieux fruit de mer. Selon Alfie, c’était donc Gabriel lui-même qui le lui avait offert ? C’était étrange. Romain avait beau fouiller sa mémoire, il ne se souvenait pas de cet été-là. Depuis qu’il était petit, il venait souvent chez son oncle à Ocean Grove pour l’été. Allez vous souvenir de l’été de vos quatre ans, vous !

Loin de s’insurger face à la tirade d’hypocrisie qu’il venait d’essuyer de la part de Romain, le sénateur s’en amusa même. Cela fit sourire légèrement en coin Romain qui ne pouvait s’empêcher d’admirer l’assurance avec laquelle le sénateur se pavanait alors qu’il était évidant qu’Alfie venait de commettre une bourde en annonçant clairement leurs homosexualités respectives. Romain assumait parfaitement aimer les hommes. Cela faisait des années qu’il avait fait son comming out. Par contre, le sénateur, lui, il n’était pas prêt à le faire. Le démenti dans la presse en témoignait. Cependant, Gabriel (sans doute poussé par un ego surdimensionné), sauta à pieds joints dans la partie. Il ne semblait pas vouloir déclarer forfait.

« T'as vu ça, mon ange ? » Romain lui fit face sans ciller, conscient que le sénateur lançait sa contre-attaque. « On ne peut rien lui cacher ! » Malgré la distance de plus en plus réduite entre lui et le grand brun, le jeune homme ne bougea pas. Il observait d’un regard intense le prédateur qu’il avait en face de lui. Car oui, Gabriel agissait en prédateur et il avait désigné arbitrairement Romain comme gibier. Le jeune océanologue pouvait le sentir. Il avait suffisamment d’expérience avec les hommes de la trempe de Gabriel (et par là il entendait : les connards dans son genre) pour capter ce genre d’ondes. Gabriel débordait d’arrogance, de confiance et d’assurance. « Bon ok, son speech passionné n'était peut être pas le must en matière de subtilité. » Le piège se refermait au même instant où le sénateur enroulait un bras puissant autour de la taille de Romain pour le tirer à lui. «Laisse moi au moins te remercier d'être mon plus ardent partisan. Tu veux ? »

Pas un seul instant, le jeune homme ne chercha à se soustraire à cette poigne. Le sénateur avait la force qu’il fallait. Elle était suffisante pour faire taire la petite voix belliqueuse qui hurlait de le repousser au coin du crâne de Romain. Puis, McAllister osa l’embrasser. Le contacte de ces lèvres l’électrisa et tout son corps s’enflamma comme une traînée de poudre. D’abord réticent à l’idée d’embrasser l’ex de son meilleur ami, ce maudit remord fut rapidement chassé devant le plaisir de plus en plus grand qui prenait possession de son être. Il ne sût exactement pourquoi… si c’était à cause du charisme de Gabriel, de la manière viril avec laquelle il le maintenait captif contre son corps, ou même si c’était tout simplement à cause de son besoin constant de plaire et de faire tourner la tête des hommes, mais Romain répondit au baiser. Il s’abandonna, laissant le soin au sénateur de s’emparer avec plus de conviction du corps qui lui était désormais offert. Romain entrouvrit légèrement la bouche et affectueusement, accompagné d’une myriade de frissons, il caressa la langue du sénateur de la sienne. S’il y avait bien une chose que Romain savait faire, c’était bien user des charmes de son corps. Il embrassa Gabriel comme un amant, comme pour à son tour capturer Gabriel dans ses filets et lui faire tourner la tête.

« Ça va chéri ? T'as l'air... tendu. »

Romain ne sût exactement combien de temps dura ce baiser, mais il avait le goût du trop peu. Il aurait voulu qu’il dure beaucoup plus longtemps. Désarçonné quelques secondes par le plaisir fulgurant qui l’avait traversé, Romain retrouva rapidement ses esprit devant la réflexion revancharde du sénateur. Comment un homme au goût si délicieux pouvait-il être aussi pénible ? Gabriel voulait jouer à ce jeu-là avec lui ? Ils allaient jouer. Il n’avait pas idée à quel point Romain était doué dans ce genre de sport. Si le sénateur pensait être tombé sur un petit océanologue ingénu, il allait très vite se rendre compte que sous le petit minois angélique se cachait un vicieux petit démon qui détestait perdre ce genre de partie.

« Je… je… » bredouilla-t-il exprès en se fardant d’un faux air embarrassé. Première étape : lui laisser miroiter quelques microsecondes la victoire.

Puis, d’un pas, Romain atténua la distance entre le sénateur et lui. Il ôta le masque avec lequel il s’était fardé à peine quelques secondes pour le remplacer par un petit sourire charmeur, le genre qui voulait dire « que la partie commence ! » et qui promettait moult affrontements. D’une main, il vint attraper délicatement Gabriel à la nuque pendant qu’il approchait son corps du sien, de sorte à ce qu’ils puissent se coller à nouveau l’un à l’autre. Il fit de même avec ses lèvres qui vinrent caresser l’oreille du sénateur. D’un ton suave et sensuel, il chuchota, ambiguë à souhait : « Nous verrons bien lequel des deux sera le plus tendu en fin de journée. » Pour accompagner ses mots, Romain glissa son genoux entre les jambes du sénateur, soupesant un peu son entrecuisse avec malice. Et dire qu’il ne lui suffirait que d’un coup, qu’un seul !, pour lui donner une voix de castra. « Prometteur… » ajouta-t-il du bout des lèvres alors que son genoux gigotait un peu.

Sans attendre son reste, Romain se déroba, traversant d’un pas aérien et le sourire aux lèvres le pont. Dans un déhanché qui lui était propre, il ôta son tee-shirt, dévoilant ainsi un dos lisse et bronzé à la cambrure rénale à damner un saint. Aux côtés d’Alfie qui tenait la barre, il enlevait soigneusement ses converses.

« Tu sais ce qui serait bien oncle Alfie ? C’est de montrer les îlots du sud à Gabriel. Il n’y est sans doute jamais allé. » Dos au sénateur, Romain jeta un coup d’œil par-dessus son épaule afin de s’assurer que Gabriel l’observait toujours, puis, en dandinant sa croupe effrontément, il laissa tomber son bermuda à ses pieds. Romain se retrouva en shorty moulant dont la blancheur faisait ressortir le halé de sa peau et dont le tissu épousait à merveille ses courbes. « Tu vas voir mon amour, ce sont des îlots très agréables et reculer de tout. Nous y serons tranquilles. » Un regard pénétrant et tendancieux alors qu’il était toujours cambré et qu’il feignait ranger ses Converses. « Tu n’imagines pas tous les recoins qu’il y a à explorer là-bas. Tu vas t’éclater. » Il échangea un regard innocent avec Alfie. « Si bien sûr il s’enlève du cul son manche à balai. Il est tellement pas drôle parfois, notre bon sénateur. »
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Message(#) Sujet: Re: Enjoy the trip, boys! [Romain/Gaby] Mer 3 Nov 2010 - 4:52

Si Alfie avait d'abord fait les mauvaises déductions, il n'eut pas de mal à voir clair dans leur petit jeu, cette fois; les paroles de Gabriel et sa mine d'abord confuse et déroutée témoignant de son propre manque de tact. Le baiser qui suivit l'arracha néanmoins à sa contemplation de l'océan alors que ses yeux s'agrandissaient sous la surprise. Mais que se passait-il entre eux, nom d'une truite? Le vieil homme ne mit pas longtemps à comprendre que c'était bel et bien à cause de lui si Gabriel et Romain s'embrassaient sans aucune pudeur sur le devant de son bateau, mais l'entrain qu'ils y mettaient le firent sourire. « Bon, ça va, pas besoin de vous arracher les amygdales, non plus, surtout pas pour me prouver que vous savez jouer! Ils sont passés où, vos sceaux et vos pelles? » Amusé, il avait néanmoins attendu que leur échange se termine avant d'oser hausser le ton, histoire de ne pas mettre un terme plus tôt que prévu à leurs envies. Voir Gabriel et Romain ensemble, ici-même, après tant d'années, lui donnait un coup de vieux qui le fit rater la suite des évènements, ses pensées étant toutes dirigées vers ce fameux été des quatre ans de Romain. Si seulement il avait su... La coïncidence était frappante et bien sûr qu'il aurait aimé qu'ils se rencontrent à nouveau, comme au bon vieux temps, grâce à lui; le destin s'en était apparemment chargé à sa place!

« Tu sais ce qui serait bien oncle Alfie ? C’est de montrer les îlots du sud à Gabriel. Il n’y est sans doute jamais allé. » Ce fut les paroles de Romain qui le sortirent de sa rêverie alors qu'il arquait un sourcil, laissant son regard se poser sur son neveu, puis sur Gabriel. Puis sur Romain. Alfie se doutait bien que Gabriel ne serait pas insensible aux charmes de Romain et le jeu de séduction qui se déroulait sous ses yeux lui rappelait le temps de sa jeunesse, où il n'avait qu'à faire un pas et offrir un verre pour avoir tout ce qu'il voulait. « Tu vas voir mon amour, ce sont des îlots très agréables et reculés de tout. Nous y serons tranquilles. Tu n’imagines pas tous les recoins qu’il y a à explorer là-bas. Tu vas t’éclater. Si bien sûr il s’enlève du cul son manche à balai. Il est tellement pas drôle parfois, notre bon sénateur. » Alfie perçut le regard innocent de Romain et ne put s'empêcher de lâcher un « J'en connais un qui va s'amuser! » tout en appuyant à fond sur la manette du moteur du petit bateau, déstabilisant ainsi ses occupants. Le marin pouffa d'un rire amusé et sincère alors que la position précaire de Romain lui avait donné envie de rigoler un peu.

Il garda néanmoins sa vitesse de croisière en redressant la tête, les yeux fermés, laissant l'air frais lui fouetter le visage avant de pousser un soupir en reportant son attention sur Romain. « Parlant des îles du Sud, y'a eu plusieurs baleines échouées la semaine dernière. Ils ont rien pu faire pour empêcher le carnage. » Par ils, il entendait les environnementalistes, les experts du monde marin, les « Romain ». C'était une tragédie qui le touchait beaucoup, mais il se doutait bien que pour l'instant, son neveu en avait rien à foutre. « Et je suis d'accord avec toi, Romain. Plein de recoins. Derrière un arbre, dans une grotte, derrière un rocher. Plein de recoins. » Il poussa un faux soupir amusé avant de porter son attention sur chacun des deux hommes, conscient qu'il était de trop sur ce bateau, alors que c'était bien son bateau!

Loin de se soucier d'être celui qui les empêchait de s'exprimer, il fronça le nez en jetant un coup d'oeil au loin. Déjà, derrière eux s'éloignait la berge et les quais de Miami pour laisser place à l'immensité de l'océan. « C'est houleux, aujourd'hui! Mais je veux bien vous y emmener, moussaillons! » En effet, malgré le soleil et le beau temps, les vagues ne leur laisseraient pas de répit. Le vieil homme saisit la fiole qu'il gardait à sa ceinture afin d'avaler une bonne gorgée de whisky, grimaçant agréablement sous le liquide brûlant sa gorge. Même pas besoin d'ouvrir une bouteille, il avait ses propres réserves! Il jeta rapidement un coup d'oeil au vieux compas qui ornait son bateau et prit un peu plus au sud-est, laissant son intuition de marin le guider alors qu'il avait fait ce trajet des milliers de fois. Mais si les baleines réussissaient à se faire piéger, pourquoi pas lui? Un moment d'inattention et il prendrait le mauvais cap, poursuivant dans cette direction éternellement jusqu'à se rendre compte qu'il s'était trompé et qu'il n'avait plus d'essence dans le moteur! Quand on dit que ça sent le vécu...!

« Vous autres, les jeunes, vous savez pas comment ça marche! Vous vous rendez compte que j'ai dragué Mary-Jane sur le bord d'un quai y'a trente-cinq ans et que je l'aime encore comme au premier jour? Vraiment, je vois pas ce que vous avez tous avec le sexe, y'a pas que ça dans la vie! Et après, les pauvres vieux comme moi regrettent leur jeunesse en se rappelant Ô combien ils étaient heureux de pouvoir s'envoyer en l'air tous les jours! Vraiment, vous savez pas, vous! » Vexé, Alfie eut une fausse mine boudeuse avant de jouer sur les vitesses du bateau de pêche, s'amusant comme un fou en s'assurant tout de même que ses invités ne tombent pas à l'eau. Heureusement, Sparky n'était pas de la partie, parce que le chien se serait rapidement retrouvé à la flotte! Au diable les règles et les lois qui régissaient le transport marin! Les gilets de sauvetage étaient bien en vue dans la cabine et tous trois pourraient sans doute les utiliser en cas de besoin imminent, mais le vieil homme n'y jeta qu'un rapide coup d'oeil sans vraiment s'en faire. Il but une nouvelle gorgée de whisky directement à la flasque, s'amusant de la situation alors que l'air frais de la mer rougissait leurs joues et le faisait se sentir dans son élément.
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Enjoy the trip, boys! [Romain/Gaby]

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