AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 SOMETIMES, I REMEMBER OUR CRAZY THINGS

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité




Message(#) Sujet: SOMETIMES, I REMEMBER OUR CRAZY THINGS Ven 23 Avr 2010 - 15:06

SOMETIMES, I REMEMBER OUR CRAZY THINGS


FLASHBACK


« Demain soir, je t'emmène au restaurant. » Enserrant la poignée laquée de son bureau, Pride lui lança un regard malicieux. « J'ai un anniversaire raté à rattraper dignement en ta compagnie. » Réalisant qu’elle n’avait guère le choix, cependant ceci ne lui déplaisait aucunement, la jolie jeune femme se ravisa. Gardant son élan et son ardeur pour elle, ses yeux parcoururent d’un air faussement intéressé l’imposant dossier en attente. Puis, l’esprit divaguant, songeant à quelques douces retrouvailles, un sourire angélique se dessina sur son visage halé. « Parfait, dans ce cas, je t’attendrais pour vingt heures. Inutile de te donner mon adresse, car je sais que tu as mille et un contacts qui te la procureront ! » D’une humeur quelque peu taquine, la jeune architecte vint retrouver la chaleur du cuir noir, adossée à son fauteuil, Jaelyn observa son compagnon passer l’imposante porte vitrée de son bureau « A demain Pride. » Un simple regard complice unit une énième fois les deux amants, et dans un rictus des plus satisfaits, Pride disparu dans un des couloirs de son agence.

Se retrouvant seule, son cœur se serra à nouveau. Encore éprise par tant de douceur et de passion, elle glissa son doigt fin sur ses lèvres rosées. Sa peau satinée portait encore son odeur, cette incroyable senteur de musc ambré provoquait en elle d’audacieux désirs. Malgré de si longues années d’absence, leur relation en demeurait inchangée, si belle, si forte mais ô combien désabusée. Le simple fait de ressentir ses lèvres sur sa bouche fruitée avait été le symbole d’un renouveau, d’un nouveau tournant qui peut être, pourrait les réunir dans un futur proche. L’idée que son amant devienne père ne semblait pas plus la gêner que cela, et d’ailleurs, elle demeurait prête à le soutenir dans une telle épreuve. Poussant un profond soupir, Jaelyn s’emballait une nouvelle fois. Rien n’était encore gagné ou acquit, seul le temps pouvait être maître de ses réponses. Glissant sa main tremblante dans sa chevelure de blé, Caroll son assistante pénétra dans la pièce avec fracas. « Jaelyn j’ignorais que vous entreteniez une relation avec Monsieur Berrington ! » Surprise par tant d’ardeur et de sans-gêne, la jeune femme répliqua froidement « Et moi j’ignorais que vous écoutiez aux portes. » Analysant la portée de son geste, l’assistante tordit ses doigts dans un rictus désolé. « Je veux dire, c’est un charmant jeune homme, dommage que sa réputation lui fasse défaut ! Il a quand même fait de la prison ! » Comprenant que le lourd passé de son amant n’atteignait pas le seuil de la bienséance, Jaelyn haussa les épaules « Écoutez, je ne veux pas que notre entrevue devienne l’objet de commérages ici, ni même ailleurs ! Cette rencontre ne détrône en rien les bonnes mœurs, Caroll s’il vous plaît… » Ajouta-t-elle épuisée « je vous apprécie beaucoup et je ne veux pas que tout cela s’étende. Puis-je vous faire confiance ? » Caroll venait de tomber dans un piètre engrenage, comprenant que Jaelyn ne plaisantait pas, elle hocha la tête avant de quitter à son tour la pièce, devenue sombre par quelques mensonges.


FLASHBACK ENDED



Les sorties en tête à tête n’avaient jamais joué en sa faveur, de nombreuses fois elle s’était retrouvée seule par peur de ne savoir quoi dire ou encore quoi faire. Décommandant ses soirées aux chandelles, Jaelyn les terminaient accompagnées d’une cigarette et d’un air de musique aux allures rock. Représentant une sorte d’engagement, ses relations ne s’étaient jamais réellement officialisées, la peur de se brûler les ailes sans doute. Allongée dans l’eau tiède, la jeune architecte profita de cet instant de répit pour songer une nouvelle fois à son amant. Bien sûr, tout cela allait être différent ce soir, et qui plus est, elle lui avait préparé une surprise de taille en guise de dessert. Une sorte de cadeau, remémorant leur aventure passée. Avec délicatesse, elle s’enroula dans une serviette immaculée. Il est vrai, qu’à l’époque, le style vestimentaire comptait peu, un tee-shirt des Stones, un jean et voilà qu’ils étaient prêts à passer leur journée dans l’imposant salon de ses parents à refaire le monde sous la fumée épaisse de cigarettes. Désormais, tout cela avait changé, souhaitant illuminer son regard ambré, la jeune architecte voulu lui montrer qu’elle aussi était devenue femme.

Optant pour une robe légère blanche, contrastant à merveille avec sa chevelure devenue chocolat, Jaelyn se maquilla avec goût et raffinement. Un trait d’eye-liner vint sublimer son regard mordoré et un simple bandeau ivoire vint parachever coiffure. Fin prête, elle parfuma la peau halée de sa nuque d’une senteur de rose et de jasmin. La sonnette criarde l’averti de l’arrivée de son amant et, ce fut avec rapidité qu’elle vint lui ouvrir. Lui faisant face, un sourire malicieux se dessina sur ses lèvres brillantes et avec d’un rire amusé, elle ajouta « Et bien, ta ponctualité me surprendra toujours. »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: SOMETIMES, I REMEMBER OUR CRAZY THINGS Ven 23 Avr 2010 - 23:59

      TO ME YOU ARE PERFECT.


    Le jeune homme avait quitté les bureaux de la belle architecte mué dans une assurance certaine : plus encore que de pousser l'audace jusqu'à ne guère lui laisser le choix quant à un tête à tête, alors qu'il aurait pu concevoir que la belle aurait pu avoir d'autres projets, il ne lui avait pas soumis d'heure, conforté dans l'idée qu'il contacterait la jeune femme dans la soirée, grâce au numéro de téléphone allégrement fourni par son ami et colocataire employé au FBI. A croire que Pride savait un peu trop se servir des avantages des autres pour jouer sur la vie privée des personnes, mais rien n'était trop beau pour retrouver Jaelyn. Cette fois, le jeune homme ne la perdrait pas de vue, quand bien même il devait s'évertuer à venir lui rendre visite tous les jours, sous le regard curieux de son agaçante secrétaire. Ce fut donc plongé dans ses pensées que Pride finit sa soirée, loin des festivités auxquelles il aimait pourtant s'adonner, restant alors – et une fois n'était pas coutume – seul chez lui à se remémorer ses souvenirs passés, une cigarette à la main. Son regard absent et rêveur s'attendrissait sous certains échos de sa mémoire lui revenant à son esprit, accompagnant une chamade du coeur un peu plus mouvementée, se brouillait d'une tristesse lointaine lorsqu'il se remémorait le départ de l'ancienne junkie de chez lui, voire esquissait quelques souvenirs amusés lorsque venaient les souvenirs de leurs conneries d'adolescent. Il était étrange de voir comment cet ange tombé du ciel semblait tout effacer : Pride était sorti de prison que depuis aujourd'hui seulement, et il ne songeait ni à sa liberté retrouvée, pas plus qu'à la fêter dignement. Restant au contraire enfermé dans sa maison et dans ses souvenirs, ce fut avec une nostalgie délectable qu'il se tournait vers son passé. Peut-être était-ce trop beau pour être vrai, car depuis qu'il habitait Ocean Grove, Pride avait vite appris que ce genre d'endroit visiblement calme et serein, cachait nombre de secrets déstabilisants. Et si Jaelyn en avait un, et si elle venait vers lui penaude pour lui souffler qu'elle était mariée, en couple, ou pire encore, apeurée de le revoir pour des raisons qu'il ne saisirait pas. Et si elle fuguait encore, loin de lui cette fois-ci, à son strict opposé... La crainte de la perdre se fit tant pesante, que ce soir là le jeune homme attrapa son téléphone avant d'envoyer un message à la demoiselle, laissant place à quelques échanges tapotés au clavier allant de quelques mots tendres à du flirt léger. Ce fut finalement plus apaisé qu'il alla regagner son lit, craignant néanmoins que tout n'avait été qu'un rêve délicieux.

    Ses paupières s'ouvrirent non sur une cellule humide, mais bien la chaleur de sa chambre retrouvée, et de nouveau sa première pensée n'était plus tournée que vers Jaelyn. A croire qu'encore aujourd'hui, la demoiselle était devenue sa drogue et son addiction, dans une dépendance dont il ne pouvait plus se passer. Son coeur s'était ôté d'un poids trop lourd depuis qu'il l'avait revue, dans une attente inespérée et salvatrice : ce fut sur cette dernière pensée que Pride s'amusa à en déduire que la délicieuse demoiselle était en vérité son ange gardien, tombée de la grâce des limbes et des beautés troubles des cieux. La journée passa sans que le jeune homme ne réitère cette angoisse fondée de ne plus la recroiser, et ce fut vêtu d'un costume sombre et d'une chemise blanche immaculée, sans cravate ni apparat superflu, qu'il sonna juste à l'heure à la porte de chez Jaelyn. La silhouette fine de cette dernière se découpa dans la lumière tamisée des lieux alors qu'elle apparut sur le seuil, toute de pastel et de scintillement vêtue, sa silhouette se modelant telle une ombre chinoise.

    « Et bien, ta ponctualité me surprendra toujours. »
    « C'est toi qui est surprenante. » murmura-t-il dans un sourire suave ainsi qu'un sourire tendre, faisant référence à la beauté pure qu'il toisait en face de lui.

    Il fallut néanmoins un instant à Pride pour retrouver en cette femme si féminine, les traits de l'ancienne Jaelyn qu'il avait connu. Peu importait finalement, qu'elle soit habillée d'une robe somptueuse ou qu'elle ne porte qu'un T-shirt trop ample, elle avait au final cette même grâce, ces mêmes arômes, cette même âme mutilée qui lui avait tant plu à l'époque. Avançant un bras pour mieux l'accompagner à la voiture, ce fut non sans se délecter sans gêne de sa beauté, son regard affamé ne quittant jamais le visage séraphique de Jaelyn, qu'il la mena au bolide luxueux. Dieu qu'il s'en serait voulu, s'il avait poussé telle beauté à se consumer par autant de drogue dans le passé ; cela aurait été un crime.

    ***

    Le restaurant de l'hotel était bondé : les rires légers tintaient sous les couverts d'argent et les verres de cristal, ici semblait s'envoler toute la misère du monde sous les pieds hypocrites des trop fortunés. Placés à leurs tables depuis quelques minutes déjà, Pride n'attendit pas que la soirée ne se fasse pour se rapprocher de celle qu'il avait cherchée depuis longtemps ; attrapant la douce main de Jaelyn dans la sienne, il plongea son regard pénétrant dans le satin de ses yeux.

    « Ton sourire m'avait manqué. J'ai encore du mal à réaliser que je t'ai bien retrouvée... Même si j'aurais préféré qu'on se revoit dans d'autres conditions qu'une prison. » fit-il dans un sourire bref avant de reprendre, ses doigts caressant toujours la main blanche et fine de la demoiselle. « Tu te rends compte que nous sommes dans le genre d'endroit qu'on ne pouvait pas supporter étant adolescents ? ... » Un sourire qui persiste, un regard affamé et tendre qui en dit long, et un silence qui s'installe alors que la main de Pride quitte doucement celle de Jaelyn pour mieux se glisser dans la poche interne de son veston, et d'en ressortir une photo usée qu'il fait glisser sur la table drapée. « Mais tu n'as pas changé, tu as toujours ces mêmes yeux désabusés. » murmura-t-il songeur, ses rétines ambrées posées sur le cliché laissant apparaître une fine demoiselle aux yeux troubles et aux vêtements modestes.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: SOMETIMES, I REMEMBER OUR CRAZY THINGS Sam 24 Avr 2010 - 17:05

    I LOVE YOUR SMILE

    « C'est toi qui est surprenante. » Dans un murmure suave, le jeune homme attrapa sa main satinée avant de la conduire près de son magnifique véhicule. Si quelqu’un passait par là, en cette heure si peu tardive, il aurait sans doute cru qu’un gentleman conduisait sa belle au cinéma, ou encore qu’un couple se rendait à une soirée mondaine ou feutrée. Cependant, personne n’aurait pu imaginer ou même envisager qu’une passion destructrice avait consumé cet étrange couple bien des années auparavant. Abandonnant un piètre style vestimentaire pour une sobriété certaine, les amants n’avaient en aucun cas, perdu cette douce flamme rebelle qui perdurait dans leurs regards entichés. Haussant naïvement les épaules, Jaelyn observa avec attention son accoutrement, avant de murmurer un « merci » quelque peu gêné « J’ai vraiment l’impression d’en avoir trop fait ! Disons que, je ne voulais en aucun cas te décevoir.» Rougissante, elle avait voulu jouer avec son apparence afin de le toucher en plein cœur, mais malgré tout, sa vulnérabilité en demeurait inchangée. Perle désabusée dans son écrin de velours… Alors qu’il la priait de prendre place dans son élégant bolide typiquement britannique, ce fut avec beaucoup d’intérêt que la jolie brune détailla son compagnon. Avec avidité, elle se délecta de son charisme insolent, son regard d’ambre pétillait toujours d’autant de malice et ses lèvres masculines trahissaient encore un trop franc parlé. Malgré de longues années, son ange déchu était resté fidèle à ses mœurs révoltées, se retrouver une nouvelle fois au creux de ses bras était d’un profond soulagement. Ce fut avec bien trop de violence qu’on l’eut tiré de son repaire et là-bas, avec lui, elle avait laissé sa jeunesse et une partie de son cœur meurtrit. Pride s’installa avec aisance au volant et dans un nouveau rapport, il quitta le quartier paisible d’Ocean Grove.


    ***

    Pénétrant dans l’enceinte du restaurant au bras de son amant, le cœur de Jaelyn se serra une nouvelle fois. Alors que le serveur s’empressait de les conduire à leur table, les murmures faux et hypocrites semblèrent cesser, un lourd halo chargé de sens entoura le couple avant de l’assener de questions refoulées. Ce fut la main chaleureuse de Pride qui la tira de ses doutes. Lui lançant un regard malicieux, le jeune homme entama le dialogue « Ton sourire m'avait manqué. J'ai encore du mal à réaliser que je t'ai bien retrouvée... Même si j'aurais préféré qu'on se revoie dans d'autres conditions qu'une prison. » L’implorant de ses yeux mordorés, Jaelyn le pria de ne pas en dire davantage. « Ne revenons pas sur une telle histoire, nous avons tous deux fait des erreurs mais elles ne doivent, en aucun cas, gâcher notre soirée. J’ai également du mal à croire que tu sois là, j’ai eu énormément de mal à vivre mon départ de Chicago. » Lui confia t’elle sans crainte. Avec une douceur sans pareille, les doigts de son amant vinrent caresser sa peau laiteuse bien avant que sa voix suave ne brise le silence de leurs non-dits. « Tu te rends compte que nous sommes dans le genre d'endroit qu'on ne pouvait pas supporter étant adolescents ? ... » Observant les lieux avec intérêt, le regard de Jaelyn se porta sur quelques hommes hilares qui s’échangeaient un verre de cocktail vide. « Tu as raison, ces personnes me répugne toujours autant, mais aujourd’hui ce n’est pas comme si j’avais le choix de les supporter. » Haussant les épaules d’un air impuissant, le sourire complice de son amant déclencha en elle une fièvre dévastatrice. Avec une moue totalement détachée, Pride glissa sa main dans son veston avant d’en sortir une petite photo aux couleurs dépassées. « Mais tu n'as pas changé, tu as toujours ces mêmes yeux désabusés. » lâcha t’il prestement. Reconnaissant son visage, le regard mordoré de la jeune architecte s’illumina, une vague de souvenirs enfouis et refoulés parsemèrent son esprit, et ce fut avec émotion qu’elle balbutia « Mon Dieu ! Tu as gardé cette photo ? Remarque, nous avions réalisé tellement de clichés. Mais celle-ci m’était complètement sortie de l’esprit. Mon regard en disait long, je crois que la bouteille de vodka était déjà bien entamée. » La nostalgie embruma son esprit et pendant quelques secondes encore, Jaelyn détailla cette petite photo, témoin de leurs amours passés. « D’ailleurs puisque nous en sommes aux révélations, je dois t’avouer que j’ai gardé quelques images de toi. Ton père n’a pas dû apprécier que j’utilise avec avidité son vieux polaroid. » La bonne humeur avait reprit sa place, et avec un sourire radieux, elle commanda un cocktail au serveur discret. Pride en fit de même et encore attirée par le timbre mélodieux et grave de sa voix, Jaelyn détailla son visage une énième fois. « Regardes toi, tu es éblouissant ! J’ai du mal à croire tu sois devenu un homme maintenant ! Cela fait tellement longtemps, j’ai toujours cette image d’un jeune adolescent qui optait pour une cigarette et un verre de martini en guise de repas ! » Plaisanta-t’elle à son égard. Pourtant, son visage opalin et rieur laissa prévoir une once d’amertume. Glissant sa main fine et tremblante sur la sienne, la sirène criarde de ses souvenirs brûla son désir grandissant. Désabusée, la jeune femme baissa les yeux. Incapable d’appréhender les interrogations de son amant, ses regrets lui nouèrent la gorge. « J’aurai tellement souhaité que tu m’interdises de monter dans cette voiture, j’étais consciente des risques. Mais je comprends également que tu n’avais pas le choix, que cette décision ne t’appartenais pas … » Effectivement, il l'avait observé quitter les lieux, impuissant mais encore plus révolté, ses paroles lancinantes avaient prit pour cible ses parents et ce fut sur le perron de sa superbe maison qu'ils échangèrent un dernier regard.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: SOMETIMES, I REMEMBER OUR CRAZY THINGS Sam 24 Avr 2010 - 18:10

    Le jeune homme s'était contenté d'acquiescer légèrement sous la remarque de Jaelyn, sa voix douce le suppliant de ne pas aborder le sujet douloureux de la prison. Personne n'aimait savoir qu'un être cher avait perdu de sa liberté pour quelque temps, surtout lorsque ladite liberté était le premier amour de l'incarcéré concerné. Effectivement, mieux valait éviter pour ce soir ses déboires, et que tous deux ne replongent avec délice dans leurs troubles d'adolescent. Il était étrange et presque irréel de la voir face à lui ; aussi Pride resserra un peu plus sa main pour que la demoiselle ne se fasse pas mirage et ne disparaisse à nouveau. La belle avait des airs de star de cinéma, mélange subtil d'une Audrey Hepburne et d'une Grace Kelly : qui aurait pu croire que cette femme gracile et si raffinée cachait une adolescence secouée d'erreurs faites de seringues, d'alcool et d'un peu trop de luxure avec un parfait inconnu. Car après tout, les deux jeunes gens qu'ils avaient été, s'étaient amourachés l'un de l'autre de par un simple regard alors que jamais ils ne s'étaient auparavant croisés : sans doute était-ce ce que l'on appelait le coup de foudre. Et du stade de parfaits inconnus, ils étaient passés parfaits amants ; oubliant les autres et oubliant de vivre, ne survivant que de cigarettes, de vapeur de vodka et d'héroïne. Dieu qu'ils étaient heureux simplement tous les deux, oubliant le reste du monde qui n'était plus que spectre sans couleurs, mais dieu qu'ils étaient insouciants également. Vivant au jour le jour, ils en avaient oublié que leur idylle aurait une fin, que le monde continuait de tourner malgré tout, que la protection trop agressive des adultes viendrait les séparer pour des prétextes que les jeunes gens ne comprendraient pas... Le regard songeur, Pride posa ses prunelles ambrées sur deux hommes d'affaire riant aux éclats, à l'instar de Jaelyn qui en avait fait de même.

    « Tu as raison, ces personnes me répugne toujours autant, mais aujourd’hui ce n’est pas comme si j’avais le choix de les supporter. »

    Le jeune homme à l'air absent ne répondit pas, après tout il était devenu des leurs. Entre superficialité et avidité de pouvoir et d'argent, Pride n'était pas devenu vraiment différent de ces hommes trop fortunés. Quand bien même la richesse accumulée du jeune brun n'était due qu'à des histoires louches ou illégales, son argent lui était tant monté à la tête que Pride semblait en vouloir toujours plus. Ne désirant pas faire de réflexion à ce sujet, de peur de la faire fuir trop tôt, il demeura silencieux quelques instants avant de sortir une photo aux coins usés, les couleurs délavées et portant sur elle le parfum de leur passé. Sous le regard étonné de Jaelyn, Pride ne put s'empêcher d'esquisser un véritable sourire amusé : ils avaient l'air de deux enfants se retrouvant enfin, prêts à parler durant des heures de ce qu'ils avaient été, de ce qu'ils se souvenaient, de ce qu'ensemble ils auraient pu être.

    « Mon Dieu ! Tu as gardé cette photo ? »
    « Je les ai toutes gardées. » fit-il de son regard rieur et de sa voix suave et basse. « Les autres sont à Chicago... J'ai gardé celle-là avec moi quand j'étais à Harvard... et visiblement encore aujourd'hui. » renchérit-il dans un bref froncement de sourcils avant de reprendre dans un sourire. « Je l'ai retrouvée dans un de mes tiroirs. »
    « Remarque, nous avions réalisé tellement de clichés. Mais celle-ci m’était complètement sortie de l’esprit. Mon regard en disait long, je crois que la bouteille de vodka était déjà bien entamée. » Le jeune homme se mit à rire sous la remarque de Jaelyn ; il était vrai que la sobriété n'avait jamais été le maître mot des deux adolescents qu'ils étaient à l'époque. « D’ailleurs puisque nous en sommes aux révélations, je dois t’avouer que j’ai gardé quelques images de toi. Ton père n’a pas dû apprécier que j’utilise avec avidité son vieux polaroid. »

    Le sourire amusé de Pride se perdit au loin lorsqu'il posa son regard sur le serveur à son tour, demandant un cocktail plombé d'un alcool trop fort, avant de dévier de nouveau son regard rieur sur la demoiselle. Sa simple présence, les effluves délicates de leur passé qu'elle amenait avec elle, le ton désinvolte qu'ils prenaient alors, et tous ces souvenirs dont ils pouvaient rire à présent, allégèrent son coeur d'un souffle nouveau, lui qui ces derniers temps l'avait vu se plomber d'un peu trop de soucis.

    « Tant que tu ne les montres à personne... J'étais trop pâle et trop maigre à l'époque, un vrai junkie mal fringué. »

    Les déconvenues visibles de la toxicomanie aggravée : l'addiction aux substances illicites avaient affiné la silhouette adolescente de Pride, creusé ses joues blanches et apposé des cernes grises sous ses si beaux yeux noirs. Le départ de Jaelyn avait paradoxalement permis au jeune garçon de reprendre des forces ; car ce fut aidé par le soutien de son père pourtant compréhensif que le jeune garçon avait arrêté de flirter d'un peu trop prêt avec la drogue dure.

    « Regardes toi, tu es éblouissant ! J’ai du mal à croire tu sois devenu un homme maintenant ! Cela fait tellement longtemps, j’ai toujours cette image d’un jeune adolescent qui optait pour une cigarette et un verre de martini en guise de repas ! »
    « Et j'ai toujours cette image d'une jeune adolescente qui adorait passer ses journées au lit pour mieux traîner dans les rues de Chicago la nuit. » fit-il en se penchant un peu plus sur la table, sa main enserrant toujours avec douceur celle de Jaelyn dans une caresse qu'il ne voulait plus cesser. Observant avec appréhension la demoiselle baisser les yeux, il se tut un instant alors que le serveur apporta les boissons demandées, tournant les talons pour mieux laisser le couple se livrer.
    « J’aurai tellement souhaité que tu m’interdises de monter dans cette voiture, j’étais consciente des risques. Mais je comprends également que tu n’avais pas le choix, que cette décision ne t’appartenais pas … »

    Leurs sourires s'étaient effacés subitement, sans doute que la jeune femme ressentait cette même douleur au myocarde soudain broyé par les serres aiguisées du rapace de leur passé. Pride détourna brièvement le regard, ne parvenant pas encore à lâcher quelques mots : cela faisait déjà sept ans, et pourtant il ressentait encore cette douleur comme si elle lui avait transpercé le coeur et l'âme la veille.

    « J'étais... » Cherchant ses mots avec vivacité, Pride leva son regard sombre sur Jaelyn avant de continuer avec prestance et sincérité douloureuse. « J'étais stupide à l'époque, je pensais que tomber amoureux c'était se montrer faible. Alors je t'ai regardée partir sans rien dire, et j'ai toujours prétexté que je m'en fichais pertinemment. Jouer les sans coeur n'est pas de tout repos. » souffla-t-il d'un bref sourire en coin qui avait perdu de son amusement. Resserrant sa main masculine dans la douceur de sa main de nymphe, Pride continua alors dans un regard pénétrant et déterminé : « Je ne te laisserais plus partir, Jaelyn. » Laissant un bref silence s'installer, le jeune homme ne put s'empêcher de retenir la question qui lui brûlait les lèvres : « Qu'est-ce que tu as fait tout ce temps, après être partie ? Je veux tout savoir. »



Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: SOMETIMES, I REMEMBER OUR CRAZY THINGS Dim 25 Avr 2010 - 17:59

    Malgré une rancœur lancinante, Jaelyn devait avouer que leur douloureuse séparation l’avait sauvé. Sans l’intervention de ses parents, un avenir des plus chaotiques lui était destiné et malgré un amour sincère, celui-ci demeurait avant tout dévastateur. Depuis Pride, la jolie jeune femme avait accumulé des frasques d’adolescents, repoussant encore plus ses limites, l’autorité ne l’effrayait guère. La nuit était son royaume et les garçons ne représentaient que de piètres pantins à ses yeux révoltés. Le passé de Jaelyn était loin d’être glorieux. Sa situation actuelle sonnait comme une sorte de revanche, maintenant rangée, elle avait fait le choix de se concentrer sur son avenir professionnel, la nuit ne lui appartenait plus, optant pour un bon film, elle laissait de côté les bars et discothèques. Casanière, rongée par ses souvenirs, son idéal de vie se perdait dans les méandres de la monotonie.

    Son cœur l’avait emporté sur sa raison, la franchise et la sincérité de ses paroles déclenchèrent un lourd silence. Comprenant qu’elle s’était laissée bercée par de douces folies, elle se ravisa, préférant se résigner à une fatale vérité. « J'étais... » Les mots semblaient brûler ses lèvres masculines, réveillant une blessure du passé, le visage de son amant se ferma. Se voulant rassurante, Jaelyn vint sa trouver sa main, qu’elle caressa avec douceur. « Je ne t’oblige en au aucun cas à répondre Pride. Pardonnes cet élan mais j’avais besoin que tu le saches. » La voix suave de son compagnon la coupa dans sa désolation. Et lentement, il lui présenta ses plus sincères excuses. « J'étais stupide à l'époque, je pensais que tomber amoureux c'était se montrer faible. Alors je t'ai regardée partir sans rien dire, et j'ai toujours prétexté que je m'en fichais pertinemment. Jouer les sans cœur n'est pas de tout repos. » Un maigre sourire se dessina sur ses lèvres cerises, sa franchise était toujours aussi déroutante. Avec amertume, la belle apprit qu’il l’avait laissé partir sans ressentir grande émotion. Ses illusions avaient été vaines. S’appuyant sur le dossier de son fauteuil, elle poussa un léger soupir craintif avant de sourire. Les yeux malicieux du jeune homme semblèrent s’animer d’une flamme d’espoir la priant de lui pardonner cette attitude d’adolescent. « Je te connais par cœur, et je sais qu’au fond, tu n’es pas ce genre de personne. »

    Le sourire de la belle sembla apaiser ses maux et plus déterminé que jamais, Pride lui murmura dans un souffle « Je ne te laisserais plus partir, Jaelyn. » Sa main tendre embrassa ses doigts fins, et à ces mots, la belle comprit.

    Une douce illusion berça la belle un court instant. Au plus profond d’elle, elle espérait plus que tout que le destin les réunisse à nouveau. Qu’ensemble, ils se perdraient dans les méandres d’une folie passionnelle. Pride avait toujours bercé ses désirs, devenant maître de son corps, il avait su lui apporter tendresse et fougue. Par un simple regard il avait su comprendre son malheur, par un simple sourire il avait su soigner ses douleurs et par un simple baiser il lui avait prouvé ô combien elle pouvait être aimée et désirée. Le jeune homme était son amant, sa moitié et son autre à la fois. Entichée, Jaelyn était prête à se livrer corps et âme dans n’importe qu’elle bataille pour lui venir en aide et l’avoir près d’elle à nouveau. « Qu'est-ce que tu as fait tout ce temps, après être partie ? Je veux tout savoir. » Souriante et surprise par un tel engouement, la jolie brune réfléchit un court instant. Comment attiser à curiosité ? Par ou commencer ? Son absence avait été si longue et une simple soirée était insuffisante pour tout lui conter. « Et bien, quand j’ai quitté Chicago, je suis retournée au pensionnat. Pour rien te cacher, le directeur m’a fait payer ma fugue. La veille de la remise des diplômes, le professeur de mathématiques et aussi surveillant m’a battu. Selon lui, je devais répondre de mon absentéisme. J’ai refusé son autorité et il m’a violenté. Mais il est maintenant inutile d'en faire un drame, après tout je suis toujours là... » Emplit de honteux souvenirs, son âme meurtrie divagua un court instant avant de reprendre « J’ai finalement eu mon diplôme, je n’étais pas si mauvaise en cours après tout. Mes parents n’ont jamais digéré nos erreurs, ainsi, ils m’ont envoyé à l’autre bout du pays pour y faire mes études. Une fille comme moi loin de l’autorité ? Tu parles, j’étais la plus heureuse. Pendant un long moment j’ai fais la fête, souhaitant par-dessus tout nous retrouver. Et un jour, j’ai eu besoin d’argent. Mes économies n’étaient plus alors, j’ai trouvé un petit travail » Marquant une pause, Jaelyn ne préférait ne pas en dire davantage. Prétextant une soif grandissante, elle servit un verre d’eau à son amant avant d’apaiser sa gorge asséchée. « Puis, finalement, voyant que tout cela ne me menait à rien, j’ai décidé de rentrer dans les rangs. J’ai arrêté mes frasques d’adolescente et j’ai obtenu mon diplôme d’architecte avec mention. Et maintenant, me voilà ! Je crois que tu sais à peu près tout.» Un sourire enjoué ponctua son long récit et sans plus attendre, la jolie jeune femme ajouta derechef. Le besoin de se dévoiler et qui plus est de le rassurer se faisait plus pressant. Désireuse de lui avouer son soutien, Jaelyn s’amusa à caresser la peau halée de sa main masculine« Avant toute chose, je voulais te féliciter une nouvelle fois. Tu n’as rien voulu me cacher et je t’en remercie encore. Pride, je suis vraiment heureuse pour toi, le fait que tu deviennes père permettra de t’accomplir encore. Je suis persuadée que tu seras un bon papa et je souhaite vraiment que la relation que tu as avec la mère de ton enfant évolue dans le bon sens. C’est à deux que vous devez élever votre progéniture et j’espère qu’il aura tes yeux. Saches également que quoiqu’il arrive, je te soutiendrais dans tes choix. J’émets une seule exception. Me laisseras-tu voir le bébé ? »

    Un serveur à l’attitude nonchalante vint briser cette étonnante déclaration. Les priant de bien vouloir lui faire passer la commande, le sourire quelque peu gêné de la jeune architecte le pria des les excuser. « Je n’ai même pas pris le temps de choisir, je suis vraiment désolée. Qu’avez-vous à nous proposer ? A moins que tu ais choisi ! » Lança t’elle à son amant quelque peu déboussolé par l’interruption du serveur.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: SOMETIMES, I REMEMBER OUR CRAZY THINGS Mar 27 Avr 2010 - 20:55

    Le jeune homme souhaitait tout savoir, à l'instar de leurs nuits blanches d'adolescents durant lesquelles ils refaisaient le monde de leur grands yeux distillés par la poudre hallucinogène, Pride voulait retrouver cette complicité qui l'avait tant lié à Jaelyn. Retrouver ces mots, ces regards, ces sourires et ces non-dits qui ne les trahissaient pas et dans lesquels ils se livraient tout entier sans jamais se mentir, excepté pour une seule chose. Tout se dire, tout s'avouer, livrer ses rêves et ses espérances, mais ne jamais s'épancher sur leurs sentiments : tel était le pacte tacite qu'ils avaient conclu. Quelque part, il demeurait encore dans les adultes qu'ils étaient devenu, ces adolescents encore timorés sur les affaires du coeur ; vocabulaire sentimental qu'ils évitaient car ne sachant pas le manier. La preuve en était que depuis leur dernier baiser, bien que l'instant magique et doux s'était produit la veille, Pride ne s'était pas encore penché sur la demoiselle pour partir à la coupe de ses lèvres cerises afin de s'y abreuver. Leurs mains chastes et sages s'accordaient parfaitement bien, dans des caresses affectueuses, mais la conversation demeurait encore de premier plan, tels d'anciens amis tentant maladroitement de renouer un peu plus le contact. Le jeune homme sentait pourtant cet élan bien plus fort pour Jaelyn qu'il n'aurait pu le ressentir s'il s'était agit d'une autre connaissance de son adolescence : il se sentait plus léger, envoûté par le parfum floral de la demoiselle, par son regard, par ses sourires, par la fébrilité de sa grâce délicate. Il fallait pourtant qu'il sache ce qu'elle était devenue, autant pour l'entendre parler, se repaître du son de sa voix semblant jouer une sonata et dont il ne se lasserait jamais, que pour l'entendre dire qu'elle n'avait personne dans sa vie. Certes si son ancienne amante n'avait pas de place libre dans son coeur pour lui, il serait resté à ses côtés, dans le bonheur simple de la sentir présente, mais leur idylle définitivement envolée lui aurait entaillé l'âme dans un dernier espoir meurtri. Le temps des révélations fut alors arrivé, bien que Pride ne s'était pas attendu à ce que Jaelyn lui avouait alors. De son adolescence battue à l'éloignement de l'autorité parentale, rien n'échappait à l'ouïe attentive du jeune brun qui fronça les sourcils sous l'aveu de la violence qu'elle avait subie : quelque part se sentant coupable, il en voulait également à la brutalité du monde. Ironique tout de même, lorsque l'on savait que Pride ne prônait pas non plus le pacifisme, mais il semblait que toute violence s'abattant sur ses êtres chers semblait prendre pour lui tant d'ampleur, que tout à coup il en voulait à l'humanité entière. Resserrant ses doigts glacés sur la main fine de Jaelyn, il se tut le long de son discours, ne quittant pas de ses obsidiennes pénétrantes la demoiselle qui se saisit de la carafe d'eau.

    « … Puis, finalement, voyant que tout cela ne me menait à rien, j’ai décidé de rentrer dans les rangs. J’ai arrêté mes frasques d’adolescente et j’ai obtenu mon diplôme d’architecte avec mention. Et maintenant, me voilà ! Je crois que tu sais à peu près tout. »

    Le ton enjoué qu'elle emprunta, marqua un détachement plus net avec le sérieux de ses propos. Pride néanmoins ne semblait pas avoir le coeur à sourire en l'instant : le jeune homme s'en voulait quelque part de l'avoir laissée partir sans rien dire, sans jamais témoigner de son amour grandissant et fusionnel pour elle, sans jamais se demander si tout irait bien pour la belle et unique junkie par la suite. L'égoïsme prenant de Pride, bien plus décuplé à l'époque qu'aujourd'hui, l'avait poussé à jouer les sans coeurs et renier son idylle complice et forte qui l'avait reliée à Jaelyn... avant de la chercher à travers tout le pays une fois Harvard à sa portée, à l'aube de ses dix-huit ans.

    « Avant toute chose, je voulais te féliciter une nouvelle fois. Tu n’as rien voulu me cacher et je t’en remercie encore. »
    « Tu n'as pas à le faire. » fit-il de sa voix basse et grave, d'un sérieux retrouvé, déstabilisé sans doute par le discours de la belle.
    « Pride, je suis vraiment heureuse pour toi, le fait que tu deviennes père permettra de t’accomplir encore. Je suis persuadée que tu seras un bon papa et je souhaite vraiment que la relation que tu as avec la mère de ton enfant évolue dans le bon sens. C’est à deux que vous devez élever votre progéniture et j’espère qu’il aura tes yeux. Saches également que quoiqu’il arrive, je te soutiendrais dans tes choix. J’émets une seule exception. Me laisseras-tu voir le bébé ? »

    Entrouvrant les lèvres pour mieux souffler quelque chose de pertinent et tenter de mettre des mots sur le discours de Jaelyn retraçant son parcours oscillant entre désillusions violentes et rêve retrouvé, Pride ne put néanmoins pas dire un mot, interrompu par le serveur maladroit qui s'était avancé taciturne vers la table... A moins qu'il n'ait prononcé quelque chose, fait bien plus probable, mais que le jeune agent n'avait dès lors pas entendu. Ce fut d'une oeillade agacée qu'il toisa très brièvement le garçon aux couleurs transparentes, alors que Jaelyn se comportait en cliente bien plus agréable que son ancien amant.

    « Je n’ai même pas pris le temps de choisir, je suis vraiment désolée. Qu’avez-vous à nous proposer ? A moins que tu ais choisi ! »
    « Essayez de nous surprendre. »

    Un geste de la main agacée, une voix un peu trop lasse venant blâmer le serveur de les avoir interrompus, et Pride lui desservit un regard à la fois foudroyant et glacé comme le garçon tenta de renchérir quelque chose. Changeant aussitôt d'avis sous le regard sombre du jeune agent, le serveur tourna les talons avant de retourner en cuisine et de laisser le couple à ses retrouvailles impromptues.

    « Bien sûr, que je te laisserais voir mon fils. » murmura-t-il dans un sourire retrouvé, comme une évidence imposée telle une vérité incontestable. « Jaelyn.... » Son souffle lent et posé trahissait des mots se heurtant dans le sombre de ses pensées, tandis que ses yeux d'un noir profond ne la lâchaient plus, la dévorant avec désir, autant qu'avec tendresse. Il était inutile après tout de s'étendre un peu trop, quand Pride était connu pour ses mots crus et sans détour. Le jeune homme au parfum épicé pouvait chambouler les sens autant par des paroles blessantes que par l'émotion tendre qu'il pouvait faire ressentir à la pointe de ses syllabes. « J'aimerais vraiment recommencer quelque chose avec toi... Mais je ne t'impose rien. »

    Il était inutile de développer, de s'étendre en paroles et en explications, quand son regard de braise parlait pour lui : même si la belle refusait, il demeurerait à ses côtés. Quand bien même l'envie ardente d'une nouvelle idylle fusionnelle au goût de l'adolescence perdue et poudrée de cocaïne embrasait son palpitant.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: SOMETIMES, I REMEMBER OUR CRAZY THINGS Mer 28 Avr 2010 - 17:19

    Amusée par la gêne soudaine du serveur, Jaelyn lui adressa un sourire bienveillant. Celui-ci rebroussa chemin lorsque Pride lui fit comprendre par quelques sous-entendus qu’il était de trop. Et d’ailleurs, ce dîner semblait si solennel, tel un couple, les deux jeunes gens abusaient de leur argent pour briller parmi les grands de cette ville. Tout cela semblait fastueux, chose qui ne leur ressemblait pas. Reconnaissant l’impatience de son amant, elle ne put s’empêcher de dissimuler un rire malicieux. Il est vrai que le serveur n’avait pas fait preuve d’une grande discrétion, mais malheureusement, ce lieu n’était pas réellement propice à quelques retrouvailles. Pride pria à son hôte de le surprendre et Jaelyn le prit au mot. La surprise était une fantaisie avec laquelle ils aimaient jouer. D’un tel point de vue, si une relation amoureuse et éperdue devait reprendre entre eux, le couple ne pourrait s’enliser dans une routine constante. Mais à contrario, à vouloir tant la chercher ne causerait-elle pas leur perte ? Songeuse, la jolie jeune femme observa le serveur maladroit pénétrer dans les cuisines. Submergée par un dilemme incroyable, Pride la tira de ses pensées d’une voix suave.

    « Bien sûr, que je te laisserais voir mon fils. » A ces mots, le cœur de la belle ne fit qu’un tour. Même si sa requête pouvait sembler totalement ridicule, à ses yeux, elle lui était chère. Il y a quelques années encore, ils s’étaient mutuellement promis de veiller l’un sur l’autre. Portant cette promesse au cœur de sa chair, Jaelyn était définitivement prête à vouloir faire son bonheur. Un sourire en guise de remerciement, et elle plongea à nouveaux ses yeux mordorés dans son regard sombre. « Jaelyn.... » Le jeune homme voulu reprendre le dessus, mais sa voix magnétique sembla flancher, trahissant ses émotions. Comprenant l’importance et la gravité de ses paroles, la jeune architecte ravala ses nombreuses questions. « J'aimerais vraiment recommencer quelque chose avec toi... Mais je ne t'impose rien. » Ses yeux de jais la transportèrent, mélangeant le désir fusionnel de son amant à ses souvenirs passionnés. Le destin avait donc entendu ses prières, son amour était réciproque et Pride semblait vouloir ne pas refouler ses sentiments. Une vague d’émotions brûlantes traversa son corps frêle et son cœur la suppliait de répondre « oui ». Cependant, sa raison fut plus forte, désireuse de lui prouver que la Jaelyn d’autrefois régnait encore en maitre elle se leva prestement. Délicatement, elle contourna la table avant de se pencher vers son amant, d’une grâce envoutante, elle lui murmura ces quelques mots « Je ne pourrais te répondre ici, je trouve l’endroit très peu intimiste pour ce genre de déclarations. Cependant, je te laisse terminer ton verre et une fois, celui-ci vide, je te demanderais de me rejoindre sur le toit de l’hôtel. » Malicieusement, les lèvres cerises de la jeune femme vinrent trouver sa peau ambrée, et non sans lui provoquer un frisson de délice, elle déposa un baiser délicat sur sa nuque parfumée.

    Sans lui accorder un regard, Jaelyn se dirigea vers le serveur maladroit. Lui expliquant ce qu’elle désirait, il lui promit de leur faire parvenir leur repas ainsi qu’une bouteille de vin le plus rapidement possible. La jeune femme le remercia d’un sourire avant de quitter la salle sous les regards curieux de cette clientèle bourgeoise et enivrée.

    Optant pour l’ascenseur afin d’arriver plus rapidement, Jaelyn, satisfaite emprunta le dernier escalier la conduisant jusqu’au toit de l’immeuble. Consciente que de nombreuses fêtes se déroulaient ici, elle poussa l’imposante porte de fer avant de contempler l’endroit majestueux. Tout était semblable à ses souvenirs. Un bar se tenait sur la droite de la terrasse, protégé par de grand drapages blancs, quelques chaises et bouteilles vides trônait au centre, vestiges d’une fête des plus huppées désormais achevée. Puis, face à un building éclairé de lumières et d’argent, un petit canapé reposait fièrement attendant que quelqu’un daigne y prendre place. Appréciant la douceur de l’air, Jaelyn se perdit dans la puissance de ses souvenirs. Pride avait déposé ses lèvres puissantes sur son corps tremblant dans une atmosphère similaire de longues années auparavant. Cette nuit, ses désillusions flirteraient avec le néant car leur amour était partagé. Malgré tout ce temps et le poids de celui-ci dans leur existence, elle était fin prête à partager une nouvelle relation à ses côtés.

    La porte en fer se referma doucement sur ses gonds, et la belle pu apprécier le bruit de ses pas le conduire à elle. Délicatement, Pride l’enserra de ses bras puissants, son parfum d’ambre et de musc vint envouter son bonheur déjà complet. Alors qu’elle se mordait la lèvre avec désir, ce fut avec une certaine appréhension qu’elle brisa ce silence majestueux. « J’ai longtemps rêvé à ses paroles et aujourd’hui j’ai du mal à croire que tout ceci est réel. Si je rêve encore ou non… Je t’ai attendu depuis sept longues années et … » poussant un léger soupir et luttant contre sa peur, Jaelyn murmura « Je suis résolument déterminée à vouloir reprendre notre histoire là ou nous l’avions laissé. Je ne peux pas me passer de toi Berrington … Je ne pourrais jamais me passer de toi... »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: SOMETIMES, I REMEMBER OUR CRAZY THINGS Ven 30 Avr 2010 - 21:34

    Un parfum de lys précéda la levée gracieuse de Jaelyn comme cette dernière se leva dans une langueur féline et délicieuse, sous les dernières paroles de Pride. Ce dernier leva ses obsidiennes teintées d'une complicité amusée mêlée à un désir flamboyant sur la demoiselle qui contourna alors la table, son poignet fin laissant trainer sa main frêle sur la nappe blanche et parfaitement lissée. La silhouette féminine s'épancha sur l'ombre plus massive du jeune homme, tandis que les effluves de leurs parfums, mêlant fleurs et musc, s'entrechoquaient entre elles pour mieux envoûter un peu plus encore les deux anciens amants qui ce soir se retrouvaient dans une atmosphère joueuse tissée d'un flirt certain. Ils retrouvaient ces tressaillements d'adolescents, cette première fois qui ne vous laisse que papillons dans l'estomac et coeur en suspens, au bord de leurs lèvres se quémandant l'une l'autre ne subsistaient que des baisers prompts à être offerts avec délice : le myocarde même du jeune homme s'anima de soubresauts irréguliers, à l'instar de son sourire en coin dépeint d'un charme chamboulant les sens et embrasant un peu plus l'envie de retrouvailles plus intimes. Le souffle chaud de Jaelyn vint caresser la courbe de son cou puissant, de sa mâchoire carrée, de sa pommette saillante, alors qu'elle se pencha vers lui dans une attitude énigmatique et pleine de malice.

    « Je ne pourrais te répondre ici, je trouve l’endroit très peu intimiste pour ce genre de déclarations. Cependant, je te laisse terminer ton verre et une fois, celui-ci vide, je te demanderais de me rejoindre sur le toit de l’hôtel. »

    D'un rire fin comme un soupir et étouffé par ses lèvres souriantes, Pride retrouvait la Jaelyn de son passé, celle qui insouciante et imprévisible ne faisait jamais comme le commun des mortels, et aimait surprendre au moment où l'on s'y attendait le moins. Ce fut d'une moue charmeuse mais amusée, que Pride, taciturne, approuva les dires de la demoiselle qui s'éloigna alors. Fidèle à lui-même et dans une arrogance non feinte, les obsidiennes du jeune homme ne se posèrent guère sur la silhouette pourtant délicieuse et désirable de Jaelyn, mais sur son verre d'alcool fort qui en ce moment même demeurait la seule clé d'accès à de plus amples retrouvailles. De nombreux regards curieux vinrent se poser sur Pride, alors seul à sa table, s'interrogeant sur le départ soudain de cette jeune femme qui n'avait d'ailleurs pas daigné prendre la porte de sortie, mais celle menant sur les toits. Ce fut d'une indifférence terrible face à la curiosité des badauds que le jeune homme termina son verre avec tranquillité, sentant l'alcool blanc lui brûler sèchement le gosier l'espace d'un instant. Ce fut non sans laisser son parfum épicé le suivre dans son sillage que Pride se leva enfin, se dirigeant d'un pas sûr vers les toits ; repaire de leur nouveau départ, probablement. Poussant la porte de métal non sans sentir son coeur s'alléger d'une force sereine, trouble apaisant qu'il n'avait pas ressenti depuis bien trop longtemps, il passa le seuil avant de sentir la brise nocturne et agréable caresser sa peau. Ses rétines ambrées se posèrent sur la silhouette gracieuse et fine de la demoiselle lui tournant le dos ; sa beauté éthérée, ses cheveux chocolat et sa peau laiteuse attisaient en lui un appétit d'un embrasement sans pareil. L'envie de dévorer ses courbes, de ses lèvres comme de son regard, de la prendre dans l'alcôve de ses bras pour mieux s'abreuver de son parfum et de sa chaleur, de sentir son souffle sucré sur son épiderme et de ne plus jamais la laisser respirer sans être à ses côtés... S'avançant alors à pas lents, le regard de Pride ne se détachait plus de la douce, et ses bras puissants et protecteurs vinrent entourer sa taille fine comme il posa son menton dans le creux de son cou blanc, soupirant d'aise et de bien-être.

    « J’ai longtemps rêvé à ses paroles et aujourd’hui j’ai du mal à croire que tout ceci est réel. Si je rêve encore ou non… Je t’ai attendu depuis sept longues années et … » Les lèvres impatientes et tendres de Pride vinrent embrasser le cou délicat de Jaelyn sous un frémissement délicieux, tandis que cette dernière reprit dans un murmure. « Je suis résolument déterminée à vouloir reprendre notre histoire là ou nous l’avions laissé. Je ne peux pas me passer de toi Berrington … Je ne pourrais jamais me passer de toi... »
    « Shhh... » Un murmure brûlant, un sourire attendri, ses lèvres dévorant alors avec langueur et par monceaux de baisers son cou et sa nuque fine, et le jeune homme reprit non sans resserrer ses mains envieuses sur le ventre plat de Jaelyn. « Ce sera toi, mon nouveau départ. »

    Un dernier souffle emprunt de sincérité, et la main du jeune homme partit à la conquête de la joue rosée de Jaelyn, l'obligeant doucement à tourner la tête pour mieux partir à la conquête de ses lèvres, tandis que ses mains amoureuses partiraient à la découverte des courbes féminines si désirables.


RP CLOS
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé





Message(#) Sujet: Re: SOMETIMES, I REMEMBER OUR CRAZY THINGS

Revenir en haut Aller en bas
 

SOMETIMES, I REMEMBER OUR CRAZY THINGS

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
F I L T H Y S E C R E T :: Miami - Centre ville :: Four Seasons Hotel Miami-