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 « WAITING FOR THE SUN » [Pv]

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Message(#) Sujet: « WAITING FOR THE SUN » [Pv] Dim 9 Mai 2010 - 21:36

    La fumée du mégot tourbillonna encore une poignée de secondes avant de s'éteindre, lentement. Il y avait plus d'un cadavre dans le cimetière du cendrier, et la main de Pâris faisait naitre déjà un autre papillon de nicotine tandis que le serveur lui remettait un autre verre de bourbon.
    Le monde se définit en deux catégories : les alcooliques et les alcooliques inconscients. Les premiers traînaient dans les bars, à la recherche d'orgasmes liquides, tandis que les seconds se persuadaient que l'amour n'était pas un alcool. Sa gorge se brûla aux premières gouttes avant de s'en accommoder. De ses narines, un filet vaporeux grisâtre s'écoula et il se passa une main dans les cheveux tout en perdant ses yeux au fond du liquide doré. Au comptoir, ils étaient plus d'un, hagards, pantois, versatiles. Quelques femmes traînaient leurs cœurs-caddies pour récupérer une épave : un blond à trois tabourets de lui eut les honneurs d'une rouquine peu affriolante. Pâris avait déjà dû renvoyer trois âmes charitables et signer quatre autographes. Même à (presque) minuit, dans une ambiance électriquement ivre, des personnes le reconnaissaient. Le touchaient. Lui souriaient.

    Massant les tempes de sa nuque, il dégaina un autre billet et le fit glisser sur le comptoir alors que son dernier verre rendait l'âme. Cela allait être le cinquième, sixième? A en voir le regard du patron, qui cherchait à discerner le taux d'alcoolisation de l'âme pârisienne, c'était le septième. Et il le vivait plutôt bien. Ses muscles répondaient ; ses pensées aussi. Les sons étaient plutôt difformes à son ouïe mais il discernait encore les syllabes. Et les clopes lui évitaient de tomber dans un abattement total. A l'extérieur, sous les lampadaires, il y avait ses ennuis qui l'attendaient. La longue file de problèmes à régler, d'interviews à tenir, de scandales à noyer. Chaque verre enterrait tout cela. Aussi longtemps que sa conscience n'était plus abritée par des barreaux.

    Il tourna sa tête et chercha à apercevoir son "ami". Un écrivain ne possède pas un réseau social incommensurable, il n'est pas à même de détrôner une riche héritière ou un schnock à deux doigts de perdre son dentier à chaque rire tonitruant. Pâris conservait un silence envers la gente féminine, et délivrait des regards noirs aux hommes. Il se maquillait dans un narcissisme artificiel, concevait une errance mentale pour balayer tous les affres d'une liaison amicale. Basil était cependant une âme en peine, d'une certaine manière, et alors même qu'il nageait dans le même bassin que Pâris (soit : l'écriture), leurs discussions ne flirtaient jamais sur l'imagination. Sur les phrases. De temps à autre, ils jugeaient une œuvre, et cela en était fini. Leurs boites de Pandore étaient soigneusement cadenassées et ils ne s'empressaient pas à demander à l'autre ses "trucs", ses "manies". Sa pudeur littéraire lui avait valu la permission de siéger une fois par semaine au bar à côté de lui pour vider les conteneurs d'alcool du barman. Généralement, ils vagabondaient dans l'ivresse pendant une bonne poignée d'heures. Pâris avait ordonné la mise en route des festivités à minuit et avait pris une petite d'avance pour nourrir convenablement la migraine qui l'attendait au réveil prochain. Basil débarqua, finalement, et il lui échangeait une brève poignée de la main avant de lui signaler le tabouret à côté de lui.

    « Je commençais à me donner si une certaine brune avait fait une concurrence déloyale assez solide pour modifier les plans de ta soirée. Un verre également pour mon ami, tu fonctionnes au whisky, à la vodka ce soir? »

    Il l'interrogea du regard, lui laissant passer sa commande alors que Pâris tirait sur sa cigarette. Par bonté de cancer, sa main fit glisser le paquet à proximité de Basil, au cas où l'envie lui agripperait le colback.

    « Comment va d'ailleurs ton âme sœur? Vit-elle bien le fait que tu reçoives de temps à autre un sous-vêtement féminin à dédicacer? »

    L'alcool déliait plus aisément sa gorge.
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Message(#) Sujet: Re: « WAITING FOR THE SUN » [Pv] Ven 14 Mai 2010 - 23:31

    Dans mes nuits, je passais plus de temps éveillé que succombant à l'appel des bras de Morphée. Insomnies. Elles allaient et venaient, plus ou moins virulentes selon la situation et l'état extérieur des choses, mais je ne dormais jamais beaucoup... Alors je veillais, là debout derrière une fenêtre, à regarder tourner les étoiles, ou allongé à ses côté, suivant sa respiration soulever avec une délicate régularité son corps et les draps. La nuit m'appartenait, la nuit m'avait toujours appartenu. Elle déliait les mots quand j'écrivais, remplissant page après page, jusqu'à ce que l'une ou l'autre de celles qui prenaient si soin de moi ne me rappelle à l'ordre. La destination était alors la même, mais pas pour y trouver les mêmes effets. L'une me fermait les yeux, me faisant basculer dans l'oubli du sommeil, l'autre me les ouvrait un peu plus encore, me faisant partager ses orgasmiques prouesses le temps de quelques instants grappillés à l'obscurité ambiante. Et parfois je leur faisais des infidélités, et l'une d'entre elles râlait plus que l'autre... Une fois par semaine j'avais droit à ce regard, qui ne m'accusait pas explicitement mais me faisait comprendre qu'elle aurait préféré que je reste à la maison plutôt que de sortir à pas d'heure pour enchaîner verre sur verre au comptoir d'un bar quelconque. Oui, au fond je comprenais. Mais j'y allais quand même, rentrant toujours avant l'aube. Je n'aimais pas voir le soleil se lever.

    Minuit était passé depuis peu et l'horloge commençait un nouveau tour de cadran quand j'entrai dans le bar et recherchai du regard mon compagnon d'infortune pour les quelques heures à venir. Forcément au niveau du comptoir. Là que je l'y trouvai d'ailleurs et il m'accueillit comme à son habitude, en silence et avec une poignée de main qui se terminait en m'indiquant qu'elle était la place qui me serait attribuée pour le restant de la soirée. Qu'importe le siège tant qu'il y a l'ivresse. Je ne faisais jamais vraiment attention à ce genre de détail, et comme à mon habitude je m'assis sans y prendre plus garde que ça.
    Je commençais à me donner si une certaine brune avait fait une concurrence déloyale assez solide pour modifier les plans de ta soirée. Un verre également pour mon ami, tu fonctionnes au whisky, à la vodka ce soir? Je souris et hochai légèrement la tête. Bien sûr qu'elle tentait de me corrompre pour que je reste en sa compagnie, et bien sûr que les arguments qu'elle avançait n'était pas forcément très objectifs par rapport à ceux que pouvaient m'avancer Pâris, mais je résistais assez bien quand même. Aussi forte qu'elle soit, ces rendez-vous que j'avais avec ces petites fées au fond des verres n'étaient pas de ceux que j'annulais sans y penser. Au pire j'arrivais en retard, ça c'était déjà produit, une fois que je parvenais à lui filer entre les doigts.

      Whisky. On ne change pas une si bonne habitude.

    Le barman attrapa un verre et le remplit sous mes yeux avant de me le tendre. Je voyais que son intérêt oscillait entre Pâris et moi, et compris presque aussitôt que, s'il s'agissait de mon premier vers de la soirée, ce n'était pas le cas de mon voisin de comptoir. Ça ne m'étonnais même pas. Il tenait bien l'alcool, peut être même mieux que moi, sauf qu'il y venait bien plus souvent que ce que je pouvais le faire. En dehors de nos soirées, je n'y touchais plus vraiment, ou alors juste comme ça. On partageait nos vices, mais pas avec le même professionnalisme. Et pour en venir au second de la liste, il laissa glisser son paquet de cigarettes jusqu'à moi. S'il me prenait pas les sentiments... J'en sortis une que j'allumai avec un petit signe de tête pour le remercier, et laissai le briquet sur la table à côté de l'emballage chiffonné de nos amantes de fumée.
    Comment va d'ailleurs ton âme sœur? Vit-elle bien le fait que tu reçoives de temps à autre un sous-vêtement féminin à dédicacer? Là je ne pus réprimer un petit rire et tournai la tête vers lui après expiré la première bouffée de ma cigarette.

      J'en ai pas beaucoup vu la couleur, soit je n'ai pas la chance d'avoir le même genre de groupies que toi, soit Parfaite passe avant... ce qui ne m'étonnerait pas d'ailleurs! Elle va bien, très occupée en ce moment mais pour la bonne cause alors on va pas se plaindre.

    Un petit tas de cendre tomba au fond du cendrier que je m'étais approprié pour ce soir et le regardai s'étendre de lui même tandis que je tapotai sur le bord de ma cigarette pour en faire tomber ce qui avait décidé de ne pas le faire de sa propre initiative.
    C'était le genre de question que j'aurai pu mal prendre de la part d'un certain nombre de personnes, tant pour l'histoire des sous-vêtements que pour les nouvelles de Parfaite, mais pas de lui. Pas que je m'en foutais, mais je le prenais bien, voilà tout. Est-ce qu'il me parlait de lui en disant ce genre de truc? J'en avais aucune idée. La promotion de mon roman s'était brutalement arrêtée pour cause de départ soudain pour mon Albion natale, alors peut être que je n'avais pas découvert toutes les joies d'être un jeune auteur pour qui les filles s'égosillent en en criant le nom avant de s'évanouir pour un regard croisé. Je suis sûr que même Mick Jagger, en un autre temps, aurait été jaloux. Il pouvait toujours l'être, mais là ce n'était plus trop comparable. Je m'étais donc arrêté au niveau du prélude, entrant en scène, saluant le public avant de repartir aussi sec. Pas le choix. Espérons que la deuxième prise sera la bonne.
    Je soulevai le verre de ma main encore libre et avalai une bonne gorgée. C'était toujours la première qui faisait le plus d'effet, les suivantes n'étant que de pâle copies, et c'était toujours celle là que je faisais le plus durer. Avant de la boire déjà, faisant tourner le liquide dans le verre en vue d'atteindre le moment où la soif et le désir se rejoindraientt. Et puis en bouche, pour ne pas boire pour le principe de boire. L'alcool pour l'alcool, ça n'avait pas trop de sens pour moi, c'était juste un aspect des choses. La façon dont Pâris les voyait? Alors là c'était resté un mystère, même après toutes ses séances de beuverie que l'on avait partagé.

      Ralentis peut être un peu la cadence, t'as pris un peu trop d'avance sur moi je trouve...

    Et je levai mon verre en sa direction avant de boire ce qu'il en restait cul-sec. Pas la meilleure idée de la soirée et je sentis l'alcool passer le temps d'un court instant, juste le temps de reprendre esprit pour en commander un second. Pâris c'était le bourbon, moi le whisky. Je me satisfaisais de choses simples.
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