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 « When everyone leaves you it’s loneliness you feel (...) » feat. Liam K. Stanfield

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Message(#) Sujet: « When everyone leaves you it’s loneliness you feel (...) » feat. Liam K. Stanfield Sam 15 Mai 2010 - 16:14


(c) blueberry_b

« (...) when you leave everyone else it’s solitude. »

La jeune femme soupira, rehaussant le haut de sa robe sans bretelles. Elle fixait son reflet, visiblement nerveuse. Ce n’est qu’après un instant qu’elle remarqua que Savannah l’observait distraitement depuis un moment. Les traits de la demoiselle se durcirent légèrement, comme elle avait été prise dans un moment d’angoisse totale et Savannah réalisa que son attitude devait mettre mal à l’aise sa compagne de lavabo. S’excusant d’un sourire compatissant, elle se détourna du miroir mural et se dirigea vers l’une des cabines de toilette, y trouvant un refuge temporaire. D’ici quelques minutes, elle devrait ressortir et, tout comme l’inconnue, elle devrait à nouveau se fondre dans la masse d’invités. L’idée provoquait une nervosité peu commune chez la jeune Américaine. Elle avait perdu l’habitude de rencontrer autant de personnes en une seule fois et, surtout, elle n’était plus du tout rôdée au fait qu’ils se connaissaient la plupart du temps, se saluant l’un l’autre. Elle, elle se contentait de hocher la tête à l’adresse de l’un ou l’autre invité de prestige qui lui adressait un signe de la tête poli. Elle ne savait même pas qui ils étaient. Pourquoi était-elle venue ? Pourquoi avait-elle fait tout ce chemin ? Le courrier n’était qu’une invitation, après tout, rien ne l’obligeait à participer à cette soirée caritative centrée sur la recherche pour la maladie de Parkinson – dont avait souffert son grand-père pendant de très nombreuses années. Ce devait être à cause de la culpabilité qui lui égrenait le cœur. Elle n’avait jamais été là pour ses grands-parents quand ils en avaient grand besoin alors c’était un moyen comme un autre de racheter sa faute, de se faire pardonner. Personne ne savait qu’elle avait été une petite-fille indigne, personne ne la connaissait, tous ignorait pourquoi elle était là et, de toute façon, personne ne s’en préoccupait. Ils avaient déjà suffisamment de personnes à voir pour se préoccuper d’une jeune femme de vingt-quatre ans, perdue dans un environnement qui n’était pas le sien.
Elle resta cloitrée dans la cabine jusqu’à ce que les talons aiguilles de l’inconnue sur le carrelage blanc s’éloignent et qu’un léger grincement de porte annonce qu’elle était seule. Émettant un bref soupir, Savannah ressortit et s’approcha du miroir, retrouvant la place qu’elle occupait quelques minutes plus tôt et se pencha légèrement en avant pour observer son visage, ses traits légèrement tirés par la fatigue – pourtant, elle ne faisait pas grand-chose d’éreintant, son train de vie insatisfaisant suffisant à l’accabler – son maquillage soigneusement appliqué pour qu’il ne soit pas trop exagéré sans être invisible non plus. Elle baissa ensuite les yeux pour observer la robe qu’elle portait. Elle avait eu de la chance : ses grands-parents étaient bien trop bons pour jeter ses affaires, même après son départ sans notification. Ils avaient rangés ses vieilles affaires dans une pièce de la maison et Savannah les avait retrouvés avec nostalgie, les yeux embués à l’idée que ses grands-parents ne lui en aient jamais voulu pour ce besoin de liberté. Jamais ils ne lui avaient reprochés quoi que ce soit et c’était peut-être cela qui était le plus dur à accepter. Toutefois, ce n’était pas réellement le moment de s’apitoyer sur son sort. Elle avait eu la chance de trouver une ancienne robe à elle et si elle était peut-être un peu démodée, maintenant, les quelques raccommodages effectués avaient été salvateurs. Elle avait dû ajuster le tissu à sa taille, puisqu’elle n’avait plus vraiment la même morphologie qu’à dix-huit ans – où elle était plus frêle, le corps encore adolescent alors que maintenant, ses courbes féminines prenaient davantage de place. Tant qu’elle n’avait pas l’air boudinée, cela lui suffisait. Après avoir jeté un coup d’œil général pour s’assurer qu’elle faisait bonne figure, elle se décida à prendre son courage à deux mains et à imiter l’inconnue, reprenant la direction de la salle bondée d’invités.
Au moment où la porte se refermait derrière elle, Savannah eut l’envie soudaine de faire demi-tour mais un serveur portant un plateau où des coupes de Champagne étaient posées passa devant elle et elle l’interpella avant qu’il ne disparaisse. Elle le remercia d’un sourire lorsqu’il lui présenta le plateau et porta le verre à ses lèvres, se permettant d’observer les lieux. Une échappatoire aurait été la bienvenue mais elle devait s’avouer vaincue d’avance. Alors, plutôt que de rester planter à l’écart, esseulée et perdue, elle prit une brève inspiration et s’avança vers les invités, se faufilant entre ceux-ci, se promettant qu’au premier sourire poli qui lui serait adressé, elle sourirait aussi et tenterait d’entamer la conversation. Elle n’était pas timide, elle n’était pas asociale alors ça ne devait pas être si compliqué de trouver quelqu’un à qui faire la conversation. Au moins, le temps passerait-il plus vite. Elle guettait encore ce fameux sourire qui la tirerait d’un mauvais pas lorsqu’un visage familier attira son attention. Les yeux noisette de Savannah se focalisèrent sur le jeune homme qui se tenait à quelques mètres de là. Sa mémoire se mit rapidement en marche pour chercher d’où elle le connaissait. Il ne s’agissait pas d’un ancien camarade de classe, il avait l’air plus âgé qu’elle. Non, c’était autre chose… Le lien ne tarda pas à se faire alors qu’elle le revoyait, évoluant en blouse médicale dans les couloirs de l’hôpital, avec cette aisance particulière comme si les lieux lui appartenaient ce qui, en un sens, était le cas. Une piqûre insidieuse transperça le cœur de Savannah au souvenir qui était relié à cette rencontre mais elle en fit abstraction, préférant sauter sur l’occasion et ne pas laisser le médecin filer.

« Je commençais à désespérer de rencontrer un visage familier » s’exclama-t-elle alors qu’elle le rejoignait. « Dr. Stanfield, n’est-ce pas ? Je m’appelle Savannah Newhall. » Elle se présenta d’un geste amical et franc, lui tendant la main en affichant un sourire ravi, presque soulagé. « Je suis ravie de vous rencontrer à nouveau. »

Il devait probablement se demander ce qui lui arrivait mais Savannah n’avait pas la patience requise pour faire cette apparition d’une manière plus distinguée. Non seulement elle était délestée d’un poids mais, également, elle se rappelait cette sensation exquise qui l’avait envahie lorsqu’elle avait dix-sept ans et qu’elle rencontrait le Dr. Stanfield pour la première fois. Certes, elle n’était plus une adolescente, elle ne sourirait pas de la même manière rien que parce qu’il lui répondait mais elle devait avouer une chose : il était toujours aussi séduisant.
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Message(#) Sujet: Re: « When everyone leaves you it’s loneliness you feel (...) » feat. Liam K. Stanfield Sam 15 Mai 2010 - 23:04

« Nous vous souhaitons donc une agréable soirée! »
La salle était remplie de médecins et Liam connaissait de noms et de visages beaucoup d'entre eux, même s'ils n'exerçaient pas tous à Miami. En effet, Liam avait participé à bon nombre de conférences et de congrès et il avait pu tisser de solides liens avec certains des médecins présents. Toutefois, en tant que chef du département de neurologie au Baptist Hospital, Liam dut faire un petit discours afin de préciser aux gens qui n'étaient pas médecins et qui étaient passablement nombreux la raison pour laquelle ils étaient tous rassemblés. Pourtant, il ne s'éternisa pas. Non seulement le sujet lui tenait à coeur, mais il n'avait pas vraiment envie d'en parler plus qu'il ne le fallait. Il préféra laisser ce soin aux médecins qui le suivirent et on ne lui en tint pas rigueur, surtout en sachant ce qui se passait désormais dans sa vie.
FLASHBACK | Quelques heures plus tôt
« Papa, tu devrais venir. »
« Je n'ai pas envie d'y aller afin de m'afficher comme une bête de foire. »
« Ce n'est qu'une soirée! Tu y participes, c'est tout! Ils ne sont pas obligés de savoir! »
« Je ne veux pas y aller, Liam. »
« C'est d'accord. Si jamais tu changes d'avis, tu sais que j'y serai. »
« Je ne changerai pas d'avis. Je vais profiter de la présence de Leah, elle ne vient presque jamais! »
« Fais comme tu veux... » fit Liam en haussant les épaules, maugréant alors qu'il avait du mal avec son noeud de cravate.
« Attends... »
Liam eut un sourire en laissant son père refaire son noeud. Il lissa son costume noir rapidement, un peu nerveux, alors qu'il attrapait sa fille dans ses bras. Il lui donna un baiser sur le front et lui fit un câlin avant de lui souhaiter une bonne soirée avec ses grands-parents.
Liam saisit une coupe de champagne en se faufilant à travers la foule et la but rapidement en faisant des petits signes de tête à ceux qui lui disaient bonjour. Décidément, il avait fait le mauvais choix en se ramenant ici. Il n'était pas le seul neurologue à pouvoir parler et quelqu'un aurait pu prendre sa place sans problème. Si son père avait été là, les choses auraient sans doute été différentes, mais ce n'était pas le cas. Se sentant étouffer, il défit légèrement sa cravate afin de dégager son cou et soupira en sentant l'alcool lui brûler la gorge. C'était bel et bien la seule raison qui le poussait à rester ici à jouer les médecins sympathiques et avenants dans une réunion qui n'était pas vraiment faite pour lui au final. Il avait participé à beaucoup de congrès, il avait parlé devant beaucoup de gens, mais la situation était différente aujourd'hui. C'était de la maladie de son père dont il était question. La maladie qui empêchait désormais son père d'exercer la médecine, le métier qui les passionnait tous les deux. Son père était atterré. Et même si Liam savait qu'on devait récolter des fonds pour la recherche, il ne pensait pas être à sa place. Il avait participé à bon nombre de soupers bénéfices, mais la situation le touchait trop pour qu'il soit apte à agir comme un médecin le ferait dans ce genre d'évènements.

Pourtant, lorsqu'une jeune femme s'adressa à lui, un sourire apparut sur les lèvres de Liam. Il la savait trop jeune pour être l'une de ses collègues, mais son visage lui était familier. Il l'avait déjà vue, quelque part, mais où? Il n'aurait même pas su dire quand est-ce qu'il l'avait rencontrée, mais il savait qu'ils s'étaient vus, un jour. Même sa voix lui disait quelque chose. Non seulement il l'avait déjà rencontrée, mais il lui avait même déjà parlé. Pourtant, sa mémoire ne voulait en aucun cas l'aider à se remémorer le pourquoi du comment et à en voir le sourire ravi de la jeune femme, elle savait pertinemment qui il était. D'ailleurs, elle connaissait même son nom. Surpris, Liam reprit une coupe de champagne et en but une gorgée, un sourire aux lèvres.
« Enchanté de vous revoir aussi, Savannah. Et oui, je dois avouer que la foule est particulièrement dense, ici! »
Newhall. Savannah Newhall. Qui diable était-elle pour le connaître alors que lui-même ne la connaissait pas? Peut-être avait-elle était l'une de ses patientes? Ce devait être ça. Et même s'il tentait de faire comme s'il se souvenait ou qu'il tentait de se rappeler, ça ne lui revenait pas. Posant une main sur l'épaule de la jeune femme avec un sourire, il ne put s'empêcher de lui poser la question, curieux.
« J'ai l'impression d'être un gros nul, mais... Je n'arrive pas à me souvenir d'où on se connait?! »
Il reprit une gorgée de champagne.
« J'aurais tendance à croire que je vous ai un jour soignée puisque vous êtes ici, mais... Vous me semblez un peu jeune pour être atteinte de parkinson! »
Amusé, il eut un léger rire avant de porter son attention sur la jeune femme. Elle était jolie. Vraiment charmante. Et il savait qu'il n'oubliait jamais les jolies filles, mais même s'il ne se rappelait pas la connaître, il savait qu'il l'avait déjà vue. Sa peau satinée lui semblait douce comme de la soie et il l'avait d'ailleurs remarqué en posant une main sur son épaule, main qu'il avait retirée presque aussitôt. Décidément, il aurait une charmante compagnie, ce soir. Et il commençait à regretter d'avoir pu penser partir avant la fin de la soirée.
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Message(#) Sujet: Re: « When everyone leaves you it’s loneliness you feel (...) » feat. Liam K. Stanfield Dim 16 Mai 2010 - 18:17

Une donne principale était différente, et elle le sentait bien. Elle n’était plus une adolescente. Si la différence d’âge était évidemment toujours la même, Savannah devait avouer ressentir une différence, comme si elle était à présent sur un pied d’égalité. Elle n’était plus « la petite-fille de M. Newhall », elle était Savannah Newhall, jeune adulte en quête d’elle-même. Pouvait-il percevoir cette différence ? Elle en doutait, il aurait d’abord fallu qu’il sache exactement qui elle était, ce dont elle doutait fortement, vu les circonstances. Après tout, en tant que médecin, il avait dû en soigner, des gens. En plus, il ne l’avait pas soignée elle mais son grand-père, ce qui élargissait encore la cible vu que le nombre de connaissances de ses patients qu’il avait dû croiser devait être énorme. Mais elle ne s’en sentait pas pour autant vexée, elle ne représentait pas grand-chose à l’époque, pour lui, elle avait peut-être même été un peu agaçante à trouver n’importe quel prétexte pour lui adresser la parole mais ce temps était lointain et elle avait l’occasion de le voir sous un autre jour. Elle ne savait même pas son âge réel même si elle pouvait plus ou moins situer qu’il devait avoir atteint la trentaine.
Elle était perdue dans ce passé douloureux, pourtant le sourire qu’elle affichait était sincère, rayonnant. La présence du Dr. Stanfield aurait dû l’accabler, la retrancher dans cette culpabilité comme il lui rappelait exactement les derniers mois où elle avait été là pour son grand-père. Or, elle était heureuse de le voir, heureuse qu’il ramène ces souvenirs parce qu’ils avaient bel et bien existés et que cela lui donnait la sensation d’être plus proche de ses grands-parents. Ce pouvait être stupide comme idée mais c’était comme si le revoir lui donnait une seconde chance : celle de ne plus être la gamine égoïste et irréfléchie qu’elle avait été. Elle avait le pouvoir de se consacrer à des choses concrètes, à ne pas vivre que pour elle-même et peut-être pourrait-elle aider des gens, maintenant qu’elle était revenue. Sa venue à la soirée caritative était un premier pas vers cette rédemption, même si elle n’en avait pas encore conscience. Il fallait qu’elle apaise son cœur des tourments provoqués par les événements de ces dernières années. Toutefois, elle n’y pensait pas du tout à cet instant précis, trop focalisée qu’elle était sur l’attitude adéquate à adopter. Elle voulait être entreprenante sans sembler vouloir s’accaparer son attention, parler de tout et de rien sans l’ennuyer, bien des éléments à combiner en un comportement. Heureusement, son côté naturellement souriant et sociable lui facilitait la tâche et lui permettait d’afficher une attitude détachée. S’il avait su tout ce qu’elle avait fait par le passé, il se serait probablement demandé ce qu’elle faisait là, ce qu’elle pouvait bien trouver d’intéressant dans une soirée caritative alors que pendant plus de cinq ans, sa vie n’avait tourné qu’autour de son nombril. Prête à se racheter, Savannah assumerait toutes les questions qui pourraient survenir ce soir, elle se le jurait intérieurement.
Elle fut soulagée et ravie qu’il lui réponde aussi amicalement. En même temps, c’était le genre de soirée où on souriait et parlait à tout le monde et n’importe qui. C’était donc probablement par politesse qu’il lui répondait mais Savannah s’en contrefichait, le Dr. Stanfield était aussi sympathique que dans son souvenir, aussi amical et gentil. Il n’en faisait ni trop ni trop peu, gardant une certaine distance qu’il avait dû apprendre à contrôler, probablement, pour ne pas se laisser affecter par les moindres problèmes de ses patients, auquel cas il aurait été bien accablé. Un médecin se devait certainement d’agir ainsi mais Savannah restait convaincue qu’il était tout de même différent des autres hommes de sciences. Il alla même jusqu’à poser sa main sur l’épaule dénudée de Savannah et celle-ci eut beaucoup de mal à dissimuler sa surprise. Agréable surprise qui prouvait encore une fois qu’avoir atteint la maturité d’une adulte avait métamorphosé l’échange entre eux. Avant, il était tout aussi poli et patient, mais elle n’était alors qu’une jeune fille à peine sortie de la crise d’adolescence. Les choses semblaient tellement différentes maintenant. Elle avait amassé un tel bagage d’expérience à travers ses voyages qu’elle n’avait même pas réalisé à quel point elle avait changé. Jusqu’à maintenant. Jusqu’à ce qu’elle se trouve face à lui.
Il posa finalement la question à laquelle elle s’attendait et un sourire adapté s’afficha sur ses lèvres fines tandis qu’elle lui décochait un regard presque taquin. Quand il émit l’hypothèse qu’il ait pu la soigner, puis la réfuta presque aussitôt, elle accompagna ses paroles d’un léger signe de la tête. Il se rapprochait, sans le savoir, même si ce n’était pas tout à fait ça.

« En effet, ce n’est pas moi que vous avez soignée mais mon grand-père. C’était il y a plus de six ans, normal que vous ne vous en souveniez pas. »

Elle se pinça les lèvres et détourna un instant les yeux pour observer la foule, les petits groupes formés. Maintenant qu’elle ne se baladait plus sans but au milieu de tous ces gens, la soirée semblait bien moins effrayante. Comme quoi, il suffisait de la présence d’une seule personne pour ôter cette impression d’inconfort. Elle reporta ensuite son attention sur le jeune homme et lui esquissa un sourire, expliquant la raison de sa présence :

« Je viens pour lui… enfin… en son hommage. »

Elle ne s’attendait pas à ressentir une telle piqûre. La culpabilité, c’était une chose, la tristesse et la nostalgie, c’en était d’autres. Elle se mordilla l’intérieur de la joue. Elle porta le verre à ses lèvres et le vida d’un trait, le posant ensuite devant elle avant de poursuivre la conversation :

« Vous travaillez toujours à l’hôpital ? »

Anodine, comme question, et en même temps, savoir qu’il y prodiguait toujours des soins donnerait l’impression à Savannah que tout n’avait pas forcément bougé à Ocean Grove, que certaines choses étaient restées les mêmes, malgré son absence, preuve qu’elle n’avait pas tout chamboulé en quittant la ville, six ans plus tôt.
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Message(#) Sujet: Re: « When everyone leaves you it’s loneliness you feel (...) » feat. Liam K. Stanfield Lun 17 Mai 2010 - 5:59

Liam n'avait pas remarqué que son geste pouvait être déplacé ou du moins, pouvait amener une réaction différente chez son interlocutrice. Il devait simplement avouer que ça lui faisait un plaisir fou de pouvoir discuter avec quelqu'un qui n'était pas un médecin. C'était souvent intéressant de parler et échanger avec ses collègues, mais parfois, souvent même, Liam aimait bien se sentir comme les autres et éviter le sujet des sciences pendant un petit moment. Il passait sa vie entière à en parler, à essayer d'arranger les choses et à tenter de sauver tout le monde. Il connaissait ce genre de soirées et il savait pertinemment que c'était facile de se laisser entraîner dans des conversations scientifiques qui auraient éloigné n'importe qui d'un peu sensé. Après tout, ils avaient tôt fait de s'emporter dans ce genre d'évènements, à énoncer de grandes théories et de nouveaux avancements technologiques en recherche, mais ceux qui n'y connaissaient pas grand chose se retrouvaient rapidement perdus. Et contrairement à la plupart des médecins présents, Liam était de ceux qui se sentaient autant à l'aise lorsque venait le temps de s'entretenir de tout et de rien. Très ouvert d'esprit, ses domaines de connaissance et d'intérêt surtout étaient larges et variés.

On put toutefois remarquer qu'il cherchait au fin fond de sa mémoire afin de retrouver la trace de la jeune femme. Elle devait avoir quoi, vingt-cinq ans? Ce qui était sûr, c'est qu'elle n'avait pas eu plus de vingt ans lorsqu'il l'avait rencontrée pour la première fois. Et lui venait tout juste de terminer son internat et ses études par la même occasion. Les souvenirs étaient beaux et doux à son esprit, même si la réalité le frappait désormais de plein fouet. La maladie qui avait apparemment frappé le grand-père de la jeune femme terrassait désormais son propre père et ce n'était pas un coup facile à prendre. Et pourtant, il la revoyait, six ans plus tôt, alors qu'elle lui posait mille et une questions. Contrairement à ce qu'on aurait pu penser, Liam était loin d'avoir été énervé par cette démarche, au contraire, ça lui permettait de prouver qu'il savait de quoi il parlait et qu'il pouvait l'expliquer de façon claire à une jeune fille qui ne connaissait pas vraiment ça. C'était important pour lui de savoir qu'il était doué, surtout au début. La concurrence n'était pas bien forte en neurologie au Baptist Hospital lorsque lui-même avait terminé ses études, mais il savait que ça viendrait, un jour ou l'autre et il ne s'était pas trompé. Toutefois, en tant que jeune médecin, il avait apprécié ses questions puisqu'il avait su y répondre convenablement, sans chercher ses mots, en se montrant professionnel. Il se rappelait exactement qui elle avait été, six ans auparavant, et il ne comprenait d'ailleurs pas pourquoi il ne l'avait plus revue depuis. Néanmoins, même s'il ne connaissait pas vraiment les raisons qui l'avaient poussée à lui parler lorsque son grand-père était malade, mais il lui en était reconnaissant, dans un sens. Pourtant, les paroles de la jeune femme le fit froncer les sourcils et il hocha légèrement la tête en baissant les yeux sur sa coupe de champagne, en prenant une nouvelle gorgée avant de reporter son attention sur elle.
« Je suis navré, je ne savais pas qu'il était décédé. Et ne vous méprenez pas, maintenant que vous en parlez, je sais qui vous êtes et qui il était. Un homme formidable. »
Un sourire sincère apparut sur ses lèvres alors qu'il gardait toutefois une distance raisonnable entre eux, ne voulant en aucun cas la rendre mal-à-l'aise. Il ne se rendait même pas compte qu'il accumulait les coupes de champagne et c'était une chance qu'elles ne soient pas remplies à ra-bort. L'alcool lui faisait du bien et le détendait alors qu'il n'avait pas pu se poser de toute la semaine pour réfléchir un peu et calmer ses neurones endoloris de trop travailler. Il avait d'abord cru que la soirée était parfaite pour se la couler douce et après son maigre discours, il avait voulu disparaitre et rentrer chez lui se reposer. Toutefois, il avait bien fait de rester puisqu'il pensait que sa soirée risquait de ne pas être complètement gâchée, finalement. La question de la jeune femme le fit sourire alors qu'il préférait dire le minimum, sans entrer dans les détails.
« Je travaille toujours ici, oui! On ne change pas une formule gagnante! Et si je peux me permettre, vous étudiez ou travaillez dans quel domaine? »
Il était loin de se douter du train de vie qu'avait choisi la jeune Newhall et il n'aurait sans doute pas posé la question s'il avait su. Toutefois, ce n'était pas écrit sur son front et il ne pouvait pas deviner tout seul. Après tout, elle était tellement ravissante ce soir-là qu'elle aurait pu passer pour la fille de n'importe quel grand médecin ou homme d'affaire. C'était bien évidemment une première impression, mais Liam ne la connaissait que très peu, bien qu'il ne puisse que la trouver charmante. Elle semblait soucieuse d'apporter sa contribution à la communauté et Liam ne pourrait que l'encourager en ce sens.
« Attention... » Il lui saisit le bras doucement pour la rapprocher de lui, l'empêchant ainsi de bloquer le chemin au serveur qui tentait de se faufiler parmi la foule des gens présents afin de leur fournir de quoi se rafraichir. « Vous n'êtes pas accompagnée? J'aurais cru que ce soir aurait été l'occasion idéale pour les femmes d'exhiber un petit-ami potentiel ou véritable! »
Souriant et surtout blagueur, il fit quelques pas de côté afin de déposer sa coupe sur une table tout près, en empoignant une nouvelle lorsque le serveur passa à proximité. Il ne proposait pas d'alcool à Savannah puisqu'il savait pertinemment qu'elle était assez grande pour se saisir d'une coupe toute seule si elle en avait envie. De toute façon, il n'était pas ici pour draguer puisqu'il était en couple. Un couple instable et assez dur à suivre, mais un couple quand même!
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Message(#) Sujet: Re: « When everyone leaves you it’s loneliness you feel (...) » feat. Liam K. Stanfield Mer 19 Mai 2010 - 23:04

Tout mal être qu’elle aurait pu ressentir jusque-là ? Envolé. L’envie irrésistible de se trouver un coin caché pour attendre la fin de la soirée ? Evaporée. Le sentiment de ne pas appartenir à ses lieux ? Disparu. Non, elle n’avait pas soudainement l’impression d’être à sa place, d’être un élément important à cet événement. Mais la présence et la gentillesse du médecin avaient au moins cela d’apaisant : elles étaient réconfortantes, elles faisaient un bien fou à la jeune femme. Le moment passé dans les toilettes pour femmes semblait lointain, alors qu’il ne datait que d’une poignée de minutes. Dix minutes plus tôt, elle s’était engouffrée dans la première pièce qui pouvait lui paraitre être un refuge potentiel. Il avait suffi d’un sigle, un petit symbole d’un personnage féminin, pour que sa décision soit prise, pour que la pulsion prenne le dessus. Pourquoi ne l’avait-elle pas remarqué plus tôt ? Elle était à peu près certaine qu’avec son statut de médecin, le Dr. Stanfield avait au moins dû faire un bref passage sur l’estrade principale, peut-être même avait-il fait un discours mais soit Savannah l’avait manqué au moment où elle était cloitrée dans une cabine, à se demander ce qu’elle fichait là, soit elle ne l’avait même pas remarqué lorsqu’il parlait. Il est vrai qu’elle n’avait pas vraiment prêté attention à ce qu’il se disait puisqu’elle était obnubilée par l’idée de trouver une cachette où se reposer, où apaiser son cœur en pagaille. Mais si elle n’avait pas reconnu la voix particulière du médecin, alors c’en était encore plus honteux. Elle qui l’avait tant écouté lorsqu’il exposait la vérité, lorsqu’il tentait de lui expliquer avec des termes qu’elle comprendrait, ce qui arrivait à son aïeul. Non, décidément, elle avait dû manquer le discours – si tant est qu’il y en ait eu un – sinon elle n’aurait pas pu ne pas remarquer qu’il s’agissait d’un jeune homme qui avait pris soin de son grand-père et qui s’était montré si patient avec elle. Le principal était qu’elle l’avait entraperçu dans cette foule. Elle aurait très bien pu passer à côté et manquer cette occasion de le redécouvrir, sous un autre angle, d’un autre regard. Et c’est cette constatation qui dessinait un sourire indéchiffrable sur les lèvres de Savannah. C’est ce bonheur de ne plus être seule et d’avoir retrouvé quelqu’un, même si ce quelqu’un ne la connaissait pas vraiment.
Un bref instant, alors qu’elle le regardait dans les yeux, un peu perdue dans un autre monde, une autre époque, elle eut une impression de déjà vu, comme si elle l’avait déjà contemplé de cette façon auparavant et son cœur fit un bond de six ans. Elle se revit en train de rêvasser en l’écoutant, en le détaillant, glissant le regard sur chaque partie de son visage ; son nez, ses yeux vifs et expressifs, d’une couleur magnifique, sa barbe qui commençait à repousser le long de sa peau lisse, ses cheveux coupés courts, son maintien, son assurance. Elle se revoyait soudainement détourner le regard en entendant sa grand-mère l’interpeller et croiser les yeux gris de la vieille femme qui semblait subitement ennuyée, comme si elle s’en voulait d’avoir écourté un moment de plaisir à sa petite fille. Bien sûr qu’elle devait savoir qu’il y avait une fameuse différence d’âge entre le jeune médecin et sa petite-fille, tout comme elle devait savoir qu’il ne s’agissait que d’une amourette d’adolescente qui relevait davantage de l’admiration que d’une réelle envie d’aller plus loin dans son petit fantasme. Toutefois, le moment brisé n’avait pu être retrouvé et Savannah avait dû prendre congé du Dr. Stanfield pour suivre sa grand-mère qui désirait rentrer. Ce soir, ce sentiment lui était revenu, provoquant une légère pointe au cœur meurtri de la demoiselle. Ce soir, sa grand-mère ne serait pas là pour gâcher un moment pareil. Mais ce soir, elle n’était plus l’adolescente rêveuse qu’elle était à dix-huit ans.
Elle ne revint à la réalité que lorsqu’il lui dit être navré pour son grand-père et le sourire que Savannah affichait se mua en une légère tristesse qui s’effaça bien vite, cependant, comme elle avait appris à chasser les pensées sombres de ce type pour se focaliser sur d’autres choses, des détails qui lui permettraient de faire abstraction de ce genre de douleur. De plus, il lui avoua se rappeler qui elle était et cela eut un effet immédiat sur Savannah : son cœur s’embauma et le sourire redevint naturel, ravi, sincère. En plus de cela, elle fut contente d’apprendre qu’il travaillait toujours à l’hôpital. Ce à quoi elle ne s’attendait pas, cependant, et qui pourtant aurait pu être prévisible, c’est qu’il lui retourne la question, l’interrogeant à son tour sur son activité professionnelle. Elle aurait pu deviner qu’un charmant médecin comme l’était le Dr. Stanfield ne se contenterait pas de se laisser mener niveau conversation, qu’il s’intéresserait à elle aussi, en un certain sens, la questionnant comme il venait de le faire.

« Oh… »

Question gênante. Avec tout ça – son départ, ses voyages à travers les Etats-Unis, puis le monde – elle n’avait jamais vraiment pris la peine de se choisir une voie professionnelle. Elle n’avait jamais entamé d’études et n’avait donc aucun diplôme en poche. Elle se doutait bien qu’il ne s’arrêterait pas à un détail pareil mais ses joues s’empourprèrent pourtant légèrement avant qu’elle n’esquisse un sourire désolé :

« Je ne travaille pas réellement » lui avoua-t-elle, ses doigts glissant le long de son cou, un geste qu’elle adoptait parfois lorsqu’elle était nerveuse. « Je suis baby-sitter, le plus clair de mon temps, depuis mon retour à Ocean Grove. Je n’ai pas encore cherché un réel boulot, à vrai dire… »

Elle se mordilla la lèvre inférieure, constatant que cela faisait quand même plus de trois mois qu’elle était là et qu’elle n’avait pour ainsi dire rien accompli de glorieux. Même son appartement ressemblait encore fort à un chantier. Si ses grands-parents avaient vu l’état de leur maison, d’ailleurs, ils se retourneraient dans leurs tombes…
Un incident – ou plutôt, presque incident – la tira de ce mauvais pas, cependant, comme le Dr. Stanfield lui agrippait le bras pour la tirer avec douceur mais fermeté, lui évitant ainsi une collision avec un serveur un peu presser. Lorsqu’il relâcha la pression, elle jeta un coup d’œil en direction de l’employé et remercia son « sauveur » d’un merci à peine audible.
- Vous n’êtes pas accompagnée ? J’aurais cru que ce soir aurait été l’occasion idéale pour les femmes d’exhiber un petit ami potentiel ou véritable.
La question surprit Savannah. Elle fronça légèrement les sourcils avant que ses traits ne se détendent, en comprenant pourquoi il l’interrogeait à ce sujet. Effectuant un simple haussement d’épaules, Savannah secoua la tête. Elle ouvrit la bouche pour lui répondre avant de suspendre son geste tandis que le Dr. Stanfield s’offrait une nouvelle coupe de Champagne. Ce n’est qu’à cet instant précis que la jeune femme remarqua combien les coupes défilaient, tout comme elles disparaissaient à chaque gorgée. Ce n’est que lorsqu’elle retrouva sa pleine attention qu’elle répondit, avec autant de désinvolture que possible :

« Non, je ne suis pas accompagnée, ni n’ai un petit ami, d’ailleurs. Je crois que ma vie est encore trop instable pour que je pense à trouver quelqu’un, en fait. »

C’était étrange comme la vérité sortait avec naturel. Ils ne se connaissaient pratiquement pas et pourtant, elle mentionnait l’instabilité de son mode de vie, l’absence de figure masculine dans son paysage et sa solitude à cette soirée. Il devait vraiment lui inspirer confiance pour qu’elle joue franc jeu avec une telle facilité. Elle lui décocha un sourire et fit signe à un jeune homme qui passait par-là, le remerciant lorsqu’il lui tendit un plateau. Voir le docteur boire à une telle vitesse lui avait donné envie de reprendre un verre, Dieu seul sait pourquoi.

« Et vous, êtes-vous accompagné ? » demanda-t-elle à son tour, lui retournant la question tout comme il l’avait fait quelques minutes plus tôt, lorsqu’elle l’avait interrogé au sujet de l’hôpital.
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Message(#) Sujet: Re: « When everyone leaves you it’s loneliness you feel (...) » feat. Liam K. Stanfield Ven 21 Mai 2010 - 5:26

« Je vois! Apparemment, je ne suis pas le seul à avoir quitté la ville pendant un petit moment! Par contre, si j'en crois ma mémoire, je ne vous ai pas vue à Ocean Grove depuis une éternité! »
Liam se rappelait désormais l'avoir vue à l'hôpital il y a longtemps, mais il savait qu'il ne l'avait plus revue depuis. Soit elle avait quitté la ville, soit elle était demeurée enfermée chez elle toutes ces années. Le quartier était suffisamment restreint pour qu'ils puissent croiser de temps en temps la plupart des voisins. Liam s'était bien rendu compte que sa question l'avait mise mal-à-l'aise et ce n'était vraiment pas ce qu'il voulait faire en ce moment. Elle n'avait donc pas de travail. Liam se promit de lui demander son numéro de téléphone un peu plus tard, si jamais il avait besoin d'une baby-sitter pour Leah. Il en avait déjà une liste passablement longue, mais il pouvait toujours prendre son rendez-vous, au cas où! Elle était adulte, elle semblait particulièrement responsable; elle était parfaite en soi! Contrairement à certaines autres adolescentes à peine sorties de l'enfance qui risquaient de commettre les mêmes erreurs que lui à leur âge. Il se promit de lui en parler en soirée afin de lui demander si cela pouvait l'intéresser. Sans doute ne cracherait-elle pas sur un peu d'argent vite fait, surtout que Leah n'était plus la gamine indomptable qu'elle était il y a quelques années. Elle était toujours débordante d'énergie, évidemment, mais elle savait aussi s'asseoir pour regarder un film tranquillement, chose qu'elle ne faisait que très rarement à cinq ans.

Il crut avoir commis une erreur lorsqu'il la vit froncer les sourcils suite à sa question un peu trop personnelle. Il aurait vraiment dû se taire et ne pas sembler aussi curieux. Pourtant, elle se reprit rapidement et son malaise passa. Du moins, c'est l'image qu'en eut le médecin. Ainsi donc, elle n'était pas accompagnée. Elle évoqua l'instabilité de son mode de vie et Liam eut tout de même une pensée pour sa propre routine. Peut-être était-ce trop compliqué pour qu'il puisse garder une femme longtemps dans ses bras? Il faisait des heures impossibles au boulot, il arrivait à peine à voir Leah plus de quelques heures par jour et souvent, il ne la voyait même pas. Il n'y avait décidément pas de place pour une femme dans sa vie et il s'en rendait compte. Non. Ce n'était pas qu'il n'y avait pas de place pour une femme dans sa vie, mais bien qu'il éloignait toutes celles qui auraient pu en faire partie. Finalement, il ne voyait pas vraiment la ressemblance entre sa propre vie et celle de Savannah, mais il se doutait bien qu'elle n'avait pas envie de s'étaler sur le sujet. Lorsqu'elle lui retourna la question, il en fut soudainement surpris alors que c'était une réaction tout à fait normale. Il lui avait demandé ce qu'elle faisait, elle lui rendait la pareille. Ça s'appelait, s'intéresser un peu à la vie des autres et si Liam n'avait pas voulu lancer le sujet sur cette piste-là, il n'avait qu'à ne pas l'aborder.
« Non plus. Disons que... Je n'ai pas proposé à ma copine de m'accompagner. Elle aurait trouvé cela ennuyant à mourir et je ne suis pas trop à l'aise lorsque je dois me montrer aussi professionnel devant elle. »
Légèrement nerveux, Liam passa une main anxieuse dans ses cheveux et étendit le bras pour saisir deux coupes de champagne. Elle avait presque terminé la sienne et c'était bon de renflouer les stocks de temps en temps! Il en prit une longue gorgée avant de desserrer légèrement sa cravate, la chaleur de la pièce l'encombrant soudainement. De toute façon, il n'y avait plus qu'à se montrer sympathique avec les gens et les autres médecins et il n'y avait plus rien à accomplir à l'intérieur officiellement parlant. Il entraina donc la jeune femme à sa suite afin de se diriger vers l'extérieur et sourit lorsqu'il sentit enfin l'air frais sur son visage. L'alcool n'aidait pas, non plus, surtout qu'il ne savait même plus combien de coupes il avait bues. Il prit appui sur la rampe et se retourna vers Savannah, le sourire facile. Il prit une nouvelle gorgée de sa coupe, la finissant du même coup, cherchant des yeux un serveur qui pourrait lui en fournir une nouvelle. Bon nombre de gens se trouvaient dehors, sur la passerelle. Le temps était tout simplement parfait. Pourtant, les épaules nues de la jeune femme semblaient frissonner sous l'action du vent et Liam retira son veston noir et élégant pour le poser sur ses frêles épaules, ne manquant pas de la frôler au passage.
« C'est mieux comme ça. Il vous va à ravir! Je m'en serais voulu si vous attrapiez froid en ma compagnie. On aurait pu me reprocher d'avoir fait exprès! »
Liam ne se rendait pas nécessairement compte que ses propos étaient légèrement tendancieux. L'alcool parlait pour lui et il attrapa une nouvelle coupe lorsqu'un jeune homme passa à ses côtés avec un plateau.
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Message(#) Sujet: Re: « When everyone leaves you it’s loneliness you feel (...) » feat. Liam K. Stanfield Jeu 27 Mai 2010 - 19:11

Savannah avait du mal à réaliser. Bien sûr qu’il ignorait qu’elle était partie, il ne la connaissait pas vraiment, c’était une adolescente à l’époque et pourtant, voilà qu’il lui faisait remarquer que cela faisait un petit moment qu’il ne l’avait pas vue. D’accord, elle aurait pu se dire qu’il ne faisait que rebondir sur ce qu’elle venait tout juste de dire mais quelque chose dans la manière dont il s’était exprimé lui donnait l’intime conviction qu’il ne s’agissait pas de paroles en l’air, il n’inventait pas sur le moment, comme tant d’autres pouvaient le faire à une époque, se contenant d’énoncer quelque chose d’assez évident. Normal qu’il ne l’ait pas vu si elle avait quitté la ville, oui. Mais le Dr. Stanfield ne venait pas de sortir une banalité pour prétendre avoir remarqué son absence, il était sincère et ce simple fait suffisait à embellir la soirée. Personne ne lui avait parlé ouvertement de son départ, ni du trou qu’elle avait laissé derrière elle. Les gens qui savaient qu’elle habitait dans la demeure de ses aïeux se contentaient d’agir comme si de rien n’était, comme si elle n’était jamais partie et il n’y avait pas plus frustrant pour la jeune femme. D’un côté, finalement, elle aurait peut-être voulu qu’on le lui reproche ouvertement, qu’on l’insulte, qu’on l’enterre vivante. Au moins aurait-elle le sentiment de se sentir comme telle. Parce que là, c’était comme vivre en fantôme dans la ville qui l’avait vu naitre, c’était comme si son existence était niée, dénigrée. Elle ne valait plus grand-chose et c’était douloureux. Si on l’attaquait directement, au moins pouvait-elle se défendre, expliquer ce qui l’avait poussée à réagir ainsi. Ils ne comprendraient pas, au départ, peut-être qu’ils ne comprendraient pas du tout, même. Jamais. Mais en attendant, ils gardaient une image faussée. Elle était la mauvaise, l’égoïste – ce qui n’était pas loin de la vérité. Mais et après ? Elle était humaine, après tout, elle avait le droit à l’erreur, elle aussi. Était-ce si compliqué à comprendre ? Mais le jeune médecin venait de briser cette barrière invisible, cette glace qui semblait incapable de fondre autour de son cœur. La preuve qu’elle avait tort. Peut-être que c’était ça la réponse à toutes ses interrogations, plutôt que de tenter de chercher le pardon dans le passé, elle devrait plutôt se reconstruire, renaitre, devenir la femme qu’elle avait toujours voulu être et cela signifiait peut-être tirer un trait définitif sur ceux qui avaient fait partie de son monde avant qu’elle ne décroche de cette vie-là.
Mais ce soir, cela n’avait aucune importance. Ce soir, la donne avait changé, elle avait rencontré un homme charmant qui lui faisait presque oublier tout ses soucis tout en les lui rappelant. Étrange paradoxe qui faisait un bien fou à la jeune femme. Il ne la connaissait pas, il ignorait ce qu’elle avait traversé, il ignorait ce qu’elle avait fait endurer à ses proches. Il ne voyait que la Savannah qu’elle avait rêvé d’être depuis tant d’années. Elle ne gâcherait pas un tel moment.

« Six ans » précisa-t-elle, comme si cela avait une quelconque importance.

N’empêche qu’en disant cela tout haut, elle réalisa qu’elle était partie longtemps. Le temps était passé si vite qu’elle n’avait jamais soupçonné être partie tout ce temps. Six ans, lorsqu’elle avait dix-huit ans, cela lui paraissait être une éternité. Maintenant qu’elle en avait vingt-quatre, six de plus, donc, cela lui semblait un claquement de doigts. Enfin, elle exagérait peut-être. Six ans ce n’était pas rien, mais ce n’était pas non plus ce qu’elle s’était imaginé si longtemps.
Lui non plus n’était pas accompagné et, d’un côté, cela ravit Savannah. Non pas qu’elle ait eu soudainement des plans qui incluaient le jeune médecin mais tout simplement parce que cela lui éviterait de voir une jolie jeune femme de l’âge du Dr. Stanfield qui le lui volerait – ou le récupérerait, plutôt – et elle, elle se retrouverait à nouveau seule dans la foule. Or, s’il y avait bien une chose qu’elle voulait à tous prix éviter, maintenant qu’elle avait trouvé quelqu’un d’intéressant à qui parler, c’était bien le perdre et retomber à la case départ. Si cela devait arriver, elle ne resterait probablement pas. Elle serait peut-être même déjà partie si elle n’avait pas rencontré le Dr. Stanfield.
Lorsqu’il lui expliqua pourquoi sa petite amie n’était pas là, Savannah hocha la tête comprenant ce qu’il voulait dire même si elle ne voyait pas pourquoi la petite amie en question se serait ennuyée. Enfin, si, la soirée n’était pas ce qu’il y avait de plus amusant mais tant qu’elle était avec son petit ami, ça devait aller, non ? Si elle avait été dans la même posture que Savannah, peut-être aurait-elle mieux compris. Toutefois, la question n’était pas là. Tant mieux si la petite amie était restée chez elle, cela permettait de sauver la soirée de la jeune Newhall, au moins. Pensée quelque peu égoïste, elle s’en rendait compte tout en étant incapable de s’empêcher de le penser. Savannah esquissa un sourire, un moyen comme un autre d’abonder dans son sens. Mais bien vite, à nouveau, elle remarqua des gestes étranges chez son compagnon de soirée. Elle tâcha de ne pas afficher une moue scrutatrice, comme il lui arrivait malheureusement trop souvent de le faire et attendit qu’il se calme un peu. Elle savait combien les gens pouvaient se méprendre sur ce qu’elle pensait, son visage trahissant trop souvent ce qui lui passait par la tête. Pourtant, là, c’était plutôt l’inquiétude qui venait de prendre place sur ses traits soucieux. La soirée devait probablement être pesante, elle comprenait parfaitement que le sujet puisse alourdir les épaules du Dr. Stanfield… Bien vite, après qu’il eut ouvert le col de sa cravate, comme s’il étouffait, il l’entraina vers la sortie. L’idée était loin de déplaire à Savannah qui le suivit sans rechigner, s’excusant lorsqu’elle bousculait quelqu’un par inadvertance et lorsqu’ils furent dehors, la jeune femme inspira profondément l’air ambiant, la fraicheur se glissant dans ses poumons et lui ôtant toute sensation d’avoir trop chaud. Elle jeta un coup d’œil circulaire, appréciant surtout les tenues des autres convives, qu’elle trouvait exquises. Les femmes étaient élégantes et donnaient l’impression d’être nées pour vivre dans un monde comme celui-là. Elle, elle avait plutôt l’impression d’être une doublure. Une mauvaise doublure. Elle n’avait même pas remarqué que l’air s’était rafraichi et lorsque tissu de la veste du médecin glissa sur ses épaules, elle reporta son attention sur lui, lui décochant un sourire reconnaissant.

« Merci » dit-elle simplement, ne cherchant pas à décoder sa plaisanterie – c’en était une, n’est-ce pas ? – et le regarda attraper un nouveau verre lorsqu’un employé passa près d’eux. « Je ne connais même pas votre prénom » constata-t-elle, se focalisant sur lui, essayant d’évincer le soupçon qui lui venait à l’esprit à le voir s’abreuver de champagne de la sorte. « Je crois être assez âgée pour vous appeler par votre prénom, maintenant, non ? » Elle sourit, ne voulant absolument pas le mettre mal à l’aise. Elle ne parvint pas à garder le silence plus longtemps, cependant, comme elle lui demandait, par sécurité. « Rassurez-moi, vous n’êtes pas venu en voiture ? Vous allez rentrer en taxi ? »

Elle ne préféra pas souligner qu’il exagérait sur la boisson. Peut-être qu’il comprendrait déjà l’allusion comme ça alors inutile d’en rajouter une couche.
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Message(#) Sujet: Re: « When everyone leaves you it’s loneliness you feel (...) » feat. Liam K. Stanfield Lun 31 Mai 2010 - 22:07

« Liam. Pardon, c'est mon erreur, je ne me suis pas présenté convenablement! »
Le médecin eut un sourire amusé sans réellement remarquer que Savannah semblait s'intéresser au nombre de verres de champagne qu'il prenait. Il sentait que l'alcool le détendait totalement maintenant et qu'il n'avait plus à fournir le moindre effort pour sourire aux gens qui ne l'approchaient pas trop, le voyant en conversation. Tant mieux. Il n'avait pas envie de se retrouver au milieu d'un groupe de médecins à discuter des derniers progrès de la science. Il était bien ici, dehors. La chaleur semblait le consumer de l'intérieur et il redressa les manches de sa chemise blanche jusqu'au coude afin d'avoir un peu d'air. Liam n'étais pas quelqu'un de timide généralement, mais l'alcool avait tendance à faire tomber les dernières barrières qui auraient pu subsister. D'ailleurs, sa petite blague, un peu plus tôt, en témoignait. Elle ne l'avait pas reprise et c'était tant mieux puisque ce pouvait être perçu comme une façon plutôt pitoyable de la draguer alors que c'en était rien.

Il eut un sourire à sa demande et se rapprocha légèrement d'elle, posant une main amicale sur son bras alors que son ton se faisait un peu trop suave, révélant l'état d'ébriété dans lequel il serait bientôt s'il poursuivait sur sa lancée.
« Vous avez tous les droits, dorénavant. »
Il ne se rendit compte qu'après les avoir dit que ses mots pouvaient porter à confusion et il allait tenter de s'expliquer en spécifiant qu'elle avait le droit de l'appeler par son prénom tout autant que de le tutoyer, mais il préféra ne rien dire, sachant à quel point il risquait de s'enfoncer. Il préféra donc faire comme si de rien n'était en espérant qu'elle n'aurait pas pris ses paroles comme une allusion. De toute façon, il avait spécifié qu'il avait une copine, donc théoriquement, il ne devrait pas y avoir de problèmes. Elle ne devrait pas se faire de faux espoirs et si ça se trouve, elle avait juste hâte qu'il s'en aille pour qu'elle puisse retourner à la soirée ou même rentrer chez elle. D'ailleurs, sa question le surprit légèrement, mais cela appuya les pensées qu'il venait tout juste d'avoir. Décidément, la demoiselle en avait marre d'être en sa compagnie et cherchait subtilement à mettre fin à la conversation.

Il eut un sourire en baissant les yeux, terminant d'un trait son verre.
« Oui, je suis venu en voiture. Vous voulez que je vous raccompagne? »
Il n'avait pas vraiment conscience de toutes les coupes de champagne qu'il avait prises et comme il devait désormais en prendre beaucoup afin d'avoir un effet passablement lourd, il se sentait suffisamment bien pour conduire. Il ne faisait aucun doute qu'il dépassait de loin la limite d'alcool autorisée, mais il ne voulait même pas y penser. C'était stupide de mettre des limites puisque certaines personnes supportaient l'alcool bien mieux que les autres. Ainsi donc, on pouvait être apte à conduire une voiture en dépassant la limite permise puisque Liam savait qu'il pourrait se rendre chez lui sans souci. Évidemment, il était loin d'être un modèle à suivre et surtout, un exemple. Ses pensées étaient altérées par l'alcool et la dépendance qu'il avait développée, mais il ne s'en rendait tout bonnement pas compte. Pour lui, il n'y avait aucun problème à boire dix, voire quinze coupes de champagne en une soirée. Elles se succédaient sans qu'il n'eusse le loisir de les compter, mais de toute façon, il se sentait beaucoup mieux, donc beaucoup plus calme.
« Si ce n'est pas trop indiscret... Pendant ces six années, vous avez voyagé? Ou vous aviez simplement besoin d'un peu d'air pour recommencer à neuf? »
Le médecin avait parfois l'impression désagréable de vouloir recommencer à neuf dans une nouvelle ville, en particulier lorsque les gens le décevaient. Alannah l'avait déçu de longues années auparavant et Conner le décevait désormais. Il y avait maintenant plus d'un mois qu'il n'avait pas de nouvelles de lui. Presque deux. Lyann non plus ne savait rien ou si c'était le cas, elle ne voulait pas le lui dire. Il était bien placé pour savoir ce que recommencer à neuf voulait dire. Il avait tenté de le faire lors de ses deux années à Jacksonville et il y serait parvenu si seulement la maladie n'avait pas frappé son père. Cette maladie qui l'avait amenée ici, justement.
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Message(#) Sujet: Re: « When everyone leaves you it’s loneliness you feel (...) » feat. Liam K. Stanfield Ven 18 Juin 2010 - 13:01

Liam. Le prénom résonna agréablement à l’oreille de Savannah. C’était bête, après tout, il aurait pu s’appeler Jack ou James que ça aurait probablement eu le même effet. C’était surtout le fait qu’elle connaisse son prénom qui lui donna cette douce sensation. Comme s’ils avaient dépassé un stade sans vraiment faire une transition flagrante. Là encore, elle se trouvait un peu idiote d’être sensible à un détail pareil puisque pour lui, ça ne devait rien représenter de spécial. Mais pour elle, cela signifiait qu’il n’y avait plus ce rapport de médecin à patient et c’était amplement suffisant à lui faire plaisir. Elle se sentait plus légère, plus vivante, plus adulte. Liam Stanfield. Elle répéta le nom dans sa tête et trouva qu’il sonnait vraiment bien, il n’ôtait pas à Liam son professionnalisme et en même temps, il gardait une certaine part d’humanité. Il n’était pas seulement un médecin qui sauvait des vies, il était aussi un jeune homme qui menait sa propre barque, à côté de cela. Elle ne s’attarda pas sur sa propre curiosité sinon elle était certaine qu’elle allait lui imaginer toute une vie à côté de son existence dans les couloirs du Baptist Hospital.
Elle le dévisagea alors qu’il retroussait les manches de sa chemise. En bien des points, il lui faisait penser à Tobias, son frère, bien qu’ils ne se ressemblent pas du tout. Elle n’aurait même pas su expliquer ce qui lui donnait cette impression, Liam semblait être quelqu’un de généreux et ouvert, ce qu’était Tobias avant qu’elle ne décide de partir, abandonnant tout dans son sillage. Il n’avait jamais pardonné à Savannah ce départ, cet égoïsme et depuis quelques mois qu’elle était rentrée, elle avait bien tenté de raviver la complicité qui les unissait autrefois mais c’était sans compter sur la rancœur qui animait encore son ainé. Alors vraiment, elle ne voyait pas où était la ressemblance entre Tobias l’écorché vif et le jeune médecin qu’elle connaissait à peine. Tout ce qu’elle savait, c’était ce qu’elle ressentait et il y avait longtemps qu’elle avait abandonné toute tentative de comprendre son instinct. Celui-ci lui avait fait faire des choix insensés, des choix incompris par ceux qu’elle aimait, des choix qui l’avaient menée jusqu’en Afrique en passant par l’Asie et la Russie. Des choix qu’elle laissait prendre le dessus au lieu d’essayer de penser à l’avenir, d’anticiper quoi que soit. À présent, elle essayait de se contrôler un minimum et rester plus de deux mois à Ocean Grove était déjà un exploit pour quelqu’un dont le cœur criait de fuir.
Ce soir, pourtant, cet appel lancinant était resté muet, comme si la présence de son béguin d’adolescente suffisait à calmer ces pulsions inexplicables. Elle fut tellement soulagée qu’il ne se vexe pas à sa demande qu’elle remarqua à peine la façon dont il s’était exprimé, dont il lui avait répondu qu’elle avait tous les droits. Elle ignorait ce qu’il voulait dire par là mais n’y prêta pas vraiment attention sachant qu’il devait être un peu éméché et qu’il ne devait certainement pas penser ce qu’il disait. Elle avait, de plus, passé l’âge d’interpréter les moindres paroles masculines, elle avait eu droit à un beau panel durant ses voyages et avait donc appris à garder une certaine distance, même avec des jeunes hommes aussi agréables et séduisants que Liam. Elle n’aurait pas été jusqu’à dire qu’elle avait été désillusionnée quant à la façon de fonctionner des hommes mais il était vrai qu’elle ne se lançait plus la tête la première à la moindre tentative d’un garçon. Longtemps, elle était restée bien trop naïve, manipulée et finissant en pleurs sous ses draps. Cette Savannah là n’était plus de ce monde. Elle était adulte et son attitude vis-à-vis des garçons devait s’en ressentir. Et puis, elle n’était pas dépourvue de sens de l’humour et pouvait donc accepter des remarques à double tranchants comme celle-là sans commencer à s’offusquer ou l’analyser en profondeur. Elle préférait, et de loin, prendre les choses comme elles venaient et ne pas y accorder plus d’importance qu’elles ne le méritaient.
Il confirma être venu en voiture et demanda si elle voulait être raccompagnée. Elle tempéra sa réaction.

« Non merci, ça ira. Il est encore tôt. »

Si elle aurait volontiers été raccompagnée par le Dr. Stanfield en d’autres circonstances, ce soir n’était vraiment pas le soir. Elle savait combien les hommes étaient assurés d’être les meilleurs conducteurs du monde, que même morts bourrés, ils pouvaient rentrer chez eux sans problème mais Savannah avait déjà eu un entraperçu de certains retours tardifs et, vraiment, elle n’avait aucune envie de prendre des risques. Mais comment lui faire comprendre qu’elle ne voulait en aucun cas le laisser prendre le volant, pour sa propre sécurité et sans le vexer ? Il ne la connaissait pas, c’était la première fois qu’il lui parlait d’adulte à adulte, comment prendrait-il une remarque désapprobatrice ? Elle n’avait jamais été très douée pour les compromis et les pourparlers, elle préférait la franchise ou le silence. Ce soir, pourtant, il faudrait bien qu’elle agisse si elle voulait pouvoir dormir tranquille cette nuit, sans avoir à s’inquiéter de la sécurité d’un presque parfait inconnu. Elle n’eut cependant pas l’occasion de mettre son plan non concocté en action comme il reprenait, l’interrogeant sur ce qu’elle avait fait durant ces six années.

« J’ai voyagé, en effet. » dit-elle avant de se diriger vers un muret qui longeait une pelouse parfaitement tondue.

Elle vérifia que la pierre n’était pas tachée de déjections animales et s’y installa, resserrant légèrement les pans de la veste de son interlocuteur autour d’elle. Le tissu dégageait le parfum masculin de Liam et Savannah adorait ça. Elle s’était souvent fait la réflexion – idiote, certes – qu’elle pourrait tomber amoureuse d’un homme en fonction de l’odeur qu’il dégageait. C’était stupide, évidemment, mais elle avait toujours été particulièrement réceptive à ce genre de détail et, il ne fallait pas se leurrer, le parfum du Dr. Stanfield était délicieux, si bien qu’elle inspira une longue bouffée de sa présence illusoire avant de poursuivre, en le regardant, lui décochant un sourire indéfinissable :

« Un peu des deux, j’imagine. Je ne sais pas pourquoi j’étouffais à Ocean Grove. C’était comme si une voix me poussait à choisir de partir. N’importe où, sans véritable plan. Comme si la liberté m’attirait. Non pas que j’étais prisonnière ici. Mes grands-parents étaient des gens adorables… Je ne saurais vraiment pas expliquer ce qui m’a pris. J’ai recommencé dix vies différentes ailleurs, mais aucune ne m’a vraiment satisfaite… »

Elle émit un bref soupir et tritura la couture de sa robe avant de demander au jeune médecin, de but en blanc :

« Vous n’avez pas l’impression de vous enliser dans un train-train quotidien ? Cela ne vous effraie pas de vous dire que votre journée est plus ou moins prévue. Enfin, avec votre métier, ça doit être moins pesant, vous sauvez des vies, chaque journée doit être différente, un véritable triomphe… »

Un invité en costume cravate passa devant eux et salua Liam, ce qui permit à Savannah de s’arrêter avant de sentir les larmes lui monter aux yeux. Elle ne voulait pas que tout cela refasse surface. Elle ne voulait pas passer pour une fille déprimée aux yeux de Liam. Elle voulait juste pouvoir passer une bonne soirée et jusque-là, c’était le cas. Alors elle se força à ravaler le chagrin inexplicable qui lui tenaillait le cœur. Peut-être qu’elle devrait faire ce que Tobias lui avait conseillé, appeler un psy et se faire suivre afin de savoir où était son problème, son incapacité à se poser et à établir une véritable relation avec quelqu’un. C’était comme si l’idée même d’être bloquée lui donnait envie de prendre ses jambes à son cou. Elle ne comprenait pas tous ces couples qui se complaisaient dans leur petite vie amoureuse. Elle n’y avait jamais vu qu’une façon comme une autre de s’enfermer, pourtant, elle aussi rêvait d’être proche de quelqu’un, quelqu’un qui la rejoigne sur bien des points de vue, quelqu’un qui la comprenne. Tant de paradoxes dont elle ne pouvait se défaire.
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Message(#) Sujet: Re: « When everyone leaves you it’s loneliness you feel (...) » feat. Liam K. Stanfield Sam 19 Juin 2010 - 3:04

Les paroles de Savannah le surprirent puisqu'il avait vraiment eu l'impression que la jeune femme désirait partir. Apparemment, elle avait simplement voulu lui envoyer un message qu'il n'avait pas réussi à comprendre. Après tout, si elle voulait l'empêcher de conduire, elle pouvait le faire, mais ce n'était pas dit qu'il l'écouterait! Il avait beau se sentir complètement sous l'emprise de l'alcool, détendu, il savait qu'il pourrait conduire sans problème. Du moins, il le croyait dur comme fer. D'ailleurs, ce ne serait pas la première fois que Liam reprendrait sa voiture pour rentrer chez lui après avoir trop bu, il n'était plus à une illégalité près et puisqu'il connaissait quelques flics, il savait toujours s'en sortir. Sinon, il prétextait un appel urgent de l'hôpital et il avait dû quitter une soirée où il avait trop bu. Ça fonctionnait à chaque fois. D'ailleurs, il avait dû tester deux ou trois fois seulement, il ne se faisait jamais prendre. Ce n'était pas son genre de prendre sa voiture pour un trajet excessivement long, non plus. Toutefois, il était heureux qu'elle accepte de changer de sujet sans broncher puisqu'il n'était pas sûr qu'il aurait pu encaisser des reproches de sa part sans s'énerver. Il hocha simplement la tête. Il espérait qu'il se faisait de fausses idées puisqu'il se savait parfaitement apte à conduire et qu'il n'aimait pas qu'on pense le contraire.

Il la suivit toutefois lorsqu'elle se dirigea vers un muret, un peu à l'écart de tout le monde. Il ne savait pas ce que cela signifiait, mais il ne posa pas de question, attendant qu'elle poursuive. Ça ne vint pas. Il eut un sourire en posant son regard sur elle, préférant demeurer debout à ses côtés alors qu'elle s'asseyait sur le muret de pierre, le neurologue s'y adossant simplement de côté afin de pouvoir la regarder. Il ne s'était pas rendu compte à quel point elle avait changé, à quel point elle était devenue une splendide jeune femme. Enfin si, il s'en était aperçu, mais il n'avait pas osé la dévisager trop. Savannah ne le regardait pas et il en profita pour la détailler un peu plus profondément, regrettant un peu la terrasse où les serveurs lui amenaient des boissons à volonté. Son verre était presque vide et il le termina d'une traite avant de le poser sur le mur, à quelques centimètres d'eux deux. Les cheveux blonds de Savannah voletaient légèrement au vent et il eut un sourire avant de replacer l'une de ses mèches derrière son oreille, un sourire au coin des lèvres. Elle expliqua son choix et Liam cessa de la détailler, ne voulant pas qu'elle le prenne à la fixer. Il n'était pas ce genre d'homme à draguer d'un regard et de toute façon, il avait une copine. Non? Il sourit à ses paroles et hocha la tête, conscient qu'il avait lui-même ressentit, un jour, ce besoin inexplicable de partir. Il ne l'avait pas fait, toutefois.
« C'est normal. On a tous besoin, un jour, de s'évader, de croire qu'on peut mener notre vie sans personne pour nous guider. C'est malheureux à dire, mais on est rarement prêt à vivre de telles expériences quand on en ressent le besoin! »
C'était loin d'être un reproche, bien évidemment. Liam savait simplement que les jeunes avaient besoin de partir afin de prouver à leurs parents, ou même au monde entier, qu'ils savaient s'y prendre seuls, mais il n'était pas rare de les voir quelques mois ou même quelques semaines plus tard de retour au bercail. Savannah était partie longtemps et d'un côté, il l'admirait. Il n'avait jamais eu le courage de partir quand il avait voulu le faire. Il aurait pu aller étudier dans l'une des grandes universités des États-Unis, mais il avait préféré demeurer en terrain connu, à Miami. Tous ses amis, toute sa vie était bâtie ici. Le regard du médecin se posa sur les doigts de la jeune femme qui, nerveuse, tripotait machinalement sa robe. Il eut un sourire bref et attristé à sa question. C'était loin d'être aussi facile. Il n'eut toutefois pas le temps de répondre qu'un collègue de travail avec qui il s'entendait particulièrement bien s'arrêta pour discuter un petit moment, lui souhaiter une belle fin de soirée notamment. Pourtant, lorsqu'il reporta son attention sur la jeune femme lorsque son ami disparut pour rejoindre sa voiture, Liam fronça les sourcils en voyant l'air abattu qu'elle arborait. Il s'approcha légèrement et saisit délicatement son menton d'une main ferme, mais douce à la fois.
« J'en ai déjà eu l'impression, oui. Que ma vie ne valait pas grand chose, que les gens me quittaient les uns après les autres. Tout le monde pense comme toi en ce qui a trait au boulot de médecin, mais il n'y a pas de triomphe. On ne reçoit pas de médaille à toutes les centaines de patients qu'on sauve. Et on ne reçoit pas de félicitations pour ceux que l'on a essayé de sauver sans réussir. On fait notre boulot, c'est tout. Et quand je rentre à la maison, j'ai ma fille qui m'attend et qui veut que je l'aide à faire ses devoirs. La vie continue, mais oui, j'y pense tout le temps. »
Tout en parlant, il avait laissé le menton de la jeune femme, mais s'était légèrement rapproché. Ils étaient tout près, à peine à quelques centimètres, et Liam pouvait ressentir la peine qu'avait voulu cacher Savannah. La tête lui tourna légèrement tout à coup, à cause de l'alcool ou de la proximité qu'il y avait entre eux, il n'aurait su le dire. Il caressa délicatement sa joue et ferma un moment les yeux afin de tenter de reprendre le contrôle de son esprit. Il n'avait pas eu l'intention de la draguer, mais il savait qu'il n'aurait pas dû la suivre jusqu'ici dans son état. C'était trop facile de se laisser aller et d'oublier qu'il se devait de demeurer professionnel. Il laissa l'une de ses mains glisser sur la cuisse de Savannah et se rapprocha jusqu'à ce que leurs lèvres se touchent ou plutôt, se frôlent. Fermant les yeux, il détourna légèrement la tête en se mordant la lèvre, sachant qu'il n'avait pas le droit. Il déglutit, mais revint vers elle pour l'embrasser avec délicatesse, l'une de ses mains se perdant dans ses cheveux alors que l'autre remontait sur sa hanche. Il s'était davantage rapproché afin de serrer presque ses jambes contre les siennes et son corps contre le sien, rendant de ce fait le baiser un peu plus fougueux. Les yeux fermés, ce ne fut que lorsqu'il s'éloigna légèrement pour reprendre sa respiration qu'il comprit ce qu'il venait de faire. Mais étonnamment, il s'en fichait. Il avait gardé sa main dans ses cheveux et son sourire s'éclaira légèrement, charmeur.
« Jamais je n'aurais pu croire ça il y a six ans... »
Il avait murmuré avec douceur ces quelques paroles et ne s'éloigna pas pour autant, malgré l'interdit. L'une de ses mains caressait machinalement sa nuque alors que l'autre prenait position sur le muret afin de ne pas perdre l'équilibre. L'ivresse du moment et surtout, l'ivresse alcoolisée du neurologue n'aidaient en rien sa cause et pourtant, il était totalement conscient de ce qu'il faisait. L'alcool n'est pas une excuse, apparemment, cela vous permet simplement d'oser. Il osait.
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Message(#) Sujet: Re: « When everyone leaves you it’s loneliness you feel (...) » feat. Liam K. Stanfield Sam 19 Juin 2010 - 22:52

C’était comme si toutes ses bonnes résolutions passées s’étaient envolées. Comme si toute bonne volonté s’était dissipée dès que l’haleine alcoolisée de Liam s’était approchée d’elle à un tel point qu’elle avait l’impression que c’était la seule chose qui comptait. La musique s’était comme évaporée, assourdie par la sensation qui venait de grimper en flèche dans le cœur de Savannah. Elle remercia le ciel d’être si sombre, de dissimuler les rougeurs caractéristiques qui s’étaient glissées sur ses joues. Avait-elle fait quoi que ce soit pour lui donner l’impression qu’elle cherchait à le séduire ? Elle avait pourtant le sentiment de s’être comportée convenablement, de n’avoir fait aucune remarque qui aurait pu être interprétée de façon erronée, elle n’était pas ce genre de filles-là. Elle n’était pas de celles qui sautent sur la première occasion, à la moindre faiblesse masculine. Il avait été clair, il avait été sincère en lui disant qu’il avait une petite amie, n’est-ce pas ? Alors pourquoi s’était-il penché vers elle ? Où était cette jeune femme qui serait blessée si elle venait à apprendre l’incartade de son petit ami ? Savannah ne voulait pas jouer ce rôle-là, celle de la peste qui se contrefiche qu’une autre puisse être meurtrie par les actes de sa moitié. Le problème, c’est qu’elle avait beau penser maitriser les démons qui la hantaient, elle avait beau croire qu’elle pouvait se soustraire à cette envie qui lui tournoyait dans l’estomac, elle semblait être irrésistiblement attirée par le jeune médecin. Elle s’était promis de ne plus tomber dans le panneau pourtant. Où était donc passée sa bonne résolution ? Sa volonté d’être quelqu’un de bien et, surtout, de ne pas succomber à une situation qu’elle allait forcément regretter tôt ou tard ? Elle connaissait le résultat de ce genre de connerie. Ce ne serait pas lui qui pleurerait en se sentant complètement idiot, ce n’est pas lui qui se sentirait humilié de s’être laissé embarquer dans quelque chose de négatif rien qu’au vu des faits. Ce serait elle qui passerait pour la salope, ce serait elle qui se retrouverait toute seule, au final, parce qu’il était bien connu que ce genre d’engrenage ne profitait jamais à « l’autre fille », celle qui retrouvait sa solitude une fois le méfait accompli. Alors, pourquoi, en sachant tout cela, ne pouvait-elle s’empêcher de ressentir une sorte de soulagement ? Soulagée d’être encore un tant soit peu désirable, soulagée d’attirer encore, même pour de mauvaises raisons. Un moyen comme un autre de se sentir moins seule, d’oublier, rien que quelques minutes, qu’elle n’avait plus personne pour l’entourer d’amour, qu’elle avait rejeté les seuls êtres qui tenaient à elle et qu’elle en payait le prix. Lui, il ne la connaissait pour ainsi dire pas et peut-être que c’était ce qu’il y avait d’un peu rassurant.
Il avait une voix rassurante, raison pour laquelle elle s’était laissé envoûter, raison pour laquelle, peut-être, n’avait-elle pas réagi comme elle aurait dû le faire à son approche. Elle aimait trop le son de sa voix pour s’en détacher. Elle ignorait s’il était sincère ou s’il disait ça pour la faire se sentit moins seule ; peu importait, le résultat était le même. La douleur qu’elle refoulait s’atténua en l’écoutant. Peut-être était-ce dû au fait qu’il était médecin, cela lui conférait toujours une aura particulière, même lorsqu’il bavardait simplement, comme il le faisait depuis un moment avec elle. La brève interruption avait été une sorte de façon de la ramener à la réalité. Elle avait trop vite tendance à oublier qu’il était humain, qu’il passait déjà sa journée à écouter les complaintes de ses patients, leurs gémissements, leurs angoisses, sans qu’il doive, en plus, écouter celles d’une jeune femme en parfaite santé qui ne pouvait que blâmer sa petite personne pour la situation dans laquelle elle se retrouvait. Elle était la fautive, il était peut-être temps qu’elle l’assume. Lorsqu’il s’approcha, elle ne bougea pas mais un frisson la parcourut lorsqu’il glissa les doigts sous son menton pour l’inviter à lever le nez. Ses yeux noisette rencontrèrent ceux de Liam et, pour la première fois, elle eut l’impression de le voir réellement, sous sa forme naturelle, celle d’un jeune homme avenant qui, par sa simple présence, parvenait à la rassurer, à la calmer. Elle l’écouta sans un mot, le dévisageant alors qu’il la surplombait légèrement, debout alors qu’elle était toujours installée sur le muret. Il se confia à elle de la même manière qu’elle l’avait fait quelques secondes plus tôt, avec la même franchise, la même douceur. Il était modeste et cela n’étonna même pas Savannah. Tout en lui, de ses paroles à ses moindres faits et gestes, captaient l’attention, c’était ceux d’un médecin attentif à la santé de ses patients, de ceux sur qui il était censé veiller. Ce fut tout juste si elle nota la remarque au sujet de sa fille. Tout ce qu’elle voyait, c’était lui, l’air sérieux qu’il arborait et l’instant d’honnêteté naturelle qu’ils partageaient alors qu’ils se connaissent à peine.
Lorsqu’elle sembla enfin remarquer son approche, Savannah sentit son coeur cogner comme un tambour dans sa poitrine. Elle resta immobile, un flux incessant de pensées lui traversant l’esprit. Elle savait qu’elle aurait mieux fait de l’arrêter avant que leurs lèvres ne se touchent mais elle en fut tout simplement incapable. Parce que la complicité illusoire qui s’était installée grâce à l’alcool ne faisait que se prolonger. Elle ne pouvait nier être toujours attirée par le médecin, ses souvenirs de jeune fille étaient toujours là, mais elle était adulte et aurait donc dû agir en conséquence. Qu’est-ce qui l’en empêcha ? Liam. Liam qui caressait avec douceur sa joue. Liam dont l’haleine alcoolisée venait de faire tourner la tête de Savannah. Liam qui semblait aussi paumé qu’elle, à ce moment précis. Elle resta immobile, ne voulant pas lui donner le sentiment d’encourager quoi que soit, mais elle ne recula pas non plus, se contentant de le dévisager tandis qu’il semblait en prise avec sa propre conscience. Allait-il se trahir ? En un sens, Savannah espérait qu’il allait retrouver ses esprits parce qu’elle n’était pas certaine d’y parvenir la première, or, elle avait bien moins bu que lui, ce qui la faisait doublement culpabiliser. Lorsqu’il revint plus dangereusement vers elle, les doigts de Savannah se glissèrent de part et d’autre de la mâchoire de Liam, comme pour l’empêcher de continuer mais il avait déjà ses lèvres sur les siennes et elle ne le repoussa pas, au contraire, elle laissa sa détresse prendre le dessus et l’envahir. Plus il s’approchait, plus Savannah avait l’impression d’avoir le corps, les jours, les lèvres, en feu. Elle se sentait honteuse de sa faiblesse, de son incapacité à repousser un être aussi charmant que Liam, même malgré ses expériences passées peu glorieuses. Les doigts de Savannah abandonnèrent toute résistance et se contentèrent de serrer la chemise blanche du jeune médecin au niveau de la hanche. Tant pis si elle froissait le tissu, ce serait probablement le cadet des soucis de Liam lorsqu’ils retrouveraient un peu de lucidité.
- Jamais je n’aurais pu croire ça il y a six ans…
Savannah soupira et baissa la tête. Elle se maudit de faire preuve de tant de stupidité et sa main glissa sur l’avant-bras de Liam, non pas comme une caresse mais pour exercer une pression sur son poignet, le forcer à rompre le contact entre ses doigts et sa nuque. Il fallait qu’il s’éloigne, pour son bien à lui plus que pour celui de Savannah. Après tout, personne ne l’attendait chez elle alors que lui avait une famille, une petite amie à qui il tenait et qui devait l’aimer follement…

« Vous n’auriez pas dû faire ça, vous allez le regretter, vous allez culpabiliser et faire du mal à votre petite amie pour rien… Croyez-moi, ça n'en vaut pas la peine. »

Ses doigts relâchèrent la chemise et sa paume vint se poser en travers du thorax de Liam, y exerçant une légère pression, suffisante, cependant, à l’inciter à reculer. Elle se savait peu convaincante parce que peu convaincue. Mais elle n’était pas revenue à Ocean Grove pour foutre en l’air la vie d’autres personnes, elle en avait suffisamment fait jusque-là. Se redressant, elle fit glisser la veste en bas de ses épaules et la tendit à Liam.

« Je suis désolée… »

Elle ne savait même pas pourquoi elle s’excusait. Pour sa faiblesse, probablement. Pour bien d’autres choses qui n’avaient aucun rapport avec Liam, également. Elle fouilla à l’aveuglette dans son sac à main tout en gardant son regard posé sur le médecin. Plus vite elle retrouverait son portable, plus vite elle pourrait appeler un taxi et fuir cette situation plus que gênante… et frustrante.
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Message(#) Sujet: Re: « When everyone leaves you it’s loneliness you feel (...) » feat. Liam K. Stanfield Mar 22 Juin 2010 - 6:29

Lorsque Savannah le força à reculer d'une légère pression au creux de son thorax, il ferma les yeux et se mordit la lèvre, conscient qu'il venait de faire une grosse bêtise. Qu'est-ce qui se passait avec lui? C'est vrai qu'il avait été honnête et qu'il avait affirmé avoir une copine, mais justement! S'il avait une copine, c'était lui qui était pris et qui se devait d'agir comme tel. Elle n'avait personne dans sa vie, elle! C'aurait été à lui de jouer les adultes responsables en ce moment, mais il ne se sentait ni envieux ni capable de le faire. Il secoua négativement la tête aux paroles de Savannah en reportant son attention sur elle de nouveau. Elle ne comprenait pas. Elle ne pouvait pas comprendre ce qu'il ressentait et s'il s'en voulait pour une chose, c'était bien de n'avoir pas su retenir le baiser qui lui brûlait les lèvres. Il avait l'impression de jouer au même jeu qu'avait joué Alannah des années plus tôt et pourtant, c'était loin d'être la même chose. Liam savait qu'elle était partie pour un autre, mais elle avait tout de même une petit fille avec lui alors que Shouka et Liam n'avaient encore rien bâti. Non, Savannah ne pouvait pas comprendre ça et même si elle tentait de le convaincre que c'était mal, qu'il culpabiliserait et qu'il trahirait sa copine, il n'en avait que faire à cet instant précis. Il ne pensait même pas au chagrin qu'il causait autour de lui en agissant de la sorte et il n'avait pas l'impression de peiner qui que ce soit. Shouka ne le saurait jamais, de toute façon, et Liam décuverait soigneusement au matin afin de recommencer une nouvelle journée du bon pied. C'était la routine. Quand la jeune femme parlait de routine et de train train quotidien, c'était exactement ce à quoi il pensait.

Il glissa une main sur le bras de la jeune femme alors qu'elle semblait chercher avec véhémence quelque chose dans son sac à main. Il lui tendit son propre téléphone portable avec un petit sourire, refermant sa main sur celle de la jeune femme.
« Si c'est ça que tu cherches... »
Il passa une main nerveuse dans ses cheveux et recula de quelques pas, lui laissant le libre choix de prendre ou non son téléphone, afin de ne pas lui donner l'impression d'exagérer. Il avait repris son veston et l'avait posé sur le muret afin de ne pas l'avoir dans les pattes. Elle était encore plus jolie alors qu'elle semblait paniquer et vouloir partir au plus vite et le médecin ne pouvait plus détacher son regard d'elle. De toute façon, quand il regardait ailleurs, des étoiles dansaient devant ses yeux et il préférait se concentrer sur une seule chose. S'avançant doucement vers elle, il saisit sa main.
« C'est pas vrai. Je ne vais pas regretter. Et oui... Ça en vaut la peine. »
Il avait volontairement omis de parler du mal qu'il pourrait faire à Shouka puisque de toute façon, ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne lui en fasse. Il ne pouvait pas demeurer longtemps en relation et il ne faisait plus confiance à personne de toute façon. Il préférait donc larguer plutôt que de subir la même humiliation qu'il avait déjà vécue. Et à bien y réfléchir, ce n'était même pas une question d'humiliation. C'était totalement autre chose. Il ne voulait pas avoir le coeur brisé à nouveau. Et cette fois, il ne serait pas le seul à souffrir d'un départ soudain; Leah aussi aurait mal. Et s'il pouvait lui épargner ça, il le ferait peu importe les conséquences. Pourtant, l'alcool qui coulait dans ses veines ne lui dictait pas la conduite qu'il devait suivre et il n'avait pas l'intention d'être prudent. Il s'était attaché à Savannah lorsqu'il l'avait vue pour la première fois et maintenant qu'il la retrouvait, par hasard, il avait du mal à laisser passer sa chance. Il avait l'esprit embrumé, mais il savait ce qu'il faisait et on ne pourrait pas reprocher à Savannah d'en avoir profité.

Ses mains glissèrent délicatement sur ses hanches et il l'embrassa à nouveau sans pour autant la retenir contre son gré. Si elle voulait partir, elle pouvait le faire, mais il n'avait pas eu l'impression qu'elle était outrée de son comportement puisqu'elle avait eu du mal à le repousser. Il l'avait simplement rapproché de lui d'une légère pression au creux de ses reins alors qu'il glissait ses lèvres au coin des siennes, allant jusqu'à lui donner un tendre baiser dans le cou. Le médecin se fichait bien qu'on puisse les voir et il ne pensait à rien d'autre qu'à la soirée magnifique qu'il avait passé en sa compagnie. Elle lui ressemblait un peu, au fond, tous deux ne semblaient pas vouloir d'attaches, le problème étant que Liam était justement dans une relation. Une relation qui ne lui plaisait pas, certes. Il appréciait beaucoup Shouka, il avait énormément d'affection pour elle, mais il ne l'aimait pas comme on aime une femme d'ordinaire. Et même le visage de la jeune femme se ramenant à son esprit ne coupa pas le baiser qui le liait à Savannah comme si rien n'était plus fort que le moment présent. Ses mains entourèrent la tête de la jeune femme afin de l'embrasser avec fougue.
« Est-ce que toi, tu regretterais? »
Murmurés à son oreille, ses mots semblaient tout dire alors qu'il laissait son souffle caresser sa peau.
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Message(#) Sujet: Re: « When everyone leaves you it’s loneliness you feel (...) » feat. Liam K. Stanfield Mar 22 Juin 2010 - 19:15

Le pire, c’est qu’elle mourait d’envie de rester contre lui. Simplement pour sentir sa présence masculine, la chaleur de son corps l’enlaçant, sa respiration. Une présence humaine qui lui ferait un bien fou. Elle se sentait extrêmement seule, ce soir davantage que les autres soirs. Le fait d’avoir dû affronter des convives qui se côtoyaient depuis longtemps avait été une véritable révélation. Elle ne s’était jamais senti aussi mal qu’une heure plus tôt, lorsqu’elle avait eu l’impression d’être une statue au beau milieu de la foule. Personne pour lui adresser un simple sourire courtois, personne pour la regarder, la saluer. Rien. Elle n’avait même pas été bousculée une seule fois, comme si elle était invisible. On passait devant elle comme si elle ne faisait pas partie de ce monde et elle n’était vraiment pas habituée à ce genre d’attitude. Elle ignorait si c’était typique au monde adulte d’Ocean Grove ou tout simplement à ce type de soirée mais elle en avait en tout cas ressenti un coup de poing dans la poitrine. Jamais, jusque-là, elle ne s’était trouvée dans une position pareille. Jamais elle n’avait eu le sentiment de faire partie du décor. Elle ne demandait pas à être le centre du monde, de leur attention, mais de là à ne pas être remarquée un seul instant, même pour un coup d’œil, ça avait quelque chose de vexant et d’humiliant. Alors, oui, peut-être qu’elle n’avait tout simplement pas distingué un regard dans la foule, mais elle ne pouvait pas être aveugle au point de jouer les paranoïaques dans un événement d’une telle ampleur. Elle ne l’avait jamais été jusqu’à présent, elle n’allait certainement pas commencer maintenant. De là, tout pouvait partir en vrille. De ce sentiment d’inexistence pouvait déboucher un besoin inexplicable de sentir quelqu’un de présent. De Liam, dans ce cas-ci.
Il était présent. Il ne l’avait pas ignorée. Elle avait certes fait le premier pas mais il avait été tellement réceptif à sa présence que tous les tracas de la jeune femme s’étaient envolés. Elle en avait oublié son mal être précédent, se focalisant sur cet homme qui la rattachait à un passé qui n’était pas si lointain que ça mais qui paraissait l’être à Savannah. Et maintenant… maintenant, elle se retrouvait dans un état de panique. Elle ne craignait pas ce qu’il pourrait lui faire si elle refusait, il n’avait rien d’un violeur potentiel, même avec une quantité d’alcool peu négligeable dans le sang. Ce qu’elle craignait, c’était ce qu’elle pourrait faire. Trahir ses propres bonnes résolutions, succomber au charme certain d’un homme qu’elle ne connaissait pratiquement pas, finalement. Ce n’était pas raisonnable même si elle avait passé l’âge de craindre les relations d’une nuit. Lorsqu’elle avait dix-huit ou dix-neuf ans, c’était une véritable hantise, mais pas à vingt-six, pas quand on avait fêté le nouvel an dans différentes parties du monde… avec différents garçons, des inconnus, pour la plupart. Qu’est-ce qu’une nuit de plus changerait, en fin de compte ? Enormément de choses. Elle n’était pas dans une ville où personne ne la connaissait, elle était à Ocean Grove, le quartier qui l’avait vu naitre, où des gens pouvaient encore la connaitre. Le moindre passant pourrait faire le lien entre elle et ses respectables grands-parents. Elle ne voulait pas entacher leur réputation, ils avaient été trop bons pour elle pour qu’elle leur fasse du mal, même s’ils étaient décédés depuis plusieurs années, maintenant. Et puis elle s’était juré de changer. Comment une telle promesse pouvait-elle être mise à mal aussi rapidement ? Il suffisait qu’elle regarde Liam dans les yeux pour le savoir.
Lorsqu’il glissa les doigts le long de son bras tandis qu’elle fouillait son sac à main, elle lui jeta un coup d’œil et son cœur n’en repartit que de plus belle. Au fond, elle sentait qu’elle se débattait inutilement, qu’elle avait déjà rendu les armes dès qu’elle l’avait laissé s’approcher suffisamment pour presser ses lèvres contre les siennes. Si réellement elle avait voulu éviter d’en arriver là, elle aurait fait en sorte que ce soit le cas, elle aurait été plus catégorique, plus outrée à son contact. Or, ce qu’elle ressentait, c’était de la détresse, l’impression d’être acculée, de regarder ce qui la ferait tomber, tôt ou tard. Elle contemplait cette situation renversée avec le regard d’une âme en peine, d’une âme esseulée qui, finalement, se battait contre elle-même pour rester dans la lumière et ne pas basculer de l’autre côté, du côté de ses pulsions, de son instinct, de son besoin de proximité avec un autre être humain. Elle semblait perdue dans ce flux de pensée lorsqu’il lui donna son téléphone. Elle abandonna sa fouille frénétique et baissa le regard sur l’appareil, son pouce caressant machinalement les touches alors qu’elle restait comme bloquée, incapable de savoir que faire. Fuir ? Le forcer à retourner à l’intérieur, là où il serait bien obligé de se tenir tranquille et convenablement ? Secouant brièvement la tête pour reprendre ses esprits, elle composa le numéro de la compagnie des taxis mais ne porta pas le téléphone à son oreille. Liam s’était approché, à nouveau et, encore une fois, elle ne recula pas, elle n’eut pas la réaction adéquate. Elle l’écouta d’une oreille distraite et resta immobile. Elle distingua un « Allô ? » lointain, étouffé par ses doigts qui entouraient l’appareil. La voix chercha encore à établir le contact puis finit par abandonner mais Savannah n’y prêtait déjà plus attention, elle avait fermé les yeux au moment où il s’approchait à nouveau pour l’embrasser. Le mot « solitude » sembla s’éclairer dans son esprit, tel une enseigne lumineuse et lorsqu’il l’attira un peu plus à lui, elle passa instinctivement un bras autour de son cou, plus pour se trouver un équilibre que pour l’enlacer réellement.
Est-ce qu’elle le regretterait, elle ? Fondamentalement, non. Elle n’avait personne à blesser et comme elle était déjà passée par là dans le passé, l’étape illusion était depuis longtemps passée et il était à peu près certain qu’elle ne pleurerait pas toutes les larmes de son corps le lendemain. Pourtant, cela ne l’empêchait pas de se dire qu’il ne valait mieux pas pénétrer ce terrain-là. S’il n’était pas vraiment dangereux, au fond, il restait problématique. Elle ne répondit pas à sa question, lui en posant une à son tour, sur le même ton, comme un murmure à son oreille, tandis qu’elle fixait un point dans le dos du jeune homme, un couple qui s’éloignait dans le sens inverse, les mains scellées, le sourire aux lèvres.

« Qu’est-ce que tu attends, en fait ? Une nuit, comme ça, pour t’amuser, et repartir au boulot demain ? Tu ne penses pas plus loin que ça? Tu ne penses pas à ce que tu ressentiras quand tu regarderas ta petite amie dans les yeux, la prochaine fois que tu la verras? »

Elle était passée du vouvoiement au tutoiement sans réellement s’en rendre compte. Elle suivait le fil de ses pensées sans chercher à taire son interrogatoire. S’il la trouvait ennuyeuse à poser des questions pareilles, il changerait peut-être d’avis. Il reviendrait peut-être sur son idée et retrouverait un peu de clarté dans son esprit. Elle, elle ne cherchait pas à l’accabler mais à comprendre. Elle n’avait jamais su entrevoir une raison évidente pour qu’un homme – ou une femme, d’ailleurs – aille voir ailleurs. Elle avait toujours été l’autre fille et lorsqu’elle était en couple – ce qui était un fait plutôt rare – elle était fidèle et n’allait pas fouiner ailleurs. Ce soir, elle regagnait la place qu’elle avait tant reçue dans le passé. Mais comme la pensée lui traversait l’esprit, elle se laissa séduire par celle-ci. Une fois de plus, qu’est-ce que ça pouvait faire, finalement… si personne n’était au courant, ce qui était visiblement le désir de Liam.
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Message(#) Sujet: Re: « When everyone leaves you it’s loneliness you feel (...) » feat. Liam K. Stanfield Jeu 24 Juin 2010 - 0:07

Les paroles de la jeune femme claquèrent de plein fouet dans l'esprit déjà surchauffé du médecin. Il n'avait pas envie de se prendre la tête, mais il ne voulait pas qu'elle pense qu'il était un obsédé. Ce n'était pas le cas, c'était loin de l'être même. Tout n'allait vraiment pas comme il le voulait avec Shouka et il s'en voulait de reporter sa frustration sur Savannah alors qu'elle n'avait rien demandé. Ce n'était pas qu'une soirée comme ça, qu'une nuit dont il avait besoin, mais c'était bien autre chose. Autre chose que Shouka ne lui apportait pas et qu'il ne pouvait pas définir. Il doutait que quelqu'un, un jour, puisse réellement lui donner ce qu'il voulait parce qu'il était conscient qu'il ne faisait aucun effort de son côté. La confiance ne s'instaurait jamais entre une femme qu'il rencontrait comme ça et lui. Jamais. Liam était trop indépendant de toute façon et il ne parvenait pas à croire qu'une femme puisse le faire changer d'avis selon le fait qu'il ne pouvait faire confiance à personne. On finissait toujours par se faire trahir de toute façon.

Le médecin ferma les yeux un moment et reprit sa veste en se dégageant plutôt abruptement.
«Je suis désolé. Je ne voulais pas que tu le prennes comme ça et ce n'était pas mon intention de... Je suis désolé. »
Il passa une main nerveuse dans ses cheveux en reculant de quelques pas, sa vision se brouillant légèrement suite au mouvement brusque qu'il avait fait. Il avait vraiment l'impression d'être un salaud en ce moment et il refusait de porter ce rôle. Il ne voulait pas non plus que Savannah porte le rôle qu'elle croyait devoir jouer et ce, même si le médecin n'avait pas vraiment pensé aux conséquences de ses actes.

Il allait retourner à l'intérieur afin de prévenir quelqu'un de son départ, mais il oublia vite l'idée. Il n'avait pas envie de remonter sur scène pour clore la soirée et il savait pertinemment qu'on lui demanderait de le faire. Il reporta donc son attention sur Savannah et revint vers elle afin de poser un baiser sur sa joue avec délicatesse.
«Je suis vraiment désolé. »
Il tourna les talons sans jeter un regard derrière lui et se mordit la lèvre en se disant que la jeune femme serait sans doute apte à trouver elle-même un taxi. Il aurait pu lui laisser de la monnaie, mais il s'était dis qu'elle ne l'aurait sans doute pas accepté. Il chercha ses clés dans sa poche alors que des étoiles dansaient devant ses yeux, la fatigue sans doute. Il prit place devant le volant et referma la portière en poussant un soupir. Sa tête vint s'affaler un moment sur le dossier de son siège et le médecin mit en marche le moteur sans prendre la peine de s'attacher. Il recula sans même jeter un coup d'oeil derrière lui et dut frotter ses yeux afin de tenter de chasser de son visage la fatigue le brouillard devant ses yeux. Liam fut heureux de rentrer sain et sauf chez lui ce soir-là parce qu'il était loin d'être en état de pouvoir prendre le volant.

END
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« When everyone leaves you it’s loneliness you feel (...) » feat. Liam K. Stanfield

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