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 « Pizza is a lot like sex. When it's good (...) » feat. Harley Fane

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Message(#) Sujet: « Pizza is a lot like sex. When it's good (...) » feat. Harley Fane Lun 17 Mai 2010 - 0:18


« (...) it's really good. When it's bad, it's still pretty good. »


Alexandre se demandait ce qui lui avait pris, jusque-là, de toujours soigneusement éviter de devoir se rendre à un supermarché pour remplir son frigo. Autrefois, dans un passé qui n’était pas si lointain, il préférait s’installer seul à une table dans un petit restaurant qui ne payait pas de mine, à manger un plat qui ne valait pas le prix qu’on en demandait et repartir dès qu’il avait terminé. Pas de préparation, pas de cuisson, pas de vaisselle, juste la somme nécessaire pour se sustenter. Parcourir les rayons d’une épicerie ? Une perte de temps selon le jeune homme. Les rares fois où il était effectivement entré dans l’une de ces petites échoppes, c’était pour acheter un pack de bières et des cigarettes. Il y passait le moins de temps possible, comme s’il faisait une allergie aux frigos garnis, aux étalages bien rangés. Il n’aimait pas faire la file, à chaque fois qu’il avait le malheur d’être obligé de se rendre dans un supermarché, il arrivait aux heures de pointes et patientait – si tel était le terme à utiliser – une bonne demi-heure avant d’enfin pouvoir poser son achat – une stupide cartouche de cigarettes, alors que la bonne femme devant lui n’avait pas encore vidé son caddie que les articles attendaient déjà de l’autre côté de la vendeuse – sur le tapis roulant. Ah, ça, il n’y avait pas pire stimulant pour hérisser les poils du junkie et pour le rendre plus irritable que d’habitude.
Que faisait-il là, alors ? Eh bien, c’était simple, le train de vie d’Alexandre Rathbone avait nettement changé depuis le jour où il avait ouvert son cœur à Harley Fane. Qui l’eut cru ? Ce mauvais garçon insensible à la peine des autres, égoïste au possible, craquant pour une demoiselle au fort caractère ? L’alchimie avait été présente dès le départ, dès leur première rencontre, sur le campus californien où ils faisaient leurs études. Il avait commencé fort, n’y allant pas de main morte avec les réflexions un peu salaces. Mais il avait eu de la chance, elle avait répondu comme il fallait et il avait souri, non pas parce qu’il était charmé mais parce qu’il était agréablement surpris. Le reste n’était qu’un enchainement d’erreurs, toutes plus ridicules les unes que les autres, qui avaient fait un accro de lui. Un accro au phénomène Fane. Il avait réagi de façon inappropriée, il n’avait plus su contrôler son mauvais caractère, encore moins la jalousie mal contenue qui l’avait envahi au fil du temps, au fil des événements qu’il avait partagés avec elle. Il avait fallu des mois et surtout, le fait qu’elle lui préfère un autre pour qu’il comprenne que l’attirance qu’il ressentait vis-à-vis d’elle n’était pas un simple jeu d’attraction physique comme il en avait eu tant l’habitude avant. Mais il était trop tard et lorsqu’il avait enfin fait un pas vers elle, s’efforçant de lui faire saisir l’ampleur de la réalité, au vu et au su de tout un bar, il pensait avoir gagné de justesse. Erreur, c’était sans compter sur l’apparition d’un être qu’il n’avait pas calculé, qu’il n’avait pas imaginé dans le tableau et qui pourtant, d’un sourire, d’une remarque ou deux, parvint à réduire à néant tous les espoirs du junkie. Harley envolée avec son amour propre meurtri, il avait perdu toute notion de réalité, passant un été calamiteux, à enregistrer les conneries les unes après les autres. Alexandre Rathbone avait un beau palmarès d’erreurs à son actif. Durant huit mois, il s’était laissé vivre sans rien vraiment attendre de la vie sinon qu’elle cesse son ennui mortel. Et un appel inopiné avant changé le cours des choses. Oui, elle l’avait appelé faute de pouvoir atteindre quelqu’un d’autre. Oui, c’était un appel désespéré qui ne lui était pas vraiment destiné à lui mais il s’en contrefichait : Harley avait besoin de lui et, au lieu de raccrocher en lui faisant une remarque, il avait répondu présent, il n’avait même pas pris la peine d’enfiler quelque chose de convenable. Il avait été guidé par ce sentiment profondément enfoui dans son ventre, celui qu’il croyait mort ou en tout cas endormi. Il avait bien été obligé d’admettre qu’il l’aimait sinon il l’aurait perdue encore une fois et peut-être même pour de bon. Un an qu’il était officiellement en couple, c’était dur à croire, même lui ne réalisait pas, parfois. Il avait tellement vécu de manière décousue, son train de vie rimait autrefois avec n’importe quoi, nuit blanche et ingestion de drogues en tous genres. Qui était-il, à présent ? Il lui arrivait de se poser la question. Ils auraient bien ri, tous ceux qui le connaissaient avant, tous ceux qui l’avaient côtoyé durant des années. Il leur aurait dit « j’suis clean, j’ai plus touché à un truc d’puis plus d’un an » et il voyait leurs visages se contracter pour ne pas éclater de rire avant d’échouer, riant à gorge déployée. Il n’aurait pas pu leur en vouloir, lui-même aurait ri si on lui avait dit ça mais il n’y avait pas de quoi rire. Le junkie n’en était plus un. N’était-ce pas effarant ?
Les yeux verts jaugèrent la panoplie de pizzas. Lui-même adepte de ce genre de fast food ignorait qu’il en existait tant de sortes différentes. Il s’était toujours contenté de la pizza quatre fromages basique, celle qu’il réchauffait parfois le matin, lorsqu’il n’avait plus rien d’autres à manger. Maintenant qu’il était obligé de faire les courses – il n’y échapperait d’ailleurs probablement plus – il pourrait goûter à chacune d’elles, faire son petit top trois et les emmagasiner dans le frigo. La question était : par laquelle allait-il commencer ? Il se pencha et fit coulisser la porte du frigo, libérant l’air glacial qui y était emprisonné. Il attrapa la première à portée de main et la laissa tomber dans le caddie, juste à côté de lui, dans lequel quelques packs de bières reposaient gentiment. Il attrapa encore deux ou trois boites différentes et referma le frigo, satisfait de sa pêche. Lorsqu’il se retourna, Harley était revenue de sa quête aux produits féminins dont Alexandre préférait ne pas entendre parler.

« Hey, regarde-moi tout ça, c’est la caverne d’Ali Baba, si j’avais su, j’aurais fait plus souvent les courses, tiens ! »
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Message(#) Sujet: Re: « Pizza is a lot like sex. When it's good (...) » feat. Harley Fane Mar 18 Mai 2010 - 22:53

    Elle ne connaissait pas le magasin, et bien que les gens disent que les supermarchés se ressemblent tous, Harley n'en n'était pas convaincue. C'était la première fois qu'elle mettait le pied dans un supermarché depuis qu'elle et Alexandre avaient débarqué à Miami. Elle et Alexandre... Même maintenant ca lui faisait bizarre de se dire qu'ils étaient venus ensemble en Floride, en tant que couple. Il lui avait balancé l'idée de quitter le Golden State il y a de ça 1 an maintenant, elle s'en rappellait, c'était en Février 2010 et ils venaient à peine de se retrouver après 8 mois sans aucunes nouvelles l'un de l'autre. Elle avait sincèrement cru à une blague, à une de ses nombreuses hallucinations post-cocaïne ou autre drogue qu'il pouvait ingérer à cette époque. Elle savait que ce genre de prises faisaient délirer les gens mais Alexandre lui avait juré ne plus avoir touché à rien depuis plusieurs semaines et les tremblements nerveux qui avaient agité son corps ne pouvaient pas être de meilleures preuves. Elle l'avait regardé, abasourdie alors qu'il lui proposait de quitter la Californie pour repartir d'un bon pied ailleurs, pour donner une chance à leur couple de naître et d'évoluer sans tous les tracas qui avaient pu les accabler depuis leur première rencontre; et qu'avaient-ils fait depuis 1 an? Elle n'arrivait même pas à mettre le doigt dessus, ils avaient vécu à la Bonnie & Clyde, avec certainement la même adrénaline qui devait avoir étreint les deux criminels à l'époque... La même adrénaline, et pourtant, eux, n'avaient rien fait de mal et n'avaient pas de passé criminel à leur actif, ils étaient juste partis sur un coup de tête et avaient erré à travers quelques états des Etats-Unis, ils avaient vécu une année loin de tout, rien qu'eux deux et ca devait avoir été la plus belle année de la vie d'Harley jusqu'à présent, elle avait été remplie d'aventures, de rencontres, de rires, certes de disputes aussi régulières qu'enflammées, mais également de complicité et de moments inoubliables. Mais il avait été temps de s'arrêter et ils avaient élu la Floride comme nouveau départ. Elle ne s'en plaignait pas, elle était même plutôt ravie d'attérir ici, ca ressemblait pas mal à la Californie niveau temps et la ville était tout aussi splendide que celle qu'ils avaient quitté. La seule personne qui lui manquait réellement était son père, et peut-être une ou deux autres personnes mais les choses s'étaient terminées tellement mal entre elle et l'un de ces fameux jeune homme qu'Harley se reprenait bien vite. Elle avait Alexandre, c'était bien tout ce qui lui importait au fond.
    Elle parcourut les rayons du supermarché le cou tendu et l'air perplexe; vraiment ce supermarché était agencé d'une façon totalement étrange! La viande était précédée par les produits laitiers et les vêtements bons marchés. Elle trouva enfin le rayon qu'elle cherchait tant et un sourire soulagé vint étirer ses traits. Elle avait laissé à Alexandre la lourde tâche de surveilleret approvisionner le caddie pendant qu'elle allait acheter quelques produits féminins, et redoutant de le laisser poireauter trop longtemps (elle savait qu'il n'était pas l'être le plus patient du globe), Harley se hâta de prendre ce qu'elle recherchait. Elle fit un petit détour par le rayon fruits et légumes pour attrapper de quoi grignoter lorsqu'ils auraient faim et retourna vers l'endroit où elle avait laissé le jeune homme. Elle avait opté pour des claquettes ce jour-là tant la chaleur à l'extérieur était acablante et ses pas claquèrent dans l'air à chaque fois que ses pieds touchaient le carrelage clair du supermarché. Elle devait l'avoir quitté 10 minutes tout au plus et lorsqu'elle repéra la silhouette du jeune homme, elle esquissa un petit sourire charmé. Voir Alexandre Rathbone dans un supermarché à pousser un caddie avait un petit côté sexy, elle devait le reconnaître. C'était tellement à l'opposé de ses sales habitudes! "Désolée du retard, j'comprends rien à leur disposi-- C'est quoi tout ça?!!" s'exclama t-elle lorsque son regard dévia vers le contenu du charriot. « Hey, regarde-moi tout ça, c’est la caverne d’Ali Baba, si j’avais su, j’aurais fait plus souvent les courses, tiens ! » Elle déposa ses affaires dans un coin du caddie et se redressa pour planter son regard peu amusé dans celui du jeune homme; il affichait un sourire agréablement surpris et fier. "De la bière et des pizzas?!... Sérieusement Alex?" lui dit-elle en haussant les sourcils. Elle avait compris depuis le temps qu'il n'était pas du genre à aimer manger sainement ou même à manger tout simplement mais de là à n'acheter que des bières et des pizzas, il y avait sincèrement quelque chose qui clochait. L'espace d'un instant elle se demanda s'il avait déjà été faire les courses une fois dans sa vie... Et elle n'appellait pas "courses" le fait de descendre à la supérette la plus proche pour acheter de l'alcool, des clopes et des magazines pornos. Elle leva les yeux au ciel et attrapa une des pizzas qu'il avait enfourné dans le caddie. "De la bière et des pizzas!?" réitéra t-elle, sincèrement abasourdie. "J'te laisse 10 minutes faire le plein et t'achètes des pizzas et un pack de bières? On n'est plus en vacances Alex, on va pas se nourrir de pizzas pendant toute notre vie quand même! Et c'est hors de question qu'on vienne faire les courses 3 fois par semaine" lui expliqua t-elle en faisant glisser la porte du grand frigo pour remettre la pizza à sa place. Elle referma rapidement le frigo et replaça une de ses mèches brunes derrière son oreille, posant ses poings sur ses hanches pour se donner plus de contenance; sans ses talons elle ne devait pas faire très peur et elle regretta de ne pas avoir opté pour une paire de 12, juste pour avoir l'air plus imposante. "On doit faire le plein de produits essentiels et qui se périment pas, où tu veux stocker ta pizza congelée? On n'a même pas de congélo! Et dois-je te rappeler qu'on est un chouia à cours d'argent?! Sérieux, 3$ la pizza, faut pas abuser!". Elle endossait le rôle de la fille chiante et insupportable une nouvelle fois mais elle s'en fichait pas mal; elle était comme ça de toute façon et Alexandre avait besoin d'un minimum de structure dans sa vie, sinon il partait très facilement en freestyle et ne s'occupait plus de lui. Et si cela signifiait que la petite brunette passe pour la méchante, elle le ferait; il était hors de question qu'elle laisse le jeune homme regrésser vers sa vie de célibataire endurcit et de drogué invétéré. Ils avaient décidé de partir, de quitter cette ancienne vie, alors elle ne le laisserait pas si facilement la retrouver. Elle le regarda durement un instant et prit à nouveau les commandes du chariot, direction le rayon d'alcool. Elle avait bien l'intention de remettre ce pack de bières à sa place, lui aussi!
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Message(#) Sujet: Re: « Pizza is a lot like sex. When it's good (...) » feat. Harley Fane Jeu 20 Mai 2010 - 22:59

La satisfaction qu’il éprouvait à partager sa trouvaille s’envola rapidement en voyant qu’Harley n’était pas du tout sur la même longueur d’onde. Bien vite, l’agacement se faufila dans les veines d’Alexandre qui serra les mâchoires, perdant immédiatement son sourire pour afficher une moue blasée. Elle avait un don particulier pour tourner tout au noir, un mot, un geste, un regard suffisait pour qu’elle casse tout. Elle était aussi douée pour ça qu’elle ne l’était pour ensoleiller sa journée lorsqu’il était d’humeur morose ou qu’il ressentait le besoin de s’injecter une substance illicite dans le bras. Il y avait des mois qu’il n’avait plus touché à une drogue. Pourtant, à certains moments, il ressentait ce manque comme s’il avait arrêté le mois dernier et la sensation d’urgence qu’il ressentait était difficilement annihilée. Il avait assimilé son nouveau mode de fonctionnement – à savoir, être clean – à un nouveau mode de vie. Tout avait changé, à commencer par son statut d’ancien célibataire endurci qui n’en faisait qu’à sa tête. Maintenant il était en couple et il devait gérer tous les aspects de cette façon de vivre. Les désaccords quant à la façon de se nourrir en faisant partie. Il ne dit rien pour autant, gardant sa mauvaise humeur retrouvée pour lui. Oh, il ne doutait pas une seule seconde qu’Harley repérerait immédiatement son absence de communication verbale et puis, depuis un an qu’ils vagabondaient ensemble, elle décodait sans problème son langage non-verbal. Il lui arrivait de se dire qu’elle n’avait pas eu besoin de cette année mouvementée pour le connaitre par cœur, se disant qu’elle le connaissait bien trop avant même qu’ils ne le sachent, avant même qu’elle ne s’en rende compte. Lui, il était bien trop centré sur lui-même pour l’avoir étudiée et acquise, encore maintenant, il y avait des zones d’ombre chez Harley, des comportements qu’il ne s’expliquait pas et qui le vexaient plus qu’autre chose. À cet instant précis, cependant, il savait qu’il lisait parfaitement en elle. Mieux, il aurait pu prévoir ce qu’elle allait faire et aurait dû préparer un plan B pour contrer tout argument négatif. Mais il n’avait même pas de plan A alors à quoi bon chercher une excuse à présent ? C’était pourtant tellement évident. Il se maudit d’avoir été aussi irréfléchi, d’avoir laissé son instinct basique de mec prendre le dessus et ne pas anticiper les réactions féminines d’Harley. C’était peut-être difficile à croire mais tout ce qui pouvait agacer chez une fille, les petits détails que les garçons auraient préféré ne pas avoir dans le package, eh bien, Harley les possédait à la puissance supérieure. Tout chez elle était exacerbé et ce petit côté volontaire et meneur qu’il aimait tant d’habitude aurait pu la mettre en veilleuse à ce moment-là.
Les yeux émeraude d’Alexandre lançaient des éclairs. Il aurait eu l’air d’un gamin capricieux s’il n’avait pas affiché ce look si déséquilibré, pas très soigné, les cheveux en pagaille, le teint un peu blême. Tout semblait fade chez lui si on faisait abstraction de la vivacité de son regard. Rien ne pouvait échapper aux gens qui le regardaient droit dans les yeux. Ils pouvaient y lire avec une clarté confondante le mépris, le côté railleur de sa personnalité, la colère, l’agacement, la mesquinerie, parfois, les taquineries, souvent, la moquerie, la rébellion, l’impatience, la sécheresse de son cœur sur certains points, comme s’il ne ressentait rien pour certaines personnes. Elles ne représentaient aucun intérêt pour lui et il ne le cachait pas. Mais Harley ? Harley faisait de lui une fontaine d’émotions aussi contradictoires que capricieuses. Il l’aimait à en devenir dingue et en même temps, elle l’agaçait souvent au plus haut point. Maso, le garçon ? Peut-être, qui sait, il était vrai qu’il aimait le conflit, le guettait, le cherchait souvent, le provoquant si besoin. C’était même l’une de ses spécialités. Là, il pouvait l’avoir, s’il le désirait. Une phrase, une remarque sur un ton qui déplairait à sa petite amie et c’en serait fini des courses en équipe. Si elle le cernait trop bien, il savait quant à lui parfaitement quoi dire pour la mettre hors d’elle, il avait d’ailleurs un don inné pour cela.
- Sérieusement, Alex ?
Quoi ? Où était le problème ? Il vivait comme ça avant et il n’était pas en trop mauvaise forme. Ils n’avaient pas eu un train de vie des plus sains, non plus, depuis leur départ de Californie. Mais ça, elle semblait l’oublier. C’était fascinant comme elle pouvait faire abstraction de choses, quand elle le voulait. Plissant les paupières d’un air faussement menaçant, Alexandre la toisa. Elle était bien partie pour le mettre en rogne, tiens. Il avait suffit qu’elle prenne ce ton, comme s’il était le roi des cons, pour qu’il évince toute bonne volonté de son être. Elle avait réussi en un quart de seconde à faire remonter en lui tout ce qu’elle devait sûrement détester. Qu’avait-elle, en plus, à la ramener avec le budget ? Ils n’en seraient certainement pas là s’il pouvait continuer librement son petit trafic, ce qu’elle désapprouvait, de toute manière. Ils seraient pleins aux as et n’auraient pas à chicaner à la première petite dépense. Dieu qu’il détestait se sentir pauvre et sans pouvoir. C’était ce genre de situation qui lui donnait de plus en plus matière à réfléchir à la possibilité de reprendre la vente illégale. Elle le lui interdirait sûrement, raison pour laquelle il devrait se faire discret et jouer double jeu. Facile pour un as comme lui ? Ouais, avec d’autres peut-être, mais pas avec Harley, qui tenait la clef magique pour lui ouvrir le crâne et s’y plonger sans modération.
Les pizzas revinrent à leur place initiale et Alexandre les contempla, une lueur frisant le regret brillant dans ses yeux. C’était comme quitter deux charmantes sirènes, lui qui salivait déjà à l’idée de mordre dans la croûte croustillante… Ah, qu'elle aille au diable ! Si elle le prenait comme ça, il trouverait bien un moyen de lui rendre la monnaie de sa pièce ! Qu’est-ce qu’elle s’imaginait, franchement ? Qu’il allait soudainement se mettre au régime fruits et légumes ? C’était bien naïf ! Rien que les mots fruits et légumes lui donnaient des boutons alors y goûter !
Ils échangèrent un regard courroucé et Alexandre garda résolument la bouche fermée, enfonçant les mains dans son short en jean. Il la laissa reprendre le caddie, puisque madame faisait son petit capitaine et il la suivit sans émettre d’objection. Il n’irait pas contre sa volonté, mais qu’elle n’imagine même pas une seule seconde qu’il allait faire preuve de bonne foi maintenant. Si elle avait décidé qu’elle seule choisissait les produits qu’ils consommeraient, il ne dirait plus rien, un point c’est tout ! Le pack ne tarda pas à retrouver son point de départ et ils quittèrent rapidement le rayon, provoquant encore davantage d’agacement chez le jeune homme. Il la suivit à travers les rayons, comme le bon petit ami ultra chiant qu’il pouvait être, son regard vide passant en revue tous les produits qu’il aurait volontiers casés dans son caddie. Le seul écart qu’il se permit, ce fut le moment où ils passaient devant un ensemble de chewing-gum aux divers parfums. Il attrapa le premier qui était à portée de main, en déchira l’emballage et enfourna un Hollywood menthe dans sa bouche. Mâcher aurait au moins l’avantage de lui faire passer l’envie de serrer les dents et donc, de finir par avoir mal aux mâchoires. Il jeta ensuite le paquet sur les aliments, d’un geste délibérément désinvolte. Ses mains retrouvèrent ensuite rapidement ses poches et il poursuivit sa route, ignorant les faits et gestes de sa petite amie.
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Message(#) Sujet: Re: « Pizza is a lot like sex. When it's good (...) » feat. Harley Fane Ven 21 Mai 2010 - 14:35


    Il était sûrement en train de le faire exprès pour la mettre hors d'elle; elle le sentait. La manière qu'il avait eu de se renfrogner à la première remarque en était la preuve ultime. La petite brunette s'arrêta donc dans son monologue et inspira profondément en fixant le regard courroucé de son petit ami, puisqu'elle avait vite compris que tout ce qu'elle disait rentrait et ressortait aussitôt du crâne du jeune homme. Il y avait des choses qu'il ne voulait pas entendre, ou bien qu'il ne voulait pas comprendre, au choix, et cette histoire de pizzas devait certainement en faire partie. Pour lui, elle devait simplement le faire exprès pour avoir la possibilité d'avoir à redire sur ce qu'il faisait. Pourtant cette fois c'était bien faux et le fait qu'une ou deux pizzas puissent les embrouiller l'énerva au plus haut point. Oh, qu'il se rassure, elle l'aurait volontiers laissé s'empiffrer de pizzas surgelées s'ils n'avaient pas été en couple. Lorsqu'ils habitaient encore en Californie et passaient un peu de temps ensemble, elle ne lui reprochait rien sur son alimentation; qu'il mange comme un ado lui importait peu, qu'il ne boive que des bières bon marché ou qu'il se gave de chips était bien le cadet de ses soucis; mais maintenant qu'il faisait partie intégrante de sa vie, elle ne pouvait pas faire autrement. Il avait lui aussi choisit de faire partie de sa vie, en aucun cas elle ne l'avait forcé à l'emmener avec lui sur les routes, alors il devait avoir pensé aux changements que ca impliquerait; il devait y avoir pensé, c'était inévitable! C'était l'une des bases de toute relation, les habitudes étaient bousculées et de nouvelles venaient s'intégrer à leur vie, et peut-être ne s'en rendait-il pas compte mais celles de la jeune fille avaient également été chamboulées; elle qui avait l'habitude de vivre dans son petit confort, elle avait quitté un appartement qu'elle adorait plus que tout pour aller de motels en motels, sans repères, sans attaches particulières, sans point d'ancrage; elle avait quitté l'Université avant d'avoir fini son cursus, et peut-être que pour lui ca n'était pas si grave, mais ca avait été une sacré décision qu'elle avait du prendre, une sacré nouvelle à annoncer à son père aussi; elle avait adopté un rythme de vie pour se coller à celui du jeune homme, avait du se nourrir de fast food et de tex-mex pendant presque un an puisqu'ils n'avaient jamais eu de vrai toit et donc de cuisine. Elle n'était pas des plus douées en cuisine donc dans un sens ca n'était pas plus mal, mais tout de même, elle avait fait une overdose totale de malbouffe, comme elle l'appelait, et maintenant qu'elle ouvrait la bouche, voilà qu'elle se récoltait les foudres silencieuses du jeune homme. Ce devait être le fait qu'elle ne lui en ai pas touché deux mots plus tôt, que ca tombe comme ça, sortit de nul part qui l'énervait; mais entre Harley et Alexandre, la discussion avait toujours été très limitée, non pas qu'ils passaient tout leur temps au lit, mais tous les deux étaient très mauvais lorsqu'il s'agissait de s'asseoir et discuter sérieusement, ils étaient incapables d'avoir une vraie conversation entre adultes tant leurs caractères étaient identiques et par conséquent insupportables. Elle avait parfois l'impression d'avoir à faire à son elle masculin lorsqu'elle s'adressait à lui, et elle était bien forcée de se rendre compte que certaines de ses actions la rendait folle; elles la rendaient folle parce que c'était exactement, ou à peu de choses près, la façon dont elle pouvait réagir elle-même. Ils se ressemblaient tellement que c'en était parfois effrayant. Elle resserra ses doigts fins autour de la poignée du charriot et le fit rouler jusqu'au rayon d'alcool. Alexandre n'avait toujours pas pipé mot et Harley se retint de ne pas exploser dans le magasin. Il avait pleinement conscience que ses silences la rendait dingue; s'il y avait bien une chose qu'elle ne supportait pas c'était de se retrouver à parler à un mur, elle avait juste l'impression qu'il la prenait pour une conne, et il le faisait très bien. Elle attrapa le pack de bières et le remit à sa place d'un geste sec, repoussant à nouveau le chariot à travers les dédales des rayons. Ils devaient donner une image bien stéréotypée de leur couple à cet instant précis; elle poussant rageusement le caddie et lui, suivant de manière désinvolte derrière, les mains résolument enfoncées dans son bermuda et la bouche close. Elle aurait certainement dû venir faire les courses toute seule, ca aurait été plus rapide et moins énervant en fin de compte.
    Les rayons défilèrent et la petite brunette n'ajouta pas un seul article à leur caddie, elle se contenta de jouer nerveusement avec la bague qu'elle portait au majeur. C'était ridicule, elle se comportait comme une gamine; elle avait passé l'âge de faire la tête pour si peu, aussi s'arrêta t-elle au prochain rayon et fit-elle volte face vers Alexandre, un petit sourire désolée aux lèvres. "Qu'est-ce que tu veux manger Alex? On prend des conserves? Ils doivent avoir pas mal de choix" lui demanda t-elle d'un ton plus doux. Elle vit les yeux clairs du jeune homme sonder rapidement les étagères, d'un air tout sauf intéressé et il attrapa un paquet de chewing-gum avant d'en enfourner un dans sa bouche et de jeter le reste dans le caddie. Son humeur ne resta pas calme bien longtemps car elle sentit à nouveau son sang ne faire qu'un tour devant le flegme royal dont Alexandre pouvait faire preuve. Elle serra les dents et si elle avait pu lui sauter à la gorge à cet instant précis, elle l'aurait fait sans prévenir, mais à nouveau elle prit sur elle et offrit un sourire faux et de mauvaise foi à son petit ami avant de reprendre sa route, marmonnant dans sa barbe qu'il était insupportable et que la prochaine fois elle se passerait bien de ses services.
    Le reste des courses se passa dans la même ambiance tendue, Harley zigzagua entre les clients et fit abstraction totale de la présence du jeune homme; s'il ne comptait pas faire d'efforts de son côté, elle n'en ferait pas plus non plus du sien. Le caddie se remplit petit à petit de produits qu'elle voulait et elle évita bien soigneusement de redemander au jeune homme ce qu'il aurait voulu manger. Il n'aurait qu'à aller s'acheter un hamburger au fast food le plus proche s'il voulait tant avaler des conneries! Elle, elle jetait l'éponge et choisit avec précaution des légumes frais avant d'aller les peser; pour elle, l'ère des pizzas/chips était terminé, elle devait reprendre sa vie en main maintenant qu'ils avaient élu domicile ici. Elle attrapa la petite étiquette autocollante que lui fournit la machine et la colla au sachet en plastique avant de le déposer dans le caddie. Elle s'arrêta un instant pour étudier le contenu de ses courses et, satisfaite, elle hocha la tête et prit la direction des caisses, ignorant royalement l'air blasé du jeune homme. S'il voulait jouer à ça, il savait qu'il trouverait un adversaire de taille en la petite brunette.

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Message(#) Sujet: Re: « Pizza is a lot like sex. When it's good (...) » feat. Harley Fane Dim 30 Mai 2010 - 21:52

Il aurait pu cesser cette comédie, dialoguer, prouver qu’il y avait du bon dans ce qu’il voulait faire. C’aurait été mieux, c’aurait été plus facile mais Alexandre Rathbone n’était pas quelqu’un de facile à vivre et c’était un euphémisme. Il aurait pu s’opposer, la forcer à faire comme il l’entendait, ou au moins à trouver un compromis mais à quoi bon, ça n’aurait pas été aussi amusant. Bien sûr, à cet instant précis, il n’y avait que lui qui trouvait cela amusant, même s’il n’en montrait rien, arborant cet air revêche qui était devenu caractéristique chez lui. Il aurait émis une opinion et Harley aurait démoli ses arguments, un à un, avec une aisance qui aurait frustré l’ex-junkie. Il n’était pas vraiment fanatique des conversations, des échanges, des confidences. Il avait déjà fallu qu’il soit sur le point de la perdre une énième fois pour qu’il lui avoue être fou amoureux d’elle. Il avait fallu attendre des péripéties et des larmes pour qu’il comprenne que de temps à autre, il était nécessaire d’ouvrir la bouche et laisser les gens entendre ce qu’il pensait, ressentait, vivait. S’il n’avait pas ouvert la portière, ce jour-là, s’il l’avait laissée filer pour la troisième fois, où en seraient-ils maintenant ? Pas ici, pas à Miami. Pas à se disputer pour des pizzas et un peu d’alcool. Ce n’était pas très compliqué, s’il avait su arrêter de se droguer, du jour au lendemain, n’ayant pas replongé une seule fois depuis ce fameux matin où il avait pris cette décision, il pouvait certainement adopter une hygiène de vie correcte, voire irréprochable. Mais, justement, n’avait-il pas déjà fait assez ? Ne pouvait-elle pas encore patienter quelques mois ? Qu’est-ce qu’elle s’imaginait ? Qu’on métamorphosait un célibataire endurci et égoïste en petit ami plein de santé, comme ça, du jour au lendemain ? Il avait peut-être effectué la plus grosse partie du travail – arrêter la drogue, pour un drogué tel que lui, c’était vraiment un calvaire – mais le reste n’était pas facile, surtout s’il ne pouvait même pas se consoler avec une petite dose de cocaïne ou un délicieux joint.
Quand il était petit, pourtant, il aimait les fruits et légumes. Il mangeait rarement des cochonneries, les chips et sucreries étant bannies de la maison. Peut-être parce que ses parents, plus âgés que la moyenne, préféraient l’alimentation saine. Peut-être parce qu’ils étaient pieux, aussi. Ils favorisaient le respect de l’autre, mais également de la nature, de la vie en général. Jusqu’à ses onze ou douze ans, Alexandre menait une vie quasiment irréprochable – si on faisait abstraction de ses trop nombreux accidents. En effet, les jambes et bras cassés étaient monnaie courante chez les Rathbone. Enfant casse-cou et touche-à-tout, il ne craignait rien. Les blessures étaient des souvenirs d’une enfance turbulente, malgré la bonne éducation qu’il avait reçue. Il aurait pu finir son master en marketing s’il n’avait échappé à la sphère familiale, préférant la liberté et les essais illicites à l’amour maternel et à la fierté paternelle. Après tout, n’était-ce l’issue logique pour un gamin qui ne rêvait que d’interdits et d’aventures ? Il était resté trop longtemps chez lui, trop couvé par sa mère qui craignait qu’il ne lui arrive quelque chose de grave. Chaque fois qu’il revenait, le visage tordu par la douleur, se tenant le poignet ou l’épaule, Mme Rathbone avait le sentiment qu’on lui arrachait le cœur. Il l’avait pourtant cherché, la plupart du temps, mais la sensation était toujours la même, transperçant le cœur de cette mère qui avait failli désespérer après ces années d’essais infructueux pour tomber enceinte. Elle avait fait une ou deux fausses couches avant de pouvoir tenir son bambin aux yeux émeraude dans ses bras. Malheureusement, elle ignorait qu’elle allait au devant d’un grand chagrin, que ce merveilleux poupon qui ne se plaignait jamais, ne pleurait que très peu et souriait beaucoup deviendrait un junkie de premier ordre, irrespectueux au possible et incapable de se dévoiler, même à la personne qu’il aimait le plus au monde ; Harley Fane.
Il revint d’un lointain souvenir. Il lui arrivait rarement de revenir sur son enfance. Non pas qu’il la regrette, mais justement, il lui était arrivé de vouloir se pointer un week-end, voir son père, le taquiner au sujet de son sport favori ; le golf. Mais la blague s’était peu à peu transformée en quelque chose d’amer qu’il n’avait même plus le droit d’aborder. Son père avait été terriblement déçu au fil du temps, contrairement à sa femme, il n’avait fait aucun effort pour le dissimuler et c’était peut-être en partie pour cette raison que le junkie s’était peu à peu détaché, bien plus vite que prévu, prenant son envol final dès qu’il entra à l’université. Il avait d’abord entamé des études de photographie avant de réaliser qu’il n’irait nulle part avec un tel diplôme, alors il avait dévié, deux ans plus tard, pour se lancer dans le marketing. Une valeur sûre dans laquelle il excellait sans même devoir se casser la tête à ingurgiter la matière. Tout lui paraissait trop évident, quand il lisait les notes de l’un de ses comparses, à l’époque, il s’endormait. C’était rébarbatif et bien vite, il avait de moins en moins fréquenté l’université. C’était comme ça qu’il l’avait rencontrée, un matin où il revenait d’une nuit blanche, après avoir créché ailleurs, il ne savait même plus où. C’était ce jour-là que sa vie avait changé, en la rencontrant ; Harley Fane.
Son attitude avait l’effet escompté. Harley tenta bien de reprendre contact mais il resta de marbre, agaçant au possible avec cette attitude fermée et froide qu’il pouvait arborer, si bien que la jeune femme reprit rapidement sa route, ne cherchant pas davantage à se fatiguer pour une cause perdue. Il ne comprit pas ce qu’elle marmonnait mais cela n’avait pas vraiment d’importance, ce n’était pas capital. C’était une querelle d’amoureux… ou plutôt d’un couple qui apprenait encore à vivre avec l’autre, à découvrir les trop nombreuses facettes de chacun. Il la laissa remplir le caddie, disparut même un instant pour aller feuilleter les magazines dans le rayon revus et revint vers elle après avoir jeté un coup d’œil au programme télé du soir même. S’ils n’avaient pas d’argent pour une pizza, ils n’en avaient sûrement pas pour un magazine et, franchement, il faudrait payer cher pour qu’Alexandre fasse un pas vers elle. Ce ne serait pas pour tout de suite. Il la regarda d’un mauvais œil fournir leurs futurs achats de fruits et légumes. Bien sûr qu’elle ne se doutait pas qu’il associait l’alimentation saine à ses parents, c’était idiot et même s’il le lui disait, elle se dirait probablement que c’était ridicule comme attitude, elle voudrait en savoir davantage et s’il y avait bien une chose qu’il détestait aborder, c’était bien sa première décennie sur cette terre. Aussi la laissa-t-il choisir ce qu’elle voulait, n’émettant aucune objection ni remarque désobligeante et lorsqu’elle prit la direction de l’avant du magasin, où les caisses s’alignaient, une idée quelque peu sadique germa dans l’esprit de l’ex junkie. Il se posta à côté d’Harley, attendant que la file s’avance peu à peu jusqu’à ce que ce soit leur tour. Il commença alors à vider le contenu du caddie pour le transférer sur le tapis qui bougeait par à-coups. Il décocha par la même occasion un regard à l’hôtesse de caisse et fut ravi de découvrir qu’il s’agissait d’une jolie blonde qui devait à peine frôler la vingtaine. Elle dut remarquer le regard intéressé du junkie parce qu’elle tenta de l’ignorer mais ses joues rosies par la gêne la trahirent.

« Bonjour mademoiselle » s’exclama-t-il avec une politesse qui ne lui ressemblait pas. « Vous êtes d’ici, j’imagine ? » Il attendit une réponse, elle se traduisit par un faible hochement de la tête pendant qu’elle scannait les articles, un à un. « Génial. Parce que vous voyez, ma sœur et moi » commença-t-il en désignant Harley d’un coup de menton. « On est arrivé il y a quelques jours, et on se demandait s’il y avait des trucs intéressants dans le coin. »

Il était évident qu’Alexandre la draguait, mais il n’écouta même pas ce que la jeune fille lui répondit, lui expliquant les choses à voir à Ocean Grove. C’est tout juste s’il la regardait, d’ailleurs, tant il guettait le moindre signe de colère de la part d’Harley. Cherchait-il à recevoir une gifle ? Visiblement. S’il savait qu’Harley pouvait se montrer très démonstrative en public, il savait aussi qu’elle voyait à présent trop clair dans son jeu pour se donner en spectacle, surtout dans un endroit où ils débarquaient et où ils comptaient visiblement rester.
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Message(#) Sujet: Re: « Pizza is a lot like sex. When it's good (...) » feat. Harley Fane Mer 2 Juin 2010 - 12:42


    Le petit bout de femme qu'elle était poussa le caddie jusqu'à une file moins longue que les autres. Si elle avait été sur le point de tout envoyer valser il y a de ça quelques minutes à peine tant l'attitude d'Alexandre l'avait énervé, elle était désormais tout à fait calme. Ses gestes n'étaient plus secs ni tremblants, son rythme cardiaque n'était plus sur le point d'exploser des records; non, elle avait opté pour l'option la plus sage qu'il soit et elle s'en félicitait intérieurement parce qu'il était rare qu'elle parvienne à se raisonner lorsqu'elle était remontée. Cette fois, elle avait décidé de l'ignorer, c'avait été une technique qui avait montré ses fruits durant l'année qu'ils avaient passé ensemble. Elle ne comptait plus le nombre de fois où ils s'étaient pris le bec mais au moins, elle avait eu le temps d'essayer toutes les ripostes possible, des plus enflammées aux plus hystériques, de celles qui lui ressemblaient le plus à des tactiques qui étaient loin du caractère qu'elle avait en règle générale. Elle avait même essayé les larmes de crocodiles mais avait vite compris que ca énervait plus le jeune homme qu'autre chose et que ca ne lui correspondait pas plus à elle non plus... et un jour elle avait décidé de faire comme s'il n'existait pas, de faire comme si elle ne se retrouvait pas coincée au milieu de l'Amérique avec lui. Ca avait eu le don de la calmer au moins. Il fallait dire qu'Harley avait toujours beaucoup de mal à se mettre en tête qu'elle était en couple. Elle aimait sa liberté, elle aimait se retrouver seule par moment, avec elle-même, à ne rien faire d'autre que feuilleter des magasines de couture ou faire sa manucure. Des petits plaisirs qu'elle avait de plus en plus de mal à s'octroyer maintenant qu'Alexandre était entré dans sa vie. Bien sûr elle regrettait parfois ces instants de coupure où seule elle était le centre de son petit monde, mais pourtant, elle ne se voyait plus vivre sans lui sur le long terme; elle était habituée à sa présence maintenant et, loin de sa famille et de ce qu'elle avait construit en Californie, elle n'avait plus que lui comme point de repère et elle s'était vite rendue compte qu'elle en avait grandement besoin.
    La file diminua peu à peu et elle attrapa le petit séparateur pour délimiter la fin des courses de la femme devant et les siennes. Elle n'avait pas fait attention à la jolie chevelure blonde qui se trouvait de l'autre côté du tapis et qui scannait les produits des clients, aussi sursauta t-elle légèrement lorsqu'Alexandre salua poliment la jeune fille. La petite brunette fronça légèrement les sourcils, se demandant qu'elle mouche avait pu piquer l'ex-junkie pour qu'il se montre aussi avenant et courtois envers quelqu'un et lorsque son regard noisette se posa sur la caissière, Harley compris immédiatement la raison de l'engouement soudain de son petit ami. Elle secoua la tête d'un air dépité et le laissa discuter avec elle; elle avait bien compris qu'il ne faisait ça que pour la provoquer un peu plus mais elle ne lui donnerait pas ce plaisir, elle n'exploserait pas en plein magasin aux yeux de tous... Même si c'était généralement comme ça qu'elle réagissait; cette fois elle serait plus maline que lui. Elle déposa les articles sur le tapis roulant alors que la caissière rougissait lamentablement. Harley leva les yeux au ciel tout en continuant de vider le caddie. Elle ne s'en était pas rendue compte mais son coeur s'était déjà mit à battre plus vite depuis quelques instants, ca elle ne pouvait pas le contrôler, son corps réagissait de lui-même aux actions d'Alexandre, comme s'il était relié à lui d'une façon ou d'une autre: incontrôlable, inexplicable. « Génial. Parce que vous voyez, ma sœur et moi ». Le sang d'Harley se glaça soudainement et l'espace d'un instant son corps se figea; comment l'avait-il appelé?! Le bras à demi tendu dans les airs, tous les muscles du visage de la jeune fille se contractèrent et elle dut faire un effort surhumain pour ne pas jeter un regard meurtrier au jeune homme qui continuait l'air de rien son plan drague ridicule. « On est arrivé il y a quelques jours, et on se demandait s’il y avait des trucs intéressants dans le coin. ». Les lèvres pincés et les gestes tremblants, Harley déposa l'article sur le tapis et poussa le charriot de l'autre côté de la caisse, attendant que la blonde scanne ses articles avant de les jeter sèchement dans son caddie. Plus la caissière minaudait, plus Harley avait de mal à cacher sa colère et c'est toujours avec beaucoup de concentration qu'elle s'empêchait de fusiller le jeune homme du regard; elle ne l'avait d'ailleurs pas une seule fois regardé parce qu'elle savait qu'il jubilerait de voir la colère et la folie flamber au fond de ses prunelles. Il n'attendait que ça et pouvait faire preuve d'un sadisme sans limite, et s'il y avait bien une chose qu'Harley refusait de faire aujourd'hui, c'était de donner raison à cet energumène. La jeune fille était du genre à savoir cacher ses émotions; il avait fallut qu'elle apprenne à être forte très jeune, aussi n'avait-elle généralement pas de mal à agir à l'inverse de ce qu'elle ressentait au fond d'elle. Elle bouillonnait à nouveau de rage à cet instant et pourtant, son visage restait le plus impassible possible, c'est d'ailleurs pourquoi la caissière ne remarqua rien et lui annonça le prix des courses d'un ton léger et joyeux qu'Harley aurait pris un grand plaisir à laminer si elle ne s'était pas juré de rester calme. Elle lui offrit donc un sourire hypocrite et sortit sa carte bleue de son porte monnaie, évitant bien soigneusement de regarder Alexandre, parce que lui savait lire en elle comme dans un livre ouvert et si les gens extérieur ne voyaient pas l'état dans lequel elle était, elle savait qu'Alexandre n'avait aucun mal à déchiffrer ses faits et gestes. "Vous pouvez insérer la carte." prit-elle à peine le temps de dire avant de reporter toute son attention sur le jeune homme et de continuer à lui lister les endroits "trop cool" que la ville proposait. Harley composa son code pin et rangea le restant des courses dans le caddie en attendant que le paiement soit effectué. A ses côtés, Alexandre et la caissière discutaient toujours, lui, au summum de son égoïsme et de son hypocrisie, elle, au summum du ridicule et de la connerie. La petite brunette retira sa carte et jeta un regard noir à la caissière lorsque le paiement fut accepté. Elle en profita pour lui jeter un regard assassin et ré-empoigna son caddie avant de détaler sans attendre la fin de leur discussion. Elle aurait très bien pu remettre la caissière à sa place avec une seule et unique remarque mais ca n'aurait fait qu'envenimer la situation encore plus, et Harley ne voulait pas endosser ce rôle là, pas aujourd'hui en tout cas. Elle roula jusqu'au grand ascenseur qui descendait au parking et s'arrêta auprès d'une petite famille qui révisait avec attention le contenu de leur caddie. Bientôt elle sentit la présence d'Alexandre à ses côtés mais, toujours bien trop énervée, elle continua de l'ignorer; sa simple présence l'énervait même et elle devinait très bien le petit sourire fier qu'il devait arborer. Qu'il ne se réjouisse pas trop vite, il était hors de question qu'elle le laisse s'en tirer comme ça. La machoire serrée et les muscles tellement tendus qu'elle en tremblait légèrement, Harley poussa le caddie à l'intérieur de l'ascenseur lorsque les portes de celui-ci s'ouvrirent... Est-ce qu'il avait réellement été balancer qu'elle était sa soeur?!!
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Message(#) Sujet: Re: « Pizza is a lot like sex. When it's good (...) » feat. Harley Fane Sam 19 Juin 2010 - 12:22

C’était étrange comme du jour au lendemain, il avait ressenti le besoin de partir. Les mois catastrophiques pendant lesquels il avait joué au chat et à la souris avec Harley l’avaient épuisé et il n’avait pas vu meilleur remède pour repartir sur des bases saines que celui de quitter sa ville natale, cette ville qu’il n’avait jamais réellement quittée. Il était parvenu à lui ouvrir son cœur et, dans la foulée, comme porté par un élan de folie, il lui avait fait cette proposition imprévue. Partons. Partons loin d’ici, de ce monde complètement dingue dans lequel nous nous sommes noyés. Ce n’était pas les termes qu’il avait utilisés ce fameux jour, évidemment, mais c’était le sens qu’il avait voulu leur donner. Il avait voulu évincer tout risque de la perdre à nouveau. Plus de musicien torturé pour lui faire pétiller les yeux, plus de soirées complètement folles où elle s’était rendue seule et où elle avait rencontré des bons à rien dans son genre. Mais il n’y avait que lui qui pouvait poser le regard sur elle avec cette lueur maligne dans les yeux, il n’y avait que lui qui pouvait glisser ses doigts pour les entremêler à ceux d’Harley, il n’y avait que lui qui pouvait respirer son haleine fraiche, la couvrir de baisers et l’étreindre avec force. Elle était sienne et même si à cet instant précis, il avait la façon la plus étrange de lui montrer qu’il tenait à elle, c’était pourtant ce qui enveloppait son cœur. Son monde tournait autour d’Harley, et non plus autour de la drogue. Il avait su se déclarer une fois, il avait été correct plusieurs semaines d’affilées, mais son attitude naturelle était revenue au galop et même s’il regrettait la plupart du temps ses blagues de mauvais goût, c’était comme s’il ne pouvait s’empêcher de la pousser à bout, parce qu’il n’y avait rien de plus sexy qu’une Harley furieuse ou bouleversée. C’était comme s’il trouvait la faille qui lui permettait de pouvoir se faire pardonner une nouvelle fois, pour que leurs réconciliations se terminent sous la couette ou tout simplement dans les bras l’un de l’autre. Il redoutait évidemment le moment où elle en aurait assez, où elle dirait que ça suffisait, qu’elle avait eu sa dose de conneries pour les dix prochaines années. À ce moment-là, qui pourrait-il blâmer ? Il n’y aurait pas eu de drogue, pas de mec en vue, juste lui et son comportement inexplicable.
Est-ce que cette fois serait la bagarre de trop ? Celle qui ferait faillir leur couple explosif ? Il avait déjà fait bien pire, il le savait, mais il savait également que Harley s’essoufflait à bouger incessamment. Elle avait besoin d’un point d’ancrage, elle se fatiguait de la vie sur les routes et s’il n’était pas vraiment prêt à l’admettre, Alexandre savait parfaitement que leur road trip devait trouver sa fin. Miami pouvait être ce point d’ancrage idéal. Miami pouvait leur offrir ce point de départ, ce point zéro qu’ils recherchaient pour construire quelque chose de solide. Il savait qu’ils étaient solides, il ne doutait pas de leur couple mais il savait qu’il exagérait, qu’il pouvait être blessant et méchant inutilement. Pourtant, Dieu sait s’il détestait être la cause de ces tourments, mais c’était comme s’il avait besoin de tester leur complicité, leur lien, leur relation. Comme si mettre à l’épreuve la patience d’Harley allait lui prouver quelque chose. Quoi ? Il n’en savait rien. C’était instinctif et il aurait sérieusement voulu pouvoir s’en passer de temps à autre.
Comme prévu, aucune réaction n’émana d’Harley. Rien, seules des ondes négatives qu’il devait probablement être le seul à percevoir pour avoir vécu vingt-quatre heures sur vingt-quatre – ou presque – avec Harley, depuis un an. Qu’il devait probablement être le seul à percevoir pour être le seul à tout faire pour les sentir. Se sentait-il mieux quand il parvenait à ses fins ? Au contraire, mais comment comprendre le paradoxe même qu’était cet ex junkie ? La caissière d’abord timide s’avéra plus bavarde une fois qu’elle s’élançait sur un sujet qu’elle connaissait sur le bout des doigts. Si elle remarqua le désintérêt soudain d’Alexandre pour ses bavardages inutiles, elle n’en montra rien, poursuivant tandis qu’il fixait les chiffres qui s’additionnaient les uns après les autres. Plus la somme s’élevait, plus il avait l’impression d’avoir la migraine et le manque qu’il ressentait parfois à cause de sa sobriété refaisait surface. Et tout ça sans même avoir de pizzas ni d’alcool. Il était tellement focalisé sur les prix qu’il ne remarqua pas la réaction d’Harley. Si elle était prévisible, elle aurait sûrement davantage fait culpabiliser le jeune homme. Le prix fut énoncé et Alexandre ferma les yeux. Il réalisa qu’il était vraiment impératif qu’il trouve un job… ou tout du moins, une activité qui rapporte suffisamment d’argent pour leur permettre de s’offrir un tel montant de courses chaque semaine. Lorsqu’il rouvrit les yeux, Harley enfonçait la carte dans le lecteur et des petits bips furent émis à chaque fois qu’elle pressait un chiffre de son code pin. La fille continua sa visite guidée imaginaire de Miami et Alexandre fut tenté de lui dire de fermer son clapet. Mais il était le seul fautif dans cette histoire et méritait donc entièrement de se faire rabattre les oreilles avec des conseils qu’il ne prenait même pas la peine d’enregistrer. Les informations entraient par une oreille et ressortaient directement par l’autre, ne laissant aucune trace, comme si elles n’étaient jamais passées par là. Il finit tout de même par décocher un sourire hypocrite à la jeune femme et la remercia de façon exagérée. Il n’avait jamais été aussi soulagé que lorsque le paiement fut accepté et qu’Harley s’éloigna avec le caddie. Le junkie leva les yeux au ciel dès qu’il se détourna de la caissière et suivit sa dulcinée sans un mot, les mains toujours bien enfoncées dans les poches de son short, comme le bon fainéant qu’il était.
Sans surprise, Harley était furieuse, elle avançait avec rapidité, en poussant un caddie qui devait peser son poids, ce qui avait toujours le don d’étonner Alexandre. Derrière cette silhouette minuscule et fragile, la jeune femme qu’il aimait cachait une force de caractère inimaginable, une force qu’il avait toujours particulièrement adorée, une force qui l’avait d’emblée attiré, dès leur première rencontre. Tandis qu’ils marchaient vers l’ascenseur qui menait au parking, Alexandre se remémorait ce premier jour où il avait posé les yeux sur elle. Avait-il imaginé qu’il se retrouverait lié à elle, deux ans plus tard ? Qu’ils quitteraient la Californie pour un road trip dont ils ne connaissaient même pas l’issue ? Qu’ils vivraient dans des motels durant des mois, qu’ils passeraient leur temps à se prendre la tête et se réconcilier, à approfondir le lien qui les avait unis dès leur première rencontre ? Il aurait bien ri si on lui avait fait un bref topo de ce qui l’attendait. Et voilà qu’il venait de jouer au con dans un supermarché de Miami, qu’ils allaient rentrer et ranger soigneusement tous leurs achats et partir en quête d’un endroit où construire quelque chose, un endroit à eux.
Les portes s’ouvrirent et ils pénétrèrent dans l’espace assez grand pour les accueillir, eux et leur caddie, ainsi qu’une petite famille qui patientait, elle aussi. Alexandre resta silencieux, alla s’adosser à la paroi du fond, arborant toujours cette attitude désinvolte et se laissa lentement glisser avec l’ascenseur vers un étage inférieur. Les portes se rouvrirent et la famille vira vers l’aile droite du parking. Harley se dirigea quant à elle vers la gauche et Alexandre trottina pour se retrouver à sa hauteur.

« Quelle bécasse cette caissière. T’as retenu ce qu’elle a raconté ? Parce que moi, j’ai tout zappé, elle m’saoulait dès qu’elle a ouvert la bouche » s’exclama-t-il comme si de rien n’était, agrandissant ses pas pour suivre le rythme effréné d’Harley.
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Message(#) Sujet: Re: « Pizza is a lot like sex. When it's good (...) » feat. Harley Fane Mar 22 Juin 2010 - 18:06

    Elle avancait à petit pas pressés, comme si elle et ses petites jambes tentaient de distancer Alexandre. Elle avait tourné à gauche toute lorsque les portes de l'ascenceur s'étaient ouvertes et maintenant elle trottinait presque jusqu'à la voiture du jeune homme, garée un peu plus loin, mais bien évidemment, avec ses grandes jambes il n'avait pas trop de mal à tenir la cadence. Malgré le bruits des roues du caddie sur le bitume du parking, elle entendait très bien ses pas derrière elle et, toujours excédée, elle resserra ses doigts autour du manche du caddie et ferma les yeux. Harley avait toujours été du genre explosive, à ne pas savoir bien gérer ses humeurs; ses sautes d'humeurs comme le disaient souvent les gens extérieur; elle péférait laisser sa mauvaise humeur la submerger plutôt que de ressentir ce sentiment de frustration à faire bonne figure quand à l'intérieur elle n'attendait que l'explosion finale. Avec Alexandre, ca avait été ça pendant toute une année, pendant toute l'année qu'ils avaient passé ensemble. Il la connaissait, était habitué à ces revirements de situations et ce qui rendait la petite brunette encore plus folle, c'était bien qu'il sache les gérer sans trop de soucis. Elle aperçut sa silhouette du coin de l'oeil et serra la machoire. « Quelle bécasse cette caissière. T’as retenu ce qu’elle a raconté ? Parce que moi, j’ai tout zappé, elle m’saoulait dès qu’elle a ouvert la bouche ». Sa course s'arrêta net, les roues du caddie s'immobilisèrent et elle se tourna vers Alexandre qui n'avait pas vu le coup venir et qui avait continué d'avancer de quelques pas. Lorsqu'il s'arrêta aussi, visiblement surpris, Harley avait déjà prit la parole "Tu te fous de moi là?!" lui demanda t-elle alors qu'il haussait les sourcils, se donnant un air faussement innocent qui ne lui allait pas du tout. "Me regardes pas comme ça Rathbone!! Tu t'fous vraiment de ma gueule! C'est toi qui est allé la chercher, t'étonnes pas que les gens te répondent quand tu leur poses une question!" s'exclama t-elle plus fort qu'elle ne l'aurait voulu; lorsqu'elle capta les regards curieux de quelques personnes qui rejoignaient elles aussi leur voiture, la jeune fille referma son caquet et reprit le caddie en main avant de reprendre sa route, le visage rouge de colère. Maintenant qu'elle avait commencé à déballer son sac, il lui serait impossible de s'en tenir à ça et les battements frénétiques de son coeur ne l'aidaient pas à se calmer ni à se raisonner. "Et t'en fais ce que tu veux, mais j'suis pas ta soeur, kapisch?!!" lui dit-elle d'un ton furieux mais tout de même à demie-voix, pour ne pas attirer à nouveau l'attention sur elle. Elle n'estimait pas en demander énormément à leur couple en vue de leur situation, elle aimait même parfois faire comme s'ils n'étaient pas aussi liés, et pourtant elle avait des limites et ce coup bas qu'il venait de lui faire l'avait rendue complètement folle. Arrivés près du coffre de la voiture d'Alexandre, elle attendit qu'il l'ouvre avec la clé pour décharger les sacs en papier du supermarché. "Tu peux jouer au plus malin avec les autres si t'en as envie mais j'estime avoir mérité que tu arrêtes de me prendre pour une conne Rathbone, t'as compris?!" lui dit-elle en pointant un index menaçant sur son torse. "Parce que si tu veux jouer à ça, tu sais très bien que j'peux jouer moi aussi!" continua t-elle en attrapant un deuxième sac et en le rangeant à l'arrière du véhicule, avec les autres.
    Des menaces. Elle lui en assénait régulièrement, pour le remettre sur le droit chemin. Elle avait remarqué qu'elles avaient généralement le don d'agir comme de petits électrochocs sur lui, comme si avec ce qu'elle disait, tous les neurones du cerveau du jeune homme étaient à nouveau connectées et il sortait de son délire pour redevenir plus censé. Et malgré tout, elle aimait cet Alexandre complètement déjanté avec qui elle ne s'ennuyait jamais, elle aimait et détestait à la fois les petites embrouilles qu'ils avaient; chacunes lui faisaient du mal et pourtant, de chacunes ils en ressortaient plus forts, plus unis; mais aujourd'hui tout particulièrement, elle se serait drôlement passée de cet affront parce que lui, repoussait toujours les limites de ce qu'il pouvait dire, de ce qu'elle pouvait encaisser et parce qu'elle était persuadée, dans sa tête, que s'il ne se reprenait pas, il la traiterait de moins que rien avant même qu'elle ne s'en aperçoive. Elle le fixa donc un instant alors qu'il l'aidait à ranger les courses restantes et son manque de réaction, son flegme royal l'exaspéra encore plus, aussi donna t-elle un coup de poing dans son bras pour qu'il se réveille, pour qu'il réagisse un minimum. Une fois qu'elle fut sûre d'avoir toute son attention, elle s'approcha de lui et planta à nouveau son regard noisette dans le sien "C'était pas mon idée tout ça Rathbone, alors me fais pas regretter d'être venue avec toi! Si tu veux continuer à draguer des meufs, tu sais ce qu'il te reste à faire" lui dit-elle en appuyant sur son torse du bout de l'index. Elle haussa les sourcils tout en le regardant, est-ce qu'il avait comrpis le message maintenant? "Mais ne m'insulte pas...". Elle s'écarta à nouveau de lui en silence avant d'attrapper le caddie et de l'éloigner quelque peu de la voiture. Un employé du supermarché viendrait rapidement le chercher pour le ranger avec les autres "Je suis pas ta soeur putain... ta soeur!!" s'écria t-elle soudainement en secouant la tête, peinant à croire qu'il ai sortit ce bobard minable à cette caissière. "Mais t'es grave! Tu voulais prouver quoi là au juste?". Elle lui faisait à nouveau face. "Tu penses vraiment que t'es le roi hein, que tu peux faire et dire ce que tu veux quand tu veux! Mais excuse-moi mon pote, t'es tombé sur une nana qui aime pas qu'on la prenne pour une buse alors si tu veux qu'on joue au frère et à la soeur, on va s'y amuser, et j'te jure tu pourras t'en prendre qu'à toi si ya des dérapés!" conclut-elle avant de rejoindre la poignée de la porte avant de la voiture. Elle n'avait pas fait attention au ton de sa voix ni même au volume qu'elle avait utilisé, aussi ne réalisa t-elle pas que quelques passants les regardaient à nouveau du coin de l'oeil; ce n'est que lorsqu'elle capta le regard un peu plus insistant d'une femme qu'elle prit conscience de la scène. "Et vous, vous êtes obligée de vous arrêtez et d'écouter ce qu'il se passe? C'est quoi cette ville de fouines, on peut pas avoir la paix deux minutes!!". La femme, se sentant aggressée, détourna rapidement les yeux et continua sa route en poussant plus vivement son caddie pour déguerpir de la vue de cette hystérique qui se donnait en spectacle malgré qu'elle se soit interdit d'exploser en public quelques minutes plus tôt, à l'intérieur du magasin, là où tout avait dérapé pour deux pizzas et un pack de bière...
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Message(#) Sujet: Re: « Pizza is a lot like sex. When it's good (...) » feat. Harley Fane Ven 23 Juil 2010 - 22:53

Au fond, Alexandre était un emmerdeur né. À croire qu’il vouait une passion au fait d’être méprisé et mal vu par les gens qu’il côtoyait. C’était un véritable jeu. Il se contrefichait qu’on ne voit que des défauts chez lui, il en était principalement composé, il l’avouait lui-même et puis, c’était bien plus drôle d’avoir des relations explosives avec les gens plutôt que d’entretenir des liens ennuyeux et sans saveur. Il n’y avait qu’à se référer à ses années d’études, en Californie, combien de fois n’avait-il pas lâchement abandonné des relations naissantes sous prétextes qu’elles ne le satisfaisaient pas ? Il se procurait ce dont il avait besoin sans devoir suivre le protocole habituel pour s’assurer un bon réseau social. Lorsqu’il avait besoin de notes, il soudoyait les filles studieuses, lorsqu’il avait besoin d’explications, il vendait de la came aux neuneus de service. Rien de bien compliqué, comme quoi, il n’y avait pas besoin d’être gentil, poli et avenant pour obtenir ce dont il avait besoin. Quant aux fêtes populaires, il n’avait besoin de personne pour s’y inviter, il le faisait, un point c’est tout. L’audace suffisait amplement à survivre dans un monde de requins et Alexandre l’avait bien vu : il s’en sortait même parfois mieux, lui qui était plutôt isolé et solitaire, que certaines têtes d’ampoule au cercle d’amis et connaissances large. Il ne voulait pas compter sur les autres, il voulait ne devoir compter que sur lui-même. Du moins c’était le cas jusqu’à il y a un peu plus d’un an. Maintenant, s’il n’était toujours pas très enclin à faire ami-ami avec le premier venu, il faisait cependant un effort pour ne pas paraitre brutal ou hautain et ça, il ne le faisait pas pour lui mais bien pour la demoiselle qu’il venait de pousser à bout. Il aurait pu faire un effort avec elle aussi et ne pas se contenter de lui compliquer la tâche lorsqu’elle voulait créer des liens avec d’autres personnes. Après tout, elle n’était pas sa jumelle, elle n’était pas entièrement comme lui même s’ils se ressemblaient en bien des points. Elle ne voulait certainement pas être isolée, c’était déjà assez dur pour elle d’être si loin de son père sans qu’en plus, son cher compagnon vienne l’empêcher de se trouver des amis. Harley avait toujours été quelqu’un de sociable, contrairement à lui, et il ne pouvait pas lui enlever ça, il ne le voudrait pas d’ailleurs, il l’aimait telle qu’elle était, avec ses qualités et ses défauts.
La remarque au sujet de la pauvre caissière eut l’effet escompté et il s’arrêta un peu trop tard, n’ayant pas eu le temps de calquer son pas sur celui de la jeune femme. Elle se tourna vers lui et l’envie irrésistible de l’embrasser le submergea mais même s’il avait tenté quoi que ce soit en ce sens, il aurait été stoppé net dans son approche, comme Harley venait tout simplement d’exploser devant lui, lui demandant s’il se foutait d’elle. Il la sentait partie pour un moment, les reproches pleuvraient sur lui et il le méritait amplement, il le savait parfaitement, il l’avait cherché, tout était parti d’une petite contrariété et avait abouti à cet échange – si on pouvait appeler ça un échange, d’ailleurs – électrique. Il eut envie d’éclater de rire en la voyant s’emporter, il eut envie de la faire taire en la serrant contre lui mais cela aurait signifié faire remonter à la surface un souvenir à la fois douloureux et magnifique, celui du soir où il avait lâché prise et l’avait rattrapée avant qu’il ne soit trop tard, ce soir-là, elle refusait de l’écouter et elle était en droit d’agir ainsi mais il n’avait pas voulu la laisser s’échapper une nouvelle fois et il l’avait capturée avant qu’elle ne rejoigne son immeuble, il l’avait emprisonnée dans ses bras, l’avait serrée contre lui jusqu’à ce qu’elle éclate en sanglot et finissent par abandonner tout signe de bataille. Il ne pouvait pas user de cette tactique alors qu’il ne s’agissait que d’une bagarre de couple, une bagarre propre à leur couple. Harley ne sembla reprendre un peu de contenance que parce que d’autres clients passaient à proximité de leur scène de ménage. Elle revint à la charge en le prévenant qu’il n’avait plus jamais intérêt à utiliser le terme « sœur » pour la qualifier. Qu’elle ne s’inquiète pas, c’était bien la première fois qu’une telle idée lui passait par la tête, il la désirait bien trop pour voir ne fût-ce qu’une seconde une sœur en sa petite personne. Il ne sembla réagir qu’au moment où ils atteignaient leur véhicule et qu’elle attendit qu’il ouvre le coffre, ce qu’il fit sans un mot, sachant pertinemment qu’après un tel incident, elle aurait besoin de vider complètement son sac pour reprendre ses esprits et considérer la situation avec un regard neuf. Et puis, il l’avait bien mérité, il avait bien mérité de se faire rabattre les oreilles au vu et au su de tout le monde. Une chose était certaine, pour une entrée à Ocean Grove, ils avaient fait fort et cela, uniquement par sa faute. Elle poursuivit son discours, lui faisant remarquer qu’elle avait mérité un peu de respect – elle avait raison, mais il la respectait depuis le premier jour, même s’il ne le lui avait jamais dit. À aucun moment l’estime qu’il avait pour elle n’avait diminuée, au contraire, elle n’avait eu de cesse de s’accroitre au fil des mois où ils se cherchaient, où ils construisaient les bases d’une relation future, sans le savoir. Il se contenta cependant de rester silencieux, la laissant poursuivre. Tout ce qu’elle lui disait n’avait pas pour but de le désarçonner mais d’exprimer ce qu’elle ressentait, tout le contraire du jeune homme, en soit. Lui avait toujours opté pour les remarques désobligeantes et agaçantes plutôt que de laisser son cœur parler de lui-même. Il ne l’avait fait que très rarement, il pouvait d’ailleurs compter sur les doigts d’une main les moments où cela était arrivé et ces moments, ils incluaient tous Harley Fane.
Il entreprit de l’aider à ranger, en silence, en l’écoutant. Il ne l’ignorait pas alors que dans un autre temps, Alexandre Rathbone lui aurait ri au nez et aurait haussé les épaules, qu’il soit fautif ou non. Plus maintenant. Il ignorait si c’était parce qu’il avait appris la signification d’un couple, des enjeux que cela impliquait mais il envisageait leur relation bien différemment. Lorsqu’elle lui donna un coup de poing dans le bras, il émit un grognement sonore, entre la douleur et l’amusement et tourna la tête vers elle, prêt à lui demander quelle mouche l’avait piqué mais elle reprenait déjà son sermon. Il se redressa en la voyant s’agiter et ferma le coffre d’un geste sec et ferme avant de la suivre alors qu’elle se dirigeait vers la portière. Là où il aurait dû faire le tour pour aller s’installer de l’autre côté du véhicule, il resta sur ses talons et lorsque la jeune femme s’en prit à une cliente un peu trop curieuse qui passait par-là, Alexandre se décida à enfin agir, glissant souplement auprès d’Harley pour l’attraper et la soulever, glissant un bras dans le creux de ses jambes et l’autre dans son dos, l’empêchant ainsi de toucher terre. Elle s’agita furieusement, ce qui devait certainement être un fameux spectacle pour les passants mais Alexandre s’en contrefichait, il avait son nez calé dans la chevelure douce de la jeune femme qu’il aimait le plus au monde – la seule qu’il ait aimée, d’ailleurs – lui murmurant tout bas des mots doux dont elle ne devait certainement pas avoir l’habitude, des mots d’excuses qui venaient du plus profond de son être, des paroles pleines de tendresse qui s’envolaient par la bouche du jeune homme, s’empressant de quitter la cage thoracique de celui-ci, où elles avaient été si longuement emprisonnées.
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« Pizza is a lot like sex. When it's good (...) » feat. Harley Fane

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