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 I REACHED FOR YOU TO SAVE ME (N°1588)

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Message(#) Sujet: I REACHED FOR YOU TO SAVE ME (N°1588) Mar 25 Mai 2010 - 18:36



Living in a world so cold, wasted away
Living in a shell with no soul since you've gone away
Living in a world so cold, counting the days
Since you've gone away...



♣ i reached for you to save me
« Le sentiment d’abandon n’est pas une émotion mais un vécu complexe lié à l’expérience d’avoir été abandonné. C’est une impression très profonde porteuse d’une immense tristesse. Très souvent, la tristesse n’est pas ressentie directement. La peur du gouffre qu’elle suscite (tellement elle est immense) ou encore la hantise de la dépression font en sorte que celui qui a cette expérience ancrée en lui fuit la tristesse. C’est ce qui explique la grande angoisse associée souvent au sentiment d’abandon. » - Michelle Larivey
april 3rd, 2011
La nuit avait été longue et éprouvante pour Lyann. Blottit contre le corps de son aînée, sa petite Camille qui dormait à poings fermés dans le même lit qu’elle, Lyann n’était pas arrivé à trouver le sommeil, ne serait-ce que très tardivement, cette nuit-là. Ces pensées étaient à cents lieux de là, songeant au chaos qu’elle avait créée entre elle et Conner… et pourtant, elle ne regrettait pas de lui avoir dit ce qu’elle pensait de cette pratique. S’attaquer aux gens, que ce soit des truands, des criminels, des meurtriers… faire juste soi-même n’était pas une mesure que Lyann tolérait, encore moins venant de l’homme qu’elle aimait. Mais le pire dans toute cette histoire, c’était que Conner n’était jamais honnête avec elle, se trouvant toujours des excuses pour excuser ses moindres faits et gestes. Et là, s’en était trop : le bouchon avait sauté et un flot de reproches avaient jaillis de la bouche de la psychologue qui, trop longtemps, était resté dans l’ombre et avait toléré les comportements étranges de Conner, par amour pour lui. Ce soir-là, elle avait préféré prendre du recul, le laisser réfléchir de son côté et en faire de même. Elle avait récupéré Camille chez sa gardienne et avait filé directement au Four Seasons Hotel où elle comptait bien passer la nuit. Elle n’avait pas l’intention d’y passer une éternité - une seule et unique nuit, c’était clair dans son esprit.

Il était près de dix-sept heures lorsqu’elle avait stationné sa voiture dans l’entrée du 1588, Lemon Street et l’absence du véhicule de Conner ne l’avait pas inquiéter outre mesure : encore une fois, il avait préféré rester tard au boulot plutôt que de passer, ne serait-ce qu’une heure de plus avec sa fille. Du moins, c’était ce qu’elle s’était dit. Accompagnée de Camille qui la suivait comme son ombre, elle avait pénétrée dans la maison et s’était arrêtée nette, pétrifiée par la désordre qui y régnait. « Maman… » s’était exclamée Camille en remarquant, elle aussi, le fouillis qui régnait principalement dans la cuisine, mais un peu partout dans la maison. « Va chez la voisine, Camille, le temps de que je vérifie que tout est correct dans la maison, d’accord? » La petite avait acquiescé puis elle était partie en courant chez la vieille Margaret.

Lyann était certaine que ce n’était pas l’œuvre d’un voleur - en fait, elle se doutait bien que Conner était derrière tout ce bazar, mais voulant épargner certains détails à sa fille, elle avait jugé bon de l’éloigner de tout ce bordel. S’avançant dans la pièce, elle ne remarqua pas immédiatement les tâches de sang et les marques de coups qui ornait désormais les murs. Non, ce qui attira son regard fut plutôt la petite boîte noire et la lettre qui l’accompagnait, posé sur un coin de la table de cuisine, désormais dénudé de tout couvert. Elle prit délicatement la petite boîte entre ces mains pour l’ouvrir, sans surprise, sur une magnifique bague de fiançailles… C’était une petite merveille, délicate, fragile et en or blanc, serties d’un diamant dont elle ne connaissait pas la valeur. Son cœur se serra à la vue du bijou qu’aurait normalement dû lui offrir Conner la veille – visiblement, elle avait gâché leur soirée à plus d’un égard. Il lui fallut quelques minutes supplémentaires avant de finalement ouvrir la lettre qu’il lui avait adressée, en proie d’un mauvais pressentiment qui s’avéra juste. Les larmes lui montèrent aux yeux à chacune des phrases que ces derniers parcouraient. Ses jambes vacillèrent un moment et elle tomba à genoux, la lettre toujours entre ses mains.

Il était parti…

Un mois, vingt-trois jours, quelques heures et des poussières de secondes… le temps continuait sa course et le monde tournait toujours, mais plus pour Lyann. Son monde à elle avait prit fin le jour où Conner l’avait quittée, le jour où il avait tout plaqué derrière lui pour prendre la fuite, pour s’en aller loin de tous ses problèmes et abandonné derrière lui les gens qui lui était cher : sa famille, sa fille… et Lyann. Elle avait été incapable d’expliquer à sa petite princesse la vérité - que son père ne rentrerait plus à la maison, qu’il ne reviendrait pas. Les premiers temps, elle lui avait expliqué que papa était parti en voyage à l’étranger pour le boulot et elle avait continuer de faire comme si rien de tout cela ne s’était passé, faisait croire la même chose à son entourage : malheureusement, elle essayait plutôt de se convaincre que c’était ça, la réalité, alors qu’il en était tout autre. Deux semaines après son départ, elle avait été prise d’une rage sans nom et elle avait réduit en poussières la plupart des albums photos qu’elle avait pu trouver dans la maison, déchirant une à une les photos où il apparaissait. Elle s’était finalement effondrée, en larmes, dans ce qui restait de leur histoire et Camille l’avait retrouvée ainsi. Elle avait passé ses petits bras autour du corps de sa mère et les deux femmes avaient finalement compris qu’elles devaient se rendre à l’évidence : il ne reviendrait pas. Il n’avait jamais eu l’intention de le faire. Et c’est à cet instant que Lyann arrêta de faire semblant que tout allait bien – la réalité la rattrapant de plein fouet. Petit à petit, elle se mit à dépérir et l’abattement eut bientôt raison d’elle.

Elle réduisit considérablement ses heures de présence à son bureau, elle donna sa démission à Psychology Today – de toute façon, elle n’arrivait plus à écrire quoique ce soit dans cette état d’esprit et elle confia de plus en plus souvent sa fille à Margaret, sa voisine. Non pas qu’elle voulait s’éloigner d’elle, mais la tristesse qu’elle lisait dans les yeux de sa fille lui faisait encore plus mal au cœur que sa propre peine. Elle se mit à s’isoler de plus en plus, cessant de fréquenter ses amis de longues dates, ne sortant plus de la maison, ne serait-ce que pour aller faire quelques courses ou pour aller chercher sa fille à la petite école. Elle cessa de donner des nouvelles à ses proches, du moins à ces cousins avec qui elle avait gardé contact : Ginevra et Rafael se retrouvèrent sans nouvelles d’elle pendant plusieurs jours de suite. Elle se coupait, lentement mais sûrement, du monde extérieur. Il n’en fallut pas plus pour qu’on diagnostique son mal : elle était dépressive.

Suite aux recommandations de son médecin, elle fit mit en arrêt de travail pour un temps indéfini et son isolement devint son compagnon de tout instant. Elle avait beau avoir des médicaments à prendre pour l’aider à s’en remettre, sa santé ne fit qu’empirer dans le mois qui suivit. Elle passait la grande majorité de ses journées sur sa véranda, à fixer le vide devant elle. Bien entendu, les rumeurs firent rapidement leur bout de chemin dans le quartier et on en vint rapidement à reconstituer une parcelle de ce qui s’était passé ce soir-là. Des curieux venaient parfois se poster devant sa résidence et, dans ses moments-là, elle préférait se réfugier à l’intérieur, dans son salon, tenait ses genoux entre ses mains. C’est d’ailleurs dans cette position que la trouva son cousin Rafael…


Dernière édition par Lyann E. Roosevelt le Dim 8 Aoû 2010 - 17:55, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: I REACHED FOR YOU TO SAVE ME (N°1588) Dim 20 Juin 2010 - 21:42



Rafael se souvenait des nombreux reproches que lui faisait sa grand-mère lorsqu’il vivait encore avec elle. A l’époque où la vieille femme était responsable de son éducation, elle voyait en lui, un jeune irresponsable et parfois trop imprévisible. Elle déplorait le manque d’intérêt qu’il semblait manifester à sa mère, pire encore, il en avait honte .. Honte parce qu’il passait simplement pour le fils d’une folle aux yeux de ses camarades de classes. Quoi de plus naturelle comme réaction pour un enfant ? C’était certes horrible, mais pouvait-on réellement exiger plus d’un enfant qui n’avait pas toutes les cartes en main pour comprendre une situation ? Pas vraiment, mais sa grand-mère ne voyait pas les choses ainsi, à ses yeux, ignorer le sentiment de gêne du petit garçon et le laisser découvrir les choses seul, ne l’aiderait pas à appréhender le monde de la meilleure des façons. Sans doute était-ce un choix judicieux d’éducation. En grandissant, il s’était montré plus attentif, mais ne manifester pourtant aucune motivation, aucune sincérité, il ne semblait agir que pour faire « plaisir » et ne se sentait pas responsable de tout ça. Ce qui était bien sur faux, Rafael avait un don naturel pour dissimuler ses véritables sentiments. Ainsi, l’inquiétude qu’il avait à l’égard de sa mère, restait simplement enfouis profondément dans son petit cœur d’adolescent et n’en montrait jamais l’étendu. Pourtant même son départ précipité du domicile le jour de ses seize ans, était un signe. Lorsqu’il appelait régulièrement pour prendre de ses nouvelles, même s’il se montrait désintéressé, il était en réalité soulagé de savoir qu’elle se portait de mieux en mieux. Encore aujourd’hui, plus de dix ans après avoir définitivement quitté le domicile familiale, il continuait à se sentir responsable de sa santé, comme s’il était là cause de tout ses maux. Il n’avait jamais remit les pieds là bas, n’avait jamais reposé son regard sur sa mère, mais il pensait très souvent à elle, et il était surtout heureux de savoir qu’elle se portait bien mieux que durant son adolescence.
Alors lorsque sa cousine, Lyann, avait commencé par espacer ses coups de téléphone, Rafael s’en inquiéta directement. Comme tout le monde à Ocean Grove, les commérages faisant rapidement leur chemin, il savait ce qui dévastait la jeune femme petit à petit. Et il ne fallait pas non plus être devin pour en prendre conscience. Le départ de Conner l’avait réellement abattu, beaucoup trop .. Au début, elle faisait semblant, mais aller mentir à un agent artistique doublé d’un menteur professionnel. Mettant aussi de côté le fait qu’il la connaissait très bien, il avait conscience qu’elle ne faisait que sauver les apparences, qu’elle se contentait de mentir au monde ainsi qu’à elle-même. Il le comprenait ceci dit, il en aurait sans doute fait autant. Mais la réalité l’avait rattrapé et elle ne pouvait plus nier le mal qui la rongeait progressivement. Soucieux, il avait décidé de se rendre chez elle, prendre des nouvelles d’abord, puis tenter de provoquer une certaine prise de conscience, un face à face serait probablement plus fructueux qu’un simple coup de téléphone. Prenant alors ses dispositions, il fit une fois de plus appel à sa vieille voisine. Décidément elle était toujours ravie de pouvoir lui rendre service, il finissait par croire que son fils tenait absolument à le faire passer pour un père indigne en se comportant en enfant modèle avec la vieille. Ça ne le surprendrait pas d’ailleurs, à croire qu’il préférait réserver toute l’étendu de sa bêtise à son père totalement dépourvue de patience. Une fois que le monstre était sous protection -une fois de plus il masquait très bien son inquiétude vis-à-vis de son fils- il pouvait rendre visite à Lyann, l’esprit tranquille. Au volant de sa voiture pour rejoindre Lemon Street, il appréhendait un peu cette entrevue, se demandant dans quel état il l’a trouverait, réfléchissant d’ors et déjà à de potentielles solutions pour lui venir en aide. Se garant dans l’allée du 1588. Il se présenta à la porte, et ne fut pas grandement surprit de ne voir personne s’y présenter. Pourtant il était persuadé que Lyann ne pouvait être qu’ici, tournant alors la poigné de la porte, se demandant si elle pouvait même se montrer étourdie au point de laisser la porte ouverte, il eut vite sa réponse. Entrant précautionneusement dans la demeure dégageant cette sensation de vide. Il retrouva bien vite la jeune femme, assise sur le canapé de son salon, recroquevillée sur elle-même. Refermant la porte derrière lui, il se décida finalement à s’annoncer, histoire de ne pas lui filer une trouille monumentale, bien qu’il ne soit pas certain de la voir réagir outre mesure.
« Lyann .. » Elle leva à peine le regard alors qu’il venait de s’assoir sur le rebord de cette table basse lui faisant face. Plongeant son regard dans le sien, il vit rapidement les traces de fatigue le ramenant instantanément à un passé qu’il croyait loin derrière lui. « Depuis quand n’as-tu pas bougé d’ici ? » Inutile de commencer le tout par un « ça va ? » il était évident que non, rien n’allait plus pour la jeune femme.


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Message(#) Sujet: Re: I REACHED FOR YOU TO SAVE ME (N°1588) Dim 25 Juil 2010 - 21:11


« Comprend le bien Lyann, je t’ai aimé, j’étais fou de toi, et je sais que t’oublier va être une rude épreuve, mais tu ne m’en as pas laisser le choix… » Ces mots résonnaient dans l'esprit de Lyann : ils étaient les derniers que Conner lui avait adressé avant de disparaître de sa vie, sans un remord et sans regarder en arrière. Tous les jours, ces phrases la hantait et elle s'en voulait à mort, mettant sur son dos toute la responsabilité de ce qui s'était passé ce soir-là, sans savoir qu'elle était loin d'être la seule fautive dans toute cette histoire. Elle ignorait d'ailleurs bien des choses au sujet de Conner, mais là n'était pas la question – il avait déserté la ville, ne laissant derrière lui que des êtres détruits par son absence et il n'en avait probablement même pas conscience.... Conner n'était pas reconnue comme l'être le plus empathique qui soit, il était plutôt du genre égoïste à ces heures. Qui plus est, il préférait nettement sacrifiée sa vie personnelle, son bonheur pour garder secret ce qui devait l'être. Il avait été néfaste dans la vie de Lyann, et ce depuis le départ... mais ne dis-t-on pas que l'amour est aveugle ? Néanmoins, la belle n'était pas encore prête à se rendre compte de cette bêtise, fallait-elle au moins qu'elle prenne conscience qu'elle avait gâché sa vie avec lui, maintenant qu'il était parti.

Assise sur le sofa, complètement refermée sur elle-même et inconsciente de ce qui se passait autour d'elle, l'esprit de Lyann voguait très loin d'ici, remontait dans le passé et revivait tous ces moments où elle avait cru être heureuse au côté de Conner : il avait toujours eu son importance dans sa vie, au même titre qu'un grand frère ou d'un meilleur ami. Ils avaient partagés des choses qu'elle ne pouvait tout simplement pas effacer de son esprit, ce genre d'évènement marquant qui reste graver à jamais dans le livre de votre vie, qui ont forgé, d'une façon ou d'une autre, la personne que vous êtes devenus. Qu'elle le veule ou pas, Conner faisait partie d'elle, de sa personne, de son histoire... le radier complètement reviendrait à effacer près de dix ans de son passé. Impossible à faire, impossible à vivre.

Elle entendit alors la porte s'ouvrir et, l'espace d'une instant, elle souhaita que ce soit la mort qui venait vers elle, la libérant enfin de cet enfer. Malheureusement, la voix qui accompagna cette arrivée n'était pas à l'image de ce qu'elle avait imaginée – c'était plutôt celle de quelqu'un qui s'inquiétait pour elle, une personne proche d'elle. « Lyann... » Rafael, elle était certaine que c'était lui. Mais comment avait-il pu entrer dans la maison? Était-elle assez déboussolée pour en oublier de fermer les portes à double tour, comme elle avait l'habitude de le faire... assurément. Après-tout, peut-être cherchait-elle effectivement un moyen d'attirer vers elle la fin, peu importe la forme qu'elle prendrait. N'allez pourtant pas croire qu'elle était suicidaire, non. C'était plutôt le cri de détresse de quelqu'un qui n'avait plus aucun espoir en la vie et en l'avenir, qui avait tout simplement du mal à songer au lendemain sans avoir envie de pleurer parce que la vie – sa vie – était terrible. « Depuis quand n'as-tu pas bougé d'ici? » lui demanda-t-il et sa voix sembla plus proche que ne l'avait été quelques instants plus tôt. Même si leurs regards étaient plongé l'un dans l'autre, Lyann ne le voyait pas... Elle fixait un point devant elle sans réellement y porter attention. Ce ne fut que lorsqu'il parla qu'elle rapporta son attention sur lui et ses yeux bleu qui n'attendait qu'une réaction de sa part. Mais rien, il ne se passa rien, ne serait-ce que ces deux petites perles brillantes qui apparurent au coin de ces yeux et coulèrent le long de ces joues. Mais rien, il ne se passa rien, ne serait-ce que ces deux petites perles brillantes qui apparurent au coin de ces yeux et coulèrent le long de ces joues. Elle n'avait même pas la force de parler, de dire quoique ce soit : il s'agissait d'un effort qu'elle était incapable de faire.


Dernière édition par Lyann E. Roosevelt le Dim 8 Aoû 2010 - 17:56, édité 2 fois
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Message(#) Sujet: Re: I REACHED FOR YOU TO SAVE ME (N°1588) Lun 26 Juil 2010 - 21:35



Assit face à sa cousine, Rafael avait le désagréable sentiment de revenir quelques années en arrière. Un vieux salon dont l’ambiance déjà morbide était assombrit par le peu de lumière qui pénétrait dans la pièce. Sa mère restait assise sur son fauteuil toute la journée durant. Elle ne bougeait pas, on pourrait presque croire qu’elle ne clignait même pas des yeux. La nourrir était une véritable lutte, et c’était parfois se confronter à des hurlements déchirants. Le teint livide, des cernes témoignant de son manque cruel de sommeil. Elle restait là, sans prononcer le moindre mot, ni adresser le moindre regard. Pour sa grand-mère, Rafael fut ingrat, de rejeter sa mère, mais à ses yeux, c’était elle qui l’avait rejeté la première. Il ne faisait que tenter de gérer la situation comme il pouvait. Et cette fois-ci face à Lyann, il était un peu perdu. Elle ne prit même pas la peine de parler, de lui dire quoique ce soit. Son regard bien que fixé sur lui, ne semblait pas être réellement porté sur sa personne. « ça peut pas durer comme ça! » Si sa voix était calme et à la fois douce, il restait pourtant assez direct, et allait droit au but, il n’allait pas tourner en rond et prendre des chemins tortueux pour lui dire les tréfonds de sa pensée.

Rafael n’était pas quelqu’un de particulièrement patient. Il avait vécu ça avec sa mère, et même s’il était triste pour elle. Même s’il culpabilisait et se sentait responsable de son état, il n’avait pas put y changer quoique ce soit, mise à part en partant. Il savait que quelque part il n’y pouvait rien, que ses mots tomberaient dans l’oreille d’un sourd. Il n’y avait que Conner pour occuper ses pensées. Ce qu’il trouvait ridicule mais ça il éviterait de le dire pour l’instant. Rafael n’était pas le genre de mec capable de faire des sentiments. Malgré tout Lyann restait sa cousine et il préférait la ménager, du moins autant qu’il en était capable. « Tu comptes rester dans un état catatonique encore longtemps ? Je sais pas si t’es au courant mais la vie continue. Je comprends c’est vraiment pas facile c’qui te tombe dessus. Mais il ne mérite pas que tu te mettes dans un état pareil, ta fille en revanche mérite que tu lèves tes fesses de ce canapé. » Balayant la pièce du regard il pouvait y constater un certain désastre. Ce n’était pas encore une véritable catastrophe, mais on pouvait noter un certain laissé aller. Alors lorsque l’on a un enfant, un intérieur pouvait rapidement prendre des allures chaotiques. Rafael n’était pourtant pas quelqu’un de maniaque, si grâce à sa grand-mère, il gérait sa maison en véritable femme d’intérieur (et sans aucune fierté) il conservait un petit côté bordélique qui mettait de la vie dans une maison. Mais chez sa cousine, ça lui donnait surtout l’impression d’être impuissant face à sa détresse. Se relevant brusquement, il lui tendit sa main, afin qu’elle la saisisse. « On a du rangement à faire. Je sais que je t’en demande beaucoup et que pour l’instant ça te semble plus facile de rester à rien faire sur ce canapé. Mais à part ressasser inlassablement les divers questions qui t’assaillent, ça ne sert à rien. Il faut que tu bouges. » Attendant que son regard se porte vers lui, il laissa entrevoir un faible sourire avant de renchérir. « Aller debout! » Il était conscient d’en demander beaucoup. Il était peut être le seul à rester en quelque sorte insensible. Pourtant il avait eut ses propres problèmes sentimentaux il ne fallait pas s’y tromper. Mais il ne restait pas à se morfondre, la vie continuait, et il n’avait pas vraiment le temps de s’apitoyer sur son sort plus de deux minutes. Il cautionnait le fait que Lyann ait eut besoin de temps pour encaisser. Mais il fallait maintenant qu’elle reprenne du poil de la bête. Il ne voulait pas être témoin d’un tel comportement sans avoir agit en conséquence pour y remédier. Il n’était pas l’homme le plus délicat de la terre, on pourrait parfois douter de ses méthodes. Mais douter de sa sincérité serait complètement stupide. S’il n’en avait rien eut à faire, il ne serait pas présent. La seule chose qui lui importait peu, était Conner, à ses yeux il n’était qu’un lâche incapable d’assumer ses responsabilités. Un mec instable qui ne convenait pas à sa cousine, alors pourquoi lui donner autant d’importance ? C’était un honneur qu’il ne méritait clairement pas.

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Message(#) Sujet: Re: I REACHED FOR YOU TO SAVE ME (N°1588) Ven 13 Aoû 2010 - 22:48


Il avait surement fallut beaucoup d’efforts de la part de Rafael pour que ce dernier décide de venir au secours de sa cousine. Déjà, elle connaissait sa situation, savait ce qu’il avait vécu – elle n’aurait jamais songé qu’il aurait été le premier à venir lui tendre la main, sachant que ce dernier avait, d’une certaine façon, tournée le dos à sa mère qui passait par le même chemin : la dépression. Ce mot avait toujours effrayée Lyann ; maintes fois, elle avait été face à des gens – des patients - tout ce qu’il y a de plus normaux, que cette maladie avait complètement détruit. Et le vivre de l’intérieur lui faisait enfin comprendre le sens profond de cet mal être. Aucune issue, aucune porte de secours : même le plus optimiste des hommes pouvait succomber. Sa vie avait été si chamboulée ces dernières semaines qu’il aurait été impensable qu’elle s’en sorte indemne : l’accumulation de petites choses qui la hantait, la découverte du secret de Conner, leur chicane et son départ, ces deux semaines à se faire accroire que le monde continuait de tourner sans lui… toute cette chose avait suffit à réduire en poussière le peu de confiance et de bonne humeur qui lui restait.

Son regard continuait de fixer l’endroit où Rafael se trouvait, et même si elle était consciente qu’il se trouvait tout près d’elle, son regard ne se posa jamais sur lui – elle avait les yeux rivés sur le vide qui l’entourait. Puis, la voix de son cousin s’éleva dans la pièce, la faisant sursautée. « Ça peut pas durer comme ça! » lui fit-il savoir. Le ton de sa voix qu’il avait utilisé lu fit comprendre qu’il ne plaisantait pas. Mais ce n’était pas une attaque : qu’une constatation désolante face à la situation que vivait un membre de sa famille pour qui il avait de l’affection (même s’il ne le montrait pas toujours). « Tu comptes rester dans un état catatonique encore longtemps? Je sais pas si t’es au courant mais la vie continue. Je comprends c’est vraiment pas facile c’qui te tombe dessus. Mais il ne mérite pas que tu te mettes dans un état pareil, ta fille en revanche mérite que tu lèves tes fesses de ce canapé. » Dès qu’il mentionna Camille, Lyann dirigea son attention vers son cousin et posa finalement ses prunelles dans les siennes, et cette fois, elle le regarda en face. Son regard était compatissant, mais Lyann savait qu’il n’était pas du genre délicat et doux : il devait surement retenir plusieurs insultes à l’égard de celui qui l’avait plongé dans cet état – et même dans ces pensées, elle refusait de prononcer son nom. Déjà, l’intervention de Rafael l’avait sortit de sa léthargie et pour la première fois depuis plus d’un mois, elle était capable de regarder autour d’elle sans n’y voir que du noir. Ce n’était pas encore tout rose (loin de là), mais disons plutôt que cela penchait vers le gris… C’était un début. « Où est-elle? » demanda-t-elle à l’attention de Rafael, en référence bien sûr à sa fille. Ce n’est qu’après avoir poser la question qu’elle se rappela que la petite devait passer la journée avec Janis. Rafael ne prit même pas la peine de lui répondre : de toute façon, il devait ignorer cette information. Et puis, ne venait-elle pas enfin de lui parler? Tout un évènement. Il avait su touché une corde sensible chez Lyann : ses enfants, Camille tout particulièrement.

Alors que le regard de Rafael passait en revue l’état des lieux, Lyann décida d’en faire de même, se rendant enfin compte qu’elle s’était laissé aller… de beaucoup même. D’ordinaire très minutieuse en ce qui concernait l’ordre de sa maison, elle avait essayé de demander l’aide d’une femme de ménage après le départ de… son départ. Mais cette pauvre femme avait vite renoncé à la tâche lorsque Lyann avait tout simplement arrêté de prêter attention à son entourage. Évidemment, ce n’était pas d’une ménagère dont elle avait besoin pour faire le ménage dans sa vie, mais plutôt d’un spécialiste, d’un psychologue quoi. Ce que Lyann se refusait de faire, trop entêtée pour demander quelconque aide. « On a du rangement à faire. » Détournant la tête du paysage catastrophique – à ses yeux – pour jeter un coup d’œil dans la direction de son cousin, elle vit ce dernier se lever et lui tendre la main. « Je sais que je t’en demande beaucoup et que pour l’instant ça te semble plus facile de rester à rien faire sur ce canapé. Mais à part ressasser inlassablement les diverses questions qui t’assaillent, ça ne sert à rien. Il faut que tu bouges. » L’espace d’un court moment, un mince sourire étira ses lèvres, malgré la gravité de la situation. « Aller debout! » Sa main, toujours tendue vers elle, n’attendait qu’une chose et Lyann hésita avant de finalement tendre la sienne. Il l’aida à se relever, gardant sa main dans la sienne. « Merci. » murmura-t-elle à son égard. Ils marchèrent ensemble jusque dans la cuisine que Lyann avait fortement négligée, ces derniers temps : plusieurs couverts sales trainaient sur les comptoirs, ainsi que des boîtes et des sacs de restaurant divers (allant du fast-food au chinois) et quelques autres trucs divers. Soupirant, les épaules de la jeune femme s’affaissèrent. « J’ignore comment je vais y arriver toute seule. » Elle ne parlait pas du ménage, non, simple métaphore. Mais de sa vie, de ce que l’avenir lui réservait. Comment pourrait-elle refaire sa vie après avoir subit un tel traumatise. Son cœur, son être, son âme souffrait. La guérison promettait d’être longue…


Dernière édition par Lyann E. Roosevelt le Mer 15 Sep 2010 - 5:09, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: I REACHED FOR YOU TO SAVE ME (N°1588) Mar 24 Aoû 2010 - 14:15



Il était père, et c’était probablement ce qui l’avantageait. Il avait eut beau essayer lorsqu’il était plus jeune, sa mère ne répondait pas à ses appels, elle ne le regardait pas, elle était même incapable de se souvenir du prénom qu’elle lui avait, elle-même donné. Son état empirait chaque jour, et il était devenu évident pour Rafael, qu’il était le seul responsable. Il finit par tout savoir du passé de sa mère, et même s’il comprenait parfaitement, même s’il était désolé, il était conscient qu’il n’y avait aucune autre solution. Il avait prit la fuite. S’orientant vers le nord, partir vivre au Canada lui avait semblé être la meilleure solution. Malgré tout, l’idée de se donner la mort lui avait traversé l’esprit quelques fois, se demandant si cela n’apaiserait pas sa mère finalement. Il s’était même considéré comme lâche de ne pas avoir « sauté le pas ». Puis finalement il se ravisa, songeant qu’après tout elle lui avait donné une chance de faire sa propre vie, il devait la saisir, qu’elle n’ait pas fait ça pour rien. Sans doute était-ce égoïste de sa part, peut être que le peu de coup de téléphone qu’il passait à sa mère ne serait jamais suffisant. Peut être passait-il pour un fils ingrat et monstrueux, mais personne n’était en mesure de comprendre ce qui unissait et repoussait cette mère et son fils. Alors les jugements d’autrui, n’avait pas le moindre sens pour lui. De toute manière, aucun jugement ne l’atteignait, du moins fallait-il être important à ses yeux pour que de simples mots puissent l’atteindre.

A présent qu’il avait gouté à la paternité, il avait comprit qu’un enfant était sans doute le moteur principal de n’importe quelle personne. Sa mère était un cas à part, il comprit enfin, qu’il n’aurait rien put faire, étant lui-même la raison de sa dépression. En revanche pour sa cousine c’était bien différent. Elle n’avait pas le même vécu. (du moins il l’espérait de tout cœur, et n’avait pas la prétention de tout savoir sur tout. Il cachait lui-même certaine chose à sa cousine.) Mais la raison de sa dépression semblait plus être orienté, peine de cœur, que conflit avec ses enfants. Il n’avait donc pas soulevé le prénom de sa fille par hasard. La fillette avait besoin de sa mère. Si son père pour une raison ou une autre avait décidé de lâchement l’abandonner elle et sa mère, ça ne devait pas être le cas de Lyann qui devait se reprendre. Non seulement pour sa famille, mais aussi et surtout pour elle-même. Son regard se perdit finalement dans la pièce, comme à la recherche de sa petite fille. Elle était complètement déphasé, sans doute que sans son orgueil et sa retenue légendaire, Rafael aurait pu témoigner un peu de tristesse face à la situation. Mais au lieu de ça il continuait à la jauger du regard, espérant une réaction plus éloquente encore. « .. » Il ne jugea pas utile de lui répondre, d’une part il l’ignorait, mais il était aussi certain qu’elle avait elle-même la réponse. Trop perdue dans ses rêveries elle en avait même oublié Camille. Que dire face à cela ?

Elle finit pourtant par se « réveiller », Rafael ressentit comme un soulagement et aurait tant voulu trouvé les bons mots pour qu’une autre personne chère à ses yeux se lève et se saisisse de sa main comme sa cousine venait de le faire à l’instant même. Le bref sourire qu’elle avait affiché le réconfortait, elle était capable de s’en sortir, il suffisait de l’aider à voir la situation différemment. « Merci. » Agitant la tête du haut vers le bas, brièvement et discrètement, il ne jugeait pourtant pas utile de le remercier de quoique ce soit. Après tout n’était-ce pas normale ? Il était d’ailleurs persuadé qu’elle lui rendrait la monnaie de sa pièce s’il venait à se trouver dans cette situation. (Hypothèse complètement ridicule, un homme comme lui serait incapable de s’enfoncer dans la dépression d’une telle façon. Il avait d’autres moyens de s’enfoncer dans une tristesse sans nom) Mais il était tout de même sur de pouvoir compter sur elle. Marchant en direction de la cuisine, Rafael demeurait surpris quant à l’état des lieux. Jamais il n’aurait cru voir la maison de sa cousine dans un tel état. « J’ignore comment je vais y arriver toute seule. » Il était sans doute idiot, mais il avait tout de même saisit le sous-entendu, il n’y avait pas nécessité d’avoir un QI de géni pour le comprendre ceci dit. Fouillant dans les placards pour en trouver un immense sac poubelle, il s’employa à y fourrer tout les déchets trainant par ci-par là. Les boites de nouilles et riz chinois éparpillés dans la pièce, rejoignaient tous ce sac immense. S’attelant à la tâche, il n’en oubliait pas la question de la jeune femme. « Justement tu n’es pas seule! » Il ne comprenait pas toujours l’entêtement de certaine personne face à une situation plutôt grave. A quoi bon jouer la carte de la fierté jusqu’au bout, si d’autres étaient capable de nous aider ? (Un brin hypocrite venant d’un homme qui n’a jamais demandé d’aide de sa vie.) « Pourquoi t’obstines-tu à vouloir surmonter ça seule ? » Bien qu’il resterait toujours perplexe quand au dépression post-rupture, que pouvait subir pas mal de monde autour de lui, il préférait aider que se poser des questions, il savait que ça ne le mènerait à rien, sinon à des conflits. « Tu as de la famille dans le coin .. Des amis également. Et tu es du métier, tu sais probablement mieux que personne ce dont tu as besoin. Que tu le veuilles ou non! » Un peu plus ferme vers la fin, il voulait lui faire comprendre par là, que bien qu’il ait confiance en son libre arbitre, il ne lui laisserait pas vraiment le choix. Jetant nonchalamment des assiettes dans le lave vaisselle n’ayant apparemment pas servit depuis quelques temps, il se retourna vers elle, pour finalement poser son regard dans le sien. « Tu devrais venir à la maison quelques temps. Quelques jours le temps que tu parviennes à y voir clair. L’ambiance ne te laissera pas l’occasion de te poser comme je viens de le voir en entrant. Et crois moi je ne te laisserais pas te lamenter assise tel un zombie dans un canapé. » Le son autoritaire de sa voix ne laissait aucun doute, il prenait les choses en main et Lyann avait intérêt à suivre au pas.

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I REACHED FOR YOU TO SAVE ME (N°1588)

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