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 DO NEVER TRUST THE DEVIL (pv)

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Message(#) Sujet: DO NEVER TRUST THE DEVIL (pv) Mar 1 Juin 2010 - 0:10




do never trust the devil


SLOAN WEISEL & AUBREE DEHZKEL



''Meet me @blue lagoon's tonight, 9.30pm. Don't be late x''

L'après-midi touchait déjà à sa fin lorsque la tête blonde d'Aubree émergea. La jeune femme n'avait pas la moindre idée d'où elle se trouvait, pour la simple et bonne raison que sa mémoire était sujette à un gigantesque trou noir. Elle ne savait pas ce qu'elle faisait ici, avec qui elle était, depuis quand elle était allongée dans ce lit ni ce qu'elle avait ingurgité pour être dans un état pareil. Elle ne s'en inquiéta pas outre mesure, plus qu'habituée aux blackouts qui l'assaillaient régulièrement. La pièce était déserte, et elle en profita pour s'habiller en quatrième vitesse, attraper ses affaires et quitter la maison aussi rapidement que possible. Comme toujours, elle n'était pas dans un état que l'on pouvait qualifier de normal, étant donné la quantité phénoménale de drogues en tous genres qu'elle ingurgitait quotidiennement. Comme si cela n'était pas suffisant, un mal de crâne incessant bourdonnait dans son crâne. Elle n'avait plus qu'à rentrer chez elle, prendre quelques cachets et une douche, et plus rien n'y paraîtrait. C'était ce qu'elle faisait depuis bien longtemps, à présent.

Ce fut avec une lenteur phénoménale qu'Aubree finit par arriver dans sa maison située sur Lemon Street. Sur son passage, plusieurs voisins se concertèrent à voix basse pour commenter son allure débraillée, les cernes violets qui s'étendaient sous ses yeux aux pupilles dilatées et sa pâleur maladive. Mais Aubree s'en fichait. Elle s'en fichait, et ce, depuis des mois. Aussi se contenta-t-elle d'ignorer les regards insistants qui vrillaient son dos, et de rentrer aussi vite que ses jambes à l'équilibre fragile le lui permirent. Elle se précipita dans la salle de bains, fit couler l'eau de la douche et entra dans la cabine, insensible à l'eau bouillante qui marbra rapidement sa peau pâle de tâches rougeâtres.

Le message qui la conviait au Blue Lagoon Bar ce soir-là ne fut lu que trop tard, aux alentours de vingt-deux heures trente. Assise en tailleur sur son lit, une Gauloise à la main, Aubree consultait ses messages sans trop les voir. Elle n'avait pas la moindre idée de l'identité de l'expéditeur de cette invitation. Peu importe, même s'il était maintenant bien trop tard pour son rendez-vous, elle pourrait toujours se rendre au bar. Quelques minutes suffirent à la jolie blonde pour troquer son peignoir contre une tenue à peine plus habillée et pour attraper ses affaires, puis elle quitta la maison, comme tous les soirs – finalement, elle ne venait que très peu ici, préférant les lits des inconnus au sien. L'air était humide mais moins chaud que durant la journée, une légère brise soufflait dans ses cheveux encore humides. Négligeant sa Mercedes impeccablement garée dans l'allée de garage, Aubree préféra appeler un taxi. Le centre-ville n'était pas tout près, surtout pas à pied, sans parler du facteur non négligeable que constituaient ses Jimmy Choo à talons de quinze centimètres.

L'ambiance grisante au Blue Lagoon ne fit pas le moindre effet à Aubree. Le goût de la fête, elle ne l'avait plus vraiment, et si elle sortait tous les soirs, c'était uniquement pour faire quelque chose. Ne rien faire signifiait s'ennuyer, s'ennuyer signifiait avoir du temps pour penser, réfléchir. Et c'était ce qu'elle tenait, plus que tout autre chose, à éviter. Les souvenirs qu'elle avait enfouis dans un coin très éloigné de sa mémoire pour ne plus jamais avoir à y repenser risqueraient de surgir brusquement, et il était hors de question qu'une telle chose arrive. Aubree ne tenait pas à vivre dans le passé. Elle avait fait une croix dessus en quittant la Californie, à la mort de ses parents. Sa vie au cours des douze derniers mois avait, malgré sa richesse en scandales, péripéties et autres exploits, était plus morne qu'elle ne l'avait jamais été auparavant. Les jours se succédaient inlassablement, tous pareils. Elle vivait la nuit, dormait la journée. Telle un robot, elle se levait avec pour seule question celle de savoir où elle passerait la soirée. Elle enfilait cocktail sur cocktail, exhibait ses formes généreuses sur la piste de danse, se laissait tripoter par un ou deux inconnus, se faisait un rail de coke avant de se faire l'inconnu qui lui avait fourni ledit rail. Un programme qui semble chargé et haut en couleurs, mais au bout de quelques semaines, tout cela n'était plus qu'un quotidien inintéressant et lassant aux yeux de Bree. Quelque part, son ancienne vie lui manquait... Mais jamais elle ne l'avouerait. Avouer que sa vie en Californie, et avant, lui manquait, reviendrait à admettre sa faiblesse. Alors, tout ce qu'Aubree pouvait faire, c'était continuer à vivre ainsi. Profiter de la vie, comme le diraient certains, sans savourer une seule minute de ses soirées. Au final, le meilleur moment de la journée, c'est lorsqu'elle s'endormait, au petit matin, dans un endroit qu'elle ne connaissait pas, complètement assommée par une quelconque substance plus ou moins illicite. Certes, le sommeil était systématiquement synonyme de cauchemars pour Aubree, mais souvent, elle ne s'en souvenait pas lorsqu'elle se réveillait.

La salle était bondée, Aubree mourait déjà de chaud. Ses cheveux, désormais secs, avaient absorbé l'humidité ambiante et s'étaient considérablement alourdis. Aubree aurait dû suffoquer. Mais elle avait l'habitude. Cette ambiance chaude, transpirante et lourde, elle la connaissait tous les soirs, ou presque. Une simple routine pour la jolie blonde, qui se concentrait alors sur d'autres choses, plus importantes. Comme, par exemple, le choix de sa proie. Elle se faisait souvent accoster sans rien demander, mais loin d'être aussi fille facile que ce que les rumeurs disaient, Aubree était toujours celle qui choisissait sa compagnie pour la soirée. Elle n'hésitait pas à remballer ceux qui ne l'intéressaient pas, totalement étrangère aux formules de politesse généralement utilisées par la plupart des gens normaux. Elle attendait que les potentielles conquêtes défilent sous ses yeux azurés, finissait par arrêter son choix sur un quelconque Apollon dont elle aurait oublié jusqu'à l'existence dès le lendemain.

Sauf que lui, elle ne l'oublierait pas de sitôt. Avant même d'avoir eu le temps de se laisser draguer par qui que ce soit, Aubree le repéra, accoudé au bar, l'air totalement étranger à l'ambiance du bar. Il semblait comme dans un autre monde, et cela intrigua la jeune femme. Profitant de ce que le tabouret avoisinant le mystérieux inconnu fût libre, Aubree s'installa à ses côtés, lança un regard dans sa direction. En plus d'être intrigant, il était canon. Elle avait décroché le gros lot... Enfin, il ne faut jamais mettre la charrue avant les boeufs. Cependant, ne pensez pas que ce proverbe soit forcément d'actualité lorsqu'il s'agissait d'Aubree Dehzkel. Elle avait fait son choix, et ne comptait pas le laisser filer, et ce, sous aucun prétexte. Aubree commanda un Cosmo, se pencha lascivement en avant, sourit d'un air satisfait lorsque le barman marmonna que c'était pour la maison après avoir égaré son regard du côté du décolleté plongeant de la jeune femme. Oh que oui, elle savait s'y prendre. Mais le barman était inintéressant, elle ne voulait rien de lui, à part ses boissons. Il fallait qu'elle se concentre sur son objectif de ce soir. Elle tourna à nouveau la tête en direction de l'inconnu, sourit sans se départir de son expression froide, et lança : « Je ne pense pas déjà vous avoir vu par ici, je me trompe ? » Bien entendu, cette phrase d'introduction était totalement banale et dénuée d'intérêt. Mais Aubree n'avait pas besoin de phrases d'introduction géniales pour parvenir à ses fins. Pour ça, elle avait déjà son physique et son attitude – il n'y avait pas de doute possible, il suffisait de regarder Aubree pour comprendre où elle voulait en venir.


Dernière édition par Aubree Dehzkel le Sam 18 Sep 2010 - 0:53, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: DO NEVER TRUST THE DEVIL (pv) Ven 4 Juin 2010 - 1:00

Parmi le vacarme qui l'entourait, malgré les rires, le fond musical et les bruits en tout genre, la voix qui s'éleva sur sa droite sonna comme l'annonce d'un répit. Il ne savait pas pourquoi ni comment définir cette sensation mais lorsqu'il entendit la question – pourtant d'un banal à s'en damner – qui lui était de toute évidence adressée, il ne parut pas surpris ou réticent. Juste soulagé, comme si le fait que quelqu'un s'adresse à lui, aussi simplement soit-il, lui retirait un poids énorme des épaules. Un brin désespéré ? Sans doute, sinon Sloan ne serait tout d'abord jamais vu dans ce lieu. Après tout, combien il y a-t-il de chance de croiser un homme réfractaire à l'alcool dans un bar ? L'agitation qui grandissait de minute en minute derrière lui ne réussit pas une seule fois à attirer son attention et il suffisait qu'une jeune femme vienne s'asseoir auprès de lui pour que ses yeux clairs daignent se détacher du fond de son verre. Verre plein, verre qu'il refusait même de toucher. Là depuis une bonne heure, l'enseignant avait d'avance laissé un pourboire généreux au barman afin d'obtenir la garantie qu'il pourrait rester aussi longtemps qu'il lui plaisait à ce comptoir sans avoir à commander d'avantage. Qu'était-il donc venu chercher ? Sans doute rien qui puisse véritablement l'aider.
Sa journée n'avait pourtant pas été particulièrement éprouvante : en cette fin d'année scolaire, ses élèves se dissipaient mais pas assez pour le pousser à bout. Il avait eu, certes, à lever la voix à certains moments, à se retenir de traiter quelques élèves d'abrutis profonds lorsqu'ils rentrèrent en classe, après la récréation, les doigts pleins de terre, mais rien qui puisse réellement l'affecter. La mélancolie qui l'avait submergé n'avait rien à voir avec son entourage immédiat : sa relation avec Presley Clyde était au beau fixe (malgré un accroc quelques semaines plus tôt), sa carrière professionnelle et ses finances aussi. Il s'agissait d'avantage d'anciens démons qui revenaient le visiter. Depuis plusieurs années, ses pensées prenaient des tournants anarchiques et violents aux moments les plus inattendus et dont lui seul pouvait réellement définir. Lorsqu'on lui demandait ce qui pouvait bien le mettre dans cet état, il répondait que c'était la guerre qui le tourmentait encore, que ses mois en Afghanistan l'avaient marqué plus qu'il ne l'aurait souhaité. Ainsi, accoudé à ce bar, il ne semblait plus réellement motivé à l'idée de lutter d'avantage. A quoi bon après tout ? Pourquoi n'aurait-il pas le droit, lui aussi, de craquer et de noyer son chagrin dans l'alcool ? Peut-être parce qu'il réagissait mal aux boissons alcoolisées ? Ou bien parce qu'il n'en avait tout simplement pas besoin : sa vie était parfaite, il avait une petite amie qu'il aimait. D'ailleurs, il aurait tout simplement du aller à sa rencontre plutôt que d'avoir choisi la route conduisant à ce bar. Sa présence ici était puérile et dénonçait sa faiblesse. Et pourtant, il n'arrivait toujours pas prendre la décision de se lever et de bouger ses fesses jusqu'à son véhicule, direction son chez-lui. Bloqué dans son indécision, la silhouette qui vint le rejoindre ressemblait donc à s'y méprendre à la solution qu'il recherchait. Elle allait peut-être réussir à le convaincre de rentrer chez lui … Ou de rester. Il n'attendait rien en particulier d'elle, simplement une excuse pour faire son choix : si elle se montrait insupportable, il rentrerait chez lui sans attendre d'avantage mais si au contraire elle réussissait à lui susciter une once d'intérêt, il assumerait sa présence ici et se conduirait comme le client qu'il se devait d'être.
Lorsqu'il posa alors son regard sur le visage qui se présentait à lui, il prit son temps pour lui fournir une réponse. Sloan n'avait jamais été quelqu'un de souriant, de chaleureux avec autrui et ce soir, il ne se sentait définitivement pas le cœur de faire preuve ne serait-ce que de politesse et la priva donc même d'un furtif sourire. Il ne pensait pas, de toute manière, qu'elle lui en tiendrait rigueur et même si cela était le cas, il aurait là la preuve qu'il était temps pour lui de partir. Il se contenta de hocher la tête après l'avoir longtemps dévisagé puis tourna son visage face à lui, fit mine de prendre son verre entre ses doigts mais n'était toujours pas enclin à y boire. Ne présentant plus à la jeune femme que son profil, il articula avec raideur mais la fatigue se faisant clairement deviner dans son ton. « Sans doute pas. Je n'aime pas les bars. L'ambiance, leurs clients … Même la tête de ce barman ne me revient pas. » Bien évidemment, Sloan s'était permis de rajouter la dernière partie de sa phrase parce que le serveur en question s'était déplacé jusqu'à l'autre bout du comptoir mais il n'était pas certain qu'il n'aurait pas fait la même remarque si le type ne s'était pas trouvé face à lui. Il n'était pas du genre bagarreur, bien au contraire, mais ce soir il se sentait tellement démotivé que même une altercation lui semblait meilleure que le vide oppressant qu'il ressentait au fond de lui. Jouant d'un air absent avec son verre mais les lèvres toujours vierges d'alcool, son regard glissa vers le Cosmo qui se trouvait dans le creux de la main de la jeune femme et, le désignant du menton, lui demanda alors. « Vous au contraire, vous semblez être une habituée. »
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Message(#) Sujet: Re: DO NEVER TRUST THE DEVIL (pv) Jeu 29 Juil 2010 - 3:11





Pas de sourire, pas de geste de sympathie, même furtif. Sa proie ne semblait pas encline à la discussion – du moins, c’est ainsi qu’Aubree interpréta son mutisme, qui se prolongea pendant de longues secondes. Loin de s’en affecter, elle continua de scruter le beau et ténébreux profil de l’inconnu, qui semblait en proie à une réflexion dont elle ne put deviner l’objet : après tout, sa question ne pouvait nécessiter une méditation aussi longue, à moins qu’il ne fût occupé à repasser en mémoire tous les visages qu’il avait croisés à Miami ces derniers mois. Mais cette hypothèse lui parut fort peu probable, et Bree conclut assez rapidement qu’il hésitait tout simplement à prolonger la discussion ou non. Elle ne le prit pas mal, bien au contraire : elle s’en fichait éperdument. Si elle ne parvenait pas à ses fins au moyen de la conversation, elle trouverait bien un autre moyen, et facilement. Aubree n’était pas du genre à s’accabler après une tentative, d’autant plus que tout n’était pas perdu. Peut-être était-il tout simplement singulièrement lent, ou voulait-il se faire désirer. Ignorant totalement les motivations du jeune homme, Aubree se contenta donc d’attendre une éventuelle réponse, laissant filer son regard entre son profil immobile et le Cosmo qu’elle avait en face d’elle. Ses yeux bleus étaient toujours froids et insondables, mais on pouvait y déceler une petite lueur sur laquelle il serait difficile de poser des mots – sans doute que celui qui conviendrait le mieux serait « prédateur ». Le regard océan d’Aubree suivait les moindres mouvements, pourtant quasiment imperceptibles, de l’inconnu, comme si elle s’attendait à ce qu’il bondisse d’une seconde à l’autre de son siège. Elle était à l’affût, elle était tapie, telle une lionne guettant une gazelle. Sauf qu’il y avait peu de chances que le jeune homme se mette à bondir loin d’elle rien qu’à sa vue – il avait largement eu le temps pour cela, d’autant plus que cette réaction serait des plus anormales, que l’on soit sensible ou non au charme de Bree. Aubree baissa le regard durant quelques secondes sur le verre plein du jeune homme, qu’il semblait cramponner avec ferveur sans pour autant y toucher. Elle tenta de comprendre ce que cela signifiait. La réponse de l’inconnue, qu’elle vit arriver lorsqu’il entrouvrit légèrement la bouche, l’éclaira aussitôt sur ses interrogations. « Sans doute pas. Je n'aime pas les bars. L'ambiance, leurs clients … Même la tête de ce barman ne me revient pas. » Un rire cristallin s’échappa de la bouche d’Aubree. Elle ne s’attendait visiblement pas à cette réponse. Son rire, pourtant peu naturel aux oreilles de quiconque connaissant l’ancienne Aubree, avait quasiment été un automatisme. Son amusement était réel mais son rire ne l’était pas – ou peu. La Bree d’aujourd’hui n’avait plus la capacité de rire aux éclats pendant des heures, comme il y a un an. Son amusement était aujourd’hui soigneusement dosé et contrôlé, comme tout le reste, jusqu’à devenir une habitude, un élément incrusté dans sa nouvelle personnalité. « C’est vrai que ce barman est flippant. » Aubree porta son verre à ses lèvres et but une longue traite du liquide rose. Lorsqu’elle reposa son verre, elle vit que son interlocuteur le désigna du menton, poursuivant : « Vous au contraire, vous semblez être une habituée. » Aubree sourit, l’air sincère, mais le regard toujours froid et calculateur : « Pour être sincère, je n’aime pas les bars non plus. Enfin, je ne les aime plus. C’est à se demander ce que je fais ici… » Mais quand avait-elle, au juste, été sincère pour la dernière fois ? La vie d’Aubree n’était qu’un tissu de mensonges tous plus grands les uns que les autres. Autrefois, elle s’éclatait lorsqu’elle sortait, dansait sur les tables, parlait à tout le monde, profitait à fond de ses soirées. Aujourd’hui, elle semblait réitérer les mêmes gestes, mais tout amusement avait disparu. Ce n’était plus qu’un morne quotidien duquel elle ne semblait pas avoir la volonté de s’échapper. Peut-être que ce mensonge n’en était pas un, après tout. En tout cas, Aubree crut déceler une lueur de surprise dans le regard assez indifférent de son interlocuteur. Il est vrai qu’une telle confession est inhabituelle, de la part d’une fille comme Aubree. Un nouveau sourire étira ses lèvres, contraste frappant avec l’expression de marbre du jeune homme. Il l’intriguait vraiment, et elle se questionna une nouvelle fois à son sujet. Elle ne laissa cependant rien paraître, peu désireuse de passer pour une fouine, ou tout simplement de le mettre mal à l’aise. Inutile de lui donner une raison d’être encore plus réticent. Après quelques instants de silence, Aubree reprit, sur le même ton désinvolte mais chantant : « En fait, je ne pense même pas que les gens ici aiment l’ambiance. Ils sont là par dépit, ou parce qu’ils ne savent pas quoi faire d’autre. Comme moi, je suppose. » Aubree avait conservé cette aisance et ce talent pour s’exprimer, une qualité qu’elle possédait depuis toute petite et dont elle savait se servir avec adresse. Malgré sa légèreté, son ton semblait sincère, et bien que sa phrase puisse être interprétée comme une confidence, elle avait réussi à éviter tout le côté mièvre et trop intime de la confession. Aubree savait meubler une conversation sans que cela ne semble forcé ou que les mots ne soient de trop. Elle savait éviter les silences gênants et les remplacer par de simples pauses tout à fait naturelles. Elle savait captiver ses interlocuteurs tout en conservant un air détaché. Son père avait toujours dit qu’elle ferait une excellente avocate… Le visage d’Aubree se ferma l’espace d’une seconde à ce souvenir, qu’elle s’efforça de chasser aussitôt. Son père était mort, tout cela n’avait plus aucune importance. Elle devait rester focalisée sur son objectif. Aubree porta à nouveau son verre à sa bouche et le termina, ignorant le barman qui semblait trépigner à l’idée de pouvoir prendre une nouvelle commande. Elle posa une énième fois ses yeux sur l’inconnu et jugea qu’il était temps d’associer un nom à cette gueule d’ange. « Je ne me suis pas présentée – Aubree Dehzkel. » Elle tendit sa main droite, dont le poignet était serti d’un tas de bracelets qui s’entrechoquaient dans un cliquetis à peine perceptible.

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Message(#) Sujet: Re: DO NEVER TRUST THE DEVIL (pv) Jeu 9 Sep 2010 - 18:53

Le léger rire qui secoua la jeune femme laissa l'australien de marbre. Son intention n'avait pas été spécialement de l'amuser et inversement, il n'en ressentait pas non plus d'irritation. Elle paraissait détendue et dans son élément ce qui amena rapidement le jeune homme à se demander pourquoi elle perdait ainsi son temps avec lui. C'était vrai : il savait parfaitement qu'avec son air bougon et son évidente lassitude, il ne constituait pas la compagnie rêvée. Cette jeune femme pouvait se permettre de traîner avec n'importe qui dans ce bar et elle choisissait celui qui en donnait le moins envie. Attitude étonnante qui n'échappa pas à Sloan, même s'il n'allait certainement pas en faire la remarque. Il détestait lui-même les questions en série, il n'allait pas se permettre de faire subir cette épreuve à quiconque, surtout pas à une demoiselle qui faisait l'effort de venir se piquer à discuter avec lui. Il haussa furtivement les épaules quand elle lui avoua qu'elle aussi n'appréciait pas leur barman et bien entendu, ne l'accompagna pas lorsqu'elle but une longue gorgée de sa commande. Sloan ne s'était pas encore décidé à s'il allait rompre ou pas sa légendaire abstinence. Il écouta ensuite sans interrompre la nouvelle prise de paroles de la jeune femme qui, contre tout attente, lui confia qu'elle n'était pas si friande du lieu qu'il le pensait ou du moins, qu'elle ne l'était plus. Nuance qui n'échappa pas à l'enseignant et malgré lui, son regard devint interrogateur, trahissant l'intérêt grandissant qu'il éprouvait à son égard. L'aveu enfin qu'elle fit sur la raison bien consternante de sa présence dans ce bar finit par mettre Sloan mal à l'aise. Il voyait à présent que l'allure assurée qu'il lui attribuait n'était qu'un leurre et qu'elle était visiblement en proie à autant de soucis – si ce n'est plus – que lui. Elle avait bien entendu prit garde à ne pas paraître aussi désemparée que le suggéraient ses mots mais il n'était pas totalement dupe et devinait qu'elle n'était pas en si bon état qu'elle voulait le laisser paraître. Malheureusement, l'australien savait qu'il n'y pouvait rien. Les mots de réconfort, les tentatives pour divertir ou alléger la conversation que l'on adresse habituellement à la suite d'une telle confession (même s'il ne s'agissait que d'une confession à demi-mots) ne sortirent pas de manière spontanée de sa bouche. C'était comme s'ils étaient coincés au fond de sa gorge parce qu'il savait qu'ils seraient tintés de mensonges. En effet, ce bar était vraiment pour les minables qui n'avaient rien de mieux à faire, qu'on le veuille ou non. Sloan le savait puisqu'il y était actuellement présent et qu'il ne s'était pas senti aussi misérable depuis un long moment. La fixant longuement, il se força à détourner son regard au bout d'un moment pour ne pas la mettre mal à l'aise – même s'il ne pensait pas vraiment possible qu'une femme de son calibre rougisse sous le regard de quiconque – et fit mine de scruter derrière son épaule le reste de la salle. L'ambiance y était toujours aussi feutrée et une fine musique jazzy flottait dans l'air. Le bar contenait les meilleures boissons alcoolisées de la ville et de superbes créatures parcouraient l'endroit. Le lieu avait donc toutes les raisons de combler de plaisir n'importe qui mais Sloan et cette jeune femme ne semblaient pas s'en convenir et c'était sans doute ce qui les avait réunit. Du moins, c'était ce que pensait Sloan, à des milliers de kilomètres de se douter des véritables motivations qui avaient mené sa voisine à venir s'installer auprès de lui. Elle termina enfin son verre et agit alors de la manière dont l'australien avait espéré qu'elle éviterait. La main tendue vers lui, elle se présenta de manière solennelle et même son prénom plutôt original n'arriva pas à faire détourner le regard de Sloan de ses cinq doigts attendant patiemment d'être serrés. Les doigts crispés sur son propre verre toujours plein, le jeune homme essaya de penser à une feinte mais naturellement, rien ne lui vint suffisamment vite à l'esprit et il comprit qu'il allait devoir prendre sur lui. L'idée de toucher quelqu'un, qui plus est une parfaite inconnue, le rendait toujours nerveux mais ce soir, il devinait qu'il ne serait pas délicat de sa part de refuser cette main : Aubree, malgré les apparences et grâce à ce qu'elle avait bien voulu lui apprendre d'elle, ne semblait pas assez solide pour essuyer un refus. Il prit donc une profonde mais discrète inspiration avant de déplacer son bras droit et de venir serrer la main de la demoiselle. Ce contact fut bref et sec mais Sloan réussit tout de même à enregistrer le fait que sa main était d'une douceur étonnante. Loin de lui pourtant l'envie de réitérer l'expérience, il articula malgré le pic de stress qui venait de le gagner. « Sloan Weisel. Et cet accent, c'est parce que je suis australien. » Elle n'avait absolument rien demandé sur sa façon de parler et pourtant, le jeune homme avait balancé l'information comme s'il savait que le sujet serait évoqué tôt ou tard. A moins que ça ne soit tout simplement pour détourner l'attention de la manière peu appropriée avec laquelle il avait répondu à la poignée de mains ou carrément sur l'énoncé de son identité. Non pas qu'il avait spécialement honte d'être ici à cette heure-là mais en tant que maître d'école et habitant d'Ocean Grove, il préférait garder une certaine discrétion. Détournant son regard des yeux de son interlocutrice pour chercher l'affreux barman, il annonça enfin avec une parfaite courtoisie et comme pour se faire pardonner son attitude.« Laissez-moi vous payer un autre verre. » L'instant d'après, il leva un bras pour attirer l'attention de l'homme derrière le bar et attendit son arrivée, observant chacun de ses faits et gestes, afin de lui demander de resservir la demoiselle.
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Message(#) Sujet: Re: DO NEVER TRUST THE DEVIL (pv) Ven 10 Sep 2010 - 23:34





Aubree aurait dû ressentir un agacement grandissant face au silence quasi total de son interlocuteur, mais il n’en fut rien. Discrètement, elle notait du coin de l’œil la moindre des réactions du jeune homme, décidée à ne laisser passer inaperçues aucune de celles-ci. Les expressions furtives qui marquaient le visage de l’inconnu ne lui échappèrent donc pas, et leur nature intrigua Aubree, qui s’était attendue à autre chose. Le jeune homme bougon semblait intrigué par le comportement volontairement adopté par Aubree, et celle-ci s’en réjouit intérieurement : elle avait réussi à attirer son attention. Certes, elle avait dû laisser percevoir une facette plus fragile et vulnérable de sa personnalité, mais le jeu en valait la chandelle : à priori, le jeune homme ne devrait désormais pas éprouver d’animosité à son égard – au contraire. Il avait beau ne pas parler, elle avait bien vu cet éclair mal à l’aise et peut-être bien compatissant traverser son regard. Aubree n’en était que plus ravie : peu importe si elle l’avait mis mal à l’aise ou si elle l’avait embrouillé quant à la nature de sa venue ici, elle avait réussi à faire un pas en avant. Quiconque l’aurait vu agir en connaissance de cause aurait été écœuré par son comportement, mais Aubree n’était plus du genre à avoir des scrupules. Elle agissait comme bon lui semblait et se fichait bien des conséquences. Ce qu’elle s’apprêtait à faire était pour le moins ignoble, mais cela ne l’intéressait pas, du moment qu’elle obtenait ce qu’elle désirait – c’est-à-dire l’inconnu. Quelque part, elle regrettait de probablement devoir en arriver là où elle pressentait que leur conversation les mènerait : il semblait être quelqu’un d’intéressant derrière sa carapace bougonne et renfermée. Cependant, malgré son air joyeux et sincère, Aubree ne comptait pas passer la soirée à faire un monologue. Si elle ne pouvait pas charmer le jeune homme par la conversation, elle le ferait autrement. Et bien qu’elle fût persévérante lorsqu’elle voulait arriver à quelque chose, la patience n’était pas la plus grande de ses qualités. En revanche, la ruse, l’opportunisme et l’ingéniosité faisaient partie intégrale de son caractère, et c’est pourquoi elle n’hésiterait pas à recourir à des moyens peu catholiques pour parvenir à ses fins. Ce jeune homme semblait déjà réticent à l’idée du moindre contact : il ne serra pas tout de suite la main d’Aubree, qu’elle avait tendue dans un geste de gentillesse, bien que celui-ci fût tout à fait superficiel et superflu étant donné qu’elle aurait sans doute déjà oublié son nom le lendemain. Lorsqu’il finit par lui prendre la main, Aubree sourit de plus belle, serrant celle du jeune homme – il la retira aussitôt, comme s’il craignait de se brûler. Cette réticence à la toucher n’échappa à Aubree, mais elle ne dit rien et ne se posa pas de questions : ce type était bizarre, elle l’avait déjà remarqué plus tôt, dès le moment où elle l’avait abordé. « Sloan Weisel. Et cet accent, c'est parce que je suis australien. » La jeune néerlandaise sourit en entendant le patronyme de son interlocuteur, mais aussi la petite remarque qu’il fit tout de suite après. Elle ignorait pourquoi il avait jugé utile de le préciser – après tout, elle n’avait en aucune sorte manifesté la moindre curiosité ou fait la moindre réflexion au sujet de son accent, qui était, de toute façon, assez facile à reconnaître : cet accent britannique beaucoup plus prononcé que celui dans lequel elle avait été élevée était des plus typiques. « C’est ce que j’avais cru comprendre. J’adore cet accent. » Elle n’en était même plus au stade des flatteries à tout bout de champ : Aubree ne mentait pas en affirmant cela. L’accent anglais lui rappelait ses origines, son chez-soi, et même si elle l’avait perdu au fil des années passées en Amérique, l’entendre la réconfortait. Quand à l’accent australien, il lui évoquait quelque chose d’exotique et qui sortait de l’ordinaire. Elle avait toujours été de nature curieuse et avait toujours eu tendance à bombarder les gens de questions, en particulier lorsqu’ils avaient quelque chose de particulier, mais depuis des mois, ce trait de caractère avait plus ou moins disparu, et Aubree ne s’attarda pas sur le sujet, devinant sans peine que ce Sloan n’était pas du genre à vouloir s’éterniser là-dessus. Aubree avait bien compris que si elle voulait débattre durant des heures, elle ferait mieux de ne pas trop compter sur sa coopération. Mais, en parlant de coopération, elle avait bien d’autres projets pour lui… « Laissez-moi vous payer un autre verre. » Aubree esquissa un énième sourire, bien plus ravie par cette propositions qu’elle n’aurait dû l’être. Elle avait remporté la première manche. Maintenant, elle devrait rester précise et attentive. « Avec plaisir – mais cette fois-ci, vous boirez avec moi. Pas question que je sois la seule à me soûler. » Cette phrase était truffée de mensonges et de sous-entendus impossibles à percevoir par le jeune homme. En effet, Aubree tenait là l’occasion en or pour parvenir à ses fins : bien qu’il semblât plus enclin à la discussion et à rester en compagnie d’Aubree, la jeune femme avait décidé de passer à la vitesse supérieure, trop impatiente pour tout faire dans les règles de l’art. Son charme n’opérait quasiment pas sur Sloan, pour ne pas dire pas du tout, et tout ce dont elle pouvait se servir, c’était son talent pour intriguer les autres. Mais à ce rythme-là, elle y serait encore le lendemain. Ne pas vouloir être la seule soûle n’était qu’une excuse pour la jeune femme qui, étrangement, au lieu de devenir de plus en plus sensible à l’alcool, semblait s’immuniser. Bien que de toute évidence alcoolique, il lui fallait toujours de plus grandes quantités pour être satisfaite et atteindre l’état dans lequel elle souhaitait plonger le plus souvent possible pour échapper à ses problèmes quotidiens. Deux verres n’allaient pas suffire à la rendre pompette – tout comme le malheureux verre de Sloan ne suffirait pas à le rendre ivre. Mais elle ne comptait pas lui faire boire des litres de whisky. Non, elle allait être bien plus efficace. Autrefois, elle aurait eu des scrupules à l’idée de ce qu’elle allait faire – ou plutôt, elle n’aurait même pas imaginé agir de la sorte. Mais si la gentillesse, la générosité et la bonté avaient fait partie intégrante de son caractère pendant de longues années, ces caractéristiques avaient aujourd’hui été remplacées par l’indifférence, la méchanceté et l’égoïsme. Aubree n’agissait que pour sa propre personne. Exit les scrupules, donc. Et ce soir, ce serait à Sloan d’en faire les frais. Alors que le jeune homme repérait l’effrayant barman, Aubree fouilla furtivement son sac, à la recherche de quelque chose qu’elle n’avait que peu utilisé – heureusement. Le GHB, ou gamma-hydroxybutyrate pour les amateurs de chimie, était son allié pour la soirée. Incolore, inodore, insipide. Un petit flacon qui lui permettrait de faire tout ce qui lui plairait au cours de la soirée. Si la coutume voulait que cette drogue soit utilisée pour violer des jeunes femmes, rien n’empêchait Aubree de l’utiliser de manière légèrement différente. Quelques moments, et elle pourrait faire ce qu’elle voulait de la bouille – et pas que de la bouille – de Sloan. Elle dévissa discrètement le petit flacon qu’elle tenait caché dans sa main droite, observant discrètement Sloan qui avait détourné son attention de la jeune femme. Lorsqu’il se pencha en avant pour commander un nouveau Cosmo à Aubree, celle-ci n’hésita pas et versa furtivement le contenu du flacon dans le verre encore plein du jeune homme. Elle eut tout juste le temps de faire disparaître la petite bouteille que Sloan se retourna vers elle. Imperturbable, elle lui adressa un regard des plus innocents, attendant patiemment que le barman lui apporte son cocktail. Lorsque celui-ci finit par arriver, Aubree brandit son verre et, regardant Sloan droit dans les yeux, leva le Cosmo. « À votre santé ! » Elle porta le verre à ses lèvres et but une gorgée, sans quitter Sloan du regard.
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Message(#) Sujet: Re: DO NEVER TRUST THE DEVIL (pv) Lun 13 Sep 2010 - 15:36

Même s'il s'avouait flatté, le jeune homme n'émit aucune réponse quand elle lui confia qu'elle aimait son accent. Il se contenta de hocher doucement de la tête et de rester vigilent quant aux déplacements du barman de crainte de se faire doubler par un autre client. Il n'était, dans les faits, pas vraiment pressé mais c'était une question d'honneur de ne pas se laisser faire poireauter. La réplique suivante d'Aubree réussit pourtant à l'amuser pendant un bref instant mais comme il était détourné d'elle, elle ne put voir l'éclat de rire qui illumina son visage pendant quinze secondes. Sa détermination à ne plus boire d'alcool ne l'avait jamais quitté et ça n'allait certainement pas être un simple mais joli minois qui allait l'en dissuader aussi facilement. D'un autre côté, c'est vrai que s'il ne se joignait pas à elle, cette scène semblerait vicieuse et sournoise – ce qu'il ne savait pas encore, c'était que c'était lui qui allait pâtir d'un abus de confiance et non pas l'inverse comme il est plus traditionnel de croire. Il ne pouvait pas se douter de ce que la jeune femme tramait derrière son dos car il était déjà en train de discuter avec le barman quand elle passa à l'action. Il aurait sans doute du ne pas décoller ses doigts de son verre mais quand on est un homme, on ne se craint pas que l'on puisse être drogué contre son gré lors d'une soirée – aussi machiste que cela puisse paraître, c'était une peur principalement féminine. Les cas d'hommes abusés étant beaucoup plus rares. Lorsqu'il se retourna vers elle, ce fut donc avec une absence totale de soupçons à son égard et il ne prit même pas la peine de vérifier l'état de son whisky. Quelques instants plus tard, l'affreux barman revint avec le cocktail alcoolisé de la jeune femme, le déposa devant elle, souffla juste un « Bonne dégustation » avant de s'éloigner vaquer à d'autres occupations. Sloan regarda alors Aubree attraper sa boisson fièrement et porter un toast, ce qui fit comprendre à l'australien qu'il était bloqué et qu'il ne pouvait pas se défiler cette fois-ci. Abdiquant et se promettant que de toute façon il ne passerait pas une autre commande, il prit son verre et le souleva à son tour pour boire une même et longue gorgée que celle que prenait Aubree, soutenant fidèlement le regard perçant de la demoiselle. L'instant d'après, ils reposèrent leurs verres et Sloan dut admettre que ce ne fut pas aussi terrible que ce qu'il avait craint. Il n'avait pas bu depuis des années, ni aux fêtes ni seul chez lui, et tout le stress qui le gagnait à chaque fois qu'il se trouvait devant un verre plein était sans égal mais ce soir, la chose était passée simplement et sans surprise. L'alcool lui avait agréablement brûlé le fond de la gorge et le goût boisé du whisky avait plu à son palais. Il eut pourtant, pendant un bref instant, un éclair de culpabilité en pensant à Presley dont il se doutait qu'elle ne serait pas véritablement fière de découvrir qu'il se mette à re-boire et ce, sans elle mais avec une parfaite inconnue. Il mit d'ailleurs sur le compte de ce malaise l'étrange maux de tête qui était en train d'insidieusement le gagner et dans une tentative pour le faire taire, but une seconde fois sans se douter un instant que la source de cette douleur naissante était très exactement celle qu'il pensait être le remède. Reposant ensuite son verre, il essaya de ne pas se laisser submerger par la montée de fièvre qui le gagnait de plus en plus sans qu'il n'y comprenne quoique ce soit. S'excusant auprès d'Aubree, il pivota légèrement sur son tabouret pour faire pleinement face au buffet et posa sa tête entre ses bras croisés sur le marbre, essayant de retrouver son calme. C'était très probablement à cause du fait que son corps s'était totalement déshabitué à l'alcool aussi fort et il se dit qu'il aurait du boire beaucoup plus doucement. Son premier vertige passé, il se redressa et se recoiffa brièvement avant de décocher un sourire peu naturel vers sa voisine et aligner quelques mots pour la rassurer. « Je m'excuse. Je ne suis pas un grand buveur, il me faut un peu de temps pour me réadapter. » Repoussant le verre loin de lui, Sloan pourtant dut reconnaître que les sensations aussi étourdissantes qu'alarmantes auraient du l'inquiéter beaucoup plus mais ce n'était pas le cas. Il ne se sentait pas en danger et n'avait pas véritablement envie que cela s'arrête. Persuadé que tout rentrerait dans l'ordre dans quelques minutes, il se replaça face à la jeune femme et essayant de rester statique, lui dit. « Mais ça va mieux. » Ce qui n'était pas du tout vrai puisque ses pupilles étaient toujours dilatées, cependant dans le fond, Sloan allait réellement mieux : par rapport à l'état dépressif dans lequel il avait débarqué dans le bar quelques minutes plus tôt, il se sentait de plus en plus détendu, presque euphorique, sensation qu'il n'avait pas connu avec quiconque d'autre que Presley depuis des années. Comme incapable de rester plus longtemps sur place, il se leva de son tabouret et se tint d'une main au siège pour garder son équilibre avant d'ajouter. « Je crois même qu'une petite marche me ferait du bien. Oui, c'est ce que je vais faire ... » Sortant son porte-feuille de la poche intérieure de sa veste, il en sortit un billet de cent dollars – ce qui était complètement disproportionnel à l'addition – et le posa sous son verre avant de claquer des doigts pour attirer l'attention du barman et lui indiquer l'endroit où il avait posé son argent. Cela allait de soi qu'il garderait la monnaie et rangeant son porte-feuille, l'instituteur marmonna à l'adresse d'Aubree, pensant que leur rencontre s'achèverait ici. « C'était un plaisir d'avoir discuté avec vous, sincèrement. »
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Message(#) Sujet: Re: DO NEVER TRUST THE DEVIL (pv) Mar 14 Sep 2010 - 2:20





L’espace de quelques instants, Aubree se sentit inquiète. Sloan ne semblait pas être un grand buveur – c’était le moins que l’on puisse dire. Mais en plus de cela, elle craignait qu’il ne touchât pas du tout à son verre, anéantissant ainsi tous ses projets. Ou pire, qu’il se rende compte de quelque chose, bien que normalement, c’était impossible : la drogue versée dans le verre était tout bonnement indétectable et, à moins qu’il ne l’ait surprise en train de vider le flacon, il n’avait aucune chance de découvrir ce qu’elle avait fait. Cependant, comme toujours lorsqu’il s’agissait de faire quelque chose de mal pour parvenir à ses fins, Aubree sentit son estomac se contracter légèrement, se passant en revue tous les scénarios (im)possibles et (in)imaginables. Heureusement, Sloan finit par porter son verre de whisky à ses lèvres et en boire une longue gorgée, mettant ainsi fin aux réflexions d’Aubree qui put alors tranquillement savourer son Cosmo, tout en admirant les effets de sa petite potion magique sur Sloan. Elle avait déjà compris qu’il n’était pas un grand amateur d’alcool et espérait qu’il associerait tous les effets de la drogue à la boisson. Ce ne serait pas trop difficile : vu l’état dans lequel il se trouverait, il ne serait même pas capable d’y réfléchir correctement. À cet instant, Aubree se sentit presque pousser des ailes, si, de manière générale, elle ne s’était pas sentie aussi bas. Mais, en attendant le lendemain et les nouveaux soucis qui l’accompagnaient, elle avait une soirée pour le moins agréable qui s’annonçait à elle. Retenant avec difficulté un léger rictus, Aubree contempla Sloan, se réjouissant intérieurement, proche de l’euphorie. Le jeune homme sembla cependant bien affecté par sa gorgée et réagit de manière qui sembla quelque peu excessive à Aubree, qui avait l’habitude de fréquenter des personnes de son acabit – c’est-à-dire, des personnes qui passaient leurs nuits et leurs journées à se soûler ou se défoncer. Sloan, en revanche, était particulièrement sensible à la boisson et ce détail faillit anéantir tout le petit plan d’Aubree. « Je m'excuse. Je ne suis pas un grand buveur, il me faut un peu de temps pour me réadapter. » Aubree s’efforça de ne pas réagir de manière qui ne parût pas naturelle mais faillit avaler de travers en le voyant repousser son verre. Il n’avait sûrement pas ingurgité assez d’alcool et, par conséquent, de drogue, pour en subir pleinement les effets. S’il n’était pas totalement désinhibé comme le voulait la substance, Aubree pourrait laisser tomber toutes ses idées sordides : elle n’était pas vraiment de taille à rivaliser avec le gabarit de Sloan. Elle adressa un sourire quelque peu forcé au jeune homme et, aussitôt fait, n’eut qu’à attendre quelques instants pour revoir ses espoirs remonter en flèche : elle ignorait comment il avait interprété son expression, ou même si la réaction de Sloan avait un quelconque rapport avec elle, mais il sembla revenir bien rapidement sur sa décision d’en arrêter là avec la boisson. « Mais ça va mieux. Je crois même qu'une petite marche me ferait du bien. Oui, c'est ce que je vais faire… » Aubree afficha une mine réjouie en entendant les quatre premiers mots, mais n’eut pas le temps de réagir que Sloan était déjà sur pied, prêt à partir. Consternée par tous ces retournements de situation, Aubree mit quelques instants à trouver une nouvelle tactique. Bientôt, Sloan serait pleinement sous l’effet de la drogue qu’elle lui avait administrée ; il n’était donc pas question de le laisser filer en si bon chemin. Mais tant qu’il ne serait pas complètement désinhibé, elle ne pouvait pas le laisser avoir des soupçons. Alors qu’elle réfléchissait à la manière dont elle allait prolonger sa compagnie auprès de Sloan, celui-ci prit congé d’elle et s’apprêta à quitter le bar bondé. Aubree mit quelques instants supplémentaires à trouver sa nouvelle tactique, et son regard s’illumina en voyant le billet de 100$ qu’il avait posé sur le comptoir pour payer les boissons. Elle aurait très bien pu le garder mais ce n’était pas la fortune qui manquait à Aubree, et c’est pourquoi elle se saisit du billet sans pour autant se soucier de payer elle-même l’addition, avant de se lancer à la poursuite de Sloan. Elle le trouva à quelques mètres de la sortie du bar, déambulant dans l’air frais et nocturne. « Sloan ! Attendez ! » Courant aussi vite que ses talons de douze centimètres le lui permettaient, Aubree rejoignit le jeune homme qui sembla surpris de la revoir. Son regard avait, cependant, déjà quelque chose de vitreux, comme s’il était voilé, et ce détail n’échappa pas à Aubree dont l’humeur s’améliorait de seconde en seconde. « Vous avez oublié votre argent. Tenez. » souffla-t-elle en lui donnant le billet. Elle lui sourit d’un air aussi innocent et sincère que possible. Tout cela était, finalement, si facile. Elle n’avait désormais plus qu’à se servir en faisant de son mieux pour que tout semble naturel. Aubree contempla le beau visage de Sloan et fronça les sourcils dans une mine exagérément inquiète. « Vous n’avez pas l’air très bien, vous devriez vous reposer… Suivez-moi, je connais un motel pas loin, vous vous y reposerez, d’accord ? » Elle ne lui laissa pas le temps d’acquiescer ou de refuser qu’elle lui empoigna la main, indifférente aux réticences du jeune homme à toucher les autres. Dans sa tête, tout était parfaitement clair. Elle savait exactement comment tout allait se dérouler, aidée par la minutie de son plan et par les capacités de réflexion bien entamées de Sloan. Lorsqu’il serait complètement affaibli et inconscient de tout danger, il ne deviendrait rien d’autre qu’un petit jouet pour Aubree. La jeune femme, impatiente, accéléra le pas, tournant au coin de la rue où se trouvait le fameux motel. Elle connaissait les lieux pour y avoir déjà passé plusieurs nuits, généralement en bonne compagnie. Lorsqu’ils arrivèrent devant la porte, Aubree se retourna vers Sloan et, après avoir soigneusement recomposé son masque débordant de gentillesse et d’attention, lui demanda : « Ça vous va, ici ? C’est juste en attendant de reprendre des forces, je ne voudrais pas avoir un accident sur la conscience! » s’exclama-t-elle, l’air taquin. Dans son esprit, le compte à rebours était enclenché.
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Message(#) Sujet: Re: DO NEVER TRUST THE DEVIL (pv) Lun 11 Oct 2010 - 22:56

La démarche lente, hésitante, risquée, Sloan avait réussi à atteindre la porte de sortie, à la pousser et même à progresser dans la nuit sans réellement reconnaître la direction qu'il prenait. De toute manière, c'était un grand garçon, il finirait bien par tomber sur un banc sur lequel reprendre ses esprits, attraperait son téléphone pour appeler Billy (impossible que Presley le voit dans cet état) afin qu'elle vienne le récupérer parce qu'il était évident qu'il ne tiendrait pas plus de deux minutes derrière un volant. Dans le brouhaha qui l'entourait, il entendit alors son prénom très distinctement prononcé et reconnu immédiatement la voix. Celle d'Aubree, la femme qu'il venait de laisser derrière lui. Surpris d'une telle interpellation, il se retourna et attendit de la voir arriver à sa hauteur pour lui lancer un regard interrogateur. Elle ne tarda pas à agiter sous son nez le gourmand billet qu'il avait abandonné sur le comptoir en lui expliquant qu'il en avait donné beaucoup trop. En total décalage, il tendit pourtant lentement sa main pour récupérer son argent bien qu'il ne comprenait toujours pas où était son erreur et encore moins son importance. En tant que millionnaire, on peut se permettre ce genre de fantaisie sans se retourner ; mais Aubree n'en savait strictement rien et l'air ravi d'avoir pu l'aider qu'elle abordait l'empêcha de faire la moindre remarque. Il fourra donc distraitement le billet dans sa poche puis sa main vint se poser un instant sur son front, soudainement pris d'un nouveau vertige. Il ferma les yeux deux secondes en priant pour ne pas inquiéter la jeune femme mais c'était peine perdue car elle s'empressa de lui proposer son aide. Dans un réflexe sans doute machiste, il hocha avec virulence la tête en signe de négation mais ce mouvement eut le don de l'étourdir d'avantage. Prenant une profonde inspiration, il observa le visage ombragé d'Aubree et s'apprêta à refuser poliment son offre lorsqu'elle attrapa sa main et le guida derrière elle. En temps normal, Sloan aurait été scandalisé et répugné par un tel contact mais à cet instant, et malgré une légère raideur dans sa main, il n'émit aucune résistance. C'était comme s'il se sentait en pleine confiance. Comme si c'était exactement ce dont il avait besoin : d'être secouru. C'était naïf, mais il était plus facile, pour une fois, de ne pas lutter et de se laisser faire. Il s'agissait évidemment d'une grossière erreur, ce moment de faiblesse lui coûterait terriblement et entraînerait des conséquences désastreuses car ce n'était pas une âme charitable qu'il venait de croiser mais bel et bien un démon déguisé. La suivant aveuglément, submergé par moment de coups de chaud alors qu'il faisait nuit et qu'une brise océanique balayait les rues de Miami, Sloan ne pouvait que rêver l'instant où ils s'arrêteraient enfin et qu'il pourrait se poser. Il ne reconnaissait absolument pas l'endroit où elle le menait et il n'avait pas la curiosité de trouver des indices qui pourraient le renseigner. Il se contentait de la suivre, se surprenant lui-même de la facilité avec laquelle tout se déroulait auprès d'elle. De toute évidence, elle savait où elle le menait et c'était là tout ce dont il avait besoin de savoir. L'australien se laissa mené à l'intérieur du motel sans réagir le moins du monde : elle aurait pu l'amener dans un cimetière qu'elle aurait obtenu de sa part la même expression d'indifférence. Il n'espérait qu'une chose : qu'ils s'arrêtent pour qu'il puisse se rétablir. Malheureusement, ce dont il ne se doutait pas, c'était que la drogue qu'il avait ingéré n'allait pas s'éliminer de son organisme de sitôt, bien au contraire. Ils finirent enfin par s'arrêter devant une porte que déverrouilla la jeune femme avant de se retourner vers lui. Sloan, le regard dans le vague, n'entendait que partiellement ce que lui disait Aubree mais de ce qu'il réussit à comprendre, il en était d'accord. Elle lui proposait là un lieu de repos le temps que l'alcool cesse de le mettre si mal et il ne voyait pas la moindre objection à émettre. Esquissant un sourire qui ne lui ressemblait pas, il lui répondit alors. « Merci beaucoup. C'est tout à fait généreux de votre part ... » Il avança vers elle d'un pas maladroit et dévia au dernier moment sa trajectoire pour éviter de lui rentrer dedans et passer la porte à la place. Oubliant d'inviter la jeune femme à entrer avec lui (il n'avait pas bien compris s'il s'agissait d'une chambre pour lui ou si c'était d'une colocation éphémère dont il était question), il s'avança dans la pièce jusqu'à atteindre le lit qui seul l'attirait comme un aimant. Mais étrangement, il n'avait pas envie de dormir. Son cerveau bourdonnait trop, son corps était trop nerveux et ses sens, titillés par un manque inavouable. C'était insensé mais Sloan se sentait à la fois en forme physiquement et complètement à côté de ses pompes. Lui qui était d'un naturel réservé et méfiant paraissait à présent avide et curieux, même si son visage était marqué par la fatigue. Retirant sa veste qu'il jeta vivement sur le sol (acte qu'il n'aurait jamais exécuté même totalement ivre), il s'assit sur le lit en se laissant gaiement rebondir. En t-shirt, face à la jeune femme qui l'avait suivi à l'intérieur de la pièce et avait refermé la porte derrière elle, il lui fit un signe pour lui demander de s'approcher. Il ne savait pas exactement ce qu'il espérait d'elle, d'ailleurs, il ne devait pas vouloir quoique ce soit de sa part. Il était en couple et sans doute l'un des hommes le plus épanoui dans sa relation de toute la côte Est du continent mais à cet instant, ses pulsions semblaient seules maîtresses à bord du vaisseau. Une fois qu'elle arriva à sa hauteur, il se releva du lit et, faisant bien une tête de plus qu'Aubree malgré ses talons, se pencha vers elle afin d'être certain qu'elle l'entende parfaitement. « Expliquez-moi encore pour quelle raison on se retrouve dans cette chambre de motel ? » Il semblait amusé, joueur alors qu'il tenait à peine sur ses jambes. Il provoquait d'ailleurs de réguliers contacts physiques avec Aubree comme laisser leurs mains se frôler et leurs genoux se coller. Tandis qu'en temps normal, il se serait crispé à chacun de ces contacts, là il les réclamait d'avantage.
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Message(#) Sujet: Re: DO NEVER TRUST THE DEVIL (pv) Jeu 21 Oct 2010 - 1:27





C’était facile. Trop facile. Aubree observait avec un ravissement à peine dissimulé les effets qui opéraient déjà sur Sloan, se félicitant intérieurement d’avoir décidé de droguer le jeune homme. La nuit risquait d’être inoubliable – c’est le moins que l’on puisse dire. La jeune femme regardait le jeune homme qui se dirigeait vers le lit colossal. Elle s’assura rapidement qu’il était totalement absorbé par ses occupations, et sortit discrètement son Blackberry de son sac : une idée lumineuse et cruelle venait de lui traverser l’esprit. Le visage d’une de ses connaissances avec qui elle faisait occasionnellement la fête lui revint en mémoire, tel un flash. Cassandre Ainsworth éprouvait –allez savoir pourquoi– une vive animosité à l’égard d’un certain Sloan. Aubree savait que ce nom ne courait pas les rues, et un simple message suffirait à confirmer sa pensée : si Weisel était bel et bien le jeune homme que Casey avait en horreur, cette soirée pourrait être bénéfique à plus d’une personne. Des bribes de conversation se bousculaient dans sa tête : la haine envers Sloan, sa petite amie, son comportement asocial et antipathique. Quelques-uns des éléments suffirent à Aubree pour constituer son plan, et ravie d’avoir trouvé un nouveau jeu qui ne ferait que pimenter davantage sa soirée, elle pianota rapidement sur son clavier avant d’envoyer le message à Cassandre. ‘Suis avec Weisel au Motel Blu, chambre 264. Prends ton appareil photo, tu seras pas déçue !’ Le geste était des plus impitoyables, égoïstes et cruels, mais ces trois traits de caractère faisaient précisément partie de la jeune femme au cœur de glace, qui s’approchait désormais de Sloan, qui s’éloignait de seconde en seconde de son état naturel. Elle s’approcha de lui, léger sourire aux lèvres, avec une certaine lenteur. Lorsqu’il se releva, elle posa ses iris bleutés sur son visage, remarquant immédiatement que le regard du jeune homme commençait à être vitreuse. Satisfaite, elle lui adressa un nouveau sourire, comme s’il était un brave chien qui avait réussi à apprendre un nouveau tour. « Expliquez-moi encore pour quelle raison on se retrouve dans cette chambre de motel ? » Les paroles ne firent qu’accroître l’amusement déjà bien grand d’Aubree, qui avait l’impression que tout allait être encore mieux que ce qu’elle avait imaginé en premier lieu : Sloan réagissait de manière exceptionnelle à la drogue, clairement désinhibé sans pour autant en être réduit à l’état de légume. Avec un peu de chance, il serait même en état de participer aux festivités, ne devant ainsi pas uniquement se contenter de les subir. C’était pratiquement inespéré, et Aubree sentait son ravissement croître avec une rapidité fulgurante. Elle eut envie de lui répondre qu’il ne pouvait pas même imaginer pour quelles raisons elle l’avait emmené ici, qu’il était loin de se douter de la triste réalité qui allait s’abattre sur lui – réalité qui, aux yeux d’Aubree et sans doute également à ceux de Cassandre, était des plus hilarantes. Aubree sembla hésiter quelques instants, comme si elle se tâtait avant de savoir si elle allait ou non traverser la limite invisible qui lui faisait face. Lorsqu’elle repensait au Sloan qu’elle avait croisé au bar, renfrogné, taciturne et distant, elle se souvenait de l’inaccessibilité qui se dégageait du jeune homme. A présent, il était à sa merci sans même s’en rendre compte – elle pouvait faire ce qu’elle voulait de lui. Et pourtant, franchir cette limite semblait être décision capitale : en réalité, elle n’était que savoureuse. Il s’agissait d’une victoire dont Aubree comptait profiter autant que possible : avoir l’inaccessible à ses pieds. Aubree se hissa sur la pointe des pieds, profitant de ce que Sloan eût encore la tête baissée pour lui murmurer : « Il y en a tant, Sloan… Peut-être que ce serait plus simple si je te montrais… » Elle lui adressa ensuite un clin d’œil, accentuant subtilement les contacts que Sloan provoquait à intervalles réguliers entre leurs deux corps. Elle avait envie de passer à la vitesse supérieure. Savourer, sans s’attarder. Et Aubree était une reine dans ce domaine-là, croyez-le ou non.

Sans se départir de ce sourire empreint d’une certaine tendresse et pourtant plus qu’inquiétant, Aubree poussa légèrement le torse de Sloan pour que le jeune homme retombe sur le lit. Lorsqu’il fut assis sur le matelas, Aubree se plaça à côté de lui, posant une main de porcelaine sur la cuisse du jeune homme. Elle attendit qu’il tourne la tête vers elle à ce contact, puis reprit la parole dans un chuchotement. « Fais-moi confiance, d’accord ? Il ne peut rien t’arriver, tu es en sécurité avec moi… » Avec douceur et tendresse, elle posa sa main sur la joue de Sloan, tournant son beau visage vers elle. Puis, avec une lenteur presque exaspérante, elle approcha son propre visage de celui de Sloan. La distance, déjà négligeable au départ, rétrécit rapidement, jusqu’à ce que les lèvres d’Aubree entrent en contact avec celles de Sloan. A ce contact, elle ferma les yeux et accentua légèrement la pression, entamant un baiser doux, comme un prélude à ce qui allait suivre. Son autre main se glissa dans la nuque du jeune homme sur laquelle elle exerça une légère pression. Elle agissait avec la plus grande précaution, sur le qui-vive, guettant la moindre réaction négative. Mais la drogue était, une fois de plus, son alliée ce soir, et elle comptait sur celle-ci pour lui permettre de passer une excellente soirée, certes au détriment de Sloan. Le baiser des deux jeunes adultes s’approfondissait et s’allongeait, chose qui ne dura que quelques secondes mais qui semblait être une éternité aux yeux d’Aubree, qui savourait la sensation des lèvres de Sloan contre les siennes comme s’il s’agissait du plus beau cadeau qu’elle pût avoir. Et en effet, Aubree était sur un petit nuage. Son plan diabolique semblait être sur le point de réussir – une fois de plus, elle était parvenue à ses fins. Il ne manquait plus que Cassandre pour achever en beauté cette nuit qui promettait d’être mémorable. Mais en attendant la venue de son amie, Aubree était largement satisfaite de la compagnie qu’elle avait déjà : Sloan, bien évidemment, et sa satisfaction : celle d’avoir réussi.

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