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 Terrible conversation. [Gaby]

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Message(#) Sujet: Terrible conversation. [Gaby] Ven 4 Juin 2010 - 17:04



Plusieurs semaines étaient passées, maintenant. L'affreux événement face à Micaela Careca avait eu lieu, et avait terriblement secoué le jeune homme. Chris avait appris à sourire à ses voisins, à faire comme si de rien n'était. Pourtant, les gens parlaient de l'agression autour de lui, et l'étudiant avait du mal à se contenir. Ses actions tournoyaient dans sa tête, les conséquences qu'elles pourraient avoir si quelqu'un découvrait ses petits secrets. La prison l'avait fortement marqué, et il ferait tout pour ne pas y retourner. Face à une telle action, les autres ne le comprendraient pas. En fait, il ne faudrait pas qu'il revienne ici, il serait comme un banni, un martyre ! Le pire était sans doute de voir toutes ces mines désolées pour la jeune femme, Laurence, Liam, mais surtout Gabriel. A ce sujet, Chris s'en voulait particulièrement, mais avait préféré se faire tout petit et ne pas se la ramener, de peur d'attirer l'attention et d'être découvert. Au début, le jeune homme avait tenté de résister, de se dire qu'il allait très vite oublier et passer à autre chose. Mais maintenant, ce n'était plus possible. Ces visages le hantaient, et il ne pouvait pas en parler à qui que ce soit. Il devait mettre les choses au point, au moins avec son ami.

En général, l'expérience avait montré que Chris avait une conscience plus qu'ambiguë. Il n'avait pas fait des choses toujours très claires. Certains habitants savaient d'ailleurs qu'il n'avait pas toujours été très fréquentable, et certains de ses anciens collaborateurs connaissaient ses aspects les plus sombres, contrairement à ses fréquentations du moment. Mais aujourd'hui, il tentait de s'améliorer. C'est pourquoi il avait donné rendez vous au Sénateur dans un café sur Fairway Place. Mieux valait être dans un lieu public. Après tout, même s'ils s'appréciaient beaucoup, le joli minois de Chris risquait de passer par la case chirurgie esthétique s'il ne faisait pas attention. L'étudiant s'était préparé à toutes les possibilités, mais surtout à la colère de son ami, sans doute totalement justifiée. Il venait de se garer difficilement, soulagé d'avoir trouvé une place pas trop loin, dans le centre ville. Les rues étaient bondées, comme à chaque fois qu'il faisait beau à Miami. La ville respirait le dynamisme et la joie de vivre, un état d'esprit qu'était loin de partager Chris.

Anxieux, le jeune homme poussa la porte du café, au sein duquel pas mal de monde se pressaient. La chaleur faisait venir les badots dans ce lieu où Chris avait ses habitudes. Le gérant lui désigna, un grand sourire aux lèvres, une table libre, dans un coin. Effectivement, si on ne connaissait pas le lieu, ce coin un peu caché passait inaperçu, et il soupçonnait le patron d'en faire exprès pour ses favoris. Gabriel n'était pas dans les parages. A vrai dire, l'étudiant arrivait toujours en avance, vu la nouvelle qu'il avait à annoncer, il devait se préparer psychologiquement. Prenant une profonde respiration, le jeune homme ferma les yeux quelques instants pour se concentrer. Assis, seul devant la petite table, les mots lui venaient en tête un par un, comme un discours politique qu'il répétait. Chris savait qu'il aurait peu de temps pour convaincre Gabriel avait qu'il ne s'emporte, et qu'il fallait l'utiliser au mieux, c'était presque une question de survie, au moins pour leur amitié.
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Message(#) Sujet: Re: Terrible conversation. [Gaby] Mar 22 Juin 2010 - 8:19

    L'Aston Martin noire se stoppa net à proximité du lieu de son rendez vous avec Chris. D'un geste habile, Gabriel porta ses lunettes de soleil devant ses yeux bleus tout en refermant soigneusement la portière derrière lui. Le soleil brillait haut dans le ciel, ses spiders sens lui avaient déniché la petite place tant convoitée à côté du café - il regarda brièvement les aiguilles sa montre - et en plus il était à l'heure.

    Ces dernières semaines avaient été particulièrement éprouvantes. L'agression de Micaela, l'incarcération d'Esteban ou encore le départ de Romain, que Gabriel ne parvenait toujours pas à s'expliquer, s'étaient impitoyablement enchainés en autant d'épreuves étouffant peu à peu la flamme qui brûlait en lui. Le jeune sénateur, exsangue, dormait de moins en moins et de plus en plus mal. Était-ce les braises affaiblies de sa fierté qui le tenaient à bout de bras ? Mieux valait ne pas chercher à le savoir. Pourtant, un sourire imperceptible naquit sur son visage fatigué, évanescente bouffée de contentement. La perspective de se poser dans un café, de passer quelques heures avec Chris et de partager ainsi la liesse générale des promeneurs venus profiter de cette belle journée, marquait un peu de fraicheur dans son existence teintée d'un voile grave et affligé devenu trop pesant. Son occupation favorite du moment se résumant à broyer du noir vingt quatre heures sur vingt quatre, il était rare de voir le brun sortir de son antre. Son temps se partageait entre sa maison et son bureau. C'est donc en profitant ostensiblement de l'atmosphère décontractée de la petite place, que Gabriel atteignit sans se presser, le café dans lequel son jeune ami l'attendait. Il s'étonna un court instant de ne pas le trouver en terrasse en train de siroter un cocktail à l'ombre d'un parasol et balaya les lieux du regard sans le trouver. Puis déduisant que la chaleur l'avait sans doute poussé à profiter de la clim' en salle, il pénétra dans le café à la recherche de l'étudiant.

    Il le repéra sans trop de mal, bien que les lieux étaient bondés et que Chris ai choisit une table à l'écart. Ce dont Gabriel lui était reconnaissant. Il n'avait rien contre les bains de foule, mais il se passait volontiers du brouhaha des conversations alentours. S'avançant à travers les tables afin de le rejoindre, il remarqua l'air préoccupé de son ami avant qu'il ne lève les yeux vers lui et ne lui adresse un sourire.

    Intrigué, il prit place en face de lui non sans l'avoir gratifié d'un bonjour et d'une brève bise sur la joue en guise de salut. « Alors, qu'est ce que t'as de beau à me raconter ? » demanda t-il avec légèreté tout en ôtant ses lunettes noires qu'il déposa sur la table. « Tu t'es fais discret ces temps ci. Tout va bien au moins ? » Le sénateur n'avait pas le goût de lui faire tout un interrogatoire. Lui même n'avait pas été très disposé à donner des nouvelles ces derniers temps. Néanmoins il ne pouvait pas s'empêcher de veiller sur le jeune homme d'un peu trop près. Heureusement, il était bien moins inquisiteur qu'avec Andrew, mais il fallait reconnaître que Chris avait tout de même quelques antécédents à son actif qui poussaient Gabriel à s'inquiéter plus que nécessaire la plupart du temps. « Tu sais que mon sofa t'es réservé si tu as besoin de passer une vraie nuit au calme pour te reposer, au cas où Prunelle te mène trop la vie dure. » Derrière cette remarque plus malicieuse que réellement inquiète, sa voix grave et douce se voulait réconfortante.
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Message(#) Sujet: Re: Terrible conversation. [Gaby] Mer 23 Juin 2010 - 18:52



Chris était particulièrement nerveux. La bienséance aurait voulu qu'il attende que son ami arrive pour commander quoi que ce soit, seulement, il avait besoin de s'occuper. Alors qu'un serveur passait très de lui, l'étudiant lui hurla dessus pour qu'il prenne sa commande en premier. Une vraie harpie. Le jeune homme n'était plus vraiment maitre de lui même. Le serveur, qui devait être un étudiant en mal d'argent et d'expérience professionnelle, semblait totalement paniqué par l'affreux monstre qu'était Chris. Il balbutia difficilement ces paroles. « Je.. je vous sers quelque chose, mon..monsieur ? » Passablement agacé par une attitude aussi peu professionnelle, le jeune homme lui répondit. « Un diabolo menthe, vite. » Tandis que le malheureux marchait à grands pas vers le bar, Chris tapait sur la table avec le bout de ses doigts, dans un geste d'impatience. Heureusement, il était dans un coin du bar, les clients ne pouvaient pas remarquer l'attitude odieuse qu'il pouvait déployer face à ce pauvre employer. Alors que ce dernier revenait, terrorisé, vers lui, il empoigna son verre avec vigueur avant de lui dire, farouchement. « Et ben, c'est pas trop tôt ! » Néanmoins, ce lynchage en règle ne parvint pas à le calmer. L'étudiant tourna avec acharnement la touillette, comme pour se libérer d'un trop plein d'énergie. Il ne devait pas penser à ce qui allait se passer, non, cogiter et ressasser les évènements serait la pire des solutions. Ainsi, il fallait se concentrer sur les bulles. Comment faisaient-elles pour monter ? Etait-ce le même système que le champagne ? Avaient ils rajoutés du colorant pour que la menthe paraisse si verte ? Dans ses pensées on ne peut plus philosophiques, Chris continua à s'exciter sur son pauvre petit bâton, si bien que son diabolo déborda du verre dans un raz de marée verdâtre. Néanmoins, le jeune homme ne le remarqua même pas, puisqu'il fut interrompu par l'arriver d'un grand homme aux lunettes noires.

Chris le trouva plutôt en forme, compte tenu des circonstances. Le jeune homme tenta de se calmer, de reprendre ses esprits, avant l'arrive complète de son ami. Il voulut commencer à essuyer les petites flaques vertes avec le revers de sa main. Gabriel avait l'air plutôt serein et décontracté, ce qui lui semblait plutôt rassurant, puisque le sénateur ne sortait plus tellement de chez lui depuis quelque temps. Il avait donc peut être pris de la distance avec ce qu'il venait de se passer, il avait visiblement reprit du poil de la bête. « Alors, qu'est ce que t'as de beau à me raconter ? » Son ami avait l'air avenant, beaucoup moins intimidant que lorsqu'il était en public. Chris l'avait vu agir dans le cadre professionnel, on pouvait dire qu'il ne plaisantait pas. Toujours particulièrement nerveux, ses mains tremblaient alors qu'il tentait de saisir son verre pour se donner une contenance. Avant qu'il n'ait eu le temps de trouver une réponse qui puisse paraître satisfaisante, Gabriel enchaina, pour préciser sa question. « Tu t'es fais discret ces temps ci. Tout va bien au moins ? » Une attitude un brin inquisitrice que l'étudiant ne lui reprochait absolument pas. D'habitude, sentir que quelqu'un couvre vos arrières était rassurant. D'autant que cela ne risquait plus de durer bien longtemps. Un sourire timide aux lèvres, qui ne semblait pas vraiment sincère tant il préfèrerait se trouver à mille lieues d'ici, Chris répondit néanmoins. « Bah écoute, il ne se passe pas grand chose, on fait comme on peut. J'ai préféré ne pas trainer dans tes pattes, t'as eu pas mal de choses à gérer en même temps, pas besoin de te donner du travail supplémentaire. Et puis, j'ai l'impression que de grandes forces maléfiques s'abattent sur nous, il est peut être plus sage de ne pas rester trop longtemps ensemble, question de survie. » L'étudiant afficha un sourire timide. L'humour était un moyen pour lui de penser à autre chose, de s'évader des terribles révélations qui allaient avoir lieu. Il se devait de ne pas reculer, ne pas juste passer un après midi sympa avec un ami. Non, il lui devait la vérité. L'avoir vu aussi abattu après l'agression de Micaela lui avait sincèrement fendu le cœur, et aujourd'hui, Chris avait décidé d'être digne de ses bijoux de famille, et de déballer la vérité. « Tu sais que mon sofa t'es réservé si tu as besoin de passer une vraie nuit au calme pour te reposer, au cas où Prunelle te mène trop la vie dure. » Gabriel semblait vraiment tenter de rendre tout cela plus difficile. L'étudiant risquait vraiment de perdre un ami, un ami qui lui était cher. Le voir si prévenant aurait du, d'habitude, le mettre du baume au cœur, c'était sans doute le but. Mais, à cet instant, le jeune homme se sentait plutôt misérable et carrément indigne de l'amitié qu'il pouvait lui porter. Chris baissa les yeux, il ne put répondre. A ce moment, Prunelle pouvait bien dévaster la maison, le jeune homme n'en aurait eu que faire. Il prit une profonde inspiration pour se donner du courage. Lâchant son verre d'un peu haut, il fit un bruit sec en retombant sur la table, sans néanmoins se renverser. L'étudiant ne prit même pas la peine de regarder son verre, il planta son regard dans celui de Gabriel, ayant du mal à le soutenir. Lui qui avait plutôt l'habitude de plaisanter, une telle attitude ne présageait rien de bon. « Gaby... j'ai quelque chose à te dire... »
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Message(#) Sujet: Re: Terrible conversation. [Gaby] Jeu 15 Juil 2010 - 18:29

    Quelque chose clochait. Il ne savait pas quoi, mais si Gabriel avait eu un radar à emmerdes dans un coin de sa tête, celui-ci aurait eut de bonnes raisons de s'affoler. Les 'grandes forces maléfiques' même sur le ton de la plaisanterie, ça n'augurait rien de bon. Sans être excessivement paranoïaque, Chris était en plus, ce genre de personne qui avaient reçues à la naissance un don du ciel pour se mettre dans des embrouilles pas possibles. En fait Gabriel se demandait parfois si c'était un trait de caractère qu'il partageait avec Esteban juste dans un accord tacite des deux hommes pour lui rendre la vie impossible ou s'il suffisait d'agiter un bon petit Chris bien juteux sous le nez des problèmes pour que ceux-ci se jettent sur lui la bave aux lèvres.

    Toutefois, n'étant pas en reste niveau rebondissement imprévus depuis les six derniers mois, le brun se garda de faire une quelconque une remarque et se contenta de s'installer un peu plus au fond de sa chaise dans une pose qui se voulait un minimum décontractée.

    Puis le fracas du verre retombant lourdement sur la table lui arracha presque un sursaut, immédiatement suivit d'un regard scrutateur sur le visage de Chris. Les yeux baissés, il avait l'air bien plus nerveux et mal à l'aise que Gabriel ne l'aurait soupçonné. Il cru d'abord avoir touché un point sensible en évoquant Prunelle. Est ce qu'il lui était arrivé quelque chose ? Ou son mariage avec Jeremiah lui donnait-il du fil à retordre ? En fait leur union était restée assez mystérieuse pour le sénateur et il n'avait jamais réellement osé questionner Chris sur le sujet. Tout comme il s'était gardé d'émettre trop de réserves quant au jeune âge de l'étudiant pour assumer de tels engagements. D'abord parce qu'après avoir quitté Micaela pour un homme. Puis l'homme pour sa carrière. Et enfin, s'être vu attribué une relation aussi fictive que médiatisée avec un Berrington célèbre pour avoir braqué une banque, on pouvait raisonnablement s'accorder à dire que Gabriel, tout sénateur qu'il était, manquait légèrement de crédibilité en matière de conseil matrimonial.

    Mais surtout, il préférait faire au mieux pour soutenir le jeune homme plutôt que de l'assaillir de doutes et de remises en question, alors que celui-ci faisait de son mieux pour laisser derrière lui le délinquant qu'il avait été. Aussi quand Chris capta son regard avec le plus grand sérieux du monde et déclara « Gaby... j'ai quelque chose à te dire... » avec tout ce qu'une telle phrase pouvait comporter d'inquiétant quand elle venait de lui, Gabriel voulu d'abord croire à une blague. Il allait éclater de rire bêtement, et s'exclamer « Poisson d'avril !» (oui, en juin...) ou lui annoncer LA bonne nouvelle de l'année (ce qui n'était pas très difficile vu la continuité pourrie de 2011).

    « Tu me fais marcher. » tenta Gabriel avec espoir. Puis, ne le voyant pas pour autant desserrer les mâchoires, il sentit son corps se tendre avec appréhension. Non Chris ne le faisait apparemment pas marcher. Tant pis, on était plus à une mauvaise nouvelle près de toute façon. Il poussa un bref soupir et haussa les épaules dans un effort considérable pour masquer sa crainte d'être déçu. Ce n'était pas parce que Chris avait quelque chose d'important à dire que c'était forcement la fin du monde. Et si c'était le cas et bien...ce n'était pas nécessairement de sa faute non plus. « Te connaissant, je m'attends à tout. » D'un geste de la main, le sénateur invita son ami à poursuivre. « Alors pas la peine de ménager le suspens, je préfère ménager mes nerfs. »
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Message(#) Sujet: Re: Terrible conversation. [Gaby] Dim 18 Juil 2010 - 16:50


L'heure était grave. Alors qu'il continuait à tripoter nerveusement cette pauvre touillette qui n'avait rien demandé, Chris tentait de tourner les phrases de manière à les rendre moins horribles. Seulement, peu importait les mots, le fond était tout de même terrible. Affolé, Chris tentait de se contenir, de cacher ses sentiments, pour éviter de les propager et de rendre la situation encore pire qu'elle ne l'était déjà. Les images lui revenaient en tête, toutes plus atroces les unes que les autres. Pendant tout ce temps, Chris s'était appliqué à faire bonne figure, à tout garder au fond de sa mémoire. Il faisait des cauchemars affreux, il avait du mal à dormir la nuit, en plus de tous ses ennuis. A chaque fois qu'il entendait une sirène de police, ce qui arrivait assez souvent en ville, l'étudiant avait peur que ce soit pour lui, que Micaela se soit souvenu de quelque chose ou qu'il ait laissé une trace, sans le faire exprès. Seulement, avec le temps, le jeune homme avait ressenti le besoin de faire part de cette terrible erreur à Gabriel. Auprès des autres habitants d'Ocean Grove, il avait acquis des automatismes, il pouvait bien prendre son plus bel air désolé et hocher la tête d'un air entendu. Mais, puisqu'il était très proche de Gabriel, il ne pouvait pas lui cacher tout cela plus longtemps. Malgré le temps qui était passé, sa culpabilité générale qui se faisait moins forte, le fait que tout le monde reprenne son train-train quotidien, cette petite lueur de tristesse et de désespoir dans les yeux de son ami lui fendait le cœur. C'est alors que Chris s'appliqua à regarder son ami dans les yeux, de bien rester encré dans la réalité pour tenter de gérer cette situation au mieux. Avant de commencer, l'étudiant jeta un coup d'œil aux personnes autour de lui. Au fond, il avait beau profondément apprécier Gabriel, il connaissait son caractère parfois très impulsif, presque violent. Ainsi, il était bien content de ne pas être seul, la présence de toutes ces personnes allait le retenir. Il lui faudrait un peu de temps pour s'expliquer, quelques secondes nécessaires.

Chris décida de faire vite. D'ailleurs, Gabriel semblait plutôt d'accord. « Te connaissant, je m'attends à tout. Alors pas la peine de ménager le suspens, je préfère ménager mes nerfs. » Chris était vraiment peiné. Manifestement, Gabriel ne semblait pas mesurer l'ampleur de la situation. Après tout, le jeune homme devait bien avouer qu'il était un véritable nid à problèmes. Mais, cette fois-ci, c'était différent. Il prononça ces mots très vite, en articulant bien, très distinctement, pour ne pas avoir à se répéter. C'était bien assez difficile, une seule fois. « Gaby, j'ai agressé Micaela, la dernière fois. Je suis vraiment, vraiment désolé, crois moi. » Chris cherchait ses mots. A ce moment, il voulait vraiment limiter la casse, mais surtout, ne pas laisser le temps à Gabriel de gamberger, et de pouvoir réagir en conséquence. Ainsi, très vite, le jeune homme enchaina. « Il faut que tu me crois, vraiment, je regrette. Mais je n'ai pas eu le choix. J'ai pas fait ça pour le plaisir. C'est eux. Ils m'ont obligé à le faire. » Chris reprit sa respiration, en poussant un profond soupir. Il lui devait plus d'explications, forcément. D'ailleurs, il n'osait même pas le regarder, sans doute la honte. Chris reprit en vitesse, avant que le sénateur n'ait eu le temps de dire quoi que ce soit. « Ils m'ont dit que, si je ne le faisais pas, ils iraient dire que tu m'as aidé à sortir de la bande de New York. Tu aurais eu de très gros ennuis... je n'ai pas eu le choix ! » Tous ces instants particulièrement pénibles lui revenaient en tête. Toujours le visage tourné vers son diabolo menthe, il en prit une gorgée rapidement. Oui, Chris appréhendait très fortement la réaction de son ami. Il savait qu'il prenait un très grand risque en lui révélant tout cela. Et, en plus, pour le moment, il ne se sentait pas mieux à l'idée d'avoir tout dit. Malgré le vacarme dans le café, Chris avait l'impression qu'un silence pesant s'était abattu dans la salle. A vrai dire, les choses tournaient encore plus mal qu'il ne l'aurait pensé. Gabriel ne disait rien, mais en plus, l'étudiant n'arrivait pas à lire sur son visage ce qu'il pouvait bien penser. Allait-il lui hurler dessus ? L'insulter ? Être compréhensif ? Chris préféra ranger ses mains sous la table, sur ses genoux, pour que son ami ne puisse pas voir qu'il tremblait comme une feuille. Ces sentiments intenses étaient dus au fait qu'il avait eu à revivre ces moments douloureux en les racontant, que ces souvenirs lui étaient revenus en mémoire alors qu'il aurait préféré éviter d'en arriver là. Mais surtout, il imaginait que Gabriel pourrait vouloir s'éloigner de lui, à jamais. Oui, Gabriel avait toujours été un grand soutien pour Chris, une des rares personnes à vraiment le connaître et à savoir certains de ses petits secrets. Même si, jusqu'ici, il avait été plutôt tolérant, cette révélation pourrait très bien être celle de trop.

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Message(#) Sujet: Re: Terrible conversation. [Gaby] Sam 24 Juil 2010 - 19:24

    « Gaby, j'ai agressé Micaela, la dernière fois. Je suis vraiment, vraiment désolé, crois moi. » Gabriel entrouvrit les lèvres sous l'effet de la surprise. 'Agressé Micaela, désolé, crois moi'. Tant de notions incompatibles en une seule phrase. Il secoua négativement la tête dans un automatisme suppliant. Incapable de réaliser. Incapable d'associer Chris et le barbare cruel qui avait changé l'avenir maternel de la Mexicaine en un odieux champ de bataille. Ses lèvres remuèrent faiblement malgré lui, comme pour lui demander d'infirmer cette affreuse révélation, mais aucun son ne franchit la boule qui s'était formée au fond de sa gorge. Puis l'étudiant enchaina rapidement. Peut-être pour mettre plus rapidement un terme à la souffrance qu'il était en train de lui infliger. A moins que ce ne soit pour soulager sa conscience au plus tôt. S'il en avait une toutefois...

    « Il faut que tu me crois, vraiment, je regrette. Mais je n'ai pas eu le choix. J'ai pas fait ça pour le plaisir. C'est eux. Ils m'ont obligé à le faire. Ils m'ont dit que, si je ne le faisais pas, ils iraient dire que tu m'as aidé à sortir de la bande de New York. Tu aurais eu de très gros ennuis... je n'ai pas eu le choix ! »

    Gabriel ne croyait pas un mot de ce qu'il entendait. Du moins peinait-il à le croire. Mais il était à présent tiraillé entre la déception, l'effroi, la révolte, l'incompréhension et par dessus tout, le sénateur subissait de plein fouet le torrent dévastateur d'une fureur foudroyante, qui ce serait exprimée immédiatement s'il n'étais pas coincé dans ce maudit café bondé. Il eut soudainement l'impression d'étouffer. Prit au piège par le flot incontrôlable de sentiments déferlant en lui et pourtant forcé au contrôle physique le plus total. Acculé dans un lieu public où son statut de sénateur lui interdisait le moindre coup d'éclat.

    « C'était toi... » articula Gabriel d'une voix basse, rendue rauque de colère contenue. « Qu'est ce que ça t'as fait quand tu as abattu ta batte sur elle ? Est ce que tu l'as regardée dans les yeux ? Ou est ce que tu fuyais son regard comme tu fuis le mien en ce moment ? Est ce que tu as patiemment attendu qu'elle soit seule et sans défense, pour assurer tes arrières comme tu l'as fait aujourd'hui en me piégeant dans ce bar ? » Il s'interrompit alors, sa bouche envahie par un dégout profond envers cet homme qui l'avait mené ici exprès, dans un nouvel élan de fourberie écœurant. Il serra les poings si fort afin de museler son agressivité latente et de ne pas se lever brusquement de sa chaise pour lui rendre chaque coup qu'il avait avait porté à Micaela, que ses ongles s'enfonçaient maintenant cruellement dans ses paumes. Son regard insondable braqué sur celui fuyant de Chris, il voulait lui aboyer de le regarder dans les yeux. D'y lire toute la haine viscérale qu'il portait à son abjecte personne à ce moment précis.

    « Et tu parles de choix ? Regarde les tes choix ! » Il avait élevé la voix sans le vouloir, et dut s'armer de tout son sang froid pour baisser d'un ton « Comment...comment as tu pu me choisir moi plutôt qu'elle ? J'aurai affronté de mon plein gré l'enfer que tu lui as fait traverser si seulement tu me l'avais laissé le choix. » Faire tomber Pride sans tenir compte des sentiments de la jeune femme à son égard avait été une chose. Un acte égoïste pour lequel Gabriel avait essuyé la rancœur de la belle métisse. Mais s'en prendre à elle directement à causes de leurs fautes, c'était inconcevable.

    « Et tu sais pourquoi ? » Il y eut un très court silence tendu durant lequel il toisa férocement son interlocuteur « Parce que je ne suis pas comme toi Chris. Je ne suis pas un lâche. »

    Comment Chris avait-il pu accepter une chose pareille ? Pourquoi ? Comment le sénateur avait-il pu paraître si inhumain que le jeune homme ai choisit de sacrifier Micaela et son enfant sur l'autel de sa carrière ? Gabriel n'avait jamais demandé ça. Il ne l'avait jamais voulu. Et pourtant, Chris avait jugé que c'était le bon choix à faire. Comment pourrait-il seulement regarder de nouveau la Mexicaine en face ?
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Message(#) Sujet: Re: Terrible conversation. [Gaby] Dim 25 Juil 2010 - 14:09


Gabriel semblait complètement sous le choc. Au moins, le lieu était bien choisi. Chris connaissait suffisamment bien son ami pour savoir que ses vieux démons referaient surface dans de telles circonstances. Pour l'avoir vu à l'œuvre, l'étudiant s'estimait déjà heureux de ne pas avoir affaire aux coups du sénateur, qui pouvait se montrer très violent. Alors qu'il attendait une réaction de Gabriel, le jeune homme baissa les yeux vers son verre. Celui ci était vide, et pourtant, il lui semblait vraiment passionnant. Même sans le regarder vraiment, Chris pouvait deviner la déception et la colère dans les yeux de son ami. D'ailleurs, le serait-il un jour à nouveau ? Rien n'est moins sur. Déjà, récemment, Chris avait perdu Neal, décidément, il n'arrivait pas à gérer tout ce qui lui arrivait, et prenait très souvent les mauvaises décisions. A chaque fois qu'il avait l'impression d'évoluer, de devenir plus adulte, il butait sur un problème, son passé peu glorieux refaisait surface, le poursuivait pour lui pourrir la vie. Enfin, après quelque secondes qui lui semblèrent interminables, Gabriel prit la parole. « C'était toi... » articula Gabriel d'une voix basse, rendue rauque de colère contenue. « Qu'est ce que ça t'as fait quand tu as abattu ta batte sur elle ? Est ce que tu l'as regardée dans les yeux ? Ou est ce que tu fuyais son regard comme tu fuis le mien en ce moment ? Est ce que tu as patiemment attendu qu'elle soit seule et sans défense, pour assurer tes arrières comme tu l'as fait aujourd'hui en me piégeant dans ce bar ? » C'est à cet instant précis que l'esprit de Chris quitta la pièce. Le sénateur pourrait mal le prendre, pourtant, c'était pour aller vers de pensées bien plus sombres qu'une dispute. Alors que son ami lui demandait ce qu'il avait ressenti, Chris revoyait chaque détails de la scène, les yeux suppliants de la jeune femme, son visage ensanglanté, l'instant de panique qu'il avait du réprimer pour mener à bien son action. Ces images qu'il avait mis tant de temps à refouler. Les lèvres de Chris tremblèrent, pourtant, il ne devait pas craquer. Non, Gabriel n'attendait pas de lui qu'il s'apitoie sur son sort, bien au contraire. D'ailleurs, le jeune homme n'eut même pas la force de répondre à Gabriel, tant il était bouleversé. Jusqu'ici, il avait réussi à faire bonne figure, ne rien laisser transparaitre face aux autres habitants. Seulement, là, c'était son ami, et visiblement, Chris aurait pu difficilement lui faire quelque chose de pire. Au moins, maintenant, il en était conscient.

Chris fut totalement de retour au monde présent quand Gabriel reprit la parole, sur ce même ton haineux, qui semblait viser à accabler Chris. C'était plutôt logique, et même assez réussi. « Et tu parles de choix ? Regarde les tes choix ! » Il avait élevé la voix sans le vouloir, et dut s'armer de tout son sang froid pour baisser d'un ton « Comment...comment as tu pu me choisir moi plutôt qu'elle ? J'aurai affronté de mon plein gré l'enfer que tu lui as fait traverser si seulement tu me l'avais laissé le choix. » Après quelques secondes, le sénateur ajouta. « Et tu sais pourquoi ? » Il y eut un très court silence tendu durant lequel il toisa férocement son interlocuteur « Parce que je ne suis pas comme toi Chris. Je ne suis pas un lâche. ». A ce moment, Chris osa enfin regarder le sénateur dans les yeux. L'étudiant avait, inconsciemment, voulu se décharger sur une pseudo-protection de son ami. Seulement, les choses étaient faites ainsi, Gabriel n'avait pas eu son mot à dire, et même si Chris non plus n'avait pas tellement eu le choix, il avait du dégout pour lui même, et pour les actions qu'il avait pu commettre. Si seulement il s'en était rendu compte plus tôt... Après quelques secondes, Chris tenta de parler un peu. Rester muet comme une tombe n'arrangerait rien, même s'il savait qu'il ne pourrait pas trouver les mots justes dans une telle situation, ils n'existaient pas. « C'est mon choix, celui que j'ai fait. Je l'ai peut être même fait pour moi. Au fond, pour toi, que ce soit un chantage vis à vis de toi ou quelqu'un d'autre, peu importe. C'était mon choix. » A vrai dire, en parlant de tout cela à Gabriel, Chris savait qu'il allait faire revenir à la surface des souvenirs très déplaisants. Seulement, voir son ami dans cet état, il ne pouvait plus le supporter. Effectivement, avec le recul, on peut trouver tout à fait ironique de voir Chris s'occuper du bien être des autres. Seulement, le jeune homme était complètement perturbé en ce moment, avec les nombreuses responsabilités qui lui tombaient dessus. Mais, maintenant qu'il avait tout dit, il ne voulait pas que le sénateur se sente coupable de quoi que ce soit. Lui même, de toute façon, ne pouvait pas se sentir plus mal... enfin, c'était ce qu'il croyait. Chris ne reconnaissait plus son ami. Toute cette haine qu'il pouvait dégager, cette envie de lui arracher la tête pour la donner en pâture aux vautours, de lui faire subir tous les supplices que les tordus du Moyen Age avaient pu inventer, voilà ce qu'il pouvait voir lorsqu'il croisait le regard du jeune homme. Complètement tétanisé sur sa chaise, l'étudiant priait pour que cette situation se termine au plus vite. Qu'il frappe, qu'il hurle, qu'il parte, peu importe. Dans un premier temps, Chris avait voulu limiter la casse. Mais maintenant, il voulait que cela se finisse. Le jeune homme se rendait compte qu'il n'arriverait pas à faire passer la pilule à son ami, c'est pourquoi la situation n'en devenait que plus pénible.
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Message(#) Sujet: Re: Terrible conversation. [Gaby] Jeu 12 Aoû 2010 - 20:32

    Il n'y avait plus personne dans ce café. Plus personne qui importait. Le monde autour d'eux semblait s'être ralenti, les discussions alentours lui parvenait dans flot sourd. Seul régnait le silence, abattu comme une chape de plomb entre Chris et Gabriel dont le sang affluait dangereusement dans les tempes. Il inspira par les narines une longue bouffée d'air alors que celui de ses poumons lui semblait brûlant, vicié. S'obligea à garder les yeux braqués dans ceux de Chris qui daignait enfin lui faire face, sentit l'air remonter ses sinus et s'infiltrer jusque dans les cornées.

    « C'est mon choix, celui que j'ai fait. Je l'ai peut être même fait pour moi. Au fond, pour toi, que ce soit un chantage vis à vis de toi ou quelqu'un d'autre, peu importe. C'était mon choix. »

    Cette phrase fut celle de trop. Gabriel aurait voulu le voir paniquer, s'effondrer, prétendre avoir pété les plombs sous la pression. Mais pas ça. Pas l'assumer. Pas jouer à l'homme alors qu'il n'était qu'un gosse. Sa réaction fut totalement hors du précieux contrôle qu'il s'efforçait de maintenir sur son propre corps. En une seconde, il se dressa, renversant dans son élan le verre posé sur la table qui vint se fracasser au sol dans une explosion aigüe de verre brisé. Puis il agrippa avec force le col de Chris, le forçant à se relever, son visage à présent tout proche du sien.

    « Ce qui m'importe, espèce de sale petit bâtard, c'est que tu as battu Micaela, tué son enfant et qu'aujourd'hui, tu as l'audace de me l'annoncer en prétextant l'avoir fait pour moi. » Sa voix grave et grondante comme un rugissement s'était faite basse. Consumée par l'effort qu'il déployait pour ne pas le frapper de son autre main. « Alors maintenant, on va sortir tous les deux et tu vas te mettre à table. Et crois moi Chris, tu préfères avoir affaire à moi qu'à Berrington. Parce que c'est pas aux flics que je vais te livrer quand j'en aurais finis avec toi. »

    Sur ces mots il traina l'étudiant derrière lui sous les yeux interdits des clients du bar. Gabriel avait beau être hors de lui, il n'avait pas encore révélé son véritable caractère. Quand il était vraiment en colère, quand le déclic se produisait dans sa tête, sa voix perdait toute inflexion, devenait monocorde, et une rage brûlante lui vrillait le crâne, occultant toute peur, toute raison, toute empathie. S'il lui restait encore assez de sang-froid pour retenir le fauve qui lui déchirait l'estomac, c'était parce qu'au fond de lui, une voix lui martelait qu'ils étaient dans un putain de lieu public et qu'il se devait de faire profil bas.

    Alors qu'il passait le seuil du café, Chris sur les talons, un premier flash malmena violemment ses rétines furibondes. Le sénateur pila net, cligna des yeux et lâcha l'étudiant dans un réflexe alors qu'une voix féminine fusait dans sa direction.

    « Sénateur McAllister ! Aviez vous connaissance de la relation que votre père a partagé avec Pamela Griffith avant votre naissance ? »

    Deuxième flash. Un micro pointé devant sa bouche, une caméra. Non plusieurs caméras. Une horde de journalistes lui faisait face. Alors que sa vue faisait le point sur l'embuscade que la presse leur avait tendu à Chris et lui, la question qu'on venait de lui poser résonna dans son esprit. D'abord dénuée de sens. « Mon père ? » murmura lentement Gabriel pour lui même. Au milieu de la foule de rapaces qui lui hurlaient dessus, la silhouette mince d'une jeune femme se démarqua afin de capter l'attention du brun.

    « Tracy Wilson, du Miami Herald Journal. Que s'est-il passé pour que votre propre mère, Pamela Griffith si l'on s'en tient à sa version de l'histoire, vous ai fait passer pour le fils d'un autre couple ? Votre mère adoptive vous avait-elle confié ce secret ? Et enfin, permettez-moi sénateur : n'avez-vous pas peur que, justement, en voulant dissimuler cette filiation avec Chris Griffith-Matthews, vous ne faites que conforter l'opinion public quant aux rumeurs qui vous prêtent une liaison avec Maât Blythe-Sheldon ainsi que Pride Berrington ? »

    Un haut-le-cœur souleva Gabriel, pour mieux l'écraser. Il tourna un instant la tête vers Chris qui semblait aussi choqué que lui. Une liaison entre la mère Griffith et son père ? Il refusait d'y croire une seconde. Elle ne pouvait pas être sa mère et encore moins Chris son frère. Pas maintenant. Pas dans ces conditions. Jamais.

    Armé de tout son aplomb, le sénateur leva pourtant la main d'un geste impérieux afin de faire taire la marée humaine.

    « Miss Wilson, comme vous le savez, mon père est tombé dans le coma il y a sept ans de cela suite à son agression. Quant à ma mère, j'entends par là Vivianne McAllister, elle est une femme dépressive depuis cette tragédie qui a frappé notre famille. Il est facile de s'attaquer ainsi aux êtres les plus meurtris et incapables de se défendre de telles allégations. Si cette soit disant révélation, dont Pamela Griffith n'a conscience qu'aujourd'hui, ne contient ne serait-ce qu'une note de vérité, vous en serez la première avertie. En attendant, je suis à la tête de ma famille, et je ne laisserais personne colporter des ragots visant uniquement à blesser mes proches.
    Dissimuler mon lien fraternel avec Chris Griffith-Matthews ? Loin de moi cette idée, je n'étais même pas au courant de ce nouveau scandale. Chris est pour moi un ami très cher... 
    » Un nouveau haut-le-cœur le secoua derrière son sourire commercial « ...dont je n'ai jamais cherché à m'éloigner, et surtout pas suite à son union avec un homme. Je n'ai que faire des rumeurs et croyez le, je n'ai rien à cacher sur ma vie sentimentale...Je vous remercie. »

    Plus que jamais Gabriel faisait face, debout sans broncher sous la pluie battante de questions, il se força à sourire encore quelques secondes.

    Ne restait plus qu'à partir avant que Chris ne foute tout en l'air.
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Message(#) Sujet: Re: Terrible conversation. [Gaby] Ven 13 Aoû 2010 - 20:15


Chris connaissait Gabriel depuis très longtemps, vraiment très longtemps. Mais surtout, il ne l'avait pas toujours connu très sage. C'est pourquoi, alors qu'il semblait commencer à avoir du mal à se maitriser, et même s'il avait une forte appréhension, Chris faisait son possible pour ne pas s'effondrer. Il savait qu'il allait recevoir pas mal de reproches, qui étaient sans doute mérités, et le jeune homme avait tenté de s'y préparer, comme il le pouvait. Il n'y avait pas vraiment de bonne manière de réagir à ce genre de chose. Petit à petit, la pression semblait monter, et Chris appréhendait très fortement ce qui pouvait se passer, puisqu'il avait pris un risque en lui révélant tout cela. Les sentiments se bousculaient dans sa tête, alors qu'il ne faisait que subir, ne sachant absolument pas comment arranger les choses, ou si c'était même possible. Dans une violence que peu de personnes soupçonnaient chez le Sénateur, celui ci se leva pour agripper fermement le col de son interlocuteur. Chris savait que se débattre ou tenter de reculer ne ferait qu'empirer les choses, exciter les animaux et le rendre encore plus en rage. Alors que le verre qu'il venait de boire se fracassa sur le sol, tous les clients se tournèrent vers eux. Ils devaient offrir un spectacle bien étrange. Leurs visages étaient proches, Chris s'arrêta de respirer. Le temps semblait s'être suspendu, la situation n'allait jamais se terminer, et Chris craignait véritablement la suite des évènements. « Ce qui m'importe, espèce de sale petit bâtard, c'est que tu as battu Micaela, tué son enfant et qu'aujourd'hui, tu as l'audace de me l'annoncer en prétextant l'avoir fait pour moi. » Ses mots étaient durs. Chris s'enfonçait sur son siège, il voulait disparaître, se faire tout petit. Pour une fois, il tentait de prendre ses responsabilités, mais vu comment tout cela tournait, ce n'était sans doute pas une expérience qu'il allait retenter de sitôt. D'ailleurs, il ne se doutait pas de ce qui allait l'entendre plus tard, sinon, il serait parti au plus vite, sans demander son reste. « Alors maintenant, on va sortir tous les deux et tu vas te mettre à table. Et crois moi Chris, tu préfères avoir affaire à moi qu'à Berrington. Parce que c'est pas aux flics que je vais te livrer quand j'en aurais finis avec toi. » Au fond de lui, Chris était terrorisé. Il essayait de ne pas le montrer, mais le fait qu'il ouvre de grands yeux et qu'il ne parle pas pouvait mettre la puce à l'oreille de son ami, s'il pouvait encore l'appeler ainsi. C'est pourquoi il décida de se laisser faire, et de se lever docilement. Après tout, s'il commençait à lui répondre méchamment, se débattre, Gabriel risquait de se mettre encore plus en colère.

Il lui serrait le bras de toutes ses forces, Chris sentait son sang qui circulait un peu moins bien, il devait faire de grandes enjambées pour suivre le Sénateur, et s'en aller le plus vite possible de ce lieu où tout le monde les avaient repéré, sans doute. Le pire était à venir, et sans doute pas pour les raisons que Chris imaginait. Il se voyait déjà, dans une pièce sombre, avec une forte lumière qui lui éclairait le visage, comme dans un interrogatoire. Dans la pièce de torture secrète de Gabriel, quoi. D'ailleurs, en pensant à cela, il fit un pas en arrière, en sentant les flashs dans ses yeux, faisant le rapprochement avec la situation de torture. Ainsi, lorsque McAllister lui lâcha le bras, Chris porta sa main sur son membre endolori. Une voix féminine vint leur agresser les tympans de sa voix stridente. « Sénateur McAllister ! Aviez vous connaissance de la relation que votre père a partagé avec Pamela Griffith avant votre naissance ? » Chris ne comprenait rien. En fait, il avait la bouche légèrement entr'ouverte, dans un réflexe de survie, il s'était un peu reculé, pour ne plus être au premier plan. Parfois, être lâche de nature avait du bon, quoi qu'on puisse en dire. Une autre femme revint à la charge, alors que les informations arrivaient petit à petit au cerveau du jeune homme. « Tracy Wilson, du Miami Herald Journal. Que s'est-il passé pour que votre propre mère, Pamela Griffith si l'on s'en tient à sa version de l'histoire, vous ai fait passer pour le fils d'un autre couple ? Votre mère adoptive vous avait-elle confié ce secret ? Et enfin, permettez-moi sénateur : n'avez-vous pas peur que, justement, en voulant dissimuler cette filiation avec Chris Griffith-Matthews, vous ne faites que conforter l'opinion public quant aux rumeurs qui vous prêtent une liaison avec Maât Blythe-Sheldon ainsi que Pride Berrington ? » Décidément, il devait être difficile d'être un homme politique. Chris avait entendu parler depuis longtemps de toutes ces histoires, mais, visiblement, les journalistes ne voulaient pas en démordre et n'avaient que ces histoires à propos d'homosexualité à la bouche. Bien évidemment, Chris n'avait même pas eu idée d'intervenir, cette histoire était complètement folle. Le jeune homme se posait une foule de questions. Après tout, sa mère aurait bien été capable de lancer une idée complètement folle. Il ne pouvait pas réfléchir à tout cela pour le moment, les évènements récents encombraient son esprit, tout ce qu'il voulait, c'était partir en courant. Gabriel, très professionnel, retrouva un calme apparent, pour s'adresser à la foule des journalistes en furie. « Miss Wilson, comme vous le savez, mon père est tombé dans le coma il y a sept ans de cela suite à son agression. Quant à ma mère, j'entends par là Vivianne McAllister, elle est une femme dépressive depuis cette tragédie qui a frappé notre famille. Il est facile de s'attaquer ainsi aux êtres les plus meurtris et incapables de se défendre de telles allégations. Si cette soit disant révélation, dont Pamela Griffith n'a conscience qu'aujourd'hui, ne contient ne serait-ce qu'une note de vérité, vous en serez la première avertie. En attendant, je suis à la tête de ma famille, et je ne laisserais personne colporter des ragots visant uniquement à blesser mes proches. Dissimuler mon lien fraternel avec Chris Griffith-Matthews ? Loin de moi cette idée, je n'étais même pas au courant de ce nouveau scandale. Chris est pour moi un ami très cher... dont je n'ai jamais cherché à m'éloigner, et surtout pas suite à son union avec un homme. Je n'ai que faire des rumeurs et croyez le, je n'ai rien à cacher sur ma vie sentimentale...Je vous remercie. » Ce n'était pas ce débat qui paniquait le plus Chris. Après tout, le jeune homme était habitué à donner ce genre d'ennuis à son ami... qui pouvait très bien être son frère, maintenant. Il ne cachait pas sa surprise, son étonnement, et son état de panique. Contrairement à Gabriel, qui sauvait admirablement bien les apparences. Chris se souvint que ces photographies pourraient très bien se retrouver dans le journal, ainsi, le jeune homme reprit ses esprits et afficha un visage plus neutre. Il laissa à son partenaire le soin de faire le beau, lui tentait juste de ne pas montrer l'état de panique dans lequel il se trouvait. Il regardait frénétiquement Gabriel pour lui montrer qu'il était prêt à le suivre, à partir en courant. Il ne connaissait pas la marche à suivre dans ce genre de situation, Chris étouffait, il voulait juste que tout cela se termine, rentrer chez lui, et oublier cette affreuse histoire. Il restait proche de celui qui avait été si brutal quelques minutes auparavant, c'était déjà presque derrière lui pour le moment, tant il supportait mal la présence oppressante des journalistes.
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Terrible conversation. [Gaby]

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