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 Il y a comme du mensonge dans l'air | Xiu Juan Dewyze & Enery Delaney

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Message(#) Sujet: Il y a comme du mensonge dans l'air | Xiu Juan Dewyze & Enery Delaney Sam 5 Juin 2010 - 2:04

&
©MaquizZ & ©Elegy

Il y a comme du mensonge dans l'air

Enery venait tout juste de rentrer d’une longue journée de travail. Il était passé à un chantier, sur lequel il avait dessiné tout le plan de la maison. Passant en revu tous les moindres détails et parlant avec le chef de chantier pour voir où tout cela menait. Il était près de dix-huit heures quand celui-ci passa les portes de sa maison, les bras chargés de plans. Il était exténué. La période se faisait d’autant plus chargée. Il y avait une saison de l’année où les gens avaient tous l’idée lumineuse de bâtir en masse. Modifier un pan de maison, ou même rajouter une partie. La fatigue s’accumulait et jamais la fin ne semblait poindre. Finalement il se laissa choir sur sa chaise de bureau. Soufflant longuement pour libérer ce trop plein de tension.
Les travaux s’enchainaient à la suite. Les clients d’autant plus exigeants. Comme s’ils s’étaient passé le mot pour rendre la vie de l’architecte de plus en plus effroyable. Ce qui était un plaisir devint vite un devoir. Il ne comptait plus les heures à écouter la vie de ses clients. Certains semblaient vouloir raconter tout ce qu’il leur arrivait pour justifier un quelconque changement. Un nouvel enfant, trop petit pour ses besoins, une entrée d’argent, et même un chien. On ne se veut pas superficiel, donc on se cherche des excuses. Et tout cela pour le plus grand malheur de notre architecte. Cela faisait pourtant plus de sept ans qu’il pratiquait ce métier. Jamais il n’avait eut autant de clients à la fois. Au fur et à mesure que les années passaient, son charisme faisant effet, il avait su agrandir le nombre de ses clients et faire sa renommé. Et donc comme tout architecte travaillant pour son propre compte, il lui arrivait de recevoir des lettres lui demandant des stages, une embauche. Rien qu’une toute petite place dans ce quotidien chargé. L’occasion s’était donc présentée. Il embaucha une femme du nom de Xiu Juan Dewyze.

Son CV traînait sur le bureau, accompagné de la lettre de motivation. Une jeune femme élégante. Elle souriait avec plaisir sur sa photo, comme pour mieux se vendre aux futurs employeurs. Enery prit la feuille et la parcourut pour la énième fois. C’était bien la première fois qu’il embauchait quelqu’un et la peur d’une quelconque erreur ne pouvait être évitée. Elle avait pourtant des expériences professionnelles qui défieraient les plus grands, des études qui se déroulent à merveille. Et en autre une capacité à travailler en groupe semblait-il. Mais que demande le peuple ?
Toutefois, en homme précautionneux, notre architecte décida d’appeler ses anciens employeurs pour connaître leur avis sur ce bout de femme. Elle avait pourtant tout pour réussir et n’allait probablement pas le décevoir.

Ce fut donc avec stupeur qu’il découvrit que ceux-ci n’avait encore jamais entendu parler d’une quelconque Xiu Juan Dewyze. Ne serait-ce même en tant que stagiaire. Et ceci s’avéra être juste pour toutes les références écrites sur son CV. Auparavant compétente, elle était retombée au stade d’une simple étudiante qui cherche son premier emploi. Quelle inconsciente pouvait donc faire cela ? Voulait-elle seulement embellir sa carrière ou bien cacher quelque chose ? Cela l’intrigua d’autant plus qu’il devait demander des comptes à la jeune femme.
La mine énervée, par ce manque de respect criant, Enery commença à composer le numéro de la jeune femme. Il ne supportait guère que l’on se moque de lui, c’était même pire, on se foutait littéralement de sa tête. Prend moi pour un con, et fout moi un nez de clown sur le pif… C’est qui le pigeon alors ?
Malheureusement pour Xiu Juan, celui-ci tomba sur le répondeur ce qui a peut-être décalé l’heure de la sentence mais l’obligera à le rencontrer en face à face. Ce qui était probablement pire qu’une remontrance violente au téléphone.

« Madame Dewyze, j’ai eut une étrange surprise cette après-midi à propos de vous. Donc je vous prierez vivement de venir me retrouver au café à Fairway Place à vingt heures précise. »

Sur ces quelques mots, l’architecte raccrocha. De longues lignes d’irritation se traçaient sur son front. Sa voix frémissait d’une colère contenue qui n’attendait que la rencontre pour éclater. Enery n’était pas tant que ça le genre de personne qui s’énervait pour un rien. Mais quand il s’emportait, une douce colère froide survenait qui parfois allait au-delà de ce qu’il attendait. Il avait prit soin d’accentuer les mots « étrange » et « vivement ». L’hésitation n’était pas permise et le choix inimaginable. Rien ne laissait comprendre qu’une quelconque échappatoire était possible. Et le retard n’était fortement pas recommandé.
L’architecte fixa un point imaginaire dans le mur, intrigué par la situation de la jeune femme. Jamais il n’aurait pensé que quelqu’un aurait l’audace de mentir sur son CV surtout quand il s’agissait d’un boulot aussi important. Il ne s’agissait pas là d’un petit job d’été ou d’un travail à mi-temps. Il y avait des enjeux, des clients et une part de responsabilité non négligeable. Cette femme attisait sa curiosité sans pour autant éteindre la colère qui s’enflammait en lui. De part cet acte elle montrait déjà une singularité et les raisons le troublait.

Finalement à dix-neuf heures, Enery entreprit son petit voyage vers l’endroit du rendez-vous. Animé par la même irritation froide, il ne regarda même pas les gens au bord de la route. Ce même homme qui promenait le chien de sa femme, comme soumis par cette obligation conjugale puérile. Il était déterminé à atteindre son but et assouvir une part de curiosité. Arrivant sur le parking du Fairway Place, il se gara et se dirigea vers l’entrée du centre commercial. Le café semblait l’accueillir à bras ouvert avec ses teintes chaudes et cette ambiance cocooning. Cela l’apaisant l’espace de quelques instants. Le temps de commander un café, que ce même regard très professionnel, vide de sentiment s’installa de nouveau sur son visage.
Il attendit là au fond du café. 19h55. Il était temps.


Dernière édition par Enery Delaney le Jeu 10 Juin 2010 - 2:54, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Il y a comme du mensonge dans l'air | Xiu Juan Dewyze & Enery Delaney Dim 6 Juin 2010 - 19:34

Voilà seulement 3 semaines que je venais d’être libérée de prison et j’avais encore du mal à me faire à cette nouvelle vie. La transition étant quand même dure. Passer d’une cellule de 3m², côtoyer toute la journée des femmes, des criminelles, les matons… Rester enfermée, ne pas pouvoir sortir, avec une certaine routine, à la complète liberté, mine de rien ça faisait un choc. En 8 années tant de choses avaient changées. Tous les jeunes dans la rue se baladaient des écouteurs dans les oreilles, Iphone collé à leur main. La mode, la technologie, les mentalités des personnes, tout était différent. J’avais l’impression que ça faisait une éternité que j’étais partie. Je réapprenais les plaisirs de la vie petit à petit. Comme si je redécouvrais tout pour la première fois. Et quelque part ça avait quelque chose d’effrayant. En prison les choses étaient plus simples, on était logé, nourris, traités tous à la même enseigne. Alors qu’aujourd’hui…Il fallait que je me batte pour retrouver une vie normale, me dégoter un job pour payer les taxes de la maison, l’eau, l’électricité, la nourriture. Le pire dans tout ça c’est que je n’avais personne pour m’aider. Après mon procès énormément de gens m’ont tourné le dos, à commencer par ma propre famille. Se sentir reniée, rejetée, c’est vraiment quelque chose de terrible. Certes il me restait ma meilleure amie. Mais notre amitié s’est effritée depuis fort longtemps, depuis ce fameux jour où elle s’est lâchement enfuie, me laissant seule avec un cadavre sur les bras Mais depuis elle me rendait visite en prison tous les 15 jours. Je lui avais même pardonner, après tout qui étais je pour repousser son amitié quand c’était la seule qui me tendait les bras ? D’accord elle était sûrement poussée par la culpabilité mais peut importe. En sortant je pensais vraiment retrouver une amie. Sauf qu’à la place j’y ai trouvé une traîtresse. Cette garce était mariée depuis 3 ans à l’homme de ma vie. Celui que j’avais du laisser en écopant d’une lourde peine de prison pour sauver ses fesses. Comment avait elle pu me faire une chose pareille ? Et le cacher aussi longtemps ? Moi qui croyais que le pire était enfin derrière moi je n’étais pas au bout de mes surprises. Certains jours de déprime il m’arrivait même parfois de regretter la prison. Certes j’y ai vécu des moments très durs – trois cicatrices sur mon corps sont là pour le prouver – mais j’y avais aussi rencontrer des personnes formidables. Beaucoup de femmes se retrouvaient dans la même situation que moi, là à cause d’un mari trop violent, d’un concours de circonstances. Attention je ne dis pas non plus qu’elles étaient toutes de bonnes personnes, non il y avait aussi de vraies criminelles, cruelles et sadiques qui croyaient moi valait mieux ne pas approcher. Ce petit groupe d’amie que je m’étais faite, durant toutes ces années ont s’était soudée. Aujourd’hui elles sont les seules à pouvoir me comprendre car elles ont vécu la même chose – et le vivent toujours. Alors qu’ici, dehors, si certaines personnes font semblant de compatir, d’essayer de comprendre, elles ne le peuvent pas réellement, pas avant d’avoir traversé que ce qu’avais vécu. Alors aujourd’hui je me sentais seule, oui vraiment seule, bien plus que lorsque j’étais à l’ombre.

Alors que je me trouvais dans mon jardin à planter quelques fleurs mon téléphone sonna. Le temps que je que je rentre dans la maison et le trouve il était déjà trop tard. Le nom de mon employeur s’afficha. Il laissa un message sur ma boîte vocale que j’écoutai. « Madame Dewyze, j’ai eut une étrange surprise cette après-midi à propos de vous. Donc je vous prierai vivement de venir me retrouver au café du Cocowalk à vingt heures précise. » Mon sang se glaça à l’entente de ce message. Qu’entendait il par une étrange surprise ? Tout cela ne laissait rien présager de bon. Se pouvait il qu’il est découvert mon passé ? Qu’il sache que je suis une meurtrière ? Fraîchement libérée de prison ? Dans le fond cela ne m’étonnerait guère. Beaucoup de gens ici étaient au courant de mon passé – après tout ça avait fait les choux gras de la presse il y a 8 ans de cela. Il suffisait que quelqu’un m’ai reconnu et lui ai confier. Je ne me faisais guère d’illusions lorsqu’il m’avait embauché, je me doutais bien que ce moment risquerait d’arriver top ou tard. J’avais seulement espéré que ça serait plus tard. Ou peut être me faisais je des illusions, peut être que cela n’avait strictement rien avoir avec mon passé. Seulement le ton qu’il avait employé, il me donnait l’impression d’une colère contenue. Un instant je fus tenté de lui poser un lapin. Et puis je me suis dis à quoi bon ? Il allait bien falloir que je le confronte un jour ou l’autre, et puis de toute manière je n’ai jamais été du genre à me défiler.

C’est donc anxieuse que je me rendis au Cocowalk à 19h58 pour être exact. Une fois dans le café je cherchais mon employeur du regard. Je le trouvai au fond de la salle. Je marchai jusqu’à lui et prit place en face de lui. « Bonjour Monsieur Delaney. Vous vouliez me voir alors me voilà. Que se passe t’il ? » J'avais toujours tendance à être directe. A quoi bon tourner autours du pot pendant des heures ? Autant y aller franc jeu.
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Message(#) Sujet: Re: Il y a comme du mensonge dans l'air | Xiu Juan Dewyze & Enery Delaney Jeu 10 Juin 2010 - 2:52

H.J: Désolé, vu que je suis en période de gros rush pour mon book XD, je mettrais un peu de temps pour répondre. Mais ça sera finit à partir de mardi ! Ah et j'ai mal modifié mon premier post XD, je voulais mettre Fairway Place et j'ai laissé Cocowalk haha...

Enery remuait lentement son café. Hypnotisé par la volute blanche qui s’échappait de la tasse, les yeux rivés vers un inconnu familier. Des traits asiatiques se dessinaient dans son esprit, tandis qu’il se perdait parmi ses pensées. Il ne l’avait rencontré qu’une seule fois. Une brève rencontre parmi plusieurs entretiens. Elle avait été rapide, mais brillante. Franche, coupant dans le vif du sujet. Elle ne se laissait pas déborder par des superflus et savait être directe. Elle avait tout pour être une parfaite architecte. On se devait d’être parfaitement claire, que ce soit dans nos explications que dans nos tracés. Le perfectionnisme était une part de ce métier qui se voulait minutieux. Une ligne parfaite symbolisant la base même de tout un projet. Noir sur blanc. Tout en finesse et délicatesse. On appose le trait sur la feuille, résultat d’une multitude de calculs qui reflétait le monde réel, et on crée tout un ensemble parfait d’harmonie. Après les traits vifs d'un croquis créatif.
Pendant qu’il regardait son CV, il pouvait sentir son regard posé sur lui. Il se souvenait ainsi de ses yeux qui se tiraient en des lignes asiatiques. Dans la profondeur de ce brun envoutant. Il avait été troublé, l’espace de quelques instants.

C’est alors qu’il vit entrer dans son champ de vision, la même silhouette que ce jour-là. Elle avait cette démarche que l’on pouvait distinguer de toutes les autres. Alors qu’elle s’assit en face de lui, Enery garda son regard fixé sur la volute de fumée qui se faisait de plus en plus transparente. Evanescente. Il pouvait sentir de la détermination dans sa voix. Franche comme auparavant. C’était bien pour cela qu’il l’avait engagé. Il n’attendait pas moins d’elle.

« Bonjour Monsieur Delaney. Vous vouliez me voir alors me voilà. Que se passe-t-il ? »

Le regard de l’architecte se fit plus aiguisé, tandis que le même trouble qu’avant le gagnait. Fronçant légèrement les sourcils, il leva ses yeux pour se plonger dans les siens. Il était vrai qu’elle était charmante. Les origines chinoises pesant lourdement dans la balance. Une infime expression de confusion traversa son visage mais tellement fugace que seul un œil habitué aurait put le voir. Elle avait disparut aussi vite qu’elle était apparût. Le laissant de marbre. Glacial dans ce désert de flamme. Il aurait put continuer à se complaire dans ce trouble étrange, seulement la douce colère sommeillait encore en lui. Il finit par toucher du bout des doigts sa bague de mariage, pour que les traits de sa femme se redessinent dans les divagations. Il avait beau l’aimer, il y avait des fois de ces visages que n’importe quel homme ne pouvait ignorer. Mais pas de doute, il ne se permettrait jamais une telle erreur. L’idée même ne saurait l’effleuré. Comme une devanture de restaurant qui pourrait nous attirer. On n’y rentre pas toujours.

Son regard professionnel fixait toujours la femme dans un silence calculé. Ni trop long, ni trop court. Il la savait directe, et sans superflu. Mais lui ne souhaitait guère suivre ses règles. Il était l’employeur, il énonçait les faits point.

« Comment allez-vous madame ? »

Comme une attente que l’on fait durer avant de déclarer la sentence, Enery se faisait un plaisir de faire durer le jeu. Il n’avait que peu apprécié que l’on se joue de lui et de sa candeur. Il n’était plus un enfant que l’on amadoue à coup de jouets et d’illusions. Puis il n’avait pas encore décidé de ce qu’il allait faire. Qu’en pensait-elle vraiment ?
Il n’était pas tout à fait le genre à se jouer des autres. Il n’était pas sadique. Juste rancunier. Trois fois rien. Quelques broutilles, une vengeance bien payé et tout est réglé ?

« Imaginez un petit hérisson et une grande girafe. Cette dernière confiante de sa taille se dit, et si je jouais un petit tour à ce petit là. Après tout, que peut-il bien me faire du sol d’où il me contemple. Et on se dit, bah, elle a pas si tord que ça. Mais imaginez que ce hérisson soit plus malin qu’elle, que ferait-il ? »

Alliant niveau de langue élevé et celui de toute personne lambda, Enery signifiait là toute l’irritation qu’il ressentait. Cela n’avait probablement ni queue, ni tête pour Xiu Juan, et cela le fit sourire doucement. Comme à un enfant à qui l’on fait la morale. Il avait finit son petit récit par une question qui ne nécessitait pas de réponse. Et quand bien même celle-ci répondrait, il se ferait une joie de lui rétorquer bien le contraire. Un petit plaisir du quotidien. Magique. Comme quoi on s’amuse comme on peut. Enery ouvrit la bouche une nouvelle fois pour lui parler. Menant sa petite barque dans les eaux de son territoire. La phrase s’était posé, comme un cheveu sur la soupe. Dans un ton tout en retenu, pleine de sarcasme. Final magnifique dans son paroxisme. Il aurait put demander où se trouvait les toilettes qu’il aurait usé de la même voix.

« Sinon, euh, la catégorie expérience professionnelle de votre CV. C’est du pipo non ? Juste comme ça… »
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Message(#) Sujet: Re: Il y a comme du mensonge dans l'air | Xiu Juan Dewyze & Enery Delaney Dim 13 Juin 2010 - 18:07

[ Pas de soucis... Et puis pour le lieu je m'en doutais, ça me paraissait bizarre de le poster dans Fairway Place Laughing ]

Enery posait sur moi un regard que je qualifierais…d’indéchiffrable. Je décelais chez lui une lueur étrange qui disparut aussi vite qu’elle n’était arrivée. Et à présent il me fixait d’une manière impassible. J’avais beau essayé de savoir ce qu’il pensait, non y avait rien à faire j’aurais bien été incapable de vous le dire. Néanmoins je sentais que cela tendant plus vers de l’animosité qu’un accueil chaleureux. Volontairement Enery laissa un petit silence planer avant de prendre la parole. « Comment allez-vous madame ? » Non sérieusement ? Il se fichait de moi là. On n’allait pas perdre du temps à s’encombrer dans les formalités d’usage quand même ! Je lui avais clairement montré mon intention d’aller droit au but. Mais apparemment il ne l’entendait pas de cette oreille, comme s’il voulait faire durer le plaisir. Qui s’apparentait plus à de la torture pour moi. Qu’est ce qu’il me voulait bon sang ? « Très bien » me contentais je de lui répondre d’un ton sec, sans même lui retourner la question. Habituellement j’étais de nature patiente (une chose que j’avais apprise en prison) mais là aux vu des circonstances je ne risquais pas de tenir bien longtemps aussi calme. A croire que jouer avec mes nerfs l’amusait. « Imaginez un petit hérisson et une grande girafe. Houla je n’aimais pas du tout le début de sa phrase. Je sentais qu’il allait encore me faire poiroter. Cette dernière confiante de sa taille se dit, et si je jouais un petit tour à ce petit là. Après tout, que peut-il bien me faire du sol d’où il me contemple. Et on se dit, bah, elle a pas si tord que ça. Mais imaginez que ce hérisson soit plus malin qu’elle, que ferait-il ? » Non mais il était sérieux là ? Qu’étais-je censée comprendre avec ses phrases imagées ? Et puis la girafe dans l’histoire c’était censée me représenter moi ? Ce qui voudrait dire que lui est l’hérisson ? Ne pouvait-il pas faire encore plus vague que ça ? Son petit sourire qui s’ensuivit eu encore plus le don de m’agacer. Comme si monsieur était d’une intelligence supérieure et qu’il venait de sortir une phrase que lui seul pouvait comprendre. Ses grands airs ne me plaisaient pas du tout. Non définitivement je n’aimais pas la tournure des évènements. D’autant plus que à travers son histoire je sentais qu’il venait de dire qu’en gros je m’étais foutu de lui, mais que hey on la lui faisait pas à lui.

Je préférais ne rien lui répondre, de toute manière je me doutais qu’il n’attendait pas vraiment de réponse. Non il souhaitait juste que sa petite phrase fasse effet. Il me donnait vraiment l’impression d’être un acteur de théâtre que sais-je qui avait bien planifié son truc à l’avance. Faisant des effets de style, usant de sourire, de sarcasme. S’arrêtant de parler quant il le fallait pour donner plus d’effet et de poids à ses mots. A croire qu’il avait répété. Tout en essayant de conserver mon calme je soutenais son regard, attendant qu’il accouche enfin, pour savoir où il venait en venir. A la base j’aimais bien mon employeur, mais aujourd’hui son attitude m’irritait au plus haut point. Ne pouvait-il pas faire comme tout le monde ? Mais attention il n’avait pas fini…Roulement de tambour, j’allais bientôt assister à la chute finale. L’estocade, le coup terminal qui allait m’achever. « Sinon, euh, la catégorie expérience professionnelle de votre CV. C’est du pipo non ? Juste comme ça… » Et voilà, ça y’est le couperet était tombé. Restait plus qu’à prononcer la sentence. Ainsi il avait découvert mes mensonges à propos de mon CV fabriqué de toute pièce. Bon c’était moins grave que je ne pensais. Apparemment il n’était toujours pas au courant de mon séjour en prison, bien que ma faute n’en restait pas moins grave. Mais je ne pouvais pas dire que j’étais surprise. Je me doutais bien qu’un jour ou l’autre il découvrirait le pot au rose, j’espérais seulement que cela arriverait plus tard, lorsque je me serais montré indispensable (a). Seulement je me serais attendu à une autre réaction de sa part. A vrai dire j’aurais préféré qu’il s’énerve, qu’il me crie dessus ou quoi, plutôt que cet air nonchalant, comme si on parlait de la pluie et du beau temps. Décidément aujourd’hui ses manières ne me plaisaient vraiment pas.

Suite à sa déclaration un léger silence s’ensuivit. Malgré tout j’étais mal à l’aise. Comment allais-je me sortir de tout ça ? Car il fallait l’avouer c’était très mal engagé… Que lui répondre ? Essayer de feindre l’ignorance ? Du genre je ne sais absolument pas de quoi vous parler, ou alors la jouer franc jeu en espérant que ça paye ? Sachant que la première solution avait très peu de chances de marcher je décidais de rester fidèle à moi-même, et de lui répondre franchement. De manière très directe. Sans chichi. Ainsi espérais-je le décontenancer un peu, ne s’attendant surement pas à ce que je réagisse ainsi.« Oui c’est du pipo. Vous voulez la vérité ? Je n’ai aucun diplôme, aucune expérience professionnelle. Sauf si on compte serveuse dans des bars, et distributrice de tracts dans la rue. La seule chose à laquelle je n’ai pas menti, c’est que j’ai bien suivi des études à l’université de Miami, mais pas en architecture, en médecine. Je suis désolée mais c’était la seule manière que j’ai trouvé pour que vous m’embauchiez»
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