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 Mauvais temps, mauvais présages | Alfie

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Message(#) Sujet: Mauvais temps, mauvais présages | Alfie Mer 28 Juil 2010 - 14:36


Elle savait qu'il serait là. C'était l'endroit où Alfie venait se réfugier quand il avait besoin de calme, lorsqu'il voulait faire une pause. Le quai. D'où il était possible de contempler les bateaux entrer et sortir du port. A cette heure tardive, seulement une ou deux personnes s'y promenaient. De plus, le temps n'était pas aussi radieux que la météo annonçait, il allait pleuvoir et les derniers rôdeurs partiraient à leur tour. Sauf Alfie, peut-être. Même les albatros, signes de mauvais temps, se posaient sur l'eau, laissant aux mouettes audacieuses le pouvoir de tournoyer dans le grand ciel grisâtre. Alfie allait très mal ces jours-ci -comme chaque fois qu'un de ses proches avait des soucis, des problèmes de santé ou quelque chose de ce genre-, cela se voyait dans ses paroles, ses gestes, même son regard. Mary était consciente que Ceasar était gravement malade. Elle l'aimait beaucoup, ce petit jeune, d'ailleurs, elle tenait réellement à lui même s'il lui donnait beaucoup de fil à retordre. Mais comme d'habitude, Mary persévérait, n'abandonnait jamais la tâche de le remettre sur le droit chemin. Elle ne bougea pas durant un bon moment, observant son époux, un léger sourire sur les lèvres, mais la larme à l'oeil. Elle était soucieuse elle aussi et elle détestait voir Alfie dans cet état, cela l'attristait plus que tout. Elle s'avança lentement près de lui, sans un bruit, sans rompre ce beau silence car la mer s'en chargeait très bien. Le clapotis de l'eau avait toujours été apaisant. Elle posa sa main sur son épaule et prit une grande respiration avant de murmurer.
« Je savais que tu serais là... »
S'il décidait de rester ici, elle resterait aussi. A part s'il lui demandait de partir, auquel cas, elle le ferait. Ce n'était pas le jour ni l'heure pour le contrarier ou faire quoique ce soit de déplaisant, blessant. Et elle ne pouvait pas s'empêcher d'essayer de réconforter les autres, de se méler de ce qui ne la regardait pas, bien que dans ce cas de figure, elle était concernée également.
« Tu sais que si tu as besoin de parler, j'écouterai toujours, peu importe ce que tu dises ou ce que tu penses. » ajouta-t-elle d'une petite voix.
Quoique. C'était beau le silence aussi. Mary était très bavarde, elle avait toujours quelque chose à dire, parfois sans aucune importance et souvent, cela en prenait une aux yeux d'Alfie. En tout cas, elle préfèrait le trouver là, plutôt qu'il soit parti en mer, sur son petit bateau. Un malheur est si vite arrivé lorsqu'on n'a pas le moral. Elle se blottit dans le creux de son cou, il sentait bon, pas comme la plupart du temps, quand il puait le poisson. Cela la fit rire intérieurement. Elle avait encore de quoi trouver des sujets pour voir le bon côté des choses. C'était son côté optimiste, qui pouvait aussi lui jouer des tours. Elle ne voyait le mal nulle part, même s'il était partout. Un peu inconsciente ou innocente. De toute évidence, à soixante ans, il était maintenant trop tard pour changer. C'était presque l'âge où l'on ne vit que pour les regrets. Les regrets... Il ne vaut mieux pas en avoir. Ça fait trop mal. Elle poussa un long soupir, tentant d'enfermer son chagrin au fond d'elle-même, et de jeter la clef à la mer.
« Tu as vu ? Les oiseaux se posent sur l'eau, il va y avoir de la tempête. »
Il serait préférable de rentrer se réchauffer à la maison, près d'un feu de cheminée, regardant le bois se consumer rapidement, elle n'en avait pas follement envie, même s'il fallait se prendre une averse sur la tête, rentrer trempée jusqu'aux os et être enrhumée le lendemain. Ce n'était pas un problème majeur. Du moins, pas important, par rapport au sujet "Ceasar". Elle n'osait pas aborder ce sujet en parlant de cela, elle préfèrait que ce soit lui qui l'engage ou de ne pas en parler du tout. C'était plus simple comme ça.
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Message(#) Sujet: Re: Mauvais temps, mauvais présages | Alfie Jeu 29 Juil 2010 - 6:34

C'était finit, il n'y avait rien à faire. Ceasar allait mourir alors que lui-même vivait encore, vieux crouton qu'il était. La vie était décidément injuste. Alfie était en grande forme, mais il savait que d'un jour à l'autre, sa santé pouvait décliner. On retrouvait morts dans leur sommeil des hommes et des femmes qui, de premier abord, étaient en parfaite santé! Il aurait aimé que Ceasar puisse profiter de la vie comme lui-même l'avait fait.

Alfie avait toujours été un homme plutôt zen, qui profitait de la vie et qui ne se laissait pas abattre, du moins, rarement, par les embûches qui se glissaient devant ses pieds. Il réussissait toujours à repousser le tronc d'arbre qui lui barrait la route pour avancer. Mais ce soir-là, il n'avait pas envie de faire comme si tout allait bien. Il se sentait affreusement vieux, tout d'un coup, lorsque ceux qu'il prenait pour les jeunes tombaient malades avant lui ou mourraient avant lui, même. Ce n'était pas facile d'accepter le départ d'un être qui nous était cher et même s'il n'était pas encore partit, Alfie savait que ça viendrait. Il n'était pas médecin, mais il avait vu suffisamment de choses dans sa vie pour savoir que c'était dur de réchapper à un cancer, plus particulièrement lorsqu'elle était située au cerveau. Ce n'était plus qu'une question de temps et c'était sans doute ce qui était le plus difficile. Attendre.

Il quitta la maison bien après le repas, alors que Mary n'était pas en vue. Il avait simplement besoin de se retrouver un petit moment et il n'eut pas de mal à trouver l'endroit idéal. Ses pas le menèrent nonchalamment vers le quai qu'il gravit pour se rendre jusqu'au bout. Il fit comme les gamins et s'y assit, retirant chaussures et chaussettes en remontant ses pantalons pour laisser ses jambes dans le vide. La marée était basse et ses pieds ne touchaient pas l'eau. Il ferma les yeux en tentant d'apprécier la caresse du vent sur sa peau, même si ses pensées vagabondaient en mille et unes interrogations. Sans réponses, hélas.

Il n'avait pas entendu les pas de sa femme sur le quai, trop concentré qu'il était dans ses pensées. Il ne sursauta pas, toutefois, puisqu'elle savait l'approcher tel un cygne sur l'eau, avec la grâce du félin et la douceur des chats. Il tourna la tête vers elle et ouvrit les yeux en acquiesçant. Il était toujours là. C'était son lieu de prédilection, son jardin secret. Parfois, il pouvait rester un long moment, debout sur le quai à regarder l'horizon, simplement. Mais il se sentait las et il avait cru bon de s'asseoir.

Il passa délicatement son bras autour de la taille de son épouse pour l'entraîner délicatement à ses côtés. Il ferma les yeux et enfouit sa tête contre son épaule pour retrouver le réconfort qu'elle lui rendait si bien. « Je dois t'avouer que je ne pense pas grand chose, en ce moment. Il a encore tant de choses à vivre... C'est injuste de laisser partir un gosse. On ne devrait jamais avoir à laisser partir les gosses avant nous. » Sa soeur serait atterrée en apprenant la nouvelle. C'était atroce, tout simplement. Il déposa un baiser sur les lèvres de Mary en la serrant contre lui de façon à la sentir entre ses bras. Elle n'avait pas perdu de sa beauté et il suivit son regard lorsqu'elle le porta sur l'océan. « Ils en annonçaient... Ce n'est pas un temps pour partir en mer... »

Pourtant, le vent sur sa peau lui faisait du bien et il n'avait pas l'intention de rentrer tout de suite. Si jamais il se mettait à pleuvoir, ils pouvaient toujours s'abriter dans la cabine du bateau d'Alfie, un verre de whisky à la main. « Tu frissonnes... » Il frotta délicatement ses paumes sur les épaules de sa femme pour la réchauffer alors que lui-même n'avait pas froid.Il y était habitué.

« Je suis heureux que tu sois là. J'ai l'affreuse impression qu'il ne se passera rien de bon. Je ne sais pas pourquoi. On dirait que je me fais déjà à l'idée qu'il ne soit plus parmi nous. Que j'essaie de m'y faire, plutôt. » Il avait parlé en gardant les sourcils froncés, le regard porté vers l'océan. C'était bien le seul endroit qui ne changerait jamais. L'océan.
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Message(#) Sujet: Re: Mauvais temps, mauvais présages | Alfie Jeu 29 Juil 2010 - 18:44

Non, elle ne voulait pas. Impossible de le concevoir. Elle se persuadait du contraire. Il ne devait pas partir, il n'avait pas le droit de leur faire ça. Comme toute autre personne, il aurait dû avoir encore plein de belles années devant lui, rencontrer une jolie demoiselle avec qui il pourrait se marier, puis avoir des enfants, les voir grandir. Toutes les étapes d'une vie. En pensant à cela, Mary ne pût s'empêcher de verser une larme, qu'elle essuya aussitôt de son revers de main pour que son époux ne s'en aperçoive pas. Ces deux sujets combinés étaient beaucoup plus difficiles à encaisser et elle ne voulait pas qu'Alfie la voit craquer. Ce n'était peut-être pas la meilleure méthode pour lui remonter le moral. Mais c'était triste aussi qu'il pense qu'elle se fichait de la mort prochaine de son neveu, car oui, elle n'y était pas insensible. C'était quoi cette fierté bidon de ne pas pleurer ? Comme les gros balourds, joueurs de boxe ou n'importe quel autre sport de combat, caricaturés comme des êtres indifférents. Cela ne servait strictement à rien, seulement à se faire encore plus de peine. Elle avait toujours du mal à extérioriser, comme on pouvait le dire; elle bouillait à l'intérieur, et quand ça éclatait, il ne valait mieux pas être dans les parages au risque de s'en prendre plein la figure sans être concerné.

« Oui, c'est injuste. Injuste... »

Elle ne trouva rien d'autre à dire. Simplement répéter les mots qu'Alfie venait de prononcer même si elle n'en pensait pas moins. Elle supposa qu'il souhaiterait rejoindre sa famille en Nouvelle-Zélande, être près d'eux lorsque le moment fatidique arriverait. Elle serait là elle-aussi. Il fallait affronter ses peurs et ses craintes. Seul ou accompagné. Accompagné, c'était plus simple.

« Il fait un peu froid, tu ne trouves pas ? »

Alfie semblait réchauffé. Il était habitué à la fraicheur du soir. Elle se contenta un instant de regarder les miroitements mordorés du soleil couchant et laissa un petit sourire s'échapper. L'océan était si magnifique. Alfie avait raison d'aimer la mer. Pour une fois, Mary le comprenait. Fallait-il être triste à en mourir pour admettre que l'océan était une valeur sûre ? Il ne risquait pas de partir, lui. Il avait même tendance à grandir. Elle eût une soudaine envie de partir un jour en bateau avec Alfie, découvrir ce monde, rien qu'une fois, juste pour essayer. Cela serait sans suite. C'était simplement idiot de ne pas tenter de vivre cette expérience quand on voyait que la vie pouvait s'arrêter net, brutalement, sans avoir rien demandé.

« Tu sais, au lieu de penser qu'il nous a déjà quittés, profite des jours restants, ils sont comptés. Ceasar n'aimerait pas que tu fasses comme s'il était déjà parti. Cela va être dur de s'y faire, surtout à notre âge. Nous serons peut-être déjà morts quand nous commencerons à nous y habituer. Mais la vie continue. »

Soudain, la pluie se mit à tomber. Il ne manquait plus que ça ! Elle se leva lentement, se tint debout face à l'océan. Vraiment une mauvaise journée. Le genre de jour qu'on voudrait rayer du calendrier, ou le recommencer. En même temps, pourquoi contredire le destin ? Elle attendit un moment, le temps qu'Alfie prenne une décision. Soit rester immobile sous l'averse, ou bien rentrer à la maison, ou encore s'abriter dans le petit bateau de pêche non loin de là en attendant que les trombes d'eau s'arrêtent. Ce soir, elle n'était pas contrariante, au contraire. Il lui dirait de faire ceci ou cela, elle en serait capable. Dans ce genre de situations, Mary était très influençable, c'était parfois un vilain défaut.
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Message(#) Sujet: Re: Mauvais temps, mauvais présages | Alfie Ven 30 Juil 2010 - 17:53

« C'est vrai que c'est un peu frisquet. » Il serra sa femme dans ses bras en poussant un soupir. Il avait vraiment l'impression de n'être plus qu'un vieil homme. Un vieil homme qui enterrerait l'un de ses neveux. Il n'osait même pas imaginer la peine qu'aurait sa soeur et il savait bien que Romain aurait du mal à s'en remettre. Alfie avait longtemps été déçu de ne jamais avoir d'enfants, mais il se rendait compte à quel point ils pouvaient amener de la joie comme de la souffrance. La déception était moins grande dans ces cas-là. En
même temps, les enfants de sa soeur étaient ses neveux, mais ils étaient plus que ça.

Il ferma les yeux en hochant légèrement la tête alors que Mary affirmait que la vie continuait malgré les départs trop rapides et les morts subites. Elle avait raison, mais ce n'était vraiment pas facile de s'y faire.

« Je m'habituerai jamais. » Il déposa un baiser sur la tempe de sa femme et ils furent tous deux surpris par l'averse. Finalement, avec le mauvais temps, s'abriter sur le petit bateau ne serait peut-être pas la meilleure des idées. Le temps était noir et il y avait de l'orage dans l'air. Il se releva donc avec difficulté, comme si ses muscles ne voulaient plus faire l'effort de suivre ses mouvements. Il entraîna Mary vers la voiture, même s'ils n'habitaient pas bien loin. Elle était venue à pied, elle. Le chemin du retour se fit dans le silence alors qu'Alfie avait posé sa main sur celle de sa femme, tentant de lui soutirer un peu de son bon sens. Les essuie-glace marchaient à plein régime et il fut heureux de garer la voiture dans l'entrée, sortant en courant pour rejoindre la porte.

Il laissa Mary passer en premier et pénétra ensuite, lui aussi, dans leur petit nid douillet. Romain n'était pas là. C'était tant mieux, au fond. Alfie n'avait pas envie qu'il le voit dans cet état. Il retira ses chaussures, lentement, et déboutonna sa chemise trempée avant de l'enlever et de la laisser dans un coin. Il la rangerait plus tard. Il attrapa Mary dans ses bras et ferma les yeux avant de la serrer fort contre lui. Une larme coula sur sa joue et il l'essuya subtilement en posant son nez dans le cou de sa femme. Elle sentait bon et il y déposa un baiser avec douceur.

« Je t'aime. Promets-moi que tu ne me quitteras jamais. S'il te plaît... » Il avait besoin d'entendre de sa bouche qu'elle resterait toujours avec lui. Qu'elle ne partirait pas.

Il ne se sentait pas très bien tout à coup. Sans doute le stress. Il passa une main nerveuse sur son visage alors qu'il relevait la tête vers elle. « Tu crois vraiment qu'il y a des chances? Pour qu'il s'en sorte? Tu crois vraiment qu'il peut y avoir un miracle, qu'ils se sont peut-être trompés? » Il savait au fond de son coeur u'il n'y avait plus rien à faire, mais il espérait qu'il se soit trompé. Que malgré tout, il avait des chances de s'en sortir. Il poussa néanmoins un soupir, n'étant pas certain de vouloir connaître la réponse à sa question.
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Message(#) Sujet: Re: Mauvais temps, mauvais présages | Alfie Sam 31 Juil 2010 - 13:41

Elle grelottait et encore deux claquements de dents demanda. « Faudra pourtant s'y faire, que peut-on faire d'autre ? Est-ce que Ceasar aimerait qu'on stoppe tout après son départ ? Il veillera sur nous là-haut, c'est tout. » Entrainée par Alfie vers la voiture, elle y monta le plus rapidement possible, déjà mouillée de la tête aux pieds. Le trajet en voiture fût pénible. Il se déroula sans un bruit, sans un souffle ni un soupir. Elle fixait simplement la route, les maisons qui défilaient. Elle ne voyait pas grand chose avec la pluie mais elle devinait le quartier, elle le connaissait si bien. Enfin rentrée à la maison. Elle ne pût alors s'empêcher de pleurer, c'était trop difficile de se contenir, elle le serra fort dans ses bras, elle avait besoin de le sentir tout près d'elle.

Elle pinça les lèvres. Ce n'était pas elle qui déciderait si elle devait partir ou non. Personne ne décide de la mort, ce serait trop simple. Mourir sur commande, sur un coup de tête, cela ne marchait pas comme ça. Elle était en contrepartie persuadée qu'elle ne tiendrait plus si Alfie venait à la quitter. Elle ne pourrait pas le surmonter, pas à son âge, c'était trop tard pour oublier, recommencer et se refaire une nouvelle vie comme si celle d'avant n'avait pas existé. Il n'y aurait plus rien à faire, sauf attendre que la grande faucheuse vienne pour l'emmener à son tour. Elle répondit d'une petite voix hésitante, pour se rassurer elle-même aussi, alors qu'elle pensait tout autre chose. « Tant que tu ne seras pas parti, j'essaierai d'être là pour toi. C'est une drôle de promesse que tu me demandes de faire, mais promis, je ferai tout mon possible. » Les larmes avaient goût de sel, c'était plutôt désagréable. Elles roulaient sur ses joues, c'était dorénavant impossible à cacher.

« Écoute, on ne peut certainement pas le retenir, mais on peut faire un bout de chemin avec lui, l'accompagner jusqu'au dernier souffle. Les médecins ont été formels, ne penses-tu pas que les faux-espoirs font encore plus mal ? »

A quoi cela servait-il d'enfoncer le couteau dans la plaie ? De continuer à chercher une solution alors que la seule restante était de patienter ? Elle ne voulait pas rompre ses dernières espérances mais pourquoi inventer des histoires juste pour se sentir moins coupable de le regarder mourir sans rien faire ? « Si seulement je pouvais lui donner ma vie, il en aurait plus besoin que moi... » Elle avait vécu de nombreuses et belles années, elle s'en contenterait.

« Je t'aime, Alfie, je t'aime. » Il valait mieux le dire lorsqu'on était encore vivant, on ne pouvait pas savoir ce que le lendemain préparait. Elle se prit un verre dans le placard, le remplit d'eau et s'assit à la table de la cuisine, à bout de forces, la main retenant sa tête. Elle remarqua qu'elle n'avait pas ôté ses chaussures, et qu'il y avait à présent des traces de boue partout dans le hall. Alfie, lui, y avait pensé. Au fond, elle s'en fichait. Elle aurait encore le temps de faire le ménage, le jour suivant, et tous ceux qui restaient à venir. « Ceasar aussi, je l'aimais. » Elle parlait elle aussi au passé. C'était comme si le sujet était déjà clôturé. Elle tentait bien de consoler Alfie, mais elle n'était pas si forte que cela.

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Message(#) Sujet: Re: Mauvais temps, mauvais présages | Alfie Mar 3 Aoû 2010 - 5:44

« Les faux espoirs font plus mal, tu as raison. » Il posa un baiser sur ses lèvres en essuyant délicatement ses joues des larmes qui y avaient coulé. Il la savait forte, mais il n'était pas sans savoir qu'elle pouvait avoir ses instants de faiblesse, elle aussi. Il ferma les yeux un petit moment afin de chasser les étoiles qui dansaient devant et hocha la tête doucement suite à ses paroles. « Moi aussi, je l'aurais fait. N'importe quand. » Ceasar n'avait que 35 ans, une petit fille à élever et des tonnes de choses à voir. Ce n'était pas rien et il aurait tout donné pour se retrouver à sa place. Il sentit une larme couler le long de sa joue alors qu'elle lui disait qu'elle l'aimait et qu'elle aimait bien Ceasar également. L'emploi du passé raviva sa douleur, mais il comprit qu'il n'y avait plus aucun moyen de revenir en arrière. C'était finit.

Il n'y avait jamais cru, de toute façon, mais dès qu'on l'affirmait à voix haute, c'était finit. Mort. Enterré. Ça ne servait à rien de garder en tête des idéaux qui n'étaient pas prêts d'arriver, mais il avait cru que Mary pouvait possiblement le remettre sur le droit chemin, lui dire qu'il fallait toujours croire, que les miracles étaient possibles. Ils pouvaient l'être, mais c'était jamais pour nous. C'était sans doute pourquoi les gens n'y croyaient plus que très peu, ils n'avaient jamais la chance d'en croiser.

Alfie hocha la tête et s'éloigna un peu avant de devoir prendre appui sur le mur pour éviter de tomber. Étourdi, il ferma les yeux un instant en tentant de reprendre son équilibre et dut attendre quelques secondes avant de pouvoir se redresser complètement. Des étoiles dansaient toujours devant ses yeux et il préféra se rendre sûrement à la cuisine pour prendre un verre d'eau. Il en but lentement quelques gorgées et passa une main sur son visage pour en chasser la sueur. Il ne savait pas ce qui se passait, mais il savait qu'il avait besoin de dormir. Il n'avait pas osé regarder Mary, espérant qu'elle n'avait pas remarqué son petit manège ou qu'elle l'avait mis sur le compte de la fatigue, simplement.

D'ailleurs, lorsqu'il se releva avec lenteur, il poussa un léger soupir avant de se rapprocher d'elle et de déposer un léger baiser sur ses lèvres. « Je vais aller dormir. Tu devrais venir, toi aussi... » Il se dirigea vers leur chambre, mais dut s'arrêter en attendant que ses étourdissements cessent. C'était rien, seulement la fatigue. Il déglutit difficilement et se rendit jusqu'à son lit avec difficulté, sur lequel il s'assit, la respiration plutôt courte. Ce e fut qu'après quelques secondes qu'il se sentit mieux et il put retirer ses chaussettes et son jeans pour enfiler le pantalon de toile qu'il mettait pour dormir. Il défit les couvertures et se glissa sous les draps alors qu'une quinte de toux ne lui permettait malheureusement pas de poser directement la tête sur l'oreiller.

Lorsqu'enfin il se fut calmé, sa femme était dans son champ de vision et il se redressa légèrement en balayant ses incertitudes d'un revers de la main. « Ce n'est rien. Je vais bien. » Il se sentait mal, mais il n'était pas loin de se douter que ce n'était que psychologique. Ça ne servait à rien de faire paniquer la terre entière et avec tout ce qu'ils vivaient en ce moment, c'était normal qu'il ne soit pas au mieux de sa forme. Après tout, il ne dormait que très peu, ses journées étaient hautes en émotions souvent, et il n'avait pas la chance d'aller en mer souvent.
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