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 2107 • At the beginning | Romain

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Message(#) Sujet: 2107 • At the beginning | Romain Sam 14 Aoû 2010 - 16:33

« AT THE BEGINNING »
feat. Romain & Gabriel

15 AOUT 2011 - 5:06 am
1407 APPLE ROAD.


« On va pas pirater son mail ?! »
« On va se gêner. Aller dépêche toi, on a pas la journée. »
« Il est 5h du mat' Gaby...Bon qu'est ce que je dis ? »
« Qu'il est terriblement malade et forcé à être hospitalisé d'urgence, un truc tropical ramené de Nouvelle Zélande. Et que par conséquent, il signera son contrat d'embauche Lundi prochain, en prenant son poste. »
« Comme si son boss allait croire qu'il est tombé malade pile poil le jour de son anniversaire. »
« Bien sûr qu'il va le croire, puisque tu vas scanner ceci, et le joindre au mail. » Un sourire triomphant aux lèvres, Gabriel présenta à son frère le certificat de maladie de Romain S. Parker.

ENVIRON 1H PLUS TARD.

Infiltré au 2107 Apple Road par la fenêtre de la cuisine laissée ouverte la veille par Alfie, le complice de son larcin, le brun atterrit souplement sur le sol de la pièce encore plongée dans l'obscurité. Son regard habitué à la pénombre, il se mit à l'œuvre. Préparant consciencieusement et le plus discrètement possible un petit déjeuner digne de ce nom. On était le quinze aout, et cela faisait dix jours que Romain l'évitait comme la peste. Dix jours précédés de deux semaines de séparation, eux même précédés d'un voyage en Inde épuisant et d'un retour encore plus éprouvant. Gabriel en avait eu marre, envoyé chier tous ses rendez-vous professionnels ou amicaux et avait mit son plan en route. Romain et lui méritaient de se retrouver. Et quoi de mieux pour cette occasion que les vingt-cinq ans de son petit ami ?

« C'est pas comme ça qu'on fait des œufs brouillés. » Intervint une voix derrière lui après une demi heure de tranquillité « Tu vas tout faire cramer. Et puis allume la lumière, pourquoi tu cuisines dans le noir ? »
Et vlan, à peine eut-il le réflexe de se retourner pour discerner la silhouette familière de Scott Matthews que celui-ci le força à cligner des yeux comme une chauve souris myope en pressant sans pitié l'interrupteur.
« Ah le con ! » pesta le sénateur en lui tournant le dos à nouveau. « Je peux savoir ce que tu fous là ?! T'as pas un restau à faire tourner ? »
« Tu sais Gabriel, je ne suis pas aubergiste. Je ne sers pas les petits déjeuner. »
« C'est bien dommage... »

Gabriel avait eu beaucoup de mal à se faire à l'amitié qui liait Romain au jeune Matthews. Son compagnon avait plaidé la cause de son ami, lui expliquant que Maât l'avait quitté et séparé du même coup de Valentin leur enfant, ce qui aurait presque pu tirer une larme à Gabriel s'il ne se foutait pas des malheurs de Scotty comme de son premier biberon.

Il supporta sa présence avec toute la mauvaise humeur du monde et se fit un devoir d'appliquer à l'exact opposé chaque conseils que le cuisiner - bien plus qualifié que lui en la matière - lui pourvoyait. Puis il entassa soigneusement sur un large plateau café, thé, lait, jus d'orange, confiture, miel, croissants français (commandés la veille et livrés tout chauds à 5h30 pétantes devant sa porte avant de venir ici), toasts et œufs brouillés au milieu desquels il disposa une fleur blanche aux multiples boutons de neige et au parfum suave, avant de rejoindre la chambre de Romain à pas de loup.

Le visage niché dans son oreiller, le jeune homme dormait paisiblement bien qu'un pâle rayon d'aurore naissante caressait la chute de ses reins dissimulée sous le drap du lit. Gabriel sourit. C'était incroyable d'être aussi sexy même en dormant. Puis un petit bruit quasiment inaudible à côté de lui attira son attention alors qu'il déposait le plateau sur le meuble de chevet.
Ce n'était pas un ronflement, plutôt un soupir et presque un gémissement. Le tout donnait un résultat proche du ronronnement, ce que le sénateur trouva positivement adorable.

Assit au bord du lit, il caressa doucement le long de son dos dénudé du bout de la fleur nacrée, tout en lui murmurant à l'oreille. « Réveille toi Romain, aujourd'hui est un jour trèèèès spécial, pas question de trainer au lit. » Étant donné que ce denier le boudait perpétuellement pour une raison mystérieuse, Gabriel fut ravi d'être accueillit par un sourire ensommeillé et en profita pour continuer sur sa lancée
« Pour commencer...Bon anniversaire, mon ange. » Il déposa un tendre baiser sur ses lèvres puis s'écarta un peu pour mieux contempler sa réaction. « Ton tout premier cadeau de la journée : un petit déjeuner préparé par mes soins. »

Pour Romain qui connaissait les talents culinaires inexistants de son amoureux, ça devait plutôt sonner comme une menace. Aussi Gabriel se ravisa humblement.

« Si tu veux, il y en a un autre en bas, préparé par Scott. Il a dit que j'allais t'empoisonner. » fit il en essayant de masquer tout ce que lui inspirait cette réflexion. « Je serais pas vexé si tu préfères descendre. »


Dernière édition par Gabriel McAllister le Dim 17 Oct 2010 - 1:48, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: 2107 • At the beginning | Romain Dim 22 Aoû 2010 - 17:50

Le vendredi 12 août 2011, 15h12
Parc National des Everglades
Ponton d’observation


Debout sur le haut d’une bite d’amarrage et les mains dans les poches de son jeans, Romain regardait son amie Anita. Penchée en avant au-dessus d’un bac remplit de crustacées qu’elle baguait puis mesurait un à un, la jeune femme à l’opulente poitrine ne cessait de se lamenter.
« J’ai du mal à croire que tu ai accepté le poste d’assistant d’Edgar alors qu’il y a à peine quelques mois, c’était toi le chef d’équipe et lui qui fermait sa gueule ! »
Romain haussa les épaules, son regard dérivant sur une embarcation qui quittait un bras d’eau des Everglades.
« Mark n’avait que ça à me proposer. Je devais trouver du travail si non on me renvoyait en Nouvelle-Zélande. »
« Ok, mais de là à accepter d’être un larbin, il y a tout un océan ! » s’exclama la jeune femme. « Tu es surqualifié pour ce genre de poste. Postule donc à Tampa, ou même à Jacksonville. Je sais de source sûre qu’ils recherchent là-bas quelqu’un à la tête du laboratoire du port. »
« Je veux rester sur Miami. »
« Romain ! » Anita se leva pour lui faire face. « Je sais que tu m’adores, mais ne reste surtout pas pour moi. » Elle rit puis se ravisa. « Plus sérieusement, je ne comprend pas comment tu peux te satisfaire d’un tel poste. C’est la croix et la bannière d’être assistant. Toutes les tâches ingrates, c’est toi qui les fais ! Et j’en sais quelque chose ! J’en ai lavée des cages remplies de merde ! Qui a-t-il à Miami qui justifie que tu revois tes ambitions à la baisse ? »
Romain se passa une main à travers les cheveux, mal à l’aise.
« C’est compliqué. »
« Compliqué pour toi. Mais de mon point de vue c’est très simple. » Anita secoua la tête, puis elle sourit à mi-chemin entre la complicité et la moquerie. « Me la joue pas, s’il te plait. Tu fais tout ça pour un mec. » Elle récupéra la caisse de crustacées pour monter avec elle à bord d’un petit bateau. « Et le pire dans cette histoire, c’est que ce mec – et nous savons tous les deux de qui je parle – pourrait t’ouvrir toutes les portes. Mais toi encore une fois, tu es bien trop honnête pour user des promotions canapés. »
« Je ne vois pas de quoi tu parles. »
« Oh si tu sais de quoi je parle. » Elle revint sur le ponton, faisant face au jeune homme qui était toujours perché sur la bite d’amarrage. « Ne te méprend pas, ton côté bon samaritain dégoulinant d’honnêteté est une bouffée d’oxygène. Il me ferait presque croire au Paradis. Mais sérieusement, mon cœur, tu devrais apprendre à jouer le jeu imposé par les Miamians ; à savoir que tous les coups sont permis pour arriver à ses fins. Alors, si j’étais toi, entre deux pipes, je lui demanderais à ton mystérieux mec, de me rendre ma place. »
« Je ne suis pas comme ça. »
« Je sais. Et c’est bien dommage. »
Retour au présent
CHAMBRE A COUCHER

Ce fut la caresse qui chatouillait la chute de ses reins, ensuite le souffle chaud glissant contre son oreille, et puis contre sa joue, qui réveilla Romain de son cotonneux sommeil. Aussitôt les paupières ouvertes, le jeune homme sourit, heureux de voir dans un premier temps Gabriel. Qu’il était doux et agréable de se réveiller en sa compagnie. Au sortir du rêve, Romain oubliait ses tracas et ses craintes. Il avait encore rangé au fond de son être ses réticences des jours derniers qui le poussaient à se tenir un peu trop éloigné du sénateur. Dans un réflexe amoureux, le jeune homme répondit au baiser du grand brun, chuchotant un « bonjour mon amour » avant de s’étirer de tout son long et de se tortiller dans tous les sens en ronronnant.

Alors que Gabriel lui expliquait la raison de sa présence, Romain s’empara avec précaution du plateau déposé au coin du meuble de chevet. Il se redressa un peu, puis il examina son contenu soigneusement. C’était la première fois (et sans doute la dernière) que Gabriel lui préparait quelque chose à manger. Romain connaissait les piètres talents de son petit ami en la matière. Gabriel avait dû énormément prendre sur lui pour réaliser ce petit déjeuner. C’était très gentil de sa part d’avoir voulu marquer le début de cette journée par cette marque d’attention et d’affection. Romain en était ravi.

« Je vais prendre le risque du poison. » sourit le jeune homme en passant en revu le contenu du plateau. « Voyons voir ce que tu m’as préparé : toasts carbonisés, œufs brouillés… » Il rit, complice. « Plutôt bousillés vu leurs têtes. » Il reprit l’énumération du plateau. « Confiture, beurre, croissants… hm… thé, café… » Il releva les yeux vers Gabriel. « Tu as dévalisé le frigo d’Alfie ? Ma tante va t’étriper. »

Tout en riant, Romain embrassa du bout des lèvres Gabriel, puis il s’empara de la fourchette et il osa goûter les œufs. Comment diable pouvait-on rater une recette aussi facile ? Romain n’avait jamais goûter quelque chose d’aussi fade. Il sentit en plus sous sa dent croquer le morceau d’une coquille d’œuf. Devant le regard du sénateur qui semblait attendre la confirmation de sa réussite ou de son échec, Romain esquissa un petit sourire amoureux. Il mentit alors, conscient que Gabriel voyait clair dans son jeu :

« C’est délicieux, chéri. » Le jeune homme reposa la fourchette et il recula le plateau. « Mais… j’ai… j’ai envie d’autre chose pour commencer. » Afin que Gabriel ne s’en offusque pas, il vint le captura de ses bras par la nuque pour l’accueillir tout contre son corps. « D’un câlin de toi. Tu m'as trop manqué. » ajouta-t-il, canaille.

Avec le sénateur, il roula sur le matelas pour un tendre et chaste câlin. Un long instant, les deux amants s’étreignirent et s’embrassèrent, se retrouvant tous les deux comme ils ne l’avaient plus été depuis un moment. Leurs lèvres ne cessèrent de s’unir et leurs mains de se caresser. Un instant, Gabriel fut surprit par le piercing à la langue de Romain, mais finalement, après de longs baisers, il s'y fit et avoua même trouver cela fort agréable. Ce ne fut qu’une fois à bout de souffle que Romain rompit l’étreinte, laissant Gabriel allongé sur le dos à ses côtés. Ensembles, les deux amants déjeunèrent, laissant cependant quelques toasts carbonisés et les œufs sur le côté. Romain s’empara d’un croissant et il le mordit avant d’en proposer un bout au sénateur qui ne se fit pas prier pour en dévorer la moitié en une seule bouchée.

« Bon, je commence à neuf heures. Il faudrait peut-être que j’aille prendre ma douche. » Il jeta un regard aux œufs, seul aliment non entamé. « Je les finirais plus tard. » mentit-il avec un petit sourire espiègle. « Ils risquent de me rester sur l’estomac. » Dans un éclat de rire, il rapprocha son visage de celui de Gabriel. « T’es adorable de m’avoir préparer ce petit déjeuner. Tu vois que tu sais cuisiner. Tu vas pouvoir m’aider maintenant au lieu de me regarder les bras croisés. »
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Message(#) Sujet: Re: 2107 • At the beginning | Romain Ven 3 Sep 2010 - 1:57

« Bon, je commence à neuf heures. Il faudrait peut-être que j’aille prendre ma douche. » Gabriel accompagna son regard jusqu'à ses pauvres œufs malmenés. « Je les finirais plus tard. Ils risquent de me rester sur l’estomac. T’es adorable de m’avoir préparer ce petit déjeuner. Tu vois que tu sais cuisiner. Tu vas pouvoir m’aider maintenant au lieu de me regarder les bras croisés. »

Romain souriait et son rire malicieux s'envolait comme de la soie dans le silence feutré de la chambre. C'était la première fois depuis son retour de Nouvelle Zélande qu'il le voyait rire de bon cœur.

Gabriel se sentit extraordinairement fier de lui.

Il voulu retenir le sourire qui menaçait de lui manger la moitié du visage, sans succès. Ce qui ne l'empêcha pas d'hausser les sourcils avec une nonchalance toute calculée. « Tu surestimes mes capacités... » Il fronça le regard d'un air songeur « Mais pas à tout les niveaux, heureusement. » conclut-il d'un air coquin tout en glissant ses doigts sous le menton de son petit ami pour lui voler un nouveau baiser, ravivant dans sa bouche le goût de la pâtisserie qu'ils venaient de partager.

Après quoi il se releva vivement, entraîné par la bonne humeur retrouvée de son amant et alla fouiller dans son placard. « C'est gentil de ta part de ménager mon ego, mais il n'y avait bien que les croissants de mangeables. » La seule chose qu'il n'avait pas préparé lui même en somme. « Je t'emmène chez Paul ou à La Provence. Ils font des chocolats chauds à se damner là bas ! » dit-il avec un accent français impeccable tout en sortant de la penderie un T-shirt qu'il examina d'un air critique avant de l'envoyer sur le lit rejoindre le jeans qu'il avait déjà choisit pour Romain.

Devant la mine interrogatrice de celui-ci, le sénateur se stoppa dans son élan. « J'ai oublié de te dire que j'ai piraté ton mail. Tu m'en veux pas j'espère ? Tu ne commences pas à 9h. En fait, tu ne commence pas de la semaine...au moins. Tu es officiellement hospitalisé, un truc extrêmement contagieux venu de Nouvelle Zélande. Aucune chance pour qu'un collègue vienne te voir. » Il se passa une main sur la nuque, un peu embarrassé d'avouer la raison de son intrusion dans les affaires personnelles de son petit ami....« J'avais envie de t'avoir près de moi. » Mais l'aveu mourru sur ses lèvres, remplacé par un « J'avais vraiment envie de prendre cette douche avec toi. », taquin.

***
Enfermés dans la salle de bain, les deux amants jouaient, s'effleuraient, s'embrassaient, se repoussaient, se retrouvaient...S'amusant ensembles, complices et amoureux. Une barbe de mousse blanche du plus bel effet (selon Romain) ornait le visage d'un Gabriel dubitatif qui essayait tant bien que mal de rejoindre le jet d'eau chaude pour s'en débarrasser. Jet d'eau que Romain squattait sans vergogne. Exprès. « Ne me dis pas qu'il va falloir te passer sur le corps. » avertit le brun, carnassier, en plantant son regard clair et acéré dans celui de son petit ami.

Il joignit aussitôt le geste à la parole, repoussant le jeune homme contre le carrelage de la cabine de douche. Il aurait voulu en rester là, tout comme il avait su ne pas brusquer Romain plus tôt dans la chambre lorsque celui-ci l'avait entrainé dans un assaut câlin, mais un effrayant besoin de lui l'envahit soudainement. La nécessité de le toucher, de sentir sa peau contre la sienne dans l'intimité et la passion, de se partager complètement avec Romain. Avec cet homme qui par sa seule existence rehaussait la valeur de tout le reste.

Sans un mot, il le bâillonna alors d'un baiser tandis que ses mains s'égarèrent sur ses fesses et qu'il se glissait entre ses jambes. Puis il plongea le visage dans le cou de son amant, mordant sa peau avec faim, dans l'espoir absurde d'y laisser sa marque. La pression de leurs bassins se fit plus forte, presque douloureuse alors que Gabriel pressait Romain un peu plus fort contre le mur. Et ce fut un gémissement du jeune homme, un gémissement familier, hoquetant, saisit par sa fougue brutale qui stoppa Gabriel aussi brusquement qu'une gifle.

Il baissa les yeux aussi déstabilisé par la réticence de Romain que confus par son propre emportement, puis exhala un soupir rauque de désir insatisfait tout en caressant avec douceur cette fois, les hanches de Romain. Puis il l'embrassa doucement, d'un baiser d'excuse sur ses lèvres, simplement destiné à marquer son affection.

« Pourquoi as-tu peur mon amour ? » Murmura t-il contre sa bouche. La force de sa présence était enivrante, comme une puissante liqueur. La chaleur de son corps n'avait pas diminuée, pas plus que la vigueur de son désir. Et malgré son questionnement, seuls se dégageaient de lui le pouvoir, et cette troublante assurance qui le caractérisait.

Il ne put s'empêcher pourtant de caresser la joue de Romain « Je ne te toucherai pas. Pas si tu ne le désires pas Romain. Mais je.... » Il chercha ses mots un court instant durant lequel seul le crépitement de l'eau combla le silence. « Je ne te ressens plus. » Aussi cliché que ça puisse paraître, dans leurs moments d'intimité, leurs corps avaient toujours été leurs meilleurs vecteurs de conversation, et depuis que Romain était revenu de voyage, Gabriel avait le sentiment que quelque chose avait changé entre eux.
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Message(#) Sujet: Re: 2107 • At the beginning | Romain Dim 12 Sep 2010 - 14:39

Le cœur de Romain battait la chamade à chacune des caresses de Gabriel, et sa respiration s’accélérait à mesure que le désir du sénateur grandissait et épousait la sienne. Plaqué contre le carrelage froid et humide de la douche, perdu dans cette vapeur omniprésente et quelque peu étouffante, le jeune homme subissait avec un désir certain les assauts amoureux de son amant. Qu’il était bon pour Romain de retrouver l’homme qu’il aimait, et de le sentir à nouveau totalement éprit de son être. S’il y avait bien une chose que Gabriel ne pouvait lui cacher, c’était bien l’attrait toujours plus grand qu’il gardait pour son corps. Le sénateur en était totalement obsédé, voir carrément obnubilé. Et ça, c’était bien l’une des rares affirmations dont Romain ne doutait pas dans son couple.

Corps contre corps, les deux amants ne faisaient presque plus qu’un. Gabriel se pressait, devenant de plus en plus sauvage, entreprenant et impatient, enlevant à chacune des secondes qui s’écoulaient un peu plus de la liberté du jeune homme. Si Romain aimait le grand brun plus que de raison, s’il raffolait d’ordinaire de ses moments de folle passion où le sénateur menait le jeu comme bon il lui plaisait, et s’il raffolait être littéralement dévoré et posséder par lui, ce matin, et ce depuis plusieurs semaines maintenant, Romain gardait en lui une certaine réserve qu’il ne pouvait parfois plus dissimuler ou même taire. C’était bien cette réserve qui empêchait le jeune homme d’être totalement présent, libéré et offert.

Mais malgré toutes ses réticences et ses craintes, malgré cette peur insidieuse qui lui tiraillait les entrailles, Romain éprouvait énormément de mal à ne pas répondre à la passion qui s’exhalait de son petit ami. Une partie de son être désirait plus que tout s’offrir au sénateur, tandis qu’une autre, dirigée par une petite voix, lui chuchotait de maintenir ses distances. Malgré celle-ci, Romain ne put garder en placer ses mains qui vagabondèrent sans relâche et avec délice le long des épaules musclées et de la nuque du grand brun. Il ne réussit pas non plus à garder close sa bouche lorsque Gabriel l’embrassa et vint caresser de sa langue la sienne. Ce ne fut que ce petit coup de hanche, cette infime et enivrante impulsion qui indiquait qu’il était grand temps d’entrer dans le vif du sujet, qu’il était l’heure pour eux de ne faire plus qu’un, que Gabriel désirait posséder son du, qui électrisa le corps de Romain et qui le poussa à se raidir. Un gémissement s’échappa alors d’entre ses lèvres. Il ne passa pas inaperçu et Gabriel stoppa tous ses gestes.

« Pourquoi as-tu peur mon amour ? » questionna à juste titre le grand brun. « Je ne te toucherai pas. Pas si tu ne le désires pas Romain. Mais je.... Je ne te ressens plus. »

Cette simple question, accompagnée de ce regard et de cette caresse si tendre pourtant, fit énormément de mal à Romain. Gabriel avait raison. Il avait tout à fait raison de ne plus le ressentir et de lui demander pourquoi tout avait changé entre eux. Car c’était bien le cas. Tout était différent. Romain le fuyait depuis trop longtemps. En le tenant éloigné, il tenait à bonne distance ses démons intérieurs. Il gardait loin cette maudite crainte qui lui dévorait les entrailles jour après jour, à savoir : qu’adviendrait-il de lui lorsque Gabriel ne l’aimerait plus ? La crainte qu’il éprouvait au fond de son être trouva le moyen de revenir à la surface. Elle inonda le regard du jeune homme.

« J’ai peur. » chuchota-t-il la tête basse, comme honteux de se livrer ainsi. « J’ai peur que tu me quittes si je devenais trop envahissant. Que l’homme que tu es se désintéresse du petit minable que je suis. » La gorge nouée, il releva à peine les yeux vers lui. « Regarde-moi, Gabriel. Regarde-moi réellement. Que veux-tu que je t’apporte ? Je ne brille pas. Je n’ai aucune richesse, ni aucune bonne manière pour évoluer dans ton monde. Et je t’apporte bien plus de tracas que n’importe qui. Qu’est-ce que j’ai de plus que les autres n’ont pas ? » Quelques secondes de silence. « Le sexe ? »

Bien que le jet d’eau chaude continuait à battre sans relâche leurs corps, les larmes de Romain furent visibles. Le moment était venu pour lui de confier ses craintes, au risque peut-être de braquer Gabriel et de le faire fuir, mais il ne pouvait se taire plus longtemps. Vivre au quotidien avec ces démons n’était pas facile. Romain avait énormément de mal à avancer sans savoir vers où il s’en allait avec lui.

« Tu n’as pas idée Gabriel combien je peux t’aimer. C’est fort. C’est au-delà l’amour malsain que j’ai pu déraisonnablement porter à David. Quand je suis avec toi, j’ai l’impression que rien de mal ne peut m’arriver… Que j’existe. Mais je souffre… je souffre parce que tu vas me quitter. C’est inévitable. Si je me tiens éloigné de toi, c’est pour éviter que tu ne te lasses, et pour éviter surtout toute situation pouvant t’amener à t’en aller. Tu as quitté Maât si facilement du jour au lendemain. Qu’est-ce que j’ai de plus que lui ? » Ses lèvres tremblèrent, et malgré la chaleur de la douche, ses épaules se mirent à frissonner d’angoisse à l’idée de le perdre. « J’aurais voulu que tu viennes avec moi à Auckland. J’aurais voulu te présenter à mes parents car je veux qu’ils rencontrent l’homme que j’aime. J’aurais voulu pleurer dans tes bras là-bas. Tout comme j’aurais voulu plus d’une fois te téléphoner pour entendre ta voix. Mais je fais attention à ne pas te donner l’occasion de me quitter. Je ne veux pas m’imposer alors je reste dans l'ombre. Gabriel... je ne veux pas subir le même sort que Maât. »

Le sanglot fut trop dur à réprimer. Romain s’effondra en larme à l’idée de perdre Gabriel. Vivre avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête le minait jour après jour. Le jeune homme avait énormément de mal à croire que tout puisse être différent pour lui. Pour sa carrière, Gabriel avait abandonné Maât du jour au lendemain. Qu’en serait-il pour lui si les médias venaient a découvrirent leur relation amoureuse ? Entre Maât et lui, il n’y avait pas photo. Sortir avec le présentateur télévisé était quand même plus prestigieux que de sortir avec un homme ruiné, et simplement assistant de laboratoire. Comment dans ces conditions pourrait-il ne serait-ce qu’imaginer garder l’amour de Gabriel ? C’était impossible.

« Ne me quitte pas, s’il te plait. »

Dans un élan désespéré, Romain noua ses bras autour du cou de Gabriel pour le serrer contre son corps, dans l’espoir sans doute absurde de le retenir prisonnier.
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Message(#) Sujet: Re: 2107 • At the beginning | Romain Mer 6 Oct 2010 - 19:32

Gabriel pinça les lèvres avec circonspection lorsque le regard de Romain s'alluma d'une leur de détresse en réponse à sa question. S'aventurer sur le terrain délicat – et toujours miné – des sentiments, quand on s'appelait Gabriel McAllister, c'était un peu comme tendre le bâton pour se faire battre. Sauf que se faire battre, c'était encore préférable à ce regard. Romain avait ce regard. Ces yeux brillants d'innocence, flanqués en haut d'un corps de rêve.

« Regarde-moi, Gabriel. Regarde-moi réellement. Que veux-tu que je t’apporte ? Je ne brille pas. Je n’ai aucune richesse, ni aucune bonne manière pour évoluer dans ton monde. Et je t’apporte bien plus de tracas que n’importe qui. Qu’est-ce que j’ai de plus que les autres n’ont pas ? Le sexe ? »

Un mince sourire désabusé étira les lèvres de Gabriel à cette dernière remarque. Le sexe. C'était bien une passion torride qui les avait d'abord uni et objectivement, il n'avait jamais eu un amant aussi attentif à ses moindres désirs. Il n'avait jamais ressenti autant de plaisir non plus. Était-ce là pourtant tout ce qui avait poussé le glacial sénateur à souffrir de son absence ? Était-ce le seul désir sexuel aussi puissant soit-il qui l'avait mené en Inde, et faillit le pousser sa propre perte ? Le croyait-il si aisément manipulable ? Romain oubliait bien vite la trempe de l'homme auquel il avait affaire, et c'est un Gabriel presque vexé dans sa fierté qui essuya néanmoins l'affront avec tendresse et philosophie.

Au départ il n'avait pas bien comprit lui même comment Romain avait pu laisser en lui une marque si profonde, que son départ soudain l'ai laissé désemparé et en proie à une écrasante et incontrôlable solitude. Le sénateur n'avait jamais ressentit une si intense brûlure. Il était solitaire. Il était talentueux. Et la fulgurance de sa réussite était son seul sens des valeurs. Un océanologue effronté doublé d'un hippie idéaliste n'était pas censé lui manquer.
Et puis un jour, il avait compris. Il avait compris que lorsqu'il avait croisé sa route, son ange avait foutu tout ça en l'air. Romain avait balayé le sénateur avec un seul baiser pour le rendre à son vrai propriétaire : Gabriel McAllister, l'homme. Il avait l'impression que tout son univers était en train de s'effondrer comme un château de cartes. D'un côté c'était terrifiant, de l'autre il se rendait compte que le soleil passait bien mieux maintenant que les murs étaient tombés.

Évidemment, il ne lui avait jamais dit ces mots là. Si le sénateur était éloquent, persuasif et qu'il maitrisait chaque syllabe, chaque intonation; Gabriel était un homme de peu de mots et de beaucoup de silences. Sa posture, ses gestes et ses regard parlaient pour lui. Mais alors que Romain confessait à nouveau ses craintes et que ses yeux vermeils se noyaient sous le poids de ses larmes, Gabriel se sentit atrocement tenaillé par la culpabilité. Par son silence il avait poussé son amour à vivre seul le deuil de son frère avec pour seul point de repère sur leur relation, la brusque fin de celle qu'il avait partagé avec Maât.

Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose lorsque Romain fondit en larmes avant de se jeter dans ses bras.

« Ne me quitte pas, s’il te plait. »

Le contact de son corps contre le sien était un tel délice qu'il en perdit ses moyens. Égaré quelque part entre la réalisation soudaine des craintes qui étreignaient le jeune homme et la violence du désir qui le torturait, il fallut à Gabriel quelques secondes pour que son instinct protecteur prenne le dessus naturellement. Il enveloppa doucement son petit ami de ses bras, caressant son corps cette fois-ci dans le seul but de l'apaiser. Puis lorsque ses pleures se furent calmées, il murmura contre son oreille :

« Je ne désir pas te quitter. »

Gabriel relâcha un peu son étreinte afin de le regarder. Sa vie était juste contre lui maintenant, ses bras noués autour de son cou, son visage perlé de larmes de détresse et de promesses d'amour.

« Maât et moi... » Commença t-il presque songeur alors qu'il se remémorait sa relation passée avec le Blythe. « C'était une erreur. » Ses traits se durcirent imperceptiblement. Le verdict était tombé fermement, et pour cause. « Il te l'a dit lui même, il a toujours attendu Scott. Même lorsque nous étions ensembles, au fond il en avait conscience et moi aussi. Je n'ai fais que combler sa solitude et lui la mienne. Peut-être éprouvait t-il aussi quelque prestige à sortir avec un sénateur. » Ces derniers mots chargés d'ironie furent soufflés avec tout le dépit que ce constat lui inspirait. Il ne pouvait pas lui en tenir rigueur, c'était fair play. Lui même ne s'était pas franchement étalé en grandes promesses d'amour éternel et ne s'était d'ailleurs pas gêné pour le rembarrer chaque fois que Maât avait eu le malheur de remettre en question sa carrière pour parler de 'leur avenir'. Leur avenir, la bonne blague. Surtout pour un homme qui deux jours après leur rupture avait passé sa Saint Valentin chez Scott Matthews. Autant dire que l'ego de Gabriel en avait prit un sacré coup. Sans compter l'humiliation qu'il avait subit lorsque leur relation avait été révélée à la presse et qu'il avait su dans quelles circonstances ce vautour de Basil Lane les avait épié. Au final Gabriel était ressortit de cette relation passablement vexé, amer et avec une montagne de problèmes sur les bras.

Dans un geste un peu inutile, il vint essuyer du pouce les larmes de Romain puis sereinement, il leva les yeux dans les siens et lui sourit, confiant. « Tu n'as rien à lui envier. Tu es l'être le plus effronté, le plus provocateur, le plus agaçant et aussi le plus fragile et le plus merveilleux que j'ai jamais rencontré. » Elle était là cette dévotion, brûlante derrière l'éclat de ses yeux clairs. Cachée derrière des kilomètres et des kilomètres de machisme et de fierté. « Tu es parfait à mes yeux et je t'aime. » La conviction dans sa voix était égale à la tendresse qui accompagnait cette déclaration. Romain avait fait naître en Gabriel une flamme nouvelle que pour rien au monde il ne supporterait de voir s'éteindre. « C'est parce que je t'aime que je t'ai suivi jusqu'en Inde, que je t'ai ramené avec moi et que j'aurais tout donné pour que tu me laisses être à tes côtés quand tu avais besoin de moi là bas à Auckland. Et je te promets que je ne laisserai rien ni personne nous séparer. »

Avec douceur cette fois, il posa ses lèvres sur les siennes sans en forcer le passage alors qu'une de ses mains remontait langoureusement au creux de reins de son amant. « Laisse moi te faire l'amour, Romain. » S'entendit-il murmurer tandis qu'il goutait la peau tendre de sa gorge avec application. « Laisse moi te conquérir et chasser tes doutes pour les remplacer par mes certitudes. »
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Message(#) Sujet: Re: 2107 • At the beginning | Romain Dim 17 Oct 2010 - 0:52

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Il n'avait fallu exactement au sénateur que trois petits mots pour chasser au loin toutes les craintes et les incertitudes de Romain. Le « je t’aime » prononcé par deux fois eut raison des démons qui hantaient le jeune homme. Un lourd poids venait de s’envoler, emportant avec lui un nombre incalculable de tourments. Depuis le début de leur relation, Romain appréhendait l’instant où Gabriel ouvrirait les yeux. Il craignait à la longue de devenir insignifiant, et de perdre toute saveur avec le temps. Il avait peur qu’à mesure que les jours passent, Gabriel se lasse et se rende compte combien il faisait fausse route en aimant un être tel que lui.

Après tout, c’était possible, non ? Ils faisaient partie de deux mondes totalement différents. Gabriel était riche, beau, cultivé, puissant, charismatique et populaire. Il était courtisé de toute part et il possédait non seulement un grand ego, mais aussi l’instinct du dragueur et du chasseur. Sa liste de conquête était longue et bien remplie, alors que ses relations sérieuses ne se comptaient que sur les doigts d’une seule main. Gabriel fréquentait les grands de ce monde, ceux qui avaient le pouvoir et qui évoluaient dans des sphères bien au-delà celles où se trouvait Romain. Parmi les courtisans du sénateur, le jeune homme ne brillait pas. Celui-ci ne voyait pas ce qu’un petit océanologue un peu trop idéaliste, pas forcément canon à ses yeux et totalement perdu, pouvait apporter à un homme tel que l’était Gabriel McAllister. C’était la belle et le clochard. Un jour ou l’autre, les deux mondes qu’ils avaient réunis en s’aimant s’opposeraient et ce serait la fin.

Et pourtant, malgré toutes leurs différences, et malgré cet océan se trouvait parfois entre eux, le sénateur semblait bien attaché à lui. Il disait voir en Romain quelque chose de suffisamment beau pour le pousser à l’aimer et oublier tous les autres. Lorsqu’il arrêtait de ne penser qu’avec sa tête, et qu’il laissait son cœur s’exprimer, Romain pouvait entrapercevoir cet amour dans les yeux de son amant. Gabriel l’aimait. Il l’aimait vraiment. C’était devenu une certitude profonde, indéfectible et sincère. Ce n’était plus une petite amourette qui les unissait désormais. Plus qu’un simple jeu de séduction entre deux amants. Plus que de simples parties de baise torrides. Non, c’était bien plus ! Romain connaissait suffisamment bien son petit ami et son orgueil de macho, pour savoir que ce n’était pas des paroles en l’air. Que Gabriel ne devait pas lui dire qu’il l’aimait sans le penser du plus profond de son être.

« Laisse moi te faire l'amour, Romain. » murmura le sénateur en parcourant de nombreux baisers le cou de son amant, amant dont les larmes se tarirent. « Laisse moi te conquérir et chasser tes doutes pour les remplacer par mes certitudes. »

Comment résister à cet appel ? Comment refuser plus longtemps à l’homme que l’on aimait son corps ? Gabriel avait mérité cette récompense. Il avait non seulement gagné son cœur et le droit d’user à sa guise de sa chaire, mais également obtenu toute sa confiance et son estime. Le sénateur était si respectable de l’aimer malgré tout ce qu’il savait de lui. Beaucoup d’hommes auraient fuit devant son passé sulfureux et peu glorieux. Mais pas Gabriel. Il semblait arriver à dissocier le passé et le présent. Il faisait face, fier comme à son habitude. Romain lui était si reconnaissant de ne pas le quitter pour ses erreurs. Le sénateur lui offrait cette seconde chance qu’il était parti cherché jusqu’en Inde. Il l’aimait malgré tout ce qu’il savait de lui. Malgré ses travers. Malgré Ceasar, Ozzie et David.

« Gabriel… » chuchota le jeune homme dans un souffle. « Attend… »

Romain posa les mains en coupe de chaque côté de la mâchoire anguleuse du beau brun, et tendrement, il lui releva le visage, coupant Gabriel dans son élan affectueux. Il esquissa un tendre sourire devant la mine quelque peu décontenancée, mais toujours aussi affamée du sénateur. Qu’il était beau lorsqu’il déposait à ses pieds le costume de l’homme d’état. Lorsqu’il était simplement Gabriel McAllister, ce type capable non seulement de le faire rire aux éclats, mais aussi de le rassurer, de le porter et de le relever lorsqu’il tombait. Sans lui dans sa vie, Romain n’aurait sans doute pas le courage, ni même la force nécessaire de changer, et de laisser derrière lui ses plus noirs démons.

D’un pouce affectueux, alors qu’il admirait (au point d’en graver les moindres détails dans son esprit) longuement et avec un amour débordant le visage de Gabriel, Romain caressa la joue de son petit ami, puis il remonta sa tendresse vers l’arcade sourcilière droite, effleurant une petite et insignifiante cicatrice perdue au trois quart dans un sourcil de noir jais. Aussitôt, un doux regret s’immisça dans le cœur de Romain.

« Qui aurait cru à l’époque qu’on se retrouverait aujourd’hui et que l’on s’aimerait ? » murmura-t-il en caressant la cicatrice de son pouce. « Je donnerais tout ce que j’ai pour me souvenir de cette année-là. Ma mère et Alfie m’ont dit que je n’arrêtais pas de te coller cette année-là. Que j’étais une vraie sangsue avec toi. Que je te suivais partout dès que tu étais dans le coin. Et que j’étais un véritable petit monstre dès que tu me contrariais. Les choses n’ont pas beaucoup changer on dirait. »

Vingt ans plutôt...
Le cri de joie d’un petit garçon brun retentit entre le ressac et le souffle du vent chargé d’iode. Les pieds dans l’eau, un petit seau dans une main et un râteau en plastique bleu dans l’autre, il sautait au-dessus de l’écume des vagues, riant aux éclats lorsqu’un peu d’eau l’éclaboussait. A ses côtés, un garçon de quatre à cinq ans son aîné et aux cheveux noir fouillait le sable humide en compagne d’Alfie T. Braddock.
« Tu ne veux pas que je porte ton seau, Romain ? » demanda le marin. « Tu vas perdre tous tes coquillages en gesticulant comme ça. »
« Nan ! Je garde. » cria le petit garçon en sautant à pieds joints au-dessus d’une nouvelle vague.
« Comme tu voudras, moussaillon ! » Alfie se tourna vers l’autre garçon, déposant une main quasi paternelle sur son épaule. « Tu trouves quelque chose d’intéressant, Gabriel ? »
« J’ai trouvé ce gros coquillage. Il est impressionnant. » De son seau, il sortit le coquillage en question. Il était aussi gros qu’un poing et nacré comme une perle. « Il est beau, tu ne trouves pas ? »
« Whoooo ! » fit Alfie en sur-jouant comme à son habitude la surprise. « En effet, il est même très impressionnant ! Bravo Gabriel ! Belle trouvaille ! »
Alerté par l’éclat de voix du marin, Romain se tourna. Son regard se posa aussitôt sur le coquillage, s’émerveillant visiblement de son éclat. Il rejoignit en courant Gabriel. Le seau tendu, il demanda :
« Donnes à moi ! »
« C’est le mien. Trouves-toi un autre. »
« Non, Romain, c’est le coquillage de Gabriel. »
Contrarié, le petit néo-zélandais se rembrunit. Ses joues devinrent rapidement rouges, ainsi que le bout de ses oreilles. Du pied, il tapa dans le sable.
« TU DONNES A MOI ! » cria-t-il, boudeur. « C’EST MON MIEN MAINTENANT ! DONNES A MOI OU JE DIS À MON PAPA ! »
De colère, Romain lâcha son seau, ses coquillages et son petit bernard-l’ermite se perdant dans le sable. Gabriel se pencha pour les ramasser avant que le ressac d’une vague ne les emportes, mais à peine eut-il le visage à hauteur du jeune garçon que déjà celui-ci explosa de rage. De son petit râteau bleu, il frappa Gabriel au visage, le faisant saigner au-dessus de l’arcade sourcilière droite…
Retour au présent.
Plus que tout, Romain s’attachait aux détails, aux gestes, aux symboles et aux mots. L’idée même que cette cicatrice – faites par lui-même vingt ans plutôt dans un excès de rage infantile – avait suivit Gabriel à travers la vie, le confortait dans l’idée qu’ils étaient destinés l’un à l’autre bien avant leur naissance. Le destin avait voulu qu’ils se retrouvent vingt ans plus tard et qu’ils s’aiment. Romain aimait la force de ce symbole. Il aimait se dire qu’ils s’étaient retrouvés. De ses lèvres, il vint embrasser cette précieuse cicatrice, soufflant au passage un « je t’aime » avant de sourire et d’inviter Gabriel à reprendre son délicieux office. Romain s’offrit sans appréhension aux caresses et aux baisers de son amant, offrant son être qui se languissait déjà de le sentir en lui.

« Tu m’as manqué. »

Cet aveu sonna le départ. Il était temps qu’ils se retrouvent. Les deux amants s’étreignirent alors avec fougue sous le jet d’eau chaude. Leurs corps ne cessaient de voyager d’un côté comme de l’autre de la cabine de douche. Elle était exiguë et remplie de vapeur d’eau mais ils n’en avaient que faire. Romain planta ses courts ongles dans la chaire des épaules et du dos musculeux de Gabriel, le griffant de plus en plus fort à mesure que la passion s’emparait de son être. Le jeune homme avait le cœur qui battait à tout rompre dans sa poitrine, et il sentait son être s’enflammer de plus en plus. Malgré l’eau qui déferlait en continu sur son corps, Romain avait chaud. Terriblement chaud. Chaque caresse, chaque baiser, chaque morsure de Gabriel faisait vibrer son être comme aucun homme ne l’avait fait vibrer jusqu’alors. Leurs langues, joueuses et câlines, s’unirent dans un baiser langoureux. Romain sentit que Gabriel jouait avec la boule de son piercing et cela le fit gémir.

« Il est peut-être temps de le tester tu ne crois pas ? »

Sans laisser à Gabriel le temps de ne serait-ce qu’acquiescer, Romain plaqua son amant contre la céramique humide de la cabine de douche. Il vint lui dévorer les lèvres encore quelques secondes, puis il déposa de longs baisers le long de sa gorge. Il les fit descendre jusqu’au torse de Gabriel, jusqu’au tatouage qu’il embrassa en le regardant droit dans les yeux. Ensuite, avec un petit air malicieux peint sur le visage, Romain mordilla les mamelons du sénateur. Il ne s’attarda que quelques secondes. Du bout de la langue, il traça un chemin sinueux sur la peau de son amant, descendant si bas qu’il du s’agenouiller pour atteindre le nombril. Sa bouche suivit le chemin de poils en dessous de ce dernier, puis enfin, Romain put à loisir capturer l’objet de toute son affection, libérant de sa prison de chaire le bout rouge de cette virilité tendue.

De ses lèvres, de sa langue percée et de sa bouche, Romain choya le membre turgescent de Gabriel. Il s’appliquait à lui prodiguer moult plaisirs, jouant avec la boule de son piercing à des endroits qu’il savait sensibles. Romain ne cessait de regarder amoureusement Gabriel. Il jouait avec son regard, prenant énormément de plaisir à se soumettre de la sorte et à l’aguicher en se déhanchant devant lui, remuant avec une indolence bien à lui son joli petit derrière. Il ne faisait aucun doute que le jeune océanologue aimait ce qu’il faisait. Il ne s’en cachait pas. Sa place était ici et pas ailleurs. Il était le repos de son guerrier. Il était l’amant de tous les délices et de tous les vices. Celui qui était capable de tout pour le satisfaire.

Ce jeu de séduction auquel ils s’adonnaient. Cette complicité dans l’acte qui les unissait. Tout revenait lentement sans qu’aucun d’eux n’aient besoin de parler pour exprimer l’amour qu’ils nourrissaient l’un pour l’autre à cet instant. Romain lisait suffisamment bien dans l’océan bleu des rétines du sénateur pour y dénicher tout ce que l’orgueil de macho de Gabriel désirait lui cacher. Le jeune homme pouvait se contenter de peu, voir de presque rien, tant que son esprit était nourrit régulièrement d’attention subtile. Il n’avait pas besoin d’entendre des « je t’aime » à longueur de journée de la part de Gabriel. Il ne lui suffisait parfois que d’un regard, que d’un geste ou que d’une caresse pour que son esprit fasse le reste, et décrypte les signes d’amour tapi dans l’ombre, là où seul lui, il pouvait les voir et les comprendre. C’était ainsi qu’ils fonctionnaient : Romain faisant la part des choses.

« Je vais te faire crier de plaisir Gabriel. » jura Romain en malmenant délicieusement et avec beaucoup plus d’entrain le membre de son petit ami. « Au point qu’Alfie nous enguirlandera tout à l’heure. Il nous interdira de nous retrouver à nouveau seuls tous les deux... sous la douche. »
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Message(#) Sujet: Re: 2107 • At the beginning | Romain Jeu 11 Nov 2010 - 16:04

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La caresse de Romain contre le visage de Gabriel était si douce, presque mélancolique. « Qui aurait cru à l’époque qu’on se retrouverait aujourd’hui et que l’on s’aimerait ? » Gabriel pencha la tête sur côté en fermant les yeux sous le geste affectueux. Il bascula son visage vers la paume de son amant, effleurant l'intérieure de sa main de ses lèvres entrouvertes. « Je donnerais tout ce que j’ai pour me souvenir de cette année-là. Ma mère et Alfie m’ont dit que je n’arrêtais pas de te coller cette année-là. Que j’étais une vraie sangsue avec toi. Que je te suivais partout dès que tu étais dans le coin. Et que j’étais un véritable petit monstre dès que tu me contrariais. Les choses n’ont pas beaucoup changer on dirait. »

Des souvenirs enfantins, éventail de couleurs, d'odeurs, de sensations de joies et de peines fugitives se mêlèrent à l'esprit de Gabriel pour se fixer en un point fixe sur le souvenir du caprice d'un petit garçon haut comme trois pomme dont vingt années plus tard, il portait encore la marque. L'esquisse d'un sourire nostalgique se peignit sur son visage alors que Gabriel se demandait tout à coup ce qu'aurait été leurs vies si un cruel coup du sort ne les avait pas séparés l'un de l'autre. Qu'avaient-il ratés tout les deux pour que l'un s'amourache d'un homme qui lui avait fait subir le pire des calvaires tandis que l'autre s'était enfermé dans sa soif inextinguible de pouvoir ? Et qu'auraient été leurs vies si ces vingts années ne les avaient jamais séparés ? Un tendre baiser et deux mots d'amour murmurés à son oreille chassèrent tranquillement ses pensées intrusives. « Tu m’as manqué. »

« Tu es là maintenant. » répondit-il simplement sur le même ton, car c'était tout ce qui comptait.

Et leurs corps de se rappelèrent l'un à l'autre de nouveau. Gabriel avait si faim de Romain... Il lui avait fallut vingt ans pour le retrouver. Il était hors de question qu'il le laisse s'échapper de nouveau. Les amants s'embrassèrent, s'abandonnèrent l'un à l'autre, librement et sauvagement, comme ils l'avaient toujours été. Puis avec cette grâce voluptueuse qui lui était propre, Romain glissa le long du corps musclé de son amant laissant une trainée de frissons parcourir son corps dans son sillage.

« Oh putain mon ange... » commença Gabriel alors que les douces lèvres de Romain l'enveloppaient « comment tu fais pour... » la fin de sa question se perdit dans un gémissement guttural. L'une de ses mains vint se plaquer contre la céramique humide, à la recherche d'un point d'ancrage alors que ses jambes menaçaient de faiblir sous le brusque assaut de plaisir qui embrasait son bas-ventre.

« Je vais te faire crier de plaisir Gabriel. Au point qu’Alfie nous enguirlandera tout à l’heure. Il nous interdira de nous retrouver à nouveau seuls tous les deux... sous la douche. » déclara Romain avec une arrogance... qu'il pouvait largement se permettre, au grand dam de Gabriel qui savait bien que c'était loin d'être des paroles en l'air et qu'il était tout à fait capable de mettre sa menace à exécution.

De sa main libre, le sénateur agrippa la chevelure humide de son amant en réponse à son effronterie. Lascif, calme et provocateur, les yeux fixés dans les siens, Romain était un véritable appel à la débauche auquel Gabriel succombait toujours, peu importe le lieu, le moment de la journée ou qu'il soit occupé ou non. Il y avait un côté infiniment jouissif dans l'osmose qu'ils partageaient, mais il ne pouvait pas s'empêcher de se dire que ça avait quelque chose de préoccupant d'être à ce point à la merci des envies de son petit-ami.

Une caresse adroite de sa langue lui arracha un incontrôlable, mais exquis, balancement de bassin et il ne put contenir le râle primaire et possessif qui s'échappa de sa gorge. Ses doigts se crispèrent tant sur le carrelage que dans les cheveux de son amant. Se refusant à le laisser s'interrompre dans sa tâche, le sénateur commença un langoureux mouvement de va et vient.

« T'es qu'un petit pervers, tu le sais ça ? » fit t-il sauvage et joueur, ravi du contrôle qu'il exerçait sur son complaisant captif.

Il ne lui laissa pas le loisir de répondre à voix haute, mais ils échangèrent un regard bien à eux qui en dit bien plus long que les mots. Paradoxalement à cette façon de satisfaire son désir avec une ardeur parfois violente, Gabriel faisait preuve d'un grand respect, et c'est en prenant garde de ne pas blesser son amant qu'il se recula sans quitter entièrement la douceur chaude de sa bouche. Il connaissait les penchants sulfureux de Romain, et il aimait savoir qu'il pouvait se montrer vigoureux, mais il ne pouvait pas toujours aller contre ses élans protecteurs.
Sa main glissa alors de la chevelure soyeuse à la joue de son amant et dans une caresse affectueuse du bout des doigts il le libéra de sa poigne. Puis il détacha son autre main du mur de la cabine de douche pour la faire redescendre le long de son propre entre-jambe. Fasciné par l'image décadente et sensuelle que son petit-ami lui offrait, Gabriel commença à se caresser sans le quitter sur regard. Chacun de ses mouvements s'accordèrent naturellement à ceux de Romain, l'accompagnant dans le supplice qu'il lui faisait subir, se pressant contre sa langue experte.

Au bout de quelques minutes, le sénateur diminua lentement le rythme de son mouvement jusqu'à cesser complétement et se retirer presque à regret de la bouche de son amant.

« Crois moi docteur Parker, il n'y pas que moi qui vais crier au point que tout le monde dans cette maison sache ce qu'il se passe ici. » Et Romain se retrouva soudainement plaqué au mur une nouvelle fois, à la place que le brun aux yeux luisants de convoitises occupait il y a quelques secondes. La respiration saccadée par le désir qui le submergeait complètement, Gabriel captura les lèvres de son amour, gonflées et rougies par leur délicieuse activité, se délectant de leur saveur mêlée à la sienne.

Une fois repu de sa bouche, il dessina tendrement les contours du tatouage ornant le cœur de Romain « Ceci veut dire que tu m'appartiens. » souffla t-il contre ses lèvres. Les mordant entre chaque mots. « A moi seul. »

Des hanches du jeune homme qu'il maintenait fermement contre lui, la main droite de Gabriel voyagea dans le bas de son dos, sur ses reins, puis sur la cambrure parfaite de ses fesses entre lesquelles il glissa deux doigts. Aussitôt il sentit Romain se tendre en réponse, mais gracieusement, d'une manière presque féline. Un sourire satisfait étira les lèvres du brun puis passant ses mains sous ses cuisses, il le souleva brusquement avec aisance. Il aimait sentir le poids de Romain sur ses bras. Tout son corps vibrait d'excitation, d'appréhension et de quelque chose d'autre qu'il n'avait encore jamais ressenti. Puis enfin, dans un soupir de plaisir libérateur, il pénétra le corps de son amour avec une douceur dont il se serait cru incapable tant il frémissait d'impatience. Le délicieux gémissement de Romain qui accompagna son mouvement et la sensation de ses jambes s'enroulant autour de sa taille valait toute l'attente endurée.

Que c'était bon d'être enfin en lui, de lui donner du plaisir, de le posséder, de l'aimer. Le cœur du sénateur ainsi que ses reins brûlaient pour Romain. Et tandis que ces derniers se mouvaient, presque malgré lui s'il ne s'était pas appliqué à garder le contrôle, Gabriel mordilla l'oreille de son petit-ami et lui susurra d'un ton suave. « Je veux que tu ne prennes que du plaisir. Qu'aujourd'hui tu me reviennes, sois mien et le restes. Pour toujours. »

Pour toujours. Il y avait un sens induit dans ces mots que seul Gabriel pouvait comprendre à l'heure actuelle...
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