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 « Do you remember… ? » feat. E.J. Hendrick

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Message(#) Sujet: « Do you remember… ? » feat. E.J. Hendrick Mer 15 Sep 2010 - 22:23

C’était un de ces soirs où il ne devait pas travailler. Il n’aurait pas mieux demandé que de pouvoir s’occuper ce soir-là également mais la loi étant ce qu’elle est, Parker était bien forcé de prendre quelques heures de repos, il ne pouvait pas travailler non-stop, même s’il aurait préféré cela à sa situation actuelle. Errer dans les rues noires de monde d’Ocean Grove n’était pas vraiment déplaisant, mais il ne connaissait pas encore réellement les gens, avait discuté avec très peu d’entre eux et entretenait une relation avec encore moins. Il fallait qu’il s’accoutume à ce changement de vie. Après tout, Miami était bien différente de New York et comme la Statue de la Liberté était à peu près tout ce que Parker avait connu jusque-là, se retrouver dans cette partie des Etats-Unis était étrange pour le jeune homme. Il était arrivé par hasard dans ce quartier, s’il avait été pris en stop par un autre automobiliste, il se serait peut-être retrouvé dans le Wyoming ou au Texas. Quoi qu’il en soit, il se serait adapté à n’importe quel environnement, tout ce qu’il voulait, c’était être ailleurs, loin de son quartier natal, loin des établissements scolaires qu’il avait fréquentés jusqu’à ses dix-huit ans. Parce qu’évidemment, comme bien d’autres jeunes de son âge, Parker n’avait pas vu l’intérêt de poursuivre une voie qui ne l’attirait pas plus que cela. Il n’avait pas réfléchi à ce qu’il voulait entreprendre comme carrière, il ne se voyait ni médecin ni avocat, encore moins architecte. Tous ces rêves de grandeur, il le laissait à ses pairs. Lui, il préférait voir où le chemin qu’il empruntait le mènerait. Il vivait au jour le jour, ayant appris à ses dépens que c’était la seule façon de ne pas être déçu par ce que la vie avait à lui offrir. Prendre ce qu’elle accordait était suffisant, il ne demandait pas davantage.
Il n’avait jamais été très ambitieux, ni bavard, d’ailleurs. Il vivait en parallèle des autres. Il n’était pas asocial pour autant. Il avait des amis. De très bons amis, même. Une petite amie délicieusement douce à l’humour un peu cynique. Il était attaché à toutes ces personnes et pourtant, en même temps, il n’avait eu aucun mal à empaqueter ses quelques effets personnels pour quitter la ville qui l’avait vu naitre et grandir. La ville qui avait suivi ses bonheurs et ses drames quotidiens. Elle l’avait enveloppé durant plus de vingt ans et du jour au lendemain, sans un regard en arrière, il était parti. Il serait peut-être resté encore quelques mois s’il n’avait pas été en quelques sortes jeté à la rue – le couple chez qui il vivait depuis six mois ne pouvait pas continuer sur cette route, il l’avait senti et lorsqu’Ashley lui avait demandé de partir, il l’avait fait sans rechigner. Mais il ne leur en voulait pas. Il comprenait leur désarroi, leur impuissance et il ne pouvait de toute manière pas rester indéfiniment chez eux. Ils avaient un foyer à agrandir, des travaux à entreprendre et il n’était qu’un fardeau supplémentaire qui ne leur rapportait pas grand-chose. Alors oui, peut-être qu’il serait encore resté six ou huit mois mais tôt ou tard, il en serait venu à la même conclusion : il devait partir. Pas seulement de l’appartement qui l’avait accueilli lorsqu’il en avait le plus besoin ; il devait aussi partir loin de New York, loin de cette vie misérable à laquelle il était voué s’il restait dans les parages. Qui sait ? Ailleurs, il trouverait peut-être le salut. Ailleurs, il pourrait peut-être enfin se construire une vie digne de ce nom. Miami semblait idéale pour repartir à zéro. Personne ne le connaissait, il pouvait donc repartir sur des bases saines, sans se demander si en voyant son visage, les gens ne fronceraient pas les sourcils, se demandant d’où ils pouvaient bien le connaitre. Au final, à New York, les gens se rencontraient, se reconnaissaient, malgré la taille impressionnante de la métropole. Parker rêvait d’anonymat, Miami le lui accordait.
Il s’était trouvé un logement sympathique dans le quartier en apparence paisible qu’était Ocean Grove. N’étant pas non plus du genre fainéant, il n’avait pas lésiné sur la recherche d’un emploi – vivre sur ses maigres économies n’était même pas envisageable et il ne voulait pas finir à la rue au bout de trois semaines – et avait finalement trouvé quelque chose qui payait suffisamment pour qu’il s’en sorte un temps. Il devrait probablement chercher mieux plus tard ou viser la promotion mais en attendant, il effectuait les tâches que les autres lui refilaient, parfois parce qu’ils étaient pressés mais également, et il en avait parfaitement conscience, par pur sadisme ou esprit de vengeance pour certains. Après tout, il était le petit nouveau, il n’avait qu’à faire le sale boulot, il aurait tout le loisir de se venger sur le suivant. Sauf que Parker n’était pas de ce genre là. Tout comme il n’était pas du genre à se plaindre.
Une soirée off donc. Une soirée à errer sans vraiment se décider. Il avait déjà traversé le quartier de long en large, aimant savoir où il se trouvait. Il avait repéré les endroits sympas et ceux qu’il valait mieux éviter. Cocowalk faisait partie de la première catégorie. Il y régnait une agréable ambiance en tout temps et il avait donc élu cet endroit comme l’un de ses préférés. En tout cas, il était en tête de liste. Il aurait pu aborder quelqu’un, essayer de se créer un petit réseau de connaissances, cela lui permettrait de s’intégrer et se créer un début de vie décente mais Parker n’aimait pas vraiment faire la conversation, il ne s’agissait pas de timidité ni rien, c’est juste que ce n’était pas son genre. Pourtant, un jour ou l’autre, il faudrait bien qu’il fasse le premier pas car il était évident qu’un garçon avec un look un peu « voyou » n’attirerait pas les foules. C’était mieux, mais ce n’était pas idéal. Pas s’il voulait vraiment recommencer à zéro, reconstruire quelque chose de neuf. Aussi, lorsqu’il passa devant un petit bar visiblement bien rempli et qu’une musique alléchante se fit entendre, il n’hésita qu’une seconde avant de décider qu’il ferait sa première halte ici et pas ailleurs. Pénétrant dans un brouillard de fumée et un brouhaha de discussions, il se faufila dans la foule, se laissant guider par l’interprète qui chantait et jouait sur scène. Quelle ne fut pas sa stupéfaction de reconnaitre la jeune femme lorsqu’il parvint à un endroit où il put apprécier la performance à son aise. Prétendre que Parker « connaissait » la jeune artiste aurait probablement été exagéré mais une chose était certaine, sa chevelure écarlate était inoubliable et il n’eut qu’à poser les yeux sur celle-ci pour se souvenir dans quelles circonstances il l’avait rencontrée pour la première fois, non pas ici à Ocean Grove, mais à New York. « Le monde est petit » se dit-il en applaudissant, imitant les autres clients qui s’étaient mis à frapper dans leurs mains et à siffler la chanteuse. Elle quitta le devant de la scène et Parker se dit que c’était l’occasion ou jamais de mettre en œuvre ce pour quoi il était venu : rencontrer des gens. Il avait un prétexte idéal puisqu’il pourrait se présenter comme étant « le mec de New York », en admettant qu’elle s’en souvienne, évidemment. Et rien n’était moins certain parce que leur bousculade datait quelque peu. Il ne se démonta toutefois pas et se fraya un chemin entre les tables dès qu’il repéra la jeune femme à l’autre bout de la salle. Le tout était d’arriver à capter son attention avant qu’un autre gars ne vienne l’aborder, auquel cas il était pratiquement certain que Parker ferait demi-tour et irait voir ailleurs s’il n’y était pas. Il voulait commencer en douceur et c’est ce qu’il fit en venant se poster près de la jeune femme dont il ne se rappelait plus le prénom, malheureusement :

« Hey ! J’ignorais que tu étais de Miami ! » s’exclama-t-il pour capter son attention.

Et quand ce fut chose faite, il était clair et net que la jolie rousse n’avait aucun souvenir de qui diable il pouvait bien être.
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