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 LIFE'S NOTHING BUT A SICK GAME. (pv)

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Message(#) Sujet: LIFE'S NOTHING BUT A SICK GAME. (pv) Mer 22 Sep 2010 - 0:47



life's nothing but a sick game.
    LIAM K. STANFIELD & AUBREE DEHZKEL


    misty_creates & lifeisacircus @LJ

    23 AOÛT 2011 - BUREAU DE LIAM K. STANFIELD,
    BAPTIST HOSPITAL





Parfois, il vaut mieux éviter d’enflammer les choses. Laisser couler, essayer d’arranger les pots cassés. Surtout ne pas s’enfoncer, et se faire tout petit jusqu’à ce que la tempête passe. Quiconque serait normal agirait ainsi. Mais pas Aubree Dehzkel – Aubree Dehzkel n’était pas normale, après tout. Ses priorités étaient des plus contestables, et son intérêt pour les autres était plutôt de l’ordre du désintérêt. Depuis les six mois qu’elle était à Miami, elle ne s’était quasiment pas rendue en cours, alors qu’elle était censée être étudiante en médecine. Elle n’avait pas donné signe de vie lors des examens, trop occupée à s’enfoncer des seringues qui n’avaient rien de médical dans ses bras déjà abîmés et marbrés d’hématomes. La jeune femme avait déjà eu droit à plusieurs avertissements de la part de son titulaire, Liam Stanfield, accessoirement chef du département neurologie de l’hôpital où elle aurait dû faire ses études cette année. Elle les avait tous ignorés, avait ri au nez de son professeur. Puis, elle s’en était allée retourner faire la fête. Comme toujours, même si le coeur n’y était pas. Cependant, les choses semblaient se corser pour la jolie blonde qui avait vu arriver ce qui devait être son trentième avertissement. Cette fois-ci, Liam avait pris ses précautions et, afin d’être sûr d’avoir une réponse, avait directement contacté Aubree sur la page Facebook de celle-ci. Bien sûr, une fois de plus, elle lui avait ri au nez et s’était ouvertement moquée de lui. Mais elle avait, malgré tout, saisi la menace sous-jacente dans les propos de Liam et avait décidé de se déplacer, pour une fois, jusqu’au bureau du neurologue afin de voir ce qu’il lui voulait, bien qu’elle n’eût pas vraiment de doute sur la question. Elle comptait expédier rapidement la question afin de pouvoir retourner avec ses amis défoncés. Bien sûr, la jeune femme n’était, comme d’habitude, pas vraiment en état de se rendre à un entretien, à cause du taux de substances diverses qu’elle avait dans le sang. Cependant, elle avait l’air passablement sobre et l’étrangeté de son comportement pouvait être attribuée tout simplement à son caractère odieux en toutes circonstances. Après tout, ici, personne ne l’avait jamais connue telle qu’elle était avant : douce, gentille, généreuse et sensible. Cela remontait à l’époque où elle était encore brune, où elle avait de véritables amis sur qui compter en toutes circonstances, et où la sobriété n’avait rien d’exceptionnel pour elle. Bien sûr, elle avait toujours eu un penchant pour la fête et pour les excès en tous genres, que ce soit sur le plan de l’alcool, du sexe ou des drogues (douces, à l’époque), mais cela n’était en rien comparable avec l’état dans lequel elle se trouvait aujourd’hui. À l’époque, elle se rendait à ses cours, étudiait ses leçons et obtenait de bonnes notes malgré ses soirées passées à faire la fête. Elle s’arrangeait pour être présente pour ceux qu’elle aimait, et, la plupart du temps, était joyeuse, chaleureuse et de bonne humeur. Puis, elle avait perdu ses parents – et était tombée amoureuse. La transformation en garce froide, manipulatrice et insensible s’était quasiment faite du jour au lendemain, et était toujours d’application un an et demi plus tard. Aubree semblait ne plus avoir de coeur, et cela n’était pas si faux : si son coeur était encore là, il était noirci, mutilé et enseveli sous une couche de glace, ou de pierre. N’importe quoi qui fût assez solide pour garder le peu qu’il restait à protéger chez la jeune femme. Ses émotions s’étaient toutes envolées dès le moment où elle était devenue blonde platine, et le résultat, bien que plaisant pour les yeux, n’était pas des plus agréables à fréquenter. Lorsqu’Aubree se taisait, annihilée par la drogue et occupée à tirer son coup, elle était d’assez bonne compagnie – du moins, si vous cherchez quelqu’un avec qui passer une nuit inoubliable, si toutefois votre mémoire ne vous est pas d’abord enlevée par les dizaines de pilules ingurgitées au préalable. Mais si vous cherchez une relation profonde, ou basée sur un minimum de dialogue, vous feriez mieux de passer votre chemin. Le dialogue, les sentiments, les relations au sens large du terme ne faisaient plus partie de la vie d’Aubree. Tout ce qu’elle aimait encore faire, c’était détruire. Détruire les autres pour ressentir un semblant de vie. Sans doute était-ce là la seule raison pour laquelle elle s’était donné la peine de se rendre au bureau de Liam, ce jour-là. Tout ce qu’elle voulait, c’était l’enrager au maximum, pour tirer une énergie certes sordide de sa colère. Pour se sentir vivante, et encore. La vie avait quitté Aubree Dehzkel depuis longtemps maintenant. Peut-être pourrait-elle sentir une étincelle jaillir dans son âme noircie, un faible rebondissement dans son quotidien devenu morne malgré son côté sensationnel. C’est avec cette idée en tête qu’elle toqua à la porte du bureau de Liam. Elle entra sans attendre qu’il la conviât, et entra dans la pièce, dardant de son regard bleu et froid le médecin. « Vous vouliez me voir, docteur Stanfield ? » Faussement polie, sa voix trahissait avant tout une moquerie et une indifférence des plus saisissantes. Que le jeu commence.


Dernière édition par Aubree Dehzkel le Mer 22 Sep 2010 - 15:49, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: LIFE'S NOTHING BUT A SICK GAME. (pv) Mer 22 Sep 2010 - 2:02

FLASHBACK, mai 2011
« Tu peux même pas savoir comment j'ai envie de les pendre par les slips! Dans la morgue, en plus! »
« Au moins, t'as des externes qui écoutent ce que tu dis! J'en ai une, je sais même pas comment elle fait pour passer les examens! »
« Tu parles de la petite blonde, là? Aubree jesaisplusquoi? »
« Dans le mile! J'ai des externes qui me suivent au pas, je peux même pas aller pisser en paix! Elle, elle joue à cache-cache. Sérieusement, comment veux-tu qu'elle soit un bon médecin sans la pratique? »
« Liam... T'es chef de neuro'... T'as qu'à dire qu'elle fait pas l'affaire et ils la foutent dehors! » s'exclama son ami en lui donnant une tape amicale sur l'épaule. Comme si c'était aussi évident que ça!
« Tu sais que je déteste faire ça. Au début de l'année, je me disais que l'intégration était rude. Je lui ai laissé sa chance, mais je sais plus ce que je peux faire d'autre. Elle passera pas les stages. Niveau pratique, elle va être pourrie! »
« Pourquoi tu la recales pas, juste? Fous-là à Darren, il adore les cas sociaux! »
« Je sais pas... » Le médecin se prit la tête entre les mains, conscient que la décision lui revenait. Toutefois, malgré la patience dont il avait fait preuve, malgré l'acharnement qu'il avait dû avoir pour obtenir quelque chose de sa part, il ne savait plus quelles options il avait.
L'été s'était déroulé à la vitesse de l'éclair, alors que Liam jonglait entre le boulot, Leah, la maison et les problèmes qui lui tombaient dessus comme des mouches. Il avait discuté avait discuté avec certains de ses collègues, longuement, alors qu'ils lui disaient tous de laisser tomber, qu'elle était entrée en fac de médecine pour les mauvaises raisons. Liam détestait baisser les bras et il n'avait pas envie d'abandonner. Que pouvait-il faire d'autre? Il n'avait pas pu observer la jeune fille à l'oeuvre lorsqu'il avait laissé ses externes utiliser l'IRM à tour de rôle: elle n'y était pas. Il ne pouvait pas lui donner une note sur l'évaluation d'un patient qu'il leur avait demandé de faire, puisqu'elle n'y était pas non plus. Il avait donc décidé de lui donner une dernière chance et de lui lancer un ultimatum. L'été se terminait, les cours reprenaient en septembre. Ils étaient à la fin du mois d'août. C'était le moment idéal afin d'espérer qu'elle ait pris une partie de son été pour réfléchir aux conséquences de ses actes et même si le médecin ne se faisait pas d'illusions, il espérait toujours. Elle aurait pu avoir le potentiel nécessaire à sa réussite, si seulement elle avait fait un effort.

Sa journée avait été particulièrement chargée puisqu'il avait dû s'occuper de deux admissions en neurologie, dont un AVC. Il poussa un soupir, se reculant un moment sur sa chaise afin de reprendre ses esprits et rouler des épaules pour délier ses muscles endoloris. Il n'était pas rentré chez lui depuis seize heures, Leah avait dû dormir chez une amie. Des coups frappés à la porte le sortirent de sa torpeur alors que son regard se posait directement sur l'heure au bas de l'écran de son ordinateur. « Vous vouliez me voir, docteur Stanfield ? » Il se leva, invitant la jeune fille à prendre place sur l'une des chaises occupant son bureau. Une table d'examen se trouvait un peu plus loin, reculée, afin d'espérer un peu d'intimité. Liam récupéra finalement les papiers qu'il cherchait et approcha un peu sa chaise de manière à être face à Aubree. Il lui tendit l'une des feuilles, conservant sa propre copie.
« En effet. Je voulais te voir parce que je dois te remettre ça. Et j'ai cru que c'était mieux en personne. »
Il lui laissa le temps de jeter un coup d'oeil au papier alors qu'il notait sur un dossier une information importante qu'il ne devait absolument pas oublier. Il le referma et le glissa dans une pochette avant de reporter son attention sur son externe. Encore une fois, elle n'avait pas l'air dans le meilleur des états pour prendre part à un entretien d'une importance capitale pour sa vie future, mais Liam n'en fit pas tout de suite la remarque. Il prit finalement sa copie, qui représentait l'évaluation des stages de la jeune fille. Posé, il pointa du doigt les notes les plus importantes.
« J'espère que tu as conscience que je ne pouvais pas te laisser accéder à la classe supérieure? Je suis même pas foutu de savoir comment tu te débrouilles avec des vrais patients! Ou avec des machines que tu devras utiliser toute ta vie! Tu vas devoir reprendre ton année, tes stages du moins, puisque tu sembles avoir réussi tes examens théoriques. »
Il poussa un soupir alors qu'il fronçait légèrement les sourcils, incertain de ce qu'il dirait ensuite. Il voulait qu'elle comprenne qu'il n'avait pas eu le choix, qu'il ne pouvait décemment pas lui permettre de réussir ses stages alors qu'il n'avait rien vu d'elle. Il en avait vu assez pour la jeter en dehors de l'université et il se demandait d'ailleurs comment elle avait pu débuter ses études de médecine en agissant de la sorte. Pourtant, malgré ce que les gens pouvaient penser, Liam avait la désagréable impression qu'Aubree cachait un malaise plus profond encore. Il n'était pas psychologue et il avait parfois du mal à tout comprendre, mais il le sentait. On ne naissait pas comme ça.

Il posa finalement son regard dans le sien, la toisant alors qu'il tentait de comprendre ce qui se passait dans sa tête, comment elle réagirait.
« Je pense que tu as eu ton lot de chance. Je te trouvais toujours des excuses. Mais je ne peux malheureusement pas expliquer toutes tes conneries. »
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Message(#) Sujet: Re: LIFE'S NOTHING BUT A SICK GAME. (pv) Dim 7 Nov 2010 - 16:52





Semblable à une enfant qui prenait un malin plaisir à tourmenter ses parents dans le simple but de voir jusqu’où elle pouvait aller, Aubree jubilait presque de voir combien Liam semblait exténué par son comportement puéril. Non pas qu’elle eût agi de la sorte dans le simple but de l’exaspérer – elle agissait comme bon lui semblait, en fonction de ce qui l’arrangeait le mieux. Que cela ait des conséquences désastreuses sur les autres et sur les relations qu’elle pouvait entretenir avec ces personnes, lui important pour ainsi dire très peu. Ce n’était que très secondaire, et nullement digne de son attention. Aubree gagnait de jour en jour en égoïsme et en indifférence, et c’était un détail assez important à prendre en compte – difficile d’avoir une conversation avec la jeune femme en partant du principe qu’il fallait éveiller en elle des regrets, des scrupules, ou de bonnes résolutions. La seule chose que vous pourrez susciter chez Aubree en lui faisant la morale, c’était un ennui profond et une impatience de vous quitter pour retourner vaquer à ses occupations. Aubree avait conscience que son comportement ne la rendait que très difficilement supportable, mais, comme toujours, elle s’en fichait complètement. Elle n’était pas ici pour se faire des amis – si cela avait été le cas, elle aurait pris sur elle et aurait été moins infecte. Aubree était ici parce qu’elle n’avait pas eu d’autre choix que d’obéir à ses tuteurs, qui gardaient sur elle une influence considérable malgré qu’elle fût majeure. Ils lui avaient demandé de se poser quelque part, de préférence du même côté du continent qu’elle. Ne désirant aucunement retourner auprès d’eux, à New York, la jeune femme s’était orientée vers le sud, sans l’espoir d’y trouver quelque chose en particulier. Elle attendait que les jours passent, tous semblables, tous vides et dénués d’intérêt malgré les pratiques extrêmes auxquelles elle s’adonnait quotidiennement. Mais visiblement, Liam ignorait tout de cela, il ignorait tout du fond, encore plus noir qu’on ne pourrait le croire, d’Aubree. Elle ne comptait pas le ménager, bien qu’il fût en position de force et qu’elle fût son élève. Elle ne comptait pas être hypocrite et feindre un respect qu’elle n’avait pas – ou alors, si elle le faisait, ce serait avec tant d’évidence que l’hypocrisie deviendrait moquerie. Elle fixa Liam d’un air passablement ennuyé, et, paradoxalement, amusé de par son scepticisme. Elle remarqua qu’il avait l’air épuisé, mais cela ne suscita aucun sentiment de compassion chez la jeune femme – après tout, elle aussi était en permanence exténuée, et personne ne cherchait à la ménager. « En effet. Je voulais te voir parce que je dois te remettre ça. Et j'ai cru que c'était mieux en personne. » Sans doute avait-il espéré susciter un accès de curiosité chez la jeune femme, mais celle-ci conserva son expression neutre et désintéressée, et tendit une main sertie de bracelets pour attraper le document qu’il tenait entre les siennes. Elle y jeta un rapide coup d’œil, se contentant de voir de quoi il traitait sans chercher à en savoir plus. Vint ensuite le sermon auquel elle s’était attendue en entrant ici. « J'espère que tu as conscience que je ne pouvais pas te laisser accéder à la classe supérieure? Je suis même pas foutu de savoir comment tu te débrouilles avec des vrais patients! Ou avec des machines que tu devras utiliser toute ta vie! Tu vas devoir reprendre ton année, tes stages du moins, puisque tu sembles avoir réussi tes examens théoriques. » Elle ne capta que par bribes ce qu’il lui disait, le reste étant noyé par le flot de paroles continues qu’il débitait. De nature impatiente, Aubree n’était pas suffisamment concentrée que pour prêter attention à chacune des phrases prononcées par le neurologue. Il ne lui apprenait rien – elle aurait aussi bien pu rester chez elle. Aubree soupira, jeta un coup d’œil à ses ongles dont la manucure commençait à s’abîmer. Elle rongea celui du pouce, non par nervosité, plutôt pour s’éviter de devoir chercher une réponse – elle n’avait aucunement envie de débattre, au plus tôt elle serait sortie ici, au mieux ce serait. Peu importe l’image qu’aurait alors Liam d’elle. C’était le genre de détails dont elle ne se souciait pas. « Je pense que tu as eu ton lot de chance. Je te trouvais toujours des excuses. Mais je ne peux malheureusement pas expliquer toutes tes conneries. » Cette fois-ci, Aubree posa son regard perçant et glacial sur les prunelles noisette, pleines de courroux et de lassitude, de son professeur. Et, étrangement, elle sourit. Elle décroisa ses jambes et se rapprocha du bureau, sans quitter Liam du regard. Elle sembla chercher ses mots pendant une ou deux secondes, puis répliqua, d’une voix claire, sérieuse malgré son ton quelque peu moqueur et sarcastique : « Oh, c’est si noble, si généreux de votre part de me trouver des excuses – je n’en attendais pas tant. Ça doit être pour ça que vous ne m’avez pas virée plus tôt… Je ne vous demande pas d’expliquer mes conneries, ce serait mal placé, pas vrai ? Vous en avez déjà suffisamment fait pour moi, et si je n’avais pas été aussi pudique, je me serais déjà répandue en remerciements. » Nouveau sourire en coin, dépourvu néanmoins de la moindre joie. « Je n’ai rien à dire pour ma défense, Docteur Stanfield. Si vous voulez me virer, allez-y, donnez-vous en à cœur joie. J’ai bien remarqué que vous n’attendiez que ça. Ne vous gênez pas, vous ne devez pas me ménager, je suis habituée à bien plus dur, croyez-moi. » Elle n’avait pas fait cette précision dans le but d’éveiller une quelconque compassion chez le médecin, bien au contraire – elle n’en avait pas besoin, elle avait mieux à faire que de tenter de susciter de l’affection chez quelqu’un dont elle n’avait que faire. Ses paroles, bien qu’empreintes d’un franc sarcasme, avaient été, une fois n’est pas coutume, sincères. Elle se fichait éperdument de ce qu’il voulait lui faire. Elle avait d’autres chats à fouetter.
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Message(#) Sujet: Re: LIFE'S NOTHING BUT A SICK GAME. (pv) Lun 8 Nov 2010 - 22:35

« Oh, c’est si noble, si généreux de votre part de me trouver des excuses – je n’en attendais pas tant. Ça doit être pour ça que vous ne m’avez pas virée plus tôt… Je ne vous demande pas d’expliquer mes conneries, ce serait mal placé, pas vrai ? Vous en avez déjà suffisamment fait pour moi, et si je n’avais pas été aussi pudique, je me serais déjà répandue en remerciements. » Le médecin arqua simplement un sourcil avant de joindre ses mains sur la table, posant son regard dans celui, indomptable, d'Aubree.
« Je les attends encore. »
Le neurologue se disait qu'elle n'avait toutefois pas tort, il avait fait plus que le nécessaire pour elle, il ne voyait pas ce qu'il pouvait faire de plus. Ses collègues étaient unanimes, elle n'avait rien à faire ici; d'ailleurs, Liam peinait à ne pas les rejoindre dans leurs idées fixes comme quoi elle était parfaitement à sa place dans une boîte de strip-tease. Et oui, les nouvelles s'ébruitaient rapidement, au Baptist Hospital. Il ne pouvait rien dire pour la défendre et tout au fond de lui-même, il commençait à douter de sa bonne volonté. « Je n’ai rien à dire pour ma défense, Docteur Stanfield. Si vous voulez me virer, allez-y, donnez-vous en à cœur joie. J’ai bien remarqué que vous n’attendiez que ça. Ne vous gênez pas, vous ne devez pas me ménager, je suis habituée à bien plus dur, croyez-moi. » Les paroles de la jeune femme suffirent à le faire sortir de ses gonds alors qu'il se levait brusquement de sa chaise en saisissant une feuille vierge de toute écriture. Il fit le tour de son bureau de travail et se planta devant Aubree en posant brusquement la feuille devant elle.
« C'est ça que tu veux? Tu veux que je te vire? Alors signe! Signe et t'auras plus à te faire chier à assister aux stages ni même à te rendre en classe! Signe et t'es libre! »
Furieux, il croisa les bras sur son thorax afin d'éviter de s'en prendre physiquement à elle. Il l'aurait bien secouée jusqu'à ce qu'elle retrouve un semblant de dignité et de raison. Elle méritait qu'il la renvoie, qu'il lui dise que c'était finit et qu'elle avait eu suffisamment de chances comme ça, mais Liam avait l'impression d'être témoin d'un mal-être significatif de la part d'Aubree. Il lui semblait qu'elle n'avait pas toujours été comme ça, elle ne se serait jamais rendue jusqu'ici, sinon. Mais malgré tout, elle se devait d'être une étudiante modèle; la médecine, ce n'était pas pour tout le monde. Et sincèrement, il avait beau tenter de lui trouver des excuses, tenter de la défendre vis-à-vis des autres, il se rendait bien compte qu'elle n'agissait plus qu'en garce victimisée et prétentieuse.

Violemment, il avait saisit son bras afin qu'elle se retourne complètement vers lui et qu'elle le regarde en face.
« Tu penses vraiment que t'es la seule ici à avoir des problèmes? Tu penses vraiment que ta petite putain de vie est plus précieuse que celles de ceux que tu pourrais sauver? Alors t'as rien à foutre ici. »
D'un ton grave et dégoûté, il avait relâché son emprise sur le bras d'Aubree et avait reculé de quelques pas, secouant légèrement la tête. Quand on signait pour l'école de médecine, on signait pour le meilleur et pour le pire. Les étudiants étaient tous au courant des efforts qu'ils devraient faire pour parvenir à leurs buts et ils savaient qu'ils devraient mettre de côté leurs sacro-saintes vie de fêtards pour se concentrer sur ce qui les intéressait, sur ce qui se devait de les passionner. Ils savaient tous que même avec un diplôme en poche, ils perdraient la liberté qu'ils avaient avant simplement parce que les horaires n'étaient pas fiables, parce que les patients avaient besoin d'eux. Un médecin consacrait sa vie à sauver les gens, ses propres problèmes passaient souvent bien après! Et il ne pouvait pas la laisser détériorer l'image que la population avait du Baptist Hospital simplement parce qu'elle se sentait d'humeur à ne rien faire en jouant les putains dans une boîte de strip-tease. Décidément, malgré la bonne résolution qu'il s'était donnée de demeurer calme, Aubree était parvenue à le faire sortir de ses gonds.

Fronçant les sourcils alors qu'il faisait un effort surhumain pour ne pas lui demander de quitter son bureau au pas de course, une expression de dédain vint néanmoins prendre place sur son visage alors qu'elle ne lui inspirait plus que pitié et mépris. Peu importe ce qui s'était passé dans sa vie, il n'avait même pas envie d'éprouver la moindre compassion pour elle. Il en avait eu, au départ, mais cette fois c'était trop tard. Elle ne se rendait pas compte de la chance qu'elle avait et elle la jetait par la fenêtre sans même lever le petit doigt.
« Je veux rien savoir de tes motivations ou de tes excuses. Sérieusement, j'en ai rien à faire. Tu fous ta vie en l'air et j'ai du mal à croire que tu pourras un jour faire un bon médecin. »
Lâchée sur le coup de la colère, cette vérité glissa de ses lèvres sans même qu'il n'ait pu la retenir. Et étrangement, il n'en éprouvait aucun remord.
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Message(#) Sujet: Re: LIFE'S NOTHING BUT A SICK GAME. (pv) Ven 12 Nov 2010 - 16:45





« Je les attends encore. » La réponse de Liam, donnée avec un sérieux inébranlable, arracha un nouveau sourire à Aubree. Avait-il réellement pris au sérieux les sarcasmes de la jeune femme ? Cette pensée, à défaut d’amuser Aubree, lui arracha un sentiment moqueur. Répondre avec sérieux aux moqueries d’Aubree était stupide et vous embarquait dans une discussion sans fin, dont vous terminiez à coup sûr perdant – Aubree, contrairement à la grande majorité des gens peuplant ce monde, n’éprouvait aucun scrupule et ne s’arrêtait à aucune limite. Quitte à blesser, vexer, outrer ou choquer. Elle n’en avait que faire : ses mots ne connaissaient aucune censure. La bienséance n’avait jamais fait partie de ses principes, et encore moins aujourd’hui, alors que son seul centre d’intérêt était elle-même – et encore, elle était la première à s’estimer comme une moins que rien, la première à vouloir mettre un terme à sa vie dénuée d’intérêt. Elle n’avait plus aucune estime d’elle-même, mais se gardait bien de le montrer : jamais elle ne se laisserait descendre, et le peu d’orgueil qu’il lui restait, non suffisant pour la garder de se dévêtir devant une foule d’inconnus sans même en retirer du plaisir, mais trop important que pour la laisser se faire insulter, contribuait à lui donner un soupçon d’honneur. Peu importe l’image vile, démoniaque et infecte qu’elle donnait de sa personne – l’estime des autres ne l’intéressaient en aucun cas, encore moins celle d’un médecin chez qui tout traduisait une animosité certaine à son égard. Se gardant bien de lui répondre, elle éprouva néanmoins un plaisir malsain en le voyant s’énerver, en proie à une colère qu’elle avait suscité chez bien d’autres auparavant. Se levant brusquement, il posa une nouvelle feuille devant ses yeux, et lui parla d’une voix animée par la colère : « C'est ça que tu veux? Tu veux que je te vire? Alors signe! Signe et t'auras plus à te faire chier à assister aux stages ni même à te rendre en classe! Signe et t'es libre! » Peut-être s’était-il attendu à ce qu’elle se repentisse, se confonde en excuses, mais cette tirade eut pour seul effet de lui arracher un sourire plus mesquin que jamais, ainsi que quelques mots qui lui auraient bien valu une paire de claques. « Vous me prenez vraiment pour une idiote ? Je veux bien que vous ayez une estime on ne peut plus basse de ma personne, mais croyez-moi, je ne manque pas de cervelle. Je ne vais sûrement pas signer un papier qui m’expulsera de cet endroit, alors que visiblement, le choix me revient. Je ne suis pas masochiste, vous savez. » Cette réponse, insolente et tout aussi infecte que la plupart des mots qu’elle avait prononcés depuis son entrée dans cette pièce, eurent le don d’énerver davantage le neurologue, qui se saisit de ses poignets, tentant peut-être d’éveiller un soupçon de conscience dans l’âme évidée d’Aubree. « Tu penses vraiment que t'es la seule ici à avoir des problèmes? Tu penses vraiment que ta petite putain de vie est plus précieuse que celles de ceux que tu pourrais sauver? Alors t'as rien à foutre ici. » Nouvelle tentative d’éveiller en elle un sentiment de responsabilité, voire de culpabilité ? Liam n’avait, visiblement, toujours rien compris au fonctionnement de la jeune femme. Pas un mot de ceux qu’il avait prononcés ne l’avait atteinte – ils l’avaient, tout au plus, agacée, car elle les estimait comme une perte de temps. « Qui vous parle de mes problèmes ? Pourquoi est-ce que vous avez besoin de ressortir cet argument alors que je ne me suis jamais plainte à ce sujet-là ? » Sa voix avait pris une teinte sceptique, sans se départir de sa froideur et de sa moquerie. Elle était désarçonnée par ce changement de sujet, qui n’avait visiblement pas sa place ici : Aubree n’avait jamais fait d’aveux à son professeur, et se gardait bien de changer cette situation. « Ce n’est pas parce que vous passez visiblement votre vie sur ma page Facebook et que vous tirez des conclusions de ce que vous y voyez que vous avez tout compris à ma vie. Bien au contraire. » Le sourire éclatant qu’elle lui adressa ensuite n’était destiné qu’à l’énerver davantage. Visiblement, Liam se prêtait bien au jeu : il ne marchait pas dedans, il plongeait carrément, à pieds joints. Il réagissait exactement comme Aubree le voulait : incapable de se contrôler, d’être indifférent aux paroles outrageuses qu’elle proférait. Aubree adorait la provocation, et ce jeu, bien que destructeur, était une des rares choses auxquelles elle tenait.

Visiblement décidé à conserver le peu de calme qui lui restait, Liam avait regagné sa place, et sa gravité. « Je veux rien savoir de tes motivations ou de tes excuses. Sérieusement, j'en ai rien à faire. Tu fous ta vie en l'air et j'ai du mal à croire que tu pourras un jour faire un bon médecin. » Une nouvelle fois, Aubree eut du mal à saisir le rapport entre les paroles de Liam et la conversation qu’ils avaient – pourquoi devait-il donc toujours venir avec des arguments hors propos ? Il parlait comme si elle avait à tout prix tenté de se justifier, de le convaincre, alors qu’elle n’avait fait que le contraire. Cependant, en entendant la suite et la fin de la tirade du médecin, Aubree ouvrit grand les yeux, dans un regard choqué et visiblement atteint par les paroles de Liam. Visiblement, il avait touché un point sensible. C’est alors qu’Aubree sourit, incapable de maintenir sa pose une seconde de plus, secouée par un fou rire qu’elle réprimait à grand-peine. « Voilà qui change tout. Je pense que votre estime quant à mes capacités médicinales vient soudain de remettre en question ma vie entière », répliqua-t-elle avec une superbe indifférence. Elle commençait à s’impatienter – non pas que cette petite discussion manquât d’intérêt, mais elle avait d’autres choses autrement plus passionnantes à faire.

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Message(#) Sujet: Re: LIFE'S NOTHING BUT A SICK GAME. (pv) Sam 13 Nov 2010 - 7:13

« Qui vous parle de mes problèmes ? Pourquoi est-ce que vous avez besoin de ressortir cet argument alors que je ne me suis jamais plainte à ce sujet-là ? » Un soupir énervé s'échappa des lèvres du neurologue alors qu'il jaugeait du regard la jeune femme assise devant lui. La fierté qui animait son regard en disait long sur son état d'esprit et Liam, modeste et compréhensif de nature, n'avait qu'une envie: démolir ses idéaux. Elle semblait se sentir au-dessus de tout, comme si rien ne pouvait lui arriver parce qu'elle s'appelait Aubree Dehzkel et qu'elle avait accédé à l'école de médecine, mais à trop jouer avec le feu, on finissait par s'y brûler les doigts.

Il n'avait pas envie de la ménager; le temps où il lui laissait des chances était terminé. Il lui avait donné de nombreuses opportunités, elle avait refusé de les saisir. Très bien. Il était compréhensif, mais il avait tout de même des limites à ne pas franchir; si elle n'était pas assez intelligente pour comprendre qu'il ne pouvait pas accepter ce genre de comportement dans un hôpital, où la santé des patients était la principale préoccupation, il ne voyait même pas pourquoi il se donnait autant de mal.
« Pardon, mais quand on joue aux danseuses provocantes dans une boîte de strip-tease au lieu de se rendre assidûment en cours ou en stage, ça démontre une certaine forme de problèmes, oui. J'ai pas besoin de plaintes de ta part, j'ai des oreilles et des yeux. C'est suffisant. »
Les propos de Liam pouvaient s'avérer tranchants, mais il ne voyait pas pourquoi il ferait un effort de courtoisie avec une fille qui semblait être à cent lieues de se préoccuper de ses résultats scolaires ou de ses stages, qui étaient pourtant obligatoires afin de réussir son année. « Ce n’est pas parce que vous passez visiblement votre vie sur ma page Facebook et que vous tirez des conclusions de ce que vous y voyez que vous avez tout compris à ma vie. Bien au contraire. » La phrase d'Aubree lui tira un sourire moqueur; il avait du mal à trouver une case-horaire pour un souper aux chandelles en amoureux, pensait-elle vraiment que sa vie l'intéressait au point qu'il y passe des heures entières? Elle pouvait se penser intéressante, dans sa tête, si ça lui plaisait, mais de là à espérer secrètement qu'il suive le moindre de ses faits et gestes...
« Sincèrement? J'ai autre chose à faire que passer mes journées à t'épier. T'es à Miami, plus à New York. Les nouvelles vont vite. »
Il se plaisait à lui rappeler à quel point il en connaissait plus que ce qu'elle pensait sur sa vie. Non, il ne savait pas ce qui s'était passé pour qu'elle chavire et sombre soudainement dans les délires de l'alcool et de la drogue, mais il était bien placé pour savoir que parfois, on ne choisissait pas et on devait simplement essayer d'aller de l'avant.

Il avait néanmoins tenté de lui faire comprendre qu'elle n'avait pas sa place en médecine, histoire qu'il n'ait peut-être pas à faire le sale boulot lui-même, mais apparemment, il devrait prendre sur lui au vu de l'attitude désespérante de la jeune femme. « Voilà qui change tout. Je pense que votre estime quant à mes capacités médicinales vient soudain de remettre en question ma vie entière. » Le médecin s'approcha légèrement d'Aubree, afin de planter son regard directement dans le sien. Finalement, il n'aurait pas à s'en faire, ça viendrait tout seul grâce à l'arrogance démesurée de la jeune femme. Elle ne méritait pas toute la considération qu'il lui portait, elle ne méritait pas les chances qu'il avait bien voulu lui laisser afin qu'elle se stabilise, qu'elle se fasse des amis et qu'elle se sente chez elle. Elle avait tout gâché avant même d'avoir pris le temps de faire ses marques et de se demander si ça valait le coup. Elle n'était plus un bébé, elle connaissait les conséquences et Liam n'avait pas à tenter de la protéger. Surtout pas quand il recevait une traînée d'insultes au visage.
« Je tolère beaucoup de choses dans ce bureau, mais je suis loin d'être un fan du sarcasme. Tu peux y aller, je te retiens pas. »
Liam s'était complètement désintéressé de la silhouette de la jeune femme et il s'avança afin de rejoindre sa chaise. Se retournant néanmoins vers elle en fronçant légèrement les sourcils, il la retint quelques secondes de plus afin de s'assurer qu'elle entendrait les mots qu'il devait lui adresser.
« J'oubliais. Tu peux d'ores et déjà te considérer comme étant exclue de cet hôpital. »
Las de cet air arrogant et fier sur le visage d'Aubree, il n'en éprouvait qu'une réelle aversion. Plus il y pensait, moins elle avait de chances de réintégrer les stages. La laisser approcher les patients serait une terrible erreur et il ne comptait pas mettre leur sécurité en danger pour les beaux yeux d'une petite prétentieuse.
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Message(#) Sujet: Re: LIFE'S NOTHING BUT A SICK GAME. (pv) Ven 19 Nov 2010 - 2:23





« Pardon, mais quand on joue aux danseuses provocantes dans une boîte de strip-tease au lieu de se rendre assidûment en cours ou en stage, ça démontre une certaine forme de problèmes, oui. J'ai pas besoin de plaintes de ta part, j'ai des oreilles et des yeux. C'est suffisant. » Lorsque Liam répondit ces quelques phrases, Aubree se demanda, l’espace d’un instant, quel âge il avait. Oh, la question ne l’intéressait pas sincèrement, mais l’esprit vieux jeu dont était visiblement doté Liam avait quelque chose d’interpellant. Si Aubree avait été une prostituée, ou une strip-teaseuse forcée à se dégrader pour gagner sa vie, elle aurait pu comprendre le point de vue du neurologue. Mais là, il interprétait avec la même mentalité qu’aurait eu son grand-père. Stupéfaite par cette révélation, Aubree éclata franchement de rire. Son rire cristallin était aussi froid que le reste de sa personne, et il n’était pas sincèrement amusé ; l’adjectif qui lui aurait correspondu, comme bon nombre d’éléments que l’on attribuait à Aubree, serait moqueur. Aubree ne comprenait pas la manie de Liam de se mêler de sa vie privée – certes, la démarche aurait pu être touchante et la preuve d’une bonne foi à toute épreuve, mais Aubree n’avait pas besoin d’être couvée. Pire, elle le trouvait envahissant et lourd, d’autant plus qu’elle était parfaitement consciente qu’il ne la supportait que difficilement. Alors pourquoi s’acharnait-il tant à lui faire la morale, à se préoccuper d’elle alors que, il l’avait dit lui même, il pouvait la virer à tout moment ? Aubree avait hâte de quitter cette pièce une bonne fois pour toutes, et c’est sans doute la raison pour laquelle elle ne tentait même plus de se retenir, de paraître polie. Elle avait laissé tomber son hypocrisie flagrante et ses bonnes manières qui suintaient de sarcasme. « Vraiment ? Permettez-moi de vous assurer le contraire. Vous savez combien on paye les danseuses au Soho’s ? Et vous avez l’air d’oublier que je ne suis pas une pute, cette boîte se rapproche plus du cabaret que du bordel, on y respecte les danseuses. Donc je ne vois vraiment pas en quoi les problèmes sont nécessaires pour vouloir y travailler. »

Un sourire doucereux aux lèvres, Aubree continuait de se délecter du plaisir qu’offrait la vue de Liam en train de se battre contre la colère qui menaçait de l’envahir à tout moment – qui l’avait, en réalité, déjà envahi, mais qu’il tentait de réprimer avec une envie flagrante de tordre le cou d’Aubree. Elle pouvait très bien concevoir ce genre de sentiment : après tout, elle le suscitait chez la plupart des personnes qu’elle connaissait ici. Et elle s’en contre-fichait. À ses yeux, l’opinion des autres ne comptait que très peu. Tout ce qu’elle voulait, c’était mener sa vie. Alors, tant que Liam ne passerait pas à l’acte afin de l’égorger, elle ne risquait rien, et ne comptait pas s’arrêter. Après tout, s’il s’agissait de ses dernières minutes dans ce bureau, autant en profiter pour relâcher la pression d’un cran. « Sincèrement? J'ai autre chose à faire que passer mes journées à t'épier. T'es à Miami, plus à New York. Les nouvelles vont vite. » Liam avait décidé d’être aussi cassant qu’elle, et Aubree le contempla avec une royale indifférence. « Je tremble. » Elle avait très bien saisi la menace sous-jacente et les sous-entendus qui truffaient la phrase de Liam. Et, comme toujours, elle n’y prêta pas attention.

« Je tolère beaucoup de choses dans ce bureau, mais je suis loin d'être un fan du sarcasme. Tu peux y aller, je te retiens pas. » Visiblement, Liam n’appréciait pas du tout l’attitude d’Aubree, qui s’en réjouit malgré le sentiment de gêne qu’elle aurait dû éprouver en ce moment – sentiment qu’elle n’éprouvait pour ainsi dire jamais. Aubree décida de ne pas relever, son sourire sarcastique en disait long sur sa pensée. Lorsqu’il la congédia, elle ne se fit pas prier et elle se leva gracieusement. Elle se douta que serrer la main de Liam serait déplacé, compte tenu des circonstances et de la discussion qu’ils venaient d’avoir. Oh, peu importe, elle ne tenait pas à être polie. Elle lui adressa donc un dernier sourire où se lisaient toute sa mesquinerie et sa méchanceté, puis fit volte-face et se dirigea vers la porte du bureau. Cependant, elle fut arrêtée par Liam qui lui adressa une dernière remarque. « J'oubliais. Tu peux d'ores et déjà te considérer comme étant exclue de cet hôpital. » Imperturbable, Aubree conserva ses airs impassibles et indifférents. Après tout, elle s’en fichait. Elle n’allait jamais en cours, et ce prof la gonflait. Alors, elle soutint son regard quelques secondes, puis répliqua, un léger rictus aux lèvres : « Champagne ! Cette fois-ci, elle reprit son chemin vers la sortie sans se retourner. Lorsqu’elle eut posé la main sur la poignée de celle-ci et qu’elle s’apprêta à sortir, elle posa une dernière fois son regard de glace sur le résident. « Une excellente soirée, docteur. Je ne doute pas un seul instant qu’elle le sera. » Une dernière pique de son venin, teintée de ce sarcasme que Liam détestait tant, et dont Aubree ne se séparerait pour rien au monde.

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Message(#) Sujet: Re: LIFE'S NOTHING BUT A SICK GAME. (pv) Ven 19 Nov 2010 - 21:24

« Vraiment ? Permettez-moi de vous assurer le contraire. Vous savez combien on paye les danseuses au Soho’s ? Et vous avez l’air d’oublier que je ne suis pas une pute, cette boîte se rapproche plus du cabaret que du bordel, on y respecte les danseuses. Donc je ne vois vraiment pas en quoi les problèmes sont nécessaires pour vouloir y travailler. » Étonné, Liam se rendait compte à quel point elle aimait bien retourner ses propos de tous côtés pour que ça l'arrange au mieux. Elle n'avait pas idée de ce qui se passait dans la tête du médecin et elle serait peut-être surprise en apprenant que sa patience avait des limites. C'était bien, maintenant, elle jouait à l'indifférente blessante que rien ne touchait, mais quand elle verrait à quel point il était sérieux, elle changerait peut-être d'avis. Et si elle conservait sa position, c'était vraiment parce qu'elle ne méritait en rien l'attention qu'il lui portait. Elle était adulte, elle faisait ce qui lui plaisait; il avait tenté de la remettre dans le droit chemin, elle n'avait rien voulu entendre. Ce n'était pas comme s'il pouvait la forcer, il n'était pas son père.
« On y respecte les danseuses qui veulent bien se respecter elles-mêmes. Et j'en ai rien à foutre de tout le pognon que tu peux te faire. T'es étudiante, t'as des obligations. Tu fais pas ce que t'as à faire, t'es virée. C'est tout. »
Direct, mais pourtant un peu plus calme, Liam comprenait que ce que désirait par dessus tout Aubree, c'était le voir s'énerver contre elle. Elle avait réussit son plan, il était en colère. En colère parce qu'elle jouait les arrogantes alors qu'il tentait de l'aider, qu'il lui avait déjà laissé suffisamment de chances comme ça. Tant pis. Il n'avait pas eu l'intention de la virer réellement, mais il ne pouvait pas accepter ce genre de comportement. Il amènerait le sujet au conseil de discipline et il savait pertinemment qu'il obtiendrait gain de cause. Les stages étant nécessaires afin de demeurer dans le programme, Aubree en serait exclue. Elle désirait se la jouer condescendante et indifférente? Elle aurait tout le loisir de ne faire que ça! Il y avait tellement d'étudiants qui rêvaient d'être à sa place qu'ils ne pouvaient tout simplement pas se permettre de garder ceux et celles qui ne voulaient pas être là. Si au moins il avait vu qu'elle faisait un petit effort, qu'elle était sur la bonne voie! Mais non, elle venait justement de réduire à néant ses espoirs de la voir réussir.

Il n'avait vraiment plus rien à faire d'une jeune femme qui ne cherchait même pas à mettre les chances de son côté pour s'améliorer. Seul l'effort et la réussite étaient récompensés. Elle devait arrêter de croire qu'elle pouvait faire tout ce qu'elle voulait sans jamais avoir de conséquence, c'était faux. « Champagne ! »
« Santé! »
Répliqua-t-il du tac au tac en levant un verre imaginaire vers Aubree, las de son attitude. Il détestait devoir faire ce qu'il faisait présentement, mais elle ne lui laissait désormais plus le choix. Il soupira légèrement avant de saisir le téléphone, suspendant néanmoins son geste lorsqu'elle se retourna pour s'adresser à lui. « Une excellente soirée, docteur. Je ne doute pas un seul instant qu’elle le sera. » Il arqua un sourcil en secouant légèrement la tête, découragé. Cette fille avait le don particulier de se croire la reine en toute circonstance, mais elle devait simplement prendre conscience que cette fois, la reine avait dégringolé de son trône.
« Profites-en pour fêter ça! »
Il reprit finalement son téléphone lorsqu'elle disparut dans l'encadrement de la porte, composant le numéro de l'administration. Le dossier d'Aubree serait clos rapidement, il pourrait donc ainsi passer à autre chose. Même s'il avait certains remords, il savait qu'il n'aurait aucun regret parce qu'il avait fait tout ce qui était en son pouvoir - et même plus - pour l'aider. Il ne pouvait malheureusement pas faire le travail à sa place et c'était comme ça.

Téléphone sur l'oreille, il gribouilla quelques informations en passant une main sur son visage, dans l'attente d'une réponse au bout du fil. Ce fut la voix de la réceptionniste au bout du fil qui le tira de ses pensées.
« Axelle? J'ai besoin d'un conseil de discipline pour une étudiante que je viens de virer. Le plus tôt sera le mieux. »

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