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 Into the wild [Ella]

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Message(#) Sujet: Into the wild [Ella] Dim 26 Sep 2010 - 0:53

Un souffle court s'échappa de ses lèvres quand brutalement, la silhouette du jeune homme se redressa de son lit ; la respiration haletante et cadencée, Pride déglutit difficilement tandis que son regard noisette et pénétrant avisa sa chambre plongée dans l'obscurité. Ces pleurs de bambins n'étaient qu'un cauchemar, un simple rêve oppressant dans lequel il lui semblait avoir abandonné un enfant encore en bas-âge. Chamboulé et troublé par ses songes qui lui avaient semblés si réel, le jeune homme passa une main dans sa tignasse brune avant d'ôter d'un geste sec les draps ocres qui lui tenaient trop chaud : seule l'optique d'une douche, même à trois heures du matin, pouvait visiblement le remettre d'aplomb et apaiser son trouble.

Le lendemain matin avait donc été propice à beaucoup de spéculations du jeune homme tout à fait conscient que ses rêves parlaient pour sa mémoire oubliée : plus le temps passait, et plus Pride nageait dans un trouble qui lui tiraillait l'âme. Perdu entre l'envie de tout oublier, celle de rejoindre Chicago et de tout laisser derrière lui, et cette oppression malsaine qui plombait son corps à se savoir si ignorant sur son passé, chaque jour était une excuse de plus pour vaciller d'avantage. Son regard sombre daignait à peine se heurter au reflet du miroir lorsqu'il se rasa ce matin là : à quoi bon se confronter à soit-même, lorsqu'il nous manquait sept années d'une vie ? D'un soupir las, Pride sortit de la salle de bain afin d'entamer sa journée de businessman : entre actions à régler et contrats à signer, son emploi du temps s'annonçait chargé... et immensément ennuyeux. Lorsque Clyde lui avait annoncé cependant qu'il était propriétaire d'une boîte de striptease, Pride s'était souvenu avoir eu un sourire princier et jouissif : s'il avait vu le côté presque utopique de la chose, il n'avait pas pris en compte que derrière toute entreprise se cachait un fonctionnement ardu basé sur du business et un monde de requins hypocrites. Qu'à cela ne tienne, il se ferait lui même squale pour mieux se hisser au sommet de la chaîne. Revêtant néanmoins une simple chemise ainsi qu'un jean, le jeune homme laissa derrière lui des costumes de grand couturier pour mieux revêtir quelques vêtements basiques : visiblement il y avait quelque chose de changé chez Berrington, depuis sa perte de mémoire fulgurante.

La journée harassante fut teintée de conversations creuses tournant autour de l'argent, néanmoins le côté vénal de Pride coulant encore et toujours en ses veines, ces discussions autour des billets verts semblaient effacer quelque peu le trouble provoqué par son cauchemar de la veille... Jusqu'à ce qu'il ne se retrouve seul face à son volant, une fois la fin de journée entamée. D'un soupir las, Pride alluma distraitement la radio avant de faire ronronner le moteur : l'Aston démarra en trombe et quitta allègrement les quartiers d'affaire. Les pensées du jeune brun demeuraient pourtant toutes tournées vers ces pleurs de bambin qui hantaient son esprit : et si on lui avait caché certaines choses de son passé, et s'il ne se souvenait jamais de rien, et si on lui mentait, et si ce trouble s'amplifiait jusqu'à lui faire perdre le contrôle de sa propre vie … ? Secouant la tête afin d'évacuer ces questions trop gênantes polluant son âme déjà perdue, Pride finit par tourner brièvement son regard noisette sur la silhouette de l'école devant laquelle il passa. La masse compacte de jeunes élèves vint s'agglutiner autour de la sortie des classes, en cette fin de journée ; et parmi eux une jeune blonde aux airs farouches semblait jeter de virulents coup d'oeil à un jeune homme lui faisant visiblement du gringue. Amusé, Pride esquissa un fin sourire taquin avant de stopper son bolide devant la troupe de jeunes prépubères hystériques : tournant son regard vers Ella, il se pencha légèrement afin d'ouvrir la portière côté passager. « Je te raccompagne princesse ? » Un sourire complice, et il toisa avec amusement la petite blonde sauter dans le carrosse non sans pousser un soupir de soulagement. Reprenant alors la route, le regard de Pride se posa sur son rétroviseur, observant la silhouette masculine au loin qui les observait d'un air désappointé. « Ton petit ami ? » souffla-t-il avant de reposer son regard sur la route, un sourire en coin pour mieux la taquiner. « Ne le prends pas mal, mais il n'a pas l'air très futé. » Avisant brièvement la jeune fille qui demeurait quelque peu sceptique, il semblait s'amuser doucement de la situation : parler de ce genre de choses avec les adolescents avait quelque chose de presque irréel, lorsqu'on savait qu'ils faisaient tout pour toujours éviter ce genre de conversation. C'était sans compter le tact absent de Pride qui répliqua alors : « ... un peu du genre à vouloir te faire le coup de la panne... Tu as faim ? » Et le jeune homme de poser de nouveau son regard protecteur sur la demoiselle. Il était étrange de voir quel lien pouvait unir l'innocente et l'escroc, l'osmose de leurs personnalités si différentes les appelait presque à se comprendre sans avoir à parler. Sans doute était-ce le fait que la situation précaire de Ella lui rappelait son enfance difficile, peut-être aussi avait-il besoin de protéger ce petit joyau d'innocence afin de préserver quelque chose de pur de ce monde de brutalité... ou tout simplement, peut-être portait-il en lui cet instinct protecteur voire paternel dissimulé derrière un coeur de glace. Mais seule Ella parvenait à enrayer ce roc inébranlable qu'était l'égocentrique Berrington.
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Message(#) Sujet: Re: Into the wild [Ella] Dim 26 Sep 2010 - 5:56

« C'est Ella, ton prénom, hein? » demandait un adolescent en la rattrapant alors qu'elle arrivait à son casier. Elle poussa un soupir et acquiesça sans faire plus attention à lui. « Écoute... Heu... Y'a un truc ce soir, une petite soirée. Rien de gigantesque! Quelques amis... Ça te dirait de venir? »
« Non merci. J'ai déjà quelque chose de prévu. » expliqua-t-elle sur un ton qui n'incitait pas à la réplique; malheureusement, son adversaire était du genre tenace.
« Oh... Bah... Demain soir, alors? »
« Pas de chance. J'ai quelque chose, demain. »
« Le week-end prochain? »
« Tu vas tout annuler juste pour moi? »
« Évidemment. » fit-il, soudainement heureux alors que le sourire ravi de la jeune fille semblait lui dire qu'il avait gagné. Ça marchait à chaque fois! Lui dire qu'elle comptait, lui dire qu'elle était différente des autres...
« Te donnes pas cette peine. » Le regard ferme et sceptique de la jeune fille jaugea le sien quelques secondes avant qu'elle ne referme son cadenas et disparaisse avec ses livres pour son prochain cours. Ella n'avait rien de prévu, pas ce soir, ni même les autres soirs. Elle était une actrice particulièrement redoutable et savait mentir presque à la perfection. Elle laissa néanmoins le jeune homme derrière elle, dépité et confus, alors qu'il venait de se faire refuser ce qui ressemblait en tout point à un rencart. Elle n'avait aucun remord et pénétra dans la salle de classe en avance, s'assurant ainsi d'avoir une place au fond. Elle n'aimait pas nécessairement se faire remarquer et une petite nouvelle, avec les cheveux blonds comme les blés et un regard bleu océan, ne passait pas inaperçue. Elle préféra dessiner dans son cahier en attendant, la tête baissée afin de ne croiser le regard de personne.

Le cours fut particulièrement long et comme toujours, elle attendit que la cohue se calme pour se glisser dans la foule, soupirant de soulagement alors que la journée était enfin terminée et qu'elle pourrait rentrer chez elle. Enfin... Chez Lawson. Son sac à dos glissé sur l'une de ses épaules, elle quitta le bâtiment et rejoignit la cour alors qu'elle se stoppait net devant le même adolescent qui l'avait décidément harcelée quelques instants plus tôt. En la voyant, il se dirigea rapidement vers elle, un sourire aux lèvres. « Je savais que tu changerais d'avis... » La jeune fille fronça les sourcils en l'évitant soigneusement, faisant un pas de côté afin de ne pas se retrouver coincée. « Qu'est-ce que tu comprends pas dans: J'ai déjà quelque chose de prévu? Laisse-moi passer. » Le ton brusque et plus ou moins antipathique d'Ella sembla le surprendre puisqu'il ne fit rien pour la retenir alors qu'elle lui lançait un regard noir.

Néanmoins, elle n'eut que le temps de se retourner afin de voir Pride se garer juste devant elle, ne se faisant pas prier pour monter à bord du véhicule pourtant tant maudit au début. Le surnom qu'il avait utilisé pour l'interpeller lui avait fait plaisir, alors qu'elle jetait un coup d'oeil ravi aux élèves perplexes et surpris qui la regardait disparaître à bord de l'Aston. « Ton petit ami ? Ne le prends pas mal, mais il n'a pas l'air très futé. » Ella fronça les sourcils en se calant sur son siège, posant son sac entre ses jambes. « C'est pas mon petit ami. Et ill a toujours cet air-là. » Autant mettre un terme tout de suite à ce sujet de conversation, alors qu'elle n'avait voulu que l'éviter, encore une fois. Elle n'avait vraiment pas envie de parler de ce genre de choses avec quiconque, encore moins avec Pride. « ... un peu du genre à vouloir te faire le coup de la panne... Tu as faim ? » Ella le frappa brusquement sur le bras, malgré tout légèrement amusée. « Arrête, je te dis! Il aura même pas l'occasion de me faire ce coup-là, je viens de le rabrouer très gentiment! » Néanmoins, la question de Pride la fit sourire légèrement alors qu'elle reportait ses prunelles sur le jeune homme. Elle avait conscience qu'elle était déjà montée dans sa voiture auparavant, simplement parce qu'elle n'aurait pas pu marcher de la boîte de nuit jusqu'à la maison de Pride, mais elle n'en avait plus aucun souvenir.

« J'ai un peu faim, oui. Je pensais prendre quelque chose chez Lawson, mais si tu m'invites...! » Un sourire amusé naquit sur ses lèvres alors qu'elle reportait ses cheveux d'un même côté de son visage, glissant aussitôt les doigts sur l'un des postes de radio en tentant de trouver quelque chose qui lui plaisait. Elle grimaça légèrement à l'entente d'une chanson de Lady Gaga et poussa un soupir en changeant aussitôt de chaîne. Elle eut une exclamation à l'entente de Cry for you, de September, et monta le volume à fond. « You'll never see me again. So now who's gonna cry for you. You'll never see me again. No matter what you do... » Chantant à tue tête en riant à la simple idée d'imaginer sa propre expression, elle bougea la tête et continua de chanter à peu près n'importe quoi, ne connaissant pas le reste des paroles. La chanson d'après la fit rire alors qu'elle se retournait vers Pride, moqueuse. « Allez! Y'a pas le choix, tu connais ça! Go on now go walk out the door. Just turn around now 'cause you're not welcome anymore. Weren't you the one who tried to hurt me with goodbye. You think I'd crumble... Non! Faut que tu fasses le move! I will survive! Comme ça! » Ella se mit à rire en saisissant la main de Pride pour lui faire faire le geste que Gloria Gaynor faisait lorsqu'elle chantait. Elle pouffa de rire et abandonna l'idée en rigolant, Pride était bien trop nul et il devait se concentrer sur sa conduite!
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Message(#) Sujet: Re: Into the wild [Ella] Jeu 30 Sep 2010 - 19:30

La fraîcheur de la demoiselle contrastait avec ces premières fois où ils s'étaient rencontrés : l'attitude farouche et sauvage de la jeune fille s'était évaporée au profit d'un apaisement confiant, bien qu'au final ils ne se connaissaient que peu. L'amertume narguant son palais depuis son rêve sordide de la veille avait laissé place à un peu plus d'insouciance, tandis que Ella lui parlait avec désinvolture et d'une voix guillerette, sa main frêle venant taper d'un geste taquin son bras sous la réplique amusée de Pride. Il n'ignorait pas que les commères auraient alors de drôles de suppositions quant au sujet de cet étrange rapprochement : l'ancien braqueur de banque, amoureux des courbes féminines, devenant soudainement chaleureux et avenant avec une blonde pré-pubère qu'il embarquait dans son reluisant bolide... Peu lui importait au final, car le jeune homme ne désirait pas vivre au rythme du regard des autres, depuis bien longtemps il avait appris à composer sans. Peut-être était-ce pour cela qu'on le qualifiait d'aussi arrogant et impressionnant par son manque de tact et de diplomatie. Et alors que Ella se mit à chanter à tue-tête, un sourire amusé vint naître au coin de ses lèvres habituellement glacées : ce n'était guère un de ses consacrés rictus ironiques ou mauvais, rien d'un cynisme acide et rêche, rien d'un rôle de composition qui soulignait l'ombre de sa personnalité. Mais un réel sourire, humain et rayonnant, de ceux qu'on ne voyait jamais sur les lèvres de Berrington : à croire que la petite Ella était apte à faire de grands prodiges. « Allez! Y'a pas le choix, tu connais ça ! » Le jeune homme croisa brièvement le regard satiné de l'adolescente avant de secouer brièvement la tête : amnésique ou non, il avait toujours eu pour lui ce sérieux un peu trop sombre, et ce depuis son enfance un peu trop jonchée d'obstacles insurmontables. Ainsi, il n'était pas étonnant de voir que le jeune brun ne se prêtait pas au jeu, seulement amusé par la prestation d'Ella qui tentait de l'embarquer dans sa joie de vivre. « Go on now go walk out the door. Just turn around now 'cause you're not welcome anymore. Weren't you the one who tried to hurt me with goodbye. You think I'd crumble... Non! Faut que tu fasses le move! I will survive! Comme ça! » Et la demoiselle de pouffer de rire avant de s'emparer de sa main pour mieux en jouer : ce fut néanmoins peine perdue car Pride la retira aussitôt, peut-être un peu trop sèchement. Peu habitué à ce genre d'amusement futile, trop porté par un cynisme violent et acide, ayant passablement loupé le coche de l'enfance et de l'innocence, il ne parvenait pas à jouer le jeu de la pétillante Ella. Les jeux les plus simples étaient loin d'être ceux où Pride excellait, bien au contraire. Conscient de sa réaction peut-être un peu trop sèche, il avisa la jeune fille dans un sourire, avant de souffler une excuse pitoyable de sa voix suave mais paradoxalement complice et chaleureuse : « Je hais Gloria Gaynor. » Game over.

L'Aston se gara au sein d'une grande ruelle fourmillant perpétuellement de monde, à la grande surprise de Ella. Et lorsque les yeux satinés de cette dernière vinrent se poser sur la bâtisse du Soho's, Pride détacha sa ceinture avant de lâcher quelques mots brefs mais ponctués d'une étrange teinte protectrice : « J'ai quelques papiers importants à remettre. On n'en a pas pour longtemps. » Les portes claquèrent derrière lui avant qu'il ne se dirige d'un pas assuré vers son royaume, un attaché-case à la main ; mais à peine avait-il passé un pied sur le seuil que Pride se retourna vers Ella non sans arquer les sourcils, une moue complice sur le visage. « Je compte sur toi pour ne pas dire à Lawson que je t'ai amenée ici. Je ne voudrais pas avoir la brigade de protection des mineurs sur le dos. Ils doivent déjà penser que des petites Russes mineures travaillent chez moi. » Réplique qui se serait volontiers faite passer pour un humour douteux si Pride n'avait pas rajouté avant de se retourner et de prendre la porte d'entrée : « C'est faux, elles travaillent toutes au Full Moon. » Cynisme, quand tu nous tiens.

Laissant alors galamment la jeune fille passer devant lui, Pride pénétra également dans le club, baigné d'une lumière ocre et tamisée. En cette fin d'après-midi, les lieux n'étaient pas encore ouverts au public et laissaient donc place aux répétitions quotidiennes des stripteaseuses sur scène : certaines d'entre elles papotaient allégrement au pied de l'estrade, vêtues de magnifiques costumes certes effeuillés mais délicat et raffinés. Posant brièvement sa main protectrice sur le dos de Ella, Pride l'invita à le suivre alors qu'il se dirigeait vers une silhouette qui lui était familière : Clyde Ferdison. « Je ne pensais pas te voir ici à l'heure. » fit-il à l'encontre de son ami taciturne qui se contenta d'acquiescer et de saluer d'un signe de tête la jeune Ella. Et à peine eut-il finit sa phrase que Pride stoppa d'un geste inattendu son barmaid qui traversait la pièce d'un pas nerveux. « Prends-toi dix minutes et va acheter quelque chose à manger pour la demoiselle. » Légèrement stressé par un surmenage évident, l'homme acquiesça sans broncher avant de prendre la sortie ; sitôt fut-il parti qu'une autre silhouette s'avança vers eux : même sans clients s'appropriant les lieux, le Soho's demeurait plein de vie et de dynamisme. « La répétition se passe bien ? » demanda Pride à l'encontre de sa danseuse souriante, son regard sérieux se posant sur les jeunes femmes bavardant au loin. « Parfait, mais on a du composer sans Aubree et la remplacer par une autre. Elle n'arrive jamais à l'heure. » pesta la demoiselle avant de poser ses mains sur ses hanches dénudées, sous le soupir agacé de Berrington. « Oh bonjour sweetheart ! » rajouta-t-elle de sa voix trop haute perchée et sur un ton mielleux, à l'encontre de Ella. « Notre nouvelle danseuse ? Je t'emmène voir Placide ? » Elle eut un clin d'oeil à l'encontre de l'adolescente qui sans doute ne comprenait rien de l'humour facile de la danseuse, tandis que Pride tourna son regard sérieux sur cette dernière. Ne souhaitant tout de même pas exposer une semi-nudité sensuelle à l'adolescente, il se fit alors prévoyant : « Dis aux filles d'aller dans les vestiaires le temps que notre invitée reste avec nous. Ella... » souffla-t-il d'un ton soudain moins strict à l'encontre de cette dernière, lui adressant alors un vague sourire. « Je vais m'entretenir avec Clyde dans mon bureau, je n'en ai pas pour longtemps. Attends-moi là. » Et le jeune homme de se diriger vers les coulisses en compagnie de son ami, non loin desquels se tenait ledit bureau.

***

« Le voilà. » fit alors Pride d'une voix solennelle, tendant un épais dossier à Clyde. « Le statut juridique du Soho's. Prends en soin. »
« Tu es certain que tu veuilles laisser quelqu'un d'autre gérer la boîte pendant ton absence ? »
« Je ne reviendrais pas sur ma décision. J'ai besoin de revenir sur Chicago. » affirma-t-il d'un ton solennel.
« Tu fais une erreur. Tu sais qu'ils ne veulent pas que tu bouges de la Floride. »
« Je sais, mais ils aviseront sans moi. »
« Et tu comptes revenir quand ? »
« Je ne sais pas... Un mois, peut-être deux, un an, jamais... » Marquant une légère pause et sous le regard insistant de Clyde, Pride eut un léger soupir avant de lever son regard fuyant au plafond. « Ne me regarde pas comme ça, je ne me souviens peut-être pas de ce qu'on a vécu à Las Vegas mais c'est toi-même qui m'a dit que j'ai toujours eu tendance à fuir. Je te le confirme aujourd'hui, j'en ai besoin. »
« ... et tu vas laisser tes proches et ceux que tu aimes derrière t... »
« Je n'ai personne à aimer ici. » renchérit-il froidement d'un ton claquant, s'emportant un peu trop car demeurant sur la défensive. « Sans offense. Mais ma famille et mes proches sont à Chicago, pas à Miami. J'ai besoin de rentrer chez moi. »
« Je ne vois aucune offense parce que je sais fichtrement bien que les paroles à la con que tu balances comme ça, c'est pour te protéger. Rien que la gamine... Si tu ne tenais pas à elle, tu ne t'y attacherais pas comme tu le fais. »
« Elle me rappelle moi à son âge... Arraché des ghettos pour être jeté dans la fosse aux lions. » répliqua-t-il dans un sourire.
« ... et Muse ? » Légère pause ; Pride détourna la tête d'une moue lassée avant que son interlocuteur ne reprenne dans un soupir. « Tu ne lui as rien dit pas vrai. Tu vas la laisser aussi. »
« Tout comme j'ai pu laisser Jaelyn derrière moi, et elle s'en porte très bien. Je contrôle la situation. » fit-il de son éternel sourire arrogant.

La discussion s'était par la suite étendue sur Jaelyn et la volonté de Pride de la voir également gérer le Soho's s'il venait à ne plus jamais revenir. Certes le businessman garderait un oeil sur ses affaires et en demeurerait le patron, mais de loin seulement. Après de longues minutes de conversation, Pride sortit enfin de son bureau, se dirigeant le plus naturellement du monde vers la jeune Ella. « On peut y aller. A moins que tu n'aies pas encore mangé. » fit-il en balayant la salle du regard, cherchant d'un air sévère la silhouette du barmaid.

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Message(#) Sujet: Re: Into the wild [Ella] Jeu 30 Sep 2010 - 23:39

La réaction de Pride dans la voiture l'avait subjuguée et elle avait rapidement baissé le volume de la radio, mal-à-l'aise. Même la tentative de Pride pour raviver sa bonne humeur fut vaine et ce ne fut que lorsque la voiture s'arrêta dans la ruelle qu'elle fronça les sourcils, sa tête fourmillant de questions qu'elle retint néanmoins. Pour le moment. Elle laissa son regard dériver sur les alentours en se rapprochant instinctivement de Pride; les lieux ne lui donnaient pas vraiment l'impression d'apprécier sa présence, elle-même ne s'y sentant pas trop à sa place. « Je compte sur toi pour ne pas dire à Lawson que je t'ai amenée ici. Je ne voudrais pas avoir la brigade de protection des mineurs sur le dos. Ils doivent déjà penser que des petites Russes mineures travaillent chez moi... C'est faux, elles travaillent toutes au Full Moon. » Ella eut un sourire à la seule idée de voir la réaction de Lawson s'il savait tout ça et elle en conclut que c'était en effet bien plus prudent de ne rien dire. Elle aimait bien Miami, elle s'y sentait presque chez elle. « Je lui dirai rien. » souffla-t-elle en pénétrant dans le bâtiment, le précédant.

L'air farouche, elle fronça les sourcils alors qu'elle laissait son regard dériver sur les filles qui se pratiquaient. Elle n'avait pas cru que ce genre d'endroit était aussi dynamique; les filles riaient ensemble et elles n'étaient apparemment pas trop malheureuses de se retrouver dans une boîte de striptease. Ella ne comprendrait sans doute jamais cela. L'adolescente sursauta brusquement alors que Pride posait une main dans son dos pour qu'elle le suive, Ella se dégageant subtilement en avançant d'un pas un peu plus rapide. Elle eut un sourire à l'égard de l'ami de Pride, demeurant néanmoins en retrait. « Prends-toi dix minutes et va acheter quelque chose à manger pour la demoiselle. » Elle allait dire que ce n'était pas nécessaire, mais le barman était déjà partit, la laissant seule avec sa déception. Elle avait cru que Pride l'inviterait à manger un petit quelque chose en sa compagnie, mais elle devait désormais faire face à la désillusion; il n'avait voulu la ramener que pour se montrer aimable, rien d'autre.

Elle haussa un sourcil, sans rien dire, alors que l'une des danseuses s'était approchée. Ella ne comprenait pas comment elle pouvait apprécier d'être vêtue de la sorte. Elle recula d'un pas alors qu'elle semblait croire qu'elle était là pour la même chose qu'elles, posant ses prunelles océan dans celles, sombres, de Pride. Une certaine appréhension semblait la gagner alors qu'elle s'attendait à ce qu'il fasse quelque chose. Elle ne fut pas déçue alors qu'il lui demandait de vider la salle, laissant de nouveau son regard dériver sur des éclats de rires un peu trop bruyants. « Ella... Je vais m'entretenir avec Clyde dans mon bureau, je n'en ai pas pour longtemps. Attends-moi là. » Elle acquiesça d'un léger signe de la tête alors qu'elle le regardait s'éloigner en même temps que les filles gagnaient le vestiaire. Elle attendit que Pride entre dans le bureau en refermant la porte derrière lui pour s'y rendre également, appuyant son dos contre le mur, curieuse d'entendre ce qu'il disait. Ses paroles, toutefois, la firent froncer les sourcils alors que les mots « gérer la boîte pendant ton absence », « revenir sur Chicago » et « rentrer chez moi », avec la possibilité qu'il ne revienne plus jamais, la firent serrer les poings en tentant de retenir les larmes qui menaçaient de couler le long de ses joues. Elle en avait assez entendu. Elle s'éloigna de la porte, à reculons, passant une main dans sa chevelure blonde en se mordant la lèvre, n'osant pas quitter des yeux la porte du bureau.

« Tenez, mademoiselle, je vous ai rapporté un... » débuta le barman avant de se faire couper par Ella, qui secouait la tête avec incrédulité: « J'ai pas faim. » Elle balaya son intervention de la main en s'éloignant d'un bond, offusquée des propos qu'elle venait de surprendre. C'était donc ça la vie. Les gens finissaient toujours par nous laisser tomber un jour ou l'autre. Son regard se ferma lorsque Pride s'approcha d'elle, tentant de se faire sympathique. « On peut y aller. A moins que tu n'aies pas encore mangé. » Ella fronça les sourcils en reculant d'un pas, déçue. Elle avait cru qu'elle pouvait lui faire confiance, à lui, ainsi qu'à Lawson. Elle avait cru que c'était, pour le moment, les deux seules personnes au monde qui tentaient de la comprendre. Et voilà qu'elle se rendait compte que tout ceci n'était que fabulations. Non bien sûr, on ne pouvait faire confiance à personne. « Tu pars. » Dépitée, elle avait baissé les bras alors qu'elle n'avait plus rien à perdre. On l'abandonnait de toute part et il ne lui restait plus qu'à commettre une connerie pour que Lawson l'abandonne aussi. « Pourquoi tu fais tout ça si tu t'en vas? »

Des larmes coulèrent sur ses joues alors qu'elle ne prenait même pas la peine de les essuyer. Elle avait cru qu'elle pouvait en supporter bien plus et que l'indifférence des gens ne lui ferait plus rien, mais elle s'était trompée. Il partait. Il partait alors qu'il s'était assuré que son départ lui cause beaucoup de chagrin. Elle ne le connaissait pas beaucoup, mais déjà, une grande complicité semblait les unifier. Mais il partait. « Pourquoi tu fais exprès? T'aurais pas pu me laisser là et ne pas faire attention à moi? Tu pouvais pas juste agir de la même façon qu'avec tous les autres? » Elle avait encore reculé, déçue, énervée, peinée. Elle n'aurait jamais dû écouter aux portes et elle s'en voulait maintenant de s'être montrée trop curieuse. Elle prit conscience que certains des employés les regardaient et elle se mordit la lèvre, baissant les yeux afin de ne plus jauger les prunelles mystérieuses de Pride. « Tu sais même pas quand tu vas revenir... Pourquoi tu me fais ça!? » Ella avait redressé les yeux dans les siens, soudain frêle et tremblante. Elle s'était attachée à lui, mais d'une force! Et il se foutait complètement de ce que les gens autour de lui ressentiraient; il partait, c'est tout, peu importe la polémique que son départ suscitait. Elle avait cru que, pour une fois depuis longtemps, elle était importante pour quelqu'un, qu'on s'inquiétait pour elle et qu'on voulait lui montrer qu'elle comptait. Elle voyait désormais le petit jeu de Pride. Il s'était rapproché d'elle pour mieux s'enfuir dès qu'elle s'y serait attachée. Un moyen comme un autre de faire le mal autour de lui, sans doute.
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Message(#) Sujet: Re: Into the wild [Ella] Dim 3 Oct 2010 - 18:58

Le regard noisette de Pride, balayant la salle d'un oeil autoritaire, vint s'abattre sur le silence de l'angelot blond dont l'échine tressaillait sous le poids d'un chagrin invisible. Et à la voir soudainement si ébranlée, le jeune homme arqua les sourcils de surprise, incapable de comprendre la tristesse de la demoiselle perdue, incapable de faire un lien entre l'acidité de ses paroles et les tremblements de Ella. Pride demeurait si égocentrique qu'il restait aveugle et muet à la peine de l'adolescente : quel transport la saisissait, quel chagrin la dévorait ? L'incompréhension de son regard s'adoucit quand, prêt à murmurer son prénom dans une futile interrogation, il fut coupé dans son élan par la voix inquisitrice de Ella. « Tu pars. » C'était donc ça, la cause de son soudain tourment. Affichant une moue coupable, Pride plongea l'ambre de ses yeux dans le regard humide et troublé de la demoiselle. Taciturne, il ne put laisser que le silence s'installer entre eux ; non parce qu'il était en colère de savoir qu'elle avait écouté aux portes, mais parce qu'il ignorait quoi dire. Son égotisme intense, cristallisé en une indifférence certaine envers le monde, l'empêchait de comprendre la déception de l'angelot. Bien sûr, qu'il partait, et quel était le problème, puisqu'il n'entrevoyait pas les conséquences de son départ soudain pour les autres. Ni leurs larmes, ni leur peine, ni leur déception, ni leur colère. Lui et juste lui, ce qu'il désirait faire et où il souhaitait se rendre, c'était ce qui importait. Le jeune homme entrouvrit les lèvres dans l'espoir de trouver quelques mots, mais peinant à comprendre la douleur de Ella, il ne put émettre aucun son, se contentant de promener son regard noisette sur le visage pâle de la douce enfant. « Pourquoi tu fais tout ça si tu t'en vas? » Et parce que le pouvoir des mots ne pouvait le desservir, pour cette fois, il avança d'un pas qui fut évité par la demoiselle qui recula alors. La petite poupée figea son regard humide de larmes dans les yeux confus du jeune homme qui ne comprenait pas : s'il savait s'attacher aux personnes, il lui était aussi si facile de les abandonner. L'abandon n'avait rien d'un mystère pour ce dernier, pas plus qu'il s'agissait d'une aberration ; dans son monde, c'était monnaie courante. Un coeur qui n'est pas brisé n'est pas un coeur, avait-il un jour confié à son seul grand amour dont il ne se souvenait plus aujourd'hui. « Ella... » Sa voix suave et basse voulut se faire rassurante, mais la jeune fille recula d'avantage, laissant des perles humides couler sur ses joues blêmes et froides. Impassible à sa détresse mais sensible à ses larmes, Pride ne parvenait pas cependant à se sentir coupable d'une quelconque faute. Il n'y avait que lui qui avait fait le bon choix, et une adolescente un peu trop émotive, mais cela s'arrêtait là. La froideur de son myocarde lui empêchait toute empathie, et malgré toute l'affection qu'il ressentait pour cette gamine, il ne parvenait pas à comprendre entièrement sa réaction. « Je ne t'abandonne pas. » mentit-il éhontément, d'un regard tendre et bienveillant. Peu crédule face à ses paroles hypocrites, la jeune fille renchérit alors avec fougue et colère : « Pourquoi tu fais exprès? T'aurais pas pu me laisser là et ne pas faire attention à moi? Tu pouvais pas juste agir de la même façon qu'avec tous les autres? » Face à ses remontrances qui soulignaient ses défauts, Pride gonfla son buste d'une respiration plus saccadée et frustrée, avant de détourner son regard plus glacial. Il était vrai qu'il avait cette cruelle habitude d'en ignorer beaucoup pour mieux se rabattre sur des futures victimes ; les personnes ayant attiré son attention ne ressortaient jamais intactes de ses jeux malsains. A la différence près que pour Ella, Pride n'avait pas agi par amusement ni par opportunisme, il s'était tourné vers elle, parce qu'elle lui rappelait la confusion et les troubles de son enfance battue aux fers d'une mère alcoolique qu'il avait tant haïe. Aucun repère à l'aube de leurs plus jeunes années, ni pour lui, ni pour elle, c'était ce qui lui avait permis de ressentir de l'empathie pour l'adolescente farouche. Finissant par secouer la tête, Pride s'avança alors, passant aux côtés de la demoiselle non sans souffler quelques mots qui se voulaient protecteurs. « Ce n'est pas le moment pour en parler, je te ramène chez toi. » Et le jeune homme de se retourner non sans froncer brièvement les sourcils, toisant une demoiselle récalcitrante qui n'avait guère bougé d'un pouce. Les larmes salées coulant le long de ses joues d'albâtre vinrent adoucir la noirceur de ses prunelles alors qu'il poussa un bref soupir. Non contre l'angelot, mais bien contre lui ; comprenant enfin que la situation la faisait souffrir bien plus qu'il ne l'aurait imaginé, Pride sentait les affres de la culpabilité venir lui broyer le myocarde. « Tu sais même pas quand tu vas revenir... Pourquoi tu me fais ça!? » « Parfois les chemins se croisent pour mieux se séparer. » souffla-t-il avant de s'avancer de nouveau vers Ella, affichant un bref sourire en coin qui se voulait à la fois attendri et compréhensif. Dans la limite de son possible. « Laisser partir une personne est parfois une bonne chose. Et crois moi je suis loin d'être un bon élément dans la vie de quelqu'un. » Un pas de nouveau, et le jeune homme se stoppa, son parfum épicé le précédant d'une effluve envoûtante qui n'apaisait pas pourtant les sanglots de la demoiselle. « Tu dis vrai, je n'ai jamais eu que de l'indifférence pour le monde entier, excepté pour ceux que j'ai pu faire souffrir. Mais je vais te confier mon secret. » Son regard se fit plus sérieux mais complice, alors que son murmure suave ne s'adressait plus qu'à la jeune Ella dont le souffle se raréfiait. « Pour créer le besoin, il faut attiser la jalousie, la douleur, l'envie. Trois facteurs pour mieux blesser. Et les gens, envoûtés par les mots et ta présence, s'abandonnent à toi corps et âme, malgré eux. Ne dis jamais que tu as besoin de moi Ella. » Marquant une légère pause, Pride dévisagea la jeune fille fébrile avant de reprendre d'un timbre épicé. « Parce que cela signifierait que je t'ai blessée sans l'avoir voulu. Je ne suis pas tyran au point de faire du mal même lorsque je ne le souhaite pas, n'est-ce pas ? Rassure-moi. » renchérit alors le jeune homme dans un léger sourire, souhaitant les démettre de l'oppression de ces lourds aveux. Le silence s'installa alors, lourd, pesant, écrasant leurs doutes sous le poids de son amertume, quand soudain Pride vint ôter doucement un anneau d'argent porté à son doigt fin. Le tendant avec délicatesse à Ella, il laissa porter sa voix chaude jusqu'à ses oreilles d'enfant, son regard de braise la dévisageant avec bienveillance. « J'y tiens beaucoup. C'est pourquoi je reviendrais te la reprendre... dans un mois, deux mois, sept ans. Tu seras déjà une très jolie jeune fille, j'en suis certain. » fit-il dans un sourire complice et protecteur, lui faisant ainsi la promesse tacite de la revoir un jour, quoiqu'il puisse arriver.
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Message(#) Sujet: Re: Into the wild [Ella] Lun 4 Oct 2010 - 5:39

« Parfois les chemins se croisent pour mieux se séparer. Laisser partir une personne est parfois une bonne chose. Et crois moi je suis loin d'être un bon élément dans la vie de quelqu'un. » « On voit que t'as fait ça toute ta vie... » souffla Ella alors qu'elle tentait de soutenir son regard du mieux qu'elle le pouvait. Un peu désobligeante, presque arrogante, la jeune fille avait l'impression qu'il sortait la même rengaine à tous ceux et celles qu'il abandonnait lâchement. Je ne suis pas quelqu'un de bien, il vaut mieux que je sorte de ta vie. C'était toujours comme ça. On tentait avec tact, ou parfois sans, de faire en sorte que la personne en face de nous croit que sa vie serait réellement mieux sans nous. Or, Pride n'avait pas conscience de l'emprise qu'il avait sur Ella et l'adolescente ne se sentait pas capable de mettre un mot sur ses sentiments.

Elle reculait dès que Pride faisait un pas vers elle, secouant la tête alors qu'elle refusait encore de croire à son départ. Elle avait été bousculée dans un monde très différent, sans aucun repère, et elle perdait ceux qu'elle avait difficilement réussi à établir.

« Tu dis vrai, je n'ai jamais eu que de l'indifférence pour le monde entier, excepté pour ceux que j'ai pu faire souffrir. Mais je vais te confier mon secret. Pour créer le besoin, il faut attiser la jalousie, la douleur, l'envie. Trois facteurs pour mieux blesser. Et les gens, envoûtés par les mots et ta présence, s'abandonnent à toi corps et âme, malgré eux. Ne dis jamais que tu as besoin de moi Ella. » La jeune fille secoua la tête à nouveau alors qu'elle voyait parfaitement où il voulait en venir. Elle n'avait pas envie qu'il lui dise ce qu'elle appréhendait, elle n'avait pas envie qu'il lui dise que personne ne devait avoir besoin de lui; c'était faux. « Parce que cela signifierait que je t'ai blessée sans l'avoir voulu. Je ne suis pas tyran au point de faire du mal même lorsque je ne le souhaite pas, n'est-ce pas ? Rassure-moi. »Se mordant la lèvre alors qu'elle gardait les yeux rivés sur Pride, elle ne fit aucun geste, ne parvenant pas à acquiescer à son affirmation, ni à la nier. Elle finit par détourner le regard alors que le silence devenait soudainement lourd de sens, comme si chacun d'eux tentait de comprendre ce qui venait de se passer. La jeune fille, peinée, faisait face à Pride, dont le regard profond avait la fâcheuse manie de la percer à jour. Elle ne savait pas ce qu'il avait comprit, elle ignorait tout de ce qu'il supposait, mais elle savait qu'il n'était pas comme les autres.

Elle reporta son attention sur Pride alors qu'il glissait un anneau dans sa main, qu'elle avait machinalement tendu, tremblante. Les sourcils froncés, elle déglutit alors qu'elle frôlait l'anneau de son autre main sous les paroles pourtant acérées de Pride. « J'y tiens beaucoup. C'est pourquoi je reviendrais te la reprendre... dans un mois, deux mois, sept ans. Tu seras déjà une très jolie jeune fille, j'en suis certain. » Elle avait gardé ses prunelles sur la bague et referma timidement la main sur le bijou alors que ses lèvres s'entrouvraient légèrement et que des larmes glissaient de nouveau sur ses joues. « Tu sais... J'avais besoin de toi, une fois, et tu m'as sauvée. » murmura la jeune fille en baissant les yeux, serrant les doigts sur l'anneau au creux de sa main. C'était faux! Elle avait besoin de lui! Elle n'imaginait même pas ce que serait sa vie si elle ne pouvait plus le croiser le matin en allant à l'école en sachant qu'il était là, quelque part, et qu'elle n'avait qu'à appuyer sur l'un des contacts de son téléphone pour qu'il vienne la chercher sans la juger. « Dans ton dictionnaire à toi, les chemins se croisent pour se séparer, c'est ça? Dans le miens, ils se croisent pour se rejoindre. »

Elle se mordit la lèvre en osant finalement croiser le regard du jeune homme, alors qu'elle desserrait les doigts pour laisser apparaitre le bijou d'argent. « Ça représente quoi, pour toi? » D'une voix douce alors qu'elle avait réussit à taire les sanglots qui menaçaient de la secouer, elle avait plongé son regard océan dans celui de braise du jeune homme. Elle ne savait pas pourquoi il partait, qui il allait rejoindre, ni ce qu'il fuyait, mais elle ne voulait pas lui poser de questions. Ce n'était pas son rôle et au bout du compte, elle voulait conserver l'espoir qu'il y avait peut-être quelqu'un, à Miami, qui ferait en sorte de le retenir. Elle ne voulait pas qu'il dise à nouveau, devant elle, que plus rien ne le rattachait à cette ville, à ce quartier. Elle préférait toujours demeurer dans le doute plutôt que de savoir. Son regard perdu et tremblant ne cilla pas alors qu'elle aurait eu envie de se jeter dans ses bras pour qu'il la serre contre lui et lui dise que finalement, il ne partirait pas, qu'il resterait. Pour elle. Pour les autres. Pour sa boîte. Mais elle n'osa pas. Elle n'osa pas parce qu'elle avait compris depuis longtemps que Pride la repousserait sans doute sans ménagement, la meurtrissant encore plus dans ses blessures à peine couvertes. Et elle avait peur. Peur de sa réaction, peur de se laisser aller alors qu'elle n'avait aucune certitude de l'effort qu'il ferait pour la rassurer.

Pourtant, les larmes, qui lui venaient aux yeux, la firent se diriger vers lui alors qu'elle serrait avec force la bague dans sa main, se glissant dans ses bras en tentant d'effacer les perles salées qui coulaient le long de ses joues. Elle essaya de défaire la chaine à son cou sans réussir alors qu'elle aurait voulu y glisser le bijou, le gardant ainsi toujours sur elle. « Je vais pouvoir... t'appeler? » demanda-t-elle entre deux sanglots alors qu'elle tentait en vain de sécher ses larmes.
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Message(#) Sujet: Re: Into the wild [Ella] Jeu 7 Oct 2010 - 20:35

L'arrogance de la jeune fille s'était envolée au profit d'une relative sérénité secouée de larmes, sitôt que sa petite main frêle avait recueilli le bijou symbolique. Le regard protecteur de Pride la toisa intensément tandis que les yeux humides de Ella ne quittèrent pas l'or blanc de l'anneau dormant dans sa paume : il était évident que quelque chose de fort unissait l'adulte à l'enfant. Quelles qu'étaient leurs différences, ils se ressemblaient sur leurs douleurs enfouies presque similaires, accentuant par la même leur complicité que peu pouvaient comprendre alors. Taciturne, il l'écoutait parler tout en l'observant sécher ses larmes, et ne put s'empêcher de retenir un : « Ton dictionnaire vaut toutes les encyclopédies du monde. » , soufflé dans un murmure suave et ponctué d'un sourire en coin. Et enfin, le regard céruléen de Ella vint plonger dans l'étendue noire des pupilles du jeune homme dont les mains s'étaient glissées dans ses poches : il conservait son assurance, malgré la peine qu'il venait de causer à la demoiselle. Le comble de l'égocentrisme, en somme. « Ça représente quoi, pour toi? » Cette question légitime tomba étrangement comme un couperet inattendu, aussi Pride détourna brièvement le regard avant d'humidifier ses lèvres d'une moue pensive. Il se souvenait encore du jour où il avait quitté les ghettos de Chicago pour venir vivre dans les quartiers aisés, sous l'égide de Monsieur Berrington ou l'avocat le moins corrompu des environs. Il se souvenait également du jour de ses seize ans où celle qui demeurait à présent sa mère adoptive lui avait offert cette bague en évoquant la symbolique de l'anneau : la renaissance. Et il se souvenait enfin l'avoir mise à son doigt non sans se promettre de ne plus jamais regarder vers son passé. « Une nouvelle vie. » fit-il enfin avant de reporter l'ambre de ses yeux joueurs sur l'angelot blond qui acquiesça brièvement. Inutile de développer néanmoins, car Berrington était connu pour son avidité de paroles pour certains sujets délicats. Aussi il se contenta d'acquiescer d'un signe de tête comme pour affirmer que la conversation était close, prêt à se retourner afin de sortir des lieux tamisés et lourds d'un parfum encensé. Ce fut cependant sans compter sur le choc qu'il sentit soudain contre lui : la petite Ella en pleurs s'était jetée dans ses bras, d'une attitude incomprise par l'allergie de Pride à la tendresse gratuite. Certes, il demeurait des plus tactiles avec ses amantes, mais en dehors d'une vie 'amoureuse' active, il n'y avait rien qui se rapportait à des accolades dans sa vie de tous les jours. Pourquoi les personnes éprouvaient-elles le besoin de manifester leur sympathie de cette façon, pourquoi tant d'extravagance dans les sentiments quand toute leur beauté venait de leurs non-dits, et qui était l'imbécile qui avait osé inventer le concept du 'free hug' ? Reculant d'un demi-pas sous la surprise, le premier réflexe de Pride fut de lever le bras pour mieux éloigner la jeune Ella blottie contre lui ; mais lorsque sa carapace défensive vacilla quelques secondes après l'effet de surprise, le jeune homme stoppa son geste et se contenta de regarder autour de lui. Comme s'il était rendu coupable d'une démonstration d'affection publique et qu'il demeurait gêné de la tendresse soudaine de la jeune fille : le manque d'habitude ou le fait d'avoir cette si vilaine manie d'être désagréable avec tout le monde au point d'écoper de coups de poignard plutôt que d'une étreinte, monsieur Berrington ? Ne sachant que dire, le jeune homme resta sans voix et n'osa pas même toucher l'épaule de la fillette ; cette dernière lui sauva néanmoins la mise en ôtant ses bras fins, tentant de défaire une chaîne à son cou. « Je vais pouvoir... t'appeler? » Pride la darda alors, taciturne et pensif. Il était évident qu'il partait à Chicago pour mieux oublier la Floride, pour mieux tous les oublier, pour mieux s'alléger d'un poids futile grâce à une fuite lâche... Aussi, le jeune homme ferait tout pour qu'on ne puisse plus le joindre : nouvelle adresse, nouvelle vie, nouveau numéro de téléphone. L'actuel resterait éternellement sur répondeur, et la jeune Ella ne pourrait jamais plus le joindre comme elle aurait pu l'espérer. Certes c'était égoïste, mais c'était ainsi. Alors non, elle ne pourrait pas. « Bien sûr. » mentit-il non sans laisser planer un certain trouble dans son regard d'ébène. D'un geste délicat, Pride vint soulever la chevelure blonde de l'adolescente pour mieux dénuder son cou et défaire le loquet de sa chaîne d'argent. La tendant alors à la demoiselle, il esquissa un bref sourire avant de souffler ces derniers mots : « En route. » Et le jeune homme de tourner les talons pour se diriger vers la sortie, son regard coupable croisant les yeux inquisiteurs d'un Clyde lucide qui n'avait rien délaissé de leur conversation.
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Into the wild [Ella]

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