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 Je n'ai pas la foi. Ni en Dieu, ni en toi [Gad']

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Message(#) Sujet: Je n'ai pas la foi. Ni en Dieu, ni en toi [Gad'] Mer 29 Sep 2010 - 23:18


(c) image de Lara Jade

- J'vous l'avez bien dit, qu'on retrouverait le corps.
- C'est ça, c'est peut-être parce que c'est vous le meurtrier. Et puis d'abord, donnez-moi ce café, vous m'agacez !


    Une brume de fumée blanchâtre envahissait le bureau 102, s’élevant d’une cigarette coincée entre deux doigts et d’une dizaine d’autres mal écrasées dans un hideux bol en céramique qui servait de cendrier, et qui -pour la plupart- n’étaient pas entièrement consumées. L’on serait cru dans un verre à l’intérieur duquel un étudiant mal intentionné aurait enfermé une petite fourmi, avant d’expirer une bouffée de ce mélange assassin dans le but d’observer son agonie par asphyxie. Cela faisait bien longtemps que le Lieutenant qui occupait ce bureau avait démonté le détecteur servant à prévenir les incendies, rôdée contre tout étouffement intempestif depuis des lustres, possédant certainement des poumons aussi noirs que s’ils avaient été crayonnés au fusain. Tapotant nerveusement sur le bord de l’accoudoir, la silhouette à peine perceptible à travers l’écran de fumée était penchée au dessus d’un dossier grand ouvert, dont la mention « L’affaire du boucher » était inscrite sur le devant. Parmi les documents que la jeune femme observait, des photos des victimes dépecées, le témoignage d’une vieille dame atteinte de l’Alzheimer, ainsi qu’un rapport d’autopsie qui ne leur apprenait pas grand-chose sur le tueur. Gwenn poussa un soupir de lassitude en se redressant, laissant retomber le poids de son corps contre le dossier de son fauteuil. Sa main gauche se posa sur son front tandis que son regard, perdu dans le vide, se fixait sur le plafond beige du commissariat. Merde, ils étaient complètement baisés dans cette affaire. Ce mec était un pro malgré sa façon barbare de découper ses victimes. Il prenait un malin plaisir à égorger les prostituées comme des veaux avant de leur ôter les yeux, puis il s’attelait à les démembrer à l’aide de ce que le médecin légiste avait identifié comme une hache de boucher. Pour finir il disposait le tout dans une position atypique, entouré de quelques organes et de dessins tracés à l’aide du sang de la victime, ce qu’il considérait probablement comme une œuvre d’art. Les tordus avaient toujours un complexe de supériorité, celui-ci devait se prendre pour le nouveau Picasso. Avec, de toute évidence, un goût très discutable pour le choix des outils de travail. On avait longuement cherché une signification à ces gribouillis, sans grand succès. Et toujours le même croissant de lune autour du nombril des pauvres malheureuses, sa signature.

    Son « travail » devait prendre un temps fou, pourtant ils n’avaient pu mettre la main que sur un témoin de quatre vingt ans sujet aux premiers effets de sa maladie, et qui ne cessait de réclamer la permission d’aller à son bal de fin d’année en compagnie d’un certain Joseph. Comment se faisait-il que cet homme puisse passer inaperçu en commettant de tels forfaits ? Il semblait avoir tout prévu, ne pas avoir laissé derrière lui la moindre trace, ceci après trois meurtres déjà. Le crime parfait n’existait pas, il y avait forcément une faille quelque part. Mais où ? Tout ce qu’elle savait, c’était qu’elle recherchait un homme d’un mètre quatre-vingt cinq, pesant aux environs de 90 kilos, exerçant un métier manuel, avec le cerveau complètement ravagé. En somme, elle aurait davantage de chance de menotter ce serial killer que son témoin avait d’espoir de retrouver son Joseph au bal de fin d’année. Elle aimait son boulot, mais bordel des fois il se révélait particulièrement frustrant. Ah, le bon vieux temps des stups’. On trouvait rapidement le coupable, ou des rats pour baver. En matière de crimes, il fallait être plus astucieux. Gwenn se prit la tête entre les mains, insatisfaite de ces longues heures de réflexion qui ne l’avaient conduite que droit dans ce mur auquel elle finissait toujours par se heurter. Se massant les tempes, elle menaça les papiers jetés sur son bureau d’un regard noir, comme si cette technique d’intimidation allait les faire parler. Malheureusement les photos ne s’exprimaient pas de cette façon, et son pouvoir de convaincre ne fonctionnait que sur les êtres humains –et encore, pas tous-. En parlant de dons … La brune secoua vivement la tête à cette pensée, chassant avec une grimace de dégoût le visage souriant de cette fouine de médium qui flottait dans son esprit. C’était bien le moment de penser à ce pauvre type, à son air tout innocent, se trimballant la bouche en cœur et la gueule enfarinée en proclamant qu’il rêvait des choses lui permettant de résoudre des enquêtes. Mais oui bien sûr, et la marmotte elle met le chocolat dans le papier d’alu. Elle se demandait comment des flics pouvaient lui accorder du crédit au point de lui refiler dans les pattes, la preuve étant qu’il n’avait toujours pas fait ses preuves depuis qu’il la hantait par son insupportable présence. Tout ce qu’il savait faire était de l’agacer, de se foutre dans la merde, et de l’agacer encore.

    Gwenn secoua la main en lâchant sa cigarette avec un petit cri, n’ayant pas remarqué que le tabac s’était dissipé avec le reste de la fumée qui planait autour d’elle, l’enveloppant tel un cocon rassurant. Une marque de brûlure apparut sur son majeur, lui faisant lever les yeux au ciel. D’un geste mécanique elle attrapa son café froid, quittant son fauteuil afin de rejoindre la fenêtre qui donnait sur l'un des axes les plus fréquentés de Miami. Elle porta le liquide à ses lèvres, totalement déconnectée de la réalité, lorsque la porte de son bureau s'ouvrit à la volée, la faisant sursauter comme un adolescent surpris en train de subvenir à ses besoins pour la première fois. Il ne lui en fallut pas plus pour que sa main suive le mouvement, déversant la moitié de sa boisson sur son chemisier blanc devenu transparent et sa veste amoureusement repassée le matin même. Gwenn se tourna lentement vers l’individu méprisable qui avait fait ainsi intrusion dans sa bulle sans même frapper, retenant difficilement la frustration et la colère accumulée. Guère étonnant, elle constata qu’il s’agissait de son médium adoré. Il prenait un certain plaisir à faire ce genre de choses. Elle regretta aussitôt avoir faibli et pensé à lui, cela lui avait visiblement porté la poisse. Un sourire crispé se dessina sur ses lèvres tandis qu’elle laissait tomber le gobelet dans la poubelle.

      « C’est amusant, j’étais justement en train de penser à vous. Si j’avais su que j’avais, moi, le don de rendre mes pensées réelles, je vous aurais ajouté quelques neurones et un brin de politesse »


    Et une corde autour du cou, tant qu'à faire. Bon sang de bon dieu, elle serait capable de rendre le meurtre légal uniquement pour pendre cette espèce de crétin. Le médium ne se formaliserait pas d’un accueil aussi glacial, elle en restait persuadée. Quand même bien, elle s’en foutait éperdument. Attrapant un mouchoir qui traînait, elle épongea tant bien que mal le café qui décorait ses vêtements, interrogeant son vis-à –vis du regard. Eh bien quoi, qu’est-ce qu’il voulait encore celui-là ?



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Message(#) Sujet: Re: Je n'ai pas la foi. Ni en Dieu, ni en toi [Gad'] Jeu 30 Sep 2010 - 22:46


(c) byme

- Vous pouvez arrêter de me regarder avec ses yeux là ! C'est flippant, j'ai tué personne il me semble.
- Pour l'instant...Et, si ma tronche vous reviens pas, vous pouvez changer de trottoir.

    Gaddièl se sentait oppressé au fond de son taxi, les mains jointes sur ses genoux, ses doigts courant sur les plissures d'un vieux pantalon usé par le temps. Première réflexion à lui même alors que le véhicule accélérait; il était temps de se débarrasser de ce vêtement ! Mais comment pouvait-il avoir encore quelque chose qui ressemble plus à l'habit d'un ouvrier. Il avait un rendez-vous important aujourd'hui, avec le lieutenant Wolfe et il ne pouvait le louper. C'est pour cela qu'il sentait comme un point sur la poitrine ? Pourquoi il suait autant ? Et, qu'il se sentait aussi poisseux ? Il regarda ses mains épaisses, plus velu que dans son dernier souvenir. Et, c'était quoi ses grosses patates ? Au bout de ses doigts, cette crase sous les ongles. Non, on regardant de plus prêt, ce n'est pas de la crase, mais du sang. Le jeune Stherling sauta de sa position assise pour reprendre possession de cette étrange situation. Il interpella le chauffeur en posant une main sur la vitre, et remarqua son reflet dans son rétroviseur. Ce n'était point son reflet, et ni l'image d'un homme qu'il ne connaissait pas, mais cet immense smiley jaune canari avec ses yeux et son sourire dessiné au stylo noir. Au putain !!

    Il poussa un cri et le médium se réveilla au fond du bus où il avait prit place. Le grand brun se leva, encore sous l'effet de ce rêve, qu'il sentait au plus profond de ses tripes être relié aux crimes du "boucher". Il n'y avait pas d'hésitation, il ne rêvait que de cet immonde smiley depuis le début des meurtres. Gaddièl reprit place, alors que la petite vieille à côté de lui, se décala en tenant fermement son sac. Il ne put s'empêcher de lui offrir son plus beau sourire de séducteur, puis pesta intérieurement contre sa voiture qui avait refusé de démarrer ce matin. L'odeur de naphtaline qui embaumait la vieille pas loin, et les effluves de bière et d'urine qui venait du sans-abri tout devant, lui rappelait pourquoi il n'aimait pas les transports en commun. Le médium s'arrêta à l'arrêt suivant, juste le temps de passer par le vendeur de beignet même s'il se doutait que la personne à qui il allait les offrir, s'en servirait pour le bombarder à chaque mauvaise réponse, ou chaque mauvaise expression sur son visage. Pourtant, après ce qu'il avait fait, il devait voir l'inspecteur Wolfe. Dans son fort intérieur, il se disait prêt à l'appeler par son prénom, mais il tenait trop à la vie. Elle avait cette façon toute particulière de le mettre plus que mal à l'aise à chacune de leur rencontre. S'il avait eu dix ans de moins, il aurait surement fait pipi dans son pantalon, où il aurait filé dans les jupes de sa mère, si cela avait été encore possible. Cependant, Gaddièl, voulait aider dans cette enquête, après tout, quand on rêve presque tout les soirs d'un maniaque qui découpe ses victimes à la hache de boucher, cela donne vraiment envie de boucler l'enquête très rapidement. Surtout, quand on assiste impuissant au découpage, et au rite de ses dessins sur ses prostitués, alors qu'on entends les hurlements et qu'on ne peut rien faire à part regarder.

    Les beignets dans les mains contre sa chemise blanche parfaitement repassé et sa cravate roulé sur le côté, Stherling fit son entrée dans le poste de police, le badge de visiteur déjà prêt qu'il sortit juste de son sac en bandoulière pour la formalité. Ce n'était pas comme s'il ne connaissait pas les lieux. Il croisa Tyler, qui comme d'habitude n'avait pas de temps pour lui, juste le temps par contre de plonger sa main dans la boite blanche entre ses mains pour subtiliser un beignet. Après tout, Wolfe n'allait pas manger les vingt beignets qu'il avait acheté, pourquoi autant de gentillesse ? C'est qu'il fallait préparer le terrain pour la petite bourde qu'il avait fait juste la vieille. Il longea le long couloir, soufflant la mèche tombé sur son front, le bureau de l'inspecteur droit devant lui. Non, il ne devait pas s'arrêter sinon il ne trouverait pas la force d'avouer sa faute. Le médium aurait souhaité rêver de cette entrevue pour savoir s'il allait se faire tirer dessus. Pourtant, il avait transgressé l'une des deux règles sur lesquelles la belle jeune femme l'avait sermonné; premièrement, on ne parle pas aux journalistes; deuxièmement, si vous identifiez un témoin, vous venez m'en parler tout de suite.

    Gaddièl fonça donc tête baisé dans le bureau, utilisant son épaule comme bélier même si la porte n'était pas fermé. Avant qu'il ne puisse rectifier le tir, la porte s'ouvrit en grand et il remarqua bien trop tard qu'il avait fait sursauté l'inspecteur. Les yeux, non dans une observation perverse, se concentra sur la poitrine de la jeune femme à cause du liquide qui venait de se renverser sur le vêtement blanc. C'était effectivement très transparent, il fit un petit mouvent d'appréciation avec ses sourcils.

      « Tiens, il y a du monde au balcon aujourd'hui ! »


    Le médium s'écouta ses idées, alors qu'il glissait sur une mauvaise pente, sauf s'il voulait se prendre un point dans la figure. Le médium n'écoutant que son courage, mais aussi se sentant grandement coupable. Il sauta comme un chevreuil à la période de la chasse et jeta les beignets sur le bureau. Puis sortit un mouchoir de sa poche. Il voulut faire ce que tout gentleman aurait voulu faire, éponger la tache. Il se rapprocha donc dangereusement de Wolfe et leva le mouchoir puis s'arrêta dans son mouvement et offrit juste son mouchoir, plus gêné que jamais. Il accueillit les paroles de la charmante demoiselle avant beaucoup d'humour, comme à son habitude. Il épousseta devant lui, d'une main agile, comme s'il avait pu repousser la fumée qui s'échappait maintenant que la porte était ouverte.

      « Oui, je m'excuse encore. J'étais dans mes pensées, j'aurais du frapper.... Un beignet ? »


    Il s'approcha de la belle boite en carton blanc et l'ouvrit pour faire apparaître plusieurs beignets, des plus colorés aux plus simples mais qui avaient tous un point commun ; ils étaient tous plus gras l'un de l'autre. Le vrai petit-déjeuner de ceux qui n'ont pas peur du cholestérol et de la crise cardiaque à trente ans. Gad' souleva la boite et l'approcha de Gwenn. Il se permit d'ajouter avec son sourire de jeune homme qui ne peut s'empêcher de faire un trait d'esprit.

      « Je peux vous le jeter sur votre chemisier blanc...Comme cela, il aura eu son petit déjeuner... »


    Le médium continua de sourire, sachant pertinemment que la suite à cette boutade finirait forcément mal pour lui. Il se sentait pourtant protégé, à mauvais titre surement, car ils étaient dans un commissariat de police, et qu'elle ne pouvait pas l'abattre sans finir sa vie en prison. Oui, il fallait continuer de sourire, même s'il commençait à avoir mal à la mâchoire.


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