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 you sit there in your heartache (...)

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Message(#) Sujet: you sit there in your heartache (...) Lun 11 Mai 2009 - 0:04

You sit there in your heartache waiting on some beautiful boy to save you from your old ways. Watch it now … here he comes !

STARRING GRACE REID & RHYS BLYTHE



    DRIIIIIIING. Si ce son si familier était indubitablement libérateur pour les lycées, il l'était sans doute encore plus pour le corps professoral.
    Il était en effet dix-sept heures et la journée de Rhys Blythe – assistant de l'enseignant d'éducation physique et sportive du lycée – touchait à sa fin. Bien sûr, cela ne signifiait pas qu'il était enfin autorisé à quitter les lieux et rejoindre sa demeure : il avait encore tout un tas de fiches à remplir et à restituer à son tuteur puis à ranger les installations sportives (le dernier des cours de la journée étant du volley-ball) et enfin à fermer les locaux du gymnase. Le jeune homme qui tenait ce poste depuis neuf mois à présent avait prit l'habitude d'effectuer ce rituel et il n'émettait plus de remarques agacées derrière le dos de l'enseignant en charge à présent. Sauf peut-être quand celui-ci demandait à Rhys de s'occuper des maillots trempés de sueur des joueurs pleins d'hormones de football américain. Aussi, dès le départ des élèves de dernière année, il s'appliqua à écrire un rapport détaillé et professionnel sur le déroulement des séances du jour puis remit le carton au professeur qui était déjà prêt à décamper. Il devait être bien heureux d'avoir un étudiant rien que pour lui pouvant faire les taches les plus pénibles à sa place. Si Rhys ne tenait pas à ce poste pour ses études et son ambition personnelle, il aurait depuis un bon moment claqué la porte. Mais c'était une concession qu'il faisait de plein gré et il lui semblait qu'il gérait le poste avec assez de succès : la preuve étant les relations positives qu'il entretenait avec les élèves des différents cours. Si certains lui montraient clairement leur animosité à son égard parce qu'il faisait partie des « adultes », la plupart l'appréciaient pour sa décontraction et son oreille attentive. En effet, Rhys se sentait très souvent plus proche des élèves de ce lycée que des professeurs du bâtiment. Question de générations.
    Puisant dans ses réserves d'énergie et de patience, Rhys se mit alors à retirer les filets de volley-ball tandis qu'il entendait le professeur démarrer le moteur de sa voiture à l'extérieur. Après un soupire, il alla ramasser les balles perdues et oubliées à divers endroits du terrain avant de les ranger dans le bac spécialisé et de le faire rouler jusqu'au placard réservé aux matériels officiels du gymnase du lycée. Se frottant les mains l'une contre l'autre afin de les débarrasser d'un maximum de poussière, Rhys se dirigea ensuite vers les gradins inférieurs du gymnase pour y récupérer son sac de sport et sa veste qui reposaient sur un siège. La veste sous le bras et son sac accroché à son épaule, il attrapa les clefs qu'il venait de lui être confiées et prit le chemin des vestiaires des hommes. Faisant un dernier tour pour vérifier que personne ne traînait encore dans les lieux ou ne s'accordait une douche avec bonus, il verrouilla finalement la pièce après s'être assuré qu'elle était vide de toute âme. Il atteignit alors le vestiaire voisin des jeunes femmes et, comme à son habitude, préféra interpeller et annoncer son arrivée au risque de tomber sur une demoiselle se changeant.

      « Il n'y a personne ? »


    Ne recevant aucune réponse, il fit un pas supplémentaire et tordit son cou pour vérifier si en effet, personne ne restait. Son coup d'œil fut grossier mais il conclut rapidement que ce vestiaire était également libéré. Ce fut alors lorsqu'il tourna les talons et s'apprêta à refermer la porte d'entrée derrière lui qu'il entendit un écho s'élever dans le vestiaire. Fronçant les sourcils, il se retourna vivement avant d'avancer à pas prudents à travers la pièce. Lorsqu'il se retrouva au centre de celle-ci, il remarqua alors la présence d'une jeune femme brune, recroquevillée sur elle-même, assise sur un banc du vestiaire et luttant visiblement contre des sanglots qui agitaient par instant son corps. Il ne reconnut pas immédiatement l'identité de la demoiselle et il dut s'approcher d'avantage pour essayer de découvrir de qui il s'agissait. D'une voix calme et précautionneuse, il prit alors la parole en restant à une distance raisonnable de cette silhouette, n'osant pas imposer sa présence.

      « Excusez-moi, tout va bien ? Il est temps de rentrer chez vous. »


    Le visage de Rhys cependant se troubla d'avantage car le mouvement qu'avait effectué la jeune femme pour voir qui lui adressait la parole lui dévoila l'intégralité de son visage. Grace Reid. Ou la lycéenne la plus audacieuse, effrontée et déstabilisante qu'il connaisse dans cet établissement et même qu'il lui fut jamais offert de rencontré même dans ses propres années lycéennes. Se pinçant les lèvres, il fit un pas supplémentaire vers elle et essaya de capter son regard.

      « Vous désirez que j'appelle quelqu'un ? L'une de vos amies, peut-être ... »


Dernière édition par Rhys Blythe le Dim 17 Mai 2009 - 13:17, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: you sit there in your heartache (...) Mar 12 Mai 2009 - 1:10

    Grace releva difficile la tête lorsque le son strident de la cloche annonçant la fin de la journée résonna dans les couloirs, où s’entassait d’ores et déjà des masses d’élèves, tous plus pressés les uns que les autres de finalement quitter l’enceinte de l’école. Un faible sourire vint éclairer son visage, rougit par les larmes qui coulaient sur ses joues, mais il disparu aussi rapidement qu’il était venu, les sanglots reprenant rapidement le dessus. Elle était finalement libérée, quoiqu’elle ne se fût pas présentée à son dernier cours, préférant se réfugier dans les vestiaires féminins. La journée avait été particulièrement pénible et garder sur son visage son air de confiance habituel n’avait pas été chose aisée. Elle s’était sentie misérable alors que les mauvaises nouvelles se succédaient et une dispute avec Dorian juste avant la fin du dîner avait réussit à gâcher son après-midi, qu’étaient venus troubler encore plus d’horribles nausées, la prenant toujours par surprise. C’est la tête dans la cuvette qu’elle avait occupé son temps dans les vestiaires déserts, ou alors, elle s’était avachie sur un des bancs du vestiaire, laissant les larmes qu’elle avait retenues trop longtemps s’échapper à leur guise de ses yeux fermés, striés de marques noires que laissait son mascara en coulant, alors qu’elle s’essuyait gauchement les yeux, enlevant les larmes qui lui troublaient la vue. Elle n’avait plus la force ces temps-ci de garder la façade de Grace Reid, la petite jeune femme cruellement parfaite. Elle n’avait plus la force d’avoir imprimé sur son visage l’air dur et confiant qu’on connaissait à cette jeune femme. C’est avec une certaine lassitude qu’elle bousculait les gens dans le corridor, laissant bien plus souvent Livy terroriser leurs victimes habituelles, se contentant de croiser les bras tout en fixant d’un air méchant la personne. Et bien que Gracie savait qu’elle pourrait toujours compter sur sa meilleure amie, les deux jeunes femmes traversaient une drôle d’étape dans leur amitié, leurs relations étaient par moment très tendues, par d’autres tout simplement superficielles. Les disputes avec Dorian ne cessait de se multiplier, ils se tombaient continuellement dessus, et devoir se chicaner sans arrêt avec la personne qu’elle aime vivait la jeune femme de toute énergie. Elle se sentait lasse, fatiguée, voir même exténuée. Elle n’avait plus la force de crier contre lui, de lui retourner ses répliques cinglantes, pour souffrir quelques moments avant des réconciliations précoces, introduction à de nouvelles chicanes, toujours plus dures, plus terribles. Les matins où elle se faisait réveiller par de fortes nausées étaient de plus en plus courants, et un rien semblait la mettre à l’envers. La jeune femme blâmait cette faiblesse, autant physique que psychologique, sur la fatigue, l’ambiance tendue à la maison. Ses parents traversaient une mauvaise phase, et avaient reçus quelques mauvaises nouvelles qui, malheureusement, affectaient aussi leur fille. C’était une situation tout à fait nouvelle qu’elle ne savait aucunement gérer, et ses rapports déjà nébuleux avec ses parents étaient assombris par la menace de ces dites-nouvelles. Un autre endroit où les cris étaient continuels, les prises de têtes aussi. Elle aurait tout donné pour dormir des journées entières, ne se réveillant que pour se nourrir avant de retourner sombrer dans les bras de Morphée; elle voulait dormir toute sa peine et sa douleur.

    Tout en cherchant la force de se rendre au lavabo pour laver et rafraîchir son visage, effacer toutes traces de larmes, de peine de celui-ci, Grace ramena ses genoux contre elle pour y appuyer sa tête, les larmes ne s’arrêtant pas malgré ses protestations. Elle s’était retenue si longtemps qu’elle n’en pouvait plus, et elle savait qu’elle ne pourrait pas arrêter les flots de larmes avant que toute sa douleur soit partie. C’est alors qu’elle entendit une voix rauque s’élevée dans le lieu désert. Ne voulant surtout pas être surprise par qui que ce soit, la demoiselle Reid retint sa respiration, essayant de ne pas faire le moindre bruit pour ne pas attirer l’attention. Très attentive aux bruits qui venaient de l’entrée du vestiaire, elle entendit les talons du propriétaire de la voix grave se retourner, et la porte se refermer doucement. Prenant pour acquis que la personne était partie, Gracie laissa ses sanglots redoubler de plus belle. Ces pleurs étaient si puissants qu’elle n’entendit pas les bruits de la personne qui s’approchait doucement d’elle, et elle sursauta lorsqu’elle prit la parole, retournant rapidement la tête pour apercevoir Rhys Blythe. Elle n’écouta pas ce qu’il dit, se redressant sur le petit banc, et essuyant ses yeux le plus rapidement possible pour qu’il ne puisse pas y déceler les larmes. Visiblement, il remarqua sa peine, parce qu’il lui proposa d’appeler une de ses amies. La jeune femme secoua vivement de la tête.

      « Non, merci, ce ne sera pas nécessaire, je m’en vais… »


    Joignant les gestes à la parole, elle passa rapidement une main dans ses cheveux, les replaçant maladroitement, et empoigna son sac pour partir du vestiaire rapidement. Malheureusement, ses gestes furent trop rapides, et encore engourdie par ses pleurs, et l’estomac encore dans les talons, la demoiselle Reid fit un mauvaise geste et renversa le contenu intégral de son sac par terre, sa trousse à crayons explosant littéralement sous le choc, expulsant tous les effets à travers le vestiaire.

      « Oh évidemment ! Parfait, c’est juste parfait… ! »


    Se penchant pour commencer à ramasser les divers crayons et stylos éparpillés, mais ne put se retenir plus longtemps. Elle s’assit faiblement sur le plancher et prenant sa tête dans ses mains, laissa les sanglots se remparer d’elle. Elle n’avait même plus conscience de la présence de Rhys derrière elle.


Dernière édition par Grace Reid le Dim 17 Mai 2009 - 1:30, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: you sit there in your heartache (...) Jeu 14 Mai 2009 - 13:31

    Si Rhys était jusque là impatient de quitter le lycée, cette nouvelle situation qui lui tombait dessus lui donnait encore plus envie de prendre ses jambes à son cou. Il n'était pas exactement le genre de personne efficace face à une personne en pleurs : même avec sa petite sœur, il peinait à trouver l'attitude et les mots justes pour aider. A la rigueur, il aurait préféré affronter une crise de colère plutôt que des yeux bouffis et une expression d'extrême détresse. Mal à l'aise et restant à une distance décente, Rhys observait la jeune femme avec intérêt, comme s'il craignait qu'elle n'éclate une fois de plus en sanglots. Mais non, elle semblait se contenir du mieux qu'elle pouvait et tachait de lui présenter une apparence plus pondérée. Il hocha alors la tête doucement, retenant un soupire de soulagement lorsque Grace Reid lui affirma qu'elle s'en sortirait seule. Le jeune homme lui faisait confiance là dessus : la demoiselle montrait d'ordinaire une facette forte et solide d'elle-même, elle allait bien évidemment surmonter cette épreuve par ses propres moyens avec brio, n'est-ce pas ? En tout cas, il l'espérait. Il était tellement mauvais à ce niveau …
    Il fit alors un pas en arrière quand il vit la lycéenne rassembler ses affaires, visiblement décidée à rejoindre la sortie comme Rhys venait de lui demander. L'assistant de sport était si certain que la rencontre allait se clore là qu'il s'était déjà retourné vers la porte lorsqu'il entendit sur le sol se déverser les divers stylos et crayons scolaires que contenait le sac de la demoiselle. Faisant volte face, il remarqua en un coup d'œil la maladresse tandis que Grace s'exclamait avec ironie sur ce nouveau coup du sort. Lui adressant un sourire qui se voulait compatissant, Rhys posa alors son propre sac sur le parquet du gymnase, s'accroupit et se mit à ramasser les crayons qui avaient roulés jusqu'à ses pieds. Il détenait déjà une bonne poignée de crayons lorsqu'il entendit la nouvelle salve de sanglots qui traversa la lycéenne.
    Rhys n'était peut-être pas une personne très délicate mais il possédait une empathie certaine. Aussi, lorsqu'il vit la jeune femme recroquevillée sur elle-même, à même le sol et s'abandonnant à son chagrin après avoir lutté en vain, il ne put s'empêcher de se ruer vers elle. Il tenait toujours les crayons dans la paume de sa main lorsqu'il arriva à ses côtés et s'assit près d'elle, un genou à terre. Il ne savait pas ce qu'il convenait de faire mais il agit tout de même ; c'était ainsi avec lui : il agit et puis il réfléchit. Il posa alors sa main libre sur l'épaule de la jeune femme et pressa doucement son épaule dans un signe de soutien. Il n'avait pas l'idée exacte de la raison de ses pleurs mais il devinait que cela devait être quelque chose d'habituel à cet âge : larguée par son petit copain ? Abandonnée par sa « best friend forever » ? Ou des rapports conflictuels à la maison ? Pourtant, Rhys ne minimisait pas sa peine : il savait bien que les années lycéennes étaient un réel challenge et que les épreuves que chacun affrontait à cette période de la vie étaient vraiment difficiles. Il fit alors un effort considérable pour essayer de trouver les mots les plus appropriés, même si sa maladresse restait évidente : il se tenait si rigide et se sentait si empoté à cet instant.

      « Mlle Reid … Grace, il ne faut pas vous mettre dans cet état. Peu importe les raisons de votre douleur, il faut vous reprendre. »


    Rhys sentit bien qu'il sonnait comme n'importe quel adulte et n'était pas satisfait de sa prise de parole : bien sûr, ses mots étaient de circonstance mais ils n'étaient sans doute pas ce qui pourrait aider au mieux cette jeune femme. Il poussa alors un nouveau soupire et se déplaça de sorte à se retrouver face à la demoiselle. Elle gardait toujours la tête baissée mais Rhys cherchait tout de même son regard : il voulait lui parler face à face cette fois-ci et lui adresser des mots qui seraient d'avantage sincères. Il posa alors les crayons qu'il venait de recueillir à leur côté et posa ses deux mains sur les genoux de Grace. Cette proximité était déjà compromettante mais il tachait tout de même à rester assez dur et son buste restait droit dans le but de garder une distance respectable entre un membre du corps professoral et une lycéenne. D'un ton compatissant, il reprit alors la parole et portait son regard émeraude sur le visage de la jeune femme, les traits fermés mais avenants.

      « Je sais que vous devez vous sentir totalement désemparée à cet instant et il n'y a pas de quoi avoir honte. C'est normal, je suis aussi passé par là à votre âge … Ça va passer, vous verrez. Et si ce n'est pas le cas et bien, vous n'avez plus qu'à vous battre pour arranger les choses. Vous êtes Grace Reid, non ? Celle qui excelle en bien des domaines par son génie et son cran : vous allez bien trouver un moyen de résoudre ce que vous affrontez là. »


    Rhys esquissa un sourire discret, dans le but de détendre la jeune femme ou au moins lui prouver qu'il ne la jugeait aucunement et qu'il était sincère dans ses paroles : ils ne se connaissaient réciproquement sans doute pas assez, et c'était normal, mais le jeune homme avait confiance en elle pour l'avoir à nombreuses reprises vu à l'œuvre. A travers ses bulletins scolaires mais aussi dans la vie lycéenne de tous les jours : Reid n'était pas le genre de personne qui passe inaperçue dans un établissement. A présent, Rhys se sentait plus sûr de lui – il ne faisait ni semblant ni parlait à la place d'un autre. Il agissait comme un jeune homme de vingt et un ans le ferait avec une petite sœur adolescente en peine.
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Message(#) Sujet: Re: you sit there in your heartache (...) Dim 17 Mai 2009 - 6:25

    Grace est une jeune qui respire la confiance en soi, mais les apparences sont souvent trompeuses. Dès qu’elle est plongée dans une situation dont elle n’a pas le contrôle, elle se retrouve totalement désemparée et ne sait plus comment agir. Sa carapace s’effrite alors pour laisser place à une jeune femme, pas encore tout à fais mature, vulnérable et dont les sentiments sont si imposants qu’elle ne peut plus lutter contre. S’il y a une chose qu’elle déteste plus que ces crises qu’elle ne peut contrôler, c’est qu’il y ait témoin de son impuissance. Encore plus si ce dit-témoin est le jeune homme qui attire sa convoitise depuis plusieurs mois. Il faut savoir que la demoiselle Reid a la fâcheuse tendance – développée grâce à ses parents qui répondaient à ses moindres caprices – de toujours vouloir ce qu’elle ne peut pas avoir. Donc, lorsque ce charmant et mystérieux Rhys Blythe rejoignit le corps professoral sous le titre d’assistant professeur de sports, la jeune femme fut immédiatement intriguée. Malgré ses avances de moins en moins subtiles, encouragées par Livy, le jeune homme gardait avec elle un ton continuellement professionnel et apposait la limite dès qu’il sentait que la jeune femme se montrait trop entreprenante. Cette dernière aurait pu s’avouer vaincue dès la première journée, mais les obstacles que lui envoyaient le jeune homme ne faisaient que la pousser d’avantage à le conquérir. De se montrer en larmes devant lui alors qu’il n’attendait visiblement que de rentrer vite chez lui n’aidait sûrement pas sa cause, ce qui frustrait encore plus Gracie. Elle était assise, à même le sol, et laissant sa tête reposer contre son épaule, les larmes coulant toujours avec abondance sur ses joues. Dans ses poings fermés et crispés par la douleur, des poignées de crayons qu’elle avait eu le temps de ramasser avant sa nouvelle rechute de pleurs. Sa douleur était telle qu’elle n’avait plus d’inhibition, et elle oublia peu à peu que Rhys se tenait toujours dans la même pièce qu’elle, sûrement terrorisé à la vue de cette petite fontaine inépuisable qui gisait pathétiquement sur le plancher. Elle était absorbée par les mêmes pensées qui avaient hantées sa journée, sa semaine, et n’avait pas conscience du regard du jeune homme qui avait bien naturellement remarqué sa nouvelle salve de sanglots. Elle sursauta lorsqu’elle sentit la présence rassurante de sa main sur son épaule. Levant doucement les yeux, Gracie remarqua que le jeune homme s’était agenouillé à ses côtés, se tenant un peu raide tandis qu’il essayait de se montrer empathique. Elle cligna rapidement plusieurs fois des yeux pour dégager de ses longs cils les gouttelettes qui restaient perchées, et se concentra sur le regard d’un vert doux et paisible du jeune homme, ne pouvant s’empêcher toutefois de baisser les yeux par longs moments. Se forçant à respirer calmement, elle écoutait ses paroles, et pour éviter de se mettre à pleurer de nouveau, se contentait d’hocher doucement la tête. Il n’avait pas de mots nécessairement rassurants, mais le simple fait qu’il lui parle l’aidait à se sortir de sa tête et de ses réflexions incessantes qui lui mettaient le moral à zéro. C’est alors qu’il déposa ses deux mains sur ses genoux, semblant sortir de son rôle de professeur. Gracie remarqua le léger changement, mais fit comme si de rien n’était, se contentant de le fixer et s’obligeant à l’écouter tranquillement. À ses paroles, elle secoua doucement la tête, baissant les yeux une fois de plus.

      « Et si justement le problème venait du fait que je ne suis plus capable d’être Grace Reid ? Du moins, l’image que tout le monde a de moi ? Je ne suis plus capable… »


    Les larmes envahirent de nouveau ses joues, mais les pleurs étaient plus tranquilles cette fois, plus contrôlés. Rhys se montrait sans doute que poli, ou gentil, mais sa simple présence aidait la demoiselle Reid à se calmer un peu. Qu’il garde une attitude professionnelle dans cette situation l’incitait à se confier un peu plus. Il n’était plus Rhys Blythe, le jeune homme qui occupait ses conversations avec Livy les dîners à la cafétéria, mais il était monsieur Blythe, un membre du corps professoral qui, comme tous les autres professeurs, était là pour l’aider et l’appuyer en cas de problèmes. Les professeurs jouent un rôle crucial et souvent non-écrit dans la vie de leurs élèves : dans le moment qu’ils s’y attendent le moins, ils peuvent rassurer, aider à regagner confiance ou tout simplement illuminer la journée nébuleuse d’un élève qui traverse une mauvaise phase. Gracie ne put s’empêcher de répondre à son sourire, et ses lèvres s’étirent légèrement aux coins, découvrant à peine ses dents, avant de baisser de nouveau les yeux, légèrement gênée, quelque chose que les gens ne voient pas souvent.

      « Je suis vraiment désolée… Vous avez raison, il n’y a pas de quoi se mettre dans cet état. Ça va aller, ça va toujours. » Elle renifla, essuyant ses joues avec ses manches. « Je n’ai besoin qu’un petit répit, un peu de repos… Grace sera de retour. »


    Grace est toujours de retour. Dès que la jeune femme traversait ses moments d’incertitude, il n’était qu’une question de temps avant qu’elle reprenne peu à peu le dessus et redevienne celle qu’elle avait toujours été. Que la carapace se rebâtisse autour d’elle. Certes, à chaque fois, c’était plus dur, plus émouvant et douloureux de reprendre le dessus sur soi, de tapir une fois de plus toutes ses émotions dans une part d’elle-même, en espérant de tout cœur que cette fois-ci, l’éclatement de ces dits-sentiments se fasse lors d’un moment plus opportun. Un tiraillement au bas de l’estomac tira la jeune femme de ses pensées et lui fit rappeler ses nausées qui perturbaient, mais elle les chassa bien vite, relevant son regard vers Rhys. Elle sourit, et sans penser à la portée de son geste, déposa sa propre main sur son genou, par-dessus celle du jeune homme.
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Message(#) Sujet: Re: you sit there in your heartache (...) Ven 22 Mai 2009 - 14:36

    Rhys Blythe pinça ses lèvres lorsqu'il entendit la jeune femme prononcer des mots qui sonnaient clairement comme un abandon. Grace était futée, radieuse et déterminée, le monde entier s'offrait à ses pieds mais elle trouvait le moyen de s'en plaindre. Le jeune homme devait avouer qu'il trouvait cela étrange : après tout, il avait beau faire d'incroyables efforts à cet instant, il n'empêchait qu'il trouvait cette situation bien trop délicate à gérer pour lui. Il n'était pas le conseiller d'éducation ou encore l'infirmier du lycée, juste un simple stagiaire qui était si peu doué avec les mots qu'il avait préféré une carrière de sportif. Certes une carrière prestigieuse terminée bien trop tôt mais Rhys restait toujours dans le domaine des efforts physiques. Il écoutait avec grande intention les propos de Grace mais craignait de trop s'impliquer : ce dont elle lui faisait part le toucher particulièrement parce qu'il avait eu également une grande phase de remise en question de soi à la suite de l'incident survenu à la fin d'un grand match de boxe. Mais il ne devait surtout pas faire un parallèle trop important entre elle et lui car il risquait alors de sortir totalement de son rôle d'assistant de professeur de sport. Il devait rester professionnel … Mais à l'écoute à la fois. En sommes, un véritable challenge pour Rhys qui n'était pas habitué à se modérer. Soit il était totalement éloigné, soit il était totalement investi ; la demi-mesure n'était pas son fort. Aussi, lorsqu'elle fondit de nouveau en larmes, le visage de Rhys grimaça de compassion. Si elle avait été une de ses amis, ou sa petite sœur, il n'aurait pas hésité un instant avant de la prendre dans ses bras et lui promettre que tout irait bien. Mais que faire face à une lycéenne envers qui le moindre geste pouvait être sur-interprété ou rejeté ? Il se compromettait peut-être déjà à être assit ainsi en face d'elle, il aurait peut-être du se montrer plus ferme, rester sur le seuil de la porte et la forcer à sortir régler ses problèmes ailleurs … Mais non, le jeune homme ne pouvait pas se résoudre à une telle attitude : il préférait encore se voir virer que de laisser une âme en peine de la sorte laissée seule à son sort.
    Il prenait donc le risque de déborder de ses fonctions et restait auprès d'elle, avec la constance et la fidélité d'un grand frère. Le sourire que les deux jeunes gens partagèrent alors leur semblèrent à tout deux libérateur. Comme si chacun de leur côté accueillait cet instant de soulagement comme le premier rayon après une tempête. La jeune femme semblait être à présent plus détendue, comme si finalement les mots de Rhys avaient eu l'effet escompté. Mais le jeune homme ne se méprenait pas : il n'avait pas formulé une incantation magique qui effaçait définitivement le chagrin et Grace Reid allait peut-être craquer à nouveau plus tard, ailleurs ou dans la seconde qui suit. Il la considérait donc toujours comme potentiellement fragile. Quand elle lui répondit alors qu'elle désirait se reprendre et s'excuser de son état, l'étudiant hocha doucement de la tête. C'était bien ce genre de comportement qu'il appréciait en général : le courage de relever le menton, même et surtout quand rien ne semble vouloir se passer comme prévu. Il prit alors la parole tandis qu'elle séchait ses larmes et Rhys se maudit mentalement de ne pas avoir de mouchoir à portée de main à lui proposer. Il se contenta donc de simplement lui répondre d'une voix posée et le visage toujours sensiblement souriant.

      « Et Grace va continuer à déchirer tout sur son passage, comme elle sait si bien le faire. Je pense en effet qu'un peu de repos chez vous, tranquill ... »


    Sa voix se brisa au moment où il sentit le contact de la main de Grace se déposer sur la sienne. Il n'eut dans l'immédiat pour seule réaction que de poser ses yeux sur leurs mains jointes et lorsqu'il releva son regard sur la lycéenne, ce fut un regard confus et légèrement paniqué qu'il lui adressa. Ce geste était très probablement pour le remercier mais il ne fallait pas négliger le détail que la jeune femme avait dans le passé et à plusieurs reprises fait de drôles d'avances à Rhys et bien entendu, cet élément n'échappa pas à l'esprit de ce dernier. Il croyait sincèrement à la peine qu'elle avait mais à cet instant, il craignait que les choses ne prennent un tournant qu'il ne souhaitait absolument pas. Avec le plus de délicatesse et de tact dont il se pensait capable, il retira sa main du genou de la demoiselle et se releva. Mais il ne comptait pas s'enfuir stupidement, non et c'est pour cette raison qu'il lui tendit la main dans le but qu'elle la saisisse pour pouvoir se relever à son tour. Cet acte était celui de la galanterie, il ne voyait pas cela comme une proposition quelconque et il était certain que Grace le voyait sous cet angle également. Son visage était avenant et affichait cet air serein de celui qui sait son rôle précieux. Rhys appréciait pouvoir aider autrui – c'était un devoir chrétien après tout – et ces instants se montraient si rares (étrangement, pas beaucoup de monde venait le voir aux moments critiques) qu'il essayait de s'y appliquer le plus consciencieusement possible. Enfin dans ce cas présent, tout était beaucoup plus délicat puisqu'il s'agissait d'une des élèves de son tuteur et il n'avait pas tout à fait le droit de se rapprocher autant d'elle. Mais, la main tendue, il ne tarda pas à parler de nouveau.

      « Allez, il est temps d'y aller. Le monde n'attend pas ; rentrez prendre du repos et revenez-moi en forme pour notre prochain cours de sport. »

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