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 IS IT A LACK OF SELF-CONTROL? OR A LACK OF SELF-ESTEEM? (pv)

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Message(#) Sujet: IS IT A LACK OF SELF-CONTROL? OR A LACK OF SELF-ESTEEM? (pv) Dim 3 Oct 2010 - 19:43



is it a lack of self-control?
or a lack of self-esteem?

    PRIDE S. BERRINGTON & AUBREE DEHZKEL



    alex494 & lifeisacircus @LJ





Les lumières rose vif scintillaient et éclairaient la pièce spacieuse, sombre et enfumée. Une ambiance lascive et torride régnait au Soho 1515, la boîte de charme ouverte il y a de ça déjà quelques temps par Pride Berrington. Aubree Dehzkel, femme de glace au tempérament de feu, s’apprêtait à rentrer sur scène, comme tous les soirs. Aimait-celle ce job ? Bien sûr que non, elle n’y accordait même aucune importance. Pour elle, il ne s’agissait que d’un moyen de garder sa maison sur Lemon Street – maison à laquelle elle n’accordait, au passage, pas la moindre importance non plus. Mais la jeune femme préférait ne pas se retrouver à la rue et s’était donc vue dans l’obligation de se trouver un métier pour assurer ses arrières. Et ce, quitte à devoir se déshabiller tous les soirs devant une horde de mâles en chaleur. Il n’y a absolument rien de mal à pratiquer ce métier, d’ailleurs. Pride Berrington avait insisté sur le côté sensuel et non vulgaire de sa boîte, et même si Aubree pouvait, aux yeux de nombreuses personnes, passer bien plus pour vulgaire que pour élégante, elle avait obtenu sans problème sa place ici. Difficile de détacher son regard de sa silhouette de rêve, de sa chevelure presque immaculée et de son visage angélique qui cachait bien son âme noire au possible. La jeune femme n’avait pas la moindre estime d’elle-même, bien qu’elle préférât mourir plutôt que de l’avouer, et savait ce que les hommes avaient tendance à penser d’elle. Elle savait qu’elle n’était plus qu’un objet pour elle et ne s’en formalisait plus. Après tout, ils représentaient exactement la même chose pour elle. Ainsi, Aubree Dehzkel se retrouvait ici plusieurs soirs par semaine, exhibant indifféremment son corps aux formes divines.

On l’appela alors qu’elle était installée devant un miroir, vérifiant son état physique. Elle scruta son visage aux traits pourtant magnifiques et n’en ressentit qu’une vague de dégoût. Elle haïssait ce visage, haïssait cette apparence, et cette haine ne faisait qu’accroître au fil du temps. Des cernes sombres et violacés soulignaient son regard bleu et froid, et ses traits étaient tirés. Elle ne dormait plus, parce qu’elle n’arrivait plus à trouver le sommeil. Si sa vie était un cauchemar, ce n’était rien comparé à ceux qui risquaient de la tourmenter dès qu’elle fermait l’œil. Elle n’osait plus dormir, préférait faire la fête du matin au soir et du soir au matin – bien qu’à ses yeux, ses activités étaient tout sauf festives. Elles ne constituaient qu’une échappatoire de quelques heures au malheur qui la rongeait depuis maintenant plus d’un an. À chaque fois qu’elle regardait son visage, elle y lisait toute la souffrance, toute la tristesse et toute la douleur qu’elle cachait tant bien que mal depuis que sa vie s’était effondrée. L’épaisse couche de maquillage dont elle le recouvrait n’y faisait rien. Tout était bien visible, et bien que ce ne fût le cas que pour elle, car toute autre personne qui l’aurait regardée n’aurait vu dans ces traits que ceux d’une reine des glaces, cela la tourmentait et la rendait malade. Son regard, pourtant inexpressif et glacial, reflétait pour elle tous ses sentiments et ses émotions les plus pathétiques. Elle faisait tout pour ne plus rien ressentir et avait l’impression de s’en sortir. Mais à chaque fois qu’elle posait les yeux sur son reflet, elle n’avait qu’une envie : arracher à coup de griffes le moindre de ses traits, les griffer à sang et ne plus jamais avoir à les revoir. Ses yeux bleu vif soulignés d’un trait épais et noir lancèrent un regard assassin à son reflet tant haï, et après avoir ajouté une dernière touche de gloss sur ses lèvres vermillon, elle se leva, avant de se diriger vers la scène. Sa scène.

Les spots éclairèrent sa peau marmoréenne, qui sembla scintiller d’une faible lueur, à la seconde où elle pénétra dans la vaste salle. Elle sentit des regards insistants se poser sur elle, sur ses formes et sur son corps vêtu de manière minimaliste, mais, comme toujours, elle y fut indifférente. Rien ne pouvait l’atteindre, une fois qu’elle était ici. Après tout, n’était-ce pas son élément ? N’était-ce pas ce qu’elle était ? Une pute, et rien de plus ? Tout le monde ici le pensait, et elle était du même avis. Le noir de son accoutrement contrasta avec la blancheur de sa peau, et ses cheveux platine tombaient en cascade dans le creux de son dos. Indifférente à la foule, elle se mit en place. Elle n’était pas seule, et pourtant, tous les regards semblaient rivés sur sa silhouette interminable, prolongée par ses talons en plexi d’une quinzaine de centimètres. Elle ondula au rythme de la musique lascive, enchaînant automatiquement les gestes qu’elle réitérait tous les soirs depuis ce qui semblait ête une éternité. Les minutes passaient avec une lenteur qui lui semblait interminable, et peu à peu, son accoutrement déjà minimaliste diminua de manière significative. Son soutien-gorge de dentelle finit par tomber, lui aussi, alors qu’elle se penchait en avant de manière provocante et sensuelle. Finalement, la vulgarité n’était pas présente dans ce spectacle. Les mouvements qu’elle opérait étaient remplis de grâce et de sensualité et ne faisaient qu’accroître son charme déjà indéniable. Elle semblait être une créature presque irréelle, avec ses cheveux et sa peau qui rivalisaient de clarté, et son regard à la fois perçant et vide. Mais le moindre mouvement qu’elle effectuait était calculé jusque dans les moindres détails, et sans doute n’y avait-il pas la moindre authenticité dans ce qu’elle faisait. Elle avait pris l’habitude faire semblant, de ne plus être sincère. Elle mentait dans tout ce qu’elle faisait. Elle se mentait à elle-même, mentait aux autres, et mentait même dans ses gestes et son attitude. Elle aurait pu faire exactement les mêmes mouvements avec une vulgarité qui aurait semblé tout aussi authentique que la sensualité dont elle faisait preuve maintenant. Régulièrement, elle se penchait, proche au possible du public. Aubree, sûrement de par le fait qu’elle n’avait pas la moindre fierté, ni la moindre estime à son égard, osait faire bien plus que la plupart des strip-teaseuses qui dansaient à ses côtés. Elle se permettait une proximité avec le public qui n’était pas des plus décentes. Sans doute le rail de coke qu’elle avait l’habitude de s’enfiler avant toutes ses prestations y était-il pour quelque chose dans son comportement encore plus effronté que d’habitude, ou alors cette attitude n’avait pour seule source que le tempérament habituel d’Aubree.

Comme elle avait l’habitude de le faire, et malgré les réticences de son patron à ce sujet, elle descendit de son piédestal et se rapprocha bien plus que permis du public. Fatalement, ce qui devait arriver arriva, et il y eut, contrairement à ce que les règles stipulaient avec clarté, attouchement. Un homme, ivre ou non, posa une main sur le sein d’Aubree. Celle-ci, indifférente au geste, ne fit rien pour l’en empêcher, ce qu’il dut prendre pour un encouragement. Et, bien évidemment, la situation commença bien vite à déraper…


Dernière édition par Aubree Dehzkel le Ven 5 Nov 2010 - 13:39, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: IS IT A LACK OF SELF-CONTROL? OR A LACK OF SELF-ESTEEM? (pv) Dim 3 Oct 2010 - 23:10

L'oeil humain se congratule de n'admirer que l'épiderme lisse, la superficie des lèvres et les hanches rebondies : c'était en somme ce qu'offrait le Soho's à une clientèle fortunée toute particulière. Déhanchés sensuels, rêves lubriques saupoudrés de gaillardise luxurieuse, lumière tamisée et ambiance intime : loin de la vulgarité des bas-fonds peuplés de macs, et pourtant si proche de leur prosaïsme fantasmé par tous les hommes. Le cerveau d'un mâle est humiliant par sa simplicité : qu'on lui donne des jeunes femmes à effeuiller, il en fera son affaire. Pride Berrington en avait monté son business, quant à lui, n'ouvrant les portes de son club très fermé qu'à ceux qui ouvraient allègrement leurs porte-feuilles bien garnis. Et ce soir comme tous les soirs, le club offrait à voir un spectacle d'une sensualité raffinée, laissant les jeunes danseuses s'adonner à leurs performances graciles et félines, dans un brouhaha harmonieux fait de plume, de mousseline et de paillettes qui charmait autant la gente masculine que les délicieuses demoiselles accompagnant leurs maris. Le patron s'était lui-même déplacé ce soir ; fait qui ne demeurait pas inhabituel mais néanmoins relativement rare pour être souligné : assis à une table nappée d'une magnifique étoffe rouge, Pride semblait être en intense discussion avec deux autres requins de la finance. Son regard de braise et ses sourires carnassiers avaient ainsi achevé ses interlocuteurs qui n'avaient plus dans l'optique quelques tentatives de déstabilisation : même dans le monde du business, le charisme surpassait toute autre qualité qui devenait soudain superflue. En fond sonore, la musique alanguie de shows made in cabaret attirait de temps à autres les regards des deux hommes au cheveu grisonnant : deuxième tactique subtile pour endormir la méfiance et provoquer le trouble. En un sens, le brun ténébreux comptait allègrement sur ses 'filles', pour distraire ses appâts ; chose plutôt aisée lorsque l'on savait les beautés disparates et éthérées que Pride recrutait pour son club d'élites. Un show se terminant sur un autre, le regard noisette du jeune businessman se leva à son tour sur la scène lorsqu'il reconnut la musique accompagnant les pas de danse d'une de ses employées les plus récalcitrantes : Aubree Dehzkel. Jetant une oeillade glacée sur la silhouette trop maigre de la jeune danseuse, il se mit à superviser malgré lui la prestation de cette dernière, ce qui ne manqua pas d'arracher un rire taquin qui se voulait complice, à l'un de ses deux interlocuteurs. « Des heures supplémentaires, pour la petite ? » fit-il non sans noyer son rire gras et pervers dans son limoncello qu'il porta à ses lèvres charnues. Pride sortant alors de sa léthargie, posa enfin son regard ambré sur l'homme légèrement guilleret avant de se forcer à entrer dans son jeu. « Pas pour celle-ci. Croyez-moi le clou du spectacle arrive en fin de soirée. » Un murmure suave et épicé pour mieux faire référence à Placide, ou sa danseuse vedette, et le jeune homme sortit d'une assurance certaine le fameux contrat qu'il souhaitait leur faire signer. Plongeant son regard de braise dans les yeux vitreux de ses interlocuteurs, Pride poussa le papier vers eux d'une main de fer. Ce fut à ce moment-ci, qu'un de ses vigiles, trop grand et taillé comme une armoire, se pencha à son oreille pour lui glisser quelques mots visiblement fort déplaisants. Car Berrington leva aussitôt son regard pénétrant sur Aubree qui s'était sans préavis jetée sur un des spectateurs trop entreprenants : elle avait dépassé les limites, une fois encore, mais ce soir-là n'était sans doute pas le bon. A la voir jouer les putains dans un bordel de luxe aux yeux de clients fortunés, interrompant de surcroit la signature d'un contrat important, la demoiselle avait de très fortes chances d'essuyer les foudres de son patron. Ce dernier serra la mâchoire quand l'ombre de sa rétine assassine vint se glacer d'avantage, et enfin son timbre épicé terriblement bas trancha l'air tel un fouet : « Fous-moi ça dehors. » fit-il en référence au client ayant ingurgité trop de champagne.

Ce fut non sans s'excuser brièvement que Pride se leva enfin, boutonnant instinctivement sa veste de grand couturier, et traça sa route dans les méandres de la salle semi obscure, son parfum licencieux le précédant alors. Croisant l'une de ses danseuses en chemin, il lui intima d'enchaîner aussitôt sur un autre show, afin de ne pas focaliser l'attention des clients sur l'intervention de Pride auprès de Aubree. La demoiselle acquiesça avant de se précipiter aux vestiaires, tandis que son vigile revint à ses côtés. Sans un regard pour ce dernier, l'ombre de ses pupilles toujours posées sur la silhouette vacillante de l'insoumise, il souffla alors quelques mots brusques : « Qui ? » « Alexander McCorney, un nouvel investisseur irlandais. » Pride plissa le nez brièvement de mépris : un nouveau riche, vraisemblablement... Et McCorney ne sonnait pas comme un patronyme ayant beaucoup de poids dans le CAC 40. « Hmm. Ca sonne plutôt comme une chaîne de fast food indigeste. » fit-il cyniquement, ce qui amusa son employé musclé. « Amène-la moi. En douceur. » rajouta-t-il aussitôt, son regard ambré se posant sur la masse imposante de son vigile, lui priant ainsi de ne pas faire de scandale. Et c'est ainsi que le patron attendit que le gorille ne lui ramène la biche effrontée devant lui, le dos droit, le charme et la prestance certains, le regard glacé et glaçant. « Habille-toi, tu as suffisamment joué les putains pour ce soir. Je t'attends dans mon bureau. » Un dernier regard pénétrant et dur afin de lui faire comprendre qu'il ne serait guère des plus patients, et Pride vint rejoindre ce dernier, loin de la musique sensuelle du show voluptueux qui continuait alors.

Assis derrière son bureau, il releva ses pupilles fauves et prédatrices sur la silhouette féminine qui passa alors le seuil. Face à lui, Aubree se tenait avec désinvolture et indifférence, mais c'était sans compter le caractère foudroyant de Pride qui estimait avoir fait preuve jusque là de beaucoup trop de tolérance. Il n'allait pas la débriefer, pas plus qu'il allait la reprendre en sermon sur sa faculté affligeante de se frotter contre les mâles en chaleur : le jeune homme lui avait déjà fait part de ses exigences plusieurs fois. Le Soho's ne se voulait pas bordel de luxe, pas plus que les danseuses ne devaient être associées à de vulgaires putains : en somme Aubree offrait une bien vilaine image de marque à la boîte. Elle le savait déjà, il était inutile de châtier tel un maître d'école face à un cancre. « Et bien... » Levant la tête d'une assurance certaine, le charisme sombre de Pride se faisait oppressant tant il la dévorait d'un regard glacé. « Ouvre ta grande gueule et parle. C'est ton procès, pas le mien. » Aucun mot d'une banalité affligeante ne s'était échappé de ses lèvres ; pas de 'j'attends tes explications', ni de 'pourquoi', mais seulement une invitation sèche et grande ouverte à la parole, sans directive, sans perche tendue, sans implication de sa part. Juste Aubree face à elle même, et probablement face au juge le plus corrompu et intransigeant qui soit.
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Message(#) Sujet: Re: IS IT A LACK OF SELF-CONTROL? OR A LACK OF SELF-ESTEEM? (pv) Lun 4 Oct 2010 - 22:29





Ce n’était ni l’envie, ni le désir de provocation qui animait Aubree à l’instant où elle se retrouva prisonnière de l’étreinte poisseuse et quelque peu désagréable du client. Il était d’ailleurs difficile d’identifier les émotions qui traversèrent la coquille vide qu’était devenue la jeune femme : aucune d’entre elles n’avait suffisamment d’ampleur que pour pénétrer son esprit brumeux. Elle mit plusieurs secondes à prendre conscience de ce qui se passait autour d’elle, et de sa poitrine. Il suffisait cependant d’un minimum de jugeote pour décréter que ce n’était pas l’envie de se frotter à un mâle en rut qui avait poussé la jeune femme à agir de la sorte. Bien que de toute évidence provocatrice et nymphomane, Aubree n’avait pas l’habitude de partir elle-même à l’encontre de ses conquêtes. Elle les laissait venir à elle, consciente qu’elle n’avait aucunement besoin de prendre une quelconque initiative. Inutile de se démener alors que les mâles se bousculaient à sa porte. Il en allait de même lorsqu’elle travaillait : elle se savait suffisamment attirante que pour captiver l’attention de la foule sans avoir à en rajouter – bien qu’à ses yeux, son enveloppe charnelle fût la chose la plus répugnante qui soit. Le seul mobile de son incursion un peu trop entreprenante au beau milieu du public était… y en avait-il seulement un ? Aubree Dehzkel avait toujours été adepte des actes non prémédités. Elle agissait sur des coups de tête, et ce, depuis son enfance. Si elle était descendue de l’estrade, ce n’était pas pour une raison bien précise. C’était uniquement parce qu’elle en avait eu envie – il ne s’agissait même pas d’une envie pressante et profondément ancrée en elle, un besoin qu’elle devait à tout prix assouvir, mais bien d’un simple caprice auquel elle s’était empressée de céder. La voilà, debout face à cet ivrogne plein aux as, qui s’en donnait à cœur joie. Elle ne réagissait pas, restait stoïque, comme absente. Elle ne savait, pour ainsi dire, pas comment réagir. Bien qu’elle ne fût absolument pas du genre à se laisser intimider ou déstabiliser par un quelconque inconnu, elle sembla prise au dépourvu. Ondulant légèrement des hanches pour rester en phase avec la musique, elle finit par se réveiller, néanmoins assommée par la quantité de drogue qu’elle avait dans le sang, et réalisa ce qui était en train de se passer. À cet instant, des bribes de conversation avec Pride Berrington lui revinrent en mémoire. Elle n’était pas censée agir ainsi. Elle le savait, et pourtant, elle avait délibérément désobéi aux règles instaurées avec sévérité. Bien que l’obéissance aux règles fût le cadet des soucis d’une personne comme Aubree Dehzkel, cette réflexion sembla la ramener à la réalité. Le toucher, qui jusqu’à présent lui avait semblé léger et quasiment inexistant, devint dérangeant et poisseux. Elle sentait la sueur perler des mains moites de l’individu, et put apercevoir une lueur malsaine et perverse briller dans son regard vitreux. Aussitôt, elle tenta de repousser l’homme, mais rien n’y fit : il semblait se cramponner à son corps frêle et pâle. La force d’Aubree n’avait d’égale que sa sobriété – elle était quasiment inexistante, d’autant plus qu’elle était conjuguée à la fatigue et les drogues qui accablaient la demoiselle. Il était temps pour elle de s’en aller, mais il ne la laisserait pas s’en tirer. Il était hors de question de créer un scandale, elle serait écorchée vive par Pride – si ce n’était pas déjà le cas, étant donné ses initiatives un peu trop osées. Aubree hésita : devait-elle jouer le jeu ou tenter l’impossible, quitte à se faire remarquer d’une façon qui embarrasserait encore bien plus son patron que maintenant ? Elle ne pouvait se laisser faire : elle avait beau être la fille la plus facile de Miami aux yeux de ses habitants, maintenant qu’elle avait pris conscience de ce toucher poisseux qui la tourmentait sans répit, elle était dégoûtée et se sentait oppressée. Se saisissant des mains de l’individu, elle tenta une nouvelle fois de le repousser, en vain. Elle lança rapidement et discrètement un coup d’œil aux alentours, guettant un membre de la sécurité – il n’était plus question de laisser durer les choses, quitte à ameuter l’attention de tout le monde. Cependant, la fierté d’Aubree sembla l’empêcher d’appeler à l’aide – bien que la jeune femme n’eût pas la moindre estime à son propre égard, elle ne se considérait pas encore comme suffisamment lamentable que pour demander de l’aide aux autres. Elle ne s’abaisserait pas à ça. Quelque peu paniquée, elle jeta un nouveau coup d’œil frénétique et se sentit presque soulagée en apercevant un membre de la sécurité venir à sa rencontre – presque soulagée, car elle savait qu’une tempête l’attendait dès qu’elle aurait à faire à Pride Berrington. Cependant, s’il n’allait pas lésiner sur les mots pour attaquer le peu d’honneur qui lui restait, elle serait au moins à l’abri des mains baladeuses. L’indifférence d’Aubree la protégeait généralement des remarques acerbes – et même si cela n’eût pas été le cas, il était permis de douter des capacités émotionnelles de son cœur mutilé. Lorsqu’elle se sentit entraînée par le garde, elle n’adressa plus un regard à l’inconnu, qui avait été forcé de lâcher prise. Se dégageant maintenant de l’étreinte du gorille, qui fut bien plus coopératif que le semeur de troubles dont il l’avait sauvée, elle se dirigea, à contre cœur, vers son patron, qu’elle put déjà apercevoir. Rien dans son regard noisette n’indiquait à Aubree qu’elle s’en sortirait vivante. Mais une fois de plus, elle n’en avait que faire. Lorsqu’elle fut face à lui, il n’articula que quelques mots d’une voix glacée avant de faire volte-face. « Habille-toi, tu as suffisamment joué les putains pour ce soir. Je t'attends dans mon bureau. » À l’entente de ces paroles, Aubree ne se sentit qu’encore plus souillée. Le mépris évident dans la voix de Pride l’atteignit bien plus qu’elle n’aurait voulu l’admettre. Mais elle resta impassible et, à son tour, fit volte-face pour retourner dans les vestiaires. Trouver un accoutrement plus décent que celui qu’elle portait fut d’une simplicité infantile et elle n’eut pas besoin de plus de quelques minutes pour quitter la pièce, se rendant dans le bureau de Pride comme l’on se rendrait sur l’échafaud. Elle toqua, puis pénétra dans la vaste pièce où elle n’avait que rarement eu l’occasion de se rendre. Pride était installé face à elle, dans son fauteuil, toujours muni de son regard froid et méprisant. Plus que la honte, ce fut la haine et la rancœur qui s’emparèrent à cet instant de Dehzkel. « Et bien... Ouvre ta grande gueule et parle. C'est ton procès, pas le mien. » Une nouvelle fois, Aubree se sentit souillée par ses paroles. On lui avait souvent parlé sur ce ton, mais c’était dans des contextes bien différents de celui-ci. Des contextes où ces paroles, loin d’être dégradantes et pleines de mépris, avaient pour seul but d’exciter. Une flopée de répliques cinglantes fusèrent dans l’esprit embrumé d’Aubree, mais aucune ne franchit ses lèvres pulpeuses. Elle le haïssait, oh qu’elle le détestait. Elle aurait voulu qu’il ressente ne serait-ce qu’un dixième de la souffrance qui l’accablait jour après jour. Elle haïssait le jugement qui suintait à travers chacune des syllabes qu’il prononçait à son attention. Comment osait-il se permettre de s’adresser à elle sur ce ton ? Il ne savait rien, absolument rien. Et il n’avait pas besoin de savoir. Aubree savait à quoi s’en tenir avec lui, elle connaissait l’insensibilité et l’indifférence dont il pouvait faire preuve, pour la bonne et simple raison qu’elle était exactement pareille. Mais puisque c’était à elle de parler, elle parlerait. « Et que dois-je dire, au juste ? Que la putain que je suis devait absolument assouvir ses besoins ? Je ne pense pas que mes explications vous intéresseraient, parce que peu importe ce que je pourrais bien dire, ça ne changera absolument rien au jugement que vous me portez. » Elle le toisa comme il la toisait : le bleu métallique de ses prunelles affronta vaillamment et froidement l’ambre liquide qui habitait les yeux de Pride. Elle reprit, d’une voix tout aussi indifférente que celle qui avait colorée sa première tirade : « Je n’ai pas de commentaire à apporter au sujet de ce qui vient de se passer. C’était con, j’en consens. Mais qu’est-ce que vous pouvez bien avoir à foutre de mes motivations ? Je sais que tout ce que vous attendez, c’est que j’arrête de parler pour pouvoir m’insulter encore un peu plus, et me punir dignement, pas vrai ? » Indifférence et provocation se mêlèrent dans sa dernière phrase. Aubree savait qu’elle payerait cher ses paroles. Mais, une fois n’est pas coutume, cette pensée ne l’affecta aucunement.
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Message(#) Sujet: Re: IS IT A LACK OF SELF-CONTROL? OR A LACK OF SELF-ESTEEM? (pv) Lun 4 Oct 2010 - 23:39

L'insoumise transpirait d'une indifférence factice qui seyait si bien à ses dons de danseuse : s'effeuiller pour les autres, dans un déhanché sensuel et un faux sourire, était l'adage même de la bonne comédienne. Et en l'instant les murs suintaient d'une hypocrisie malsaine et rude, quand tous les pores de la peau d'albâtre de la jeune femme suintaient d'un trouble sauvage et effronté. Soutenant son regard haineux de ses pupilles de braise, Pride ne cilla pas une seconde sous l'appui des rétines colérique de sa danseuse perdue. Bien sûr qu'il se doutait qu'un mal puissant lui rongeait les entrailles, quelle princesse pouvait ainsi se souiller dans les bas-fonds jusqu'à offrir son âme aux pauvres diables lubriques ? Mais cela l'indifférait, car le jeune homme négociait ses sentiments comme on négocie les actions au wall street, du pur trading spéculatif en somme : prendre sans donner, tel était le crédo de son coeur de pierre. A ses yeux la demoiselle demeurait une employée à part entière, et qu'importait la douleur qui pétrifiait ses entrailles et sa chair, car une fois le seuil du club franchi, elle était à lui : prompte à louer ses charmes sur scène pour faire rêver les hommes. Elle était là pour les faire fantasmer, les pousser à tomber irrémédiablement amoureux de ses charmes, pour les rendre désespérément humains et humainement désespérants : une femme de plus face à la faiblesse des mâles, en somme. Quelque part entre leur deuxième cerveau et leur porte-feuille, mais sans que jamais le contact tactile ne vienne s'immiscer. Ne daignant pas la lâcher du regard, le charisme de Pride vint s'enrayer d'une aura sombre et glaçante, tandis que son visage lisse se voilait d'un mépris certain ; l'insoumission n'était pas de mise avec Berrington, et l'obéissance encore moins. Et non pas qu'il souffrait d'un complexe d'infériorité comme ces impuissants ne s'excitant que devant une cravache et des clubs sado-masochistes, mais il lui importait que les règles du jeu soient respectées, en particulier lorsqu'il s'agissait des siennes. Face au léger silence qui s'installa entre les murs froids, il arqua alors les sourcils d'une outrageante arrogance, attisant d'avantage la situation honteuse dans laquelle la pauvre Aubree se trouvait. Ce n'était plus l'affaire d'une employée désespérante face à un patron qui ne pouvait plus la supporter, c'était le procès d'un loup repu et d'une brebis devant lui prouver qu'elle était bien trop maigre pour ne pas qu'il vienne la croquer. « Et que dois-je dire, au juste ?  » Tant de choses, belle enfant ; tout et rien à la fois. Assez pour le convaincre de ne pas te pousser à te détruire sur place, mais guère trop pour qu'il n'en soit pas lassé. Dans tous les cas, Pride Berrington la pousserait à s'auto-mutiler par la flagellation de sa propre douleur contre les tressaillements de sa chair blanche. La voir se battre contre elle-même, grâce au mépris qu'il avait à son encontre, là demeurait toute l'optique du ténébreux jeune homme impassible. « Que la putain que je suis devait absolument assouvir ses besoins ? Je ne pense pas que mes explications vous intéresseraient, parce que peu importe ce que je pourrais bien dire, ça ne changera absolument rien au jugement que vous me portez. » Il l'avait écoutée avec attention, buvant ses paroles d'un air presqu'insolent alors que doucement, il pencha quelque peu sa tête brune sur le côté, ses doigts fins venant caresser pensivement la courbe de ses lèvres vermeilles. Sa tenue arrogante et froide lui conférait des airs de grand inquisiteur jugeant un hérétique : loin d'abuser de son statut de boss, Pride avait simplement repoussé les limites de sa tolérance avec la demoiselle. Cette dernière n'ayant jamais respecté les règles du club, commençait sérieusement à être dérangeante pour l'image de marque du Soho's. Et qu'est-ce qui importait plus que le business et l'argent pour Berrington ? Sa soeur peut-être. Et encore. Aussi, les troubles et soucis personnels de Aubree étaient loin d'être le cadet de ses soucis, il n'exigeait d'elle qu'elle se plie à ses règles seulement. En outre donc, la belle avait raison : peu importaient les mots qui s'échapperaient de ses lèvres rageuses, son jugement borné ne changerait en rien. Elle resterait une catin quoiqu'elle dise et quoiqu'elle fasse. Heureuse, triste, guillerette, abattue, abrutie, désirable, froide, entreprenante, sexy, douce, féline, femme, enfant, vierge, traînée... Une catin. « Je n’ai pas de commentaire à apporter au sujet de ce qui vient de se passer. C’était con, j’en consens. » Ces propos accordèrent un bon point pour l'insoumise effrontée, au moins elle reconnaissait son erreur. Pride se redressa doucement sur sa chaise sans jamais la quitter des yeux, signe qu'il était réceptif à ce qu'elle lui soufflait. 'Réceptif' néanmoins, était loin de se rapporter à un 'compréhensif' qu'on aurait pu espérer, c'était peine perdue. « Mais qu’est-ce que vous pouvez bien avoir à foutre de mes motivations ? Je sais que tout ce que vous attendez, c’est que j’arrête de parler pour pouvoir m’insulter encore un peu plus, et me punir dignement, pas vrai ? »

Un silence lourd vint plomber le monologue de la belle, et comme pour rajouter à ce mépris pesant et indigne, Pride vint s'emparer de son téléphone portable qui venait de vibrer sous le son d'un message. Taciturne, le jeune homme ne se gêna guère pour le lire, sans même un mot d'excuse pour la belle brune, avant d'enfin le reposer sur son bureau. Agaçant par son naturel insolent, il leva finalement l'ambre de son regard sur la pâleur de cygne de la demoiselle. « Inutile. Tu le fais si bien par toi-même, c'est un délice pour les yeux. » Nul besoin d'être devin pour savoir que cette fille était tourmentée et se châtiait elle-même ; le fait de le souligner l'encourageait un peu plus à sauter à pieds joints dans ses propres troubles intérieurs. « La réelle question que tu devrais te poser est : qu'est-ce que je vais faire de toi ? » Sa voix suave demeurait glaçante mais étrangement joueuse, plombée d'une perfidie épicée qui dénotait un certain sadisme de la part de Pride. Mais malgré sa colère foudroyante, il n'avait pas élevé son timbre plus haut que d'accoutumée. « Dès que tu poses le pied dans la boîte, tu représentes le club. Est-ce que mon club est un bordel à putains ? » Froncement de sourcils, regard dur et réplique acide. La question était rhétorique bien sûr, et résumait à elle seule ce que Pride pensait alors : le comportement de Aubree nuisait bien trop à l'image du Soho's. Elle demeurait la seule danseuse à se montrer aussi permissive et effrontée. « Mais j'avoue, sous la torture... » Léger sourire en coin alors que son cynisme refaisant surface évoquait la torture d'un long monologue de la pauvre demoiselle, « ... que j'avais pensé entendre d'une bouche qui probablement aurait accueilli ce soir bien plus que le rebord d'une coupe de champagne si je n'étais pas intervenu, des motivations beaucoup plus crues. Quelque chose entre 'baiser' ou 'forniquer' si tu es à cheval sur les mots. A défaut de vouloir chevaucher autre chose. » Un sourire de nouveau, mauvais et acide, sous l'ampleur du jeu de mot assassin employé, et Pride reprit alors d'un timbre cinglant. « Mais je me fiche que rien ne va dans ta vie. Je n'emploie pas des dépressives, j'emploie des danseuses professionnelles. Dis-toi que si tu es une vraie beauté Aubree, tu n'es ni la plus talentueuse, ni la plus appétissante, et encore moins la plus enviable. En un mot ... » susurra-t-il alors qu'il se pencha lentement sans daigner la quitter du regard : « ... tu es si facilement remplaçable. Comme un objet. Le consommateur jette ce qui ne l'amuse plus, et ne garde que ce qui lui est unique et précieux. Au mieux, s'il est rusé, il le revend sur e-bay dans la rubrique collector pour garnir son porte-feuille. » De bien vilains mots, pour de bien vilains jugements... Ni l'un ni l'autre ne semblaient se supporter, et cela allait en empirant depuis que Pride voyait en Aubree l'excellent moyen de déprécier l'image de sa boite. Reprenant un air ténébreux et glacé, il eut enfin ces mots intransigeants. « Tu es virée. Rassemble tes affaires et sors. » Un dernier regard pour la demoiselle, à peine perceptible, et Pride se pencha sur sa paperasse. L'affaire était close... à moins que l'esprit tortueux du jeune homme ne songeait déjà à quelque chose d'autre. Ne voulez-vous pas vous retrouver dans la rubrique collector de Berrington, Mademoiselle Dehzkel ?
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Message(#) Sujet: Re: IS IT A LACK OF SELF-CONTROL? OR A LACK OF SELF-ESTEEM? (pv) Mar 5 Oct 2010 - 23:02





Il était bien longtemps qu’Aubree n’avait plus versé une larme. Son goût pour les pleurs torrentiels, autrefois si accru, semblait s’être évaporé en même temps que son âme. Si elle avait longuement pleuré toutes les pertes qu’elle avait essuyées, et ce, encore après sa transformation en reine des glaces, aujourd’hui, ses canaux lacrymaux semblait asséchés. Pire, ils étaient gelés, empêchant ainsi toute larme de les franchir. Si quelque part, très loin et très profond en elle, son cœur continuait à lutter pour conserver les quelques émotions qu’il était encore capable de ressentir, Aubree ignorait entièrement cette bataille intérieure, asphyxiant avec toute la volonté dont elle était capable ces sentiments égarés. Rien qui ne valût des larmes ne traversait encore son âme desséchée et anéantie. Pourtant, la cruauté de Pride faillit briser cet étau insensible qui tenait son cœur en otage. Ses mots, semblables à des lames tranchantes, assaillaient sans vergogne Aubree, qui n’en avait que rarement connu d’aussi blessants. Sa sensibilité largement entamée sembla se réveiller à l’entente de ces paroles, réveillant ainsi l’once d’humanité qui était restée en elle. Bien qu’elle fût, elle aussi, d’une cruauté que l’on pourrait juger d’implacable, et bien qu’elle sût, elle aussi, manipuler avec adresse les mots pour les rendre les plus blessants possible, ce qu’elle entendit de la bouche de Pride lui coupa le souffle. Imbattable dans le camouflage de ses sentiments, elle prit soin de garder un visage impassible, mais à l’intérieur, la tempête faisait rage. Elle pouvait voir cette lueur malsaine et destructrice dans le regard noisette de Pride, et n’en fut que plus énervée. Un flot de haine lui monta dans la bouche, semblable à une montée de bile. Eût-elle eu un couteau en main qu’elle l’aurait planté dans son cœur sans hésiter, en prenant bien soin de ne pas l’achever pour pouvoir l’observer en pleine agonie. Mais il n’était pas question de meurtre sanguinolent, seulement de clouer le bec de cet enfoiré. Aubree ne le laisserait pas l’insulter de la sorte sans réagir. Si elle était généralement indifférente et insensible, elle était également impertinente et réagissait au quart de tour. Pride en ferait les frais de manière imminente. « Inutile. Tu le fais si bien par toi-même, c'est un délice pour les yeux. » Aubree se retint d’écarquiller les yeux en comprenant où il voulait en venir. Sans doute le coup d’œil imperceptible à sa silhouette amaigrie y était-il pour quelque chose. Aussitôt, un flot d’insultes, comprenant toutes des termes qui se seraient davantage prêtés à ses occupations à elle, menaça de franchir ses lèvres. Mais elle pinça celles-ci, se contentant de sonder Pride du regard, ses prunelles bleues plus que jamais emplies de haine. Elle savait que son corps faisait peine à voir, bien qu’il fût toujours empli d’une certaine grâce et d’une beauté suffisante pour attirer une grande partie de la population masculine de Miami dans ses filets. Ses côtes avaient beau être saillantes, tout comme ses clavicules et ses os pelviens, et sa peau avait beau être tendue sur son ventre si plat qu’il semblait creux, sa silhouette, malgré sa maigreur quasiment inquiétante, conservait des courbes témoins du corps de rêve qu’elle avait autrefois entretenu avec tant de soin et de patience. Mais ces dégâts n’étaient pas les seuls infligés au corps de la jeune femme, qui, une fois exempt de l’épaisse couche de fond de teint qu’elle étalait avant chaque spectacle, montrait une série d’hématomes qui le marbraient de façon disgracieuse. Ceux-ci étaient témoins de la brutalité avec laquelle agissait non seulement Aubree, mais aussi les autres, lorsqu’elle était sous l’influence de stupéfiants et autres amphétamines, sur son enveloppe charnelle. Des bleus parcouraient sa poitrine et avaient été révélés par le toucher impudique du client aux mains baladeuses. Ceux-ci n’avaient certainement pas échappé au regard perçant et calculateur de Pride qui, loin de se questionner à leur sujet, s’était contenté de s’en servir pour enfoncer davantage la jeune femme. Mais Aubree n’en avait que faire – elle haïssait son corps et ne désirait pas savoir quel était l’avis de Berrington à son sujet. La remarque n’en demeurait pas moins basse et facile. Il était vrai qu’Aubree se laissait mourir à petit feu, et le souligner n’avait rien de noble. De quand datait son dernier repas ? Aubree se souvenait d’un emballage de pizza aux champignons et d’un paquet de churros, deux jours plus tôt au soir. Mais elle n’aimait ni l’un, ni l’autre. Elle ne ressentait plus jamais de faim, ni d’appétit, deux sensations qu’elle noyait dans l’alcool et dans les drogues. La combinaison de ces deux substances anesthésiait le peu de sensations que ses nerfs engourdis daignaient encore percevoir. Aubree n’eut guère le temps de dire ne fût-ce qu’un dixième de ce qu’elle aurait voulu cracher au visage de Berrington, car celui-ci avait repris la parole, devenant de plus en plus odieux à chaque syllabe qu’il prononçait. « La réelle question que tu devrais te poser est : qu'est-ce que je vais faire de toi ? » Devinant que cette question ne nécessitait pas de réponse, Aubree se contenta d’un sourire froid, ironique et dépourvu de toute joie. Il parlait d’elle comme d’un objet – chose devenue routine pour la jeune femme. Qu’allait-il faire d’elle ? Elle avait hâte de le savoir, n’ayant elle-même pas la moindre idée de ce qu’elle voulait faire d’elle-même. « Dès que tu poses le pied dans la boîte, tu représentes le club. Est-ce que mon club est un bordel à putains ? » Nouvelle question qui n’en était pas une. Aubree ne broncha pas, demeura impassible. Elle savait qu’en plus d’être en colère, il cherchait à l’énerver, à la tourmenter jusqu’à ce qu’elle craque et se mette à hurler. Mais elle ne lui donnerait pas cette satisfaction. Au lieu de cela, elle croisa les jambes, déposant ses mains sur ses genoux, et fixa Pride droit dans les yeux. À nouveau, son regard était empli de provocation et de détestation. Elle aurait donné si cher pour pouvoir l’achever et l’anéantir de ses propres mains, le faire souffrir jusqu’à ce qu’il la supplie d’arrêter, le tourmenter et s’amuser avec lui comme il s’amusait avec elle… « Mais j'avoue, sous la torture, que j'avais pensé entendre d'une bouche qui probablement aurait accueilli ce soir bien plus que le rebord d'une coupe de champagne si je n'étais pas intervenu, des motivations beaucoup plus crues. Quelque chose entre 'baiser' ou 'forniquer' si tu es à cheval sur les mots. A défaut de vouloir chevaucher autre chose. » Cette fois-ci, le sourire d’Aubree s’élargit, trahissant, lui aussi, quelque chose de profondément mauvais et vicieux. Elle voyait avec quelle délectation il observait l’impact qu’avaient ses paroles, mais elle ne comptait pas le satisfaire. Les mots crus qu’il avait employés ne la choquèrent pas. Cette fois-ci, loin de se sentir souillée ou de s’offenser, elle s’amusa de voir qu’il était, pour ainsi dire, complètement à côté de la plaque. Pride Berrington ne savait, de toute évidence, pas de quoi il parlait. Et malgré ce qu’il tentait de faire croire à Aubree, seule une perversion malsaine le poussait à prononcer ces paroles, tout comme elle l’avait poussé à l’insulter au cours des dernières minutes. Aubree se délectait silencieusement de l’image qui vint s’offrir à elle : celle de Pride l’imaginant en train de faire toutes les choses qu’il avait sous-entendues plus ou moins subtilement. Elle l’imaginait excité par ces pratiques qu’il assimilait, dans ce contexte, à celles de catins. Pride Berrington avait beau vouloir faire croire le contraire, il n’était qu’un homme, rien de plus. « Mais je me fiche que rien ne va dans ta vie. Je n'emploie pas des dépressives, j'emploie des danseuses professionnelles. Dis-toi que si tu es une vraie beauté Aubree, tu n'es ni la plus talentueuse, ni la plus appétissante, et encore moins la plus enviable. En un mot : tu es si facilement remplaçable. Comme un objet. Le consommateur jette ce qui ne l'amuse plus, et ne garde que ce qui lui est unique et précieux. Au mieux, s'il est rusé, il le revend sur e-bay dans la rubrique collector pour garnir son porte-feuille. » Une nouvelle fois, Aubree sembla regagner en confiance et en indifférence. La comparaison qu’il venait de faire, celle avec un objet, avait si souvent été employée et assimilée à Aubree que celle-ci ne s’en formalisait même plus. Cette remarque ne fit que décupler sa haine et son mépris à l’égard de Berrington. Mais en aucun cas, sa souffrance. « Tu es virée. Rassemble tes affaires et sors. » La conclusion tomba, telle une bombe. Aubree dut admettre qu’elle ne s’y était pas attendue – du moins, pas tout de suite. Et si son sourire mit quelques secondes à s’effacer, son effarement fut instantané. Elle ne le laissa pas transparaître, fidèle à ses habitudes, mais se mit à réfléchir à toute vitesse afin de trouver un moyen de faire basculer la situation en sa faveur. A priori, il s’agissait là d’une cause perdue. Mais il faut être plus qu’ignorant pour sous-estimer ainsi Aubree Dehzkel.

Berrington avait déjà reporté son attention sur autre chose, faisant ainsi clairement comprendre à Aubree qu’elle pouvait disposer. Mais celle-ci n’en fit rien. Elle resta assise, le menton droit, le regard froid rivé sur la silhouette arrogante du jeune homme. Puis, comme une illumination divine, l’inspiration lui vint et plaça un nouveau sourire des plus arrogants sur ses lèvres écarlates. « Espèce de con. » Si cette phrase n’allait certainement pas jouer en sa faveur et était des plus mal placées, elle n’en franchit pas moins les lèvres d’Aubree, qui ne laissa pas le temps à Pride de réagir. Elle ne se soucia pas de ce qu’il levât la tête ou non, se contentant de poursuivre avec froideur. « Vous savez, il y a une chose, parmi le monceau de mensonges que vous venez de vomir, sur laquelle je souhaiterais revenir. Ma beauté. » Aubree savait pertinemment qu’elle avait maintenant face à elle un Pride en totale incompréhension et, avec un peu de chance, intrigué par ce qu’elle allait dire. « Je ne suis pas belle, au contraire. Je suis rachitique, froide et pâle comme la mort. Mais c’est ça qui fascine tous les hommes qui viennent dans votre boîte pour assouvir leurs fantasmes. Je suis la plus inhumaine de vos danseuses. Je pourrais être morte, sauf que je suis vivante. Je pourrais être vulgaire, sauf que je peux faire preuve de grâce. Je pourrais être irréelle… sauf que je suis là. » Elle s’interrompit l’espace d’un instant, le temps de s’octroyer une courte pause. « J’ai beau ne pas être le clou de votre spectacle, je sais que quand je suis sur scène, c’est sur moi que tous les yeux sont rivés, et pas sur les poupées Barbie qui dansent à mes côtés. Je suis la plus imparfaite de toutes vos danseuses, et pourtant, j’ai immédiatement obtenu un poste des plus importants parmi les prestataires, sans même avoir eu à faire mes preuves. » Elle sourit, se délectant des mots qu’elle s’apprêtait à prononcer. « Vous avez tort. Je ne suis pas qu’un objet dont on peut se séparer comme ça. Je suis bien plus. Je fascine autant que je répugne, et vous savez très bien que c’est vrai. »

Aubree décroisa les jambes et se rapprocha sensiblement de Pride, avant de murmurer : « Vous portez votre prénom à la perfection, pas vrai ? Eh bien, laissez-moi vous dire que les choses comme la fierté ne durent pas. Elles ne sont pas indispensables, ni fiables, parce qu’elles peuvent s’effacer au profit des choses les plus ridicules. Vous n’avez pas idée des choses auxquelles on peut s’abaisser pour obtenir ce que l’on veut. Et vous n’avez pas idée de combien les choses qui nous paraissent essentielles peuvent perdre tout leur sens lorsqu’on se retrouve face au besoin. J’ai dû laisser mon orgueil de côté il y a bien longtemps. Et c’est encore le cas maintenant. Je suis prête à vous supplier à genoux pour récupérer cette place. J’y perdrai jusqu’à la dernière once d’honneur qu’il me reste. » Lorsqu’elle s’interrompit, Aubree s’installa à nouveau comme elle l’était avant d’avoir récité sa dernière tirade. Son visage demeurait froid et impassible, mais on devinait à son regard qu’elle avait dit vrai. On devinait aussi qu’elle savait pertinemment qu’elle n’aurait pas à aller jusqu’au niveau qu’elle venait de décrire – elle n’en aurait absolument pas besoin.

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Message(#) Sujet: Re: IS IT A LACK OF SELF-CONTROL? OR A LACK OF SELF-ESTEEM? (pv) Mer 6 Oct 2010 - 1:37

La demoiselle demeura impassible et souriante tout le long de l'entretien ; à vrai dire le jeune homme ne s'était guère attendu à moins. Connaissant l'insolence de la demoiselle, il aurait été au contraire surpris de la voir explicitement touchée par ses paroles affûtées telles des lames de rasoir : ce qui lui importait en vérité, était de lui faire comprendre sa vision des choses, autant que de la marquer au fer rouge. Peu importait si elle ne grimaçait pas sous la douleur, Pride n'ignorait pas que la force de ses mots pouvait être dévastatrice, et se doutait que chacune de ses syllabes se ferait ciguë jusque dans ses veines de toxicomane. En l'instant, il n'était pas question d'une guerre futile employée à la pointe de l'orgueil, mais bien de défaire une fois pour toutes l'image de sa boîte de cette catin de luxe. C'est ainsi qu'un renvoi clair et net coupa court à leur entrevue, laissant le brun ténébreux reprendre sa lecture ponctuée de chiffres et de statuts juridiques peu reluisants, jusqu'à ce que la voix cristalline de Aubree ne sonne à ses oreilles tel un désagréable crissement de craie contre un tableau noir. « Espèce de con. » Un bref rire amusé s'échappa des lèvres de Pride tandis qu'il releva ses pupilles noisettes sur la demoiselle, avec cynisme et arrogance. « Dame nature t'a dotée d'un sens de l'observation admirable, je t'en félicite. » Peu importait les injures proférées à son encontre, l'aigreur des mots venant de parfaits inconnus ne lui étaient plus importants depuis longtemps. Depuis que sa génitrice les traitaient lui et Casey de bons à rien, depuis que cette bande de caïds adolescents dont il avait fait partie se congratulaient de leur stupide cruauté violente, depuis que ses conquêtes éphémères s'offusquaient chaque fois qu'il les poussait du lit au petit matin. Depuis toujours, en vérité, ce qui étrangement lui apportait une once de satisfaction : lorsqu'on n'est aimé de personne, on n'a de comptes à rendre à personne. Le principe même du prêt sans intérêts que rechigne à vous vendre votre banquier... La jeune fille ne se laissa pas démonter pour autant, allant même jusqu'à enchaîner aussitôt, insensible à l'acidité de son venin, et débitant un monologue fastidieux à sa relative beauté. Pride se cala de nouveau dans son siège, toisant l'impassible demoiselle alors que cette dernière se vendait avec brio, mais avec arrogance également. Certes sa beauté était toute relative : à la voir ainsi, bien trop maigre et bien trop frêle, Aubree demeurait loin des canons esthétiques de la beauté vendue par les magasines de mode. Bien loin de sa Muse, en vérité. Mais était-ce vraiment là le sujet ? Il était si plaisant, finalement, de l'écouter s'auto-mutiler par la force de ses mots destructeurs, quelque part entre le dédain d'elle-même et l'auto-satisfaction d'une passable réussite. A cette pensée, Pride esquissa un léger sourire en coin, soutenant de son regard de braise les pupilles glacées de Aubree : il demeurait présent et absent à la fois, n'écoutant qu'à moitié le conflit interne que cette dernière déballait sur le tapis. A trop parler, on en amenuise l'impact des mots ; une phrase pouvait suffire à vous détruire. Un monologue trop long était l'assurance certaine d'endormir son interlocuteur, surtout quand ce dernier se nommait Pride Berrington et ne vous écoutait déjà pas en temps normal …

La demoiselle continua néanmoins son plaidoyer, mené avec des mots fins et bien tournés, mais qui ne suffisaient pas à convaincre le jeune homme d'une véritable force de vaincre. S'il était évident que la demoiselle avait la rage au ventre et ne peinait pas à se défendre, quelque chose sonnait creux et faux dans ses propos... Quelque chose bientôt dévoilé par l'incrédulité de la demoiselle visiblement aussi égocentrique que Pride Berrington. « Vous portez votre prénom à la perfection, pas vrai ? Eh bien, laissez-moi vous dire que les choses comme la fierté ne durent pas. Elles ne sont pas indispensables, ni fiables, parce qu’elles peuvent s’effacer au profit des choses les plus ridicules. » Son regard ambré se leva avec outrecuidance sur le plafond, tandis que quelques pensées cyniques et amusées traversaient son esprit : se prenait-elle pour une Socrate sans talent, pour ainsi monologuer sur l'orgueil et ses faux amis ? Reposant son regard étrangement charmeur et charmé sur le visage fin de son interlocutrice, il la laissa parler d'un souffle, un sourire arrogant et sombre toujours au coin des lèvres. « Vous n’avez pas idée des choses auxquelles on peut s’abaisser pour obtenir ce que l’on veut. Et vous n’avez pas idée de combien les choses qui nous paraissent essentielles peuvent perdre tout leur sens lorsqu’on se retrouve face au besoin. » Mauvais point pour la demoiselle égocentrique qui s'induisait en erreur, mais qu'importait, il la laisserait finir puisque là était tout le but de son aparté trop long pour Berrington, dont la capacité d'écoute et d'attention se résumait à plus ou moins deux minutes. « J’ai dû laisser mon orgueil de côté il y a bien longtemps. Et c’est encore le cas maintenant. Je suis prête à vous supplier à genoux pour récupérer cette place. J’y perdrai jusqu’à la dernière once d’honneur qu’il me reste. » « Hmm » Pride passa ses doigts fins sur la courbe de ses lèvres, avant qu'il ne pose de nouveau son regard au plafond, d'une moue faussement pensive et exagérément cynique. Enfin, il prit son inspiration, et le diable vint répondre à l'âme en peine. « S'il te reste effectivement encore un seul tressaillement d'honneur derrière l'amas de conneries que tu viens de déblatérer. » Félicitation à la belle demoiselle cependant, elle était parvenue à retenir l'attention de Pride malgré tout. Ce dernier se pencha également, à l'instar de Aubree quelques secondes plus tôt, durcissant alors son regard sous les aveux qu'il allait lui souffler. « Tout comme tu n'as pas idée de ce que l'on peut faire avec un innocent verre de lait, quelques somnifères et une batte de baseball, pour obtenir ce que l'on veut et ainsi fuir l'abaissement quotidien. » Le regard ambré de Pride s'intensifia d'une ombre glaçante, alors qu'il semblait se livrer sur lui-même. Aveu terrible qui ne présageait rien de bon, cachait quelques terribles secrets, et démontrait les trésors entiers qui pouvaient se dissimuler sous une apparence certaine. « Ouvre tes yeux sweetheart, penses-tu vraiment être la seule à souffrir et te faire bouffer par ton propre chagrin au point de vouloir t'exploser la tête contre un mur ? Tu crois vraiment, que tu as été la seule à te retrouver dans le besoin ? » Un souffle suave, épicé, mais affreusement tranchant, quand il ne ressentait plus que de la colère froide. « Naïve. Crois-le ou non, le monde ne tourne pas autour de ton nombril. » Ironie, quand tu nous tiens. Quelle décrépitude que de s'entendre dire cela par un égocentrique de première, mais n'étaient-ils pas faits pour s'entendre, après tout ? Se redressant alors, Pride continua sous l'impulsion d'un murmure délectable mais glacé. « Tu te trompes, tu as encore un orgueil monstrueux. Celui de croire que tu es la seule à avoir la gale, et que le reste du monde se porte bien. La souffrance ne t'appartient pas, elle s'est enfuie le jour où tu as cru l'avoir. »

Voilà qui avait à présent le mérite d'être clair. Oeil pour oeil, dent pour dent, disait alors l'adage. Mais il avait oublié de citer 'venin pour venin', chose à présent faite en les personnes très sulfureuses de Aubree Dehzkel et de Pride Berrington. Et bien que leur bataille de joute verbale forte stimulante l'invitait plus à pousser l'arrogante hors de son club, ce fut tout autre chose qui traversa l'esprit calculateur du sombre jeune homme. Aubree n'était-elle pas celle qu'il cherchait, celle qui n'avait pas froid aux yeux, celle qui vivait sans doute plus que les autres pour l'adrénaline ? Celle qui, en somme, serait parfaite pour l'aider dans sa démarche vicieuse d'abattre déloyalement un de ses rivaux directs ? La jaugeant avec délectation de haut en bas, le regard de Pride prit une lueur charmeuse et avide, habitée de cette étincelle qui s'enflammait chaque fois qu'il s'adonnait à du business. Et enfin, les paroles tombèrent tel un couperet : loin d'être teintées de froideur, elles prirent une couleur intéressée, séductrice et intransigeantes. « Mais j'ai peut-être quelque chose d'autre pour toi. » Une légère pause marquant sa réflexion : Berrington jaugeait l'ensemble de la situation, fidèle à son esprit cartésien. Il avait abaissé les armes pour signer un traité de paix qui impliquait l'âme de la jeune Aubree. « Quelque chose de probablement aussi illégal que cette coke qui te sert de stimulant cérébral. Je suis certain que tu es une femme d'action... Agir, pour ne pas dépérir. » souffla-t-il alors mystérieusement avant de reprendre dans un murmure. « Si tu es partante pour ce genre de job, tu auras toute ma reconnaissance. En plus d'un bien joli pactole, que tu échoues ou non. » Parce qu'avouons que la reconnaissance de Berrington, bien que rare, ne suffisait pas à payer ses impôts ni son loyer. « Bien sûr cela impliquera en échange ton silence si tu acceptes, ma proposition n'est pas à prendre à la légère. La moindre traitrise de ta part et je n'hésiterais pas à te faire couper la langue pour la donner aux bestioles de la porcherie du coin. » L'ambiance s'alourdissait soudain d'une atmosphère lugubre et écoeurante, plombée par le regard effrayant de Pride. Ce dernier, jusque là impassible et glaçant, se mit alors émettre un bref rire amusé. « Je plaisante. C'est bon pour les Al Pacino hollwoodiens. » Humour noir, quand tu nous tiens. Mais était-ce véritablement une boutade lorsque l'on pouvait alors surprendre Pride reprenant son sérieux avant de renchérir dans un soupir las, qui laissait douter de la véracité de ses propos sordides. « On donne ça aux bovins, maintenant. » Légère référence visiblement humoristique à la frénésie de la vache folle, et ils pouvaient reprendre dignement leur affaire.

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Message(#) Sujet: Re: IS IT A LACK OF SELF-CONTROL? OR A LACK OF SELF-ESTEEM? (pv) Mer 6 Oct 2010 - 23:57





Il était évident qu’Aubree avait largement surestimé l’impact qu’auraient ses paroles. La jeune femme dut, de ce fait, essuyer une nouvelle défaite face à l’odieux Berrington, dont la seule réaction fut de l’enfoncer davantage. « S'il te reste effectivement encore un seul tressaillement d'honneur derrière l'amas de conneries que tu viens de déblatérer. » Aubree ne se laissa pas pour autant décourager, se contentant d’un sourire des plus désagréables. Elle avait perçu tout l’ennui qui suintait à travers de chacun des pores de Pride et ignorait s’il avait écouté ne serait-ce qu’un traître mot. Mais elle se dit que parmi le monceau de phrases qu’elle venait de lui servir, quelques-unes, au minimum, auraient interpellé le jeune homme, ou, au moins, réussi à attirer son attention. Aubree ne demandait rien de plus, elle possédait un talent inné lorsqu’il s’agissait d’improviser – tout ce qu’il lui fallait, c’était un minimum d’attention, sans quoi elle serait bel et bien coincée. La jeune femme eut la confirmation de sa réussite toute relative lorsque Berrington reprit la parole. « Tout comme tu n'as pas idée de ce que l'on peut faire avec un innocent verre de lait, quelques somnifères et une batte de baseball, pour obtenir ce que l'on veut et ainsi fuir l'abaissement quotidien. » Aubree arqua un sourcil, ne voyant absolument pas où voulait en venir Pride. Si elle était clairement intriguée, elle ne voulait pas non plus lui laisser croire qu’elle était suspendue aux lèvres du jeune homme et elle s’efforça donc de conserver un visage indifférent, tout au plus vaguement interpellé par cette phrase pour le moins mystérieuse. Consciente que ce ne devait pas être la chose la plus indiquée, Aubree ne put cependant pas réprimer une réponse des plus insolentes. « Non, pas vraiment, vu que je suppose que vous êtes bien trop intelligent que pour les utiliser de manière traditionnelle… » Aubree esquissa un nouveau sourire, cependant, celui-ci était désormais dépourvu de toute animosité. Aubree semblait calmée, et bien qu’elle fût à des lieues d’apprécier, ou même de supporter Pride, elle semblait avoir adopté une autre optique en ce qui le concernait – elle sentait que quelque chose se préparait, et qu’elle n’aurait peut-être pas à faire une croix sur son gagne-pain. « Ouvre tes yeux sweetheart, penses-tu vraiment être la seule à souffrir et te faire bouffer par ton propre chagrin au point de vouloir t'exploser la tête contre un mur ? Tu crois vraiment, que tu as été la seule à te retrouver dans le besoin ? Naïve. Crois-le ou non, le monde ne tourne pas autour de ton nombril. » Les paroles qu’il proférait n’étaient que murmures doucereux, mais Aubree y percevait toute la colère de Berrington. Elle l’écouta, l’air presque ennuyée, comme si elle n’attendait qu’une chose : qu’il cesse de parler. Elle réagissait exactement de la même manière que lui, quelques instants plus tôt ; à la différence près que ce qui justifiait l’ennui d’Aubree était l’impatience qu’elle éprouvait par rapport au message subliminal qu’elle avait perçu dans la phrase qu’il avait prononcé, sans doute dans le seul but de captiver son attention. Il y était parvenu, malgré les apparences indifférentes d’Aubree. La jeune femme écoutait chacune de ses paroles avec la plus grande attention, non sans afficher un air des plus hautains et détachés. Jamais elle n’admettrait que, comme il le faisait avec tout autre interlocuteur, Pride la tenait en haleine avec un savoir-faire des plus enviables. « Tu te trompes, tu as encore un orgueil monstrueux. Celui de croire que tu es la seule à avoir la gale, et que le reste du monde se porte bien. La souffrance ne t'appartient pas, elle s'est enfuie le jour où tu as cru l'avoir. » Les paroles qu’il prononça sans se départir de sa voix doucereuse arrachèrent cette fois-ci un bref éclat de rire à Aubree. Bien que celle-ci ne fût en rien amusée, l’ironie de la phrase avait, à ses yeux, quelque chose de parlant. Prétendre que la souffrance d’Aubree s’était enfuie, si l’on en croyait les paroles de Pride, il y a plus d’un an, était un propos des plus absurdes. Aubree avait passé la dernière année dans la misère et la détresse, malgré ce qu’elle avait voulu prétendre, et ces sentiments n’étaient en rien à sous-estimer. La seule raison pour laquelle Aubree parvenait à ne plus ressentir de douleur en permanence, c’était précisément parce que cette même douleur avait déjà anéanti chaque parcelle de son corps au cours des derniers mois. Aubree savait qu’il était inutile de débattre sur la question, connaissant le désintérêt profond de Berrington pour toute personne autre que lui-même. De toute façon, le débat serait stérile et larmoyant, ce qui était la dernière chose qu’Aubree souhaitait. Il n’était pas question pour elle de s’enfoncer davantage alors qu’elle se sentait sur le point de gagner une bataille qui, quelques minutes plus tôt, lui semblait encore perdue. La seule réaction qu’elle s’était permise était cet éclat de rire solitaire et maladroit, qui avait laissé place à un silence des plus assourdissants, au cours duquel seuls leurs regards s’affrontèrent.

Berrington finit par ouvrir la bouche pour revenir à ce qui intéressait la jeune femme. « Mais j'ai peut-être quelque chose d'autre pour toi. » Aubree haussa les sourcils, un léger sourire menaçant d’étirer ses lèvres carmin. Autre chose ? Cela signifiait qu’elle avait bel et bien perdu sa place au Soho’s. Mais cela signifiait aussi qu’elle n’aurait plus à se déshabiller pour gagner de quoi vivre. Cependant, inutile de crier victoire, car Aubree savait que, venant de Berrington, toute proposition de ce genre impliquerait des choses bien plus graves et déplaisantes que de se dévêtir devant une assistante bouillante. Aubree se doutait que le travail qu’il s’apprêtait à lui confier ferait passer son métier de danseuse pour la plus innocente des carrières. Elle le devinait à son soudain changement de comportement. Comme si, à présent, c’était son procès à lui, et non pas celui d’Aubree. « Quelque chose de probablement aussi illégal que cette coke qui te sert de stimulant cérébral. Je suis certain que tu es une femme d'action... Agir, pour ne pas dépérir. » Aubree ne cilla pas lorsqu’il évoqua la cocaïne qui, en ce moment même, achevait de circuler dans son organisme. Elle dut cependant bien admettre qu’il avait vu juste en décrivant le mode de vie de la jeune femme – bien que celui-ci n’eût rien de bien surprenant, mis à part les quelques faits isolés qui avaient fait la réputation de la sulfureuse jeune femme. Aubree sembla hésiter avant de répondre, comme si elle réfléchissait pour déterminer si oui ou non, il serait sage de répondre alors que la situation commençait tout juste à tourner à son avantage. Son questionnement ne dura guère longtemps et elle se permit une remarque acerbe, en attendant la suite du discours de Pride. « Votre perspicacité m’épatera toujours, Mr. Berrington. Ce n’était pourtant pas évident à deviner. » Si le ton employé par la jeune femme n’avait rien d’agréable, il ne comportait cependant plus la tension nettement palpable quelques minutes auparavant, alors que chacune de ses syllabes était teintée de haine. « Si tu es partante pour ce genre de job, tu auras toute ma reconnaissance. En plus d'un bien joli pactole, que tu échoues ou non. Bien sûr cela impliquera en échange ton silence si tu acceptes, ma proposition n'est pas à prendre à la légère. La moindre traitrise de ta part et je n'hésiterais pas à te faire couper la langue pour la donner aux bestioles de la porcherie du coin. » Aubree dut admettre que cela ne l’étonnait aucunement, venant de la part d’une personne aussi infâme que Pride Berrington. Bien qu’incrédule, elle n’avait aucun mal à l’imaginer faire ce qu’il venait de décrire, et cela arracha un nouveau froncement de sourcils à la belle. Elle ne répondit pas, préférant attendre la fin du laïus de Pride avant de s’exprimer. Elle ne désirait en aucun cas paraître trop impatiente, ou suspendue aux lèvres de Berrington. Tout en elle montrait qu’elle faisait cependant preuve d’une grande attention et d’une curiosité non négligeable. Si des tas de scénarios, tous plus biscornus les uns que les autres, se bousculaient déjà dans sa tête, elle n’avait pas la moindre idée de ce qui l’attendait en réalité. Mais elle savait qu’elle n’allait pas tarder à trouver la réponse à cette question. « Je plaisante. C'est bon pour les Al Pacino hollwoodiens. » Aubree sourit froidement, guère sensible à la plaisanterie de Pride. Tout comme lui, elle était désormais là pour les affaires, et rien d’autre. La moindre phrase qu’il prononçait pour meubler la discussion –bien qu’il n’en eût aucunement besoin– ne faisait qu’éloigner davantage Aubree de ce qu’elle voulait savoir. Elle ne broncha donc pas, attendant et appréhendant la suite. « On donne ça aux bovins, maintenant. » Cette fois-ci, le sourire arraché à la jeune femme fut plus large, et aussi plus sincère. Comprenant qu’il n’allait rien lui dire sans qu’elle le supplie de le faire, elle laissa planer le silence quelques instants supplémentaires, puis répondit avec lenteur et le plus d’indifférence possible : Et supposons que je ne veuille pas me transformer en nourriture pour vache… Qu’est-ce que vous auriez à me proposer ? Ses intonations étaient soignées jusque dans les moindres détails pour qu’elle paraisse détachée, mais non indifférente. Elle devait conserver le minimum d’intérêt nécessaire pour obtenir ce travail, sans non plus se mettre à trépigner. Ce ne serait qu’une humiliation supplémentaire.

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Message(#) Sujet: Re: IS IT A LACK OF SELF-CONTROL? OR A LACK OF SELF-ESTEEM? (pv) Dim 10 Oct 2010 - 12:52

Le rire insolent de la demoiselle ne l'atteignit pas : au mieux il vint l'agacer tant il trouvait l'interlude désagréable à ses oreilles, au pire il en déduisit seulement que cette fille était folle. Sans doute était-ce pour cela qu'aucun mortel encore ne s'était vraiment attachée à elle : tomber amoureux de la folie, de la fureur, de la démesure, c'était s'élancer sur son chemin, une bombe à retardement sur le dos. C'était avoir autant de chances de s'en sortir qu'un juif à une fête d'Al Qaida, c'était avoir autant de bonne résolutions pour mieux choper la prix nobel lorsqu'on s'appelait Bush junior junior : ce n'était pas infaisable, c'était seulement pathétiquement hilarant. Aussi Pride ne releva pas, percevant son rire fin plus comme un trouble craintif, une barrière défensive branlante, qu'une provocation pure et dure ; de toutes évidences la demoiselle était déjà renvoyée de sa boîte, que voulait-elle provoquer d'autre, sa propre folie ? La froideur charmeuse et méprisante d'Aubree se heurtait à la sombre prestance de Pride ; leurs deux caractères forts réunis entre quatre murs provoquaient des étincelles qui s'électrifiaient en silence, retombant lourdement sur l'atmosphère oppressante des lieux. Et c'est alors qu'il la laissa parler, l'indifférence feinte personnifiée dans la voix cristalline de l'ancienne stripteaseuse : « Et supposons que je ne veuille pas me transformer en nourriture pour vache… Qu’est-ce que vous auriez à me proposer ? » Un bref sourire hypocrite vint se dessiner sur les lèvres blêmes du jeune homme, comme un pied de nez à leurs hostilités, tandis qu'il se pencha de nouveau non sans arquer les sourcils. « D'abord je te propose de ravaler ton insolence à la con. Je me fous de ton comportement ici, joue aux poules blasées si ça t'amuse, mais pour ce job il te faudra être subtile. Pour une fois. » Le ton acide et mauvais malgré un timbre de voix bas et calme, Pride s'adossa de nouveau contre sa chaise, son regard d'ébène et pénétrant se figeant alors sur son interlocutrice : fini les préliminaires futiles d'une guerre froide, il était temps de passer aux choses sérieuses. « Mets toi aussi en tête que tu ne m'es pas indispensable, je n'admettrais aucun caprice. » Le ton froid employé et les mots venimeux échappés de ses lèvres méfiantes avaient été nécessaire : mieux valait anticiper une Aubree se pensant assez indispensable pour faire dérayer toute sa manoeuvre. « Il est parfois nécessaire de faire des choses allant contre nos principes, et parfois mieux vaut oublier qu'on en a. C'est pour ça aussi que tu me sembles parfaite pour le rôle : tu n'en as aucun. Je ne te sous-estime pas, Aubree, je sais que tu es douée pour bien des choses. Le genre de choses que personne ne veut pour ne pas se salir les mains. Le monde est hypocrite. » souffla-t-il dans un soupir lassé contre ledit monde, son regard d'ambre se levant brièvement au plafond. D'une main ferme, Pride vint attraper un dossier lui faisant face, le glissant alors vers la jeune femme non sans un sourire charmeur, son regard d'ébène soutenant le sien avec insistance. La pochette cartonnée renfermaient quelques photos du patron du Full Moon ainsi que quelques informations concernant la boîte de striptease rivale, laissant tout le loisir à la demoiselle de rester sceptique. « Le propriétaire de la boîte rivale, Samaël Monaghan. Te fie pas à sa gueule d'ange, il est au moins aussi humain, chaleureux et compréhensif que moi-même. C'est à dire que son taux de tolérance doit bien atteindre le nombre chaotique de zéro. » fit-il non sans une moue méprisante et blasée avant de reprendre d'un ton toujours aussi sérieux. « Pourris-moi sa boîte. Je me fiche de la concurrence déloyale et autres conneries du genre, je ne le veux plus dans le coin. Je l'avais prévenu, pourtant. » Et plus qu'une véritable envie d'abattre la concurrence restante, on pouvait lire dans les obsidiennes de Pride cette envie de jouer avec le feu, cette envie de lancer les dés et de maîtriser la partie tout simplement : fidèle à sa réputation de grand immature, il considérait la vie comme un jeu, et désirait s'amuser, avec Aubree à ses côtés si elle le désirait. Et peu importait le statut d'agent du FBI du rival, peu importaient les risques, les conséquences, peu importait l'irresponsabilité de son jeu sournois, le brun ténébreux jouissait de cette perfidie ignoble et semblait avoir calculé les risques sous tous les angles, pour se montrer ainsi si sûr de lui. « Fais-toi embaucher là-bas et infiltre-toi, charme ses clients comme tu sais si bien le faire, fais-toi passer pour une vraie fille de joie, transforme-moi ça en bordel. Je compte sur ton imagination, si tu fais confiance en la mienne, pour la suite des événements. » Un sourire charmeur à sa future collègue, et il attendit la réponse de la demoiselle, sans doute aussi avide de jeux dangereux que lui-même. Lorsqu'on traite avec le diable, il ne faut pas s'attendre à moins de bassesse.

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Message(#) Sujet: Re: IS IT A LACK OF SELF-CONTROL? OR A LACK OF SELF-ESTEEM? (pv) Sam 16 Oct 2010 - 11:00





Progressivement, l’animosité d’Aubree laissait place à un calme presqu’olympien, trop réel pour être nature. La seule chose qui l’animait encore était la curiosité – elle était réellement intriguée par Pride et parce qu’il avait à lui proposer, à tel point qu’elle en oubliait l’agacement qu’il suscitait généralement en elle. Elle se doutait qu’en réalité, il valait mieux ne pas savoir ce qu’il allait finir par lui proposer, pour la simple et bonne raison que s’il avait pensé à elle pour cette offre, ce n’était pas pour les conditions idéales dont elle pourrait bénéficier – et aussi, parce qu’il s’agissait de Pride Berrington, homme froid et dépourvu de compassion. Aubree ne savait donc pas à quoi s’attendre, en dehors d’une certitude : elle ferait mieux de s’attendre au pire. La voix douce mais menaçante de Pride résonna à nouveau dans l’élégante pièce, attirant aussitôt l’attention de la jolie blonde. Entre nouvelles insultes, menaces et introductions brumeuses, rien de ce qu’il disait n’apprit quelque chose de particulier à Aubree, qui était désormais assez habituée à ses discours. Si les paroles prononcées par Berrington attisèrent sans aucun doute sa curiosité déjà débordante, Aubree resta de marbre à ses réflexions désagréables, consciente que la moindre réaction risquerait de tout gâcher. Elle se contenta donc de conserver son expression froide, dont elle s’efforça d’effacer toute trace d’arrogance et d’antipathie – chose des plus ardues, étant donné que ces deux expressions faisaient partie intégrante de son masque habituel. Aubree sondait Pride du regard, attendant (im)patiemment la suite. Celui-ci sembla remarquer la frénésie d’Aubree, et finit par glisser un dossier dans sa direction. Aubree tendit aussitôt une de ses mains albâtres aux doigts longs et fins pour s’en saisir, faisant tinter au passage l’amas de bracelets qu’elle portait autour du poignet et qui s’entrechoquaient dans un léger son métallique. S’armant d’un sourire qui se voulait agréable et, en quelque chose, professionnel, Aubree ouvrit le fameux dossier et commença à parcourir attentivement les documents qu’il contenait. « Le propriétaire de la boîte rivale, Samaël Monaghan. Te fie pas à sa gueule d'ange, il est au moins aussi humain, chaleureux et compréhensif que moi-même. C'est à dire que son taux de tolérance doit bien atteindre le nombre chaotique de zéro. » Aubree leva brièvement son regard turquoise pour regarder Pride, puis reporta son attention sur la photo en première page du dossier. Elle représentait un homme blond, visiblement assez jeune, et au physique plus qu’avantageux – il semblait autrement plus gentil que Pride, dont le visage sombre ne disait jamais rien qui vaille. Le sourire charmeur et chaleureux du dénommé Monaghan inspirait bien plus confiance et sympathie que celui, froid et ironique, de Pride. Cependant, elle tint compte du commentaire de son patron, bien placée pour savoir que les impressions pouvaient être trompeuses. « Qu’est-ce que je dois faire pour le détruire ? » Bien que ses capacités de réflexion fussent sérieusement entamées par la poudre blanche qu’elle snifait quotidiennement, Aubree n’avait pas eu besoin de méditer longuement pour faire le lien entre cet homme et elle – Pride avait parlé d’un travail ingrat, pour lequel elle était plus que qualifiée. Et une des capacités les plus interpellantes d’Aubree, c’était sa faculté de détruire la vie d’autrui sans devoir fournir d’effort particulier. Comme si elle était née pour faire le mal autour d’elle. Aubree sut qu’elle avait vu juste lorsque Pride lui répondit. Elle remarqua le changement de ton dans sa voix, méthode à laquelle il avait, lui aussi, recouru, sans doute pour rendre leur discussion moins houleuse qu’elle ne l’avait été jusqu’ici. « Pourris-moi sa boîte. Je me fiche de la concurrence déloyale et autres conneries du genre, je ne le veux plus dans le coin. Je l'avais prévenu, pourtant… Fais-toi embaucher là-bas et infiltre-toi, charme ses clients comme tu sais si bien le faire, fais-toi passer pour une vraie fille de joie, transforme-moi ça en bordel. Je compte sur ton imagination, si tu fais confiance en la mienne, pour la suite des événements. » Aussitôt, quelque chose à mi-chemin entre le sourrie et le rictus apparut sur le visage de porcelaine d’Aubree. Elle avait donc vu juste. Pride venait de l’humilier pendant de longues minutes pour un geste qu’il souhaitait qu’elle répète désormais dans la boîte rivale. Aubree esquissa un sourire, plus amusée qu’impressionnée. Bien que toxicomane et dans un état de santé mentale pas très stable depuis quelques mois, Aubree n’était pas stupide. Ce genre de requêtes, elle y avait déjà souvent fait face, et, par conséquent, elle n’eut pas trop de mal à savoir comment elle devrait se comporter pour parvenir à ses fins.

Aubree, tous sourires, contempla Pride pendant quelques instants sans piper mot. Dans son esprit, la réponse avait surgi dès lors qu’il avait achevé sa phrase. Mais elle ne voulait pas lui montrer combien elle était tentée et intéresser. Elle voulait le faire patienter, attiser sa curiosité et la titiller comme il venait de le faire avec elle – bien qu’elle fût au service de Pride –chose qui serait encore plus vraie dès lors qu’elle aurait accepté le job–, elle ne voulait en aucun cas s’incliner devant lui et lui témoigner un respect hypocrite mais qui devrait être crédible malgré tout. Elle voulait contrôler, comme toujours. Alors, toisant calmement les prunelles bronze de son interlocuteur Aubree laissa planer le silence quelques instants supplémentaires. Puis, elle parla, de sa voix douce mais claire comme du cristal. « J’imagine que je ferais mieux de ne pas demander ce que j’encours comme peine si jamais je me fais attraper ? Combien seriez-vous prêt à payer pour que je risque ma liberté ? » Le ton avait été celui d’une femme d’affaires, mais en son for intérieur, Aubree n’en avait que faire. Elle savait que cette mission serait, avant tout, une occasion inouïe de s’éclater et de faire ce qu’elle voulait, tout en étant rémunérée pour ses conneries. Alors, peu importe la somme qui était à la clé : ce qui comptait, c’était l’amusement. Mais ça, Pride n’avait pas besoin de le savoir tout de suite. Elle ne devait surtout pas lui tomber dans les bras. « Je suppose que j’aurais toute la liberté dans le mode opératoire ? Ou je devrais suivre un plan ? »

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Message(#) Sujet: Re: IS IT A LACK OF SELF-CONTROL? OR A LACK OF SELF-ESTEEM? (pv) Dim 24 Oct 2010 - 23:42

N'était-il pas naïf pour faire ainsi confiance à une parfaite inconnue, celle qui de surcroît, paraissait incontrôlable ? Certes non, car Berrington gardait au contraire une méfiance aux aguets pour cette demoiselle à la langue bien pendue : la facilité de Pride à se montrer observateur et à rebondir pour son propre compte, l'aiderait à évincer la demoiselle s'il en éprouvait le besoin. Et bien sûr qu'il connaissait les risques, qu'il savait que lui aussi pouvait y perdre beaucoup, mais l'attrait du jeu était bien plus puissant, bien plus dangereux également qu'une éventuelle conscience raisonnée qu'il n'avait jamais eu. Et en un sens, il jouissait de jouer ainsi en compagnie d'Aubree ; il plaçait les pions, elle lançait les dés, quoi de plus satisfaisant que de s'adonner à une partie aux côtés d'une personne à la morale aussi bafouée que vous-même ? Car il semblait que Pride avait trouvé quelqu'un à la hauteur de sa perfidie, tant l'aura de Aubree suintait la mesquinerie et l'acidité d'un venin redoutable, autant que sa propre aura densément sombre en vérité. Bien plus que l'envie d'abattre un rival gênant, c'était l'attrait du jeu et l'adrénaline de terribles retombées en cas d'échecs qui excitaient les sens, bravaient les interdits, secouaient son âme d'une relative satisfaction. Ainsi, il ne put s'empêcher de sourire à son interlocutrice habitée d'une impassibilité feinte, de ces rictus en coin qui ne présagent rien de bon et que seul le diable lui-même semblait posséder. Pourtant, elle ne lui vendrait pas son âme. Elle la lui louerait, pour un temps donné, le temps de dépouiller Monaghan de ses biens, de sa boîte, de sa vie ; c'était la finalité du jeu. Et il faudrait bien plus qu'un double six sur un lancer de dés, pour y parvenir. « J’imagine que je ferais mieux de ne pas demander ce que j’encours comme peine si jamais je me fais attraper ? » rétorqua la délicieuse enfant d'une voix claire et soudain posée, comme si le deal annihilait faussement une rancoeur et poussait les deux protagonistes à entrer dans une trêve qui les satisferait tous les deux. A l'entente de sa question, preuve qu'elle n'était pas réticente, Pride releva la tête dans une moue des plus jouissives, charmant en diable et dangereux au possible, tandis que ses yeux fauves ne quittaient plus l'intéressée à la peau de neige. « Tu imagines bien, la partie s'annonce dangereuse, mais tu sais aussi bien que moi que l'adrénaline entraîne le plaisir, la jouissance et par conséquent en cas suprême : l'orgasme. Paraît-il que beaucoup de femmes le recherchent encore. » Des mots poussés et crus, pourtant non teintés de sous-entendus : seules les âmes joueuses et torturées pouvaient comprendre le plaisir retiré d'une partie malsaine. « Combien seriez-vous prêt à payer pour que je risque ma liberté ? » « Beaucoup. Ta liberté est aussi la mienne, nous marcherons en véritable duo pour ce coup de maître. Si tu tombes, je tombe avec toi. » C'était là un fait passablement vrai ; si les relations de Pride pouvaient potentiellement l'aider à s'en sortir, le jeune homme préférait tout de même ne pas voir son nom entaché si jamais le jeu se finissait mal. Arquant les sourcils, il jugea bon de renchérir d'une voix sensuelle et épicée : « Bien sûr, le contraire est tout autant valable. » Inutile de développer lorsqu'on connaissait la rancune tenace de Pride qui le poussait à détruire littéralement les personnes qui lui devaient une dette. Son regard noisette brillant de non dits explicites ; à savoir qu'aucun coup bas n'était envisageable, il acquiesça d'un bref signe de tête laissant ainsi sous-entendre que le travail en binôme serait la clé de leur succès. « Je suppose que j’aurais toute la liberté dans le mode opératoire ? Ou je devrais suivre un plan ? »

Et là se posait toute la partie la plus agréable de la conversation ; l'amusement malsain de ce genre de mission. Il fallait être inventif, créatif, investi... bref s'éclater pour un cas qui était tout sauf moral. Un silence s'installa enfin, loin de l'oppression des dernières minutes, et Pride s'avança de nouveau légèrement, se penchant lentement vers son bureau. « Toute ta liberté. Sois imaginative, détruis, manipule, joue, danse, drague, exagère, empoisonne. Monte ses filles les unes contre les autres. Fais en sorte de tomber sur un flic en civil et propose-lui une passe. Couche pour de l'argent, empoche les billets et fais-toi plaisir. » Et le jeune homme de se redresser, non sans arquer les sourcils avant de prononcer ces mots plombés d'un affreux humour noir et grinçant : « Mais sors couvert. Je ne voudrais pas que ma princesse attrape un vilain virus. » L'atmosphère malsaine semblait leur plaire, telles deux âmes voraces ne se nourrissant que de leurs facultés à échafauder de terribles plans pour ruiner les autres... Enfin, Pride vint renchérir sur des faits plus concrets. « Bien sûr il te faudra me tenir un rapport régulièrement. Je te contacterais toutes les deux semaines pour voir ton avancement, j'enverrais certaines connaissances là-bas pour inspecter ton boulot. Et le moment venu, lorsque tu auras bien échauffé les esprits, lorsque tu auras convaincu ses plus fidèles clients qu'ils côtoient un vrai bordel, nous ferons éclater le scandale. Il viendra par toi, darling, et toute la presse aura les yeux rivés sur la pauvre Cosette abattue et obligée par son vilain patron à jouer aux putes dans son club branché. Une vraie star du JT de 20heures, avec à la clé un beau pactole, une partie de plaisir plus orgasmique encore que ton rail de coke, et toute ma protection. » Et bien, qu'attends-tu pour louer ton âme au diable ?

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Message(#) Sujet: Re: IS IT A LACK OF SELF-CONTROL? OR A LACK OF SELF-ESTEEM? (pv) Ven 5 Nov 2010 - 13:15





Aubree pouvait voir une lueur malsaine briller dans le regard de Pride, telle les flammes les plus brûlantes de l’Enfer. Si le diable devait avoir un nom, ce serait assurément Berrington. Elle pouvait sentir chaque once du mal qui habitait son interlocuteur. Elle voyait le plaisir malsain qu’il semblait tirer, ne serait-ce que de cette conversation qui annonçait des événements bien plus intenses et riches en émotion. Alors, qu’attendait-elle pour se lever et partir en courant ? Elle retournerait à sa vie morne et désespérément vide, malgré tous les rails de coke, les seringues d’héroïne, les conquêtes par dizaine et l’alcool qui coulait à flots. Malgré les pilules multicolores d’ecstasy, le risque de choper une MST à chaque fois qu’elle passait entre les draps d’un inconnu, les accoutrements tous plus vulgaires les uns que les autres, le plaisir d’être la plus garce des garces. Peu importe ce qu’Aubree faisait pour se divertir, rien ne parvenait à captiver son attention suffisamment pour qu’elle ne pense plus au vide permanent qui habitait sa poitrine. Quelque part, enfoui sous toutes les couches de méchanceté et de mesquinerie, de perversion et de plaisir malsain, se cachait son cœur, qui ne manquait pas de se manifester en permanence malgré les tentatives radicales de la demoiselle pour le faire taire. Aubree était la reine de l’hypocrisie et du mensonge. Pas seulement envers les autres, mais surtout envers elle-même. La personne à qui elle mentait le plus, c’était elle. Elle passait son temps à nier la vérité pour se noyer dans les illusions, pourvu que l’adrénaline fût de la partie. Elle en avait besoin – et ce, à des doses de plus en plus importantes. Elle n’en avait jamais assez, elle se lassait, trouvait son dernier passe-temps à nouveau gris et morne et passait au niveau supérieur. Or, ce jeu malsain et dangereux, proposé par Pride, était l’assurance d’un passage à ce fameux niveau. Elle pourrait vivre, ne serait-ce que l’espace de quelques jours. Elle ne considérerait pas son existence comme vaine et dénuée d’intérêt, grâce à cette mission qui lui accordait une importance toute particulière. Car, qui pouvait, mieux qu’Aubree, briser des vies, manipuler, mentir et profiter ? Elle était la reine de ce domaine, et Pride l’avait compris. Alors, au lieu de refuser cette offre folle, cet aller simple pour l’Enfer, comme l’aurait fait l’ancienne Aubree – celle dont l’âme était toujours perceptible, malgré ses extravagances déjà pour le moins singulières et riches en émotion de l’époque –, la jeune femme affichait ce sourire suffisant et pervers. Celui d’une victoire imminente, celui qu’abordait un enfant prêt à faire un sale coup à ses parents. Sauf que là, l’ennemi n’était pas un père ou une mère – Aubree n’en avait plus contre qui se rebeller – mais une des personnes les plus influentes de Miami. Bien que la boîte de Samaël Monaghan ne fût pas aussi réputée que celle de Pride, elle n’en gardait pas moins une certaine importance et un certain prestige. Ce serait à Aubree de mettre fin à tout cela, comme une marionnette dont les fils étaient tirés par l’homme le plus perfide et le plus dangereux de Miami. Les paroles de Pride lui parvinrent aux oreilles avec l’effet d’une promesse du bonheur éternel – bien qu’en réalité, ce fût tout le contraire qui était à la clé. « Tu imagines bien, la partie s'annonce dangereuse, mais tu sais aussi bien que moi que l'adrénaline entraîne le plaisir, la jouissance et par conséquent en cas suprême : l'orgasme. Paraît-il que beaucoup de femmes le recherchent encore. » Aubree sourit d’un air entendu : oui, elle savait parfaitement de quoi voulait parler Pride. De cette poussée d’adrénaline qui vous rend vivant l’espace de quelques instants. Ce plaisir à l’état pur qui, à l’adolescence, pouvait se traduire par un premier vol dans un supermarché. Un premier mensonge. Une première pilule d’ecstasy ou un premier rail de cocaïne. Une première expérience sexuelle. Une première trahison, un premier coup bas. Une première balle tirée en plein cœur. Bien sûr, chacun de ces actes était, à coup sûr, synonyme de représailles plus ou moins sévères, mais les personnes comme Aubree ne se souciaient jamais des conséquences de leurs actes. À leurs yeux, le plus important était cette once de plaisir qu’ils étaient susceptibles de ressentir en agissant de la sorte. Aubree et Pride se comprenaient là-dessus, cela ne faisait aucun doute. Dans ce domaine, celui du mal, du mensonge et de la manipulation, ils étaient exactement pareils. La suite du discours du jeune homme parvint aux oreilles d’Aubree dans un murmure mélodieux et délicieux, toujours synonyme des plus belles promesses – bien qu’il contînt également des menaces à peine voilées. Mais Aubree avait compris à quoi s’en tenir avec lui. Elle savait que si elle voulait s’amuser comme bon lui semblait, elle devrait néanmoins se plier aux conditions de son partenaire. Curieusement, cette perspective ne lui déplut pas, et une nouvelle fois, elle sourit. Son expression avait subtilement changée : elle était partante.

Vint la partie la plus intéressante de l’histoire, les détails concrets, les précisions quant au rôle d’Aubree. Celle-ci eut l’agréable surprise de voir que Pride lui accordait ce qu’elle espérait. « Sois imaginative, détruis, manipule, joue, danse, drague, exagère, empoisonne. » Ces mots, plus que tous les autres, ravirent la jeune femme, qui affichait désormais la même expression qu’une fillette déballant son plus beau cadeau de Noël. Le reste n’avait pas d’importance. Les contraintes, les conséquence… tout parvint à Aubree comme des informations secondaires, bien qu’elle enregistrât chacune d’elles avec un soin tout particulier, ne désirant pas anéantir dès le début ce jeu qui s’annonçait délicieusement amusant. « Je me fous de l’attention des médias, je me fous de passer pour la victime. C’est très peu pour moi, tout ce qui importe, c’est que je m’amuse, peu importe qu’il faille anéantir la vie d’un autre pour y parvenir ou non. » Le ton, malgré l’insolence de ses paroles, était, paradoxalement, doux et plein de retenue. « Vous avez trouvé votre soldat. Je suis partante. » Aubree tendit une main au poignet serti de bracelets qui scintillaient d’un éclat presque aveuglant, tel un avertissement. Contre qui ? Elle s’apprêtait à conclure un pacte avec le Diable, mais il ne fallait pas oublier qu’elle aussi était capable du pire, que son âme était au moins aussi démoniaque que celle de Pride.

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