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 quelques années en arrière dans un même café [PRIDE]

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Message(#) Sujet: quelques années en arrière dans un même café [PRIDE] Jeu 7 Oct 2010 - 20:09



QUELQUES ANNEES EN ARRIERE DANS UN MÊME CAFE PV PRIDE

— Vous faites des pancakes ?
— Non que des crêpes. Vous en voulez quand même ?
— Je ne sais pas trop. Ca n'a pas vraiment le même goût vous savez. Des crêpes avec du sirop d'érable, c'est tout de même moins appétissant que sur des pancakes. Nous n'avons pas cette saveur somptueuse de...
— Bon écoutez, nous ne faisons pas de pancakes alors soit vous commandez, soit vous partez.

Je tournai la tête juste à temps pour apercevoir l'indécis se lever en maugréant et sortir en insultant la serveuse. Il n'avait pas un poil sur le caillou, un pantalon qui lui montait jusqu'aux aisselles et une démarche de pingouin. Il lui manquait plus que le nœud papillon et il était paré pour aller sur la banquise. Il ne risquait pas de trouver de pancakes là-bas, à moins de demander aux inuits de lui faire un pancake de poissons. Avec du sirop d'érable, il allait adoré c'est sûr. L'image de ce vieux bonhomme sur la banquise les mains au dessus du feu me décrocha un léger sourire. S'il savait ce que je pensais de lui, alors que je ne le connaissais même pas !
Je reportai mon attention sur mon ordinateur portable posé sur la table et regardai le message d'erreur qui venait de s'afficher sur l'écran. « Le réseau est sécurisé. Vous ne pouvez pas y accéder. » Un flot d'insultes et de juron me vint à l'esprit mais je me retins. J'étais dans un lieu public tout de même !
— Put***.
Oups. Finalement, je me surestimais en pensant que je n'allais pas les dire à voix haute. Je vis la serveuse de tout à l'heure arriver avec ses grands sabots à ma table.Elle était si fine que j'avais l'impression qu'elle allait se casser telle une brindille à chacun de ses pas. Elle avait les cheveux coupés courts et roux et portait des minis talons qui semblaient vraiment la gêner. Elle portait une jupe immonde assortie d'une chemise grise qui avait sans doute été blanche par le passé. Paix à son âme. A la chemise pas à la serveuse.
— Il y a un problème ? Peut-être puis-je vous aider ?
— Il est indiqué que vous avez la connexion internet mais impossible de me connecter. Vous l'expliquez comment ?

J'avais pris mon ton froid et elle afficha un sourire triomphant comme si elle avait déjà cerné le genre de personne que je pouvais être. De ses doigts crochus — si si je vous assure on aurait dit une sorcière tout droit sortie de sa tanière pour m'humilier en public — elle m'indiqua un panneau à l'entrée qui indiquait clairement que la connexion était réservée aux CLIENTS. Elle regarda un moment ma table pour me faire comprendre que n'ayant rien commandé, je n'étais visiblement pas une cliente.
— Vous allez commander quelque chose ?
Face à ce sourire hypocrite, j'eus envie de lui balancer la première chose qui me tombait sous la main. Ce vieux vase affreux bleu et mauve à ma droite qui me faisait de l'œil depuis dix minutes. Je m'étais déjà imaginée faire semblant de le faire tomber mais le casser sur la tête de la serveuse serait d'autant plus intéressant.
— Permettez-moi de vous dire que c'est un système totalement débile. Vous incitez à la consommation des pauvres gens qui ne demandent qu'à avoir un accès au Monde. Sans internet nous ne sommes rien vous comprenez ! Et pour le moment je ne suis rien. J'ai besoin d'internet pour trouver du travail alors c'est capital pour moi d'avoir un accès. Pour pouvoir payer j'ai besoin d'un travail mais apparemment avec votre système totalitaire, je dois payer pour pouvoir travailler. Comment voulez-vous que je m'en sorte ?
Elle me regarda d'un air blasé avant de jeter un journal sorti de nulle part — où avait-elle bien pu le cacher ? Sous sa jupe ? — sur ma table et de se diriger vers d'autres clients.
— La politesse ça s'apprend ! Lui criai-je l'air dépité.
J'ouvris le journal au petite annonce mais je le refermai instantanément. Une petite bestiole faisait la course sur ma table ! Je pris le journal et l'écrasai fière de moi. Je n'avais peut-être pas gagner contre la serveuse mais la bestiole ne m'avait pas battue !
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Message(#) Sujet: Re: quelques années en arrière dans un même café [PRIDE] Dim 10 Oct 2010 - 17:22

Le brouhaha incessant s'infiltrait entre les murs suintant l'oppression des rushs habituels : sans doute était-ce parce que c'était Lundi, que les individus éprouvaient le besoin de pester contre tout et rien. Le début de semaine poussant à sortir d'une léthargie d'un court week-end jouait sur les nerfs, et il était dès lors facile de vociférer sur la tête de turc adéquate : l'employée du mois. Ainsi les clients se congratulant d'être les maîtres du monde parce que de jeunes serveuses payées au SMIC étaient à leur disposition pour leur offrir un soda light ou le plat du jour, devenaient infernaux en cette fin de journée. Seul au comptoir pourtant, la carrure d'un homme en costard lisait son journal ouvert sur la page boursière, levant les yeux de temps à autres vers le plafond dans une moue méprisante quant aux jérémiades de certains. Une sérénité froide irradiait de son être entier, quand paradoxalement il était connu pour son impatience légendaire : si Pride n'implosait jamais, il avait le don d'achever vite et bien le moment venu. La colère brusque et les aboiements inutiles, il les laissait aux gens frustrés. Le silence venimeux avait quelque chose de bien plus délectable. « Et voilà. » La serveuse surbookée par un stress certain offrit néanmoins un sourire soulagé et reconnaissant au jeune homme taciturne, posant sur le comptoir lustré son café noir. « Comme d'habitude... Alors, comment se porte les fluctuations boursières ? » La jeune fille se redressa d'une oeillade complice, feintant avec amusement de s'y connaître dans le domaine impitoyable de l'argent, arrachant ainsi au passage un sourire à l'un de ses plus fidèles clients. « Une vraie plaie pour les porte-feuilles. La crise... du moins c'est ce que les politiques disent. Ne jamais croire un politicien. » souffla-t-il d'un murmure suave, levant ses yeux fauves sur la demoiselle légèrement dépassée par les événements. « Plus d'argent, plus de client dans ton café, et plus de gueulards qui te prennent la tête parce que leurs femmes n'ont pas voulu les laisser leur passer dessus la veille. » La jeune fille amusée passa une main dans ses cheveux bruns, laissant s'échapper un léger rire piqué. « Qu'est-ce qu'il voulait ? » rajouta le jeune homme d'un signe de tête vers la porte empruntée par un client furibond au même moment où Pride avait pénétré les lieux. « Des pancakes. Encore un qui ne sait pas lire une carte. » La serveuse soupira d'un souffle blasé, avant de passer une main frêle sous son front pâli par la fatigue. « C'est ce que je dis, libido frustrée. » Et le jeune brun de poser à nouveau ses yeux chocolats sur son journal, sous le sourire reconnaissant de la demoiselle. « Tu sais, je m'en fous qu'on dise de toi que t'es pas toujours sympa. J'espère que même avec la crise, tu continueras de venir. » « J'ai deux comptes en banque planqués en Suisse. » Le murmure épicé et imperturbable du jeune homme vint se heurter au rire léger de la demoiselle qui se stoppa soudain sous une nouvelle jérémiade de la clientèle aguerrie : « Put*** ! » « Il faut que j'y retourne. » La jeune serveuse tourna les talons d'un souffle las non sans dissimuler sa fatigue derrière un frêle sourire chaleureux, sa silhouette étant suivie par l'ombre du regard de Pride. Non pas que les courbes féminines de la demoiselle aiguisaient son appétit, mais c'était bien pour la voix lui semblant familière que le jeune homme s'était retourné. Au loin, il put apercevoir une ombre qui ne lui était pas inconnue, vociférant sa mauvaise humeur contre la jeune serveuse ; ce fut lorsqu'il reconnut Summer que son coeur ne fit qu'un bond. Voilà à présent plusieurs semaines qu'il priait le dieu des païens, des hypocrites voire des salauds en dernier recours, pour avoir de quoi se raccrocher ici à Ocean Grove suite à son amnésie partielle, et voilà qu'il tombait nez-à-nez avec l'une des seules personnes avec qui il se souvenait de tout. L'étonnement et la surprise passés, il se laissa envahir par une joie piquée par une certaine retenue, alors qu'il s'éloigna du comptoir pour mieux s'approcher de la table d'un pas assuré : Summer au bord de la crise de nerfs, ne l'avait pas vu arriver, trop occupée à toiser la serveuse qui s'éloignait alors. « La politesse ça s'apprend ! » « Le raffinement aussi. » Un sourire taquin se dessina sur ses lèvres alors que la jeune femme se retourna ; plongeant ses yeux complices dans les siens, Pride vint alors s'asseoir face à elle, d'un enthousiasme soulagé. Etrangement, même lorsqu'il paraissait plein de joie, Berrington conservait un flegme à toute épreuve. « Cela faisait bien trop longtemps, qu'est-ce qui t'amène à Miami ? ... Pas un bon poste de travail, visiblement. » murmura-t-il dans un bref sourire, une lueur allègre brillant dans ses yeux fauves. « Je vois que tu n'as pas changé, quoiqu'il en soit. Toujours aussi insupportable. » Ou l'hôpital qui se fout de la charité.
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Message(#) Sujet: Re: quelques années en arrière dans un même café [PRIDE] Dim 10 Oct 2010 - 18:18



QUELQUES ANNEES EN ARRIERE DANS UN MÊME CAFE PV PRIDE

J'ouvris le journal au petite annonce mais je le refermai instantanément. Une petite bestiole faisait la course sur ma table ! Je pris le journal et l'écrasai fière de moi. Je n'avais peut-être pas gagner contre la serveuse mais la bestiole ne m'avait pas battue !
Je me rendais bien compte que je devais avoir l'air totalement ridicule mais pour être franche, je m'en souciais comme de l'an quarante. Ce que les autres pouvaient penser de moi ne m'intéressait pas. Il y a des choses bien plus importantes !
— Le raffinement aussi.
Je posai le journal sur la table en oubliant la délicatesse et me tournai vers l'opportuniste, prête à lui sortir l'une des mes remarques cinglantes. De quel droit un inconnu se permettait de me juger ? J'étais la seule qui avait ce privilège là.
— Non mais...
L'insulte ne voulut pas forcer le barrage créé par mes lèvres. Parce que l'inconnu était loin d'en être un et que c'était certainement la seule personne sur cette Terre que j'autorisais à me sermonner et à me juger. Pride S. Berrington. Le seul et l'unique. L'être aussi infame et cassant que moi que je pouvais connaître. Il avait toute mon estime. Il m'offrit l'un de ses sourires taquins dont j'avais eu tant l'habitude par le passé. Nos regards se croisèrent tandis qu'il vint s'asseoir en face de moi.
— Cela faisait bien trop longtemps, qu'est-ce qui t'amène à Miami ? ... Pas un bon poste de travail, visiblement.
Je regardais d'abord mon ordinateur avant de fixer mon regard sur le journal. La bestiole écrasée formait une tache noire sur la photo du président. Pas très ragoutant tout ça. Discrètement, je pris le journal et le retournais. Le spectacle d'une bête infâme écrasée n'était pas vraiment un spectacle que j'avais envie de voir. Je reportai mon attention sur Pride qui affichait un sourire plein de sous-entendus.
— Tu me connais. Je n'ai jamais su garder un travail très longtemps. Encore eut-il fallu que j'en trouve un.
Déjà lorsque j'étais plus jeune, j'étais incapable de garder un travail, même si c'était un petit job après les cours. Lorsque mes parents me demandaient de leur rendre un service, soit j'oubliais, soit je faisais tout pour ne pas le réaliser. Je n'aimais pas travailler que voulez-vous. Certains sont bons là-dedans, moi j'ai toujours fait partie des plus nuls. Vous croyez qu'on pourrait être rémunéré à ne rien faire ? Ce serait pas mal tout de même. Je le garde dans un coin de ma tête, c'est une idée à développer.
— Je vois que tu n'as pas changé, quoiqu'il en soit. Toujours aussi insupportable.
Je laissai échapper un petit rire sans l'avoir prémédité. La serveuse était derrière son bar en train d'essuyer une assiette et regardait dans notre direction avec un regard empreint de pitié. Pride aurait-il une admiratrice au sein de ce café ? Cela ne m'aurait pas étonné, il avait toujours attiré les filles comme des mouches. Et quand je dis filles, je dis toutes les filles. Même les travelos.
— Vraiment ça me touche. Ce doit être l'un des plus beaux compliments qu'on m'ait fait. Et toi toujours aussi sans-gêne à ce que je vois. Tu t'invites toujours aux tables des filles sans leur demander leur autorisation ?
La serveuse regardait toujours dans notre direction. Je lui adressai un regard noir. Ne pouvait-elle donc pas regarder ailleurs ? N'avait-elle pas une table à servir plutôt que nous épier ? Elle, je l'avais dans le collimateur. D'un geste de la tête, je la désignai à Pride.
— Dis tu crois que ta copine la brindille pourrait nous apporter à boire ?
Une idée germa dans ma tête, mais je préférais la garder pour moi. Du moins pour le moment. J'allais m'amuser ça c'était certain. Rien que le fait d'y penser, m'arracha un sourire.


Dernière édition par Summer B. McFerson le Dim 10 Oct 2010 - 19:08, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: quelques années en arrière dans un même café [PRIDE] Dim 10 Oct 2010 - 18:56

La réplique de la demoiselle eut le mérite de raviver ses souvenirs de Chicago : Summer en effet n'avait jamais pu garder de petits boulots plus d'une semaine, du fait de ses répliques cinglantes envers les patrons, et son incapacité à se taire pour mieux courber l'échine. A l'époque, cela amusait déjà beaucoup le jeune garçon qui s'évertuait à passer ses nuits dans des clubs branchés, loin de la vie ennuyeuse d'un lycée de bourgeois : les fêtes n'étaient que des simulacres, mais il s'y complaisait. Son estomac vint se resserrer quelque peu alors qu'il repensait à sa ville natale, désireux d'y retourner bientôt et de tourner le dos à Ocean Grove. Néanmoins cela n'avait plus d'importance aujourd'hui, car le soulagement de voir une tête familière importait bien plus... Bien que les retrouvailles paraissaient loin d'être chaleureuses ; encore une personne qu'il avait su blesser, ou du moins encore une amitié qu'il n'avait su préserver. Pride avait le don d'abandonner le monde entier lorsque celui-ci comptait sur lui ; une manière comme une autre de se venger inconsciemment d'une enfance brisée par des abandons successifs. « Vraiment ça me touche. Ce doit être l'un des plus beaux compliments qu'on m'ait fait. Et toi toujours aussi sans-gêne à ce que je vois. Tu t'invites toujours aux tables des filles sans leur demander leur autorisation ? » La réplique fielleuse de son interlocutrice le fit sourire, et ce fut d'un amusement piqué de cynisme qu'il détourna un instant son regard fauve avant de le reposer sur la douce demoiselle au caractère bien trempé. « En vérité je préfère m'inviter dans leurs lits. » Sa voix suave et taquine n'était que pour mieux desservir un peu plus de perversité légère, mais rien qui ne ressemblait à du flirt, néanmoins. Entre les deux anciens amis, il n'avait jamais été affaire d'histoires lubriques, et aujourd'hui encore rien ne s'y rapportait. La jeune Summer ne connaissait que trop les répliques parfois vicieuses du jeune homme dont la faiblesse avait toujours été les courbes féminines. A défaut d'avoir un coeur, il avait au moins une libido redoutable ; il fallait bien ça, pour sauver la mise. « Dis tu crois que ta copine la brindille pourrait nous apporter à boire ? » Sur l'ironie piquée de Summer, Pride se retourna vers la serveuse sans doute esclave du dictacte de la minceur, dont le regard aigue-marine vint soudain se détourner d'eux lorsqu'elle croisa les prunelles noisettes du jeune homme. Laissant s'échapper de ses lèvres blêmes une brève réplique affirmative, il lui fit alors signe de ramener deux verres, laissant de côté la sobriété d'un café noir. Au vu du caractère remonté de Summer, quelques gorgées d'alcool étaient les bienvenues pour calmer un tant soit peu les esprits. Se retournant alors vers cette dernière d'une prestance sombre, Pride vint légèrement froncer les sourcils, d'un air étrangement suspect. La réaction de Summer avait été quelque peu stupéfiante, au vu du contexte : Chicago était à des centaines de kilomètres d'ici, et combien y avait-il de chances qu'ils ne se retrouvent ici-même, dans ce café bondé ? Une chance sur mille, si on prenait en compte les joies d'internet et cette facilité vicieuse à pouvoir connaître l'emplacement de tout et de tout le monde... Néanmoins Berrington doutait fort qu'elle ne l'ait suivie à la trace, alors pourquoi aussi peu d'étonnement, et tant de détachement ? « Tu m'en veux. » souffla-t-il de sa voix délicieusement sérieuse. « Je ne sais pas pourquoi, mais tu m'en veux. Avoue qu'on avait autant de chances de se retrouver ici par hasard qu'un musulman au Texas sans se faire trouer le crâne avant d'avoir eu le temps de dire 'God bless the USA', et tu ne fais même pas l'effort d'être étonnée. » Bien sûr qu'il était suspicieux, qui ne l'était plus, dans une ville telle que Ocean Grove. Loin d'être une affaire d'égo, le jeune homme cherchait seulement à connaître le détachement de la demoiselle qui pestait encore contre la serveuse. Cette dernière par ailleurs, s'approcha de la table avant de poser taciturne deux verres alcoolisés sur la table lustrée.


Dernière édition par Pride S. Berrington le Dim 10 Oct 2010 - 20:09, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: quelques années en arrière dans un même café [PRIDE] Dim 10 Oct 2010 - 20:08



QUELQUES ANNEES EN ARRIERE DANS UN MÊME CAFE PV PRIDE

Une idée germa dans ma tête, mais je préférais la garder pour moi. Du moins pour le moment. J'allais m'amuser ça c'était certain. Rien que le fait d'y penser, m'arracha un sourire.
— En vérité je préfère m'inviter dans leurs lits.
Je souris amusée. Il n'avait vraiment pas changé depuis toutes ces années. N'importe quelle personne qui serait passée à ce moment en aurait déduit qu'il était tout simplement en train de draguer. Et bien cette n'importe quelle personne aurait tort. Il n'a jamais été question de ça entre nous même au début de notre relation. Amicale je précise. Aucune histoire de dragouille. L'amitié entre filles et garçons existent, nous en étions la preuve. Enfin même si notre amitié n'avait pas tenu ces dernières années. On ne peut pas tout préserver. J'ai bien perdu ma virginité.
— J'en connais au moins une qui se ferait un plaisir de te laisser t'inviter dans son lit.
Ne vous méprenez pas, je ne parlais aucunement de moi. Et de tout de façon, nous avions déjà dormi dans le lit l'un de l'autre et il ne s'était jamais rien passé. Nous ne sommes pas des animaux, nous savons nous tenir, tout de même ! Je portais un regard vers la serveuse qui avait momentanément arrêté de nous épier pour servir un client au bar. Enfin, elle faisait son travail ! Moi aussi je voulais être payée à regarder les clients ? Vous croyez que si je déposais mon maigre CV au patron du bar, il m'accepterait ?
J'assistai avec amusement à l'échange de regard entre Pride et la brindille. Celle-ci détourna le regard dès que celui de Pride croisa le sien. Typique. Elle en pinçait pour lui j'en étais maintenant certaine. Elle obéit au regard de mon meilleure ami — l'était-il encore ? — et j'eus presque l'impression de l'entendre japper. En tant que chien, elle aurait fait un parfait yorkshire. Ou un caniche. Enfin en tout cas le genre de chien minus et totalement sans intérêt.
— Tu m'en veux.
Je haussai les sourcils et je me demandai si j'avais bien entendu. Il avait parler tout bas, j'aurais tout aussi bien pu mal comprendre.
— Je ne sais pas pourquoi, mais tu m'en veux. Avoue qu'on avait autant de chance de se retrouver ici par hasard qu'un musulman au Texas sans se faire trouer le crâne avant d'avoir eu le temps de dire 'God bless the USA', et tu ne fais même pas l'effort d'être étonnée.
Pride avait toujours eu le don de trouver les meilleures comparaisons. Quand j'étais plus jeune, il m'arrivait souvent de me moquer de ses comparaisons et je me demandais toujours où il allait les chercher. Car certaines étaient vraiment très farfelues. Celle qu'il venait de me sortir faisait partie du répertoire du grand Pride.
— Tu sais que des musulmans arrivent très bien à vivre au Texas. J'avais entendu l'histoire de...
Face au regard sérieux de Pride, je m'arrêtais. Visiblement, il ne rigolait pas vraiment et attendait une réponse sincère. Mais étais-je sincère ? Rarement et ça Pride le savait très bien.
— Ecoute je ne t'en veux pas. Premier mensonge. C'est juste que le temps a passé et que j'ai changé. Toi aussi je pense même si là en ce moment, on fait semblant d'être les mêmes. Sauf qu'on essaie de vivre dans le passé. Je me souviens du temps qu'on passait dans les cafés auparavant et combien on se moquait des serveuses. Pour ça je n'ai pas changé. Mais depuis il s'est passé des choses. Et la raison pour laquelle je ne suis pas étonnée c'est que je savais que tu étais ici. Tu es une référence dans la ville. Certains de mes voisins parlaient de toi pas plus tard qu'hier.
Je n'en voulais pas à Pride, je ne pouvais lui en vouloir. Il était véritablement le seul ami que j'ai jamais eu. Je m'étais juste retrouvée seule ces quatre dernières années. La brindille arriva à notre table avec deux verres d'alcool. Pride avait décidément bien choisi. Elle posa les verres sur la table en couvant Pride du regard. J'attrapai l'un des deux verres et le fit tomber au sol. Il se brisa provoquant ainsi un immense silence dans la salle. J'adressai un air faussement gênée à la brindille.
— Je suis sincèrement désolée. Ce que je peux être maladroite parfois.
Maladroite je l'étais. Mais pas à cet instant-là. J'évitais de croiser le regard de Pride. L'ancien en aurait ri avec moi et nous aurions passé les minutes qui allaient suivre à en rire mais qu'en était-il du nouveau Pride ? Je ne savais pas sur quel pied danser.
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Message(#) Sujet: Re: quelques années en arrière dans un même café [PRIDE] Jeu 14 Oct 2010 - 20:43

Le jeune homme ne releva pas quant à la réplique sarcastique de son amie, lui soufflant avec un amusement blasé qu'une autre attendait ce genre d'invitation lubrique. Ne voyant guère de qui Summer pouvait parler, Pride ne tiqua pas véritablement, sans doute aussi parce que son esprit était ailleurs, focalisé sur Mademoiselle McFerson elle-même. L'esprit cartésien du brun ténébreux le poussait à prêter attention à l'étrange détachement de celle qu'il n'avait pas vu depuis tant d'années : était-ce l'accueil que l'on réservait à un vieil ami dont on avait perdu la trace ? Lui-même avait fait l'effort surhumain et involontaire de perdre de son agaçante impassibilité pour un peu plus d'enthousiasme ; visiblement, il avait loupé un épisode. Et l'énigme de la donzelle en attente d'une virtuelle invitation lui importait bien peu, comparé à son scepticisme. Summer vint néanmoins surenchérir, ce qui aurait pu amuser Pride et nourrir sa curiosité quant à l'épique aventure de ce téméraire musulman venu se suicider allégrement au Texas, s'il n'avait pas toute son attention fixée sur ses déductions. Son regard pénétrant ne daignait plus se détacher du visage radieux de la jeune femme, un peu trop sévère et strict malgré le contexte des retrouvailles, comme si ce dernier tentait de la sonder. Malheureusement, il n'avait pas le pouvoir de lire dans les pensées des autres, ce qui au final pouvait être considéré d'avantage comme une bénédiction... surtout lorsqu'on n'ignorait pas que la majorité des résidents d'Ocean Grove était loin des personnes courtoises et polies qu'elles semblaient être. « Ecoute je ne t'en veux pas. » Premier soupir tant attendu de Pride qui leva brièvement son regard vers le plafond avant de le poser de nouveau sur la jolie brune dans un léger rire jaune. « Arrête ça. » Ou comment encourager stupidement votre interlocuteur que si, il vous en voulait... A croire que Pride Berrington ne savait vivre que dans le conflit, à demander ainsi même à sa plus vieille amie de lui en vouloir comme tous les autres. Le souci principal résidait en cette question : pourquoi lui en voudrait-elle, l'avait-il oublié ? « C'est juste que le temps a passé et que j'ai changé. Toi aussi je pense même si là en ce moment, on fait semblant d'être les mêmes. Sauf qu'on essaie de vivre dans le passé. Je me souviens du temps qu'on passait dans les cafés auparavant et combien on se moquait des serveuses. Pour ça je n'ai pas changé. Mais depuis il s'est passé des choses. Et la raison pour laquelle je ne suis pas étonnée c'est que je savais que tu étais ici. Tu es une référence dans la ville. Certains de mes voisins parlaient de toi pas plus tard qu'hier. » « Une référence... » Le jeune homme fronça les sourcils avec perplexité, ne sachant pas vraiment comment prendre cette information. D'accord, il avait braqué une banque ici. L'une de ses ex petites amies s'était suicidée, une autre s'était amourachée d'un homosexuel avant de jouer les mères Thérésa au Mexique, la prison lui avait ouvert allègrement les bras par deux fois, il avait été impliqué dans une affaire de blanchiment d'argent pour la campagne électorale de McAllister, il avait même braqué un flingue sur son voisin avant de lui trouer la jambe gauche, et pour finir, il avait sauvé la vie d'un suicidaire passablement jeté qui avait tenté d'en finir par le biais du jeu glauque d'une roulette russe... Et hormis le fait que Summer soit tombée sur un attardé, une amoureuse transie, ou un dealer du coin, Pride voyait mal le fait qu'on ait pu parler de lui en tant que bonne référence. D'un geste plus ou moins nerveux, il passa une main dans le creux de sa nuque avant de faire claquer avec agacement sa langue contre le palais. En bien ou en mal, l'idéal c'était qu'on parle de lui n'est-ce pas... « Je t'avoue que je suis terriblement curieux de savoir ce qu'on a pu te dire de moi. » ajouta-t-il dans un sourire passablement amusé, entre la frustration et l'hésitation. « Enfin je crois. »

Ce fut sur ces paroles incertaines mais dites avec légèreté et quelque peu d'amusement froid, que la serveuse arriva fébrilement, posant les verres quémandés sous le regard railleur de Summer. Et à peine eut-elle le temps de tourner les talons, que déjà elle se retrouvait la bouc émissaire de la jeune brune, sous le regard inquisiteur de Pride. « Je suis sincèrement désolée. Ce que je peux être maladroite parfois. » Un léger silence s'installa après le bruit cristallin du verre tombé au sol : les deux amis se toisèrent comme pour mieux se jauger mutuellement. Elle attendait sa réaction, le souffle coupé, il tentait de la décrypter, avec un peu trop d'obscurité dans son regard sans doute. « Tu n'as pas tant changé, tu es restée au stade de l'adolescence, à ce que je vois. Peut-être que tu n'as pas su passer le stade du complexe d'Oedipe, va savoir. Ce serait te mentir que te dire que j'ai grandi, pour ma part. J'ai tué mon père et baisé ma mère il y a longtemps déjà, je suis décomplexé... Enfin façon de parler, bien sûr. Ma mère était un laideron. » fit-il dans un murmure suave avant de s'adosser contre le dossier de sa chaise, un léger rictus en coin venant sublimer sa provocation. « Mais je suis passé au stade supérieur. Tu peux faire beaucoup mieux, sweetie. Pourquoi rouler à 60 quand ton compteur affiche 210 ? » Et le regard fauve de Pride de se poser sur la serveuse taciturne qui s'était alors baissée pour mieux ramasser les débris de verre, son visage humidifié par des larmes suffocantes provoquées par le relâchement de ses nerfs fragiles. « Laisse. » souffla-t-il dans un sourire joueur, reposant ses rétines noisette sur le visage de Summer. « Mon amie avait justement besoin d'un job, et il me semble qu'ils recherchent une serveuse, ici. » acheva le jeune homme non sans arquer les sourcils. Pride ne déclarait pas la guerre, mais ne pouvait rester stoïque face aux caprices d'une vieille amie venue se décharger sur l'employée du mois. Par tous les dieux de la débauche, Summer McFerson, serais-tu devenue comme ces frustrés qui viennent taper sur le bouc émissaire de toute une société excitée par trop de caféine : la serveuse du bar du coin ? Voilà qui était décevant.
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Message(#) Sujet: Re: quelques années en arrière dans un même café [PRIDE] Ven 15 Oct 2010 - 20:56



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Maladroite je l'étais. Mais pas à cet instant-là. J'évitais de croiser le regard de Pride. L'ancien en aurait ri avec moi et nous aurions passé les minutes qui allaient suivre à en rire mais qu'en était-il du nouveau Pride ? Je ne savais pas sur quel pied danser.
— Une référence... Je t'avoue que je suis terriblement curieux de savoir ce qu'on a pu te dire de moi. Enfin je crois.
Je vis bien que ce que j'avais pu entendre sur lui faisait peur à Pride. Pourquoi donc autant de perplexité ? Avait-il fait quelque chose de vraiment mal ? Je savais que Pride pouvait aller loin, d'être loin mais jusqu'où ? Ce que j'avais entendu venait d'une certaine Muse, si mes souvenirs étaient bons, et n'avaient rien de désagréable mais je décidai de le faire mariner un peu. Peut-être cracherait-il le morceau. Je voulais tout savoir concernant sa vie depuis que nous nous étions quittés.
— Deux hommes parlaient de toi. Je t'avoue que je n'ai pas vraiment compris. Ils parlaient de complots quelque chose comme ça. Non attend pas de complot, d'escroqueries plutôt. Je n'ai pas compris tout ce qu'ils disaient, c'était assez confus.
Je m'étais servie de ce que je connaissais de Pride pour trouver une fausse excuse. Je voulais voir comment il allait réagir et s'il allait cracher le morceau. Il ne pouvait pas être blanc comme neige et il avait certainement des cadavres dans son placard. J'adorais les informations croustillantes à se mettre sous la dent. Celle de Pride ne faisait pas exception, au contraire, tout ce qu'il pouvait me dire entrait en première position dans mes priorités.
— Tu n'as pas tant changé, tu es restée au stade de l'adolescence, à ce que je vois. Peut-être que tu n'as pas su passer le stade du complexe d'Oedipe, va savoir. Ce serait te mentir que te dire que j'ai grandi, pour ma part. J'ai tué mon père et baisé ma mère il y a longtemps déjà, je suis décomplexé... Enfin façon de parler, bien sûr. Ma mère était un laideron.
Je le sentais volontairement provocateur dans ses paroles et je devais avouer qu'il savait très bien s'y prendre pour l'être. Le dos droit et l'air incroyablement fier, il s'adossa contre le dossier de sa chaise.
— Depuis quand te taper des laiderons te gêne ? Il t'est arrivé de coucher avec les pires thons qui existent alors que t'étais bourré. Mais je t'accorde sur un point. Tu es totalement décomplexé.
J'étais bien moins douée dans la provoque que ne l'était Pride mais personne ne l'égalait à ce niveau-là. Et personne ne l'égalerait jamais. Il était bien trop doué pour tout le monde.
— Mais je suis passé au stade supérieur. Tu peux faire beaucoup mieux, sweetie. Pourquoi rouler à 60 quand ton compteur affiche 210 ?
Pride ponctuait toujours ses phrases de métaphores et d'ordinaire, j'adorais ça. Seulement, après toutes ces années, j'avais l'impression qu'il me jugeait, qu'il estimait que ce que j'étais devenue n'était pas digne du grand Pride qu'il était. Je fus piquée au vif. Pourquoi réagissait-il comme ça ? Pourquoi se permettait-il de me juger aussi vite alors qu'il ne savait pas ce qu'il s'était passé toutes ces dernières années ? Je ne montrai pas mon tiraillement intérieur, et je réussis à tout cacher avec brio comme d'habitude.
— Peut-être qu'après avoir roulé à 210 pendant des années, j'ai besoin de revenir au stade inférieur. L'adolescence me manque peut-être trop parfois et ça ne fait pas de mal de se sentir jeune et innocent encore quelque fois. J'ai besoin d'un nouveau départ et de revenir aux choses simples.
La brindille était encore en train de ramasser les dégâts que j'avais causés. Des larmes perlaient sur ses joues mais je ne laissai pas amadouer tandis que je serrai les dents.
— Laisse, dit Pride à la serveuse. Mon amie avait justement besoin d'un job, et il me semble qu'ils recherchent une serveuse, ici.
Je toisai alors Pride, d'un regard empli de tristesse et de mépris. Me prenait-il donc pour une chose qu'il fallait dresser ? Si c'était le cas, notre si belle amitié s'était terminée lorsqu'il était parti étudier. Il ne savait plus rien de moi et je n'étais pas au service des autres, surtout lorsqu'on me l'imposait. Et ce n'était pas Pride, — ex ? — meilleur ami ou non qui allait changer ça.
— Tu devrais savoir mieux que quiconque que je n'aime pas qu'on m'impose ce que je dois faire. Je ne suis peut-être pas capable en ce moment de me trouver un travail par moi-même mais je ne suis là que depuis quelques jours, il me faut le temps de m'acclimater. Alors désolée Monsieur Pride Berrington de ne pas posséder je ne sais pas quoi dans cette ville ou d'être une star de je ne sais pas quoi. Tu sais que je ne suis pas faite pour être serveuse et pour ta gouverne, dans ce domaine-là j'ai déjà donné. Désolée d'avoir un peu plus d'ambition.
Je n'avais pas haussé la voix mais mon énervement était tout de même perceptible. Je sentais que tout le monde écoutait notre conversation et les larmes de la brindille avaient cessés de couler pour laisser place à l'étonnement. J'eus envie de lui dire de fermer la bouche pour éviter de gober les mouches mais je préférai me retenir.
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Message(#) Sujet: Re: quelques années en arrière dans un même café [PRIDE] Dim 24 Oct 2010 - 22:57

La réponse de la demoiselle à la question de Pride, n'agita pas ses sens pas plus que ses doutes. Après tout, personne n'ignorait franchement que Berrington était un mordu des casinos, et ses jeux de dupe et d'escroqueries n'étaient pas non plus un scoop pour aucun résident d'Ocean Grove qui savait pertinemment que le gentleman cambrioleur cachait un penchant pour les braquages de banque. Un, en particulier, quand bien même le jeune homme était devenu flic par la suite. La réplique de son ancienne amie ne l'affola donc pas, ni celle-ci, ni les suivantes qui se voulaient réponses douteuses à la provocation de Pride. Fidèle à lui même, égocentrique et arrogant, il ne vint pas même tiquer ou esquisser une quelconque moue admirative quant aux tentatives de la belle d'avoir le dernier mot : c'était à peine s'il l'écoutait. Dieu que cela pouvait être agaçant et que ça en exaspérait plus d'un, mais c'était ainsi : Pride Berrington demeurait attentif que lorsqu'il estimait que c'était nécessaire. Et en l'occurrence, la voir autant sur sa défensive, quand lui n'avait pas caché sa joie de la revoir, lui laissait un goût amer dans la bouche : si Summer se fichait bien de le retrouver ici, si elle ne voulait pas tirer hommage de leur adolescence de Chicago et de leur amitié, qu'à cela ne tienne, elle redeviendrait pour lui une inconnue comme une autre. Vexé, piqué au vif et intransigeant, sa meilleure défense demeurait donc l'attaque, et Berrington y allait fort. Car de là à la pousser à devenir serveuse de bar sans préavis, le culot était à toute épreuve. « Tu devrais savoir mieux que quiconque que je n'aime pas qu'on m'impose ce que je dois faire. Je ne suis peut-être pas capable en ce moment de me trouver un travail par moi-même mais je ne suis là que depuis quelques jours, il me faut le temps de m'acclimater.  » s'offusqua-t-elle dans une moue vexée, quoique charmante, laissant le soin à son ami de lever son regard noisette vers le plafond. Certes il n'y avait pas de retrouvailles parfaites, mais Pride avait déjà eu affaire à des portes de prison plus aimables ; les manières glaçantes de Summer qui s'amusait à le pousser à l'exaspération amenaient Pride à grincer des dents. Faisant fi des codes sociaux qui auraient du le pousser à oublier tout ce quiproquo et diriger la conversation vers une pente moins glissante, le jeune homme s'entêtait au contraire à réveiller une rancoeur profonde. Loin d'être une personne foncièrement sympathique mais bien misanthrope, l'adage suivant populaire pouvait très bien s'adapter au brun ténébreux : 'ça passe, ou ça casse.' Et en l'occurrence, ça ne passait pas ; en témoignaient les monceaux de verre brisés étalés à terre. « Alors désolée Monsieur Pride Berrington de ne pas posséder je ne sais pas quoi dans cette ville ou d'être une star de je ne sais pas quoi. Tu sais que je ne suis pas faite pour être serveuse et pour ta gouverne, dans ce domaine-là j'ai déjà donné. Désolée d'avoir un peu plus d'ambition. » « Tout comme tu m'en vois désolé de te retrouver dans de si aimables conditions. J'ai une journée terrible qui m'attends, et je sens déjà une migraine venir m'assommer le crâne à chacun de tes reproches dont je me passerais bien. » Des retrouvailles houleuses, et déjà la fin ? Il était affligeant de voir comme l'amitié pouvait être chronophage : beaucoup de temps pour la construire, et si peu pour l'abattre d'un simple souffle las. Pride se leva donc, plongeant son regard perçant dans les prunelles satinées de la demoiselle : était-ce elle qui avait changé, ou lui qui était devenu bien trop sombre et ténébreux ? Les deux sans doute, probablement. « Bref, puisque je vois que tu te fais une joie de me revoir... » souffla le jeune homme non sans poser ses yeux fauves sur sa main qui vint fouiller la poche intérieure de son veston, ressortant alors un portefeuille de magnifique manufacture. « ... je vais écourter ta torture dans ma grande clémence. Bonne chance pour la recherche de ton job plein d'ambition. » Et le jeune homme au murmure suave et venimeux de poser un billet sur la table non sans toiser la belle demoiselle, s'éloignant ainsi de la table sous le regard penaud de la serveuse. Ce ne fut qu'une fois arrivé auprès de la porte, son portefeuille ainsi remis dans sa poche qu'il daigna se retourner enfin, un sourire brûlant au coin de ses lèvres vermeilles. « Un conseil. Evite l'agence AMA, on dit que la patronne est un véritable tyran. Et crois-moi, vu le morceau, il y a de quoi mater. » Une légère oeillade taquine sur la silhouette de Summer, et Pride se retourna, non peu fier d'avoir promulgué cette fois, un véritable conseil. Etait-ce ainsi que les retrouvailles se terminaient ? Au vu de la susceptibilité de Berrington, la réponse était grandement affirmative.
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Message(#) Sujet: Re: quelques années en arrière dans un même café [PRIDE]

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quelques années en arrière dans un même café [PRIDE]

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