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 LAST GOODBYE | PRIDE

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Message(#) Sujet: LAST GOODBYE | PRIDE Lun 11 Oct 2010 - 23:52





LAST GOODBYE
Pride S. Berrington & Ella J. Nielson

FLASHBACK
Assise seule à l'une des petites tables d'un café, Ella écoutait de la musique, un muffin à peine entamé posé devant elle, en gribouillant allégrement sur une feuille de cartable.

Ce fut la silhouette de Muse, qu'elle reconnut lorsque la mannequin passa la porte de la boutique avec l'éternelle clochette qui annonce l'arrivée d'un nouveau client, qui la fit froncer les sourcils alors qu'elle retirait subtilement ses écouteurs. Muse n'était pas seule. Elle était accompagné d'un jeune homme apparemment charmant, qui avait même tenu la porte pour la laisser entrer. Ella les suivit des yeux alors qu'ils s'installaient à une table un peu en retrait, l'adolescente ayant peine à comprendre ce qui lui sautait désormais aux yeux. Pride lui avait présenté Muse, une fois, et Ella avait eu une mauvaise impression. Elle était trop belle. Trop parfaite. Les femmes dans son genre se foutaient bien de décevoir l'homme qui les aimait; elles se savaient jolies et elles en profitaient.

La jeune fille rangea ses dessins, curieuse, alors que Muse et son «ami» ressemblaient trop à un couple pour que l'adolescente ne tente pas d'en savoir plus. Pourtant, rien dans leur attitude ne trahissait la romance qu'imaginait Ella, mais la jeune fille ne put s'empêcher de les prendre en photo avec son téléphone portable, alors que la main de Muse s'était glissée sur celle de celui qui l'accompagnait. Et ce jeune homme n'était pas Pride.
À quelques pas de la maison de Pride, Ella hésitait. Elle ne l'avait plus revu depuis plusieurs jours et elle tentait de l'éviter, empruntant des chemins plus longs, mais plus surs pour rentrer chez elle. Elle ne voulait en aucun cas le croiser et pourtant, ce soir-là, la jeune fille attendait au coin de la rue, incertaine. Il y avait maintenant deux jours qu'elle avait vu Muse avec son inconnu et elle ne savait plus si elle devait en parler à Pride ou garder ça pour elle. Elle avait l'impression qu'il l'aimait beaucoup, malgré tout, et elle ne voulait pas être celle qui lui ferait de la peine. Peut-être était-il même déjà partit?

La nuit commençait à tomber et la panne d'électricité constante laissait des ombres redoutables au sol, ce qui entraîna vivement l'adolescente jusqu'à l'une des seules maisons qu'elle connaissait. La voiture de Pride était garée dans la cour, ce qui amenait à penser qu'il était chez lui. Son coeur se mit à battre un peu trop fort alors qu'elle resserrait sa veste contre elle, la brise la faisant soudainement frissonner. Il n'était pas encore partit. Alors il devait savoir ce qui se tramait dans son dos; elle ne pouvait plus reculer, il avait le droit d'être au courant.

Ce ne fut que lorsqu'elle eut sonné qu'elle regretta son geste. Elle avait la malheureuse envie de prendre ses jambes à son coup et de rentrer chez elle, mais elle n'avait plus le choix, désormais. Lorsque la porte s'ouvrit sur le jeune homme qui lui occasionnait décidément beaucoup de tourments, Ella se mordit la lèvre en passant une main dans ses cheveux. « Pride! Je... J'ai quelque chose à te dire. » fit l'adolescente en demeurant sur le pas de la porte jusqu'à ce qu'il l'invite à entrer. « Rassure-toi, je suis venue ici de mon plein gré et je ne suis pas droguée. » Elle eut néanmoins un petit sourire au souvenir de la première fois qu'elle avait mis les pieds chez lui. Cela lui semblait désormais bien lointain. Elle joua un moment avec l'anneau qu'il lui avait offert, qu'elle gardait autour d'une petite chaîne en argent qu'elle ne quittait jamais.

« Muse ... est pas là? » Elle avait redressé les yeux vers lui avant de faire le tour de la pièce du regard, comme pour s'assurer qu'elle ne s'était pas trompée. Elle ne voulait en aucun cas devoir faire face à la jeune femme, surtout pas après ce qu'elle avait fait. Elle n'était pas faite pour Pride et il devait ouvrir les yeux; elle le trompait sans remord et osait même s'afficher dans un café plutôt populaire en compagnie d'un bel inconnu qu'elle s'évertuait à draguer de regards innocents et complices. « Je ... pensais que t'étais déjà partit... » Dans un murmure qui trahissait son appréhension et son malaise, la jeune fille avait redressé son regard sauvage dans le sien, alors qu'elle tentait désespérément de demeurer maitresse de ses émotions. Pourquoi avait-elle cru qu'il s'était déjà envolé pour sa ville natale? Parce qu'il lui avait dis qu'il partait et qu'elle ne devait pas s'en faire? Parce qu'elle avait fait exprès de ne pas prendre le même chemin depuis quelques jours afin de s'assurer de ne pas le croiser au détour d'une rue? Parce que dans le fond de son coeur, elle se disait que c'était plus facile de le savoir ailleurs que de continuer à le fuir délibérément? Elle n'aurait su le dire. Tout ce dont elle était certaine, c'est qu'elle devait lui avouer une vérité qui le blesserait, mais elle ne voyait pas comment faire autrement.
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Message(#) Sujet: Re: LAST GOODBYE | PRIDE Mar 12 Oct 2010 - 17:01

D'une main alanguie, il vint allumer la dernière bougie disponible dans le tiroir de la commode : plus que quelques pétales de roses, et l'on pourrait croire à une ambiance volontairement tamisée pour un peu plus de romantisme. Mais nous étions bien loin d'un but noble de conquérir une demoiselle par quelques bougies au parfum écoeurant de vanille ou de cannelle : seule la panne d'électricité qui perdurait dans le secteur était responsable des innombrables bougies allumées ici et là dans la villa. Quel délice que de perdre chaque soir une dizaine de minutes à les allumer tour à tour, à veiller que la cire ne vienne pas abimer le bois d'une commode au prix inestimable, et à les éteindre avec précaution avant de rejoindre les bras de morphée... C'était le prix à payer pour mieux circuler librement dans la villa sans avoir à s'embêter d'un chandelier en argent à la main, le profil digne d'un mauvais remix d'un cluedo pour personnes en manque de sensations fortes. D'une moue blasée, Pride se redressa lorsqu'enfin il posa la dernière bougie sur son lit de métal, l'esprit ailleurs et rempli de doutes ou d'appréhensions : peu à peu son départ se concrétisait, et plus ce dernier se rapprochait, plus il percevait les conséquences engendrées. Il avait conscience qu'en partant ainsi tel un voleur, c'était laisser la porte ouverte aux ressentiments, et risquer de couper définitivement les ponts avec certaines personnes ici. Certes laisser Ocean Grove et le peu de souvenirs éclos en sa mémoire était son but, mais le jeune homme avait d'autant plus consience de ce qu'il allait perdre, pendant qu'il pouvait encore les toucher du bout des doigts. Le sacrifice d'un renouveau lui demandait beaucoup, et le poussait à glorifier son propre égoïsme, au moins aussi gonflé que son égo. Dans un soupir las et indifférent, Pride balaya toutes ces pensées inutiles qui ne l'envenimeraient guère longtemps de toute évidence – au vu de sa faculté délicieusement inhumaine d'oublier les êtres proches – et se retourna lentement lorsque la sonnerie vint alors retentir. Les joies d'un carillon à piles qui permettait à votre huissier, votre exécrable voisin, votre banquier vénal, de venir vous rendre visite même lors d'une panne de courant : elle n'est pas belle la vie ? En d'autres termes dire que Pride aurait souhaité être seul ce soir afin d'inviter Muse à apprécier avec lui la lueur des bougies, était un euphémisme : ce fut non sans lever son regard vers le plafond qu'il s'avança vers l'entrée, ouvrant la porte sur une frêle silhouette familière. A la vue de la petite poupée blonde, le visage si sombre du jeune homme se radoucit, pour laisser se dessiner un bref sourire amical. « Pride! Je... J'ai quelque chose à te dire. » La mine déconfite de la demoiselle qui coiffa ses cheveux d'une main vacillante, vint soulever un léger étonnement chez Pride qui arqua alors les sourcils. Au vu de son air qui n'était pas affolé, le jeune brun mit de côté toute idée inquiétante de déboires malheureux : peut-être était-ce juste question de petit ami ou autre chose du genre... Ce type de sujets qui alimentent à 80% les conversations des adolescents, 15% restant demeurant pour la sacro-sainte mode et anorexie, 5% offerts gentiment au thème universel du 'mes parents sont trop cons'. Ni échangeable, ni remboursable, juste consommable sur place. La laissant alors entrer sans s'inquiéter pour autant, il posa son regard chocolat sur la jeune fille, d'une oeillade protectrice et amusée lorsqu'elle renchérit un : « Rassure-toi, je suis venue ici de mon plein gré et je ne suis pas droguée. » , qui lui arracha un bref rire discret. L'invitant à le suivre dans le salon baigné d'une lumière chaude et tamisée, il se retourna vers Ella qui n'avait de cesse de contempler les environs, comme pour s'assurer qu'ils étaient seul à seule. « Muse ... est pas là? » « Non. Tu voulais la voir ? » Ce qui l'aurait par ailleurs étonné, si c'était le cas, tant Ella détournait sauvagement la conversation dans un 'j'adore cette chanson', dès que le prénom de Muse entrait en course. Contemplant alors l'adolescente non sans commencer à se poser de plus amples questions, la voix suave et épicée de Pride s'éleva d'un timbre dubitatif, pourtant coupé dans son élan par la fillette dissipée. « Ella, tu... » « Je ... pensais que t'étais déjà partit... » « J'avais encore quelques affaires à régler. Je ne partirais pas avant la semaine prochaine. » D'un geste de la main suivi d'un léger sourire protecteur, il l'invita à prendre place dans le canapé confortable avant de renchérir d'une voix toujours aussi posée, mais quelque peu inquisitrice. « Tu ne devrais pas traîner dehors toute seule à cette heure-ci. » Pas avec l'absence rassurante des lumières des lampadaires : les blondes font les meilleurs victimes, parole d'Alfred Hitchcock, et il était impensable pour Pride de laisser Ella s'aventurer seule de nuit, même dans les rues d'apparence sereine d'Ocean Grove. « Qu'est-ce qui t'amène, tu fais ta tête de ' j'ai quelque chose d'important à avouer mais je suis affreusement gênée'. » souffla-t-il non sans arquer les sourcils, avant de marquer une pause. « Oh... » rajouta Pride alors légèrement pris au dépourvu. « C'est pour ça que tu veux voir Muse, des sujets de... filles, peut-être. Je lui demande de venir. » rajouta-t-il d'une voix légère et fuyante, sortant son cellulaire de la poche, plus par prétexte de détourner le regard qu'autre chose. Dieu que c'était embarrassant que de se retrouver avec une jeune adolescente qui vous réquisitionnait peut-être pour des histoires de rapports sexuels, de cycle menstruel ou de petits copains entreprenants. Où étaient les femmes lorsqu'on avait besoin d'elles ?
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Message(#) Sujet: Re: LAST GOODBYE | PRIDE Mar 12 Oct 2010 - 22:58

« Qu'est-ce qui t'amène, tu fais ta tête de ' j'ai quelque chose d'important à avouer mais je suis affreusement gênée'. Oh ... C'est pour ça que tu veux voir Muse, des sujets de... filles, peut-être. Je lui demande de venir. » Si Ella n'avait que secoué la tête lorsque Pride lui avait demandé si elle désirait voir Muse, elle se leva brusquement de sa place afin de poser une main sur le téléphone du jeune homme, l'empêchant ainsi de composer le numéro de sa douce. « Non! Surtout pas! » L'envie qu'elle avait de voir Muse débarquer ici pouvait se comparer à celle qu'elle avait de se faire écraser par un train; pas très grande, en somme. Elle se mordit la lèvre alors qu'elle touchait du bout des doigts la main de Pride, retirant finalement complètement la sienne non sans s'assurer qu'il avait suspendu son geste. « C'est à toi que je voulais parler. » avoua-t-elle finalement dans un souffle alors qu'elle faisait un pas en arrière, désormais incertaine. Elle pouvait sans doute trouver n'importe quelle connerie à débiter, bien sûr, n'importe quoi d'autre pour ne pas le mettre au courant, mais... Il avait le droit de savoir et c'est délicatement qu'elle sortit son propre téléphone de la poche de son jeans, les mains légèrement tremblantes.

« J'ai vu quelque chose. Et je pense que je dois te le dire. » Une moue désolée étira ses traits alors qu'elle cherchait avec toute la lenteur du monde - afin de retarder l'échéance - la dite photo sur son cellulaire. Elle prit une grande inspiration afin de se donner du courage et glissa son téléphone dans la paume de Pride.

L'adolescente baissa les yeux en se mordant la lèvre, consciente que l'image ne lui plairait pas. Et même si elle s'en voulait de lui causer du chagrin et d'être celle qui lui annonçait ça, elle se sentait mieux. Au diable la solidarité féminine; c'était un principe qui n'existait plus lorsqu'on se doutait qu'il y avait machination et même... trahison. « Je suis vraiment désolée. Je les ai vus entrer dans le café... » Elle avait haussé les épaules en reportant ses prunelles sur l'image toujours affichée sur son téléphone. « Pride, c'était loin d'être innocent... Leur conversation m'a échappée, mais... Les gestes parlaient pour eux. » Vraiment? Tant que ça, Ella? Sa conscience, laissée dans un coin de son esprit, semblait s'en prendre à elle alors qu'elle en rajoutait sans remords. Le ton de sa voix et son air désolé suffisaient à donner une certaine crédibilité à ses propos et en fait, l'adolescente croyait réellement qu'il se passait quelque chose entre eux. Elle ne faisait qu'extrapoler un doute qui, pour elle, avait pris des allures de vérité.

Elle avait finalement eu le courage de poser les yeux sur Pride, alors qu'elle glissait une main dans ses cheveux pour tenter de remettre ses idées en place, nerveuse. « Je suis désolée... » murmura-t-elle en faisant la moue, songeuse. Elle aurait peut-être dû attendre avant de le lui dire. Elle aurait pu lui envoyer la photo par texto, une fois qu'il aurait quitté la ville. Il voulait oublier? Ça lui aurait donné une raison de plus. Une raison afin de ne pas tenir sa promesse et de partir comme un voleur, sans jamais revenir chercher ce qu'il lui avait promis de récupérer. Mais au moins, elle n'aurait pas eu besoin de voir son visage se décomposer, ou de voir une quelconque réaction qui lui prouverait qu'il était blessé. Bien sûr qu'il l'était. Personne ne pouvait accuser un tel coup sans se sentir un minimum trahis, ou même manipulé. Elle aurait sans doute tenté de cacher ses sentiments, pour sa part, mais savait bien qu'au final, ça finissait toujours par paraître.

Elle prit appui sur le bras du fauteuil, ne sachant ni où se mettre, ni quoi dire de plus. Son coeur battait la chamade alors qu'elle aurait tout fait pour qu'il demeure silencieux, pour une fois. Ses prunelles étaient tout de même fixées sur les mains de Pride, alors qu'elle se refusait de nouveau à croiser son regard. Il lui manquait déjà, alors qu'elle se trouvait en sa compagnie et qu'il ne partait ni demain, ni le jour d'après. C'est surtout qu'il lui avait manqué, pendant ces quelques jours où elle avait joué à cache-cache.
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Message(#) Sujet: Re: LAST GOODBYE | PRIDE Mer 13 Oct 2010 - 23:48

« Non! Surtout pas! » Surprise. La voir aussi expéditive quant à la proposition de Pride de faire venir sa dulcinée, n'était pas au programme, en vérité la voir si agitée pour si peu ne présageait rien de bon. Le jeune homme se demandait s'il devait être soulagé de ne pas avoir affaire à des problèmes d'adolescente en mal de conseils féminins sur la prise de la pilule, ou s'il devait s'inquiéter de l'étrange attitude de Ella. La demoiselle avait toujours peiné à s'affirmer et poser des paroles sur ses émotions : de peur qu'on lui vole quelque chose, qu'on ne lui viole son intimité, qu'on ne lui brise ce cocon protecteur brodé fébrilement autour d'elle. Mais la barrière des mots avait été levée par un Pride qui ne la comprenait que trop bien ; ses douleurs muettes d'un abandon passager qu'elle avait vécu, il pouvait y poser un regard, à défaut d'en trouver des mots. Cela leur suffisait, et ils avaient construit une complicité tenace grâce à cette plaie commune qui ne se refermait pas, même si le jeune homme prévoyait de ne plus jamais s'immiscer dans la vie de la petite Ella. Par choix égoïste, autant que par réflexion qu'il pensait mure et responsable : on ne joue pas avec l'adolescence, l'étape constructive d'une vie ne lui permettait pas d'y entrer, d'en sortir aussitôt, et de revenir entre deux portes battantes comme on viole l'intimité d'une maison chaleureuse. Pride abaissa son téléphone, quelque peu sceptique mais étonné face à la réaction sensible de la demoiselle dont le regard pétillait d'une angoisse agitée. « C'est à toi que je voulais parler. » Double surprise finalement, et celle-ci confirmait ses doutes : le jeune homme avait de quoi réellement se poser des questions agitant sa conscience. Fronçant alors les sourcils d'un doute passager, Pride resta suspendu aux lèvres de la demoiselle. Il espérait qu'aucune larme ne viendrait couler sur ses joues, qu'aucun mot ne heurte ses tympans et ne vienne lui souffler que quelqu'un lui avait fait du mal : impulsif et irresponsable, Pride se serait jeté littéralement sur le bourreau de la petite Ella, avec ou sans flingue, avec ou sans moralité. Le genre de chose à éviter lorsqu'on s'appelle Berrington et qu'on a habité par deux fois les jolies cellules de la prison. « J'ai vu quelque chose. Et je pense que je dois te le dire. » Et le temps vint suspendre son envol, stoppant les montres et les horloges, retenant le souffle glacé de Pride dont le myocarde battant avait loupé son coche dans un rythme soudain plus irrégulier : ses yeux fauves se posèrent sur le téléphone de la jeune fille qu'elle prit alors en main, tandis qu'il rangeait le sien dans sa poche d'un geste absent. Et alors cette impression tenace et aigre vint le prendre d'assaut : ce genre de sensation que personne ne veut, parce que le monde entier l'évite ; la vérité. Saisissante, immuable, unique, celle que vous touchez du bout des doigts, et qui dans un étrange processus dont vous ne saisissez pas le sens, vous prends les tripes et le coeur, sans oublier d'oppresser votre poitrine. Savoir avant qu'on ne vous avoue tout ; le symptôme du pressentiment. Absent, le jeune homme figea son regard chocolat sur le téléphone de Ella dont la lenteur devenait affligeante, jusqu'à ce qu'elle ne lui tende enfin son cellulaire. Et ce qu'il vit vint assassiner son palpitant ; 20h20, quelle magnifique heure pour mourir d'un trop plein de sentiments opposés.

Ses yeux sombres dévisagèrent la magnifique jeune femme prise en photo, la mine rayonnante, le regard pétillant, et ce sourire... Divin, irradiant, magnifique, offert à un autre dont elle tenait tendrement la main. Et peut-être s'agissait-il là d'un ami proche ou d'un parent, peut-être était-il futile de déduire d'une simple photo, tout un amoncellement de fausses idées et de suspicions. Peut-être ne le trompait-elle pas, peut-être avait-elle un frère, un cousin, un meilleur ami, à qui elle offrait tant de douceur rayonnante. Mais peut-être aussi est-il difficile de croire qu'une femme divine s'employant dans le mannequinat peut vous rester fidèle bien longtemps. Idées reçues certes, mais idées pas complètement faussées, et alors que Pride allait pour vendre sa théorie, alors qu'il allait pour rendre le téléphone à la jeune Ella dans un faux sourire en coin, les dires de cette dernière vinrent le conforter dans son horrible déduction : « Pride, c'était loin d'être innocent... Leur conversation m'a échappée, mais... Les gestes parlaient pour eux. » D'un geste sec, mué dans une violence attristée, il referma le clapet avant de lui rendre le téléphone dans un mutisme glacé et abattu, malgré son visage impassible. Non il ne voulait pas en savoir plus, il ne voulait pas l'entendre répondre ô combien elle était belle lorsque, souriant à son amant, elle lui avait déposé un baiser alangui. Le jeune homme ferma les yeux un instant, tentant de balayer cette scène de son esprit embrumé, tandis qu'un javelot enfiellé semblait transpercer son palpitant qu'on pensait de glace. Le don juan s'était attaché à la jolie brunette aux formes appétissantes et à la douceur exquise : plus qu'une amourette de passage, l'homme perdu qu'il était lui avait légué sa confiance, sa propre personne, son abandon... et visiblement ses sentiments. Car la douleur qui prit possession de lui vint lui ronger le coeur et lui serrer la gorge, malgré son flegme étonnant : seul son regard s'habillait de lueurs ternes et déchues, bien loin des étincelles joueuses et charmantes qui l'habitaient habituellement. « Je suis désolée... » « Ce n'est pas à toi d'être désolée. » Son regard éteint vint se poser sur un point invisible au sol, vide de tout sentiment, spectral et terne, habité d'une éternelle douleur venant secouer son être. Plus jamais, il ne pourrait toucher sa Muse sans avoir cette horrible sensation d'une brûlure douloureuse... Et tristement, c'était ce qu'on pouvait appeler l'ironie du sort. Celle-là même qui avait été la compagne de Pride durant tant d'années : le trompeur trompé. Quel cynisme pathétique.

De nouveau, le jeune homme ferma les yeux, enfermé dans un silence qui irradiait d'une souffrance trouble. Le sentiment d'avoir cru en une femme qui vous trompait, laissait un goût amer en bouche, et une étreinte souffreteuse à votre palpitant : il lui semblait que ce dernier était lacéré par les griffes d'un oiseau de proie. « Ne jamais aimer quelqu'un, ou quelque chose. Ca finit toujours mal, ou par un abandon... » souffla-t-il alors qu'il leva son regard terne sur la jeune adolescente. 'Aimer', c'était un bien grand mot, et pourtant il englobait toute sorte de sentiments forts : l'amitié, la complicité, l'amour vache, l'amour maternel, l'amour tenace, l'amour tortionnaire... Un bref rire jaune s'échappa de ses lèvres alors qu'il secoua la tête : « Oublie, je suis de bien piètre conseil. La preuve étant que je n'ai même pas su garder la femme que je pensais salvatrice pour moi. » Ecoeuré de tant de faiblesse de sa part, Pride esquissa une brève moue de mépris noyée dans une douleur brusque avant de reprendre dans un soupir : « Je te proposerais bien un verre de whisky, pour m'accompagner. Mais ce serait de mauvais goût. » Ou comment tenter d'alléger la situation en vain, et de noyer son chagrin dans un verre d'alcool : inutile Berrington, les chagrins savent nager.
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Message(#) Sujet: Re: LAST GOODBYE | PRIDE Jeu 14 Oct 2010 - 18:59

« Ne jamais aimer quelqu'un, ou quelque chose. Ça finit toujours mal, ou par un abandon... » Ella se mordit la lèvre en baissant les yeux, alors que les mots prononcés par l'homme affligé déchiraient comme un morceau de verre les frêles fondations qui entouraient son coeur. Elle avait compris il y a longtemps que l'abandon ferait à jamais partie de son quotidien, que personne ne pouvait rester pour elle. Elle n'était en fait qu'une fille parmi tant d'autres, qu'une Ella parmi toutes celles qui peuplaient la planète. Elle n'avait pas plus d'importance que les autres; sa propre famille disparaissait du jour au lendemain en la laissant seule, meurtrie et blessée.

Elle ne pouvait toutefois pas comprendre à quel point Muse avait été importante pour Pride et si elle l'avait su, peut-être qu'elle aurait d'abord préféré s'expliquer avec la jeune femme au lieu de sauter aux conclusions trop hâtives et de le blesser inutilement. Elle avait levé les yeux, avait osé croiser son regard déchiré et ne pouvait désormais plus le quitter, ayant presque l'impression que la détresse de Pride pouvait se propager par la seule force de leurs esprits. Elle ressentait sa peine, sa douleur, son désespoir, alors qu'elle tentait vainement de l'apaiser par sa présence. Elle ne pouvait rien faire d'autre. « Oublie, je suis de bien piètre conseil. La preuve étant que je n'ai même pas su garder la femme que je pensais salvatrice pour moi. » Le contact fut rompu et Ella ne put qu'assister à la déception de Pride, ses mains tremblantes glissant le téléphone qu'il lui avait remis un peu plus tôt dans la poche de son jeans. « Non. Tu as raison. On finit toujours par être déçu. » L'adolescente fuyait son regard et elle n'aurait pas su dire à qui s'adressait réellement sa remarque. À son père? À son frère? À sa mère, même, qui l'avait abandonnée alors qu'elle en avait le plus besoin? À Pride, qui partirait alors qu'elle s'était déjà trop attachée à lui? À tout le monde, peut-être, sans exception.

Ella prit place dans le fauteuil, redressant ses jambes contre elle alors que la lumière tamisée de l'endroit faisait danser des ombres sur ses pieds nus.

« Je te proposerais bien un verre de whisky, pour m'accompagner. Mais ce serait de mauvais goût. » L'adolescente redressa ses prunelles saphir dans celles, désormais trop sombres, du jeune homme, mais elle ne parvint pas à sourire, consciente du danger qu'était l'alcool. « C'est trop fort, le whisky... » murmura-t-elle simplement en haussant délicatement les épaules, comme si elle avait pu accepter n'importe quelle autre boisson en sa compagnie. Il n'avait pas le droit d'éloigner sa peine de cette façon, Ella savait que ça ne servait à rien, elle n'en revenait que plus forte encore lorsque les effets s'apaisaient. C'était une blessure qui finirait par guérir d'elle-même, avec le temps. L'alcool n'aidait en rien, au contraire, il ramenait même des problèmes jusqu'alors inexistants, incitant son hôte à boire de plus en plus afin d'échapper à la réalité de la vie qu'il avait en horreur. La dose n'était jamais assez forte pour effacer la douleur causée par l'absence et même si l'adolescente était trop jeune pour s'être laissée allée à ce genre de pratique, elle avait tenté, parfois, de fuir son quotidien en participant à des soirées avec ses amis. Elle n'avait qu'un mal de tête atroce le lendemain, mais le trou, béant, était toujours là.

« Moi aussi, j'ai quelque chose pour toi. » murmura-t-elle simplement en laissant son regard glisser naturellement sur le visage de Pride. « Mais... Tu dois fermer les yeux. » Elle attendit que sa requête fut exaucée avant de se relever, tremblante, le coeur palpitant à 400 pulsations par minute. Ce fut à pas de souris qu'elle se rapprocha de Pride et ce fut avec toute la délicatesse du monde qu'elle posa ses lèvres sur les siennes, laissant ses cheveux blonds caresser son épaule sans chercher à les retenir. Son coeur battait tellement vite qu'elle avait l'impression qu'il quitterait sa cage thoracique afin de rejoindre celui, assombri et incertain, de l'homme qui avait tant su la protéger, mais qui disparaitrait bientôt, comme les autres.
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Message(#) Sujet: Re: LAST GOODBYE | PRIDE Dim 17 Oct 2010 - 13:38

« C'est trop fort, le whisky... » Un léger rire cynique s'échappa de ses lèvres blêmes, tel un souffle étouffé par son propre désarroi compagnon de son écoeurement. Par le biais de son cynisme venimeux, il ne s'en prenait pas aux propos même de la jeune fille recroquevillée dans le canapé du salon, mais à cette ironie qu'il avait toujours manié avec brio et qui aujourd'hui se retournait contre lui. Bien sûr que cet alcool ambré était trop fort, mais sans doute pas autant que cette peine se muant en colère noire qui prenait possession de son palpitant et qu'aucun pseudo prêtre ne pourrait exorciser. Ses démons se réveillaient peu à peu, pourtant toujours dissimulés derrière un masque de sérénité glacée : c'était ce qu'ils appelaient le flegme à toute épreuve. Il avait besoin d'alcool pour endormir la douleur de son myocarde et soigner partiellement sa plaie avant qu'elle ne s'infecte ; on ne soigne le poison que par le poison, le venin constituant une grande partie des remèdes promulgués en cas d'empoisonnement, c'était bien connu. Et Pride dans cette course contre la ciguë s'infiltrant dans ses veines, ne souhaitait plus que la dissiper par quelques gorgées d'alcool lui brûlant le gosier. Il oublierait, au moins pour quelques heures ou le temps d'une soirée, endormirait sa peine et sa colère, puis feinterait l'indifférence auprès de l'amante concernée : jusqu'à son départ de Chicago, Pride se fit en l'instant la promesse d'éviter le mannequin ou tout du moins de n'être plus qu'une brise polaire à son encontre. Qu'elle le trompe si elle le souhaite, mais qu'elle ne joue pas avec sa dignité : plus qu'un simple mot c'était le fondement de Berrington qui malgré ses mauvais actes et son esprit finassier, en avait fait son étendard. Il se contenta alors de hocher brièvement la tête suite à son rire cynique et de tourner le dos à la demoiselle au teint pâle, esquissant quelques pas pour traverser la pièce. Mais la voix timorée et cristalline de Ella, semblable à de l'eau ruisselant entre les galets d'une rivière, le stoppa dans son élan et le força à se retourner, taciturne. « Moi aussi, j'ai quelque chose pour toi. » Un léger froncement de sourcils vint orner son front lisse tandis qu'il se retourna complètement vers la demoiselle dont l'or de ses cheveux satins attirait la lumière ocre des bougies aux flammes vacillantes. L'atmosphère soudain sereine mais plombée d'effluves dramaturges dont il avait toujours eu en horreur, ce clair obscur rompu par la douceur des flammes, le discours qui lui semblait irréel et la brume de son esprit perdu... tout semblait le renvoyer à un rêve. Un mauvais rêve dont il ne se réveillerait qu'une fois revenu à Chicago, sa terre natale. Enfin. « Mais... Tu dois fermer les yeux. » Le jeune homme entrouvrit les lèvres, prêt à controverser la requête de l'adolescente, avant de finalement se raviser. Il n'avait jamais aimé les surprises, fait paradoxal pour un être tel que lui haïssant la routine et demeurant imprévisible au plus haut point. Soutenant le regard chatoyant de sa jeune invitée, Pride finit par s'exécuter : après tout, il lui devait bien ça, lui qui allait l'abandonner sans jamais se retourner. Que pouvait-elle faire de toute évidence, mis à part lui prendre la main et y déposer un cadeau, voire se jeter dans ses bras pour le laisser apprécier une étreinte amicale sans qu'il ne se sente gêné... lui réciter un poème peut-être... Hmm sans doute pas, les adolescentes de son âge ne récitent plus de Rupert Brooke depuis longtemps, n'est-ce pas ? Les fables et les comptines sont laissées aux gamines de onze ou treize ans, passé quinze ans déjà on … vous embrasse sur les lèvres ?

Le jeune homme sentit son palpitant bondir hors de sa poitrine, non sous l'effet d'un plaisir électrique fort heureusement, mais entraîné par une surprise terrifiante. Sentir les lèvres de l'adolescente contre les siennes avait tout de quelque chose de morbide et de malsain, et à ce simple contact Pride vint faire un bond en arrière d'un réflexe presque comique, reculant d'un pas avant que sa tête brune ne heurte violemment le coin d'un placard fixé à sa hauteur. Pride Berrington déstabilisé par une jeunette de quinze ans ? ... Bien sûr ! Vous n'imaginez pas comme les voisins d'un tel quartier peuvent se faire une joie de vous traiter de pédophile sous prétexte que l'ange blond du coin a eu le béguin pour vous. Et la scène aurait pu s'avérer hilarante si la pauvre adolescente n'avait pas cette déception venue ternir ses si beaux yeux azurés. Le jeune homme quant à lui se courba légèrement en deux sous la douleur, son « Put... », devenu un « Ouch » plus ou moins poli et rattrapé de justesse alors qu'il posa sa main sur le choc crânien qui lui avait été douloureux. « Bon sang Ella tu es... tu... » Bravo, mademoiselle Nielson, vous avez réussi à fermer le clapet de Berrington, aka l'homme qui a toujours le dernier mot et qui terrorise les personnes qu'il méprise, par le biais de simples paroles. C'est affolant, ce qu'un baiser peut avoir comme effet sur les hommes. C'était affolant de voir aussi toutes les pensées alarmées qui parcouraient en l'instant son esprit : cette situation n'était pas bonne. Pas bonne du tout. Posant alors une main sur la commode, légèrement penché en avant tandis que son autre main venait frotter sa tête brune, Pride tentait tant bien que mal de mettre des mots sur son malaise, sa surprise, sa déconvenue. « Ella tu ne peux pas... Tu es trop jeune et tu... » Ne parvenant pas à finir une simple phrase, sentant la panique précipitée qui fourmillait encore jusque son palpitant, il finit par s'en prendre à lui-même. « Bordel ne me dis pas que j'ai donné un premier baiser à une gamine de quinze ans. » Et le jeune homme de se redresser, posant enfin son regard noisette sur l'adolescente d'une oeillade à la fois paternelle, protectrice et gênée. « Tu es une gamine charmante, mais tu ne peux pas faire ça, ce n'est pas ... moral. » murmura celui qui avait un taux d'immoralité excessivement élevé dans les veines. Ironie quand tu nous tiens. « Qu'est-ce qu'il t'a pris ? Dis-moi que tu ne consoles pas tout le monde de cette manière. » rajouta alors Pride, tentant une légère dose d'humour qu'il ne maîtrisait pas bien en l'instant – voire pas du tout – mais tentant d'alléger la situation tendue et de ne pas dramatiser ce qui s'était passé.

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Message(#) Sujet: Re: LAST GOODBYE | PRIDE Lun 18 Oct 2010 - 16:58

Blessée, le coeur en miettes et l'orgueil en compote, la jeune fille ne pipait mot, regardant sans vraiment le voir le jeune homme qui s'était éloigné d'elle à une vitesse fulgurante. Elle laissa le juron de Pride se transformer en une expression ahurie de douleur alors qu'il se frottait le crâne, venant tout juste de se cogner contre un meuble. « Bon sang Ella tu es... tu... » L'adolescente releva les yeux, surprise, alors que ses sourcils se fronçaient dans une moue d'incompréhension. « Je suis quoi? » demanda-t-elle simplement dans l'attente de l'adjectif qui la qualifierait. « Ella tu ne peux pas... Tu es trop jeune et tu... » C'était donc ça, trop jeune. Si elle avait eu quelques années de plus, elle n'aurait plus été charmante, mais bien séduisante? Elle n'aurait plus été une gamine, mais plutôt une jeune femme? C'était donc ça? Il l'avait repoussée parce qu'elle était trop jeune?

« Bordel ne me dis pas que j'ai donné un premier baiser à une gamine de quinze ans. » L'adolescente leva les yeux au ciel avant de froncer les sourcils, légèrement vexée. « Je ne suis pas une gamine. » Elle n'avait que murmuré ces mots, n'étant même pas certaine que Pride les ait entendus puisqu'il avait fait un bond de dix mètres en arrière lorsqu'il avait pris conscience de la situation. Non seulement elle se sentait stupide d'avoir cru qu'il puisse lui rendre son baiser, mais elle se rendait compte à quel point le fossé était large entre eux. Elle était trop jeune et elle le serait toujours. Se tenant devant lui, ramenant ses cheveux d'un seul côté de son visage, elle tentait de paraître indifférente, comme si la situation ne la touchait pas, comme si c'était un geste parmi tant d'autres. Mais son attitude l'avait blessée, malgré la petite voix dans sa tête qui ne cessait de lui dire à quel point Pride avait toujours des réactions auxquelles elle ne s'attendait pas.

L'adolescente laissa son regard se poser sur la flamme miroitante d'une bougie, tout pour ne pas le regarder en face. Il la connaissait et malgré ses mensonges, malgré les vérités qu'elle tentait parfois de cacher, il semblait toujours tout savoir. Elle ne voulait pas qu'il sache qu'elle était déçue et qu'elle s'en voulait d'avoir osé, elle voulait qu'il pense que pour elle ce n'était rien, qu'elle avait déjà oublié.

« Tu es une gamine charmante, mais tu ne peux pas faire ça, ce n'est pas ... moral. » « Je ne suis pas là pour te faire la morale, parce que je n'ai aucune once de moralité qui coule dans mes veines. Ça te dit vraiment rien? » Reprenant, dans un léger murmure, presque mots pour mots la phrase qu'il lui avait dite quelques semaines auparavant, Ella avait posé son regard dans le sien alors qu'elle comprenait qu'elle était allée trop loin, cette fois. Elle se rappelait ce qu'il lui disait, comme si cela pourrait lui permettre de le garder à ses côtés, même quand il serait partit. Elle avait volontairement omis de lui spécifier, encore une fois, qu'elle n'était plus une enfant puisqu'apparemment, dans l'esprit torturé de Pride et surtout dans son coeur, elle ne serait jamais plus qu'une adolescente.

« Qu'est-ce qu'il t'a pris ? Dis-moi que tu ne consoles pas tout le monde de cette manière. » Ella ne put que froncer les sourcils alors qu'elle n'avait pas envie de s'amuser de sa réplique. Elle le vit se frotter la tête, encore, et elle s'approcha de lui délicatement. « Tu saignes, peut-être... » Elle saisit sa main en lui offrant un regard qui ne laissait aucune place à l'argumentation, du moins, elle l'espérait. Une moue à laquelle il ne pourrait sans doute pas résister. S'il la prenait pour une gamine, autant jouer de son regard de chat potté pour le convaincre de la laisser regarder son crâne. Elle le tira vers le fauteuil et le poussa à s'asseoir alors qu'elle en faisait le tour pour se positionner derrière lui.

Ce fut avec délicatesse et minutie qu'elle examina le cuir chevelu de Pride et grimaça légèrement à la vue de la bosse qui se formait petit à petit sur le sommet de son crâne. « Tu t'es pas manqué... Je reviens. » Elle se dirigea donc sans gêne vers la cuisine et saisit un linge qu'elle mouilla à l'eau bien froide. Heureusement qu'elle était déjà venue car l'obscurité aurait pu rendre sa tâche un peu plus difficile. Ce ne fut que quelques secondes plus tard qu'elle revint au salon afin d'y retrouver le jeune homme. « Tiens... Ça va te faire du bien. » avoua-t-elle en déposant avec douceur le linge mouillé sur le dessus de la tête de Pride. L'action lui avait permis d'oublier ce qui s'était passé quelques instants auparavant et Ella se mordit la lèvre avant de se recomposer une expression plutôt neutre lorsqu'elle revint s'asseoir sur le bout du canapé.

L'ambiance tamisée des lieux attira une nouvelle fois son attention, mais cette fois, elle osa poser la question qui lui brûlait les lèvres depuis son arrivée. « C'était pour elle, tout ça? » Elle avait désigné d'un léger signe de la tête les bougies dispersées un peu partout, alors qu'une seule aurait suffit pour lui permettre de lire le journal.
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Message(#) Sujet: Re: LAST GOODBYE | PRIDE Lun 25 Oct 2010 - 20:52

Les mots piqués et la moue vexée de la jeune fille n'atteignirent pas son interlocuteur : non pas parce qu'il y était volontairement inattentif comme à son habitude d'arrogant égocentrique, mais à cause d'un esprit trop vagabond, tentant de s'échapper des lieux pour mieux soigner ses plaies invisibles. La douleur portée à son crâne n'avait rien de comparable à la souffrance de son myocarde, comme poignardé d'une main ferme mais trop douce : et ni les mots, ni les regards, ni les gestes, ne pouvaient ramener Pride Berrington sur terre en l'instant. Absent et présent à la fois, dans un état de léthargie douloureux, il lui semblait que son estomac se rétractait d'une jalousie poignante autant que d'une haine fougueuse. Et bien que taciturne malgré ses démons éveillés, on pouvait percevoir au creux de ses yeux fauves une flamme enragée et dangereuse, feu ardent qu'il évita d'offrir à Ella en détournant ainsi son regard. L'adolescente avait beau parler, s'inquiéter, ou gémir quelques paroles se voulant réconfortantes, plus rien ne semblait venir frapper à la porte de sa conscience : se contentant de s'appuyer contre la commode et de pester envers sa maladresse soudaine, Pride fit à peine attention à la fillette inquiète qui s'approchait de lui avec douceur. « Tu saignes, peut-être... » Le jeune homme serra la mâchoire, faisant l'effort surhumain de garder son cynisme pour lui : le silence offert à l'encontre de Ella témoignait de son affection pour cette dernière... Etrange comportement, et pourtant tellement vrai. Tant que Berrington n'ouvrait pas les lèvres lorsqu'il se sentait menacé, tant qu'il ne prenait pas un souffle pour mieux lâcher quelques syllabes vous entaillant la chair de leur pointes aiguisées, c'était signe qu'il prenait soin de vous préserver. Attitude presque altruiste en contradiction totale d'avec son égotisme intense. Ainsi, il n'eut pas le courage de la froisser jusqu'au bout et se laissa guider jusqu'au canapé où la jeune fille le força à s'asseoir : sa nouvelle infirmière semblait prendre sa mission très à coeur. « Tu t'es pas manqué... Je reviens. » Et tandis que Ella s'en allait nonchalamment vers la cuisine, Pride passa une main dans ses cheveux d'ébène non sans pousser un soupir incommodé : voilà qu'après avoir offert probablement un premier baiser à une adolescente, il se retrouvait materné par cette dernière. Et bien que touché par tant d'attention dont il n'avait guère l'habitude, Pride ne souhaitait pas voir la jeune fille se fourvoyer : comment dire à une demoiselle qui nous tient à coeur, de poser des réserves et de ne pas se faire d'idées ? Pire encore, comment le dire gentiment et avec tact, quand on s'appelait Pride Berrington ? Là était le défi du jeune homme à relever pour ce soir. « Tiens... Ça va te faire du bien. » fit alors l'ingénue avant de lui poser un linge mouillé sur un coin de sa tête, qui vint lui arracher un bref soupir de soulagement. Fidèle à lui-même, Pride ne s'accommoda pas même d'un 'merci', son regard encore teinté d'un chagrin poignant et d'une colère noire figé sur le tapis du salon. Le silence semblait s'être fait son compagnon depuis le baiser de Ella, une fois l'étonnement passé ; mais ce fut sans compter sur cette dernière qui vint le rompre avec toute la légèreté du monde. « C'était pour elle, tout ça? » Déconcerté par la question inattendue, celle que seule une enfant candide pouvait poser, Pride releva ses yeux fauves sur l'ensemble de la pièce agitée d'ombres lumineuses : la multitude de bougies tamisant les lieux de leurs lumières chaleureuses conférait une atmosphère intimiste et sereine, bien loin de l'état d'âme troublé de l'habitant. « Ca n'a plus d'importance maintenant. » Le murmure de Pride s'échappa de ses lèvres dans un soupir plein de reproches envers Muse, tandis que sa main vint ôter le linge humide qui commençait à lui être désagréable. Reconnaissant néanmoins envers l'ange blond, Pride se voyait mal passer la soirée en compagnie d'une adolescente croyant encore vraisemblablement au pouvoir des 'baisers magiques' ; il se leva alors avant de poser son linge sur la table du salon, se tournant enfin vers Ella dans un faux sourire d'apparence diablement bien assurée. « Tu es une infirmière confirmée. » affirma-t-il sincèrement, avant de reprendre de sa voix suave : « Mais il se fait tard tu devrais retourner chez... » Et la phrase de Pride de rester en suspens, tandis qu'il cherchait ses mots, le prénom de Lawson lui échappant de sa mémoire avec trop de facilité... Quel était son nom déjà ? Troublé par cette violente déconvenue de ce trou de mémoire, Pride entrouvrit la bouche avant de poser son regard agité sur un point inconnu sur l'horizon. L'amnésie semblait gagner du terrain, inlassablement, et jour après jour il lui semblait qu'elle venait dévorer sa mémoire à court terme, telle une charogne affamée. Ne souhaitant pas faire paraître son angoisse soudaine quant à ce violent trou de mémoire, Pride secoua la tête d'un mouvement imperceptible avant de reprendre, dubitatif : « Chez ton tuteur... » Froncement de sourcils, regard fuyant, palpitant à l'abandon, et le jeune homme ressentait encore ce brutal besoin de fuir devant tant de confusion. « ...chez toi. », rajouta-t-il avant de sortir du salon, s'engouffrant alors dans la cuisine. Ses mains posées sur la table, bras tendus, regard pensif, il attendait avec ferveur que le prénom ne lui revienne. Pour lui, pour elle, pour tout ce qu'il avait vécu et qu'il vivrait encore. Tant d'émotions en si peu de temps, voilà qui avait le mérite de secouer son âme au point de poser un voile sur sa mémoire.
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Message(#) Sujet: Re: LAST GOODBYE | PRIDE Mar 26 Oct 2010 - 20:47

« Tu es une infirmière confirmée. Mais il se fait tard tu devrais retourner chez... » Ella releva les yeux vers lui alors que ses sourcils se fronçaient sous l'habileté de Pride à la fuir. La facilité avec laquelle il détournait le regard était déconcertante alors que l'adolescente ne cherchait que ça, un sourire de sa part, ne serait-ce que pour s'assurer qu'il ne lui en voulait pas. Elle n'avait pas voulu le réconforter pour la peine que lui avait causée Muse, pas plus que le malaise qui se jouait entre eux en ce moment n'avait été prévu. Elle ne savait même pas ce qui lui avait pris, pourquoi elle avait posé ses lèvres sur les siennes; elle s'était attendue à quoi? À rien. À rien du tout. Ce baiser était davantage symbolique qu'autre chose, pour l'adolescente, mais il semblait représenter bien plus aux yeux de Pride puisque l'horreur et le dégoût avaient pu se lire sur son visage. « Chez ton tuteur... » Elle tenta en vain de croiser son regard afin d'essayer de comprendre ce qui se passait, mais elle ne put récupérer qu'un « ... Chez toi. » avant qu'il ne se lève pour quitter le salon. Ella demeura perplexe un instant, incertaine quant à l'attitude à adopter en pareilles circonstances. Pride semblait bouleversé, ce qui était plus ou moins normal au vu de la nouvelle qu'elle venait de lui annoncer, mais elle était prête à parier qu'il y avait dans son regard une once d'interrogation différente, comme s'il cherchait ses mots sans les trouver.

Elle passa une main dans ses cheveux avant de se lever à son tour et de suivre ses traces, le retrouvant à la cuisine, appuyé contre la table alors qu'elle avait presque l'impression qu'il tentait de reprendre son souffle. Inquiète, elle se dirigea vers lui, mais se stoppa lorsqu'elle fut à quelques pas, consciente qu'il tentait simplement de se souvenir. « Lawson... » murmura-t-elle simplement en haussant les épaules. « Il s'appelle Lawson. » L'adolescente ne comprenait pas grand chose à ce qui se passait, mais elle avait conscience de la crise intérieure qui se jouait dans le coeur du brun ténébreux. Elle se mordit la lèvre en s'approchant de lui, s'assurant néanmoins de garder ses distances afin de ne pas pénétrer dans son antre et de se donner à elle-même un peu de courage. Elle se rendait compte que s'il connaissait une partie de sa vie, il ne lui avait pas beaucoup parlé de la sienne, malgré tout. « C'est pas grave, tu sais, c'est rien qu'un nom. » murmura-t-elle dans une tentative désespérée de le rassurer.

Il avait l'air perdu, complètement déboussolé dans un monde qui était pourtant le sien depuis un long moment. Ce n'était pas facile à comprendre, mais Ella y parvenait plutôt bien, elle-même s'étant sentie étrangère dans la ville qui l'avait toutefois vue naître. Ici, elle avait l'agréable impression de pouvoir recommencer et cette possibilité lui plaisait.

Elle posa ses prunelles sur les mains de Pride, posées à plat sur la table de la cuisine, alors qu'elle ne parvenait pas à croiser son regard ne serait-ce qu'une seule seconde. Il la fuyait et par ce simple geste, il perdait la confiance qu'elle avait instaurée en lui et la jeune fille s'éloigna légèrement, les sourcils froncés. Elle prenait conscience que c'était entièrement sa faute et qu'il n'avait rien à voir là-dedans, mais elle ne parvenait pas à ne pas lui en vouloir pour son départ, ni même pour son attitude un peu brusque d'il y a quelques instants. « Pourquoi tu fais ça? Pourquoi tu... » agis comme ça... Ses mots moururent néanmoins sur ses lèvres alors qu'elle ne savait même pas précisément l'importance qu'il devait accorder à ses paroles. Elle avait voulu lui reprocher son comportement avec elle? Non. Lui demander ce qui se passait d'une bien étrange façon? Peut-être. Elle ne s'inquiétait pas vraiment pour lui, elle savait qu'il saurait faire face à tout ça avec le calme et l'indifférence dont il pouvait faire preuve, mais son état était néanmoins préoccupant. Elle ne l'avait jamais vu perdre le contrôle de ses émotions; il avait toujours eu cette même expression protectrice, ce même regard sauvage.

Elle secoua cependant la tête en faisant un pas de côté, consciente que sa vie ne la regardait pas. Elle n'était qu'une adolescente, trop jeune de surcroît, qui ne pourrait pas comprendre, sans doute. « Je suis désolée. Tu as raison, il se fait tard. Je suis vraiment désolée pour tout. » Elle se mordit la lèvre avant de faire demi-tour, l'abandonnant à pas de souris dans la cuisine. Ce ne fut que lorsqu'elle faillit franchir le seuil de la cuisine qu'elle se retourna pour lui souhaiter bon voyage, chose qu'elle ne parvint malheureusement pas à faire en posant les yeux sur la silhouette de Pride. Elle fronça les sourcils et demeura silencieuse et immobile quelques secondes avant de tourner les talons, récupérant ses chaussures qu'elle avait laissé dans l'entrée. Elle les enfila rapidement et jeta un dernier coup d'oeil en direction de la cuisine, un peu déçue qu'il la laisse partir comme ça. Elle expira légèrement afin de se donner du courage, essuyant une larme au coin de ses yeux, avant d'ouvrir la porte et de s'enfoncer dans la nuit pour retrouver son chez soi.

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