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 DEVILS IN DISGUISE (pv)

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Message(#) Sujet: DEVILS IN DISGUISE (pv) Mer 17 Nov 2010 - 22:52



devils in disguise
    PRIDE S. BERRINGTON & AUBREE DEHZKEL


    astryal & lifeisacircus @LJ


    30 OCTOBRE 2011, BUREAU DE PRIDE,
    SOHO'S 1515





Pride Berrington était connu pour être de ceux qu’il valait mieux compter parmi ses amis que ses ennemis. Personne ne voulait se frotter à son mauvais côté, ou faire les frais de son insatisfaction. Personne ne voulait savoir jusqu’où il était capable d’aller en matière de vengeance. Il en allait de même pour Aubree Dehzkel : il avait suffi de quelques mois à la jeune femme pour se forger une réputation qui suffisait généralement à tenir les indésirables à distance. Tous deux étaient aussi dangereux l’un que l’autre – à la différence près qu’Aubree ne se souciait nullement d’avoir une raison valable, ou même un prétexte lorsqu’il s’agissait de ruiner la vie des autres. Elle en tirait un plaisir malsain et rapidement indispensable, qu’elle n’échangerait contre rien au monde. La population de Miami croyait avoir vu le pire, confrontée aux actions de Pride et d’Aubree. Mais ceux-ci avaient trouvé le moyen de faire pire – agir ensemble. Ils seraient, ainsi, deux fois plus efficaces et dangereux. Leurs génies en la matière se complétaient, le culot d’Aubree était modéré par la réflexion de Pride, et le résultat n’en était que plus explosif. Certes, Aubree travaillait pour le compte de quelqu’un et était bien consciente que malgré le terme de « partenaires » qu’ils attribuaient à leur sombre alliance, Pride était celui qui dirigeait les opérations. Curieusement, malgré l’animosité qu’elle avait ressentie dès le premier instant à l’égard de Pride, elle ne s’en formalisait pas. La situation lui convenait parfaitement : elle était satisfaite du compromis auquel ils étaient parvenus. Elle travaillait pour lui, mais la récompense qui l’attendait en valait largement la peine. De plus, elle était dans son élément : quoi de plus facile que détruire la vie des autres ? Elle était experte dans ce domaine.

Le plan était simple, mais plus ardu à mettre à l’exécution : il s’agissait tout simplement de faire couler la concurrence. À savoir le Full Moon, boîte de strip-tease de Samaël Monaghan, considérée tout naturellement comme dérangeante aux yeux de Pride. Pourquoi avait-il demandé à Aubree en particulier de faire ce boulot ? Allez savoir. La seule certitude que l’on pouvait avoir était que le choix de Pride était parfait : personne ne pouvait mieux remplir ce rôle qu’Aubree Dehzkel. Elle avait rapidement intégré le Full Moon, se faisant passer pour une danseuse des plus inoffensives. Bien entendu, tout le monde avait rapidement compris quel genre de personne était Aubree, et les plus sages s’étaient immédiatement retirés de son passage. Mieux valait ne pas se mettre à dos la jeune femme, qui n’hésitait jamais à tout piétiner sur son passage pour mieux avancer. Elle n’avait pas tenté de camoufler sa condition de garce, qu’elle assumait pleinement et qui ne serait en aucun cas un handicap pour l’accomplissement de sa mission. Bien au contraire, le caractère intraitable d’Aubree pourrait servir de prétexte aux frasques qu’elle allait devoir commettre pour faire couler la boîte. Aubree avait déjà fait l’expérience de ce genre de dérapages qui pouvaient très mal finir – la dernière fois, cela s’était passé au Soho’s 1515, avec un renvoi à la clé. Certes, Pride n’avait guère pris longtemps pour l’engager à nouveau, bien que ce fût pour un tout autre job que danser autour d’un poteau pendant des heures. Aubree savait cependant que Samaël n’était probablement pas aussi fourbe que son rival, et que si elle venait à se faire renvoyer, il n’aurait pas de deuxième boulot à lui proposer. C’est pourquoi elle avait tout mis en œuvre pour amadouer le patron de la boîte, afin de réduire l’étendue des dégâts lorsqu’elle commettrait ses fameuses bourdes.

Apprivoiser Samaël Monaghan avait été étrangement simple, et Aubree était toujours surprise lorsqu’elle voyait combien leur relation s’était consolidée en seulement quelques semaines. Sans doute les similitudes dans leurs tempéraments respectifs y étaient-elles pour quelque chose : ils s’entendaient à merveille. Aubree s’était également servie de ses atouts les plus sûrs, parmi lesquels l’on retrouvait son pouvoir de séduction. Loin de se considérer comme détentrice d’un charme à toute épreuve, Aubree savait cependant que la plupart des hommes étaient sensibles à sa beauté toute relative de reine des glaces. Certes, celle-ci s’était quelque peu dégradée depuis qu’elle avait commencé l’usage abusif de drogues en tous genres, mais ces frasques ajoutaient une touche particulière à son visage – une trace d’usure et de fatigue qui possédait, étrangement, une certaine beauté, ou plutôt, un petit quelque chose qui accrochait le regard. Quant à sa peau diaphane, elle n’avait fait que pâlir avec le temps, malgré le temps ensoleillé de Miami. Lequel de ces critères avait agi sur Samaël, excellente question, mais le résultat n’en restait pas moins concluant : régulièrement, Aubree se rendait dans le bureau de son patron pour y effectuer quelques tâches assez éloignées du domaine professionnel.

En résumé, la jeune femme s’amusait comme une folle. Tout se passait pour le mieux, et ses rapports avec Pride s’étaient améliorés de manière inespérée. Lorsque les deux s’étaient rendus compte de l’étendue de leur cruauté respective, ils avaient décidé de s’allier plutôt que de s’opposer comme ils l’avaient toujours fait. Et cette collaboration avait fini par les rapprocher, faute d’un meilleur terme. Tous les quinze jours, Aubree se rendait à son ancien lieu de travail pour y rapporter les dernières nouvelles concernant sa mission, et Pride, qui à la base ne voulait qu’entendre de brefs rapports à chaque entretien, avait fini par se prêter au jeu et ces petits rendez-vous devinrent rapidement de plus en plus longs. Ils passaient souvent des dizaines de minutes à discuter de choses et d’autres en rapport avec leur plan, et, malgré le peu de sympathie qu’ils éprouvaient à l’égard de l’autre, le côté obligatoire de leurs entretiens s’était rapidement effacé au profit du divertissement que ceux-ci pouvaient apporter.

Aujourd’hui était un de ces jours où Aubree devait se rendre au Soho’s 1515 pour rapporter les derniers potins du Full Moon. Ponctuelle, la jeune femme se présenta à seize heures tapantes devant la porte du bureau de Pride. Elle toqua, puis entra, après s’être assurée qu’il ne fût occupé avec quelqu’un d’autre. Elle lui sourit, brièvement, puis vint s’installer face à Pride. Elle attendit sans broncher que celui-ci reportât son attention sur elle et se concentra sur ce qu’elle avait à dire, soucieuse de ne rien oublier.

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Message(#) Sujet: Re: DEVILS IN DISGUISE (pv) Ven 19 Nov 2010 - 18:44

La conscience, quel horrible don du ciel. Fort heureusement, certaines personnes ici-bas ne s'encombraient pas de ce genre de détail pourtant indispensable pour accéder à une certaine empathie. C'était en outre le cas de Berrington et de sa fidèle associée Dezhkel, Belzébuth et Lilith réunis pour le meilleur et concrètement pour le pire : jouir de la destruction sociale d'une tierce personne était devenu leur passe-temps commun, dans une approche plus complice et intimiste qui grossissait de jour en jour. Pride n'avait jamais douté d'Aubree quant à ses capacités destructrices d'empoisonneuse ; quand bien même leur relation n'avait pas toujours été au beau fixe, il avait su reconnaître en cette toxicomane à problèmes un véritable don pour le jeu de la vicissitude et l'abandon total de principes éthiques. Entre autre, le jeune homme ne s'était pas trompé ; l'imagination de la demoiselle pouvait aisément rivaliser avec la sienne propre, et les deux démons avaient ainsi pu s'y donner à coeur joie dans la destruction du royaume de Samaël Monaghan. Destruction qui n'était d'ailleurs pas totale et qui demandait du temps autant que de la patience : la subtilité du jeu résidant dans le fait d'attaquer par paliers, telle une maladie sournoise diagnostiquée à sa phase terminale. Mais plus que la véritable ambition de jeter un monopole et d'ériger sa boîte de strip-tease comme la maîtresse des lieux en évinçant son rival, c'était la passion du jeu qui avait animé la motivation de Pride Berrington, quitte à s'en brûler dangereusement les ailes. Malheureusement pour Aubree, ce dernier avait estimé que s'il tombait dans les affres de l'échec, la demoiselle le suivrait dans sa chute : autant donc travailler en duo avec application et en évitant de se faire des coups bas. Finalement, ce fut avec une agréable surprise que tous deux avaient vu leur relation s'améliorer : de patron méprisant à employée arrogante, ils étaient devenus associés jetant les dés avec mesquinerie. Et aujourd'hui demeurait donc le fameux jour du rapport de sa belle Asmodée, qui viendrait lui faire part de son avancement ; cette dernière vint toquer à la porte de son patron, lequel était fixé à son téléphone portable, fidèle compagnon des businessmen arrivistes. D'une voix épicée et brune, Pride invita la demoiselle à entrer, laquelle s'installa face à lui tandis que ce dernier réglait quelques affaires d'ordre financier. Et enfin, rangeant son cellulaire dans la poche interne de sa veste griffée, le ténébreux jeune homme tourna ses yeux fauves sur Aubree, d'un sourire en coin terriblement charmeur et mesquin. Les lueurs entières de la vicissitude brillaient dans l'alcôve de ses rétines ambrées, réputées pour être prédatrices et foudroyantes : bien plus que posséder un flingue dormant à sa ceinture comme n'importe quel américain lambda, Pride avait ce regard revolver qui pouvait vous figer sur place. Colt Python, extraordinaire précision, à manier avec dextérité ; meilleure arme du monde et introuvable actuellement sur le marché.

« Et bien, où en est la métastase ? » Assorti à ses balles de plomb rétiniennes, une voix envoûtante et suave se faisait bruissement de soie et de satin ; véritable invitation à l'effusion des sens et qui pourtant se faisait venin dangereux. Le jeune homme se redressa alors d'un sourire satisfait, ses doigts pensifs venant caresser distraitement ses lèvres vermeilles dans l'attente de sa réponse. Car assimilable à un cancer, leur action au sein de la boîte rivale prenait la forme d 'une tumeur délicieuse personnifiée en Aubree qui insufflait la maladie qui viendrait ébranler les murs du Full Moon. Serait-ce bientôt la fin d'un jeu jouissif et vicieux, ou au contraire devait-il encore se faire monstre de patience ? Si tant est qu'on pouvait appeler Pride Berrington comme quelqu'un possédant cette sainte aptitude.
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Message(#) Sujet: Re: DEVILS IN DISGUISE (pv) Mar 23 Nov 2010 - 0:44





Le regard perfide et maléfique de Pride, posé sur la frêle silhouette de son acolyte, poussa Aubree à se lancer. « Et bien, où en est la métastase ? » La métaphore médicale, morbide au possible, arracha un sourire mauvais à Aubree qui partageait entièrement l’humour macabre de son patron. Ils échangèrent un long regard, dénué de toute l’animosité qu’ils avaient pu éprouver seulement quelques semaines plus tôt. Puis Aubree se concentra et, affichant toujours son délicieux et venimeux sourire, elle commença à parler. « Elle avance, doucement mais sûrement. » Aubree porta son pouce droit à ses lèvres écarlates et en rongea distraitement l’ongle, avant de reprendre, de sa voix claire et froide, légèrement animée par une excitation mal cachée. « Les danseuses savent que je couche avec Monaghan. Elles savent que ça ne se limite pas à ça, qu’on entretient une relation et elles deviennent jalouses – elle lui font de moins en moins confiance. » Une lueur démoniaque habitait ses prunelles bleu vif. « J’essaye de détruire l’image de la boîte mais ça n’avance pas trop. J’ai fait ce que vous m’avez dit, provoquer, me comporter de sorte à choquer le plus de monde possible, d’enfreindre toutes les règles qu’on m’a imposées – mais évidemment, je ne pouvais pas exagérer. En tout cas, on a frôlé le scandale plusieurs fois, et j’ai le sentiment que d’ici quelques semaines, tout au plus, il éclatera. » La perspective d’une telle destruction enchantait Aubree, qui passait désormais des heures entières à réfléchir aux meilleures techniques à adopter lorsqu’il s’agissait de ruiner la vie de Samaël Monaghan – étrangement, Aubree, malgré son penchant clairement destructeur, n’était pas du genre à s’acharner sur quelqu’un, de surcroît lorsque cette personne ne lui avait jamais rien fait. Parfois, elle se plaisait à torturer une personne sans raison apparente, pour le simple plaisir de la voir sortir de ses gonds alors qu’Aubree se fichait éperdument des conséquences de ses actes. Mais les personnes visées par ce genre de comportement n’étaient en aucun cas bâtis sur le même modèle que Samaël : elles étaient, systématiquement, des personnes faibles, ou, tout au moins, sensibles. Des personnes qu’Aubree pouvait atteindre avec facilité, qu’elle pouvait blesser sans devoir faire le moindre effort. Certes, la jeune femme agissait généralement par facilité, mais les sentiments qu’elle tirait de ses actes étaient tout aussi euphorisants que si elle avait mis sur pied un plan complexe, aussi élaboré que celui qui concernait Samaël Monaghan. Alors, qu’est-ce qui l’avait poussée à s’impliquer autant dans la destruction d’une personne qui ne lui avait jamais fait de tort ? Sans doute l’appât du gain, et, plus que tout, le plaisir de jouer y étaient-ils pour quelque chose. Mais Aubree savait qu’il y avait quelque chose de plus. La destruction pour le simple plaisir de la faire agir en échange d’une belle récompense, n’avait aucun mérite, aucun intérêt, et Aubree en était consciente. Cependant, elle n’avait jamais rien vécu d’aussi excitant, d’aussi prenant et digne de son attention si difficile à attirer en temps normal.

La jeune femme s’était interrompue dans son discours, bien qu’elle n’eût pas encore dit tout ce qu’elle avait à annoncer. Elle voulait, une fois n’est pas coutume, être au centre de l’attention. Elle désirait mener cette conversation, en être la principale actrice et non pas une simple spectatrice. Elle voulait que cette fois-ci, Pride soit suspendu à ses lèvres, non pas parce qu’il le devait bien, étant donné qu’il avait été celui qui avait soumis l’idée d’établir un rapport toutes les deux semaines, mais parce qu’il était vraiment emporté par les paroles d’Aubree. Il avait ce talent presque hypnotisant qui lui permettait de tenir tous ses interlocuteurs en haleine lorsqu’il parlait de sa voix suave et reconnaissable entre mille. Aubree possédait un charisme comparable, bien qu’il fût aussi glacial que celui de Pride était bouillant. Elle espérait cependant être suffisamment captivante que pour attirer l’attention de son patron jusqu’au bout. Elle voulait qu’il boive ses paroles, qu’il attende avec impatience la suite. Ensuite, elle pourrait passer aux choses intéressantes – aux choses qui fascineraient, avec raison, Pride.

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Message(#) Sujet: Re: DEVILS IN DISGUISE (pv) Jeu 25 Nov 2010 - 18:56

La demoiselle avait fait du beau travail, c'était un fait indéniable ; Pride avait donc eu bien raison de miser l'ensemble de son jeu malsain sur Aubree dont l'aura sombre et vicieuse n'était plus discutable. Sa partenaire préférée déclina alors l'ensemble des actions effectuées sur le terrain pour mieux déployer un cancer douteux au sein de la boîte rivale : depuis les querelles entre danseuses provoquées par la jeune femme à l'air enchanté, jusqu'à la perte de confiance des employées de Monaghan envers ce dernier, confiance dûment arrachée par la maîtrise de Aubree, tout semblait se dérouler à la perfection. Tout, ou presque ; car bien sûr Berrington n'était pas dupe au point de penser que sa jeune partenaire n'entretiendrait pas de relations charnelles avec son rival, c'était au contraire un point important qui pourrait demeurer leur prochain appui pour ruiner sa boîte. Néanmoins le spectre de sentiments amoureux pouvait toujours planer au dessus de leurs têtes : il ne manquerait plus que la demoiselle ne s'amourache de la cible à abattre, et la partie se muerait en une descente aux enfers. Ainsi le regard chocolat de Pride se fit plus pensif quant à cette pensée, alors qu'il fronça les sourcils un instant sous l'impulsion des paroles de Aubree. Certes, il désirait savoir la suite, si vraiment les dégâts avaient été estimables, néanmoins le jeune homme ne pouvait s'empêcher de se montrer récalcitrant : sa confiance donnée en une personne n'était jamais clairement acquise, et pouvait s'effriter en une seconde. Il la donnait en location, en quelque sorte, pour un temps donné et pour un bénéfice grandement appréciable, mais ne l'offrait jamais à l'aveuglette. « Et ? » fit-il dans un soupir, attendant étrangement les prochaines paroles de la jeune Aubree tel un loup prêt à mordre, malgré son bref rictus narquois qui rappelait cependant qu'ils demeuraient partenaires. « Y a-t-il un 'mais' quelque part pour que tu te retrouves ici en me disant que les choses n'avancent pas assez vite ? » Evidemment que le jeune homme exagérait ses dires : si la jeune femme avait bien affirmé que l'image en elle-même du Full Moon ne s'effritait pas, elle garantissait un beau scandale dans les semaines à venir. Mais lequel. Là était la véritable question derrière les paroles de Pride, soufflées en un scepticisme charmant.

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Message(#) Sujet: Re: DEVILS IN DISGUISE (pv) Ven 26 Nov 2010 - 0:25





Aubree remarqua avec satisfaction qu’elle était parvenue à attiser l’attention de Pride – quoi de plus normal, après tout ? Il lui avait confié une mission de plus importantes et dont le seul succès dépendait de l’intelligence et de la finesse de la jeune femme ; deux qualités souvent remises en cause par bon nombre de personnes. Mais s’il y avait bien un défaut qu’Aubree ne possédait pas, c’était la stupidité. Certes, elle agissait stupidement, détruisait sa vie sans même tenter d’y faire quoi que ce soit, mais elle était dotée d’une intelligence hors du commun et savait se servir de ses neurones lorsqu’elle en avait besoin. Lorsque Pride l’interrogea, elle décela une curiosité proche de l’impatience dans sa voix froide et, en apparence, indifférente. Elle connaissait les intonations du jeune homme, bien que celui-ci fût des plus imprévisibles, impossible à cerner convenablement – disons qu’elle savait déceler quelques-unes des émotions importantes à reconnaître lorsqu’on avait affaire à Pride Berrington. Aubree sourit avec satisfaction, ravie de voir que Pride attendait qu‘une mauvaise nouvelle tombe, brisant ainsi le portrait idyllique qu’elle venait de dépeindre à Pride. Elle était, quelque part, ravie de voir qu’il l’avait sous-estimée et qu’il appréhendait un quelconque retournement de situation. Sa satisfaction n’en serait que plus grande lorsqu’Aubree s’expliquerait. Ce qu’elle s’empressa de faire, après s’être rapprochée de quelques centimètres de son interlocuteur, comme si le bureau situé entre eux n’existait pas. « Absolument pas. Les choses se déroulent comme prévues, au rythme prévu, grâce aux manœuvres prévues. Cependant… » Aubree avait eu une idée lumineuse, un plan diabolique, qui était encore bien plus risqué que tout ceux que Pride et elle avaient pu échafauder jusqu’à présent pour faire tomber Monaghan. Bien plus risqué, mais bien plus radical, et bien plus riche en adrénaline. Cependant, Aubree devait avoir l’accord de Pride pour pouvoir le mettre à exécution – c’était dans des moments comme celui-ci que leur hiérarchie, généralement laissée pour compte, ressurgissait et prenait toute son importance. Pride restait le cerveau de l’opération, celui pour qui ils agissaient, et c’était à lui de juger ou non de l’intérêt des idées d’Aubree. Elle ne pouvait pas se permettre le moindre écart, prendre le moindre risque inconsidéré. Car, il l’avait bien dit, s’il tombait, elle tombait avec lui, et vice-versa. Elle ferait donc mieux de ne pas agir sans réfléchir au préalable, et, même si elle réfléchissait, elle devait avoir un accord, un avis de Pride. Un accord qu’elle allait s’efforcer d’obtenir, par tous les moyens. Après une pause de seulement un ou deux instants, mais qui avait sûrement semblé bien plus longue, elle reprit. « … j’ai une idée pour accélérer le processus. Ma propre bombe nucléaire, qui anéantirait tout comme il faut en peu de temps. Vous avez un peu de temps, que je vous explique en quoi tout consiste ? » Le ton d’Aubree laissait clairement entendre qu’il ne s’agissait pas de l’une ou l’autre futilité, qu’elle avait pensé à quelque chose de complexe et de suffisamment intéressant pour que Pride y consacrât quelques précieuses minutes de son temps. Restait à voir quand, et s’il les lui accorderait.
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Message(#) Sujet: Re: DEVILS IN DISGUISE (pv) Sam 27 Nov 2010 - 15:07

« Absolument pas. Les choses se déroulent comme prévues, au rythme prévu, grâce aux manœuvres prévues. Cependant… » Voilà qui avait le mérite d'abaisser plus ou moins le taux de méfiance insufflé dans les veines du businessman escroc qui acquiesça subtilement d'un signe de tête ; certes si les opérations ne devaient pas non plus avancer trop vite au risque d'imploser en plein vol, il n'était pas non plus nécessaire de faire du sur place de peur d'échouer dans la mission. Car si tous deux possédaient cet instinct presque naturel de percevoir les failles où ils pouvaient frapper fort pour mieux empoisonner leurs cibles, ils n'étaient ni assez dupes, ni assez amateurs, pour se précipiter dans de telles démarches et risquer de faire s'écrouler un château de cartes construit minutieusement. Pride afficha une moue impatiente quant à la lenteur de leur échange ; fidèle à lui-même, agaçant au possible et vêtu d'une arrogance exaspérante, il souffla un soupir qui vint passer la barrière de ses lèvres blêmes sans discrétion aucune, alors que l'ambre de son regard se posa sur le plafond. Et pourtant la patience pouvait être une de ses vertus, à modération ponctuée néanmoins : s'il pouvait avoir un sang froid à toute épreuve, l'escroc n'aimait guère qu'on se joue de lui et de son temps si précieux. Time is money, était son adage quotidien parmi tant d'autres. Néanmoins Pride tenta de garder un calme olympien puisque face à lui ne se tenait plus une employée virée durement de sa si précieuse boîte, mais une acolyte avec laquelle il avait su partager autre chose que des joutes verbales houleuses. Berrington n'était simplement pas un homme facile à vivre, et son sale caractère méritait d'être parfois réfréné, s'il désirait vraiment vivre parmi ses semblables avec pacifisme. « Parfait. » coupa-t-il d'une voix un peu trop sèche, afin de palier son impatience glacée d'un mot encourageant. Du moins, le voulait-il, mais le ton de sa voix laissait encore à désirer quant à son effort de compliments mielleux. « … j’ai une idée pour accélérer le processus. Ma propre bombe nucléaire, qui anéantirait tout comme il faut en peu de temps. Vous avez un peu de temps, que je vous explique en quoi tout consiste ? » 'Non puisque j'ai convenu d'un rendez-vous entre nous pour jouer au squash, et non pour parler de ce foutu Monaghan' ; étaient les paroles venimeuses et rêches qui rêvaient de s'échapper de ses lèvres vermeilles. L'impatience montante, face aux questions puériles de la jeune Aubree, ne faisaient qu'attiser la mauvaise foi virulente de Pride, et sa capacité inouïe de se montrer désagréable au possible... Il n'était pas si étonnant, en fin de compte, de voir combien de personnes le qualifiaient d'acariâtre à l'aura densément trop sombre. Fermant les paupières l'espace de quelques secondes, sa main pensive caressant son menton et ses joues râpeuses, Pride finit par arquer les sourcils et prendre sur lui. Car il fallait avouer que depuis leurs échanges réguliers, un rapprochement s'était effectué entre les deux protagonistes qui avaient tous deux baissé les armes. Le jeune homme avait simplement le péché de la colère un peu trop aisé à réveiller, et parce qu'il s'agissait d'Aubree et qu'il avait appris à la considérer, il l'invita à continuer dans un mouvement de la main galant, et un bref sourire quelque peu forcé. « Il me semble que j'ai le temps, sans quoi tu ne serais pas ici. Je t'écoute. » Il était certain que la colère de Pride finirait par s'envoler aussi vite qu'elle ne s'était insufflée, vicieuse, dans ses veines, si la réponse d'Aubree s'estimait plus que satisfaisante. Il faut de tout, pourtant, pour faire un monde : même des lunatiques les plus intransigeants.
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Message(#) Sujet: Re: DEVILS IN DISGUISE (pv) Dim 28 Nov 2010 - 2:24





Aubree fut agacée de remarquer que la curiosité de Pride était rapidement retombée pour laisser place à une lassitude et un agacement qu’elle n’avait que trop souvent aperçus sur le visage du jeune homme. Elle détestait sa manière de la toiser comme il le faisait en cet instant – quelque part, cela lui rappelait l’époque où elle dansait encore pour lui et où il la considérait comme une moins que rien, une vulgaire catin qui semblait destinée à pourrir sa boîte. Certes, elle savait pertinemment que Pride avait, à ce jour, plus d’estime à son égard que lorsqu’ils se détestaient, mais elle connaissait également ses motivations – elle savait qu’il l’avait choisie non pas pour le respect qu’elle imposait, mais pour sa fourberie, sa froideur, son talent pour la manipulation et toutes ses autres propriétés que chacun aurait qualifiées de défauts dans un contexte ordinaire. Cette pensée n’était pas des plus plaisantes, mais comme toujours, elle fut indifférente à Aubree qui n’accordait d’importance qu’à la mission qui lui avait été confiée – peu importent les motivations qui venaient avec celle-ci. Pride avait promis de la payer pour l’efficacité de son travail, non pas pour qu’elle lui fît des réflexions philosophiques sur le peu de moralité dont il faisait preuve. Après tout, Aubree Dehzkel était bien la dernière à pouvoir parler lorsque le sujet abordé était la moralité…

La jeune femme n’en restait pas moins persuadée que Pride agissait et réagissait de manière odieuse – elle avait nettement perçu l’éclair colérique qui avait traversé son regard froid. À moins qu’elle ne l’ait imaginée ? Cela ne changeait pas grand-chose aux faits : une colère glaciale semblait émaner de Pride et ne présageait rien de bon pour Aubree, qui était bien placée pour savoir qu’il ne valait mieux pas sous-estimer les réactions de son patron. Imprudente, elle ne chercha pas à masquer l’agacement que l’indifférence de Pride provoquait en elle, bien qu’elle fût, en général, une adepte du même comportement. Mais maintenant, ce qu’elle devait faire, c’était exposer le plan brillantissime qu’elle avait conçu en l’espace d’à peine quelques heures, et cela, plus que tout autre chose, méritait, aux yeux d’Aubree, que Pride l’écoutât avec attention et intérêt. Elle devina que le jeune homme, malgré tout, ne désirait pas perdre son temps à prêter une oreille attentive aux récits qu’elle pourrait lui raconter, mais elle s’en fichait. Elle comptait bien tout faire pour obtenir gain de cause – après tout, c’était pour le bien de Pride, elle n’avait rien à gagner dans cette histoire, si l’on exceptait une somme astronomique d’argent… Argent dont elle n’avait cure, car ce n’était pas ce qui lui manquait : elle avait hérité d’un compte en banque généreusement fourni. « Il me semble que j'ai le temps, sans quoi tu ne serais pas ici. Je t'écoute. » Lorsque Pride finit par répondre, visiblement après avoir renoncé à son animosité, Aubree sourit, d’un de ses sourires mauvais dont elle seule avait le secret. Elle s’empressa de répondre, consciente que l’attention précieuse de Pride ne serait sienne que pendant quelques instants. « J’ai aperçu un document que lisait Monaghan sur son ordi, et qui contient des informations qui pourraient paraître anodines, mais qui ne sont pas tout à fait légales... Je peux facilement trouver le moyen d’accéder aux données pour avoir plus de précisions, il me suff… » À ce moment-là, quelqu’un frappa à la porte du bureau, qui s’ouvrit pour laisser apparaître une personne qu’Aubree reconnut comme étant la secrétaire de Pride. Agacée d’avoir été coupée au beau milieu de sa phrase, Aubree ne broncha cependant pas, attendant d’un air absent que l’intruse les quitte. Mais au lieu de cela, une armoire à glace fit son entrée, à son tour, dans le bureau de Berrington. L’inconnu adressa un regard rempli de mépris à Aubree, qui le lui rendit bien. Elle comprit que le moment était venu pour elle de partir. Dégoûtée par tant d’arrogance, Aubree réprima difficilement une remarque déplacée : elle avait toujours à l’esprit les menaces peu maquillées de Pride : « Si tu tombes, je tombe avec toi. Bien sûr, le contraire est tout autant valable. » Elle se doutait bien que cela n’était pas seulement d’application au sein de leur mission. Pas question de ternir l’image de Pride devant cet homme, aussi Aubree décida-t-elle de prendre congé. Elle posa ses prunelles claires sur Pride. « Je suppose qu’on aura l’occasion de poursuivre cette conversation un autre jour – après tout, ce n’est pas comme si les choses pressaient, vous ne quittez pas la ville demain, n’est-ce pas ? » Elle ne croyait pas si bien dire – si seulement elle savait combien sa supposition pouvait s’avérer exacte…

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Message(#) Sujet: Re: DEVILS IN DISGUISE (pv) Dim 28 Nov 2010 - 18:13

Les dires de la jeune femme arrogante vinrent étirer enfin un sourire sincère et vicieux sur les lèvres désirables de l'escroc. Ce dernier vint se redresser subtilement, son index venant caresser légèrement son pouce d'un geste trahissant l'envol soudain de ses sombres pensées qui provoquaient en lui une jubilation délicieuse, et son regard de braise vint s'allumer d'une lueur joueuse ; de ces éclats que l'on perçoit dans le regard d'un enfant s'amusant cruellement avec un animal. Enfin, la colère de Pride s'était dissipée aussi vitequ'elle ne s'était infiltrée en lui ; c'était là toute la difficulté de s'approcher de Berrington, il était lunatique au possible. Et malheureusement, on ne pouvait dire de lui qu'il n'aboyait plus fort qu'il ne mordait, car au contraire ses crocs venimeux teintés de paroles sèches voire de gestes violents, étaient parfois à craindre... Paradoxalement, le jeune businessman n'était pas à classer non plus parmi les salauds de première : il laissait ce piédestal aux hommes battant leurs femmes ou séquestrant leurs enfants. Ni tout à fait blanc, ni véritablement noir, mais assez sombre tout de même pour s'amuser sur un même terrain de jeu que Aubree, elle aussi réputée pour sa perfidie. « J’ai aperçu un document que lisait Monaghan sur son ordi, et qui contient des informations qui pourraient paraître anodines, mais qui ne sont pas tout à fait légales... » Le jeune homme acquiesça d'un signe de tête entendu, sans jamais lâcher la demoiselle de son regard pénétrant qui se faisait prédateur intéressé. Ainsi, son rival avait également ses petits secrets mesquins ? « Je peux facilement trouver le moyen d’accéder aux données pour avoir plus de précisions, il me suff… » Quelques coups secs vinrent alors frapper à la porte, arrachant violemment Pride de ses pensées, dont le sourire s'était envolé au profit d'un froncement de sourcils méprisant. Ses yeux noisettes se posèrent sur la secrétaire dans un éclat assassin, faisant ainsi bien comprendre à l'intruse qu'elle était la mal venue. « Je sais que je ne devais pas vous déranger, mais l'un de vos actionnaires est ici. » Et le patron du Soho's, de poser ses yeux d'or et d'acier sur l'homme à la carrure massive qui venait de faire son entrée : sous l'arrivée surprise d'un de ses clients en matière de business, Pride eut un sourire des plus charmeurs et charmants, tandis qu'il se laissait aller déjà à l'appel de l'argent. Le Full Moon pourrait bien attendre, Aubree et lui remettraient bien cela à plus tard, n'est-ce pas ? Berrington se leva alors, tendant fièrement sa main à l'homme enjoué qui pourtant avait toisé Aubree avec mépris, et souffla quelques paroles de politesse préétablies dans un murmure suave et hypnotisant. Enfin, il se tourna vers l'ancienne stripteaseuse qui déjà avait compris que son patron semblait hisser les conversations autour de l'argent, tout en haut de ses priorités. « C'était un imprévu. » fit-il en direction de Aubree, lui faisant comprendre que le rendez-vous surprise avec son actionnaire n'avait pas été écrit sur son agenda déjà surchargé. « On finira la conversation plus tard. » « Je suppose qu’on aura l’occasion de poursuivre cette conversation un autre jour – après tout, ce n’est pas comme si les choses pressaient, vous ne quittez pas la ville demain, n’est-ce pas ? » Un sourire étrangement cynique mais las vint se dessiner sur ses lèvres merveilles, tandis qu'il adressa une oeillade presqu'amicale à la demoiselle. « Demain est un autre jour. Je passe chez toi vers 19:00. » renchérit alors le jeune homme au regard de braise, mettant fin à leur entrevue.

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DEVILS IN DISGUISE (pv)

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