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 could we just forget about everything? ★ PRIDE

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Message(#) Sujet: could we just forget about everything? ★ PRIDE Dim 5 Déc 2010 - 23:54




could we just forget about everything?
PRIDE S. BERRINGTON & RILEY BLODWEN





L’emménagement de Riley Blodwen à Ocean Grove été censé avoir été calme, mais le jeune homme avait été gâté en matière de péripéties depuis son arrivée sur le sol américain. Venu pour changer d’air, il avait été gâté, car quelques semaines seulement après son installation chez sa cousine, la maison de celle-ci avait été, tout comme le reste du quartier, aux prises avec un ouragan dévastateur. Fort heureusement pour les Blodwen, seule une aile de la maison, celle comprenant la chambre de Jane, avait été abîmée, et, bien qu’il eût conscience que c’était mal de penser ainsi, Riley se réjouissait de ces dégâts. En effet, les travaux de reconstruction prendraient quelques temps avant de s’achever, étant donné qu’il y avait du pain sur la planche lorsqu’on voyait l’étendue des dégâts dans tout le quartier. Cela signifiait donc que Jane se retrouvait sans chambre pour un laps de temps indéterminé... pour le plus grand plaisir de son cousin.
En effet, malgré les controverses qu’ils risquaient de soulever, ses sentiments pour sa cousine n’étaient pas des plus fraternels – au grand dam de Jane, qui tentait de laisser cette histoire, selon elle honteuse, derrière eux pour prendre un nouveau départ. Il y a longtemps de cela, alors qu’ils ne se voyaient que quelques fois par an, les deux cousins se laissaient aller à leurs désirs les plus inavoués et les plus fous lorsqu’ils étaient réunis. Riley aimait Jane d’un amour pur et authentique, et aurait été prêt à tout pour la garder auprès de lui – cependant, de crainte de voir leur petit secret révélé au grand jour, les deux adolescents n’avaient jamais osé prendre de trop grands risques, et, peu à peu, la flamme qui reliait leurs cœurs s’était éteinte, après avoir consumé tout leur amour. Ils avaient fini par perdre contact, et leur histoire avait pris fin… Jusqu’à aujourd’hui, lorsque Riley avait demandé à Jane s’il pouvait emménager chez elle, lassé de sa vie à l’autre bout du monde. Son cœur s’était enflammé sitôt qu’il eut à nouveau croisé son regard flamboyant, et ses sentiments trop longtemps oubliés étaient revenus au galop. Mais c’était sans compter les réticences de sa cousine à l’égard de ses sentiments, et ses craintes de voir éclater un scandale. Et que ne fut pas sa déception, et sa colère, lorsqu’il comprit qu’en plus, elle l’avait remplacé pour un autre. Bien entendu, il aurait pu s’en douter, étant donné que leur histoire ne datait pas d’hier, mais réaliser qu’elle n’éprouvait pas la même chose à son égard restait douloureux. Essuyer cet échec avait été douloureux, et, furieux, Riley avait quitté la demeure de sa cousine, pour n’y revenir que le lendemain, après l’ouragan, terrifié à l’idée d’avoir perdu sa cousine. Fort heureusement, Jane était saine et sauve, bien qu’on en pût en dire autant de sa chambre. Riley s’était laissé aller à ses pulsions et depuis, les choses s’étaient arrangées entre les deux cousins, et Jane avait emménagé dans sa chambre en attendant de voir la sienne réparée.
Les derniers jours avaient donc été teintés d’une douceur sans pareille pour le jeune homme, qui se réjouissait de se réveiller tous les matins aux côtés de sa cousine. Bien qu’il sût qu’il n’était pas raisonnable de tenter quoi que ce soit, étant donné qu’il connaissait maintenant la position peu amène de Jane, la sentir près de lui avait quelque chose de réconfortant et il vivait chacun des moments passés avec elle comme si c’était le dernier. Il avait conscience qu’il ne faisait que se leurrer, car un jour ou l’autre, il subirait un impitoyable retour à la réalité. Jane ne l’aimait plus, et bien qu’elle fût, de toute évidence, encore quelque peu sensible à ses charmes, le jour où elle le rejetterait pour de bon approchait sans aucun doute à grands pas. Riley, quant à lui, n’était pas sûr quant à la nature de ses sentiments à l’égard de sa cousine. Ce n’était plus la même passion qu’autrefois, mais il restait clairement une étincelle, quelque chose qui l’embrasait tout entier dès qu’il posait les yeux sur Jane. Bien qu’il sût pertinemment qu’il était stupide de continuer à se faire de faux espoirs, Riley vivait de ces quelques moments de bonheur qu’il partageait avec la jeune femme. Chaque geste, banal aux yeux de Jane, prenait une connotation particulière et teintée des sentiments les plus ardents au monde pour Riley. Pour la première fois depuis bien longtemps, il se sentait bien, sans avoir à se soucier de quoi que ce soit. Mais lorsque la réalité le rattrapait et qu’il réalisait combien le jour où elle le rejetterait serait douloureux, ses pensées le plongeaient dans une détresse sans pareille.
Aujourd’hui était un jour aux débuts des plus agréables, passés en compagnie de sa tendre cousine, mais une dispute insensée était venue l’assombrir, semblable à un nuage orageux. Leur journée de travail n’avait en rien été un soulagement, étant donné qu’ils exerçaient au même endroit. Riley avait attendu avec impatience la fin de la journée afin de ne pas avoir à supporter le regard accusateur de Jane, et, peu désireux de se rendre chez eux pour endurer et pousser de nouveaux cris, il s’était éloigné, sans un mot, de chez Jannie’s sitôt l’heure de fermeture arrivée. Ses pas l’avaient mené au Blue Lagoon Bar, et Riley avait poussé la porte de l’établissement sans trop savoir ce qu’il y cherchait. Peut-être désirait-il passer au moins une soirée à l’écart de ses sentiments et de l’objet, intouchable, de ses désirs ? Peut-être que chacune des personnes accoudées à ce bar, sirotant un cocktail quelconque, était venue pour la même raison ? Riley n’était sans doute pas le seul à avoir passé une journée accablante, et l’alcool semblait être son allié pour s’en remettre. Chaque gorgée l’éloignerait de Jane, et cette perspective, bien que d’ordinaire repoussante, l’attirait plus que jamais. Riley prit place sur un des tabourets hauts et commanda un verre de whisky. Lorsqu’il reçut celui-ci, il n’y toucha pas. Malgré tout, il ne pouvait s’empêcher de se morfondre, car, peu importe sa bonne volonté, il ne parvenait pas à écarter ses sombres pensées de sa tête.

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Message(#) Sujet: Re: could we just forget about everything? ★ PRIDE Sam 18 Déc 2010 - 20:30

L'homme est un loup pour l'homme : c'est l'adage qu'on enseigne aux requins de Harvard, destinés à s'engouffrer dans les méandres du monde des finances. Qu'à cela ne tienne, car bien que l'enseignement de la prestigieuse université s'était évaporé de ses souvenirs, la nature de Berrington le poussait à répondre à ce même slogan avec virulence même sans une mémoire pleine : jeune loup, il jetait dans la fosse aux lions les quinquagénaires en costume qui pourraient entraver la route de son business. Un monde d'affaires qui ne s'arrêtait pas seulement à une simple boîte de strip-tease, mais qui s'étendait jusqu'aux spéculations boursières, au trading, deal, négociations, avec hommes d'affaires stressés, banquiers affamés, golden boys cokés, et autrefois callgirls opportunistes. Money, money, money, régissait sa vie et son forfait téléphonique, car le jeune loup aux crocs d'acier était suspendu à son cellulaire depuis une bonne heure déjà. Quelques coups de fils, des engueulades, des invitations, un brin d'hypocrisie, de mise en scène et d'illusions fausses : la joute avec ses interlocuteurs demandait force de caractère et bassesse d'esprit pour ainsi passer son temps à duper son monde. L'homme d'affaires est né pour être malhonnête, Pride Berrington de surcroit, avait poussé le vice jusqu'à naître avec cette fibre d'escroc pourri jusqu'à la moelle, s'enracinant dans ses veines telle la tuberculose. Quelle déroutante et immonde comparaison qui pourtant n'était pas loin de faire apparaître la vérité : l'apanage d'un escroc, c'est que le vice s'ancre en lui tel les racines d'un chêne. Un escroc rusé doublé d'un homme d'affaires carnassier, cela donnait Pride Berrington, ou l'homme pour qui la fin justifiait les moyens. Ce fut dans un soupir las que ce dernier raccrocha au nez de son interlocuteur avant de fourrer son blackberry dans sa poche, non sans décliner quelques pensées arrogantes dans l'écho de son esprit : ils étaient tous stupides et ignares. Lui, allait leur montrer comment un businessman se devait de gagner sa vie : puisqu'un mensonge valait un lingot d'or, autant mettre à profit son don pour la manipulation. Et, en toisant la lueur mesquine et ravie luisant dans les beaux yeux ambrés du jeune ténébreux, on pouvait y lire avec gêne que ce dernier préparait un mauvais coup. Encore. Lequel ? Jusqu'où ira donc son amour pour l'argent.

Sortant du Soho, dernier refuge dans lequel le jeune homme pouvait y trouver de la tranquillité et feindre n'avoir jamais vu passer l'ouragan dévastateur, il descendit la rue d'un pas déterminé pour mieux longer les longs boulevard du centre ville. Ici, là, partout en vérité, des jeunes femmes refaites se déplaçaient en roller quand des bellâtres au teint hâlé promenaient des chihuahas. Miami est la capitale de la beauté artificielle, Miami est l'antithèse du laid, Miami fait des réactions allergiques à la turpitude, Miami feint ne pas voir que certaines de ses rues sont dévastées, Miami a oublié que la laideur du monde peut aussi s'abattre sur elle. Et la vie continuait malgré tout, entre ces parents cherchant encore leurs enfants sous les décombres, et les jeunes traumatisés à vie ne supportant plus une rafale de vent : tant d'individualisme, c'en était écoeurant. Mais ce qui l'était encore plus, c'était d'avoir accusé depuis trop longtemps Pride de son propre égocentrisme, pensa-t-il tandis qu'il marchait d'un port de tête princier, alors qu'en vérité il n'existe pas sur cette terre un seul véritable altruiste. Les gens sont lâches car ils renient leur propre égoïsme ; admettre son égoïsme, c'est déjà savoir qu'il y a du monde autour de soit mais que vous ne désirez pas voir. Reconnaître son égoïsme, c'est donc déjà faire preuve de générosité envers l'autre. Un peu. CQFD. Plongé dans ses pensées d'une philosophie discutable, Pride poussa enfin la porte du Blue Lagoon ; l'ambiance tamisée, malgré l'absence de rires et de conversations fortes – sans doute que les égoïstes feintaient la tristesse due aux dégâts de l'ouragan pour en plus se montrer hypocrites – lui fit sortir de sa léthargie. C'était ici que le jeune homme aimait à se poser en semaine, loin de l'agitation de son quartier résidentiel en reconstruction, loin du manque d'intimité des locaux aménagés, loin de tout, en vérité.

Ainsi, le jeune homme vêtu d'un costume sobre mais impeccable, se dirigea vers le bar lorsqu'une tête blonde attira son attention. Certes, la silhouette perchée sur un haut tabouret lui tournait le dos, néanmoins ce fut un pressentiment virulent qui vint assaillir Berrington : ce dernier s'approcha de l'inconnu non sans froncer les sourcils, avant d'arriver à sa hauteur. « Cleveland. » fit-il dans un sourire en coin, ravi, sa voix suave et basse ondulant comme des soubresauts frémissants, transpirant d'arrogance. Et lorsque l'inconnu se retourna vers lui, Pride ne put qu'esquisser un plus large sourire en le reconnaissant, ses poumons s'allégèrent et purent respirer de nouveau : Chicago était tout ce qui pouvait lui fournir de l'oxygène. Chicago, et Muse. En l'occurrence, la demoiselle absente lui apportera son air pur ce soir, lorsqu'il la tiendra au creux de ses draps. Pour le moment, il se contenta de contempler le visage de Riley qui lui rappelait tant de souvenirs : ce passé qu'il n'avait pas oublié. Néanmoins au vu du regard perdu de ce dernier, Berrington se sentit obligé de rajouter d'une voix plus froide et sèche, vexé que son interlocuteur ne le reconnaisse pas. « C'est moi, Pride. De Chicago. » Toujours aucune réaction, si ce n'était un léger blêmissement du visage du jeune homme blond. « Votre gars que Jimmy voulait faire cramer... C'est moi qui l'ai sauvé du feu de joie. » Il redressa la tête, fonça les sourcils, habilla ses yeux bruns d'un charme venimeux, et toisa Riley avec insistance : bien sûr qu'ils se connaissaient, comment avait-il pu oublier cet épisode qui leur avait permis de se forger une amitié enraillée par la guerre des gangs de leurs ghettos ?
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Message(#) Sujet: Re: could we just forget about everything? ★ PRIDE Mer 22 Déc 2010 - 16:33





Après quelques minutes supplémentaires passées à contempler son verre d’un air perdu, Riley l’empoigna et avala quelques gorgées, appréciant la brûlure que l’alcool laissait dans sa gorge. Cependant, il eut comme l’impression que rien ne pourrait le distraire de ses cogitations, et il se rendit compte qu’il lui faudrait bien plus qu’un verre de whisky pour passer à autre chose. Riley ne comptait en aucun cas finir ivre mort, allongé sur le comptoir du bar sous prétexte qu’il voulait oublier la femme qu’il aimait – c’était du plus mauvais goût, et bien trop pathétique. Le jeune homme reposa alors son verre, scrutant les alentours, sans trop savoir ce qu’il y recherchait. Soudain, une voix grave et étrangement familière lui parvint aux oreilles. « Cleveland. » Le murmure était particulièrement proche, et Riley en fut consterné : il était le seul dans un périmètre de quelques mètres, le Blue Lagoon était bien calme ce soir. Après quelques secondes d’hésitation, Riley se tourna vers la source de l’interpellation, se disant que de toute évidence, l’inconnu l’avait confondu avec quelqu’un d’autre. Riley n’était guère d’humeur à sociabiliser avec un inconnu, surtout pas ce soir, alors qu’une seule envie ne l’habitait : se morfondre jusqu’au petit matin, moment où il aviserait quant à ses activités : rentrerait-il auprès d’une femme qui ne voulait clairement plus de lui, ou poursuivrait-il son escapade dans des lieux qui, eux, peut-être, parviendraient à lui changer les idées ? Quoi qu’il en fût, le jeune Australien était bien décidé à en terminer rapidement avec l’individu qui se tenait en face de lui. Certes, il lui reconnaissait un petit air familier, mais il était sûr que ses yeux lui jouaient des tours : il ne connaissait personne ici, il n’avait encore jamais mis les pieds à Miami avant de s’y installer. Et l’unique mot prononcé par l’inconnu n’avait pas une intonation des plus australiennes. Riley fronça les sourcils, comme s’il attendît que l’homme en face de lui poursuive. Il décela une lueur agacée dans le regard sombre de son interlocuteur, qui poursuivit, visiblement bien moins satisfait que lorsqu’il avait interpellé Riley. « C'est moi, Pride. De Chicago. » Riley n’en fut pas beaucoup plus avancé : certes, cette indication levait le voile sur le mystère de la familiarité qu’il avait cru déceler dans le visage de Pride. Riley avait déjà été à Chicago, lorsque Jane y vivait. Pride pouvait donc tout à fait être une connaissance de sa délicieuse cousine… Mais cela n’expliquait en rien pourquoi il se serait alors fourvoyé sur le nom de famille de Riley, qui était plus que perturbé par ce détail. Le jeune homme se ravisa par rapport à la réaction à prendre : ce Pride ne semblait pas être de ceux que l’on allait envoyer balader avec un simple « Mais oui, c’est ça. Vous devez faire erreur. Le regard perçant et visiblement dans l’expectative de Pride ne présageait rien de bon, et Riley se sentit étrangement… menacé. Il n’aurait su expliquer pourquoi, après tout, Pride n’était en aucun cas venu avec des airs menaçants. Au contraire, Riley se souvenait de la joie qui avait teinté ses premières paroles. L’Australien s’apprêta à répondre par la négative mais fut interrompu par son interlocuteur, qui, décidément, tenait à être reconnu. « Votre gars que Jimmy voulait faire cramer... C'est moi qui l'ai sauvé du feu de joie. » Cette fois-ci, Riley ne se retint pas de froncer davantage les sourcils et afficher une expression clairement déconcertée. Ce Pride était-il en train d’évoquer un meurtre ? Suspicieux, Riley mit quelques instants à réagir, choisissant avec grand soin et précaution ses mots. « Chicago, vous dites ? Je n’y connaissais que les fréquentations de Jane, ma cousine, peut-être que vous la connaissiez, alors… » Riley avait décidé de ne pas revenir sur la dernière insinuation de Pride, et ses paroles, prononcées avec un accent des plus typiques, étaient teintées de la plus grande prudence. « Son nom de famille est Blodwen. Tout comme le mien, d’ailleurs. » Réponse à la première interpellation de Pride, qui avait décidément troublé Riley. L’Australien doutait cependant que son interlocuteur allait répondre par l’affirmative, étant donné l’assurance dont il avait fait preuve en l’abordant. « Ou alors, vous avez peut-être juste confondu. Ça m’arrive régulièrement, d’ailleurs, il faut croire que je ressemble à pas mal de personnes dont je n’ai jamais entendu parler… » Riley esquissa un bref sourire, mais était bien trop alerté pour se détendre tout à fait. Il voulait en avoir le cœur net, savoir pourquoi ce Pride semblait être persuadé de le connaître, alors que de toute évidence, il évoquait des faits dont Riley n’avait jamais eu connaissance. Des faits d’une certaine gravité, qui plus est – aussi Riley se dit-il qu’il était judicieux d’éclaircir la situation et de rassurer Pride quant au fait qu’il n’avait jamais pris partie à une quelconque rôtisserie humaine, de près ou de loin, car c’était visiblement ce que celui-ci insinuait. Malgré l’appréhension grandissante qui lui tenaillait l’estomac, Riley désigna, un léger sourire aux lèvres, le siège à côté du sien, invitant Pride à s’installer à ses côtés. « Mais puisque le sujet est lancé, mon nom est Ryan Blodwen, enchanté. » Bien entendu, Riley n’était pas vraiment enchanté, et ce manque d’engouement habilement masqué sous son expression réservée mais sympathique n’était pas sans rapport avec la menace qu’il sentait planer au-dessus de lui, semblable à un ciel orageux qui menaçait à tout moment d’éclater. La preuve de ce malaise résidait dans sa présentation : Riley n’avait plus utilisé son véritable patronyme depuis une éternité, étant donné que plus personne ne l’appelait Ryan depuis belle lurette. Mais quelque chose lui disait qu’avec Pride, mieux valait prendre toutes les précautions possibles. Riley finit d’une traite son verre et fit signe au barman pour en commander un deuxième, avant de se tourner vers Pride. « Vous voulez quelque chose, Pride ? » Il parlait de la boisson, bien entendu. Pour le reste, il espérait franchement que le ténébreux inconnu en avait fini avec ses interrogations et ses insinuations des plus inquiétantes.




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Message(#) Sujet: Re: could we just forget about everything? ★ PRIDE Mar 28 Déc 2010 - 10:32

Le discours de son interlocuteur le laissa sceptique ; Riley avait véritablement l'air surpris mais guère complètement désorienté. Et si ce dernier, aux yeux de Pride, jouait parfaitement bien l'incompréhension totale, l'homme d'affaires était absolument persuadé qu'il était face à Cleveland. Celui-là même qui, dans ses souvenirs d'adolescent encore vifs et bien présents, avait fait parti d'un gang rival à celui de Pride, celui-là même avec lequel il s'était confronté, poings rageurs et violents, celui-là même qui avait fini par prendre le dessus, sortant son arme blanche mais épargnant le jeune garçon. Parce que Berrington, décemment nommé Sorrow à l'époque, avait lui-même sauvé ledit adolescent qui avait bien failli finir en feu de joie. S'en était suivi un respect discret entre les deux rivaux, étant presque contre-nature au vu de la bataille constante entre leurs deux bande de caïds. Riley semblait néanmoins troublé et confus face aux propos de Berrington : ce dernier se refusait à croire qu'il s'était trompé de personne. Persuadé qu'il s'agissait bel et bien de ce Cleveland issu lui aussi de la poussière des ghettos, il écoutait d'une tolérance toute relative les élucubrations du jeune homme, tentant de capter une faille, une incohérence, une contradiction éhontée. Le seul détail conséquent lui sautant aux yeux, n'était en fait que la manie de Riley de s'exprimer dans un langage fin et maniéré. Certes, Pride avait lui-même abandonné l'argot et le dialecte parfois un peu barbare des cités malfamées, néanmoins l'impression de réellement se tenir face à une personne qu'il ne connaissait pas, du moins plus, lui sautait aux yeux. « Ou alors, vous avez peut-être juste confondu. Ça m’arrive régulièrement, d’ailleurs, il faut croire que je ressemble à pas mal de personnes dont je n’ai jamais entendu parler… » Fronçant à nouveau les sourcils, Pride laissa une colère froide s'emparer de lui, venant fourmiller jusqu'au bout de ses doigts malgré son apparence posée et flegmatique : se fichait-il de lui ? Question rhétorique bien sûr, car Berrington ne doutait plus à présent que Riley tentait de cacher quelque chose. Trop fier pour admettre qu'il aurait pu se tromper de personne, bien trop persuadé également qu'il s'agissait bien de Cleveland, il ne lui laissa pas même la chance de laisser ses propos le toucher dans une note positive. Chaque mot, voire chaque sonorité de la voix confuse de son talentueux interlocuteur, sonnait comme un mensonge aux oreilles de Pride qui restait bel et bien buté. « Mais puisque le sujet est lancé, mon nom est Ryan Blodwen, enchanté. » Blodwen, vraiment ? A quoi rimait cette histoire et pourquoi endosser une fausse identité... Cleveland avait-il tant emprunté les sentiers de la perdition, comme la grande majorité des gamins du ghetto, pour s'approprier un autre prénom que le sien ? Ou Pride s'était-il vraiment fourvoyé ? Cette dernière option n'étant pas admissible, il reporta ses soupçons sur une éventuelle connerie que Riley aurait pu faire par le passé, le poussant à porter une autre identité que la sienne. A moins qu'il portait avec honte un passé dont Berrington ne se cachait pas. Tant de questions qui resteraient probablement longtemps sans réponse.

Ainsi resta-t-il placide et stoïque face à la présentation polie de ce soit disant Ryan, ne pardonnant pas à ce dernier de se jouer de lui. Et, fidèle à lui-même, l'escroc le lui ferait comprendre. « Vous voulez quelque chose, Pride ? » Ou comment tenter le diable par une question à deux issues. Un sourire fin se dessina sur les lèvres du jeune homme ; malgré l'apparence charmante qu'il offrait alors, ce rictus ne présageait rien de bon. Prenant place auprès de Riley sans jamais le quitter des yeux, sa voix suave se fit murmure, et s'éleva d'un timbre si détaché que ce naturel serein en était désagréablement troublant. « Que tu arrêtes de te foutre de moi, John Doe. Mon peu de patience ne me permet pas de supporter à la fois les gamins braillards qui s'extasient à longueur de journée devant la prochaine venue d'un célèbre obèse diabétique, inventé par Coca-Cola pour pouvoir exporter sa marque jusqu'aux tréfonds du Texas, et les mensonges d'un gars qui se répand un peu trop en justifications pour être crédible. Il va falloir que je fasse un choix. » Posé et placide, Pride se faisait néanmoins glaçant par les menaces qui se glissaient subrepticement dans son laïus soufflé avec flegme. Arquant alors les sourcils, le jeune homme décida de miser bien plus loin : s'il voulait faire cracher le morceau à Cleveland – plus par défi et fierté que par assouvissement d'une certaine curiosité déplacée – , il lui fallait le provoquer. Ainsi, Berrington se redressa, mua son sourire soit disant charmant en un rictus vicieux, et laissa ses yeux s'empourprer d'une lueur lubrique le rendant malsain. « Mais... Jane Blodwen, tu dis. Oui, elle n'habite pas bien loin de chez moi. » fit-il en feintant de plonger dans ses pensées, son regard pseudo songeur fixant un point invisible à l'horizon, alors qu'il arborait une moue narquoise. « Une très jolie femme, si je peux me permettre. » Ah, là était le nerf de la guerre nouvellement ouverte, et expliquait le pourquoi de son regard qui s'était fait alors vicieux, délivrant un message tacite mais dont le sens obscène n'était pas bien difficile à saisir. Reposant ses yeux de braise sur Riley, d'une fausse innocence détachée, Pride rajouta alors : « Je présume que si je me trompe sur ta personne, ça ne te gênera pas que j'en touche deux mots à ta cousine. Je déteste être dans le doute, c'est mon plus grand défaut. » Ca, et le fait de savoir se faire diable crapuleux.
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Message(#) Sujet: Re: could we just forget about everything? ★ PRIDE Mer 19 Jan 2011 - 19:11




Le malaise qui s’était emparé de Riley allait croissant, car le jeune homme sentait que Pride continuait à s’imaginer qu’il était ce prétendu Cleveland, et son instinct lui disait que ce n’était pas une bonne chose. Pride lui-même avait quelque chose de louche, quelque chose qui donnait un mauvais pressentiment à l’Australien, dont l’air léger trahissait une inquiétude grandissante. Riley n’avait rien à se reprocher et ignorait pourquoi Pride se faisait si insistant, car bien qu’il n’eût encore rien répondu à sa tirade, il était clair que le ténébreux jeune homme ne semblait guère amène à croire aux paroles du blondinet. Se creusant les méninges pour trouver un moyen d’abréger le plus naturellement possible cette conversation qui prenait des allures de bombe à retardement, Riley s’efforçait d’afficher cet air sympathique et chaleureux qui lui avait permis d’amadouer quantités de personnes par le passé – il n’en abusa cependant pas avec Pride, ne désirant aucunement paraître encore plus louche pour une quelconque raison. Riley crut être parvenu à son but, du moins, il l’avait espéré pendant une fraction de seconde en voyant Pride s’installer à ses côtés et s’apprêter à lui répondre, mais il fut copieusement déçu, car la tirade qui lui fut servie n’avait rien d’agréable ni de rassurant. « Que tu arrêtes de te foutre de moi, John Doe. Mon peu de patience ne me permet pas de supporter à la fois les gamins braillards qui s'extasient à longueur de journée devant la prochaine venue d'un célèbre obèse diabétique, inventé par Coca-Cola pour pouvoir exporter sa marque jusqu'aux tréfonds du Texas, et les mensonges d'un gars qui se répand un peu trop en justifications pour être crédible. Il va falloir que je fasse un choix. » Riley soutint le regard impénétrable de son interlocuteur, et, en guise de réponse, se contenta d’un léger sourire, tout juste perceptible aux coins de ses lèvres charnues. Il ne dit cependant rien, souhaitant d’abord entendre la réplique de Pride jusqu’au bout, car quelque chose lui disait qu’il aurait tout le loisir de s’expliquer par la suite après avoir écouté tous les arguments de son étrange interlocuteur. « Mais... Jane Blodwen, tu dis. Oui, elle n'habite pas bien loin de chez moi. » Désarçonné par ce brusque changement de sujet, Riley fronça les sourcils sans se départir de son infime sourire. Ainsi, Pride faisait partie, comme la moitié des personnes qu’il avait rencontrées depuis son arrivée à Miami, de la population aisée et en apparence parfaite d’Ocean Grove. Pour des raisons facilement devinables, Riley ne fut pas particulièrement content d’apprendre cette nouvelle, mais il se garda bien de le montrer. « Une très jolie femme, si je peux me permettre. » Aussitôt, une vague de jalousie s’empara de Riley, qu’il le veuille ou non. La phrase lourde de sens de Pride avait fait mouche chez Blodwen, qui n’avait eu aucun mal à saisir les sous-entendus peu catholiques du jeune homme. Riley inspira brièvement, aspirant une grande goulée d’air et s’exhortant au calme tout en s’efforçant de conserver son air aimable et détaché. Lorsqu’il jugea qu’il y était plutôt bien parvenu, Riley se contenta de quelques mots pour répondre à Pride. « En effet, ma cousine n’a jamais eu à se plaindre de son physique. » Le ton de sa voix s’était cependant légèrement refroidi, et Riley eut envie de se donner une claque pour agir de façon aussi ridicule – comme si Jane lui appartenait ! Elle lui avait bien fait comprendre qu’elle ne voulait plus de lui, d’autant plus qu’ils étaient cousins et qu’elle avait entièrement le droit de tourner la page. Mais peu importe le nombre de fois que Riley s’était forcé à ressasser cette pensée avec autant de conviction que possible, il n’arrivait pas à se raisonner. Il aimait bien trop Jane pour cela, et, avec tous les autres détails qui s’étaient accumulés depuis le début de leur entrevue, le comportement que Pride venait d’arborer ne fit qu’accroître le sentiment naissant d’antipathie que Riley ressentait à son égard. Et Pride n’allait que faire empirer les choses… « Je présume que si je me trompe sur ta personne, ça ne te gênera pas que j'en touche deux mots à ta cousine. Je déteste être dans le doute, c'est mon plus grand défaut. » Cette fois-ci, Riley eut plus de peine à conserver ses airs sympathiques et dut se faire violence pour ne pas lui lancer un sarcasme mordant à la figure. Au lieu de cela, Riley conserva son ton affable, bien qu’une pointe d’impatience face à cette détermination insensée fît son apparition. « Vous devez vraiment avoir du temps à perdre… Mais bien sûr, pas de problème, vous pouvez lui poser toutes les questions que vous voulez à mon sujet, de toute façon je n’ai pas vraiment mon mot à dire, pas vrai ? » Blodwen n’avait pas encore perdu patience, mais il se rapprochait lentement mais sûrement du point où il allait saturer, puis exploser. L’attitude fouineuse et quelque peu malsaine de Pride ne lui plaisait absolument pas, d’autant plus qu’il ne saisissait pas le sens de cet intérêt apparemment sorti de nulle part. Riley allait cependant devoir faire un gros effort, car l’impolitesse ne lui semblait aucunement indiquée avec un individu tel que Pride. Riley tenta alors autre chose pour apaiser l’atmosphère et, après quelques secondes de silence, reprit la parole sans jamais se départir de son sourire. « Je peux tout à fait concevoir que vous ne supportiez pas d’être dans le doute, mais est-ce que je peux vous demander pourquoi cela vous intéresse tant de tout savoir sur moi ? Après tout, ce n’est pas comme si j’étais la personne la plus intéressante dans ce bar. » Riley jeta un rapide coup d’œil autour de lui et aperçut, du coin du regard, quelques ivrognes pratiquement avachis sur leur table, au bout de quelques verres d’alcool un peu trop corsés pour eux. « Quoique… » Riley sonda Pride du regard, excellant dans l’art de paraître détaché et moyennement intéressé par la conversation, mais ses yeux en disaient autrement : ils fixaient le jeune homme avec une rare intensité.



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