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 It's lonely at the top...

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Message(#) Sujet: It's lonely at the top... Sam 18 Déc 2010 - 1:16

    « It's lonely at the top... »


    « Selon les derniers sondages, l'arrivée de ton fils a donnée une nouvelle image à tes électeurs. » commenta une voix féminine, satisfaite.
    Accoudé à la rambarde d'une immense terrasse, Gabriel discutait au téléphone avec Samantha Miles, ancienne procureur de talent qui l'avait sorti du pétrin avant de devenir sa seconde et directrice de cabinet.
    « Et le père célibataire me vaut-il des points en plus ? »
    « Tu commençais à passer dangereusement pour un requin, Gabriel. Ce gosse t'adoucit. » Elle poursuivit plus légèrement. « Tu dois faire fureur quand tu l'emmènes au parc ! »
    Le monde des parcs peuplés de mères célibataires avec leur sac à langer sur l'épaule. Un territoire encore peu exploré par Gabriel qui trouvait tout les prétextes du monde pour y échapper. Malheureusement il était indéniable que la seule fois où il s'y était risqué, il avait essuyé une pluie de compliments qui l'avait mit mal à l'aise, puis apprit quel type de gâteaux il lui faudrait faire plus tard aux kermesses de l'école (« Pas de noix d'aucune sorte ! » lui avait expliqué Suzie Withcomb, maman chevronnée d'une paire de jumeaux). Après deux heures de conseils maternels, plusieurs numéros en poche sous diverses prétextes fallacieux du genre : « Surtout, n'hésitez pas à m'appeler si le petit vous donne du fil à retordre ! » et une crise de Samuel – découlant sans doute de son absence d'affection pour son père – Gabriel s'était promis de ne plus jamais foutre les pieds dans un parc si par malheur il devait passer l'après midi seul avec Samy quand Romain travaillait.
    « Tu n'as pas idée... » railla t-il dans un soupir accablé.

    Quelques instants plus tard, les deux collègues raccrochaient et c'est d'une humeur maussade que Gabriel rejoignait le salon. Le visage coloré de peintures de guerres, Samy courrait se réfugier dans son tipis, poursuivit par Romain qui avait sans doute endossé le rôle du cow-boy. En retrait, il les observa de longues minutes. Heureux que ni l'un ni l'autre n'ai trop souffert de l'ouragan et qu'ils se fassent sans mal à cette « nouvelle vie ».
    La construction d'une nouvelle maison prendrait un temps considérable, et entre l'hospitalisation de son frère, la stabilité qu'il était censé procurer à son fils et la dissimulation perpétuelle de son couple, vivre à l'hôtel n'était pas une option envisageable. Sa famille avait besoin d'un lieu de vie commun où se retrouver les uns les autres.
    Une partie de Gabriel aurait voulu les rejoindre, se mêler à eux comme mari, comme père. Cependant une voix perfide, plus réaliste, lui rappelait ce qu'il avait un jour craché au visage de Pride : qu'il ne serait jamais un père, qu'on ne changeait pas l'homme qu'on était par magie. Il n'avait pas réalisé à l'époque que ses propres mots s'appliqueraient si parfaitement à son cas à peine quelques mois plus tard.

    L'arrivée de Samuel dans sa vie n'avait pas fait de lui un père, quant à Romain...s'il avait conscience de la part obscure de Gabriel, il ne lui en avait encore pas fait le reproche. Un jour pourtant, la réalité les rattraperait. Mais le spectacle de son mari et de son fils jouant sous ses yeux était un rêve agréable, pour le moment. « Si seulement tout cela pouvait être vrai. » songea Gabriel, et c'est en voyant le regard interrogateur de son époux se tourner vers lui qu'il réalisa qu'il venait de parler à haute voix. Il secoua la tête, consulta sa montre et se composa un sourire rassurant. « Je dois y aller, j'ai rendez vous au Gold Empire. » rappela t-il en s'approchant d'eux pour les embrasser.

    « Qu'est ce que tu as dis ? » demanda ce dernier, désireux de savoir ce que son époux avait marmonné tout bas quelques secondes avant de se reprendre.
    « Rien d'important, mon ange. » assura Gabriel en s'emparant de ses lèvres. Le jeune homme n'était pas dupe, il en avait conscience. Le sénateur n'avait pas encore décidé si c'était une bonne ou une mauvaise chose, mais dès que Romain le regardait, il savait. Comme pour se faire pardonner son silence, le brun effleura du bouts des doigts le visage angélique de son amour et dit à mi-voix « Je t'appellerai si je m'attarde. »

    (…)

    Pour être honnête, l'amitié d'Esteban Carson, et ce malgré ses nombreux travers, manquait au sénateur. Pendant des années, Esteban avait représenté une touche d'imprévisibilité dans sa vie et parfois, il enviait l'insouciance de son meilleur ami. Esteban faisait toujours les pires conneries, et chaque fois Gabriel intervenait en sa faveur. Son trop plein de liberté se heurtant sans cesse aux chaînes d'une carrière impitoyable qui n'admettait pas le moindre impair. Carrière qui avait finalement eut raison des deux hommes. Un sacrifice de plus sur l'autel de l'ambition insatiable de Gabriel.

    Malgré tout, si aujourd'hui le politicien parcourait les couloirs du Gold Empire somptueusement décorés en l'honneur des fêtes, c'était pour mettre les choses à plat. Chemin faisant, une question à première vue sans importance ne cessait de ronger Gabriel : pourquoi maintenant ? Pourquoi ressentait il pour la première fois le besoin de changer les choses et d'arranger une situation qu'il avait lui même envenimée ? La culpabilité ? Elle ne l'avait pas empêché de rester sourd aux suppliques de Micaela lorsqu'elle lui avait demandé d'épargner à Berrington des années de prison. La réponse pourtant évidente lui sautait au yeux. Encore fallait-il qu'il accepte de l'admettre...

    Comme pour le couper dans ses réflexions, personne ne se présenta pour l'accueillir alors qu'il traversait les locaux administratifs précédant ceux du propriétaire, et personne ne lui répondit non plus lorsqu'il toqua à la porte dudit bureau. Qu'à cela ne tienne. A son époque Esteban ne se privait pas pour rappliquer sans prévenir dans son propre bureau sénatorial, alors entrer sans autorisation verbale préalable ne serait qu'un moindre affront.

    Une dernière pause pour rassembler toute la patience dont il était capable (il n'était pas homme à craindre le face à face houleux qui s'annonçait, mais revoir Esteban Carson n'allait pas être une partie de plaisir) et Gabriel défroissa un pli de sa veste de costume noire puis ouvrit la porte, peu convaincu connaissant son ami, de le trouver studieusement assit à derrière un bureau.

    Première erreur de la part du sénateur. Occupé au téléphone, Esteban lui envoya un regard dans lequel se mêlait à la fois surprise et perplexité. Un instant décontenancé, Gabriel referma doucement la porte derrière lui, réfléchissant à la meilleure attitude à adopter.

    « Bonjour Esteban. » dit-il simplement, s'armant en premier lieu de mesure et de toute la distance polie acquise de par son expérience d'homme politique. « Ne me regarde pas ainsi, j'avais annoncé ma venue. »

    D'un pas souple et assuré dont il était coutumier, le brun s'avança vers le bureau tout en avisant la pièce d'un regard circulaire, se demandant silencieusement combien d'heures par jour Esteban passait cloitré dans cette pièce. Les responsabilités pesant dorénavant sur ses épaules avaient-elles tempéré son éternelle insouciance ?

    « J'imagine que tu devines sans mal la raison de ma venue.  » La question était plus rhétorique qu'autre chose. La malaise entre les deux hommes pesait, à la fois lourd et électrique malgré la façade confiante de Gabriel qui se stoppa à une distance respectable, face à son ami. « Voilà que je me présente à toi, assis derrière un bureau. C'est fou comme les temps changent, tu ne crois pas ?  »


Dernière édition par Gabriel McAllister le Ven 21 Jan 2011 - 9:57, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: It's lonely at the top... Mar 21 Déc 2010 - 4:30

« Fout le camp de mon bureau, Stan. J’en ai ras-le-bol de tes sous entendus de con. J’fais mon boulot et ça devrait te suffire. » Soutenant le regard d’un de ses employés, Esteban ne fit aucun mouvement autre que de soutenir son point en voulant que Stan sorte de son bureau. Esteban n’avait rien à faire de ses nombreuses visites dans son bureau à lui rappeler telle ou telle chose, ou encore qu’il n’avait pas toujours droit de faire comme il l’entendait pour tout. C’était lui qui s’occupait officiellement du casino, et c’était lui encore qui allait continuer de le gérer comme bon le lui semblerait. Dieu qu’il aurait voulu pouvoir le renvoyer simplement pour avoir le plaisir de le voir quitter les couloirs de son établissement avec une boîte de ses effets personnels dans les mains. « Tu te débarrassera pas de moi aussi facilement, Carson. » répliqua-t-il avant de tourner les talons et de claquer la porte derrière lui. Finalement seul, Esteban soupira la tête bien au dessus de tout le boulot qu’il avait à faire. Il détestait les visites de Stan et des nombreux autres qui étaient convaincus de pouvoir régler une dette donc lui même ne semblait pas connaître toutes les normes et les inconvénients que ça lui apporterait. Rapidement il avait commencé à comprendre que le casino était moins amusant que ça avait semblé au début quand il avait accepté de prendre le relais avec Micaela Careca. Maintenant il se demandait – plus d’une fois par jour – pourquoi il continuait jusqu’à ce que l’image de sa fille lui revienne en tête et les événements du passé qui le maintenait encore et toujours au casino. Jamais au grand jamais, Esteban Carson se serait cru à la tête d’une telle entreprise, lui si comblé à nager sous les poissons, les bateaux… Sans le dire à personne, il avait abandonné son rêve – renonçant à être soudeur plongeur pour se consacrer au casino et peut-être trouver un peu plus de temps pour Élodie. Cette petite fille de 7 ans qui approchait des 8 ans ne cessait pas de lui rappeler à quel point il travaillait trop et combien il était peu présent pour elle. Selon elle, il aurait dût arriver toujours à l’heure chaque jour de la semaine comme tous les autres parents des élèves puis d’être présent au souper pour lui faire faire ses révisions pour ses examens. Esteban voulait faire de son possible, mais il était de plus en plus complètement dépassé par toutes les responsabilités qu’on requérait de lui. Ëtre père et être businessman, c’était définitivement rien dans ses cordes. Et pourtant, dans les derniers mois il avait tout fait pour satisfaire les deux partis sacrifiant le plus qu’il le pouvait tant pour le semblant de sentiment d’accomplissement que tout simplement pour avoir la paix et de respirer.

Profitant de quelques instants sans être déranger par personne, Esteban contempla la photo de sa fille et de lui qu’elle l’avait obligé d’installer sur son bureau en le lui demandant une bonne centaine de fois tout en le menaçant de dessiner des soleils et des fleurs partout sur les documents donc elle trouverait dans son bureau. Convaincue qu’elle était sérieuse – elle l’était – Esteban avait fini par céder en lui laissant le loisir de ‘’décorer’’ – atrocement – son bureau. Au moins il avait hérité que d’un sapin de noël, d’une photographie et d’un affreux dessin qu’il ressortait de sous ses dossier que lorsque sa fille venait le visiter... quand il l’oubliait à la garderie. Et dire qu’il devait supporter la vue ignoble de se sapin de noël richement décoré par les décorateurs du casino – les fêtes de Noël le rendait malade. La sonnerie de son téléphone le sorti de ses divagations, le ramenant brusquement à la réalité des affaires. Esteban ne perdit pas de temps, décrocha le combiné puis usa de sa plus belle voix pour répondre. Il ne se posa pas de question, sachant pertinemment à qui il avait affaire grâce à l’Afficheur, un appel qui n’avait rien pour lui faire plaisir mais donc il ne pouvait pas ignorer. Alors qu’il fournissait les traditionnelles phrases : « Oui, j’ai commencer à lire votre proposition », « Nous devons nous rencontrer avant de prendre une décision finale. » etc… Il fronça les sourcils en remarquant la porte de son bureau s’ouvrir. Son regard se durcisa quelques instants avant de se transformer en surprise et perplexité. « Appelez ma secrétaire, elle vous donnera un rendez-vous. Au plaisir. » termina Esteban à son interlocuteur pressé de mettre fin à son appel. Dès lors qu’il pu raccrocher, Esteban resta assit dans son grand fauteuil de cuir surpris de voir Gabriel McAllister débarquer dans son bureau. Dans ce casino. « Bonjour Esteban. Ne me regarde pas ainsi, j'avais annoncé ma venue. »

« J'imagine que tu devines sans mal la raison de ma venue. » Esteban ne répondit pas. Il avait trop de rancœur à l’égard de Gabriel pour se sentir d’humeur à jouer aux devinettes. « Voilà que je me présente à toi, assis derrière un bureau. C'est fou comme les temps changent, tu ne crois pas ? » Maudissant que la venue de Gabriel ne lui soit pas venue jusqu’aux oreilles – sans doute parce qu’il était au téléphone – il aurait préférer se préparer à le revoir. C’était si soudain qu’il était partagé entre être content de le revoir ou carrément lui démolir la gueule. Heureusement, il n’aurait pas pu l’atteindre assit à une telle distance de Gabriel. « Certains changent plus que d’autres, Monsieur Parker. » Ironisa-t-il d’un air mauvais face à ce qu’il avait fini par apprendre de la bouche d’Andrew. Comment prendre bien la nouvelle en apprenant que son meilleur ami s’était finalement marié… réussissant là où lui il avait lamentablement échoué; en faisant tout pour lui cacher la nouvelle. Sans oublier combien ils s’en voulaient mutuellement. Cette visite, ne semblait avoir rien de bon en perspective – et Esteban se sentait coincé sachant que cette fois-ci il ne pourrait pas partir comme bon lui semblait. Comme dans le bon vieux temps. « Tu devrais pas être ici. » Dit-il en brisant le silence électrisant qui s’installait entre eux. Pour Esteban, voir Gabriel devant lui dans cette pièce avait quelque chose qui ne pouvait lui mettre que des doutes sur la raison de sa venue. Mais il n’était pas question qu’ils se serrent dans leurs bras comme ils l’avaient fait autre fois, et encore moins qu’ils quittent se bureau pour s’offrir une bière dans le bar du coin. Non, même si certains croyaient aux miracles de Noël il fallait pas trop pousser l’utopie. « Je crois pas comprendre pourquoi tu es venu, surtout pas maintenant. En Juillet j’aurais compris, mais en Décembre… » Immobile comme jamais, Esteban ne fit aucun mouvement chaleureux puisque Gabriel n’était plus le bienvenu. Pas pour lui. Même après tout ce qu’ils avaient traversé, comment était-il supposer réussir à l’écouter? Pire encore, à lui pardonner?



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Message(#) Sujet: Re: It's lonely at the top... Ven 21 Jan 2011 - 9:56

    Être un McAllister était un luxe qu'on ne pouvait pas se permettre sans respecter certains codes. Les règles. Ces règles, Gabriel les avait établies lui-même au fur et à mesure qu'il avait apprit, gravit les échelons et empilé les conneries. L'une d'elle était simple : ne jamais se laisser prendre au dépourvu. Ne pas autoriser son visage à trahir la surprise et ainsi, toujours donner l'impression d'avoir un coup d'avance sur son adversaire. Aussi le sénateur ne parut pas le moins du monde désarçonné lorsque le nom de Parker résonna à ses oreilles. Était-ce donc si utopique d'espérer garder secret un mariage secret ?

    Il coula un regard lent dans celui d'Esteban qui le toisait avec... était-ce de l'amertume qu'il lisait dans son expression ? Rapidement, Gabriel évalua le danger. Esteban se présentait-il en ennemi ? Était-ce là une menace dissimulée ? Non. Trop subtil. Définitivement pas le style de Carson. Quelle traitrise l'avait amené à savoir ? Il y avait peu de chances pour que sa belle famille en soit l'origine. Mais de son côté ne restait qu'Andrew. Trahit par son propre sang ? Ça ne serait pas la première fois... songea t-il avec cynisme alors que le bon souvenir de Chris à présent locataire chez les aliénés et de sa confession au sujet de Micaela se rappelaient fugitivement à lui. Une pointe de colère froide aiguillonna le brun qui nota de se mettre en chasse du possible coupable dès qu'il poserait le pied hors de ce bureau.
    Chassant peu à peu ses propres préoccupation pour étudier de nouveau son interlocuteur, Gabriel choisit de garder le silence. Dans sa vision simpliste des choses, Esteban devait l'imaginer filant le parfait amour depuis des mois, loin du calvaire passionnel et destructeur qu'il avait réellement vécu. A quoi bon tenter de lui expliquer la réalité ? Elle ne ferait qu'envenimer une situation déjà délicate. De plus Esteban ne s'était, par le passé, que trop permis de donner son avis sur la vie privée du sénateur et ce dernier ne tolèrerait aucune remise en question au sujet de son couple.

    « Tu devrais pas être ici. » reprit soudainement Esteban, en réponse de quoi Gabriel haussa les épaules, détaché. Elle était bien bonne celle là. Parce qu'un soudeur plongeur avait sa place dans à la tête d'un casino de luxe peut-être ? D'ailleurs combien de fois Gabriel lui avait-il lui même tenu ses propos avec plus de crédit quand son ami s'était présenté dans son bureau, sans passer par la case secrétariat, ni par la case douche, voir même celle hôpital. Interrompant ses réunions avec un sans-gêne et un égoïsme qui surclassait de loin les faux-pas qu'il aurait toléré de la part de n'importe qui d'autre.
    Un temps désormais révolu, cependant.

    « Je crois pas comprendre pourquoi tu es venu, surtout pas maintenant. En Juillet j’aurais compris, mais en Décembre… » Esteban qui ne comprenait pas quelque chose, que voilà un pléonasme intéressant. Bien que trop souvent exploité au goût de Gabriel qui balaya la remarque avec impatience.

    « Ne fais pas exprès de jouer au con. Tu crois que je suis là pour te souhaiter Joyeux Noël ? On est en affaires toi et moi. On ne pourra pas s'éviter éternellement. » s'emporta t-il tout en s'approchant du bureau, pour y poser ses mains à plat, rivant un regard d'acier inflexible dans celui d'Esteban alors qu'il brisait sciemment l'espace entre eux pour appuyer ses derniers propos. « Je t'ai caché mon mariage. Soit. Parlons d'amitié franche et sincère. Tu comptais me dire quand que tu avais une fille ? Un partout. Remise en jeu. Ça te va comme ça ? »Si Gabriel était venu arranger les choses. Il n'était pas venu courber l'échine, loin s'en faut. Pourtant en arrivant, il avait eu tout à fait conscience qu'il convenait d'aborder leur conversation avec un peu plus de tact s'il voulait leur faciliter les choses à tout les deux. Tant pis pour le tact...

    « Maintenant on a tout les deux quelque chose à perdre à cause du merdier dans lequel je nous ai mis. Alors tu vas m'écouter Carson, et si tu ne le fais pas pour moi, tu le feras pour eux. Parce que je nous laisserais pas les mettre en danger plus qu'il ne le sont déjà uniquement parce qu'on est pas foutu de s'entendre toi et moi. »

    Ça passe ou ça casse. Connaissant Esteban, ça casserait sûrement, sans doute allait-il interpréter ça comme un énième affront : « De toute façon je suis pas là pour toi mais pour eux. » ou quelque chose comme ça. Seulement les deux hommes n'en étaient encore qu'à l'échauffement et pour sa part, Gabriel avait amené plus d'une arme afin de mener à bien cette joute verbale.
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Message(#) Sujet: Re: It's lonely at the top... Jeu 17 Mar 2011 - 18:45

Silencieux devant Gabriel McAllister, Esteban évalua les raisons qui amenaient celui-ci à débarquer dans son bureau. Les choses après sa sortie de prison s’étaient dégradées. Une situation parmi des centaines où Gabriel avait cru bon d’ajouter encore un peu son grain de sel comme s’il était le seul et unique au monde à savoir gérer les problèmes. Et Esteban lui en voulait énormément de les avoir foutus dans un merdier pareil où il était piégé. « Ne fais pas exprès de jouer au con. Tu crois que je suis là pour te souhaiter Joyeux Noël ? On est en affaires toi et moi. On ne pourra pas s'éviter éternellement. » Pourquoi pas? Il serra les poings devant les propos de Gabriel n’appréciant pas du tout la tournure que ça prenait. D’un coté, ça ne pouvait pas tellement tourner à quelque chose de bien avec tout ce qui leur était arrivés. « Je t'ai caché mon mariage. Soit. Parlons d'amitié franche et sincère. Tu comptais me dire quand que tu avais une fille ? Un partout. Remise en jeu. Ça te va comme ça ? » Esteban fronça les sourcils quelques secondes puis il haussa les épaules en sachant très bien qu’il avait du l’apprendre par n’importe qui dans la ville. Ce n’était pas le genre de nouvelles que les habitants d’Ocean Grove se seraient gênés pour jaser. Il ignora le décompte, même s’il savait que cette discussion ne se terminerait sans doute pas très bien. Quand il avait une idée en tête, il se foutait absolument du reste. Lui y compris. « Le jour où t’allais t’intéresser à autre chose que ta petite personne, Monsieur le sénateur. » Esteban replaça son veston avant de passer une main nonchalante dans ses cheveux. Il avait envie d’écourter leur rencontre, soi en appelant la sécurité… ou tout simplement en lui défonçant le visage à coup de poing. Deux solutions aux conséquences fâcheuses, qu’il préférait dans un élan de lucidité... éviter. « Maintenant on a tout les deux quelque chose à perdre à cause du merdier dans lequel je nous ai mis. Alors tu vas m'écouter Carson, et si tu ne le fais pas pour moi, tu le feras pour eux. Parce que je nous laisserais pas les mettre en danger plus qu’ils ne le sont déjà uniquement parce qu’on n’est pas foutu de s'entendre toi et moi. » Il éclata de rire devant celui qui avait été pendant de longues années son meilleur ami. Toujours à le dévalorisé, à se mettre sur un pied d’estrade comme si y’avais pas meilleur au monde que le grandissime Gabriel. Esteban ne se préoccupa de la réaction de Gabriel, s’il voulait le frapper il le laisserait lui donner le premier coup. Mais ensuite, il ne se gênerait pas pour le lui rendre.

« C’est toi qui vas m’écouter, McAllister. » répliqua-t-il en utilisant les mêmes mots. « Pendant que tu te faisais défoncer le cul par ton Romain, moi je me démerdais pour régler les trucs ici. Tu crois que j’ai rien fait? Ah non pardon, j’avais oublié que comme je n’étais pas aussi bien que toi il était impensable que j’ai réussi quelque chose de bien hein? » Il s’était rapidement énerver, sans doute plus que d’habitude. Mais il avait l’impression que Gabriel l’agressait pour lui montrer comme de nombreuses fois avant qu’il n’y avait que le sénateur qui pouvait avoir de bonnes idées. Que lui Esteban Carson était un bon à rien. Il contourna son bureau pour faire quelques pas vers la fenêtre de son casino qui donnait la vue sur les gens entrain de dépenser leur argent en espérant naïvement être riches avec les jeux de hasard. « Bordel, ça te tuerait de croire que t’es pas le seul au monde à pouvoir arranger les choses? » Il inspira profondément afin de reprendre son calme – ou du moins d’essayer de le reprendre. Sa journée était le palmarès de la pire journée de la semaine. Après Stan, ce connard de première, fallait que Gabriel ramène sa sauce.



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Message(#) Sujet: Re: It's lonely at the top... Dim 22 Mai 2011 - 0:04

    « Pendant que tu te faisais défoncer le cul par ton Romain, moi je me démerdais pour régler les trucs ici. Tu crois que j’ai rien fait? Ah non pardon, j’avais oublié que comme je n’étais pas aussi bien que toi il était impensable que j’ai réussi quelque chose de bien hein? » Voilà donc où le bas blessait. Pour ne pas changer il était question d'Esteban Carson et de ses capacités à faire quelque chose de bien. Si Gabriel n'avait pas été trop occupé à éteindre le feu intérieur qui lui brûlait les entrailles, il aurait pu éclater de rire devant ce constat aberrant. Et puis c'était quoi cette réflexion déplacée sur sa vie sexuelle ? Brrr, l'image mentale de lui même dans le rôle du minet dominé lui arracha une coquette grimace à cheval entre le dégout et la stupéfaction. Non vraiment, en tant que meneur dans l'âme rien que de s'imaginer dans cette position représentait une insulte à sa virilité. D'ailleurs, lui n'avait pas souvenir, et ce malgré tout les problèmes qu'elle avait pu leur attirer, d'avoir déjà commenté la petite croisade personnelle carsonienne qui consistait à convertir toutes les femmes de Miami mariées ou non, qu'il était le meilleur coup de la ville.

    Posément, Gabriel contempla le bout de ses doigts posés sur l'ébène massif du bureau et s'en écarta de quelques pas alors qu'Esteban se détournait de lui pour se plonger dans la contemplation des clients du Gold Empire. « Retiens ta condescendance quand tu parles de Romain. » répondit en premier lieu le sénateur à la silhouette de son ami qui lui tournait le dos. « Il n'est pas plus au courant de notre problème que ton Elodie. Or, si ta fille a pu te pardonner ta paternité exemplaire démarrée avec 7 ans de retard, je crains de ne pas bénéficier de la même indulgence de la part de mon mari s'il venait à découvrir le pot-aux-roses. » Un léger soupir franchit ses lèvres à la seule idée du cataclysme du millénaire qui lui pendait éventuellement au nez. Puis le sénateur reporta son attention sur Esteban et enchaîna d'un ton doucereux. « Il est d'ailleurs surprenant vu ta rancœur à mon égard, que tu ne sois pas allé en personne lui lâcher le morceau. Après tes multiples tentatives ces dernières années pour mettre à mal ma carrière, je m'étonne que tu ne mettes pas plus de cœur à ruiner également ma vie amoureuse. »

    Laissant le temps à son interlocuteur d'assimiler le reproche, Gabriel marqua une pause, méditant de son côté à la question qui lui avait été adressée. Oui il était le seul à pouvoir arranger les choses ! Ce que Carson pouvait prendre pour de la prétention, n'était qu'un constat. « Mais tiens, puisqu'on en arrive à mon incapacité chronique à placer ma confiance en ta petite personne. J'aurais pu croire que fort des tes mois de vie communautaire en prison, tu aurais toi même trouvé la réponse à ta question. Mais puisque ce n'est pas le cas, laisse moi éclairer ta lanterne. » La voix vibrante d'une émotion contenue résonna dans la pièce, rauque, implacable et sublimée par une agressivité naissante. « Je ne t'avais rien demandé Esteban. »

    Il n'y avait plus ni cynisme, ni provocation. Figé dans la pièce comme pour juguler la colère qui l'envahissait crescendo, Gabriel fit sauter toutes les barrières qu'il avait maintenu en place depuis de long mois. Depuis qu'Esteban avait été incarcéré à sa place. « Alors dis moi, qu'est ce qui t'as pris de jouer les super héros ? Tu voulais sauver ma carrière ? M'empêcher de tout perdre en allant en prison ? Tu veux me faire croire ça alors que tout ce que tu as fait ces dernières années c'est me forcer à ramasser derrière toi toutes les conneries que tu accumulais ? Je vais te dire ce que je crois moi. Je crois qu'au royaume des égoïstes, je suis peut-être bien placé, mais toi t'es vraiment le roi. Tout ce que t'as fais ce jour là, tu l'as pas fais pour moi, tu l'as fait pour toi. C'était MON crime ! C'était à moi de payer mais non, même ça, t'as pas pu résister à l'envie de me le prendre. Même ma culpabilité il a fallu que tu te l'approprie... » Incompréhension, rancœur, révolte. Les vieux démons ressurgissaient, et avec eux, les souvenirs d'un autre temps. Le fossé creusé par des années de non-dits entrait en éruption et Gabriel porta la première attaque, son regard incandescent vissé sur le fautif. « Tout ça parce que dans ton esprit tordu, c'était ta façon d'expier pour avoir tué ton frère ! »
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Message(#) Sujet: Re: It's lonely at the top... Ven 27 Mai 2011 - 22:12

Dos à Gabriel, Esteban savait qu’il avait peut de chance de réussir à le faire sortir de son bureau. Non seulement parce que sa présence – bien que désagréables – lui faisait comprendre que Gabriel McAllister ne s’était pas présenter pour discuter. Non pas non plus pour rattraper le temps perdu depuis qu’il l’avait complètement rayer de sa vie après de multiples engueulades. La prison, le casino, Micaela, ce soudain mariage homosexuel, l’arrivée de sa fille… bref Esteban avait l’impression que tout avait éclaté et que rien était réparable. Faisant de son mieux pour se calmer afin de prendre sur lui et de ne pas s’emporter comme seul lui savait le faire, Esteban posa ses yeux sur les gens qu’il trouvait insignifiant.. ne prêtant pas réellement d’importance à ses clients. Ni même ses jolies demoiselles qui aurait pu l’intéresser dans d’autre circonstances. « Retiens ta condescendance quand tu parles de Romain. » Esteban roula les yeux alors qu’il n’avait aucunement l’intention d’être ‘’gentil’’ quand il parlait de Romain. Et encore moins devant le principal intéressé. De toute manière Esteban ne voyait pas l’intérêt d’être ‘’sympathique’’ avec quelqu’un que Gabriel avait décider d’épousé sans l’inviter de prime abord, et surtout sans jamais le lui avoir vraiment présenter. Parfois, ça lui brûlait de se venger et d’exposer toute cette histoire à la presse. Bye bye monsieur le sénateur. « Il n'est pas plus au courant de notre problème que ton Elodie. Or, si ta fille a pu te pardonner ta paternité exemplaire démarrée avec 7 ans de retard, je crains de ne pas bénéficier de la même indulgence de la part de mon mari s'il venait à découvrir le pot-aux-roses. Il est d'ailleurs surprenant vu ta rancœur à mon égard, que tu ne sois pas allé en personne lui lâcher le morceau. Après tes multiples tentatives ces dernières années pour mettre à mal ma carrière, je m'étonne que tu ne mettes pas plus de cœur à ruiner également ma vie amoureuse. » Immobile, Esteban ne se retourna pas alors qu’il accusait les reproches avec une habitude certaine. Après tout, après toute ses années on l’avait accuser de beaucoup de choses et même s’il trouvait cette accusation injuste, il ne voyait pas vraiment comment convaincre Gabriel qu’il avait tort. Il ne fallait pas se blairer, argumenter avec un McAllister c’était argumenter avec un mur. « Je fais pas tout systématiquement en espérant que mes moindres gestes sauront attirer l’attention du sénateur. » Ironisa-t-il en marquant plus fortement l’utilisation du statut diplomatique de celui qui avait été son ami. « Mais tiens, puisqu'on en arrive à mon incapacité chronique à placer ma confiance en ta petite personne. J'aurais pu croire que fort des tes mois de vie communautaire en prison, tu aurais toi même trouvé la réponse à ta question. Mais puisque ce n'est pas le cas, laisse moi éclairer ta lanterne. Je ne t'avais rien demandé Esteban. » Esteban se retourna finalement vers Gabriel en réalisant finalement qu’il lui en voulait encore pour la mise en scène qu’il avait effectué quand il avait appris que Gabriel avait tué quelqu’un avec l’aide de son ex fiancée. Et il lui en voulait encore de l’avoir enfermé dans un placard et d’avoir été se faire dénoncer à la place de son ami. L’air exaspéré, Esteban posa ses yeux sur Gabriel, alors qu’il n’était pas le seul à en vouloir à l’autre. « Je t’avais rien demandé non plus, Gabriel. » Répliqua-t-il en se remémorant les conneries qu’il avait fait pour le sortir de ce merdier. Mais il fallait croire que toute cette rancœur accumulée sortirait à ce moment. « Alors dis moi, qu'est ce qui t'as pris de jouer les super héros ? Tu voulais sauver ma carrière ? M'empêcher de tout perdre en allant en prison ? Tu veux me faire croire ça alors que tout ce que tu as fait ces dernières années c'est me forcer à ramasser derrière toi toutes les conneries que tu accumulais ? Je vais te dire ce que je crois moi. Je crois qu'au royaume des égoïstes, je suis peut-être bien placé, mais toi t'es vraiment le roi. Tout ce que t'as fais ce jour là, tu l'as pas fais pour moi, tu l'as fait pour toi. C'était MON crime ! » Esteban eu un sourire mauvais alors que Gabriel lui reprochait de l’avoir aider. Encore une fois, il fallait qu’il lui montre à quel point personne ne devait l’aider. Il fallait simplement que Gabriel s’apitoie sur son sort, qu’il continue de croire qu’il était le meilleur et qu’il continue à exploiter les autres que pour son propre profit personnel. Ne lui avait-il donc pas rendu service? Oui, mais il était loin le temps où il le reconnaîtrait. « C'était à moi de payer mais non, même ça, t'as pas pu résister à l'envie de me le prendre. Même ma culpabilité il a fallu que tu te l'approprie... Tout ça parce que dans ton esprit tordu, c'était ta façon d'expier pour avoir tué ton frère ! »

Muet, Esteban posa les yeux sur son bureau alors qu’il fut si surpris des paroles de Gabriel qu’il se demanda comment il avait fait pour ne pas avoir déjà enjamber les quelques pas qui le séparait de son ‘’ami’’ pour le battre à mort. Les dents serrées, Esteban balança furieusement ce qui lui servait habituellement de téléphone contre le mur de son bureau avant de relever les yeux vers Gabriel. Aveugler par la colère, Esteban agit enfin en fondant sur Gabriel le remerciant de sa visite par un coup de poing rageur dans le visage ne retenant aucunement le coup. Il voulait lui faire mal. Vraiment mal. Comment est-ce qu’il pouvait oser? Toutes ses années à avoir partager autant et il venait de l’accuser de la mort de Salim. Un second coup fut abattu sur Gabriel et même s’il savait qu’on lui rendrait sans doute des coups, Esteban n’était pas prêt d’arrêter. Il était envahi par la colère de réaliser qu’après tout ce temps, la seule personne qui connaissait son secret l’avait supporté à tort. Pendant plus de 20 ans, Esteban s’était demandé à quel point il avait été responsable de l’accident de voiture. À quel point il aurait pu empêcher la mort de son frère. En posant ses yeux sur Gabriel, Esteban était totalement dégouté. Dégouté d’avoir cru quelques instants à une amitié, à quelqu’un qui était tout aussi important qu’un frère. « JE L’AI PAS TUÉ » Rugissa-t-il en délaissant son emprise sur lui afin de résister à l’envie de lui empoigner la tête et de la cogner violemment contre le bois de son bureau. Tellement en colère, Esteban sentait ses mains trembler non seulement sous la douleur d’avoir donner des coups mais aussi sous la rage qui bouillonnait en lui. Il repassait dans sa tête en boucle les mots qui faisaient resurgir le souvenir douloureux de son frère. « DÉGAGE D’ICI MCALLISTER. DÉGAGE! » Ajouta-t-il avant de marque ses propos par son ordinateur qu’il balança sur le sol dans un violent fracas. C’était toujours ses mêmes questions à savoir si son horrible mère avait eu raison de lui reprocher toute sa vie la mort de son frère. Mais qu’est-ce qu’il avait put faire pour éviter que son frère conduise en état d’ébriété? Pire encore, qu’est-ce qu’il avait fait pour être le seul survivant de cet accident de voiture tragique? Il avait jamais rien demandé lui.
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Message(#) Sujet: Re: It's lonely at the top... Sam 2 Juil 2011 - 22:07

    Gabriel avait eut exactement ce qu'il voulait : faire sortir Esteban de ses gonds, le pousser dans ses derniers retranchement et lui extirper cette carapace de distance indifférente dont il croyait pouvoir se nimber pour tromper le sénateur. Un océan de non-dits les séparait, la rancœur avait prit le dessus sur des années d'amitié. Elle le rongeait si bien de l'intérieur qu'il aurait donné n'importe quoi pour s'en débarrasser.

    Mais rien ne vint. Oh la douleur était présente. Elle se propageait dans sa mâchoire, l'anesthésiant juste assez pour que Gabriel ne ressente que vaguement la chaleur du filet de sang qui s'écoulait de sa lèvre fendue.

    Mais il n'y avait rien. Ni la rage, ni la colère tant espérées. Juste le vide creusé par l'incompréhension mutuelle. Hébété, Gabriel resta immobile un instant avant de tourner mécaniquement les talons pour s'en aller.

    « Je sais bien que t'as pas tué Salim. » articula t-il tout de même, s'assurant sans le vouloir que sa mâchoire était toujours fonctionnelle. « Mais il faut bien que j'en arrive là pour que tu m'écoutes, pas vrai ? »

    Il marqua une pause, offrant son profil à un Esteban enragé. Il sourit, un peu, d'un sourire mi figue mi raisin accompagné de son lot de résignation et d'amertume silencieuse. « Je sais ce que c'est que de vouloir aider quelqu'un. Quelqu'un qui compte.» s'entendit-il dire, alors qu'il fixait un point sur le mur. « C'est parce que j'ai voulu aider Micaela qu'on est là aujourd'hui. » Parce qu'il y avait plus d'un an, la mexicaine encore enceinte à l'époque était venue trouver Gabriel. Désespérée, elle lui avait confier son secret, celui là même qui conduisait aujourd'hui Esteban Carson et Gabriel McAllister entre les murs du Gold Empire.

    Ce qu'il avait apprit ce jour là c'était que son passé au Mexique avait rattrapé la jeune femme. Qu'endettée auprès de la mafia mexicaine, cette dernière revenait à la charge. Et à la place des billets de banque, elle voulait utiliser la jeune femme comme couverture en la mettant à la tête de leur futur casino : le Gold Empire.

    Jeune femme douce et sans histoire, Micaela Careca représentait à leur yeux la propriétaire idéale. De plus elle était seule. A qui pourrait-elle bien faire appel ? Contre toute attente, malgré le froid entre les deux jeunes adultes et alors que Gabriel sortait à peine de prison, c'était lui qu'elle était venu trouver. Et après avoir assimilé toutes les informations – ce qui n'avait pas vraiment été évident car Gabriel avait eu du mal à associer les mots « mafia », « menaces », « propriétaire du Gold Empire » à la frêle silhouette au ventre rebondi – le sénateur avait eu un plan.

    Tel était le plan : Gabriel était assez calculateur et riche pour racheter la moitié du casino afin de ne pas laisser Micaela seule, à la tête du Gold Empire en passe de devenir la couverture de la mafia mexicaine. Esteban lui, à défaut d'avoir l'argent nécessaire avait pour lui de ne pas avoir d'image à préserver.

    Ce n'était qu'une solution de secours, un moyen pour lui d'avoir un pied dans les emmerdes pour mieux s'en débarrasser et faire front avec la jeune femme.

    « Mais je ne suis pas Micaela et vraiment Esteban, je voulais pas de ton aide. Pas ce jour là, pas pour ça. Être impliqué dans tout... » son regard circula dans le bureau, « dans toute cette merde, c'était vraiment suffisant. » Et par dessus tout il lui en voulait. Oh comme il lui en voulait. Comme s'ils n'avaient pas assez de problèmes sur les bras, comme si Gabriel avait en plus besoin de culpabiliser en regardant son meilleur ami aller en taule à sa place. Parce que c'est bien pour ça qu'il lui voulait... Parce qu'Esteban faisait parti de ces « quelqu'un qui compte » et qu'il savait qu'il aurait du le remercier. Seulement, il lui en gardait bien trop de rancune, incapable d'accepter son geste pour ce qu'il était, pour simplement baisser les armes. Et il venait d'échouer lamentablement à passer par la colère pour évacuer le poids qui pesait sur ses épaules.

    Il ne voyait plus quoi faire, à part s'en aller.
    « Prends soin de toi Carson. » lança t-il en guise d'au revoir, avant de quitter le bureau ainsi que son occupant. Les choses avaient bien changées, et peut-être que comme le sénateur l'avait craint il y a longtemps, leurs différences les avaient finalement séparés.



    Sujet terminé
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