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 « I could really use a wish right now » feat. Joe Cotton

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Message(#) Sujet: « I could really use a wish right now » feat. Joe Cotton Sam 1 Jan 2011 - 19:37

Elle avait épluché les petites annonces. Il était hors de question pour elle de vivre aux crochets d’Adriel, surtout vu le drame qui avait secoué son existence. Elle ne pouvait ressentir qu’une profonde désolation pour son ami et la tristesse qu’il portait sur ses traits d’habitude si souriants. Elle ne connaissait pas la malheureuse femme. Elle ne pouvait que compatir à la douleur de son frère de cœur, qui avait eu la bonté de l’accueillir chaleureusement, malgré les circonstances.
Elle était arrivée à Ocean Grove depuis plusieurs jours. Elle avait échappé de peu au chaos qui avait chamboulé tout Miami et avait donc trouvé avec étonnement une ville sans dessus dessous, où les gens se reconstruisaient comme ils le pouvaient, s’entraidant, se soutenant mutuellement, tant physiquement que moralement et elle avait été profondément touchée par cette vision à la fois triste et tellement pleine d’espoir. Elle avait craint de représenter un fardeau supplémentaire pour Adriel mais les mots doux et le ton rassurant qu’il avait employés l’avaient convaincue de faire un essai et de prêter main forte à son ami, autant qu’elle le pourrait. Mais pour cela, il fallait qu’elle commence par la base : trouver quelque chose qui lui permettrait d’être autonome. Ses maigres économies étaient presque épuisées et elle se voyait mal emprunter de l’argent au jeune homme. La gentillesse dont il faisait preuve était déjà un cadeau énorme.
Maya n’avait pas trop su à quoi s’attendre. Arrivée un peu sur un coup de tête, elle avait hésité quelques jours à aller le voir, de peur de tomber à un mauvais moment ou trop tard. Une décennie s’était écoulée depuis leur séparation, elle ignorait quel serait son état d’esprit vis-à-vis d’elle. Elle avait joué le coup de la chance et la chance avait été de son côté, clémente, pour une fois, elle qui avait pu se montrer si cruelle envers Maya au cours des vingt dernières années. Heureusement pour elle, elle n’était pas du genre à s’apitoyer sur son sort ou ce qui pouvait aller mal. Elle pouvait se montrer d’une faiblesse effarante face au danger, face à la menace, mais pour le reste, elle ne se plaignait pas, ne quémandait pas. Alors ce n’était pas aujourd’hui qu’elle allait commencer, même si elle n’avait pratiquement rien pour se lancer dans la vie. Ni compte en banque bien fourni, ni expérience professionnelle valable. Pour tout dire, le jour où elle serait engagée, il s’agirait en fait de son premier emploi et cette perspective l’angoissait autant qu’elle la poussait à avancer. Obtenir un job fixe serait un bon départ, avec ça, elle pourrait peut-être enfin aspirer à la liberté totale dont elle rêvait depuis des années, dépourvue de pression, de contrainte. Rien que ce qu’elle voudrait elle. La chose lui paraissait presque trop idéaliste mais dans un décor tel que celui-là, même ravagé comme il l’était, tout semblait possible et la confiance d’Adriel était un précieux remède, son amitié, un réel atout. Il avait le don de la faire se sentir mieux, même s’il n’effaçait pas des années de souffrances intérieures. Il était là, et c’est tout ce qui comptait.
C’est avec cette idée en tête qu’elle avait quitté la maison d’Adriel ce matin-là, le cœur plus léger, le sourire, bien que faible, aux lèvres. Son petit sac en bandoulière, sa liste d’emplois vacants et une pile de cv sous le bras, elle était partie en quête de ces endroits qui lui permettraient peut-être d’approcher d’un pas le bonheur auquel elle aspirait. Elle avait distribué ce qu’elle pouvait, on regardait son curriculum vitae d’un air sceptique mais comme elle avait l’air douce et timide, on l’acceptait d’un sourire, non pas que cela signifie qu’ils allaient la prendre en compte. Au moins le rejet n’était-il pas immédiat et cela suffisait amplement à rassurer Maya. Miami était l’endroit idéal pour recommencer à zéro et avec Adriel pour la soutenir et l’accompagner, elle n’avait plus grand-chose à craindre.
Du moins, c’était ce qu’elle croyait.
Aux alentours de midi, elle s’était installée à une terrasse couverte, avait commandé un thé et avait tracé des petites croix sur les échoppes et bureaux qu’il lui restait encore à trouver, à visiter. La plupart seraient probablement faciles à situer mais il y en avait une poignée qui ne figurait pas sur la carte du centre-ville qu’elle avait prise au point d’informations. Aussi lui faudrait-il compter sur la sympathie des habitants d’Ocean Grove. Jusque-là, elle était plus bien tombée. Les gens s’étaient montrés patients et prévenants, ce qui la poussa à jeter un coup d’œil autour d’elle pour guetter un visage qui pourrait l’aider. À la table à côté, il y avait un homme, proche de la trentaine. Il présentait bien, aussi Maya se dit-elle qu’il devait certainement s’agir d’un homme d’affaires. Il devait certainement connaitre le coin comme sa poche, ayant probablement des clients partout en ville. Il pouvait aussi être de passage mais elle décida qu’il serait très probable qu’il connaisse la ville et pourrait, ainsi, lui répondre. Attrapant sa liste où elle avait barré un à un les points où elle s’était rendue, elle se tourna vers l’inconnu et se racla la gorge pour attirer son attention avant de s’exclamer :

« Excusez-moi. Je me demandais si vous pourriez m’aider, je cherche cet endroit… »

Elle désigna une ligne, le nom d’une boutique, une enseigne française qu’elle aurait été incapable de prononcer sans paraitre ridicule, et elle guetta la réaction de l’homme d’affaires. Elle espérait sincèrement y voir une illumination, n’importe quoi qui indique qu’il savait après quoi elle en avait.
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Message(#) Sujet: Re: « I could really use a wish right now » feat. Joe Cotton Ven 28 Jan 2011 - 21:53

Je devais bien être attablé à la terrasse de ce café depuis au moins une heure. Ou plus. Avec rien d'autre que le journal du jour déplié devant moi et une tasse de café où croupissait un fond refroidit. Par deux fois le serveur me demanda si je voulais commander quelque chose d'autre mais je répondis sans cesse par la négative et ce, sans paraître le moins du monde gêné. Je savais que j'occupais une place stratégique que bon nombre de potentiels clients désireraient occuper mais je n'étais pas décidé à bouger. En fait, plus ce serveur me mettait la pression, plus je réalisais qu'il y avait un article que je n'avais pas encore lu ou un mot croisé qui méritait d'être travaillé de plus près. Je savais me montrer très patient et doucement emmerdant lorsque je le souhaitais. Le ton mielleux de mon serveur avait disparu depuis des lustres et c'était maintenant des regards forgés d'éclairs qui m'étaient destinés auxquels je répondais par des sourires innocents, l'air de dire « merveilleux temps, n'est-ce pas? ». J'étais bien là, le soleil chatouillait mon visage et j'avais encore une bonne heure à ma disposition : c'était ça d'être un prodige dans son domaine, on pouvait obtenir tout ce qu'on désirait de ses boss, même des caprices comme vouloir tous les jours une pause déjeuner de deux heures alors qu'on ne déjeune même pas. Le staff entier du building dans lequel je travaille sait que je ne mange pas à midi et pourtant, je pars toujours à onze heure pile pour ne revenir qu'à treize. Une perte de temps pour certains, une extravagance pour d'autres mais pour moi, c'était l'expression de ma liberté. Oui, j'étais un acharné du travail mais ce travail ne m'avait pas encore avilis et je pouvais m'en libérer quand ça me disait … entre onze et treize, certes.
Je n'avais guère prêté attention aux clients qui m'entouraient : il s'agissait tous les jours du même genre de personnes de toute façon, peu importe le café. Des étudiants surcaféinés, des vieillards à moitié sourds qui se hurlaient dessus, des femmes enceintes venues seulement poser leurs fesses sur une chaise disponible pour reprendre leur souffle … Des gens dénués d'intérêt, en gros. Mais qui ne m'importunais jamais. C'était pour ça que je ne me plaignais pas de leur présence : ils étaient banals mais au moins, ils restaient dans leurs mondes. Sauf aujourd'hui. Apparemment, l'un d'eux venait de réaliser ma présence et même si j'aurais fortement espéré que ça ne soit qu'une erreur, que l'on s'adressait plutôt à une autre personne que moi, je relevai mon regard en direction de la voix. Une midinette, visiblement en manque de shopping si j'en croyait la liste qu'elle me foutait dans la figure. Clignant des yeux et sans bouger d'un pouce son corps, je me mis à l'observer elle plutôt que son bout de papier. Un peu comme halluciné. Comme si elle venait de me demander de lui faire un strip-tease sur place. J'aurais été tenté de lui répondre d'aller se torcher le cul avec sa liste et sans doute que l'expression de mon visage à cet instant signifiait très justement cette idée mais contre toute attente, après m'être éclairci la voix, ce ne fut pas une insulte qui se bouscula hors de mes lèvres mais bien une parole très civilisée. « Il n'y a pas de quoi vous excuser. Je suis tout à fait disposé à vous aider. » N'importe qui me connaissant ne serait-ce qu'un peu aurait pris immédiatement ses jambes à son cou et c'était sans doute très exactement parce qu'elle ne me connaissait pas que j'étais prêt à communiquer avec elle. Ou plus exactement, à « jouer » avec elle. Elle ne le savait pas, bien sûr, mais elle était devenue soudainement mon attraction première de la journée, le petit plus de cette pause déjeuner supposée se dérouler le plus linéairement possible. Me redressant sur ma chaise et pliant mon journal en deux, je lui fis un signe de la main vers ma table. « Approchez, je ne vais pas vous manger. » La main tendue vers sa liste, j'ajoutais. « Puis-je ? J'ai une terrible vue de loin et j'ai oublié mes lunettes au bureau. » Archi-faux, j'avais bien un 10/10 à chacun de mes yeux et on me surnommé « l'œil de lynx » à la fac pour ma capacité à tout détecter d'un coup d'œil. J'avais donc bien lu le nom de la boutique qu'elle recherchait et j'aurais pu lui dire immédiatement quel chemin emprunter mais cela n'aurait eu aucun intérêt, du moins pour moi et chacun sait que je ne fais jamais grand chose qui ne me serve pas d'une manière ou d'une autre. Patientant avec une expression de bonté sur les traits, je ne la quittais pas des yeux et m'appliquai à paraître aussi serviable qu'il m'était possible de l'être. Derrière moi, le serveur poussa un soupire d'exaspération : je n'étais pas désireux de quitter son café et en plus, j'invitais une autre cliente (qui avait déjà été servie elle aussi) à ma table.
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Message(#) Sujet: Re: « I could really use a wish right now » feat. Joe Cotton Ven 4 Mar 2011 - 13:31

Maya ne se fiait pas aux apparences. Elle avait depuis longtemps compris qu’il ne lui servait à rien de se baser sur son ressenti, sur l’impression que l’autre lui donnait puisqu’elle se trompait souvent. Les gens souriants n’étaient pas forcément tous gentils et aimables. Les personnes taciturnes pouvaient quant à elle se révéler être des amis précieux, sur lesquels on pouvait compter, quoi qu’il arrive. Elle optait donc pour la méfiance. Qu’ils soient beaux ou laids, qu’ils soient froids ou avenants, les gens étaient de véritables mystères aux yeux de la jeune femme. Elle n’osait plus placer sa confiance en n’importe qui. Cela lui avait joué bien trop de tours dans le passé. Mais elle préférait ne pas y penser. Miami était la ville du retour à zéro, du décollage immédiat, loin de tous ses anciens tracas, loin des cauchemars qu’Alec avait pu laisser dans son sillage.
Mais peut-être que son expérience avec le jeune homme aurait pu intervenir dans la rencontre inopinée avec l’homme d’affaire. S’il avait belle allure et dégageait une force incroyable, il était plus à même d’impressionner ou d’effrayer Maya que de la rassurer. Elle n’avait jamais recherché la force chez les autres, elle n’en avait aucune et avait toujours craint que quelqu’un d’indépendant et sûr de lui verrait ses failles au premier coup d’œil. Elle n’allait pas jusqu’à rechercher la compagnie des « faibles » mais ça n’en était pas loin. Et pour cause, Maya ne cherchait la compagnie de personne. La solitude lui convenait, la plupart du temps, cela lui évitait bien des désagréments, mais il y avait des moments dans la vie où il fallait passer au-dessus de cette peur pour guetter l’aide d’autrui. Elle l’avait fait avec Adriel parce qu’elle le connaissait, même si cela datait d’une décennie auparavant, mais elle avait une confiance aveugle en lui, il était le seul à ne l’avoir jamais blessée. Il avait déserté leur ville, oui, mais comment pouvait-elle lui en vouloir quand ce départ signifiait qu’il volait vers des horizons plus éclaircis ? Certes, à l’heure actuelle, ce n’était peut-être pas l’expression qui convenait le mieux à la situation familiale d’Adriel, mais cela voulait dire énormément pour Maya. Pendant que lui était parti au paradis, elle avait sombré dans son enfer personnel, un enfer qui semblait invisible au regard des autres, à croire qu’elle s’était imaginé ces années de harcèlement et d’humiliation. Elle aurait peut-être dû sentir qu’il y avait quelque chose chez cet inconnu qui lui rappellerait immanquablement son ancien bourreau, qu’il y puisse quelque chose ou non.
Lorsqu’il se retourna, Maya ne se méfia pas vraiment pour la bonne et simple raison qu’elle ne cherchait pas à s’en faire un ami ou quoi que ce soit mais lui demandait simplement une indication. Les gens étaient moins enclins à vous manipuler quand cela concernait un court laps de temps, du moins c’est ce qu’elle en avait déduit au fil du temps, puisque plus ses relations s’effilochaient et devenaient superficielles, plus elle était tranquille. Personne ne venait la tourmenter. Personne ne venait plus faire quoi que ce soit près d’elle. Seule sa mère avait eu la patience de rester et pourtant Maya n’avait pas trop hésité à l’abandonner lorsqu’elle avait pris la décision de se rendre à Miami. Elle avait eu le cœur serré au moment des adieux mais pour le reste, elle pensait sincèrement que c’était la meilleure solution. Pour pouvoir guérir de son passé, il fallait qu’elle le lâche complètement – et cela excluait évidemment Adriel, seul électron libre qu’elle laissait dans son périmètre.
Quand l’inconnu se mit à l’observer, Maya le regarda un instant, incertaine de la façon de réagir face à un visage qui vous scrute de cette manière. Peut-être qu’il ne parlait pas Anglais, l’idée lui traversa l’esprit en un éclair et elle redoutait déjà de devoir fourrager dans sa mémoire pour trouver un semblant d’Espagnol ou de Français. Il y avait tellement longtemps qu’elle n’avait plus eu cours, elle avait oublié les rudiments de langues étrangères qu’on avait pu lui inculquer. Finalement, il parla et cet un accent parfaitement américain qui s’échappa de ses lèvres. Maya dissimula son soupir de soulagement en esquissant un sourire reconnaissant. Il était poli et avenant, voilà qui allait peut-être l’aider à avancer. Lorsqu’il l’invita à sa table, cependant, elle hésita. L’information pouvait être transmise en quelques secondes. Elle pourrait finir sa commande et repartir en quête de boulot. L’idée qu’il ne s’agissait que d’une conversation courtoise qui se terminerait dès qu’ils quitteraient ce café la poussa à finalement se lever pour venir s’asseoir avec son sauveur. Elle avait surtout vu qu’il y avait des gens qui patientaient pour avoir une table et libérer la sienne la soulagerait un peu de la culpabilité d’avoir occupé une table à elle toute seule. Et puis, pour dire vrai, elle tenait à ses résolutions et se montrer plus ouverte aux étrangers – sans leur laisser le plein pouvoir – était l’un de ses objectifs, l’instant présent était donc idéal. Elle lui donna donc sa misérable liste malmenée par ses doigts anxieux et l’observa, se demandant s’il serait à même de pouvoir l’aider. Au bout de quelques secondes, elle dévia son regard, ne voulant pas avoir l’air de le scruter comme il avait pu le faire quelques minutes plus tôt – sa vue défaillante devait expliquer la sensation qu’elle avait eue en se sentant dévisagée de la sorte – et tritura la bague qui encerclait son annulaire.
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