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 Where were you | Flynn

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Message(#) Sujet: Where were you | Flynn Ven 14 Jan 2011 - 20:40

When everything was falling apart?
All my days were spent by the telephone that never rang
And all I needed was a call that never came.

Le moral de la jeune fille n'était pas au beau fixe lorsqu'elle sortit prendre l'air cet après-midi-là et la bouffée de fraîcheur, qui lui faisait souvent beaucoup de bien, n'était parvenue qu'à apaiser légèrement son esprit mitigé. La dispute qu'elle avait eue avec Jed pesait encore lourdement sur ses épaules, alors qu'elle ne l'avait plus revu depuis. Sans doute était-il rentré très tard et avait-il quitté très tôt au matin, tout ça s'il avait finit par rentrer. L'adolescente n'avait eu connaissance de rien, ne savait même pas s'il avait lu son message, ni même dans quel état il avait terminé sa soirée. Si la culpabilité la rongeait de ne pas avoir su le retenir, elle ne comprenait pas ce qui avait pu les mener aussi loin. C'était si grave que ça, si elle avait eu le malheur de tomber amoureuse de lui? Pourquoi devait-il en faire tout un plat, sans même réellement savoir ce qu'elle pensait et surtout, sans lui demander de confirmer les propos d'une fille qu'il ne connaissait même pas. Il avait insinué que Sally avait raison et refusait de la croire, elle, lorsqu'elle affirmait que tout était faux et que ce n'étaient que des rumeurs. Pourquoi diable refusait-il de la croire? Qu'avait-elle bien pu faire pour qu'il n'ait pas suffisamment confiance en elle au point de la blesser volontairement pour qu'elle s'éloigne de lui?

Assise sur la balançoire du parc, balançoire qui l'avait maintes fois accueillie depuis son arrivée à Miami, la jeune fille tentait de réfléchir à toutes les possibilités, sans y parvenir toutefois. Elle ne réussissait tout simplement pas à retirer de sa tête cette idée selon laquelle Jed agissait selon un but précis, qu'il voulait qu'elle le déteste. Parce que partir, lorsqu'on n'aimait pas, c'était bien plus facile que partir lorsqu'on aimait. Et comment aimer lorsqu'on détestait? Il n'avait donc pas encore compris qu'Ella n'abandonnerait pas aussi facilement? Pas tant et aussi longtemps qu'il lui prouverait qu'il avait encore besoin d'elle. Il n'allait pas bien, elle le voyait, et ce n'était certainement pas sa fuite d'hier qui allait témoigner du contraire. Elle ne savait tout simplement plus comment elle pouvait faire pour aller mieux et pour l'aider à aller mieux. Elle avait l'impression qu'il avait besoin d'être seul et si c'était ce qu'il voulait, elle le laisserait seul.

Elle posa ses pieds au sol pour arrêter l'élan qu'elle s'était donné quelques minutes auparavant, mais demeura assise sans savoir si elle avait ou non envie de rentrer. Ce fut l'aboiement d'un chien non loin d'elle qui la fit sursauter, alors qu'elle se redressait vivement en soupirant de soulagement lorsque l'animal sembla flairer le sol à la recherche d'une odeur en particulier. Rassurée, elle allait s'avancer dans le parc pour se rendre jusqu'au bord de la fontaine lorsque le chien hurla de nouveau, l'animal étant rapidement repris par son maître, en laisse, alors qu'il semblait s'excuser d'un léger signe de tête pour le dérangement occasionné.

Un mouvement. Un bruissement derrière la haie. Il n'y avait presque personne dans le parc, ce ne pouvait certainement pas être un enfant qui jouait à cache-cache, ni non plus un autre animal parce qu'il aurait déguerpi en deux secondes dès le premier aboiement ...

S'avançant vers la haie en fronçant les sourcils, la jeune fille se demanda, pendant un instant, si elle n'avait pas rêvé. Tout semblait calme et si de premier abord elle avait cru que quelqu'un - ou quelque chose - se cachait entre les branchages, il était aisé d'imaginer, désormais, que son esprit lui avait joué un tour. Ce ne fut qu'arrivée tout près qu'elle écarta brusquement les feuilles pour découvrir quelqu'un, recroquevillé, qui avait tout l'air d'espionner. Pendant un instant, son visage fut dans l'ombre et Ella ne parvint pas à savoir si elle le connaissait ou pas. Toutefois, lorsque les rayons du soleil parvinrent jusqu'à lui et reflétèrent ses traits, la jeune fille recula de quelques pas, bouche-bée. Son coeur battait la chamade alors qu'elle ne parvenait pas à calmer sa respiration tant elle était surprise par cette apparition. « Logan ... ? » Elle reculait encore, jusqu'à manquer de s'affaler au sol en se prenant les pieds dans une racine. Tremblante, elle passa une main dans ses cheveux blonds alors que ses prunelles, sauvages, se posaient sur la silhouette de son frère, qui n'avait pas réellement changé, selon ses souvenirs. « Tu peux pas être là ... Tu ... » En un murmure, la jeune fille affirmait ses doutes, alors qu'elle refusait de croire à ce qu'elle voyait devant elle. Il était là pourtant. « T'as pas le droit d'être là! Tu m'espionnes? Tu me suis? » Effrayée alors qu'elle se rendait soudainement compte qu'il pouvait suivre ses faits et gestes depuis de nombreuses semaines, des mois peut-être, même, elle secouait la tête avec virulence dans l'espoir qu'il lui dise que ce n'était qu'une coïncidence, que rien n'état prémédité. « C'est maman qui t'envoie? Je reviendrai pas. » Farouche, elle ne le quittait plus du regard, consciente qu'elle avait décidé de le rayer de sa vie lorsqu'il était partit et qu'il l'effrayait plus qu'autre chose en réapparaissant comme si de rien n'était des années plus tard.

Son frère était un fantôme surgit du passé. Un fantôme qui appartenait à son ancienne vie, celle-là même qu'elle avait laissée derrière elle en même temps que ses quinze ans, en même temps que Manchester.
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Message(#) Sujet: Re: Where were you | Flynn Sam 15 Jan 2011 - 21:42

the girl with a future avoids a man with a past. Lorsque l’on passe sa vie à fuir, le temps devient un ennemi. Tout semble si long, si interminable. On attend inlassablement que quelque chose arrive. Quelque chose de bien. Quelque chose de mal. Et finalement, lorsque cette chose arrive, on le regrette. On se rend compte qu’attendre était la meilleure chose que l’on n’avait jamais faite. Il fallait être un bloc d’attente et perdurer dans ce sens. C’était ça la vie, en fin de compte. Attendre et puis finalement, trouver le bon moment. Ce moment qui changerait tout. Qui relancerait le cours des choses. Le problème, c’est qu’on n’a aucun mot à dire. Quand c’est l’instant, il est trop tard. « Logan..? » Cinq lettres, deux syllabes et un cœur qui s’émiette. Recroquevillé dans sa cachette, Flynn ferme les yeux. Il pense qu’alors, il deviendra invisible aux yeux de tous. Mais il se trompe. Il est là. Bien distinct. Et voilà que le moment tant redouté venait d’arriver… Mais comme cela était-il paisible ? Il avait pourtant pris toutes ses précautions, il en était certain. Toujours les yeux clos, le film défila à nouveau sous ses yeux…

Cela faisait quelques semaines que Flynn était arrivé à Ocean Grove. Combien de temps au juste, il ne saurait le dire. Il était là, et c’était tout ce qui lui importait. Quelques semaines qu’il vaquait à des occupations plus qu’étrange. Tel un voyeur un peu perdu, il mirait le monde qui l’entourait avec admiration. Tout lui semblait si parfait dans le plus parfait des mondes. Il était conscient que cela dissimulait bien des choses, mais il s’en fichait, les apparences lui convenait. Alors, se baladant entre les maisons, observant les gens à tour de rôle, il s’était fait une idée de ce que l’on pouvait vivre dans un tel endroit. Et il n’y avait qu’un mot pour définir cela : bonheur. Evidemment, c’était une vision bien enfantine du monde. Mais il en avait assez d’être grand. Le temps d’un instant, il voulait redevenir ce gosse perdu dans un grand magasin de bonbons. Il voulait pouvoir sourire sans devoir fournir une justification à un tel geste. Et le premier sourire n’a pas tardé à apparaître. Fynn avait finalement trouvé le but de sa visite : Ella. Elle lui avait alors parue si belle et radieuse, qu’il n’avait pas voulu lui gâcher ces si précieux moments d’existence. Mais il refusait cependant de repartir bredouille. Alors, doucement, imperceptiblement, il s’était mis à l’épier. Le moindre de ses gestes le comblait. Il lui en fallait peu pour être satisfait. Il était de ces gens à y croire toujours. Comme si l’espérance était la réponse à toutes les questions du monde. En gros, il était heureux par procuration et cela lui convenait très bien. Son lot quotidien était donc de suivre la demoiselle dans le moindre de ses faits et gestes.

Ce jour-là, il la suivit jusqu’au parc. Elle s’était alors installée sur une balançoire alors que lui-même avait pris place derrière un buisson. Il est vrai que son comportement devait paraître douteux à ceux qui le croisaient, mais tant qu’elle ne le voyait pas tout était toujours parfait. Elle se balançait doucement alors que son frère, sans qu’elle ne le sache, l’observait au loin. Et la tristesse qu’il lisait sur son visage lui pesait sur le cœur. S’il avait été un véritable grand frère, comme ceux qu’on voit à la télé par exemple, il aurait été à ses côtés. Il aurait écouté ses peines. Il l’aurait prise dans ses bras en lui jurant que tout finirait par s’arranger. Parce que c’est comme ça que ça se passe dans les familles normales, pas vrai ? Les enfants se disputent, se taquinent mais ils ne peuvent s’empêcher de s’aimer. Ça, ils avaient eu la chance de le vivre un peu. Lorsque leur père était là, Flynn passait son temps à taquiner sa sœur. Ils se cherchaient, se trouvaient le plus souvent, mais ils persistaient ensemble. Tous les grands frères sont chiants et Flynn ne faisait pas exception à la règle. Deux éternels enfants que les conflits rapprochaient peu à peu. Mais le temps, cet ennemi incompris, avait créé entre eux une distance qu’aujourd’hui ni l’un ni l’autre n’était encore prêt à franchir. Du moins, le pensait-il jusqu’ici. Et voilà qu’en une fraction de seconde, s’était tout son monde qui s’écroulait pour la millième fois.

« Logan..? » Retour à la case départ. C’était le moment, c’était l’instant. La collision avait eu lieu sous ses yeux sans qu’il puisse y faire quoi que ce soit. Ce chien qui était venu se foutre dans ses pattes et cet abruti qui prenait bien son temps pour formuler des excuses ostentatoires… Comme le monde devait lui en vouloir ! Surtout que ce mot tant regretté venait abîmer la bouche de sa petite sœur adorée. Celle-ci semblait tellement troublée de voir, mais commet lui en vouloir ? Il était parti si longtemps ! Et voilà qu’il arrivait comme une fleur. « Flynn. S’il te plaît. » Sa voix s’était fait douce et suppliante. Logan lui était bien trop douloureux. Un mauvais souvenir, un cauchemar obsédant. Il se releva doucement et essaya de s’approcher d’elle mais elle semblait avoir peur de lui. Elle manqua même de chuter tant elle essayait de lui fuir. « Tu peux pas être là... Tu... T’as pas le droit d'être là! Tu m'espionnes? Tu me suis? » Le jeune homme se mordilla la lèvre sans savoir rétorquer la moindre phrase. Après tout, elle avait raison. Il n’avait pas le droit d’être là. Pourquoi avait-il tout fichu par terre ? Pourquoi fallait-il toujours qu’il n’en fasse qu’à sa tête ? A cet instant précis, il n’avait qu’une envie : prendre ses jambes à son cou. Courir sans jamais s’arrêter. Une voix sarcastique minaudait dans sa tête qu’il ne savait faire que ça, fuir. Luttant contre elle et contre tous ses démons, il ne bougea pas d’un poil. Pourtant, il ne put s’empêcher de baisser la tête. Honteux d’être aussi lamentable et détestable. « C'est maman qui t'envoie? Je reviendrai pas. » Flynn releva alors la tête. Sa bouche s’ouvrit en grand mais aucun mot n’en sortit. Le regard qu’elle posait sur lui lui brûlait le cœur. Il n’aurait jamais dû revenir. Alors il repensa à Donald. Ce foutu con qui avait toujours raison. Elle avait tout gagné quand il était parti… Et voilà qu’il allait encore tout gâcher !

Refermant sa bouche, Flynn se mis doucement à jouer avec ses doigts. Tentant par tous les moyens de ne pas affronter ce regard si froid et effrayé. Mais il devait cesser de faire l’enfant et se reprendre rapidement. Alors, il porta sur elle son regard. Impassible et complètement transparent de tout sentiment. « J’ai pas revu maman depuis des années, Ella. Peut-être un coup de téléphone. Et je te demanderai pas de revenir. » Revenir où de toute façon ? Il n’avait aucun chez lui et il n’avait aucunement l’intention de retourner vivre chez sa mère. C’était hors de question. « Je… Je suis désolé. Je voulais pas réapparaître comme ça, tu sais. Je sais bien que je suis un peu comme ton fantôme dans le placard mais… » Les mots lui manquaient. À vrai dire, Flynn n’avait encore jamais prévu ces retrouvailles et voilà qu’il se trouvait sans un mot en bouche. Dans un geste d’affection qui ne lui ressemblait pas, il leva le bras pour le poser sur l’épaule frèle d’Ella mais se reteignit avant que celui n’atteigne son but. « Je n’ai pas le droit d’être là. Tu as raison. Je ne voulais pas gâcher ta vie. Je voulais juste… voir comment tu allais. C’était égoïste. Encore. Et toujours. Je n’suis qu’un égoïste. » Flynn tourna alors le dos à sa sœur pour dissimulé la rage qui se profilait dans son regard. Il avait tellement honte d’être lui-même. Est-ce que cela changerait un jour ? Pas si Ella lui refusait le pardon…
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Message(#) Sujet: Re: Where were you | Flynn Dim 16 Jan 2011 - 6:47

Si l'apparition de son frère lui semblait invraisemblable, la jeune fille était trop sous le choc pour tenter de peser les pour et les contre d'un tel retour. « Flynn. S’il te plaît. » Curieuse, mais surtout surprise, Ella ne dit rien alors qu'elle tentait d'assimiler la nouvelle que venait de lui transmettre son frère. Il avait donc changé de nom? Alors qu'elle-même refusait désormais de spécifier son second prénom, lui l'avait complètement changé. Elle ne savait même plus si ce trait de caractère lui était spécifique - qu'il faisait toujours à sa tête, en gros - ou si au contraire, il n'était qu'un impulsif qui avait agit sur un coup de tête, tellement elle avait l'impression de ne pas le connaître. Elle était si jeune, quand il était partit, qu'elle ne savait plus comment il se comportait en général. Elle n'avait pas oublié certaines de leurs disputes, leurs jeux, leurs courses à travers la maison, le chien qui hurlait à la mort sur les talons, mais elle ne se souvenait même plus de l'essence même qui appartenait à son frère. Elle se mordit la lèvre, consciente qu'elle ne saurait même pas le décrire, sans doute, si on venait à le lui demander. C'était son frère, oui, mais elle ne le connaissait plus.

« J’ai pas revu maman depuis des années, Ella. Peut-être un coup de téléphone. Et je te demanderai pas de revenir. » Elle aurait dû s'en douter. Et pourtant, c'était bel et bien sa première pensée, que sa mère ait demandé à ce qu'elle revienne. Elle n'y serait jamais retournée, bien sûr! Mais sans doute se serait-elle sentie un peu mieux de savoir que sa génitrice ne l'avait pas oubliée malgré tout et qu'elle tenait encore à la voir, même si ce n'était pas réciproque. Peut-être aurait-ce été là une façon de lui faire payer les années où elle n'avait pas su tenir son rôle de mère? « Tu veux me voir? Dommage pour toi, moi je ne veux pas. » « Je… Je suis désolé. Je voulais pas réapparaître comme ça, tu sais. Je sais bien que je suis un peu comme ton fantôme dans le placard mais… » Son frère s'était approché d'elle sans que l'adolescente ne daigne s'éloigner, malgré la méfiance constante au creux de ses prunelles. Elle avait suivit des yeux son geste, malheureusement suspendu avant d'atteindre son épaule. Il était revenu après tant de temps? Pourquoi? Qu'avait-il fait de sa vie, avant? Pourquoi l'avait-il oubliée? Pourquoi maintenant? Tant de questions sans réponses qui lui venaient à l'esprit maintenant que son frère se trouvait devant elle. Tant de questions qui ne demandaient qu'à avoir des réponses alors qu'elle avait cru ne jamais les obtenir et qu'elle était à deux doigts de tout comprendre.

« Je n’ai pas le droit d’être là. Tu as raison. Je ne voulais pas gâcher ta vie. Je voulais juste… voir comment tu allais. C’était égoïste. Encore. Et toujours. Je n’suis qu’un égoïste. » Ella observa comme d'une autre dimension, comme si elle ne pouvait pas agir sur le présent, son frère lui tourner le dos alors qu'elle avait la désagréable impression d'avoir les deux pieds ancrés dans le sol. Ce ne fut que quelques secondes plus tard qu'elle put s'avancer vers lui jusqu'à frôler son bras de ses doigts. « T'es ... T'es là pour moi? » Elle avait redressé un regard rempli d'espoir vers lui alors qu'elle ne pouvait pas comprendre les raisons de son retour - fracassant, il fallait bien l'avouer - dans sa vie. « Pourquoi maintenant? T'as pas donné de nouvelles pendant six ans! » Les larmes glissèrent sur ses joues sans qu'elle ne puisse les retenir, alors qu'elle avait fait quelques pas de façon à se retrouver de nouveau face à lui.

Elle ne put réprimer l'envie irrésistible qui la secouait depuis qu'elle avait pu détailler la silhouette de son frère derrière la haie et se jeta dans ses bras en enfouissant sa tête contre son torse. « Je pensais pas que t'allais partir comme ça. Je pensais que je ... » Cherchant le mot approprié à la situation, la jeune fille mit quelques instants avant de terminer sa phrase, alors qu'elle fermait les yeux sous la montée d'émotions qui faisait rage en elle. « ... comptais. » ajouta-t-elle dans un murmure en quittant l'emprise de ses bras et en baissant les yeux, consciente qu'elle venait là de lui reprocher ouvertement son départ, alors qu'elle venait à peine de le retrouver. N'était-ce pas là la preuve qu'elle cherchait pour lui montrer qu'il tenait à elle malgré tout? Non bien sûr. Fuir était tellement plus facile. Les mots de Pride lui revinrent néanmoins en mémoire: « Fais ton propre procès au lieu de faire celui des autres. » Elle ne pouvait pas le juger sans savoir ce qu'elle avait pu faire de mal pour qu'il l'abandonne ainsi. Il était son frère, il aurait dû rester avec elle quoi qu'il arrive! C'était son rôle de grand frère de frapper les garçons qui l'auraient approchée de trop près ou même de menacer les amis qu'elle aurait pu avoir. Mais il ne l'avait pas fait.

« C'est beau ... Flynn. » murmura-t-elle simplement pour tenter d'engager la conversation sur les raisons de ce changement soudain. Elle devrait s'habituer, évidemment, mais elle ne doutait pas qu'elle réussirait plutôt aisément. Elle avait de nouveau posé ses prunelles dans les siennes, presque par orgueil, alors qu'elle avait essuyé ses larmes d'un revers de main rapide, refusant de se laisser abattre par une situation qui n'était malheureusement pas de son ressort. Si elle avait pu retourner des années en arrière, elle aurait tenté de retenir son frère par tous les moyens, ne serait-ce que pour ne pas être seule.
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Message(#) Sujet: Re: Where were you | Flynn Lun 17 Jan 2011 - 21:14

Certains jours, vous vous levez avec une idée en tête. Une idée si profondément ancré en vous que rien ni personne ne pourra jamais vous dissuader de la réalisé. Personne, sauf vous. L’humain à ce quelque chose de particulier qu’il est incapable d’agir seul. Attaché à des milliards de choses sans intérêt, il n’ira jamais au bout de lui-même. L’humain est un froussard. Et Flynn l’était plus que n’importe quel être vivant. Depuis toujours il fuyait la réalité parce qu’elle l’effrayait. Pourtant, il rêvait de pouvoir tout recommencer. Et de changer le cours de l’histoire. Mais un jour, tout avait changé. La peur avait été balayée par un sentiment plus fort encore : la douleur. Celle de ne plus jamais revoir un être cher. Celle de ne pas savoir où il se trouve et si ses jours sont en danger. Assis sur les marches des cafés, Flynn avait entendu qu’un ouragan avait eu lieu dans une ville de Miami. Il n’y avait pas prêté attention au début, mais finalement, les choses étaient devenues claire dans son esprit. Et ce qu’elle craignait le plus s’avérait être la vérité : sa petite sœur s’y trouvait. En vie ? Morte ? Il n’en savait rien. Il n’avait que pour seul bagage, une montagne d’espoir. Et alors qu’elle se trouvait juste là, devant lui, la douleur qui l’avait assailli disparaissait pour faire place à une autre douleur. Plus vive. Celle de l’incompréhension. Du regret. Du remord. Elle n’était pas prête à le revoir dans sa vie… Cela aurait été mérité. « T'es ... T'es là pour moi? » Les doigts de la jeune fille frôlèrent son bras alors que le cœur de Flynn commençait doucement à se serrer. Bien sûr pour elle, pour qui d’autre ? Lui tournant toujours le dos et refusant obstinément de lui accorder un regard, il osa péniblement répondre à cette question par un simple mot : « Oui. » Que dire de plus ? C’était tout ce qui importait, il était là pour elle. Uniquement pour elle.

Elle s’était alors rapprochée de quelques pas afin de se repositionner devant lui. Toujours butté, Flynn regardait le sol avec une dévotion peu commune. Comme s’il eut été fait de mille éclats d’étoiles et d’une beauté intemporelle. « Pourquoi maintenant? T'as pas donné de nouvelles pendant six ans! » Déglutissant péniblement, il osa relever la tête. Et c’est alors qu’il les vit. Ses perles de pluie qui ruisselaient doucement sur les joues de sa petite sœur. Il aurait aimé avoir un geste tendre. Écraser ses larmes à l’aide de son pouce, la serrer dans ses bras, lui sourire tristement. Faire quelque chose. Un geste. Ou même un mot. Mais impassible et comme de glace face à cette scène dramatique, le jeune homme ne sourcilla même pas. Il avait oublié ce qu’était un véritable comportement humain et ce qu’un grand frère devait faire. Il était placide et pourtant, c’était tout un volcan qui faisait bouillonner son être. Alors qu’elle se blottissait contre sa poitrine, Flynn aurait aimé refermé ses bras autour de son frêle corps. Mais il n’en fit rien. « Je pensais pas que t'allais partir comme ça. Je pensais que je ... » A cette phrase, il serra les poings. Il ne pensait pas non plus qu’il partirait de cette façon. Et pourtant, il l’avait fait. Comme ça. Sans raison vraiment valable finalement. « ... comptais. » Une boule de rage grossissait dans la gorge de Flynn alors que se murmure l’atteignait. Le corps de sa sœur se détacha de lui sans qu’il ne lui offre la moindre étreinte. Il était comme ça. Un peu froid. Un peur fermé. Et pourtant. « J’ai entendu. Pour l’ouragan, je veux dire. Je ne pouvais pas vivre sans savoir si tu… » La boule au fond de sa gorge lui rendait la tâche difficile. Comme parler devenait un fardeau alors qu’il aurait été tellement plus facile de s’expliquer. Ce qu’il voulait dire, c’était qu’il était impossible de vivre dans un monde où elle ne respirerait plus. « Je suis parti, je sais. Et je sais aussi que ce n’était pas la meilleure chose à faire. Mais tu sais… Je pouvais pas. » Flynn essayait tant bien que mal d’expliquer les raisons de son départ mais à vrai dire, même pour lui elles étaient encore floues aujourd’hui. Sa main vint finalement se poser sur l’épaule de la jeune fille en face de lui et pour la première fois depuis leur retrouvaille un petit sourire s’immisça sur les lèvres du jeune homme. « Comme tu as grandi. Tu as du manger ta soupe tous les jours depuis mon départ ! » Le ton qu’il empruntait était doux et sarcastique. Il était tout bonnement incapable d’assister à des retrouvailles aussi déprimantes.

« C'est beau ... Flynn. » Les prunelles du jeune homme se firent de nouveau de glace. Oui. C’était beau. Et c’était arrivé comme ça, sans qu’il n’ait besoin d’y penser. Il aurait pu choisir Bryan ou Dayton. Mais non, c’était Flynn qu’il avait choisi. Et les raisons étaient sans doute ridicules pour tout autre que lui. « Tu te moques pas si te je dis pourquoi ? » Le grand frère qu’il était agissait naturellement, comme si les six dernières années d’absences n’avaient jamais exister. Comme si seule une nuit les avait séparés. « Flynn, ça me faisait penser à Fly. Tu sais, comme voler. Et puis, ça me bottait bien un nom qui donne des envies d’envol… » Son bras retomba le long du corps, alors que d’un petit signe de la main, il incita la jeune fille à le suivre dans une petite promenade dans le parc. Ses pas se mirent en route sans qu’il n’y prête véritablement la question. Et la question qu’il refoulait depuis le début de leur rencontre lui taraudait les lèvres. Il se les mordilla afin de garder le silence, mais il lui était impossible de les taire. « Dis-moi, Ella… Tu es heureuse ? » Au fond, c'était tout ce qu’il souhaitait savoir. Si la réponse était oui, alors il n’aurait plus qu’à disparaitre à nouveau. Simplement. Mais cette fois, il lui dirait au revoir, il ne ferait plus la même erreur…
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Message(#) Sujet: Re: Where were you | Flynn Mer 19 Jan 2011 - 3:31

Ainsi donc, il était revenu pour elle. Si la jeune fille était surprise - agréablement surprise - par cette affirmation, alors qu'elle n'avait pas vu son frère aîné depuis de trop longues années, elle n'en demeurait pas moins méfiante, alors qu'elle savait pertinemment que s'il était partit une fois, il pouvait partir une seconde fois. Elle savait qu'elle ne devait pas s'attacher aux gens qui passaient dans sa vie parce qu'ils finissaient toujours par disparaître, mais son frère se tenait devant elle, à lui dire qu'il était revenu pour elle et elle ne pouvait pas s'empêcher de penser que c'était clairement ce qu'elle avait voulu pendant des années. Elle ne savait pas si c'était trop tard ou s'ils avaient été éloignés trop longtemps pour qu'elle passe par-dessus et lui pardonne son départ, mais tout ce qu'elle savait, c'est que son coeur battait la chamade et et que ces retrouvailles lui faisaient beaucoup de bien, tout en instaurant des tonnes de questions dans son esprit déjà tellement embrumé. Sans doute avait-elle sa réponse toutefois puisqu'elle espérait de tout son coeur que pour une fois, il soit là pour rester et non pas pour disparaître au bout de quelques jours, lorsqu'il aurait compris qu'elle allait bien. Elle aurait aimé qu'il la serre dans ses bras et lui dise à quel point elle lui avait manqué, mais elle ne pouvait pas espérer de lui qu'il fasse comme si de rien n'était. Pas après tout ce temps et surtout, pas en sachant que la jeune fille elle-même avait du mal à ne voir la situation que d'un bon oeil. Elle ferma les yeux et se mordit la lèvre alors qu'elle le relâchait et s'écartait, non sans être déçue qu'il ne l'ait pas serrée contre lui à lui en briser les os comme il l'aurait fait des années plus tôt. « J’ai entendu. Pour l’ouragan, je veux dire. Je ne pouvais pas vivre sans savoir si tu… » Étais morte ... ajouta-t-elle pour elle-même en posant les yeux sur un arbre en diagonale.

C'était facile de dire ça en revenant et pourtant, Ella se trouvait égoïste de penser comme ça alors que son frère n'était revenu que pour elle, qu'il avait trouvé le chemin la menant jusqu'à elle afin de s'assurer qu'elle était en vie. Mais où était-il pendant toutes ces années? Pourquoi ne s'était-il pas assuré qu'elle était en vie, avant aussi? « Je suis parti, je sais. Et je sais aussi que ce n’était pas la meilleure chose à faire. Mais tu sais… Je pouvais pas. » Il ne pouvait pas quoi? rester avec eux? Il ne pouvait pas rester avec elle? Elle essuya une nouvelle larme qui coulait le long de sa joue alors qu'elle refusait encore de poser ses prunelles dans les siennes. Elle savait ce qu'elle y verrait et elle n'était pas certaine d'être réellement prête à y faire face. La main de son frère sur son épaule la fit relever les yeux sans qu'elle ne le veuille vraiment, alors que c'était bien l'un des premiers gestes d'affection qu'il faisait envers elle depuis le début. « Comme tu as grandi. Tu as dû manger ta soupe tous les jours depuis mon départ ! » Évidemment qu'elle avait grandi. En six ans, on grandit. Surtout quand on avait dix ans la dernière fois. On passe d'une fillette à une adolescente en peu de temps tout de même, mais c'est quand même ça. « Et toi, tu ... Tu as les mêmes yeux que papa. Tu lui ressembles tellement! » Si la jeune fille devait néanmoins se reposer sur des photographies puisque peu à peu, l'image de son père tel qu'elle l'avait connu s'évanouissait de sa mémoire, elle savait qu'il lui ressemblait. Il avait le même regard, la même façon de se tenir, même s'il était pourtant si différent ... Le regard de son frère était comme vide d'expression, elle ne pouvait plus y lire ce qu'elle y avait autrefois aperçu. Elle ne savait plus comment.

Elle avait préféré parler d'autre chose, lui dire à quel point elle trouvait joli le nouveau prénom qu'il avait choisi. « Tu te moques pas si te je dis pourquoi ? » Secouant délicatement la tête en s'attendant au pire - on ne savait jamais, avec lui - elle fronça légèrement les sourcils alors qu'elle attendait calmement sa réponse, sans s'exciter comme elle aurait pu le faire des années auparavant, lorsque son frère ne pouvait rien lui cacher. « Flynn, ça me faisait penser à Fly. Tu sais, comme voler. Et puis, ça me bottait bien un nom qui donne des envies d’envol… » Un léger sourire étira ses lèvres alors qu'elle laissait ses pas suivre ceux de son frère et son esprit vagabonder pendant un moment. « Ça te va bien... »

Elle marchait en silence à ses côtés, n'ayant aucunement envie de le briser par des paroles qui seraient sans doute de trop, préférant ne rien dire et profiter au maximum de cet instant. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle avait la désagréable impression que son frère n'était pas venu ici pour rester. Après tout, n'avait-il pas eu la chance de lui parler des tonnes de fois? Au lieu de ça, il demeurait caché à l'épier sans jamais se montrer. L'aurait-il fait, si seulement le chien n'avait pas hurlé en ressentant sa présence cachée derrière le buisson? Serait-il repartit comme il était venu lorsqu'il aurait compris qu'elle allait bien? « Dis-moi, Ella… Tu es heureuse ? » Surprise, Ella n'en laissa rien paraître alors qu'elle haussait les épaules comme si elle refusait d'y répondre. « Lawson, il est gentil, tu sais. J'aurais pas pu mieux tomber. C'est mon tuteur. » expliqua-t-elle en répondant un peu de façon détournée à sa question, sans vraiment lui dire une réponse concrète. « Il a même accepté que Jed passe un moment avec nous pour me faire plasir; son toit s'est effondré. Jed, c'est ... Mon ami. Il me comprend bien. » Mieux que quiconque, sans doute. « Je me suis fais des amis aussi et il fait chaud ici, comparé à Manchester. » Pourquoi devait-elle absolument glisser la température dans la conversation alors qu'elle ne s'était jamais plainte du froid en décembre, lorsqu'elle habitait encore dans le New-Hampshire. Sans doute parce qu'elle ne savait pas comment répondre à sa question autrement? Sans doute. « Il s'est passé quoi, depuis que t'es partit? Raconte-moi! T'es allé où? T'as fais quoi? » Levant un sourire d'excuse vers lui alors qu'elle se rendait compte qu'elle posait sans doute trop de questions, elle prenait conscience qu'elle avait marché la tête basse en lui racontant rapidement ce qui s'était passé dans sa vie depuis qu'elle avait fait irruption dans la ville de Miami. Si elle était heureuse? Elle n'avait jamais été autant heureuse en sept ans. Elle se sentait bien. Pour la première fois depuis tellement longtemps, elle avait l'impression de trouver sa place.
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Message(#) Sujet: Re: Where were you | Flynn Sam 22 Jan 2011 - 21:57

Les raisons qui poussent quelqu’un à changé de vie sont souvent diverses et variées. Parfois même dérisoires. On passerait des jours à vouloir en saisir le sens et à en comprendre les profondeurs. Mais ce serait vain et inutile. Parfois, il n’y a rien à comprendre puisque la réponse échappe même au principal concerné. C’était le cas de Flynn. Si un jour il était parti sans se retourner, c’était uniquement parce qu’il en avait ressenti le besoin. Mais la raison même de ce besoin, il l’ignorait. Ou peut-être s’obstinait-il à ne pas vouloir l’encaisser. C’était plus que possible dans son cas. Alors expliquer à Ella qu’il était partit simplement parce qu’il ne pouvait pas rester lui semblait impossible. Pourtant les mots étaient partis et il les regrettait. Elle aurait pu interpréter ces paroles à sa façon et peut-être que sa façon de pensé n’était pas des plus compréhensive. Après tout, elle ne pouvait imaginer que le pire. Un manque d’amour, d’intérêt ou toute autre chose pour sa propre personne. Mais bien sûr, elle avait tort. C’est parce qu’il l’aimait qu’il était parti. Enfin, dans sa vision des choses, cela semblait tellement logique… Mais voilà que le petit bébé qu’il avait quitté était devenu une vraie petite princesse. Belle comme le jour. Délicate comme une rose. Et absolument époustouflante. Évidemment, il s’attendait à un tel choc, mais tout ce qu’il avait pu imaginer était surpassé par la présence face à lui. Même l’imagination la plus parfaite n’aurait pas rendu honneur à son adorable petite sœur. « Et toi, tu ... Tu as les mêmes yeux que papa. Tu lui ressembles tellement! » Flynn acceptait la remarque sans ciller. Pourtant, son cœur s’accéléra à une vitesse peu constante. C’était le genre de chose qu’il refusait d’accepter. Il ne ressemblait pas à son père. Il était totalement différent et ce, par bien des aspects. Flynn était un jeune homme complexe et quelque peu torturé malgré lui. Son père était quelqu’un de bon et d’admirable. Certes, dans ses iris on pouvait déchiffrer quelques reflets similaires mais cela ne voulait rien dire. Absolument rien. Malheureusement pour lui. « Tu te trompes, Ella. » Sa voix était douce et elle ne dissimulait aucun reproche. Il était content qu’on puisse le comparer à son père, mais c’était, en quelque sorte, le déshonorer que de les comparer.

La conversation ne s’attarda pas sur ce sujet. Il fallait les dires que les souvenirs étaient nombreux et qu’il était parfois difficile de se les remémorer. Ils enchainèrent donc sur cette envie de changer de nom que Flynn avait eu. Il avait expliqué la raison de ce choix mais ce qui l’avait poussé à troquer l’un pour l’autre. Après tout, cela le regardait. Il n’était pas encore prêt à lui dire qu’il voulait laisser beaucoup de chose derrière lui. Son passé était peu glorieux et quelque peu mouvementé. Il ne pouvait pas embrouiller l’esprit encore jeune de la jolie blondinette. C’était au dessus de ses forces. Malgré les années et la distance plutôt évidente qui régnait entre eux, Flynn se faisait un devoir de la protéger. La protéger de lui, de son passé et de tout ce qui pourrait lui imposer une douleur quelconque. Finalement, il était là pour parler d’elle et non de lui. Il n’avait donc pas besoin de s’attarder sur ce sujet et c’est pour cette raison qu’il osa poser LA question. Celle qui avait toute son importance. Celle qui s’était posé de puis la première seconde en franchissant le pas de la porte. Marchant à ses côtés, il espérait de tout cœur que la réponse ne serait pas déchirante. « Lawson, il est gentil, tu sais. J'aurais pas pu mieux tomber. C'est mon tuteur. » Un petit sourire s’immisça sur les lèvres du jeune homme qui ne pouvait s’empêcher de penser que c’était déjà un bon début. Elle aurait pu tomber sur quelqu’un d’absolument horrible et détestable. Elle aurait pu souffrir de ce changement de vie. Mais non. Elle semblait trouver cela plaisant. « Il a même accepté que Jed passe un moment avec nous pour me faire plaisir; son toit s'est effondré. Jed, c'est ... Mon ami. Il me comprend bien. Je me suis fais des amis aussi et il fait chaud ici, comparé à Manchester. » Flynn continuait de marcher aux côtés de sa petite sœur silencieusement. En grand frère qu’il était malgré tout, à l’attente de se prénom masculin, il grinça des dents. Il savait ce qu’une petite amourette pouvait provoquer. Bien des plaisirs, mais aussi bien des tourments. Il ne connaissait pas ce Jed, mais il se faisait la promesse de ne pas le laisser briser sa sœur. Mais il ne pouvait évidemment pas aborder les choses de cette façon. Aussi, arquant un sourcil, il la regarda avec un sourire quelque peu malicieux. « Un ami ? Si j’avais su qu’en venant ici je trouverais une adolescente effrontée et boutonneuse à la recherche du prince charmant, je me serais abstenu ! » C’était une petit blague de mauvais goût. Ella semblait être une jeune fille très sérieuse, sa peau était lisse comme une pêche et ce Jed… Il ne pouvait pas encore en juger. Mais il avait l’espoir que malgré tout, il n’était vraiment qu’un ami. Flynn lança un petit coup de coude dans les côtes de sa sœur tout en murmurant : « Hey, rigole hein ! » Si par bien des aspects, le beau blond avait évolué, il restait cet éternel joueur.

« Il s'est passé quoi, depuis que t'es partit? Raconte-moi! T'es allé où? T'as fais quoi? » Ella posa alors sur lui son doux regard et lui offrit le plus joli sourire d’excuse qu’il n’avait jamais vu. Il posa alors son bras sur ses épaules tout en continuant d’avancer en silence. Flynn ne voulait pas répondre à ces questions. Elles étaient tellement… Intimes. Et ce qu’il avait fait était loin d’être à la hauteur d’une attente de petite sœur qui retrouve un grand frère perdu. Pourtant, il ne pouvait pas ignorer ses questions. C’était impensable. Il faudrait simplement qu’il détourne les réponses. « J’ai été ici et là. J’ai marché, j’ai couru, j’ai fait du stop. » Il se mordilla la lèvre en pensant à toutes ses choses qu’il prenait la peine d’ignorer dans son récit. « Crois-moi Ella, ma vie sans toi n’en vaut absolument pas la peine. Il n’y a rien à en dire. Et tu ne veux pas la connaître, je t’assure. » Il récupéra son bras et se mit à jouer avec ses doigts. Les emmêlant dans une drôle de danse. Il cherchait les mots, les phrases, les sentiments qu’il devait mettre en avant pour ces retrouvailles. Mais Flynn n’était pas du genre bavard. Et bien que l’envie ne lui manque pas, il lui semblait difficile d’entamer une conversation sans risquer de devoir se dévoiler lui-même davantage. « Parle-moi de toi. De Jed. De Lawson. De qui tu veux ! Mais parle-moi. Quelle est ta couleur préférée ? La fleur que tu adores le plus ? Le film qui te fait pleurer et celui qui te fais rire ! Dis-moi… quelle est la première chose à laquelle tu penses lorsque tu te lèves le matin ? » Flynn se mordit à nouveau la lèvre et posa sur Ella un regard emplit de curiosité. Il voulait tout savoir. Absolument tout !
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Message(#) Sujet: Re: Where were you | Flynn Dim 23 Jan 2011 - 7:04

Non bien sûr elle ne se trompait pas. Et elle lui prouverait qu'il ressemblait davantage à leur père que ce qu'il voulait bien croire et laisser croire. Ça ne servait à rien, de toute façon, de se battre avec lui, elle ne le connaissait plus suffisamment pour lui servir des arguments choc; elle préférait donc attendre et conserver cette information dans un coin de sa tête en se jurant de lui en faire part plus tard. Pour le moment, son frère semblait vouloir en savoir un peu plus sur elle, et surtout sur sa vie, ce qu'elle n'avait pas pu faire sans citer Lawson et Jed, qui faisaient désormais partie intégrante de sa vie. « Un ami ? Si j’avais su qu’en venant ici je trouverais une adolescente effrontée et boutonneuse à la recherche du prince charmant, je me serais abstenu ! » Glissant un regard farouche et un peu vexé sur son frère, elle accusa le coup dans les cotes en se tortillant légèrement de façon à tenter, en vain, d'y échapper. « Hey, rigole hein ! » « C'est pas drôle! » Et pourtant, le sourire qui apparaissait peu à peu sur les lèvres de la jeune fille laissait présager qu'elle n'était pas tant vexée par les propos de son frère. Elle ne pouvait pas s'attendre à ce qu'il lui dise toutes ces belles choses qu'elle espérait entendre en sachant qu'il reviendrait. Et pourtant, elle voulait absolument croire que c'était une blague, tout simplement parce qu'elle avait peur de le décevoir. Et s'il n'appréciait pas l'adolescente qu'elle était devenue? Et s'il se rappelait seulement l'enfant d'il y a six ans et qu'il voulait à tout prix la retrouver comme ça?

Elle préféra donc lui poser des questions sur ce qu'il avait fait des six dernières années de sa vie, alors qu'elle n'avait absolument rien sur quoi se baser. « J’ai été ici et là. J’ai marché, j’ai couru, j’ai fait du stop. » « Tu dois en avoir visité des états et des pays, en six ans ... » fit-elle, confuse, alors qu'elle ne savait pas comment interpréter ses paroles. Elle avait bien évidemment l'impression qu'il ne lui disait pas tout, qu'il tentait de la préserver en demeurant le plus vague possible et elle en eut la confirmation dès lors qu'il ouvrit de nouveau la bouche.« Crois-moi Ella, ma vie sans toi n’en vaut absolument pas la peine. Il n’y a rien à en dire. Et tu ne veux pas la connaître, je t’assure. » Elle se mordit la lèvre alors que son frère retirait son bras de son épaule et qu'il marchait finalement en silence à ses côtés. La jeune fille laissa son regard se poser sur les mains de Flynn et ce fut sa main à elle qui vint saisir la sienne pour la serrer délicatement. « Parle-moi de toi. De Jed. De Lawson. De qui tu veux ! Mais parle-moi. Quelle est ta couleur préférée ? La fleur que tu adores le plus ? Le film qui te fait pleurer et celui qui te fais rire ! Dis-moi… quelle est la première chose à laquelle tu penses lorsque tu te lèves le matin ? » L'adolescente faillit éclater de rire devant l'expression on ne peut plus sérieuse de son frère, alors qu'elle ne savait pas par où commencer. Il y avait tant de choses auxquelles penser lorsqu'on ne s'était pas vus pendant six ans! Comment pouvait-il espérer tout savoir en quelques heures?

Ella n'avait toutefois pas lâché la main de son frère et balançait légèrement leurs mains d'avant en arrière alors qu'elle tentait de trouver les mots pour répondre à toutes ses questions. « Ma couleur préférée n'a pas changé! Le violet. Tu te souviens quand j'avais renversé le café de papa sur mon tee-shirt violet en voulant lui apporter sa tasse? J'en avais pleuré! » Elle rit légèrement en se rappelant l'incident, alors qu'elle ne s'en souvenait que grâce aux propos rapportés par son père et son frère quelques années plus tard, la fillette de cinq ans qu'elle avait été ne réussissant pas à se remémorer la gaffe en question toute seule. « Pour la fleur ... Tu veux m'en offrir? Je rigole! ... Le lys, je crois. » ajouta-t-elle après un instant de réflexion. Elle ne connaissait pas suffisamment les fleurs pour oser dire avec certitude que c'était bel et bien celle qu'elle préférait entre toutes les variétés, mais elle aimait beaucoup la forme de celle-là. « Évidemment, je pleure quand je regarde Titanic. Toi aussi, je suis sûre! Et heu ... Je ris devant ... T'as vu Good Morning England? » Elle posa néanmoins son doigt sur ses lèvres alors qu'elle tentait de se souvenir de la dernière question qu'il lui avait posée. Elle préféra oublier la question dès lors qu'elle se raviva à son esprit, alors qu'elle ne pouvait vraisemblablement pas lui dire que ses premières pensées, ces temps-ci, allaient pour l'occupant de la chambre voisine à la sienne. Il ne pourrait pas comprendre le lien qui unissait les deux amis et l'inquiétude qui ébranlait Ella dès lors qu'elle avait l'impression que Jed n'allait pas bien.

Maintenant qu'elle avait répondu à la plupart de ses questions faciles, elle ne savait pas comment entamer la seconde partie de ses confidences. « Tu sais ... C'est pas facile de tout expliquer! Je me suis disputée avec Jed, hier. Il est partit et je ne l'ai plus revu. Mais c'est rien de grave hein. » ajouta-t-elle afin d'éviter que son frère en vienne à avoir des pensées meurtrières à l'égard de son ami, qui, même si la situation la tracassait bien plus qu'elle ne pouvait tenter de le faire croire. « Oh et je t'ai pas parlé de Pride! Et Dolly! Pride il vient juste de revenir, tu pourras le rencontrer peut-être! Et Dolly... Elle élève des araignées, chez elle! Et ... » Soudainement consciente qu'elle ne parlait pas vraiment des jeunes de son âge, Ella se tut un instant en tentant de trouver les jeunes de sa classe avec qui elle s'entendait bien, sans réussir néanmoins à dire les noms alors que personne ne retenait réellement son attention. « Comment t'as fait pour savoir que j'étais ici? » demanda-t-elle brusquement en cessant complètement de marcher, comme si la question venait tout juste de s'imposer à son esprit alors qu'elle aurait logiquement dû la lui poser en premier. « Maman elle pourrait pas savoir, hein? Ils le lui diraient, tu crois? » Soudainement terrifiée à l'idée qu'on lui retire sa nouvelle vie - elle s'y était crue en sécurité, à l'ombre de toute menace, avant que son frère ne débarque - la jeune fille relâcha la main de son frère d'un geste presque paniqué, une oule se formant au creux de sa gorge. Les kilomètres qui séparaient Miami de sa ville natale lui avaient semblé suffisants pour qu'elle se sente à l'abri et tout s'écroulait alors que la peur de voir un jour débarquer sa mère pour la récupérer lui étreignait le coeur.
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Message(#) Sujet: Re: Where were you | Flynn Dim 23 Jan 2011 - 21:45

Dans la rue, on apprend des tas choses. On apprend à survivre, a se nourrir dans les poubelles, à dormir sur un banc, à quémander de l’argent au moindre passant… On apprend des tas choses, mais il n’y a rien qu’explique comment éviter les questions compromettantes et les réponses qui s’en suivront. Malheureusement pour Flynn, les questions qu’Ella lui posait était trop personnel pour qu’il ne veuille y répondre. Et les choses qu’il dirait seraient sans doute un peu trop dur à entendre. Dans ce genre de cas, ne valait-il mieux pas garder le silence ? C’est ce qu’il avait pensé. C’est pour cette raison et pour d’autre encore qu’il avait choisi sa propre manière de détourner l’attention de sa sœur. Premièrement, il avait abordé ces agissements avec un flou extrême qui finalement, ne voulait absolument rien dire. Il avait marché. Comme n’importe qui. Couru, comme n’importe qui là encore et puis, faire du stop n’était pas une chose peu commune. Il pouvait donc se permettre ce genre de réponses. « Tu dois en avoir visité des états et des pays, en six ans ... » Le regard de Flynn était perdu quelque part. Sans doutes dans ses soit disant états qu’il avait visités. Il ne voulait pas le décevoir en lui annonçant que la seule chose qu’il avait vu c’était des tas de drogués dans des quartiers peu fréquentables. Imaginait-elle qu’il avait vécu comme un roi ? Que tout dans son monde était beau et parfait ? Si elle l’imaginait ainsi, alors c’était tant mieux. Il ne lui enlèverait pas cette innocence qu’il avait lui-même perdu trop tôt.

Marchant en silence, il sentit une main se glisser dans la sienne. Enfin à l’aise, il n’hésita pas et referma ses doigts à son tour sur la main de la jolie blonde. Et c’est alors qu’il pratiqua une technique qu’il avait lui-même mis en place il y avait quelques années de cela. Quand Donald passait son temps à lui demander ce qu’il avait fait de sa journée, avec qui il avait trainé et pourquoi il ne l’avait pas croisé, Flynn détournait la conversation rapidement. Sa bouche faisait des tas de mouvement afin de laisser sortir des dizaines de questions sans intérêt quelconque et sans rapport aucun. Les gens sont souvent décontenancés par ce genre de comportement. Soit ils vont répondent et oublient complètement leurs propres questions, soit, ils sont tellement étonnés qu’ils ne disent plus. C’était la technique de Flynn. Mais peut-être qu’Ella serait plus forte que lui à ce jeu-là… Et cela l’inquiétait quelque peu. « Ma couleur préférée n'a pas changé! Le violet. Tu te souviens quand j'avais renversé le café de papa sur mon tee-shirt violet en voulant lui apporter sa tasse? J'en avais pleuré! » Visiblement ça avait marché. Le jeune homme se sentit soudain beaucoup plus détendu et prompt à bavarder de choses diverses. « Oh oui, je m’en rappelle ! Tu criais si fort que les voisins étaient prêts à appeler la police ! » Lui aussi riait. Bien sûr, il exagérait. Mais c’était tellement bon de pouvoir se souvenir de bon moment tel que ceux-là. C’était drôle et empreint d’une beauté tel que rien n’y personne ne pourrait jamais lui voler ça. La jeune fille réfléchissait pour la question suivant. C’était sans doute celle qui intéressait le plus Flynn. « Pour la fleur ... Tu veux m'en offrir? Je rigole! ... Le lys, je crois. » Un sourire satisfait se glissa sur les lèvres du jeune homme. Pour devenir fleuriste, il avait appris la signification des fleurs. Souvent, il demandait aux gens quelle était leur préférée et cela lui permettait de les comprendre davantage. Or le lys signifiait la pureté et mieux encore, la chasteté. Si ce n’était pas un signe, il ne s’y connaissait pas. Flynn se mit donc à rire sans arrière pensée. « Je suis fleuriste, tu sais. Les fleurs c’est mon domaine ! D’ailleurs mademoiselle, laisse-moi vous dire que vous avez fait un excellent choix. Quelle bien noble fleur avez-vous choisi ! » S’il comptait lui en offrir ? Non. Pas du tout. On offre des fleurs pour des occasions diverses et variés. Mais la plupart des gens déposent leur magnifique bouquet sur une tombe. C’était quelque chose que Flynn ne pouvait donc envisager. Il offrirait des fleurs uniquement s’il était forcé de le faire, autrement dit, jamais. « Évidemment, je pleure quand je regarde Titanic. Toi aussi, je suis sûre! Et heu ... Je ris devant ... T'as vu Good Morning England? » Une grimace déforma les traits fin du jeune homme. Il avait une sainte horreur de Titanic. C’était débile de raconter une telle chose. Comme si l’amour était capable de se révéler si fort : mensonge et damnation, oui ! Mais ce n’était pas la seule raison. Flynn n’avait jamais vu le film que sa sœur venait de cité et cela le gênait. Il aurait aimé pouvoir en rire avec elle. Mais cela lui était interdit. « Rose est une enfant indigne et Jack un perturbé, voilà ce que j’en dis de Titanic ! Quant à euh… enfin, ton film là, bah euh… Il n’y avait pas de télé là où j’étais. Je n’suis pas très au courant des nouveautés. Le dernier film complet que j’ai vu doit dater d’il y a… six ans. Mais ça ne m’a pas manqué. Pas plus que ça. C’est amour, gloire et beauté de part chez vous… Mieux que le cinoche ! » Depuis très longtemps, Flynn parlait à n’en plus finir. D’habitude, c’est réponses étaient brève et concise. Il n’avait rien dire. Mais pour elle, il faisait un effort. Il voulait se montrer intéressant et digne de son intérêt. Y arrivait-il seulement ?

Ah ! Cette foutu dernière question qui dissimulait beaucoup de choses. Flynn avait hâte d’entendre la réponse car il savait pertinemment qu’elle ne viendrait pas telle qu’elle était. Elle serait sans doute dissimulée derrière d’autre chose. Mais au fond, il voulait juste savoir. Aussi, tant que la réponse serait positive cela lui ferait plaisir et il n’en demanderait pas plus. « Tu sais ... C'est pas facile de tout expliquer! Je me suis disputée avec Jed, hier. Il est partit et je ne l'ai plus revu. Mais c'est rien de grave hein. » Leurs mains se balançaient encore dans un doux mouvement d’avant en arrière que le jeune homme ne calculait même plus. Il se laissait tout bonnement guidé par la jolie blondinette. Il ne savait pas quoi dire au sujet de cette dispute. Après tout, il ne connaissait pas Jed, il savait peu de choses sur Ella et le sujet de discussion lui était totalement inconnu. Il n’avait absolument rien à en dire. Aussi garda-t-il le silence. Heureusement, la jeune fille changea rapidement de sujet. « Oh et je t'ai pas parlé de Pride! Et Dolly! Pride il vient juste de revenir, tu pourras le rencontrer peut-être! Et Dolly... Elle élève des araignées, chez elle! Et ... » Jed, Lawson, Pride, Dolly… Ca faisait beaucoup de noms pour une seule tête. Mais Flynn faisait un classement dans son esprit. Il fallait qu’il retienne. « Et ? Mais qui est-ce que tu fréquentes, bon Dieu ? Ma petite sœur fait mumuse avec une Dolly qui élève des araignées dans sa maison… Tu plaisantes j’espère ? Tu te rappelles de Peter Parker ? Non parce que moi, je m’en rappelle très bien. Et la Mary Jane, elle n’était pas très heureuse, dans son genre ! » Bien sûr il plaisantait. Spiderman, c’était un peu son super héros à lui. Il lisait les BD lorsqu’il était ados et il en gardait un souvenir très vivace encore aujourd’hui. « Tu m’as l’air de connaître des gens formidables. Je suis heureux pour toi. J’ai prié pour que ça arrive… Enfin, peut-être pas pieusement mais… j’ai prié, quoi. » Il allait d’ailleurs ajouter qu’il serait ravie de rencontrer les gens de son univers lorsque la jeune fille s’arrêta tout net de marcher. Flynn s’arrêta à son tour, décontenancé par une attitude si étrange. « Comment t'as fait pour savoir que j'étais ici? » Encore une de ces questions dans les réponses n’avait pas d’intérêt. « Bah… » La jeune fille lui coupa la parole et lâcha sa main. Le jeune homme resta alors interdit alors que son regard effaré se portait sur ses yeux. « Maman elle pourrait pas savoir, hein? Ils le lui diraient, tu crois? » Flynn s’approcha alors de sa sœur et serra ses épaules entre ses mains tout en la fixant d’un regard doux et apaisant.

Il n’en savait rien à vrai dire. Lui-même n’avait même pas conscience de ce qui l’avait mené jusqu’à elle. Comment il était arrivé ici ? C’était un mystère irrésolu qu’il tâchait peut-être d’oublier inconsciemment. « Je l’ai su. C’est tout. » S’il était censé la rassurer, peut-être était-il mal partit. Mais Flynn n’était vraiment pas doué avec les jeunes filles de seize ans. Il relâcha les épaules de la demoiselle et s’empara d’une mèche de ses cheveux qu’il caressa avec douceur. « Maman ne pourra pas savoir et personne ne lui dira jamais rien, ok ? » De toute façon, maman n’en a surement rien à foutre, sinon elle serait déjà venue te récupérer par la peau des fesses. Était les mots exacts qu’il aurait voulu prononcer. Mais c’était des mots bien trop durs à entendre et puis ça ne se faisait pas ! Sa vue se brouilla un peu alors qu’il restait concentré sur la mèche de cheveux qu’il tripotait entre ses doigts. « Je suis désolé, Ella. » Désolé pour tellement de choses qu’il lui serait sans doute impossible de toutes les formuler. Pourtant, il essaya. « Je n’aurais pas du venir ici. Je n’aurais pas dû gâcher cette vie que tu étais en droit de recommencer. Je devrais repartir. Te laisser comme je suis arrivé. Regarde-toi, tu trembles ! Et tout ça, c’est ma faute. » Le jeune homme culpabilisait. Tout était toujours de sa faute. « Je pense qu’il serait mieux pour toi que je disparaisse à nouveau… » Son regard se posa alors dans les deux prunelles délavées qu’Ella posait sur lui. Plus jamais il ne voulait y voir des larmes et pourtant, il savait qu’il était le seul à les causer.
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Message(#) Sujet: Re: Where were you | Flynn Lun 24 Jan 2011 - 4:28

Ella avait laissé échapper un rire amusé lorsque son frère lui affirma qu'il se souvenait de la crise qu'elle avait déjà faite, enfant, mais ce fut à son tour de lui donner un léger coup de coude afin de lui faire comprendre qu'elle n'avait pas dû être aussi pire que ça. Sa remarque sur les fleurs la fit sourire alors qu'elle ignorait qu'il travaillait à Miami comme fleuriste. Elle posa un court moment ses prunelles dans celles de son grand frère, mais baissa rapidement les yeux, presque coupable de se sentir bien alors qu'elle venait tout juste de le retrouver et qu'elle aurait sans doute dû lui en vouloir d'être partit sans vraiment la prévenir. Elle ne se sentait pas la force de repousser ses marques d'affection alors qu'elle en avait sans doute plus envie que lui, encore. Ça faisait tellement longtemps qu'elle n'avait pas pu serrer la main de son frère dans la sienne que s'en empêcher relevait de l'impossible et elle préférait encore souffrir si jamais il venait à partir plutôt que de s'éloigner volontairement de lui alors qu'il venait tout juste de revenir. Elle avait besoin de savoir qu'il était là et qu'il ne la quitterait pas, mais elle ne se voyait pas lui poser la question, comme ça, alors qu'elle ne le connaissait même plus. Elle n'en avait pas le droit, non? Même si le lien fraternel aurait dû être éternel, elle savait que ce n'était jamais comme ça et elle ne pouvait pas faire comme si ces dernières années n'avaient pas existé et qu'elle pouvait de nouveau lui demander tout ce qu'elle voulait en suppliant d'une moue pour qu'il accepte. Elle n'avait plus dix ans, elle se doutait bien qu'il n'y serait pas aussi sensible.

« Rose est une enfant indigne et Jack un perturbé, voilà ce que j’en dis de Titanic ! Quant à euh… enfin, ton film là, bah euh… Il n’y avait pas de télé là où j’étais. Je n’suis pas très au courant des nouveautés. Le dernier film complet que j’ai vu doit dater d’il y a… six ans. Mais ça ne m’a pas manqué. Pas plus que ça. C’est amour, gloire et beauté de part chez vous… Mieux que le cinoche ! » « C'est pas leur histoire qui est triste! » s'indigna-t-elle en le poussant légèrement, faussement vexée. Et puis, plus sérieuse, elle haussa légèrement les épaules en appuyant quelques secondes sa tête contre lui. « C'est pas grave. On le regardera ensemble! » fit-elle sans lui demander, de premier abord, d'accepter ou non sa proposition. Elle ne se voyait pas être mise devant le fait accompli; elle ne pourrait tout simplement pas accepter de le voir disparaître sans qu'elle n'ait pu lui montrer sa nouvelle vie et espérer qu'il en fasse partie. Parce que c'était bien ce dont elle avait peur, qu'il reparte sans un mot, comme la première fois.

Les noms des gens auxquels elle tenait, bien qu'il y en ait plus que ça, coulèrent sur ses lèvres vermeilles alors qu'elle avait du mal à ne pas se laisser emporter dans sa folie de tout lui raconter et de tout lui dire. Elle pouffa de rire dès lors qu'elle vit l'expression amusé sur le visage de son frère. « Et ? Mais qui est-ce que tu fréquentes, bon Dieu ? Ma petite sœur fait mumuse avec une Dolly qui élève des araignées dans sa maison… Tu plaisantes j’espère ? Tu te rappelles de Peter Parker ? Non parce que moi, je m’en rappelle très bien. Et la Mary Jane, elle n’était pas très heureuse, dans son genre ! » « Elle est vraiment gentille, tu l'aimerais! C'est une amie de Lawson. Mais ils vont bien ensemble! » affirma-t-elle avec un grand sourire, consciente qu'elle venait de lui révéler qu'elle espérait secrètement que son tuteur se mette en couple avec elle. Elle la trouvait vraiment étonnante et si leur première rencontre s'était avérée haute en couleurs, elle avait adoré la répartie et la gentillesse de la jeune femme. « Tu m’as l’air de connaître des gens formidables. Je suis heureux pour toi. J’ai prié pour que ça arrive… Enfin, peut-être pas pieusement mais… j’ai prié, quoi. » Ella n'avait pu qu'acquiescer à ses propos, alors qu'en effet, elle avait rencontré des gens vraiment gentils et aimants avec elle; elle ne pouvait réellement pas s'en plaindre. Elle ne put s'empêcher, toutefois, de poser les questions qui lui étreignaient le coeur alors que la phrase de son frère la ramenait à un sujet de conversation on ne peut plus sérieux.

Les mains de Flynn sur ses épaules suffirent à la faire trembler, alors qu'elle tentait de refouler les larmes qui couleraient bientôt sans qu'elle ne veuille les retenir. « Je l’ai su. C’est tout. » Elle déglutit alors que son regard se posait encore une fois sur l'écorce d'un tronc d'arbre un peu plus loin. Ainsi donc, il l'avait appris comme ça, sans qu'il ne le demande? C'était donc si facile? Elle n'avait pas envie qu'on la retrouve, elle n'avait pas envie qu'on la fasse flancher et qu'on détruise peu à peu les barrières qu'elle avait réussi à instaurer autour de son coeur pour se protéger. N'importe quel enfant aurait espéré que sa mère vienne le reprendre et qu'elle lui promette de changer parce qu'elle l'aimait trop, mais si Ella avait perdu espoir que ça arrive, elle se sentait trop bien ici pour avoir envie qu'elle revienne. Ses prunelles se posèrent dans celles de son grand frère alors qu'il jouait avec l'une des mèches de ses cheveux. « Maman ne pourra pas savoir et personne ne lui dira jamais rien, ok ? » « Ok ... » murmura-t-elle en retenant ses larmes, consciente qu'elle ne pouvait rien dire d'autre sous peine de craquer complètement. Elle n'en était pas certaine, toutefois. Elle n'était plus certaine de rien. Elle avait cru faire une croix sur sa vie passée, mais le frère qu'elle croyait disparu, à l'autre bout du monde peut-être, pointait le bout de son nez en chamboulant tout ce qu'elle avait tenté de construire. « Je suis désolé, Ella. » Désolé? Désolé pourquoi? D'être partit? Ou désolé d'être revenu? La réponse ne se fit pas attendre et la jeune fille secoua violemment la tête de gauche à droite alors qu'elle ne pouvait s'empêcher de laisser s'échapper ses larmes. « Je n’aurais pas du venir ici. Je n’aurais pas dû gâcher cette vie que tu étais en droit de recommencer. Je devrais repartir. Te laisser comme je suis arrivé. Regarde-toi, tu trembles ! Et tout ça, c’est ma faute. Je pense qu’il serait mieux pour toi que je disparaisse à nouveau… » Elle avait reculé de quelques pas, prenant soudainement conscience qu'il avait raison et qu'elle tremblait réellement. Elle n'avait pas cessé de secouer la tête dans l'espoir vain de lui dire qu'il avait tort, qu'elle avait besoin de lui et que ce n'était pas vrai qu'il devait disparaître pour qu'elle aille mieux. Elle allait déjà mieux, parce qu'elle avait finit par l'oublier, mais ça lui avait pris du temps et elle n'aurait pas la force d'attendre encore s'il partait.

« C'est quoi, alors? Tu vas revenir tous les six ans pour voir si je vais bien et t'en aller ensuite? » Elle n'avait pas cessé de faire quelques pas en arrière, comme si elle désirait à tout prix effacer cette rencontre de son esprit, effacer le moment heureux qu'ils venaient de passer il n'y avait pas même une minute. C'était sa faute, elle avait posé les questions qu'il ne fallait pas. « Je le savais ... » murmura-t-elle simplement alors qu'elle essuyait vainement ses larmes, trop nombreuses pour qu'elle puisse réellement les tarir. « Je savais que t'allais repartir! Pourquoi tu ris avec moi et tu veux tout savoir si au fond, tu pars? Pourquoi tu ne m'as pas juste dis que je m'étais trompée et que tu n'étais pas mon frère? Je t'aurais cru, tu sais! » Elle se serait dit que cet homme, qui ressemblait à son frère, ne l'était pas et qu'elle devait passer sa route. Le soir venu, elle l'aurait de toute façon oublié. Pourquoi n'avait-il pas mentit si ce n'était que pour lui éviter de souffrir? « Tout le monde part tout le temps, de toute façon! » lâcha-t-elle en s'arrêtant net, le toisant durement alors qu'elle était secouée de sanglots. Presque incontrôlables. Elle n'avait qu'une envie, qu'il lui dise qu'il était là pour rester et qu'elle était la seule personne pour qui il était venu. C'est dans un murmure entrecoupé de pleurs, les bras retombant mollement le long de son corps, qu'elle le supplia de ne pas partir. « Je veux que tu restes ... » Elle était parvenue à l'oublier une fois, deux, ce serait trop dur.
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Message(#) Sujet: Re: Where were you | Flynn Ven 28 Jan 2011 - 20:27

Lorsque que l’on perd pied avec la réalité, qu’on abandonne un monde que l’on connait par cœur pour en découvrir un nouveau, c’est notre être tout entier qui en est chamboulé. Transporté par quelque chose qu’il a toujours ignoré jusqu’ici, il se laisse bercer par cette découverte euphorisante. C’est une redécouverte de soi et un oubli des autres. Quand on a vécu longtemps en marge de la société comme à pu le faire Flynn Nielson au cours de ses six dernières années, on a tendance à oublier ces sursaut de spontanéité et de détonant qui est propre à la race humaine. On a conscience de ce qui nous entoure, mais on ne se rend pas compte comme les actes de chacun peuvent être imprévisibles et incompris. En retrouvant Ella, le jeune homme se heurtait de plein fouet à la civilisation et à ces sursauts qu’il avait si longtemps laissé somnolé dans un coin de sa mémoire. Se voir forcé et contraint d’y participer le laissait parfois interdit. « C'est pas grave. On le regardera ensemble! » Cette phrase formulée innocemment lui fit l’effet d’une gifle. C’était exactement ce genre de chose qu’il craignait en réapparaissant. Bien sûr, il était revenu pour vivre ce genre de moment en compagnie de sa petite sœur. Mais au fil du temps, il s’était forgé une coquille de prudence que même elle ne pourrait pas percer. Et oser insinuer qu’il pourrait la suivre dans ses envies sans avoir été consulté le mettait mal à l’aise. Flynn était un indépendant dans l’âme. Ce genre de personnes qui crient haut et fort qui n’ont besoin de personnes mais qui sont aussi fragile que le cristal. Ce genre de personne qu’on brise comme pour rien…

Partagé entre son besoin de distance et son envie de l’aimer comme personne, l’attitude du jeune homme vacillait entre les silences soucieux et les petites blagues débiles qui lui étaient propre. Bien sûr, il voulait que leur retrouvaille soit belle et chaleureuse. Mais il n’avait pas non plus de voler ses instants trop rapidement. S’ils se disaient tout dès à présent, cela vaudrait-il encore la peine qu’il reste à ses côtés ? Parfois les questions qu’il se posait le mettait mal à l’aise et rien n’arrivait en l’en détourner. Mais il avait découvert cet après-midi là que le rire d’Ella pouvait lui épargner bien des tourments pendant un laps de temps qui pouvait lui sembler infini. « Elle est vraiment gentille, tu l'aimerais! C'est une amie de Lawson. Mais ils vont bien ensemble! » A cette phrase, le sourire de Flynn fut forcé. Certes, il était amusé de voir que l’adolescente prenait un malin plaisir à vouloir caser son tuteur mais cette façon qu’elle avait de l’inclure très vite dans sa vie lui serrait le cœur. Et s’il n’était pas à la hauteur de ce qu’elle attendait de lui ? Et si elle se rendait compte, soudain, qu’il était un être ignoble et détestable qu’elle refusait d’avoir dans sa vie ? Que ferait-il alors ? Serait-il de nouveau cette goutte de trop qui fait déborder le vase ? La pièce que l’on ne pouvait placer nulle part du puzzle ? Ses pensées que son esprit formulait rapidement le blasaient quelque peu. Il était si égoïste de ne penser qu’à lui dans un moment pareil. Mais il l’avait toujours été. Souvent à contrecœur mais cela ne l’empêchait de perdurer sur cette voie.

Leur conversation partait dans tous les sens et parfois, Flynn venait à se demander s’il n’était pas entrain de rêver. Il pensait que, peut-être, tout ça n’était que dans sa tête. Peut-être qu’il n’avait jamais quitté Donald. Peut-être qu’il avait ingérer une drogue quelconque qui lui faisait ressentir et croire des choses qui n’existait dans sa tête. Si cela avait été le cas, tout aurait été plus simple. Mais évidemment, sa vie n’était qu’un long et tortueux chemin sans fin. Ce n’était pas qu’un rêve. C’était la réalité. Une réalité qu’il ne lui avait fallu que quelques minutes pour faire voler en éclat. Cette vérité qu’Ella se battait à acquérir. Et voilà qu’il arrivait comme un petit prince qui a tout acquis sur un trône qu’il ne mérite pas. Son cœur se serra alors qu’il réalisait à voix à haute à quel point son escapade n’avait aucun sens. À quel point et c’était trompé. À quel point son erreur avait été loin. Finalement, elle était mieux sans lui. Et ses mots tournaient en boucle dans sa tête comme un vieux disque rayé alors qu’il la voyait s’échapper. Elle reculait sans cesse comme s’il avait soudain attrapé une maladie contagieuse. Secouant la tête dans un geste vain qui devait correspondre à un non. Un non qui voulait dire ; pourquoi. Pourquoi lui faisait-il ça ? Il l’ignorait lui-même. Il était simplement incapable de faire les choses comme il le fallait. « C'est quoi, alors? Tu vas revenir tous les six ans pour voir si je vais bien et t'en aller ensuite? » Le cœur de cristal se brisait finalement. Comme elle avait raison. On a beau dire que la vérité sors de la bouche des enfants, il n’y a jamais personne pour véritablement l’entendre. Or là, Flynn l’avait clairement entendu. Et ce n’était pas le genre de chose qu’il oublierait de sitôt. « Je le savais ... » Les quelques morceaux encore palpitant de son cœur se ratatinèrent douloureusement. Elle avait si peu confiance en lui et il lui prouvait qu’elle avait sans doute raison. Il aurait voulu ouvrir la bouche pour lui dire que ce n’était pas ce qu’il avait voulu. Mais c’était trop difficile. Silencieux et impassible, il la regardait essuyer les nombreuses larmes outrageuses qui venaient baigner le visage de l’enfant déjà bien abîmée qu’elle était. « Je savais que t'allais repartir! Pourquoi tu ris avec moi et tu veux tout savoir si au fond, tu pars? Pourquoi tu ne m'as pas juste dis que je m'étais trompée et que tu n'étais pas mon frère? Je t'aurais cru, tu sais! » C’est vrai après tout, pourquoi ? Parce qu’il était égoïste ? Parce que cela ne lui avait même pas traversé l’esprit ? Parce qu’il en avait lui-même besoin ? Quelle était la réponse de cette question inévitable ? A nouveau ses lèvres s’entrouvrirent mais Ella parla avant qu’il n’ait eu le temps de dire quoi que ce soit « Tout le monde part tout le temps, de toute façon! » Un point pour elle. Elle avait raison. Encore. Cette raison qu’il était incapable de comprendre et d’apprivoiser. « Je… » Elle avait raison, il ne savait qu’avoir tort. Quel mot le sortirait de cette impasse ? Devait-il partir en courant sans jamais se retourner ? Retrouver sa vie d’errance et de chose dont il était peu fier, voire même honteux ? Ce n’était pas au programme et pourtant, il y songeait comme jamais. « Je veux que tu restes ... » Comment pouvait-elle encore souhaiter cela ? Il lui avait prouvé mille fois que ça n’en valait pas le coup !

Peut-on noué des liens dans une poignée de secondes partagées ? La réponse était oui. Et uniquement pour cette raison, Flynn aurait fait n’importe quoi pour Ella. Oh bien sûr, ce n’était pas la seule raison. Mais c’était celle qui lui semblait la plus évidente. « J’en sais rien pourquoi je fais ça, ok ?! J’suis comme un gamin perdu au supermarché ! Je cours de rayon en rayon à la recherche de mon père et de l’adorable frimousse de ma petite sœur assise dans le caddie… Et je m’heurte sans cesse à des tas d’adultes qui me disant de grandir. Comme si du haut de mes… » Flynn se tut soudain. Conscient de l’absurdité de ses paroles, il s’enlise de sa coquille de placidité absolue. Du haut de ses vingt-quatre ans, il est évident qu’il peut avancer seul. Il doit le faire, même. Lui aussi est un adulte aujourd’hui. Perdu dans son propre monde, il avait oublié que même un enfant perdu finit par grandir… « J’sais pas, Ella. J’en sais rien et tu peux pas savoir comme ça me tue. » Dans un souffle à peine audible, la vérité jaillissait enfin. Flynn était un enfant, au fond, il avait cessé de grandir. Dans son innocence d’optimiste parfois égaré, il croyait que le monde pouvait évoluer et tourner d’une façon fabuleuse et merveilleuse pour tous. Mais encore une fois, il avait eu tort. « Quand je suis parti, je n’ai jamais cessé de penser à toi, tu sais. Je te savais là-bas… avec eux… Et j’ai quand même rien fait. Tu penses vraiment que c’est le genre de frère que tu veux ? » Son regard se fit soudain dur alors qu’il se rapprochait de quelques pas. La distance n’était certes pas comblé mais assez pour que ses paroles murmurés soit entendues : « T’en as rien à foutre que je sois là, Ella. Tu as une vie. Une vie superbe. Tu connais des gens merveilleux. Tu n’as pas envie que je vienne gâcher tout ça. Crois-moi, si je viens à rester… Tu finiras par le regretter. Quand je suis parti, je t’ai sans doute fait le plus beau des cadeaux ! » Flynn tourna soudain le dos à sa sœur et se mit à marcher vite, comme s’il voulait fuir cette situation qu’il avait lui-même provoqué. Me se trouvant détestable de lui faire ça, il se stoppa net dans son élan. Il ne se retourna pas. Sa voix s’éleva alors dans le silence glacial qui les entourait. « Donne-moi une seule et bonne raison de rester, et je le ferai. Une seule. » Il était certain qu’elle n’en trouverait aucune. Il n’avait même pas imaginé que cela pourrait lui faire du bien de retrouver son grand frère. Son cœur brisé en mille morceaux, dans son chant laconique, lui faisait comprendre qu’il avait tout gâché. Comment auraient-ils pu réparer ça ? Il se retourna à demi et dans un souffle qu’il fut peut-être le seul à entendre il lâcha d’une voix blanche : « Je n’ai jamais oublié ton sourire et je l’ai chéri comme le plus beau de mes souvenirs… » Dans la difficulté, seule une chose le raccrochait à l’envie de s’en sortir. Savoir que quelqu’un l’attendait quelque part. Mais tout ça, ce n’était que dans sa tête. Il n’y aurait jamais personne pour l’attendre…
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Message(#) Sujet: Re: Where were you | Flynn Sam 29 Jan 2011 - 2:49

Perdue au milieu d'un tourbillon d'émotions qui ne cessaient de la garder sous l'eau au lieu de la laisser respirer en paix, Ella ne pouvait tout simplement pas espérer que son frère la sortirait de là. Comme elle l'avait toujours fait, elle devrait se débrouiller toute seule pour attraper la bouée, fusse-t-elle absente et trop éloignée pour qu'elle ne l'atteigne. Elle ne pourrait jamais comprendre pourquoi son frère préférait la fuir plutôt que lui apporter son soutien, elle ne pouvait pas savoir ce qui l'avait poussé à partir s'il ne lui dictait pas la raison lui-même; elle ne pouvait pas deviner. Pas toute seule. Elle voyait bien que celui qui partageait son sang aurait sans doute tout donné pour être ailleurs en ce moment et si Ella avait l'impression qu'il s'enfuirait en courant, elle ne pensait pas être si près de la vérité. Peu importait, au fond, les excuses qu'il trouvait pour expliquer ses actes - ou ses non-actes de surcroît - , peu importait sa difficulté à lui offrir une étreinte où elle se serait sentie bien, elle voulait qu'il reste, malgré tout ce qu'elle avait pu penser. Ella n'était plus une adolescente qui cherchait sa voie lorsqu'il était là, elle était de nouveau la petite fille, effrayée, qui lui demandait de dormir avec elle parfois lorsqu'elle avait peur du noir. Le sombre était d'ailleurs l'une de ses peurs, encore aujourd'hui, alors qu'elle avait gardé l'habitude de dormir avec une petite lumière, ne serait-ce que pour se rassurer.

Elle s'était reculée et il n'avait même pas fait un pas pour la retenir. Elle le fuyait comme la peste et il préférait la regarder partir sans rien faire. Tout était désormais trop clair, dans la tête de la jeune fille, il désirait retourner d'où il venait et il préférait qu'elle le déteste. C'était tellement plus facile d'abandonner une seconde fois quelqu'un qui vous disait de partir plutôt que quelqu'un qui espérait de tout son coeur que vous restiez. Ce n'était pas difficile à comprendre; il partait.

« J’en sais rien pourquoi je fais ça, ok ?! J’suis comme un gamin perdu au supermarché ! Je cours de rayon en rayon à la recherche de mon père et de l’adorable frimousse de ma petite sœur assise dans le caddie… Et je m’heurte sans cesse à des tas d’adultes qui me disant de grandir. Comme si du haut de mes… » Baissant les yeux sous la honte d'avoir osé s'en prendre à lui alors qu'elle aurait simplement dû s'éloigner sans le regarder, elle essuya d'un revers de la main les larmes qui coulaient encore sur ses joues. « J’sais pas, Ella. J’en sais rien et tu peux pas savoir comme ça me tue. » « Je peux pas savoir pour toi. » affirma-t-elle durement en redressant les yeux, farouche. Il aurait dû être le seul sur cette Terre, ou du moins le premier, en qui elle avait une entière confiance, sachant qu'il ne lui ferait jamais de mal, mais en ce moment précis, elle se rendait compte que le mal pouvait revêtir plusieurs formes et que son frère, à défaut de la heurter physiquement, lui enserrait vivement le thorax comme pour briser ses côtes et empêcher son coeur de battre. « Quand je suis parti, je n’ai jamais cessé de penser à toi, tu sais. Je te savais là-bas… avec eux… Et j’ai quand même rien fait. Tu penses vraiment que c’est le genre de frère que tu veux ? » Elle secoua la tête alors qu'il se rapprochait d'elle doucement, Ella demeurant figée sur place, incapable de bouger, ses muscles refusant de lui obéir. Les paroles de son frère la happait comme une voiture aurait pu la renverser, sans qu'elle ne puisse réellement mettre un sens sur ses propos. Il avait pensé à elle, mais il n'avait rien fait. Tout ça n'avait aucun sens et la jeune fille ne dit rien, gardant la bouche obstinément fermée. « T’en as rien à foutre que je sois là, Ella. Tu as une vie. Une vie superbe. Tu connais des gens merveilleux. Tu n’as pas envie que je vienne gâcher tout ça. Crois-moi, si je viens à rester… Tu finiras par le regretter. Quand je suis parti, je t’ai sans doute fait le plus beau des cadeaux ! » « Lâche ... » murmura-t-elle davantage pour elle-même que pour lui en sentant une nouvelle vague de sanglots l'envahir. Le mot avait quitté ses lèvres sans qu'elle ne puisse le retenir et elle s'en voulait, désormais. Elle ferma les yeux en se mordant la lèvre, consciente qu'elle était allée trop loin, mais refusant de l'admettre à voix haute. « Pourquoi tu gâcherais tout? Dis-moi pourquoi! »

Elle le regarda s'éloigner en tremblant, alors qu'elle savait qu'elle ne pouvait rien faire pour le retenir. C'était comme ça; il était revenu pour repartir et elle devrait s'y résoudre, même si ça ne lui faisait pas plaisir. Elle ne savait pas de quelle vie «superbe » il parlait, bien sûr qu'elle avait rencontré des gens formidables! Bien sûr qu'elle savait qu'elle pouvait compter sur eux, en tout temps! Mais ce n'était pas sa famille. Ce n'était pas sa ville. Ce n'était pas sa vie. Elle s'y ferait, bien sûr, puisqu'elle semblait s'y accommoder très bien depuis son arrivée, mais Flynn venait de faire tomber toutes ses barrières, de la faire basculer alors qu'elle avait un pied au-dessus du vide. Elle était heureuse, c'est vrai, elle ne pouvait se plaindre en rien, mais pendant un bref instant, elle avait cru qu'elle pourrait présenter un membre de sa famille aux gens qu'elle aimait, qu'elle pourrait leur montrer qu'elle n'était pas aussi seule qu'ils pouvaient bien le croire. Trop tard, sans doute. « Donne-moi une seule et bonne raison de rester, et je le ferai. Une seule. » « Moi. J'ai besoin de toi, moi! Je pensais que c'était suffisant. » Elle l'avait laissé s'éloigner sans le regarder, les yeux rivés sur le sentier par lequel il s'échappait, insaisissable. « Je n’ai jamais oublié ton sourire et je l’ai chéri comme le plus beau de mes souvenirs… » Poussant un soupir résigné alors qu'elle ne pouvait s'empêcher de se dire qu'il mentait, elle ferma les yeux en tentant de garder ses larmes pour elle, cette fois. N'était-elle pas plus forte que ça? Pendant des années, elle avait refusé de pleurer, et voilà qu'elle versait le plus grand nombre de larmes, alors que le retour de son frère dans sa vie se devait d'être un évènement heureux. Apparemment, tout n'était pas joyeux, avec Flynn.

La bouche légèrement entrouverte, incapable de formuler le moindre son, Ella passa une main dans ses cheveux blonds et comprit, en posant un regard déçu et furtif sur son frère, qu'il avait dû vivre de bien désagréables moments en quittant ainsi le nid familial. Leur famille n'avait jamais roulé sur l'or et il n'avait pas dû recevoir ne serait-ce qu'un sous noir de la part de leur mère. Il avait dû se débrouiller seul et pourtant, si cette affirmation aurait pu lui tirer un soupir désolé, une moue affligée par ce qu'il avait sans doute dû traverser, elle ne pouvait que lui en vouloir d'être partit. Elle lui jeta un dernier regard avant de reculer de quelques pas et se retourner également, serrant ses bras contre elle, le froid l'emprisonnant soudainement alors qu'elle ne savait même pas où aller. Elle ne voulait pas rentrer, pas tout de suite, et pourtant, elle devrait. Elle aurait voulu lui demander pourquoi il n'était pas revenu, si elle lui avait tant manqué, mais elle savait que la réponse ne lui plairait pas et elle n'était pas prête à la connaître.

Ce fut blessée et chamboulée qu'elle se laissa tomber au pied d'un arbre pour reprendre son souffle, trop court d'avoir tant pleuré.
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Message(#) Sujet: Where were you | Terminé. Sam 29 Jan 2011 - 21:22

Comme un enfant ayant retrouvé la foi, il avait prié maintes fois. Dans ses vastes contrées de songes rêvés, il espérait voir le soleil brillé. Mais son cœur endolorit resterait à jamais meurtrit. Flynn était et resterait, un enfant oublié de l’histoire. Perdu entre deux maisons, il ne savait plus vers qui se tourner pour continuer à aimer la vie. L’avait-il seulement aimée cette vie ? S’était-il tout simplement contenter de l’endurer ? La question était vague et sans intérêt. Il avait retrouvé Ella pour une raison noble et voilà qu’il l’oubliait. Pourquoi était-il revenu ? Sa raison lui avait fait défaut et il s’en rendait compte à présent. Il n’aurait jamais du quitter ce squatte qu’il avait élu pour domicile, il n’aurait jamais du quitter ce garçon qui représentait une bonne partie de sa vie, il aurait simplement dû rester loin de cette ville. Loin de cette petite sœur qu’il avait quittée. Il se disait souvent que s’était pour la protéger. Protéger, ou simplement parce qu’il n’avait aucun courage. La vérité telle qu’elle était et celle qu’il s’évertuait à proclamer étaient différents. Tellement différentes que lorsqu’il se retrouvait face à la réalité, Flynn succombait à la douleur intérieur. Son visage froid et glacial ne montrait rien de ses tourments. Et pourtant, violent ouragan et volcan se battait dans sa chair. Pourquoi se montrait-il donc si insouciant alors qu’un air grave aurait été des plus adaptés ? Parce qu’en secret, il préférait être muet. Il ne voulait pas que les autres s’inquiètent pour lui ou le remarque. Et pourtant, s’il existait une personne sensible et à l’affut de la moindre douleur… C’était bien lui !

Les mots qu’il aurait du retenir s’écoulait de sa bouche à l’image d’un poison qui se répand lentement. Chaque lettre prononcée s’enlisait dans les oreilles des deux jeunes gens et leur broyaient les tympans. Ils étaient si douloureux que le silence même ne les enviait pas. « Lâche ... » Un mot, un seul. Tout son monde s’effondrait. Elle avait raison. Terriblement raison. Il n’était qu’un lâche. C’était pour cette raison qu’il dissimulait tout. Il avait trop peur de d’avoir assumé par la suite. Flynn était parti pour une raison qui lui était propre et qu’il ne serait sans doute jamais prêt à avouer. Il fallait qu’elle s’habitue à ce qu’il était devenu. Elle l’avait pourtant compris si rapidement que cela le blessait. Il avait cru qu’entre eux, les choses se seraient mieux passées. Ils avaient ris, s’étaient gentiment donné la main… Et voilà qu’ils se déchiraient. Flynn était l’erreur même de cette scène tragique. Tout était de sa faute et il en avait bien conscience. Pourtant, comme à son habitude, il dirigea ses reproches vers le chien qui l’avait fait découvrir. Ses poings se serraient en repensant au fait qu’il aurait tout simplement pu rester derrière son buisson à l’observer. Certes, il n’aurait pas connu la douceur de sa peau, il n’aurait pas pu mirer la beauté de ses prunelles avec autant de profondeur, il n’aurait pas pu la taquiner… Mais il aurait pu la garder heureuse. Encore un peu du moins. « Pourquoi tu gâcherais tout? Dis-moi pourquoi! » La réponse était tellement évidente qu’il ne comprenait même pas pourquoi la question devait être posée. Parce que, c’est comme ça. C’était les mots exacts qu’aurait formulé sa bouche s’il n’avait pas été encore plus lâche en lui tournant le dos. Parce qu’il gâchait toujours tout. Parce qu’il n’était pas fait pour entretenir une quelconque relation avec quiconque. Il était à des années lumières de comprendre la nature humaine et par extension, il lui était donc impossible d’agir en conséquence. Tout ce qu’il ferait serait un bien pour lui. Mais les autres dans tout ça ? Il n’en savait rien. Ce n’était pas le genre de chose auxquelles il s’attardait. Il en souffrait trop. Il avait même honte d’être lui-même. Mais tout cela avait une raison. Une raison qu’il cacherait à tous et ce chaque jour au quotidien. Un matin de Noël, Flynn avait perdu son innocence. Un matin de Noël, il avait grandis d’un coup, d’un seul… il avait plus de souvenirs que s’il avait cent ans et pourtant… dans sa naïveté, il demeurait endormi. Dans une léthargie peu commune, il avançait tel un somnambule.

Une raison pourrait le retenir, mais laquelle ? Lui-même n’en avait aucune idée. Comptait-il vraiment partir ? Peut-être. Sans doute même. Mais pas comme ça. Pas encore. Il en avait assez de se comporter comme un bambin. Il devait évoluer. Devenir adulte. Faire les choses comme elle devait être faite et non comme il voulait qu’elles le soient. « Moi. J'ai besoin de toi, moi! Je pensais que c'était suffisant. » Ses paupières se fermèrent. C’était la plus belle des raisons. L’unique qui aurait pu la retenir. Mais étrangement, elle ne lui suffisait plus. Dans un souffle il protesta alors. « Ca aurait du me suffire… » Comme si ce n’était pas le cas. Or, ce qui le poussait à vouloir partir était la même raison. Il ne voulait pas s’imposer dans sa vie. Il ne voulait pas s’incruster comme un serpent rampant. S’il venait à le faire et qu’il gâchait tout à nouveau, comment feraient-ils pour recoller les morceaux ? Ce serait impossible. Bien plus impossible que s’il partait maintenant et à jamais. « J’avais besoin de quelqu’un moi aussi, et y avait personne. Je peux pas faire ce qu’on ne m’a jamais appris. Je suis désolé. » Les paroles du jeune homme était froide. Il avait raison, pour une fois. Il ne pouvait répéter un geste qu’il ne connaissait pas. Il aurait aimé savoir comment on faisait. Pour être là quand quelqu’un en avait besoin. Mais comment faire ? Il n’en savait rien. Le jeune homme se retourna donc à nouveau et cette fois, il ne comptait pas changer d’avis.

Chacun de leur côté, les enfants qu’ils étaient continuait de pester. Contre l’autre, contre le monde, contre tout. On croit que le bonheur est facile à capturer. On croit qu’on peut l’enlacer, lui serrer la main, le faire rire… Mais le bonheur, ce n’est qu’une illusion. Des poussières de bonheur parsemé au vent. Les mains dans les poches, le regard déjà perdu par-dessus le monde, Flynn avançait sans vraiment savoir où aller. Derrière lui, quelque part, sa sœur pleurait. Et si la vie n’était faite que pour souffrir ? Non, ça ne pouvait être ça. La vie, ça doit être plus beau. Perdu dans cette réflexion, le jeune homme ne savait guère s’il partirait ou non…
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Message(#) Sujet: Re: Where were you | Flynn Sam 29 Jan 2011 - 21:29

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Where were you | Flynn

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