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 Because it's easier to lose and it's hard to face the truth | Rose

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Message(#) Sujet: Because it's easier to lose and it's hard to face the truth | Rose Sam 22 Jan 2011 - 23:58

"-Je pleurais, dit Dean.
-Allons donc, tu ne pleures jamais.
-Vraiment? Qu'est-ce qui te fait croire que je ne pleure pas?
-Tu ne meurs pas assez pour pleurer.
Chaque mot que je disais était une lame qui se retournait contre moi. Tout ce que j'avais pu accumuler secrètement contre mon prochain faisait irruption: à quel point j'étais hideux et ignoble, j'étais en train de le découvrir dans les fonds impurs de mon propre cœur.

Sur la route – Jack Kerouac
    Victorine Noiselle était ce que l'on pouvait appeler une véritable commère. Du haut de son grand âge, 89ans en septembre prochain comme elle aimait le répéter à qui voulait l'entendre, elle n'avait pas perdu une miette de curiosité pour ses semblables et les petites manies qu'ils pourraient avoir envie de tenir secrètes. Elle n'écoutait pas aux portes, et allait encore moins jusqu'à espionner ses voisins à leur insu, mais laissait toujours trainer une oreille à gauche et à droite dès qu'elle venait à passer le pas de sa porte, et puis commentait allègrement les "on-dit" et autres ragots lors des parties de bingo auxquelles elle retrouvait ses amies chaque semaine. Autant dire que, quand elle apprit ce qui était en train de se passer au 2968 Lemon Street, elle s'enthousiasma d'être aux premières loges avant même de compatir sincèrement. Cette phase là ne commença qu'une fois qu'elle eut mit tout son réseau au courant, après s'être dit que ce pauvre monsieur Lane ne méritait pas toute cette publicité, lui qui avait toujours été si charmant... Mais, comme l'on dit généralement, le mal était déjà fait.

    - Oh! Monsieur Lane! En voilà une façon d'accueillir les gens!
    Et Victorine Noiselle détourna le regard vers le petit pot de fleur que j'avais installé la veille, lançant tout de même un coup d'œil discret en ma direction, l'air de rien. La poignée de ma porte d'entrée encore en main, le sens caché de la phrase de ma voisine m'échappait totalement.
    - Euh, vous me prenez un peu au dépourvu aussi, vous savez...
    Elle hocha la tête, contrite.
    - Et vous pensiez que c'était urgent au point de venir ouvrir à moitié nu?
    C'était donc ça! Et le dénouement en était si évident qu'il m'arracha un rare sourire.
    - Très bien, la prochaine fois je prendrai le temps d'enfiler un tee-shirt s'il n'y a que ça pour vous faire plaisir...
    - Exactement!
    Elle entra, soupirant en regardant mes tatouages dont je savais qu'elle trouvait le principe particulièrement répugnant comme elle me l'avait dit dès le jour où je l'avais rencontrée, alors qu'elle m'apportait un bol de salade de fruits pour me souhaiter la bienvenue dans le quartier et que je n'en avais pas encore autant. C'était d'ailleurs un sujet de discussion récurrent entre nous, et l'une des premières choses qu'elle avait demandé à Parfaite quand je la lui avais présentée: "vous le trouvez beau, vous, avec tous ses gribouillages sur la peau?" Bref. Comme quoi j'aurai du me douter que me présenter à elle torse nu était la source du problème, même si, quand j'avais entendu sonner, je ne savais pas de qui il s'agissait. L'espoir fugace de la trouver 'elle', mais qui avait disparu en ouvrant. Bien sûr. Si ça avait été 'elle', elle aurait probablement utilisé ses clés. Et puis, depuis son départ, c'était la plupart du temps ma voisine que je trouvais sur le pas de ma porte, bien décidée à m'aider avec les jumeaux. Au début j'avais protesté, me sentant capable de me débrouiller tout seul, mais disons qu'elle ne m'avait pas vraiment laissé le choix. Elle faisait donc un passage tous les jours ou presque pendant quelques heures, s'occupant de l'un ou l'autre des petits ou juste pour discuter. Elle me racontait l'époque où ses propres enfants étaient encore en bas âge et à quel point ils lui manquaient maintenant qu'ils étaient tous partis à l'autre bout du pays et que son mari était décédé, ou juste des anecdotes qui lui revenaient en mémoire, comme ça. Déjà qu'au naturel elle était plutôt bavarde, il était désormais impossible de placer un seul mot, si bien que je savais presque tout de sa vie. Parfois cependant, elle se rendait compte que j'avais encore moins envie de parler que les autres jours, et agissait en silence.
    Volontairement ou involontairement, je ne savais plus trop, je m'étais fermé aux autres. Je ne sortais plus trop, n'en ayant ni le temps ni l'envie, me faisant livrer ce dont je pouvais avoir besoin et mes amis prenant l'initiative de me rendre visite. Lyann faisait ainsi partie de ceux qui venaient le plus souvent, disponible malgré son emploi du temps aussi dingue que le mien. Elle avait traversé une situation similaire quelques mois auparavant et, si j'avais regretté de ne pas pouvoir être présent autant que je le voulais à ses côtés quand c'était arrivé, elle me prouvait désormais qu'elle était loin de m'en tenir rigueur. Et, derrière l'amie, par moment se dessinait le profil de la psy, celle qui avait toujours réussi à calmer mes angoisses. Sa compagnie avait en effet le don de m'apaiser. Je ne savais pas comment elle s'y prenait, mais d'un coup c'était comme si je lâchais prise sur mes lubies , soufflant enfin un peu. Abbey elle aussi faisait son possible pour m'épaule, me donnant le moindre détail de l'avancement de notre projet; non pas sans avoir un regard léger désapprobateur quand je lui montrais l'avancée de l'écriture du scénario. Et elle avait beau me répéter qu'il n'y avait aucune urgence à le terminer, c'était la seule chose que j'arrivais à écrire pour l'instant, et l'écriture était l'une des rares choses me permettant de m'ôter de la tête le chaos qui s'était abattu sur ma vie maritale. Et puis, à leurs côtés, il y avait parfois Dakota. Mais il avait l'excuse de sa maladie et de l'entêtement d'Aaron pour ne pas venir plus souvent. Parfois aussi Jameson, un coup de fil de Tabby qui regrettait de ne pas pouvoir faire plus, ou de ma mère qui m'appelait plus que de raison, profitant des ses insomnies pour me parler. En fait, je n'avais vraiment pas à me plaindre, les gens autour de moi agissant avec plus de gentillesse que je n'aurai pu l'espérer. En fait, tout aurait été pour le mieux si elle n'avait pas tout fait foiré...
    La porte refermée, Mme Noiselle se dirigea tout naturellement vers la chambre des jumeaux, comme si elle était chez elle, et je profitai de sa tournée d'inspection pour enfiler le premier tee-shirt à portée de main avant de la rejoindre. Elle tourna la tête vers moi, m'inspectant de haut en bas avec une petite moue.
    - Bon, cet après-midi je prends le relais.
    - Pardon?
    Elle leva les yeux au ciel, posant une main contre le lit d'Elinor encore endormie.
    - Vous allez me faire le plaisir d'aller faire un tour en ville, ou où vous voulez d'autre, mais je ne veux pas vous voir ici avant deux bonnes heures. J'irai jusqu'à vous mettre à la porte vous savez.
    Elle paraissait sérieuse, j'étais même sûr qu'elle l'était en réalisant que ses doigts pianotaient sur le bois du lit.
    - Ecoutez, c'est très gentil mais... Je... Je peux pas...
    - Oh que si que vous pouvez!
    Et elle m'attrapa par le bras, me tirant ensuite hors de la chambre où elle me lâcha enfin.
    - Je sais ce que vous pensez, mais vous avez besoin de vous aérer, de profiter de la vie... Je m'occupe d'eux, et si elle revient, je vous promets que je ne frapperai pas trop fort là où je pense.
    Elle sourit, grande gamine approchant du centenaire, et le pire était que je savais qu'elle ne rigolait pas franchement là dessus non plus. Je cédai donc.

    Je n'avais plus mis les pieds au centre d'Ocean Grove depuis plusieurs jours déjà, confiné à l'intérieur de la maison, et ça me faisait tout drôle de me retrouver à marcher dans ces rues que je connaissais par coeur mais que j'avais l'impression d'avoir vues pour la dernière fois il y avait de ça une éternité. Rien n'avait changé, et pourtant il n'y avait rien de pareil. Les traces de l'ouragan s'effaçaient peu à peu, et il me semblait que l'essentiel avait disparu. Quid de mon ouragan intérieur? Lui, il n'était pas prêt de devenir un mauvais souvenir...
    J'avançais sans savoir où allait, me laissant porter par l'impulsion du moment. Une fois mis à la porte, je m'étais demandé ce que j'allais bien pouvoir faire: je n'étais pas d'humeur pour un ciné, encore moins pour une promenade au parc ou sur la plage, alors j'en avais conclu que le plus sage était d'aller faire quelques courses. Moi je n'avais pas besoin de grand chose, mais pour les jumeaux il me fallait acheter des quantités quasi astronomiques de lait maternisé. Soit, j'allais donc reconstituer mon stock. De toute façon, qu'est-ce que j'avais de mieux à faire? Sur le chemin pourtant, une douce odeur de café contraria mes plans et me mena directement jusqu'au comptoir du Starbucks où je commandai mon habituel Caramel Mocchiato. La terrasse étant déserte, je décidai alors de m'y arrêter un peu, choisissant une place légèrement en retrait. Peut être que c'était juste de la paranoïa ou le délire d'un homme qui n'avait pas dormi plus de trois heures d'affilées depuis bien longtemps, mais il me semblait que les regards se tournaient bien plus sur moi qu'en temps normal, et je préférais ne pas en connaître la raison. Oh et puis de toute façon je la connaissais, et je m'en foutais. Qu'ils me laissent juste boire tranquillement, je demandais rien d'autre...
    La boisson était chaude, le premier café que je buvais à une température décente depuis bien longtemps, et, doucement, j'apprenais à profiter de cet instant. Mes démons habituels continuaient à tourner, les doutes, la fatigue, les hypothèses les plus folles quant à la raison de son départ, et si je continuai à sursauter au moindre bruit suspect en me demandant si ça pouvait venir de la chambre des jumeaux, j'en venais à penser que cette sortie pouvait peut être ne pas être une chose totalement mauvaise. J'avais bien dit "peut être", car quelque chose en moi continuait à regretter d'avoir cédé si facilement... Ca en était déprimant.
    Et puis, tout d'un coup, je sentis une présence à côté de moi. C'était comme dans ces mauvais films d'horreur, où l'un des personnage se fait surprendre si bêtement, mais pourtant c'était exactement ce que je fis. Avec en prime un léger sursaut, tiré trop brusquement hors de mes pensées. Cependant, en lieu et place du plus horrible des monstres prêt à me sauter dessus pour me dévorer la cervelle, je découvris Rose, tout simplement.

    Oh, Rose. Bonjour.

    J'enchaînai ces trois mots, étonné de la trouver là alors que lors de notre dernière rencontre elle s'était montrée quelque peu fuyante.... A croire que j'effrayais les gens autour de moi au point de les pousser à la fuite! Mais elle se trouvait malgré tout devant moi présentement: je ne devais pas être si repoussant que ça finalement...


Dernière édition par Basil Lane le Mar 25 Jan 2011 - 21:07, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Because it's easier to lose and it's hard to face the truth | Rose Dim 23 Jan 2011 - 23:10


Basil & Rose

« Il arrive quelquefois qu'une femme cache à un homme toute la passion qu'elle sent pour lui,
pendant que de son côté il feint pour elle toute celle qu'il ne sent pas. »



« Aïe.. ! » Poussée par un élève pressé, Rose percuta un casier, se blessant légèrement l'épaule. Celui-ci se retourna aussitôt, s'approchant : « Excuse-moi, j'ai pas fait exprès. Ça va ? » Malaxant son épaule douloureuse, Rose ne leva même pas les yeux vers le garçon. Elle haussa les épaules et reprit sa route, toujours le visage baissé. Et c'était ainsi depuis quelques jours. Elle traversait les couloirs, invisible et lasse. En apparence calme et effacée, comme blasée, à l'intérieur néanmoins ce n'était pas la même chose. Elle pensait à mille choses en même temps, ne comprenant toujours pas tout ce qu'elle traversait depuis quelques mois. Tout avait démarré avec la mort de ses grands-parents, et depuis tout allait en s'empirant. Elle avait certes eu quelques moments de répits, et même des instants heureux, n'aggravons pas tout non plus. Mais depuis quelques semaines, tout ces moments lui semblaient bien lointain. Il y avait toujours quelque chose qui allait de travers avec les gens qui l'entourait. Aiden, Hailey, Esteban, Pride, Sally, la mystérieuse soirée avec Jed, l'absence de Harlan... Bref, rien n'allait. Et c'était d'autant plus douloureux que pour la majorité d'entre eux, ils étaient proches d'elle, et elle tenait à eux. Elle passa sa main dans ses longs cheveux, les ramenant en arrière alors qu'ils venaient barrer son visage meurtri. Réajustant sa sacoche dont la lanière traversait son buste, elle prit la direction de la sortie de l'université. Sa matinée était terminée, la plupart des élèves prenaient la direction du restaurant universitaire. Les autres s'installaient dans le parc ou s'éparpillait dans la ville dans les cafés et fastfood. Mais ce midi, la faim n'était pas au rendez-vous. D'ailleurs, alors qu'elle descendait les dernières marches, la jeune fille savait déjà qu'elle n'y retournerait pas l'après-midi. Ces temps-ci, elle n'avait même plus la tête à dessiner. Sa seule inspiration était de représenter les troubles qui l'affectaient dernièrement. Et elle n'avait pas franchement besoin de ça.

S'éloignant de l'université, elle ne voulu néanmoins pas rentrer chez elle. Si Aiden ou Hailey était là, ils la questionneraient très certainement pour savoir pourquoi elle était de retour si tôt. Et elle n'avait nullement l'envie de leur parler. Surtout pas à eux. Et encore moins à Hailey. Préoccupée par ses tortueuses pensées, la jeune fille avait donc marché en direction du centre ville sans vraiment avoir d'idée précise de là où se rendre. Elle avait juste besoin de marcher, de se vider l'esprit, de respirer un coup, d'être seule. Elle traversa le parc de la ville, se laissant même aller à un petit sourire face à un père et sa fille en train de pique niquer ensemble. Elle continua sa route, sentant son cœur se serrer. Elle, elle n'avait jamais connue son père. Comme le lui avait souvent répété Liam, le jumeau d'Aiden, elle n'était qu'une bâtarde. Elle n'avait jamais vraiment fait partie de leur famille. Elle n'était que la demi-sœur. Finalement, c'était peut-être pour ça qu'Aiden était partit loin d'elle. A quoi bon se priver d'une vie meilleure pour une simple demi-sœur ? Elle secoua la tête, ne voulant plus repenser à tout ça. Elle avait déjà trop souffert à cause de son départ, elle avait eu sa dose. Aujourd'hui, elle avait bien d'autres problèmes tout aussi encombrants et douloureux. Poussant un long soupire déterminé et agacé, elle se concentra pour faire abstraction de tout ça. Elle passa rapidement son chemin, sentant finalement une légère faim pointer le bout de son nez. Et d'une certaine façon, ça la rassura. Elle n'avait pas envie de faire partie de ces personnes qui rongé par le chagrin perdait l'appétit. Elle voulait juste avoir une vie... normale. Et puis, elle se forçait à relativiser. D'accord sa vie n'était pas le paradis sur terre ! Mais elle avait un toit, de quoi manger et était scolariser. Avait-elle vraiment le droit de se plaindre quand on voyait la misère de ce monde ? Elle en doutait souvent, se trouvant même égoïste et se disant qu'elle dramatisait peut-être un peu trop les choses. Cependant, malgré ça elle ne pouvait s'empêcher de ressentir comme un énorme vide en elle qu'elle ne parvenait pas à combler.

Elle redressa la tête lorsqu'elle sentit une foule plus nombreuse se presser autour d'elle. Elle venait de regagner une place dans le centre ville. Elle s'arrêta quelques secondes, comme si elle cherchait à se reconnecter à la réalité et à se repérer. Une fois fait, elle se dirigea vers un starbuck pour se prendre quelque chose. N'importe quoi du moment que c'était comestible. L'idée de déjeuner toute seule ne l'effrayait pas vraiment. Elle le faisait souvent, même lorsqu'elle allait bien. Ça lui permettait toujours de souffler et c'était fort appréciable. Elle commença à traverser la terrasse, qui était quasiment vide, lorsqu'une silhouette attira son attention. Elle s'arrêta à quelques mètres seulement, comme stupéfaite. Là, de profil, Basil buvait un café. Et tout d'un coup, ce fut comme si son esprit se vidait, qu'elle oubliait tous ses malheurs. Sa première réaction fut de sourire, apaisée. Puis, elle eu envie de faire demi-tour et de mettre les voiles. Il fallait dire que depuis un bon moment déjà elle ne cessait de l'éviter et de le fuir, n'assumant pas les sentiments qu'elle lui portait. Déjà parce qu'il était marié, mais également parce qu'il était son ami et qu'elle n'avait pas le droit de tout foutre en l'air. Et puis peut-être aussi parce qu'elle avait toujours eu du mal avec les sentiments puisque tous les hommes qui avaient le plus compté dans sa vie s'était barré à un moment ou à un autre. Son père, son frère, Tom... Mais elle ne pouvait nier l'évidence : la présence de Basil lui faisait un bien fou. Calme et mâture, il trouvait toujours les mots pour la rassurer et lui redonner confiance. Et puis, il lui manquait. Avant qu'elle ne le fuit, ils passaient beaucoup de temps ensembles et elle adorait ces moments-là. Elle se mordit la lèvre inférieure, hésitante. Elle se souvint alors de la rumeur qu'elle avait entendue : Parfaite était partie. En l'apprenant, elle avait été véritablement peinée pour le jeune homme. Rose n'était pas le genre de fille à souhaiter le malheur des autres pour son bonheur. Mais là, à cet instant, elle n'aurait pas su dire pourquoi, mais le fait qu'il soit à nouveau "célibataire" lui redonnait espoir. C'était complètement ridicule et elle n'en était pas fière. Mais elle ne se contrôlait pas, ça venait du plus profond d'elle-même. Et alors qu'elle était là, à se demander ce qu'elle devait faire, il remarqua sa présence et se retourna. Elle se figea quelque peu, soudainement crispée et mal à l'aise.

« Oh, Rose. Bonjour. » Oui bon, pour l'enthousiasme on repassera. Mais Rose ne pouvait pas lui en vouloir. Entre le comportement déplorable qu'elle avait eu vis-à-vis de lui dernièrement et le fait que sa femme est disparue, le laissant seul -enfin, ça c'était ce qu'elle croyait- il avait toutes les raisons de ne pas lui sauter joyeusement au cou. Elle tenta un vague sourire maladroit. Elle entrouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais rien n'en sortit. Elle resta là quelques secondes, se sentant idiote. Finalement, elle baissa la tête en échappant un petit rire. Elle haussa les épaules et déclara : « Désolé je... Je me sens un peu bête. C'est pas facile de retourner vers toi comme si de rien était alors que dernièrement... Disons que je n'étais pas très disponible pour toi. » Elle lui offrit un petit sourire en coin, la mine désolé. Elle pointa du doigt la chaise libre et demanda alors : « Je peux me joindre à toi ? » Elle le fixait calmement, espérant véritablement qu'il accepterait. Elle trouvait ça complètement étrange. Il y a peu encore elle serait devenue rouge comme pas possible, bégayant des excuses minables pour filer, et voilà qu'aujourd'hui elle voulait se joindre à lui et semblait sereine. Le départ de Parfaite y serait-il véritablement pour quelque chose... ? Tout laissait entendre que oui en tout cas.

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Message(#) Sujet: Re: Because it's easier to lose and it's hard to face the truth | Rose Ven 28 Jan 2011 - 23:47

    On m'avait toujours reproché ma tendance à dramatiser, mais pour une fois personne n'avait rien trouvé à redire, ou du moins directement. Quand je me prenais à envisager le pire, on m'accordait un vague hochement de tête gêné, comme pour ne pas trop m'y conforter, sans toutefois trop m'en dissuader... Je ne savais rien de ce qu'il en était réellement, c'était vrai, et pourtant je n'arrivais pas à me défaire de l'idée qu'elle avait prit la fuite, comme je l'avais toujours redouté. Depuis le début cette crainte était en moi, là, tenace. Depuis ce jour où elle m'avait dit qu'elle m'aimait avant de partir en courant, me laissant seul avec mes interrogations. Elle avait eu peur et s'était enfuie ce jour-là, c'était aussi simple que ça, et elle pouvait très bien avoir refait la même chose des années après. Au fond, je m'en étais toujours douté. Elle avait beau me dire qu'elle ne partirait pas, qu'elle ne referait pas deux fois la même erreur que d'agir avec lâcheté, et pourtant les faits étaient là. La nouvelle année commençait à peine, 2012 s'annonçait sous les meilleurs auspices, et puis plus rien. Le vide complet. Elle n'était plus là, et d'un coup c'était comme si tout perdait de son importance. Je n'allais pas faire des listes de ce que j'avais pu avoir à sacrifier ou à abandonner pour elle, ça aurait été complètement idiot, mais l'équation s'était complètement déséquilibrée. J'étais rentrée d'une promenade avec les jumeaux, le fait de leur faire faire un tour dans le quartier était devenu une habitude même si l'on n'allait pas trop loin, et au retour la maison était vide. La porte fermée à clé, soigneusement, aucune trace d'effraction, rien de manquant à part quelques affaires dont les cintres laissés vides étaient la seule trace... Je n'avais pas paniqué tout de suite, je ne m'étais même pas inquiété tout de suite, trouvant une solution rationnelle et tellement plausible que je n'avais pas trouvé de raison de ne pas y croire. Bien sûr, elle avait le droit de sortir, d'aller voir son frère ou je ne sais qui d'autre sans m'en parler à l'avance. N'importe qui aurait pu l'appeler pendant que j'étais de sortie avec les petits, et l'inviter. Elle pouvait alors y aller, et oublier de laisser un mot en partant. Ou Eliade pouvait avoir fait sien ce petit mot, mon chat adorant tout particulièrement les feuilles volantes. Il y avait tellement de bonnes raisons que je n'avais pas imaginé le gouffre derrière tout de suite. La vision s'était imposée d'elle même bien plus tard, et là ça avait fait mal. Vraiment mal.
    On dit généralement que c'est la première nuit la pire, mais les gens qui le disent n'y connaissent rien. La première nuit n'en est que les prémices. Ne pas dormir n'est pas un problème, c'est la répétition qui en est un. La première nuit on doute, je doutais, mais il y a quand même encore assez d'espoir pour se dire que tout ira bien. Mais non. La pire en fait, c'est la quatrième, quand l'espoir disparait quasiment. Il subsiste toujours, bien sûr, mais si mince que l'on ne veut même plus s'y rattacher. Une chance finalement que j'aie eu les jumeaux avec moi, alibi par excellence pour justifier ces valises qui commençaient à se creuser sous mes yeux et essayer de calmer les inquiétudes de mes proches. Car je le voyais bien, même s'ils faisaient tout pour ne pas trop le monter, leur comportement envers moi avec changé. Que quelqu'un m'explique par exemple ce qui avait pris Aaron de se pointer avec une bouteille de javel, se proposant de désinfecter un bon coup la maison puisque je n'étais plus capable de le faire? J'avais plus ou moins l'habitude de ses étranges lubies, mais là ça avait quand même atteint des sommets... Et la situation devait bien être grave puisque Lyann avait installé ses quartiers chez moi durant ses jours de congé, bien décidée à ne pas me laisser seul alors qu'elle savait ce que c'était. Si Parfaite l'apprenait...
    Mais je n'arrivais pas à m'imaginer son retour, et encore moins la façon dont je pourrais l'accueillir. Est-ce que j'arriverais à trouver la force nécessaire pour lui pardonner et nous donner une seconde chance, ou est-ce qu'au contraire les choses étaient définitivement finies entre nous? J'en savais rien. C'était généralement ce à quoi je pensais quand, la nuit bien avancée, mes insomnies faisaient de la résistance. Et je la voyais, là, à côté de moi. Je sentais sa présence, comme si je pouvais la toucher. Bien évidement, je ne le pouvais pas. Elle n'était pas là pour de vrai. Et je me reprenais à penser, à me demander, à faire des "et si" à n'en plus finir.
    Et retrouver la lumière du jour en solitaire avait presque était douloureux une fois mis à la porte.

    Il y avait des personnes que j'avais l'habitude de croiser durant mes sorties avec les jumeaux, comme si elles n'attendaient que ça pour quitter leurs doux foyers. De manière générale déjà, le faire d'avoir en bout de bras une poussette attirait et éveillait la curiosité, mais ma soudaine "célébrité ès-désastre sentimentaux" n'avait fait qu'accroître le phénomène. Certaines pourtant ne les avait pas encore approché, et Rose faisait partie de ceux-ci. Je ne cherchais pas à tout prix à les présenter à tout le monde, fier au point de les exhiber à la face de la terre entière, mais disons que mes amis avaient tous été prévenus, ne serait-ce qu'indirectement. Rose était ainsi l'une des rares exceptions, et je le réalisai seulement. Elle, je l'avais comme oubliée. Non pas qu'elle me soit sortie de la tête, bien au contraire elle avait souvent hantée mes pensées, mais par un curieux hasard ça ne s'était pas fait. Peut être que notre dernière entrevue m'avait influencé dans ce choix -ou cette absence de choix-, allez savoir. Autant dire que la voir à côté de moi, comme ça, me prit au dépourvu. Et apparemment, c'était réciproque.
    Elle semblait hésiter, surprise de me voir, souriant timidement, aucun mot ne sortant de ses lèvres pourtant entrouvertes. Je ne savais pas si elle m'en voulais toujours de cette chose mystérieuse qu'elle avait eu à me reprocher la dernière fois que l'on s'était vus, et qu'elle n'avait pas eu le temps de me révéler avant de prendre la fuit. Pas une pour rattraper l'autre à ce niveau, mais bon... Elle se décida finalement, laissant échapper son petit rire habituel de ces instants où elle se lançait tête baissée dans une explication dont elle n'était pas sûre de maitriser le contenu. Rassurant dis donc. Désolée je... Je me sens un peu bête. C'est pas facile de retourner vers toi comme si de rien était alors que dernièrement... Disons que je n'étais pas très disponible pour toi. Ok, visiblement elle était au courant. Donc Aiden aussi. Oh et puis ça n'avait aucune importance de qui pouvait être ou ne pas être au courant. Qu'il s'étouffe de rire en buvant son immonde café et qu'on en parle plus! Rose en tout cas semblait sincèrement désolée même si, en ce moment, le terme de "sincère" n'avait plus autant de valeur que ça à mes yeux. Il me semblait que Parfaite m'aimait "sincèrement", et ça ne l'avait pas empêchée de partir... Et voilà que ça repartait, ce cycle infernal des plus folles hypothèses! Il fallait que je me calme, il le fallait! Je peux me joindre à toi ? Hein? Sa question me tira hors de mes pensées et j'acquiesçai, hochant la tête.

    Oui, bien sûr. Vas-y...

    Je ne cherchais pas spécialement la compagnie, mais celle de Rose n'était pas pour me déplaire non plus. Elle avait beau ne pas être toujours très facile à suivre, son absence de réponse à mes appels en était la meilleure preuve, elle était de ces personnes avec qui il est agréable de passer un moment, juste pour le plaisir que cela peut apporter. On ne cherchait pas à refaire le monde, mais c'était tout aussi bien.
    Elle s'assit donc sur la place laissée libre à ma table, à côté de moi. Elle me regardait, conservant son sourire désolé, l'air d'attendre une réponse un peu plus construite de ma part qu'une simple invitation à s'assoir. Oui, bien sûr, c'était logique. Mais dire quoi? Je ne tenais pas spécialement à parler de but en blanc de Parfaite, et ça n'aurait pas été très délicat. "Oui, bien sûr. Vas-y, assieds-toi, je t'en pris. Tu sais que ma femme m'a quitté? Ou plutôt non, qu'elle est partie sans que je sache si elle m'a quitté ou si elle va revenir un jour? Ah, tu sais. Quoi de neuf dans ta vie alors?" Non, ça ne se faisait pas. Et puis me revint en mémoire ses paroles. Les secondes s'étaient mises à s'écouler les uns à la suite des autres, et à son air gêné je savais que je devais répondre là dessus. Est-ce qu'elle culpabilisais? Je fis un petit signe de la main, comme si je balayais ce qui pouvait se trouver entre nous dans l'atmosphère, secouant légèrement la tête en même temps.

    Y'a pas de mal... et puis j'ai été pas mal accaparé de mon côté aussi... Mais ça me fait plaisir de te revoir.

    Je tentai un sourire pour lui montrer que j'étais sincère, mais ça ne fonctionnait pas aussi bien que je pouvais le souhaiter. J'en avais peut être trop perdu l'habitude? Non, ce n'était même pas vrai. La période que je traversais avait beau ne pas être des plus roses -sans vouloir faire de mauvais jeu de mots-, je n'étais pas au plus bas. Je dormais et sortais à peine, négligeant la plupart des choses qui avaient jusque là constitué une part importante de ma vie et une certaine rancœur grandissait heure après heure en moi, mais je n'étais pas complètement malheureux. Aux phases les plus sombres suivaient un sourire de l'un des jumeaux, ou une attention de l'un de mes amis, ou n'importe quoi d'autre me permettant de réaliser que tout n'était pas noir. J'errais dans du gris, voilà tout, une gamme très complète de gris.
    Et tout à coup je réalisai que j'avais envie de passer un peu de temps avec elle. Je ne l'avais pas vue depuis deux bons mois, j'avais du temps à lui consacrer si elle le voulait bien, et l'impression que l'on avait des choses à rattraper. Après tout, notre dernière conversation ne s'était pas vraiment achevée, n'est-ce pas?

    Tu prends quelque chose? Enfin, tu as le temps de rester un peu?

    Nouvel essai d'un sourire, nouvel effort avorté bien que tenté. Et une prière silencieuse pour qu'elle accepte.
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Message(#) Sujet: Re: Because it's easier to lose and it's hard to face the truth | Rose Lun 31 Jan 2011 - 12:37


Basil & Rose

« Il arrive quelquefois qu'une femme cache à un homme toute la passion qu'elle sent pour lui,
pendant que de son côté il feint pour elle toute celle qu'il ne sent pas. »



Après ce qui lui était arrivé dernièrement, entre Esteban et Jed, jamais elle n'aurait imaginé être là à cet instant et penser pouvoir tenter quoi que ce soit avec Basil. Il avait beau être un garçon d'une gentillesse peu commune, sensible et attentionné, pas du tout le même genre que les deux autres, il restait un garçon. Et Rose pensait avoir eu sa dose dernièrement. Visiblement, non. Mais elle ne comprenait pas pourquoi en fait. En ce moment, elle avait juste envie d'être tranquille, qu'on l'oublie un peu, prendre du recul sur tout ça. Alors pourquoi se jeter ainsi dans la gueule du loup ? Certes ses sentiments pour Basil n'avaient pas disparu malgré sa fuite incessante et tous ses efforts pour l'éviter, mais ils n'étaient pas si fort que ça non ? Pas au point de sauter sur l'occasion -c'est-à-dire le départ de Parfaite- pour se donner une chance. C'était immature et totalement inconsciente. On oublie pas la femme que l'on aime et avec qui on vivait comme ça, en un claquement de doigt. Rose le savait bien, elle savait également qu'elle ne pouvait que passer au second plan dans cette histoire. Mais une force en elle semblait la pousser à faire ça malgré tout, c'était incontrôlable. Son esprit avait beau tenter de la raisonner, son corps ne voulait rien entendre et n'en faisait qu'à sa tête. Tout en elle se chamboulait alors que ses inhibitions se levaient au fil des secondes. Un mélange d'adrénaline et de remord se bousculait en elle et lui faisait perdre ses mots. C'était quelque chose qu'elle n'avait encore jamais ressentie. Rose n'était pas sortit avec beaucoup de garçons, et ce fut toujours eux qui firent les premiers pas. Mais là, elle sentait que Basil ne ferait rien. C'était à elle de prendre les choses en main et ça l'effrayait complètement. Elle s'imaginait déjà le pire, se passant en tête des scénarios plus terribles les uns que les autres. Mais la seconde d'après, elle imaginait le meilleur. Vous savez un peu comme dans les dessins animés, lorsqu'un personnage est face à un dilemme. A chaque fois apparaissait sur chacune de ses épaules un ange et un diable, le poussant dans des situations opposées. Et bien là, c'était exactement ce qu'il se passait pour la blondinette, et c'était à en devenir dingue. Ce fut donc confuse qu'elle prit la parole, tentant de s'exprimer le mieux qu'elle pouvait à cet instant.

Basil était complètement ailleurs. La première phrase de la jeune fille sembla l'enfoncer dans de profondes pensées alors que la deuxième le ramenait sur terre. Rose un peu désarmée face à son attitude commençait à douter de plus en plus de ses intentions à son égard. Peut-être que finalement c'était une mauvaise idée de se joindre à lui maintenant. Peut-être que c'était trop tôt encore. Mais elle ne pouvait plus faire demi-tour. Elle puisait un courage dont elle ne disposait pas tous les jours. Certainement dû aux derniers évènements qui l'avaient rempli d'une rage et d'une haine qu'elle n'avait jamais connu encore. Et comme elle n'avait pas pu évacuer tout ça encore, elle s'en servait aujourd'hui pour une "bonne cause". Qui au vu de la situation n'était peut-être pas si bonne que ça. Voilà qu'elle s'embrouillait encore, se torturant pour savoir si ce qu'elle faisait était bien ou non. Rose n'était pas spécialement croyante, mais là elle aurait apprécié une intervention divine lui dictant la conduite à adopter. Mais rien, le silence complet. Elle était seule face à elle-même pour prendre cette décision. Elle serait entièrement responsable de ses paroles, de ses gestes et des conséquences. Une pression folle vint appuyer son cœur qui se fit douloureux l'espace de quelques secondes. Elle resta néanmoins le plus impassible possible, ne voulant pas afficher aux yeux de Basil le trouble qui l'animait. Et ce fut d'une voix distraite qu'il répondit à sa demande : « Oui, bien sûr. Vas-y... » Rose faillit faire demi-tour et tout laisser tomber. Il était clair que sa présence ne l'enchantait pas plus que ça. Alors à quoi bon ? Mais voilà, il y avait toujours ce petit truc en elle qu'elle ne parvenait pas à expliquer et qui l'en empêcha. S'installant alors sur la chaise à côté de lui, elle le regrettait déjà. Elle conservait néanmoins un sourire amical et réconfortant. A vrai dire, elle n'avait pas spécialement envie de parler de Parfaite non plus. Au contraire même, s'ils pouvaient éviter le sujet ça l'arrangerait grandement. Surtout si c'était pour l'entendre se morfondre ou lui dire qu'elle lui manquait etc. Rose serait alors obligée de se montrer compréhensive et présente pour lui, cherchant à lui offrir son soutient comme toute bonne amie. Mais ça lui ferait trop mal. Et elle détestait être fausse face à ses amis.

La proximité avec Basil n'avait fait qu'accroître ce qui la rongeait de l'intérieur. Elle avait l'impression d'étouffer, c'était comme si le seul moyen de se libérer de tout ça était de lui hurler ce qu'elle ressentait. Chose complètement folle et à ne surtout pas faire. Ce serait le meilleur moyen de le faire fuir. Et puis, pour quoi passerait-elle ? Non, il valait mieux attendre un peu un moment plus judicieux et une manière délicate mais franche pour amener le sujet sur le tapis. Elle savait qu'elle allait devoir être précise dans ses révélations et ne pas prendre de détours plus tortueux les uns que les autres. Basil n'était pas en état de comprendre la moindre subtilité. Ou du moins, pas de ce genre là. Un léger silence gênant s'installa alors qu'ils se regardaient dans le blanc des yeux. Il finit par reprendre : « Y'a pas de mal... et puis j'ai été pas mal accaparé de mon côté aussi... Mais ça me fait plaisir de te revoir. » Rose lui offrit alors un sourire plus assuré, les yeux pétillants. Elle occulta complètement le début de sa phrase, ne retenant que le fait qu'il soit content de la revoir. Son cœur s'emballa et elle se sentait toute chose. Elle avait entrelacé les doigts de ses deux mains avec force, cherchant à contenir sa joie. Ça pouvait paraître idiot, mais à ce stade des choses la moindre petite phrase gentille de sa part prenait des proportions énormes et la comblait plus qu'elle ne l'aurait imaginé. Seulement, elle interprétait mal les choses, voyant plus qu'elle ne l'aurait dû à travers ses paroles. De sa voix douce et claire, elle répondit à son tour : « Moi aussi ça me fait plaisir. Très plaisir. » Supporter son regard s'avéra quelque peu difficile. Elle détourna donc la tête un moment, reprenant ses esprits. « Tu prends quelque chose? Enfin, tu as le temps de rester un peu? » Elle releva la tête vers lui, sortant de ses pensées. A vrai dire, elle était bien trop stressée pour pouvoir avaler quoi que ce soit finalement. L'appréhension lui écrasait l'estomac et c'était comme si elle n'avait plus envie de rien, que son corps n'avait plus le moindre besoin. Ni faim, ni soif, ni froid, ni chaud. Rien. Juste son cœur qui martelait sa poitrine et ses entrailles qui se tordaient. Elle esquissa un sourire maladroit avant de parvenir à articuler : « Non ça va aller, je n'ai pas faim, ni soif. Et bien sûr que j'ai le temps de rester. Après tout ce temps, je te dois bien ça. » La pression devenait de plus en plus forte alors qu'elle sentait qu'elle approchait de l'instant fatidique. L'air commençait à lui manquer et elle ne parvenait pas à rester tranquille sur sa chaise. Elle avait la soudaine sensation d'être fiévreuse. Vous savez, quand vous tremblez de froid alors que vous mourrez de chaud. Elle souffla une longue expiration. Et tandis qu'elle fixait la table, elle reprit : « Tu sais... Je crois que... » Elle marqua une pause, hésitante. Les mots ne venaient pas. « Je crois que je te dois quelques explications. Tu sais, pour mon comportement ces derniers mois. » Elle passa une main nerveuse dans ses cheveux, s'emmêlant les doigts dedans. Sa lèvre inférieure trembla alors qu'elle tentait de se calmer. Elle posa alors sur lui un regard presque honteux, comme si elle avait fait une bêtise. Elle semblait désolé également. « Mais je ne suis pas sûre que tu veuilles l'entendre... » L'écart imposé par leurs chaises lui semblait de trop. Néanmoins elle n'osa pas bouger, de peur de l'inquiéter ou de le faire fuir. Ce qui était bien la dernière chose qu'elle voulait à vrai dire. Elle laissa son regard parcourir le visage de son "ami", s'attardant légèrement sur ses lèvres avant de venir le planter dans le sien, déterminée malgré la peur qui l'assaillait.

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Message(#) Sujet: Re: Because it's easier to lose and it's hard to face the truth | Rose Jeu 3 Fév 2011 - 23:21

    Je me savais imparfait, et de très loin. J'avançais dans la vie sans trop savoir quelle direction je pouvais bien suivre, faisant d'improbables détours plus d'une fois, et continuant toujours à la même allure. L'Angleterre me paraissait désormais bien lointaine, comme un vieux souvenir que l'on continue à chérir sans savoir s'il est vraiment fidèle à la réalité. Les gens que j'avais pu y connaître avaient leur propre vie dont je faisais évidement moins partie, malgré tous les liens que nous pouvions conserver. Ma mère s'était finalement posée, prête à fonder pour la première fois de son existence une "vraie famille" comme elle se plaisait à le dire, et si je conservais ma place à ses côtés ce n'était plus pareil. Rien ne pouvait être pareil de toute façon, mes années américaines ayant effacé plus de choses que je n'aurai pu le croire. Moi aussi j'avais une famille maintenant, plus très stable peut être, mais je me devais quand même de tenter de sauver les meubles. On m'avait proposé, juste après le départ de Parfaite, de rentrer à Londres. Ma mère la première, inquiète de me savoir tout seul pour gérer pareille situation, puis mes meilleurs amis, pour des raisons qui devaient être sensiblement les mêmes... Mais j'avais refusé, à chacun. L'intention était louable, mais je voulais rester. Je préférais rester. Et puis, j'avais encore cet espoir qu'elle revienne, et que les choses s'arrangent d'elles-même. Bel espoir, mais vain. Les jours avaient passé, les uns après les autres, mais le son de sa voix n'avait pas plus résonné entre les murs de notre maison, pas plus que celui de ses pas. Je sursautais au moindre bruit suspect, mais à chaque fois ce n'était rien, ou du moins rien d'intéressant. Et je me faisais du mal, je le savais, mais c'était plus fort que moi. J'avais toujours eu tendance à courir derrière de trop beaux rêves que je m'imaginais accessibles, mobilisant toute mon âme pour me confronter à ce gouffre qu'est la réalité. Les gens dont on tombe amoureux ne vous aimeront pas nécessairement autant en retour, et ils pourront même vous faire souffrir à en crever. Vous pouvez traverser un océan pour tenter de panser vos plaies, ou ne serait-ce que vous en détourner un premier temps, mais l'on refait toujours les mêmes erreurs, encore et encore. La rancœur, au fond, c'est dans l'ordre des choses.
    Mais je ne pouvais pas me contenter de me lamenter sur mon triste sort en fixant la poignée de la porte d'entrée, guettant le moment où quelqu'un se déciderait à appuyer dessus. Le facteur? La voisine? "Elle"? Ça aurait été stupide, encore plus que tout le reste. Je ne savais pas ce qui m'attendait pour la suite, mais je n'étais qu'à peine curieux de le savoir. A quoi est-ce que ça me servirait de toute façon? A ne plus m'engluer dans des relations qui allaient inéluctablement foirer? Peut être... Il fallait croire que j'étais plutôt doué pour ça puisque, sur le peu d'histoire que j'avais pu avoir, toutes se terminaient relativement mal... Mais qu'est-ce que je racontais? Ce n'étais pas fini, pas encore! Les choses étaient peut être compliquées, et surtout confuses, mais je ne devais pas pour autant baisser les bras! Allez, ce n'était pas une petite baisse de régime qui devait avoir raison de moi, ce n'était pas le moment de me laisser aller! Les choses n'étaient pas vraiment ce que j'aurai pu envisager, mais j'allais arriver à passer outre. Je l'avais toujours fait, et il n'y avait pas de raison que cette fois ça ne soit pas le cas. Les temps sont durs, mais justement: c'est dans ces moments que tout se révèle à sa juste valeur. Il suffisait d'être patient et d'encaisser. Un jour, tout s'arrangerait. C'était tout ce que j'espérais.

    L'espace d'un instant, j'avais cru que Rose allait finalement changer d'avis et trouver une excuse pour partir. J'aurai compris... Elle avait tendance à me fuir depuis quelques temps, et vu ma situation actuelle ça ne devait pas être pour l'inciter à venir me voir. De toute façon, qui aurait voulu passer du temps avec un mec donc la vie part en lambeaux? Légère exagération, d'accord, mais le recourt à la métaphore est tellement plus efficace parfois... Elle céda pourtant, et prit place à côté de moi. A l'écouter d'ailleurs, ça lui faisait plaisir de me voir. Ah. Alors ce devait être mon apathie actuelle qui me faisait m'étonner de quelque chose d'aussi simple, et ne pas sourire autant qu'elle. En un mot, elle rayonnait. Elle avait l'air d'hésiter, de chercher quelque chose en elle, mais pourtant elle dégageait quelque chose de vraiment agréable. Une certaine douceur, comme un réconfort. De la jalousie? Même pas...
    Ma question la tira hors de ses pensées et elle répondit presque aussitôt, comme un cri du cœur. Non ça va aller, je n'ai pas faim, ni soif. Et bien sûr que j'ai le temps de rester. Après tout ce temps, je te dois bien ça. Elle sourit maladroitement, et je me surpris à me sentir rassuré. Quitte à passer du temps à l'extérieur, je préférais que ce soit avec elle plutôt que seul. La solitude ne me gênait pas outre mesure, mais l'alternative qu'elle me proposait était nettement plus attrayant. Dommage seulement qu'elle y ajoute une pointe de devoir... En temps normal je ne l'aurai peut être pas remarqué dans sa phrase, mais en ce moment je me l'entendais tellement répéter que ça avait été comme un déclic. Mais les gens ne comprenaient pas que tout le temps que je pouvais consacrer aux jumeaux et au scénario n'était pas juste une obligation à laquelle je pensais avoir à me soumettre, mais la seule chose que j'avais trouvé à faire pour vraiment garder le cap. Enfin, dans tous les cas, elle restait. C'était déjà ça de sauvé.
    Nos retrouvailles n'étaient pas pour autant un épanchement de belles paroles puisque, l'un comme l'autre, nous restions en silence. J'aurai bien brisé la glace, mais rien ne me venait en tête. J'avais bien envie de lui demander comment elle allait, mais, nécessairement, elle aurait à me poser la question en retour, et je n'avais pas forcément envie de parler de ça. J'étais désespérant. Tu sais... Je crois que... Heureusement que Rose était là pour relever le niveau, et je tournai les yeux vers elle, quittant le vide pour son visage qu'elle avait baissé. Je crois que je te dois quelques explications. Tu sais, pour mon comportement ces derniers mois. Mon regard suivit alors le geste de sa main en train de se perdre dans ses cheveux, comme attiré par le mouvement. Des explications. Oui, peut être bien que oui... Enfin j'en savais rien, je n'étais même pas à même de me décider de quoi j'avais envie de parler avec elle, mais ce n'était pas une mauvaise idée. Et puis, puisqu'elle avait visiblement envie d'aborder le sujet, je n'étais pas contre. Chacun a ses démons à exorciser après tout, et j'étais tout à fait disposer à calmer les ardeurs des siens. Mais je ne suis pas sûre que tu veuilles l'entendre... Je sentis alors son regard se planter sur moi, ce qui était assez paradoxal puisque, vu nos positions respectives, j'étais probablement l'objet de ses attentions depuis quelques minutes déjà. Mais quelque chose, je ne savais pas quoi, me donnait l'impression qu'un changement avait eu lieu. Elle paraissait désolée, et j'espérais qu'elle ne l'étais pas pour moi. Pendant un millième de seconde, l'idée qu'elle avait peut être des informations sur le départ de Parfaite m'atteignit en plein coeur. C'était possible. Non, bien sûr que non. Et l'annonce d'une justification attisait plus encore toute la curiosité que j'avais pus avoir pour son comportement fuyant. Le temps des révélations était-il arrivé?

    Si. Si, bien sûr.

    J'acquiesçai, m'avançant ensuite pour m'accouder contre la petite table du Starbucks. Mon café était en train de refroidir, mais je ne pensais plus à lui. En ce moment mon esprit passait d'une chose à une autre, comme ça, comme pour mieux supporter. Je voyais que Rose hésitait, me dévisageant presque au ralenti, et je voulais écouter ce qu'elle pouvait avoir à me dire. Je voulais pouvoir m'enorgueillir d'être un bon ami, même quand toute ma vie venait à se désagréger, sauver au moins ça.

    Je me suis demandé ce qui te prenait de te montrer si distante d'un coup, comme si j'avais fais quelque chose de mal et que je m'en étais pas rendu compte... C'est pas le cas j'espère?

    Ses joues tout à coup s'empourprèrent, ou plutôt prirent une teinte rosée qu'elle tenta de dissimuler du mieux qu'elle pouvait. Rose en train de rougir? J'aurai donc touché un point sensible... Et puis je réalisai que peut être je la perturbais dans son raisonnement à l'interrompre avec mes commentaires. Je baissai alors la tête, persuadé qu'une fois de plus je gâchais quelque chose. Peut être que c'était ça mon problème avec Parfaite: je l'accusais de ne pas m'avoir parler avant de partir, mais peut être qu'en fais je n'avais pas su l'écouter... Ma vie était de pire en pire...

    Enfin je t'écoute. Je t'interromps plus.

    Et je hochai la tête pour montrer ma détermination et l'inciter à reprendre la parole. Je lui devais bien ça.
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Message(#) Sujet: Re: Because it's easier to lose and it's hard to face the truth | Rose Mer 9 Fév 2011 - 15:39


Basil & Rose

« Il arrive quelquefois qu'une femme cache à un homme toute la passion qu'elle sent pour lui,
pendant que de son côté il feint pour elle toute celle qu'il ne sent pas. »



Une appréhension redoutable s'emparait d'elle, la rendant fébrile et tremblante. Ses battements s'étaient brusquement accélérés, tandis qu'elle commençait à avoir de plus en plus chaud. Elle se sentait étrange, jamais elle n'avait connu un stress aussi intense et aussi visible. Car il ne fallait pas être médium pour voir qu'elle n'était pas dans son assiette. Pour ce qui était de deviner la raison de cet état, c'était là une autre histoire. Basil était toujours aussi absent, comme si sa présence ne lui faisait ni chaud, ni froid. Il tentait bien de lui sourire et de paraître agréable, comme toujours. Mais Rose ressentait cette distance qu'il imposait malgré lui, certainement toutes les pensées tournées vers Parfaite. Qu'y avait-il de plus horrible que d'avouer à un homme ce que l'on ressent pour lui, alors qu'on sait qu'il pense à une autre ? Rose avait parfaitement conscience de cet énorme détail qui risquait de tout gâcher, mais il était trop tard pour faire demi tour. Elle avait commencée à lui dire qu'elle allait lui expliquer la raison de son comportement des plus suspect à son égard depuis quelques mois. C'était trop tard, elle ne pouvait plus changer de sujet, ou dire que ce n'était rien. Certes, elle pouvait mentir et inventer quelque chose à la limite de l'improbable ! Mais quel intérêt ? C'était trop dur, ça la rongeait de l'intérieur à force de garder ça pour elle. Il fallait qu'elle lui dise, qu'elle extériorise tout ça. Et même s'il la jetait, au moins, elle serait libérée. Oh, il était certain qu'il sera dur pour elle d'essuyer un refus, et que si il osait lui parler de parfaite en lui disant qu'il n'aimait qu'elle, elle ne supporterait pas. Sans parler du fait qu'elle risquait également de perdre un ami. Oui, elle avait conscience de tout ça, mais elle prenait le risque. Parce que Parfaite n'était plus là, parce qu'on n'était jamais vraiment sûr de rien. Et parce que si l'ont vivait sans espoir, le monde serait bien triste.

« Si. Si, bien sûr. » Alors qu'elle le fixait ardemment depuis quelques minutes, elle baissa soudainement la tête, comme si elle regrettait. N'aurait-il pas pu lui dire que non, en effet il n'avait pas envie d'entendre quoi que ce soit. Qu'il voulait juste qu'on lui fiche la paix ! Non, évidemment, ça aurait été trop simple. Il voulait savoir, il voulait comprendre et c'était normal. Mais Rose doutait de plus en plus. Elle avait pensé que c'était le meilleur moment pour lui annoncer ça, mais finalement peut-être pas. Est-ce que cela ne faisait pas un peu "requin" comme attitude ? Parfaite est partie, hop, je saute sur l'occasion pour tenter ma chance ! C'était pathétique et si elle avait pu, elle serait partie se réfugier dans un trou de souris jusqu'à ce qu'on l'oublie. Il se pencha alors sur la table, pour attraper son café. Leurs bras se frôlèrent et Rose retira précipitamment le sien, alors qu'elle se sentait totalement électrisé face à ce contact inattendu. Elle passa sa main sur son visage pour se calmer. Ça devenait du grand n'importe quoi. Son cœur cognait si fort qu'il lui faisait mal, et pourtant elle avait la sensation qu'il s'était arrêté de battre tant elle se sentait faible. Comme si elle allait s'écrouler d'une seconde à l'autre. Les mots s'entrechoquaient dans son esprit, sans pour autant passer la barrière de ses lèvres. Elle n'arrivait pas à se lancer, elle ne savait même pas par où commencer ! Pourquoi fallait-il toujours qu'elle se fourre dans des situations pas possible ? Elle posa sa main droite sur son ventre, comme pour reprendre le contrôle de son corps et apaiser son souffle. Ce ne fut pas une grande réussite. « Je me suis demandé ce qui te prenait de te montrer si distante d'un coup, comme si j'avais fais quelque chose de mal et que je m'en étais pas rendu compte... C'est pas le cas j'espère? » Rose releva la tête vers lui, les joues brûlantes, et tandis qu'elle lui offrait un sourire maladroit elle hocha la tête de droite à gauche en signe de négation, toujours incapable de parler. Non, bien sûr que non qu'il n'avait rien fait de mal ! Au contraire même. Son seul défaut, c'était bien sa femme. Un obstacle que Rose ne pensait pas réussir à franchir. « Enfin je t'écoute. Je t'interromps plus. » Dommage, Rose aurait pu l'écouter parler pendant des heures si ça lui avait évité les révélations qui allaient suivre.

Le regard de Basil était posé sur elle et avait l'effet d'une bombe à retardement. Comme si c'était dans son regard que sa vie allait être jouée. Elle osait à peine le soutenir. Pourtant, il était calme et patient. Mais elle avait l'impression qu'il lisait en elle comme dans un livre ouvert, et qu'il attendait qu'elle lui révèle tout pour l'enfoncer plus bas que terre. Elle tenta de se rassurer, se répétant que Basil n'était pas du tout ce genre de personne. Il risquait même d'être tout aussi gêné qu'elle. Elle se mordit doucement la lèvre, alors qu'elle se préparait au mieux pour lui avouer ce qu'elle lui cachait depuis des mois. Elle déglutit et hésitante elle vint poser une main froide et tremblante sur celle de Basil. Ses entrailles se tordaient complètement, lui provoquant une sensation étrange. C'était comme si subitement elle avait eu en elle un lâché puissant d'adrénaline et que c'était trop pour son corps, qu'elle n'arrivait pas à supporter. La gorge nouée, elle avait l'impression qu'aucun son ne pourrait en sortir. Et pourtant. C'est d'une voix discrète et peu assurée qu'elle annonça : « Si... Si je t'évitais dernièrement c'est parce que... » Ses lèvres tremblèrent alors qu'elle cherchait à réunir ses pensées pour expliquer au mieux, sans prendre 150 mille détours : « ...Parce que ce que j'éprouve pour toi dépasse toute amitié. Tu... Enfin je... » Elle soupira et baissa la tête, passant une main nerveuse sur son front. Elle s'embrouillait, n'arrivant plus à formuler une phrase. Elle n'osait même plus relever les yeux pour voir l'expression de Basil. Elle retira rapidement la main qu'elle avait posée sur celle de Basil, honteuse. Elle murmura alors, comme si elle allait craquer : « Je suis désolé Basil... J'ai essayé d'arrêter tout ça, mais j'y arrive pas. C'est plus fort que moi. J'ai beau essayer, les sentiments que j'ai pour toi ne veulent pas disparaitre. Et ça fait des mois maintenant. Je suis désolé... » Oh oui elle l'était désolé. Tellement...

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Message(#) Sujet: Re: Because it's easier to lose and it's hard to face the truth | Rose Sam 12 Fév 2011 - 23:58

    A ma connaissance, la plupart des religions possédaient une commune aspiration à la rédemption, concept parmi les plus optimistes qu'il soit. Curieux hasard, c'était alors que je cherchais précisément une issue que j'en avais pris conscience. A un moment ou un autre, on ressent ainsi le besoin d'être sauvé, et ce du plus profond de son être, comme une irradiation. J'avais beau ne pas croire en grand chose, là j'avais besoin de m'y rattacher. De croire qu'il y avait un espoir, une chance qu'une force supérieure à la mienne vienne remuer un peu tout le désordre qui s'était abattu sur ma vie, et accessoirement m'aider à m'en extirper. Je n'en étais pas au point d'attendre un miracle, de toute façon je savais qu'il ne s'en produirait pas, mais j'essayais de sauver les petits bouts de mon existence, un par un, avant de les coller ensemble. Je mettais de l'ordre dans la maison, dans le jardin, et j'avais l'impression que ça arrangeait les choses à un niveau pas uniquement matériel. Alors, est-ce que je virais mystique? Non, il me restait quand même pas mal de marge d'ici là. J'y croyais parce que c'était plus facile de se dire que l'on pouvait être sauvé du moment que l'on en manifestait l'envie plutôt que de simplement se tourner les pouces entre deux prières. C'était en fait plus un leitmotiv qu'autre chose, religieusement désincarné. Je ne pouvais pas me contenter de laisser les choses se passer, alors à moi d'être mon propre sauveur, à moi de les prendre en main. Je me refusais de passer à côté de ma vie. Pas une seconde fois.


    Je sentais que Rose avait des choses à me dire, et probablement que l'intérêt que j'y prêtais venait aussi du fait qu'elle mettait du temps à me les avouer. Je n'avais aucune idée de leur contenu, étant peu doué pour les hypothèses, je m'abstenais dans la mesure du possible d'en faire. Il me semblait que je lui en avais proposé quelques unes lors de notre dernière entrevue, mais elle remontait à si longtemps que je ne me les rappelais même plus. Est-ce que l'on avait déjà éliminé celle où je serais la cause de ses problèmes, et ce sans que je m'en rende compte? Probablement que oui, sinon elle ne serait pas venue me voir, tout sourire ou presque, pour se proposer de se joindre à moi. A moins que la pitié l'y ait poussée, mais j'espérais que ce n'étais pas le cas. Ça aurait été trop triste. Je ne voulais pas que je les gens s'apitoient sur mon sort, même si c'était ce qu'ils faisaient une fois que j'avais le dos tourné, n'ayant pas envie d'être pointé du doigt comme étant celui qui avait été largué par sa femme. Inutile de raconter toutes les horreurs que j'avais pu entendre sur mon compte comme sur celui de Parfaite... j'avais eu droit à tout! Qu'elle n'était qu'une trainée à qui la monogamie ne convenait pas et qui avait quitté la ville pour mieux retrouver un mode de vie plus en adéquation avec ses attentes. Qu'elle avait flippé, réalisant que la vie de famille n'était pas pour elle. Que son père avait réussi à la convaincre de revenir à ses côtés, lui ayant pardonné le fait qu'elle l'ait envoyé en prison, à moins qu'il ne se soit vengé et l'ait sauvagement tuée avant de faire disparaitre son corps, à moins qu'il ne la retienne prisonnière quelque part... A moins que je l'ai moi-même tuée, ayant découvert qu'elle me trompait. Et puis les raisons plus traditionnelles. Elle s'était enfuit avec son amant. Elle avait eu une vie si débridée sexuellement parlant avant de me connaitre que je ne pouvais bien évidement pas la contenter, et elle était allée consoler sa frustration loin de moi... Il y en avait pour tous les goûts, tous les genres, et même sans y prêter trop attention je ne pouvais pas passer à côté. Ma voisine d'ailleurs avait essayé de me dérider en me racontant les meilleures versions qu'elle en avait entendu, mais l'effet produit n'avait pas franchement été celui qu'elle attendait: à la place des éclats de rire, je m'étais au contrairement complètement refermé sur moi-même. J'avais admis dès le début de notre relation que l'on aurait droit aux plus sordides ragots. Après tout, elle était la reine de la fac aux amants plus que nombreux, et moi je n'étais que ce petit anglais dont on ne connaissait pas la moindre petite aventure. Autant dire que l'on en avait entendu de belles dans le genre, mais à l'époque je trouvais ça plutôt amusant. Étant donnée la réalité de mon passif relationnel, je trouvais très amusant d'être considéré comme le prude sex-toy que Parfaite avait réussi à s'accaparer, ce qui n'était pas si évident pour elle. Évidement, elle avait le poids de ses exploits sur les épaules et une réputation plutôt lourde à ce sujet, mais je m'en foutais. En fait, avec son départ, c'était la première fois que des rumeurs me touchaient vraiment. Je les savais fausses, et pourtant elle m'atteignaient. Je ne réagissais pas directement, mais c'était comme si je me prenais de nouveaux uppercuts en plein dans les côtes à chaque fois. Sur le coup ça coupe le souffle, mais c'est après que ça fait le plus mal. Et là j'avais l'impression d'être constamment passé à tabac, par les gens comme par moi-même. Et c'était encore pire.

    Et Rose continuait à hésiter. Je lui avais promis de ne plus l'interrompre, et je sentais le moment des grandes révélations sur le point d'aboutir. J'étais curieux de savoir, mais pas vraiment anxieux. Juste ce qu'il fallait vu que l'une de mes amies avait visiblement quelque chose d'important à me dire, quelque chose lui tenant assez à cœur pour la perturber à ce point. Sa main sur la mienne me confirma alors que l'on était arrivé à un moment important de notre relation, qu'elle me faisait assez confiance pour m'avouer quelque chose d'assez délicat pour la glacer à ce point: sa main était en effet froide à un point qui me fit presque sursauter. Mais Parfaite elle-même avait souvent les mains froides, et je m'étais habitué à ce type de contact, le trouvant presque agréable vu ce à quoi il était relié dans mon esprit. Mais là c'était presque perturbant puisque Rose n'était pas ma femme, et que Parfaite n'étais plus là du tout...
    Si... Si je t'évitais dernièrement c'est parce que.. J'essayai de capter son regard en même temps qu'elle parlait, mais je me rendis vite compte que c'était peine perdue vu le grand huit qu'elle lui faisait faire, ne le posant nulle part. ...Parce que ce que j'éprouve pour toi dépasse toute amitié. Tu... Enfin je... Les mots défilèrent dans mon esprit, et j'eus l'impression d'avoir loupé quelque chose, comme s'il manquait une logique à sa phrase. A moins que j'aie vraiment raté un truc, ou pas compris un pronom comme il le fallait. Elle parlait vraiment de moi? D'un sentiment qu'elle éprouvait à mon égard? Non... Non, j'avais du mal comprendre... Et elle retira sa main, mouvement qui me provoqua un vague semblant de chair de poule, comme si son rejet tenait de la répulsion. Elle avait baissé les yeux, et je ne pouvais pas lire dans son regard ce qui me manquait pour vraiment comprendre, la suite de ses paroles n'étant qu'un flot à peine audible. Je suis désolée Basil... J'ai essayé d'arrêter tout ça, mais j'y arrive pas. C'est plus fort que moi. J'ai beau essayer, les sentiments que j'ai pour toi ne veulent pas disparaitre. Et ça fait des mois maintenant. Je suis désolée...
    Elle avait l'air mal, vraiment mal, mais de mon côte je ne me sentais guère mieux. On m'aurait posé une enclume sur la tête que j'aurai probablement pu m'en tirer à meilleur compte, là c'était tellement soudain que je ne savais même pas quoi en penser. J'avais imaginé je ne savais combien de solutions, mais pas celle-là. Je n'aurai jamais pensé à celle-là, même si Parfaite me l'aurait citée en premier. Probable même qu'elle me l'avait citée, après que je sois rentré de ma dernière discussion avec Rose et que je lui ai tout raconté, comptant sur ses lumières féminines pour y voir un peu plus clair... Mais je ne me rappelais plus.

    Je, euh... Tu en es sûre?

    La question avait jailli toute seule hors de mes lèvres, la seule censée qui me soit venue à l'esprit. J'avais conscience qu'elle était complètement stupide, moi-même je le réalisai alors que j'étais le sombre crétin qui l'avait prononcée, et pourtant c'était la seule chose un tant soit peu constructive qui me venait à l'esprit. Elle savait que j'étais marié, elle savait que j'étais - que j'avais été heureux avec Parfaite, alors pourquoi?
    Je n'étais pas en colère contre elle, je ne pouvais pas l'être, juste profondément désolé moi aussi. Je ne savais déjà plus où j'en étais, alors le moment était assez mal choisi... Mais je ne voulais pas qu'elle se sente mal, alors que moi je me sentais déjà si désespérément affligé.

    Rose, s'il te plait... Regarde-moi...

    J'avais besoin de son regard, de ce lien pour me soutenir. Je ne savais plus vraiment là où j'en étais, ce que j'attendais d'elle comme du reste, mais j'avais besoin de rétablir la communication entre nous. Pourtant, elle sembla ne pas réagir, ou si peu. Juste un léger mouvement de tête, sans oser la soulever totalement, qui me poussa à enchainer, sans que je sache pour autant ce que j'étais en train de dire. Les mots sortaient, quand ils se baladaient à l'intérieur de ma tête, sauf que là ils étaient susceptibles d'avoir des conséquences.

    Ecoute, je... j'apprécie, mais je sais pas quoi te dire... C'est un peu compliqué pour moi en ce moment, et... Je sais pas, je...

    Et je réfléchissais, m'arrêtant dans ma phrase en réalisant que je ne connaissait pas la suite. Je n'avais aucune idée de ce que je voulais lui dire, et il m'avais tout d'un coup semblé plus judicieux de m'arrêter avant de dire des choses que j'étais ensuite susceptible de regretter. Quoi que, celles-là, d'un point de vue stylistique, je les regrettais déjà.
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Message(#) Sujet: Re: Because it's easier to lose and it's hard to face the truth | Rose Ven 18 Fév 2011 - 17:58


Basil & Rose

« Il arrive quelquefois qu'une femme cache à un homme toute la passion qu'elle sent pour lui,
pendant que de son côté il feint pour elle toute celle qu'il ne sent pas. »



Rose n'en revenait toujours pas. Elle l'avait fait, ça y est. Elle lui avait dit, elle lui avait tout dit, tout avoué. Pourquoi ? Bon sang mais pourquoi avait-elle fait cette connerie absurde ? Jamais elle n'avait tant regretté quelque chose. Elle se sentait honteuse, minable même de lui faire ça. Le pauvre, comme s'il n'avait déjà pas assez de soucis comme ça franchement ? Il avait fallut qu'elle en rajoute une couche, qu'elle retourne le couteau dans la plaie. Une prise de risque totalement inutile bon sang ! Mais elle s'en rendait compte trop tard, bien trop tard. Elle s'était laissé bercer par des illusions et voilà où ça l'avait mené... Nul part si ce n'est dans la merde. Elle pouvait être fière d'elle, vraiment oui. Et qui plus est, elle avait insisté. Lui disant qu'elle avait essayé d'arrêter tout ça, mais en vain, et que ça durait depuis des mois. Elle aurait mieux fait de se taire et surtout de continuer son chemin lorsqu'elle l'avait vu assit tout seul sur cette fichue terrasse ! Malgré tout, au fond d'elle, tout au fond d'elle, elle gardait encore un mince espoir. L'espoir que ça s'arrange, l'espoir que Parfaite ne revienne jamais, l'espoir que Basil se tourne finalement vers elle. Espoir dérisoire et égoïste dont elle n'était pas fière du tout. Mais il était là, et elle ne pouvait le nier, ni feinter de ne pas l'entendre. Elle préféra détourner la tête, comme si Basil pourrait lire tout ça dans ses yeux et la blâmer ensuite. Nul doute que si Rose avait été croyante elle serait aller se confesser de suite, pour avoir eu de telles pensées et pour oser profiter d'un instant de faiblesse d'un ami. Peut-être qu'elle en faisait trop. Peut-être qu'elle était trop dure avec elle-même. Mais Rose était encore sous le coup de la pression, impossible de prendre le moindre recul à cet instant. Impossible oui.

Basil resta un certain moment silencieux. Apparemment abasourdi par cette nouvelle qui ne semblait guère l'enchanter. Rose ne relevait toujours pas la tête, comme si elle attendait sagement son heure, la fin. Le silence de Basil s'éternisait et Rose avait l'impression que cette attente se transformait en une chute violente et que l'impact lui serait fatal. Il était tellement difficile d'avouer ce que l'on pouvait ressentir à un homme. Mais encore plus terrible de se faire rejeter. C'était blessant, humiliant, et ça pouvait vous briser n'importe qu'elle personne. Alors Rose attendait qu'il se décide enfin à dire quelque chose. Mais la jeune fille fut quelque peu surprise lorsqu'il s'exprima enfin. « Je, euh... Tu en es sûre? » Rose eu un léger mouvement de surprise, alors qu'elle relevait lentement son visage pour croiser son regard. Ses sourcils marquaient son incompréhension face à sa question. Est-ce qu'elle en était sûre ? Croyait-il vraiment qu'après l'avoir évité pendant deux mois pour finalement venir se ridiculiser devant lui à lui avouer tout ça, elle doutait encore ? Comme s'il y avait une chance qu'elle se soit trompée ? C'était complètement absurde. Rose en était plus que sûre. Elle le savait, c'était là, au creux de sa poitrine, dans sa tête, partout, et ça la hantait tous les jours depuis qu'elle avait décidée de devenir une amie fantôme. Et ça avait redoublé d'ardeur depuis qu'elle avait apprit pour le départ de Parfaite. Alors oui, elle était sûre. Elle ne répondit néanmoins pas à sa question, son regard suffisait. De toute façon, Rose n'était pas sûre que Basil se soit attendu à la moindre réponse. Il avait parlé plus pour lui même que pour elle d'une certaine façon. En tout cas, c'était l'effet que ça donnait. Mais Rose ne supporta pas son regard plus longtemps et abaissa de nouveau la tête, honteuse. Elle entremêla les doigts de ses deux mains, nerveuse, tremblante. Rose n'avait pas vraiment imaginé sa journée ainsi. Tout avait été si inattendu... Elle n'avait rien préparé, rien prévu. C'était tout venu comme ça, d'un coup, sans qu'elle y réfléchisse. Maintenant elle saurait qu'il valait mieux toujours réfléchir avant de faire quoi que ce soit. La spontanéité c'était bien... Mais pas toujours non.

« Rose, s'il te plait... Regarde-moi... » Non. Rose ne voulait plus le regarder, c'était trop dur, trop humiliant. Elle tourna la tête légèrement, mais s'interrompue dans son mouvement, restant bloquée à mi-chemin. Impossible de faire plus pour le moment. Elle déglutit et entrouvrit la bouche pour dire quelque chose. Mais rien n'en sortit. Elle semblait complètement pétrifiée. Elle avait perdu tous ses moyens et ne savait plus comment se sortir de cette situation délicate. C'était à lui de dire quelque chose. Quelque chose de clair, quelque chose qui aiderait à se sortir de là. Que ça fasse mal ou non, ce serait toujours moins dur que ça. Du moins, elle l'espérait. « Écoute, je... j'apprécie, mais je sais pas quoi te dire... C'est un peu compliqué pour moi en ce moment, et... Je sais pas, je... » Rose ferma les yeux de toutes ses forces, comme si lorsqu'elle allait les rouvrir, tout ceci serait terminé, comme si ce n'était qu'un vilain rêve. Il appréciait ? Il appréciait... Ces quelques mots avaient terminé de l'achever. Elle souffla prestement, comme si elle cherchait à reprendre son souffle après que l'on en ait privé pendant quelques instants. Elle détacha ses doigts les uns des autres et vint passer sa main droite sur son front, toujours aussi nerveuse. Elle ne répondit pas de suite, ne sachant pas quoi dire de toute façon. Il ne savait pas quoi dire, il ne savait pas, c'était compliqué... Oui, évidemment. Elle avait été bien sotte. A quoi s'était-elle attendu bon sang ? A ce qu'il lui saute au cou et lui dise que lui aussi ressentait ça pour elle depuis des mois mais qu'il n'osait pas lui en parler, et que maintenant que Parfaite était partie, le problème était réglé ?! Grand dieu, c'était pitoyable. Elle se leva brusquement, manquant de renverser sa chaise. Elle posa sa main droite sur la table, cherchant un appuis, quelque chose qui la maintiendrait les pieds sur terre et qui l'aiderait à ne pas perdre l'équilibre alors qu'elle se sentait fébrile. Leurs regards se croisèrent à nouveau et le résultat fut immédiat : Rose se sentit fondre complètement. Elle ne pouvait pas lutter contre ce qu'elle ressentait pour lui. Il semblait si... parfait à ses yeux. Sa nervosité se transforma alors en détresse, laissant apparaitre des yeux abattus et honteux. Elle finit par trouver le courage de reprendre la parole, laissant les mots venir tout seul, ne contrôlant plus rien. « Je sais que c'est compliqué pour toi et que je n'ai pas choisit le meilleur moment et je... Et je suis vraiment désolé de te faire ça. Mais... » Elle marqua une pause, reprenant son souffle et se calmant sensiblement. « Mais est-ce qu'il y a vraiment un bon moment pour révéler ce genre de choses ? Au vu de la situation, je pense pas. Il y a peut-être un bon moment lorsque les deux personnes sont célibataires et proches. Mais là ? Je devais te le dire... Te fuir devenait trop dur, c'était comme un perpétuel mensonge et puis... » Doucement, elle glissa la main qu'elle avait posée sur la table sur celle de Basil, à nouveau. Avant d'ajouter dans un murmure : « Et puis tu me manquais Basil. Tu me manquais... tellement. » Son cœur battait à tout rompre. Et tandis qu'elle continuait de le fixer, elle s'empara doucement de sa main, lui laissant la possibilité de lui échapper s'il le désirait, avant de la serrer doucement dans la sienne. Elle n'avait absolument aucune idée de ce qu'elle était en train de faire, de si c'était une bonne idée ou pas. Elle le faisait, c'était tout.


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Message(#) Sujet: Re: Because it's easier to lose and it's hard to face the truth | Rose Dim 20 Fév 2011 - 0:01

    Pourquoi fallait-il toujours que je perde à ce point le contrôle sur les choses? Je détestais ça, et pourtant j'en faisais encore et encore l'expérience, sans parvenir à l'empêcher. Je devais être maso, je ne voyais pas d'autre explication. Quand tout allait bien, il fallait toujours que ça foire, et en beauté s'il vous plait. Je ne sais pas, ça devait être écrit dans mes gênes. J'étais doué pour me lancer dans des histoires bien trop compliquées pour moi, à l'avenir si incertain que même en me creusant la tête jusqu'à l'épuisement je ne parvenais pas à trouver la moindre réponse un tant soit peu potable. Je ne demandais pourtant pas grand chose, juste d'être tranquille, mais il fallait croire que c'était déjà trop. J'avais essayé de construire une vie qui me paraissait adaptée à mes attentes, mais tout foirait magistralement, morceau par morceau. Et j'avais beau savoir que ça ne servait à rien de se lamenter, il y avait un moment il n'y avait plus grand chose d'autre à faire. Mes heures de sommeil pouvaient se compter sur la main d'un type amputé de la moitié de ses doigts, et encore je me trouvais généreux. Une, deux, mettons trois, et guère plus. Et pendant la veille, pendant les moments de creux, il n'y avait rien d'autre à faire que de penser. S'assoir quelque part, le bout du canapé ou le coin d'une table, et faire le point. Attendre le moment où le soleil se déciderait enfin à se lever, ou où l'un des jumeaux me rappellerait à l'ordre. Et puis essayer de résister aux hallucinations quand elles faisaient leur apparition. La première fois j'avais hésité, mais maintenant je les reconnaissais au premier coup d'œil. Et quand elle me demandait pourquoi je ne la regardais pas, c'était toujours la même réponse que je lui donnais: parce que tu n'es pas réelle. Pourquoi se faire encore plus de mal? Peut être parce que tout ce que je pourrai lui dire maintenant serait ça de moins à lui reprocher le jour où elle reviendrait -si elle revenait... mais j'en étais tellement peu convaincu que je préférais l'ignorer, attendant que mon esprit se décide à la faire disparaître. Une chance que j'aie eu d'assez grandes responsabilités entre mes mains pour ne pas sombrer, qui sait quelle connerie j'aurai encore pu faire? Dans sa présence comme dans son absence, elle me rendait capable de tout, et c'était bien ça qui m'effrayait.

    Par expérience, je savais qu'éprouver des sentiments non réciproques était l'une des choses les plus douloureuses qu'il soit. A partit du moment où tout est fini, où il n'y a plus aucun espoir, ce n'est qu'une histoire de deuil à faire, mais c'est justement la phase située juste avant la plus problématique. Encore maintenant je me demandais comment j'avais pu tenir si longtemps, à me persuader que ce n'était pas grave et que les choses pouvaient très bien rester comme ça. Un an que ça avait durer, et l'aveu de Rose me rappelait toute la détresse de cette période. Les interrogations au petit matin, alors que l'autre dort encore, puis celles sur la route du retour. Tout ce temps passer à se persuader de choses qui ne sont plus et ne seront peut être jamais, juste parce que l'illusion vaut encore mieux que la confrontation. Après coup je me rendais compte que ce n'était pas forcément le cas, puisque je m'étais retrouvé à quitter mon Angleterre natale pour Ocean Grove, le seul moyen de véritablement tirer un trait sur cette histoire qui plus aucun sens.
    Rose, comme moi, nous avions choisi d'attendre jusqu'à ce que le seuil limite soit atteint. J'avais compris que si je continuais, j'allais me perdre. Quant à elle, probablement qu'elle avait vu un semblant de brèche dans ma relation avec Parfaite, et qu'elle avait fait le choix de tenter le tout pour le tout. Mais qu'est-ce que je racontais? Ce n'était pas juste une brèche, mais un trou béant! Je ne savais même plus si je pouvais encore la considérer comme étant ma femme, ou si ce seul fait était lui aussi à n'utiliser qu'au passé. C'était ça le pire, ne rien savoir. Attendre une hypothétique explication qui n'arrivait pas, et s'en satisfaire. Mais avec les sentiments, on ne peut pas se contenter de vivre dans le flou, c'est impossible... Du moins, ça l'était pour moi.

    Sur le coup, je n'avais pas été bien sûr d'avoir compris. Il me semblait que si, mais ça me paraissait tellement fou que j'en doutais. Rose, "ma" Rose, me fuyait parce qu'elle avait des sentiments à mon égard qu'elle trouvait mal placés? Ça me paraissait à peine croyable... et pourtant, à sa façon de se tenir en face de moi, je comprenais peu à peu que c'était vrai. Fou, mais vrai. Et la seule réponse que je pouvais trouver à lui faire était pathétique, je m'en rendais bien compte. Elle avait fait preuve d'une sorte de courage pour m'avouer le fond de sa pensée, et moi je ne trouvais rien de mieux à faire que de balbutier quelques hésitations supplémentaires. En un sens je m'en tirais quand même pas trop mal, puisque je n'avais rien trouvé de mieux à faire qu'une crise d'angoisse après que Parfaite m'ait fait sa propre déclaration. Mais ce n'était pas de Parfaite qu'il était ici question, et, pour être honnête, elle se trouvait désormais bien loin de mes pensées. Elle me hantait nuits et jours depuis maintenant plus de deux ans, et plus encore depuis son départ, mais là c'était comme si elle s'était évaporé. J'étais incapable d'en expliquer le pourquoi ou le comment, mais c'était un fait: là, mon esprit concentrait toute son attention sur les faits et gestes de Rose, et uniquement sur cela.
    Je la voyais hésiter, presque paniquer, et je ne savais pas quoi lui dire. En temps normal ce n'aurait pas été un problème, en tant qu'ami j'aurai su quoi faire, quels mots dire pour la calmer et lui faire retrouver le sourire, mais là je me trouvais dans une situation telle que j'avais l'impression que la moindre chose que je pourrais dire ou faire ne pourrait qu'aggraver les choses entre nous. Et ça en était insoutenable.
    Son regard me fuyait, le mien la cherchait. Je cherchais à rétablir un contact qui venait de se briser, mais je n'y arrivais pas. Elle se leva alors, manquant de faire tomber sa chaise, et je m'avançais en croyant qu'elle aussi était sur le point de tomber. C'était idiot, puisque la table tenait bien mieux ce rôle que moi et lui offrit un appui plus stable. Et c'est alors que nos regards se croisèrent, et elle parut paniquer, perdre tout ce qui lui restait de contrôle. Je sais que c'est compliqué pour toi et que je n'ai pas choisi le meilleur moment et je... Et je suis vraiment désolée de te faire ça. Mais... Non, non, j'avais envie de lui dire qu'elle n'avait pas à l'être, que ce n'était pas le genre de chose que l'on pouvait maîtriser, mais elle enchaina bien trop vie pour me permettre le temps ne serait-ce que d'ouvrir la bouche. Mais est-ce qu'il y a vraiment un bon moment pour révéler ce genre de choses ? Au vu de la situation, je pense pas. Il y a peut-être un bon moment lorsque les deux personnes sont célibataires et proches. Mais là ? Je devais te le dire... Te fuir devenait trop dur, c'était comme un perpétuel mensonge et puis... Je l'écoutais, et c'était presque pire d'entendre ses explications parce qu'elles possédaient un air de vérité tellement fort que ça devenait déstabilisant. Tout à coup, je me dis que peut être que ce n'était qu'un rêve, bon ou mauvais je ne savais pas, et que rien de tout cela n'était réel. J'étais prêt à y croire quant elle posa de nouveau sa main sur la mienne, et la fraîcheur de son contact me remit les idées en places. Et puis tu me manquais Basil. Tu me manquais... tellement. J'avais baissé les yeux sur sa main, la fixant avec attention. C'était tellement bizarre... Pourquoi est-ce que ça me faisait autant d'effet? Pourquoi est-ce qu'un geste aussi banal me troublait autant? Peut être tout simplement parce qu'il me faisait prendre conscience de toute cette part d'inachevé qui me manquait tant depuis que...

    T'as pas à t'excuser...

    Je secouai la tête, puis relevai les yeux vers elle. Elle n'avait pas à s'excuser, et encore moins à se sentir gênée, ou sinon que dire de moi qui n'arrivais même pas à articuler la plus petite réponse. Tout se bousculait dans ma tête, à une allure folle, si bien que je n'arrivais plus à peser chacun des éléments venant s'ajouter à la conversation. Je n'étais même plus sûr que ça en soit toujours une. Je n'étais même plus sûr de savoir où j'en étais, ni même de savoir ce que j'étais sur le point de faire. Mais cette main, sa main, elle n'avait pas idée de tout ce qu'elle provoquait en moi. C'était comme un signal, celui d'un manque, d'un besoin, appelez-le comme vous voulez, à moins que ça ne soit juste celui de l'envie de prendre un nouveau départ. J'appréciais Rose, malgré le fait qu'elle soit la sœur d'un aussi ignoble individu qu'Aiden, et avec toute la bonne volonté du monde, sa déclaration dans le contexte où je me trouvais remuait bien plus de choses qu'elle ne pouvait peut être le croire.
    Je me levai à mon tour et, de la main qui me restait de libre, rabattit une mèche de cheveux qui lui tombait sur le visage, un geste presque rituel chez moi. Puis je m'approchai, et l'embrassai, effleurant tout doucement ses lèvres qu'elle m'offrit sans guère de résistance.


Dernière édition par Basil Lane le Sam 26 Fév 2011 - 23:30, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Because it's easier to lose and it's hard to face the truth | Rose Sam 26 Fév 2011 - 16:07


Basil & Rose

« Il arrive quelquefois qu'une femme cache à un homme toute la passion qu'elle sent pour lui,
pendant que de son côté il feint pour elle toute celle qu'il ne sent pas. »



Son cœur ne voulait plus ralentir. Chaque battement lui martelait la poitrine, alors qu'elle avait l'impression de manquer d'air. Elle avait mal, elle avait honte et ses pensées s'embrouillaient dans son esprit. Si elle avait pu revenir en arrière, est-ce qu'elle l'aurait refait ou pas ? Il y a quelques secondes elle aurait répondu non sans hésiter. Jamais elle n'aurait refait cette connerie énorme. Mais maintenant, elle doutait. Après tout, même si sur l'instant elle ne se sentait pas bien face à Basil, elle ne pouvait nier le fait d'avoir l'impression qu'on lui retirait un poids et que ça la soulageait. Maintenant au moins, elle n'aurait plus à l'éviter continuellement, à mentir, à le repousser. Mais elle avait néanmoins conscience que ça ne pourrait plus redevenir comme avant entre eux. Maintenant que Basil savait pour ses sentiments, il n'y avait pas l'ombre d'un doute sur ce qu'ils allaient devenir et Rose ne donnait pas cher de la survie de leur amitié. A présent, il y aurait certainement trop d'ambigüité pour continuer comme si de rien était. Et pourtant, Rose était prête à faire tous les efforts du monde pour ne rien laisser paraître et ne pas le perdre. Elle ne voulait pas se contenter de le croiser dans la rue, de le saluer de la main et de lui parler de la pluie et du beau temps avant de reprendre sa route. Non vraiment, ça ne l'intéressait absolument pas. Seulement, elle savait que c'était ce qu'il risquait d'arriver. C'était toujours comme ça dans ce genre de situation. Quand l'un apprécie un peu trop l'autre et que ce n'est pas réciproque. Car par la suite, l'autre ne cesse d'interpréter nos gestes, doute de nos intentions et vois des sous-entendus de partout. Alors que ça n'aurait même pas lieu d'être parfois. Enfin bref, Rose se torturait l'esprit, inquiète à l'idée de perdre Basil de façon définitive et de le voir s'éloigner d'elle petit à petit après un refus catégorique. Elle s'était donc emparée de sa main, et il n'avait pas montré la moindre réticence. Il s'était simplement mit à fixer sa main, comme s'il s'agissait de quelque chose d'inattendu, semblable à un extraterrestre. Rose se mordit l'intérieur de la joue alors qu'elle finissait par abaisser son regard pour le poser sur ses chaussures -qui devenaient subitement une attraction passionnante. Toujours appuyée contre la table, c'est la voix de Basil qui la ramena sur terre. « T'as pas à t'excuser... » Bien sûr que si ! Il suffisait de voir dans qu'elle situation embarrassante ils se trouvaient à présent pour comprendre qu'elle avait toutes les raisons de s'excuser. Elle releva le regard, croisant alors celui du jeune homme. Un long frisson lui parcouru le corps alors qu'elle tentait de lui offrir un maigre sourire désolé. Comme si elle s'excusait de s'excuser. Hmm, ça devenait compliqué là.

Il se leva alors, arrachant un mouvement de recul à la blondinette. Leurs mains ne s'étaient pas séparées pour autant, et Rose trouvait ça de plus en plus étrange de lui tenir la main là comme ça, debout sur la terrasse d'un café. Et tandis qu'il rabattait l'une de ses mèches blondes derrière son oreille, le cœur de Rose rata un battement et se serra instinctivement. Qu'est-ce qu'il était en train de faire ? Complètement perdue face à cette réaction pas du tout anticipée, Rose ne bougeait plus, comme si elle était pétrifiée sur place. Elle s'était imaginé pas mal de scénarios quant aux réactions de Basil suite à ses aveux. Elle avait imaginée qu'il s'énerve, qu'il rigole, qu'il prenne ses jambes à son cou, qu'il la repousse avec un embarras évident et encore pleins d'autres choses du style. Mais ça, elle n'y avait pas pensé du tout et elle n'avait aucune idée de ce qu'il avait derrière la tête. Alors qu'elle s'était montrée assez pâle jusqu'à maintenant, ses joues virèrent au rouge lorsque leurs lèvres se frôlèrent. Oh mon dieu ! Les yeux grands ouverts, Rose n'arrivait pas à réaliser ce qu'il se passait. Immobile, elle avait l'impression que son cœur s'était arrêté. Est-ce qu'il était vraiment sur le point de l'embrasser ? Mais.. Et Parfaite ? Est-ce qu'il était déjà prêt à passer à autre chose ? Est-ce qu'il ressentait également quelque chose pour Rose ? L'esprit totalement embrumé par ses questions, il fallut quelques instants à la jeune fille pour redescendre sur terre et réaliser véritablement ce qu'il se passait. Il lui suffit d'un soupire pour que toutes ses idées noires s'envolent. Un sourire se dessina sur ses lèvres alors qu'elle remontait sa main libre jusque sur la joue du garçon, ajoutant timidement un peu plus d'intensité à leur baiser. Un baiser certes assez bref, mais un baiser malgré tout. Leurs lèvres finirent par se détacher et Rose rouvrit lentement les yeux, se retrouvant aussitôt confrontée au regard de Basil. Elle se mordilla doucement la lèvre inférieure alors qu'elle n'arrivait plus à chasser ce sourire de son visage. Plus de traces de honte, de culpabilité, de gêne. Ses yeux pétillaient et elle tenait bien au chaud dans sa main celle de Basil, n'ayant plus la moindre envie de le laisser filer.

Elle avait encore un peu de mal à prendre conscience de ce qu'il venait de se passer. Elle lui avait avoué ce qu'elle ressentait pour lui et... Et il l'avait embrassé. Ce n'était pas elle qui l'avait fait et il ne s'était pas laissé faire, impuissant ou ne sachant pas comment la repousser sans la blesser. Non, non, c'était lui qui avait prit les devants. Et pour Rose, sa représentait beaucoup. Bien plus qu'il ne pouvait l'imaginer. Peut-être un peu trop même. Elle prit une grande inspiration, cherchant à s'éclaircir les idées alors qu'elle avait l'impression d'être sur un petit nuage de bonheur. Elle prit la parole en premier, bégayant d'émotion -et une émotion des plus positives cette fois-ci !- : « Et bien je... Je m'attendais pas à ça. » Elle passa nerveusement sa main dans ses cheveux pour les ramener en arrière, dévoilant un visage radieux et décontracté. Les yeux un peu trop pleins d'espoirs peut-être. Mais comment est-ce que ça pourrait être autrement en même temps ? Elle avait l'impression d'être légère, vivante. Finalement, elle n'aurait peut-être pas à trop se soucier de perdre Basil. Oh oui, peut-être qu'elle allait perdre son amitié au fil du temps. Mais ce qu'il semblait pouvoir lui offrir était bien mieux encore. S'emballant sans doute trop, Parfaite était déjà loin dans son esprit, comme un souvenir désagréable qui s'estompait au fil des secondes. Ne sachant plus trop quoi faire elle baissa les yeux quelques secondes, embarrassée mais de façon amusée ce coup-là. Malgré tout, une question lui turlupinait l'esprit. Elle déglutit et après quelques secondes d'hésitations finit par se lancer, ne perdant rien de son sourire rayonnant : « Et hmm... ? Euh... Comment suis-je censée prendre ça ? » Un baiser c'était bien oui, magnifique même ! Mais c'était encore trop confus, pas assez clair. Rose avait besoin de savoir où elle allait, et où elle en était dans ses relations. Les non-dits et les confusions, ça l'angoissait terriblement et elle détestait ça. Elle préférait quand tout était bien clair et que chacun avait franchement dit à l'autre ce qu'il en était pour lui. Voilà ce qu'elle attendait de Basil à cet instant. Qu'il se la joue franc jeu. Restait à voir si ça allait être agréable à entendre ou non...


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Message(#) Sujet: Re: Because it's easier to lose and it's hard to face the truth | Rose Mar 1 Mar 2011 - 23:43

    Et peu à peu je m'inventais de nouveaux plans, essayant de m'imaginer ce qu'allait bien pouvoir être ma vie désormais, alors que tout autour de moi s'était effondré. Une fois admise l'idée qu'elle était partie, et qu'elle n'était pas décidée à rentrer de si tôt, le plus dur était fait. Enfin, c'était ce que j'avais cru. Je n'avais plus de raisons de passer des nuits blanches, à me demander ce qui l'avait poussée à disparaitre si mystérieusement, ni même de guetter le moindre petit bruit en provenance de l'entrée. A partir d'un certain moment, j'avais accepté l'idée qu'il n'y avait plus d'espoir, ou si peu que ça ne comptait plus. Aucune trace d'elle dans un quelconque hôpital de la région, aucune nouvelle donnée à l'un ou l'autre de nos proches, aucune trace d'infraction... il avait bien fallut se soumettre à la thèse de la police qui était qu'elle m'avait quitté. A l'autre bout du fil, la voix de l'homme qui m'avait répondu m'avait semblé un peu trop amusée pour être totalement convaincante, mais peut être qu'il n'avait pas tord en fin de compte. Peut être qu'elle en avait eu marre de moi, de nous, ou de je ne savais quoi d'autre qui l'avait poussée à faire le choix de tout plaquer... Mais, d'une minute à l'autre, tout ce que je pouvais tenir pour acquis évoluait jusqu'à me faire horriblement douter. J'en venais à accepter la réalité la plus simple et la plus prosaïque que la situation m'offrait à deviner, et juste après je trouvais mes déductions si stupides que j'en trouvais de nouvelles. Comment dire... Si l'on avait eu l'envie de me faire faire un test psychologique, probablement que les résultats n'auraient pas été brillants. Une chance donc que Lyann ne se soit pas décidée à me soumettre à l'un d'entre uns. A moins que la confusion qui me guettait ne me fasse plus encore délirer, ce qui était une hypothèse qui n'était pas à exclure. Ajoutez une dose massive d'inquiétude et d'incertitude à quelqu'un qui a déjà une forte tendance à tout dramatiser, et ne vous étonnez pas que le résultat ne soit pas des plus glorieux. Et inutile de rire, bien d'autres dans le quartiers s'en chargeaient déjà, gloussant doucement entre deux soupirs de pitié à mon égard. Si seulement je pouvais les faire taire! Si seulement je pouvais faire taire cette petite voix dans ma tête qui me martelait jour et nuit, ressassant encore et toujours toutes ces questions que je me posais...
    Alors oui, je plaidais coupable. Coupable d'essayer de me ressaisir, et d'entrainer d'autres avec moi dans ma chute. Détestable réaction qui me rappelait celle d'une vieille connaissance, et je me détestais plus encore de me savoir agir comme lui.
    Et oui, je plaidais également coupable pour avoir cru à cette éclaircie que m'avait offerte Rose, et d'y avoir si facilement cédé. Mais la tentation et moi, nous étions de si vieux amis que je savais en rien ne pouvoir lui résister.

    Je l'avais embrassée. Mes lèvres à peine décollées des siennes, je me remémorai ces quelques dernières secondes, comme pour m'assurer que cela avait bien eu lieu. Oui, il n'y avait pas de doutes à avoir. Je sentais encore leur pression sur les miennes, et le contact de sa main contre ma joue, comme si on l'avait marquée au fer rouge. Et elle me souriait, sans que rien en elle ne me fasse comprendre qu'elle me reprochait mon geste... Pourtant, ce n'avait pas été prémédité, bien au contraire. D'un coup, j'avais eu envie de l'embrasser, et c'était ce que j'avais fait, tout simplement. Je ne m'étais pas posé la moindre question, je m'étais juste contenté d'agir, comme si autre chose que mon cerveau s'était mis à réfléchir. Et je n'avais aucune idée de si ce baiser avait été bref ou proche de l'éternité: seul m'en restait ce goût sucré et une certaine satisfaction.
    Ma main se trouvait toujours prisonnière de la sienne, mais celle-ci avait retrouvé un peu de chaleur, et c'était loin d'être désagréable, bien au contraire. Elle la serrait, tout doucement, et ses yeux ne me lâchaient pas un instant. Les gens autour de nous pouvaient nous regarder que ça m'était complètement égal, alors qu'à mon arrivée à Starbucks j'avais fait mon possible pour me retrouver loin de tous. Là, tout ça, ça n'avait plus aucune importance. Je ne savais même pas ce qui pouvait encore en avoir à mes yeux, et je ne me posais même pas la question. Elle était heureuse, et son bonheur était presque communicatif. Elle souriait et moi j'avais envie de sourire aussi, de dérider un peu ces muscles qui n'avaient pas beaucoup servi ces derniers temps, de passer un peu de bon temps. Après tout, c'est ce que tout le monde recherche.
    Et bien je... Je m'attendais pas à ça. C'était presque touchant. Non, vraiment, et dans le bon sens du terme. D'ailleurs, pour être honnête, je ne m'étais pas attendu à ça non plus, mais dans l'impulsion du moment... Tadam! Mais je ne regrettais pas. Elle non plus visiblement, du moins c'était ce que je pensais jusqu'à ce qu'elle reprenne la parole. Et hmm... ? Euh... Comment suis-je censée prendre ça ?
    Retour à la réalité. Brusque, très brusque. Comment est-ce qu'elle était censée prendre ça? Excellente question. Vraiment très judicieuse, mais...

    Je... euh... J'en ai pas la moindre idée...

    C'était un aveu d'impuissance, mais elle venait de soulever un point auquel je n'avais vraiment pas pensé. Comment est-ce qu'elle était censée le prendre... et qu'est-ce que j'attendais d'elle en l'embrassant? Qu'elle rentre avec moi, qu'elle me permette d'oublier Parfaite dans les bras d'une autre? Le seul fait de me dire que quelque chose, dans mon subconscient, y avait pensé me fit reculer, et nos mains se détachèrent. Et si j'étais vraiment désespéré à ce point? Non pas que Rose soit le genre de fille vers laquelle on se tourne uniquement parce que toutes les autres se sont refusées, mais je trouvais ça assez malsain que d'avoir pu la considérer comme un simple substitut.

    J'aurai pas du faire ça...

    Mais, au fond, je me disais que je m'en étais quand même rendu à temps. Ca n'allégeais pas ma conscience de beaucoup, mais qui sait ce que l'on aurait pu faire, et les conséquences désastreuses que cela aurait pu avoir. Elle venait de m'avouer avoir des sentiments pour moi, et je n'avais rien trouvé de mieux que de la tourmenter en l'embrassant, brouillant les pistes quand à ce que j'éprouvais à son sujet, et qui n'était que de l'amitié. Je l'appréciais énormément, et elle était l'une des personnes qui comptait de plus pour moi, mais je ne pouvais pas m'amuser ou l'abuser, simple question de point de vue, en lui faisant miroiter un possible avenir qui n'avait rien de réalisable. Oh on pourrait très bien sortir ensemble, faire l'amour à longueur de journée, mais ça serait purement égoïste de ma part. Parce qu'on ne joue pas avec les sentiments des autres, et que l'on ne doit pas entrainer d'autres personnes dans son malheur. Pas moi en tout cas.

    Je suis désolé, mais... C'est pas juste pour toi, c'est pas juste pour Parfaite, et c'est pas juste pour les jumeaux...

    Je secouais la tête en parlant, martelant chacune des partie de ma phrase. Non, ce n'était pas juste, et je n'avais pas le droit de faire souffrir ne serait-ce qu'un seul d'entre eux.
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Message(#) Sujet: Re: Because it's easier to lose and it's hard to face the truth | Rose Dim 13 Mar 2011 - 13:55


Basil & Rose

« Il arrive quelquefois qu'une femme cache à un homme toute la passion qu'elle sent pour lui,
pendant que de son côté il feint pour elle toute celle qu'il ne sent pas. »



Toutes ses émotions se mélangeaient, provoquant un capharnaüm à lui donner la migraine. Mais elle était si radieuse, si heureuse que rien n'aurait put venir assombrir son tableau. Elle avait encore du mal à y croire -et d'une certaine façon, elle avait raison- mais ça c'était bien passé. Et dire qu'elle l'évitait depuis des mois, peut-être pour rien ! Certes il était marié, mais ensuite ? Les gens divorçaient comme ils changeaient de chemises aujourd'hui, plus rien était impossible. Et puis, le temps passe, les sentiments peuvent s'estomper et d'autres apparaître. Peut-être que c'était ça tout simplement. Peut-être que Basil n'aimait plus autant Parfaite, peut-être qu'il éprouvait quelque chose pour Rose et peut-être qu'il n'avait pas osé se lancer de peur de quitter son confort quotidien avec sa femme et de tout foutre en l'air pour rien si Rose ne partageait pas ses sentiments. Et maintenant que Parfaite n'était plus là et qu'il savait que Rose ne lui était pas indifférente, il se laissait enfin aller, devenant alors honnête avec ses sentiments. Les hypothèses de ce genre fusaient dans la tête de la jeune fille qui voyait ses espoirs gonflés au fil des secondes. C'était peut-être bête, naïf et enfantin de s'imaginer autant de choses juste après un baiser, mais c'était ainsi. C'était Rose. Même si elle avait déjà traversés des choses difficiles, même si elle avait été de nombreuses fois désillusionnées, elle gardait toujours ce côté naïf et innocent. Comme si les gens ne pouvaient pas être vraiment méchant, comme si tout était simple, comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes. Elle avait un côté très romantique et fleur bleue qui n'arrangeait pas les choses. L'amour, elle y croyait dur comme fer. Et même si elle avait du mal à se livrer et qu'elle restait un peu méfiante au départ, il suffisait d'un rien pour la faire exploser de bonheur et lui redonner confiance. Pauvre Rose. La chute n'en était que plus douloureuse à chaque fois. C'était à se demander comment elle pouvait encore croire à certaines choses. A croire qu'elle aimait souffrir finalement.

Basil était toujours là, planté devant elle. Un sourire frémissant aux coins des lèvres, visiblement apaisé, gardant sa main dans la sienne. C'était... Parfait. Inattendu mais parfait. Rose avait finit par lui demander comment est-ce qu'elle était censée prendre ça. Le regard du jeune homme changea du tout au tout, laissait apparaitre alors une mine perdue et agitée alors qu'il avouait : « Je... euh... J'en ai pas la moindre idée... » Rose lui offrit un petit sourire amusé. Elle ne lui en voulait pas de ne pas savoir, de ne pas pouvoir mettre de mots là-dessus pour le moment. Elle se doutait que pour lui ce n'était pas facile et que le fait que ses révélations à elle et que son acte à lui aient été totalement imprévues ne facilitait pas la tâche pour s'éclaircir les idées. Patiente et compréhensive, elle avait toujours le cœur gonflé d'espoir ne se doutant pas une seconde de ce qui l'attendait. Certes elle était peut-être un peu déçue au fond d'elle, elle aurait aimé entendre autre chose. Mais une déclaration semblait vraiment inespérée étant donné que Parfaite n'était pas partie depuis bien longtemps encore. C'était pourquoi elle ne lui en demandait pas plus et ne se montrait pas exigeante, désirant à tout prix qu'il lui dise pourquoi il avait fait ça ou ce qu'il ressentait. Elle se disait juste que ça viendrait en temps et en heure et que de toute façon, ce baiser valait bien mieux que des paroles, non ? On ne mentait pas avec un baiser, ce n'était pas possible. Enfin, en tout cas, pour elle ça ne l'était pas. Alors que des mots... On en fait ce qu'on veut. Confiante, elle continuait de serrer sa main dans la sienne, ignorant bien les gens qui passaient autour d'eux, ce qu'ils pouvaient penser, s'imaginer ou autre encore. Peut-être même que des gens du quartier allait passer, que les gens allaient jaser. Mais qu'elle importance ? De toute façon, Parfaite n'était plus là. Et Rose estimait qu'elle avait bien le droit de profiter un peu -bien qu'au fond d'elle, elle ressente malgré tout une certaine culpabilité- car l'occasion ne se présenterait peut-être jamais plus. Mais les choses se compliquèrent... L'air toujours aussi paumé et inquiet -ce qui commençait doucement à intrigué Rose- il finit par se reculer, brisant leur contact. La blondinette sentit la main de Basil lui filer entre les doigts, lui provoquant une violente sensation de vide. Ce n'était pas bon signe. Pas du tout, du tout même. Le sourire de Rose disparut alors, laissant place à une mine inquiète et interrogatrice. En elle, c'était comme si subitement tout s'était arrêté, alors qu'elle redoutait maintenant le pire. Restant en suspens, elle attendait que Basil l'éclair sur ce brusque changement de comportement. Est-ce qu'elle lui avait fait peur avec ses questions ? Oh, elle n'avait pas voulu pourtant ! Elle ne voulait pas aller trop vite, elle ne comptait pas emménager chez lui ou lui faire des enfants. Elle posa sur lui un regard tendre et désolé à la fois, comme pour essayer de le rassurer sur ses intentions. Mais c'était visiblement trop tard. A moins que le problème ne vienne d'ailleurs...

Et puis, la sentence tomba. Dure, sèche, douloureuse. « J'aurai pas du faire ça... » Ce qu'elle redoutait le plus d'entendre venait de sortir de sa bouche. Sa mine se décomposa alors qu'une vague de tristesse l'envahissait, emportant avec elle tous les espoirs qu'elle s'était créés en quelques minutes à peine. Muette, Rose recula d'un pas à son tour, heurtant sa chaise. Mais ça ne la fit pas réagir plus que ça. Elle le fixait avec intensité, comme si elle attendait qu'il retire ce qu'il venait de dire. Ce n'était pas possible... Il n'avait pas le droit de lui faire ça. Ce n'était pas possible ! Meurtrie alors qu'elle le sentait s'éloigner de plus en plus, la jeune fille se sentait humiliée. Il s'était moqué d'elle. Elle lui avait avoué ressentir quelque chose pour lui, il l'avait embrassé et maintenant quoi ? Il l'a jetait ? Non, il n'avait pas le droit de faire ça. Et d'ailleurs, elle ne comprenait même pas comment il avait osé. Basil était quelqu'un de gentil, pas le genre à se jouer des autres et à profiter de leurs sentiments ou de leurs faiblesses. Alors quoi ? Pourquoi est-ce qu'il avait fait ça ? Dans ses yeux, on pouvait voir qu'elle torturait l'esprit avec toutes ces questions, cherchant à comprendre ce qu'il s'était passé. Secouant la tête, Basil ajouta alors : « Je suis désolé, mais... C'est pas juste pour toi, c'est pas juste pour Parfaite, et c'est pas juste pour les jumeaux... » Après le désarroi et la déception, c'était la colère qui l'animait. Pas juste ? Il aurait peut-être dû s'en rendre compte plus tôt ! Son visage se durcit alors qu'on aurait pu penser que son simple regard suffirait à foudroyer Basil et à l'envoyer un enfer. Se décidant enfin à parler, c'est d'une voix sèche et agressive qu'elle répondit : « Pas juste pour moi ?! Tu crois pas que c'est trop tard Basil ? T'aurais dû y penser avant de m'embrasser. Pourquoi t'as fait ça alors ? Si je ne te connaissais pas, je penserais que tu n'es rien d'autre qu'un salaud parmi tant d'autres. Alors dis moi, c'est ça que tu es ? Un ptit joueur, un profiteur ? » N'en ayant toujours pas terminé avec lui, elle reprit de plus belle, se laissant submerger par sa colère et sa honte : « Pas juste pour Parfaite ? Je dirais plutôt que c'est bien fait pour elle. C'était juste elle de partir comme ça peut-être ? Je l'a trouvais horrible de t'avoir fait ça, mais finalement il semblerait que tu ne vailles pas mieux qu'elle. » Sa voix froide brisait l'air alors que ses yeux commençaient doucement à s'humidifier. Mais elle se concentrait, elle ravalait ses larmes, refusant de faiblir devant lui à présent. Certes, ce n'était qu'un baiser et il ne lui avait rien dit, rien promis. Mais pour elle, ce baiser avait été encore mieux qu'une promesse. Elle s'était imaginé tant de choses, que c'était comme si c'était lui qui les lui avait dites. Du coup, le retour à la réalité n'était que plus douloureux. Elle avait la sensation de n'être qu'un objet, que les hommes malmenaient aux grès de leurs envies. Pride, Esteban, Jed. Et maintenant Basil ? Si même des garçons comme Basil se mettaient à faire ce genre de choses, il n'y avait vraiment plus d'espoirs.

Reprenant encore sa phrase, elle commença, toujours aussi féroce dans son comportement : « Pas juste pour les jumeaux ?! Parce que tu cro... » Rose stoppa dans son élan. Elle se redressa lentement alors que toutes traces d'agressivité avaient disparues sur son visage. Les jumeaux ? Mais quels jumeaux ? Son cœur qui avait cessé de battre, reprit un rythme rapide, très rapide. Il venait lui marteler la poitrine alors que des doutes horribles s'emparaient d'elle. Elle le fixa un long moment, silencieuse, hésitante, horrifiée. Le visage immobile, seules ses lèvres bougèrent tout doucement lorsqu'elle murmura : « Basil... Quels jumeaux ? » Rose l'avait tellement évité depuis des mois, et étant donné qu'elle ne s'était jamais intéressée aux ragots du quartier qu'elle n'était même pas au courant qu'il était devenu papa. Cette nouvelle risquait d'être de trop aujourd'hui.

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Message(#) Sujet: Re: Because it's easier to lose and it's hard to face the truth | Rose Jeu 17 Mar 2011 - 0:03

    A trop réfléchir, je me perdais dans mes propres pensées. Et le manque de sommeil, la routine des jours qui s'enchaînaient à la suite les uns des autres, ces mêmes phrases à répéter encore et encore à qui voulaient bien les entendre... tout ça n'arrangeait rien à ma situation. J'essayais de ne pas perdre complètement pied, me rattachant à la moindre parcelle solide de mon existence, attendant que l'ouragan s'éloigne. Je n'étais pas le plus à plaindre, je le savais bien, mais la pensée de toutes ces personnes en train de souffrir beaucoup plus que moi n'arrangeait pas franchement les choses. Bien sûr, il y avait des gens en train d'agoniser sur des lits d'hôpitaux, attendant le moment où leur cœur se déciderait enfin à s'arrêter pour les laisser gagner un monde meilleur, d'autres en train d'affronter le décès d'un être cher, de se faire licencier sans autre espoir que celui de compter sur les quelques économies mises de côté pour continuer à vivre dignement... Vu comme ça, je n'étais pas le plus à plaindre, mais le sort de milliers d'inconnus n'avait pas franchement la primauté à mes yeux pour l'instant. Ceux qui l'avaient, c'étaient les jumeaux. Et c'était pour eux que j'encaissais, parce que c'était la seule chose encore sensée à ma portée, et parce qu'ils n'avaient pas à payer pour nos erreurs d'adultes. Je ne savais pas ce qui lui avais pris de partir, pas la moindre idée, mais en attendant c'était à moi de prendre en charge ce qui pouvait l'être, en évitant de faire trop de conneries en cours de route.
    Et, comme dire, là ce n'était pas un très bon exemple. Avec Rose, c'était moi qui avait fait une connerie...

    Le contact de sa main, puis de ses lèvres contre les mienne, m'avaient rappelé à quel point cela m'avait manqué. Ce n'était que de léger détails, et pourtant c'était presque le pire. Me réveiller en pleine nuit pour découvrir que le lit était toujours aussi désespérément vide à côté de moi, ça faisait mal, mais du genre d'une douleur vive qui ne dure pas, comme un rappel de vaccin. On le sait tellement bien qu'on ne s'en étonne plus. Oui, elle n'est pas là. Plus là. Et l'on se tourne de l'autre côté pour mieux contourner la réalité avant de se lever et passer à autre chose. Mais cette main, je sentais encore sa pression sur la mienne, comme si elle m'avait brûlé en même temps qu'elle y exercé sa tendresse. Et que dire de ce baiser?! Je n'avais bien évidement embrassé personne d'autre que Parfaite depuis le début de notre relation, et encore moins depuis qu'elle était partie, et cet essai était presque un aveu de faiblesse. Je m'étais toujours considéré comme quelqu'un de fidèle, et là je ne savais plus dans quel camp me ranger. A moins qu'une fois de plus je me torture sur des points n'en valant pas la peine: après tout, est-ce que le pire était d'avoir embrassé une autre personne que ma femme, en sachant que cette dernière m'avait visiblement quitté, ou d'avoir embrassé cette autre personne pour ne pas savoir quoi faire de mieux et céder à mes plus bas instincts? Autant dire que je venais de trouver de quoi m'occuper durant mes si nombreuses insomnies...

    Je regrettais, sincèrement, et j'espérais que cela puisse se voir sur mon visage. Peut être même que tout mon corps le clamait, allez savoir. Jamais je n'aurai voulu faire de mal à Rose, surtout pas de cette façon, et pourtant je n'aurai pas pu faire pire. Enfin si, probablement, mais en l'état des choses j'évitais d'en rajouter une couche supplémentaire, ne serait-ce que pour préserver ma santé mentale. Elle était furieuse, et je le comprenais. Qui ne l'aurait pas été? Elle devait s'imaginer que je jouais avec elle et avec ses sentiments, peut être même que j'avais voulu en profiter. Au fond, il devait y avoir un peu de ça. Je me sentais mal, et elle m'avait présenté un échappatoire si délicieusement attractif, qu'il était difficile d'écouter sa déclaration pour passer ensuite à autre chose. Probablement qu'elle n'avait même pas pensé que je puisse faire un truc aussi horrible, de toute façon je ne m'en serais pas cru capable moi-même. Pas juste pour moi ?! Tu crois pas que c'est trop tard Basil ? T'aurais dû y penser avant de m'embrasser. Pourquoi t'as fait ça alors ? Si je ne te connaissais pas, je penserais que tu n'es rien d'autre qu'un salaud parmi tant d'autres. Alors dis moi, c'est ça que tu es ? Un ptit joueur, un profiteur ? Ses accusations étaient autant d'uppercuts qui m'atteignaient en plein dans l'estomac, comme lors de ces matchs où mon adversaire ne savait pas comment battre autrement qu'en enchainant les coups. Est-ce que j'étais vraiment l'ordure qu'elle décrivait? Un mec qui n'avait pensé qu'à son propre plaisir en piétinant ses sentiments? D'une certaine façon, oui. Après tout, si j'avais vraiment été le gentleman qu'elle avait cru, je n'aurais pas fait ça. Et je ne pouvais qu'en être désolé, et le regretter. Pas juste pour Parfaite ? Je dirais plutôt que c'est bien fait pour elle. C'était juste elle de partir comme ça peut-être ? Je la trouvais horrible de t'avoir fait ça, mais finalement il semblerait que tu ne vailles pas mieux qu'elle.
    Jusque là, j'avais écouté sans broncher ses reproches, les acceptant sans trop de mal puisqu'ils me paraissaient refléter une certaine part de vérité, mais là... Je ne savais pas bien pourquoi, mais je ne supportais pas que l'on vienne me raconter des horreurs à son sujets, profitant de son absence pour tout me déballer. Un type que je n'avais jamais vu était ainsi venu me décrire en détail la nuit qu'il avait passé avec elle à l'arrière de sa voiture, prenant un air de parfait abruti au moment où je lui avait demandé de se la fermer. Je comprenais que les gens aient tendance à la dénigrer pour me donner l'impression que ça valait mieux comme ça, que je méritais quelqu'un de mieux, mais même si c'était une pratique destinée à me faire me sentir mieux, elle n'avait pas tout à fait les effets escomptés. Et, sans rien répondre, je sentis ma mâchoire se crisper, lentement, au fur et à mesure qu'elle avançait dans son argumentaire. Pas juste pour les jumeaux ?! Parce que tu cro... La voyant attaquer sur les jumeaux, je me sentis prêt à partir. Elle avait tout à fait le droit de vouloir se défouler sur moi, mais qu'elle ne les mêle pas, eux encore moins que Parfaite! Et, comme si elle avait lu dans mes pensées, elle s'arrêta. Les instants qui suivirent me parurent extraordinairement longs, les changements sur son visage étant la seule chose qui retenait encore mon attention. Et puis, finalement, elle murmura la conclusion à toutes ses réflexions intérieures. Basil... Quels jumeaux ?
    Les quelques secondes qu'elle avait mis à formuler sa question m'avaient permis de me calmer un peu, m'ôtant de l'esprit le fait qu'elle avait failli déraper. Sa question d'ailleurs, acheva mon emportement. Comment ça "quels jumeaux"? Elle en connaissait combien pour demander?

    Les miens... Enfin, les nôtres....

    La réponse me semblait tellement évidente, que le ton que j'avais pris pour la donner n'était pas forcément des plus indiqué étant donné la situation. Je ne la prenais pourtant pas pour une idiote, juste que... ça me paraissait tellement simple que c'était sorti tout seul. Est-ce que l'on réfléchit pendant des heures avant de dire s'il fait beau alors que l'on voit le soleil passer entre les rideaux? Non. Et, à mes yeux, c'était du même ordre. Ils faisaient partie de ma vie à un point tel que j'avais presque du mal par moment à me rappeler comment c'était avant. Comme si, au fond, je les avais toujours eu auprès de moi.
    Et puis, brusquement, l'illumination. Serait-il possible que...
    Alors que les choses étaient plutôt tendues entre nous depuis l'épisode du baiser regretté, là je les sentais retomber un peu. Je commençais à comprendre, à entrevoir une possibilité, et à voir son expression, je ne devais pas tomber bien loin.

    Rose, tu savais que j'avais des enfants, n'est-ce pas? Tu savais qu'avec Parfaite on a des jumeaux? Que...

    La fin ne parvint pas à sortir. Je voyais l'effet que ça lui faisait, inutile donc d'en rajouter par un "que je suis papa" qui n'était pas si utile que ça.
    J'avais parlé de manière hachée, séparant les mots, essayant de ne pas agraver plus encore les choses entre nous et de lui épargner un nouveau choc. Ce qui, visiblement, n'était pas tout à fait réussi...
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Message(#) Sujet: Re: Because it's easier to lose and it's hard to face the truth | Rose Jeu 24 Mar 2011 - 23:18


Basil & Rose

« Il arrive quelquefois qu'une femme cache à un homme toute la passion qu'elle sent pour lui,
pendant que de son côté il feint pour elle toute celle qu'il ne sent pas. »



Humiliée. Voilà ce qu'était Rose à cet instant. Bizarrement, elle trouvait ça encore plus dur à digérer que ce qu'avait pu faire Esteban, Jed ou Pride. C'était pire parce que là, il n'était même plus question d'abuser de sa naïveté et de la droguer un peu pour qu'elle divague complètement. Non, là tous les deux avaient eut parfaitement conscience de ce qu'ils faisaient et disaient. Et Basil s'était joué d'elle et de ses sentiments. Et ça, c'était pire que tout pour elle. Il faisait partis des rares personnes en qui la jeune fille avait une confiance aveugle. Parce qu'il était gentil et que c'était quelqu'un de bien. Elle lui aurait donné le bon dieu sans confession. Et elle avait jugé qu'en tant qu'ami, il aurait l'honnêteté de lui dire que ce qu'elle éprouvait pour lui n'était pas réciproque si c'était le cas. Et au lieu de ça, il lui avait fait croire à une possibilité en l'embrassant. Tout ça pour quoi finalement ? Pour lui dire que c'était une erreur ? Merci bien, Rose aurait encore préférée se faire jeter de suite. D'une certaine façon, elle savait qu'elle avait eut de la chance qu'il se reprenne assez vite et qu'il lui dise rapidement qu'il venait de faire une erreur, que ce n'était pas partagé tout ça. Car sinon, ça aurait été encore pire. Pire parce que les espoirs auraient été de plus en plus nombreux et de plus en plus puissants. Mais aussi pire parce que d'autres gens l'auraient ça. Et Rose n'avait absolument pas envie d'essuyer ce genre de hontes dernièrement. Elle en avait déjà eut suffisamment comme ça dernièrement. Malgré tout ça, elle n'allait quand même pas le remercier d'avoir eu la présence d'esprit de réagir avant que ça n'empire ! Rose était bien trop blessée et fâchée pour ça. Elle ne l'avait d'ailleurs pas caché, s'en prenant à lui sans ménagement. Elle en disait peut-être plus qu'elle n'en pensait oui, c'était vrai. Mais Rose bien qu'assez calme et pondérée d'ordinaire, pouvait parfois se laisser submerger par la colère et la rancœur, se montrant odieuse -enfin, aussi odieuse qu'une Rose Lancaster pouvait l'être- et particulièrement désagréable. Frappant là où ça faisait mal, abordant les sujets qu'ils valaient mieux éviter d'ordinaire. Quand on a mal, on ne réfléchit plus vous savez. Elle ne voulait pas être la seule à se sentir mal dans cette histoire. Elle voulait que Basil ait honte de son geste et de son attitude vis-à-vis d'elle. Elle voulait qu'il s'en morde les doigts, qu'il encaisse ce qu'elle lui dirait sans réagir, sans rien dire. Qu'il l'écoute parler en silence et qu'il soit d'accord avec tout ce qu'elle affirmerait sur lui et sur sa femme. Elle voulait juste qu'il la laisse être un peu méchante, histoire de sauver ce qui lui restait de dignité à cet instant. Qu'elle ne soit pas la seule à se sentir misérable. Et même, qu'elle n'ait pas à se sentir responsable ou coupable de quoi que ce soit. Comme la dernière fois avec Jed, elle voulait qu'il endosse toutes les responsabilités de ce qu'il venait de se passer. D'ailleurs, Jed avait parfaitement joué le rôle du méchant garçon, ce qui avait permis à Rose de mieux digérer tout ce qu'elle avait pu lui dire. Alors encore une fois, elle voulait que les choses se passent de la même manière. Sauf qu'aujourd'hui, la situation était différente. Et puis, Basil n'était pas Jed.

Quand Rose aborda le sujet de Parfaite, elle remarqua aussitôt le changement d'attitude de Basil. Il avait relevé la tête, abandonnant sa mine désolée et confuse. Son visage s'était durcit, n'acceptant visiblement pas qu'elle parle d'elle. Mais s'il n'était pas content qu'on critique sa bien-aimée, il n'avait qu'à aller lui courir après dans tout le pays pour la retrouver et l'enchainer dans sa cave au lieu de venir faire mal à des filles comme Rose. Voilà ce que la blondinette pensait à cet instant, respirant rapidement à cause de la colère. En vérité, Rose n'avait rien contre Parfaite. Et dans sa phrase, elle n'avait nullement cherché à s'en prendre à elle. Tout ce qu'elle voulait, c'était qu'il comprenne c'était que la douleur que sa femme lui avait provoqué en partant comme ça, n'était pas une excuse pour faire souffrir les autres à son tour. Il ne valait pas mieux qu'elle, parce qu'il faisait du mal aux gens qui l'aimaient. Tout simplement. Mais à vrai dire, à cet instant la jeune fille se fichait complètement de savoir s'il avait bien comprit ce qu'elle avait sous-entendu ou non. Elle déballait tout ce qu'elle avait à dire, se vidant le cœur. Les mots s'enchainaient tous seuls sans qu'elle n'ait à réfléchir. Basil quant à lui, gardait le silence. Attendant patiemment qu'elle ait finit de débiter sa déferlante de critiques et d'accusations. Elle commença alors sa dernière phrase, abordant le sujet des jumeaux. Et elle se stoppa au même moment. Non pas parce que la tête que faisait à présent Basil l'inquiétait et qu'elle avait comprit qu'elle ferait mieux d'éviter de s'en prendre à eux ou Basil allait cesser de se montrer aussi conciliant. Non, elle s'était arrêté parce qu'elle venait d'apprendre que Basil avait des enfants. Son visage s'était donc décomposé, alors qu'elle lui avait demandé d'une voix tremblante de quels jumeaux il parlait. Espérant vainement que ce ne soit que des neveux, des cousins, ou les enfants de Parfaite mais pas les siens. Elle savait qu'espérer ainsi était naïf au possible, mais elle ne savait pas quoi faire d'autre à cet instant. « Les miens... Enfin, les nôtres.... » Il avait répondu ça, comme s'il s'agissait d'une banalité. Mais non, ça n'en était pas une. Rose entrouvrit la bouche et resta comme ça, sans que le moindre son n'en sorte. Il était vraiment papa. Papa... Ses yeux s'humidifièrent alors qu'elle réalisait ô combien elle avait été stupide dans cette affaire. Elle était tout d'abord assez vexée qu'il ne le lui ait rien dit, mais vu comme elle l'avait fuit dernièrement, ça se comprenait finalement. Elle était ensuite complètement paumée, ne sachant plus comment réagir, ni quoi dire. Et pour finir, elle réalisait que tout était fichu. Qu'est-ce qu'un garçon qui était fiancé et avait des enfants pourrait trouver à une gamine de 18 ans qui était sortit avec deux garçons dans sa vie ? Minable. Elle était minable. « Rose, tu savais que j'avais des enfants, n'est-ce pas? Tu savais qu'avec Parfaite on a des jumeaux? Que... » La blondinette abaissa la tête et vint cacher ses yeux avec sa main gauche. Elle se mordit la lèvre inférieure et tout en se concentrant pour garder un souffle régulier elle hocha la tête de droite à gauche. Non, elle ne savait pas.

Finalement, elle se laissa tomber sur la chaise et se prit la tête entre les deux mains. Dans quoi était-elle aller se fourrer encore ? C'était une véritable manie ces temps-ci bon sang ! Elle était fatiguée de tout ça. Si ça continuait, elle allait se contenter d'aller en cours, de ne surtout parler à personne et passer le reste de son temps enfermée chez elle à éviter au maximum Aiden et encore plus Hailey. Puis de nouveau elle se sentit agacée et énervée. Elle voulait partir. Elle ne voulait plus voir Basil pour le moment et elle voulait encore moins qu'il la voit dans cet état. Elle se leva brusquement, réajustant sa sacoche sur son épaule. Elle prit bien soin de garder une certaine distance avec Basil et contourna sa chaise pour mettre quelque chose entre eux. Là, les yeux rouges, le regard froid et la mine visiblement froissée et contrariée elle lâcha sèchement : « Je crois qu'on va arrêter là les dégâts pour aujourd'hui Basil. » Elle marqua une pause et serra sa lanière de toute ses forces dans sa main, nerveuse. Toujours sur le même ton elle ajouta : « Tu me déçois Basil et j'avais pas besoin de ça en ce moment. Au contraire même. Je vais donc te demander de me ficher la paix, je ne veux plus avoir à faire à toi pour un moment. » Elle se retourna et commença à s'éloigner. Elle s'arrêta au bout de quelques pas. La colère semblait ne plus pouvoir rester terrée au fond d'elle. Les joues rouges, une larme de colère et de chagrin ruisselant sans bruit sur ses pommettes, elle se retourna une dernière fois en s'écriant : « Et j'te souhaite une belle vie avec ta FAMILLE ! » Elle shoota violemment dans une chaise avec son pied et quitta la terrasse, sans vouloir entendre ce qu'il pourrait avoir à lui dire. Elle ne voulait plus l'entendre, plus le voir. Qu'il retourne donc nourrir ses jumeaux en attendant sagement le retour de sa femme ! Et qu'il lui fiche la paix bon sang.

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Message(#) Sujet: Re: Because it's easier to lose and it's hard to face the truth | Rose Sam 2 Avr 2011 - 0:07

    Plus j'y pensais, et moins je trouvais de logique à ce qui venait de se passer. Je n'étais pas de ceux qui cherchaient des liens de cause à effet à tout événement pour rendre plus le quotidien plus rationnel, mais là j'avais l'impression d'avoir assisté en simple spectateur à quelque chose dont je n'avais rien compris. Elle était arrivée, m'avait avoué les sentiments qu'elle avait pour moi... et à partir de là c'était le chaos le plus total. Je me souvenais de tout ce qui s'était passé, et pourtant ça me paraissait étrangement lointain, comme si ce n'était pas de moi qu'il s'agissait. C'était pourtant bien ma main, mes lèvres, mes paroles, et contre moi que Rose était en colère. Et de mon côté aussi je lui en voulais, bien que ce ne soit pas tout à fait pour les mêmes raisons, ni vraiment avec la même intensité. Je n'avais pas pour habitude de laisser ma colère éclater au grand jour, aux yeux et aux oreilles de n'importe qui, la contenant du mieux que je le pouvais tant que cela était possible, subissant les foudres de Rose avec un calme qui pouvait passer pour du stoïcisme ou le plus cruel désintérêt. Mais à l'intérieur, je bouillais. Je n'étais pas sûr qu'elle s'en soit rendu compte, mais la façon dont elle parlait de Parfaite ne me plaisait pas, et elle avait faillit franchir des limites dont elle ne reviendrait pas en abordant le sujet des jumeaux. Ou plutôt, des limites dont notre amitié ne reviendrait probablement pas. Elle pouvait critiquait tout ce qu'elle voulait que ça ne me posait pas de problème, et de mon côté je devais bien admettre que par moment je n'avais pas vraiment été tendre avec son frère, mais nous avions toujours eu conscience des limites de l'autre. Nous savions jusqu'à quel niveau nous pouvions nous permettre d'avancer, et à quel moment il nous faudrait nous arrêter, sauf que là on était en plein débordement et que j'avais du mal à réaliser comment on avait bien pu se débrouiller pour en arriver là...

    A l'expression de son visage, je compris soudain qu'elle n'était vraiment pas au courant pour les jumeaux, que ce n'était pas juste un moment de flottement dans notre discussion mais bien un malentendu fatal. Elle s'était comme décomposée au moment où elle avait entrevu la vérité, et pour être honnête ça m'avait presque fait mal de voir ça. Mais le presque était persistant, ravivé par les paroles qu'elle avait prononcées au sujet de Parfaite et des jumeaux. Je crois qu'on va arrêter là les dégâts pour aujourd'hui Basil. Elle s'était levée brusquement avant de balancer sa sentence, serrant nerveusement la bandoulière de son sac entre ses doigts, un ton froid assorti au regard qu'elle me jetait. Et je la fixais, immobile et presque imperturbable aux yeux du monde, sentant approcher le coup de grâce. Tu me déçois Basil et j'avais pas besoin de ça en ce moment. Au contraire même. Je vais donc te demander de me ficher la paix, je ne veux plus avoir à faire à toi pour un moment. Voilà, elle venait de l'assener, et pourtant, ça me fit presque moins mal que le reste. J'avais compris sa colère face à ma connerie, réalisant à chaque seconde un peu plus à quel point le fait de l'embrasser était stupide, mais il me semblait qu'elle en faisait quand même un peu trop. Non pas que la démarche ne soit pas noble, mais de là à en faire une montagne pareille... Au fond, ses reproches répétés n'avaient pas tout à fait l'effet recherché, diminuant ma culpabilité de quelques grammes à chaque fois au lien de me donner l'envie de creuser un trou au plus vite afin de m'y terrer. Je ne savais pas pourquoi, mais ça n'avait pas autant d'impact que ça, et j'attendais juste que ça passe, comme un gamin en train de se faire engueuler en classe pour une faute dont il n'entrevoit pas la gravité.
    Face à mon silence, elle s'éloigna alors, marchant d'un pas décidé en direction de la sortie avant de se retourner vers moi, me laissant voir une larme en train de lui couler le long de la joue. Et j'te souhaite une belle vie avec ta FAMILLE ! Et, pour mieux marquer ses adieux, elle donna un violent coup de pied à la chaise la plus proche, la faisant trembler dans un cliquetis métallique qui fit ce retourner les rares personnes en présence qui ne l'avaient pas encore fait. Mais, n'y prêtant pas attention, elle disparut, et les regards se tournèrent vers moi.

    QUOI?!

    Je n'avais aucune envie d'être scruté en bête curieuse par des inconnus n'attendant rien d'autre que de voir d'autres inconnus s'étriper pour une raison quelconque, et le ton de ma voix associé au départ de Rose parvint à les convaincre de retourner à leurs petites affaires. Quant à sa dernière remarque, j'en comprenais bien évidement le côté ironique: à moins d'être le plus parfait imbécile, ce n'était quand même pas bien dur... Autant dire que, désormais, recoller les morceaux ne serait pas évidement. Et pour le moment, je n'étais même pas sûr de le vouloir. Je regrettais d'avoir perdu une amie, mais vu la situation il ne me semblait quand même pas très judicieux de lui courir après pour me faire pardonner. Et quid de Parfaite? Je ne savais même pas si je devais continuer à la considérer comme ma femme ou non, si elle avait refait sa vie ou se bornait à enchainer les aventures sans lendemain comme elle avait pu le faire avant que l'on se mette ensemble ou essayait malgré tout de conserver un minimum de fidélité à mon égard; aussi il ne m'était pas facile de me positionner vis à vis de Rose. Et, tiraillé de toute part, entrevoyant le fait que je venais de perdre deux personnes parmi celles m'étant les plus chères, je réalisai à quel point ce début d'année étant désespérément foireux.

    Et merde..!

    Les deux coudes posés sur la table, je laissais ma tête tomber entre mes mains, le regard fixé sur mon café dont il ne restait pratiquement plus rien. Un sourire fit une légère apparition sur mes lèvres à la pensée que je pouvais faire une analogie entre ma boisson et mes relations avec mes semblables actuellement, mais je le réprimais aussitôt. Tout était déjà bien assez pathétique pour ne pas en rajouter une couche...
    Je me levai à mon tour, rabattant la chaise sous la table et jetant mon reste de café dans la poubelle la plus proche, quittant le Starbucks sans me retourner. Je n'avais plus qu'une envie: rentrer à la maison et retrouver les jumeaux afin d'enfin faire quelque chose de constructif de ma journée. Au moins, avec eux, il me semblait que je ne risquais pas grand chose.
    Ah oui, petite note mentale: arrêter de laisser le contrôle à mes instincts les plus bas, surtout en temps de crise...
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Message(#) Sujet: Re: Because it's easier to lose and it's hard to face the truth | Rose

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Because it's easier to lose and it's hard to face the truth | Rose

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