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 Envers et contre tous ...

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Message(#) Sujet: Envers et contre tous ... Lun 14 Fév 2011 - 4:42

01 FÉVRIER 2012
- Mesdames et messieurs, amis, invités, hommes et femmes de bien, j'ai l'immense privilège de vous accueillir ce soir au gala de charité organisé en l'honneur de la reconstruction de notre si belle ville. Je veux bien sûr parler de Miami et plus précisément de certains de ses quartiers résidentiels au sein desquels nous aimons tant vivre et dont la remise à neuf mérite, par conséquent, toute notre attention ainsi que tout notre investissement.

Applaudissements, flashs, murmures appréciateurs, face aux lumières et au regard du public Noah souriait comme il savait si bien le faire. Ses dents blanches, ses cheveux coiffés par des mains expertes pour leur donné un effet " saut du lit ", sa cravate parfaitement nouée et son maintient bien droit devant le micro du pupitre ... Aurait-il précisé qu'il avait fait ça toute sa vie qu'on l'aurait cru sans mal. Pour sûr, la municipalité n'aurait pas pu trouver ambassadeur plus à même de charmer la foule d'investisseurs et de gros poissons réunis pour l'occasion.

- Deux mois après le passage de cet ouragan tragique qui nous aura tous marqués d'une manière ou d'une autre (et je me joins à la municipalité pour présenter une fois de plus toutes mes condoléances à ceux qui, malheureusement, n'ont pas eu la chance de ne perdre que des biens matériels ...) il me semble aujourd'hui nécessaire de faire le point de façon à ce que tout un chacun puisse prendre le train en marche et comprendre que, malgré les malheurs apportés par la fin de l'année 2011, la vie continue et qu'il ne tient qu'à nous de faire de 2012 l'année du renouveau, de la revanche, mais aussi et surtout, de la sécurité.

Chaque main appuyée de part et d'autre du pupitre, Noah contempla - depuis l'estrade sur laquelle il se trouvait - la foule de miamiEns endimanchés. Dans une stratégie commerciale destinée à attirer l'attention la plus concentrée qui soit, il laissa un temps de silence appuyer ses propos, de façon à ce qu'aucun des convives ne puisse empêcher son imagination de rebondir et de s'imaginer toutes les perspectives d'avenir que cette soirée - qui se voulait être un moteur de motivation - apporterait si le discours qu'il était en train de faire réussissait à émouvoir et à convaincre. La responsabilité qui pesait sur ses épaules était de taille et, qu'on se le dise, s'il n'avait rien eu à y gagner, il n'aurait très certainement pas accepter de prêter sa voix et son visage à pareille manœuvre. Seulement voilà (et d'après son agent) cette prise de parole pour la bonne cause était une occasion inespérée de remonter sa côte de popularité auprès de la gent féminine qui avait accueilli en scandale, quelques semaines plus tôt, l'annonce de son mariage avec Narcisse, une éditrice qui - selon les tabloïds - sortait de nul part, n'avait jamais été vue à son bras de par le passé et ne le méritait pas, par principe. Mais qui pouvait bien mériter d'être la femme de Noah James Dickers quand on savait que la quasi totalité des lectrices célibataires des magasines avaient leur propre réponse qui se résumait bien souvent à " moi et personne d'autre " ? Au premier rang, le visage d'une Narcisse apparemment blasée de s'être faite semi-agresser verbalement dès leur arrivée conjointe à la soirée le détaillait patiemment, l'encourageant à poursuivre.

- Ce soir, nous comptons sur vous, votre investissement et votre bonne volonté pour reconstruire notre citée tout en apprenant de nos erreurs de façon à ce que plus jamais elle ne puisse être mise en danger par les caprices météorologiques. C'est ici que nous vivons, ici que certains d'entre nous ont grandi et que nos enfants grandiront peut-être. Pour hier et pour demain, nous nous devons de faire face à la crise et de redorer le blason de notre ville car elle est et restera au yeux du monde le reflet de la population qui la constitue. Montrons notre solidarité et faisons preuve d'un soutien sans faille pour que l'Amérique toute entière puisse s'étonner de voir qu'il existe en son sein des communautés solides et persévérantes, capables de reconstruire avec panache ce que les aléas du temps leurs ont pris sans préavis.

Force de conviction, regard déterminé, fibre patriotique, valeurs patriarcales, tout y était pour toucher le plus de monde possible et les applaudissements qui s'en suivirent ne firent aucun doute quant à la précision du tire qu'il venait de faire : en plein dans le mille. Quelque part - et parce qu'il était payé pour jouer ce rôle - Noah ne put s'empêcher de penser, derrière son sourire éblouissant, que tout ceci n'était qu'une vaste fumisterie de gens qui étaient, de toute façon et quoiqu'il arrive, venus pour claquer leur fric dans la reconstruction d'une ville qu'ils verraient plus comme un investissement immobilier que comme une action caritative et que ce discours d'ouverture qu'on lui avait demandé de préparer n'était rien d'autre que de la lèche par procuration qu'on lui laissait le soin de vendre avec son physique tout droit sorti des magasines afin que l'effet soit des meilleurs et que le ou la millionnaire du fond de la salle oublie plus facilement que tout ceci n'était qu'une caresse dans le sens du poil de la part de la municipalité dont il jouait le rôle de la main parfaitement manucurée et douce. Une fois de plus il n'était que le contenant. La joli chose, la valeur ajoutée. Prononcé par le maire, ce discours aurait été pompeux, prétentieux et supposé hypocrite. Dans sa bouche à lui, il devenait touchant, motivant et stimulant ; alors qu'il y avait tout à parier pour que le maire en question se sente autrement plus concerné par l'avenir de la ville après le passage de l'ouragan que Dickers qui, lui, s'inquiétait plus de l'avenir de sa carrière après le passage de son mariage (notez la comparaison poignante ...).

Ceci dit, il salua la foule, souhaita à tout le monde la meilleure des soirées qui soit et fit passer l'information qu'il reprendrait la parole en fin de gala pour clore la soirée et poursuivre sur le détails des projets offerts ou proposés lors du laps de temps durant lequel les convives étaient amenés à boire, discuter, boire, se jeter des fleurs, boire, rire faussement et boire encore. Sans plus attendre, il descendit de son piédestal et rejoignit sa femme au premier rang, non sans omettre de saluer au passage ceux qui le félicitaient pour sa prise de parole et les anciennes connaissances qu'il n'avait pas croisé depuis longtemps. Arrivé à la hauteur de Narcisse, il continua sur sa lancée de gendre idéal en 1) lui proposant de lui ramener un verre et 2) la présentant astucieusement à deux des invitées qui s'avéraient être de richissimes et ferventes amatrices de défilés de mode dont il avait fait la connaissance lors d'une Fashion Week à Paris. Persuadée que les trois jeunes femmes auraient beaucoup de choses à se dire compte tenu des langues bien pendues des deux fashionistas (qui ne manquaient pas de culture), il s'éclipsa et se dirigea vers le buffet à la recherche des coupes de champagnes. Ici encore, la mairie avait mis les petits plats dans les grands pour s'assurer que les conditions de bien-être soient au maximum afin de stimuler la souplesse des porte-feuilles ... Montages de petits fours, décorations chiques, nourritures raffinées et personnel de service tiré à quatre épingles, on se serait cru dans un cocktail d'une importance capitale or, aux yeux de Dickers, l'important maintenant était de ne pas trop s'ennuyer jusqu'à ce que la soirée se termine pour mieux rentrer chez lui et peut-être aller se coucher dès le pas de la porte franchi pour éviter que Narcisse n'ait l'idée de lui proposer de regarder un film ou quoique ce soit d'autre qui l'obligerait à endosser une fois de plus le costume de mari parfait, attentionné, délicat et tralala.

Pensif, le regard fixé sur un point imaginaire quelque part entre les petits four et la pyramide de champagne, il n'entendit pas les pas qui se rapprochaient dans son dos ...
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Message(#) Sujet: Re: Envers et contre tous ... Mar 15 Fév 2011 - 22:41

« Vos plans sont envisageables, ne vous inquiétez pas, je vais me charger de l’avancement des travaux. Vous pouvez compter sur moi. » Prestement, la jeune femme rangea l’imposant dossier qui se trouvait éparpillé sur la table de son client. L’octogénaire encore dynamique souhaitait agrandir sa demeure afin de laisser à ses enfants un héritage plus que conséquent. « Mais vous allez utiliser mes plans n’est-ce pas ? » Dessiné à la va-vite sur un bout de papier immaculé, le vieil homme avait concrétisé ses désirs sous la forme d’un plan grossièrement retranscrit. « Évidemment, je dois simplement reprendre quelques points pour qu’ils soient réalisables. » Parachevant ses propos par un sourire radieux, Jaelyn craignit de perdre patience, il était tard et voilà que la belle était bel et bien en retard pour le gala de charité organisé par le maire de la cité. Peu convaincu, son client se résigna à accepter son offre. « Vous ne serez pas déçu Mr Torrey, cette maison sera parfaite ! » Acquiesçant en haussant les épaules, le vieillard se dirigea vers la cuisine avant d’ajouter. « Vous allez bien prendre un petit verre non ? » Surprise par une telle invitation, la jeune architecte acheva de ranger ses dossiers tout en répliquant, quelque peu gênée « Oh je suis désolée, je dois vraiment partir, je suis attendue et déjà très en retard » Le cadran accroché au mur clair de la salle à manger lui rappela l’heure tardive. Quittant le domicile de son client, Jaelyn lui adressa un sourire courtois avant de se précipiter vers sa voiture. Démarrant en trombe, la jolie blonde quitta le quartier à toute allure avant de s’engager en direction du centre-ville. Deux mois après le passage de l’ouragan, le maire avait souhaité réunir les grands businessmen et autres investisseurs capables de faire un don pour reconstruire la métropole. Miami avait étonnamment souffert de la tempête et pliant face aux aléas météorologiques, quartiers, districts et espaces verts n’étaient plus qu’un vulgaire champ de ruines. Jaelyn ainsi que ses associés furent appelés pour participer au plan de reconstruction, elle avait déjà et d’ailleurs eu le « plaisir » de travailler avec Joe Cotton, ensemble ils avaient produits un travail remarquable, si bien qu’ils eurent les compliments de la municipalité. Enserrant ses doigts oblongs sur le volant de son véhicule, la jolie jeune femme maudit les autres automobilistes, désespérément en retard, son palpitant se calma quelque peu lorsqu’elle aperçut les magnifiques lumières qui décoraient les murs extérieurs de la mairie. Par chance, elle n’eut aucun mal à se garer. Une fois le moteur coupé, la belle s’empara d’un sac qui trônait sur la banquette arrière. D’un geste vif, elle en sortit une élégante et séduisante robe noire ainsi qu’une paire d’escarpins à talons de la même teinte. Jaelyn se rhabilla dans l’habitacle, et une fois prête, elle réajusta sa coiffure. Ainsi parée, la jeune architecte traversa le boulevard avant de pénétrer discrètement dans le hall du bâtiment.

[…] redorer le blason de notre ville car elle est et restera aux yeux du monde le reflet de la population qui la constitue. Montrons notre solidarité et faisons preuve d'un soutien sans faille pour que l'Amérique toute entière puisse s'étonner de voir qu'il existe en son sein des communautés solides et persévérantes, capables de reconstruire avec panache ce que les aléas du temps leurs ont pris sans préavis.

Sans prêter une réelle attention au discours qu’un probable élu énonçait avec vigueur, la jolie jeune femme se dirigea vers les vestiaires. Une adolescente au sourire poli se chargea de ranger ses affaires. Jaelyn la remercia avec courtoisie avant de s’avancer vers la salle de réception. De vigoureux applaudissements s’émanaient de la pièce principale, décorée pour l’occasion. L’orateur semblait avoir terminé son discours, celui-ci pria les invités de passer un bon moment et rapidement un attroupement vint se matérialiser autour de lui. La jolie jeune femme s’avança avec grâce et certitude au centre de la pièce. Son arrivée ne passa pas inaperçue et un investisseur s’approcha d’elle, un verre de champagne à la main. « Mademoiselle Austen, quel plaisir de vous voir ! Vous avez manqué le fabuleux discours de notre représentant. » S’emparant de la coupe en cristal qu’il lui tendait, Jaelyn baissa les yeux quelque peu honteuse d’un tel affront. « Je suis sincèrement désolée, je travaillais avec un client. » Acquiesçant dans un sourire enjoué, l’homme d’une quarantaine d’années se retira après quelques ridicules politesses. Le haut monde était diablement pathétique.

Perdue face à tant d’invités, la jeune architecte se glissa vers la fenêtre afin d’y trouver un peu d’air frais. Son moral n’était pas au beau fixe et désespérée, elle ne savait vers qui se pencher pour obtenir un peu de compassion et de soutien. Pride avait été si virulent avec elle, comment se remettre d’une telle requête ? Chassant son impétueux amant de ses pensées, elle porta le verre en cristal à ses lèvres lorsqu’une voix puissante se fit entendre. « Jaelyn Austen ! » Alors qu’elle se retournait prestement, elle vit le que le maire de la ville s’approchait d’elle, le sourire aux lèvres. « Quel plaisir ! Venez que je vous présente notre porte parole ! Quel fabuleux discours n’est-ce pas ? » Piégée, par une telle question, Jaelyn ne su d’abord quoi répondre. Puis, piètrement, elle renchérit. « Très engagé ! » Maudissant intérieurement sa stupidité, elle se laissa guider par le maire avant de se retrouver près du buffet. « Jaelyn, laissez moi vous présenter … » Le cœur de la belle ne fit qu’un tour, reconnaissant cette divine silhouette, elle haïssait déjà cette fatalité qui se moquait ouvertement d’elle. « Noah Dickers » Figée par son élégance et son charme, Jaelyn ne s’était pas foncièrement remise de leur dernière entrevue. Elle l’avait abandonné au pilori sans jamais chercher à le sauver de sa fiancée et de ce mariage grotesque. Le mannequin se retourna dans une grâce qui lui était propre, et dans un sourire forcé, son regard mordoré se posa par la suite sur une jeune femme bouleversée. « Noah a été remarquable ! Je suis sûr que les investisseurs se feront nombreux ! Bon, je retourne auprès de mes invités, je compte bien aller saluer votre femme d'ailleurs. Bonne soirée ! » Mimant une piètre révérence, le maire de la métropole se perdit dans une foule dense, laissant ici, deux anciens amants transis mais désespérément muets. La présence de Narcisse n'arrangeait en rien cette situation plus que délicate
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Message(#) Sujet: Re: Envers et contre tous ... Jeu 17 Fév 2011 - 20:45

« Noah Dickers »

A l'entente de son nom, Noah pivota sur place tout en accrochant un sourire vendeur à ses lèvres. Il en était au trois quarts de son pivot quand l'image d'une Jaelyn toute de noire vêtue (dieu que sa blondeur tranchait bien sur les couleurs sombres ...) et au regard horrifié s'imposa à lui. Son cœur rata un battement et la coupe de champagne qu'il tenait lui-même dans la main tangua dangereusement sous l'effet de la surprise. Ceci dit, il s'efforça de faire bonne figure et de garder son calme pour ne mettre la puce à l'oreille de personne et surtout pas à celle du maire qui - visiblement enchanté par sa discours - lui tapotait l'épaule avec affection tout en chantant ses louanges, le plaçant par la même occasion dans la situation la plus délicate qui soit : accepter la flatterie verbale d'une part et la torture visuelle de l'autre sans rien laisser paraitre, ni à l'un, ni à l'autre. Tache qu'il ne parvint qu'à moitié à mener à bien car - même si son sourire était irréprochablement doux et charmeur - ses yeux, eux, démontraient clairement la vague de panique et de souffrance mélangées qu'il refoulait à grande peine.

« [...] Bon, je retourne auprès de mes invités, je compte bien aller saluer votre femme d'ailleurs. Bonne soirée ! »

Tu parles ! Casses-toi, lâche ! C'est facile de partir d'un pas aérien après avoir jeter le pavé dans la marre ! ... Blasé par cette fatalité cruelle qui avait de toute évidence une dent contre lui, Dickers ne parvint pas à retenir le soupire qui lui brulait les lèvres. Ses épaules s'affaissèrent légèrement une fois que l'élu leur eut tourné le dos et c'est d'une voix teintée d'une tristesse clairement détectable qu'il prit la parole, le regard fixé sur la foule faute de pouvoir regarder Jaelyn bien en face, de peur de s'en bruler les yeux :

- Bonsoir Jaelyn ... Commença-t-il en envisageant l'idée de jouer la carte de l'indifférence avant de se souvenir qu'il en était parfaitement incapable. Une incapacité confirmée le jour de leur dernière entrevue qui l'avait tout bonnement anéanti et dont le fantôme avait plané mesquinement sur son voyage de noces alors qu'il avait tenté de se rassurer à l'aéroport en se disant qu'une semaine de sursit sous le soleil des Bahamas lui serait accordée avant que le dur retour à la réalité et à la vie de couple en compagnie de Narcisse ne vienne lui faire souffrir le martyre sentimental. Mais non. Dès son arrivée à l'hôtel, ses espérances avaient été réduites à néant par les mélodies latines qui résonnaient dans le hall et qui l'avaient replongé contre son gré dans les souvenirs du jour où ils avaient danser la batacha tous les deux avant de rattraper le temps perdu et de sauter le pas après des années de silence radio. Jealyn avait été présente chaque seconde de chaque heure depuis qu'il avait dit " oui " à une vie en cage et la voir se matérialiser sous ses yeux en cette soirée de gala était comme une provocation du destin qui semblait lui persiffler à l'oreille un venimeux " tu n'as pas fini de regretter Noah ". Il y avait d'ailleurs beaucoup de regrets dans le regard qu'il posait sur la foule et même sur le dos nu d'une Narcisse qui lui tournait le dos et qui semblait en grande conversation avec d'autres invités. Tu es superbe. Comme toujours. Point de défi ou de provocation dans sa voix, il avait fini de joué le jour où il avait tout perdu : amour, liberté, indépendance. Comment vas-tu ?

Qu'y avait-il de pire ? La torture latente dans chacune de ses intonations ? Le caractère banal de ses remarques ou le fait qu'il s'en tienne à des formules de politesse là où toute son âme lui criait de réagir autrement qu'en homme marié préformaté et bien comme il faut ? A n'en pas douter, Noah James Dickers était à cet instant l'homme le plus triste et le plus résigné du monde. Tellement résigné en réalité qu'il semblait bien incapable de regarder dans les yeux celle pour laquelle il aurait du tout arrêter tant qu'il en était encore temps.
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Message(#) Sujet: Re: Envers et contre tous ... Sam 19 Fév 2011 - 0:43

« Et voilà que sous ton regard je défaille. » Le cœur en mille morceaux, Jaelyn ne put dissimuler sa surprise, enserrant avec force sa coupe de champagne, elle sourit avec maladresse. Le maire de la ville semblait fier de la venue du séduisant mannequin, en effet, d’après ses dires, Noah Dickers s’était montré plus que convaincant. Charmant les investisseurs par quelques phrases patriotiques et touchantes, le jeune homme avait fait à leurs yeux, l’unanimité. Alors que le conseiller lui lançait une tape amicale, celui-ci disparu ensuite rapidement, prétextant qu’il devait se montrer présent et disponible pour les riches financeurs. La jolie jeune femme l’observa s’enfoncer dans une foule trop bourgeoise et silencieuse, et elle se retrouva seule, face à Dickers. Jaelyn ne l’avait pas revu depuis le jour du mariage, importunés par une cinquantenaire rabat-joie, elle n’avait pu lui faire ses adieux, et désormais, il ne lui appartenait plus. Feintant de ne pas écouter les supplices criards de son palpitant, la jeune architecte choisit l’indifférence pour toute défense. La situation était si étrange et maudit soit le destin qui se jouait d’eux. Pliant sous la torture, les deux amants n’étaient que des pions, manipulés par une fatalité vicieuse et cinglante. Avec nervosité, la belle glissa sa main fine dans sa chevelure dorée, désireuse de dire quelques mots afin de ne pas subsister d’être totalement ridicule, ses lèvres maquillées s’entrouvrirent mais elle fut coupée par Noah. Bonsoir Jaelyn ... Fuyant son regard mordoré, quelque peu maladroite, celle-ci répliqua avec précaution. « Bonsoir Noah, quelle surprise ! » Douce ironie, le voir était sans aucun doute, la dernière chose à laquelle elle aspirait. Terrassée entre deux hommes Jaelyn se refusait tout signe de faiblesse. Puis, appréciant une gorgée d’alcool, la belle réalisa que son amant adoptait une attitude douloureusement indifférente. Dickers souffla cependant un, Tu es superbe. Comme toujours. Ses yeux trahissaient cependant une crainte sans non. Détaillant la foule avec avidité, son regard habituellement charmeur, se posa sur une superbe jeune femme vêtue d’une onéreuse robe claire. Narcisse était présente ce soir, cela n’en faisait aucun doute. Bien trop occupée à échanger avec de riches investisseurs, elle ne réalisa même pas que la destinée venait de réunir deux amants, capables d’erreurs et emplis de regrets. Touchée par un tel compliment, un léger sourire se dessina sur ses lèvres blêmes. « Je te remercie, tu n’es pas mal non plus … » Tout deux étaient lamentablement risibles et aussi improbables que stupides, toutefois, la jeune femme était heureuse de pouvoir le revoir à nouveau. Apaisant son myocarde meurtri, sa présence agissait comme un véritable remède à son effroyable douleur.

Comment vas-tu ? Noah s’enfonçait dans des banalités à pleurer, et remarquant que quelques rétines s’étaient curieusement posées sur eux, la douce blonde renchérit dans un sourire des plus faux. « Et bien, comme tu peux le constater, je participe activement à la reconstruction de la ville. J’ignorais que tu étais le porte-parole de cette action. Bien que ça ne soit vraiment pas facile de soutirer quelques dollars à ces rapaces, j’ai cru comprendre que tu t’en étais bien sorti ! Je suis contente pour toi ! » Incapable d’ajouter quoique ce soit, le silence se fit entre les deux anciens soupirants. Une angoissante envie de fuir, saisit Jaelyn à la gorge. Personne ne devait percevoir cette étrange relation qui les unissait pour leur plus grand malheur, Dickers lui causerait sa perte et Austen le priverait de toute fierté. L’hypothèse qu’était de quitter cette soirée devenait de plus en plus envisageable. Achevant son verre de champagne dispendieux, l’élégante jeune femme surenchérit avec politesse. « Et toi ? » Elle dévisagea Narcisse au loin avant de reprendre « Tout se passe pour le mieux entre vous. C’est une excellente nouvelle. Elle est vraiment magnifique Noah … » Las, son timbre de voix habituellement chantant, s’assombrit face aux nombreuses images du mariage qui bombardaient son esprit. Il était inutile de prier encore, tout était perdu, et Jaelyn vit disparaître son tout dernier espoir lorsque la jeune mariée croisa son regard blasé.

Redoutant les propos de son compagnon, la jeune architecte se fit lâche et posant son verre sur le buffet, garni de multiples et succulents mets, elle mima une révérence avant de laisser seul face à ses démons. « Je, je ferais mieux d’aller prendre un peu l’air. Et bien, bonne soirée Noah. » Ne daignant même pas le contempler, la délicate jeune femme, sortit de la salle de réception, préférant la fraîcheur d’un patio élégamment décoré aux rires gras et tonitruants de quelques bourgeois bien trop pédants. "Dieu, que je te déteste Dickers…."
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Message(#) Sujet: Re: Envers et contre tous ... Lun 21 Fév 2011 - 6:09

Contente pour lui. Elle était " contente pour lui ", sourire bien comme il faut en prime, le tout pour sauver les apparences alors que tout deux savaient pertinemment que ni l'un ni l'autre n'était content de quoique ce soit. Pas ici, pas maintenant, pas dans une situation aussi grotesquement cruelle pour leurs deux muscles cardiaques dont les palpitations étaient mises à mal à chaque fois que leurs regards avaient le malheur de se croiser. Imperceptiblement, Noah sentit sa mâchoire se crisper. Bien sûr, il ne pouvait pas en vouloir à Jaelyn de rebondir d'une manière aussi conventionnelle après qu'il eut lui-même osé l'affront de tomber dans les échanges de banalités affligeantes. Oui mais voilà, entre le bon sens de ne pas lui en vouloir pour quelque chose qu'il avait provoqué et la douleur de ne plus la voir se battre pour lui, la marge n'était pas si grande que ça. Assez fine en fin de compte pour qu'il puisse dangereusement fleurter avec la frustration en plus de la douleur propre aux déceptions amoureuses ...

« Et toi ? ... Tout se passe pour le mieux entre vous. C’est une excellente nouvelle. Elle est vraiment magnifique Noah … » Daignant enfin lâcher Narcisse des yeux pour se confronter aux iris ô combien plus troublantes de Jaelyn, Dickers pivota dans la direction de la blonde qui n'était pas (plus) la sienne. Ce qu'il put lire dans son regard termina de lui déchirer le cœur. N'eut-elle pas eu de regrets à cacher qu'il se serait contenté de souffrir en silence comme n'importe quel idiot n'ayant eu que ce qu'il avait mérité après avoir trop voulu jouer avec le feu, mais preuve fut faite qu'il n'était pas le seul à se morfondre quand la belle - lâche, et c'était compréhensible au vu de sa position délicate - préféra prendre la tangente en le laissant seul à côté du buffet. Pas le temps de la retenir qu'elle était déjà hors de portée. Soudain, Noah se sentit bien seul au milieu de toute cette foule de convives. Le temps d'un instant, l'air sembla lui manquer et la douleur lancinante qu'il avait ressenti le jour du mariage tandis qu'il déglutissait pour répondre " oui " au prêtre sembla renaitre de ses cendres tel un phœnix fourbe et sadique cherchant à lui faire comprendre par tous les moyens qu'il avait beau espérer, la douleur ne s'évanouirait jamais tant qu'il n'aurait pas agi. Mais d'ailleurs, agir oui, mais pour quoi faire ? Quoi faire pour ne plus souffrir, quoi faire pour ne plus avoir cette impression d'étouffer, quoi faire pour revivre ?

La réponse s'imposa d'elle-même tandis qu'une bouffée de chaleur qui n'avait rien à voir avec le champagne s'emparait de lui. Porté par une pulsion qu'il ne s'expliqua pas, Dickers reposa sa coupe et fendit la foule sans prendre la peine de s'excuser auprès des invités qu'il bouscula au passage. Tel un plongeur avide de retrouver la surface, il courut presque pour retrouver Jaelyn et hésita d'un air paniqué une fois arrivé dans le couloir pour deviner quelle direction elle avait bien pu prendre. Misant sur la chance (en ayant encore la naïveté de croire qu'elle pourrait peut-être être de son côté pour une fois), il opta pour la voie de droite et fini par atterrir dans un patio ouvragé et porteur d'une ambiance intimiste. Miracle providentiel ou tentation satanique, Austen était bel et bien là, de dos et immobile. Peut-être était-elle même en train de regretter que la conversation qu'ils venaient d'avoir n'eut pas été à la hauteur. Et - d'ailleurs - en la voyant si seule et si fixe sous la lumière de la lune, Noah n'eut plus envie de ne pas être à la hauteur. Soudain, la stupidité du jeu qu'il avait pris plaisir à entretenir durant tout ce temps lui apparut plus nettement que jamais. Des mois durant, il s'était complu dans le rôle de celui qui s'acharne à ce que la flamme ne s'éteigne pas en s'interdisant certaines attitudes de façon à ce que jamais rien ne paraisse gagné d'avance, mais - au final - il n'avait pas su réaliser que c'était précisément tout ce qu'il s'était interdit qui avait eu raison de lui, d'elle et de leur passion. A trop chercher à ce que les choses soient mérités, il était devenu avare et d'une inaccessibilité puérile.

En prenant conscience, il chassa d'un revers mental toutes ces conneries qui faisaient aujourd'hui de lui un homme marié et peu fier de l'être pour galoper jusqu'à Jaelyn, l'attraper par les épaules, la retourner brutalement et l'embrasser à pleine bouche sans lui laisser d'autre choix que de subir cette prise de décision aussi inattendue qu'inespérée : tout faire voler en éclat, au risque de se faire prendre et de tout y perdre, une fois de plus. Tant pis pour le jeu, tant pis pour l'orgueil, tant pis pour les faux semblants. Là, tandis qu'il posait ses mains sur les hanches de la belle afin de la faire reculer jusqu'au mur le plus proche pour l'y plaquer avec fougue, il se sentait vivant. Vraiment vivant. Beaucoup plus vivant à vrai dire que dans le rôle idiot de l'amant orgueilleux qui refuse d'avouer ses sentiments. Et comme pour définitivement ne plus être le Noah qui prend plaisir à s'interdire les choses pour mieux pourvoir s'en plaindre par la suite, il alla même jusqu'à lui révéler ce qu'il n'avait jamais su lui dire auparavant :

« Ne pars pas. » Souffla-t-il entre deux baisers brulants, « Reste avec moi, je t'en prie ... » Ses mains, trop avides et trop troublées par ce pas en avant nullement prémédité, ne savaient plus où caresser pour satisfaire son besoin de la toucher. Ses épaules, ses bras, ses joues, ses flancs ... Le satin de sa robe glissait entre ses doigts et le rendait fou tant l'impression de ne pas pouvoir la saisir était frustrante. « Je t'aime. J'aurais du te le dire avant, je sais, mais tu sais que je suis le dernier des cons quand j'ai décidé de ne pas perdre à un jeu. Sauf que j'en ai marre de jouer. Je ne peux plus jouer Jae'. Je préfère perdre au jeu que de te perdre toi. Pardonne-moi, je t'en supplie. Je vais devenir fou si tu ne me pardonnes pas ... » Argumenta-t-il alors, à bout de souffle d'embrasser chaque parcelle de peau qui lui passait à portée de lèvres ...
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Message(#) Sujet: Re: Envers et contre tous ... Mer 23 Fév 2011 - 19:29

Fuir avait été la solution. Misérablement lâche, la jeune femme avait usé de quelques politesses afin de paraître la plus courtoise et la plus détachée possible. Mais à l’intérieur de son corps, régnait un trouble absurde. Comment avait-il osé emmener sa femme alors qu’il savait pertinemment qu’elle se retrouverait ici ? La présence de Narcisse était un véritable affront pour elle, et feignant de s’en moquer, la belle Austen se montra distante mais polie. Dévisageant sa rivale avec jalousie, elle dû tout de même admettre que sa beauté enfantine ne laissait pas son amant indifférent. Sa blondeur angélique lui rappela une phrase cinglante du mannequin. « Elle est blonde comme toi, elle a les yeux bleus, comme toi… » A ses yeux clairs, Narcisse n’était qu’une amante de substitution pour Noah Dickers. En proie à une jalousie frénétique, la jolie architecte opta pour la solution de facilité : quitter la soirée pour mieux déplorer la perte de son deuxième amour d'adolescente. Baissant les yeux pour unique signe d’adieu, Jaelyn abandonna la salle de réception. Essayant tant bien que mal de cacher sa peine grandissante, elle prétexta un appel urgent avant de se diriger vers un immense couloir. Peu importait la direction, du moment qu’elle pouvait se retrouver seule. Purger son malheur en public n’était pas la meilleure des solutions et avouer les sentiments qu’elle éprouvait pour le séduisant mannequin sèmerait des troubles dans sa jeune vie maritale. La discrétion de Dickers était sans pareilles, Narcisse devait sûrement ignorer la flamme qu’ils avaient ravivée il y a quelques mois de cela. De plus, imaginer une telle situation était cocasse et relevait d’un esprit étroitement pervers. Passant nerveusement une main tremblante dans sa chevelure dorée, la jolie jeune femme emprunta un énième couloir avant de pénétrer dans un patio magnifiquement décoré. Ses rétines aux teintes océanes dévisagèrent la beauté des lieux, avant qu’elle ne réalise qu’il s’agisse d’une impasse. Bercée par les innombrables lucioles colorées qui éclairaient l’endroit, Austen réalisa qu’un peu d’air frais lui ferait le plus grand bien. Cette situation était si ridicule, si impensable. Elle se devait d’accepter qu’il avait refait sa vie avec une autre, que ce jeu stupide avait causé leur perte et bien trop narquoise pour lui avouer avant, tout deux se retrouvaient désormais sur le point de non-retour, maudit désir. Lui, heureux avec sa rivale, elle désespérément seule, délaissée par les deux hommes qui avaient émerveillé sa pitoyable existence. C’était terminé. Pour de bon.

Perdue dans les méandres de ses regrets, la jolie blonde ne remarqua même pas qu’une personne s’approchait d’elle à grand pas. Deux puissantes mains se posèrent sur ses épaules dénudées, et dans un sursaut, elle fit face à son assaillant qu’il l’obligea à se retourner. « Noah ? » Surprise et ne comprenant pas la raison de sa venue, la belle demeura interdite lorsqu’avec force, il l’embrassa avec fougue. Et, à ce simple contact, le cœur et de le corps de Jaelyn s’embrasèrent avec pugnacité, qu’il était bon et salvateur de dépérir d’ivresse dans ses bras. Avec avidité, la jeune femme répondit à son baiser et se délectant de la douceur de sa peau, elle se laissa plaquer effrontément contre le mur glacial. Alors que les étreintes de son amant se firent plus pressantes, Noah ajouta dans un murmure « Ne pars pas. » Hochant par la négative, Austen le pria d’un simple geste quémandeur de ne jamais l’abandonner à nouveau. Tout ceci devait prendre fin et brisant ainsi le pacte qu’ils avaient édifié de nombreuses années auparavant, celui-ci céda sous un débordement de sentiments fusionnels et passionnés, l’amant reprit « Reste avec moi, je t'en prie ... » Je n’ai jamais eu l’intention de te quitter, semblait hurler son palpitant déchainé, mais l’ivresse d’un désir ardent, l’obligea à rester muette. Soupirante, sous les caresses de son compagnon, elle suffoqua lorsque ses doigts masculins s’aventurèrent sur la douceur de ses hanches, non sans négliger la cambrure sublime de ses reins. Puis, dans un ultime moment de grâce, le mannequin reprit avec exaltation. « Je t'aime. J'aurais du te le dire avant, je sais, mais tu sais que je suis le dernier des cons quand j'ai décidé de ne pas perdre à un jeu. Sauf que j'en ai marre de jouer. Je ne peux plus jouer Jae'. Je préfère perdre au jeu que de te perdre toi. Pardonne-moi, je t'en supplie. Je vais devenir fou si tu ne me pardonnes pas ... » Le cœur en liesse, les mains fines de la belle se resserrèrent sur ses épaules puissantes. Un nouveau départ naissait entre les deux amants, et puis, après tout, Pride le lui avait permis.

Ainsi, Dickers venait de lui avouer sa passion. Subjuguée par la beauté de l’instant et profondément émue par la magnificence de cette révélation, Jaelyn stoppa sa ferveur. Plongeant son regard cristallin dans le sien, un tendre sourire vint se dessiner sur son visage opalin. Que pouvait-elle ajouter ? En de telles circonstances, les mots étaient inutiles. Puis s’emparant une nouvelle fois de ses lèvres pour ultime réponse, elle succomba au bonheur et à l’engouement. Surprenant leurs ébats enfiévrés, le bruit sourd des talons claquant sur le sol vinrent troubler l’audace des amants. Alors qu’il la priait de se faire muette, Jaelyn s’empara de sa main puissante avant de le guider vers le couloir qu’ils longèrent avec discrétion. Ouvrant une porte à la volée qui menait dans un vaste bureau, la jeune architecte lui fit signe d’entrer, chose qu’il fit avant de la verrouiller. « Tu ne dois plus me laisser partir … » Supplia-t-elle avec désir. Entichée, elle retrouva la chaleur de ses bras, de ses baisers, puis prompt à un douloureux malaise, elle vint s’appuyer sur l’imposant bureau en bois. Jaelyn renchérit dans un soupir de désespoir. « Et Narcisse ? Elle ne doit pas savoir, personne ne doit savoir Noah … » Puis, baissant les yeux, elle murmura « Non, personne ne doit savoir ce que nous ressentons l’un pour l’autre… »


Dernière édition par Jaelyn N. Austen le Ven 25 Fév 2011 - 13:51, édité 3 fois
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Message(#) Sujet: Re: Envers et contre tous ... Ven 25 Fév 2011 - 2:58

Sa cravate, sa coupe de cheveux, les plis de sa chemise ... autant d'éléments que la passion de leurs ébats mettait à mal et autant de détails qui pourraient s'avérer fatals si, par malheur, quelqu'un s'apercevait - lorsqu'il retournerait dans la grande salle - qu'il avait été fricoter dans le dos de Narcisse avec une femme dont la teinte du rouge à lèvres n'avait rien avoir avec celle du gloss de l'éditrice. Pourtant, Noah n'en avait rien à faire. Transporté par sa passion, incapable de penser à autre chose qu'à la bouche de Jae contre la sienne, il n'avait que faire des conséquences de ses actes, quand bien même ce qu'il était en train de faire aurait suffi à ruiner sa carrière si la fatalité avait voulu que quelqu'un l'apprenne. Et c'était le comble de l'ironie, d'ailleurs, qu'il ait accepté de se faire ambassadeur de la municipalité ce soir dans le but de redorer son blason d'une part, tandis que de l'autre il jouait avec le feu et prenait le risque de se faire percer à jour comme étant un homme infidèle. Tant pis. Tant pis pour tout, tant qu'il y avait le sourire de Jaelyn à la clé. Un sourire sincère, bien loin des pales esquisses de mesquinerie qu'elle lui avait servi ces dernières semaines et qui avaient failli réussir à lui faire croire qu'il n'y avait rien d'autre que de la bassesse derrière ses traits délicats ; ce qui bien évidemment était faux puisqu'elle n'avait jamais paru aussi belle et rayonnante qu'à l'instant où - du geste le plus naturel qui soit - elle vint cueillir ses lèvres une fois encore. Le paradoxe de l'amour faisant son œuvre, Dickers retrouvait pour la première fois depuis des jours et des jours - alors que leurs baisers le mettaient à bout de souffle - l'impression de respirer pleinement et librement, comme libéré d'un étau qui n'aurait enserré sa cage thoracique que trop longtemps à son goût. Cela dit, compte tenu du fait que la peine éprouvée jusqu'alors n'avait d'égal que l'euphorie de la libération de la savoir à nouveau sienne, il ne regrettait pas d'avoir souffert autant. Imperméable à toute autre chose qu'au bonheur de la serrer contre lui et aux frissons d'excitation qui lui parcourraient l'échine, il n'entendit que d'une oreille les bruits de pas et suivit Jaelyn non pas par peur de se faire découvrir, mais tout simplement par peur de la perdre de vue. Eut-elle décidé de l'entrainer jusqu'au bout du monde qu'il aurait bêtement marché à sa suite comme le plus fidèle des labradors, le poil brillant et l'air ravi d'avoir une maitresse aussi splendide (notez le jeu de mots x') ) ... Se faire discret pour remonter le couloir obscure qui menait on-ne-savait-où releva du supplice tant il lui fallut faire d'efforts pour ne pas rester coller à elle, purement et simplement, sans se soucier d'étouffer soupires épris, rires insouciants et grognements plus ou moins contrôlés par un désir qui - lui - n'était pas du tout contrôlable. Finalement, il sauta sur la porte providentielle que venait d'ouvrir l'architecte et se sentit frémir des pieds à la tête en entendant le bruit du verrou qui sembla sceller leur destin. « Tu ne dois plus me laisser partir … » Oh mais il n'en avait plus du tout l'intention ! Se retournant avec avidité, il entoura la peau fragile de son visage entre ses mains pour mieux la ramener jusqu'à lui afin de reprendre leur baiser fougueux là où ils l'avaient laissé. L'impression de ne jamais pouvoir se lasser du goût de ses lèvres lui fit tourner la tête et - dans la pénombre de la pièce - ses mains se firent plus avides que précédemment. Toutefois, lorsqu'elle s'éloigna de lui en soupirant de désespoir contre l'ombre de ce qui devait être un immense bureau, il ne put s'empêcher de baisser les yeux une fraction de seconde en se demandant si elle ne méritait pas mieux que le statu de maitresse en fin de compte ...

« Non, personne ne doit savoir ce que nous ressentons l’un pour l’autre… » C'était vrai, personne ne devait savoir. Il ne pouvait pas se permettre le scandale d'une tromperie après la vague de commérages qu'avait déjà fait naitre son mariage, tout comme Jaelyn n'avait pas besoin de se faire pointer du doigt et traiter de pire des garces par des tabloïds qu'il n'avait aucun mal à imaginer changeant de cible et délaissant Narcisse pour mieux accabler l'architecte. Comme si les admiratrices de Noah pouvaient plus facilement accepter de le voir avec une autre femme tant qu'il y était marié et que la chose était irrévocable, mais que celle qui aurait le culot d'être sa maitresse était forcément à blâmer puisqu'elle représenterait à elle seule tout ce que chacune des ces groupies un peu barges n'avaient pas su faire pour elles-mêmes détourner seigneur Dickers du chemin de la fidélité ... Personne ne devait savoir. Pas parce qu'il avait honte, mais plutôt parce qu'une fois révélée, leur histoire ne pourrait plus être. Son agent, ses employeurs, la morale, tout jouerait contre eux s'ils commettaient l'erreur de se faire prendre. Aussi s'avança-t-il vers elle dans le but d'approuver ses dires tout en cherchant à la réconforter, de façon à ce qu'elle cesse de regarder le sol et recommence à le regarder lui.

« Personne ne saura ... » Affirma-t-il en passant un doigt sous son menton pour la forcer à relever le visage. « Toi comme moi savons pertinemment qu'on fait difficilement mieux que nous en terme de comédiens. Preuve est faite que nous excellons lorsqu'il s'agit de cacher nos sentiments ... nous n'allons pas nous voiler la face. J'ai confiance en toi, aies confiance en moi et je t'assure que tout se passera bien ... » Continua-t-il avec un sourire en coin tout en plongeant son regard dans le sien, cherchant à l'hypnotiser mais se faisant à moitié prendre à son propre jeu en se noyant sans les iris brillants de la belle.

Plus investi encore que son esprit, son corps fit pression sur celui de Jae comme un complément d'argumentation à son sourire. Si belle dans sa robe noire, si fragile entre ses mains ... Ne la quittant pas du regard, il l'entoura de ses bras, l'obligea à s'asseoir sur le bureau et lui écarta délicatement les jambes pour venir les placer de part et d'autre de ses propres hanches. Aucun autre bruit que celui de leurs respirations incertaines ne venait troubler l'aspect solennel de l'instant. « Et maintenant, je vais te faire l'amour. » Le ton se perdait entre légèreté et gravité, illustrant parfaitement d'un côté la part d'assurance qui lui permettait d'affirmer cela et de l'autre la part de responsabilités qu'il acceptait d'endosser pour une fois dans sa vie, sans peurs de voir les choses tourner mal puisqu'il était évident - à ses yeux tout du moins - que rien ne pourrait venir entacher le bonheur sans nom qui s'était emparé de son être à l'instant même où elle lui avait souri et accepté d'effacer les erreurs du passé afin de mieux aller de l'avant, envers ... et contre tous.
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Message(#) Sujet: Re: Envers et contre tous ... Jeu 3 Mar 2011 - 21:49

Leur idylle se devait de rester secrète, le mariage et la réputation de son compagnon en dépendaient, de plus, la jolie blonde ne souhaitait pas se retrouver à la une des tabloïds dans un rôle de femme vénale et sans aucunes mœurs. Pourtant, les savoir tous deux enfermés dans ce bureau alors que la jeune mariée se trouvait dans la salle de réception ajoutait une touche épicée à leur relation déjà emplie de rebondissements. Reniant le fait d’être une maîtresse à ses yeux, la jolie Jaelyn préféra caractériser cette histoire, de compliquée mais d’incroyablement passionnée, Noah lui apportait douceur et réconfort après une lutte acharnée entre attirance pour l’un et amour pour l’autre. Étrangement, le séduisant mannequin lui véhiculait une stabilité salutaire et plaisante et ce depuis ces merveilleuses vacances dans le Maine, il était son oxygène lorsqu’elle se perdait dans les méandres d’un océan sans fond. La porte verrouillée, telle une barrière salvatrice, les protégeaient de tout regard curieux et envieux. Désormais seuls, la jeune architecte vint s’appuyer sur l’imposant bureau qui trônait au centre de la pièce. Le cœur lourd, elle exposa ses nombreuses craintes au mannequin, mais sous ses douces paroles, son palpitant devint plus léger. « Personne ne saura ... » Sa détermination et ses convictions chassèrent la noirceur de ses inquiétudes et plongeant son regard clair dans ses yeux d’ébène, l’ange blond acquiesça, silencieuse. Il avait raison et elle lui faisait confiance … elle lui avait toujours fait confiance, même dans l’effroyable bassesse de leurs jeux ridicules. « Toi comme moi savons pertinemment qu'on fait difficilement mieux que nous en terme de comédiens. Preuve est faite que nous excellons lorsqu'il s'agit de cacher nos sentiments ... nous n'allons pas nous voiler la face. J'ai confiance en toi, aies confiance en moi et je t'assure que tout se passera bien ... » Un tendre sourire se dessina sur ses lèvres maquillées, et frissonnant sous le contact de sa peau contre la sienne, la belle chassa un soupir indécis. Une étrange vague d’une chaleur exquise envahit son corps frêle alors qu’il la toisait avec envie. Les doigts oblongs et cavaliers de l’architecte vinrent se mouvoir dans sa chevelure brune et dans un murmure, elle ajouta « J’ai confiance Noah. »

Qu’importait la crainte de se faire prendre dans une telle situation, à eux deux, ils étaient invincibles, indissociables du moins, c’est ce qu’elle croyait. D’une douceur sans égal, le jeune homme l’obligea à s’assoir sur le rebord du bureau en bois massif. Obéissante, la belle s’exécuta avant de refermer ses interminables jambes autours de ses hanches masculines. Et perdue dans les affres de ses pensées, Jaelyn posa délicatement son front contre le torse de son amant. Au rez-de-chaussée, l’agitation demeurait sans pareille et des rires s’échappaient de la salle de réception. Tout Miami était à la fête, et le cœur en liesse, les amants partageaient cette exaltation. Quelque chose de nouveau commençait entre eux et même si Narcisse s’avérait être un véritable obstacle, Noah l’avait tendrement rassuré et désormais plus rien ne pouvait se mettre au travers de leur chemin. D’une nonchalance alanguie, ses mains délicates caressèrent son dos puissant alors que seules leurs respirations haletantes troublaient cette atmosphère délicieuse. « Et maintenant, je vais te faire l'amour. » Son myocarde tremblant loupa un battement et relevant son visage vers le sien, Jaelyn comprit que ses yeux bruns ne mentaient pas. Cette tension était si délicieuse, qu’elle perdit pied, victime de son regard brûlant. Que pouvait-elle bien répondre à cela ? Les mots étaient vains et son corps chancelant parlait pour elle. Et dans une tendresse infinie elle captura ses lèvres. Soupirant sous la saveur de sa peau ambrée et sucrée, Jaelyn resserra son étreinte afin de plaquer son corps quémandeur contre le sien. Ses baisers se firent plus avides, détrônés par une passion dévorante.

Lui seul importait, soumise à ses moindres désirs, ses soupirs saccadés trahirent cette envie grandissante qui s’emparait d’elle. Puis plongeant son regard azur dans ses prunelles sombres, un énième sourire se dessina sur son visage de poupée. Ce soir, elle serait sienne …


THE END
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