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 Hips don't lie#Adrian

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Message(#) Sujet: Hips don''t lie#Adrian Dim 24 Mai 2009 - 14:44

Spoiler:
 

Deux semaines qu'elle était sortie de l'hôpital. Deux semaines qu'elle l'évitait.
Deux semaines que leurs regards ne s'étaient pas croisés, et deux semaines qu'ils n'avaient donc pas pu avoir le moindre contact physique.
Ce n'avait pas été tâche facile. Elle était encore en rééducation, pour sa jambe blessée, ce qui l'obligeait à revenir plus d'une fois par semaine au Baptist Hospital. Il avait fallu ruser, et s'aider parfois de la complicité involontaire de Liam qui l'avait maladroitement informé des horaires de travail d'Adrian. Ce dernier pouvait être très têtu, mais Rachel l'était encore plus. Il avait compris qu'elle était loin de lui être indifférente. Et la joue de Rachel lui rappelait qu'elle aussi avait compris qu'elle ne pouvait pas toujours être forte. Elle se sentait si fragile et si forte en sa compagnie, et tant d'autres oppositions contradictoires! Elle lui en voulait d'avoir réussi à la décerner si facilement et était déçue lorsqu'il n'arrivait pas à deviner qu'elle se sentait à l'aise lorsqu'elle se confiait à lui. Elle était obnubilée par son personnage, attirée à l'idée d'en savoir plus, et cherchait tout moyen de fuir et de poser des barrières entre elle et lui. Elle voulait le blesser pour qu'il arrête d'espérer mais continuait à se montrer douce à la fois. Rachel avait l'impression de s'être perdue, elle ne savait plus très bien comment réagir face aux avances du jeune médecin, lorsqu'elle-même ne savait plus très bien ce qu'elle voulait de lui. Elle n'avait donc eu que cette solution: fuir. Elle savait qu'ils finiraient par se recroiser, mais cela lui laissait un laps de temps nécessaire pour réfléchir à une attitude à appliquer face à lui. Rachel aimait lorsque tout était bien organisé. Elle était maniaque d'habitude, et d'ailleurs elle était en train de ré-organiser les rangées du rayon d'un air concentré en cette fin d'après-midi. Rachel avait son bloc-notes sous les yeux, et ses lunettes (L) posées sur le bout de son nez. Elle lisait l'inventaire qu'elle avait effectué avec Emma quelques jours plus tôt, pour s'aider.

Elle s'enfonçait dans le rayon, sans prêter attention aux clients qui admiraient son courage. Tout le monde avait entendu parler de l'incendie qui avait ravagé sa maison, sa famille. Ses fidèles clients lui avaient souhaité un bon rétablissement, et s'étaient également étonnés de sa présence dans la boutique aussi tôt après les événements. Rachel boitait légèrement lorsqu'elle marchait. Certaines personnes s'étaient risquées à lui conseiller de rentrer se reposer, mais elle avait répondu avec ce sourire aimable dont elle avait le secret. Rachel trouvait toujours le moyen de reporter l'attention sur son interlocuteur, et ainsi ne plus éveiller d'inquiétude autour de son propre cas. Elle n'aimait pas qu'on la prenne en pitié. Certes, elle souffrait. Mais Don et elle venaient de perdre leur toit, ils avaient besoin d'argent. De plus, Don lui avait fait part de certaines difficultés financières bien avant l'accident. Il ne l'avait pas abordé directement, elle l'avait compris d'elle-même, à force de côtoyer son mari depuis plus de trois ans, elle devinait certains de ses troubles. Pas tous! sinon où serait le plaisir de pouvoir deviner?

Rachel était maintenant dans un coin sombre et isolé du Shop Around The Corner. Elle regardait l'étagère qui se dressait devant elle et qui la rendait tellement petite (L) en face d'elle. Rachel baissa les yeux et reporta à nouveau son attention à l'inventaire des livres pour essayer d'imaginer où est-ce qu'elle mettrait les romans jeunesse par ici.
Perdue dans ses pensées, elle n'entendit personne arriver derrière elle. Jusqu'à ce qu'elle sente des mains vagabondes surgir de nul part se poser sur ses hanches. Le geste était délicat, et pas du moindre violent. Elle émit un léger soupir, inspirant profondément, pour essayer de contenir sa surprise. Rachel avait toujours un peu de mal à respirer, et les émotions fortes semblaient mettre au défi ses poumons. Ou la pureté de son coeur.

"Devine qui c'est?"

Rachel écarquilla des yeux en entendant cette voix. Les mots glissèrent dans son oreille comme une caresse provocante. Rachel forma des mots avec sa bouche: "C'est pas possible", sans les énoncer à voix haute. Elle restait figée, sans rien faire, au lieu de réagir et de s'écarter de la personne qui venait de lui tendre un petit piège.
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Message(#) Sujet: Re: Hips don't lie#Adrian Dim 24 Mai 2009 - 15:37

Ses yeux lui manquaient. Son sourire lui manquait. Sa présence lui manquait. Elle était partie depuis deux semaines, comme si elle l’avait quitté. Au moindre tournant dans les couloirs de l’hôpital, il lui semblait l’avoir. Il fermait les yeux, croisait ses doigts et contournait l’angle du mur en espérant voir sa silhouette se peindre près de lui. Et chaque instant il continuait de croire, sans penser un seul instant que ce n’étaient que des illusions. Il la reverrait, il en était certain. Un jour ou l’autre son visage lui serait de nouveau familier. Il voulait penser que ce n’était que de la peur. La peur de ses sentiments, de ce qui se tramait dans son cœur et son corps sans qu’elle pût l’arrêter. C’était agréable, juste un instant, de voir de beaux yeux bleus et de ressentir dans son esprit l’image de Rachel se dessiner gracieusement. Même s’il se rendait compte après que ce n’était pas elle. Chaque femme avait l’un de ses traits ; chaque homme possédait un charme sournois dont il craignait l’apparition. Il jouait à cache cache toute la journée, et sa semaine avait pris une nouvelle allure. Chaque jour il était plus heureux, plus beau, plus apprêté. Les vieilles dames pouvaient toujours venir pleurnicher à son bureau ; il les renvoyait avec un joli sourire. L’été l’embellissait aussi petit à petit. Il était si persuadé du désir qui les unissait que, de toute façon, rien n’aurait pu l’entraver. Les échecs les rapprocheraient. L’éventualité d’un rejet n’existait plus à ses yeux.

Cependant, elle lui manquait. Irrévocablement. Ces jours entiers à imaginer sa présence n’arrangeaient rien à son manque. La constation avait été difficile à prononcer, mais elle était bien réelle : Rachel n’avait pas réapparu. Pas même un remerciement, comme si tout cela n’avait jamais existé. Les souvenirs étaient tus, enfermés à double tour dans un vieux et sordide placard à balais. On n’avait pas idée d’enfouir de si beaux instants. Il mettait cela sur le compte de sa fébrilité. Parce que cela, au moins, était réparable. Il suffisait qu’il l’aide à reprendre confiance en elle pour que jaillissent de nouveau leurs moments d’alcôve. Alors que la colère n’aurait fait que les entasser profondément, ou la tristesse les oublier. Il fallait qu’il se résolve à aller la voir. Quitte à prendre la claque de la vérité, et à s’anéantir dans les désillusions. Plus y pensait, et plus l’envie de la voir s’imposait à lui. Il ne pouvait rien arriver de mal, tout n’était qu’espièglerie avec elle. Il hésitait à lui envoyer une lettre. Quelle adresse mettrait-il sur l’enveloppe ? Et peut-être serait-ce son mari qui décachetterait le papier. Il ne restait plus qu’à aller la voir à son travail. Ce nom qui avait été écrit sur la feuille de soins… « Libraire ». Il n’y en avait pas cent à Ocean Grove, seulement une seule, plantée sur un trottoir, comme une évidence.

Il était certain qu’elle serait là. Elle était bien trop amoureuse de son travail pour s’autoriser un jour de congé. La paresse ne semblait pas l’un des péchés de la jeune femme. Il s’était habillé d’une chemise bleu marine, d’un jean et d’un sourire. Et il avait marché jusqu’à la librarie, accaparé seulement par la promesse de la vision de Rachel et par la musique qui magnifiait l’air du temps. Puis il avait éteint la mélodie, pour se concentrer. Doucement, il avait ouvert la porte. Il était entré à pas de loups, et s’était caché derrière l’une des étagères. Il n’y avait personne d’autre que d’eux, comme il en avait envie. Il attendit qu’elle se retourne, et courut doucement pour se placer derrière elle, comme un collégien qui fait une farce. Ses mains s’étaient posées comme une caresse sur ses hanches, et d’une voix infantile, il avait demandé :

▬ Devine qui c’est !

Puis il s’était retourné avec elle le temps d’un regard. Il frissonnait déjà. Il espérait qu’elle soit contente de le revoir aujourd’hui. Même quelques instants, même le temps d’un bonjour. La pauvre…Elle devait être trop occupée par son travail pour prendre le temps de s’occuper d’elle-même en venant à l’hôpital.

▬ Je suis content de te voir :D

« Dis moi que toi aussi… » avait-il pensé.
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Message(#) Sujet: Re: Hips don't lie#Adrian Dim 24 Mai 2009 - 18:20

Rachel restait toujours là, à fixer l'étagère devant elle, les yeux ébahis. Il était donc à ce point impatient? Il venait jusque son lieu de travail? Rachel l'entendit lui poser cette question si enfantine. Elle ne voulait pas jouer à "Devine qui c'est", alors elle ne dit rien. Ce fut également une erreur que de ne rien faire. Il continuait de verser dans son oreille des paroles qui la figeaient sur place encore plus. Que dire? Que faire? Rachel se mordit les lèvres et ferma les yeux un instant. Elle prit une profonde inspiration. Quel avait été le dernier portrait qu'elle avait imaginé pour illustrer leur prochaine rencontre et son attitude? Rachel réfléchissait à toute vitesse, comme ce dessin animé Jimmy Neutron xD "Réfléchis, réfléchis!" dans l'espoir qu'une lumière allait s'allumer dans sa petite boîte crânienne. Mais aucun scénario ne correspondait. Elle avait prévu qu'ils se reverraient à l'hôpital, et non en dehors! Elle rouvrit les yeux. Après tout, cette fois elle était en territoire connu! C'était à LUI de se sentir mal à l'aise >_<. C'était "pô juste", si on continue dans les comparaisons avec des dessins animés xD. Rachel fronça des sourcils et posa ses mains sur celles d'Adrian un bref instant, pour les retirer de ses hanches.

- B..bonjour Adrian.

"Et merde, pourquoi tu bégaies, Rach'!?"

Rachel se retourna. Elle portait quant à elle une chemise blanche qu'elle avait légèrement déboutonnée au niveau du décolleté - pour ne pas paraître vulgaire mais pas coincée non plus - et un jean bleu tout simple qui camouflait ainsi la cicatrice de sa jambe brûlée. Rachel esquissa un SOURIRE AMICAL. Ha ! xD Rachel semblait vouloir compter les points dans sa tête. Il en avait gagné un en la surprenant en venant au Shop Around The Corner, et un deuxième en provoquant ce toucher plus que dangereux pour leurs deux corps, elle se devait de récupérer de l'avance en jouant un autre jeu que le rejet: l'amitié. N'était-ce pas pire que d'être rejeté? Elle avait déjà essayé bien des fois de l'envoyer balader, elle avait maintes fois fui après ses avances, mais il ne voulait pas comprendre. Mais lorsqu'elle avait proposé qu'ils soient amis, l'autre soir chez lui et Duncan, elle avait noté sa réaction presque agacée. Rachel continua de sourire, elle mit son bloc notes sous le bras et tendit la main pour serrer la sienne. Elle n'attendit pas d'ailleurs qu'il lui présente sa main, face à son air un peu suspicieux, elle lui prit la main et la serra fortement comme lorsqu'elle rencontrait un inspecteur de l'hygiène ou autre représentant d'ordre.

- Qu'est-ce qui t'amène ici? Oh! je pourrai te remercier pour tout en t'offrant un livre!

Rachel avait les yeux pétillants, tandis qu'Adrian semblait ne pas comprendre ce changement de situation. Mais toute personne connaissant Rachel serait loin d'être surprise par cette attitude chaleureuse et sympathique: elle agissait comme cela avec TOUT LE MONDE. Rachel regarda autour d'elle. Il avait l'embarras du choix ! Rachel le regardait, sans vraiment le fixer dans les yeux. Elle était encore proche de lui, et ressentait encore des frissons sur ses hanches grimper tout le long de son dos. Cela lui donnait envie de rire. Elle s'imaginait déjà en train de céder et se mettre à glousser comme une adolescente face à son idole de toujours. Rachel se mit à sourire à nouveau, mais étrangement, un sourire qu'elle ne faisait pas forcément à TOUT LE MONDE à vrai dire. Rachel ne s'en apercevait même pas, elle passa sa main derrière une mèche de cheveux et réajusta ses lunettes qui lui donnaient un petit côté sévère.

- Enfin, non... je ne dis pas que sauver ma vie est comparable à une valeur matérialiste, ou rien d'autre, mais ...


Rachel recommençait à s'embrouiller dans ses mots, aussi bien sous le coup de la gêne qui la rattrapait mais aussi à cause de son esprit rêveur qui s'était aventuré à se demander quel livre pouvait le mieux correspondre à Adrian. Elle était plutôt spécialisée dans la littérature de jeunesse, ce qui lui permettait de limiter un peu cette petite devinette qu'elle se faisait à elle même. Mais l'étendue des réponses restait encore vague. Elle le regarda ensuite l'interrompre dans ce flot de paroles. Elle remarquait qu'il ne coupait jamais vraiment la parole, il intervenait toujours à un moment qu'il jugeait opportun, et sauvait la conversation en passant. Elle dévia le regard un moment, pour vérifier qu'il n'y avait personne autour d'eux. Elle se mit à rougir d'un seul coup, comme si elle trahissait ses pensées toute seule. Elle avait tellement peur qu'il puisse encore discerner ses pensées ! Elle avait vraiment peur de l'expression "il pouvait lire en moi comme dans un livre ouvert", car dans ce cas elle se sentirait aussi dénudée qu'à l'hôpital où il avait déjà réussi à complètement déshabillé certains de ses secrets... Rachel soupira de soulagement en constatant qu'aucun client ne les verrait d'ici. Elle ne faisait pas confiance aux gestes d'Adrian, qui recommençait à se rapprocher dangereusement d'elle.
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Message(#) Sujet: Re: Hips don't lie#Adrian Dim 24 Mai 2009 - 19:28

Adrian sourit comme un enfant quand il l’entendit bégayer. On ne bafouille pas devant une situation qui ne nous émeut pas, n’est-ce pas ? Il était donc normal de s’en enthousiasmer. Ses mains étaient toujours posées sur les hanches de Rachel. Il ne se résignait pas à les y retirer. Il préférait attendre qu’elle lui dise de les enlever, ou qu’elle le fasse elle-même. Il attendait jusqu’au dernier moment que ses parents lui disent d’arrêter de regarder la télévision et d’aller se brosser les dents. Parce que l’enfant était bien, devant sa série préférée. Et qu’Adrian était si bien, les mains posées sur elle. Les mains de la jeune femme vinrent se poser sur les siennes. Petit instant d’espoir qu’elle les laisse, avant qu’il se retrouve les deux bras ballants le long de son corps. Et elle se mit à parler. Il imaginait cette voix depuis deux semaines. Cette même voix qui lui avait murmuré tant de choses. C’était agréable. Elle l’avait appelé par son prénom, de surcroît. Cette journée s’annonçait excellente. Peut-être qu’elle accepterait de le revoir s’il réussissait sa mission, mission qui consistait à rendre Rachel encore plus éperdue dans ce qu’elle devait faire. Le but n’étant pas de la rendre mal à l’aise ni même préoccupée, mais simplement droguée à Adrian. C’était tout de même plus romantique que des médicaments. Et les médicaments, eux, ne montraient pas leur joie lorsqu’ils constataient l’attirance que Rachel avait pour eux. Adrian avait remarqué la chemise de la libraire. Ils étaient assortis, c’était joli. Il lui répondit par un sourire rayonnant. Comme si elle allait pouvoir y résister…

Cependant, son désarroi – ou son émoi, peut-être –, se changea en amicalité…écoeurante. C’était pire que tout. Son sourire niais, son attitude si gentille, comme s’il était tout le monde. Cela avait le don de l’insupporter, du moins seulement avec Rachel. Il appréciait beaucoup les gestes amicaux de ses connaissances. Oui, il avait été bien agacé lorsqu’elle avait commencé ce petit jeu avec Duncan. Lui d’ailleurs n’avait rien remarqué. Mais Adrian…préférait tant son embarras que le petit soupçon de gentillesse l’agaçait. Elle prit sa main pour la serrer. Adrian eut presque un geste de recul. Mais il était hors de question qu’il la laisse penser qu’elle gagnerait ainsi. Il baisa main d’un petit baiser du bout des lèvres, en la regardant droit dans les yeux, d’un air charmeur. Accompagné, lorsqu’il se releva, d’un clin d’œil amusé. « en t’offrant un livre », venait-il d’entendre. Lui offrir un livre ? Et puis quoi encore ? Pourquoi ne pas lui offrir le thé en compagnie de sa fille, ou mieux encore, de son mari ! Les livres étaient réservés à des clients ou à des amis. A son courtisant, on n’offre qu’un baiser. Il suffoqua en ouvrant de grands yeux.

▬ Pardon ?!

Il la vit chercher des yeux un livre à lui conseiller. Il était si surpris, si énervé. Comment osait-elle ? Ils ne s’étaient pas vus depuis deux semaines, deux malheureuses et ennuyeuses semaines. Et voilà son accueil. Une poignée de main si froide, un air qu’on accorde à tout le monde. Ne valait-il donc pas mieux qu’un autre ? Puis elle s’embrouilla de nouveau dans ses mots, maladroitement. Cela fit redescendre en flèche l’agacement du jeune médecin.

▬ Mais tu le fais quand même…

Il baissa les yeux tristement. Sauver sa vie ne valait rien d’autre qu’un remerciement, qu’elle ne s’était pas pris la peine de donner non plus. L’amour devait-il être ainsi, à sens unique ? Peut-être seulement pour le moment. Encore des espoirs. Là maintenant, la seule chose qui le calmerait eût été de la prendre dans ses bras. Mais…un rejet était inévitable. Il ne savait pas quoi faire d’autre que de la regarder dans les yeux avec un désir qui devait les faire brûler. Il n’allait pas la manger, et il le lui avait déjà dit. Peut-être que sa seule présence était dangereuse. Finalement, il arrêta de la regarder et se tourna pour fixer les livres.

▬ C’est ici que tu passes tes journées, hm ?

Et, en constatant la bêtise de sa question, il se retourna vers elle et prit ses mains.

▬ Tu m’as manqué. Fort. Et. Et je suis content d’être venu.
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Message(#) Sujet: Re: Hips don't lie#Adrian Dim 24 Mai 2009 - 20:24

Rachel voulait l'étrangler. Pourquoi devait-il à tout prix se montrer si tactile? Elle lui tendait sa main, c'était un geste amical certes mais c'était elle qui faisait le premier pas! Ne pouvait-il pas s'en contenter? Non, il était insatiable et ses lèvres qui frôlèrent la petite main de Rachel prouvaient qu'il continuait de vouloir plus. Rachel le laissa faire, en gardant ce petit sourire forcé et hypocrite. Elle répondit à son clin d'oeil par un regard des plus froids. Il devait certainement se réjouir de ces changements incessants dans son comportement. Hot and Cold. [... J'ai la chanson de Katy Perry maintenant dans la tête xD] Rachel regarda la mine presque choquée que prit Adrian en entendant sa proposition. Rachel prit une mine innocente et étonnée.

- C'est malpoli de refuser un cadeau.

Même si le cadeau était empoisonné. Rachel avait pris une voix presque autoritaire. Elle me fait flipper des fois xD xD. Rachel et Adrian se fixaient tous les deux, jaugeant chacun leurs capacités à perturber l'autre. Rachel se surprit à être amusée par la réaction agacée d'Adrian. Elle arrivait à semer le trouble dans ses pensées à lui aussi. Elle avait la position la moins facile, la femme mariée et inaccessible, il était donc plus difficile, d'après elle, de jouer avec ses sentiments à LUI.

"Mais tu le fais quand même…"

Rachel se sentit mal à l'aise d'un coup. Elle avait honte d'elle-même, c'était elle la malpolie. Ce n'était pourtant pas difficile à dire, "Merci". Rachel baissa également les yeux. Ils étaient ridicules. Elle était vraiment rassurée qu'aucun ne spectateur n'assistait à cette scène. Elle avait l'impression qu'ils étaient deux clowns s'amusant à jouer à l'arroseur arrosé à chaque rencontre. Rachel soupira et s'apprêta à prendre un livre au hasard. Le Petit Prince de St Exépury.

"C’est ici que tu passes tes journées, hm ?"

Une petite lueur joyeuse apparut dans les yeux de Rachel. Elle était passionnée par son travail, et aimait qu'on l'interroge à ce sujet. Même s'il s'agissait pour Adrian d'un moyen de changer de conversation. Rachel remarqua que malgré sa logique scientifique, il avait un esprit plutôt littéraire. Enfin, rien n'interdisait d'avoir les deux. Rachel le regarda dans un autre niveau, elle essayait toujours de voir si un client ou n'importe quelle personne correspondait avec l'ambiance du Shop Around The Corner. Elle fut assez contente de voir que Adrian fondait bien avec le décor. Elle ne savait même pas pourquoi cela la réjouissait, mais en général, elle appréciait que tout le monde se sente à l'aise dans l'environnement qu'elle avait créé.

- Oui, je tiens la librairie depuis des années. Mais j'aime ce que je fais, c'est toujours exaltant de voir un lecteur choisir un livre et... enfin, bon ce n'est pas intéressant. Enfin, si... mais pour moi, bref.

Rachel s'emballait toute seule quand elle parlait de littérature. Elle pensait que c'était le choix de nos livres qui déterminait nos réflexions futures. Et elle aimait se considérer comme le guide dans cette étape. Rachel se mordit les lèvres pour s'empêcher de trop parler. Elle n'aimait pas non plus embêter ses connaissances avec toutes ces paroles naïves. De toute manière, il en avait profité pour lui voler ses mains.

"Tu m’as manqué. Fort. Et. Et je suis content d’être venu."

Rachel se mit à trembler légèrement. Elle recula, mais il tenait fermement ses mains dans les siennes, comme s'il pressentait qu'elle voulait à nouveau s'échapper.

- Merci.

Rachel avait lâché ce mot dans un soupir. Elle baissait les yeux puis les releva doucement, pour plonger son regard dans celui d'Adrian. Elle espérait que ses lunettes masquaient son émotion. Elle avança de nouveau, timidement. Elle ne devait pas avoir peur.

- Merci de m'avoir sauvé la vie, Adrian.

Rachel ne faisait rien pour le repousser. Peut-être que c'était ça, son véritable cadeau? Elle ne le rejetait pas. Elle se sentait conne et faible. Il avait réussi à déposer un baiser sur ses mains, à caresser ses hanches brièvement, et à dérober ses mains. Et elle n'avait rien fait pour l'en empêcher. Elle savait que si Cordelia ou Deborah avaient été à sa place, une gifle serait vite partie. Enfin, non, elle n'était pas au courant pour Cordie et Adrian. Mais elle connaissait le caractère fort et spontané de ses deux amies. Rachel émit un sourire timide. Ses joues étaient légèrement rosies sous l'émotion. Elle n'arrêterait donc jamais de rougir avec lui. Elle paraissait si craintive >_<, tout son corps frémissait d'effroi à l'idée qu'il puisse vouloir encore plus. Elle voudrait savoir quoi lui donner de plus, mais elle se doutait que cela devait être loin d'être raisonnable. Rachel chuchota.

- Tu... m'as manqué aussi.

Rachel ne savait même pas si c'était vrai. Cela devait l'etre car les mots étaient sortis naturellement, comme s'ils sautaient sur l'occasion. Rachel regarda ses mains ensuite et releva à nouveau les yeux pour lui demander de la relâcher. Comme s'ils pouvaient communiquer par pensée, c'était tellement bête. Rachel n'avait pourtant pas la force de demander directement. Ou peut-être pas l'envie. Cependant elle ne disait pas qu'elle était contente de le voir. On pouvait manquer d'une personne qui nous fait peur, comme de pilules qui nous avaient déjà plongé dans un état inconscient, mais on ne pouvait être content, surtout si on avait réussi à vivre sans pendant un court moment. Rachel reprit ses mains et reprit également le livre de St Exépury que le sort avait choisi.

- Tu n'en veux vraiment pas? Cela me ferait plaisir, vraiment.

Rachel insistait. Le ton de sa voix n'était plus amical, elle restait perturbée par tous ces touchers. Elle réajusta ses lunettes noires et fixait Adrian d'un air têtu. Elle tenait absolument à ce qu'il ait quelque chose d'elle, même si c'était matérialiste et que cela ne lui donnait pas l'espoir de l'avoir ELLE un jour.
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Message(#) Sujet: Re: Hips don't lie#Adrian Dim 24 Mai 2009 - 21:32

Il regarda avec attention le livre qu’elle venait de saisir de ses petites mains pâles. Le petit prince. Il l’avait déjà lu plusieurs fois, avec la même lueur de joie qui brillait dans ses yeux tandis qu’il dévorait les pages avec frénésie. Sans doute était-ce sa solitude ou sa candeur qui faisaient du héros la reproduction romanesque d’Adrian. Blond, insouciant, et si seul. Qui croyait voir en chaque fleur le nouvel espoir de sa vie. Et qui leur donnait à boire chaque jour en croyait qu’ainsi elle lui seraient fidèles. Par hasard. Comme si le hasard était tombé sur Rachel lorsqu’elle avait pris le livre. Adrian se souvint du mouton, du serpent, de l’éléphant et de la rose. Il se remémora les étoiles et les planètes. Comme il avait été minuscule en lisant ce livre. Il avait senti l’immensité du royaume du roi et la petitesse pourtant si forte du prince. C’était tout un tas de souvenirs qui lui tombaient dessus. Il sourit, avec un air mélancolique. Il la regardait insister, rejeter de ses épines l’attention qu’il lui portait. Sauf qu’elle ne possédait pas l’orgueil de la fleur. Elle était juste orgueilleuse de sa librairie comme la fleur de sa planète. Mais elle ne demandait pas tant d’attention, elle n’espérait pas tant d’éloges. Mais Adrian, dans la passion qu’il lui vouait, ressemblait au petit prince. Il avait peur qu’elle ne se meure. Il la protégeait. Elle se mit à parler avec envie de son métier. C’était touchant. Elle prenait même soin de savoir s’il n’était pas ennuyé lorsqu’elle en parlait. Il rit un peu et releva la tête vers elle en souriant. Il n’eût pas été étonnant de voir ses pupilles en forme de cœur.

Il entendit son merci. Il l’entendit deux fois. Et il était si heureux, debout près d’elle, ses mains croisées dans les siennes. Le silence était plus fort encore. Il affectait à leurs deux visages un air doux et sensible. Perdus parmi les livres, seuls. Elle relâcha sa main, et fit mine de s’éloigner. Celles d’Adrian retombèrent doucement elles aussi, comme des plumes. Il n’arrêtait pas de sourire béatement. Il pensait sans arrêt au livre qu’elle lui conseillait. Ses doigts couraient partout dans les rayons, on voyait bien qu’elle était habituée. Il regardait ses cheveux, et il s’enorgueillit de pouvoir les voir de si près. Il les avait tant guettés ces dernières semaines. D’ailleurs, il se critiqua en lui-même d’avoir pu les confondre avec d’autres, tellement moins beaux et soyeux. Adrian passa la main dans ses cheveux dorés, pour s’aérer. Elle lui dit qu’il lui avait manqué. Adrian ne la regarda pas mais sourit. Il ne cessait de sourire avec elle. Et, même lorsqu’il ne faisait que baisser la tête un seul instant, il avait une sorte de pulsion qui lui forçait à lever les yeux. Quelque chose qui lui murmurait que peut-être était-ce la dernière fois qu’il la voyait, ou qu’elle allait ensuite s’énerver. On ne prévoit jamais. Il prit le livre qu’elle lui tendait, et la remercia. Il n’aimait pas vraiment recevoir des cadeaux, cela le mettait mal à l’aise. Il avait l’impression que c’était comme un dû. Il ne voulait pas qu’elle lui offre ce livre parce qu’il l’avait sauvée.

▬ Merci. Je l’ai déjà lu, il y a très longtemps. Mais c’était dur de m’imaginer la rose. Maintenant ce sera plus facile. Belle, maladroite, vive, émotive, avec des petits piquants qu‘elle sort de temps en temps. On fait vite le rapprochement. dit-il soudain, avec une voix légère.

Il se retourna lui aussi vers les étagères et leurs livres. Il retrouvait quelques noms qui lui étaient familiers. Il en prenait quelques uns, les feuilletaient et les reposaient. Lui aussi se sentait en sécurité parmi tous ces livres. Chaque histoire était différente. Et il avait bien une fin, quelque chose qui la différenciait des autres. Une liasse de papiers traînaient là. Il souvint la première fois qu’il avait vu Rachel, comme si à cet instant le papier venait juste de commencer à être écrit. Puis il prit le Petit Prince, le feuilleta et sourit. Elle ne pouvait pas voir ce qu’il faisait, ni même s’il souriait, mais il se cachait d’elle parce que chaque fois qu’il la regardaient encore c’était plus intense.

▬ Le Petit prince aussi est amoureux de la rose, lâcha-t-il soudain en se retournant. Il prend soin d’elle. Il la préserve du vent. Il est con, mais il est attachant. Non ?

Il revint près d'elle.
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Message(#) Sujet: Re: Hips don't lie#Adrian Dim 24 Mai 2009 - 22:25

Qu'est-ce donc que le hasard? Surtout dans un lieu que Rachel connaissait si bien? Surtout en connaissant le caractère organisé et consciencieux de la jeune femme? Elle devait savoir qu'elle se trouvait à l'étagère des auteurs dont le nom commencent par un "S". Elle devait savoir que ce livre spécialement se trouver dans ce rayon. Ses mains se baladaient d'un air nonchalant parmi les bouquins, cherchant à désigner quel serait le livre pour Adrian. Etait-ce vraiment le fruit du hasard? On ne pouvait savoir. Rachel refuserait d'avouer ses secrets. Elle faisait le même coup à d'autres personnes qui entraient dans sa librairie, perdus, sans savoir ce qu'ils cherchaient réellement. Et Rachel leur apportait une réponse "au hasard". Et Rachel misait toujours sur le bon livre. C'était comme au poker, elle était une bonne joueuse car elle avait une bonne intuition et l'art de ne rien laisser paraître.

Rachel n'était pas émoustillée lorsqu'il lui faisait son supposé "sourire ravageur". Elle préférait ce sourire-là, béat et infantile, qu'il esquissait alors qu'elle le remerciait deux fois, pour essayer de compenser le fait qu'elle ne l'avait pas du tout remercié pendant plus de deux semaines. Rachel ne vit pas la moindre rancune dans les yeux d'Adrian, il semblait heureux qu'elle le remercie, mais il était comme elle, il ne montrerait pas la peine qu'il ressentirait si elle ne l'avait toujours pas fait. Donner, sans rien attendre en retour? Rachel fonctionnait comme cela en tout cas. Adrian un peu, mais il avait beau répéter qu'il ne voulait pas l'avoir ELLE, elle savait qu'il voulait quand même quelque chose en retour de toute la preuve de son affection. Est-ce que des regards troublés, des frissons camouflés et des confessions hésitantes lui suffisaient? C'était tout ce qu'elle consentait à offrir, et cela sans s'en rendre compte en plus. Sans oublier le livre du Petit Prince à présent !

"Merci. Je l’ai déjà lu, il y a très longtemps. Mais c’était dur de m’imaginer la rose. Maintenant ce sera plus facile. Belle, maladroite, vive, émotive, avec des petits piquants qu‘elle sort de temps en temps. On fait vite le rapprochement."

Rachel ne savait que dire. Etre comparée à la Rose du Petit Prince était particulièrement touchant, surtout que la jeune femme aimait beaucoup ce livre qu'elle lisait et relisait à Samantha plusieurs fois. Elle aimait la candeur du Petit Prince et son esprit un peu décalé par rapport aux rencontres qu'il faisait. Elle le comprenait au plus profond d'elle mais restait toujours interloquée face aux questions et remarques qu'il sortait. Rachel ravala sa salive et dévia le regard vers son bloc notes. Elle fit mine de reprendre son sérieux et se focalisa sur les notes de son inventaire. "Belle, maladroite, vive, avec des petits piquants qu'elle sort de temps en temps"... Rachel secoua la tête avec un petit sourire presque désemparé face à l'esprit romantique d'Adrian.

"Le Petit prince aussi est amoureux de la rose. Il prend soin d’elle. Il la préserve du vent. Il est con, mais il est attachant. Non ?"

Rachel ne leva pas les yeux de son travail. Elle réajusta ses lunettes (L), et haussa des épaules. Elle ne l'avait pas vraiment regardé lorsqu'il s'était mis à promener ses yeux parmi les livres du rayon. Elle s'était même FORCEE à ne pas le regarder. Et cela devenait presque du défi, car plus elle continuait à le connaître plus elle n'arrivait pas à détourner son regard de lui.

- Lui est amoureux, oui. Et oui, lui est attachant.

Elle insistait bien sur "LUI" xD. Rachel se mit à griffonner sur ses notes, en essayant de trouver une solution à sa nouvelle organisation de la librairie. Elle marchait de gauche à droite doucement, en boitant légèrement, mais s'en s'en rendre compte, tellement concentrée sur son travail et sur les paroles d'Adrian. Elle arrivait apparemment à concilier les deux. Pour le moment.


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Message(#) Sujet: Re: Hips don't lie#Adrian Mar 26 Mai 2009 - 18:30

▬ Finalement non. Il en est pas amoureux. Ça le rendrait vulnérable. Il est juste…tombé sous son charme – oui voilà, ça correspond mieux. Mais ce qui fait la beauté de l’œuvre c’est qu’on se sent tous concernés par elle, non ? Tous les mecs ont quelque chose de lui, et toutes les femmes…du moins les plus raffinées, ont quelque chose de la rose. Donc ça ne change pas grand chose que ce soit LUI.

Adrian la regarda mettre ses lunettes. Avec cette autorité dont elle transpirait souvent. Et, en y réfléchissant il en vint à se dire que toute sa vie était domptée par cette envie de contrôle. Mère, libraire, joueuse de poker, que de tâches où il fallait exceller dans l’art du bluff et de l’exigence. Et avec lui, c’était si différent. On ne savait le dompter ni même lui mentit, alors elle l’évitait. C’était plus facile de fuir ou de se mettre en colère pour masquer les réels sentiments qui devaient la submerger. Le jeune homme venait de s’en rendre compte et il sourit en lui-même de cette découverte. Cela la rendait vulnérable, et lui plaisait. Il aimait, inconsciemment, à jouer des rôles qui pourraient le rendre utile. Une relation où il n’avait rien à apprendre à lui et l’autre ne servaient à rien, et le menaient irrémédiablement vers l’ennui et la séparation. Alors qu’à la seule idée qu’elle puisse s’éloigner, il frémissait de pouvoir la reconquérir. Ils étaient tous les deux en train de réfléchir, dos à l’autre, certainement pour se cacher. Chacun promenait ses yeux sur les étagères où s’alignaient des innombrables rangées de livres. Adrian se tourna finalement vers Rachel. Elle semblait occupée à regarder toute la librairie. Elle devait en être fière.

Finalement, il eut une idée. La jeune femme ne le regardait pas, et le plancher ne grinçait pas. Il s’éloigna doucement de son coin et alla se cacher derrière l’étagère que Rachel scrutait. Il était presque à côté d’elle, mais cette masse imposante les cachait. Quelques clients le regardaient étrangement, comme s’il eût sorti de nulle part, parce que de l’entrée on n’apercevait pas l’endroit dans lequel les deux personnes étaient.C’était plutôt Adrian qui les trouvait ridicules, toutes autant qu’elles étaient à le dévisager. Comme si elle n’avaient pas connu l’amusement depuis leur éviction de l’enfance. C’était d’une tristesse affligente. Adrian, lui, profitait de chaque minute pour redevenir petit. Et cela lui réussissait bien ; il était heureux, insouciant et immature. Mais il avait un travail et les plus sévères figures de l’Amérique ne pourraient pas critiquer son ascension sociale. Le médecin arrêta de les fixer et se retourna avec un visage espiègle pour observer le petit coin tranquille où Rachel s’approvisionnait en littérature. Elle faisait la mine de ces bébés qui regardent avec attention ce qui leur est encore inconnu. Cette moue adorable qui enfantine leurs yeux. Il profita qu’elle soit retournée pour se glisser derrière elle.

Il remarqua qu’elle était en train de lire un ouvrage qu’il avait étudié au lycée ou à la fac. Sûrement au lycée, pensa-t-il, parce que la faculté de médecine offrait très peu d’instants de lecture à ses futurs scientifiques. « Sense and Sensibility ». Il sourit, peu étonné de son choix. Cela lui ressemblait tant. Au lycée, il avait trouvé ce ligne assez beau, plutôt bien écrit. Mais il s’était refusé à l’avouer. Il était un peu trop…idiot pour juger qu’un livre romantique et adressé à un lectorat féminin était beau. Il était si imbus de sa personne à dix-sept ans. Il se positionna donc comme à son arrivée, et souffla contre son cou pour la faire frissonner. Un loup soupir calme et doux qui allait caresser sa peau diaphane là où il aimerait l’embrasser. Il dit en chuchotant, d’une voix suave :

▬ Oh. Ça m’étonne pas que tu aimes ce livre. Des filles qui se battent pour leurs idées. Pourtant sages et passionnées. C’est pareil, non, que ce soient ELLES ou toi ? Vous avez le même calme qui cache pourtant plein de choses. C’est envoûtant.

▬ Mais j’aime pas me dire qu’elles sont malheureuses. C’est nul. Je préfère me dire qu’il leur faut juste un homme pour avoir une vie plus romanesque. Le dessin, le piano, le mariage…C’est bien. Mais c’est pas comme ça qu’on s’amuse et qu’on est heureux. Mh. Mais c’est juste ma vision.
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Message(#) Sujet: Re: Hips don't lie#Adrian Mar 26 Mai 2009 - 19:18

Rachel l'écouta défendre le Petit Prince comme s'il parlait de ses propres sentiments. Rachel l'écoutait avec attention, ne perdant pas une miette de ses paroles. Elle savait qu'elle se les réciterait cette nuit en attendant Don, sans qu'elle ne sache pourquoi. "et toutes les femmes... du moins les plus raffinées", Rachel se mit à sourire légèrement. Cela pouvait s'appliquer également aux hommes, non? Pas tous avait l'innocence du Petit Prince ni même son côté protecteur. Elle ne disait pas qu'ils étaient rares, elle avait trop confiance en l'être humain pour être cynique, mais elle avait conscience que pas tout le monde avait la chance de ne connaître que des héritiers de ce personnage si attachant, et Adrian en faisait parti... Et pas seulement à cause de la ressemblance physique xD.

Rachel ne dit rien. Pourtant ce n'était pas l'envie qui l'en empêchait. Elle voulait le submerger de questions, qui la tracassaient depuis des jours, voire des semaines! Mais à chaque fois qu'elle se retrouvait devant lui, elle oubliait ce qu'elle voulait dire et était dépassée par son attitude. Oui, Rachel aimait contrôler, être maître de la situation. Cela pouvait être légèrement inquiétant des fois même. Et rencontrer cet élément perturbateur - Adrian - risquait de compromettre fortement le monde qu'elle s'était créée. Si ce n'était pas déjà fait. D'ailleurs, elle espérait qu'il ne bouleverserait pas sa librairie. C'était plus que son foyer, c'était son essence, son âme, l'esprit de sa mère aussi. Son arrivée dans la librairie avait déjà un peu chamboulé l'ordre des choses - elle était supposée TRAVAILLER! - donc bon...

Rachel le perdit de vue soudainement. Elle se demanda s'il jouait à cache-cache. Inutile de dire qu'elle n'irait pas le chercher. Le pauvre, était-il destiné à toujours se cacher dans l'espoir qu'un jour elle vienne le trouver? Rachel à la place trouva un livre qui dépassait hors de la rangée de livres. Elle s'apprêtait à le remettre droit comme les autres lorsqu'elle lut le titre. Son livre préféré, Sense and Sensibility, un livre romantique anglais écrit par la grande Jane Austen. C'était en effet le stéréotype du livre "pour filles". Histoires d'amour, de rêves, de moralité, de vie rangée... l'idéal d'une femme comme Rachel. Elle se retrouvait dans les craintes d'Elinor, dans sa patience et son caractère raisonné... mais aussi dans ses sentiments confus pour le jeune Edward. Elle admirait la grâce d'Elinor dans cette relation plus que compromise. Elle admirait son courage d'aimer un être aussi absent. Rachel sursauta au sens propre lorsqu'Adrian refit surface, juste derrière elle. Elle sentit ses mots se poser sur son cou, et grimper au sommet de son crâne comme une migraine impossible à apaiser. Toujours la comparaison avec une maladie. Rachel sentait sa respiration faiblir petit à petit, tandis qu'elle gardait les yeux fixés sur les mots d'Elinor à Edward. Elle devait avoir la force de Jane Austen et garder son calme! Pourtant, tous ses sens étaient en alerte. Elle l'imaginait déjà se rapprocher d'elle encore plus, et craignait qu'il le fasse, car elle ne pouvait par contre pas prévoir comment ELLE réagirait. Serait-il encore plus "envoûté" s'il savait en réalité à quel point elle manquait de perdre son calme là? Elle tourna légèrement la tête sur le côté pour que ses yeux aient un aperçu du démon tentateur derrière elle, tandis que le livre qu'elle tenait se mettait à trembler légèrement. Elle chuchota doucement.

- C'est quoi alors ta vision du bonheur?

C'était comme si elle lui demandait de le faire partager. Elle sentit sa gorge s'assécher, comme si ses mots lui avaient demandé beaucoup de force pour réussir à les sortir. Elle soupira ensuite, et se maudit intérieurement d'avoir lâché ce signe qu'elle était troublée. Rachel détourna le visage et ferma le livre pour le remettre dans l'étagère. Elle croisa les bras, toujours dos à Adrian.

- Tu penses que tu serais vulnérable si tu tombais amoureux?

Rachel émettait une supposition au "hasard", comme si elle présumait qu'il n'avait jamais eu cette émotion avant. A vrai dire, elle voulait savoir s'il avait déjà aimé. Les femmes comme Rachel ne posaient jamais directement leurs questions, elles usaient de chemins plus longs et plus subtils. Elle se retourna doucement pour regarder Adrian dans les yeux, cherchant à deviner peut-être elle aussi ses secrets? Elle avait deviné qu'il avait perdu des proches et elle avait eu la réponse à sa question grâce à ce jeu d'adolescent Action ou Vérité. Peut-être que ce jeu marchait aussi sans qu'on y joue vraiment?

- Je suis mariée et heureuse. Cela n'a rien avoir avec le fait d'être mariée, on aurait très bien pu ne pas le faire et j'aurai quand même été SA femme.

Rachel se retourna pour regarder Adrian dans les yeux. Elle s'avançait, proche de lui, même si sa conscience hurlait de ne pas le faire. Elle en avait un peu marre d'écouter ce que sa morale lui dictait. Là, sur le moment, elle avait envie de SAVOIR.

- Dis-moi ce qu'il faudrait que je fasse pour que j'arrête de t'envoûter?

... ou Dis-moi comment je peux me débarrasser de toi? xD En quelque sorte, elle insinuait ça. Mais elle semblait se poser la question à elle-même aussi. Elle avait tout essayé, la froideur, la fuite, l'ignorance, l'indifférence, l'amitié, la colère... et il s'entêtait à être captivée par sa personne. Elle ne pensait pas que sa beauté pouvait compenser tous les obstacles qu'elle posait. Elle ne pensait pas non plus que c'était justement les obstacles qui le faisait revenir à la charge. Rachel ne le quittait pas des yeux, envoyant un regard perdu et presque désespéré.
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Message(#) Sujet: Re: Hips don't lie#Adrian Mar 26 Mai 2009 - 20:42

Sa vision du bonheur ? Il n’y avait jamais réfléchi. Il n’en savait trop rien. S’amuser peut-être mais…Cela relevait plus de la joie. Et la joie n’avait jamais été qu’éphémère. Il était hors de question qu’il ne réponde rien ou quelque chose d’imbécile. Rachel avait dû tant lire qu’il lui fallait une vision complète, même si, forcément, un peu idéaliste. Adrian restait Adrian. Il continua dans sa lancée, et finit par chuchoter, toujours de sa voix lascive :

▬ Ma vision du bonheur…C’est toujours viser plus haut, et toujours réussir à atteindre mes objectifs. Me lancer des défis. Savourer la vie et la croquer chaque jour. Faire mon travail et m’y donner à fond. Sauver des vies. Surtout quand elles s’appellent Rachel. M’amuser et vivre toujours différemment. Ouais. En fait c’est assez long comme liste mais si c’était trop facile ce serait pas du bonheur.

Puis, en entendant sa question suivante, il fut troublé. A cela non plus, il n’avait pas réfléchi. Il se demandait quel était cet interrogatoire surprise. Une façon de le mettre à l’aise, ou, pour être plus optimiste, de le connaître davantage ? Peut-être aussi que par ces questions, elle cherchait à mettre fin à ces frissons, ou à ces sortes de maux qui l’envahissaient soudain lorsqu’il s’approchait d’elle. Mieux valait-il les résoudre par cela plutôt que par la fuite puisqu’elle était sur son lieu de travail. Aujourd’hui, ce serait à Adrian de partir s’il avait à le faire. Et cela resserrait l’étau sur Rachel qui par conséquent était coincée entre son travail et ses valeurs. Trahir son mari, ou lâcher son commerce. Quel choix difficile. Il souriait déjà de la voir hésitante.

▬O..Oui. Sûrement. Enfin, vulnérable si c’était pas réciproque. Je dépenderais de l’autre. Mais plus fort encore pour avoir la conquérir. Je laisserais jamais tomber…

Il insinuait qu’il ne laisserait jamais non plus tomber Rachel ni l’attention qu’il lui portait. Il fallait bien plus que de l’amour pour qu’il se résolve à la freiner. Il n’allait répondre s’il avait déjà aimé mais sans doute la réponse se lisait-elle dans ses yeux. On ne pouvait prétendre avoir aimé lorsque ce n’étaient que des illusions. L’amour, le vrai, il espérait du moins, surpassait l’envie du bonheur ou du couple. Il détruisait l’image du couple illusoire mais il en bâtissait une autre, différente, mais qui était au moins véritable. Adrian attendait une autre question, car elle se retourna en le regardant dans les yeux? Il était toujours soufflé lorsqu’elle faisait cela. C’était intidimidant ! Elle se retournait, elle envoyait valser son charme sous son visage, elle opposait ses yeux aux siens…C’était difficile à recevoir sans traduire une émotion quelconque.

▬ Oh, mais je dis pas le contraire, dit-il paisiblement. Mais c’est pas ça ce dont j’ai envie. Une destinée, un homme, gna gna…Moi je veux pas me dire « c’est elle ma femme, je le sais et c’est irrémédiable. ». Moi, je veux avoir à me dire chaque jour : « hier était fabuleux, je veux recommencer demain. ». Et avoir, chaque jour, à me surpasser pour lui plaire. Partir en voyage, même s’il y a pas d’occasion, se faire un resto même si on meurt sous le travail. Ça, c’est ma conception du couple, ptéte un peu euh, trop illusoire, mais j’men fiche.

Il la vit s’avancer vers elle et sourit gentiment. Osait-elle enfin l’approcher ? Mais elle bravait l’impossible ! Il ne la reconnut pas dans ce geste mais en fut enchanté. Il pouvait sentir d’encore plus près son parfum et frôler ses épaules et ses bras. Elle était douce. Mais il n’y avait pas que sa beauté qui faisait passer outre les obstacles qu’elle posait. Elle aurait pu être laide et pourtant bien plus charmante qu’une autre. Son refus catégorique la rendait déjà bien plus belle que n’importe quelle autre femme facile. Son corps, à mesure qu’elle l’éloignait, prenait de la valeur et de la beauté. Il la regarda dans les yeux, et lui dit de façon désinvolte :

▬ Comme si j’allais te le dire…Ce serait trop facile. Mais je dirais qu’à part…Il réfléchit quelques instants. Nan, en fait, désolé. Mais c’est mort. Y’a plus aucun moyen. Parce que bon, plus tu me renvoies mes sourires dans la face et plus tu m’intrigues et tu m’attires, et si tu les acceptes euh, je sais pas trop ce que je vais faire mais certainement pas laisser tomber, bien au contraire. Après, reste l’éloignement. Mais je suis assez têtu pour lancer un avis de recherche…Donc voilà :D
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Message(#) Sujet: Re: Hips don't lie#Adrian Mar 26 Mai 2009 - 21:15

Elle se mit à être prise d'un fou rire. Ses yeux se plissèrent légèrement et elle faisait une petite moue avec ses pommettes (L): (L) xD.
Elle se rendit compte de la frénésie de ses questions. Et fut assez étonnée de la vivacité d'esprit d'Adrian, qui enchaînait réponse sur réponse. Elle posa sa main sur son coeur et son autre main sur le ventre, comme si des papillons s'amusaient à l'intérieur de son estomac.

- Désolée... *rires* pour toutes... ces questions.

Elle ne paraissait pas désolée pour le moins du monde. Comment pouvait-on s'excuser de laisser échapper un si joli rire? Elle croisa le regard d'Adrian qui semblait amusé mais aussi interloqué par cette soudaine réaction. Elle sentit son corps perdre l'équilibre sous le coup de cette joie soudaine. Elle sentit sa jambe faire un petit pincement comme pour lui rappeler le monde réel. Elle eut une impulsion et posa sa main sur le bras d'Adrian pour ne pas tomber. Ah, ce pauvre bras qui avait subi tant de châtiments corporels x) xDDD. Rachel regarda derrière elle, comme si elle pouvait voir sa jambe en le faisant. Elle tourna à nouveau la tête, en regardant Adrian de nouveau avec ses yeux rieurs.

- Dernière question, promis.

Rachel ne lâcha pas le bras d'Adrian. Elle ne se rendait pas compte en fait, elle était submergée de curiosité. "Sauver des vies. Surtout quand elles s’appellent Rachel. "

- Pourquoi... tu m'as... sauvé la vie? Comme ça... je veux dire... les pompiers ne versent pas des larmes pour éteindre les incendies.

Elle garda ses yeux rivés dans les siens, avec une douceur sans faille. Elle ne pouvait pas s'empêcher d'être reconnaissante après tout. Et la reconnaissance de Rachel l'entraînait à avouer toute la tendresse qu'elle ressentait vis a vis de ce -maudit xD- personnage. Elle était assez exaspérée qu'il veuille continuer à la chercher. Elle savait qu'il finirait par s'amouracher d'une autre, ce n'était qu'une question de temps, et de chance. Mais le fait qu'il était venu jusque son lieu de travail prouvait bien qu'elle avait affaire à une vraie tête de mule! Rachel secoua la tête et baissa les yeux après avoir posé sa question. C'était si gênant de poser ces questions, mais aussi de savoir que cela devait le mettre à l'aise. Elle n'aimait pas mettre les gens mal à l'aise ni les assommer de questions ennuyeuses. Mais il éveillait maintenant en elle l'envie de le connaître. C'était étrange d'être aussi franc. Don était tout l'inverse, très secret et il fallait toujours faire attention pour ne pas le brusquer. Là, elle ne se sentait pas... bridée. Elle pensait à elle d'abord, comme l'égoïste qu'elle n'avait jamais été. Elle culpabiliserait bientôt pour l'avoir fait, elle restait Rachel après tout!
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Message(#) Sujet: Re: Hips don't lie#Adrian Mar 26 Mai 2009 - 22:09

Il lui sourit avant de répondre avec gaieté :

▬ Ça me dérange pas :D. J’aime bien les questions !

Il s’abstint de préciser : « les tiennes ». Ce qui, forcément, changeait les choses. Il n’aurait pas répondu à des questions de…Il regarda autour de lui et se dit qu’il n’aurait donc pas répondu à des questions de la dame aux cheveux gris qui cherchait son journal, ni même de cet homme, sûrement père de famille. Ni même à la jolie femme qui attendait un livre. C’étaient juste celles de Rachel, ponctuées par ses rires craquants et ses expressions faciales qu’il appréciait tant. Son rire n’en valait pas cent. Le provoquer était comme une réussite, mieux qu’un trophée ! Elle avait, comme elle venait de lui dire, une dernière question à lui poser. Le mot « dernière » lu fit un peu peur. Après, qu’y aurait-il ? Et la question, pour finir, serait-elle au moins intéressante ? Il supplia qu’elle la concernât. Puis elle vit qu’elle commença à tomber et commença par rire. Il était toujours au bord des larmes de rire lorsque quelque’un tombait. Il adorait regarder ces jolies femmes aux talons aiguille dans la rue glisser et s’étaler lamentablement contre le troittoir. Certaines, énervées, se relevaient sans rien dire et c’étaient elles les plus drôles ; leur dignité était si chère qu’elles refusaient même de rire de leur ineptie. Elle posa sa main sur son bras. « Elle posa sa main sur son bras !! ». Adrian retint sa joie. « Même, se dit-il, qu’elle la garde sur mon bras ! ». La question était compliquée. Fallait-il qu’il y mette tout son cœur ? Qu’il se retienne ? Ou bien qu’il plaisante ?

▬ Je..je t’ai sauvée pour plein de choses. Mh. Euh, liste non exhaustive, précisa-t-il.1, parce que j’ai vu ta maison brûler et je pouvais pas me dire que t’allais y rester. Enfin, j’aurais toujours culpabilisé et que je laisse pas quelque’un là-dedans. 2, parce que je me…me sentais responsable de toi et que ben voilà… 3, parce que je fais pas confiance aux pompiers. Ils te considèrent comme une victime ; moi je te considère comme une femme, que j’aime beaucoup en plus. 4, parce que j’en ressentais le besoin. Et..c’est tout. Enfin, je pense que c’est un ensemble…

Il ne dit pas qu’il ne voulait pas que son mari la sauve. Il y avait pensé pourtant. Mais il se doutait que ce n’était pas une chose à dire. Lui, médecin, qui avait passé beaucoup de temps avec elle, qui en avait pris soin, qu’il avait amusée…elle méritait d’être sauvée par lui. Et c’était une raison pour rester avec elle toute la nuit et s’endormir près d’elle, bercée par son souffle régulier. Il jeta un coup d’œil vers sa main qui tenait son bras. Il releva la tête vers elle avec un sourire heureux. Il s’assit sur le tabouret qui était à côté d’elle, mais fit en sorte qu’elle ne lâche pas son bras. Ils s’engageaient dans un duel de regards assidus. C’était beau.

▬ Et, hm…Ta jambe va mieux ? Enfin, c’est pas trop brûlé j’espère ?

Il fit une petite moue appréhensive. D’avoir sa main près de la sienne, cela le rendait vulnérable…C’était si étrange, il était tout petit, il se sentait minuscule, en insécurité. Il avait peur qu’elle aille mal, peur qu’elle lâche son bras, peur de devoir partir. Il était assis face à elle, comme si elle pouvait le dominer, et si se terrait sous cette sensation incertaine dans laquelle il s’était conforté. Si seulement il pouvait se lever et l’embrasser avec fougue, et redonner à la situation sa part d’ardeur qui manquait au plaisir. Il finit par glisser son bras jusqu’à sa main pour la saisir doucement. Il la regardait toujours. S’il avait confiance en elle, il voulait que ce soit réciproque. Qu’elle ne craigne pas qu’il tenterait quelque mouvement brusque. Qu’elle s’habitude juste à sa présence énigmatique qui lui souriat tout le temps et qui parlait avec entrain.
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Message(#) Sujet: Re: Hips don't lie#Adrian Mar 26 Mai 2009 - 22:38

Rachel cessa de rire doucement, pas subitement non, elle laissait son rire retentir et se dissiper dans un écho. Elle attendit que le calme revienne en elle et s'aperçut qu'Adrian jetait des coups d'oeil autour d'eux. Elle en avait oublié le monde qui passait et vivait loin de leur bulle. Rachel reporta son attention sur sa propre main qu'elle avait laissé sur le bras d'Adrian, tout en l'écoutant répondre à sa "dernière" question. Elle était surprise par son propre geste. D'ordinaire c'était lui qui se montrait tactile et avenant envers elle. Ce n'était pas un geste de séduction à laquelle elle s'adonnait, non non, elle s'était réellement sentie tomber et cherchait une épaule sur laquelle s'appuyer. Mais rien n'expliquait qu'elle y laisse sa petite main douce et délicate. Elle regarda Adrian, en essayant de percevoir ses sentiments. Comment? Il semblait ne pas trembler, ni éprouver la moindre des émotions qu'elle avait pu lui décrire à l'hopital. Elle se sentit blessée d'un seul coup. Et naïve surtout.

"3, parce que je fais pas confiance aux pompiers. Ils te considèrent comme une victime ; moi je te considère comme une femme, que j’aime beaucoup en plus. "
De toutes les raisons qu'il énumérait, c'était celle qui lui faisait le plus plaisir. Elle n'aimait pas qu'on la prenne pour une "victime", en effet. Le geste d'Adrian n'avait pas été motivé par la pitié, c'était ou bien pour son propre intérêt (passer pour le héros et tralala...) ou bien... pour X raisons inexplicables. Et pourtant, il tentait d'apporter une réponse à ses questions qui parfois n'attendaient pas réellement de logique. Rachel hocha de la tête et souffla "Merci" à son oreille, tandis qu'il s'asseyait sur le tabouret. Elle s'était penchée vers lui gentiment, et s'apprêtait à récupérer sa main, et le reste de sa vie.

"Et, hm…Ta jambe va mieux ? Enfin, c’est pas trop brûlé j’espère ?"

Il lui attrapa la main délicatement, sans qu'elle s'en aperçoive, trop concentré à préserver les apparences:

- Oui, ça va mieux.

Elle ne mentait pas vraiment. Mais disons que ses pilules l'aidaient à moins ressentir la douleur x). Elle soupira et le regarda de sa hauteur. C'était étrange, normalement c'était elle qui se sentait petite et dominée par ses tentatives incessantes. Elle perçut dans son regard son inquiétude et également sa crainte... Elle ne savait pourquoi il avait cet air apeuré, alors que c'était ELLE qui devrait être effrayée qu'il lui avait pris à nouveau sa main.

- T...tu..tu me fais peur.

Rachel avait déclaré cette phrase d'une voix toute timide >_<. Elle baissa les yeux, en sentant le regard d'Adrian continuer à lui caresser le visage. Elle se sentait terriblement mal. Elle aimait... ce contact. Et elle avait mal pour Don, très mal. Elle ne savait pas qu'elle pouvait être ce genre de femmes, jamais satisfaites de leur vie, et jamais satisfaites de l'amour qu'un homme leur portait déjà. Elle se mordit les lèvres, consciente qu'elle devait arrêter Adrian avant.. avant qu'il ne soit trop tard, avant qu'elle ne devienne réellement accro. Même si elle ne voulait pas. Rachel Menken, une égoïste. Qui l'aurait cru?
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Message(#) Sujet: Re: Hips don't lie#Adrian Mar 26 Mai 2009 - 23:08

Il fut rassuré que sa jambe aille mieux. Il fronça les sourires pour savoir si elle ne mentait pas – c’était bien son genre – puis constatant qu’elle n’oscillait même pas, il sourit en guise de contentement. Il ne pouvait pas vraiment savoir, à la librairie, si elle avait ou non une brûlure conséquente. Une prochaine fois, peut-être, se dit-il.Elle le regarda soudain étrangement, devant son regard. Ils étaient tous les deux déboussolés par la situation. Ils avaient presque échangés leur rôle. Bien que, en constatant l’ambigüité de leur relation, on ne pouvait pas réellement affirmer qu’ils avaient chacun un rôle attitré. Il écarquilla ses yeux, et se mordit lui aussi les lèvres. Il eut peur d’avoir fait une bêtise. Il grimaça avant de lui lâcher la main.

▬ Je suis désolé…

En réalité, il ignorait la raison pour laquelle il présentait ses excuses mais devant sa peur, il ne savait que répondre d’autre. Il se sentait responsable de sa timidité, de la culpabilité qui devait la ronger. Il se sentait presque coupable de l’avoir entraînée dans ce rythme infernal, entre désir et colère, joie et dégoût. Il regardait le sol, gêné, ne sachant plus où se cacher. Ils étaient face l’un à l’autre et Adrian se sentait misérable. Peut-être n’aurait-il pas dû ? Pas dû la regarder, lui sourire ; peut-être n’aurait-il pas dû la vouloir. Mais il n’avait pu le contrôler, et c’était si compliqué à gérer. Tout ce déferlement grotesque de sentiments qui venaient bousculer ses habitudes. Cela était bien plus rude à faire que de la sauver. Car, à cet instant, ils étaient tous les deux en péril. Et ils ignoraient si l’un deux pouvait sauver l’autre.

▬ On t’a déjà dit que tu étais belle quand tu faisais cette petite moue ?

Il avait dit cela sans pouvoir le contrôler. Ses mots ne s’étaient pas retenus, ils avaient forcé le passage ! Il se rendit compte quelques instants plus tard de son erreur – du moins il la considérait comme telle – et mit sa main devant sa bouche. Il ouvrit des yeux plus gros encore que la fois précédente. Il se sentit soudain très idiot, presque grossier, alors qu’il l’avait seulement complimentée. Que fallait-il faire maintenant ? Partit , Quitter la pièce en prétextant une urgence ? Ou rester là, à la contempler, à attendre un dénouement ? Une nouvelle sans chute perd sa beauté. Il craignait qu’en partant il ne manque l’essentiel. C’eût été si dommage de perdre pareille occasion.

▬ Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire – J’ai vu tous les soleils y venir se mirer…Louis Aragon…Tu dois connaître… Il avait balancé cela au hasard, pour essayer d'embrayer faire un sujet littéraire. Peut-être lui expliquerait-elle des choses. Je suis pas doué pour ces trucs là mais je trouve ça véridique. Il est fort, ce mec. Je l'aurais pas dit comme ça, moi. chuchota-t-il.

Han...Je raconte que de la merde...
se dit-il.

Il était toujours assis, à regarder les livres, à en chercher un qui pourrait peut-être lui permettre de changer de conversation, ou d’esquiver ces longues minutes de pensées. Dans ces instants, elle était néfaste. Elle réduisait toutes les chances à néant. peut-être l’aurait-elle embrassé s’il n’y avait pas eu cet affreux silence ! Quel gâchis. Mais il réfléchissait à plein de phrases dans sa tête, et elles semblaient toutes trop romantiques ou trop colériques, toujours escessives. Il n’y avait peut-être aucune échappatoire à leurs hésitations. Rachel allait peut-être tenter quelque chose ? De parler, de lui demander de quitter la pièce ? Et il reviendrait de plus belle. Il ne savait plus rien.
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Message(#) Sujet: Re: Hips don't lie#Adrian Mar 26 Mai 2009 - 23:41

Rachel ressentit un soulagement en récupérant sa main. Il n'avait pas forcé ni rien, et c'était là un bon point pour Adrian xD. Elle ne lui en voulait pas, ce n'était pas de sa faute si ... si... ils en étaient là. Là. Cet endroit caché à l'abri des regards indiscrets, cet endroit où ils se regardaient comme deux enfants cherchant à se découvrir, cet endroit où ils se testaient l'un l'autre à leur manière, cet endroit ils étaient finalement trop apeurés pour essayer.
"On t’a déjà dit que tu étais belle quand tu faisais cette petite moue ?"
Quelle moue? Cet air timide? Triste? Désolé? Coupable? Egoiste?

- N... non.

Rachel dévia le regard et tourna le dos à Adrian. Elle croisa les bras comme si elle se donnait une étreinte à elle-même. Elle se sentit très seule d'un seul coup. Elle n'avait jamais ressenti cela avant. Même lorsque sa mère était décédée, elle savait que ses amis étaient là pour elle. Même lorsqu'elle avait cru finir dans cet incendie, elle avait vu l'ange de la Mort (ou de la Vie) lui tenir compagnie. Mais c'était dans ce moment de culpabilité qu'elle se sentait très seule. Alors qu'elle n'avait rien fait, cette petite femme ><. Elle ne savait comment décrire les sentiments qu'elle éprouvait pour le jeune homme, mais "dangereux" n'était pas si éloigné. Rachel ne savait pas que Don avait lui-même des relations plus que ambigües avec certaines femmes. Elle ne savait pas qu'il avait déjà touché le corps d'une autre femme. Mais là, c'était différent. La trahison allait être différente. Elle ne céderait pas à une tentation charnelle, mais à plus encore, elle le sentait. Alors qu'ils n'avaient encore rien fait, elle était déjà pleins de remords. Ce n'était pas lui qu'il fallait s'inquiéter dans cette histoire, comme elle était bête, c'était elle-même qui allait souffrir. Son petit coeur fragile avait déjà bien du mal à respirer, alors s'il venait à être défié...

"Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire – J’ai vu tous les soleils y venir se mirer…Louis Aragon…Tu dois connaître… Je suis pas doué pour ces trucs là mais je trouve ça véridique. Il est fort, ce mec. Je l'aurais pas dit comme ça, moi."

Et comment les dirais-tu?
Rachel ferma les yeux, enivrée des mots d'Adrian. Elle aimait sa maladresse, sa candeur, celle que... qu'elle-même possédait parfois lorsqu'elle s'adressait à lui! Elle essaya de s'imaginer loin d'ici, chez elle avec Samantha sur ses genoux et Don lui souffler des mots d'amour à l'oreille. Elle se sentit profondément triste. Elle ne voulait pas qu'Adrian parte. Elle se sentait suffisamment seule sur le moment. Mais en même temps, ce portrait familial qu'elle s'était dessinée dans l'esprit dans le but de ranimer sa foi en sa famille n'avait pas eu l'effet de l'apaiser. Elle se frotta les bras, comme prise d'un coup de froid.

- Ce n'est pas de ta faute. Je suis fatiguée en ce moment, je suis sur le plan émotionnel instable, je... me sens juste un peu seule. Tu peux rester, ne pars pas. Je ne peux juste pas t'approcher, c'est.. trop dur.

Rachel renifla légèrement. Elle avait oublié que ses médicaments avaient des effets secondaires, accentuant sa sensibilité. En même temps, elle n'avait pas besoin de raisons extérieures pour expliquer qu'elle était une femme très émotive. Elle n'avait pas pleuré une fois depuis l'incendie. Elle s'était retenu de pleurer pour le secret de Don. Elle avait hurlé de colère lors de la mort de sa mère. Rachel se mit à admirer soudainement Adrian qui s'était mis à pleurer sur son corps inconscient... comme s'il avait pu le faire à sa place. Rachel sentit sa joue devenir légèrement humide. Elle n'avait pas le droit d'être triste! Il lui avait sauvé la vie! Elle pouvait s'occuper de sa fille sans qu'elle pleure une mère absente! Elle pouvait essayer de rendre Don heureux malgré son passé! Mais non, elle était triste. Et elle ne s'en rendait compte qu'aujourd'hui.
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Message(#) Sujet: Re: Hips don't lie#Adrian

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Hips don't lie#Adrian

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