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 « The best teachers teach from the heart, not from the book. » feat. Dylan Summer

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Message(#) Sujet: « The best teachers teach from the heart, not from the book. » feat. Dylan Summer Sam 26 Mar 2011 - 10:54

C’est avec une glace à la fraise dégoulinante que Maya pénétra dans Greynolds Park. Une journée comme les autres pour la jeune femme, en tout cas, ça l’était depuis son arrivée à Ocean Grove. Trois mois qu’elle était là, trois mois qu’elle passait son temps à se balader quand Adriel était au travail, à faire le ménage de temps à autre – mais ça n’était définitivement pas sa tasse de thé – ou à sortir dans les lieux branchés locaux. Elle ne s’ennuyait pas, malgré ce que les apparences auraient pu laisser penser. Elle avait toujours de quoi faire, de quoi penser, un livre à lire, un paysage à dessiner, des souvenirs à refouler, sa nonchalance à travailler. Ces derniers temps, elle avait l’impression d’avoir du mal à se contreficher de la plupart des choses qui l’entouraient. Elle se montrait à fleur de peau sans raison et préférait se retrouver seule plutôt que de chercher à évincer un interlocuteur trop encombrant. Aujourd’hui, pourtant, elle se sentait d’humeur bavarde et comme elle n’avait pas Adriel sous la main pour s’épancher comme elle le voulait, elle passa une bonne partie de la matinée à faire les boutiques – ou plutôt, à envier les jolis vêtements qu’elle ne pourrait se permettre tant qu’elle n’aurait pas un boulot –, à s’arrêter à une terrasse pour déguster une salade et un verre de vin avant de faire une halte chez un glacier pour se goinfrer de son dessert préféré. Greynolds Park s’était alors avéré l’endroit vers lequel elle s’était instinctivement dirigée et quand elle découvrit les gens assis sur les bancs ou à même la pelouse parfaitement tondue, elle sut qu’elle avait trouvé le lieu idéal.
Maya n’avait pas besoin de connaitre la personne avec qui elle bavarderait. Les inconnus avaient cela de magique qu’ils ne savaient rien de vous et que vous pouviez donc jouer un peu avec leurs pieds si l’envie vous en prenait, ou leur faire croire des idioties. Il y avait eu une époque où Maya s’était amusée à mentir sur sa vie, prenant un pseudonyme que les gens ne comprenaient pas – à croire qu’ils n’avaient jamais lu les classiques de la littérature – et à user d’anecdotes qu’elle avait vues dans les films. Cela avait duré un temps, puis Maya s’était lassée, comme pour beaucoup de choses. Elle se lassait vite, de tout, que ce soit d’activités ou de personnes. Il y avait un moment où elle atteignait ses limites et elle faisait une overdose, abandonnant rapidement pour passer à autre chose.
Se promenant sur les petits chemins du parc, elle croisa tant de visages inconnus qu’elle voulut s’asseoir n’importe où et les dessiner. Elle aimait voler ces instants de complicité et de bonne humeur et ils semblaient d’autant plus fréquents qu’il y avait le soleil pour les encourager. À Milford – ou ailleurs, d’ailleurs – le temps était trop souvent maussade pour que les gens aillent se balader dans les parcs et si c’était le cas, ils étaient tellement emmitouflés dans leurs manteaux et écharpes que cela n’inspirait rien d’autre à la jeune femme que des frissons. Ils lui donnaient froid, ils lui donnaient envie d’aller se cacher sous ses couvertures pour ne pas voir la grisaille du monde. Mais ici ? Les gens se baladaient, main dans la main, ou promenant leur chien. Des couples de jeunes et de moins jeunes s’embrassaient à l’ombre des arbres et d’autres à proximité du point d’eau ou des cygnes et des canards barbotaient. Le regard expérimenté de la jeune femme balaya le parc sur une périmètre d’une vingtaine de mètres quand elle repéra la silhouette isolée d’un homme, assis sur le gazon avec ce qui semblait être des copies d’un test ou quelque chose comme ça – elle aurait pu reconnaitre un professeur penché sur ses examens entre mille, étant passée par-là, même si c’était pour un cours de dessin et non de mathématiques. Un sourire se dessina sur ses lèvres et elle entama son avancée stratégique vers l’inconnu, venant se pencher sur son activité au moment où elle était assez proche, pour observer le contenu des feuilles. Elle fut intriguée par l’objet du cours qu’il donnait – en admettant qu’elle ne se soit pas trompée – et demanda donc, tout simplement :

« Qu’enseignez-vous comme matière ? Il ne me semble pas avoir eu droit à ce genre de chapitres quand j’étais étudiante… »

Elle s’installa près de lui, croisant les jambes en tailleur et déposant le sac qui contenait son matériel de dessin à côté d’elle. Elle n’avait pas vraiment regardé le jeune professeur, ayant plutôt été attirée par son activité mais elle ne tarda pas à se focaliser sur celui-ci, le détaillant un instant, se disant qu’elle ferait bien un portrait de lui, de profil, le nez dans les feuilles volantes qui l’encerclaient.


Dernière édition par Maya Mazzello le Lun 4 Juil 2011 - 21:18, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: « The best teachers teach from the heart, not from the book. » feat. Dylan Summer Dim 27 Mar 2011 - 17:27

Assit en indien dans le confortable gazon abondant du Greynolds Park, Dylan n’avait que de yeux pour les copies étalées devant lui. Copies qu’il retenait avec divers objets qu’il gardait dans sa mallette de professeur – histoire de ne pas voir les efforts de ses élèves s’envoler à la moindre rafale de vent. Avec l’histoire de sa cousine et sa phase d’essayer la drogue – Dylan avait passé beaucoup trop de temps à négliger ses propres responsabilités en se faisant un sang d’encre pour celle-ci. Après tout, on lui avait quand même fait un œil au beurre noir qui heureusement avait disparu après quelques jours. À mesure que le mois d’Avril arrivait et que le mois de Mai était à l’horizon, Dylan savait que la plus longue période de correction ne se ferait que dans quelques semaines. Une période où il passerait inévitablement trop de temps assis dans son bureau sous la lueur d’une lampe à encercler des mauvaises réponses avec son éternel style rouge, l’arme par excellence qui pouvait complètement changer la vie de ses étudiants selon le nombre grandissant d’erreurs encerclées. Le crayon mordillé entre ses doigts, Dylan tapota légèrement la copie alors qu’il essayait de se concentrer malgré le soleil qu’il aurait préféré observer. Jugeant le contenu delà copie à ce qui avait été demander comme réflexion il dessina un B moins – dans le coin droit de la copie avant de la déposer sur la pile à moitié complétée qui conservait toues les copies de ceux qu’il avait terminé de réviser. Concentrer, il fut surprit d’avoir été rejoins par une jeune femme qui ne se gêna pas pour se pencher pardessus ses copies. Une étudiante dans ses cours qu’il ne reconnaissait pas et qui se demandait s’il avait terminer de corriger ses copies? Sans doute pas, la plupart n’oseraient pas le déranger aussi facilement. Déstabilisé par l’intrusion de celle-ci à ses coté, la surprise ne s’arrêta pas là – alors que l’inconnue prenait place à coté de lui. « Qu’enseignez-vous comme matière ? Il ne me semble pas avoir eu droit à ce genre de chapitres quand j’étais étudiante… » Ses spéculations intérieures trouvèrent la réponse à ses questions aussitôt qu’elle lui adressa la parole. Très peu friant du concept de, c’est mon arbre trouve toi en un autre – Dylan ne fit aucun geste qui aurait montrer qu’il n’appréciait pas le dérangement.

Il plongea ses yeux dans ceux de Maya en se posant la question à savoir s’il avait pu la connaître quelque part d’autre qu’à l’école et sa réflexion se fit à la conclusion que non ils ne se connaissaient pas. « J’enseigne la criminologie à l’université. Et à l’occasion quelques matières comme l’anglais ou les mathématiques. » précisa-t-il sans grande nécessitée. Très peu bavard d’origine, il n’avait pas la grande capacité de démarrer une conversation comme ça sur le vif alors qu’il préférait prendre son temps pour répondre aux questions qu’on lui posait. Ne jugeant pas les gens, il préférait ouvrir la bouche que pour dire des choses auquel il croyait, que de passer pour un idiot. Et écouter, s’était ce qu’il faisait de mieux. « On se connaît? » Simple formalité, cette question lui semblait légitime à poser si ce n’est que pour qu’elle se présente à lui – qu’il entende son nom et peut-être qu’il réalise qu’elle était une grande amie à sa femme. Le regard curieux, il ne put s’empêcher d’observer le sac qu’elle apportait avec elle lui donnant l’impression d’être face à une artiste. Un domaine qu’il ne maîtrisait pas particulièrement mais il était toujours prêt à s’y intéresser – dans la mesure où l’on ne demandait pas de voir son talent en dessin. La seule chose donc il était plutôt bon s’était de reproduire fidèlement les choses. Mais créer, ça non. Toute son attention sur la nouvelle venue, il oublia quelques instants le sujet de la copie qu’il était entrain de lire – certain qu’il ne pourrait pas continuer sa correction avec quelqu’un qui lui parles à ses cotés.

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Message(#) Sujet: Re: « The best teachers teach from the heart, not from the book. » feat. Dylan Summer Mer 30 Mar 2011 - 21:06

L’idée qu’il puisse être dérangé par sa venue aurait pu évidemment effleurer l’esprit de Maya. Mais même s’il ne s’en était pas caché, elle aurait ignoré sa moue ennuyée ou agacée. Elle n’aurait probablement pas insisté bien longtemps mais elle ne serait pas repartie aussitôt. Elle se contenta donc de lécher la glace qui dégoulinait sur son cornet pendant qu’il lui jetait un regard si pas suspicieux, au moins intrigué. Il devait certainement se demander d’où elle sortait et pourquoi elle venait l’importuner alors qu’il semblait assez évident qu’il était penché sur une tâche qui se faisait en solitaire, et non autour d’une discussion. Après tout, s’il avait eu envie de ne pas être dérangé, il aurait pu choisir un autre endroit, un lieu qui ne soit pas public : sa maison, par exemple. Mais comment le blâmer. Tout le monde avait envie de profiter des rayons de soleil, qui s’étaient fait un peu plus rares ces derniers temps. Elle lui décocha un regard qui aurait pu être mépris pour de la provocation, alors qu’il s’agissait d’un simple air taquin, air qui était plutôt caractéristique chez la jeune femme. Beaucoup en faisaient les frais, ce n’était pas de la moquerie, simplement de la malice. À quoi bon se compliquer la vie quand on peut l’apprécier avec le sourire ? Sans être quelqu’un d’expansif, Maya n’était pas du genre effacée ou discrète. Elle agissait et vivait sa vie comme bon l’entendait, même si cela allait à l’encontre de la bonne et due forme. Il devait se demander d’où elle sortait et il tâchait visiblement de se rappeler s’il était censé la connaitre et si oui, d’où. Maya fut bien amusée par l’effet qu’avait eu son arrivée impromptue et elle le laissa gamberger. Elle non plus ne le connaissait pas, elle pouvait donc difficilement l’éclairer.
Au moins, il avait le regard franc, se dit la jeune femme alors qu’il la dévisageait sans détour. Il avait le charisme qui seyait à un professeur et elle ne douta pas qu’il devait attirer les soupirs d’extase de jeunes adolescentes. Elle-même aurait sûrement été charmée par l’enseignant si elle l’avait eu quand elle avait quatorze ou quinze ans. À présent, elle avait vécu bien trop de choses pour s’arrêter à un physique agréable. Elle avait appris depuis longtemps que c’était ce que dégageait une personne qui était intéressant, pas ses traits magnifiques qui n’étaient, finalement, que le résultat d’un héritable bien chanceux.
« J’enseigne la criminologie à l’université. » Maya haussa les sourcils et hocha la tête. Elle comprenait mieux pourquoi le contenu des feuilles lui avait paru si étrange. Dans son contexte, il devait certainement être naturel, mais pour un regard extérieur, qui n’avait jamais touché à ce qui avait trait à la criminologie, cela restait un sujet mystérieux. « On se connait ? » Elle était partie dans une réflexion muette quand il posa la question et elle tourna son regard chocolat vers lui, fronçant les sourcils.

« Non. À moins que vous ayez enseigné à Milford ou à Chicago. »

Elle émit un rictus railleur, comme si sa réflexion était saugrenue. Après tout, pourquoi pas ? Pourquoi n’aurait-il pas enseigné dans ces villes ? Parce qu’il avait l’allure d’un homme du sud, du soleil. Il n’avait certainement pas vécu dans le même genre de quartier qu’elle. Par conséquent, cela limitait les endroits où ils auraient pu se rencontrer.

« J’enseigne, moi aussi. » ajouta-t-elle avant de racler de l’index le cornet pour éviter une coulée excessive de glace. « Le dessin. » précisa-t-elle, comme s’il était évident qu’elle n’était pas prof de math ou d’anglais.

Elle croqua dans son cornet. En deux bouchées, elle termina le massacre et fouilla l’intérieur de son sac à la recherche d’un mouchoir en tissu. Lorsqu’elle le trouva, elle l’extirpa de la sacoche et entreprit de s’essuyer les doigts.

« Mais à la base, vous êtes enquêteur ou quelque chose comme ça ? »

Puisqu'il n'avait pas l'air complètement réticent l'idée qu'elle le questionne, Maya ne se gêna pas pour assouvir sa curiosité.
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Message(#) Sujet: Re: « The best teachers teach from the heart, not from the book. » feat. Dylan Summer Lun 4 Avr 2011 - 14:40

« Non. À moins que vous ayez enseigné à Milford ou à Chicago. » Posant ses yeux bleus sur la jeune femme, un mince sourire se dessina sur ses lèvres alors qu’il hocha négativement la tête. « Non désolé. » finalisa-t-il en concluant qu’il ne la connaissait pas malgré qu’il essaie de faire fonctionner sa mémoire – qui était tout de même très fiable. S’il rencontrait quelqu’un, il était certain de la reconnaître n’importe où, n’importe quand. Sans compter les dates, il avait une facilité impressionnante à retenir des détails importants, aussi minimes qu’ils puissent l’être. Sans doute des qualités incontestables pour enseigner son métier. « J’enseigne, moi aussi. » Son attention complètement dirigée vers la nouvelle venue, il eu un plus grand sourire alors qu’elle lui confia qu’elle était elle aussi une enseignante. Il ne se fit pas de première impression sur ce qu’elle pouvait bien enseigner, bien qu’il aurait été très surpris d’apprendre qu’elle enseignait elle aussi la criminologie. Une chose donc il aurait sans doute douté de la vérificacité des dires de la belle. Pas qu’il avait dans l’opinion que les femmes ne pouvaient pas enseigner ce genre de matière, mais plutôt parce qu’il avait une très bonne idée de qui enseignait cette matière puis qu’il se déplaçait très souvent un peu partout dans le pays pour faire des conférences. Il avait commencé à avoir plusieurs contacts avec les différents professeurs, des liens non négligeables. « Le dessin. » Il hocha la tête en réalisant à quel point dans un sens c’était évident. Ils étaient rares les professeurs auquel leurs passions ne transparaissaient pas dans leur attitude. D’un seul coup d’œil avait su qu’elle était une artiste, et le fait qu’elle soit professeur de dessin ne venait qu’appuyer ses dires. Curieux de ses manies, il l’observa manger sa crème glacée sans émettre de commentaire – rigolant intérieurement à quel point elle semblait insouciante et pleine de vie. Elle lui donnait le goût de s’offrir un cornet et il se promit que sur le chemin du retour chez lui il arrêterait pour s’en acheter une au parfum de chocolat. Les choses auraient pu se résumés aussi simplement que cela. Un silence qui les enveloppent, mais Dylan sentit qu’elle ne désirait pas le laisser replonger dans ses responsabilités. Du moins pas pour le moment. « Mais à la base, vous êtes enquêteur ou quelque chose comme ça ? »

Il baissa la tête légèrement embarrassée qu’on s’intéresse soudainement à lui de cette manière. Ce n’était pas tellement des questions auxquels il était constamment confronté. Après tout, qui se souciait vraiment de ce qu’il faisait à la base si ce n’était qu’être professeur? « Enquêteur, non. Tueur en série plutôt. » D’humeur blagueur sans doute, il se tût immédiatement, se sentant soudainement beaucoup trop ridicule. Après tout sa blague n’était même pas drôle et il avait l’impression qu’il pouvait la faire fuir très facilement en disant de telles stupidités. Pour se rattraper, il laissa un silence passer avant de répondre correctement à la question. « J’ai toujours été professeur, mais j’ai été très souvent en contact avec des policiers, des enquêteurs et parfois certains criminels. Il n’y a rien de mieux que le terrain pour comprendre les choses d’une perspective différente. » Il était certain qu’elle comprenait exactement de quoi il voulait parler. Après tout le dessin ne se limitait pas simplement à l’imagination de la personne, mais aussi à ce qu’elle pouvait observer et refléter comme émotions dans un dessin. Il ne savait tout ça qu’à la lecture d’un article ou deux relatant et ventant les artistes, alors qu’il lisait des magasines en étant aux toilettes. Un loisir comme un autre… « Et vous? C’est la passion du dessin qui vous a fait enseigner l’art? » Dylan n’en demanda pas plus, se limitant aux questions posées par Maya face à qui il préférait ne pas se risquer dans des questions qui aurait pu la mettre mal à l’aise, ou paraîtres déplacées. Après tout, il était un homme civilisé et ça n’avait rien de poli que de trop se montrer curieux face à des nouvelles personnes que l’on rencontrait. Mais rencontrer une autre professeure, était au moins intéressant et lui permettait de ce changer un peu les idées avant de reprendre ses interminables corrections.
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Message(#) Sujet: Re: « The best teachers teach from the heart, not from the book. » feat. Dylan Summer Dim 10 Avr 2011 - 13:59

Si elle avait dû le croiser ailleurs, Maya était certaine qu’elle s’en serait souvenue. Il semblait en effet difficile d’oublier un tel regard, surtout pour l’attention qu’avait développée Maya pour des détails que d’autres trouvaient insignifiants – non pas que le regard du jeune professeur le soit, au contraire ! Il avait des yeux d’un bleu hypnotisant, presque électrique, aurait-elle dit en y regardant de plus près. Un regard qui ne laissait certainement pas indifférent. Ils étaient perçants même s’il ne cherchait pas à intimider. La jeune femme eut la sensation d’être scannée, alors qu’il posait simplement son regard sur elle pour déclarer que non, il n’avait jamais travaillé dans ces villes. Elle n’en était pas étonnée. Elle n’y avait même pas réellement pensé, même pour quelques secondes, persuadée que même s’ils avaient pu se croiser dans une période antérieure de leur vie et qu’il ne s’en serait pas souvenu, elle aurait tôt fait de replacer leur rencontre dans son contexte. Mais non, elle n’avait jamais vu cet homme avant son arrivée dans Greynolds Park. Elle n’avait jeté son dévolu sur lui que parce qu’il était isolé et que la tâche dans laquelle il était plongé semblait intéressante aux yeux de quelqu’un d’étranger à la matière.
Quand elle déclara enseigner elle aussi, elle vit qu’il n’était pas insensible à ce trait commun. C’était pourtant idiot, mais la nature humaine était faite comme cela. On s’intéressait toujours davantage à des personnes qui pouvaient comprendre certains aspects de notre vie, certaines expériences. Dans ce cas-ci, même s’ils enseignaient des sujets complètement opposés, ils savaient ce que c’était que d’apporter son savoir à d’autres. À la différence qu’il l’avait probablement fait par vocation, comme la plupart des enseignants, alors qu’elle s’était tournée vers cette carrière uniquement parce qu’elle lui semblait assez facilement accessible.
Il ne sembla pas surpris par sa précision. Il était vrai qu’elle arborait un look assez commun aux artistes rêveurs. Parfois qualifiée d’hippie, elle ne prêtait pas attention à ce qu’elle portait, préférant le confort à la mode. Il lui arrivait même de se confectionner quelques vêtements mais étant moins douée avec une aiguille qu’avec un crayon, ce n’était pas non plus une habitude. Elle avait, de plus, une sacoche usée jusqu’à la corde, d’où dépassaient des pinceaux, crayons et autres ustensiles pour dessin, ainsi que des carnets noircis de croquis en tout genre. Maya ne dessinait rien en particulier. Elle prenait ce qui lui sautait aux yeux ou s’inventait un univers lorsque rien ne l’inspirait. Elle représentait assez bien la réalité, laissant pourtant sa vue de l’esprit transformer quelques traits caractéristiques de ce qu’elle voyait. Mais elle ne faisait pas dans la caricature. Elle n’avait jamais vraiment apprécié cette tendance qu’avaient certains à accentuer les défauts des autres. À quoi bon ? La réalité était parfois assez cruelle elle-même sans qu’on ressente le besoin de l’imposer encore davantage. Au contraire, il fallait l’adoucir, ne faire ressortir que ce qu’il y avait de plus agréable en elle. Maya en était convaincue et vivait avec cette idée en tête.
« Enquêteur, non. Tueur en série, plutôt. » Maya laissa un sourire en coin se dessiner sur ses lèvres. S’il avait dit ça sur un ton qui manquait de peu l’effet que sa plaisanterie aurait pu avoir, elle trouva sa façon de faire attendrissante. Visiblement, il n’avait pas l’habitude d’être importuné et encore moins questionné aussi franchement. Pourtant il devait avoir un parcours original pour enseigner une telle matière, elle ne devait pas être la première à le découvrir, si ? Si elle ne rit pas de manière ostensible, c’est parce qu’il avait repris un air fermé et qu’il avait entreprit de répondre à sa question honnêtement : « J’ai toujours été professeur, mais j’ai été très souvent en contact avec des policiers, des enquêteurs, et parfois certains criminels. Il n’y a rien de mieux que le terrain pour comprendre les choses d’une perspective différente. » Elle avait repris un air plus sérieux, plus concentré, hochant la tête en écoutant son explication. Elle avait l’impression d’être retombée quinze ans en arrière, quand, enfant, elle était avide des commentaires de son frère ainé. Et, contrairement à ce qu’elle avait imaginé, cette sensation de retour en arrière lui fit du bien.
« Et vous ? C’est la passion du dessin qui vous a fait enseigner l’art ? » Maya émit un petit rire en glissant la pointe du cornet dans sa bouche, le croquant avec délice tout en réfléchissant à la réponse qu’elle donnerait au professeur. Franchise ou vérité édulcorée ? La question ne se posait même pas : Maya n’avait pas peur d’exprimer ce qui lui passait par la tête. Aussi répondit-elle au bout d’une demi-minute de mâchouillement :

« Pas vraiment. J’ai choisi la facilité. C’était quelque chose qui me semblait simple, alors au lieu de chercher une autre voie, j’ai pris celle-là. Mais je ne me suis jamais vraiment vue faire carrière là-dedans. Encore moins maintenant… »

Elle savait que sa réponse pouvait paraitre un brin mystérieuse mais elle ne faisait qu’exprimer le fond de sa pensée. Elle n’avait jamais imaginé passer la majeure partie de sa vie à enseigner le dessin à des enfants et adolescents. Ça ne l’amusait pas vraiment d’assister à leurs essais parfois pitoyables et rares étaient ceux qui sortaient vraiment du lot. Mais c’était un job pas mal payé à l’époque, et l’horaire était plutôt flexible et agréable, elle n’avait jamais eu à s’en plaindre.
Quittant brusquement son air pensif, elle reprit un visage souriant et tendit sa main désormais libre vers son compatriote en s’exclamant :

« Je m’appelle Maya, au fait. C’est mon grand défaut de m’approcher ainsi des gens sans me présenter. Une mauvaise habitude que je n’arrive pas à ranger. »

Et elle agrémenta sa présentation d’un sourire espiègle.
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Message(#) Sujet: Re: « The best teachers teach from the heart, not from the book. » feat. Dylan Summer Mer 13 Avr 2011 - 21:33

Ils étaient chanceux que la journée soit aussi belle. Le soleil plombant autour d’eux alors que la fraîcheur de l’arbre où elle était venue le rejoindre les protégeait, il avait eu une idée lumineuse que de venir dans cet endroit pour corriger ses copies. Un loisir qu’il avait justement mit de coté pour consacrer toute sa concentration sur Maya, une future connaissance qu’il se dit qu’il la saluerait sans doute s’ils venaient à se recroiser dans le quartier. Ou dans le parc. Le hasard faisait toujours si bien les choses. Du moins, la moitié du temps. Croisant ses bras sur sa poitrine, Dylan regarda doucement Maya alors que devant lui elle semblait trouver amusante sa supposition à propos d’une passion du dessin qui l’avait encouragé à enseigner. Il comprit rapidement qu’elle n’avait pas choisi l’enseignement pour les mêmes raisons que les siennes, même s’il devait l’avouer que ses raisons restaient énigmatiques pour certains. Après tout, Maya avait eu raison de se demander ce qu’il avait bien put faire pour enseigner une matière aussi spécifique. L’obsession? Sans doute. Pouvait-il avoir fait autrement depuis que son meilleur ami l’avait piégé au profit d’un trafic d’organes afin de lui voler un rein? Il cherchait sans cesse à comprendre tous ceux qui choisissaient d’émettre des actions qui pouvaient détruire la vie des autres. Les conclusions étaient toujours les mêmes, l’être humain était égoïste et n’émettait ses actions qu’en sa faveur. « Pas vraiment. J’ai choisi la facilité. C’était quelque chose qui me semblait simple, alors au lieu de chercher une autre voie, j’ai pris celle-là. Mais je ne me suis jamais vraiment vue faire carrière là-dedans. Encore moins maintenant… » Un sourire poli s’installa sur ses lèvres, ne jugeant aucunement le fait qu’elle ai choisi la facilité comme elle le disait. Chaque personne avait un vécu différent et il admirait tout de même sa franchise et son honnêteté. Observant silencieusement son visage et surtout les manies qui la caractérisaient – Dylan trouvait qu’il y avait quelque chose chez elle de différent que sur les autres. Quoi? Il n’arrivait malheureusement pas à mettre le doigt dessus. Dylan ne chercha pas à rajouter quoique ce soit, malgré qu’il hésitait à lui demander quelle carrière elle se serait imaginée. Mais il refusait de poser trop de questions qui pouvaient être personnelles. « Je m’appelle Maya, au fait. C’est mon grand défaut de m’approcher ainsi des gens sans me présenter. Une mauvaise habitude que je n’arrive pas à ranger. » Ses yeux se posèrent sur la main qu’elle lui tendit pour finalement se présenter comme les coutumes sociales l’exigeaient. Une seconde d’hésitation avant qu’il ne tende lui aussi sa main afin de serrer celle de Maya, visiblement rassuré par le sourire sincère qu’elle lui adressait.

Il déglutît faiblement alors qu’il avait toujours se petit nœud au fond de son estomac qui se formait lorsqu’il touchait des gens. Surtout des inconnus. « Il n’y a pas de problème. On a tous nos mauvaises habitudes. La vôtre n’est pas mauvaise. » lui répondit-il alors qu’elle parlait de grand défaut. C’était un bien faible défaut pour une jeune femme comme elle et ce n’était pas lui qui se plaindrait que l’on lui adresse la parole. « Dylan Summer. » Conclua-t-il en réalisant qu’il n’avait pas énoncé son nom alors qu’elle venait de se présenter à lui. « Si vous n’auriez pas choisi la facilité…quel genre de carrière auriez-vous? » Finalement il avait décider de lui demander d’un ton poli qui laissait l’opportunité à la demoiselle de changer de sujet, ou même de lui dire qu’elle ne voulait pas lui en parler. Maya lui semblait être une jeune femme très ouverte – contrairement à lui – et il ne voulait pas paraître trop calme en n’essayant pas d’engager la discussion. Après tout il était professeur et il savait très bien que malgré ses nombreuses relations avec ses étudiants et étudiantes – ceux-ci étaient rarement enclins à parler d’eux. Soit par timidité, par peur ou même par crainte d’être jugés. Dylan avait apprit à être une oreille pour qui le voulait bien sans forcer. Car forcer quelqu’un n’amenait jamais rien de bon.
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Message(#) Sujet: Re: « The best teachers teach from the heart, not from the book. » feat. Dylan Summer Lun 18 Avr 2011 - 10:30

Maya avait toujours été curieuse, mais il ne fallait pas s’imaginer qu’elle abordait tout le monde et n’importe qui. Elle ne cherchait pas à s’immiscer dans la vie de parfaits inconnus mais il y avait des jours, comme ça, où elle se sentait d’humeur bavarde et où le premier passant aurait été la cible idéale. Dans ce cas-ci, le fait qu’il soit occupé et isolé avait attiré l’attention de la jeune femme et elle n’avait pas tardé à s’approcher. S’il avait été occupé sur des mathématiques ou de la géographie, elle aurait probablement passé son chemin, n’y voyant rien de fascinant, mais comme elle avait découvert un sujet insolite, elle n’avait pu résister à l’envie d’en savoir davantage. Le fait qu’il ait semblé un peu embêté ne l’avait en rien dissuadée de poursuivre son interrogatoire, surtout qu’il s’était plutôt rapidement détendu. S’il avait gardé son air pincé et distant, elle aurait probablement écourté leur entretien.
A priori, elle aurait vu en lui un garçon doux et tranquille. Elle avait toujours eu cette tendance à observer les gens et à les imaginer enfant ou adolescent. Cela faisait partie de son processus d’analyse, peu importe qu’elle soit sur la bonne voie ou qu’elle fasse complètement fausse route. C’était son imagination qui travaillait et qui lui permettait de produire des choses, des dessins originaux et pleins de vie. Elle ne cherchait pas à faire transparaitre la réalité, elle ne faisait que dévoiler ce qu’elle voyait, qu’elle soit erronée ou non. Certaines personnes avaient été étonnées par le résultat du portrait qu’elle leur offrait. Des gens s’étaient écriés qu’ils n’avaient pas l’air si tristes, et elle leur avait répondu que si, justement, derrière leur masque de bonne humeur chronique, elle discernait une faille, quelque chose de brisé dans leurs regards et ils restaient interdits, incapables de savoir qu’ajouter à cela. D’autres, plus timides, avaient découvert des images colorées d’eux-mêmes. Eux qui se voyaient comme ternes et effacés, apparaissaient comme lumineux, diffusant une aura qu’ils ne se connaissaient pas. Maya avait toujours aimé l’émerveillement qu’elle pouvait déceler chez les uns et chez les autres et cela l’avait confortée dans l’idée qu’elle optait pour la bonne voie.
Chez ce parfait inconnu, elle devinait une certaine réticence à s’ouvrir à n’importe qui et comment le blâmer ? Combien de personnes se livreraient à la première fille étrange qui venait s’asseoir près d’eux pour les interroger sur leur vie ? Il y avait de quoi être méfiant. Et il n’était pas non plus dissuasif. Il était normal. Il l’observait et elle se demanda si c’était son côté professionnel qui l’analysait ou le côté personnel, d’un gars abordé par une fille. Elle réalisa que son approche pouvait passer pour de la drague, qu’elle avait repéré le beau mâle qu’il était et qu’elle avait eu envie de tenter sa chance. Or c’était loin d’être le cas. C’était bel et biens sa curiosité qui avait fait tout le boulot. Et la façon dont il avait hésité avant de lui serrer la main la confortait dans l’idée qu’il préférait laisser une certaine distance entre eux plutôt que de la laisser envahir son espace privé sans le protéger un minimum. « Dylan Summer » répondit-il, provocant un sourire ravi sur les lèvres de son interlocutrice.

« Eh bien, enchanté, Professeur Summer » déclara-t-elle avec espièglerie.

Elle attrapa son sac et le posa sur ses genoux avant de farfouiller dans celui-ci, à la recherche d’un objet en particulier. Elle garda la tête baissée lorsqu’il l’interrogea, mais le sourire malicieux persista, comme elle voyait qu’il avait daigné baisser sa garde et l’interroger à son tour, là où il s’était contenté de répondre à ses questions, une minute plus tôt. « Si vous n’auriez pas choisi la facilité… Quel genre de carrière auriez-vous ? » Maya se redressa après avoir sorti son carnet de sa sacoche, elle plongea ensuite la main à l’aveuglette à la recherche de son crayon favori.

« Mmh… Excellente idée… Que je ne me suis jamais vraiment posée. » Elle prit le temps de réfléchir un moment en se mordillant l’intérieur de la joue avant de baisser les yeux pour voir quel objet elle tenait entre ses doigts. « Je ne pense pas que je suis faite pour ce chemin-là. Grimper l’échelle de la société, évoluer dans un même milieu pendant vingt ans… Non, je ne me vois vraiment pas faire ça. Je me verrais plutôt vivre de ma passion. Soit comme tous ces artistes des rues, qui peignent les portraits de parfaits inconnus, soit en travaillant pour des projets particuliers, je ne sais pas. Quelque chose qui ne me contraindrait pas à subir les règles d’une entreprise, quoi. J’aime être libre comme l’air. Pas vous ? » Elle lui jeta un coup d’œil amusé puis demanda, de but en blanc : « Ça vous ennuie si je vous dessine ? »

Elle n’expliqua pas que la lumière était agréable, que le temps s’y prêtait parfaitement et qu’elle aimait parfaitement sa position voûtée, concentrée, sur un fond de personnes déambulant sur les sentiers ou jouant à s’envoyer un ballon. Il y avait quelque chose de déjà estival dans ce tableau et elle se sentait d’humeur à immortaliser ce moment. Elle joignit d’ailleurs le geste à la parole en ouvrants on carnet, l’ajustant sur ses genoux, les doigts pressés autour du crayon, prête à entamer les premiers traits du croquis.
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Message(#) Sujet: Re: « The best teachers teach from the heart, not from the book. » feat. Dylan Summer Lun 25 Avr 2011 - 5:46

Touché par la bonne humeur contagieuse de Maya, Dylan ne s’empêcha pas de sourire à son tour. Certes il restait distant, ce qui était une caractéristique propre a lui, ayant du mal à s’ouvrir aux autres ou même simplement répondre à quelqu’un qu’effectivement il n’allait pas bien quand c’était le cas. Il était plutôt du genre d’être à l’écoute des autres en ne laissant pas paraître qu’il pouvait lui aussi – contrairement à ce qu’on s’imaginait – avoir des problèmes. De toute manière, il détenait la clé de la connaissance. Et il savait que la seule personne qui pouvait résoudre ses problèmes s’était d’abord et avant tout, soi-même. Les autres pouvaient nous offrir les outils, mais les décisions étaient prises en fonction des chemins que l’on suivait au cours de sa vie. C’est pour ça qu’il daignait conserver ses fardeaux, même s’il passait pour une personne renfermée. « Eh bien, enchanté, Professeur Summer » Il plongea de nouveau ses yeux sur le visage de Maya qu’il détailla alors qu’elle semblait chercher quelque chose dans son sac. Un sac qu’il devinait rempli de crayons, de palettes de peinture, de croquis… des photographies peut-être… Un ramassis de trésors qui caractérisait la jeune professeure qui s’était approché de lui. « Mmh… Excellente idée… Que je ne me suis jamais vraiment posée. Je ne pense pas que je suis faite pour ce chemin-là. Grimper l’échelle de la société, évoluer dans un même milieu pendant vingt ans… Non, je ne me vois vraiment pas faire ça. Je me verrais plutôt vivre de ma passion. Soit comme tous ces artistes des rues, qui peignent les portraits de parfaits inconnus, soit en travaillant pour des projets particuliers, je ne sais pas. Quelque chose qui ne me contraindrait pas à subir les règles d’une entreprise, quoi. »Amusé, Dylan admira à quel point Maya arrivait à lui faire ressentir sa passion pour l’art et s’il y avait eu un talent particulier il lui aurait sans aucun doute demander de lui enseigner. Il n’avait pas pu jaucher son talent, mais ça n’avait aucune importance pour lui. Il respectait beaucoup qu’elle ai cette vision simpliste de la société et de la pression que la modernité pesait sur les épaules de chacun. On voulait plus d’argent, être reconnus pour notre travail, pour nos efforts. Mais rarement on se contentait de ce que l’on avait en s’imaginant qu’il y avait des gens dans se pauvre monde qui n’avaient rien. Qu’il y avait encore des gens qui ne croyait en rien, et dénigraient des choses aussi pure que la passion, l’amour et la vie. « J’aime être libre comme l’air. Pas vous ? »

Alors qu’il réfléchissait pendant quelques secondes, il hocha doucement la tête en acquiesçant. « On aimes tous l’être. Ou du moins, on souhaiterait tous, l’être. » Affirma-t-il avant de s’arrêter en la regardant chercher activement dans son sac. Il se demanda ce qu’elle y cherchait. Légèrement embarrassé d’être si curieux à son égard, Dylan reposa ses yeux sur ses copies qu’il avait délaissées à son arrivée. Il soupira silencieusement devant le travail incommensurable qu’il aurait sur les bras avant d’en avoir terminer avec ses copies. Hors, l’arrivée de Maya semblait être un vent de fraicheur. « Ça vous ennuie si je vous dessine ? » Relevant la tête sous la demande de Maya, il lui jeta un regard d’abord surpris et presque effrayé. Elle voulait le dessiner? Vraiment…? Embarrassé, Dylan se gratta l’arrière de la nuque en hésitant. Il ne comprenait pas l’intérêt soudain qu’il devienne le sujet d’un croquis ni encore comment il pourrait faire pour ne pas s’en ressentir mal à l’aise. Dylan se trouvait déjà très peu quelconque… Grimaçant il fronça le nez dans une moue incertaine alors que l’idée lui semblait peut-être pas adapté à lui. « Ah, euh je suis pas ennuyé… mais je suis un …horrible mannequin? Non sérieusement, vous êtes sérieuse? Je doute que je sois vraiment un sujet intéressant… » Certes il se dénigrait peut-être, mais il fuyait les situations où on le plaçait au centre de l’événement. Faire un croquis de lui, lui donnait l’impression d’être spécial. Différent peut-être. Et c’était le contraire de qui il se croyait être. Mais il ne voulait pas la froissée, même que d’un autre coté il aurait apprécier admirer son talent. Pouvait-elle choisir quelqu’un d’autre? Quelqu’un de plus intéressant?
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Message(#) Sujet: Re: « The best teachers teach from the heart, not from the book. » feat. Dylan Summer Lun 2 Mai 2011 - 21:49

Un sourire se dessina sur les lèvres de Maya. Sans grande surprise, elle décela chez le jeune professeur une gêne évidente à l’idée d’être le modèle – et surtout le sujet de l’attention de la jeune femme. Cela ne l’étonnait pas vraiment. Il y avait les hommes qui savaient évaluer leur potentiel de séduction et qui vous le balançaient à la figure comme si c’était la plus belle chose que vous pouviez espérer. Et puis il y avait des hommes comme celui-là, plus en retrait, plus discret, mais qui avaient pourtant autant de chances – voire même davantage – de séduire la gente féminine. Il n’y avait qu’une part restreinte de filles qui aimaient les gros bras et bavaient devant une paire de muscles même si le reste ne suivait pas, selon Maya. Une triste proportion qui ne définissait en rien l’idéal masculin. Bien sûr, elle avait des goûts particuliers, elle était attirée par les garçons ténébreux, qui n’étalaient pas leur intelligence sur la table mais qui en faisaient don avec subtilité. Tant pis s’il était revêche, tant pis s’il pouvait se montrer un brin cassant, voire méprisant. Elle ne se braquait pas inutilement et laissait généralement la méfiance des autres couler sur sa peau, attendant qu’ils réalisent qu’elle ne leur voulait rien de mal et qu’elle ne cherchait pas une seule seconde à se payer de leur tête, malgré ce que son attitude désinvolte et son sourire mystérieux laissaient parfois penser.
Esquissant un sourire en secouant la tête d’un air désapprobateur, Maya glissa la main sur le papier granuleux, ses gestes laissant dans leurs sillages des traits réguliers et appliqués. Des lignes qui avaient un but précis, tout réfléchi, le propre d’un artiste qui maitrise son art. Elle lui jeta un coup d’œil. Contrairement à d’autres, cela ne l’intéressait pas d’avoir un modèle complètement immobile à reproduire. C’était trop guindé, on ressentait toujours au final le malaise ou le trop plein d’assurance de la personne. Elle préférait la sincérité et la spontanéité d’un moment comme celui-ci où, s’il le désirait, il lui suffisait de reprendre ses corrections pendant qu’elle dessinerait ses traits sérieux et concentrés, ses sourcils froncés, les légères rides qui se dessinaient aux coins de ses yeux. « Au contraire, vous êtes un mannequin parfait » le contredit-elle en rajustant sa position pour le voir convenablement sans être assise comme si elle allait le fixer intensément durant la demi-heure qui allait suivre. « Vous savez, il y a deux sortes de personnes » déclara-t-elle en abandonnant quelques secondes son croquis. « Les gens qui sont beaux, et qui le savent, et qui estiment que c’est leur droit d’imposer leur présence et leur existence dans la vie des autres. Ces gens-là ne m’intéressent pas. Ils ne dégagent rien. C’est peut-être cliché, ce que je vais dire, mais la véritable beauté vient vraiment de l’intérieur. Celle qui se cache parfois derrière un physique ordinaire, un tempérament effacé, mais qui apparait dès lors qu’on s’intéresse quelques secondes à son propriétaire, qui transparait dès que la personne ouvre la bouche. Je ne dis pas que vous êtes laid, loin de là, mais vous n’exposez pas votre charme aux yeux de tous, probablement parce que vous n’en n’avez pas conscience et c’est là toute la magie de la chose. Les beaux gosses qui s’imaginent que tout leur est permis parce qu’ils ont des traits avantageux, ça ne m’intéresse pas. Ça a même tendance à me rebuter plus qu’autre chose. Ce que je cherche, c’est la beau innée, la lumière intérieure et vous allez me prendre pour une folle quand je dis ça : mais il a suffit que vous leviez les yeux vers moi pour que je réalise que vous faisiez partie de cette seconde partie de la population. Je ne suis pas venue dans l’optique « ah, celui-là dégage quelque chose de fort, il faut que je le dessine ». J’ai juste découvert une nature simple et généreuse, parce que beaucoup de gens m’auraient envoyée sur les roses si je les avais approchés comme je l’ai fait avec vous. » Contrairement aux apparences, elle n’était pas bavarde à ce point-là dans la vie de tous les jours mais l’innocence avec laquelle il avait exposé sa faiblesse et sa gêne avait décidé Maya à faire preuve d’honnêteté et de sincérité. Elle ne voulait en aucun cas le mettre mal à l’aise et tâcherait d’ailleurs immédiatement de le rassurer. « Inutile de poser, je ne vais pas vous embarrasser à vous fixer sans arrêt. Vous pouvez continuer vos corrections, bougez tant que vous le voulez, ne faites simplement plus attention à moi – je sais, ce n’est pas facile au départ, mais on m’oublie vite, je vous assure. » Elle avait un sourire taquin et elle reprit son portrait, situant à l’aide de traits très clairs l’essentiel du dessin, la façon dont il se tenait et ce qui se trouvait tout autour de lui afin de pouvoir mieux évaluer la place qu’il prendrait sur la page blanche. « Si ça peut vous détendre, on peut aussi continuer notre conversation comme si je ne dessinais pas. De toute façon, cela ne prendra pas longtemps et si le dessin vous plait, il sera à vous. »
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Message(#) Sujet: Re: « The best teachers teach from the heart, not from the book. » feat. Dylan Summer Lun 9 Mai 2011 - 6:23

« Au contraire, vous êtes un mannequin parfait » Ce fut sans doute la surprise qui arrêta Dylan de continuer sur la lancée où il semblait prêt à dire n’importe quoi simplement parce qu’il croyait dur comme fer de ne pas être le modèle idéal pour une artiste comme Maya. Pour une artiste tout court. Il la regarda rajuster sa position alors qu’il se voyait très peu essayer de la contredire. Ça n’aurait servit strictement à rien puis qu’ils auraient continué comme des enfants à se dire, oui, non…oui, non… jusqu’à ce que les choses se terminent brutalement par une artiste exaspérée qui se serait enfuie. Hors, Dylan préférait accepter les compliments – si ça en était – que de les réfutés inutilement. Il n’avait pas l’étoffe d’un artiste, et il avait encore moins la vision volatile et sauvage qui leur était propre. Il se contentait de détailler les éléments futiles tant qu’ils se retrouvaient dans un cadre moderne et urbain. Essayer de comprendre une toile de Renoir ou Picasso suffisait amplement pour l’achever. C’était peut-être le manque d’intérêt ou tout simplement la certitude pur et simple d’un talent absent pour l’art qui façonnait la manière de voir les choses du professeurs quand celles-ci se relataient à lui. « Vous savez, il y a deux sortes de personnes » Immobile et à l’écoute, il la laissa lui expliquer les sortes de personnes, ce qu’était la véritable beauté et surtout ce qu’elle croyait voir chez lui. «Les gens qui sont beaux, et qui le savent, et qui estiment que c’est leur droit d’imposer leur présence et leur existence dans la vie des autres. Ces gens-là […] » À l’entendre, Dylan avait bien envie de croire qu’elle avait peut-être raison. Mais, rien pour lui faire gonfler d’orgueil. Ce fut surtout à l’inverse où il se passa une main dans les cheveux en se demandant s’il était réellement d’une nature simple et généreuse, si vraiment il y avait beaucoup de gens qui auraient renvoyé Maya lorsqu’elle s’était incrustée sous son arbre. Ou même encore s’il avait vraiment un physique ordinaire… Il en vit à la conclusion intérieure qu’elle avait peut-être raison mais qu’il était loin le jour où il le clamerait haut et fort. « Inutile de poser, je ne vais pas vous embarrasser à vous fixer sans arrêt. Vous pouvez continuer vos corrections, bougez tant que vous le voulez, ne faites simplement plus attention à moi – je sais, ce n’est pas facile au départ, mais on m’oublie vite, je vous assure. » Le professeur de criminologie s’avoua vaincu devant toute la sincérité, l’honnêteté et la motivation de la belle professeure qui semblait déterminée à faire un croquis de lui.

Il espérait aussi ne pas être le piètre modèle qu’il se croyait être pour ne pas la décevoir dans son art. « Vous m’avez convaincu. » Avoua-t-il doucement en souriant. Il leva les bras en mimant qu’il se rendait et qu’elle pourrait le dessiner à sa guise. Après tout, il y avait des choses bien pires dans la vie que ça, et ça ne lui ferait pas mal. « Si ça peut vous détendre, on peut aussi continuer notre conversation comme si je ne dessinais pas. De toute façon, cela ne prendra pas longtemps et si le dessin vous plait, il sera à vous. » Elle marqua un point, il serait sans doute plus à l’aise s’il se concentrait sur quelque chose d’autre. Évidemment ses copies ennuyeuses d’examen n’étaient pas le sujet du jour, mais l’idée de continuer leur conversation lui sembla plus propice à ce qu’il ne se concentre pas uniquement sur les traits de crayon qu’elle effectuait. « D’accord… » Approbateur, Dylan empoigna une copie et s’arma de son stylo rouge – déterminé à lire quelques lignes tout en discutant avec Maya. Ainsi occupé et distrait, il ne pourrait pas se focaliser uniquement sur le fait de bouger le moins possible pour ne pas détruire ce qu’elle faisait. Comment ça marchait au juste? S’il se grattait le nez, allait-elle soupirer parce qu’il la ralentissait? Refoulant ses doutes, essayant de reprendre sur lui Dylan prit une grande respiration en fermant les yeux puis les réouvrit pour plonger son nez dans sa copie. « Est-ce que vous aimez, enseigner aux jeunes? » demanda-t-il spontanément alors qu’il s’étonnait lui même d’avoir réussi à trouver quelque chose pour alimenter leur discussion. Il releva quelques secondes les yeux vers elle afin de capter un sourire, un front plissé… tout sauf une réaction qui aurait montré qu’elle était agacé par ses questions ou que celles-ci devenaient trop personnelles. Mais il était vivement intéressé à savoir la vision de d’autres professeurs sur leur devoir d’enseigner à la future génération qui malheureusement de nos jours était très souvent blâmée et laissée à elle-même. Une situation qu’il jugeait déplorable. Finalement, ce fut d’une facilité déconcertante qu’il commençait à oublier qu’elle était entrain de le dessiner lui… Après tout, elle pouvait avoir changer d’idée et s’être concentrée sur l’arbre derrière lui, le couple un peu plus loin. Il ne lui en tiendrait absolument pas rigueur.
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Message(#) Sujet: Re: « The best teachers teach from the heart, not from the book. » feat. Dylan Summer Dim 15 Mai 2011 - 12:58

Elle ne put réprimer un sourire à le voir si gêné mais attentif. Il n’avait pas cherché à la faire taire, il l’avait sagement écoutée et s’était avoué vaincu – même si, en soit, ce n’était pas une défaite que d’admettre que le point de vue de Maya n’était pas complètement erroné. Elle ne l’aurait pas vraiment qualifié de timide, même si son attitude réservée pouvait laisser sous-entendre qu’il l’était un minimum. Il la regardait droit dans les yeux, ne semblait pas angoissé par sa présence et parlait avec un naturel qui enchanta la jeune dessinatrice. Ravie d’être parvenue à lui inspirer suffisamment de confiance que pour se laisser aller à être l’objet de son attention, elle laissa sa créativité faire le reste, représenter cet homme à l’aura singulière, qui corrigeait ses copies au milieu d’un parc, alors qu’il aurait sûrement été bien mieux assis dans un bureau, là où personne ne viendrait l’importuner. Mais il faisait un temps magnifique, alors il n’était pas étonnant qu’il ait abandonné la fraicheur d’un bâtiment désert pour un endroit paisible où la légère brise circulait pour procurer un bonheur exquis aux promeneurs et aux autres personnes en train de se relaxer sur la pelouse.
Maya vivait à travers sa passion mais elle ne voyait pas cela comme de l’art. Quand d’éminents professeurs avaient tenté de lui parler de peintres célèbres et de leurs œuvres, la jeune femme les avait arrêtés tout de suite : elle n’avait pas étudié l’histoire de l’art et ne s’y était jamais intéressée. Tenter de comprendre ce que tel ou tel artiste avait voulu exprimer via ses traits de pinceaux n’évoquait rien pour Maya. Elle regardait l’œuvre dans son ensemble et appréciait les émotions qui se dégageaient de celle-ci mais jamais elle ne cherchait à décoder l’envers du décor. Qu’est-ce que cela pouvait lui faire qu’il ou elle était dans une période critique de sa vie et que ça se ressentait dans son œuvre par le biais de tel détail ou telle couleur ? Elle n’aimait pas analyser ce qu’elle observait, pas comme ça, en tout cas, ça en allait de même avec les gens qu’elle croisait. Elle ne voulait pas deviner quelle période de leur existence ils traversaient, elle voulait vivre ce qu’ils lui faisaient ressentir, raison pour laquelle elle s’adonnait à des choses qui déplaisaient fortement à une certaine catégorie de personnes. Maya n’était pas quelqu’un de bien sous tout rapport. Elle se contentait de vivre au gré de ses besoins, de ses envies, sans jamais partager son passé, les traumatismes de son existence. Cela ne regardait qu’elle. Point final.
Mais garder les choses pour elle ne signifiait pas pour autant qu’elle se coupait du monde et refusait qu’on l’approche. La preuve, elle avait abordé ce professeur sans arrière pensée, avec la simple envie de partager une conversation qui ne déboucherait pas sur des confidences qu’elle n’était certainement pas prête à recueillir ni à dévoiler. Elle aimait la simplicité de ce genre de rencontre et elle pensait sincèrement avoir trouvé la personne idéale en cet homme distant, un peu effacé, qui ne cherchait même pas à cacher sa méfiance mais qui acceptait ses paroles et se laissait convaincre. « D’accord… » Maya poursuivit son croquis, un sourire arquant légèrement ses lèvres, ravie que son petit discours ait calmé les réticences de cet homme au physique attrayant, contrairement à ce qu’il avait l’air de penser. Elle se concentra un instant sur ses traits alors qu’elle entamait son visage, son air sérieux, ses sourcils légèrement froncés qui surplombaient un regard étincelant, d’un bleu éclatant qui aurait tôt fait d’hypnotiser n’importe quelle demoiselle s’il y mettait du sien. Elle était certaine qu’il n’aurait qu’à user de son charme pour faire tomber des nanas dans le panneau. Mais alors il tomberait dans cette seconde catégorie que Maya exécrait, alors elle préférait qu’il n’use que de sa spontanéité et son innocence, qui étaient bien plus attachantes qu’un regard de braise et un sourire enjôleur. « Est-ce que vous aimez enseigner aux jeunes ? » Maya éclata d’un rire spontané qu’elle regretta presque aussitôt. C’était un rire cynique qui répondait à la question. Non, elle n’aimait pas, elle avait cru qu’elle aimerait mais ce petit jeu l’avait rapidement lassée et comme le nombre d’élèves qui avaient du potentiel se comptaient sur les doigts d’une main, c’était vraiment lassant. Elle n’avait pas la patience, ou en tout cas, elle n’avait plus la patience d’enseigner à des jeunes d’une médiocrité affligeante une matière qui la passionnait. « Excusez-moi » dit-elle en se reprenant. « Je pensais sincèrement que c’était la meilleure voie à suivre mais en fait, non. J’aime ce que je fais et voir des individus massacrer un art pour des notes qui ne leur serviront à rien me fatigue, je ne vois pas l’intérêt de leur enseigner. Je pense que si je dois me relancer sur la voie de l’enseignement, je le ferai auprès de gens qui ont un minimum de potentiel et qui évolueront vite. » Elle était peut-être un peu dure avec ces jeunes mais comme la plupart des cours enseignés au lycée, elle ne voyait pas l’intérêt de les pousser à étudier et à se plonger dans des matières qui ne leur servirait pas par la suite. Pour ça, les études supérieures étaient bien plus intéressantes puisqu’en principe – oui, elle disait bien en principe – on choisissait sa voie parce qu’on aimait ça et qu’on avait l’intention d’évoluer là-dedans. « J’imagine que vous avez moins ce problème. Ceux qui étudient votre cours sont là pour une bonne raison et non pas parce qu’il faut valider un certain nombre de cours et que le dessin se révèle être le plus ludique et le moins contraignant. »
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Message(#) Sujet: Re: « The best teachers teach from the heart, not from the book. » feat. Dylan Summer Sam 21 Mai 2011 - 23:16

Sous le rire spontané de Maya, Dylan détacha ses yeux de ses copies en se concentrant intensément sur la réaction de la jeune femme. Il avait demander cette question simplement pour alimenter la conversation et apprendre son avis sur son sa manière de voir les choses face aux étudiants. Un peu déçu et surtout anticipant qu’il ai ennuyé Maya avec ses questions sans doutes peu pertinentes pour elle, Dylan replongea sa tête dans ses copies pour s’effacer au maximum ne prenant même pas la peine d’insister pour qu’elle lui explique son point de vue. « Excusez-moi. Je pensais sincèrement que c’était la meilleure voie à suivre mais en fait, non. J’aime ce que je fais et voir des individus massacrer un art pour des notes qui ne leur serviront à rien me fatigue, je ne vois pas l’intérêt de leur enseigner. Je pense que si je dois me relancer sur la voie de l’enseignement, je le ferai auprès de gens qui ont un minimum de potentiel et qui évolueront vite. » Les lèvres pincées alors qu’il encerclait une mauvaise réponse sur une de ses copies, il jeta quelques coups d’oeil discrets et doux à la jeune artiste pendant qu’elle lui parlait. Il était déçu d’une certaine manière qu’elle ai cette opinion de ses étudiants, bien qu’il ne doutait pas qu’elle avait sans doute raison. Des gens comme lui n’avaient pas de talent en art et il avait une facilité déconcertante pour massacrer toutes les créations dites ‘’Artistiques’’ qu’il pouvait essayer de fabriquer. Par exemple, une journée sa femme avait voulu essayer le scrapbooking avec lui … et au bout de deux heures le résultat était aussi catastrophique qu’un enfant de 8 ans avec qui on avait laisser en main un pot de colle et des centaines de macaroni. Une horreur qui lui avait valu dispension obliger de création artistique. Retournant une page de sa copie d’une étudiante, Dylan écrivit une note dans le bas de la page avant de s’arrêter voyant que Maya continuait de s’adresser à lui. « J’imagine que vous avez moins ce problème. Ceux qui étudient votre cours sont là pour une bonne raison et non pas parce qu’il faut valider un certain nombre de cours et que le dessin se révèle être le plus ludique et le moins contraignant. »

Un sourire se dessina doucement sur ses lèvres alors que s’il avait pas le même problème que Maya c’était simplement parce qu’il croyait en ses étudiants. Évidemment c’était un principe plutôt difficile à expliquer puisqu’il avait sa propre manière de voir les choses. « Ceux qui étudient mon cours ne sont pas toujours des passionnés. Certains aussi n’y participent pas pour les bonnes raisons. Mais je sais comment sont les étudiants quand ils n’aiment pas un domaine. Et malgré que j’ai un profond respect pour l’art et ceux qui ont le talent de l’exercer, je suis particulièrement mauvais pour créer quelque chose. Je crois que si on ne rendait pas les cours d’art obligatoire, ceux qui y participeraient seraient les étudiants motivés et talentueux. Du moins, j’ose le croire. » Reprenant son souffle alors qu’il s’étonnait lui même de parler autant, il prit la peine de faire une pause pour ne pas ennuyer Maya. Mais il n’y pouvait rien, il était un passionné né pour enseigner aux autres et surtout pour aider. Il croyait en les jeunes, beaucoup plus que certains adultes qui les jugeaient sans leur donner la moindre chance de montrer leur plein potentiel. Et face à ça le seul mot qui lui venait était dommage. « J’ai accepter d’aider à enseigner des cours plus généraux pour ne pas être exclusif à la criminologie. Et les cours comme l’anglais ou bien encore les mathématiques, la plus part essaie de s’en débarrasser parce qu’ils n’aiment pas ça, qu’ils se trouvent pas bons ou bien encore car ils ne comprennent pas l’intérêt de la matière dans leur cheminement. C’est triste je trouve. Malgré tout, j’essaie de mon mieux de comprendre ce qu’ils cherchent et aider ceux qui ont besoin de l’être. » Dylan s’arrêta de parler en ne sachant plus exactement où il s’en allait avec ce genre de discours et il voulait s’empêcher de paraitre moralisateur face à celle-ci qui avait le droit d’enseigner comme bon lui semblait. Dylan aurait simplement aimé ne pas être le seul à ne pas dénigrer les élèves même les plus paresseux d’entre eux. Chacun avait leur propre histoire, certains étaient convaincus depuis toujours qu’ils étaient des bons à rien, d’autres suivaient les traces de leurs parents simplement pour leur faire plaisir, d’autre encore n’avait pas encore apprit à connaitre ce qu’ils souhaitaient et attendait de leur futur. Lui même il y a 5 ans avait faillit tout laisser tomber. Le travail, les amis, la famille. Il avait heureusement réussit à remonter la pente de ses jours malheureux qui lui avait fait regarder la vie d’un angle différent. Et ceux qui la peuplaient aussi. Il ne fallait pas seulement croire en soi, mais croire en les autres était tant un signe de respect que de confiance. Et aucun être humain ne pouvait se sentir en sécurité s’il n’avait pas la confiance et le respect de quelqu’un.

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Message(#) Sujet: Re: « The best teachers teach from the heart, not from the book. » feat. Dylan Summer Lun 27 Juin 2011 - 21:11

Maya savait qu’elle y allait probablement un peu fort. Elle généralisait une chose qu’elle n’avait vue qu’à deux ou trois reprises. La réalité, c’était qu’elle s’était peu à peu désintéressée de son métier, qui ne l’enchantait pas du tout. Si elle n’avait pas pour réelle ambition de viser plus haut, ou plus loin, elle devait avouer être fatiguée et lassée par un train-train quotidien qui ne lui apportait plus grand-chose. Il fallait ajouter à cela que ses derniers mois en tant qu’enseignante avaient été assez mouvementés. Elle avait vécu sur le fil du rasoir et son audace lui avait coûté son poste. Aussi, maintenant qu’elle se retrouvait sans emploi, elle ne s’imaginait pas reprendre le flambeau de quelque professeur de Miami. Aucune nouvelle place n’équivaudrait à la dernière qu’elle avait occupée et ce pour une bonne raison. Si elle n’avait en un sens aucune envie de reproduire ses erreurs passées, elle devait admettre que sans ce petit piment qui agrémentait ses cours d’autrefois, elle ne voyait plus aucun intérêt à se pencher sur des feuilles de dessin autrement que pour se libérer elle d’un poids qui pesait dans son esprit.
Elle n’avait pu que remarquer la réaction du jeune professeur et si elle regretta un instant son rire qui pouvait paraitre moqueur, elle effaça rapidement ce moment de doute. Elle ne faisait qu’énoncer une vérité. La sienne, oui, mais ne valait-elle pas autant que l’avis du professeur ? Bien sûr que si. Tant qu’il ne se méprenait pas sur la signification de ce rire, tant qu’il ne le prenait pas pour lui, ils pourraient bien mettre sur la table leurs arguments, Maya n’y verrait aucun inconvénient. C’est d’ailleurs ce qui donnait du piment à une conversation : l’opposition des points de vue, la bataille des ressentis. Qui avait tort ? Qui avait raison ? Personne et tout le monde en même temps. Il n’était pas d’accord avec elle, il ne le cachait pas. Il avait pris un petit air pincé qui, Maya en était certaine, n’était qu’une expression sincère et transparente. Elle ne le quittait pas des yeux, parlant tout en l’observant attentivement, entre ses coups d’œil sur sa feuille. Au moins n’y avait-il aucune animosité et l’air était aussi frais que s’ils étaient deux bons vieux amis se retrouvant là pour débattre de sujets sur lesquels, ils le savaient, ils ne seraient jamais d’accord. « Ceux qui étudient mon cours ne sont pas toujours des passionnés. » Maya haussa un sourcil, n’en croyant pas un mot. Son thème était bien trop précis pour être pris à la légère, il fallait vouloir se lancer sur cette voie pour s’inscrire à un tel cursus. Mais elle ne le dit pas, ça, se contentant de l’écouter, comme lui avait eu la courtoisie de le faire, malgré son désaccord évident sur l’essentiel de cette discussion. « Certains aussi n’y participent pas pour de bonnes raisons. Mais je sais comment sont les étudiants quand ils n’aiment pas un domaine. Et malgré que j’ai un profond respect pour l’art et ceux qui ont le talent de l’exercer, je suis particulièrement mauvais pour créer quelque chose. Je crois que si on ne rendait pas les cours obligatoires, ceux qui y participeraient seraient les étudiants motivés et talentueux. Du moins, j’ose le croire. » Logique, même, car seul un masochiste de premier ordre irait assister à un cours où il n’est pas obligé d’aller si ce cours ne l’intéresse pas du tout. Elle se demanda un instant s’il s’était senti piqué par sa boutade par rapport aux jeunes qui massacraient sa passion. Peut-être. Peu importait, finalement. Elle n’était pas plus douée pour tout ce qui était logique ou demandait de la réflexion. Chacun son point fort, chacun ses faiblesses. « J’ai accepté d’aider à enseigner des cours plus généraux pour ne pas être exclusif à la criminologie. Et les cours comme l’anglais ou bien encore les mathématiques (…) C’est triste, je trouve. Malgré tout, j’essaie de mon mieux de comprendre ce qu’ils cherchent et aider ceux qui ont besoin de l’être. » Un sourire qui pouvait paraitre indulgent passa sur les lèvres de Maya et s’y figea alors qu’elle le contemplait, ayant distraitement arrêté de dessiner pour le regarder. Il y avait quelque chose chez lui qu’elle ne pourrait jamais imiter : son intérêt pour les autres, croire et vivre pour eux. Rares étaient ses élèves à elle qui avaient évoqué quoi que ce soit pour qu’elle s’attache à eux. Finalement, elle n’avait jamais rien eu à faire dans une classe et il avait suffi de cette conversation anodine pour qu’elle en prenne entièrement conscience. « Moralité : vous avez l’étoffe d’un professeur et je ne suis qu’une usurpatrice » déclara-t-elle avec un sourire. Elle lui adressa un clin d’œil, pour lui montrer qu’elle n’était aucunement blessée ou fâchée et elle traça quelques derniers traits, caressa le papier en certains endroits et souffla, comme pour clore cette séance de pose improvisée. Elle le roula ensuite soigneusement et le tendit à son compagnon de discussion : « J’ai changé d’avis. Ne le regardez pas immédiatement. Attendez que je sois partie. » Elle rangea ses affaires et se leva avec souplesse, se frottant le derrière pour en faire tomber les brins d’herbes. « S’il ne vous plait pas, libre à vous de le déchirer et de le mettre au feu. Mais s’il vous plait, regardez-le comme une certitude : tout le monde a un don. Le vôtre est d’enseigner, c’est certain. Et j’espère que ce dessin vous rappellera notre conversation. En tout cas, elle m’a éclairée sur certains points. » Effectuant une courte révérence pour le saluer, elle conclut : « J’espère vous revoir bientôt, histoire que vous m’inculquiez une ou deux valeurs de la vie qui me sont encore inconnues. Et bonnes corrections. Encore désolée du dérangement. » Et comme elle était venue, une demi-heure plus tôt, Maya repartit, le cœur léger, un sourire indescriptible aux lèvres avec la certitude que son nouveau foyer recelait de merveilles.
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Message(#) Sujet: Re: « The best teachers teach from the heart, not from the book. » feat. Dylan Summer Lun 4 Juil 2011 - 21:03

« Moralité : vous avez l’étoffe d’un professeur et je ne suis qu’une usurpatrice» Surpris de ce genre de résumé de la part de la jeune femme, Dylan fonça les sourcils en se sentant légèrement mal. Il n’avait pas voulu laisser transparaître ce genre de moralité par ses propos, surtout qu’il ne considérait absolument pas Maya comme une usurpatrice. Il se donnait aucun droit de juger sa manière de voir les choses ni encore sa manière d’enseigner à ses élèves. Au contraire, il aurait été le premier à être curieux de participer à l’un de ses ateliers simplement pour pouvoir avoir une idée plus nette de la passion qu’elle vivait. « Vous n’êtes pas une usurpatrice. » Prit-il la peine de préciser afin de défendre cette conclusion faussée qu’il ne défendait pas. Sans le connaître, elle lui donnait l’impression de le mettre sur un pied d’estrade mais Dylan n’en voyait aucunement l’intérêt si c’était pour lui donner du crédit alors qu’il ne le méritait pas. Il était peut-être passionner dans ses paroles, mais ça ne faisait en rien de lui un bon professeur si les preuves étaient intangibles. Mais il garda ses réflexions pour lui, car les partagées avec Maya aurait pu sembler être un moyen comme un autre pour se faire rassurer. Un silence s’installa de nouveau alors que Dylan replongeait ses yeux sur ses copies sans réellement avoir l’intention de les corriger en ses circonstances. « J’ai changé d’avis. Ne le regardez pas immédiatement. Attendez que je sois partie.» Bien peu dérangé par les mouvements de Maya, qu’il apprenait doucement à ignorer pendant qu’elle dessinait un croquis de lui–même, Dylan dut relever les yeux alors qu’elle lui tendait le dit dessin, soigneusement roulé. « S’il ne vous plait pas, libre à vous de le déchirer et de le mettre au feu. Mais s’il vous plait, regardez-le comme une certitude : tout le monde a un don. Le vôtre est d’enseigner, c’est certain. Et j’espère que ce dessin vous rappellera notre conversation. En tout cas, elle m’a éclairée sur certains points. » Dérouté, Dylan la suivit des yeux alors qu’il serrait délicatement le dessin entre ses doigts. Observant Maya se relever sans savoir quoi répondre à ce qu’elle lui disait, il avait tout de même la certitude que malgré à quoi son dessin pouvait ressembler il n’oserait jamais le détruire. « J’espère vous revoir bientôt, histoire que vous m’inculquiez une ou deux valeurs de la vie qui me sont encore inconnues. Et bonnes corrections. Encore désolée du dérangement. » « Ce fut un plaisir, et j’espère que l’ont aura la chance de se recroiser. Et merci pour le dessin. » La remercia-t-il en la regardant s’en aller doucement alors qu’il se mettait à repenser à leur discussion. Il y avait des rencontres qui se faisaient hasardeuses mais qui arrivaient à vous remettre en cause et surtout à vous amener à réfléchir. Alors qu’il la regardait disparaître au loin, Dylan délaissa lentement ses copies de cours pour baisser les yeux sur le papier roulé qu’il hésita à ouvrir. Finalement seul, il se permit d’ouvrir ce qu’il considérait comme un cadeau puis à la vue du croquis, Dylan ne put s’empêcher de sourire. Même s’il avait du mal à croire qu’il ressemblait à celui dessiné sur ce papier, Dylan comprenait en quelques secondes l’étendu du talent non négligeable de cette femme et même s’il ne lui arrivait pas encore à comprendre toute la certitude que le dessin devait lui fournir, quelque chose lui disait que ce dessin révélait une vision nouvelle et fraîche à son encontre. Et c’est en refermant le dessin pour le serrer précieusement dans sa mallette que Dylan en venait à envier le talent de cette Maya.

FIN
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