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 PV ROSE 々 your eyes.

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Message(#) Sujet: PV ROSE 々 your eyes. Lun 28 Mar 2011 - 21:00

rose lancaster & hareton blitswick




Il y a truc que les enfants ne comprendront sans doute jamais : s’ils vous emmerdent maintenant, vous les emmerderez demain. Au départ, ils sont tellement mignons avec leurs petites bouilles farceuses et leurs sourires espiègles. Vous êtes fascinés par tout ce qu’ils font. Leurs gestes, leurs paroles, leurs câlins… Et eux, ils en profitent. Ils vous savent à leur merci alors vous pensez bien qu’il ne se gêne pas. Ce qu’ils ignorent, c’est que votre vengeance sera terrible. Tant et si bien qu’ils regretteront à tout jamais leur douce enfance. Parce qu’une fois qu’ils deviennent des adolescents : ils sont plein de pustules, pleins de complexes, bourrés de préjugés. Et alors, c’est qui qui se marre, hein ? C’est vous. Parents sadiques frustrés de ne pas avoir été à la hauteur, frustrés de ne pas avoir appris à dire non plus tôt, frustrés de n’avoir été qu’un pion de plus sur leur terrain de jeu. C’est ce que vous osez tous appeler : « Relations avec le genre parental ». Sauf que ça ; ça existait avant. Et puis, lui, il est arrivé. Avec ses longs cheveux et ses quelques boucles mal brossées. Sa barbe de quatre jours et son sourire suffisant. Et il a cassé vos enfants. Il les a détruits, ou, plus précisément, il leur a volé leur rêve. Lui, c’est Hareton. Évidemment, ils l’adorent tous et pourtant…

Les rossignoles chantaient, les papillons dansaient, les enfants criaient. Rien de mieux que le printemps ! Comme chaque matin Hareton Blitswick était sorti de son lit avec une envie certaine de chanter la vie. Et c’est ce qu’il avait fait. En se dirigeant dans la salle de bain pour prendre sa douche et se préparer pour le boulot, il avait fredonné une chanson sans fin. Le matin était son moment préféré de la journée. Il prenait tout le temps dont il avait besoin pour s’éveiller complètement et il ne craignait jamais d’être en retard au boulot. Après tout, il était capitaine de son âme et maître de son destin : rien n’y personne ne lui mettrait des barrières. Il se l’était promis. Lorsqu’il fut prêt, il rejoignit sa mère dans la cuisine et lui déposa un léger baiser sur le front avant de lui souhaiter une bonne journée et de quitter leur petit domicile. D’une démarche flottante et d’un pas léger, il se dirigea vers le parc d’Ocean Grove où une petite troupe de sales gosses l’attendait. Son sourire s’illumina lorsqu’ils les aperçu tranquillement installé en tailleur à l’orée du point d’eau. « Alors les petits monstres, vous êtes prêts ? LECON DEUX : papa est mon copain lorsque ma maman est mon ennemie. Allez, on répète ! » A chacun sa façon d’éduquer les enfants et celle du jeune Blits n’était certainement pas la meilleure, mais c’était celle qu’il louait. Bien sûr, de nombreux parents avaient déjà été se plaindre : rien à faire, il était trop bon pour qu’on le vire. Il n’avait donc aucune raison de s’arrêter en si bon chemin. « Papa est mon copain lorsque ma maman est mon ennemie. » Les enfants scandaient en cœur le refrain qu’il avait mis un jour entier à trouver ! Mais fier du résultat, il regardait ses petits loupiot avec un sourire satisfait. « Vous êtes supers ! Allez, tous sur Reagan, il a préparé des tas de jeux avec ses ballons à la con. Oups. Je voulais dire : avec ses petits ballons sans intérêt. » Hareton ne prenait pas le soin de surveiller son langage devant les jeunes. Après tout, ils seraient tous biens plus grossiers que lui, un jour, c’était certain ! Il les regarda alors se diriger vers son collègue qui soupirait déjà d’agacement. Il était évident qu’Hareton n’était pas son meilleur pote. En même temps, il lui refourguait toujours le travail le plus chiant. « Je vais fumer une clope, je te promets que je reviens d’ici… une heure ! » Ce n’est pas qu’il voyait grand, c’est juste qu’il lui faudrait vraiment autant de temps pour la fumer sa clope. Hareton était un ramolli de la carapace mais il prenait toujours le temps d’arriver au point culminant de sa quête !

Le jeune homme laissa alors les enfants avec son collègue alors qu’il se mit à détailler le parc de son regard transperçant. Sa chemise de bucheron entre ouverte laissait à son torse le loisir de se doré au soleil, alors que son vieux jean troué lui donnait l’avantage de respirer. Une clope à la main, il marcha un moment dans le parc sans véritablement prendre garde où il mettait les pieds. Et puis soudain, il eut une révélation. Un rayon de soleil éclaira – telle une lumière divine – une douce princesse à la chevelure délicate. De loin, il l’observa quelques minutes. Concentrée sur ce qui devait être un dessin quelconque, elle semblait ne pas prêter attention au monde qui l’entourait. Ce fut l’élément déclencheur ! Silencieusement, Blits s’approcha de la demoiselle et voulant se faire remarquer sans avoir à dire quoi que ce soit, il se plaça à l’endroit exact où le soleil offrait sa lumière. Procurant ainsi à la demoiselle une zone d’ombre. Sourire enjôleur aux lèvres, il déclara d’une voix qu’il voulait suave : « Jolie demoiselle, laissez-moi vous dire que vous m’avez ébloui ! » S’accroupissant pour être à la hauteur de celle-ci, il dégagea l’une de ses mèches de cheveux qui lui tombait devant les yeux et l’empêchait de mirer la demoiselle avant de déclarer d’un air triomphant : « T’as de beaux yeux, tu sais ? » Comme s’il avait eu le loisir de les contempler, c’est cela oui. Toujours accroupit, il se contenta d’observer la demoiselle tout en tirant délicatement sur la cigarette qui lui bordait les lèvres. Il la sentait bien celle-là. Aujourd’hui, il ne se ferait pas rembarrer !
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Message(#) Sujet: Re: PV ROSE 々 your eyes. Mar 29 Mar 2011 - 17:34



Your eyes.

    HARETON BLITSWICK & ROSE LANCASTER


    © moi






« Non ! Pas la peine de vous asseoir. Ce matin, oubliez vos blouses blanches et le confort de la salle. Vous avez quartier libre jusqu'à 12h. Je veux que cet après-midi, vous me rapportiez un dessin. La seule condition est qu'il faut que je reconnaisse ce que c'est. Donc autrement dit, vous me dessinez quelque chose que vous voyez et ce, dans les alentours de l'université. Pas de travail en groupe et n'en profitez pas pour flâner. Je le verrais si votre travail est bâclé. Allé et maintenant, à vos crayons ! » Un large sourire étira les lèvres fines de la blondinette. La journée ne pouvait pas mieux commencer, c'était certain. Sa classe ressortit alors dans les couloirs, tandis que les élèves s'étaient mis à parler bruyamment, tous enchantés de ce changement de programme. De plus avec un soleil pareil, l'exercice ne pouvait pas mieux tomber. Discutant avec quelques camarades de classe, Rose avait les yeux pétillants, véritablement enthousiaste de cette opportunité inespérée de pouvoir travailler tranquillement dehors, sans contrainte, sans rien devoir à personne. Avec deux amis, elle prit la direction du parc. Elle se voyait déjà assise dans l'herbe, dessinant ce qui lui passait sous les yeux, l'esprit vide. Ils se séparèrent une fois sur place, Rose prenant la direction du seul point d'eau du parc. Les cheveux flottant dans l'air frais, elle semblait rayonnante. Comme quoi, il suffisait de pas grand chose pour être heureux. Un peu de soleil, une fausse liberté et du dessin. Voilà tout ce qui lui fallait pour passer une bonne journée. Après avoir un peu tournée pour trouver ce qu'elle allait dessiner, elle s'installa dans l'herbe douce. Ses jambes étaient nues car elle portait un simple short en jean, et elle savoura le contact de la nature sur sa peau claire. Elle prit le temps de se poser un instant, réajustant son léger gilet crème sur ses épaules délicates. Regardant le monde qui l'entourait, elle se sentait sereine et apaisée.

Puis, elle déballa ses affaires et s'empara de son bloc de dessin ainsi que d'un crayon à la mine assez fine pour commencer. Visualisant alors un beau spectacle, elle se lança dans la reproduction de deux cygnes sur le lac se faisant la coure, alors que l'eau scintillait sous les rayons du soleil et que plus loin les feuilles des saules pleureurs venaient faire onduler l'eau. Un spectacle tout en douceur qui ne put que charmer l'esprit romantique de Rose. Concentrée sur ses gestes, elle oubliait tout. Elle oubliait tout d'abord le monde qui l'entourait ainsi que le bruit. Mais elle oubliait aussi tout ses tracas. Elle oubliait Esteban, elle oubliait Jed. Elle oubliait Hailey et Aiden. Elle oubliait ses grands-parents et sa mère. Elle oubliait tout, même elle. Seul ce qu'elle faisait comptait. Et elle était heureuse ainsi. Le temps passa et déjà, son dessin prenait forme. S'arrêtant quelques minutes par moment, elle levait son visage vers le ciel et fermait les yeux, éblouie par le soleil. Et elle laissait son corps se réchauffer, se ressourcer. Vidant sa bouteille d'eau de quelques gorgées par-ci, par-là, elle regrettait de ne rien avoir à grignoter sur elle. Puis, tranquillement, elle reprenait son dessin. Sa main était sûre et coulait sur le papier, se révélant toujours plus douée à chacun de ses traits. C'était peut-être le seul domaine de sa vie dans lequel Rose se sentait confiante. Elle connaissait son talent et savait qu'elle n'avait pas besoin d'énormément d'efforts pour ce genre de dessin basique. Elle aurait le temps de le fignoler, de parfaire chacune des ombres, chacun des détails, même les plus petits. La jeune fille se montrait souvent très perfectionniste et refusait de d'exposer ses travaux aux autres tant qu'elle-même n'en était pas satisfaite. A chacun ses petits défauts.

Plongée dans son dessin, Rose n'entendit pas le jeune homme s'approcher d'elle. Quand subitement, le soleil semblant avoir disparu, elle se retrouva dans l'ombre. Elle se redressa légèrement et bredouilla un : « Mais... ? » Interloquée, elle se retourna au même moment qu'une voix masculine qui s'élevait derrière elle. « Jolie demoiselle, laissez-moi vous dire que vous m’avez ébloui ! » Stupéfaite, Rose resta tout d'abord muette alors que l'inconnu s'accroupissait pour être à son niveau. Elle le détailla avec attention, se disant que c'était peut-être quelqu'un de sa classe qu'elle n'avait pas reconnu à cause du soleil qui plongeait son visage dans l'ombre. Mais non, elle ne le connaissait ni d'Eve ni d'Adam. Elle fronça un sourcil alors que l'autre se haussait lentement, trahissant sa méfiance et sa surprise. Il avait vraiment dit ce qu'elle avait entendu ? Non sérieusement, ce n'était pas possible. Plus personne ne sortait ce genre de choses ! A moins qu'il soit en train de se foutre d'elle. Oui voilà, ça devait être ça. Une blague stupide. Rose était prête à parier que les amis de ce nigaud étaient planqués non loin de là et admirait en se marrant la connerie de leur ami. Lorsqu'il replaça l'une de ses mèches de cheveux derrière son oreille, Rose recula brusquement le visage, l'empêchant de terminer son geste. Hé oh ? Il se croyait où lui ? Froide et agressive, Rose lâcha alors : « Oui et bien vous, vous me faite de l'ombre ! »

Agacée par la proximité du jeune homme, Rose tenta de reculer un peu afin d'instaurer une nouvelle distance entre eux. Mais elle se stoppa dans son élan alors qu'il déclarait avec un sérieux déconcertant : « T’as de beaux yeux, tu sais ? » Perplexe, Rose le dévisagea de haut en bas, comme s'il s'agissait d'un échappé de l'asile. Elle murmura alors, inquiète : « De... hein ?! » Quelques secondes s'écoulèrent et Rose finit par éclater de rire. Non alors là, c'était trop ! Ce mec était trop tordu. Plaçant sa main sur sa bouche, ses yeux se plissèrent et ses pommettes remontèrent alors qu'elle n'arrivait plus à s'arrêter de rire. Elle n'en revenait pas, sérieusement. Et elle espérait sincèrement qu'en effet, tout ceci n'était qu'une mauvaise blague. Car sinon, le pauvre garçon devrait vraiment revoir sa technique de drague. C'était pitoyable et ne se faisait plus depuis des dizaines d'années déjà. Si ce n'est plus d'ailleurs. Elle finit par retrouver son calme et toussota. Elle fit glisser ses cheveux d'un côté de son visage et posa son regard dans celui du garçon. Il était bien plus âgé qu'elle et elle trouvait que ses cheveux longs mal peignés et sa chemise de bûcheron ouverte lui donnait une allure de dragueur de campagne. Elle se mordit la lèvre inférieure, s'empêchant d'éclater de rire à nouveau. Une fois totalement calmée, elle se redressa pour bien lui faire face et retrouva un regard assez froid et désagréable. Elle n'avait pas vraiment de temps à perdre avec ses âneries. Elle expliqua alors, d'une voix sèche : « On s'est bien marré, merci. Maintenant fichez-moi la paix. J'ai autre chose à faire que d'écouter vos salades. » Elle se retourna alors, lui présentant son dos. Puis, elle reprit son dessin pour le continuer, espérant que cela suffirait pour le faire déguerpir. Ah, espoir quand tu nous tiens !

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Message(#) Sujet: Re: PV ROSE 々 your eyes. Jeu 31 Mar 2011 - 20:09

Au printemps, on batifole. C’est bien connu. C’est Bambi qui l’a chanté : donc c’est vrai ! On batifole. Donc on va voir à droite, à gauche et tel un papillon, on essaye de séduire l’élue de son cœur avec quelques courbettes. C’était dans la logique des choses et Blits n’était pas du genre à loupé une tradition telle que celle là. Aussi le jeune homme s’était baladé dans le parc avec – bien qu’il ne se l’avouerait jamais – la ferme intention de se dégotter une femme de sa race. Sa race qui, avouons-le, était en cours d’extinction. Des personnes dans son genre, on n’en trouvait pas à tous les coins de rues. Et finalement, ne c’était pas plus mal ainsi. Il demeurait le chieur le plus unique en son genre que la Terre n’ait jamais connu. Enfin, n’exagérons rien. Disons qu’il n’était pas n’importe qui et que le monde le lui rendait bien. Soit. Il s’était donc trouvé ladite femelle, bien qu’elle n’avait pas vraiment l’air d’être de sa race… Qui ne tente rien, n’a rien ! « Oui et bien vous, vous me faite de l'ombre ! » Touché. Coulé. Hareton avait tendance à oublier que sous la pâle apparence de jeune fille bien sous tout rapport, se cachait souvent une démone assoiffée de sang. Evidemment, il n’allait pas s’avouer vaincu pour autant. Il en fallait plus pour impressionner un Blitswick de son calibre. Et puis, des phrases aussi ridicules que vieillottes, il en avait un paquet dans son lexique. Bien sûr, il fallut qu’il lâche la plus absurde du lot. Celle que les gens évitent de nos jours. Celle qui fait pleurer. Pleurer de rire. Entre autre chose. T’as de beaux yeux, tu sais. Fallait-il se nommer Blitswick pour oser aborder une jeune demoiselle avec de telles références ? Sans doute et le pire, c’est qu’il n’avait absolument pas honte. Il savait exactement ce qu’il faisait. D’ailleurs, déjà il entendit le rire cristallin de la jolie blonde lui caresser les oreilles. Des rires comme cela, il n’en avait pas entendu souvent. Il était littéralement sous le charme. Cette fille savait y faire. Envouté par ce son mélodieux, le jeune ne souhaitait pas qu’il s’achève de sitôt et pourtant, le silence revint bientôt. Lui laissant une moue déçue sur le visage. Alors que les traits de la jolie blonde commençaient doucement à se durcir pour devenir froid et peu avenant. « On s'est bien marré, merci. Maintenant fichez-moi la paix. J'ai autre chose à faire que d'écouter vos salades. » Et sans même attendre la réponse du jeune homme, elle lui tourna le dos avec superbe. Se moquait-elle de lui ? On ne se comportait pas comme cela avec lui. Ce n’était même pas envisageable. Et pourtant, charmé par l’éclat du soleil dans sa chevelure blonde, Hareton ne protesta pas. Hébété ; il resta planté quelques secondes à la recherche de la bonne phrase, du bon argument. Ce truc en plus qui lui donnerait un avantage. Il ne voulait pas d’une relation, il voulait batifoler ! Elle ne voulait pas batifoler, elle aussi ?

Se relevant, le jeune homme se reposta face à la jeune femme. Son regard se fit transperçant alors qu’il la surplombait de toute sa hauteur. « Je vous ai fait rire. » Les mots aussi simples qu’explicites avaient été formulés d’une voix posée et détachée. Ce qu’il voulait dire était simple. Toute fois, cela ne voulait rien dire s’il ne lui donnait pas davantage d’explication. Alors dans un geste las, il se gratta la nuque avant d’assurer un : « Je vous ai fait rire et c’est un bon point pour moi. Et vous savez pourquoi ? » Incapable de discuter alors qu’il se sentait à des années lumières de la jeune fille, Hareton s’assit juste en face de celle-ci et planta son regard dans le sien. « Parce que vous les femmes, dès qu’un gars vous fait rire : on dirait que vous avez vu le bon Dieu ! C’est facile. Vous vous esclaffer avec ses rires aussi faux qu’immonde et vous vous envolez au septième ciel. » Sa voix était toujours aussi calme alors que ses mains s’amusait à caresser l’herbe du parc. Il savait qu’il avait raison. C’était toujours comme ça avec les femmes. Elles prétendent être dures et dès qu’une blague – même si elle est nulle – leur plait, elles baissent leur culotte. Dégoûtant. Et tout bon ! « Enfin, quand je dis vous, je parle des femmes en général. Vous, vous avez l’air tout ce qu’il y a de plus différente. » Elles étaient toutes différentes et finalement, toutes semblables. Il n’y avait aucune différence. Si ce n’est leur couleur de cheveux, la marque de leur vernis, la voiture qu’elles conduisaient… Toutes différentes et pourtant si semblables.

Et sans même demander l’autorisation, Blits s’empara du bloc à dessin de la jeune fille. Pendant un moment, il le mira sans un mot. Son regard passait du dessin, à la réalité avec une attention qu’on lui connaissait peu. Prenant pleinement conscience de chaque trait dessiné, chaque ombre orienté de telle ou telle manière. Il n’avait jamais été un as en ce qui concernait l’art, mais il lui semblait que ce dessin manquait d’un petit quelque chose. Il ne savait pas trop quoi. Il continuait ainsi à observer les cygnes qui se faisaient la cour alors que l’idée – bien nette – germa dans son esprit. « Vous avez beaucoup de talent. Mais… est-ce que je peux me permettre une critique ? » Question purement rhétorique, il n’allait pas se faire prier pour donner son avis. D’autant plus que la demoiselle n’allait certainement pas lui donner l’occasion de s’exprimer. « C’est très réussi. C’est l’exact reflet de ce que j’observe. Mais vous savez ce qu’il manque à votre dessin ? De la vie. Je veux dire, on ne peut pas dessiner un truc pareil sans y mettre du cœur et j’ai l’impression que vous avez dessiné ce dessin avec la même froideur que vous avez dans les yeux en me regardant. Bon, je suis pas un expert, mais je peux vous dire que… ce que je vois, c’est pas le meilleur des dessins. » Tout était une question de mots et d’idées. S’il ne se perdait pas, peut-être qu’il arriverait à son but. « Un, je vous ai fait rire. Deux, je m’intéresse à vous. Vous ne pensez pas que ça mérite au moins un tour de parc ? Je pourrais vous donner du sentiment ! Peut-être pas de l’amour, mais au moins de l’exaspération. Mieux que rien, non ? » Sourire enjôleur alors qu’il tendait le dessin à la jeune fille et qu’il posa son regard vide d’expression dans le sien. Peut-être que ça marcherait. Peut-être que ça ne marcherait pas. Mais il aurait essayé.
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Message(#) Sujet: Re: PV ROSE 々 your eyes. Lun 4 Avr 2011 - 17:01



Your eyes.

    HARETON BLITSWICK & ROSE LANCASTER


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Ce jeune homme semblait être un mystère à lui tout seul. C'est vrai, après tout, combien y avait-il d'hommes qui appréciaient que l'on se foute de leur figure ? Rose n'en connaissait aucun. Et pourtant lui, il souriait alors qu'elle riait de lui et de ses phrases ridicules à mourir. Pire même, il semblait déçue qu'elle cesse de rire. Interloquée, elle ne fit pourtant pas le moindre commentaire là-dessus. Oui, surtout ne pas lui donner matière sur quoi rebondir et continuer la conversation. Elle n'avait pas du tout envie de continuer la conversation avec lui. Qu'est-ce qu'il allait lui sortir ensuite ? La blondeur de vos cheveux me rappel les tendres blés d'été ? Bah tiens, manquerait plus que ça ! L'assenant d'une dernière phrase sèche et des plus explicites, elle lui tourna alors le dos. Elle n'en revenait toujours pas. Rose n'avait jamais fait partie de ces filles que l'on drague à longueur de temps, et pourtant elle savait que tout ceci ne se faisait pas. Ou plus. C'était pour dire ! Même son côté romantique n'avait pas été titillé par cette voix presque mielleuse qui ne faisait que débiter un tas d'âneries saugrenues. Et ça, le jeune homme ne le savait peut-être pas, mais c'était un signe. Signe qu'il était allé trop loin dans le côté "prince charmant" et qu'il avait basculé du côté du pathétisme. Tant pis pour lui, Rose n'en avait que faire. Elle était ici pour travailler, et les garçons, elle avait eu sa dose dernièrement. Elle ne comptait plus tomber dans les filets de ces êtres vils et sans cœur. Elle allait donc se consacrer à ses études et aux gens qui lui étaient chers. Elle avait par exemple encore un tas de choses à enseigner à Ella pour le dessin. Elle devait également continuer à surveiller Sally et à essayer de l'aider comme elle pouvait lorsqu'elle se mettait dans le pétrin. Elle comptait également se concentrer sur ce qu'il se passait chez elle. Plus le temps passait, plus l'animosité de Rose à l'égard de son frère et de sa compagne s'estompait. Déjà, parce qu'elle aimait trop Aiden pour lui en vouloir éternellement. Mais aussi parce que Hailey était malade. Très malade. Et Rose savait se montrer suffisamment raisonnable pour ne pas trop en rajouter et la laisser tranquille. Bref, elle avait déjà suffisamment de choses en tête pour ne pas avoir envie de se faire compter fleurette par un excité des hormones.

Mais c'était sans compter sur la persévérance de l'inconnu. Malheur ! Elle l'entendit se relever et cru bêtement qu'il allait simplement faire demi-tour et aller essuyer cet échec cuisant auprès d'une autre fille qui cette fois-ci peut-être, serait suffisamment naïve -ou idiote même- pour se laisser charmer par tant d'absurdités. Mais non. Il la contourna et vint se poster en face d'elle. Rose ferma les yeux et soupira, agacée. Il la toisait avec assurance, mais la blondinette prit soin de ne pas le regarder. Faisant mine de l'ignorer, elle avait recommencé à dessiner. Mais elle interrompit bien vite son geste, laissant retomber son crayon à papier sur sa feuille alors qu'il déclarait simplement : « Je vous ai fait rire. » Rose soupira prestement et marqua une courte pause. Elle finit par redresser la tête et poser sur lui un regard impatient, l'air de dire : Oui, et ? En effet, il l'avait fait rire. Mais visiblement, malgré lui. Elle avait rit de lui et ce n'était pas vraiment une bonne chose en réalité. En avait-il seulement conscience ? Vu ce qui l'attendait, il semblerait que non. « Je vous ai fait rire et c’est un bon point pour moi. Et vous savez pourquoi ? » Rose roula des yeux, désespérée. Un bon point ? Bah tiens. Il voyait des espoirs là où il n'y avait qu'un mur insurmontable. Elle croisa ses bras sur sa poitrine, les lèvres pincées. Bon ? Accouche mec ! Rose n'allait pas rester plantée là à l'écouter jaser sur des choses qui n'avaient pas lieu d'être pendant 150 ans ! Il finit par se rasseoir en face d'elle. Super, de mieux en mieux. La jeune fille réalisait lentement qu'elle n'allait pas pouvoir se débarrasser de sitôt de ce pot de colle imprévu. Très calme, il annonça alors avec une détermination troublante, comme s'il détenait le savoir absolu : « Parce que vous les femmes, dès qu’un gars vous fait rire : on dirait que vous avez vu le bon Dieu ! C’est facile. Vous vous esclaffer avec ses rires aussi faux qu’immonde et vous vous envolez au septième ciel. » Ok. Là, il allait loin. L'étudiante arqua un sourcil et posa sur lui un regard dubitatif. Il y croyait vraiment à ce qu'il disait là ? Apparemment, oui. Merde, ça craint. Se disait-elle en silence. Là, elle se devait d'intervenir et lui ouvrir les yeux sur la -triste- réalité des choses. Elle allait prendre la parole, mais il a coupa pour finalement conclure : « Enfin, quand je dis vous, je parle des femmes en général. Vous, vous avez l’air tout ce qu’il y a de plus différente. » Cause beau merle ! Rose échappa un bref "pff" accompagné d'un soupire dégouté. Elle leva les yeux au ciel en secouant la tête de droite à gauche en signe de désespoir. Pauvre garçon... Après l'agacement il parvenait à lui faire pitié. Elle posa sur lui un regard désolé et finalement, expliqua : « Écoute, ton monde de bisounours à l'air bien sympa. Mais là, c'est la réalité. Tu vois ? Et, accroche-toi, ça ne marche pas comme ça ici. » Elle marqua une pause, le regardant comme on regarde un enfant de 6 ans qui vient de découvrir que le Père Noël n'existait pas. Les jambes croisées en tailleur et les mains posées sur ses cuisses, elle ajouta : « Je n'ai pas ris parce que je te trouvais drôle. J'ai ris parce que tu es ridicule. Et ça, ce n'est pas un bon point. Et encore pire si après ça, la fille te tourne le dos. » Elle insista bien sur ses derniers mots et posa sur lui un regard insistant qui en disant long. Du genre : tu-vois-de-quoi-je-parle-alors-lâche-moi-t'as-aucune-chance. Mais Rose l'avait sous estimé. Ce n'était pas un pot de colle ordinaire. C'était plutôt du genre Super Glue vous voyez ? Il croyait dur comme fer à ce qu'il avançait et n'en démordait pas. Redoutable.

Sans crier gare, il s'empara alors du bloc de dessins de Rose, lui arrachant un petit « Hey ! » d'indignation. Pour qui se prenait-il ? Retrouvant une mine contrariée et des sourcils froncés, elle le fusilla du regard. Elle détestait que l'on regarde ce qu'elle faisait. Encore plus quand on était un garçon aux cheveux longs qui semblait avoir oublié son cerveau aux vestiaires. Elle tenta un geste dans sa direction pour le récupérer. Mais rien à y faire, il anticipait toujours et esquivait sa main à chaque fois. Mais quel casse-pied celui-là ! Rose finit par abandonner, alors que le garçon fixait son dessin, puis la réalité et ensuite de suite. Et maintenant il allait lui sortir qu'il était critique d'art, c'est ça ? Grotesque. « Vous avez beaucoup de talent. Mais… est-ce que je peux me permettre une critique ? » Rose ouvrit la bouche pour répondre un "non" sec et catégorique. Mais il ne lui en laissa même pas le temps, reprenant aussitôt. Elle aurait dû s'en douter tiens qu'il se fichait bien de savoir si elle était d'accord ou non. « C’est très réussi. C’est l’exact reflet de ce que j’observe. Mais vous savez ce qu’il manque à votre dessin ? De la vie. Je veux dire, on ne peut pas dessiner un truc pareil sans y mettre du cœur et j’ai l’impression que vous avez dessiné ce dessin avec la même froideur que vous avez dans les yeux en me regardant. Bon, je suis pas un expert, mais je peux vous dire que… ce que je vois, c’est pas le meilleur des dessins. » Non mais alors là ! Rose avait les yeux ronds, alors qu'elle le regardait presque avec haine. Lui sauter dessus pour l'étrangler ou lui planter son crayon dans les yeux ? Le choix était difficile... Pourquoi pas les deux finalement ? Elle serra la mâchoire et prit une grande inspiration pour ne pas céder et se mettre à lui hurler dessus. Les critiques étaient toujours difficiles à entendre. Excepté quand elles venaient de professionnels. Mais qu'un beau parleur se permette de juger son travail la rendait vraiment furieuse. Elle finit par lui arracher son bloc des mains, offensée. D'une voix agressive elle rétorqua finalement : « Je me fiche de ton avis, je ne t'ai rien demandé ! Et si je suis en école d'art, c'est bien pour m'améliorer. Alors excusez-moi monsieur je me prend pour Picasso de ne pas avoir satisfait votre œil d'expert. » A bout, elle récupéra ses affaires et commença à les ranger dans son sac afin de se lever et de partir d'ici le plus vite possible. De toute façon, elle avait fait le plus gros. Elle pouvait terminer les détails loin d'ici, la scène étant bien imprimée dans sa mémoire.

Mais il ne lui en laissa pas le temps, ajoutant finalement : « Un, je vous ai fait rire. Deux, je m’intéresse à vous. Vous ne pensez pas que ça mérite au moins un tour de parc ? Je pourrais vous donner du sentiment ! Peut-être pas de l’amour, mais au moins de l’exaspération. Mieux que rien, non ? » Mais quel toupet ! Rose cessa de bouger, dépitée. Il fallait tout de même lui reconnaitre quelque chose : il avait un sacré culot et savait aller droit au but. Un peu surprise par son comportement inhabituel, Rose resta plantée là, inerte. Elle avait encore du mal à réaliser tout ça. D'où il sortait franchement ? Elle se passa une main lasse dans les cheveux, se mettant alors à le fixer sans ciller. Il disposait d'une certaine carrure qui le rendait imposant et il dégageait un certain charisme qui en temps normal, aurait fait rougir Rose et l'aurait rendu presque muette. Mais ces derniers temps, elle était bien trop blasée pour se laisser impressionner par qui que ce soit. Finalement, elle se leva et posa son sac sur son épaule avant de répondre sèchement : « Non merci, j'ai eu ma dose d'exaspération pour la journée déjà. » Elle se retourna pour s'éloigner, mais au dernier moment lui refit face et déclara avec dédain : « Et de toute façon, je ne fais pas des tours de parc avec un exhibitionniste. » Se regard s'abaissa vers son torse qu'il laissait largement entrevoir étant donné que sa chemise était grande ouverte. Elle releva le menton, se faisant presque méprisante.


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Message(#) Sujet: Re: PV ROSE 々 your eyes. Dim 10 Avr 2011 - 0:28

Il paraît que l’amour commence toujours par une bagarre, n’était-ce donc pas un signe de se voir ainsi remballé par la gente féminine ? Sans doute que si. Il fallait toujours une pointe de négatif dans toute relation, sinon, comme voir le positif ? C’était d’une logique implacable. Les hommes et les femmes se cherchent, ils jouent à la guerre et tout ça dans un seul but : copuler ! Tout était clair dans la tête de Blits. C’était comme ça que ça devait se passer. Pas autrement. Et il fallait avouer que sa méthode était infaillible. Il avait toujours eu les bons mots et les bonnes attitudes pour entamer la période de crise. Après, c’était nettement plus délicat. Il fallait avouer qu’il était loin d’être un modèle de perfection – même si cela lui arrivait de le penser. Il était même plutôt exaspérant comme gars. Mais son charme ne résidait-il pas en cela, justement ? Mais bien sûr que si ! Hareton Blitswick marchait au talent, il lui en fallait plus pour se voir démonter par une pimprenelle à la grosse tête. Parce que même Barbie avait plus de charisme que cette fille et ce, même sans son Ken pour accessoire ! Pourtant, il allait la caresser dans le sens du poil. Il allait gentiment lui faire remarquer qu’il était là dans un but bien précis et qu’il ne lâcherait pas prise avant de l’avoir atteint. Autrement dit ? Elle allait devoir se le taper toute la sainte journée, s’il le fallait ! Mais de toute évidence, la demoiselle ne l’entendait pas de cette oreille. Elle n’allait pas le laisser gagner si facilement. Là, il devait avoir vu Bobby s’il y avait cru… Bobby, c’était le chien du voisin. Celui qui prédit l’avenir. Enfin, il le prédit pas vraiment, disons qu’il avait l’art de faire des crottes plutôt éloquente qu’Hareton interprétait à sa façon. Mais non, il n’avait pas vu ce bâtard. Sinon, il l’aurait vue venir, celle-là : « Écoute, ton monde de bisounours à l'air bien sympa. Mais là, c'est la réalité. Tu vois ? Et, accroche-toi, ça ne marche pas comme ça ici. » Accompagné d’un regard tout ce qu’il y a de moins miséricordieux et affable. « Je n'ai pas ris parce que je te trouvais drôle. J'ai ris parce que tu es ridicule. Et ça, ce n'est pas un bon point. Et encore pire si après ça, la fille te tourne le dos. » Le regard qu’elle portait sur lui l’amusait. Elle était drôle cette fille. Il l’aimait bien. Aussi se mit-il à sourire sans s’en rendre compte. Un de ces sourires qu’on ne voit que sur le visage des pervers sexuels. Un sourire entre le mutin et l’indécent. Et toutes ses phrases qu’il avait en tête et qu’il rêvait de lui susurrer à l’oreille. Des belles phrases du genre : si tu veux, je peux te le montrer mon bisounours. De prime à bord, ça pouvait paraître franchement étrange mais… En fait, il avait vraiment un bisounours. Bon peut-être que sa mère l’avait jeté depuis mais il en avait eu un. Et franchement, il était trop joli ! « Pourquoi tu me parles comme si j’avais cinq ans ? » Question plutôt absurde au fond. Il était débile s’il n’avait pas compris pourquoi. Mais le truc avec Hareton, c’est qu’il aimait bien qu’on lui explique le pourquoi du comment. Qu’on lui dise ce que c’était la vie et pourquoi c’était ainsi et pas autrement. Il rêvait de voir un C’est pas sorcier consacré à se petite existence. « Mon monde de bisounours est trop prêt à t’accueillir, si tu veux. Parce que tu sais, ça n’existe peut-être pas – ou alors que dans ma tête – mais au moins ; là-bas t’y es heureux. » Il n’avait pas tort pour le coup. Dans son monde à lui, peluches roses ou non, la joie était de mise. Alors que la pauvrette ne semblait pas baigner dans la gaité. Il lui aurait bien fait remarquer mais il se doutait que cela ne l’aiderait pas. Et puis, ce n’était pas non plus son but dans la vie : faire pleurer les petites blondes, s’entend. « Et qui te dis que je voulais pas me rendre ridicule ? Tu ne connais pas tes vieux adages, chérie ? Le ridicule ne tue pas. » Un large sourire s’imposa alors sur ses traits. Comme toujours, il était sûr de lui. Il n’avait pas peur de se faire rembarrer. Si cela était le cas et bien… Tant pis ! On ne gagnait pas à tous les coups. Et puis parfois, quand on gagne on perd et quand on perd on gagne. Sauf qu’il avait vraiment envie de batifoler avec cette fille. Pas uniquement de manière superficielle. Elle l’intriguait. Tout comme le dessin qu’elle faisait…

Et pourquoi donc allait-il se priver de le mirer et de le commenter ? Même pas en rêve. L’arrachant des mains de la demoiselle pour jouer les experts, il ne se le laissa pas reprendre lorsque la jolie blonde s’évertua à vouloir l’attraper. Contrairement elle ce qu’elle pouvait peut-être penser, il ne jouait pas. Blits était certes un crétin de première, le dragueur lourd par excellence mais il était loin d’être aussi stupide qu’il pouvait le laisser paraître. Parfois, cherchant plus loin que le bout de son nez, il observait le monde et s’amusait à le commenter. Et bien que personne ne lui avouerait jamais – aux risques de voir monsieur prendre la grosse tête et voir ses chevilles enflées – il était doué pour ça. Il voyait le monde d’un regard clair et clairvoyant. Enfin, la plupart du temps. Mais bien sûr, comme tout le monde, il ne pouvait pas tomber juste à tous les coups. Pourtant, lorsqu’il observait le dessin de sa femelle – de même espèce ou non, là n’était plus la question – il avait cette sensation étrange d’y voir un trou. Un trou béant. Comme celui que l’on pouvait retrouver dans un cœur meurtri et malmené. À tort ou à raison ? « Je me fiche de ton avis, je ne t'ai rien demandé ! Et si je suis en école d'art, c'est bien pour m'améliorer. Alors excusez-moi monsieur je me prends pour Picasso de ne pas avoir satisfait votre œil d'expert. » Un peu déçu par cette réplique sanglante, Hareton regardait la jeune fille récupérer ses affaires et les ranger dans son sac. Il ne voulait pas qu’elle part, mais comment la retenir ? Oh bien sûr, il n’avait pas encore terminé sa petite démonstration de drague – bien qu’elle soit clairement foireuse – et ce n’était pas son genre d’abandonner en si bon, ou pitoyable, chemin. Il ne s’appelait pas Hareton Blitswick pour rien. Souvent, il se demandait de qui il pouvait bien tenir, il n’y avait aucun être humain capable d’engendrer un tel cas social. Et pourtant ! Ah, ce que c’était dur d’être parfait et bonjour pour assumer. Mais visiblement son assurance et sa perfection n’avait aucun effet sur les petites blondes dessinatrices. Elle semblait même plutôt réfractaire à l’éventualité d’ouvrir une discussion. Se levant rapidement et déposant son sac sur son épaule, elle ne se gêna pas pour lui refuser son tour de parc : « Non merci, j'ai eu ma dose d'exaspération pour la journée déjà. » A son tour, le jeune homme se remit debout et d’un geste totalement mou et sans plus de conviction, il se frotta le popotin pour faire tomber quelques brindilles d’herbe au sol. Et alors que la jeune fille lui tourna le dos pour s’éloigner, le jeune homme se contenta de bailler sans plus de cérémonie. Mine de rien, elle était fatigante cette petite. Elle s’était alors retourné pour déclarer : « Et de toute façon, je ne fais pas des tours de parc avec un exhibitionniste. » Alors que son regard glissait sur son torse quelque peu exposé et qu’elle ne s’y perdit qu’une seconde avant de relever le menton comme les gamines trop orgueilleuse. Amusé par la situation, Hareton n’abandonna pas son sourire. Il n’avait certes pas remporté la partie, mais il l’avait suffisamment intrigué pour qu’elle ne parte pas sans dire un mot. Mieux : elle les avait carrément maté lui et son torse. Et quoique l’on puisse en dire, c’était tout bonnement jouissif. Hareton porta son regard alors sur la jeune fille et d’une voix sérieuse il déclara : « Je suis désolé de t’avoir vexé avec mes propos. Je ne voulais pas me prendre pour mieux que je ne suis. J’ai juste pas appris à fermer ma gueule. » Sans blague. Il n’y avait qu’à espérer qu’il l’avait trouvé toute seule, celle-là ! Mais alors que rien ne le laissait présagé, la mine du jeune s’assombrit. Offrant à son regard une lueur de profonde distance et de vide intersidéral. A son allure celle d’une bête en fermé en cage. A ses traits, la déception d’un hardi. Hareton n’était pas ce genre de type à prendre la mouche pour un rien, à vrai dire, il en fallait tellement pour l’atteindre ! Mais cela ne l’empêchait pas de feindre une telle réaction et parfois, avec un peu trop d’excès, sans doute. « Et bien, tant mieux puisque personnellement je ne fais pas de tours de parc avec une précieuse ridicule. » Le ton de sa voix était dépourvu de toute intonation. Il ne faisait qu’éveiller une réflexion hautement spirituelle, n’est-il pas ? Puis, ce fut à son tour de jouer la grande scène. Vous savez celle où, genre, le héros il crève. C’était nul le théâtre. Fallait toujours qu’il y en ait un – ou deux, ou milles en fait – qui crève et après… C’était merveilleux. Fabuleux ! Tout le monde se pâmer en de grand discours éloquent. A croire que la mort, c’était de l’art… Mais bien sûr. Soit ! Le moment tant attendu de LA scène. Accrochez vos ceintures, ça va faire mal. Passant une main dans ses cheveux pour se la joueur tombeur de ses dames, il se détourna de la jeune fille et avança droit devant lui. Et tout en marchant, il laissa glisser son pantalon le long de ses anches, laissant ainsi à son boxer le loisir de faire sa sortie de printemps. On voyait clairement ses fesses, mais nullement gêné, Hareton se contenta de glisser ses mains dans ses poches en continuant sa trajectoire en sifflotant. Au bout de quelques mètres il déclara à voix haute : « Ca va ? Je m’exhibe assez pour toi, là ? » S’il avait un but dans la vie, c’était sans doute celui de rendre la vie détestable à toutes les jolies blondes du monde. « Au fait ! Si tu me cherches, je suis dans le bottin. Tu peux aller voir dans la page des petits cons. Tu sais, la page juste après la tienne : celle des sainte-nitouches improbables. » S’arrêtant soudain, il fit volte face. « Tu ne vas pas me laisser t’insulter sans rien dire, quand même ? Je serai déçu ! » Nouveau sourire. Cette fois, il avait gagné. Dans le genre gros lourdaud, il avait la palme d’or !
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Message(#) Sujet: Re: PV ROSE 々 your eyes. Mer 13 Avr 2011 - 18:13



Your eyes.

    HARETON BLITSWICK & ROSE LANCASTER


    © moi




Infernal. Voilà l'unique mot pour décrire cet insupportable jeune homme. Incapable d'être sérieux une seule seconde, sa bouche, elle, ne semblait pas vouloir se fermer une bonne fois pour toute, continuant inlassablement à débiter un tas de conneries plus exaspérantes les unes que les autres. Si bien que Rose en avait mal à la tête et hésitait presque à le prendre en photo pour l'envoyer au journal local. Vous savez, un truc du genre : espèce rare en voix de disparation -et c'est tant mieux !- 1000$ de récompense pour celui ou celle qui l'abattra. Évidemment, tout ceci restait de l'ordre du fantasme, puisque Rose était tout simplement incapable de faire du mal à qui que ce soit. Mais rien que l'idée de l'imaginer en train de se faire pourchasser par des hommes cupides et armés l'aidait à mieux le supporter. Enfin, si c'était possible. Le sourire indécent qu'il lui offrit après qu'elle lui ait expliqué qu'il ne l'avait pas vraiment faite rire et tout ça, la fit frissonner de dégoût, presque outrée par cette expression à la limite de la perversion qu'il arborait sans retenue. Une bonne claque aurait certainement eut de quoi lui remettre les idées en place. Mais Rose n'en fit rien, bien trop réservée pour se laisser aller à se genre de pulsions animales, selon elle. « Pourquoi tu me parles comme si j’avais cinq ans ? » Ce fut alors au tour de Rose d'esquisser un petit sourire narquois, se faisant moqueuse à nouveau. Pourquoi ? L'ignorait-il vraiment, ou s'amusait-il à être plus idiot qu'il ne le semblait déjà ? Avec lui, tout semblait possible visiblement. Elle roula des yeux et détourna la tête, préférant ignorer sa question plutôt que de s'abaisser à y répondre. C'était presque comme si elle redoutait un piège quelconque. Mais n'abandonnant pas aussi facilement, il poursuivit, très calme et très sérieux. « Mon monde de bisounours est trop prêt à t’accueillir, si tu veux. Parce que tu sais, ça n’existe peut-être pas – ou alors que dans ma tête – mais au moins ; là-bas t’y es heureux. » Nuls doutes que si Rose avait été un félin, elle se serait mise à grogner. Non vraiment, il explosait tous les records de débilité profonde, ajouté à ça un taux élevé à la capacité d'agacement, sans oublier une grosse poignée de désespoir face à la déchéance de son esprit. Enfin, pour ça faudrait-il encore que son esprit ait été élevé une seule fois dans sa vie. Rose fronça les sourcils, songeant à cette possibilité. Et finalement, elle se dit que c'était grandement impossible. Ce mec était né stupide, et il mourrait comme ça. La fatalité, que voulez-vous. Tellement absorbée dans ses grandes réflexions, qu'elle ne prit pas la peine de répondre, il renchérit encore : « Et qui te dis que je voulais pas me rendre ridicule ? Tu ne connais pas tes vieux adages, chérie ? Le ridicule ne tue pas. » Le mot chérie lui arracha une grimace de dégoût. Bah oui, et pourquoi pas mon petit sucre d'orge pendant qu'il y était ! En tout cas, Rose ne pouvait cacher le fait que pour une fois, elle aurait bien aimé que le ridicule tue. Elle se serait retrouvée débarrassé d'une sangsue à l'esprit aussi développé qu'une chamelle en chaleur. Soupirant bruyamment pour bien lui montrer son agacement croissant, elle le fixa un court instant. Comme si elle cherchait le bouton "STOP" sur son visage pour le faire taire de façon définitive. La blondinette était persuadée qu'à présent, seule sa voix suffirait à lui foutre la chaire de poule. Préférant éviter tout débat, elle se contenta alors de répondre sèchement : « Dommage. » Petit regard sévère, et Rose réunissait déjà ses affaires, impatiente de fuir loin de cet énergumène. Pas humain ce mec, pas humain.

La jeune fille s'était donc levée et rapidement, il l'imita. Quoi ? Il se croyait dans un jeu du miroir ou quoi ? Bon sang, mais qu'il reste assit et qu'il lui fiche la paix une bonne fois pour toute. L'éternel optimisme de Rose était vraiment... touchant. Pour ne pas dire naïf et ridicule. Ne se laissant néanmoins pas démonter par ses derniers propos, l'inconnu rétorqua, imperturbable apparemment : « Je suis désolé de t’avoir vexé avec mes propos. Je ne voulais pas me prendre pour mieux que je ne suis. J’ai juste pas appris à fermer ma gueule. » Bah tiens ! De nouveau, Rose manqua d'éclater de rire. Mais sage, elle se retint avec détermination. Elle préférait éviter d'entendre encore ses théories stupides sur le lien entre les femmes, le rire, et l'homme qui les a fait rire. Elle trouvait ça totalement déplacé et carrément macho. Fallait-il être vraiment prétentieux pour s'imaginer ce genre de débilités. Le rire ne faisait pas tout, il fallait qu'ils en prennent conscience. Oui, ils. Lui et son égo sur-dimensionné. Rose rétorqua simplement : « Ça, j'avais remarqué. Mais ça n'excuse pas pour autant. » Oui, Rose n'avait plus envie de pardonner, de comprendre, de compatir, de s'intéresser aux autres pour savoir pourquoi ils faisaient telle ou telle chose. A présent, elle s'en foutait. Elle se contentait de penser à elle et de s'occuper d'elle, puisque personne ne semblait capable de le faire pour elle. Et voilà qu'il faisait la gueule maintenant ! C'était un monde ça. C'était lui qui venait la déranger, la saouler, et c'était aussi lui qui boudait. Décidément, il n'en loupait pas une lui. Mais Rose n'était pas mécontente pour autant de ne plus voir se sourire satisfait sur ses lèvres. On progressait. Enfin, ça, c'était ce qu'elle croyait. « Et bien, tant mieux puisque personnellement je ne fais pas de tours de parc avec une précieuse ridicule. » Rose ouvrit la bouche, stupéfaite et vexée de ce qu'il avançait. Non mais ! Elle referma la bouche et pinça les lèvres, n'appréciant guère sa remarque. Alors c'était comme ça qu'il la voyait ? Qu'à cela ne tienne ! Elle fit demi-tour, et s'éloigna d'un pas déterminée, ayant encore du mal à réaliser ce qu'il venait de se passer. Comme si cet homme n'était rien d'autre qu'un mirage qu'elle pourrait vite oublier. Ou pas.

« Ca va ? Je m’exhibe assez pour toi, là ? » Quoi encore ?! Agacée, Rose se retourna, la mine sombre. « Qu'est-ce que... OHH !! » Choquée par cette vision des plus désagréables, elle plaça sa main droite sur sa bouche, indignée d'un tel comportement qu'elle jugeait immature et provoquant. Il était là, à se pavaner en caleçon, le jean aux niveaux des chevilles. Comment osait-il ? Tous les regards étaient braqués sur eux, et Rose se sentit virer au rouge cramoisie, honteuse et gênée. Elle aurait voulu disparaitre sous terre à cet instant. N'avait-il aucune pudeur pour se permettre ce genre de choses ? Mais attention, ce n'était pas encore terminé ! A se demander s'il s'arrêtait un jour en fait. « Au fait ! Si tu me cherches, je suis dans le bottin. Tu peux aller voir dans la page des petits cons. Tu sais, la page juste après la tienne : celle des sainte-nitouches improbables. » Rose serra alors ses poings, énervée. Il allait arrêter de l'insulter oui ?! En temps normal, la jeune fille l'aurait ignorée avec superbe, lui aurait tourné le dos et s'en serait allé en le chassant rapidement de son esprit. Mais là, elle en était incapable. Pourquoi ? Peut-être parce qu'il était tellement horripilant qu'elle avait envie de lui clouer le bec, juste une fois, pour voir. Ou alors, parce que ce comportement lui donnait un petit quelque chose qui lui allait à ravir et qu'elle avait envie d'en savoir plus sur lui. Oh non, ce serait tellement grossier si c'était ça ! En tout les cas, Rose ne partit pas. « Tu ne vas pas me laisser t’insulter sans rien dire, quand même ? Je serai déçu ! » Furieuse, elle sortit sa trousse de son sac et la lui balança violemment dessus. Elle se fichait bien de le décevoir -ou pas- elle voulait juste qu'il se taise ! Pitié, qu'il se taise ! Puis, d'un pas sec elle revint vers lui, s'écriant : « Qu'est-ce que je disais !! Un exhibitionniste ! Rhabille-toi espèce de sans-gêne, il y a des enfants ici. » Elle s'abaissa en arrivant vers lui, empoignant sa trousse avant de lui foutre un autre coup sur l'épaule. « Tu devrais avoir honte de faire ce genre de choses ! Et quel âge as-tu pour agir comme ça ? C'est vraiment... nul ! » Bon d'accord, Rose aurait pu trouver mieux que "nul". Mais la jeune fille avait toujours conservé un côté petite fille, et "nul" était le mot excellence des enfants. C'était aussi ce qui la rendait si touchante et charmante. Cet air indigné et innocent qu'elle arborait souvent, incapable de supporter certaines choses.

Épuisée de lutter contre lui, alors qu'il n'était là que depuis quelques minutes, elle soupira et se frotta le front de la main. Visiblement, il n'allait pas lâcher l'affaire. Mais alors pas du tout, du tout. Redoutant alors qu'il soit capable de la suivre jusqu'à l'université, dans sa classe peut-être même, et pire encore : jusque chez elle ! Alors là, si un jour ça arrivait, elle ne fermerait plus l'œil de la nuit et appellerait les flics pour mettre la maison sur surveillance. On était jamais trop prudent avec ce genre de dégénéré. Elle soupira, lassée. Puis, posant ses mains sur ses hanches, elle le fixa avant de déclarer : « Bon, qu'est-ce que tu veux ? Un tour de parc ? D'accord, alors faisons ça vite afin d'abréger mes souffrances. Mais tu me promets de me fiche la paix après ça ? » Elle croisa ses bras sur sa poitrine et le regarda avec sérieux. Puis, elle tendit sa main pour s'emparer de son bras et le tira derrière elle. « Allé, grouille ! J'ai pas que ça à faire moi. Je dois retourner en cours après. Ah ! Et referme ta chemise ou sinon je te promet de te pousser dans le lac. » Elle lui lança un regard en coin, tout à fait sérieuse. Mon dieu, mais pourquoi lui avait-elle cédé ? A tous les coups il allait être si fier de lui et de son coup qu'il allait la saouler pendant 30 ans avec ça ! Sans parler du fait qu'il allait pouvoir bavasser sans coupure et recommencer à lui faire la coure. Elle soupira, dépitée. Il fallait vraiment qu'elle apprenne à être plus obstinée parfois. Pauvre Rosie.


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Message(#) Sujet: Re: PV ROSE 々 your eyes. Jeu 14 Avr 2011 - 20:48

« Dommage. » Vous est-il déjà arrivé d’entendre un mot capable de réduire votre moral à néant ? Un mot parfois dénué de sens, un mot vulgaire, un mot prenant, un mot passant, un mot troublant… Un simple mot qui mettrait sur vos idées une cape noire de déception. Un mot tout ce qu’il y a de plus banal. Un mot que vous entendez le matin en vous levant, un mot qu’on vous crie au boulot, un mot qu’on vous envoi par texto. Un simple et vulgaire petit mot. Quelque chose qui – malgré son peu d’importance – serait capable de tordre vos entrailles et de vous faire saigner le cœur ? Hareton ne s’en était jamais rendu compte, mais il y avait certain mot qu’il exécrait plus que n’importe quoi d’autre. Dommage, par exemple. Il trouvait ça tellement triste. Ce mot reflétait à la fois tant de remord, de regret, de déception que s’en était beaucoup trop pour son pauvre petit cœur putride. Bien sûr, il ne le montrerait jamais. Il ne se laissait pas atteindre si facilement. Mais tout de même. Un dommage, c’était semblable à un : bonne chance. Et il trouvait ça horripilant. On ne joue pas sa vie à pile ou face. Certes, ce serait parfois plus simple mais notre existence se construit en fonction de choix, qu’ils soient bons ou mauvais et il faut les accepter quoi qu’il en coûte. Dommage, hein ? « Merci, ça me touche beaucoup. » Il ne s’en était pas vraiment rendu compte, mais il avait pincé les lèvres et sa voix n’était plus aussi joviale qu’à son habitude. Comme quoi, parfois, il suffit d’un rien. Une toute petite chose et votre monde perd de sa splendeur. Envolé les bisounours. Envolé le rire des enfants. Envolé un rien, un tout. Hareton Blitswick sous ses airs de grands costauds était un tendre, malgré tout. C’était juste qu’il était incapable de le montrer. Il préférait mille fois se comporter comme un gamin et il savait qu’il n’avait pas tort. Pour cette raison précise. Imaginer une seule seconde que son allergie à l’amour disparaisse, qu’il soit contaminer par cette horreur et que puis, finalement, on l’abandonne comme une chaussette trouée… Ne serait-ce pas tragique ? Ne serait-ce pas immonde ? Si. Je vous le jure. Peut-être y perdrait-il son âme. Et comme il serait triste qu’une si belle étoile s’éteigne. Du moins, lui, il en était persuadé.

Et puisque troublé il avait été, il troublerait à son tour. Mais lui, il ne misait pas sur les petites choses sans importance. Quand Hareton se lançait dans quelque chose, c’était souvent pour aller au-delà de la banalité du quotidien. Au-delà de tout ce qui avait déjà été dit. Au-delà de tout ce qui avait déjà était fait. Au-delà simplement. Parce qu’il était incapable de flotter. Il était incapable de se laisser guider. Bien au contraire, il fallait toujours qu’il en face plus et bien souvent trop. Comment baisser son pantalon en public par exemple. C’était le genre de chose qu’on ne devait et ne pouvait pas faire. C’était véritablement de l’exhibitionnisme ça. Tout compte fait, elle l’avait relativement bien calculé, la demoiselle. Avant même qu’il lui montre ce dont il était capable, elle l’avait qualifié si bien qu’il se devait de lui faire honneur. Mais surtout, il prenait un malin plaisir à narguer ce genre de fille. Elle était mignonne. Sans doute bien sous tout rapport. Mais la vérité, c’est que ce genre de fille cache souvent quelque chose. Il ne savait pas quoi, il ne savait même pas s’il voulait le savoir après tout… Non. Il ne voulait pas. Il aimait le mystère. Et il se demandait justement la réaction de la donzelle face à un énergumène de son espèce. S’exhibait-il assez pour elle ? Était-elle satisfaite de la vie mirifique de son joli petit popotin agité de droite à gauche ? Ca aussi il l’ignorait, mais il était tellement fier de lui, si vous saviez ! « Qu'est-ce que... OHH !! » Hareton ne put qu’afficher un sourire éblouissant en voyant l’air outrée de sa camarade de jeu. Parce que oui, il s’agissait bel et bien d’un jeu. Pour lui, du moins. Mais à voir l’air enfantin de la jolie blonde, elle ne s’amusait pas. La main placée sur la bouche telle une petite princesse, lui donnait une allure enfantine et une aura de beauté qu’il n’avait pas encore constaté jusque là. Finalement, rougir lui allait bien. S’il avait su, il aurait fait ça depuis fort longtemps déjà. Mais comme toujours, il n’en avait pas fini avec elle. On ne s’arrête pas en aussi bon chemin. L’insulter gentiment, la titillé un rien, la sortir de ses gonds... Simplement pour voir ce dont elle était capable. Il était persuadé qu’elle allait prendre ses jambes à son cou. Il était sûr de son coup. Cette fille allait partir aussi vite que ces jambes le lui permettait. Aucun doute. Et pourtant !

Comme quoi, il ne faut jamais être sûr de rien dans la vie. Il y a les trucs qu’on pense savoir et il y a ceux qui arrivent. Hareton devinait plutôt bien en temps normal, mais visiblement, la jolie blonde avait plus d’un tour dans son sac. Elle avait carrément une trousse ! D’ailleurs, elle ne se priva pas pour la lui lancer en pleine poire. Dissimulant son visage sous ses bras, Hareton eu juste le temps de ne pas se prendre la mandale. Vous vous rendre compte ? ELLE AVAIT FAILLI ABÎMER SON SI JOLI VISAGE ! Quelle honte. Elle ne savait pas à quoi s’attendre après pareil scène. Et le fait qu’elle se dirige elle-même vers lui le contenta grandement. Il n’aurait pas à faire le déplacement, c’était déjà ça de gagné. « Qu'est-ce que je disais !! Un exhibitionniste ! Rhabille-toi espèce de sans-gêne, il y a des enfants ici. » Hareton la toisa avec sérieuse dura une quinzaine de secondes avant de partir d’un franc éclat de rire. Il riait tellement fort que tout le monde devait être tourné vers lui et ses jambes dénudées. Mais il riait, riait, riait à un point tel qu’il était au bord de l’asphyxie. Décidemment, les femmes sont de plus en plus impressionnantes de nos jours. Mais il fut bientôt calmer par un nouveau coup de trousse, sur l’épaule cette fois. S’arrêtant tout net de rire, son regard froid se posa sur la jeune fille. « Tu devrais avoir honte de faire ce genre de choses ! Et quel âge as-tu pour agir comme ça ? C'est vraiment... nul ! » Nouveau sourire sur le visage d’Hareton. Nul ? C’était nul ? Et c’était à lui qu’on demandait son âge, non mais vraiment, on aura tout vu ! Toutefois, il trouva cela très attendrissant et cela le força à passer l’éponge sur les malheureux coups qu’on lui avait infligés. C’est vrai qu’il n’avait pas réfléchis avant d’agir, comme jamais, au fond. Mais il ne voyait pas ce qu’il y avait de mal. Après tout, quand vous allez à la piscine, ne me dites pas que les gens nagent tout habillé : c’est un bien beau mensonge. Machinalement, Hareton remonta tout de même son pantalon. Le reboutonnant vite fait, il ouvrit la bouche pour répondre à ses questions, puis, il la referma. Son regard se posa dans les deux prunelles azures qui le toisait et un franc sourire se dessina sur ses traits. « Oh ! Ca va, hein. Ne fais pas la prude. T’as déjà vu pire que ça, je crois. A moins que madame n’ait jamais eu la chance de rencontrer le méchant loup ? Si tu veux, je te présenterai le mien un jour : un grand costaud. Mais parfois il me fait la gueule, c’est dur à vivre… » Pourquoi fallait-il toujours qu’il fasse ça ? Comme si c’était tout à fait normal dans lancer ça dans une discussion. Comme s’il n’en avait pas fait suffisamment pour la journée. M’enfin, c’était sans doute ce qui faisait son… non, charme n’est certainement pas le mot qui conviendrait. Bref, aucun mot ne serait véritablement utile pour ce genre de comportement. « Tu fais celle qui n’est pas intéressé, mais tu me demandes quand même mon âge. Avoue, je t’ai tapé dans l’œil hein ? » Clin d’œil agrémenté d’un claquement de langue et monsieur est fier de sa répartie. Nous sommes d’accord, il lui en faut peu. C’était un Blitswick, pas un Windsor.

Le jeune homme était relativement reconnaissant envers lui-même. Il avait réussi à foutre des doutes à cette nana. Maintenant, elle ne savait plus sur quel pied danser, avec lui. Fallait-il qu’elle le snobe ? Certainement pas, il aurait tout fait pour qu’elle s’en souvienne éternellement. Fallait-il donc qu’elle lui donne satisfaction ? SANS CONTREFACON ! « Bon, qu'est-ce que tu veux ? Un tour de parc ? D'accord, alors faisons ça vite afin d'abréger mes souffrances. Mais tu me promets de me fiche la paix après ça ? » Ah non. Pas de promesse. Les promesses ça sert à rien et y jamais personne qui est fichu de les tenir. De toute façon, même s’il promettait elle devait se douter qu’il mentirait. Ça se voyait à sa tête que c’était un menteur né ! Ils se toisèrent un moment avec sérieux et il fut surpris de constaté qu’elle s’emparait de son bras pour l’emmener ledit tour. « Allé, grouille ! J'ai pas que ça à faire moi. Je dois retourner en cours après. Ah ! Et referme ta chemise ou sinon je te promets de te pousser dans le lac. » « T’as qu’à le faire toi-même. » Un regard très sérieux de la demoiselle le fit soupirer alors qu’il commençait à boutonner sa chemise. Mais il fallait avouer qu’en marchant, ce n’était pas simple. Surtout lorsqu’on l’amputait d’un demi bras et ce dans l’unique but de le trainer tel un vieux cabot boitant. Hareton fronça le nez. À cette vitesse, le tour de parc prendrait vite fin. Alors, il s’arrêta net et la força à en faire de même. Récupérant son bras, il glissa ses mains dans ses poches et lui sourit gentiment. Noté l’adjectif ; gentiment ! « Si tu imposes tes règles, j’impose les miennes. » C’était d’une logique implacable pour le coup. Il n’avait pas tort. Alors sortant l’une des mains de sa poche, il leva le pouce. Les autres doigts ne tarderaient par à le suivre. « Premièrement, j’aimerais que tu te montres un tout petit peu moins désobligeante à mon égard. J’avoue ne pas être une perle, mais tout de même ! Deuxièmement, on ne va pas plus vite que la chanson. Troisièmement et je crois que ce sera tout ; pas question de me pousser dans le lac. JE SAIS PAS NAGER. Et si tu te sers de cette information pour mettre fin à mes jours, saches que je te hanterai pour le reste de tes jours. Saches que je t’enverrai ma horde de gamin et crois-moi : ils sont très obéissant. » Il fallait avouer qu’il avait une sacrée répartie. Et puis, il ne se montrait pas aussi insupportable qu’il pouvait l’être. Il était même plutôt civilisé là, non ? Enfin peu importe. Il s’approcha de la jeune fille, se pencha quelque peu vers elle et lui glissa à l’oreille : « Et j’aimerais bien connaître ton petit nom, ma douce. » Et avec enfantillage, il déposa un tout petit baiser en dessous de son lobe et s’écarta aussi vite que ses pieds le lui permettait. Il aimait pas les gifles, voyez vous.
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Message(#) Sujet: Re: PV ROSE 々 your eyes. Lun 18 Avr 2011 - 17:40



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Rose ne put contenir une certaine surprise en voyant le visage du jeune homme s'assombrir après son "dommage". Quoi ? Il n'était tout de même pas vexé pour si peu ? Lui, le grand samaritain qui avait toujours quelque chose à dire. Et bien, visiblement si. Ou alors c'était autre chose, mais Rose n'avait pas la moindre idée de ce que cela pouvait être. Comme quoi, tout peut arriver, même l'impensable. Car oui, en à peine 5 minutes de conversation, Rose avait réussit à être persuadée que rien ne pouvait le faire taire ou lui couper la chique. Rien qu'à le voir, Rose était persuadée qu'il était le genre d'enfant élevé uniquement par sa mère. Une mère gâteuse et aimante, qui ne cessait de lui répéter : t'es l'plus beau mon fils ! Et voilà le résultat. Catastrophique. Même s'il était vrai, que la nature l'avait plutôt avantagé physiquement. Beaucoup même. Peut-être un peu trop d'ailleurs. Néanmoins, l'esprit lui avait été plutôt délaissé. Aux yeux de Rose en tout cas. « Merci, ça me touche beaucoup. » Finit-il par répondre, plutôt froid et détaché. Si Rose avait eut l'esprit un peu plus mal tourné -comme lui quoi- elle lui aurait certainement répondu un truc du genre : Profites en, c'est la seule chose venant de moi qui te touchera. Mais cette idée ne lui traversa même pas l'esprit, et c'était tant mieux. Sinon, aucun doute qu'il aurait sauté sur l'occasion pour lui montrer à quel point il avait l'esprit attaqué. De toute façon, elle se contenta de lui tourner le dos pour s'en aller. Enfin cette insupportable entrevue prenait fin, pas trop tôt ! Et dire qu'elle était venue ici sereine et paisible, s'imaginant passer quelques heures au calme, seule et tranquille. Voilà qu'elle repartait agacée et contrariée, l'esprit totalement occupé par cet original. L'horreur. Mais ça, c'était sans compter sur la capacité de cet énergumène à se remettre de ses émotions. Tant pis. S'en suivit donc l'indignation de Rose face au comportement provocateur du garçon et son jolie lancé de trousse. Qu'il évita de peu en se protégeant le visage. Les joues de la jeune fille affichaient alors un joli rouge bien marqué et contrastant bien avec sa peau claire. Revenant vers lui, plus furieuse que jamais, elle ramassa sa trousse après lui avoir dit qu'en gros, elle lui collait définitivement l'étiquette d'exhibitionniste. Et il ne trouva rien d'autre à faire que... éclater de rire. Mais genre, le bon fou rire quoi. Bien fort, histoire que tout le monde se retourne alors qu'il était encore à moitié habillé seulement. Rose ferma les yeux alors que ses joues devenaient brûlantes de honte. Mon dieu, tout le monde les regardait. Histoire de le calmer un peu, elle l'assena d'un second coup de trousse, dans l'épaule cette fois-ci. Oh miracle, il cessa de rire ! Dieu avait entendu ses prières.

Mais la suite se gâta un peu... Hareton, totalement inconscient de l'effet qu'auraient ses paroles sur la blondinette finit par rétorquer, toujours avec cette même tête satisfaite de son humour tout sauf hilarant : « Oh ! Ca va, hein. Ne fais pas la prude. T’as déjà vu pire que ça, je crois. A moins que madame n’ait jamais eu la chance de rencontrer le méchant loup ? Si tu veux, je te présenterai le mien un jour : un grand costaud. Mais parfois il me fait la gueule, c’est dur à vivre… » Le visage de la jeune fille se décomposait au fur et à mesure qu'il parlait. Livide, elle resta immobile quelques secondes, comme si elle ne réalisait pas ce qu'elle venait d'entendre alors que des flashs douloureux lui revenaient brutalement en mémoire. Elle déglutit, complètement dépitée. Il ne savait pas à quel point il venait de l'atteindre là, non il ne pouvait pas imaginer. Et comme si ça ne suffisait pas, il ajouta finalement : « Tu fais celle qui n’est pas intéressé, mais tu me demandes quand même mon âge. Avoue, je t’ai tapé dans l’œil hein ? » Soudain, alors que ses yeux s'humidifièrent, c'est de la colère et du dégoût qu'on put lire sur son tendre visage. Et alors, sans crier gare, elle lui retourna une gifle monumentale. Comme il n'en avait certainement encore jamais prit. Pourquoi n'en avait-il jamais prit une comme ça ? Tout simplement parce que dans sa main droite, Rose tenait toujours la trousse. Ce ne fut donc pas une baffe à proprement parlé qu'elle lui retourna, mais plutôt un violent coup de trousse. Elle avait envie de lui crier après, de l'insulter, de déverser sur lui toute la rage et la honte qu'elle camouflait depuis plusieurs mois maintenant, au plus profond d'elle. Mais elle n'en fit rien, incapable de s'abaisser à ça. Elle se contenta de souffler, encore un peu remuée par le coup qu'elle venait de lui donner et se mettant elle aussi à taper dans le registre de l'ironie : « Alors, qui as tapé dans l'œil de l'autre maintenant ? » Mais sa phrase n'était pas persuasive du tout. Son ton était allé de façon dégressive, pour terminer dans un murmure à peine audible. Elle en avait juste assez de repenser à ça, de revoir ça, de sentir encore le souffle d'Esteban dans son cou et ses mains sur son corps. Elle voulait oublier. Oublier ça et tout le reste. L'esprit malmené, elle baissa les yeux, se révélant alors des plus fragiles.

Elle secoua légèrement la tête, se reprenant. Qu'on en finisse bon sang ! Elle en avait assez de ce petit jeu ridicule, surtout maintenant qu'il savait ou frapper pour faire mal. Restait à voir s'il était suffisamment vicieux pour en profiter et s'amuser à la malmener avec ça. Auquel cas, il n'y aurait plus qu'un seul mot pour le qualifier : monstre. Mais on en était pas encore là, bien heureusement ! Elle finit par l'attraper par le bras, bien décidée à le trainer derrière elle le temps de faire un très très rapide tour de parc, sans lui répondre, avant de le lâcher à leur point de départ et de s'en aller rapidement pour ne plus jamais entendre parler de lui. Enfin, elle aurait dû se douter que tout ceci s'apparentait plus à un fantasme totalement irréalisable qu'autre chose. Et bien oui, elle était en compagnie d'Hareton Blitswick, pas d'un génie. La désillusion en fut presque violente, car tout ce qu'il trouva à répondre à sa remarque pour sa chemise fut : « T’as qu’à le faire toi-même. » Elle lui jeta alors un regard accablant, presque agressif. Ce qui, étonnement, eut le don de le calmer rapidement. Il prit même l'initiative de la refermer tout seul. Dit donc, il y avait du progrès, ça ne rigolait plus ! Satisfaite, Rose continuait d'avancer à grands pas, pressée. Mais cet instant ne fut que de courte durée. Elle avait très certainement surestimée sa pauvre force. Alors qu'elle avançait rapidement, elle se retrouva soudainement arrêtée de plein fouet, et manqua de perdre l'équilibre. Hareton avait décidé de s'arrêter, et pire encore, il lui suffit d'un geste du bras, pour se libérer de son emprise. La bouche entrouverte, Rose regarda sa main alors vide, hébétée. Ah d'accord, c'était comme ça ? Il suffisait qu'il le décide pour qu'elle devienne aussi costaude qu'une fourmis ? Bon... Très bien. Rose finit par soupirer et croisa ses bras sur sa poitrine, se doutant bien que la suite n'allait certainement pas lui plaire. Elle planta son regard dans le sien, l'air de dire : Bon, et maintenant, accouche ! Qu'est-ce qu'il y a, ENCORE ? « Si tu imposes tes règles, j’impose les miennes. » Et bah, nous v'là beau ! Rose soupira en levant les yeux au ciel. Qu'avait-elle fait pour mériter ça ? Le regardant énumérer les choses une à une avec ses doigts, Rose ne pouvait plus qu'espérer que la liste ne serait pas trop longue. « Premièrement, j’aimerais que tu te montres un tout petit peu moins désobligeante à mon égard. J’avoue ne pas être une perle, mais tout de même ! Deuxièmement, on ne va pas plus vite que la chanson. Troisièmement et je crois que ce sera tout ; pas question de me pousser dans le lac. JE SAIS PAS NAGER. Et si tu te sers de cette information pour mettre fin à mes jours, saches que je te hanterai pour le reste de tes jours. Saches que je t’enverrai ma horde de gamin et crois-moi : ils sont très obéissant. » Premièrement, elle n'en avait pas envie. Deuxièmement, elle allait aussi vite qu'elle voulait -même si malheureusement Hareton avait l'avantage physique sur elle, donc s'il ne voulait pas, elle n'allait pas avoir le choix- et troisièmement... Rose éclata de rire. Manquait plus qu'ça ! Elle le regarda, moqueuse. Puis, tout en étant aussi hilare elle rétorqua : « Je ne crois pas au fantôme, navrée. Alors un conseil : ne marche pas trop près de la berge, un accident est si vite arrivé... » Elle lui offrit alors un sourire des plus hypocrites, jouant de sa tête d'ange. Oh ça oui, elle s'imaginait déjà en train de le pousser dans le lac et lui, hurlant tel une petite fille. Que c'était jouissif pardi !

Mais ce petit rêve se termina bientôt, alors qu'elle voyait la tête du garçon s'approcher de la sienne. EUH ? Qu'est-ce qu'il se passait là ? Sans même qu'elle n'ait eu le temps de réagir, elle l'entendit lui glisser à l'oreille : « Et j’aimerais bien connaître ton petit nom, ma douce. » Mais le pire restait à venir ! Elle sentit alors les lèvres du garçon se poser sur sa peau, dans un très léger et rapide baiser. D'abord tétanisée, elle se mit ensuite à gesticuler, chassant l'air comme on chasse une mouche dans l'espoir de faire reculer Hareton. Ce qu'il s'empressa d'ailleurs de faire, ne voulant certainement pas se reprendre un deuxième coup -enfin il avait de la chance, Rose avait rangée sa trousse entretemps. Fâchée qu'il se soit permit une telle chose, elle s'approcha de lui, nerveuse et posa ses deux mains sur son torse avant de le repousser violemment en arrière. Enfin, aussi violemment que Rose le pouvait quoi... Joignant la parole au geste, elle s'écria : « Je t'interdis de refaire ça ! Tu entends ?! » Elle lui jeta un regard plein de colère. Et en même temps, s'y mêlait une certaine détresse. Peut-être même un trouble... Car oui, aussi surprenant que cela puisse paraître ce petit baiser inopiné l'avait faite rougir, mais pas que de colère. Hin... les choses prenaient une tournure assez inattendue visiblement. Elle replaça une mèche de cheveux derrière ses oreilles et réajusta ses vêtements, avant de finalement ajouter : « Bon, allons y vite. Je commence à saturer. » Reprenant sa marche, elle ajouta finalement : « Ah, et moi c'est Rose. Et toi, je m'en fiche. » Hmmm.. Ou pas.


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Message(#) Sujet: Re: PV ROSE 々 your eyes. Ven 22 Avr 2011 - 1:53

Hareton avait toujours été de ces gens qui ne réfléchissent ni avant d’agir, ni avant de parler. Les mots arrivaient à sa bouche à l’instant même où ils avaient été pensés. Pour les actes, c’était tout à fait pareil. Pour lui, un être humain devait rester lui-même en toutes circonstances et ce, même si ce qu’il avait à dire n’était pas la plus belle chose à entendre. Et c’était d’ailleurs pour cette raison que la plupart de ses monologues se terminaient par des prises de têtes. Il avait toujours les paroles inutiles qu’on ajoute en fin de bataille pour rallumer le feu. Il avait toujours été la pierre de trop qui fait s’écrouler l’édifice. Mais le pire dans cette histoire, c’est qu’il ne le faisait pas exprès. Il ne voulait pas être insultant ou même vexant, mais sa façon de voir le monde l’empêchait de se montrer plus pudique. Il voulait crier au monde qu’il existait et qu’il fallait compter avec lui. Parce que même s’il n’était pas parfait, même s’il n’était pas unique en son genre, il avait le mérite de rester honnête. Et ce genre de personne n’existait plus vraiment à l’heure actuelle. Il fallait toujours que l’on joue d’ironie ou d’hypocrisie. Hareton ne supportait pas ça. Il préférait flirter avec les sujets tabous. Il aimait les effleurer du bout de la langue et les laisser couler à travers ses lèvres, il aimait simplement faire comprendre aux gens qu’il serait maitre la situation, quoi qu’il en coûte. Avec Rose, il n’avait d’ailleurs pas hésité une seconde. Laissant gentiment faire comprendre qu’il la prenait pour moins prude qu’elle ne le prétendait, il l’avait limite insultée avec ses remarques désobligeante. Et nulle doute qu’elle n’avait pas apprécié. Il le ressenti d’ailleurs fortement. Une douleur lancinante s’éprit soudain de sa joue. Un feu incandescent y avait désormais laissé sa trace. Portant sa main au visage, ses traits se fermèrent complètement. Comme coupé du monde. Il ne voulait plus voir, plus entendre. La douleur le paralysait et ne lui permettait même pas de redresser la tête. Était-ce la douleur ou la honte ? Ou autre chose encore dont il ignorait la provenance ? « Alors, qui as tapé dans l'œil de l'autre maintenant ? » La voix de la jeune fille se brisait au fur et à mesure que les mots défilaient. Avec difficulté, Hareton releva la tête. Posant son regard sur la jeune fille, il constata qu’elle baissait la tête. Charmé par cette version troublante de fragilité, le jeune homme aurait aimé la prendre dans ses bras. Avec douceur pour ne pas la casser. Parce qu’à ses yeux, elle était comme une poupée de porcelaine. Sous une allure de beauté sans crainte, se cachait une faiblesse inconnue. Un seul coup de vent aurait suffit. Un tout petit coup de vent et… Une douleur fastidieuse s’éprit soudain de son cœur. Comme si la simple portée de ses mots avait brisée plus de choses qu’elle ne l’aurait du. Et dans un marmonnement inaudible il laissa échapper un : « Je suis désolé. » peu convaincant. Et pourtant, il l’était, désolé. Tellement que le mot ne suffisait pas. Mais que pouvait-il faire d’autre ?

Elle secoua légèrement la tête et cela dissuada Hareton de tout commentaire. A l’avenir, il saurait qu’il n’aurait pas à aborder un tel sujet. Il ne savait pas véritablement de quoi il en retournait, mais visiblement, la demoiselle n’était pas très à l’aise avec cela. Avec certaine personne, il n’aurait pas hésité une seconde à relancer l’histoire et à jouer méchamment de la découverte. Mais cette fille semblait si… Il n’avait pas les mots pour là décrire et pour cette raison, il s’interdisait tout simplement d’abuser de ses connaissances. A vrai dire, il aurait voulu connaître le fin mot de l’histoire. Il aurait aimé lui demandé qu’est-ce qui l’avait autant heurté dans ses paroles. Il aurait aimé se montrer plus attentionné, moins bourru qu’à son habitude. Mais avec ce genre de fille, il n’avait pas l’habitude. Oh bien sûr, il avait déjà fréquenté quelques pimbêches mais elle… Cette fille… Elle semblait différente malgré tout. Rien que par le dessin qu’il avait pu mirer, Hareton en était presque tombé amoureux. Il lui en fallait peu, parfois. On pouvait même dire qu’il tombait amoureux toutes les dix minutes, si on l’écoutait. Il était comme ça. Facile à impressionner, menteur sur les bords mais incapable de se laisser à quelques sentiments. Il utilisait le terme « amoureux » comme il parlait de ses chaussettes. Aussi, lorsqu’il assurait être amoureux, il voulait simplement dire qu’il était intrigué et qu’il voulait en savoir plus. Qu’au fond, il n’était pas totalement désintéressé ou, en tout cas, moins qu’à son ordinaire. C’est qu’elle en avait de la chance la Rosie. Toutefois, elle ne semblait pas véritablement se rendre compte de la chance qu’elle avait. Le trainant derrière comme s’il ne s’agissait là que d’un pantin désarticulé. C’était sans compter sur le fait qu’il allait se laisser faire aussi facilement, et puis quoi encore ? Le jeune homme s’était alors arrêté net et sans plus attendre, il avait énoncé ses propres règles et recommandations. Pas de noyade, merci ! Mais bien sûr, comme il s’y attendait, elle se moqua de lui. Après tout, il s’y attendait. Les gens avaient toujours cette réaction. Comme si nager était acquis ! Au lieu de se moquer, pourquoi personne ne lui proposait de lui apprendre ? Fronçant les sourcils alors que madame continuait de rire, elle ajouta à cela un petit regard moqueur qui l’exaspéra : bah quoi ! Personne n’était parfait, merde à la fin ! « Je ne crois pas au fantôme, navrée. Alors un conseil : ne marche pas trop près de la berge, un accident est si vite arrivé... » Hareton roula des yeux alors qu’il l’imita avec un « gnagnagna » très persuasif. Elle n’aurait tout de même pas été jusque là ? Le jeune homme hésita un moment. Peut-être que si, au fond, elle en serait capable. Mais cela ne le troubla pas bien longtemps puisqu’il repartait déjà à l’assaut avec ses petites questions et ses gestes quelques peu déplacés. Et il regretta ses initiatives plus vite qu’il ne l’avait cru.

Elle avait agité les bras pour le repousser et comme il s’y était largement attendu, il évita de se prendre un nouveau. Coup il s’entendait à une réaction du genre. Depuis le début, elle le repoussait ouvertement, il fallait avouer que ses attitudes trop audacieuses ne devait pas l’aider. Etonné, il sentit les deux mains de la demoiselle se poser sur son torse et le forcer à reculer. Machinalement, ses pas le guidèrent en arrière sans qu’il n’essaye de résister à la force de mauviette dont faisait preuve la jeune fille. « Je t'interdis de refaire ça ! Tu entends ?! » Le regard qu’elle porta sur lui le força à se mordiller la lèvre, peut-être un peu honteux, après tout. Il n’avait pas voulu dans touts ses états. Ce n’était qu’un tout petit bisou, ce n’était pas la fin du monde non plus quoi. Il fallait vraiment que cette fille apprenne à se décrisper. Et il l’aurait aidé volontiers mais il était étrangement persuadé que quoi qu’il dise ou fasse, elle l’enverrait toujours balader. « Oui, chef ! Mais franchement, ce n’était rien du tout… Tu ne devrais pas le prendre aussi mal ! » Sourire sarcastique aux lèvres, Hareton ne pouvait s’empêcher de jouer sur la partie jeu de leur rencontre. Il n’avait pas envie de lui laisser la satisfaction de lui gâcher le moral. Et puis le temps était trop beau pour qu’il cède à si peu. Son regard se porta sur le moindre de ses faits et gestes lorsqu’elle réajusta ses vêtements et qu’elle replaça une mèche de ses cheveux. Il se mordilla la joue intérieur pour ne pas sourire comme un crétin fasse à son : « Bon, allons y vite. Je commence à saturer. » La jeune fille se remit en marche, Hareton sur les talons. Il s’apprêtait à répliquer quelque chose de plus ou moins drôle – selon l’humour, évidemment – lorsqu’il fut interrompu par la demoiselle et l’une de ses fameuses répliques qui casse tout : « Ah, et moi c'est Rose. Et toi, je m'en fiche. » Nouveau sourire du jeune homme qui marchait derrière la demoiselle. Accélérant le pas pour se mettre à ses côtés, Hareton posa son regard sur l’horizon sans ajouter quoi que ce soit. Il pouvait très bien marcher en silence, après tout. Il était certain qu’elle ne l’en pensait pas capable et c’était d’ailleurs pour cette raison qu’il allait lui démontrer. Bouche cousue et regard ailleurs, Hareton profita de son silence pour se remémorer les quelques instants qu’il avait passé en compagnie de Rose. Mille sentiments s’était encore imposé. Et finalement, il finissait par se demander si son histoire d’allergique à la vie et à l’amour n’était pas un prétexte pour ne pas se mouiller. La réflexion était intéressante, mais finalement, il n’arrivait pas à garder le silence très longtemps. Au bout de cinq à six minutes, qui lui parurent pourtant une éternité, Hareton ouvrit la bouche et déclara sérieusement : « Très bien. Je serai juste l’Emmerdeur du parc, alors. Ca me va. » Haussant les épaules avec nonchalance, le jeune homme se tourna vers la demoiselle et observa le moindre de ses traits. Il était certain qu’elle devait le haïr et à vrai dire, il ne pourrait pas lui en vouloir. Il avait une façon particulière d’aborder les gens et ceux-ci n’étaient pas très réceptifs à son charme naturel. Finalement, il finit par en conclure qu’il aimait être détesté. S’il devait compter le nombre de personnes qui l’appréciait, ce nombre serait très restreint. Et ça lui convenait très bien. Pourtant, il n’avait pas non plus envie que les gens le prennent pour un parfait abruti sans aucune humanité latente. Peut-être qu’elle était trop latente, peut-être qu’il était là le problème. Alors, haussant à sourcils et emmêlant ses doigts avec gêne il hésité à se lancer dans un soliloque dont il avait le secret. Ils étaient rares, il préférait les petites répliques qui allaient droit au but. Mais parfois, il fallait savoir se mouiller, pas vrai ? « Pourquoi les gens ne prennent jamais le temps de rien ? C’est vrai, regarde, le soleil brille et la vie est belle… Pourquoi tu ne prends pas le temps de vivre ? Tu te prends la tête parce qu’un abruti vient t’emmerder. Tout ça, au lieu d’en sourire et de t’en amuser. T’aurais même pas du t’énerver. Puis, t’es tellement belle quand tu souris : c’est dommage de cacher un tel spectacle. Et c’est pas comme si je te demandais de me faire des bébés, non plus ! De toute façon, j’aime pas les gens. Ils m’emmerdent. Et les histoires d’amour à la con du genre : coup de foudre dans le parc, j’y crois pas. Je suis pas venu pour qu’on file le parfait amour. Je suis pas venu pour te mettre dans mon lit non plus, je te rassure. Alors pourquoi faut toujours que vous fassiez la gueule, vous les gens ? Je sais pas moi, profitez de l’instant présent ! La vie c’est trop court pour se prendre la tête avec des futilités, Rose. Ah d’ailleurs je t’ai pas dit mais c’est super joli Rose. Je trouve que c’est un nom qui coule bien sur les lèvres itou. Ouais. C’est cool, Rose. Et rien que pour ça, je veux te dire mon nom. Maintenant, tu le prends ou tu le prends pas, c’est pareil. C’est Hareton. Et tu sais quoi Rose ? Je sais pas si j’ai envie de continue à gâcher ta journée. Donc euh… » Le jeune homme s’arrêta, fit demi-tour et aussi incroyable que cela pouvait paraître ; il allait retourner au boulot. Hareton était de ces gars imprévisible qui ne faisaient jamais les choses comme elles supposaient être faites. Mais il avait été honnête. Il ne voulait pas gâcher sa journée plus longtemps. Le regard qu’elle lui avait porté lorsqu’il avait parlé du grand méchant loup le hantait malgré lui et il refusait de le faire renaitre… Sauf si bien sûr, elle décidait de vivre le moment présent. Mais il avait de gros doute à ce sujet !
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Message(#) Sujet: Re: PV ROSE 々 your eyes. Jeu 28 Avr 2011 - 15:48



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    HARETON BLITSWICK & ROSE LANCASTER


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« Je suis désolé. » Hmpf. Peut-être qu'il était désolé, ou peut-être pas. Et même si d'une certaine façon elle appréciait qu'il le lui dise, le mal était fait c'était trop tard. Il fallait vraiment dire qu'Hareton accumulait puissance 1000 pour une première rencontre. Drague lourdingue, remarques déplacées, rapprochements physiques indésirables et critiques désagréables. Bref, la totale ! Au moins, l'avantage -oui, Rose restait une éternelle optimiste- c'était qu'avec lui on savait où on allait. Ou au contraire justement, on ne savait pas, mais on savait qu'on ne savait pas. Bref, vous suivez ? En gros, la nature du garçon était forte déstabilisante et carrément horripilante, mais au moins on savait à quoi s'en tenir. Pas de mauvaises surprises, on savait qu'avec lui il fallait s'attendre à tout et surtout au pire. Ils se "connaissaient" depuis même pas une demi-heure et déjà elle avait l'impression d'avoir tout vécu avec lui. Et elle se demandait bien ce qu'il allait encore pouvoir inventer pour la surprendre. Néanmoins, elle restait sur ses gardes même si elle pensait qu'il ne pourrait pas faire pire. Ne jamais sous-estimer l'ennemi. L'ennemi ? Était-ce ainsi qu'elle voyait le jeune homme ? Elle n'aurait su dire, ce qu'elle éprouvait à son égard restait assez confus. Rage, agacement, curiosité, méfiance, sympathie... Bref, elle en perdait presque la raison. Ce mec lui avait retourné le cerveau en un rien de temps tant et si bien qu'elle ne savait même plus quel comportement adopter avec lui. Continuer sur sa lancée et rester désagréable et impatiente de se débarrasser de lui, ou au contraire rester à ses côtés pour en apprendre plus sur lui ? Voilà qu'elle était presque énervée d'être intriguée par lui. C'est qu'il avait réussit son coup le vicieux ! Finalement, il était peut-être plus doué qu'il en avait l'air. Et tant mieux pour lui d'ailleurs, parce que vu l'air qu'il dégageait... Bref, c'était pas glorieux. Tout ça pour dire que Rose se retrouvait à présent tiraillée entre plusieurs sentiments et envies et qu'elle ne savait plus trop comment s'en dépêtrer. Décidément, les hommes, c'était vraiment le mal.

Se calmant un peu, Hareton la força à s'arrêter et lui énonça donc ses petites règles. Et il ne sembla guère apprécier le rire de Rose, qui se voulait moqueur parce qu'il ne savait nager. En fait, elle s'en fichait un peu et en temps normal elle n'aurait pas rit d'une telle futilité. Mais là, c'était trop tentant. C'était comme si Superman ne savait pas voler en quelque sorte. Pour elle, le garçon avait tout vu, tout vécu et savait tout et tout faire. Bref, le genre de mec pénible à souhait qui vous baratine avec son vécu. Mais apparemment, elle l'avait trop vite jugé. Alors comme ça, il avait des failles ? Intéressant. Très intéressant même. Et elle lui fit d'ailleurs rapidement part de ce qu'elle en pensait, le mettant en garde alors que lui affichait un air boudeur. Il se mit même à l'imiter, effectuant un "gnagnagna" des plus convaincants. Là, Rose dû avouer que se retenir d'éclater de rire fut difficile. Mais pas un rire moqueur non, elle n'aurait pas rit de lui. Ou du moins pas méchamment. Plutôt parce qu'il avait véritablement été drôle sur ce coup là, l'imitation -aussi grotesque soit-elle- lui avait plus. Et un bon point pour Hareton, un ! Merde, la situation commençait vraiment à prendre un sacré virage, ce qui ne plaisait pas, mais alors pas du tout à la petite blondinette qui voyait ce revirement d'un très mauvais œil. Il valait mieux qu'elle reste sur ses gardes. Et elle avait eu raison ! Bien qu'elle ne se soit pas montrée assez méfiante encore -la faute au rire, ça lui avait embrouillé les idées à tous les coups !- car il parvint sans peine à lui déposer un petit baiser au creux de l'oreille. Non mais oh, c'était quoi le délire là ? Redescendant rapidement sur terre, Rose le repoussa "violemment" lui ordonnant de ne plus jamais refaire une telle chose. Elle ne pourrait le supporter. Il n'était qu'un inconnu à ses yeux, et un inconnu pas bien net qui plus est. Rien ne lui prouvait qu'il n'avait pas des tendances perverses et psychopathes. Et puis de toute façon, ce n'était pas, mais alors pas du tout la bonne période pour s'aventurer sur ce terrain là. Rose était encore bien trop fragilisée par ce qu'elle avait traversé. Pendant quelques secondes, il sembla à la jeune fille que son interlocuteur s'en voulait un peu de ce qu'il venait de faire. Mais cette impression ne dura pas longtemps, puisque c'est d'un sourire sarcastique qu'il répondit : « Oui, chef ! Mais franchement, ce n’était rien du tout… Tu ne devrais pas le prendre aussi mal ! » Il allait arrêter un peu de se fiche d'elle oui ? Rose allait vraiment finir par se vexer si ça continuait. Et puis d'abord, il se prenait pour qui pour lui dire comment elle devait prendre les choses ? Qu'il s'occupe un peu de lui, ça ne pourrait pas lui faire de mal tiens.

Reprenant les choses en main, Rose se remit en marche "invitant" Hareton à faire de même, cherchant à abréger cette rencontre qui commençait à ne plus ressembler à grand chose. Le garçon lui emboîta aussitôt le pas, un air agaçant de satisfaction planant sur son visage. Elle leva les yeux au ciel et finit par lui balancer son prénom avant de préciser qu'elle ne voulait pas connaître le sien. En vérité, elle en mourrait d'envie. Mais il ne fallait surtout pas qu'il le sache, il serait bien trop heureux sinon. Et elle ne voulait aucunement lui provoquer une nouvelle victoire. C'était déjà assez comme ça ! Mais elle ne pouvait nier le fait qu'elle aimerait savoir quel prénom poser sur cet homme, qui en quelques minutes étaient passé d'énergumène repoussant et agaçant à homme mystérieux et intriguant. Fait chier, pensait-elle inlassablement. Et tout ça à cause de sa fichue prof qui avait eu la merveilleuse idée de les faire bosser à l'extérieur. Sans ça, rien de tout ceci ne serait arrivé et elle ne connaîtrait toujours pas l'existence de celui qui faisait ici office de pot-de-colle. Et elle ne pourrait que s'en porter mieux. Non ? Enfin bref. Ils marchaient donc et en silence ! Hallelujah ! Dieu avait entendu ses prières, enfin. Faisant le vide dans son esprit, Rose marchait donc d'un pas actif mais pas trop -sinon il allait encore l'arrêter et parler indéfiniment- profitant de cet instant de répit. Qui d'ailleurs fut assez rapidement écourté. Hareton lâcha, brisant le petit silence -tant apprécié de Rose- qui s'était installé entre eux : « Très bien. Je serai juste l’Emmerdeur du parc, alors. Ça me va. » A son "Très bien", la jeune fille soupira, se faisant presque suppliante, vous savez du genre : mais tais-toi bon sang, tais-toi ! Et finalement, la fin de sa phrase la fit changer d'attitude. Tournant alors la tête vers lui, elle se mordit doucement la lèvre inférieure alors qu'un air amusé était venu illuminer son visage. Les yeux presque pétillants elle alla même jusqu'à échapper un très très léger et rapide rire cristallin. L'Emmerdeur du parc, c'est vrai que ça lui allait bien finalement. Mieux que n'importe quel autre prénom même ! Arg ! Et voilà que ça recommençait, il la faisait rire pour de vrai. C'était quoi son secret à lui ? Il faisait toujours ça avec toutes les filles qu'il abordait ? Se faire haïr pour mieux se faire aimer ensuite ? Rose détourna subitement la tête et fronça les sourcils, s'engueulant intérieurement. Toutes traces de sourire s'étaient volatilisées, laissant place au sérieux et à la concentration. A tous les coups, il avait un pouvoir magique ou une connerie du genre ! Si ça se trouve, il ne la draguait même pas vraiment, c'était juste pour une expérience scientifique sur le comportement humain ?! Mon dieu, est-ce qu'elle avait eu les réactions attendues ? Si ça se trouve, c'était elle l'énergumène en fait ! Euh bon, ça suffisait comme ça. Elle secoua la tête de droite à gauche, se chassant de l'esprit ses pensées totalement absurdes ! Parfois, elle divaguait un peu trop quand même... Elle se contenta alors de répondre, d'une voix assez basse, trahissant la confusion qui l'habitait : « J'avoue que ça te va terriblement bien. Et y a pas de quoi en être fier d'ailleurs. »

Mais la suite là, elle ne l'avait pas vue venir. Mais alors, pas du tout, du tout. Alors que le silence avait agréablement repointé le bout de son nez, le jeune homme se lança alors dans un discours interminable et qui eu le don de réveiller en Rose maintes et maintes émotions, toutes plus différentes les unes que les autres. Et ça, elle ne s'y était pas préparée, se retrouvant prise par surprise et incapable de contrôler ses réactions. « Pourquoi les gens ne prennent jamais le temps de rien ? C’est vrai, regarde, le soleil brille et la vie est belle… Pourquoi tu ne prends pas le temps de vivre ? Tu te prends la tête parce qu’un abruti vient t’emmerder. » Rose fronça les sourcils et croisa les bras sous sa poitrine. Idiot ! C'était justement pour cette raison là qu'elle tirait la tête. Et puis aussi parce que sa vie n'était pas aussi belle et légère que ça. « Tout ça, au lieu d’en sourire et de t’en amuser. T’aurais même pas du t’énerver. Puis, t’es tellement belle quand tu souris : c’est dommage de cacher un tel spectacle. » La colère s'envola aussitôt, alors qu'elle virait au rouge cramoisie. Mon dieu, venait-il de lui dire qu'il l'a trouvait belle ? Elle baissa les yeux et se mit à fixer ses pieds, muette comme une carpe. Elle déglutit difficilement, mal à l'aise face à ce compliment qui était tombé comme un cheveux sur la soupe. Ça lui faisait tout drôle à entendre et elle se surprenait elle-même à tant l'apprécier venant de sa part. « Et c’est pas comme si je te demandais de me faire des bébés, non plus ! De toute façon, j’aime pas les gens. Ils m’emmerdent. Et les histoires d’amour à la con du genre : coup de foudre dans le parc, j’y crois pas. Je suis pas venu pour qu’on file le parfait amour. Je suis pas venu pour te mettre dans mon lit non plus, je te rassure. » Quoi ? Non mais alors là, c'était la meilleure sérieux ! Rose le regarda, limite en état de choc quoi. La bouche entrouverte, les yeux baignant dans l'incompréhension. Il se fichait d'elle, c'était ça HEIN ?! ALORS POURQUOI IL ÉTAIT VENU L'EMMERDER DANS CE CAS ? Non mais là, c'était l'hallucination totale quoi, il planait grave ce mec. Rose n'en revenais pas sérieusement. Si les gens l'emmerdaient, pourquoi ils venait les faire chier à son tour ? Qu'il reste dans son coin, devienne asocial et tout le monde serait content. « Alors pourquoi faut toujours que vous fassiez la gueule, vous les gens ? Je sais pas moi, profitez de l’instant présent ! La vie c’est trop court pour se prendre la tête avec des futilités, Rose. Ah d’ailleurs je t’ai pas dit mais c’est super joli Rose. Je trouve que c’est un nom qui coule bien sur les lèvres itou. Ouais. C’est cool, Rose. » Et merde, voilà qu'elle rougissait de plus belle ! Il allait arrêter un peu de parler oui ? Elle ne savait plus ou se mettre elle du coup. Elle posait son regard un peu partout, mais surtout pas sur lui. Elle soupirait, rougissait, s'agitait se faisant de plus en plus nerveuse. Elle se détestait parce que ça lui faisait plaisir qu'il la trouve belle et qu'il aime bien son prénom. Alors qu'elle était quasiment persuadée qu'il devait sortir ça à toutes les filles qu'il charmait. Raaaah, le casse tête ! « Et rien que pour ça, je veux te dire mon nom. Maintenant, tu le prends ou tu le prends pas, c’est pareil. C’est Hareton. Et tu sais quoi Rose ? Je sais pas si j’ai envie de continue à gâcher ta journée. Donc euh… » Hareton ? Alors c'était donc ça son prénom ? A vrai dire... Il lui allait à la perfection. C'était original, intriguant, séduisant presque. Comme lui. Bon là, c'était vraiment de pire en pire.

Surprise de ne plus l'entendre, elle releva la tête et... Euh, il était où ce con ? Perdue dans ses pensées, elle n'avait même pas capté qu'il avait fait demi-tour et qu'il s'échappait discrètement. Elle s'arrêta à son tour et fit volte-face. « Hé, mais... ? Heeeey ! » Non mais qu'est-ce qu'il croyait lui ? Qu'il pouvait lui balancer tout ça avant de disparaitre tranquillement ? Même pas en rêve ! Il avait voulu un tour du parc, il l'avait saoulé pour l'avoir alors il l'aurait. Elle s'élança à sa poursuite, lui courant après. Alors ça, si c'était pas un retournement de situation avec inversion des rôles, je vois pas ce que ça pouvait être d'autre. Fort le Hareton, très fort ! Arrivée à sa hauteur, elle lui attrapa le bras et ce fut à son tour de l'arrêter. Elle l'obligea à se retourner et planta son regard dans le sien en lâchant, mécontente : « A quoi tu joues là, Hareton ? Alors t'es comme ça toi ? Tu débarques, tu m'empêches de travailler, tu me colles, tu me saoules, j'accepte un tour de parc avec toi, tu te montre désobligeant et au final tu plantes tout après un monologue à vous donner mal à la tête ? Non, non, non ! Ça ne marche pas comme ça ici. Pour commencer, tu as voulu un tour de parc, tu l'as eu alors on va le faire ! » Ne lui lâchant toujours pas le bras, elle le tira derrière elle à nouveau. Oh ça oui ils allaient le faire ce fichu tout de parc ! Et elle ne savait même plus pourquoi elle voulait le faire. Il y a quelques minutes à peine elle ne rêvait que de ça : qu'il se barre et la laisse tranquille. Mais là, la donne avait changée. Et leur rencontre ne se terminerait pas comme ça, hors de question ! Ça n'aurait pas de sens, et Rose aurait l'impression de laisser quelque chose inachevé. Et, allé savoir si c'était à cause de son âme d'artiste ou pas, mais elle avait horreur de ça ! Puis, essayant de reprendre globalement tout ce qu'il lui avait dit, elle répondit enfin : « D'abord, non ! La vie n'est pas aussi belle que ce que tu prétends. On a tous notre lot de malheurs et de problèmes. Si bien que parfois, on a pas envie de sourire pour un rien et de sautiller gaiement parmi les hautes herbes. Et surtout pas quand un mec comme toi viens nous emmerder. Si toi ça, ça te fais sourire il va falloir que tu prennes conscience que tu es le seul sur terre dans ce cas. Ensuite ! Si t'aimes pas les gens, pourquoi t'es venu hein ? » Elle s'arrêta finalement et se planta devant lui, le lâchant pour venir croiser à nouveau ses bras. Elle était on ne peut plus sérieuse et ne semblait pas d'humeur à plaisanter : « Hein, dis moi ! Pourquoi t'es venu si tu crois pas à tout ça ? Je t'avais rien demandé moi ! T'es venu tout seul. Alors ? Je t'écoute. » Oh oui elle l'écoutait et il avait intérêt à lui fournir une explication en béton ! Puis elle baissa les yeux, soudainement timide et gênée. Elle toussota et d'une toute petite voix, du genre à peine audible elle murmura : « Ah et hmm.. merci pour... enfin pour les compliments quoi. » Elle prit une grande inspiration avant de relever la tête, essayant de calmer le rouge sur ses joues enfantines. Rose n'était pas le genre de personne qui savait contrôler ses émotions et feinter de ne rien ressentir. Non ça, elle ne savait pas faire. Et c'était tant mieux !

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Message(#) Sujet: Re: PV ROSE 々 your eyes. Dim 8 Mai 2011 - 2:30

Hareton Blitswick avait toujours été de ces hommes étranges impossible à saisir du premier coup d’œil. Pourtant, bon nombre de gens s’amusaient à le cataloguer dès la première phrase. On le prétendait lourd, envahissant, stupide, sans gêne. Et il s’y était fait et avait même apprécié. C’était ce qu’il cherchait. Etre pour les autres une sorte d’énigme. Parce que le truc avec les gens, c’est de ne pas les perdre en cours de route. Si vous cessez d’être intéressant, alors vous n’en valez plus la peine. Mais c’était un mensonge. Personne ne peut prétendre connaître personne. C’était impossible. Chaque personne dissimule son lot de problème, de tourment et autres sottises en tout genre. Par son comportement grotesque et souvent outre mesure, Hareton voulait donner une leçon de vie aux personnes qui l’entourait. Parce que lui-même ne se connaissait pas, comment les autres pouvaient-ils se prétendre incollable sur le sujet ? C’était un emmerdeur. Un petit con. Peut-être même une erreur de la nature. Et ce n’était pas là le plus beau de l’histoire ? Le rire que laissa échappé la demoiselle lui donna l’espoir de ne pas se voir rembarrer aussi facilement qu’il avait pu l’être dès le début. N’était-ce donc pas une preuve de sa théorie ? Quand on découvre une personne petit à petit, on est plus apte à encaisser ses réactions, ses faits, ses gestes, ses paroles… Peut-être qu’elle finirait par s’habituer à lui ! « J'avoue que ça te va terriblement bien. Et y a pas de quoi en être fier d'ailleurs. » Hareton ne put s’empêcher de sourire face à cette remarque. Il ne l’avait pas volée. Loin de là, on pouvait même dire qu’il l’avait gentiment provoquée. Peut-être qu’au fond, ça lui plaisait d’être une sorte de bête de foire. Et pas seulement pour la théorie. Peut-être qu’au fond, ce qu’il redoutait le plus sans oser se l’avouer était la solitude. Du haut de ses vingt-cinq ans et de son mètre septante, Hareton restait un enfant malgré tout. Une sorte de petite poupée oubliée dans un grenier depuis trop longtemps. On venait de le sortir de sa cachette et il devait donc faire face à un monde qui avait évolué. Totalement changé. Bouleversé le reste de son existence. Les douze premières années de sa vie correspondait à un vide intersidérale et c’était ce vide qu’il essayait de combler tout en cherchant à être un brin trop agaçant. « C’est mieux que d’être l’invisible du parc. Tu vois le type là-bas ? » Son doigt accusateur se pointa sur un homme assis sur un banc. Il semblait avoir l’esprit ailleurs alors que son regard était rivé sur un arbre insignifiant. « Il passe une bonne partie de sa journée assis là. Et tu sais ce qu’il fait ? » Hareton garda le silence quelques minutes, cherchant les mots qui mettraient en poésie les faits et gestes de cet inconnu. Il ne le connaissait pas et pourtant, chacun de ses gestes lui parlaient. Il savait ce qu’il allait faire, à quel moment il allait faire et le plus triste, est qu’il pensait savoir pourquoi il le faisait. Peut-être n’était-ce pas le cas et se fourvoyait simplement. Mais quelque part au creux de ses entrailles, quelque chose lui criait qu’il avait raison et qu’il serait toujours lié à cet inconnu. Pas parce qu’il le croisait à chaque fois qu’il venait au parc avec les enfants, mais surtout parce qu’il avait été lui à un moment de sa vie. Il ne pouvait expliquer ce sentiment étrange qu’il ressentait lorsqu’il l’observait, mais il savait que ce n’était pas anodin… Redescendant sur terre malgré lui, le jeune homme tourna son regard vers la jeune fille à ses côtés et finit tout de même par lui délivrer les restes de son explication. « Il parle à l’arbre qu’il observe. Il prend exprès ce banc. Il s’assoit toujours à gauche. Pratiquement collé à l’accoudoir. Si tu regardes dans sa main, il a un livre. Un livre qu’il ne lit jamais et qui ne change jamais. Personne ne sait s’il l’a lu. Peut-être qu’il l’ignore aussi. Mais une fois qu’il s’est installé, il s’en fout de ce livre. La vie n’est pas un roman. Alors, il porte son regard sur les racines de l’arbre. Parfois, il va même jusqu’à les caresser, tu vois ? Et… Il lui parle. Il parle à ce foutu arbre. Peut-être qu’il lui raconte sa journée. Peut-être qu’il lui dit ce qu’il ressent. Peut-être qu’il fou, je ne sais pas… » Le jeune homme se tut un instant et reporta son regard sur l’homme assis là. Ses lèvres bougeaient comme à son habitude. Alors, un sourire triste s’installa sur ses lèvres plus souvent moqueuses qu’heureuses. Et il déclara solennellement. « Je préfère être un con qu’un oublié, un invisible, un rien du tout. » Peut-être que sa logique n’avait de sens que pour lui, mais jamais un homme n’eut été plus sincère qu’Hareton en cet instant. Il refusait l’oubli, la transparence et le néant. Pour les avoir fréquenté de trop près, il savait que devoir y faire face était un fardeau bien plus lourd à porté que les gens ne pouvaient l’imaginé.

Mais cette réflexion l’avait plongé dans une sorte de spleen étrange qu’il ne parvenait pas à faire disparaitre. Tout à coup, comme une gifle envoyée par les cieux, il se rappela qu’il n’aimait pas les gens. Ou que, du moins, c’était ce qu’il était supposé faire. Les détester, les haïr, ne pas les prendre en considération. Seulement les emmerder. Seulement ça. Il avait d’ailleurs un don unique à ce niveau et il était parfois fier de pouvoir dire que ça lui venait naturellement. Et c’était vrai. Il ne se forçait jamais. Ca faisait partie intégrante de lui-même. Et ça, il fallait s’habituer. Comme on le dit souvent dans des cas similaires ; ça passe ou ça casse. Pourtant, il aimait bien Rose et il ne voulait pas qu’elle le considère uniquement comme ce petit con qu’il était aux yeux de tous. Il voulait sans doute qu’elle voit une part de lui que les gens ignoraient. Cette part humaine et difficile à dompter. Celle qui fait mal quand l’on a conscience de sa présence… S’égarant donc dans un monologue sans queue ni tête, Hareton tâcha d’expliquer ses attitudes, voire réactions, à la jeune femme. Mais il n’était pas doué pour cela. Qu’elle était donc la meilleure chose à faire ? Pour lui, il n’y en avait qu’une seule : faire demi-tour. Après tout, il n’était pas là pour rigoler. Son collègue devait l’attendre quelques part, accablé par des morveux détestables. Pauvre type. Il avait eu le pire des animateurs comme compatriote de travail. Les mains dans les poches, les yeux rivés sur ses pieds qui se faisaient la course, Hareton ne pouvait s’empêcher de penser qu’il avait raté le coche. Il se mordilla la lèvre inférieure, un peu déçu qu’un si joli moment – du moins pour lui – ne tourna aussi facilement en un cauchemar pour son interlocutrice. Décidé à partir, Hareton ne cèderait pas à cette envie bouillonnante de se replacer devant elle en formulant des excuses gauches qui le ferait passer pour le plus parfait des imbéciles. Image qu’elle devait certainement déjà lui avoir attribué, après réflexion. « Hé, mais... ? Heeeey ! » La voix de la jeune femme lui caressa les oreilles comme dans un rêve. Pourquoi fallait-il que son imagination lui joue de si vilain tour ? Certes, elle faisait bien les choses et rendait justice à la princesse qu’il venait de quitter. Mais de là à lui faire qu’elle l’interpellait, non vraiment, il fallait qu’elle se calme. Bien sûr, ce n’était que son imagination. Il s’en était si bien persuadé que lorsqu’il sentit une pression sur son bras, il voulu son extraire avec vivacité. Mais obligé de se tourner par cette même pression, il constata avec incompréhension qu’il s’agissait bel et bien de Rose. Désormais aussi troublé qu’une tortue sans carapace, Hareton fronça les sourcils et écouta ce que la demoiselle avait à lui dire. « A quoi tu joues là, Hareton ? » ses lèvres s’entrouvrirent légèrement de surprise lorsqu’il constata qu’elle avait bel et bien retenu son prénom. Comme il lui semblait plus beau dans une bouche aussi innocente. A cette seule et unique pensée, il ne put s’empêcher de sourire comme un benêt. « Alors t'es comme ça toi ? Tu débarques, tu m'empêches de travailler, tu me colles, tu me saoules, j'accepte un tour de parc avec toi, tu te montre désobligeant et au final tu plantes tout après un monologue à vous donner mal à la tête ? Non, non, non ! Ça ne marche pas comme ça ici. Pour commencer, tu as voulu un tour de parc, tu l'as eu alors on va le faire ! » Tiré par la jeune femme, Hareton avança bien malgré lui. Bien sûr, il aurait pu faire de la résistance, mais il avait un peu peur de cette nana à vrai dire. Après tout, elle lui avait déjà tapé dessus à plusieurs reprises. C’était bien une preuve de sa violence, non ? Ou bien sûr, tout cela n’était qu’une petite excuse pour accepter fait qu’il ne métrisait plus totalement la situation et que la roue avait donc définitivement tournée. Il aurait voulu répondre à tout ce qu’elle venait de lui dire. Oui, il était comme ça lui. Il était du genre à coller, saoule, se montrer désobligeant pour finalement abandonner. Et si, c’était comme ça ici. C’était juste qu’elle fût incapable de le comprendre. Il aurait voulu lui dire qu’elle n’était pas obligé de faire ça. Que ça n’avait pas d’importance et qu’il avait simplement voulu se rendre intéressant, rien de dramatique. Mais le truc avec les nanas comme Rose, c’est qu’elle ne vous donne pas l’occasion de parler quand le moment est venu.

« D'abord, non ! La vie n'est pas aussi belle que ce que tu prétends. On a tous notre lot de malheurs et de problèmes. Si bien que parfois, on a pas envie de sourire pour un rien et de sautiller gaiement parmi les hautes herbes. Et surtout pas quand un mec comme toi viens nous emmerder. Si toi ça, ça te fais sourire il va falloir que tu prennes conscience que tu es le seul sur terre dans ce cas. Ensuite ! Si t'aimes pas les gens, pourquoi t'es venu hein ? » Je sais mais je sais pas était la seule réponse qu’il pouvait fournir à Rose. Il savait que la vie n’était pas aussi belle qu’il le prétendait. Il savait que derrière des sourires, des rires se cachent souvent des larmes. Il savait que les malheurs frappaient à toutes les portes sans n’en épargner aucune. Il savait que sautiller joyeusement et sourire n’était pas dans les cordes de tout le monde. Bien sûr qu’il savait. Il n’avait jamais autant su quelque chose de sa vie. Mais ça, ça, il ne savait pas. Il ne savait pas vraiment pourquoi il était venu. Pour s’amuser sans doute. Pour tirer son coup. Mais ce n’était pas ça. Ca, c’était les explications qu’il fournissait au copain. La réponse qu’attendait Rose était cependant loin d’être évidement à ses yeux. Il savait que la vie était pourrie mais il ne savait pas pourquoi il s’entêtait à vouloir l’arranger à sa façon. Parce qu’au fond, c’était de cela qu’il s’agissait. Voir au-delà de la banalité du quotidien. Chercher à se différencier et à se montrer ouvert. À la vie. Aux choses. Au monde. Et puis, elle s’arrêta soudain. Se plantant devant lui tout en croisant les bras, elle le fusilla presque du regard. « Hein, dis moi ! Pourquoi t'es venu si tu crois pas à tout ça ? Je t'avais rien demandé moi ! T'es venu tout seul. Alors ? Je t'écoute. » Planté face à elle, Hareton se trouvait soudain bien gauche. Quoi dire ? Quoi faire ? Finalement, il n’était qu’un enfant. Et il avait l’impression de se faire gronder par sa mère. Dieu merci, Mrs Blitswick n’était aussi effrayante qu’une Rose en colère. Le jeune pris une grande respiration et ouvrit les lèvres pour laisse glisser quelques mots. Ces derniers ne vinrent pourtant pas. Fallait-il qu’il prévoit donc ses répliques à l’avance maintenant ? Non ! Se grattant la nuque avec une décontraction feinte, Hareton vint poser son regard sur la belle avant de lâcher du tac au tac : « J’en sais rien et je m’en branle. » C’était tout lui, ça. Il se montrait encore une fois grossier et sans tact aucun alors qu’il aurait pu se montrer très sympathique. Enfin, sympathique tout court serait déjà bien. Pourtant, il avait fallu qu’il lâche ça. Je m’en branle. Il n’y avait rien de pire que cette réplique. C’était comme un manque total d’intérêt pour la personne à qui on faisait face. « Je veux dire… » Sa main retomba le long de son corps alors qu’il chercha ses mots. Il voulait dire quelque chose. Autre qu’un vulgaire je m’en branle. Mais quoi dire puisqu’il n’avait aucune explication logique à son geste ? Mais soudain, l’idée le frappa. La réalité pour être plus précis. « Tu te rappels de l’élu de l’arbre, le type au bouquin ? Je t’ai dit que je voulais pas finir oublié ou invisible… Tu ne crois pas que c’était la seule option ? Et puis, peut-être que j’aimais bien te regarder dessiner et que la tentation fut trop forte. Peut-être parce que j’ai vu que tu n’étais pas spécialement heureuse d’être, toi aussi, oublié. Peut-être que tu parles aux arbres et que tu as besoin de moi pour exister. » Bien sûr là, il se prenait un peu trop pour ce qu’il n’était pas. Ce n’était pas le Messie non plus. Quoi qu’il avait la coiffure et la barbe. Un signe, vous pensez ? « J’en sais rien. Et est-ce que ça compte vraiment ? On s’en fout pourquoi le chien s’appelle Tobey et pas Bobby, alors pourquoi on voudrait savoir pourquoi les gens viennent vers nous ? Ils viennent, c’est tout. Y a pas d’explication, faut que tu t’y fasses. » Hareton haussa alors les épaules avec désinvolture. Pourquoi ? PARCE QUE. C’était la seule putain de réponse valable que quelqu’un pouvait fournir.

Et puis soudain, sans qu’il n’ait le temps d’en comprendre le sens ni la provenance, Rose éleva faiblement la voix. « Ah et hmm.. merci pour... enfin pour les compliments quoi. » Le jeune ne pu que sourire. Il ne pensait pas qu’un compliment de sa part puisse la faire véritablement rougir. Parce qu’au fond, il lui en avait déjà fait. Il lui avait dit qu’elle avait de beaux yeux : elle s’était moquée de lui. Il lui avait dit que son dessin était réussi, elle lui avait refermé le clapet en lui rappelant qu’il n’avait aucune idée de ce que pouvait être l’art. C’était d’ailleurs un coup de chance. Peut-être aurait-il du faire semblant d’être un artiste lui aussi… Peut-être. Mais c’était déjà trop tard. Il leva alors la main et glissa une mèche de ses cheveux derrière ses oreilles et coula sur elle un regard malicieux : « Dans les films ça donne tellemeeeeeent mieux ! » Et il n’avait pas tort. C’était vrai. Dans les films, tout est toujours plus beau, plus romantique, plus électrisant. La télé, ça vous pourrit les neurones à coup d’utopie et après on s’étonne que les gens pleurent ! Du beau foutage de gueule, oui. « Tu sais, je le pensais. Je dis rarement des trucs que je ne pense pas. » Elle avait pu s’en rendre compte tout de seul, mais il lui semblait judicieux de le signaler. Peut-être parce qu’il voulait lui montrer que même s’il n’était qu’un inconnu, c’était une personne de confiance. Avec lui, on pouvait se livrer à des secrets tristes et douteux. Pas parce qu’il parle trop, mais parce que justement ; il ne pourrait jamais rien juger. Hareton se remit alors en marche, tendant la main derrière lui. Il ne comptait pas vraiment sur le fait qu’elle la saisisse mais c’était pour lui faire comprendre qu’ils allaient le faire leur maudit tour. Et alors que ses pas le menait vers un endroit connu mais pourtant différent à chaque fois, Hareton se risqua : « Tu n’es donc pas heureuse, Rose ? Tu ne veux pas sourire ou sauter gaiement dans les hautes herbes ? Pourquoi ? » La question était indiscrète et mal posée. Mais qu’importe, il s’agissait d’Hareton ! Par extension, ces questions étaient toutes indiscrètes, gênantes et mal posées. Pourtant, refusant de brusquer la demoiselle à nouveau, il essaya de transformer l’interrogatoire en jeu. « Si tu veux pas répondre, on peut toujours faire ça avec : Je connais une fille. Ou alors, par une image. Genre… Euh, imagine t’es kiwi ! » Un kiwi ? Pourquoi pas, après tout ça pouvait le faire. Classieux !
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Message(#) Sujet: Re: PV ROSE 々 your eyes. Dim 15 Mai 2011 - 22:21



Your eyes.

    HARETON BLITSWICK & ROSE LANCASTER


    © moi




« C’est mieux que d’être l’invisible du parc. Tu vois le type là-bas ? » Interloquée par ses paroles, Rose le fixa quelques secondes, l'air songeuse, avant de porter son regard dans la direction indiquée. Visualisant la personne concernée, elle hocha la tête, sans trop comprendre à où il voulait en venir. « Il passe une bonne partie de sa journée assis là. Et tu sais ce qu’il fait ? » Rose haussa faiblement les épaules en secouant lentement la tête de droite à gauche en signe de négation. Non, elle ne savait pas, et qu'es-ce que ça changeait de toute façon ? Néanmoins, après l'avoir détaillé un moment, elle trouva l'inconnu si émotif que l'envie de le dessiner la titilla. Oui, elle ressentait l'envie de retranscrire sur papier ses traits maussades, son regard perdu et son air ailleurs. Il serait parfait pour le travail qu'elle devait rendre dans l'après-midi. Vraiment parfait. Ne pouvant plus détacher son regard de l'homme "invisible" elle n'écouta la tirade de Hareton que d'une oreille distraite, plus concentrée sur ce qui allait certainement devenir son sujet. « Il parle à l’arbre qu’il observe. Il prend exprès ce banc. Il s’assoit toujours à gauche. Pratiquement collé à l’accoudoir. Si tu regardes dans sa main, il a un livre. Un livre qu’il ne lit jamais et qui ne change jamais. Personne ne sait s’il l’a lu. Peut-être qu’il l’ignore aussi. Mais une fois qu’il s’est installé, il s’en fout de ce livre. La vie n’est pas un roman. Alors, il porte son regard sur les racines de l’arbre. Parfois, il va même jusqu’à les caresser, tu vois ? Et… Il lui parle. Il parle à ce foutu arbre. Peut-être qu’il lui raconte sa journée. Peut-être qu’il lui dit ce qu’il ressent. Peut-être qu’il fou, je ne sais pas… » Son speech finit par attirer son attention et la blondinette retourna la tête vers lui, posant son regard dans le sien, intriguée. Cet homme invisible était décidément un drôle de numéro. En effet, il était peut-être fou, mais Rose n'irait pas jusqu'à le parier sur sa vie. Elle baissa les yeux, se perdant dans maintes et maintes réflexions plus philosophiques les unes que les autres. Se passant une main distraite dans les cheveux, elle ne sut tout d'abord pas quoi répondre. Ou plutôt, elle avait tant de choses à dire qu'elle ne savait plus par laquelle commencer sans prendre le risques d'en oublier au passage. Ce fut Hareton qui coupa court à toutes ses pensées en déclarant finalement : « Je préfère être un con qu’un oublié, un invisible, un rien du tout. » Interloquée, la jeune fille tiqua légèrement, le détaillant avec attention. Alors c'était ça ? Tout ça pour lui avouer ça ? Troublée et touchée en même temps, Rose plissa les yeux, cherchant à formuler au mieux ce qu'elle avait en tête. Car elle en avait des choses à dire elle aussi, il ne fallait pas croire. Mais une nouvelle fois, Hareton ne lui en donna pas l'occasion, se perdant à nouveau dans un discours sans fin et au sens logique assez douteux. Rose dû faire preuve d'une grande concentration pour ne pas le perdre en route. Dur, dur de le suivre celui-là ! Mais ce fut bien pire lorsque soudain, elle eut l'impression qu'il venait de la lâcher dans le vide alors que le silence ce faisait à nouveau. Perturbée, elle s'arrêta au ralentis, comme déséquilibrée. L'espace de quelques secondes, elle eut presque l'impression de devenir dingue. Est-ce qu'elle venait de rêver tout ça ? Est-ce que Hareton sortait seulement de son imagination -ce qui expliquerait bien des choses- ? Se retournant, elle l'aperçut se faisant tranquillement la malle. Non mais, et puis quoi encore ?! Il lui manquait vraiment une case à celui-là, c'était pas croyable. Se reprenant, Rose s'élança aussitôt à sa poursuite, bien décidée à éclairer quelques points. Et puis, il ne fallait pas qu'il croit qu'il pouvait faire ce qu'il voulait des gens, leur imposer sa présence avant de se débarrasse aussi lâchement d'eux. Il s'était imposé auprès d'elle, et bien à son tour maintenant ! Et qu'il ne la sous-estime pas, Rose avait plus d'un tour dans son sac quand elle le voulait.

Lorsqu'elle l'interpella, il ne se retourna pas, continuant de tracer sa route. Et quoi ? En plus d'être idiot, il était sourd ? Bordel, mais qu'est-ce qui lui avait refilé un cas pareil ? Elle dû alors saisir son bras et le forcer à se retourner pour avoir à nouveau le droit à son attention -et dire que quelques minutes plus tôt elle avait tout fait pour s'en débarrasser de son attention !- et elle fut assez étonnée de voir le visage du garçon se déformer sous l'effet de surprise. Il n'allait quand même pas lui faire croire qu'il ne l'avait pas entendu l'appeler, ou qu'il ne s'attendait pas à ce qu'elle redébarque après l'avoir planté comme ça ? Si c'était le cas... Il ne lui restait plus qu'une seule option : l'hôpital psychiatrique. Rose le toisa, agacée. Elle arqua un sourcil en le voyant sourire tel un idiot alors qu'elle venait de prononcer son prénom. Quoi ? C'était pas un miracle non plus, il n'y avait rien d'extraordinaire à énoncer un prénom, si ? Avec lui, elle s'attendait à tout finalement, mais tout de même... A moins que cela soit autre chose qu'elle n'est pas saisit, c'était bien possible également. Ce fut ensuite au tour de Rose de se mettre à parler plus qu'elle ne l'aurait dû. Partageant avec lui sa façon de voir les choses, elle finit par le tirer derrière lui, le forçant à se remettre en route à ses côtés. La jeune fille refusait l'idée de lui avoir cédé pour finalement se faire jeter comme une merde. Hors de question ! Elle en avait assez d'être prise pour une idiote, ça commençait à bien faire. Le jeune homme se laissa faire, visiblement trop surprit pour se défaire de son emprise -alors qu'il aurait suffit d'un simple geste de sa part pour y parvenir quand on voyait sa carrure et qu'on la comparait à la brindille qu'était Rose. Emportée par son élan, Rose continua sur sa lancée et céda à un deuxième "discours", continuant de lui poser sous le nez sa façon de voir les choses. Et, disons ce qu'il fallait dire, leur vision des choses étaient on ne peut plus différentes. Opposées même. Mais est-ce que finalement ça ne rendait pas les choses plus intéressantes et palpitantes ? Voir le monde sous un œil autre que le nôtre ne pouvait qu'être enrichissant, non ? Et puis, à quoi ressemblerait une discussion si les personnes étaient toujours d'accord, à la virgule près ? Ce serait d'un ennui, mais d'un ennui ! A vous donner des envies meurtrières. Même si ici, Hareton lui donnait quelques envies violentes aussi. Disons qu'il y avait un juste milieu, mais que ça, le jeune homme semblait l'ignorer. Avec lui, c'était tout ou rien. Si Rose n'avait pas la prétention de savoir cerner les gens au bout de trois phrases, elle était néanmoins persuadée de ce point pour le brun. La demi-mesure, il ne connaissait pas. Et bien elle allait la lui enseigner tiens ! Au moins, leur tour de parc ne servirait pas à rien. Bien que Rose ne soit pas nécessairement le genre de personnes qui ne fait que des choses "utiles".

Enfin bref. Elle finit par s'arrêter, lui faisant face à nouveau. Il n'avait pas encore pipé mot et semblait s'être perdu dans des pensées lointaines. Rose le détailla un instant, presque persuadée qu'il n'avait rien à fiche de ce qu'elle venait de lui raconter. Elle l'avait écouté elle -bon, malgré elle, mais elle l'avait fait malgré tout !- alors il lui devait bien ça ! Le fait qu'elle intercepte leur petite marche sembla le ramener sur terre. Croisant ses bras, elle reposa plusieurs fois sa question, à savoir pourquoi il était venu la voir s'il n'aimait pas le gens. Le regard fixe et déterminé, il ne pourrait partir de là sans lui avoir donné une réponse correct. Correct aux yeux de Rose, je précise. Sinon, c'était trop facile. Il se gratta alors la nuque, comme si elle était en train de l'emmerder et de lui faire perdre son temps. Quoi ? Il avait repéré une autre victime à aller malmener, c'était ça ? Et là, contre toute attente -et elle s'était pourtant préparé au pire- Hareton lâcha avec un désintérêt presque humiliant pour la blondinette : « J’en sais rien et je m’en branle. » Humiliée, presque insultée, Rose écarquilla les yeux et entrouvrit la bouche, stupéfaite. Aucun son n'en sortit néanmoins, il venait de lui couper le sifflet et bien comme il faut. Elle recula d'un pas, fixant tout et n'importe quoi, n'en revenant pas de ce qu'il venait de dire. Il se foutait royalement de sa gueule ce mec, c'était pas possible ! Elle en avait presque le souffle coupé de surprise. Outrée, elle soupira prestement se passant une main sur le front alors qu'elle avait posée l'autre sur ses hanches. Les mots se perdaient sans sa gorge alors qu'elle était véritablement sciée d'une telle réponse, presque semblable à une agression verbale à son sens. Comment pouvait-il dire qu'il s'en branlait, alors qu'il semblait prendre un malin plaisir à parler plus qu'il n'en faut pour exprimer haut et fort les pensées tordues et hors normes qui lui traversaient l'esprit un peu trop souvent visiblement ? Profitant du silence de la jeune femme, il reprit subitement la parole, mais Rose n'était même plus certaine de vouloir l'écouter à présent. Susceptible la Rosie. « Je veux dire… » Rose avait détourné le regard, vexée et fixait le lac avec une telle passion qu'il était clair qu'il avait intérêt à dire quelque chose d'extra, sinon il finirait dans l'eau, et pas de quartier ! « Tu te rappels de l’élu de l’arbre, le type au bouquin ? Je t’ai dit que je voulais pas finir oublié ou invisible… Tu ne crois pas que c’était la seule option ? Et puis, peut-être que j’aimais bien te regarder dessiner et que la tentation fut trop forte. Peut-être parce que j’ai vu que tu n’étais pas spécialement heureuse d’être, toi aussi, oublié. Peut-être que tu parles aux arbres et que tu as besoin de moi pour exister. » Stupéfaite par de telles explications, Rose avait grimacé avant de reposer son regard sur lui. Il se moquait ou bien... ? Non, visiblement il était on ne peut plus sérieux. Non mais ?! Pour qui se prenait-il pour faire pareilles interprétations ? C'était la meilleure celle-là. Rose leva les yeux au ciel et soupira, exaspérée, voir même : dépitée. « J’en sais rien. Et est-ce que ça compte vraiment ? On s’en fout pourquoi le chien s’appelle Tobey et pas Bobby, alors pourquoi on voudrait savoir pourquoi les gens viennent vers nous ? Ils viennent, c’est tout. Y a pas d’explication, faut que tu t’y fasses. » Rose chassa l'air du revers de la main, balayant ses paroles comme si elles n'étaient rien, que du vent. Elle secoua la tête de gauche à droite en pinçant les lèvres. Décidément, cet homme était pleins de ressources. Des ressources inépuisables à première vue. Rose le fixa longuement, d'abord silencieuse. Et finalement, elle lâcha, sur un ton qui trahissant son agacement : « Tu racontes, N'IM-POR-TE-QU-OI ! » Articula-t-elle de façon exagérée. Et c'était vrai qu'il racontait n'importe quoi d'ailleurs. Levant les mains vers le ciel avant de les laisser retomber et claquer contre ses cuisses elle continua : « Tu dis tellement de conneries, que je m'y perd tiens ! Déjà, évite de dire "j'm'en branle", c'est vexant et c'est moche. Ensuite. » Elle marqua une pause, signe qu'elle essayait de se repasser en mémoire ses paroles afin d'y répondre de la façon la plus juste possible. « Je ne parle pas aux arbres non, je n'ai pas la sensation d'être oubliée. Ce n'est pas parce que tu vois quelqu'un seul a un moment, que forcément il l'est tout le temps. Tu sais, parfois on est plus seul lorsqu'on est entouré de n'importe qui, que devant sa glace. » Elle avait prononcé cette dernière phrase de façon plus calme, plus douce, comme une confession ou un aveux. Et c'était vrai. A quoi bon s'entourer de pleins de personnes si elles n'ont pas de sens dans votre vie ? Rose préférait se contenter de peu et être sûre de jouir pleinement de ses amis. Reprenant avec plus de vivacité, elle continua : « Alors, à l'occasion, évite d'interpréter les choses comme ça t'arrange, d'accord ? J'étais tranquillement en train de dessiner, j'étais bien toute seule et je n'avais besoin de personne. Et certainement pas de toi. Et puis, il y a toujours une explication au comportement humain. C'est comme ça. Des explications que parfois on préfère ne pas savoir certes, mais il y en a. Et visiblement, tu n'es pas capable de me les donner, soit. Mais ne recommence pas alors, car à cause de toi je vais très certainement rendre mon travail en retard et peut-être même, inachevé. Mais je te pardonne parce que... » Elle marqua une pause et soupira en signe de défaite. Ce fût finalement dans un petit rictus amusé qu'elle avoua : « Parce qu'on ne rencontre pas des gens comme toi tous les jours. Et heureusement ! » Elle avait prononcé ces deux derniers mots en pouffant légèrement. A quoi bon lutter contre lui ? Ça ne servait visiblement à rien, il était bien trop décalé de son monde pour ça. Alors autant essayer de tourner les choses de façon dérisoire et de s'en accommoder au mieux. Mais, désireuse d'ajouter un petit quelque chose, Rose ajouta après avoir retrouvé son calme : « Tu sais, entre être un con et un oublié, y a une sacrée marge. Et puis, il y a d'autres façons d'aborder les gens. Sans parler du fait que parfois, il vaut mieux laisser venir les gens vers toi, non ? Dis-moi sincèrement... Quand as-tu éprouvé le plus de plaisir ? Quand t'es venu me voir ou... Ou quand je t'ai rattrapé ? » Elle le fixait, on ne peut plus sérieuse. Elle n'était pas vraiment certaine de vouloir tenir cette conversation-là, mais étrangement, elle en ressentait le besoin. Comme si elle avait l'impression que c'était nécessaire. Peut-être plus pour Hareton que pour elle d'ailleurs.

Et Rose alla même jusqu'à le remercier pour les compliments, ne pouvant s'empêcher de virer au rouge tomate. Elle était comme ça Rosie, incapable de masquer ce qu'elle ressentait. Et ne compter pas sur elle pour se la jouer "femme fatale" qui sait qu'elle est belle et qui en joue. Oh ça non, Rose était bien trop timide et discrète pour ce genre de choses. Mais elle restait une fille, et un compliment restait un compliment. Et qu'importe que ce soit le mec le plus déséquilibré du pays qui le lui dise, ça lui faisait plaisir. Surtout que dans son genre, Hareton était carrément charmant, alors ça la flattait encore plus. Le jeune homme sembla d'ailleurs s'en amuser. Tout sourire, il finit par lâcher d'un ton enjoué : « Dans les films ça donne tellemeeeeeent mieux ! » Le voilà son problème... Il avait visiblement du mal à différencier le réel de la fiction. La vie n'était ni un romain, ni un film, ni un rêve. La vie... bah c'était la vie quoi ! Pas un monde parfait. Mais elle décida de ne faire aucune remarque là-dessus, se contentant de lui offrir un sourire amusé en roulant des yeux. « Tu sais, je le pensais. Je dis rarement des trucs que je ne pense pas. » Plus rouge que rouge, vous connaissez ? Non ? Et bien regardez Rose et vous comprendrez. La jeune fille avait les joues brûlantes et ne savait décidément plus où se mettre. Toussotant, elle se passa une main nerveuse dans les cheveux, replaçant quelques mèches en arrière. Finalement, ce fût sans oser affronter son regard qu'elle bredouilla timidement, visiblement impressionnée et gênée : « Oui merci... Fin bon.. On va pas s'éterniser là-dessus quoi. » Elle redressa la tête, n'osant toujours pas poser ses prunelles dans les siennes. Laissons-lui le temps de se remettre de ses émotions et attendons que son visage reprenne une couleur plus... humaine. Et puis, Hareton se remit en route, signe qu'ils allaient finalement réussir à le faire ce fichu tour de parc ! Rose mit quelques secondes avant de se bouger, toujours sur son petit nuage. Une vraie sentimentale celle-là ! La main que lui présentait le garçon la troubla. Que devait-elle en faire de cette main ? Hareton était si imprévisible, qu'elle ne savait comment interpréter son geste. Craignant de le vexer alors qu'elle n'en avait pas l'intention, ce fut sans réfléchir qu'elle glissa sa main dans la sienne. Euh... Elle faisait quoi là ? Perturbée par ce contact, elle retira aussitôt sa main et vint la poser sur son ventre, le regard agité, prise de panique. Tournant la tête du côté opposé de son partenaire de promenade, elle se raidit littéralement. Bordel, elle était vraiment conne parfois ! Sans qu'elle ne puisse expliquer pourquoi, elle sentait encore la chaleur de la main du garçon au creux de la sienne, retrouvant avec plaisir la sensation de perdre sa main dans celle de quelqu'un de plus fort, de sécurisant. Ce qui était assez grotesque quand on savait qu'elle ne connaissait rien de lui. « Tu n’es donc pas heureuse, Rose ? Tu ne veux pas sourire ou sauter gaiement dans les hautes herbes ? Pourquoi ? » Pour une fois, Rose le remercia intérieurement de parler encore et encore. Chassant son trouble, elle finit par enfin relever la tête dans sa direction, se décidant à lui faire front. Bien qu'elle se sente fébrile, comme s'il pouvait la casser d'un simple claquement de doigt. Réalisant alors ce qu'il venait de dire, elle fronça les sourcils. Décidément, rien ne l'arrêtait celui-là. Tiraillée entre plusieurs envies et sentiments, elle se sentait si confuse qu'elle en perdit la parole. Le garçon enchaina aussitôt : « Si tu veux pas répondre, on peut toujours faire ça avec : Je connais une fille. Ou alors, par une image. Genre… Euh, imagine t’es kiwi ! » Rose éclata aussitôt de rire, hilare face à ses paroles. Mais à nouveau, ce n'était absolument pas méchant. Elle leva les yeux vers lui, un large sourire se dessinant sur ses lèvres. Elle semblait comme... fascinée ! Curieuse d'en savoir plus sur son jeu elle répondit finalement : « Je ne connais pas ce jeu, mais j'accepte de tenter ! Après tout, ce n'est pas tous les jours qu'on a l'occasion d'être un kiwi. » C'était con quand même ce qu'elle venait de dire. Il déteignait sur elle à croire... Elle pointa son indexe vers lui en guise de préventive et ajouta avec sérieux : « Mais tu joues aussi alors ! Ça marche dans les deux sens. » Et puis, comme prise de remords elle se mordit la lèvre inférieure. Elle s'était montrée des plus désagréables et impolies avec lui, alors que finalement, il n'était pas un mauvais garçon. Juste un peu... surprenant ! Mais pas méchant pour un sous. Rose posa doucement sa main sur son bras, établissant souvent ce genre de contact de façon inattendue. Puis, elle murmura : « Au fait... Je suis désolé de mon comportement, je n'ai pas été très sympa, ça ne me ressemble pas. Mais faut dire que tu m'as interrompue alors que je bossais et que j'ai d'abord cru que tu étais un de ces gros lourds de dragueur de parc. J'avais pas envie de ça. Finalement... T'es plutôt l'emmerdeur du parc ouais. Mais un emmerdeur plutôt doué puisque t'as réussit à avoir un tour. Allé, dis-moi, c'est quoi ton secret ? » Esquissant un sourire taquin, Rose abaissant de plus en plus sa garde, réussissant même à se sentir bien à côté de lui. Comme quoi, tout est possible !




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Message(#) Sujet: Re: PV ROSE 々 your eyes. Lun 23 Mai 2011 - 23:05

Il y a des discours que l’on prononce par envie. Ces discours qui nous trottent dans la tête comme une chanson sans fin. Ces discours qui nous hantent nuit et jour. Ces discours qu’on connait par cœur. Sur le bout des doigts. Des paroles absurdes. Des paroles sensées. Des élucubrations et de la poésie en petite bouteille. Des trucs qui nous ressemblent. Des trucs lourds et dérisoires. Des trucs légers et enchantant. Un tas de moment sans suite logique, un tas de rien qui forme un tout. Ce tout que l’on voudrait raconter mais que personne ne veut entendre. Comme un air faussement joué. Comme une mélodie déraillée. Des mots, des phrases, un soliloque. Hareton avait toujours eu un tas de discours, monologues, soliloques et trucs en tête. Comme une sorte de pensée infinie qui ne trouve de fin nulle part. Peut-être pensait-il trop ? Peut-être que la pensée était le fou du temps et qu’il attendait trop souvent pour se libérer de ces choses pesantes ? Peut-être. Mais de toute façon, il n’y avait jamais personne d’assez bien pour l’écouter. Personne ne pourrait le comprendre. Lui-même ignorait le sens de certains de ses actes, il ne pouvait pas demander aux autres de le lui expliquer. Alors, il se taisait. Il jouait un rôle qui lui donnait des allures de grands bourrus un peu maladroit. Ce n’était pas qu’un rôle, il était vraiment comme ça. Mais un tout petit truc en plus. C’était le con du parc. Un type un peu barjot qui, s’il le pouvait, parlerait aux arbres sans s’interrompre. Qui leur raconteraient combien les choses qui l’entourent lui semblent dérisoires. Et il leur prouverait qu’il était plus que cette facette un peu amusante du type qui n’a honte de rien. Mais s’il parlait aux arbres, il devrait admettre qu’il n’était rien. Personne. Comme le type qu’il avait montré à Rose. Un type bizarre. Mais un type tout seul. Un jour, il avait entendu que le bonheur n’était vrai que lorsqu’il était partagé et… Il avait cru. Superbement. Pourquoi ? Il ne l’avait jamais véritablement compris. Mais cela lui parlait à un point tel qui s’était fait la promesse de ne jamais devoir affronter la solitude. La solitude, ça fait trop mal. Mais ce n’était pas la seule chose qui faisait mal. Beaucoup d’autres choses faisaient naître la douleur dans un cœur. Il n’en avait pas véritablement conscience mais il le savait. Que connaissait-il à la douleur après tout ? Chez lui, elle s’était annihilée à la mort de ses grands parents. Aucun souvenir. Une sorte de protection qu’inconsciemment il avait créée. Ou quelque chose dans le genre en tout cas. Il s’était définit comme le con du parc, mais jamais comme un oublié. Il refusait de se voir ranger dans un placard. Mais c’était plus que cela. Il ne voulait pas être omniprésent si l’on ne voulait pas de lui. Ca avait toujours été sa façon de faire. Se montrer entreprenant, faire naitre chez les personnes qui l’entouraient la curiosité et puis finalement, les habitués à cette personne un peu loufoque qu’il était. Et au fond, il y avait toujours très bien réussi. Mais Rose lui semblait si réticente qu’il n’avait pas envie de pousser le jeu trop loin. Il l’avait déjà heurtée une fois sans le vouloir, il était temps d’arrêter les dégâts… Mais le truc avec les nanas, c’est qu’elles ne font jamais ce qu’elles sont supposées faire !

Faut toujours qu’elles viennent quand vous les attendez plus. Faut toujours qu’elles viennent se glisser entre vos pattes quand vous avez décidé de changer d’option. Faut toujours qu’elle décide. Quelques minutes auparavant, elle avait battu des pieds et des mains pour qu’elle la laisse tranquille. Evidemment, il avait refusé. Parce qu’il était un poil contradictoire. Mais maintenant qu’il lui donnait satisfaction, il fallait que madame revienne avec son air agacé. Non vraiment, les nanas, il n’y comprenait rien. Et peut-être que cela valait mieux pour lui. Peut-être que s’il persistait dans son incompréhension la plus totale, elles comprendraient qu’il n’était pas bien méchant. Bon, il pouvait aussi paraître très bête mais cela ne le gênait pas. Un dicton dit : « Que l’on parle de moi en bien ou en mal, l’important c’est qu’on en parle. » Il n’avait jamais été aussi d’accord avec un adage aussi débile. Toutefois, la question n’était pas là. Il ne savait pas véritablement ce qui se passait dans la tête de la blondinette et ça l’agaçait un peu. Il se retenait de souffler alors qu’elle lui sortait des théories dignes d’Einstein. Comme s’il ne savait pas que la vie n’était pas constituée de Bisounours et que derrière les arcs-en-ciel il n’y avait pas de Paradis. Les gens pensent toujours que tout ce que vous dites, vous le pensez véritablement. Mais le truc c’est que c’est loin d’être le cas. Parfois, vous voulez juste vous rendre intéressant. Ce sont justes des mots en l’air. Comme des ballons d’hélium que vous aimez bien regarder flotter. Des ballons de mensonges. C’est drôle. Et puis, ça vous fait parler d’une manière bizarre. Vos phrases dont déformées et n’ont parfois aucun sens. La vérité c’est loin d’être tout blanc. C’est loin d’être gris. C’est juste très noir. Alors forcément, il faut parfois faire le choix d’y mettre un peu de couleur. Les gens font comme s’ils ne savaient pas alors que bizarrement, tout le monde agit de la même façon. Les mensonges régissent les gens et les gens sont régis par leurs mensonges. La vie n’est qu’une pastelle monochrome où, parfois, une tâche de couleur vient se perdre. Rien de vrai. Rien de faux. Que des allusions à prendre à sa façon. Souvent mal, d’accord. Quelle connerie ! Il s’était perdu dans ses pensées sans y prendre en garde. Et la demoiselle le regardait désormais avec des points d’interrogations plein les yeux. Il l’avait entendu. Disons simplement qu’il n’aimait pas ses questions. Il n’en avait rien à foutre. C’était le genre de question qui ne trouvait aucun intérêt à ses yeux. Et lorsqu’il osa le formuler, il ne put s’empêcher de s’en vouloir un peu en voyant le regard de la jeune femme. pourquoi faisait-il toujours ça ? Dire des choses qui faisaient mal ? Là encore, il n’avait jamais trouvé de question. Et sans chercher plus loin la raison ; il s’en branle !

Mais voir Rose brassé l’air de ses bras l’amusa un instant et il dut se retenir pour ne pas sourire sournoisement. Il la trouvait vraiment belle. Elle avait l’air si délicat, il pouvait presque sentir le parfum de sa douce peau. Il aurait aimé pouvoir y goûter. Juste pour savoir ce que ce contact pourrait procurer. Mais il Hareton se contenta de faire bonne figure alors qu’elle le toisait silencieusement. Quoi ? Avait-il fait une nième bêtise ? Elle ne pouvait pas être aussi grosse, non vraiment. Allez, vas-y, ouvre la bouche princesse ! « Tu racontes, N'IM-POR-TE-QU-OI ! » Sa voix était empreinte d’agacement mais cela ne l’empêcha pas de sourire. Il disait surement n’importe quoi. Ou alors, c’était emplit d’une logique qu’il était le seul à comprendre. Dans l’un ou l’autre cas, cela semblait exaspérer la blondinette qui levait les bras au ciel avant de les faire retomber le long de son corps. Il était donc si agaçant que ça ? Sans doute plus encore. « Tu dis tellement de conneries, que je m'y perds tiens ! Déjà, évite de dire "j'm'en branle", c'est vexant et c'est moche. Ensuite. » Bon, ok, touché. Il était d’accord pour lui accordé ça. Il ne savait pas d’où ça lui venait ce truc vexant et moche, qui plus est. Peut-être dans un endroit enfouit dans sa personne ? Dans ce cas, il faudrait qu’il creuse pour trouver ce sous-terrain d’horreur. La courte pause qu’elle marqua lui permit ainsi de se figurer quelques endroits qu’il explorerait une fois seule. Son être était comme étranger à lui-même. Il y avait des choses ici et là qu’il ne comprenait pas. Peut-être que cela lui venait de son enfance chez ses grands-parents. Peut-être que Papy disait : je m’en branle. Ou pire. Il avait peut-être vu mamie faire des gâteries à papy ? Il chassa rapidement cette image immonde de son esprit alors que la jeune Rose reprenait la parole : « Je ne parle pas aux arbres non, je n'ai pas la sensation d'être oubliée. Ce n'est pas parce que tu vois quelqu'un seul à un moment, que forcément il l'est tout le temps. Tu sais, parfois on est plus seul lorsqu'on est entouré de n'importe qui, que devant sa glace. » Jamais une phrase ne lui avait parue aussi absurde. Il comprenait ce qu’elle voulait dire, mais il trouvait cela parfaitement infligeant. Pourquoi restait-elle avec des gens si elle se sentait seule avec eux ? La logique de tout cela lui échappa. Que voulait-elle dire au juste ? Lorsqu’il était entouré, il n’avait jamais l’impression d’être perdu ou à côté du monde. Il essayait toujours de se mêler à ce qu’il passait et les gens l’incluaient rapidement (non sans avoir été obligé, finalement) dans leur conversation, jeu et autre truc débile. Toutefois, il espérait que Rose ne ressentait pas cette solitude aussi souvent qu’il le pensait. Il n’avait jamais haït un sentiment autant que celui-là. Il y avait tellement de chose dans ce moment. Et tellement de synonyme péjoratif. La solitude, c’était pareil à un isolement. À un abandon. À un vide. Un rien du tout. Ca ne lui disait rien de bien intéressant. Au contraire. Rien que d’y penser, ça lui brouillait les entrailles. Un peu peureux ? Sans doute. Mais qu’était-ce une peur si on ne pouvait pas la justifier ? Simplement un sentiment refoulé. Et qui pouvait quelque chose pour cela ? « Alors, à l'occasion, évite d'interpréter les choses comme ça t'arrange, d'accord ? J'étais tranquillement en train de dessiner, j'étais bien toute seule et je n'avais besoin de personne. Et certainement pas de toi. Et puis, il y a toujours une explication au comportement humain. C'est comme ça. Des explications que parfois on préfère ne pas savoir certes, mais il y en a. Et visiblement, tu n'es pas capable de me les donner, soit. Mais ne recommence pas alors, car à cause de toi je vais très certainement rendre mon travail en retard et peut-être même, inachevé. Mais je te pardonne parce que... » Encore une fois, il n’était pas d’accord avec elle. Elle avait tort. S’il y avait toujours une raison au comportement humain, pourquoi les gens faisaient-ils des choses qu’ils étaient certains de regretter par la suite ? Parfois, le comportement n’a rien de logique et est loin d’être prémédité. Parfois, il n’y a pas de raison. Parfois, c’est comme ça. C’est tout. Mais peut de gens sont capables d’accepter cette vérité. L’homme pense qu’il possède tout de son libre arbitre et peut-être que c’est vrai… mais quelque part entre le sixième et le septième niveau, n’y avait-il pas quelque chose pour les régir ? Cette réflexion poussée trop loin ne mènerait à rien et il ne savait pas quoi répondre pour ne pas brusquer la jeune fille. Du coup, il se tut. Comme s’il avait soudain appris à dompter le silence. Et c’est ainsi qu’il se souvenu de la dernière phrase. Elle lui pardonnait. Le pardon. Voilà une autre notion pour laquelle il se serait damné à donner des explications. Mais ça n’avait pas d’importance. Pas la moindre. « Parce qu'on ne rencontre pas des gens comme toi tous les jours. Et heureusement ! » Le petit rictus amusé qu’elle eut vint carillonner à ses oreilles. Comme une mélodie restée trop longtemps silencieuse. Il se mit à sourire. Comme un jeune premier de classe qui vient de recevoir une note exemplaire. Comme si finalement, il avait tout compris à la vie. Comme si les théories qu’il formulait avaient un sens et que tout n’était pas vain. Et des théories, il en avait des tas. « Tu sais, entre être un con et un oublié, y a une sacrée marge. Et puis, il y a d'autres façons d'aborder les gens. Sans parler du fait que parfois, il vaut mieux laisser venir les gens vers toi, non ? Dis-moi sincèrement... Quand as-tu éprouvé le plus de plaisir ? Quand t'es venu me voir ou... Ou quand je t'ai rattrapé ? » Et finalement… Elle avait raison !

Il savait qu’elle n’avait pas tort parce que souvent il s’était fait la réflexion. Et s’il changeait sa façon d’aborder les gens ? Et s’il changeait celui qu’il était pour quelqu’un de plus poli et avenant ? Et s’il n’était ni con, ni oublié. S’il se contentait d’être civilisé ? Mais souvent il se rendait compte qu’il ne le pourrait pas. Même si l’envie lui démangeait les tripes, il ne serait jamais être ce qu’il détestait. Ces foutues conventions qui conditionnait l’être humain à n’être qu’un mouton. « Je tiens à signaler qu’on est deux à dire beaucoup de conneries, aujourd’hui. Tu me fais un grand discours pour me dire que t’es pas oubliée et donc, pas seule et puis tu me balances qu’entourée tu te sens seule. Parce que, ne nie pas, c’est ça que tu as voulu dire… C’est excessivement hypocrite, tu ne trouves pas ? » Si Hareton avait su tenir sa langue jusqu’ici, il était impensable que ce moment dure éternellement. Les pensées qui s’étaient chevauchées tout au long du discours de Rose se devait de sortir à un moment ou à un autre. Toutefois, il espérait qu’elle ne le prendrait pas mal. Il ne voulait pas la fâchée ou la brusquée. Il voulait partager son point de vue avec elle. Il savait qu’il était loin d’avoir toujours raison mais s’il ne disait pas ce qu’il pensait, comment pourrait-il l’évaluer ? « Je veux dire… Ca fait quoi d’admettre qu’on est ce que l’on est ? Je t’ai bien dit que j’étais un con et pourtant, tu ne m’as pas remballé. Au contraire, tu es revenue me chercher. Si tu me dis que tu te sens seule ou que tu parles aux arbres… Je t’apprécierais encore plus ! Parce que la folie de ce mode est plus belle que les mensonges que l’on offre pour couvrir nos réalités. » Tout cela semblait particulièrement philosophique. Même pour un type comme Hareton Blitswick. Le jeune homme haussa alors les épaules. Conscient qu’il disait bien du vent. Trop de vent pour que cela soit véritablement intéressant. « Et… J’aime bien qu’une fille me court après. » Il offrit un clin d’œil à la jeune fille et un petit sourire charmeur. C’est vrai qu’il avait aimé ça. Dans le fond, c’était la première fois que cela lui arrivait. A priori, il était toujours celui qui courrait. Ou même ramait, à vrai dire. Mais cela ne lui avait jamais dérangé. Peut-être parce que, justement, il ne savait pas ce que ça faisait de se faire courser. C’était plaisant. On avait soudain l’impression de compter. Comme si, finalement, notre présence sur Terre n’était pas inutile et qu’il avait toujours quelqu’un pour voir qu’il était là. Fait de cher et d’os. « Mais ça n’empêche que je resterai toujours un con. C’est comme ce truc avec le chien. Je veux dire… tu connais la théorie du conditionnement opérant ? » Il se gratta soudain la nuque, conscient que parler de psychologie n’était certainement pas la meilleure chose à faire. Et puis Pavlov, sa cloche et son chien pouvait aller se faire voir. Ce n’est parce qu’il avait vu ça dans un livre qu’il devait s’en servir dans un sujet de discussion. C’était franchement ridicule. Il posa alors son regard dans celui de la jeune fille et très sérieusement, il lui demanda : « Quand tu auras fini ton dessin… Je pourrai le voir ? » Il avait l’espoir que leur rencontre ajouterait peut-être une couche plus… réel à ce dessin. Mais ne se prenait-il pas pour Dieu, tout à coup ?

Heureusement, la conversation dévia légèrement lorsque Hareton lui fit remarquer qu’il la trouvait véritablement jolie et que c’était loin d’être un mensonge. Il n’avait pas envie qu’elle pense qu’il avait dit ça uniquement pour la flatter. Ce n’était pas le cas. C’était simplement que ça lui avait traversé l’esprit et qu’il avait ressentit le besoin d’évacuer. Ca aussi c’était un problème avec le genre humain. Il avait du mal à attendre ce que l’autre avait dire. Comme s’il s’agissait d’une boule de feu qu’on leur envoyait en plein visage. Mais c’était loin d’être le cas. « Oui merci... Fin bon.. On va pas s'éterniser là-dessus quoi. » Et voilà la preuve irréfutable que l’une des théories d’Hareton Blitswick avait plus de sens qu’il n’y paraissait. « Je pense qu’on devrait au contraire. » Sa voix s’était faite douce alors qu’il avait décidé de se remettre en marche. Mais pour ne pas gêner Rose, il s’était contenté de ne plus faire de commentaire. De toute façon, ce qu’il pensait était facilement lisible dans son regard. Si manger des yeux n’avait pas été une expression cannibale, sans doute l’aurait-il rendu par la suite. Parce qu’il l’aurait bien mangé toute crue tant son air naïf et doux lui plaisait. Pourtant, on ne pouvait pas dire qu’il était friand de ce genre de fillette. Parce que oui, ce n’était qu’une gamine. Mais qu’importe. Il l’aimait bien. Ce qu’elle disait avait un sens. Certes, il n’était pas toujours d’accord avec elle mais au moins, elle avait de la suite dans les idées. On ne pouvait pas dire ça des autres nanas qu’il avait côtoyé au cours de son existence. Il lui avait alors tendu la main pour l’entrainer avec lui dans sa marche effrénée vers… l’inconnu. Lorsqu’il sentit la douceur de sa paume contre la sienne, un petit sourire bâtit logis sur ses lèvres. Mais comme il s’y était attendu, il ne réagit pas lorsqu’il l’enleva aussitôt. Il essaya alors de détourner la conversation comme il put. Certes, il n’avait certainement pas abordé le meilleur des sujets mais qu’importe. L’important était de restait en contact. Et pour détourner au mieux le sérieux du sujet, il proposa de le relativiser en jouant à un jeu débile. Pourquoi pas après tout ! Et au moins, cela eu le don de la faire rire. Et le sourire qu’il lui offrit témoigna pour elle. « Je ne connais pas ce jeu, mais j'accepte de tenter ! Après tout, ce n'est pas tous les jours qu'on a l'occasion d'être un kiwi. » Hareton claqua la langue en signe d’accord. Les kiwis c’étaient trop cool. Mais y a toujours plein de pépins. Peut-être que c’était pour ça qu’il avait choisi ce fruit. Parce que la vie n’était qu’un fruit bourré de pépin. « Mais tu joues aussi alors ! Ça marche dans les deux sens. » L’index qu’elle pointa en sa direction lui fit lever les mains en l’air avec un air amusé. « Je le jure, votre honneur. » Au fond, il n’avait pas vraiment envie de jouer. Il ne savait jamais quoi dire. il disait déjà tellement de chose que trouver les mots pour ce jeu lui semblait impensable. Alors il garda le silence quelques minutes, sans doute à la recherche de son prochain monologue. Et lorsqu’il eu enfin l’illumination, elle le coupa avant même qu’il ouvre la bouche. Et il fut étonné de sentir sa main se poser sur son bras. Aussi écarquilla-t-il les yeux tout en les posant dans les siens. « Au fait... Je suis désolé de mon comportement, je n'ai pas été très sympa, ça ne me ressemble pas. Mais faut dire que tu m'as interrompue alors que je bossais et que j'ai d'abord cru que tu étais un de ces gros lourds de dragueur de parc. J'avais pas envie de ça. Finalement... T'es plutôt l'emmerdeur du parc ouais. Mais un emmerdeur plutôt doué puisque t'as réussit à avoir un tour. Allé, dis-moi, c'est quoi ton secret ? » Ce fut au tour d’Hareton de laisser échapper un rire franc. Cela lui arrivait rarement. Trop rarement à vrai dire. Il ne savait pas vraiment ce que c’était de rire. Peut-être qu’avec Rose il découvrirait plus de choses qu’il ne l’aurait cru. Et c’était bon à savoir. Il déposa alors sa main sur celle de la jeune fille et captura ses doigts fins entre les siens. Et sans plus de cérémonie il déposa un baiser sur sa peau délicate. Et refusant de la lâcher, il serra les doigts. Peut-être trop fort ? Il n’en savait rien et la question lui intéressait peu. « J’ai pas de secret. C’est juste que t’es assez gentille pour dire de m’accorder – un peu du moins – de ta confiance. Merci, Rose. » Il avait dit cela avait une simplicité qui était loin de lui ressembler. Mais il n’avait jamais été aussi sérieux de sa vie. Les gens l’appréciaient. Ou du moins, ils le prétendaient. Pourquoi ? Parce que c’était un clown. Un personnage un peu grotesque qu’il fait bon d’avoir pour se divertir. Mais quelqu’un ne lui avait-il jamais véritablement fait confiance auparavant ? La question restait encore sans réponse à ses yeux. Il relâcha alors la jeune fille et glissa ses mains dans ses poches tout en continuant à avancer. Son regard se perdit au loin alors qu’il cherchait les mots qui lui permettraient de lancer son fameux jeu. Quand ils lui vinrent, il posa un regard curieux sur Rose un court instant. Puis, son attention se porta sur un arbre. « Bon. Alors… Disons que je suis un Kiwi qu’on a laissé dans le frigo. Je suis resté tout seul. Caché derrière le carton de lait, les cuisses de poulet et les tomates pas mûres. De toute ma couleur kaki j’ai essayé de me faire remarquer. J’ai essayé d’hurler que j’étais là. Regardez-moi, je suis tout poilu et j’ai plein de pépin. Mais personne ne me voyait. Donc, j’ai commencé à pourrir. Et c’est là que les gens te voient. Quand tu n’es plus qu’à l’état de décomposition. Quand tu n’es plus rien qui vaille vraiment la peine. Tu vois ce que je veux dire ? » Hareton souffla blasé avant d’ajouter : « Parce que moi, je te jure, je vois pas. » Une fois de plus, il montrait Ô combien il n’était pas celui qu’il prétendait être. Qu’il y avait plus à savoir sur lui mais qu’il n’était lui-même pas capable de le montrer. Peut-être que la partie kiwi vert de sa vie était les douze premières années de sa vie. Peut-être qu’il avait commencé à pourrir à partir du moment où sa mémoire ne lui avait plus joué de tour. Au fond, il s’en moquait un peu. C’était comme ça. Point barre. « Et toi alors ? T’es un kiwi ? T’as plein de pépin ? Ou alors t’es juste une mangue toute sucrée avec un seul noyau mais super gros ? » Question absurde. Discussion absurde. Et regard tout ce qu’il avait de plus sérieux braquer sur une demoiselle à la dérive. La plus belle que la terre ait jamais comptée peut-être.
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PV ROSE 々 your eyes.

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