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 « Truth or Dare ? » feat. Hareton Blitswick

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Message(#) Sujet: « Truth or Dare ? » feat. Hareton Blitswick Mar 29 Mar 2011 - 21:25

Maya était chez Adriel quand l’envie d’aller se dorer sous le faible rayon de soleil lui traversa l’esprit. Elle fourra ses affaires dans son sac en toile et alla à la cuisine pour écrire un mot à son ami. Enfin, écrire était un grand mot puisqu’elle dessina rapidement ce qu’il comprendrait être elle, assise sur une plage, observant l’océan. Ce n’était pas du langage codé mais c’était un jeu qu’elle avait instauré, bien que les croquis d’Adriel soient bien moins faciles à comprendre que les siens. Combien de fois ne s’était-elle pas gentiment moquée de lui, jusqu’à le faire rougir jusqu’à la pointe des cheveux ? Elle gardait chacune de ses tentatives dans un carnet qu’elle avait soigneusement dissimulé dans ses affaires, de sorte que si son ami cherchait à faire brûler les preuves de son incapacité, il échouerait.
Satisfaite de sa manœuvre, elle punaisa le portrait au tableau d’affichage où ils avaient pris l’habitude de se mettre des mots doux et quitta la pièce, le sac sur l’épaule, les cheveux en bataille, encore humides de la douche qu’elle venait de prendre. Elle abandonna la maison et prit le chemin de la plage. Il n’avait pas fallu longtemps pour qu’elle connaisse les lieux principaux d’Ocean Grove, encore moins pour qu’elle débusque les endroits où, elle le savait, elle serait en paix pour travailler ou rêvasser, selon son humeur du jour. Cet après-midi là, elle se sentait d’humeur à s’asseoir quelque part et à ne plus bouger jusqu’à ce que ses doigts soient noircis à force de les avoir passés sur ses feuilles de dessin pour peaufiner des détails ici ou là. Adriel ferait encore faussement le dégoûté lorsqu’elle débarquerait, les mains grises et les ongles noircis. Il lui dirait qu’elle avait l’air d’une bohémienne et elle rirait, parce que cette idée était loin de lui déplaire, et il le savait.
Elle parvint à l’endroit qu’elle avait en tête depuis qu’elle s’était levée ce matin – tard, cela va de soit, à quoi bon se lever à l’aurore quand on avait rien de prédéfini pour le restant de la journée ? – et elle s’arrêta sur une petite dune, jetant un regard circulaire, repérant les silhouettes de personnes ayant eu la même idée qu’elle, ainsi que les groupes d’enfants qui se poussaient à l’eau en émettant des petits cris de surprise en sentant la fraicheur de l’eau. Elle mit sa main en visière et guetta du regard un endroit où elle ne serait pas dérangée et repéra un creux entre deux dunes où le vent ne l’atteindrait pas. Il n'en fallait pas davantage pour qu'elle amorce sa descente maladroite et comble la distance qui la séparait de son coin de paradis.
Elle s’installa dès qu’elle fut parvenue à sa destination, s’asseyant en tailleur avant de poser son sac informe sur ses cuisses pour fouiller la multitude d’objets qui remplissaient la sacoche. Elle en sortit son carnet à dessin et l’ouvrit à la première page vierge avant de partir à la recherche de ses crayons fétiches, rassemblés à l’aide d’un élastique qui ne tarderait certainement pas à se rompre. Elle évalua les pointes de ses jouets préférés et entreprit de dessiner ce qui lui passait par la tête à défaut de trouver le paysage suffisamment intéressant et varié que pour l’immortaliser. Penchée sur son travail, elle ne fit pas attention aux passants, aux couples qui se baladaient par-là, main dans la main, en quête, eux aussi, d’un coin tranquille où s’isoler.
Un bon quart d’heure se passa avant qu’elle ne soit interrompue par l’arrivée impromptue d’un labrador, le pelage trempé, la langue pendante et le regard doux. Maya leva le nez de ses traits légers et laissa un sourire éclairer son visage avant qu’elle ne s’adresse directement au canidé :

« Eh bien ! On a fait une bonne pêche ? »

Pour toute réponse, l’animal s'ébroua, aspergeant la jeune femme qui ferma machinalement son carnet pour protéger ses croquis et son bras se leva sans conviction pour préserver son visage des gouttelettes. Elle secoua la tête et posa son carnet avant de tendre le poignet au labrador. Celui-ci, sans surprise, s’approcha sans méfiance et lécha la peau pâle avec bonne humeur. Maya le laissa faire un instant puis posa doucement la main sur la tête mouillée, grattant le chien sous la gueule et derrière l’oreille jusqu’à ce que le propriétaire du chien n’apparaisse au bord du souffle, s’excusant pour l’intrusion de Rex, puisque ce fut le nom sans originalité de l’animal. Maya lui assura que ce n’était rien et le duo repartit bien vite, la laissant retrouver un semblant de solitude après une perturbation aussi agréable.
Elle baissa les yeux et attrapa un pan de son débardeur pour le porter à son nez et inspirer profondément. C’est peu étonnée qu’elle constata qu’elle allait pouvoir sentir le cabot pour le restant de la journée.


Dernière édition par Maya Mazzello le Mer 11 Mai 2011 - 20:50, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: « Truth or Dare ? » feat. Hareton Blitswick Jeu 31 Mar 2011 - 20:49

Quand on a vingt-cinq ans mais l’âge mental d’un gamin de seize ans, la vie est tellement plus simple. Premièrement, vous faites tout ce que vous avez toujours voulu faire et il n’y personne pour vous en empêcher. Deuxièmement, si on vous traite comme un gamin, vous trouvez ça trop cool et en redemandez. Et enfin, last but not least, la vie c’est comme un putain de jeu vidéo. Carré, rond, rond, carré. Et vas-y qu’on s’excite sur le touche pour remporter la partie. En gros, la belle vie. La vie que Blits s’était bâtie avec une joie non mesurée. Être un adulte réfléchis et posé ? Ce n’était pas dans ses cordes, on ne l’avait pas entrainé pour ça. Son quotidien se limitait à des jeux de gosses – bon ok, c’est un peu son job -, à des crises existentielles avec papa et maman – dis, je peux avoir la voituuuuuuure ? – et finalement, à des paris débiles qu’il ne prenait jamais le soin de régler dans les règles de l’art. « Tu vois la fille là-bas ? » Sur la plage, telle une bande de poissons, des jeunes hommes étaient assis en cercle. Parfois ils se donnaient rendez-vous dans des lieux, plus ou moins insolites, pour s’adonner à leur passe temps favori : les enfantillages. Il n’y en avait pas un pour rattraper l’autre. On pouvait appeler ça le cercle d’éplucheur de patate anonyme, qu’ils en seraient honorés. Tous des cons. Tous des blonds. Ou presque. « Une fille ? Là-bas ? Non. » Avec une attention peu commune, Hareton avait suivit le geste de son ami. Il furetait les environs avec une patience rare et une nonchalance feinte. « Arrête de faire le con, tu vois très bien de qui je veux parler. » En effet, depuis quelques secondes déjà son regard c’était porté sur une demoiselle à la chevelure courte qui caressait un horrible cabot. « Ouais, et ? » Oui. Il l’avait vue. Mais c’était quoi le problème ? « Bah c’est elle ! » C’est elle ? La phrase passait en boucle dans la tête du jeune homme sans qu’il ne comprenne véritablement où son ami voulait en venir. « Euh... C’est elle quoi ? » Question pleine de sens, Sherlock ! « LE PARI ! » Ah. Ca. Parfois, Hareton oubliait qu’il n’était pas le seul à pouvoir lancer des paris à l’aveuglette. Le truc, c’est que lui, on lui refourguait toujours les trucs les plus compliqués et irréalisables. C’est pour ça qu’il ne s’acquittait pas de ses dettes : ce n’était pas juste, ils trichaient ! « Elle ? C’est même pas une fille, tu triches ! » C’était peut-être un peu rude de sa part d’oser parler de la sorte. Mais au fond, il s’en contre-fichait, il le pensait. « Arrête tes conneries, t’es lourd. » Lui aussi il était lourd et pourtant, personne ne lui reprochait ! « Mais c’est pas des conneries ! Regarde, j’ai les cheveux plus longs qu’elle ! Si ce n’est pas un signe, franchement, je ne m’y connais pas ! » Fier de son analyse, un sourire triomphant s’immisça sur les traits d’Hareton. Son regard était toujours porté sur la jeune femme. Ce n’était pas qu’elle était laide, ou quoi que ce soit… Disons juste que, ce n’était pas son style. « Si une femme avec des cheveux courts devient un homme, par extension... tu es une femme ? JE LE SAVAIS. » Espèce de con. « Ferme-là ! Abruti congénital. » Son sourire c’était estompé pour laisser place à un regard noir tout destiné à cet imbécile de Joe Murdock. « Bon, t’es d’accord ? Si tu rates ton coup : tu es chargé de lavé ma caisse pour une durée de trois mois. » Une grimace de dégoût s’enracine si bien sur ses traits qu’aucun sourire ne risquait de refaire son apparition avant un bon moment. « QUOI ? Ta poubelle ? Même pas en rêve Murdock ! » C’était plus qu’une poubelle : une décharge ! « Si tu gagnes, en revanche… Tu auras beaucoup à gagner. » Ah. Pourquoi n’avait-il pas commencé par là ? « Du genre ? » « Ce que tu veux. » Passant une main dans ses cheveux, Blits se mit à faire fonctionner son cerveau pour trouver LA récompense de rêve. Sauf qu’il n’était pas doué pour faire du marchandage, le pauvre. « Je veux des coupons gratis pour de la bonne bouffe et… une tonne de fric ! » « CA MARCHE. VENDU. » Le jeune homme soupira. Il s’avouait déjà vainqueur alors qu’il n’était pas prêt de le laisser gagner. « T’es qu’un branleur. Soit pas si sûr de toi, ça me file la gerbe. » « Allez, fonce Alphoooonse. » Hareton donna une petite tape derrière la tête du jeune homme alors que tous les autres, restés muets depuis longtemps, pouffaient comme des adolescentes en pleine chaleur. « Murdock, faut vraiment que t’apprennes à la fermer. Soit. Regarde le maitre et prépare tes mouchoirs. Vous tous d’ailleurs. Enculés. » Toujours autant de grâce, ce petit.

D’un pas nonchalant, Hareton se dirigea donc vers la demoiselle qu’il avait observée de lui. Désormais seule sur son transat, elle ne s’attendrait sans doute pas à voir débarquer le bouffon du quartier. Et pourtant ! Blits s’arrêta à quelque pas de la demoiselle, un peu gêné – comme cela lui arrivait rarement, il faut dire – il se gratta la nuque avant de lâché d’une voix blanche : « Hey, kediss la miss ? » PITOYABLE. Alors là, il avait honte de lui ! Comment avait-il pu sortir un truc pareil ? Bon d’accord, c’était ce qu’il faisait toujours. Sortir une connerie bien lourde, histoire qu’on se moque de lui et qu’il rattrape le coup. Mais pour une raison étrange, il n’était pas certain que cette fille serait très encline à se marrer avec lui de sa drague de supermarché. « Ahem. Je suis désolé de vous déranger mademoiselle mais… » Se dandinant d’un pied sur l’autre, Blits cherchait les mots qui conviendrait le mieux afin de ne pas vexer l’âme fragile de cette enfant et pour sauver sa réputation de charmeur de ces dames. « Je crois que je suis amoureux de vos cheveux ! » Alors celle-là, même lui ne l’avait pas vue venir. Ses cheveux ? C’était la dernière chose qui était à son goût ! Et pourtant… Maladroitement, il prit place en face de la demoiselle. Assit en tailleurs, il attendait le moment crucial ou la gifle allait s’abattre sur lui.
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Message(#) Sujet: Re: « Truth or Dare ? » feat. Hareton Blitswick Mer 6 Avr 2011 - 22:03

Elle avait de la chance de ne pas être du genre coquette. En même temps, est-ce qu’une personne propre sur elle aurait vraiment été s’asseoir à même le sable, au risque d’avoir la peau irritée et les cheveux emmêlés ? Maya ne se posait pas la question. Elle faisait ce qui lui passait par la tête, sans pour autant passer pour une écervelée. Elle ne parlait pas pour ne rien dire, ne souriait pas à la moindre plaisanterie et ne répondait pas forcément aux tentatives de drague ratées de certains messieurs. Et pourtant elle ne paraissait pas hautaine ou méprisante. Juste… intouchable. C’est parfois la sensation qu’elle avait, en tout cas. L’impression que rien ne pouvait la toucher vraiment, ou si peu. Elle avait perdu tout réflexe de méfiance ou de doute. Elle ne jugeait pas ce qui l’entourait, acceptait son destin comme il venait, sans pour autant être fataliste. Alors, vraiment, le fait qu’elle dégage un parfum de chien mouillé ne la gênait pas particulièrement. Ce n’était pas comme si elle allait tenter d’entrer dans un restaurant huppé ou un magasin haute couture – on l’aurait de toute façon regardée d’un mauvais œil, quand bien même elle aurait diffusé un parfum sucré sur son passage, son look ne correspondait pas vraiment à cette classe-là.
Elle finit par abandonner ses vaines tentatives de faire sécher son débardeur. Les gouttelettes que les poils du chien avaient envoyées dans tous les sens formaient des petites taches sur le tissu clair et elle se contenta de reporter son attention sur sa feuille de dessin. Elle reprit ses traits réguliers, traça l’ébauche d’un visage. Les sourcils froncés, les cheveux bouclés. À côté, elle dessina une autre face, avec des lèvres charnues et une constellation de taches de rousseur. Enfin, elle dessina la tignasse emmêlée de son souvenir le plus lointain. C’était étrange comme la mémoire pouvait lui faire défaut pour des détails plus récents alors qu’elle aurait été incapable d’oublier les traits de son frère ainé. Elle aurait même pu le dessiner les yeux fermés, si elle l’avait voulu. Mais, comme à son habitude, elle se contenta de faire l’essentiel, arqua un sourire espiègle mais ne chercha pas à faire ressortir le côté malicieux de ses grands yeux chocolat. Elle était tout simplement incapable de le faire car chaque fois qu’elle essayait de se plonger dans le regard de son idole, elle se sentait happée par des souvenirs qui ne la quittaient jamais, des visions cauchemardesques qui n’avaient eu de cesse de la hanter pendant des années. Ce n’était pas maintenant qu’elle allait se laisser retomber dans cette phase amorphe qu’elle avait traversée alors qu’elle n’avait que quatorze ans.
Par chance, elle fut sortie de ses pensées lorsqu’une ombre se profila devant elle. Elle leva le nez, découvrant la silhouette d’un garçon au look décontracté et, presque automatiquement, le regard de Maya dévia vers le groupe de garçons qui étaient assis à plusieurs mètres de son refuge, installés en cercle, comme une troupe d’Indiens en plein conseil. Elle reporta son attention sur l’inconnu, attendant qu’il daigne lui faire connaitre la raison de son intrusion dans ses pensées. Elle le voyait venir, à se tenir là. Elle n’aurait pas été étonnée de le voir trépigner, comme un gamin pris en faute ou forcé d’avouer un méfait. Ses gestes étaient nerveux, il n’était visiblement pas à son aise et elle ne chercha pas vraiment à détendre l’atmosphère. À en juger par sa tenue, elle aurait été prête à parier qu’il s’agissait d’un bouffon de service, ou du moins, d’un garçon qui aimait être le centre de l’attention grâce à ses plaisanteries. Elle n’était pas forcément très attirée par ce genre d’énergumène, mais elle n’en était pas non plus dégoûtée. C’était les gens fades qu’elle n’aimait pas, ceux qui ne donnent aucune envie qu’on se retourne sur eux. Celui-là, au moins, avait le don d’attirer la curiosité, à défaut de faire naitre de la méfiance chez Maya – mais là, encore une fois, c’était peut-être parce que c’était elle, et qu’elle ne réagissait pas toujours comme n’importe quel être humain normalement constitué. Elle arqua un sourcil, cherchant à déchiffrer le langage du jeune homme. Au bout de quelques secondes, elle laissa tomber et fit mine de retourner à ses croquis. S’il voulait jouer les plaisantins, elle ne l’en empêchait pas, mais qu’il n’espère pas une aide de sa part. Elle avait de l’humour, mais c’était un humour particulier qui ne correspondait pas forcément avec celui de l’intrus. « Mmh. Je suis désolé de vous déranger mademoiselle mais… » Maya releva la tête, l’air toujours impassible. Elle le regarda plus précisément, laissa son regard le passer à la loupe, accentuant probablement sa gêne. « Je crois que je suis amoureux de vos cheveux ! » Elle chercha la moindre nuance moqueuse, la moindre ombre de plaisanterie puis décida de ne pas relever.
Il avait eu l’avantage de piquer sa curiosité avec son entrée en matière des plus étranges, aussi ferma-t-elle son carnet avant de croiser les bras dessus, comme si elle s’accoudait à une table. Elle le regarda s’asseoir près d’elle et elle pencha la tête, le scrutant un instant avant de répondre, sur un ton qui laissait nettement transparaitre le doute qu’elle avait à son égard :

« Vraiment ? C’est une coupe faite maison. Je peux te la faire aussi, si t’as envie. »

Elle esquissa un rictus. Elle n’avait même pas cherché à dissimuler son ton railleur. Elle jeta un regard vers le groupe et put remarquer qu’ils avaient tous, ou presque, la tête tournée dans leur direction. Sans trop savoir pourquoi, Maya devina que l’inconnu n’était certainement pas venu de son plein gré, mais loin de s’en vexer, elle ajouta :

« Alors, dis-moi à quoi on a affaire ? Un pari ? Une rebuffade pour prouver quelque chose ? »

Elle ne cherchait pas à se montrer condescendante. Elle n’était même pas d’humeur massacrante, elle ne s’était même jamais mieux sentie que depuis qu’elle s’était installée chez son meilleur ami. Mais elle devait avouer parfois manquer de patience, surtout si elle était l’objet d’une farce quelconque. Si elle n’avait rien contre les plaisanteries idiotes, elle n’aimait pas qu’on la prenne pour la dernière des imbéciles. Elle n’avait pas pris un ton acerbe ni sec, c’était davantage un ton assuré et franc qu’une tentative de briser net l'approche du garçon. Quelle que soit la raison de cette approche.
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Message(#) Sujet: Re: « Truth or Dare ? » feat. Hareton Blitswick Dim 10 Avr 2011 - 0:38

Un GPS incrusté dans le cortex cérébral d’Hareton Blitswick lui chantonnait d’une voix chevrotante : fais demi-tour mon bouchon, vas-y retourne d’où tu viens, putain déconnes pas elle va te rembarrer, ALLEZ FAIS PAS LE CON ET FAIS-LE TON PUTAIN DE DEMI-TOUR ! Mais incapable de se montrer sérieux et réfléchis, encore une fois, il n’en fit qu’à sa guise. Puis, qu’est-ce qu’une voix dans un esprit aussi brumeux que le sien ? Un chant un peine audible que le fracas de ses pensées envoyait valser. Pas de demi-tour. Pas de petit bouchon fragile. Un type fier ! Un type fort ! Un type qui peut être très très méchant quand il a la haine et qui n’accepte pas qu’on lui marche sur les pieds ! Voilà, c’était exactement ce qu’il voyait dans le miroir. Bon, ok, il avait peut-être trop regardé Rasta Rocket, mais il n’allait pas se laisser amadouer par une demoiselle. Surtout qu’il n’était pas certain que s’en était véritablement une. Un garçon manqué, ce n’est pas une fille. C’est juste un garçon sans petit oiseau. Donc théoriquement, elle valait presque autant que lui. Certes, il s’en voulait de penser cela. Ce n’était pas très gentil de sa part et ça manquait véritablement de respect… Mais tant qu’il ne le disait pas ouvertement, il n’y avait pas véritablement de mal. Alors, allons-y let’s go, c’est parti les amis. Droit devant lui il avança. Déterminé. Un million de phrases en tête qu’il pourrait sortir au moment venu. Plusieurs sourires charmeurs dont il connaissait les ficelles et… trois, deux, une secondes avant l’impact. MUR. Gêne. Honte. Mutisme. Dans le genre charmeur, on a connu mieux quoi. Mais heureusement, il parvient à se ressaisir et d’une voix trainante la phrase tant redouté traverse la barrière de ses lèvres. Et lorsque celle-ci se répercute à ses oreilles, ses yeux s’écarquillèrent imperceptiblement. Il a vraiment dit ça ? Oh mon Darwin, il venait de se griller tout seul. Se mordillant la lève avec gêne, Hareton posa son popotin sur le sable. Un peu hébété par la situation. Pourquoi fallait-il qu’il parie sur ce genre de connerie à deux balles ? « Vraiment ? C’est une coupe faite maison. Je peux te la faire aussi, si t’as envie. » Le rictus que forma ses traits lui fit tellement froid dans le dos qu’un frisson le parcourant. Ne laissant rien transparaitre, Hareton se contenta d’un sourire amusé. « Non merci, ça ira. Je laisse pousser. Comme la barbe. Les poils, c’est la vie ! » Retrouvant finalement ses petites habitues, le jeune homme dissipa sa gêne en jouant avec le sable. Faisant courir ses doigts sur les grains afin d’y dessiner une petite fleur très moche et très ratée. Mais qu’importe, il ne l’avait pas fait dans le but d’être un artiste. Il releva alors ses yeux vers la jeune fille et constata qu’elle observait son petit groupe d’amis. Machinalement, il se retourna et constata que la moitié de ses crétins n’avait même pas essayé d’être discret. Roulant des yeux, il se retourna à nouveau vers la jeune un sourire désolé aux lèvres. « Alors, dis-moi à quoi on a affaire ? Un pari ? Une rebuffade pour prouver quelque chose ? » Sa mâchoire se décrocha, pareil un remake de dessin animé pour enfants. Pourquoi fallait-il toujours qu’il tombe sur ce genre de nana ! Y en avait des tas d’autres qui lui couraient aux fesses, mais dès qu’il pariait gros – des coupons de bouffes gratis, je vous signale que c’est mieux que n’importe quoi d’autre – il fallait que ce soit des mégères sans véritable sans de l’humour.

Hareton posa alors son regard outré sur les prunelles de la demoiselle. Et d’une voix qui se voulait emprunte d’agacement et de suffisance il partit dans un monologue sans fin : « Déjà, primo, Madame je sais tout, laisse-moi te dire que tu manques vraiment de savoir vire ! Je viens bien gentiment te parler parce que t’as l’air d’une âme en peine et avec tout le respect du monde, je te vouvoie comme une lady et toi… Ingrate ! Ta môman et ton pôpa ils t’ont pas dit qu’on ne tutoyait pas les inconnus ? Et puis, deuxio, qui t’as parlé de pari ? Une rebuffade – d’ailleurs, c’est quoi ça ? Je sais même pas, bordel ! – c’n’est sans doute pas dans mes cordes et tertio, j’ai rien à prouver. Et si ça avait été le cas, j’aurais certainement pas fait appel à toi ! » Hareton ne voulait pas se montrer impoli mais il digérait très mal de se voir offrir un râteau alors que son numéro de drague n’avait pas encore commencé. Il se remit alors de bout et replaça une mèche de ses cheveux derrière son oreille. Son regard se porta sur sa petite troupe d’amis alors qu’il hésite encore entre partir et perdre, ou essayer malgré tout de rattraper ce qu’il venait sans doute de gâcher ? « Bon, ok. Debout, princesse. Je te raconte tout. Allez, bouge tes fesses ! » Après tout, ce n’était pas une minette minette, il pouvait se permettre de ne pas lui passer de la crème. Il allait simplement jouer le jeu d’une autre façon. Il avança alors quelques minutes en silence, tâchant de s’écarter le plus loin possible du petit groupe d’éplucheur de patate. Et quand il fut à une distance relativement satisfaisante, il déclara enfant : « J’ai les crocs. Je l’ai vu mes coupons gratis ! Bon, ok, je suis désolé. A mon âge, ce genre de chose ça ne se fait plus mais… C’est une DROGUE. Tu deviens dépendant. À la bouffe, hein, pas aux paris. Quoi qu’eux aussi ils me rendent accroc… BREF. J’ai honte tu sais mais… Je te demande pas la lune non plus ! Y a des gens qui paieraient pour coucher avec moi ! » Pas vantard pour un sous le Blitswick.
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Message(#) Sujet: Re: « Truth or Dare ? » feat. Hareton Blitswick Mer 13 Avr 2011 - 11:17

Maya avait rencontré quelques étranges spécimens au cours de son existence. Elle avait trainé avec une bande de jeunes désœuvrés qui n’occupaient leur temps qu’en houspillant les gens dans la rue, les provoquant et les insultants s’ils avaient le malheur de leur jeter un regard désapprobateur ou hautain. Ce n’était certes pas la période la plus glorieuse de son existence. Elle avait vécu parmi des gens qui se méfiaient de tout et de tous, mais pourtant elle n’avait jamais vraiment développé ce penchant. Elle avait toujours vécu avec des personnes qui sortaient du lot à ses yeux. En dehors de ses élèves, avec qui elle n’avait pas trop le choix, elle s’était toujours évertuée à choisir son entourage. Cela lui importait peu si ses proches se comptaient sur les doigts d’une main. Elle était insensible à la plupart des gens qu’elle croisait, non pas parce qu’elle se sentait supérieure à eux ou quoi que ce soit qui s’en rapproche, mais tout simplement parce qu’elle avait goûté à la fraicheur et à la singularité de son frère et qu’à côté de celui-ci, certaines personnes pouvaient sembler bien fades, sans saveur, sans personnalité. Alors, au lieu de faire l’effort d’aller vers les gens, elle s’était mise à les observer, à guetter les petites choses qui faisaient d’eux des êtres uniques. Elle s’était mise à détailler ce qui l’entourait, et à l’immortaliser sur le papier. Il lui arrivait parfois de rouvrir ses vieux carnets pour replonger dans des souvenirs aussi anodins qu’éphémères. C’était sa manière à elle de prendre des photos, en quelques sortes et elle aurait volontiers retracé ce qu’elle voyait à présent, en découvrant ce garçon sorti de nulle part, sans grande finesse, mais avec quelque chose de malicieux dans le regard, dans l’attitude. Même s’il était venu dans le seul but de se moquer d’elle, Maya ne l’aurait pas mal pris. Elle n’avait pas peur des railleries, elle ne se vexait pas pour si peu. La preuve, se devinant être le sujet d’une plaisanterie de mauvais goût, elle ne l’avait pas envoyé sur les roses mais avait plutôt fait preuve de franchise. Ce qui, visiblement, avait décontenancé le drôle de personnage.
En voyant l’énergumène s’introduire d’une telle manière, elle s’était dit qu’il ne se vexerait pas si elle usait de son ton cynique, railleur ou taquin. Il comprendrait ou il réagirait en conséquence. Mais visiblement, elle avait mal évalué le garçon. Sa réplique au sujet des poils l’avait fait sourire. Elle l’aurait qualifié de gentil bouffon, au premier abord. Il n’avait probablement aucune envie d’être là, de lui parler, parce qu’elle se doutait bien qu’il ne voyait pas un grand intérêt en elle, elle se demandait même s’il pouvait avoir un intérêt quelconque pour la gente féminine. Non pas qu’elle le perçoive comme un garçon qui aime les garçons, mais plutôt comme un éternel gamin qui prend bien davantage de plaisir en s’amusant avec ses pairs à des paris idiots qu’en cajolant une fille. Elle avait peut-être eu un jugement hâtif mais, généralement, elle avait plutôt un bon flair pour cerner le fond des gens, pas à la perfection, mais pour en voir l’essentiel. En d’autres termes : si la personne présente les caractéristiques qui pourraient l’intéresser ou si elle semble stérile de tout défaut. Elle n’aimait pas les gens parfaits. Les gens qui savent qu’ils sont beaux et qui en jouent. Les gens qui se pensent intellectuellement plus élevé que la plupart de leurs voisins. Elle n’avait pas besoin d’avoir ce genre d’individu, elle préférait les gens ténébreux, à l’esprit vif, au regard brillant, difficile à percer. Elle n’aimait pas spécialement les gens bruyants ou imbus de leur personne, elle préférait l’humour ciblé, qui touche à chaque fois, quitte à devoir se blinder pour tenir la distance. Mais au lieu de cela, elle avait un garçon tout à fait étrange, probablement bruyant, et qui n’avait pas l’air de correspondre à ce qu’elle recherchait chez les autres mais il y avait toutefois quelque chose en lui qui l’intriguait, sans qu’elle puisse dire quoi exactement. Une aura singulière qui piquait sa curiosité, à défaut de réellement la charmer.
La mine du jeune homme changea, passant du rouge au blanc, pour revenir à un teint rose d’indignation. Maya haussa les sourcils et elle n’eut pas vraiment l’occasion d’en placer une car il s’exclama, sur un ton dépourvu de gêne et elle l’aurait presque juré, tremblant d’énervement. « Déjà, primo, Madame je sais tout, laisse-moi te dire que tu manques vraiment de savoir-vivre ! Je viens bien gentiment te parler parce que t’as l’air d’une âme en peine… » Ah. Parce qu’elle faisait pitié, maintenant ? C’était nouveau. « …et avec tout le respect du monde, je te vouvoie comme une lady et toi… Ingrate ! » Elle revenait sur ce qu’elle avait pensé. Elle adorait le côté complètement loufoque de ce garçon qui sortait de Dieu sait quelle caverne, avec ses longs cheveux et sa barbe de trois jours. Mais une fois qu’il parlait, il y avait une lueur qui animait tout son être, de son regard courroucé à son corps en proie à une nervosité mal contrôlée. Elle le jaugea en silence, le laissant poursuivre sa litanie jusqu’à ce qu’il n’ait plus de souffle, restant imperturbable à son blabla outré. « … Et si ça avait été le cas, j’aurais certainement pas fait appel à toi ! » Elle n’avait aucune peine à le croire, sur ce point-là et elle ramena ses jambes contre elle, les enlaçant tout en gardant son regard braqué sur le jeune homme. Le silence retomba et Maya resta muette, se pinçant les lèvres en attendant la suite. Il n’y avait plus aucun doute qu’il s’agissait d’un pari ou quelque chose s’en rapprochant. Elle n’était pas vexée pour autant. « Bon, ok. Debout, princesse. Je te raconte tout. Allez bouge tes fesses ! » Préférant ne pas envenimer les choses, elle se leva, épousseta son derrière et attrapa son sac après y avoir fourré son carnet et ses crayons. Elle le suivit à l’écart, curieuse de savoir de quel plan foireux elle était la victime. « J’ai les crocs. Je l’ai veux, mes coupons gratis ! Bon, ok, je suis désolé. A mon âge, ce genre de choses, ça ne se fait plus mais… C’est une DROGUE. Tu deviens dépendant. A la bouffe, hein, pas aux paris. Quoi qu’eux aussi, ils me rendent accro… » Maya se demanda un instant s’il n’était pas sujet à un délire parce qu’elle ne comprenait pas vraiment tout ce qu’il racontait tant il parlait à toute vitesse et avec emportement. « Bref. J’ai honte, tu sais mais… Je te demande pas la lune non plus ! Y a des gens qui paieraient pour coucher avec moi ! »
Ah ! Voilà donc la réponse à son interrogation. Elle n’aurait pas parié autant. Elle s’était attendue à une plaisanterie idiote, vu la façon dont il s’était introduit devant elle. Mais non, il s’agissait bel et bien d’un pari poussé. Pourquoi elle ? Parce qu’elle était seule ? Parce qu’un chien venait de s’ébrouer devant son nez ? Ou bien parce que pour ce genre de petits crétins, elle n’était pas une fille, puisqu’elle avait les cheveux courts ? Peu importe l’origine de cette situation. Maya émit un petit sourire et demanda :

« Et qu’est-ce que j’y gagne, à coucher avec toi ? Sans vouloir te vexer. »

Elle n’ajouta pas qu’il n’était pas vraiment son genre, qu’elle préférait les garçons qui avaient du plomb dans la cervelle. Elle savait qu’il n’aurait pas apprécié et qu’il aurait joué la carte de l’irritation, or, ce qu’elle voulait, c’était bel et bien s’amuser et ça, ça semblait être dans les cordes du garçon.
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Message(#) Sujet: Re: « Truth or Dare ? » feat. Hareton Blitswick Jeu 14 Avr 2011 - 16:24

Il n’était pas crédule, voyez-vous. Il avait parfaitement conscience de l’image qu’il reflétait. Il savait qu’à la première rencontre, les gens le trouvaient : soit lourd, soit débile, soit mentalement instable ou pire, totalement déconnecté à la réalité. Parce qu’il avait cette façon d’être qui ne correspondait pas à l’éthique. Les gens prétendent que la différence est une force et que rares sont ceux qui peuvent prétendre l’être. Mais la vérité, c’est que les gens n’aiment pas la différence. Les gens ont peur de la différence. Ils se cachent derrière de mot comme : sans gêne, impoli, exubérant… Mais finalement, ils ont simplement les chocottes. Ils ont peur que cette personne soit mieux qu’ils ne le seront jamais. Parce que cette personne ose. Parce que cette personne est elle-même et que personne ne pourra jamais l’empêcher de faire ce qu’elle veut. C’était ça, la vérité. Et Hareton le savait. Il était différent donc encombrant. Il prétendait être parfait et non sans raison. Il était parfait à sa façon. Parfait dans toute son imperfection et le jour où les gens comprendraient ça… il deviendra le roi du monde ! Ou peut-être pas. Mais il serait sans doute plus apprécié à sa juste valeur. Et quel valeur, mes amis ! Pourtant, il fallait avouer qu’il se vendait très mal. Il allait souvent plus vite que la chanson et cela lui faisait perdre des points. Mais qu’importe ? Tant qu’il y avait des résultats, c’était ça l’important ! Il parlait, parlait, parlait. Faisait des tas de signes. Se pavanant avec frénésie. « Et qu’est-ce que j’y gagne, à coucher avec toi ? Sans vouloir te vexer. » Le petit sourire qui naquit sur les lèvres de la jeune fille eu au moins le loisir de l’apaiser. En temps normal, il aurait pris la mouche. S’énervant comme il avait déjà pu le faire quelques minutes auparavant. Mais il avait conscience que cela ne changerait strictement rien aux yeux de la demoiselle. Elle ne prenait mes pas le temps de répondre à ses attaques. Vous avouerez que cela devait être un signe. Et quelque part, il aimait qu’on lui résiste de cette façon. Ce serait une occasion de plus de prouver ses nombreux talents en matière de nanas. Enfin, ceux qu’ils avaient prétendument. « Tu veux dire à part prendre le pied de ta vie ? » Evidemment, chassez le naturel et il revient au galop. Hareton n’allait certainement pas se priver d’une telle remarque. Vous pensez bien que c’était la première (peut-être même l’unique) chose qu’elle gagnerait à succomber à ce petit jeu. Certains trouveront cela malsain, mais avouez que ça peut être vachement amusant et peut-être qu’elle y gagnerait. Sans doute même. Pour une raison absurde – sans doute à cause de son tout petit cerveau et de son esprit étroit – Hareton ne parvenait pas à s’imaginer la demoiselle en plein acte. C’était sans doute mieux ainsi, vous allez me dire, mais je vous assurer que non. Parce que le jeune Blits en venait à se demander s’il ne serait pas une sorte de cadeau du ciel pour une vieille fiche. Toujours son petit cerveau. Mais bon, il savait aussi qu’il ne fallait pas juger les gens sur les apparences ou du premier abord…

S’approchant doucement d’elle, un sourire sardonique au bout des lèvres, ses doigts vinrent caresser la courte chevelue de la jolie princesse en détresse. Et loin d’être un prince, Hareton devait sans doute être le gardien de la tour. Une sorte de vilain dragon cracheur de feu. Mais il n’avait pas envie d’être considéré comme tel aujourd’hui. Pour deux choses. Un, s’il était le méchant : il n’aurait aucune chance de remporter son pari. Deux, qui se liait parfaitement à la première : il fallait bien qu’il mange cet enfant là ! « Plus sérieusement, je ne sais pas ce que tu y gagnes. Et c’est peut-être là, la beauté du jeu. Si ça se trouve, c’est moi qui vais y gagner. Comment savoir ? » Ses doits couraient sur les jolies mèches brunes de la demoiselle. Finalement, il aimait bien ça les cheveux courts. Ça avait quelque chose de sauvage. Quelque chose qu’il ne saurait expliquer. Après tout, certaine chose ne s’explique pas. Donc, inutile de chercher davantage. Ses mains finirent par encadrer le visage de la donzelle. Approchant son visage de celui de cette dernière, Hareton dévora du regard ses lèves ourlées. Comme prêt à les dévorer. Ses lèvres se posèrent sur son front dans un doux petit baiser. Il les fit glisser le long de l’arrête de son nez et alors qu’il se trouvait désormais à quelques centimètres à peine de sceller leurs bouches, il susurra : « Tu veux que je te donne un aperçu ? » Et sans attendre la moindre réponse, il unit leur lèvre dans un baiser fiévreux. Après tout, que pouvait-il faire de mieux que de la mettre en appétit ? C’était un jeu à double tranchant. Soit, elle marchait. Soit, elle l’envoyait balader. Mais l’audace était souvent récompensée, pas vrai ? En fin, il gardait malgré tout l’espoir. Se détachant à regret de ces lèvres qu’il n’avait pas jugées si douce, Hareton redescendit sur terre. Et puis s’écartant un peu, pour ne pas en faire trop tout de même, il osa : « De toute façon, je suis prêt à tout pour mes coupons. T’as qu’à me dire ce que tu veux. » Il ne démordrait pas tant qu’il ne les aurait pas, ces maudits coupons !
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Message(#) Sujet: Re: « Truth or Dare ? » feat. Hareton Blitswick Ven 15 Avr 2011 - 13:29

Maya laissait parfois sa mémoire remonter loin. Elle ne dépassait cependant que très rarement l’époque où son frère était en vie. Ce n’était pas une période qu’elle aimait raviver, même si le souvenir de River ne s’était jamais estompé. Cela faisait plus d’une décennie qu’il était mort et il restait aussi présent dans le quotidien de Maya que s’il était toujours sain et sauf. Elle ne le voyait nulle part, pourtant. Mais c’était comme si son ombre planait au-dessus de tout ce qu’elle faisait, entreprenait, non pas pour veiller sur elle mais pour suivre son parcours. Elle ne voyait pas ça comme un guide mais plutôt comme un rappel. « Souviens-toi de vivre la vie comme tu l’entends, car la mort peut écourter ton passage sur terre et alors, qu’auras-tu fait d’important si tu réfrènes la moindre de tes pulsions ? » Parce que ça aurait pu être le discours de son frère. Lui qui aimait clamer haut et fort croquer la vie à pleines dents, alors qu’au fond de lui, tout le monde le savait, se cachait un démon qu’il ne voulait pas libérer. Ils avaient construit une forteresse autour d’eux et, aujourd’hui, c’était cet amas d’expérience qui dominait l’existence de Maya. Elle ne se demandait pas si les choses en valaient la peine ou non, elle ne s’interrogeait pas sur les motifs de ses choix. Elle les vivait, elle les prenait tels qu’ils étaient, se contrefichant de passer pour une délurée et/ou une fille instable. Elle n’avait pas besoin de se droguer ou de boire pour se sentir bien, mais elle ne s’en privait pas non plus si l’envie lui prenait. Elle ne se demandait pas ce que penserait River de ses faits et gestes, de ses actes inconsidérés et spontanés. Comme elle ne se posa pas la question de savoir quelle image elle donnerait d’elle en acceptant de coucher avec un parfait inconnu sous prétexte qu’il devait gagner un pari et que ça ne la dérangeait pas de passer à la casserole, puisqu’il n’était pas affreux à regarder et, surtout, qu’il l’amusait, avec son style bien à lui, son caractère marginal et son tempérament imprévisible.
Elle ne partait pas du principe que l’acte sexuel était sans importance, qu’ils pouvaient le faire où et quand ils le voulaient. Elle n’en était pas à ce stade-là. Elle estimait juste qu’il n’y avait aucune raison de se priver, à partir du moment où le désir était là. Il n’y avait pas besoin de connaitre la personne en face de soi pour ressentir quelque chose de fort, elle l’avait expérimenté dès sa première nuit dans les bras d’un garçon de son âge, quand elle avait quinze ans. C’était quelques mois à peine après la mort de River et elle participait à une fête sans grand intérêt, à laquelle elle n’était allée que parce que sa mère lui avait conseillé de ne pas se déconnecter du monde, au risque de se retrouver seule, le jour où elle voudrait parler à quelqu’un. Elle aurait peut-être mieux fait de ne pas se rendre à cette soirée ringarde, parce qu’au lieu de perpétuer son amitié avec les filles de sa classe, elle s’était mis toute la troupe à dos en couchant avec le petit ami de l’hôte de la soirée. C’était sa première fois et, à vrai dire, elle n’en avait que de vagues souvenirs qui étaient loin d’être impérissables. Elle avait frissonné sous les doigts maladroits du garçon qui, elle le savait parfaitement, n’avait couché avec qu’elle que parce qu’elle le voulait bien, alors que sa petite amie, naïve et rêveuse, prétendait vouloir attendre le grand jour où elle serait prête pour se donner à lui. Cette expression avait toujours fait bien rire Maya. Etre prête. On ne l’était jamais vraiment. Elle le savait par expérience. Elle avait ouvert les cuisses, avait embrassé fiévreusement son jules d’un soir et était repartie en se disant que, finalement, ça ne changeait rien du tout. Elle ne se sentait pas mieux, ni plus vide qu’auparavant. Il y avait toujours un trou en elle qui n’était toujours pas comblé à l’heure d’aujourd’hui.
Elle avait aimé des garçons, évidemment. Deux, en réalité. Et avec eux, le sexe était différent, si on voulait. Mais à force de laisser ses besoins ponctuels prendre le dessus, Maya avait réalisé que les sentiments, s’ils apaisaient en un certain sens, n’étaient pas salvateurs. Ils ne la soignaient nullement. Alors avec ou sans sentiments, elle avait laissé libre cours à ses envies, découvrant l’amour sous toutes ses formes. Avec des amoureux de longues dates, tendres et sensuels, comme avec des garçons ivres, maladroits et empressés, ou comme avec d’autres, où tout s’était fait dans le mutisme le plus complet, laissant parler les corps, puisque c’est ce qu’ils savaient mieux faire. En voyant l’hurluberlu qui lui faisait face, Maya se dit qu’elle n’avait jamais tenté de se connecter avec ce genre de gars. Parce qu’ils ne l’intéressaient pas, en temps normal, et que, par conséquent, elle n’en fréquentait aucun. Ils vivaient dans des mondes qui n’étaient pas très éloignés mais qui ne se côtoyaient pas. Or, par un détour du destin, voilà qu’il l’avait approchée, gauchement et de façon très étrange, mais suffisamment bien que pour qu’elle lève les yeux de son horizon et daigne s’arrêter sur lui. Ce qui faisait un bon point pour lui, même s’il ne s’en rendait pas compte et ne devrait sûrement pas voir les choses comme ça si elle le lui disait.
Aussi, quand il s’approcha d’elle, toujours avec cette maladresse qui caractérisait cette première rencontre, elle ne bougea pas d’un millimètre, attendant de voir quel serait son prochain mouvement, sa prochaine tentative. Il leva les mains, les glissa entre les cheveux fins et courts dont il était soi-disant tombé amoureux. Maya ne le quitta pas des yeux, l’observa faire avec concentration. Elle se demanda quel âge il avait, non pas que ça ait une réelle importance. Il était difficile d’évaluer si c’était un adolescent un peu remuant qui devait prouver quelque chose à ses potes ou un garçon plus âgé, plus dérangé, qui mettrait sûrement quelques années supplémentaires à mûrir, en comparaison avec ses compatriotes. « Plus sérieusement, je ne sais pas ce que tu y gagnes. Et c’est peut-être là, la beauté du jeu. Si ça se trouve, c’est moi qui vais y gagner. Comment savoir ? » Elle lui lança un air faussement sceptique mais elle ne répondit rien, se contentant de sentir la chaleur de ses paumes autour de son visage. Quel drôle de portrait, ils devaient donner, à se tenir comme ça, mais c’était justement ce qui lui plaisait. Le côté incongru de cette discussion. Elle le laissa faire son approche, presser ses lèvres contre son front. Elle ferma les yeux un instant, le contact faisant son travail. Il était étrange comme elle ne ressentait pas le besoin d’avoir un partenaire potentiel, principal, mais le besoin qu’avait son corps de ce genre de contact. Il s’échauffait de lui-même, adoucissait son regard, apaisait sa respiration, comme si elle appréhendait quelque chose sans savoir quoi. « Tu veux que je te donne un aperçu ? » Elle avait souri en sentant son souffle chaud glisser sur son nez. Il avait vraiment une façon étrange d’approcher les gens et, encore une fois, elle ne répondit pas, parce qu’il n’attendait visiblement pas de savoir si oui ou non il avait la permission de poursuivre, il prenait l’initiative. Elle ne rouvrit les yeux qu’au moment où il l’embrassa, scellant leur drôle de scénette. Elle avait gardé ses bras chez elle, ce qui laissait une distance entre eux. Elle répondit à ses lèvres audacieuses mais ne chercha pas davantage à le rapprocher d’elle, ce qu’aurait fait tout être normal dans cette situation. Quand il s’écarta, elle se contenta de sourire, comme si rien ne venait de se passer. « De toute façon, je suis prêt à tout pour mes coupons. T’as qu’à me dire ce que tu veux. »

« Mmh… » fut sa seule réponse alors qu’elle faisait mine de réfléchir à ce qu’elle pourrait bien demander en contrepartie. « Tu risques gros, pour tes coupons… » dit-elle finalement, malicieuse. « Tu n’aurais qu’à poser pour moi. Je ne sais pas encore quand. Peut-être la semaine prochaine, ou le mois suivant, on verra. Ça te va ? »

Elle avait hâte de voir combien de temps il pourrait tenir immobile. Quelque chose lui soufflait à l’oreille qu’il n’était pas du genre à tenir tranquille plus de cinq minutes, ce qui serait doublement plus drôle s’il bataillait pour suivre ses instructions. Sans être rancunière, Maya avait bien envie de lui rendre la monnaie de sa pièce, à ce petit impétueux. Après un instant qu’elle passa à sourire, elle conclut :

« Alors ? On fait ça où ? Chez toi ? Chez moi ? Ah non, pas chez moi. Je doute que ça plairait à mon colocataire. Tu veux y aller maintenant ? Ou tu veux qu’on se donne rendez-vous plus tard ? »

Elle avait pris soudainement un ton sérieux. Allait-il être rebuté, effrayé par ce revirement de situation, à la voir si empressée de passer aux choses sérieuses ? Elle avait bien hâte de le voir. Sa journée avait soudainement pris un tournant bien plus amusant.
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Message(#) Sujet: Re: « Truth or Dare ? » feat. Hareton Blitswick Sam 16 Avr 2011 - 22:01

Si on lui avait dit qu’un jour il serait à n’importe quoi pour de la bouffe… Peut-être qu’il se serait suicidé. Faut avouer qu’être un estomac sur pattes, ce n’est pas pratique tous les jours. Il se levait le matin, il avait la dalle. À dix heures, il avait la dalle. À midi, il avait la dalle. À seize heures, il avait encore et toujours la dalle. Vingt heures, heures du souper : faim de loup ! Et même en dormant, il avait toujours la dalle. C’était franchement compliqué à vivre par moment. Devoir se lever au beau milieu de la nuit pour remplir son estomac insatisfait, se gaver de bonbons en toujours pour faire taire les gargouillements et ce genre de futilités en tous genres. Donc, il en souffrait déjà suffisamment ! Mais là, la bouffe n’était pas sympa avec lui. Lui qui lui avait pourtant donné sa vie ! Non, fallait qu’en plus il se tape une sorte d’OVNI venu d’on ne sait où et… Enfin soit, il n’était pas très chaud. Mais il savait cultiver l’envie, ou du moins, il le pensait et c’est pourquoi il avait usé de ces charmes autant qu’il l’avait pu. Et honnêtement, il était sûr de son coup. « Mmh… » Rien qu’à la voir chercher ce qu’elle pourrait bien lui demander, Hareton en avait la tête qui tournait. Les nanas, elles sont toutes pareilles ! Dès que vous leur donnez l’occasion d’ouvrir la bouche, faut qu’elles en fassent des tonnes pour vous casser les pieds. Et après, elle vous balance une connerie. Un truc que vous allez surement détester. Mais le pire, c’est que vous le ferez quand même. Parce que les nanas, c’est comme ça. Quoi qu’elles disent, quoi qu’elles fassent : faut toujours qu’on se laisser berner. Misère ! Hareton en avait bien conscience et, hélas, il allait payer le prix de ses âneries. « Tu risques gros, pour tes coupons… » Ah ! Bah au moins elle remarquait quelque chose. Bien sûr qu’il risquait gros. Elle n’avait pas l’air de saisir l’enjeu de tout cela. Il ne lui demandait pas ça sans raison. Elle pensait peut-être que c’était une excuse pour l’attirer dans son lit ? Non. Certainement pas. S’il y a bien une chose qui surpasse le sexe dans la vie : c’est des coupons pour de la bouffe gratuite. Hareton était irrémédiablement bloqué là-dessus. Dans sa tête, deux seuls et uniques mots étaient mettre de la situation ! Je crois que vous les avez deviné, hein. « Tu n’aurais qu’à poser pour moi. Je ne sais pas encore quand. Peut-être la semaine prochaine, ou le mois suivant, on verra. Ça te va ? » Hareton arqua un sourcil, étonné. Poser ? Poser comme poser ou poser comme… poser ? Non parce que de toute façon, dans les deux cas, il n’était pas vraiment chaud pour ce genre de découverte. Parce que primo, il n’aimait pas trop se montrer et tout. Oui bon ok, peut-être qu’il aimait bien mais qu’il ne voulait pas le faire, nuance. Et secundo, comment voulez-vous qu’il tienne en place ? Levant l’indexe et le pointant sur la demoiselle, il afficha une mimique interrogatrice. « Euh… Par poser tu veux dire quoi ? Genre, poser comme dans Titanic ? Je serais ta Rose et tu seras mon Jack ? Faudra que je m’allonge nu et puis tu me feras couler ? » Récupérant son indexe pour se gratter la nuque tout en réfléchissant à la proposition de la demoiselle, Hareton se demandait réellement s’il fallait oui ou non qu’il accepte la condition. Un petit sourire mutin vint alors éclairer son visage. « Tu sais, si tu veux juste me foutre à poil pendant un laps de temps dépassant les trente minutes… Y a pas de soucis, je suis super endurant ! » Il ne parlait évidement pas de la pose. Mais qu’importe ? Le résultat était le même. Et dire qu’elle n’arrête pas de le regarder avec ce petit sourire bizarre qu’il détestait. Faut avouer, Hareton déteste les gens qui sourit. Autant lui, il a le droit, autant eux ça devrait être que dans les rêves. Parce que lui, le sourire ça lui va bien ! Ca met de la vie à son visage ! Le sourire des autres est chiants. On dirait qu’ils essayent des trucs mais au final, ça fait juste pitié. Enfin soit ! Elle finit par lui dire d’un ton sérieux qui l’étonna : « Alors ? On fait ça où ? Chez toi ? Chez moi ? Ah non, pas chez moi. Je doute que ça plairait à mon colocataire. Tu veux y aller maintenant ? Ou tu veux qu’on se donne rendez-vous plus tard ? » Hareton ouvrit la bouche, telle une carpe. Mais rien. Pas un son. Ahem. Que répondre à cela ? « On fait ça où ? » Était la question la plus moche qu’il n’avait jamais entendue. Il en était presque choqué. On fait ça où. Non mais oh, ce n’était pas une pute lui, non plus ! Et puis, ils ne pouvaient pas aller chez lui. Elle croyait quoi ? Qu’ils allaient tranquillement s’envoyez en l’air dans le pieu de ses parents ? En même temps, il n’avait pas envie de lui avouer qu’il vivait encore chez papa et maman. Ca casse un peu le mythe, ce genre de chose. Il se mordilla alors la lèvre inférieure et risqua un haussement d’épaule. « Pourquoi ? T’as besoin d’un lit, toi ? » Question hautement intéressante, si vous voulez mon avis. Après tout, le jeu perdait de sa beauté s’il était aussi facilement consumé. « Personnellement, c’est où tu veux, quand tu veux babe ! » Ajoutez à cela un petit jeu de sourcil coquin et l’affaire était dans le sac. Ou plutôt, c’est qu’il ne voulait pas trop se mouiller. Vous l’imaginez dire : vas-y poupée, commence à écarter les cuisses, j’arrive ? Non, ça ne le faisait pas ! Quoi que… « Réfléchis pas trop longtemps quand même, j’ai pas que ça à foutre. Et ça n’a rien à voir avec le fait que je sois un obsédé sexuel totalement en manque, je te rassure. » Large sourire moqueur. Bah quoi ? Dans la vie on fait ce qu’on peut, pas ce qu’on veut
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Message(#) Sujet: Re: « Truth or Dare ? » feat. Hareton Blitswick Lun 18 Avr 2011 - 15:51

Maya n’était pour ainsi dire jamais déstabilisée par le comportement étrange de certaines personnes. Ou, en tout cas, ne l’était que très rarement. Peut-être parce qu’elle mettait une certaine distance entre elle et la plupart des gens. Quant aux autres, ceux qu’elle laissait entrer dans son univers, ils pouvaient la rendre perplexe, c’est vrai. Elle ne les comprenait pas toujours, n’ayant pas forcément la même vision que son entourage. Mais ce n’était jamais une gêne réelle, c’était plutôt de la curiosité, ou un intérêt exacerbé. Aussi n’était-elle pas ennuyée par l’étrange conversation qu’elle avait avec ce garçon – dont elle ne connaissait même pas le prénom, d’ailleurs – elle avait juste le sentiment qu’ils ne parlaient pas le même langage. Qui sait de quelle planète il pouvait provenir, d’ailleurs. Une chose était certaine : ils n’étaient pas nés dans le même univers. Mais ce n’était pas grave. C’était ça qui était amusant, fascinant. Si elle avait pu deviner chacune de ses pensées, ça n’aurait certainement pas été si drôle. Tout comme il offrait un spectacle merveilleux à monter sur ses grands chevaux pour ensuite se radoucir – dans le seul but d’arriver à ses fins, elle en avait bien conscience, mais tout de même. Si elle devait le dessiner, elle voyait déjà la posture qu’elle lui inventerait, quelque chose qui tiendrait de l’homme mais également du singe – et ça, ce n’était pas uniquement à cause de son comportement. Elle n’était pas attirée par les longs cheveux pour un sou mais devait avouer que cela lui allait bien. C’était un look à part, un look qui collait parfaitement à la personnalité singulière du jeune homme.
Elle prenait un malin plaisir à jouer avec ses nerfs, à le voir se tortiller, impatient, surexcité et elle ne laisserait pas sa chance passer. Elle n’entendait pas par là sa chance de pouvoir le voir se glisser entre ses cuisses, loin de là. S’ils n’allaient pas jusque-là, elle serait loin d’en être déçue. Mais elle voulait percer ce mystère qu’il représentait, à défaut de vouloir découvrir ce qui se cachait sous ces vêtements. Une personnalité originale, qui laissait entrevoir une belle intelligence, oui. Un peu loufoque, certes, mais intéressante. Quant à savoir s’il n'avait pas un grain, elle le découvrirait bien tôt ou tard, au vu de la tournure que prenaient les choses.
Elle faillit éclater de rire en voyant l’air perplexe qui vint un instant figer les traits du jeune homme. Elle n’avait aucun mal à le visualiser – enfin, sa vision à elle, car elle n’irait pas l’interroger sur son enfance -, jouant les trouble-fêtes, toujours reclus dans le coin de la classe à cause de ses facéties qui auraient poussé à bout l’instituteur ou l’institutrice. Elle se demandait combien de cheveux blancs il avait pu faire pousser sur certaines têtes. Un certain nombre, selon elle. Car si elle avait une patience d’ange pour ce genre de comportement marginal, elle savait que beaucoup ne parvenaient pas à suivre et préféraient faire taire plutôt que de se battre avec une personnalité difficile à dompter. En réalité, elle commençait à cerner pourquoi ce garçon avait piqué sa curiosité : par bien des aspects, il lui rappelait le côté déjanté de River, ce besoin de se faire remarquer, de s’attirer des ennuis et des regards réprobateurs par des paroles inconsidérées et des actes tout aussi osés. Un instant, elle laissa le visage de son frère reparaitre devant ses yeux. Un instant, seulement, parce que le dragueur défié avait reprit sa contenance, demandant sur un ton incertain : « Euh… Par poser, tu veux dire quoi ? » Maya laissa un sourire narquois étirer ses lèvres et elle haussa les sourcils, l’air de dire « Je pense que tu sais exactement ce que je veux dire. » « Genre poser comme dans Titanic ? Je serai ta Rose et tu seras mon Jack ? Faudra que je m’allonge nu et puis tu me feras couler ? » Maya secoua la tête en levant les yeux au ciel, le laissant poursuivre avec ses idées folles. « Tu sais, si tu veux juste me foutre à poil pendant un laps de temps dépassant les trente minutes… Y a pas de soucis, je suis super endurant ! » Cette fois, Maya laissa échapper un rire sonore. Ce type était incroyable ! Elle n’avait jamais entendu un tel flot de paroles sortir à une telle vitesse. Se pinçant les lèvres pour freiner son hilarité, elle reprit au bout de quelques secondes :

« Pas besoin d’aller jusque-là. Je ne tiens pas absolument à te mater sous toutes les coutures, contrairement à ce que tu as l’air de t’imaginer. Habillé, tu feras toujours l’affaire. »

Et c’était vrai. Elle n’avait même pas imaginé une seule seconde la pose « Titanic » - bon, allez, une demi-seconde, peut-être. Mais ils n’en étaient pas encore arrivés là. Pour arriver à la phase « pose » du marché, il fallait d’abord passer par la case sexe, raison pour laquelle elle se montra plus vive à lancer l’affaire : pour obtenir ce qu’elle voulait elle. Tant mieux s’il obtenait ses coupons – une idée saugrenue qu’elle n’avait toujours pas comprise – c’était une récompense un peu ridicule pour le pari que c’était. Elle n’était même pas sûre qu’il parvienne au bout de ses peines, n’étant visiblement pas du tout charmé par ses cheveux courts et sa tenue un peu hippie. Une chose était certaine : elle rigolerait bien s’il n’arriverait à rien au moment de passer aux choses sérieuses. « Pourquoi ? T’as besoin d’un lit, toi ? Personnellement, c’est où tu veux, quand tu veux, babe ! » Elle le regarda, se demandant s’il était sérieux. Visiblement oui, si sérieux pouvait être un terme approprié pour un spécimen dans son genre. « Réfléchis pas trop longtemps quand même, j’ai pas que ça à foutre. Et ça n’a rien à voir avec le fait que je sois un obsédé sexuel totalement en manque, je te rassure. » Il se fichait d’elle là ? Il retournait la situation comme si c’était elle qui était venue quémander une partie de jambes en l’air avec lui. C’était le monde à l’envers.

« Han-han, c’est pas comme ça que ça se passe, mon chéri. C’est toi qui es venu avec ton idée folle de coucher avec moi pour des coupons, tu ne crois quand même pas que je vais tout faire à ta place. Fais preuve d’imagination, sinon, tant pis pour les coupons, y a sûrement une autre moche à aller sauter pour en avoir, non ? »

Elle avait haussé les épaules, pas le moins du monde blessée à l’idée qu’ils puissent l’avoir prise pour cible parce qu’elle n’était pas à leur goût. Elle lui décocha un clin d’œil, rehaussa la lanière de sa sacoche sur son épaule et fit mine de s’éloigner. Ayant été distraite dans son activité, elle n’était pas tentée de retourner s’asseoir dans les dunes pour retrouver l’inspiration alors elle préférait retrouver la civilisation, s’il se dégonflait sans même lui donner un aperçu de ce qu’il savait faire. Parce que, quand même, avec une telle attitude, il avait plutôt intérêt à assurer, sans quoi ce serait vraiment une grosse déception.
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Message(#) Sujet: Re: « Truth or Dare ? » feat. Hareton Blitswick Mar 19 Avr 2011 - 11:34

Titanic. C’était ce que l’on pouvait couramment appeler : un film pour pédale. Certes, c’était très beau, très émouvants, très beaucoup de choses. Mais au fond, l’histoire était ridicule. Quel mec était assez stupide pour se suicider de la sorte ? Parce que oui, Jack s’était suicidé. On ne se glisse pas dans une mer gelée avec l’espoir d’en revenir entier. S’il n’avait pas été entièrement mort, perdu à milles lieux sous la mer, il aurait au moins perdu six orteils. En somme, il avait volontairement voulu mettre fin à ses jours. Ou un truc par loin. Quelque part, c’était compréhensif. Qui aurait voulu se taper la Rose et sa connasse de mère ad vitam aeternam ? Donc, les choses étaient claires : Jack était une pédale. L’autre qui avait le cœur de l’océan là, c’était aussi une pédale. Même la Rose était une pédale ! Un film vraiment horrible. Ils se croyaient tous au pays des merveilles. Et bah non. Il a collé le Titanic. Même qu’il a coulé à pic. Triste hein ? Hareton réfléchissait à la question depuis qu’il avait entendu le mot « pose ». Il avait la désagréable sensation que, peu importe l’endroit, l’heure, les poses : ce ne serait pas à son avantage. Et ça ne lui plaisait pas plus que cela. Il n’avait pas vraiment hâte qu’on abîme sa gueule d’ange avec un fusain et du papier. « Pas besoin d’aller jusque-là. Je ne tiens pas absolument à te mater sous toutes les coutures, contrairement à ce que tu as l’air de t’imaginer. Habillé, tu feras toujours l’affaire. » Comme l’enfant qu’il était encore et qu’il resterait toujours, Hareton passa la langue avec classe. Il aimait bien plaisanter sur ces choses là même s’il avait conscient d’être lourd. Au fond, plus il l’était, plus il se sentait à l’aise. Si les gens le prenaient pour un imbécile de première, on ne s’attarderait pas sur ses véritables pensées. Et quoi que l’on puisse en dire, il lui arrivait parfois de penser à des choses sérieuses. Mais il préférait le dissimulé. Lorsque l’on ouvre une porte aux gens, ils ne veulent plus en sortir. Rentrer dans son univers, c’était se faire une place dans sa vie… Et ça, il s’y refusait obstinément. Il avait perdu douze ans d’existence pour une perte dont il ignorait tout, combien d’années perdraient-ils s’il gardait ses rencontres à l’esprit ? Chassant ses quelques pensées Hareton ouvrit la bouche et déclara avec sérieux : « D’accord. Si ça peut te faire plaisir. Mais sérieusement, je crois qu’il y aurait mille modèles plus approprié que je ne le suis. » Il pensait réellement ce qu’il disait. Certes, il connaissait son charme et il en usait souvent, mais il n’avait pas aussi confiance en lui qu’il le prétendait. Et quelque part, poser comme elle le lui demandait, c’était se mettre à nu et ce même habillé. Si elle n’avait plus qu’à le regarder, elle aurait tellement plus facile à lire sur ses traits ce qu’il passait son temps à dissimuler derrière des grimaces, des blagues débiles et des phrases tout ce qu’il y avait de plus insultant.

Phrases dont il avait encore abusé avec la demoiselle qui se trouvait face à lui. Il ne voulait pas se montrer particulièrement blessant, mais il se disait que cela serait plus facile pour eux. Les coups d’un soir finissaient toujours par le rappeler et ça le gonflait particulièrement. Il faut avouer que ce n’était pas non plus un habitué de ce genre de chose et qu’il avait autant peur de ses réactions que de celles de la demoiselle. Mais tout de même, il exagérait. « Han-han, c’est pas comme ça que ça se passe, mon chéri. C’est toi qui es venu avec ton idée folle de coucher avec moi pour des coupons, tu ne crois quand même pas que je vais tout faire à ta place. Fais preuve d’imagination, sinon, tant pis pour les coupons, y a sûrement une autre moche à aller sauter pour en avoir, non ? » Elle avait haussé les épaules, lui avait fait un clin d’œil et lui avait tourné le dos. Hareton se trouvait particulièrement hébété par la situation. Comment avait-il pu dépasser les bornes à ce point ? Ce n’est pas comme si ça le gênait véritablement, mais maintenant, il devrait faire le double des efforts pour rattraper sa grosse connerie. Se mordillant la lèvre, il rattrapa la jeune femme et la saisi par le poignet pour l’obliger à se tourner. Portant son regard dans le sien il osa un : « T’es pas moche. » C’était un bon début, ne put-il s’empêcher de penser. Mais ce n’était pas avec ce genre de réplique à deux francs qu’il allait gagner son maudit pari ! Mais finalement, il pensait sincèrement ce qu’il venait de dire. Elle n’était pas moche. Il ne pouvait pas dire que c’était son genre mais il avouait qu’il y avait vachement pire. À croire qu’il n’y avait que les cheveux qui le bousculaient. Décidemment, il se trouvait bien superficielle pour un type aussi marginal. S’approchant d’elle sans pour autant lâcher son poignet, il continua sur sa lancée. « T’es pas moche du tout. Et je suis désolé si je te l’ai laissé entendre. C’est juste que, autant que je te le dise, t’es pas mon genre. Mais on s’en fout puisque je dois pas être le tien. Pas vrai ? » La question était rhétorique, il se doutait qu’une fille comme elle ne trouverait jamais rien à un type comme lui. C’était évident. Il n’y avait qu’à ses potes que ça n’avait pas effleurer l’esprit. Ou peut-être que si, justement. Oh, les connards ! « Mais tu sais quoi ? On n’est pas obligé de faire ça. Je veux dire, ça n’a pas d’importance après tout. On aurait pu se marrer. Mais je t’avoue que j’ai pas envie de me battre avec toi. D’une façon ou d’une autre, tu vas gagner la partie. » Il savait qu’il avait raison et pour cette raison, il relâcha le poignet de la demoiselle et resta planté devant elle avec un regard vide. Si vide qu’on pouvait voir la mer s’écouler derrière. Il avait l’âme d’un vainqueur mais la bravoure d’une omelette : cassée brouillée, inutilisable et inmangeable.
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Message(#) Sujet: Re: « Truth or Dare ? » feat. Hareton Blitswick Ven 22 Avr 2011 - 12:00

Maya n’avait rien d’une manipulatrice, même si son attitude pouvait parfois laisser perplexe. Plutôt franche et transparente à bien des égards, elle ne prenait plaisir à voir les autres déstabilisés que s’ils se prenaient trop au sérieux. On ne pouvait pas vraiment dire que c’était le cas avec le jeune homme et son pari. Au contraire, il y avait de quoi se demander s’il prenait la vie un temps soit peu au sérieux, ne serait-ce que dans certaines circonstance. Mais loin de vouloir jouer avec ses pieds, elle voulait quand même tester son tempérament, voir l’étoffe dont il était fait. En optant pour une remarque ciblée et piquante au sujet de son physique, elle n’attendait pas de lui qu’il la réconforte de quelque manière que ce soit, elle voulait simplement voir quelle serait sa réaction. Elle n’en attendait aucune de précise, elle restait ouverte de ce point de vue-là et, finalement, aucune réponse ne serait mauvaise. A moins qu’il ne devienne vraiment méchant, auquel cas elle n’hésiterait pas à le remettre à sa place. Il avait déjà fait preuve d’une certaine humilité en disant qu’elle trouverait sûrement un millier de modèles plus appropriés que lui, ce à quoi elle avait répondu avec espièglerie mais sincérité : « Laisse-moi juger des modèles, je pense que je suis plus douée à ce niveau-là que toi. » Il y avait tant de gens qui ignoraient leur potentiel de séduction que c’en était effarant. Il y en avait, comme lui, par exemple, qui n’avaient même pas besoin d’ouvrir la bouche pour attirer les regards. Tout dans leur attitude, leur façon de se tenir, de bouger, appelait l’attention et le mieux, dans tout cela, c’est quand ils n’en avaient aucune idée. Bien sûr, dans ce cas-ci, il semblait au courant de beaucoup de choses. Il pouvait paraitre tellement impétueux et puéril en même temps que c’en devenait un mélange intéressant.
En le laissant en plan et en lui abandonnant toute la partie où il fallait faire preuve d’imagination, Maya n’espérait pas qu’il lui ficherait la paix, au contraire, elle n’avait qu’une hâte : voir ce qu’il avait dans le ventre – à défaut d’être vraiment intéressée par ce qu’il avait dans le caleçon, bien que là, la curiosité ait été également piquée : derrière ce masque d’assurance et de pitrerie, que se cachait-il vraiment ? Un mystère que la jeune femme aimerait bien percer, sans hésitation.
Elle avait fait quelques pas, un sourire malicieux aux lèvres, attendant ce moment où elle obtiendrait un premier indice sur sa personnalité, à moins qu’il n’abandonne et retourne auprès de ses camarades sans un mot de plus à son attention. Dans ce cas-là, elle serait assez déçue parce qu’il n’était pas aussi ingénieux ou persévérant qu’elle l’aurait espéré et, alors, elle doutait qu’elle ratait le coup du siècle si leur conversation se terminait sur cette note décevante. Mais elle n’eut pas longtemps à se tracasser puisque son visage reparut bientôt dans le champ de vision de Maya, comme il l’avait attrapée par le poignet pour l’empêcher de s’éloigner davantage. Elle n’émit aucune résistance et lui fit face à nouveau, attendant la suite, même si à ce qu’elle pouvait juger de l’expression du jeune hurluberlu, ce ne serait pas aussi aisé pour lui. « T’es pas moche ». Maya émit un sourire, non pas parce qu’elle était flattée ou quoi que ce soit qui s’en rapproche mais parce qu’elle se doutait que ça avait dû lui en coûter d’en arriver-là. Pauvre garçon. A quoi jouait-elle, donc ? « T’es pas moche du tout. Et je suis désolé si je te l’ai laissé entendre. C’est juste que, autant que je te le dise, t’es pas mon genre. Mais on s’en fout puisque je dois pas être le tien. Pas vrai ? » Elle retint sa réflexion idiote (« Dans le mile, Emile ! »), sachant qu’elle n’avait aucun intérêt et qu’elle risquait surtout de ruiner un tel instant de bravoure. Savait-il à quoi il se risquait, vingt minutes plus tôt, lorsqu’il l’avait abordée ? Non, évidemment. Elle se demanda s’il aurait quand même tenté sa manœuvre s’il avait connu le tournant que prendrait leur discussion. Elle n’en était pas si sûre. « Mais tu sais quoi ? On n’est pas obligé de faire ça. Je veux dire, ça n’a pas d’importance, après tout. On aurait pu se marrer. Mais je t’avoue que j’ai pas envie de me battre avec toi. D’une façon ou d’une autre, tu vas gagner la partie. » Il la relâcha et elle ne se départit pas de son sourire, analysant plutôt les traits de son visage, si sérieux tout d’un coup, c’en était presque triste. Elle porta la main au menton du garçon et l’attrapa doucement entre son pouce et son index, le forçant ainsi à revenir à la réalité et déclara, sur un ton taquin : « Ça tombe bien, le but n’est pas qu’on se batte. » Elle ne relâcha la pression que pour attraper la main du jeune homme qui pendait le long de son corps. Elle tira légèrement dessus en commençant à marcher à reculons, ne le quittant pas des yeux et ajouta : « Allez, tu as piqué ma curiosité. J’ai beau ne pas être ton style et toi le mien, j’ai quand même envie de savoir ce que tu vaux dans un autre registre. » Elle s’arrêta, continua simplement à l’attirer vers elle et ne s’arrêta que quand son visage se retrouva à quelques centimètres du sien. « Tu as intérêt à être aussi étonnant que tu l’es dans ta façon d’aborder les gens. » Elle ponctua sa remarque d’un léger baiser sur ses lèvres, un baiser aussi doux et tendre qu’une maman aurait pu le faire pour consoler son garçonnet en pleurs. Elle finit par s’écarter et, entrelaçant ses doigts à ceux du jeune homme, elle le guida vers l’une de ces cabines que les gens louaient à la journée pour y ranger leurs affaires. L’endroit serait probablement exigu mais il aurait l’avantage d’être à l’abri des regards indiscrets et comme l’avait si justement précisé son amant parieur, ils n’avaient pas besoin d’un lit, alors pourquoi chercher midi à quatorze heures ?
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Message(#) Sujet: Re: « Truth or Dare ? » feat. Hareton Blitswick Lun 25 Avr 2011 - 14:56

« Laisse-moi juger des modèles, je pense que je suis plus douée à ce niveau-là que toi. » Le ton espiègle qu’elle avait employé l’avait plutôt rassuré. Mais il fallait avouer qu’il n’était pas tout à fait droit dans ces bottes à cet instant. Il s’imaginait déjà devoir faire le bouffon immobile et devoir exécuter la moindre de ses exigences. Il ne serait alors qu’un pantin dans une boîte en carton. C’était une idée qui lui déplaisait. Il ne serait pas maitre de la situation, mais au contraire, la petite brebis égarée. Cette pensée le fit frémir de dégoût. Non. Il n’en avait vraiment pas envie. Pourtant, il n’était pas véritablement en droit d’exiger la moindre chose. Bien au contraire. Il s’était pointé ici avec ses grandes idées et sa grande gueule, avait pratiquement exigé des choses de la jeune femme. Sans la moindre honte. Il était donc normal qu’il réponde à l’une de ses attentes également. Bien qu’évidemment, les femmes avaient le chic pour trouver les choses les plus compliquées et irréalisables pour un homme. Mais en y réfléchissant bien, Hareton finit par acquiescer à la demande de la jeune femme. Elle aurait pu faire pire et il y avait tellement d’autre chose qu’il ne supportait pas que de toute façon : il aurait râlé. Il allait déjà faire un trait sur cette histoire de pose lorsqu’une idée étrange lui vint en tête. « Et tu comptes faire ça où ? Et tu vas en faire quoi après ? Et… Je ne comprends rien. » Hareton détestait sembler ignorant. Dès qu’il ne comprenait pas, il fallait qu’il demande. Et tout dans cette histoire restait incroyablement transparent à ses yeux. Comme s’il avait manqué un morceau de la conversation. Et peut-être que c’était le cas, après tout. il faisait souvent ça, se perdre dans le dédale de ses émotions, de ses souvenirs, de ses envies… D’un tas de choses en fait et cela lui faisait rapidement perdre le nord.

Le jeune homme n’avait pas pour habitude qu’on lui résiste et au fond, c’est ça qui l’avait poussé à rattraper la demoiselle. Elle n’était absolument pas ce genre de fille vers qui il se tournait en règle générale. Il avait tout de suite compris qu’elle était bien trop intelligente pour lui. Elle calculerait tous ses coups avec un pion d’avance. Lorsqu’il ferait un pas en avant, elle en ferait deux en arrière. S’il se risquait à reculer, un peu déstabilisé, elle viendrait à la charge. Il ne pouvait pas l’expliquer, mais il était persuadé de l’avoir totalement cernée. Quoi qu’elle dise, quoi qu’elle fasse ; ce serait toujours mieux que lui. Il n’avait pas envie de se battre pour ce genre de chose. Mettre deux têtes de mules ensemble, c’est risquer une troisième guerre mondial. Et pourtant… Aussi étrange que cela pouvait lui paraître, elle l’intéressait et l’intriguait. Non. Il ne voulait pas se battre. Sentir ses doigts courir sur son visage pour s’emparer de son menton le déstabilisa. Il voulu donner un grand hochement de tête pour récupérer son bien lorsqu’elle susurra avec taquinerie : « Ça tombe bien, le but n’est pas qu’on se batte. » Elle relâcha la pression qu’elle exerçait sur lui, à son plus grand plaisir. Il n’avait pas particulièrement envie de se montrer désagréable alors que les choses semblaient tourner à son avantage. Il sentit alors sa main se glisser dans la sienne et être poussé quelque peu à avancer. La suivant avec un regard interrogateur, Hareton se demandait où elle allait bien pouvoir l’emmener. « Allez, tu as piqué ma curiosité. J’ai beau ne pas être ton style et toi le mien, j’ai quand même envie de savoir ce que tu vaux dans un autre registre. » Hareton s’apprêtait à rétorquer avec une petite phrase digne de sa conception mais le fait qu’elle s’arrête le force à s’approcher d’elle lui fit garder le silence. Seul un petit sourire sardonique trahissait ses pensées plus aventureuses qu’il n’osait avouer. « Tu as intérêt à être aussi étonnant que tu l’es dans ta façon d’aborder les gens. » Répondant au doux baiser de la jeune femme, Hareton se laissa guider jusqu’à la petite cabine. Surpris des choix audacieux de sa partenaire de jeu, il ne put que sourire davantage. A la fois de satisfaction mais aussi d’impatience. Serrant les phalanges pratiquement jusqu’à l’écrasement de ceux la demoiselle, il la plaqua contre le mur et lui mangea les livres avec délectation. « Je serai tout ce que tu voudras. Il n’y a qu’à demander. » Ponctuant sa phrase d’un mordillement de l’oreille, il laissa ses mains courir le long de son hanche et remonter jusqu’au bord de dessus de la jeune femme qu’il remonta lentement afin de laisser découvrir son joli petit nombril. Le laissant retomber au sol, Hareton déposa finalement quelques baisers dans le cou et sur les épaules graciles offertes à sa contemplation. Parfois fougueux, il n’hésitait pas à mordre la chair tendre. Mais alors qu’il se montrait plus audacieux en dispersant ses baisers près de la poitrine – encore gentiment camouflés derrière un soutien-gorge – une question le stoppa net. Il se redressa soudain, posant ses prunelles égarées dans celle de la jeune femme et demanda de manière très solennelle : « Tu t’appelles comment, au fait ? Tu ne m’as pas dit… » Pour une raison obscure, il semblait évident qu’Hareton retardait le moment tant attendu. Pourquoi ? Il n’en savait rien. peut-être avait-il un peu la frousse d’être en dessous de tout après tout. Se reprenant doucement, il haussa alors les épaules. « Ne me dit pas. Une fois qu’on sait, ça n’a plus le même intérêt. Si ? » Complètement incapable de savoir ce qu’il voulait faire ou non, et ne trouvant plus le moyen de retarder les choses, Hareton leva les yeux au plafond comme pour contempler les jolies toiles d’araignées qui pendaient là-haut. Grande gueule, et rien d’autre ? Non, il avait simplement besoin de plus d’encouragement.
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Message(#) Sujet: Re: « Truth or Dare ? » feat. Hareton Blitswick Mer 27 Avr 2011 - 21:32

Décidément, il n’en ratait pas une. Derrière son masque de petit bouffon indescriptible, elle trouvait un petit garçon, du moins, c’est l’impression qu’il lui donna à prendre son air de chien battu, son regard martyre, à poser des questions comme si ce qu’elle lui demandait semblait insurmontable. Il se montrait certainement aussi méfiant parce qu’il était du genre à jouer des tours lui-même. Car il était de notoriété publique qu’on associait toujours aux autres ce qu’on était le premier à faire. Elle ne se départit donc pas de son sourire. Qu’il panique un peu, cela lui ferait le plus grand bien et peut-être qu’à l’avenir, il réfléchirait à deux fois avant de se lancer dans une aventure pareille. Ou pas, finalement. Était-il vraiment du genre à apprendre de ses erreurs ? Quoi qu’il n’était pas mal tombé en l’abordant elle et pas une autre. Il aurait pu se ramasser une jolie gifle alors qu’il récoltait des avances, ce qui lui facilitait amplement la tâche. Mais peut-être que c’est cette aisance qui aurait dû l’inquiéter plutôt qu’une réticence. A priori, pourtant, il semblait plus méfiant à l’égard de l’objet du défi plutôt que par rapport à Maya. « Et tu comptes faire ça où ? Et tu vas en faire quoi après ? Et… je ne comprends rien. » Maya eut beaucoup de mal à garder son sourire insouciant là où elle avait envie d’éclater de rire mais il ne faisait aucun doute qu’il aurait très mal pris cette attitude, la jugeant moqueuse là où elle était amusée et, en un certain sens, charmée. « Tu poses décidément trop de questions. » répliqua Maya avec un haussement d’épaules. « Je te rassure en te disant que tu n’auras pas à rester nu pendant que je te dessine et toi tu t’inquiètes de détails insignifiants. » Elle attendit un instant avant de conclure. « Ce n’est vraiment pas grand-chose, tu verras, tu riras quand ce sera terminé. »

La cabine était exiguë. Il y avait tout juste assez de place pour que les membres d’une famille de quatre ou cinq personnes puissent y ranger leurs affaires et leurs jeux de plage. Celle-ci était encombrée par un matelas pneumatique à la forme animale difficile à identifier. Maya repoussa des ballons à moitié dégonflés et elle ferma la porte derrière eux, verrouillant soigneusement le loquet car si elle était audacieuse, elle n’avait pas non plus envie que ce moment loufoque soit interrompu par l’arrivée inopinée du propriétaire des affaires. À peine y avait-il eu un petit déclic à peine perceptible qu’elle se retrouva adossée au mur de planches en bois. Elle ne s’attendait honnêtement pas à ce qu’il se montre aussi pressé, vu ses réactions précédentes mais comme c’était loin de lui déplaire, elle répondit à ses avances enfiévrées. « Je serai tout ce que tu voudras, il n’y a qu’à demander. » Elle émit un gloussement. Cela risquait de le braquer, vu la chaleur qu’il faisait tout d’un coup dans la petite pièce encombrée, mais elle ne pouvait s’empêcher de rire au vu de la situation cocasse dans laquelle ils se trouvaient. Une demi-heure plus tôt, ils n’avaient jamais posé les yeux l’un sur l’autre, et voilà qu’ils étaient sur le point de se déshabiller et de partager un moment que beaucoup qualifiaient d’intime, ce qui aurait dû impliquer un minimum de connaissance de l’autre. Il dut se faire la même réflexion parce qu’il stoppa net son exploration, alors que Maya trouvait très agréable de sentir ses lèvres s’activer maladroitement et avec avidité sur sa chair tendre et claire. « Tu t’appelles comment, au fait ? Tu ne m’as pas dit… » Maya soupira, un soupir attendri qui voulait bien dire ce qu’il voulait dire : « tu ne te tairas donc jamais, toi ? » et alors qu’elle prenait son visage entre ses mains en caressant ses joues rugueuses et ses longs cheveux, prête à le réprimander, il se ravisa, déclarant : « Ne me dis pas. Une fois qu’on sait, ça n’a plus le même intérêt. Si ? » Pour seule réponse, Maya se pinça les lèvres, se mordillant l’intérieur de celles-ci en contemplant le jeune homme d’un air absent, un court instant avant de revenir plonger ses yeux chocolat dans ceux du fanfaron, un sourire énigmatique aux lèvres : « Pourquoi ? Tu as peur que je te harcèle après ? Crois-moi, pas besoin d’avoir ton prénom, il suffit d’une brève description et je parie que n’importe qui dans le coin doit savoir de qui je parle… » Elle amorça un léger mouvement sur le côté, ne relâchant pas la pression qu’elle exerçait sur lui, l’emmenant avec elle alors qu’elle rejoignait un bord en bois plus haut qui servait probablement de table pour rhabiller les enfants en bas âge. « Ne t’inquiètes pas pour ça non plus, je ne suis pas collante. » Elle ponctua sa phrase en s’asseyant sur son perchoir improvisé, attirant le garçon en enroulant ses jambes autour de sa taille pour l’approcher d’elle. « Et si tu te taisais un instant, maintenant ? Tu t’en crois capable ? » Sans vraiment lui laisser le choix, elle le ramena à ses lèvres. Elle voulait retrouver la même sensation qu’une minute plus tôt lorsqu’il la couvrait de baisers. Elle ne savait pas ce qui lui prenait exactement, elle n’était pas dépendante des hommes à ce point mais elle avait pu remarquer, depuis son arrivée à Miami, que son corps réclamait de plus en plus de contact comme celui-là et elle ne pouvait résister à son étreinte maladroite et incertaine. Peu importe qu’il soit à son goût ou non, il avait une façon particulière de s’attaquer à elle et elle en frissonnait à chaque fois que les doigts du jeune homme glissaient sur sa peau. Sentant bien qu’il était tout un coup plus réticent à prendre les choses en main, elle laissa son expérience personnelle prendre le dessus alors que ses paumes glissaient sur son torse à la peau tendre puis redescendaient pour déboutonner le pantalon afin de le faire glisser en bas des jambes rêches. C’est un bruit mat contre la paroi de la porte qui la fit sursauter alors qu’elle entendait le rire d’un enfant qui avait probablement dû balancer son ballon en plastique contre la cabine. Maya étouffa un rire contre les lèvres de son amant du moment et se tortilla pour ôter les vêtements superflus qui les empêcheraient de se fondre l’un dans l’autre. Toujours installée sur son perchoir tout juste assez haut pour être à hauteur du parieur invétéré, elle l’attira à nouveau vers elle, l’enserrant entre ses cuisses, parcourant ses cheveux comme si elle cherchait à les emmêler. « Toi qui ne voulais pas d’un lit, tu es servi. » plaisanta-t-elle, se contrefichant qu’à quelques mètres de là, des familles se prélassaient sur le sable tandis que leurs gamins couraient autour de la cabine de la débauche.
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Message(#) Sujet: Re: « Truth or Dare ? » feat. Hareton Blitswick Dim 1 Mai 2011 - 19:06

Il existe différente façon de détourner une conversation, de la contournée. Par exemple, employer des tas de questions ridicules et sans véritables intérêts. Les questions, c’est fait pour ça. Une fois que l’on se retrouve incapable de répondre à quelque chose qui nous est proposé, on contourne le problème en ignorant la réponse et en provoquant d’autres chez l’interlocuteur. Hareton avait toujours été fan de ce concept. Premièrement, c’était tellement plus simple d’être celui qui pose une colle plutôt que celui qui doit y répondre et deuxièmement, c’était un jeune homme très curieux et ses questions avaient toujours un grand intérêt à ses yeux. Mais il fallait avouer qu’il en posait trop souvent et que cela pouvait paraitre agaçant. Qu’importe puisqu’il était, de toute façon, toujours agaçant. Questions sur questions, il aimait titiller autrui. Parfois sans raison, d’ailleurs. « Tu poses décidément trop de questions. » Cette réflexion, il l’avait maintes fois entendu. Et la réponse qu’il offrait était toujours la même. « Et vous, vous n’y répondez jamais. Comme quoi les humains n’ont aucune humanité. C’est cruel de me faire ça. » Lorsqu’il répondait ce genre de chose, il était tout de suite très sérieux. Il n’avait jamais autant pensé ses mots que lorsqu’il assurait que l’humanité n’avait rien d’humain, finalement. Il avait aimé les gens et on lui avait mal rendu. N’était-ce pas une preuve ? La jeune femme haussa alors les épaules et il en fit de même. Qu’importe après tout. « Je te rassure en te disant que tu n’auras pas à rester nu pendant que je te dessine et toi tu t’inquiètes de détails insignifiants. » « C’est tout sauf insignifiant. » Ce type avait forcément un problème. Il savait parfaitement que ses questions n’avaient aucun intérêt et finalement, il parvenait par leur en trouver un. Cela dit, il n’avait pas envie d’élaborer sa thèse à ce sujet. Elle serait bien trop longue et bien trop subjective pour que la demoiselle en saisisse toute l’étendue. Hareton n’aimait pas perdre son temps avec ce genre de conversation. Il savait que sa manière de penser dépasser de loin celle des autres et que, par conséquent, l’incompréhension engendrerait un malentendu inutile. « Ce n’est vraiment pas grand-chose, tu verras, tu riras quand ce sera terminé. » Il y avait rire et rire. Il doutait fort que cette façon de rire lui correspondrait. Mais il se contenta d’hausser les épaules. Il verrait bien. Ce n’est pas comme si c’était la fin du monde après tout. Tant qu’il était un minimum vêtu : l’honneur serait sauf !

Et la situation pris un tournant tout autre et à une vitesse si rapide que le sujet s’échappa totalement de son esprit. Happé par une fièvre nouvelle, Hareton se laissa guider par les pulsions enivrantes que le corps de la jeune femme faisait naître en lui. Laissant glisser ses mains et ses lèvres sur son corps, son esprit semblait fermé à toutes réflexions. Comme subjugué par ce qu’il était entrain de faire. Cependant, Hareton ne cessait pas de penser. Que du contraire. Son esprit était pleinement conscient de tout ce qui se passait. Peut-être trop. Et comme à chaque fois… Il avait utilisé la technique des questions. Ridicule, grotesque, énervant. Mais c’était décidément sa seule échappatoire avant le grand moment. Lorsque la demoiselle posa ses mains sur ses joues et emmêla ses cheveux, Hareton ne put s’empêcher de se mordre la lèvre inférieure, un peu honteux. Finalement, il n’était qu’un gamin et se risquer un ce jeu pour grand n’était-il pas trop dangereux pour lui ? Heureusement pour lui, le sourire de la jeune femme réussit à l’apaiser. Un peu… « Pourquoi ? Tu as peur que je te harcèle après ? Crois-moi, pas besoin d’avoir ton prénom, il suffit d’une brève description et je parie que n’importe qui dans le coin doit savoir de qui je parle… » Hareton aurait pu prendre ses répliques comme une petite pique bien méritée mais ce ne fut pas le cas. Il le prit comme un compliment. Au moins, cela prouvait qu’il était unique. Et désormais, il était certain de ne plus être le seul au courant. Ce qui le fit sourire avec suffisance et ne le poussa à suivre la demoiselle. « Ne t’inquiètes pas pour ça non plus, je ne suis pas collante. » Elle s’assit alors sur une sorte de planche. Pendant un quart de seconde, il se demanda à quoi cela pouvait bien servir. « Attends, tu te rends compte que… Oh, les pauvres. J’aimerais pas être à leur place. » Hareton parlait bien entendu des personnes qui avait loué cette cabane. Heureusement que la jolie jeune femme avait fermé la porte derrière elle. Mais tout de même. Ils allaient s’adonner à des choses on ne peut plus inappropriées et… Mais là aussi, qu’importe. L’éphèbe qu’il était chassa ses pensées peu utiles pour ce genre de situation et se laissa guider par la brunette. Lorsqu’elle enlaça ses jambes autour de sa taille, il faillit reculer de nouveau mais décida de s’abstenir. Finit d’avoir une grande gueule, il fallait passer à l’action désormais. Plus le temps d’attendre, là. « Et si tu te taisais un instant, maintenant ? Tu t’en crois capable ? » Nouant leur lèvre d’un nième baiser fiévreux, la demoiselle ne lui laissait plus le choix et cela lui rendait la tâche tellement plus facile. Elle ne pourrait pas dire que tout avait été de sa faute et qu’elle le regrettait. C’était donc tout bénéfice pour lui. Elle faisait carrément tout, d’ailleurs. Finalement, il aurait pu ne rien faire, c’était tout aussi bien. Alors que ses mains glissaient sur son torse et qu’elle déboutonnait son pantalon, Hareton déposait de petits baisers sur la peau dénudé de sa partenaire et ses mains courraient dans le dos de la demoiselle. Un bruit se fit soudain entendre, le faisant sursauter. Mais ce détail lui paru si futile puisque le rire de la demoiselle s’étouffa contre ses lèvres et que déjà ses vêtements ne pouvaient plus servir de pareil. Il était désormais trop tard pour reculer. Ses doigts coururent sur elle avec délicatesse, la caressant par moment et la griffant à d’autres. Parfois, ses baisers se faisaient morsure alors qu’il avait conscience que le temps n’avait plus de prise sur eux. « Toi qui ne voulais pas d’un lit, tu es servi. » La phrase ne se répercuta que très légèrement à ses oreilles alors que déjà, il enlaçait la taille de la jeune femme. Ses yeux se posèrent un instant dans les siens, comme s’il attendait une quelconque approbation pour la suite des évènements. Mais troublé par les deux yeux chocolats, il se contenta de laisser glisser sa langue le long de l’arrête de sa mâchoire. Tout en égarant baiser et morsure. La confiance qu’on lui connaissait revenait au galop alors qu’il allait finalement cesser de lutter et s’abandonner au plaisir des caresses charnelles.

* * *


Ruisselant de sueur, la tête d’Hareton était enfuie dans le coup de la demoiselle alors qu’il maintenait encore sa taille entre ses bras. Sa respiration était saccadée et son esprit encore emprunt de ce qui venait de se passer. La première chose qu’il pensa, ce fut de remercier sa vénérable troisième jambe de ne pas l’avoir lâché en cours de route, c’était bien sympathique de sa part. Il ne manquerait pas de le lui dire lors de sa prochaine visite au watercloset. Deuxièmement, il ne put s’empêcher de penser qu’il était un bon coup. Bon d’accord, il ne pouvait présumer de rien concernant la demoiselle mais il savait que de son côté de la barrière, ça avait été carrément bon. Et troisièmement, il pensa au pari qu’il venait de remporter. Un large sourire triomphant étira ses lèvres alors qu’il déposa un petit bécot baveux dans le cou de sa princesse d’un jour. Un jour. Un seul et unique jour. Plus n’était de toute façon pas envisageable du tout. Et même s’il fallait désormais qu’il respecte sa partie du marché, il n’y aurait plus rien de sexuel. Il voulut se le promettre à lui-même mais… un dicton bien célèbre dit que dans le doute, il faut s’abstenir. Il s’abstint donc alors qu’il s’écarta doucement de la jeune femme. Récupérant sa veste tombée au sol, il fouilla dans ses poches et sortit son téléphone portable. Un sourire malicieux se posa sur ses lèvres alors qu’il prit quand même le temps d’enfiler son caleçon. Agitant finalement le petit boitier devant la jeune femme, il déclara avec sérieux : « Va falloir me donner une preuve, ma princesse. » Les amis d’Hareton le connaissaient suffisamment pour savoir qu’il pouvait tout inventer et qu’ils seraient encore capables de le croire. Mais il était trop fier de lui pour accepter un quelconque doute à ce sujet. Oui, il était fier de lui alors qu’après réflexion, il avait bien faillit tout faire foirer à maintes reprises. Ne cherchez pas, c’est la méthode Blitswick. « Ce qui est dommage, c’est qu’ils ne seront jamais à quel point ce fut… » Jouant des sourcils pour durer le suspens, Hareton laissa finalement échapper un : « Orgasmique. » Il tendit le téléphone à la jeune femme, tout bonnement incapable de savoir comment s’y prendre avec une connerie pareille. La technologie n’avait jamais été son truc et cela ne changerait sans doute jamais. Il ne put cependant s’empêcher de s’approcher et de déposer un nouveau baiser rapide sur les lèvres de la charmante demoiselle alors qu’il souffla dans un murmure : « Finalement, j’ai bien hâte de servir de modèle. » Après tout… pourquoi pas ?
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Message(#) Sujet: Re: « Truth or Dare ? » feat. Hareton Blitswick Ven 6 Mai 2011 - 14:34

Maya avait toujours fait confiance à son instinct. Il ne lui avait fait que très rarement défaut et elle pouvait compter sur les doigts d’une main le nombre de fois où les choses s’étaient retournées contre elle. C’est pour cette raison qu’elle n’avait pas mis des gants en s’adressant à ce parfait inconnu, à cet hurluberlu qui s’était imposé à elle, venu de Dieu sait quelle planète avec autant de tact et de finesse qu’un éléphant au milieu d’un magasin de porcelaine. Mais c’est ce qu’elle avait d’emblée apprécié dans sa démarche : cette maladresse non assumée, cette franchise désarmante et cette fraicheur bienvenue. Il devrait probablement apprendre à réfléchir avant de parler car, un jour ou l’autre, cette vilaine manie se retournerait contre lui mais ce n’est pas avec Maya que ça allait commencer. Amusée et intriguée par le comportement du jeune homme, elle avait fait preuve de franchise et les choses avaient tourné radicalement, pour son plus grand plaisir actuel. Elle n’avait pas imaginé une seule seconde, en levant les yeux vers lui, une demi-heure plus tôt, qu’elle finirait installée sur une planche de bois inconfortable, les jambes enroulées autour de ce garçon aux airs de Robinson Crusoé, à l’embrasser avec une fièvre qu’elle ne parvenait pas à calmer ou à dissimuler.
Qu’y pouvait-elle si son corps faisait des siennes ? Depuis quelques temps, c’était comme si tous ses sens étaient exacerbés et la moindre caresse avait le don de la rendre folle. Le moindre baiser la faisait fondre et le parfum masculin, quel que soit sa provenance, devenait un facteur déterminant dans les réactions chimiques qui s’opéraient en elle. Le soleil de Miami avait probablement dû lui refiler une solide insolation qui la rendait incapable de faire preuve de jugement dès lors qu’elle était entre les bras d’un joli mâle vigoureux à l’odeur enivrante. La preuve était là : il n’était pas du tout son genre, il aurait même plutôt eu tendance à être tout son contraire, mais alors qu’il jouait avec sa langue, elle ne pouvait résister à l’envie d’aller toujours plus loin, de conclure cette étreinte car elle n’avait aucune patience, comme un jeune chien fou, comme un adolescent pressé de passer aux choses sérieuses. Elle se disait parfois que c’était ridicule, quand même, qu’à vingt-sept ans, elle soit prise de cette fièvre irrépressible dès qu’un garçon avait le malheur de la toucher. Toutefois, elle n’était pas sensible à chaque spécimen de la gente masculine qu’elle croisait. Heureusement pour elle sinon dans quel état aurait-elle été, à croiser tous ces surfeurs – pas vraiment son genre non plus, d’ailleurs –, tous ces mannequins, tous ces beaux gosses pleins au as.
Si au départ il s’était montré plutôt gauche et intimidé, il n’avait pas fallu beaucoup d’encouragements de la part de Maya pour qu’il reprenne du poil de la bête et s’active avec efficacité. Elle s’attendait à une remarque de sa part lorsqu’elle le pria de se taire. Elle attendait tout et n’importe quoi de sa part, même si elle ne pouvait pas prétendre le connaitre, elle se disait avoir eu un bel aperçu de son tempérament pour le cerner un minimum. Elle s’était attendu à une remarque insolente, provocatrice mais rien ne vint. Il obéit sagement. Les motifs de malentendus pouvaient être multiples dans une situation pareille, quand deux êtres qui ne se connaissent pas partagent un moment d’intimité supposé représenter l’apogée de leur amour. Ici, pas d’amour. Il n’y avait pas de place pour cela et il était certain qu’aucun des deux ne guettait une chose aussi futile. C’était un jeu. Un jeu auquel Maya s’adonnait toujours avec joie, ayant toujours maitrisé l’art de son corps et de la séduction, quand c’était nécessaire. Elle n’avait peut-être pas le physique de la pin-up, mais elle n’était pas en reste à bien des égards et c’était justement le fait que la connexion se fasse sur un autre niveau qui la poussait à poursuivre cette voie. Pas besoin d’afficher un décolleté plongeant ou de se déplacer avec une ceinture en guise de jupe. Il suffisait qu’elle laisse son esprit vif et railleur faire tout le travail et si elle tombait sur un garçon à l’intelligence subtile et acérée, il était certain qu’ils allaient passé un bon moment ensemble, étant la plupart du temps sur la même longueur d’onde.
Elle explora son corps autant que cette position le lui permettait et frémit sous les doigts du jeune homme. Il avait le corps ferme d’un homme mais par endroit, elle avait l’impression d’avoir affaire à un adolescent. Il avait la peau douce d’un bébé par endroit et la maladresse du débutant à certains égards, sans pour autant avoir l’air novice en la matière. Elle émit un rire sourd en sentant les ongles de son amant d’un quart d’heure pénétrer sa peau et elle se demanda, l’espace d’un instant, ce que cette fébrilité donnerait dans un lieu plus adéquat, plus confortable, plus isolé et privé que cette cabine à moitié plongée dans la pénombre. Au moins y faisait-il frais et puis, elle le savait parfaitement, cet exploit ne se réitérerait pas alors inutile de s’interroger sur d’autres scénarios, celui-là lui convenait pas mal, finalement. Sa plaisanterie s’évanouit dans l’air et elle se laissa absorber par le regard soudainement sérieux de son compagnon de pari. Un instant de flottement qui étonna la jeune femme par sa simplicité et sa profondeur et elle ferma les yeux au moment il approchait à nouveau son visage pour enflammer sa peau de sensations insaisissables et elle enlaça ses épaules robustes, les serrant avec force alors que le moment n’était plus du tout à rire mais à se faire plaisir.

***

C’est un soupir épuisé qui s’échappa des lèvres de Maya alors qu’elle enlaçait toujours les épaules de son Robinson. Le souffle court, les muscles endoloris, la peau moite, elle souriait contre l’oreille du jeune homme. Elle en avait oublié que sous ses fesses, la planche de bois était dure et inconfortable, que l’air était chargé d’électricité et de l’odeur musquée de leurs corps éreintés. Il n’y avait qu’un sentiment profond, un bien-être rare qui ne la prenait vraiment que dans ces moments-là, juste après l’amour alors que semblaient s’échapper de son corps toutes les toxines et pensées toxiques qui pouvaient l’accabler. Il n’y avait pas moment plus précieux que cet instant de calme et d’apaisement qui suivait un point culminant et enivrant. C’était également aux yeux de la jeune femme, le moment le plus intime qui puisse l’unir à un homme. Qu’importe où ils étaient, la façon dont ça avait été fait, c'était cette étreinte épuisée, ces corps enlacés qui représentaient la paix absolue. La véritable connexion avec autrui, qu’il s’agisse d’un amant de toujours ou d’un parfait inconnu.
Quant il s’écarta, elle défit la pression que ses bras nus exerçaient sur ses épaules découvertes et elle décroisa les jambes également, pour le libérer totalement de l’emprisonnement charnel dans lequel il était depuis quelques minutes. Elle croisa les jambes et attrapa son haut, prête à se rhabiller un peu pour retrouver une tenue décente lorsqu’elle le vit tirer de l’une des poches de sa veste un téléphone portable. Elle n’eut pas vraiment besoin d’explication pour savoir à quoi allait servir cet objet, aussi n’enfila-elle pas son haut, le laissant choir à côté d’elle. Apporter une preuve d’elle vêtue ne lui ferait certainement pas gagner ses précieux coupons et alors, à quoi aurait servi toute cette agitation si ses potes ne le croyaient pas ? « Va falloir me donner une preuve, ma princesse. » N’importe qui aurait pu se vexer, car il n’y avait rien de bien respectueux derrière ces paroles mais vu l’état des choses, c’était vraiment le cadet des soucis de Maya. « Ce qui est dommage, c’est qu’ils ne sauront jamais à quel point ce fut… orgasmique. » Un sourire railleur s’afficha sur les lèvres de Maya qui tendit la main pour prendre le fameux téléphone qui servirait de preuve à son pari gagnant. Elle partit en quête du menu photo et ne leva les yeux qu’en voyant la silhouette de son amant approcher. Elle resta immobile, se demandant ce qu’il pourrait encore bien inventer mais ce fut un simple baiser qu’elle accueillit, ainsi qu’une remarque inattendue : « Finalement, j’ai bien hâte de servir de modèle. » C’était marrant comme il pouvait se montrer récalcitrant à l’idée de devoir poser, quand elle avait mentionné les parts du marché, et voilà qu’il virait complètement de discours. Décidément, ce garçon risquait de l’étonner sur bien des niveaux. « Commence par t’approcher pour une petite séance photo » déclara-t-elle en tournant l’appareil de façon à ce que l’objectif soit dirigé vers eux. « J’espère qu’il y a assez de lumière sinon tu risques de ne pas avoir grand-chose à montrer à tes amis et non, je n’irai pas faire les photos dehors. » Elle tendit le bras, évalua la hauteur à laquelle elle devait faire la photo pour qu’ils soient tous les deux dans le cadre puis elle tourna légèrement le visage du jeune homme vers elle, pressant ses lèvres contre les siennes au moment où elle appuyait sur le bouton. Il y eut un son caractéristique et elle ajouta deux autres clichés qui pouvaient laisser deviner sa semi-nudité sans en dévoiler trop. Puis elle pianota rapidement sur les touches, composant son propre numéro pour avoir un appel en absence de son prochain modèle et rendit l’appareil à son propriétaire. « En tout cas, ça a été un plaisir de faire affaire avec toi. » Elle reprit son haut abandonné et l’enfila avant de fourrer son soutien-gorge dans sa sacoche. Elle descendit ensuite de son perchoir pour remettre sa culotte et ajusta son pantalon puis elle se tourna vers la seule chose qui pouvait lui donner un semblant de reflet : un petit miroir qui trainait toujours au fond de son sac. Une fois assurée que sa chevelure n’était pas complètement en bataille, elle rangea le miroir portatif. « Tu ne m’en voudras pas, j’ai pris ton numéro. Tu peux garder ton anonymat, comme ça. Et je te contacterai d’ici quelques jours pour voir quand on peut faire cette séance de dessin. » Elle déverrouilla le loquet et ouvrit la porte, laissant le soleil et ses rayons chauds l’aveugler un instant. « Profite bien des repas que tu auras gagné grâce à moi. Et à bientôt, mon étalon ! » Elle lui décocha un regard malicieux alors qu'elle marchait à reculons, puis elle effectua un demi-tour et s’éloigna de la cabane en ajustant la lanière de son sac sur son épaule, un sourire mystérieux aux lèvres et ignorant sciemment les regards des gens qui la dévisagèrent, probablement interloqués de la voir sortir de la cabane, s’ils en étaient les propriétaires temporaires. Qu’ils se rassurent, ils n’avaient touché à rien ! Ce qui n’avait pas empêché les deux jeunes gens de prendre du bon temps !
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Message(#) Sujet: Re: « Truth or Dare ? » feat. Hareton Blitswick

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« Truth or Dare ? » feat. Hareton Blitswick

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