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 (maya) "I'm scared of what you'll say so I'm hiding (...)"

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Message(#) Sujet: (maya) "I'm scared of what you'll say so I'm hiding (...)" Lun 18 Avr 2011 - 14:00

Nerveux, tendu, Knox ne tenait plus. Cela faisait une bonne dizaine de jours qu'il était arrivé en Floride, et tout autant qu'il réduisait ses sorties au strict minimum : nourriture, lecture, papier à dessin et crayons. Et toilettes, également puisque la chambre qu'il avait loué n'avait de toilettes sur le pallier ; chambre qui était d'ailleurs en piteux état. Le jeune homme, à peine âgé de dix huit ans, aurait pourtant pu s'offrir bien mieux si il l'avait désiré. Mais, éternel optimiste aux tendances idéalistes, il souhaitait dépenser un minimum d'argent afin de ne pas devoir reporter une nouvelle fois son entrée à Columbia, à laquelle il ne renonçait absolument pas, à cause de problèmes financiers. Si il restait dans ce motel à une dizaine de bornes du centre de Miami, le jeune homme avait calculé qu'il pourrait rester six mois à Miami tout en faisant des petits jobs pour son alimentation, et histoire d'avoir un minimum d'argent de poche. Cela lui permettrait de préserver le compte qu'il réservait pour ses études, et de ne piocher dedans qu'en cas de réelles urgences – si sa voiture le lâchait, par exemple. Alors, tant pis si sa chambre contenait le strict minimum, voire peut être moins, si il n'avait que de l'eau tiède pour se laver et que la propreté laissait à désirer. Il ne comptait de toute façon pas rester éternellement. Knox n'aimait pas le soleil, encore moins lorsqu'il venait s'ajouter à une humidité ambiante. Il venait de Chicago, Illinois, au nord des Etats-Unis, et y avait toujours vécu. Les rares fois où il avait été amené à quitter l'Etat de l'Illinois, c'était en vacances, et rarement avait-il connu telle chaleur. Et il recherchait déjà l'ombre...
Mais ce n'était pas son aversion pour le soleil qui le poussait à se terrer dans cet hôtel miteux tel un lapin dans son terrier, mais bel et bien la raison qui l'avait poussé à quitter bien plus tôt que prévu sa famille, ses amis et tout ce qu'il connaissait d'une manière générale. Techniquement, il ne risquait rien ici. Mais il avait appris à ses dépends que se montrer trop peu prudent, voire même complètement détaché face à ce genre de situation n'était pas la chose à faire. Il avait donc attendu confirmation de l'apaisement de la situation par plusieurs de ses amis avant de se décider à sortir, mais surtout avant de contacter la raison qui l'avait poussé à choisir Miami.
Après avoir pris une grande inspiration, Knox attrapa le pavé qu'il venait de commencer, le Rouge & le Noir de Stendhal, sa sacoche, et une veste. Une fois dans sa voiture, un léger sourire naquit sur ses lèvres ; le réflexe qu'il avait eu de prendre une veste allait se révéler parfaitement inutile. Il la laissa donc s'échouer sur le siège arrière de véhicule datant des années 95, et prit la route vers Miami.

Ayant l'esprit d'aventure, l'idée de se documenter sur la ville ne lui avait pas traversé l'esprit et ses connaissances au sujet de la ville étaient très limitées : elle se trouvait en Floride, c'était la capitale, et il faisait chaud. Il y avait très certainement deux ou trois autres choses qu'ils connaissaient sur ce sujet, mais là comme ça.. c'était à peu près tout ce qu'il pouvait dire sur la vile – ah, et il y avait beaucoup de retraités, également ! Pensant qu'il aurait peut être du acheté un guide touristique au moins, il haussa les épaules, alluma son clignotant pour quitter le parking, et prit la route. Il passerait sans doute la journée à se balader dans le centre, à découvrir les différents lieux de la ville, et éventuellement jeter un coup d'oeil aux vitrines où se trouverait peut être des propositions d'emploi. Car c'était là sa priorité ; avoir rapidement une source de revenus pour pouvoir subvenir à ses besoins – et rassurer ses parents, également. Il les avait appelés en arrivant, mais la voix de sa mère trahissait son inquiétude, ce que Knox refusait. Il allait bien, il était en sécurité, et il reviendrait à Chicago dès qu'il serait sûr qu'il serait autant en sécurité là-bas qu'ici. De toute façon, il aurait été amené à quitter Chicago rapidement avec l'arrivée de l'université.
Une autre chose dont il devait s'occuper, en parlant d'études, était les formalités pour pouvoir passer les SAT, examens de fin d'année validant son parcours au lycée en tant que candidat libre. Il n'avait pas vraiment besoin de suivre le reste des cours au vu des notes qu'il avait déjà obtenu – l'achat d'annales et une étude approfondie de celles-ci suffiraient largement. Il regretta de ne pas avoir fait une liste pendant ces journées où il n'avait fait que tourner en rond afin de pouvoir s'occuper de tout aujourd'hui, mais il n'avait pas non plus d'obligations particulières pour le moment, et pourrait s'en occuper dès le lendemain.

Une fois arrivé en ville, il lui fallut un bon quart d'heure pour trouver un endroit où se garer, et lui qui était plein d'entrain pour se lancer dans une découverte de la ville en partant se trouva vite découragé une fois le confort climatisé de la voiture quitté. Il déambula alors un moment dans les rues avant de se décider pour le parc où il décida de se poser un petit moment afin de retrouver le courage. Il lui fallut à peine cinq minutes pour le rejoindre, et trouver un arbre à l'ombre duquel il pourrait s'installer confortablement. Il jeta un rapide coup d'oeil sur les gens qui l'entouraient, puis, s'appuya sur le tronc de l'arbre choisi et reprit sa lecture là où il l'avait laissé.
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Message(#) Sujet: Re: (maya) "I'm scared of what you'll say so I'm hiding (...)" Ven 22 Avr 2011 - 11:00

Finalement, le parc avait plu à Maya et elle passait ses journées entre la plage et la pelouse de Greynolds Park. Quand il faisait trop chaud pour rester dans les dunes et ce, malgré la brise rafraichissante de la côte, elle quittait son refuge pour aller se protéger dans l’ombre salvatrice des arbres. Elle emportait toujours un roman avec elle, ainsi que son matériel de dessin, évidemment. Elle n’avait jamais autant lu que ces derniers mois, qu’elle avait passés à dévorer les grands classiques. Auparavant, elle ne prenait pas le temps. Elle occupait son temps libre autrement, à préparer ses cours pour les semaines à venir et se rendant à toutes sortes d’expositions dans lesquelles elle se perdait, rêveuse et pensive. Elle ne voyait jamais les heures passer quand elle était plongée dans sa passion, qu’il s’agisse d’analyser des tableaux ou d’être penchée sur une feuille vierge. Maya n’avait jamais vu le dessin comme un réel refuge, comme certains pouvaient le voir avec la musique ou la lecture. Il s’agissait d’un réel loisir qu’elle avait poussé à l’extrême et qui lui offrait une excuse idéale pour observer les gens. Beaucoup se seraient senti gênés si elle s’était mise à les regarder avec attention alors que quand elle dessinait, c’était comme si ses regards appuyés passaient inaperçus. Elle était recluse dans un autre monde, une bulle magique de laquelle elle ne sortait que quand elle posait son crayon. C’était un peu comme prendre une photo, sauf que cela prenait plus de temps et, selon la jeune femme, c’était plus authentique. Après, oui, elle pouvait affiner, peaufiner, dissimuler certains défauts et mettre en avant des traits agréables, mais ce n’était pas comme la retouche photo, c’était quelque chose de plus sensible, plus fragile. Il n’y avait jamais autant d’émotions que devant un dessin effectué avec soin.
Maya avait analysé ses options depuis son installation à Ocean Grove. Elle pouvait soit se reconvertir totalement, soit utiliser son don pour gagner un peu d’argent ici ou là. Elle envisagea même la voie de la bande dessinée mais après avoir fait quelques planches, elle avait laissé cette idée de côté. Si elle avait une imagination sans faille quand il s’agissait de faire le portrait de quelqu’un, raconter une histoire sur une vingtaine de pages n’était vraiment pas son fort. Elle avait bien pensé à demander à Adriel des idées mais, là encore, elle avait préféré laisser tomber. A vingt-sept ans, elle n’avait pas envie de se battre et se débattre pour entrer dans le monde très sélectif de l’art. Elle n’avait pas envie de devoir prouver sa valeur à qui que ce soit, cela ne l’avait jamais intéressée et ce n’était pas par manque de confiance en elle ou par la peur d’être mal jugée ou descendue dans son travail. L’avis des autres lui importait peu. Tant qu’elle aimait ce qu’elle faisait – et par là elle entendait l’acte et non le résultat – elle ne voyait pas pourquoi elle devrait s’évertuer à plaire à des regards critiques qui s’imaginaient avoir le monopole de la profession. De quel droit, après tout, pouvaient-ils prétendre savoir mieux que les autres ce qui valait quelque chose de ce qui ne valait rien ? La preuve : dans tous les domaines qui existent, il y avait tant de goûts et de couleurs différents qu’il y avait toujours quelqu’un pour aimer ce que vous faites, même quand le reste du monde crie au désastre. Raison pour laquelle elle avait cessé de regarder la télévision et toutes ses émissions de téléréalité. Elle se contentait pleinement du cinéma et n’estimait pas manquer grand-chose de ce que les chaines avaient à lui offrir. En plus, cela lui avait fait une économie non négligeable dans le portefeuille.
Parvenue à Greynolds Park, elle s’engagea dans un chemin, lisant tout en marchant un roman qu’elle avait emprunté dans la bibliothèque d’Adriel. Il ne s’agissait pas d’un récit d’aventures, de cap et d’épée comme elle les aimait tant mais c’était tout à fait acceptable et elle s’était prise d’amitié pour le héros dont la vie, c’était un euphémisme, n’était pas toute rose. Elle ne remarqua pas les gens qui l’entouraient, se contentant de voir du coin de l’œil leurs corps qui se déplaçaient dans son sens ou dans le sens inverse et la plupart l’évitèrent sans broncher, quant aux autres, c’est Maya qui les évita en faisant un simple pas de côté, zigzagant entre les familles et les couples avant de retrouver son endroit favori, un coin d’herbe isolé, à proximité de quelques buissons, surplombé par une arbre aux larges branches et à quelques pas seulement du point d’eau où nageaient paisiblement des canards et des cygnes. Personne ne semblait venir là, ils préféraient tous l’étendue où ils pouvaient se faire des passes avec des ballons en tout genre ou pour jouer au badminton. Loin de s’en plaindre, Maya ne leur prêtait pour ainsi dire aucune attention et alors qu’elle s’installait en tailleur, rangeant précautionneusement le livre dans sa sacoche, elle troqua une activité pour une autre, faisant disparaitre la lecture pour faire apparaitre ses crayons et son carnet fétiche.
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Message(#) Sujet: Re: (maya) "I'm scared of what you'll say so I'm hiding (...)" Dim 1 Mai 2011 - 16:41

Peut être était-ce le bruit ambiant, ou bien était-ce tout simplement le fait qu'il ne soit toujours pas aller la chercher, mais Knox ne parvenait pas à se plonger dans sa lecture. Ce n'était pourtant pas le genre de choses qui lui posait habituellement problème, bien au contraire. Il lui suffisait de lire deux ou trois lignes pour retrouver l'ambiance de son roman. Mais cette fois-ci, les choses étaient différentes. Cela venait probablement de la difficulté du livre, et de sa qualité d'écriture, mais Knox avait également conscience qu'il s'était plongé dans cette lecture sans grande conviction. La chaleur l'étouffait, et il avait plus la tête à ses tracas qu'à la tête. Il finit donc par abandonner au bout d'un petit quart d'heure sa lecture, et jeta un coup d'oeil aux alentours. Le parc semblait être particulièrement apprécié, puisqu'à tout heure de la journée, de ce qu'en avait observé le jeune homme, il ne semblait pas désemplir. Il était vrai que les nombreux arbres permettaient de trouver un coin d'ombre assez facilement tout en permettant aux bambins, ou aux adolescents de jouer, discuter, ou autre chose du genre au soleil. Le point d'eau à proximité, où quelques animaux semblaient avoir élu domicile, semblait être simplement décoratif puisqu'aucune activité n'y était proposé - ce qui était profondément dommage, selon Knox -, et ne s'agissant pas de la mer, ne permettait absolument pas de rafraîchir les environs. Poussant un profond soupir, Knox décida de se relever et de rejoindre sa chambre, climatisée elle au moins, où il pourrait au moins respirer correctement. Mais il aperçut une silhouette se diriger vers un arbre non loin du sien, et son coeur manqua un battement.

Il savait pertinemment qu'elle se trouvait ici, et qu'il risquait de tomber sur elle à tout moment. Mais cela faisait deux semaines qu'il était là désormais, et il s'était fait à l'idée d'avoir que très peu de chances de la croiser. Cela avait quelque chose de rassurant quelque part, car cela impliquait de n'avoir à se jeter dans la gueule du loup que lorsqu'il en serait capable. Knox passait énormément de temps à chercher ce qu'il pourrait bien lui dire, à lui expliquer sa présence ici, et à la convaincre que son départ avait été une erreur. Mais c'était la plupart du temps en vain. Prenant son courage à deux mains, il se rapprocha pour aller lui parler, de deux ou trois pas à peine, mais lorsqu'il vit Maya Mazzello s'installer confortablement un livre en main, tout son courage sembla s'évaporer, et Knox se rassit attendant de savoir quoi faire. Il pouvait toujours partir, quitter les lieux. Elle ne l'avait pas aperçu, se trouvait plus en avant vers l'étendue d'eau que lui, alors il ne risquait rien. Mais son coeur était serré, ses battements irréguliers, et il mourrait d'envie d'entendre sa voix si douce, et de lui demander le pourquoi du comment de ces derniers mois. Evidemment, Knox aurait lui aussi à s'expliquer.

Il savait pertinemment que si il partait maintenant, sans se retourner, il n'aurait peut être plus jamais une occasion pareille, et n'aurait probablement jamais le courage d'aller lui dire qu'il se trouvait lui aussi à Miami – il laisserait la partie où il avait piraté son compte courriel pour savoir où elle se trouvait à une autre fois. Son cerveau fonctionnait à mille à l'heure sans qu'il ne se rende vraiment compte. Il devait trouver une solution, comment l'aborder, quoi lui dire. Knox était prêt à tout pour se réconcilier la jeune femme – et il n'était pas du genre à abandonner facilement. Il chercha une technique d'approche pour ne pas trop l'effrayer, pour qu'elle accepte d'écouter ce qu'il avait à lui dire, mais rien ne venait. Au bout de quelques minutes, il décida donc de laisser parler ses sentiments du mieux qu'il le pouvait par l'une de ses deux passions – privilégier le dessin apparut comme une évidence. C'était sa passion à elle aussi, et elle était celle qui lui avait redonné goût au dessin après tout. De plus, écrire sur Maya était quelque chose qui se révélerait être particulièrement laborieux, et long. Il y avait tellement de choses à dire, et tellement de ressenti que des mots ne lui permettaient pas d'exprimer - la gratitude est un sentiment que tout le monde connaît, mais le poser avec exactitude sur du papier était loin d'être une mince affaire. Il sortit donc une feuille de son sac, et naturellement les coups de crayon commencèrent à se dessiner sur la feuille jusqu'à la noircir de la silhouette de la jeune femme, entourée du décor de Greynolds Park. Il n'avait jamais su évaluer la qualité de ses dessins, et pourtant, quelque chose lui soufflait que il s'agissait ici l'un de ses meilleurs. Il lui fallut une bonne heure pour le compléter.
Chaque détail comptait, et son côté perfectionniste ne lui laissait aucun autre choix que de celui de retravailler chaque détail jusqu'à ce qu'il lui convienne à peu près. Et cela signifiait également prendre du recul par rapport à ses travaux, à ce qu'il devait faire. C'était d'ailleurs une notion que Maya lui avait inculqué : toujours laisser le temps au travail, et à l'auteur de se reposer. On a toujours le cerveau embrumé, lorsqu'on passe des heures à griffonner. Il devait l'avouer, la jeune femme faisait un excellent mentor, et il avait plus appris avec elle qu'avec n'importe qui d'autre. Mais il l'avait trahi, d'une certaine façon. Et il n'était pas certain qu'elle soit encline à le pardonner. Après tout, c'était quelque part de sa faute si elle avait du quitter son poste, et la ville de Chicago.
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Message(#) Sujet: Re: (maya) "I'm scared of what you'll say so I'm hiding (...)" Ven 6 Mai 2011 - 13:10

Maya n’avait pas fui. Du moins, elle n’aimait pas ce terme de fuite. Elle était partie, certes. Suite à une série de gros soucis, très certainement. Sans laisser ni numéro et adresse, d’accord. Tout concordait pour présumer une fuite. Mais pour qu’elle prenne la poudre d’escampette, il aurait fallu qu’elle ait honte, qu’elle se sente mal à l’aise ou accablée par les jugements extérieurs. Or, si Maya avait pris un aller simple pour Miami, c’était parce qu’elle en avait surtout marre qu’on l’observe comme si elle était la bête noire locale. Elle n’était pas fière de ce qu’elle avait fait, mais il n’y avait pas mort d’homme, non plus, alors pourquoi tant de véhémence ? Pourquoi lui cracher à la figure des insanités qu’elle n’avait pas mérité ? Elle n’avait forcé la main de personne, les choses s’étaient passées, point final. C’était venu naturellement, sans qu’elle cherche à provoquer quoi que ce soit. Mais ce n’était visiblement pas l’avis de tout le monde. On estimait que parce qu’elle avait vingt-sept ans – enfin, vingt-six, à l’époque – elle aurait dû agir comme une femme adulte et responsable, et non pas comme une femme tout court. Qu’à cela ne tienne ! Elle se contrefichait de leurs regards désapprobateurs, voire haineux. Elle n’en avait rien à faire de passer pour une salope ! Loin de là ! Mais puisqu’il n’y avait plus rien pour la retenir dans ce quartier – et déménager dans une autre partie de la ville ne l’avait pas non plus intéressé – pourquoi rester ? Alors elle était partie. Et si on considérait cela comme une fuite, c’était du pareil au même pour la jeune femme. Elle avait mis cette part du passé de côté, du moins c’est ce qu’elle croyait, ignorant qu’un élément majeur avait rejoint, lui aussi, les beaux décors de la Floride.
Si elle avait su, peut-être aurait-elle pu se conditionner pour cette rencontre. Bien qu’elle ne soit pas du genre à se préparer psychologiquement à quoi que ce soit, Maya n’aimait pas qu’on lui impose une présence indésirable. Or, au vu de la responsabilité de Knox Spencer dans son évasion, il avait de quoi endosser cette étiquette. Elle n’éprouvait pas vraiment de colère à son égard pour la simple et bonne raison qu’elle avait parfaitement conscience être majoritairement fautive dans cette histoire. Si elle avait mis un frein à cet enchainement d’idioties, rien de tout cela ne serait arrivé. Mais comme la jeune femme n’était pas du genre à réfréner ses envies, quoi que puissent en dire les gens, elle n’avait pas réfléchi énormément à la question et maintenant qu’elle avait relégué le jeune homme à cette page regrettable de son histoire, elle n’avait aucune intention de le revoir et ne pouvait imaginer une seule seconde qu’elle le reverrait, d’ailleurs. Elle avait fait en sorte de disparaitre du jour au lendemain pour qu’il ne soupçonne rien de son départ justement. Mais c’était sans compter sur la persévérance du jeune homme, ainsi que son ingéniosité pour obtenir ce qu’il désirait. Pas un instant il ne lui vint à l’esprit qu’il pourrait découvrir le lieu de son exil, encore moins qu’il ait l’audace de violer son intimité en piratant son compte de messagerie électronique. D’accord, il n’y avait rien de compromettant sur sa boite de mails. Elle n’y passait que rarement, n’ayant jamais été amatrice de ce genre de choses mais elle connaissait pourtant le don de Knox pour la fraude. Son mode de pensée ne pouvait donc se résumer qu’à une chose : pas un instant elle ne s’imagina qu’il viendrait la rejoindre, à partir du moment où il était clair qu’elle n’avait aucune envie de le voir et que son départ organisé dans le plus grand mystère était un indice de cette volonté de vouloir tirer un trait entre ici et maintenant et là-bas, il y a quelques mois.
Comme à chaque fois qu’elle essayait d’entamer une lecture quelconque, elle sentit ses paupières s’alourdir au bout de trois ou quatre pages et c’est avec un soupir las qu’elle plia le coin de la page 56 pour se souvenir où elle en était arrivée. Elle posa le livre à côté d’elle et ajusta la position de sa sacoche pour s’en faire une sorte d’oreiller sommaire. Les divers objets camouflés dans le sac mirent quelques minutes à s’aplanir pour que ce soit plus confortable et elle s’allongea sur le dos, étendant les bras le long de son corps avant de fermer les yeux pour écouter ce qu’il se tramait autour d’elle. Un canard caqueta, à une vingtaine de mètre et le bruit léger d’ailes qui s’agitent et planent au-dessus du bassin berça la torpeur de la jeune femme. Elle posa les mains sur son ventre et sourit en entendant l’eau remuer, au moment où le volatile s’était probablement laissé glisser dedans. Il y avait des éclats de voix, des rires d’enfants. Le gravier grinça sous les pas d’un joggeur motivé. Un téléphone sonna et une voix féminine répondit : « Allô ? » Tant de petits détails insignifiants qui semblaient prendre toute leur ampleur dans l’obscurité de ses paupières closes. Sans la vue, le corps s’adaptait et ses autres sens s’exacerbaient. Bientôt, cependant, elle se laissa aller à somnoler, sachant que personne ne viendrait tenter de lui piquer ses affaires ou l’importuner. Les habitants d’Ocean Grove semblaient avoir le chic à ce niveau-là pour laisser les autres évoluer en paix et elle ne bénirait jamais assez cet endroit paradisiaque pour cet élément apaisant.
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Message(#) Sujet: Re: (maya) "I'm scared of what you'll say so I'm hiding (...)" Dim 22 Mai 2011 - 21:50


Lorsqu'il se mettait à dessiner, Knox ne pouvait évidemment pas s'empêcher de penser à son frère. Dire que c'était lui qui lui avait tout appris serait sans aucun doute exagéré. Ils n'étaient que des enfants à l'époque, ils ne savaient dessiner à proprement parler. Ils ne connaissaient pas toutes les techniques, ils ne savaient donner de nom à ce qu'il faisait. Mais sans aucun doute, Curtis était celui qui lui avait appris l'essence même du dessin; ce qui différenciait quelqu'un qui savait dessiner d'un dessinateur, ce qui faisait d'un simple gribouillage sur un papier une œuvre d'art, ce qui faisait d'un homme, un artiste. Cela ne pouvait paraître être qu'une succession de courbes, de lignes; au final, rien d'autres que du charbon sur une feuille de papier. Pourtant, pour tout vrai dessinateur, pour n'importe qui dessine pour le plaisir, et non par intérêt, ou pour des raisons uniquement professionnelles, le dessin était quelque chose qui venait du coeur, quelque chose qui devait sortir du plus profond de votre être, de votre âme. Il y avait de l'émotion, de la sincérité, et non pas une simple représentation de la réalité. Comme une photographie ne doit pas être faite simplement dans le but de prendre une photo mais bien de transmettre quelque chose à quelqu'un, un souvenir, la beauté du moment,, le dessin était là pour capturer l'instant présent ou plus souvent l'instant passé, ou de l'image que le dessinateur se faisait de la vie. Et au vu de leur passé, de leur histoire, au vu de l'intensité des moments qu'ils avaient partagés, en sachant les longs mois qu'ils avaient passé sans se voir, sans même s'adresser un seul mot, il aurait été difficile pour Knox de ne pas laisser l'émotion parler dans le croquis qu'il réalisait à l'instant-même.
Maya connaissait son style, sa façon de dessiner. Le jeune homme savait pertinemment que Maya y lirait même ce que celui-ci ne voulait pas qu'elle y trouve. Mais lui donner ce dessin semblait être la chose la plus naturelle à faire, celle qui leur ressemblait le plus également. Nerveux, il rangea ce dessin témoignant du lien particulier qui l'attachait à Maya dans sa pochette, et attendit quelques minutes avant de prendre une décision définitive. Il y avait tellement de choses qu'il devait prendre en compte, avant de choisir si il devait aller lui parler ou non, qu'il en perdait la tête. Si il avait été le seul en jeu, si sa présence ici ne pouvait pas s'avérer risqué... tout aurait été plus simple. Il serait même d'ores et déjà entrain de parler à la jeune femme. Le mieux était probablement de rentrer chez lui et d'attendre encore quelques temps avant de prendre une décision. Après tout, il n'y avait rien d'urgent. Quand bien même, la jeune femme déménagerait de nouveau, il pourrait la retrouver de la même façon qu'il l'avait fait là : en utilisant ses talents en informatique. Parfaitement conscient qu'essayer de se concentrer sur sa lecture alors que Maya Mazzello se trouvait à quelques mètres de lui relèverait du miracle, l'adolescent se releva, et décida de quitter le parc.

Pourtant, bien malgré lui – ou en tout cas, c'est ce dont il essayait de se convaincre -, ses pas le guidèrent jusqu'à une jeune femme qui semblait assoupie. Il l'observa quelques secondes, un sourire niais se dessinant sur ses lèvres. Elle n'avait absolument pas changé. Profitant du fait qu'elle ne pouvait le voir, il s'assit en tailleur à ses côtés, sortit son croquis afin de le perfectionner, puis finalement, décida d'attendre que la jeune femme se réveille – ou se redresse, en tout cas – pour lui annoncer sa présence. Si il commençait à se lancer dans le perfectionnement de son dessin, il serait tout bonnement incapable de s'arrêter, défaut que lui avait reproché bien des fois auparavant son ancien professeur de dessin. Son jeune âge avait sans doute un rôle à jouer là-dedans. Tout comme dans le fait qu'il avait du mal à rester immobile, et à ne pas lui faire prendre conscience de sa présence de lui-même. Tout comme le fait qu'il est parcouru de bien nombreux kilomètres simplement pour qu'elle lui explique pourquoi elle était partie ainsi, sans même lui demander de venir avec elle. Ne résistant plus à l'envie de la toucher ,il se pencha doucement vers elle, observant son visage avec attention. Dieu qu'elle était belle. Dieu qu'elle lui avait manqué. Le jeune homme laissa un long et douloureux soupir s'échapper de ses lèvres. De la voir ainsi à ses côtés, en cet instant, était un sincère soulagement. Il avait l'impression d'être plus léger, et que son coeur pouvait de nouveau avoir un rythme régulier. Evidemment, il était aisé d'avoir un tel sentiment puisque ils n'avaient même pas encore échangé un seul mot. Les choses pouvaient se passer d'une manière beaucoup plus douloureuse pour Knox, du moins c'était ce que tentait de lui faire comprendre une petite voix dans son esprit. Mais, la naïveté de ses dix-huit ans aidant, le jeune homme n'avait pas du tout de doute sur ce qu'il se passerait lors de ces retrouvailles inattendues – pour Maya en tout cas . Elle serait heureuse de le retrouver, et ils parleraient sûrement un long moment pour mettre les choses à plat. Et surtout, pour se réconcilier. Il se pencha alors encore un peu plus pour elle pour déposer ses lèvres sur celles de cette dernière, mais au dernier moment, il vit les yeux de l'ancien professeur s'ouvrit, et fut prit, sans s'y attendre une seule seconde, d'un sentiment de panique. Il se redressa alors brutalement, et attrapa rapidement le dessin qu'il avait abandonné sur son cahier. Se retournant de nouveau vers Maya, il sentit ses joues s'empourprer alors qu'il lui tendait le dessin. La gorge serrée, il réussit à articuler non sans difficulté : « Je l'ai fait pour toi, j'espère qu'il te plaira... »
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Message(#) Sujet: Re: (maya) "I'm scared of what you'll say so I'm hiding (...)" Lun 23 Mai 2011 - 16:35

On a beau se dire qu’on a que cinq sens, il y a toujours quelque chose pour nous indiquer que quelque chose ne tourne pas rond. Un frisson, une sensation de déjà vu, l’impression d’être observé. Maya avait beau avoir fermé les yeux en s’allongeant, elle sentit la présence d’une tierce personne mais comme il n’y avait pas de raison que quelqu’un vienne se coller à son petit coin d’herbe, elle ne chercha pas à vérifier si la sensation était justifiée ou non. La nature humaine était ainsi faite qu’il n’y avait guère que les sans-gêne qui imposaient leur présence à autrui en se contrefichant complètement de si ça pouvait plaire ou non aux autres. D’où l’attrait que Maya ressentait vis-à-vis des dunes, plutôt que de la plage où les touristes et habitants d’Ocean Grove se prélassaient lors de journées ensoleillées. Au parc, personne ne venait jamais s’installer trop près, il y avait toujours quelques mètres pour séparer les couples, familles ou âmes solitaires qui cherchaient un peu de quiétude. Les yeux clos, elle chassa la sensation désagréable d’être observée et laissa ses rêveries revenir occuper son esprit alors qu’elle dessinait dans sa tête, un monde de courbes, de traits, d’ombres. Qu’elle dessine ou qu’elle rêve, Maya faisait toujours la même chose : elle passait son temps à refaire le monde sous forme d’un croquis, d’une idée, une image qui devenait concrète lorsqu’elle avait du papier sous la main ou qui restait paisiblement accrochée à ses pensées lorsqu’elle s’adonnait à une sieste, comme à l’instant présent.
Pourtant elle ne pourrait pas éternellement chasser la sensation de ne pas être seule, celle-ci n’étant pas décidée à se calmer ou à se résorber. Maya sentit son corps s’éveiller, comme de légers frissons venaient caresser la peau pâle de ses bras. Elle voulait rester dans son univers, ne pas être importunée, pouvoir s’y cacher jusqu’à ce qu’il faille retourner à la réalité et à ce qu’elle impliquait. Mais pas tout de suite. Elle avait quelques heures devant elle et voulait en profiter un maximum. Alors pourquoi cette ombre refusait-elle de s’en aller ? Maya en vint à soupirer d’agacement. Mais après quelques instants, le doute n’était plus permis. Un souffle chaud venait caresser son visage et si sa première idée fut de l’attribuer à un chien curieux qui serait venu remuer sa truffe près de sa silhouette immobile, elle fut bien forcée de remarquer qu’il n’y avait aucun reniflement caractéristique, ni même l’odeur immanquable de quel que canidé que ce soit. Ouvrant les paupières en sentant la présence bien trop proche d’elle, Maya se figea instantanément avant de sentir une onde de colère lui vriller le corps.
Elle n’en croyait pas ses yeux ! Que fichait-il là ?! Knox se redressa et Maya l’imita, se relevant précipitamment. Incapable de prononcer un mot, elle le fixa, ses traits figés en une moue d’incrédulité mêlée à une indignation non feinte. La pâleur due à la surprise laissa rapidement place à une rougeur qui n’indiquait rien de bon alors qu’elle découvrait le visage juvénile mal à l’aise. Qu’il le soit, tiens ! Il avait toutes les raisons de l’être ! Si elle avait quitté Chicago sans dire où elle allait, c’était pour une bonne raison : éviter une situation comme celle-ci. Que venait-il chercher ? Le pardon ? Maya n’avait pas foi en Dieu, encore moins dans le pardon. Il sembla pris au dépourvu mais à quoi s’attendait-il, franchement ? A ce qu’elle lui ouvre les bras et lui dise que tout était oublié ? Eh bien ce n’était pas le cas. Tout était encore bien frais dans sa mémoire, d’autant plus le rôle qu’il avait joué dans la débâcle qu’avait été son existence ces derniers mois. Il attrapa une feuille noircie qu’il lui tendit et elle n’eut pas besoin de jeter un œil pour savoir qu’il s’agissait d’un croquis magnifique, connaissant parfaitement les talents de l’adolescent. « Je l’ai fait pour toi, j’espère qu’il te plaira… » Sans même faire mine de s’intéresser au cadeau dérisoire de Knox, Maya le toisa, furieuse, et elle se remit sur ses pieds, attrapant les quelques affaires qu’elle avait sorties pour les fourrer dans son sac, elle s’exclama, en proie à une folle envie de le secouer pour lui remettre les idées en place : « Je n’y crois pas ! Qu’est-ce que tu fais ici ?! » Elle se redressa complètement et jeta son sac par-dessus son épaule. « Comment m’as-tu—Non, je ne veux même pas le savoir. De quel droit te pointes-tu dans ma vie ? Tu ne crois pas en avoir déjà suffisamment fait sans venir, en plus, me harceler ? » Elle tapa du pied, à défaut de pouvoir filer un bon coup de pied au derrière de cet idiot. « J’avais pourtant été claire, Knox. Tu peux te foutre ton dessin au cul, pour ce que j’en ai à faire ! Si je n’ai pas donné d’adresse, c’est pour être débarrassée de toi une bonne fois pour toute ! Mais non, têtu comme une mule, il faut que tu enfreignes ces règles simples. » Elle croisa les bras sur sa poitrine, jeta un coup d’œil circulaire, comme pour s’assurer qu’elle n’avait pas attiré l’attention d’autres promeneurs et elle reposa son regard furieux sur le jeune homme originaire de Chicago. « Si tu veux me faire plaisir : prends un aller simple pour Chicago et retournes-y ! Tu peux hacker tous les serveurs du monde, m’envoyer des dessins tous les jours, cela ne changera rien à mon opinion. Tu as eu ta chance, tu l’as foutue en l’air, maintenant fous-moi la paix et sors de ma vie, j’en ai ma claque de tes conneries ! » Maya était rarement en colère mais Knox avait cette fâcheuse tendance à la pousser à bout et il était devenu un as en la matière. Se pointer comme une fleur alors qu’elle avait tiré un trait sur Chicago, c’était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase.
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Message(#) Sujet: Re: (maya) "I'm scared of what you'll say so I'm hiding (...)" Dim 26 Juin 2011 - 0:27


Instantanément, à partir du moment où Maya ouvrit la bouche, un sourire heureux se dessina sur le visage de Knox. Sans se relever, il l'observa s'énerver, oubliant tous ses autres soucis. C'était reparti pour un tour. Du moins, cela semblait bien parti pour. Il n'était pas vraiment étonnant que Maya s'énerve sur lui – ce n'était pas la première fois, et cela ne serait probablement pas la dernière. Les propos en eux-même étaient relativement blessant – la jeune femme lui disait ni plus ni moins qu'elle ne voulait plus jamais le revoir, et qu'il était quelqu'un qu'elle considérait de « harceleur ». Peu lui importait. Ainsi en colère, elle était tout simplement plus belle que jamais. Lorsqu'elle tapa du pied, il se releva d'un bond, son sourire ne quittant pas son visage. Si la regarder s'énerver contre lui n'avait pas été aussi agréable, il n'aurait pas résister à l'envie de l'embrasser. Evidemment, il l'écoutait, et entendait ses reproches. Mais elle lui avait tellement manqué qu'il s'en fichait – il aurait bien le temps de réagir après. En quittant Chicago, elle n'avait apparemment absolument pas changé. Elle attendit donc qu'elle est finie son laïus, et se rapprocha d'elle-même, avec l'arrogance qui le caractérisait. Par où pouvait-il commencer ? Il l'adorait, et c'était évidemment pour elle qu'il avait choisi Miami. Mais énervée, hors d'elle comme elle l'était en cet instant, lui dire ne servirait probablement à rien. Elle n'avait d'ailleurs pas totalement tort sur le fait qu'il en avait assez fait. Il le reconnaissait. Elle était partie par sa faute. Indirectement, en tout cas. Mais de là à ce qu'elle ne veuille plus le revoir.. Il ne fallait pas non plus exagéré ! Il trouvait sincèrement que sa colère était exagérée. Il lui avait donné du temps pour s'en remettre, et pour se rendre compte qu'elle aussi avait ses torts, et que le plus simple serait de placer cet événement derrière eux pour mieux se retrouver. Elle était partie peu après Noël bon sang ! C'était il y a une éternité. N'avait-elle pas envie, elle aussi, de le serrer dans ses bras ? Avec fermeté, il plaça sa main sur son bras afin de s'assurer qu'elle l'écoute jusqu'au bout – si l'envie lui prenait, elle quitterait les lieux sans un moi, il le savait. Et Knox ne souhaitait pas vraiment faire d'esclandre. Il n'était pas là pour ça. Au contraire, il souhaitait rester discret.
« Arrête Maya. Tu les adores mes conneries. » répondit-il avec insolence. Il avait raison, et elle ne pourrait lever aucun argument crédible contre lui. C'était toutes les âneries qu'il avait pu faire, toutes ses excentricités qui l'avaient séduite ; elle lui avait montré trop souvent pour oser le nier à l'heure actuelle. Il comprenait qu'elle lui en veuille un minimum, mais de là à ce que soit la goutte d'eau qui fasse déborder le vase... Le jeune homme en doutait – était-ce une certitude sincère ou seulement la naïveté de son âge ?

Il continua, déterminé à lui montrer ce qu'elle manquait pendant tout ce temps qu'elle passait à être à coté d'elle. « Tu connais mes talents en informatique. Si tu ne voulais pas que je te retrouve, tu aurais changer d'email, Maya. Ou peut être devrais-je t'appeler Melle Mazzello et te vouvoyer ? » Un sourire sournois se dessina sur son visage. Il savait exactement comment la mettre hors d'elle, et peut être n'était-ce pas la meilleure chose à faire, mais quelque chose lui disait qu'il fallait que tout ce qu'elle avait sur le coeur sorte avant qu'ils ne puissent se retrouver. Alors, si il fallait la pousser à bout, il n'hésiterait pas. Il était si doué pour ça. Son regard planté dans le sien, il s'approcha un peu plus d'elle. « Je vous présente mes excuses, Melle Mazzello. Ce qu'il s'est passé à Chicago était de ma faute. » Il leva légèrement les yeux en ciel, plus arrogant que jamais, « En partie, en tout cas. », avant de reprendre. « Ne dit-on pas que tout le monde a le droit à une seconde chance ? N'êtes-vous pas celle qui souhaitait enseigner à tout le monde qu'avec de la persévérance, chaque être peut atteindre un but, s'améliorer ? Que tout le monde devrait avoir une seconde chance ? » Il marqua une autre pause. « Ou peut être que je vous confonds avec une autre de mes professeurs ? » Il avança encore un peu plus vers elle, et la regarda intensément. « Pourtant, je suis certaine que ce n'est pas le cas. Vous êtes la seule à me faire cet effet. » Sachant pertinemment qu'il risquait de se prendre une gifle, il attrapa de sa seconde main le bras de Maya qui restait libre, et déposa un baiser sur ses lèvres en appréciant le goût. Il lâcha les bras de la jeune femme, et recula, attendant la réaction de la jeune femme. Evidemment, elle entrerait dans une colère noire. Mais ce n'était pas ce qui importait. Tout ce que la jeune femme désirait, c'était réveiller la passion qui les unissait, et l'amour qu'elle ressentait pour lui – ou l'attirance quel qu'elle soit, il ne se montrait pas aussi exigeant, à partir du moment où il pouvait avoir la jeune femme pour lui.

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Message(#) Sujet: Re: (maya) "I'm scared of what you'll say so I'm hiding (...)" Jeu 7 Juil 2011 - 12:55

Voilà ce qui l’agaçait tant chez Knox : sa capacité à passer d’une moue enfantine, innocente, comme si lui lancer un regard de chien battu ou d’enfant en quête de reconnaissance allait l’attendrir, à celle, insolente, d’un jeune homme plein d’assurance, qui avait parfaitement conscience de ce qu’il possédait et qui avait tant charmé la jeune femme lorsqu’elle enseignait dans son école. Elle se rappelait leurs premiers cours, la façon qu’il avait de la fixer sans gêne aucune, avec un demi-sourire, comme s’il cherchait à ce qu’elle devine ce qui se passait dans son crâne. Si Maya n’avait jamais été attirée par les garçons plus jeunes qu’elle, elle n’avait pas pu résister à celui-là et leur jeu avait rapidement débuté, au vu et au su de tous, mais avec une telle subtilité qu’aucun de ses camarades de classe n’avait deviné quoi que ce soit. Ils œuvraient via des joutes verbales brutales, cassantes. Il la charriait, jouait les insolents, les rebelles, et elle lui renvoyait la balle avec toute l’efficacité qu’avaient ses paroles. Comme un professeur pourrait le faire avec l’élève le plus irritant de son cours. Quand il s’était un jour pointé chez elle, sans prévenir, sans s’excuser, cela n’avait pas été une surprise. Tout comme cela n’avait pas été étonnant que l’électricité qui régnait entre eux bascule subitement dans une histoire passionnée et secrète. Maya avait toujours mis ça sur le compte de l’interdit, persuadée que l’excitation qu’elle ressentait dans le creux de son estomac n’était due qu’à la précarité de la situation. Pas une seule seconde il ne lui était venu à l’esprit qu’elle puisse être amoureuse de ce petit imbécile. C’était bien simple : elle ne tombait pas amoureuse. Dans sa tête, il était clair que toute attirance entre deux personnes du sexe opposé ou du même sexe n’était que le fruit d’un jeu, une provocation avant de passer à l’acte. Son histoire avec Knox ne relevait ni plus ni moins d’un attrait, d’une communion entre leurs caractères semblables, marginaux. Elle avait donc été surprise de sentir son cœur vaciller le jour où tout avait été exposé par la faute de son amant de huit ans son cadet. Le jour où tout avait basculé, où elle avait été sommée de se rendre dans le bureau du directeur de l’établissement pour s’expliquer, se défendre, si c’était seulement possible. Si elle était restée de marbre face aux accusations, elle n’avait pu s’empêcher de blêmir en entendant son supérieur affirmer qu’ils avaient des preuves. Des photos qu’ils avaient trouvées dans le casier du jeune homme. Qu’y faisaient-elles et pourquoi avaient-ils pris la décision d’ouvrir ce fichu casier, Maya ne l’avait su que plus tard. Et c’est là que sa colère et sa rancune avaient explosées. Il avait tout gâché. Non seulement par sa faute elle s’était vue licenciée pour faute grave, ce qui réduisait sérieusement ses chances de trouver un autre emploi dans le secteur, mais en plus il avait trahi sa confiance. Elle l’avait imaginé plus mature, pas une seule seconde elle avait pu penser qu’il irait se vanter auprès de ses amis et cette trahison lui couterait cher, mais elle serait irréversible pour Maya, surtout. Bien forcée de revoir ses plans d’avenir, elle avait plié bagages et avait pris un aller simple pour Miami.
Il n’avait pas à être là. Sa punition était de continuer sa vie sans elle et maintenant il était ici, dans ce parc, à Ocean Grove. Maya ne décolérait pas et le sourire niais qu’il arborait n’aidait en rien à calmer les ardeurs de la jeune femme. « Arrête, Maya. Tu les adores, mes conneries. » Et le revoilà avec son insolence qui l’avait autrefois fait basculer dans la connerie de sa vie. Elle lui en voulait trop pour être attendrie aussi facilement et resta donc de marbre face à son sourire cajoleur et à ses attentions pour l’apaiser. « Tu connais mes talents en informatique. Si tu ne voulais pas que je te retrouve, tu aurais changé d’email, Maya. » Faux, archi-faux. Elle attendait simplement le minimum de respect qu’il lui devait en lui fichant la paix. « Ou peut-être devrais-je t’appeler Melle Mazzello et te vouvoyer ? » Une lueur dangereuse passa dans les yeux chocolat de l’ex-enseignante. Il se fichait d’elle, là, sérieusement ? Pour qui se prenait-il ? Le Dieu de la séduction. Il allait moins rigoler quand elle allait l’envoyer sur les roses et s’en aller sans un regard supplémentaire dans sa direction. « Je vous présente mes excuses, Melle Mazzello. Ce qui s’est passé à Chicago était de ma faute. En partie, en tout cas. Ne dit-on pas que tout le monde a droit à une seconde chance ? N’êtes-vous pas celle qui souhaitait enseigner à tout le monde qu’avec de la persévérance, chaque être peut atteindre un but, s’améliorer ? Que tout le monde devrait avoir une seconde chance ? » Plus il argumentait, plus Maya serrait les dents, résistant à l’envie de lui balancer son sac à la figure. Il croyait vraiment s’en sortir en retournant ses paroles contre elle ? Il était bien mal tombé, dans ce cas. Il ne faisait qu’aggraver son cas à rire d’une situation qui meurtrissait Maya, même si elle ne montrerait jamais à quel point. « Ou peut-être que je vous confonds avec une autre de mes professeurs ? Pourtant, je suis certain que ce n’est pas le cas. Vous êtes seule à me faire cet effet. » Ah ! Il lui donnait envie de vomir ! Elle ignorait si c’était sa rancœur ou la distance, mais elle n’était pas sensible à son charme comme elle avait pu l’être quelques mois plus tôt. Son assurance l’agaçait au plus haut point et elle décomptait les minutes qui la séparaient de son départ. Tellement perdue dans sa réflexion, elle ne comprit son approche que trop tard et ne put échapper à ses lèvres. Les siennes restèrent cependant hermétiquement fermées et quand il s’écarta, la lueur vengeresse n’avait pas quitté le regard de la prof de dessin. Un sourire mauvais arqua les lèvres de Maya alors qu’elle lui jetait à la figure, avec tout le mépris qu’il lui inspirait à l’instant : « Ah. C’est tout ? Tu vas me ressortir ma méthodologie d’enseignement pour te faire pardonner ? Tu oublies une chose : grâce à toi, mes chances de pouvoir retourner dans une classe frisent le néant. Quoi que je fasse, on va me demander pourquoi j’ai été remerciée de mon ancien boulot et qu’est-ce que je vais pouvoir leur répondre ? Que je me suis fait baisée par un petit connard ? Que j’ai été à ce point aveuglée par des jeux de mots que j’en ai oublié que j’avais en face de moi un adolescent ? Très bien. J’ai fait la plus grosse erreur de ma vie. Mais ce n’est pas avec ton sourire enjôleur et ta finesse d’esprit que tu vas parvenir à me faire oublier que tu as trahi ma confiance, Knox. Que j’ai été ridiculisée par ta faute et que ma vie est chaotique depuis que tu as ouvert ta sale petite bouche pour parler de notre histoire. Alors oui, j’adorais tes conneries. Mais maintenant tu ne m’inspires plus rien que du mépris. J’ai envie de te battre jusqu’à ce que tu ne saches plus bouger ! Voilà ce que tu me fais ressentir alors, maintenant, et je ne le répéterai pas, je veux que tu dégages et que tu retournes d’où tu viens. Va donc jouer les jolis cœurs auprès de nanas de ton âge parce que moi, j’ai eu ma dose. » Réduisant le croquis à l’état de confettis, elle le lui lança à la figure et tourna les talons, tremblante de colère, la gorge sèche et douloureuse. Mais qu’est-ce qui lui avait pris de se laisser piéger par ce petit merdeux ?!
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Message(#) Sujet: Re: (maya) "I'm scared of what you'll say so I'm hiding (...)" Lun 11 Juil 2011 - 20:05


Knox était responsable de la situation dans laquelle Maya et lui se trouvaient. Il en avait conscience, et ne cherchait pas à se détacher de ses responsabilités, mais pour sa défense, il n'avait rien vu venir ! Il aurait du se taire, il le savait pertinemment. Mais jamais il n'aurait pensé que cela reviendrait jusqu'aux oreilles du directeur. Il avait bu ce soir-là, trop sans aucun doute. Il s'agissait d'une soirée entre lycéens comme il y en avait tous les week-ends. Pour une fois, le jeune homme avait décidé de faire une apparition. Il préférait d'ordinaire passer ses samedis soir en compagnie de Maya Mazello, son professeur d'arts plastiques, mais ils s'étaient mis d'accord sur le fait que Knox n'avait d'autres choix que de passer du temps également avec les gens de son âge, tant pour éviter d'éveiller les soupçons que pour éviter qu'il ne s'isole et n'en oublie pas sa jeunesse – ce dernier argument venant évidemment de Maya. Il s'agissait donc d'une soirée comme toutes celles des adolescents : une maison avec des parents absents pour le week-end, de l'alcool à profusion, et des adolescents en chaleur. Les mots s'étaient échappés des lèvres de Knox sans qu'il ne s'en rende compte que trop tard. Elle s'appelait Nancy ; une jolie fille brune aux yeux verts pommes, que le jeune homme soupçonnait d'être des lentilles. Il s'agissait de sa meilleure amie, et si Knox était certain qu'il pouvait lui faire confiance, il s'était trompé. Il ne savait pas pourquoi, mais ce soir-là, Knox avait particulièrement tenu à retrouver Maya, elle lui manquait, c'était aussi simple que ça. Lorsqu'il avait voulu partir discrètement, Nancy avait attrapé sa main lui demandant de rester, son plus beau sourire illuminant son visage. Elle avait bu elle aussi, mais pourtant, elle restait une période de confiance – en temps normal. « Il faut vraiment que j'y aille, mais on se voit demain si tu veux. » lui avait-il dit avant de déposer un baiser tendre sur sa joue. Il connaissait Nancy depuis des années maintenant ; si il y avait une personne à qui il pouvait le dire, c'était bien elle. Elle avait insisté pour qu'il reste, et pour une fois, une fois parmi tant d'autres, l'adolescent n'avait pas trouvé le courage de lui mentir. Alors, il avait attendu qu'elle lui promette de ne jamais le répéter à quiconque, puis lui avait dit la vérité. Il lui avait rappelé des choses qu'elle avait forcément vu – comme la façon dont ils s'étaient rapprochés, aidés par l'impertinence et l'assurance du jeune homme – et lui avait expliqué le reste. Un air étrange sur le visage, elle avait acquiescé puis était partie sans dire un mot. Knox n'avait pas compris, pas tout de suite en tout cas. Il était partie rejoindre Maya la surprenant dans son bain avec un livre, et l'avait rejointe avant de lui faire l'amour. Il ne lui avait pas dit qu'il avait fini par en parler avec quelqu'un, cela n'avait aucun intérêt. Il avait une confiance entière en Nancy. Mais lorsque le week-end s'était fini, et qu'il était retourné en cours le lundi matin, on lui avait demandé d'ouvrir son casier. Il avait refusé, pensant un contrôle anti-drogue, ou sans raison particulière, mais lorsqu'on lui avait dit que des accusations graves étaient faites au sujet de son professeur, et qu'ils cherchaient des preuves, il n'avait eu d'autres choix que de les laisser faire. Il n'avait pas mouché, pourtant. Son habituel sourire insolent s'était dessiné sur son visage – il ne craignait rien, ils ne trouveraient rien du tout dans son casier. Mais lorsqu'ils ouvrirent le classeur de mathématiques de celui-ci, Knox se remémora qu'il y avait laissé des photos avec Maya. Cela faisait une semaine qu'ils devaient les enlever, mais il avait sans cesse oublier, et il ne lui restait plus qu'à prier pour que toute cette histoire ne soit pas découverte. Ce n'était pas tant que tout le monde sache qu'il avait réussi à conquérir le coeur de Maya Mazello qui le gênait – il était fier de ce qu'ils partageaient – mais il savait à quel point c'était dangereux pour la carrière de la jeune femme. Lorsque les photos avaient été trouvés, il n'avait pas chercher à s'expliquer ou à dire que c'était un montage photoshop, c'était peine perdue. Il avait couru aussi vite qu'il le pouvait pour trouver la jeune femme et lui dire de démissionner avant qu'elle ne soit renvoyée. Mais lorsqu'il l'avait croisée, il était déjà trop tard.

Il était normal qu'elle soit en colère, mais Knox ne s'était pas attendue à une telle violence dans ses propos, ni dans ses sentiments. Il était blessé, cela ne faisait aucun doute. Les dents serrés, il cherchait quoi dire mais honnêtement, rien ne venait. Pour une fois, Knox Lee Spencer ne savait pas quoi répondre. Il observait attentivement le mouvement de chacun ses traits cherchant le moindre indice qui lui indiquerait qu'il avait une porte de sortie, un moyen d'apaiser sa colère. Mais il n'y avait rien, vraiment rien. Elle ne râlait pas pour la forme, elle ne faisait pas de son mieux pour rester aussi agacée, elle était honnêtement hors d'elle, et rien ne prédisait que la tempête soit sur le point de passer. Knox se mordit légèrement la lèvre lorsqu'elle déchira le dessin. Il s'en moquait en soit, ce n'était qu'un dessin, mais c'était plutôt le symbole derrière un tel geste qui lui posait problème. Elle aurait pu simplement l'abandonner sur le sol, mais elle avait tenu à lui montrer la puissance de sa colère. L'espace de quelques secondes, il envisagea de la laisser partir, et d'attendre le moment où il la croisait par hasard – ou par un hasard organisé. Pourtant, alors qu'il la voyait s'éloigner de plus en plus, sa silhouette rapetissant au fur et à mesure, il la rattrapa de justesse avant qu'elle ne pose un pied en dehors du parc. « Maya, attends. Je te demande juste d'écouter ce que je dis, et après, je te laisse partir. » Si elle ne voulait pas écouter, elle le connaissait assez pour savoir qu'elle ne le laisserait pas partir comme ça. « Je t'aime, Maya. Et je sais que pour l'instant tu es trop en colère pour en avoir quoique ce soit à faire, mais sache que c'est quelque chose qui n'a pas changé, et qui, j'en ai peur, en changera pas. » Il plongea ses yeux chocolats dans les siens, et continua. « Je ne vais nul part. Je reste ici, que tu le veuilles ou non. Alors si tu changes d'avis, n'hésite pas à m'appeler. Je reste à Miami. Prends ton temps, je t'attendrai. » Un sourire triste se dessina sur ses lèvres, et après cette déclaration qui le rendait mal à l'aise, comme promis, il allait laisser partir la jeune femme. Penaud, les mains dans les poches, il la regarda s'éloigner, la gorge serrée.

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Message(#) Sujet: Re: (maya) "I'm scared of what you'll say so I'm hiding (...)" Mer 13 Juil 2011 - 12:17

L’alcool, la drogue. Elle n’acceptait aucune excuse. Qu’il ait lâché l’information parce qu’il était ivre ou parce qu’il faisait confiance à une petite greluche ne l’intéressait pas. Il n’avait pas à le dire, pas sans la consulter et il aurait beau dire que c’était parce qu’il était follement amoureux qu’il avait ressenti le besoin de partager cette information, Maya ne lui pardonnerait pas aussi facilement. Elle plaçait rarement sa confiance quelque part, encore moins chez un garçon. Exceptionnellement, parce que ce qu’elle ressentait était aussi fort que ce que lui avait pu vivre, elle avait décidé de se livrer entière, même si cela s’avérait catastrophique pour la suite. Elle avait voulu vivre cette histoire sans le tenir à distance et voilà où cela l’avait menée ! Autant dire que cela la confortait dans l’idée que personne n’était assez bon pour qu’on s’implique, pour qu’on partage, pour qu’on se donne. Elle refusait d’admettre que cette trahison lui avait brisé le cœur. Elle préférait donner le change en prétextant que c’était le fait d’avoir été virée par sa faute qui était à l’origine de sa colère. Mais au final, elle s’en contrefichait de ne plus pouvoir enseigner. Bien sûr, cela lui avait fait un pincement au cœur au départ, mais elle avait vite fait son deuil de ce chemin tout tracé. Une porte se refermait pour mieux en ouvrir d’autres. La preuve : si elle n’avait pas perdu son boulot, elle ne serait certainement pas venue ici à Miami rejoindre son meilleur ami. Elle serait toujours loin de lui, sans savoir ce qu’il était devenu. Elle pouvait au moins lui laisser ça. Sa bêtise l’avait poussée vers un autre, même si ce n’était pas pour le même type de raison ni de relation. Mais en attendant, elle se sentait toujours autant meurtrie par ses actes. Elle pensait être rapidement passée à autre chose. Loin des yeux, loin du cœur. C’était plus simple comme ça. Mais le voir là, avec son regard effronté et son sourire enjôleur, elle avait autant envie de le frapper que de l’embrasser. Elle n’aimait pas être aussi faible, elle voulait ne rien ressentir, le voir et tourner les talons sans que ça provoque un chaos intérieur. Mais, visiblement, elle ne pouvait même plus compter là-dessus.
Elle aurait voulu retrouver ce froid glacial qu’elle avait ressenti la première fois qu’il lui avait expliqué comment ils en étaient arrivés là. La soirée, la meilleure amie. Elle était trop furieuse pour lui concéder quoi que ce soit. Il était fautif. Point. Elle ne niait pas avoir sa part de responsabilités. Elle n’aurait pas dû céder en premier lieu, elle aurait dû le remettre à sa place plutôt que de s’accrocher à lui avec une fièvre peu commune. Elle aurait dû imposer des limites, chose qu’elle n’avait pas faite, le laissant envahir son espace vital, son intimité, prendre une place qui était, à force, devenue à un tel point importante qu’elle en était arrivée à ressentir réellement quelque chose pour l’imprudent. A sentir son cœur s’emballer à chaque fois qu’elle pénétrait la classe où, elle le savait, il serait assis au fond. Elle n’arrivait même pas à regarder ailleurs, comme si son premier regard devait lui être accordé avant qu’elle n’atteigne l’estrade et son bureau. Une excitation dangereuse qui aurait pu, encore une fois, faire éclater au grand jour ce qui était cultivé et aimé dans le secret.
« Maya, attends. Je te demande juste d’écouter ce que je dis, et après, je te laisse partir. » Une lueur d’agacement passa dans le regard chocolat mais elle s’arrêta tout de même, ne cherchant toutefois pas à masquer son irritation et son impatience à quitter ce parc où toutes ses bonnes résolutions s’étaient envolées. « Tu as dix secondes et puis je rentre chez moi. J’ai sérieusement besoin d’une cigarette et d’un bon verre d’alcool pour digérer ton apparition. » Elle croisa les bras, tapota nerveusement du pied, haussant les sourcils avec mépris. « Je t’aime, Maya. Et je sais que pour l’instant, tu es trop en colère pour en avoir quoi que ce soit à faire, mais sache que c’est quelque chose qui n’a pas changé, et qui, j’en ai peur, ne changera pas. » Si les premiers mots du jeune homme lacérèrent son cœur – personne ne lui avait sorti ces trois mots, jamais, elle n’était pas la fille qu’on aimait, elle était celle qu’on prenait et laissait après usage – la suite ne changea rien à l’opinion qu’elle avait de la situation. Elle cherchait à le regarder sous un autre angle, comme s’il avait quatorze ans et non dix-neuf, mais quoi qu’elle fasse, elle ne pouvait réprimer cette irrésistible envie qu’elle avait de le frapper pour mieux l’emporter avec elle, peu importe leur destination. « Je ne vais nulle part. Je reste ici, que tu le veuilles ou non. Alors si tu changes d’avis, n’hésite pas à m’appeler. Je reste à Miami. Prends ton temps, je t’attendrai. » Maya serra les dents, décroisa les bras et lâcha abruptement : « J’espère que tu as de quoi t’occuper parce que je ne suis pas prête de changer d’avis, tu peux compter là-dessus. » Elle le quitta ensuite pour de bon, traversant la rue pour retrouver l’anonymat de ces rues et avenues qu’elle en était venue à aimer. Ce n’est qu’en arrivant à proximité de la demeure d’Adriel qu’elle réalisa qu’il avait réussi à lui faire monter les larmes aux yeux.



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