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 (maya) "For tonight, it's just the two of us"

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Message(#) Sujet: (maya) "For tonight, it's just the two of us" Lun 18 Avr 2011 - 21:20

Maya aimait communiquer par le dessin, et elle l'avait fait comprendre au jeune homme. Si elle avait un message à lui faire passer – et qu'il ne se trouvait pas à porter de voix -, elle dessinait agilement le message qu'elle voulait faire passer, et exigeait de lui la même chose. Le principal problème de ce système était qu'Adriel ne savait absolument pas dessiner, et tout ce qu'il s'évertuait à produire ressemblait plus à des gribouillis enfantins qu'à un semblant de dessin. Mais cette fois-ci, il décida de passer plus de temps. En effet, le jeune homme s'était levé avec l'envie de surprendre son amie en l'emmenant dans l'un des meilleurs restaurants de la ville, et il espérait pouvoir lui faire comprendre à l'aide d'un dessin. Cela faisait donc trois quart d'heure qu'il s'évertuait à tenter de dessiner deux personnes assises à une table avec un serveur à leur côté. Oui, mais voilà. Cela faisait également trois quart d'heure qu'il tentait désespérément de dessiner la table – la table en elle-même, même pas ce qu'il se trouvait dessus. Il sursauta légèrement lorsque le téléphone sonna. Il était tellement concentré qu'il en avait oublié qu'il se trouvait sur son lieu de travail, et qu'il aurait mieux fait de passer ce temps sur la rédaction de contrats plutôt que sur ce stupide dessin. Depuis que Maya était entré dans sa vie, il était plus.. distrait. Lui qui se moquait peu de rentrer à pas d'heures d'ordinaire prenait soin de rentrer à des heures correctes pour ne pas que la jeune femme s'inquiète, ou qu'elle ne prépare le dîner pour rien. Evidemment, chacun menait sa vie quand il l'entendait, mais Adriel trouvait un certain plaisir, et confort à avoir quelqu'un à qui racontait sa journée en rentrant le soir, et se rendait donc plus compte d'à quel point il avait été seul par le passé. Cela ne le rendait pas forcément plus social, ou plus intéressé par la compagnie des autres, à vrai dire. Cela renforçait plus l'affection qu'Adriel avait pour Maya qu'autre chose d'ailleurs. Mais c'était déjà un bon début – même si Adriel doutait qu'il y ait une suite à cette légère « évolution ».
Une fois le téléphone rapprochait, il gribouilla une assiette avec une fourchette et un couteau, « manger », des étoiles pour signifier le « dehors », et deux personnes en bâton avec un A et un M pour les désigner. Comprenez « Maya et Adriel vont au restaurant ce soir », ou quelque chose du style. Il scanna rapidement le document, l'envoya à son amie de toujours puis se remit au travail. Il avait quelques dossiers à clôturer avant de quitter le bureau.

(…)

La réservation qu'il avait faite était pour 21h, et il ne regretta pas de l'avoir fait aussi tard lorsqu'il put constater que Maya n'avait pas toujours lu son e-mail à 19H – apparemment en tout cas, puisqu'elle n'avait pas répondu, et n'était pas à la maison. Il monta rapidement à l'étage pour prendre une douche, et se changer et appela la jeune femme sur son portable qui n'était toujours pas rentrée. Adriel avait oublié le caractère indépendant, et dénoué d'attaches de la jeune femme qui détestait avoir un emploi du temps fixe, et regrettait maintenant de ne pas s'être contenté de passer un coup de téléphone. Mais il s'était pris au jeu qu'avait instauré sa meilleure amie, et l'idée de l'appeler, il devait l'avouer, ne lui avait même pas traversé l'esprit... Lui qui était si conventionnel d'ordinaire, il se reconnaissait à peine.
Ce fut donc juste à l'heure qu'ils arrivèrent au restaurant, Maya ayant également besoin de prendre une douche après avoir passé la journée dehors. Le côté ponctuel du jeune homme le titilla quelque peu – il préférait arriver en avance de quelques minutes à ses rendez-vous, et il ne cessa donc de presser Maya sur la route. Elle s'était pourtant amusée de ses remarques, et c'est de bonne humeur qu'ils arrivèrent au meilleur restaurant de Bayside Street. Une fois leurs mets commandés, ils entamèrent une discussion sans fin passant d'un sujet à l'autre sans même s'en rendre compte, et assaisonnant ces derniers d'éclats de rire, et de souvenirs biens choisis. C'est à une vitesse folle que passa la soirée, et lorsque vint l'heure de demander l'addition, Adriel se rendit compte qu'il n'avait aucune envie de rentrer. Ils approchaient pourtant dangereusement de minuit, et si ils sortaient maintenant, ils ne rentreraient plus avant pas d'heure, et ce dernier travaillait le lendemain. Il décida donc qu'il serait plus sage de rentrer, et tenta de chasser l'idée qui lui trottait dans la tête. « On y va ? » lui proposa-t-il alors qu'il venait de régler l'addition, malgré les protestations de la demoiselle. Il l'aida à enfiler son manteau, et lui donna son bras tandis qu'ils sortaient du restaurant. La voiture n'était pas garé tout près, et ils pourraient donc profiter un petit moment de la fraîcheur de la soirée. « Alors, au bout de quelques mois, quel est ton verdict ? » l'interrogea-t-il, curieux. « Tu ne regrettes pas d'avoir choisi Miami ? » A vrai dire, le jeune homme avait un peu peur qu'elle s'ennuie de sa compagnie. Il avait passé tant d'années seul, sans avoir à se soucier de personne, et en ne parlant que le strict minimum qu'il avait peur que les efforts qu'il faisait pour elle n'étaient pas suffisant.
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Message(#) Sujet: Re: (maya) "For tonight, it's just the two of us" Mar 26 Avr 2011 - 13:32

Maya adorait aller au restaurant. Et pour cause : elle n’y allait que très rarement. Les gens qu’elle fréquentait à Chicago n’étaient pas vraiment le genre de personnes à aller dans des endroits de ce genre. Ils préféraient s’arrêter à l’épicerie du coin et se descendre une ou deux bouteilles d’alcool – n’importe lequel faisait leur affaire – en se posant dans un parc ou dans un quartier isolé. Et, honnêtement, aller seule au restaurant n’aurait pas vraiment posé de problèmes à la jeune femme si elle en avait eu les moyens. Mais c’était loin d’être le cas alors elle s’était contenté de ses petits plats pas chers. Mais à Miami, c’était tout autre chose. Le temps magnifique qu’il y faisait quotidiennement poussait les gens à sortir le soir, à s’arrêter aux terrasses bondées des petits cafés et tavernes locaux pour y déguster des plats en tout genre. Maya avait appris à apprécier ces moments de bonheur pur et simple. Elle avait même parfois passé une après-midi entière assise à la table d’une terrasse pour dessiner les gens qui passaient, tout en consommant des boissons gazeuses et fruitées, se les enfilant sans relâche. Elle qui n’était pas très portée sur ce genre de choses auparavant, se voyait tentée par des nouvelles saveurs, de nouvelles couleurs. En même temps, Miami offrait tant à ses yeux curieux qu’il aurait été stupide de ne pas en profiter.
Elle n’aurait jamais pensé tomber amoureuse de cette ville. Non seulement Maya avait trouvé une nouvelle source d’inspiration, mais elle avait, en plus, fait des rencontres qui, encore aujourd’hui, la faisait sourire rêveusement sans qu’elle ne parvienne à réprimer quoi que ce soit. Il suffisait qu’elle se remémore le bain de minuit improvisé pour que sa peau se couvre de chair de poule, un frisson de plaisir qui ne diminuait pas, malgré les jours et les semaines qui s’écoulaient peu à peu, l’éloignant de ce dix-sept mars magique. Elle n’oubliait pas non plus sa rencontre des plus originales avec un jeune homme non moins atypique avec lequel, contre toute attente, elle avait pris un plaisir non feint. Ces rencontres inopinées n’avaient fait que la conforter dans l’idée que ce changement d’air ne pouvait lui être que bénéfique. Quant à la seule ombre au tableau, elle tâchait de la garder à distance, le temps de pouvoir se remettre les idées en place et ne pas se laisser guider par l’attraction folle qu’il exerçait sur elle.
Elle détestait être dépendante. Il n’y avait bien qu’avec Adriel qu’elle mettait sa fierté de côté mais, en même temps, Adriel, c’était Adriel. Avec lui, elle se sentait en sécurité, elle ne se tracassait pas pour l’avenir car elle retomberait toujours sur ses pattes et le fait qu’il l’ait tout naturellement invitée à s’installer chez lui y était probablement pour beaucoup. Elle aimait passer du temps avec lui. C’était comme si elle vivait une vie moins décousue, moins débauchée. Elle avait la sensation de retrouver sa candeur d’enfant, à défaut de pouvoir se purifier des erreurs qu’elle avait pu faire dans le passer. Avec Trent, le temps s’arrêtait, avec Hareton, il s’envolait, avec Adriel, il s’écoulait paisiblement. Un calme, une sérénité qui n’était pas pour déplaire à l’esprit impatient de Maya.
Quand elle avait découvert le scan du dessin d’Adriel, Maya avait éclaté de rire. Le son avait résonné dans la maison qu’elle était la seule à occuper en journée, quand elle n’était pas en vadrouille. Elle imprima le précieux document et alla l’afficher à son mur, parmi les photos qu’ils avaient prises au cours de ces dernières semaines. Pinçant les lèvres pour réprimer son sourire amusé, elle secoua la tête d’un air de dire « sacré Adriel ». Dès lors, elle n’avait plus eu qu’une hâte : celle d’aller s’asseoir à cette table irrégulière, en face de ce petit bonhomme sommairement tracé et dégustant ce qu’il y avait dans l’assiette imaginaire. Mais ce n’était pas pour autant qu’elle allait rester là jusqu’à ce soir. Enfilant un fin gilet sur ses épaules qui peinaient à bronzer, elle attrapa sa sacoche et sortit pour aller se promener avec le secret espoir de tomber sur l’un de ses compagnons d’un soir ou d’une après-midi, non pas pour réitérer leurs exploits mais bien parce que leur compagnie était agréable.

(…)

Elle retrouva son meilleur ami une demi-heure avant de partir au restaurant et à la mine qu’il tirait, elle se douta qu’il craignait qu’ils soient en retard – une notion qui importait peu à Maya, à vrai dire. Peu importe qu’ils arrivent un quart d’heure en retard, leur table ne serait certainement pas refilée à d’autres et leur nourriture ne refroidirait pas puisqu’ils ne l’avaient même pas commandée. Elle traina le pas lors du trajet, dans l’unique but de taquiner son meilleur ami et quand ils parvinrent au restaurant où Adriel avait réservé une table, elle s’exclama, d’u haussement d’épaules désinvolte : « Tu vois ? On y est largement à temps ? » Adriel lui ouvrit la porte et ils pénétrèrent dans la salle bondée. Maya prêta fort peu d’attention aux discussions à voix basse avec le serveur et quand il lui fut annoncé que la table était prête, elle glissa son bras sous celui d’Adriel et suivit l’employé, un sourire impénétrable aux lèvres.
Le repas – qui était délicieux, soit dit en passant – se passa sans remous, ils discutèrent longuement, comme ils le faisaient chaque fois qu’ils dinaient ensemble. Il lui parlait de son travail, de ses clients et elle l’écoutait avec ravissement, toujours aussi émerveillée de découvrir l’homme droit qu’il était devenu. Ce n’était que dans ces moments-là qu’elle réalisait à quel point ils avaient changé, tous les deux, à leur façon. Elle lui parla de ses journées, des coins qu’elle avait trouvés. Elle ne mentionna aucune de ses rencontres. Elle n’était pas certaine de vouloir lui dévoiler cette partie d’elle-même. Elle n’en avait pas honte, mais Adriel était comme son frère, et jamais elle n’aurait été parler de ça à River s’il était encore vivant. C’était son jardin secret, ses rencontres fortuites, ses plaisirs partagés et les dévoiler aurait ôté une partie de leur magie.
La soirée passa à une vitesse folle et, bientôt, avec un certain regret, Maya retrouva la fraicheur nocturne. Elle inspira profondément et soupira, appréciant la sensation d’avoir le ventre plein de bonnes choses et non pas d’alcool et pâtes infectes. Elle accepta le bras qu’Adriel lui tendit et posa sa tête contre l’épaule du jeune homme. Il avait la taille idéale, quoi qu’elle fasse, elle pouvait toujours poser sa tête contre son épaule ou contre son torse et il n’y avait rien de plus agréable que cette force et cette chaleur masculine. « Alors, au bout de quelques mois, quel est ton verdict ? Tu ne regrettes pas d’avoir choisi Miami ? » Elle garda un instant la tête contre la veste d’Adriel, bien contente qu’il ne voit pas la lueur qui embrasa ses yeux chocolat. Quelques images, de brefs instants pourtant, lui traversèrent l’esprit et repartirent aussitôt. Elle se redressa et leva la tête vers lui : « Je pense que c’est la meilleure chose qui me soit arrivée, sincèrement. » Elle ne précisa pas qu’avant d’arriver ici, elle avait la sensation d’avoir perdu pied et de ne pas savoir où aller. Il l’avait sauvée, en quelques sortes et pour ça, elle ne le remercierait jamais assez. « Je ne savais pas à quoi m’attendre mais c’est encore mieux que ce que j’aurais pu m’imaginer. Tu ne peux pas savoir le bien que ça m’a fait de te retrouver et de vivre avec toi, maintenant. » Elle était sincère et elle accentua sa remarque d’une légère pression sur le bras de son meilleur ami avant d’ajouter : « J’ai postulé pour un job, d’ailleurs. Je ne devrais pas tarder à savoir si je suis prise ou non. A ce moment-là, ça me permettra de mettre un peu d’argent de côté pour pouvoir décoller le jour où tu auras une dulcinée à installer chez toi. » Elle lui décocha un clin d’œil, ne précisant pas qu’elle espérait que ce ne serait pas pour tout de suite.
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Message(#) Sujet: Re: (maya) "For tonight, it's just the two of us" Mer 25 Mai 2011 - 19:45


Adriel avait beaucoup d'admiration pour la personne qu'était devenue sa meilleure amie. Elle était devenue une jeune épanouie et avait réussi à passer outre les difficultés du passé. Et pourtant, leur passé était d'un poids bien trop lourd pour les épaules d'une personne aussi frêle – en apparence en tout cas. Adriel lui-même ne s'en était jamais parfaitement remis, même si il avait l'impression d'avancer sur le chemin de la guérison depuis que Maya était de retour. Evidemment, ce n'était pas quelque chose dont il souffrait au quotidien, ni même à quoi il repensait toutes les semaines, mais cela faisait partie de l'homme qu'il était. Son emménagement en Floride lui avait été bénéfique, il ne s'en cachait pas. Mais Maya était devenue d'un naturel tellement social, avait une force spirituelle qui aurait pu lui décrocher un « wow » d'admiration de la part du fils Lamontagne. Une part de lui aimait à penser que tous deux s'en seraient encore mieux sortis si ils avaient pu quitter tous les deux le Delaware, ensemble, mais la vérité était que le fait d'avoir été séparéé leur avait peut être même été bénéfique. Ils n'avaient pas plus compter l'un sur l'autre comme il l'avait fait tant de fois auparavant, ils n'avaient pas pu se contenter de la présence de l'autre – et une chose était certaine : Maya s'était débrouillée à merveille. Adriel n'était pas mécontent de ce qu'il était devenu, il estimait même avoir plutôt réussi à sa vie mais il restait quelqu'un d'un naturel méfiant et inquiet – l'opposé de sa meilleure amie en somme. Mais puisqu'ils arrivaient à s'entendre à merveille en ayant évolué dans des situations foncièrement différentes, cela n'était pas un problème pour le jeune homme. Bien au contraire – la jeune femme mettait des couleurs dans la vie du juriste, et lui ouvrait les yeux sur certaines choses, comme le fait que s'ouvrir aux gens pouvait avoir des bons effets. Cela ne signifiait pas que Maya s’insupportait jamais Adriel. Elle se moquait parfaitement de l'heure que pouvait lui donner le jeune homme si ils avaient rendez-vous quelque part. Mais en faisant des efforts des deux côtés, cela donnait quelque chose de parfaitement supportable. Elle veillait à ne pas arriver trop en retard, et Adriel prenait sur lui lorsqu'il voyait l'heure approcher dangereusement. Ce soir, par exemple, il avait fait l'effort de ne faire aucune remarque même si il ne faisait aucun doute que Maya avait su déceler chez lui les signaux inconscients qu'il en voyait. D'ailleurs, il aurait parié que celle-ci avait ralenti le pas qui les avait mené jusqu'au restaurant mais taquine comme elle était, il ne ressentait pas vraiment le besoin de poser la question.

C'est naturellement qu'il lui proposa son bras lorsqu'ils sortirent du restaurant, et lui, qui était si peu habitué aux contacts physiques – encore un effort qu'il devait faire pour Maya, mais pas des plus désagréables celui-là, ne s'étonna même pas de sentir la tête de la jeune femme prendre appui sur son épaule. Elle était tactile, il avait bien du s'y faire. Evidemment, il s'était posé des questions au départ, trouvant son attitude ambigu, mais il s'était vite ressaisi – il s'agissait de Maya. Il n'y aurait jamais autre chose que de la fraternité entre eux, c'était tune évidence. C'était peut être d'ailleurs cet aspect inébranlable – et indispensable pour Adriel – de leur relation qui fit que la révélation de Maya le toucha autant. Elle avait pris soin de le regarder pour lui annoncer que venir à Miami était la meilleure chose qui lui soit arrivée. Dans les mots de la bouche de n'importe qui d'autre, cela aurait semblé exagéré, peut être même hypocrite, mais puisque cela sortait de la bouche d'une dessinatrice d'un talent sans pareil, de la seule personne à qui Adriel avait su donner sa totale confiance, il avait envie d'y croire. Elle se trompait peut-être, peut être que ce n'était pas le moment qui lui avait fait le plus de bien dans sa vie, mais il n'y avait aucun doute : c'était ce qu'elle pensait, là, sur le moment. Et c'était plus que quiconque avait jamais apporté au jeune homme. Un sourire trahissant son émotion se dessina sur son visage, et il la laissa finir.
« Je ne savais pas à quoi m’attendre mais c’est encore mieux que ce que j’aurais pu m’imaginer. Tu ne peux pas savoir le bien que ça m’a fait de te retrouver et de vivre avec toi, maintenant. » Il ne pouvait qu'être d'accord sur ce point. Lorsqu'il l'avait pu se pointer chez lui, sans prévenir, la veille de l'hôtel, son invitation avait été sincère, mais c'était surtout un risque qu'il avait pris. Ils ne s'étaient pas vus depuis dix ans, ils ne s'étaient pas parlé depuis quasiment autant de temps... Un risque inconsidéré. Mais cela lui avait sincèrement fait du bien, et si c'était à refaire, il n'hésiterait pas une seule seconde. A vrai dire, il aurait souhaité qu'elle reste vivre avec lui pour toujours – ou presque – et c'était sans aucun doute la raison pour laquelle il n'avait jamais abordé le sujet de recherches d'appartements – cela aurait été comme la mettre à la porte ! -, ni même de savoir si elle comptait rester. Il espérait sincèrement qu'elle resterait, que plus jamais ils ne seraient séparés. Mais surtout, il espérait se trouver sur la même longueur d'ondes à ce sujet, qu'elle ne finirait pas par repartir retrouver le meilleur ami qui l'avait sûrement remplacé – mais il évitait d'y penser, la crainte d'être abandonné n'était pas quelque chose de nouveau chez lui.
Il l'invita à marcher lorsqu'elle lui parla de son job. Le jeune homme secoua légèrement la tête. Elle n'avait pas vraiment de souci à se faire de ce côté là. Adriel n'en était pas encore là dans sa vie, et à l'heure actuelle, il n'avait même aucune prétendante à ce sujet – le problème résidant plus dans le fait qu'il ne ressentait pas le besoin de construire quelque chose malgré ses vingt-sept ans plus que dans le fait qu'il n'y avait personne. « Ne t'inquiète pas, personne ne te dira de prendre la poudre d'escampette. Pas même moi. » Il continua à marcher, et sourit lorsqu'ils passèrent dans une ruelle tellement fine qu'il était peu probable que deux personnes puissent y passer en même temps. Il s'arrêta, faisant signe à la jeune femme d'y jeter un coup d'oeil. « Combien d'heures on a pu passer dans des lieux de ce type... » Il poussa un léger soupir – Rivers était d'ordinaire de la partie lorsqu'ils allaient dans de tels lieux. Naturellement, se surprenant lui-même, Adriel passa son bras autour des épaules de Maya. Celui-ci ne pensait que rarement au frère de cette dernière – ils avaient été extrêmement proches pourtant, et seraient sans aucun doute très proches si ce dernier n'était pas décédé – mais c'était tout simplement plus simple pour le juriste de n'y penser qu'en cas d'extrême nécessité. « C'est étranger. J'ai parfois l'impression que c'était il y a un siècle, et d'autres, que c'était la veille. » Il se redressa, puis recommença à marcher aux cotés de la jeune femme – il ne leur faudrait qu'un petit quart d'heure pour rejoindre la voiture.
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Message(#) Sujet: Re: (maya) "For tonight, it's just the two of us" Mar 28 Juin 2011 - 21:51

Le ventre plein, une quantité d’alcool dans le sang tout juste suffisante à lui faire légèrement tourner la tête, Maya était aux anges. Elle ne s’était pas sentie aussi légère depuis une éternité. Finalement, la simplicité d’une existence stable n’était pas si désagréable. Il n’y avait pas de réelle aventure mais il n’y avait aucune crainte non plus. Pas besoin de se demander si ce qu’on faisait était bien ou non, se contenter de vivre au jour le jour. Bien sûr, elle ne pourrait pas vivre éternellement aux crochets d’Adriel et n’en avait d’ailleurs pas du tout l’intention. La preuve, elle s’était mise en tête de trouver un emploi et si les entretiens avaient été tous très variables, elle se rassurait en se disant qu’il y en aurait bien un parmi ces employeurs qui verrait au-delà de son air cynique et de son manque apparent d’ambition. À tous, elle avait répondu la même chose : elle ne savait pas où elle serait dans cinq ans, encore moins dans dix. Elle n’avait aucun objectif particulier pour l’instant sinon retomber sur ses pattes, mettre un peu d’argent de côté, mener une vie un peu plus calme que celle qu’elle avait vécue jusqu’ici. Beaucoup de froncements de sourcils avaient suivi cette affirmation et les questions avaient été posées, soit avec prudence, soit avec méfiance. Que faisait-elle donc pour avoir un train de vie aussi décousu ? Elle avait haussé les épaules, un sourire mystérieux. Elle n’était pas dans la mafia, qu’ils se rassurent. « Disons que j’ai fait des erreurs de jeunesse que je regrette. » prétendait-elle inlassablement. En réalité, elle n’était pas si jeune quand elle les avait faites, et elle les regrettait encore moins. Toutefois, ces déviations étaient la raison même de sa recherche d’emploi aujourd’hui. Si elle avait été sensiblement plus avisée, elle serait encore occupée à circuler entre les bancs, encourageant certains, corrigeant d’autres. En y repensant, Maya n’enviait pas du tout son ancienne place avec celle qu’elle avait à présent, aussi précaire soit-elle.
Adriel y était pour beaucoup, dans ce bien être naissant et neuf, Maya le savait. Raison pour laquelle elle savourait sa présence doublement. Un sourire comme rarement elle en arborait étirait ses lèvres alors qu’ils marchaient côte à côte. Elle aimait sentir l’étoffe de la veste légère d’Adriel, elle aimait son parfum masculin, sa force tranquille. Il représentait l’homme idéal, si seulement elle avait pu éprouver autre chose pour lui qu’une tendresse infinie. Et puis, en y repensant, Maya se dit que c’était justement ce qui rendait leur relation si harmonieuse : ils se ressemblaient et se différenciaient sur tant de points qu’ils ne pouvaient que se compléter et se renforcer l’un l’autre. Or, de la force, la jeune femme en avait bien besoin, même si elle ignorait pourquoi. Elle se sentait bien et faible à la fois, bouffée de l’intérieur qu’elle était par des souvenirs et des remords. Des images et des sensations qui remontaient sans cesse.
« Ne t’inquiètes pas, personne ne te dira de prendre la poudre d’escampette. Pas même moi. » En l’écoutant énoncer – affirmer, même – ces paroles, Maya s’écarta, gardant un bras glissé sous celui de son meilleur ami. « Tu dis ça maintenant… Mais demain tu vas peut-être tomber follement amoureux. » Ils passèrent dans une rue étroite et Maya relâcha son étreinte, se glissant dans le sillage d’Adriel. « Combien d’heures on a pu passer dans des lieux de ce type… » Elle savait à quoi il faisait référence. Toute son enfance était gravée dans sa mémoire. Une enfance où se mêlaient souvenirs complices et pleins de rire avec Adriel et River mais également des moments douloureux, des origines déchirées, brisées, variées, bouleversées. En conséquence, alors qu’il ravivait une partie de leur passé qu’elle avait tâché d’ensevelir sous tout un tas d’autres souvenirs bien moins significatifs, elle se perdit dans une contemplation absente. Ses sombres pensées ne furent écartées que parce que le jeune homme passa un bras autour d’elle. Avait-il senti la détresse poindre ou s’agissait-il d’un geste affectueux en rappel de ces aventures de jeunesse ? Elle ne se posa pas la question, se contentant de se laisser aller contre lui. « C’est étrange. J’ai parfois l’impression que c’était il y a un siècle, et d’autres, que c’était la veille. » Elle n’était pas surprise par la façon particulière qu’avait Adriel de s’épancher, mais elle devait reconnaitre être troublée par ce plongeon dans le passé. Elle en avait presque oublié que lui aussi avait connu River, qu’il n’avait peut-être pas été là le jour de sa mort mais qu’il avait été touché aussi profondément qu’elle. Au fond, ils formaient une fratrie, un trio inébranlable que même la mort ne pouvait séparer. La preuve : même après dix ans de séparation, Maya n’avait pas imaginé une seule autre personne vers qui elle pourrait se tourner alors qu’elle était en plein désarroi. Lentement, ils reprirent leur marche silencieuse et Maya la brisa au bout de quelques secondes, s’exclamant d’un ton absent, comme si elle était réellement dans la situation qu’elle lui décrivait : « Je ne sais pas si tu te rappelles notre virée improvisée à Prime Hook (National Wildlife Refuge). On était parti pour faire les cons et récolter des fascicules en vue d’avoir un alibi pour un week-end. Il y avait un pont en bois que River a escaladé, pour ne pas changer. Il était agile comme un singe, sauf qu’il n’avait pas calculé que la rambarde était pleine de mousse et il s’est retrouvé suspendu, cul nu, à nous hurler dessus. » Au souvenir de son frère, rouge de colère, incapable de défaire son pantalon du clou dans lequel il était resté accroché, maintenant difficilement son caleçon déchiré, Maya ne put réprimer un éclat de rire. Le genre de rire clair et limpide, sincère et spontané qui était plutôt rare chez elle qu'on ne pouvait pourtant pas qualifier de morose ou morne. Mais ce rire se mua rapidement en hoquets et elle se détourna machinalement d’Adriel. Maya Mazzello ne pleurait pas. Elle ravalait ses larmes, elle se noyait dans celles-ci. Ce n’était pas aujourd’hui, pas ce soir, alors qu’elle passait un moment merveilleux, qu’elle allait laisser les canaux se déverser. Aussi compta-t-elle lentement dans sa tête, cherchant à retrouver son calme et, par la même occasion, la maitrise d’elle-même qui lui permettrait de ne pas fondre en larmes au souvenir de son frère ainé, et tout ce que ce souvenir ravivait. Comme la fameuse nuit de son décès, par exemple, auquel elle avait assisté avec horreur et impuissance.
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Message(#) Sujet: Re: (maya) "For tonight, it's just the two of us" Dim 3 Juil 2011 - 19:02


Adriel et River avaient été très proches. Peut être pas autant que Maya, et Adriel avaient pu l'être, ni même que River et Maya l'étaient, mais une réelle complicité les unissait, et Adriel l'avait rapidement considéré comme son propre frère. Adriel s'entendait pourtant avec peu de monde, du moins lorsqu'il était sincère, mais avec Maya et River, cela coulait tout simplement de source. En leur compagnie, il pouvait se montrer bavard, ou silencieux, expansif, ou discret, casse-cou ou peureux, peu importait. Il n'y avait pas l'un pour émettre un jugement sur les choix de l'autre ; ils avaient tous les trois une histoire pas toujours facile, surtout à l'adolescence. Alors ils essaient du mieux qu'ils le pouvaient de se comprendre. Car, à la fin de la journée, quand il n'y avait plus ni professeur, ni camarades de classe, ils ne pouvaient compter que les uns sur les autres. Et ainsi, ils avaient la belle vie quelque part. Personne ne tenait à les surveiller, pas vraiment en tout cas. Ainsi, souvent la nuit, ils finissaient par se retrouver en dehors du pensionnat pour aller se promener en ville ou ailleurs. Adriel avait pris soin de ne pas penser à tout cela depuis des années. Se souvenir de tout ça était douloureux quelque part, et le jeune homme s'était donc habitué à vivre sans le confort de ces souvenirs. River n'était plus là, et si il n'avait pas un lien de sang avec lui comme Maya, penser à sa mort restait quelque chose qui brisait le coeur de Adriel. Cette nuit-là, même si il n'avait pas été en leur compagnie, quelque chose avait changé définitivement en Adriel, et également entre Maya et lui. Ils portaient désormais un même fardeau, une même absence. L'adolescent qu'il était à l'époque avait pourtant pris soin de cacher au mieux combien ce décès le toucher, notamment auprès de Maya. C'était une perte bien plus difficile pour elle. River faisait parti de sa famille, il était son frère – pour de vrai – et pire que tout... elle l'avait vu partir devant ses propres yeux. Elle avait du regarder la vie s'échapper de lui sans pouvoir y faire quoique ce soit. Adriel n'osait imaginer combien cela avait du être douloureux pour elle, combien cette mort avait du la hanter, et devait encore la hanter certaines nuits. Peut être était-ce pour cela qu'elle vivait aussi pleinement sa vie, peut être avait-elle pris le parti de vivre pour eux deux. Si c'était le cas, c'était une très belle philosophie de vie.
Adriel aurait peut être pu avoir la même, mais de cette mort, il ne gardait que deux choses : la perte d'un frère, et le regret de ne pas avoir été présent. Le jeune homme se rappelait parfaitement de cette nuit-là, comme si c'était la vieille. Il avait refusé l'invitation de Maya et River car il avait un examen à réviser. Cela ne lui ressemblait pas vraiment ; il n'avait jamais étudié beaucoup, et s'en sortait plutôt bien ainsi. Mais ce soir, quelque chose lui disait qu'il fallait qu'il révise, qu'il reste sérieux. Désormais, il estimait que cela avait été une erreur. Il ne se rappelait plus de l'examen, de son importance, de si il avait réussi ou échoué, mais il aurait du être là ce soir-là. Peut être que les choses auraient pu être différentes. Peut être les aurait-il incité à passer ailleurs, ou peut être aurait-il pu le sauver. Oui, c'était ça qui le hantait le plus : Adriel aurait peut être pu sauver River si il avait été là.

Il ne savait pas pourquoi d'un coup il était replongé dans tous ses souvenirs et surtout dans la douleur du décès de River. La présence de Maya à ses cotés jouait probablement, mais il savait qu'elle n'en était pas la cause principale. C'était cette rue, aussi anodine qu'elle semble, qui avait ramené à lui des souvenirs trop longtemps enfouis. La douleur était assommante, et le jeune homme avait désormais envie de rentrer, de retrouver le confort de sa maison, et de s'éloigner autant que possible du souvenir de River. C'était peut être pour ça que Adriel était ce que l'on pouvait appeler « socially akward ». Il n'avait pas cherché à résoudre les problèmes du passé, mais plutôt à les ignorer. A vouloir trop vivre dans le présent, il en restait hanté par son passé.
Son bras autour de la jeune femme, Adriel sentit un sourire naître sur ses lèvres en écoutant le souvenir qu'elle lui racontait. Il ne se souvenait pas particulièrement de cette nuit-là, ils en avaient eu des centaines ainsi. Mais il n'eut aucun mal à imaginer River dans une telle position. Il avait le chic pour se mettre dans des situations cocasses et où Maya et Adriel n'avaient d'autres choix que de se moquer de lui. Il n'alla pas jusqu'à rire comme le fit Maya, cependant. L'ombre de son décès était encore trop présente.

Il ne comprit pas tout de suite, lorsque son amie se détacha de lui. Il s'attendait à ce qu'elle enchaîne un autre souvenir, mais rien ne vient. Alors, avec la maladresse qui le caractérisait, ne comprenant pas qu'il aurait mieux fait de changer de sujet, ou de proposer à son amie de rentrer, Adriel enchaîna sur un second souvenir sans savoir à quel point il allait s'en mordre les doigts. « Et tu n'étais pas là quand il a voulu séduire Callie. Il avait décidé qu'il grimperait jusqu'à sa chambre. Elle était au dernier étage, et il n'y avait quasiment aucune prise. Je lui avais dit d'être prudent, mais il n'a trouvé rien de mieux à faire que de glisser, une rose entre les dents dans la boue au pied de l'immeuble au moment où elle ouvrait la fenêtre, alertée par le bruit... Il m'avait fait promettre de ne rien te raconter, mais il y a prescription maintenant. »


J'me suis merdée sur l'anecdote. xD
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Message(#) Sujet: Re: (maya) "For tonight, it's just the two of us" Mar 1 Nov 2011 - 10:54

Pleurer n’avait jamais été dans ses cordes. Elle détestait ça autant que de se trouver face à quelqu’un sanglotant. Elle n’aimait pas être réconfortée, ne supportait pas l’idée de presser ses joues trempées contre l’épaule de quelqu’un. Même si ce quelqu’un devait être Adriel. On ne pleurait pas dans sa famille. Tout comme on ne pleurait pas face aux gens qui étaient fondamentalement mauvais. C’était un principe que River lui avait inculqué. Plutôt mourir que d’offrir cette satisfaction à ceux qui tentaient de faire jaillir les larmes. Et Maya s’était évertuée à s’y tenir. Elle s’était endurcie puis était devenue indifférente aux attaques. Et cela lui avait plutôt bien réussi puisqu’elle s’en était sortie, finalement. Indépendante, elle n’avait plus à compter sur les autres et évoluait comme bon lui semblait, persuadée qu’il n’y avait pas meilleure façon d’exister. Mais maintenant qu’elle avait retrouvé Adriel, elle réalisait qu’il y avait aussi davantage à la vie, que l’amitié pouvait délivrer de fameux fardeaux. Par sa seule présence, Adriel parvenait à faire germer en elle le cœur de l’enfant qu’elle avait été : plus spontanée, plus aventurière, plus rieuse, plus extravertie. Elle n’avait pourtant pas le sentiment de changer fondamentalement. Mais quelque chose persistait à vouloir laisser la mélancolie remonter en elle, chose qu’elle s’était refusée tout au long de ces dernières années. Les souvenirs de River, elle les gardait précieusement enfouis au fond de son cœur, là où personne ne pouvait y toucher et altérer les sensations qu’ils lui procuraient. Personne de son entourage ne l’avait connu, personne ne pouvait le mentionner. À part Adriel. Adriel changeait toute la donne. Il avait été là, même si ce n’était pas toujours le cas. Il savait qui elle avait été, il ignorait qui elle était devenue. Cette personne presque insensible, qui pouvait faire preuve d’un mépris confondant. Il n’avait pas pu la voir foutre en l’air son quotidien et tout ce qu’elle construisait était bancal, prêt à s’effondrer. La preuve, elle avait eu une relation avec l’un de ses étudiants, d’une décennie ou presque son cadet. Bien sûr que cela capoterait un jour. Qui pouvait avoir une relation de ce type et que ça reste un secret éternellement ? Personne. Et elle n’avait pas forcément été très prudente. Peut-être qu’inconsciemment, elle n’attendait que ce moment, celui où tout pencherait et se fracasserait au sol. Knox avait été évidemment celui à blâmer puisqu’il avait précipité le fragile édifice mais il n’était pas le seul fautif. Elle était la première puisqu’au fond elle savait que ça arriverait.
Mais Adriel était son salut. Il allait lui permettre de retomber sur ses pieds. Il lui avait tant manqué toutes ces années, elle s’en était rendu compte en le retrouvant. Elle s’était habituée à son absence et finalement, il y avait certains jours où elle l’avait même complètement oublié. Mais maintenant qu’il était de nouveau à portée de main, les choses étaient totalement différentes. Sa présence était un réel réconfort mais également une assurance que tout irait mieux. Elle n’aurait jamais pensé que Miami lui ferait cet effet-là, mais la vie lui offrait une nouvelle chance de recommencer à zéro et elle ne manquerait pas de la saisir. Être accompagnée d’Adriel, dans ce périple, était une bénédiction. Plus les jours passaient, plus elle se disait qu’elle avait peut-être enfin trouvé un foyer, un vrai. Un endroit où elle ait envie d’évoluer, de poser les fondations d’une vie plus stable, moins désinvolte. Evoquer River ramena des vagues de souvenirs, de sensations, qu’elle pensait perdus à jamais et elle tâcha de respirer lentement, pour sécher les larmes qui menaçaient de dévaler ses joues. « Et tu n’étais pas là quand il a voulu séduire Callie. Il avait décidé qu’il grimperait jusqu’à sa chambre. Elle était au dernier étage, et il n’y avait quasiment aucune prise… » Tandis que la voix d’Adriel faisait revivre les péripéties de River, Maya fixait un point au loin, les bras croisés sur la poitrine, comme si elle n’entendait rien. Sauf qu’elle écoutait avec attention. « Je lui avais dit d’être prudent mais il n’a trouvé rien de mieux à faire que de glisser, une rose entre les dents, dans la boue au pied de l’immeuble au moment où elle ouvrait la fenêtre, alertée par le bruit… Il m’avait fait promettre de ne rien te raconter, mais il y a prescription, maintenant. » Un sourire caressa les lèvres de Maya qui ferma les paupières, les premiers signes d’un laisser-aller frémissant sur ses traits fermés. Elle renifla et les premières larmes glissèrent sur sa peau, dévalant ses joues, tremblotant légèrement avant de s’écraser sur sa blouse. Incapable de retenir un sanglot, elle l’étouffa en plaquant ses mains contre son visage, le dissimulant complètement derrière ses doigts alors que ses épaules tressautaient légèrement. Elle se laissa doucement glisser à terre, se contrefichant d’être au milieu d’un trottoir, d’être vue par les passants. Elle laissa l’océan qu’elle avait si longtemps maintenu en elle se déverser avec la sensation que jamais elle ne cesserait de pleurer. C’était trop tard. Adriel venait inconsciemment d’abattre les dernières barrières de Maya, celles qui l’empêchaient encore de faire son deuil de son frère ainé adoré. Chaque larme versée était un signe de guérison, chaque larme versée était une étincelle d’espoir pour l’avenir. Celui d’une page tournée. Jamais elle n’oublierait son frère, mais il était peut-être temps qu’elle le laisse à ce qu’il était : un merveilleux souvenir. Il était temps qu’elle vive pour de vrai, et cesse la mascarade qu’elle jouait depuis si longtemps en faisant semblant que rien de ce qui l’entourait ne la touchait. La preuve, elle était brisée, en mille morceaux, et elle n’avait plus qu’à recoller les morceaux. Avec l’aide d’Adriel. Adriel la sauverait, elle le savait.
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Message(#) Sujet: Re: (maya) "For tonight, it's just the two of us" Mar 8 Nov 2011 - 23:13

Adriel n'avait jamais été doué pour les relations humaines. Certains y voyaient de la mauvaise foi, mais la vérité était tout simplement que malgré ses tentatives plus vaines les unes que les autres, il échouait lamentablement dans ce domaine. Il n'y avait qu'avec une seule personne qu'il arrivait à relativiser et à avoir des réactions relativement normales : Maya. Peut être était-ce parce qu'il la connaissait depuis toujours. Peut être était-ce parce qu'elle ne l'avait jamais laissé tomber. Ou peut être était-ce parce qu'il s'agissait de Maya, tout simplement. Mais lorsqu'il était en sa compagnie, peu importait qu'il ne réagisse pas comme toute personne normalement constitué. Peu importait qu'il lui ait annoncé la mort de sa propre mère comme il lui aurait annoncé qu'un colis était livré. Il avait une manière bien à lui de gérer ses émotions, et Maya ne le lui avait jamais reproché. Elle s'était toujours montrée présente, sans jamais s'immiscer pour autant dans l'intimité de ce dernier, sans jamais le forcer à parler. Il avait tenté d'en faire de même. Lui qui détestait les contacts physiques, il avait appris à être différent avec elle. Un contact avec Maya n'avait rien de repoussant – c'était une communion, un témoignage de la force de l'amitié qui les unissait. Une amitié que des années passées séparés, sans le moindre contact, n'avaient pu briser. Il avait appris avec les années à voir les signes d'un faiblissement de sa part, à voir quand elle avait besoin d'affection, et à lui apporter tout ce dont elle avait besoin, à sa manière. Mais cette fois, il n'avait rien vu venir. Heureux de pouvoir parler de River avec quelqu'un, de se remémorer cette période de sa vie, il n'avait pas imaginé une seule seconde qu'il était, à chaque mot qu'il prononçait, entrer de porter des coups à la carapace que sa meilleure s'était formée pour se protéger de la réalité, de son passé... Il l'avait vu si forte, si indépendante qu'il n'avait pas imaginé une seule seconde de la tempête qui bousculaient sans arrêt son coeur. Et maintenant qu'elle se trouvait là, sur le trottoir, entrain de verser toutes les larmes de son coeur, Adriel ne savait quoi faire sinon la regarder, interdit. Il ne supportait pas de la voir ainsi. Si il avait pu se séparer de son corps, il se serait probablement donner un coup de poing en plein visage. Elle ne pouvait imaginer combien il se maudissait de l'avoir conduit à un état pareil – et de rester là, comme un idiot, à serrant les dents en attendant que ça passe. « Maya... » gémit-il, incapable de faire quoique ce soit d'autre. Devait-il l'aider à se relever ? Devait-il la prendre dans ses bras jusqu'à ce qu'elle se calme ? Devait-il simplement rester là et attendre ? Il regarda autour de lui, comme si il cherchait de l'aide. Mais il n'y avait pas personne, ou simplement quelques passants intrigués. Les poings de Adriel se refermèrent sur eux-même. Pourquoi la regardaient-ils ainsi ? Elle n'était pas un animal de foire. Dans une colère qu'il ne se reconnut pas, il leur cracha de passer leur chemin, et se plaça à hauteur de Maya. Cette fois, il n'eut pas besoin de réfléchir. Il prit la jeune femme dans ses bras, comme pour la protéger des passants, et aussi de la douleur qui s'abattait sur elle. Il voulait la protéger de tout ce que la vie pouvait mettre sur son chemin. Elle en avait assez vécu, et elle ne méritait rien de ce qu'elle avait souffert. Il aurait donné tout ce qui l'avait, l'équilibre qu'il avait enfin trouvé pour pouvoir retirer tout ce qu'il y avait de noir dans sa vie.. Plus empathe que jamais, il s'appropria peu à peu sa douleur. Ainsi, lorsque les larmes lui montèrent aux yeux, et qu'une larme perla sur sa joue, la seule et unique larme qui ait jamais coulé en près de quinze années, il n'en fut même pas surpris. C'était autant sa douleur que celle de Maya qu'il pleurait. C'était le fait que la vie soit destinée à les faire souffrir, mais leur fasse toujours le cadeau de leur permettre de se retrouver.

Au bout de quelques minutes, il desserra doucement son étreinte, et avec plus de tendresse que jamais, il releva doucement le visage de Maya jusqu'à ce que leur front repose l'un sur l'autre. Il planta son regard dans le sien, un sourire discret sur son visage, alors que sa larme commençait seulement à sécher. Il essuya du bout des doigts les larmes de cette dernière, et prit la parole, sur un ton si solennel et bas que seuls eux pouvaient l'entendre, tout comme seuls, ils pouvaient en comprendre l'importance. « Pleure autant que tu veux, Maya. Tu pourras toujours te reposer sur moi. » Il souffla doucement, peu habitué à utiliser des mots d'une telle force. « Je te promets que je ferai tout mon possible pour qu'il ne t'arrive plus jamais rien de douloureux. Je te protégerai toujours. » Il n'ajouta pas que c'était une promesse qu'il avait fait à River des années auparavant, alors qu'ils ne se doutaient ni l'un ni l'autre de ce que la vie leur réservait. « Toujours. » insista-t-il avant de la serrer de nouveau dans ses bras. Il ne pouvait pas dire beaucoup plus, mais il pensait sincèrement ce qu'il venait de dire, et il donnerait sa vie pour tenir cette promesse, promesse qu'il avait désormais faite aux deux seules personnes qu'il avait jamais considéré comme des amis. Mais il ne pouvait pas lui dire ça, il en avait déjà trop dit. Il commençait à ne plus avoir l'impression de maîtriser la situation. Ce n'était généralement pas un problème avec Maya, mais elle avait besoin qu'il soit fort ce soir. Alors il le serait. Et le seul moyen qu'il avait d'être fort, et de lui faire comprendre tout ça, c'était de la serrer tout fort contre lui. Alors, c'était ce qu'il ferait. Toute la nuit si il le fallait. Peu lui importait. Il était avec Maya, il prenait soin d'elle. Rien d'autre ne comptait.
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Message(#) Sujet: Re: (maya) "For tonight, it's just the two of us" Ven 30 Déc 2011 - 12:52

Elle était tellement peu habituée à pleurer que chaque sanglot semblait excessif, prêt à l’étouffer. Voilà pourquoi elle avait toujours refoulé ses larmes. Parce qu’elle avait l’impression de mourir quand elle pleurait. C’était tellement rare chez elle qu’une fois qu’elle était lancée, plus rien ne semblait l’arrêter. Elle vidait les vannes et finissait éreintée. Il n’y avait, également, pas de sommeil comparable à celui qui suivait une crise de larmes. Comme si la fatigue s’était effondrée sur elle et ne lui laissait plus l’énergie nécessaire à faire quoi que ce soit d’autre que dormir. Ce cas-ci ne ferait pas exception. Elle avait les joues inondées, le cœur oppressé, les tripes en émois et elle ne parvenait pas à se calmer. Dix années s’écoulaient ainsi, la vidant de son essence, la vidant de son âme. Heureusement qu’Adriel était là. Elle ne savait pas ce qu’elle aurait fait sans lui. Elle se serait probablement noyée. « Maya… » La voix d’Adriel était lointaine, comme étouffée par le chaos qui faisait rage dans le cœur et dans la tête de la jeune femme. Elle était trop bouleversée pour entendre les vociférations de son meilleur ami à l’encontre des curieux qui devaient s’interroger sur la crise qu’elle devait avoir, là, en plein air, au vu et au su de tous. Voilà ce qu’elle détestait et c’était exactement à eux qu’elle se livrait. À eux et à leurs regards consternés ou scrutateurs. Quand les bras d’Adriel l’enveloppèrent, elle s’y raccrocha comme à une bouée de sauvetage et enfouit son visage dans le pull de son meilleur ami. Tant pis pour les jugements, tant pis pour la pitié qu’elle devait évoquer chez certains. Elle avait tout ce dont elle avait besoin et laissait la douleur émerger, aussi douloureuse que si on lui enfonçait lentement une lame dans le cœur. Mais cette lame permettrait peut-être à son cœur de purger le trop plein de souvenirs, de faire le tri, de rendre à celui-ci une taille normale, un retour à la normale, enfin. Maya eut l’impression de pleurer durant une éternité, des jours entiers alors qu’il devait s’agir d’une question de minutes. Même pas une heure. Quand elle sentit le flot toucher à sa fin, la torpeur l’envahir, comme un doux poison, comme une drogue salvatrice, elle resta là, calée dans les bras sécurisants d’Adriel. Elle ne céda au mouvement que parce qu’Adriel la guida, lui releva le visage. Elle avait les yeux gonflés et rouges, le nez congestionné, elle faisait peine à voir mais comme l’apparence n’avait jamais été sa préoccupation, elle se contrefichait d’avoir le visage trempé, les yeux irrités et le nez qui coulait. « Pleure autant que tu veux, Maya. Tu pourras toujours te reposer sur moi. Je te promets que je ferai tout mon possible pour qu’il ne t’arrive plus jamais rien de douloureux. Je te protégerai toujours. » Un nouveau sanglot étrangla Maya mais elle garda le visage levé vers lui, enroula ses bras autour de son cou et pressa ses paupières closes contre la gorge d’Adriel. « Toujours. » Sa voix avait une autre intensité quand elle la percevait de l’intérieur. Mais elle avait cette même capacité à la rassurer, à la réconforter. « Qu’est-ce que je ferais sans toi ? » souffla-t-elle d’une voix rauque en se détachant de lui. Des traces noires laissées par son mascara vrillaient l’endroit où elle avait pressé son visage contre sa peau. Elle les fit disparaitre du bout des doigts puis porta la main à la joue de son meilleur ami, la caressa avec douceur, calmée mais encore tremblante de cette accès de folie et de faiblesse. « Mon Adriel » Elle attira son visage vers elle, déposa un léger baiser fraternel aux coins de ses lèvres et y resta quelques secondes avant de déclarer avec un sourire à peine visible : « Je suis désolée d’avoir craqué ici… Je… Est-ce qu’on peut rentrer et dévorer un de ces pots de glace délicieuse qui encombrent ton réfrigérateur ? » Elle avait juste besoin de se consoler, et rien de tel pour cela que de se laisser aller à ce vieux cliché du canapé-pyjama-pot de glace-bonne compagnie. Demain ça irait mieux. Demain, elle referait surface. Pour l’heure, elle avait juste besoin de chaleur, des bras d’Adriel et de laisser River partir pour de bon. Pour pouvoir vivre. Enfin.
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Message(#) Sujet: Re: (maya) "For tonight, it's just the two of us" Mar 17 Jan 2012 - 21:10

Pris dans le moment, enveloppé par l’intensité des émotions qui les traversaient, Maya et lui, Adriel n'eut même pas le réflexe ou l'envie de reculer lorsque la jeune femme approcha les doigts de sa joue. Lui qui détestait les contacts physiques, cette intimité que les gens cherchaient à tout prix à créer, se surprenait à la trouver bienvenue ce soir. Il allait bien, lui, pourtant mais à voir Maya aussi fragilisée, il avait l'impression que c'était lui qui était prêt à se briser en mille morceaux. Un petit coup de vent, et il ne serait plus rien d'Adriel Lamontagne...
Il la connaissait assez pour savoir qu'elle ne laissait rien transparaître, et que si lui, mieux que quiconque, savait deviner les zones d'ombre derrière ces sourires, elle était généralement assez bonne comédienne pour que tous la perçoive comme insouciante, voire peut être même immature. Mais ils pouvaient bien penser tout ce qu'ils voulaient d'elle, ces gens, il ne la connaissait pas. Pas aussi bien qu'Adriel. Ils ne savaient pas toutes ses douleurs, et tous les démons de son passé. Ils ne savaient pas ceux à quoi elle avait survécu, et combien de fois elle avait sauvé Adriel – sur ce dernier point, il était d'ailleurs fort probable qu'elle-même ne le sache pas. Alors, quand elle lui demanda ce qu'elle ferait sans lui en caressant sa joue, c'est un large sourire qui se dessina sur les lèvres du jeune homme, d'ordinaire si enclin à dissimuler ses émotions. Par ce sourire, il lui retournait la question. Par ce sourire, il lui disait également combien il se sentait reconnaissant d'avoir quelqu'un comme elle dans sa vie. Par ce sourire, il lui disait combien il était fier, qu'elle lui accorde une telle place. Pourtant, pas un mot ne sortit de sa bouche. Le lieutenant de police, si il pouvait se montrer particulièrement bavard lorsque son métier l'exigence, n'avait jamais quelqu'un de très démonstratif, ni de très causant. Il disait les choses avec simplicité, et ne cherchait pas à compliquer les choses. Mais de telles émotions, une telle amitié ne portaient pas de nom, ne pouvaient se voir poser de mot, sinon pour les diminuer, alors il préférait se taire. Maya et lui n'avaient jamais eu besoin de mots pour se comprendre, simplement de pouvoir serrer la main de l'autre dans la sienne quand le poids du monde devenait un peu trop lourd à porter. Lorsque Maya posa ses lèvres sur les siennes, le jeune homme ne put s'empêcher de passer doucement une main dans les cheveux de la demoiselle. Il n'y voyait pas plus qu'il y avait à y voir, cependant. C'était un baiser d'amitié, et cela n'avait rien de décevant, au contraire même. C'était tout ce qu'ils avaient à se donner l'un comme l'autre, et tout ce dont ils auraient jamais besoin : l'amitié de l'autre. Alors, elle pouvait bien se blottir dans ses bras, lui prendre la main, et lui faire des bisous si cela lu faisait du bien. Adriel prendrait sur lui le temps qu'elle aille mieux. Ce n'était d'ailleurs pas si dérangeant lorsqu'il s'agissait de Maya. Elle le connaissait assez pour ne pas abuser de ce genre de gestes d'affection, il la connaissait assez pour savoir qu'elle n'en abuserait pas. Il essuya ses excuses en secouant légèrement la tête, et l'aida à se relever, ne manquant pas de bien la caler sous son épaule. Il sentait encore le tremblement que provoquaient dans son corps ses sanglots, il l'entendait encore pleurer de tout son soûl, et ça le déchirait de l'intérieur. Il ne se débarrasserait pas de cette image facilement, mais en attendant, il préférait se focaliser sur les demandes de la jeune femme pour faire tout son possible pour panser ses blessures. Il n'y avait pas grand chose à faire. Il ne remplacerait jamais River. Il ne serait jamais capable de le ramener, malheureusement. Mais il tenait sa promesse, la promesse implicite qu'ils s'étaient toujours faites : si l'un de nous part, l'autre prendra soin de Maya. « Cookie Dough, et vin blanc pour la demoiselle. C'est noté. » acquiesça-t-il, sachant très bien qu'il parlait plus pour elle que pour lui, en ce qu'il s'agissait du vin. Il avait besoin d'un bon verre ce soir. Ils marchèrent encore quelques minutes pour rejoindre la voiture, et lorsque Adriel referma la portière de Maya, et fit le tour de la voiture, il ne put s'empêcher de regarder les étoiles dans le ciel, se demandant si River les observait. Il n'avait jamais été très croyant, mais pourtant, ce soir, l'idée que River soit encore avec eux sans qu'ils le sachent lui paraissait particulièrement délectable.
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(maya) "For tonight, it's just the two of us"

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