AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

  Do you want to bet that I'm not a gambler ? ♠♣♥♦

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Do you want to bet that I'm not a gambler ? ♠♣♥♦ Mer 18 Mai 2011 - 21:52

    Play Again ?


♠♣♥♦



    Joueur: « Encore ?! Bon sang, je ne sais pas comment vous faites, c'est à peine croyable !! Je n'ai jamais vu une personne aussi chanceuse de toute ma vie !! Vous vous rendez bien compte que vous m'avez ruiné sur ce coup-là ? C'est fini, j'abandonne la partie les gars ! »

    L'homme poussa un profond soupir, passa une main sur sa nuque endolorie puis lança un regard admiratif en direction de la pile de jetons posée face à sa ravissante adversaire. C'était bien la première fois de sa vie qu'il perdait autant d'argent autour d'une table de Poker !! Pourtant, il avait pour habitude de faire face à de redoutables joueurs et se vantait même d'avoir gagné un tournoi dans un Casino de Las Vegas quelques années plus tôt. Ceci dit, il ne jugea pas nécessaire de le rappeler ce soir. Pas après une telle défaite. Après tout, c'était bien la première fois qu'il perdait face à une femme et sa virilité venait d'en prendre un sacré coup ! Après avoir serré la main d'un autre joueur, il décida de quitter la table, suivi de très près par un autre client du casino, à peine plus âgé mais qui avait également compris qu'il allait finir par y laisser la peau. Leur adversaire si chanceuse et si redoutable ? Une charmante demoiselle nommée Amy-Rose. Quand elle s'était installée à leur table quelques heures plus tôt, tous s'étaient mis à sourire narquoisement, persuadés qu'ils avaient à faire à une petite joueuse en mal de sensations fortes. Ils l'avaient poussé à jouer de très grosses sommes d'argent mais l'avaient bien vite regretté. De toute évidence, ils ne savaient pas à qui ils avaient à faire... De son côté, Amy-Rose afficha un sourire satisfait et devina au regard brillant du croupier qu'elle avait face à elle une coquette somme d'argent. En réalité, elle n'avait qu'une vague idée de ce qu'elle avait bien pu gagner en l'espace de quelques heures. Venir au casino était une manière comme une autre d'arrondir ses fins de mois, d'autant que la jeune femme était absolument certaine de ne jamais perdre son argent. Une question de chance ? Absolument pas !! Amy-Rose ne comptait pas sur le hasard ou sur une main chanceuse pour gagner, mais tout simplement sur son intelligence. Quoi de plus facile que de compter les cartes ?? A ses yeux, c'était d'une simplicité enfantine et elle ne comprenait pas pourquoi seulement peu de personnes étaient capables de faire une chose pareille. Cela ne demandait pourtant rien de plus qu'un peu de concentration et de mémoire. Oui bon, légalement, ce n'était peut être pas totalement autorisé mais Amy-Rose était persuadée de ne jamais se faire pincer.

    Après s'être levée, la jeune femme se rendit jusqu'au guichet afin de faire échanger ses jetons contre de l'argent. Lorsque l'employé du casino lui annonça la somme qu'elle venait tout juste de gagner, Amy-Rose demeurra interdite l'espace de quelques secondes. « Je vous demande pardon ? » Son regard turquoise se concentra sur les lèvres de son interlocuteur et les battements de son coeur s'accélérèrent quand elle réalisa qu'elle ne s'était pas trompée et qu'elle avait parfaitement compris le montant qu'elle venait d'empocher. La somme que l'on venait tout juste de lui remettre en petites coupures avait véritablement de quoi lui donner le vertige. Amy-Rose n'avait pas pour habitude d'avoir autant d'argent. A vrai dire, elle ignorait totalement ce qu'elle allait bien pouvoir faire d'une telle somme. Un large sourire se dessina sur son visage de poupée et elle rangea les billets dans une petite pochette en soie, assortie à sa robe noire. C'est au même moment qu'elle sentit une main se poser sur son épaule.

    Agent 1-« Veuillez-nous suivre mademoiselle ... »

    Amy-Rose tourna la tête et vit deux hommes habillés en noir de la tête aux pieds. Des employés du casino. Aïe ! La jeune femme était sur le point de rétorquer mais elle lu sur les lèvres du second de ne pas faire d'histoire et de les suivre, ce qu'elle fit. Tout le reste alla extrêmement vite, elle fut conduite dans un bureau sombre et sans fenêtre où l'attendait déjà un troisième homme, visiblement beaucoup plus sérieux et autoritaire que ses deux compères. Il était assis derrière un bureau, les bras croisés et observa Amy-Rose avec tant d'insistance que la jeune femme en eut la chair de poule. Que diable lui voulait-on ??

    Agent 2-« Asseyez-vous je vous prie. »

    Une première demande qu'Amy-Rose ne remarqua même pas tant son attention était focalisée sur les mûrs de cette pièce sinistre. L'homme fit un signe de la main et l'un des deux autres appuya sur l'épaule de la jeune femme, l'incitant à s'asseoir sur le champs et lui faisant extrêmement mal par la même occasion. Amy-Rose s'empressa de lui lancer un regard furieux puis poussa un profond soupir avant de prendre enfin la parole.

    Amy-Rose- « Je peux savoir ce que je fais ici ? Il doit certainement y avoir erreur sur la personne et je ... »
    Agent 2-« Il n'y a aucune erreur mademoiselle. Notre Casino est doté d'un système de surveillance extrêmement sophistiqué, ainsi nous avons un oeil sur chacun de nos clients. Il s'avère que depuis trois jours, nous observons vos moindres faits et gestes. C'est grâce à cela que nous avons ... »

    C'est ici qu'Amy-Rose perdit le fil de la conversation. L'homme face à elle venait de se tourner et il lui était désormais totalement impossible de savoir ce qu'il était en train de dire. La jeune femme fronça les sourcils et tenta de se pencher pour essayer d'apercevoir le visage de son interlocuteur mais en vain. Il n'y avait de plus angoissant à ses yeux que de ne pas parvenir à suivre une conversation. Lorsqu'il se tourna enfin vers elle, Amy-Rose constata que son visage était impassible et qu'il jetait de temps à autre un regard en direction de l'homme qui avait toujours sa main posée sur son épaule. C'est lui qui devait être en train de parler désormais. La jeune femme osa donc tourner la tête et parvint à comprendre la fin de son discours.

    Agent 1-« … c'est pour cette raison que nous avons besoin de savoir. Comment faites-vous cela ? »
    Amy-Rose- « Comment je fais quoi ? »
    Agent 1-« Ne jouez pas à ça mademoiselle Sullaway, vous savez parfaitement de quoi nous voulons parler. La chance n'a rien à voir là-dedans, n'est-ce pas ? Personne ne peut décemment gagner autant d'argent en si peu de temps. Alors ? C'est quoi votre truc ? »

    Certes elle n'avait pas entendu la totalité de son discours mais elle savait pertinemment que sa présence ici avait quelque chose à voir avec ses méthodes on ne peut plus douteuses pour gagner aux jeux. Amy-Rose aurait volontiers pris le temps de leur expliquer que compter les cartes n'est pas tricher, qu'il s'agit simplement d'une technique comme une autre et que chez elle, compter les cartes n'était rien de plus qu'un automatisme mais ils ne l'auraient certaiement pas prise au sérieux.

    Agent 2- « … comme Clay Moore. Nous connaissons chacun de nos clients et nous savons qu'il est votre complice. A moins que ce ne soit lui le cerveau de l'opération. »

    Clay ? Qu'avait-il à voir là-dedans ? Pourquoi lui parlait-on de cet homme qu'elle connaissait à peine et avec qui elle avait tout au plus passé trois soirées ? Les pires scénarios défilèrent dans son esprit : et s'il n'était rien de plus qu'un escroc comme on en voit dans les films ? Et si elle passait pour sa complice alors que dans le fond, elle n'avait rien fait de plus que le 'conseiller ' sur les cartes à jouer et celles à ne pas jouer.

    Agent 2- « Vous resterez ici toute la nuit s'il le faut mais nous finirons par savoir. Et si vous ne parlez pas, il le fera certainement pour vous. »

    Amy-Rose adopta un air interrogatif. Une fois encore, c'est en observant le visage de son interlocuteur qu'elle comprit. Une autre personne venait d'entrer dans la pièce. La jeune femme tourna de nouveau la tête et fut véritablement surprise de voir Clay sur le pas de la porte, encadré par deux agents de la sécurité. Bon sang … dans quelle galère était-elle tombée ?L'agent se remit à parler mais bien trop vite pour qu'elle puisse avoir le temps de comprendre ce qui lui était véritablement demandé.

    Agent 2- « ALORS ??? »
    Amy-Rose- « S'il vous plait … recommencez plus doucement, je n'ai pas compris. »
    Agent 2- « Arrête de te foutre de ma gueule et réponds à ma question !! »
    Amy-Rose- «Le fait est que je ne peux strictement rien vous dire si je ne sais pas de quoi vous parlez.»
    Agent 2- « Trés bien. Ma patience à des limites. Faites le entrer lui aussi. Ils finiront bien par parler!! »




Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: Do you want to bet that I'm not a gambler ? ♠♣♥♦ Mer 25 Mai 2011 - 22:24


AMY-ROSE SULLAWAY & CLAY MOORE


Après avoir dîné avec Sixtine -et s'être disputé pour une énième fois, ce qui avait largement prolongé le repas- Clay la consigna dans sa chambre avant de se charger de tout débarrasser et ranger. S'occupant de faire la vaisselle et de tout nettoyer, il finit par décider de sortir. A cran, il n'avait nullement l'envie de se coller bêtement devant la télévision et avaler le tas de conneries qu'on lui servirait sur un plateau doré. Et quel meilleur endroit pour passer ses nerfs que le Gold Empire ? Clay ne connaissait pas mieux ! Il avait toujours été un fan des casinos, y passant beaucoup de temps sans pour autant prendre trop de risques et se ruiner. Le but n'était pas là. Mais jouer faisait grimper l'adrénaline en lui et il ressortait toujours serein et détendu, même s'il avait perdu tout l'argent qu'il avait joué. Il était donc monté se doucher et se changer, afin de revêtir une tenue correcte pour rentrer. Là-bas, hors de question de se pointer en jean et en tee-shirt ! C'était costume obligatoire et chaussures vernies. Ça tombait bien, car pour ces dernières Clay en avait toute une collection ! Maniaque des chaussures depuis très jeune, il en achetait à profusion et les classaient par couleur de façon méthodique, se prenant toujours quelques heures par semaine pour toutes les nettoyer. C'était... presque compulsif, oui. Donc, après s'être rasé de près et habillé, il marcha jusqu'à la chambre de Sixtine et après avoir toqué trois coups tenta de rentrer dans la chambre. Mais la jeune fille avait fermée à clé. Clay soupira, exaspéré. Il lui cria à travers la porte qu'il sortait, mais qu'il ne rentrerait pas tard, et qu'elle avait plutôt intérêt à dormir à poings fermés à son retour, ou ça allait réellement mal se passer. Après quelques dernières recommandations, il descendit et sortit sa voiture du garage, disparaissant dans les rues de Lemon Street.

Arrivant devant le casino, il laissa sa voiture à un voiturier et attrapa le petit numéro qu'il lui tendit en échange. Réajustant sa veste de costume il monta rapidement les quelques marches qui le séparait encore de l'entrée, et là salua d'un bref signe de tête les hommes qui surveillaient les va et viens continues des gens, les "connaissant" à force. A peine eut-il posé le pied sur le sol du casino que l'ivresse du lieu s'empara de lui. Un large sourire se dessina sur ses lèvres masculines et il glissa sa main droite dans sa poche de pantalon, le cœur léger, le sang en feu, déjà impatient d'aller tenter le diable. Cet endroit avait toujours eu le don de le mettre de bonne humeur et de lui faire oublier tous ses soucis. Il laissait ses pensées dehors, et ne pensait plus qu'à lui et à la chance qui pointerait peut-être le bout de son nez. Et d'ailleurs, en parlant de chance, il avait bien l'intention ce soir de la forcer un peu si l'occasion se présentait. Et l'occasion portait un prénom : Amy-Rose. Il avait rencontré la jeune femme par hasard, autour d'une table alors qu'il s'apprêtait à faire ses jeux. Elle était intervenue au dernier moment, lui conseillant le chiffre sur lequel misé. Et bingo ! Elle avait fait mouche. Et idem toutes les fois suivantes. Impressionné et conquis, il avait passé le reste de la soirée avec elle, arpentant les différentes tables du casino. Et depuis, dès qu'ils se croisaient -assez rarement néanmoins- ils faisaient "équipe" et il considérait ce petit bout de femme comme une sorte de porte bonheur. Il ne savait pas comment elle faisait, mais elle visait juste pratiquement à chaque coup. Autant vous dire que la fréquenter était rentable ! Ce soir là donc, il se mit à déambuler un peu partout, voyant s'il ne l’apercevait pas quelque part. Mais jusqu'à lors, il ne la vit pas. Peut-être arriverait-elle plus tard, peut-être était-elle en train de se promener du côté du bar, ou tout simplement peut-être ne viendrait-elle pas ce soir. Ni l'un ni l'autre ne venait à des jours ou des heures précises. C'était assez aléatoire. Ce que Clay ne savait pas, c'était que la jeune femme était bel et bien là, mais certainement pas dans un endroit qu'il aurait pu imaginer...

Clay finit par s'installer à une table et commença donc sa soirée comme il l'entendait. Mais à peine quelques minutes après, trois hommes chargés d'assurer la sécurité débarquèrent dans son dos. « Clay Moore ? » Plus concentré sur sa partie que sur ces trois gorilles, l'homme se contenta de répondre sans leur adresser un regard : « Mouais. S'pour quoi ? » Une main puissante se posa sur son épaule, l'obligeant à faire demi-tour pour les regarder. « Suivez-nous s'il vous plait. » Clay les dévisagea, haussant un sourcil. Qu'est-ce qu'ils lui voulait ceux-là ? Pas franchement motivé à l'idée de tout laisser en plan pour savoir quels ennuis ils risquaient de lui causer, Clay dégagea la main d'un rapide coup d'épaule et répondit assez sèchement : « Ça attendra. Je joue. » Il se retourna à nouveau, leur présentant son dos et ignorant les nombreux regards qui le fixaient. Mais il n'eut même pas le temps de dire "ouf", que déjà il sentit deux bras se glisser sous chacun des siens et l'entrainer. Furieux, Clay commença à s'agiter, cherchant à se défaire de l'emprise des deux molosses. « Qu'est-ce que vous faites ?! Ça va pas ? Lâchez-moi j'vous dis ! » Continuant de se tordre dans tous les sens dans l'espoir qu'ils le lâchent, Clay s'énervait de plus en plus alors que personne ne semblait pour le moment décidé à lui expliquer quoi que ce soit. Le tenant fermement, les deux hommes -qui suivaient le troisième en tête de file- l'emmenèrent dans des escaliers avant de remonter un long couloir peu éclairé. Oula... ça, ça ne sentait pas bon du tout ! Clay cessa de trop s'agiter, mais un stress incontrôlable commença à monter, sachant que ce genre de situation n'était jamais très bonne... Nerveux, il respirait rapidement, zyeutant de tous les côtés dans l'espoir de trouver une indication sur ce qui l'attendait.

Finalement, l'homme qui marchait devant ouvrit une porte et ils le firent rentrer dans une petite pièce cubique et visiblement très bien isolée. Son regard se porta aussitôt sur la personne qui était assise sur une table. Il plissa les yeux, cette silhouette lui étant familière. Merde ! C'était Amy-Rose. Qu'est-ce qu'elle fichait là bon sang ? Il ne fallut pas beaucoup plus pour que Clay finisse pas comprendre. Interceptant la fin de leur conversation, l'homme qui était face à la jeune femme cherchait à savoir quelque chose qu'Amy ne semblait pas se résoudre à vouloir lui avouer. Habitué des casinos, Clay ferma les yeux, comprenant qu'ils avaient surprit le fait qu'Amy gagnait quasiment à tous les coups et qu'elle permettait également à Clay d'empocher de coquettes sommes. A leurs yeux, ils n'étaient que des tricheurs. Et en plus de devoir leur révéler leur technique, ils allaient devoir les rembourser et ils ne pourront plus jamais remettre les pieds ici. Clay pesta intérieurement. Il savait qu'il devait être méfiant, mais l’appât du gain avait eu raison de lui et il s'était laissé tenter. Le bloquant conte un mur, les deux agents continuèrent de lui maintenir chacun un bras alors qu'il s'agitait, nerveux. Pourquoi est-ce qu'elle jouait les héroïnes bon sang ? Qu'elle leur balance sa technique bon sang ! Qu'ils puissent s'en aller de là avant que ça ne dégénère. Alors que la jolie brune ne le regardait pas, il lâcha : « Amy ! Donnez leur ce qu'ils veulent savoir bon sang, c'est pas le moment de jouer à la plus maline. » Les agents qui faisaient face à Clay hochèrent la tête pour approuver ses dires et le premier reprit : « Vous devriez écouter monsieur Moore, ce serait plus raisonnable pour tout le monde. Sinon il pourrait arriver quelques bricoles... dans ce genre-là par exemple. » Il claqua des doigts et fit un signe de tête à un des deux gorilles qui tenait Clay. Celui-ci hocha la tête et sans que Clay ne le voit venir, le poing de ce dernier vint s'écraser sur son nez. Clay échappa un râle rauque sous la douleur et se pencha en avant, cherchant à se libérer les mains pour venir les poser sur son nez meurtri. Impossible, ils ne le lâchaient pas. Il grimaça et ferma les yeux, reprenant son souffle alors qu'il avait l'impression que tout son sang lui remontait violemment dans le nez. « Dites-nous comment vous faites. » Clay resta silencieux encore quelques secondes avant de se redresser lentement, le nez abimé. D'une voix énervée et étranglée à la voix il grinça : « Moi j'en sais rien, je joue ce qu'elle me dit d'jouer, c'est tout. » Il grimaça encore, priant pour qu'Amy se dépêche de balancer sa technique de triche, n'ayant nullement l'envie de servir de défouloir à ces dingues.


Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: Do you want to bet that I'm not a gambler ? ♠♣♥♦ Mar 31 Mai 2011 - 23:40

    Amy-Rose haussa les yeux au ciel avant de retrouver sa contenance habituelle. Elle avait beau savoir que ses « astuces » pour gagner au jeu n'étaient pas légales, elle ne pouvait toutefois se résoudre à les considérer comme une arnaque. Après tout, ce n'est pas comme si elle avait mis au point un dispositif quelconque pour parvenir à ses fins puisqu'elle se contentait uniquement de se fier à son intelligence et à son esprit de déduction. Etait-ce interdit ? Sans compter que ce n'est pas avec l'argent qu'ils avaient gagné ensemble que le casino risquait de faire faillite !! Certes, les sommes empochées étaient relativement conséquentes mais Amy-Rose n'était pas un Al Capone perché sur des talons aiguilles non plus !! Durant plus d'une minute, son regard resta braqué en direction de son interlocuteur et de ce fait, elle ne fut pas capable d'entendre les propos de Clay et n'eut donc aucune réaction lorsque la situation commença à dégénérer. Le fait de ne pas entendre les bruits environnants la faisait souvent passer pour une jeune femme froide, hautaine et distante envers autrui. La plupart des gens qui ignoraient sa surdité, avaient d'ailleurs tendance à la blâmer de ce comportement. En l'état actuel des choses, Amy-Rose était intimement convaincue que Clay était lâchement en train de tout raconter et qu'il était sur le point de la dénoncer comme étant la seule et unique responsable de cette situation désastreuse. Après tout, pourquoi prendrait-il le risque d'avoir des ennuis par sa faute ? Aucun problème, elle était prête à assumer. Ainsi, dans son éternelle insouscience, elle n'imagina pas un seul instant ce qui était en train de se passer derrière son dos. Elle ne cilla pas, ne bougea pas et ne cligna même pas des yeux. Elle attendait simplement que la sentance tombe et qu'on lui annonce enfin qu'elle allait être livrée entre les mains de la police, qu'elle serait interdite de casino pour les quinze ans à venir et qu'elle allait devoir rembourser ce qu'elle avait gagné jusqu'au dernier dollar. L'idée que ces hommes puissent s'en prendre à ce pauvre Clay ne l'effleura pas une seconde, elle était persuadée qu'une scène pareille n'avait sa place que dans les films ou en fin de chapitre d'un mauvais polar. Pas dans la vraie vie. Bien vite, Amy-Rose remarqua que l'agent qui se tenait face à elle, esquissait un léger sourire tandis que son regard passait du sien à celui de Clay. Amy-Rose en était certaine à présent : ce sourire signifiait qu'il était en train de tout raconter, de A à Z. La jeune femme laissa passer encore une dizaine de secondes avant de se tourner brusquement vers Clay.

    Amy-Rose- « C'est bon, vous avez fini votre baratin ? D'ailleurs je pense que... »

    Amy-Rose s'interrompit aussitôt et fronça le nez en découvrant le visage ensanglanté de Clay. Ils l'avaient frappé. Ces cinglés avaient osé passer à l'acte ! C'est avec une difficulté certaine qu'elle tenta de déglutir tandis que son rythme cardiaque venait d'adopter une allure nouvelle. Qu'allait-il se passer si elle ne disait pas immédiatement la vérité ? Aussitôt, un intense sentiment de culpabilité s'empara de tout son être, elle ne pouvait décemment accepter que Clay subisse les conséquences de ses propres actes. La situation était bien plus sérieuse qu'elle ne l'avait imaginé. Voyant le teint de la jeune femme blêmir soudainement, l'agent en profita pour intervenir:

    Agent 2- « Alors ? Tu vas enfin devenir plus raisonnable ou on s'occupe de lui ? Ce n'était qu'un avant-goût ... »
    Amy-Rose- « Je vais tout vous dire, mais je vous en prie laissez-le partir. C'est moi la seule et unique responsable. »
    Agent 2- « Très bien, je t'écoute. C'est quoi ta méthode ? »
    Amy-Rose- « Je ne peux pas vous expliquer ce que je fais pour la simple et bonne raison que vous ne serez pas en mesure de comprendre la technique qui s'avère particulièrement complexe. Du moins pour n'importe quel individu lambda, sans vouloir vous offenser. C'est une question de probabilité, d'observation et de déduction. La chance et le hasard n'ont strictement rien à voir là-dedans. »
    Agent 2- « En somme, tu triches! »

    Tricher ? Amy-Rose n'aimait pas ce terme. Elle ne trichait pas, elle était intelligente, ce n'est pas tout à fait la même chose. C'était un jeu d'enfant pour elle de prédire la carte qui allait sortir au prochain tour ou de se faire une idée sur la main de ses adversaires. Elle était une joueuse redoutable mais elle n'était pas une personne frauduleuse !

    Amy-Rose- « Je ne triche pas !! Je ne regarde pas les cartes de mes adversaires, je respecte les règles et je n'ai besoin d'aucune aide extérieure pour faire ce que je fais !! C'est … naturel, ça me paraît évident et je mise en conséquence. Navrée que vous ne puissiez pas comprendre cela. »

    L'agent fronça les sourcils en essayant de saisir les propos de la jeune femme. Effectivement, il ne pouvait pas prouver qu'elle trichait pour la simple et bonne raison qu'elle avait jusqu'ici parfaitement respecté les consignes et qu'il n'avait pas réussi à la prendre la main dans le sac. Lui et ses compères avaient simplement remarqué qu'elle gagnait à tous les coups et s'ils avaient d'abord mis ça sur le compte de la chance, ils avaient fini par comprendre qu'il y avait autre chose derrière. « T'es quoi au juste ? Une sorte de rain man ? »Voilà une remarque à laquelle Amy-Rose ne répondit pas puisqu'elle ne l'entendit pas. « Et lui ? »

    Amy-Rose- « Il n'a rien à voir là-dedans, c'est moi qui … qui lui dit quoi jouer, quand et comment miser. »
    Agent 2- « Il sait que tu triches ? »
    Amy-Rose - « JE NE TRICHE PAS !! Et non … Non il n'était pas au courant. J'ai laissé entendre que j'étais très chanceuse et j'imagine qu'il a fini par croire à mes mensonges. Il n'a rien à voir là-dedans, je suis la seule et unique responsable. »
    Agent 2- « Il est naïf à ce point ? Quoi qu'il en soit, vous nous devez une sacrée somme d'argent tout les deux, vous en avez conscience ? Je ne veux plus vous voir trainer ici, l'un comme l'autre. Vous irez faire vos affaires ailleurs, ici nous n'acceptons pas les individus de votre espèce, vu ? »

    Afin d'appuyer ses propos, il fit un signe de tête à ses collègues et sans même se tourner, Amy-Rose comprit que Clay venait de recevoir un autre coup. Elle ferma aussitôt les yeux et tenta de garder son calme. Après quelques minutes de négociations, elle sortit d'une main tremblante l'argent qu'elle avait glissé dans sa pochette et le posa sur le bureau face à elle. Elle n'avait que faire de rembourser ou d'être interdite de casino, elle voulait simplement qu'on les laisse tranquilles. Lorsque l'argent fut restitué, les agents se firent un plaisir de les raccompagner jusqu'à l'extérieur en leur rappelant une fois encore qu'ils n'avaient pas intérêt à remettre les pieds ici sous peine de le regretter amèrement. Quand ils furent enfin seul, Amy-Rose se sentit extrêmement confuse, jamais elle n'aurait pu imaginer que tout cela prendrait une telle tournure.

    Amy-Rose- « Je sais que vous dois des excuses. C'est entièrement de ma faute si nous sommes dans cette situation aujourd'hui. Je ne voulais pas vous attirer des ennuis et je m'en veux terriblement. A cause de moi, vous voilà interdit de casino !! Sans compter qu'ils ne vous ont pas raté … c'est douloureux ? »

    Timidement, la jeune femme tendit une main en direction de son visage afin de se faire une meilleure idée sur l'ampleur des dégâts. A cet instant précis, elle aurait rêvé d'être un homme rien que pour accueillir ces vigiles à la sortie du casino et leur régler leur compte une bonne fois pour toutes!

    Amy-Rose- « Je ne pensais pas qu'ils seraient capables d'aller jusque là. Si j'avais su qu'ils oseraient s'en prendre à vous, j'aurais parlé, je vous le promets ! Je n'ai pas répondu à leurs questions parce-que … parce-que je n'ai pas compris ce qu'on était en train de me demander. Naturellement, je m'en suis doutée mais n'en étant pas certaine, j'ai préféré ne pas passer aux aveux, tout simplement. Encore une fois je le répète, je ne voulais pas vous attirer des ennuis et je regrette sincèrement de vous avoir embarqué dans cette histoire. »

    Inutile de s'attarder sur le pourquoi du comment elle n'avait pas compris ce qu'on était en train de lui demander.

    Amy-Rose- « Vous ne pouvez pas rester dans un état pareil, il faut vous soigner. Laissez-moi m'occuper de vous, ce sera ma manière de me faire pardonner. Vous êtes d'accord ? Et puis je… je n'ai pas envie que vous vous fassiez de fausses idées à mon sujet. Je ne suis pas une arnaqueuse. »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: Do you want to bet that I'm not a gambler ? ♠♣♥♦ Mer 8 Juin 2011 - 0:43



Reprenant son souffle, Clay avait relevé les yeux vers Amy-Rose, ne voyant malheureusement que son dos. Cette dernière n'avait même pas daigné se retourner pour voir comment il allait. Bon sang ! Il était en train de se faire cogner parce qu'elle ne voulait pas cracher le morceau et elle semblait s'en foutre comme de l'an 40 ! On voyait bien que ce n'était pas elle qui se prenait les coups. Enfin, un seul coup pour le moment mais si elle restait muette, les autres n'allaient pas tarder à suivre. Déglutissant il se redressa tant bien que mal, secouant légèrement la tête pour tenter de calmer la douleur puisque ses mains n'étaient pas libre. Qu'est-ce qu'il aurait aimé pouvoir se défaire de leur emprise et leur rendre la pareille, de façon égale. Là, il ne pouvait même pas se défendre ou riposter. Il était prit au piège, comme un vulgaire pantin, et ce sentiment d'impuissance ne l'aidait pas franchement à garder son calme. Brusquement, Amy se retourna, lâchant d'une voix froide : « C'est bon, vous avez fini votre baratin ? D'ailleurs je pense que... » Attendez une minute, elle parlait à Clay là ? Il écarquilla légèrement les yeux, surprit par son comportement. Non mais elle délirait là ?! Quel baratin ? Il voulait juste qu'elle leur dise et qu'on en finisse, il n'avait pas franchement envie de rentrer chez lui en se trainant comme une loque parce qu'il ne pourrait plus tenir sur ses deux jambes. Il lui lança un regard noir alors qu'il pinçait les lèvres, trouvant sa réaction franchement déplaisante. Mais il restait assez décontenancé face à son attitude, car soudainement elle semblait comme prise de panique, comme si elle venait de réaliser ce qu'il se passait. Et bien il était peut-être temps en effet ! Donnant un coup d'épaule car le vigile de droite lui faisait mal au bras à force de le serrer, ils le plaquèrent violemment contre le mur et lui sommèrent de se calmer et de ne pas trop les titiller. Clay échappa un bref rire nerveux et secoua la tête de gauche à droite, il était en pleine hallucination sérieusement ! Clay sentait le liquide chaud qu'était le sang couler de son nez et glisser sur ses lèvres et son menton de façon lente. C'était des plus désagréables et il aurait tout donné pour pouvoir récupérer un bras et sécher tout ça avec sa manche.

Finalement, Amy sembla retrouver la voie de la raison. « Je vais tout vous dire, mais je vous en prie laissez-le partir. C'est moi la seule et unique responsable. » En voilà une bonne idée ! Tout leur dire et le laisser tranquille. Clay hocha la tête pour approuver cette idée qu'il trouvait particulièrement appréciable à cet instant, surtout après ce que venait de dire l'homme. Néanmoins, il n'était pas franchement d'accord sur la dernière partie. Elle n'était pas l'unique responsable, Clay avait conscience des risques encourus et il s'était embarqué dans cette histoire en sachant pertinemment ce qui lui pendait au nez. Néanmoins, il n'avait pas prévu qu'Amy se la jouerait héroïne qui nie, tant et si bien qu'il se retrouverait avec un costard tâché par son propre sang. Non ça, il ne l'avait pas prévu. La jeune femme se lança alors dans un discours à vous donner mal à la tête. Il plissa les yeux et échangea un regard dubitatif avec les deux colosses qui l'entouraient. A quoi est-ce qu'elle jouait encore ? « En somme, tu triches ! » Mais bien sûr qu'elle trichait, comment est-ce que cela pouvait en être autrement ? En tout cas, c'était comme ça que Clay voyait les choses. Pas un seul instant il n'avait cru à son charabia, et c'était un tort certes, mais c'était ainsi. Il soupira, agacé et recommença à remuer, lassé d'être tenu comme un fugitif dangereux. Mais c'était encore bien loin d'être terminé malheureusement. Visiblement vexée de ses propos, Amy se défendit à nouveau. « Je ne triche pas !! Je ne regarde pas les cartes de mes adversaires, je respecte les règles et je n'ai besoin d'aucune aide extérieure pour faire ce que je fais !! C'est … naturel, ça me paraît évident et je mise en conséquence. Navrée que vous ne puissiez pas comprendre cela. » Clay roula des yeux, désespéré. Mais bon sang, qu'elle lui dise ce qu'il voulait entendre ou sinon ils allaient passer la nuit ici tout les deux et ils n'en sortiraient jamais. Il était temps qu'Amy réalise que le monde des casinos était impitoyable, et que dès qu'il était question d'argent l'homme montrait souvent sa plus mauvaise facette.

Leur échange reprit alors, la conversation se portant alors sur lui. Agacé que l'on parle de lui comme s'il n'existait pas, il s'agita et s'écria : « Il, il, il .. ! Je sais parler je vous ferais dire, si vous avez des questions vous pouv.. » Clay n'eut pas le temps de terminer sa phrase, l'un des vigiles lui donna un coup de poing dans l'estomac, lui coulant le souffle. Il se plia à nouveau en deux, suffoquant. Mais quelles brutes ces idiots ! Clay grimaça à nouveau, la bouche ouverte pour tenter de reprendre son souffle. Il ne perçut alors que des bribes du reste de leur conversation, plus concentré sur sa respiration que sur ce qu'il se disait autour de lui. Quand il respira à nouveau normalement, il se redressa et jeta un regard noir aux deux hommes, les insultant de tous les noms en silence. C'était facile quand on était deux et plus même ! Lâches. « Il est naïf à ce point ? Quoi qu'il en soit, vous nous devez une sacrée somme d'argent tout les deux, vous en avez conscience ? Je ne veux plus vous voir trainer ici, l'un comme l'autre. Vous irez faire vos affaires ailleurs, ici nous n'acceptons pas les individus de votre espèce, vu ? » Commençant à en avoir sérieusement marre, Clay se mit à nouveau à rire face à cette remarque. Clay était tout sauf quelqu'un de naïf, mais ça l'amusait fortement que l'on puisse penser ça de lui. Provoquant, ce fut avec un petit sourire en coin qu'il lâcha, d'une voix doucereuse et horripilante : « Je suis trop naïf, ma maman m'avait pourtant dit de me méfier des jolies filles, mais bon, on sait tous qu'on peut pas leur résister... » Il aurait mieux faire de la fermer. Un deuxième poing s'abattit sur son visage, lui arrachant une giclée de sang de la bouche alors qu'il venait de s'ouvrir la lèvre. « Putain... » Jura-t-il douloureusement alors qu'il crachait au sol le sang qui était venait emplir sa bouche et laissait un affreux goût métallique contre son palais. Super... N'écoutant pas les négociations, à cet instant il en avait que faire, il ne put que savourer l'instant ou on le relâcha enfin. Retrouvant l'usage de ses bras il se redressa complètement et les mouva quelques instants, se les dégourdissant. Il se retourna ensuite vers les deux abrutis qui lui avait refait le portrait, et les toisant avec arrogance il siffla entre ses dents : « Si vous étiez pas aussi nombreux... » Ses doigts se ferment alors, se crispant dans sa paume, se retenant pour se jeter sur eux, ce qui reviendrait à un suicide entendons-nous bien. Ce fut d'ailleurs pourquoi il ne fit rien. « Dégagez maintenant, et vite ! » Clay ne se fit pas prier, et emmena Amy avec lui, quittant cet endroit sordide. De son côté, il avait trois jours pour remettre la somme qu'il leur devait. Et dire qu'il comptait l'investir dans son entreprise... Tant pis.

Quand ils furent enfin seuls et après de dernières menaces, Amy se tourna vers lui, visiblement confuse. « Je sais que vous dois des excuses. C'est entièrement de ma faute si nous sommes dans cette situation aujourd'hui. Je ne voulais pas vous attirer des ennuis et je m'en veux terriblement. A cause de moi, vous voilà interdit de casino !! Sans compter qu'ils ne vous ont pas raté … c'est douloureux ? » Mais avant tout, Clay avait besoin de passer ses nerfs sur quelque chose. Son poing s'abattit violemment sur une poubelle et le bruit de ferraille raisonna dans la rue tranquille. Il secoua ensuite sa main sous l'effet de la douleur et poussa un long soupire. « Maintenant, ça va mieux.. » Il s'essuya le visage avec sa manche, n'ayant rien d'autre sous la main pour le moment. Super, et un costard de bousillé, un ! Quelle soirée pourrie franchement. Amy tendit alors son bras vers lui, comme pour contempler l'ampleur des dégâts. Réticent, Clay recula vivement le visage et repoussa sa main en soufflant : « C'est bon, ça va aller. » Il ajouta ensuite : « Je savais très bien dans quoi je m'aventurais en jouant avec vous, j'ai eu ce que je méritais, arrêtez de vous blâmer. Vous m'avez pas forcé. » Il constata alors que le sang ne s'arrêtait néanmoins pas de couler de sa lèvre, il soupira et se mit à ronchonner, posant son doigt sur la coupure pour empêcher le sang de s'échapper. Mais tout ce qu'il réussit à se faire ce fut d'échapper un sursaut de douleur. Tant pis, ça coulera alors... « Je ne pensais pas qu'ils seraient capables d'aller jusque là. Si j'avais su qu'ils oseraient s'en prendre à vous, j'aurais parlé, je vous le promets ! Je n'ai pas répondu à leurs questions parce-que … parce-que je n'ai pas compris ce qu'on était en train de me demander. Naturellement, je m'en suis doutée mais n'en étant pas certaine, j'ai préféré ne pas passer aux aveux, tout simplement. Encore une fois je le répète, je ne voulais pas vous attirer des ennuis et je regrette sincèrement de vous avoir embarqué dans cette histoire. » Clay releva les yeux vers elle, abasourdis. Il éclata alors de rire, un rire nerveux et indésirable. Il lui tourna alors le dos, se frottant la tête de sa main et murmura : « J'y crois pas... elle se fou d'ma gueule ! » Encore secoué par son rire il finit par se retourner pour lui faire face à nouveau. Il planta ses mains sur sa taille et finit par se calmer, la dévisageant avec consternation. Il leva les yeux au ciel et répondit de façon assez froide : « Vous n'aviez pas comprit ? Allez faire avaler cette connerie à quelqu'un d'autre qu'à moi ! Vous allez pas me faire croire que vous êtes capable de deviner quelle carte va sortir sans tricher, pour ensuite me dire que vous comprenez pas quand un demeuré en costard vous demande comment vous faites. Non mais sérieux.. » Il secoua la tête de gauche à droite, dégouté. Et dire qu'en plus de ça, il était interdit de casino, lui qui y passait ses soirées... Il allait devoir en trouver un autre, pas le choix, il ne tiendrait pas sinon.

« Vous ne pouvez pas rester dans un état pareil, il faut vous soigner. Laissez-moi m'occuper de vous, ce sera ma manière de me faire pardonner. Vous êtes d'accord ? Et puis je… je n'ai pas envie que vous vous fassiez de fausses idées à mon sujet. Je ne suis pas une arnaqueuse. » Clay croisa les bras et la dévisagea avec intérêt. Cette femme était décidément des plus surprenantes. Il cligna des yeux quelques secondes, restant silencieux. Finalement il esquissa un petit sourire qui trahissait le fait qu'il était en train d'halluciner totalement. Se plantant devant elle il demanda alors : « Ah ouais ? Et qu'est-ce que vous êtes alors ? » Il marqua une pause et baissa les yeux quelques secondes avant d'ajouter finalement : « Si vos talents d'infirmière peuvent me permettre d'éviter les urgences... J'accepte votre proposition. » Il soupira longuement, commençant à ressentir une certaine fatigue physique dû aux coups reçu et à toute l'adrénaline et tension qui retombait brusquement. Il avait la sensation d'être vidé alors qu'il réalisait qu'ils avaient quand même eu de la chance et qu'ils ne s'en sortaient pas trop mal. Surtout elle d'ailleurs. Mais c'était préférable, il n'aurait pu supporter qu'une femme se fasse frapper ainsi. Il malaxa alors son nez en gémissant doucement et demanda en même temps : « Vous croyez qu'il est cassé ? » Il tentait de regarder son nez, mais sans grand succès évidemment. En tout cas, Clay s'était calmé et c'était déjà ça.


Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: Do you want to bet that I'm not a gambler ? ♠♣♥♦ Sam 11 Juin 2011 - 12:50

    Amy-Rose se sentit rougir et ne prononça plus le moindre mot durant tout le discours de Clay. A vrai dire, elle ne savait pas comment qualifier ce qui venait de se passer, ni même par quel moyen détourné elle allait bien pouvoir lui faire comprendre qu'elle n'était pas une mauvaise personne. Le voyant s'agiter de plus en plus, elle demeurra sur la défensive, s'écartant un peu plus à chaque pas qu'il faisait vers elle. Bien sur qu'elle avait peur, elle ne le connaissait pas et ignorait parfaitement ce dont il était capable sous le coup de la colère. S'il venait à avoir le moindre geste brusque à son égard, elle ne serait probablement pas en mesure de se défendre. Autant dire qu'à cet instant précis, la panique s'empara de nouveau d'elle. Amy-Rose aurait sans doute pu se permettre d'affirmer qu'il avait tort si seulement elle avait pu comprendre ce qu'il était en train de dire. En effet, elle essayait tant bien que mal de comprendre les propos de Clay mais entre sa manche et le sang qui coulait sur ses lèvres, elle ne parvenait à saisir qu'un mot ou deux de temps à autre, rien de plus. Voilà qu'elle se retrouvait une fois de plus emmurée dans son propre silence. De toute manière, qu'aurait-elle pu rétorquer ? Amy-Rose n'était pas une jeune femme au tempérament volcanique qui brillait pour sa langue bien pendue et ses expressions on ne peut plus cinglantes, bien au contraire !! Discrète et calme, elle n'était pas une grande adepte des conflits, pas plus qu'elle n'était douée pour les résoudre. Voir quelqu'un se mettre en colère la pétrifiait totalement et de mauvais souvenirs datant de quelques mois à peine refaisaient irrémédiablement surface. Ainsi, au lieu de prendre le temps de rétorquer quoi que ce soit, elle se contenta de baisser la tête et d'attendre que l'orage passe. Elle parvenait parfaitement à comprendre l'amertume de Clay, elle aurait seulement aimé qu'il parle en connaissance de cause. Par moment, elle osait toutefois lever son regard turquoise afin de fixer ses lèvres, tâchant de comprendre chaque mot tout en se méfiant du moindre mouvement brusque. « Vous n'aviez pas compris ? Allez faire avaler cette connerie à quelqu'un d'autre qu'à moi !! Vous allez pas me faire croire que vous êtes capable de deviner quelle carte va sortir sans tricher, pour ensuite me dire que vous comprenez pas quand un demeuré en costard vous demande comment vous faites. Non mais sérieux ... » Même si cela lui demanda un effort considérable, Amy-Rose parvint grosso-modo à saisir le sens du message et en fut extrêmement peinée. Cette fois-ci c'était officiel, il était persuadé qu'elle était ouvertement en train de se moquer de lui. En réalité, elle ne s'attendait pas à ce que Clay se montre aussi virulent à son égard et pour le coup, elle ne rétorqua rien, si ce n'est pour lui proposer de le soigner. « Ah ouais ? Et qu'est-ce que vous êtes alors ? » Quoi qu'elle dise, il l'avait visiblement déjà cataloguée. Après un long soupir, Amy-Rose se détourna de Clay pour faire quelques pas, croisant les bras sur sa poitrine. Elle préférait de loin s'enfermer dans son monde totalement silencieux que de lire sur ses lèvres des propos qui ne feraient que la mettre davantage mal à l'aise. Après quelques dizaines de seconde, elle l'observa de nouveau et constata qu'il touchait son nez avec insistance. Peut-être qu'il était en train de parler à cet instant précis mais elle n'en était pas totalement certaine et d'ailleurs, elle n'avait pas vraiment envie de savoir ce qu'il pouvait bien avoir à lui dire. D'un geste rapide, elle dénoua le foulard qu'elle portait autour de son cou et le lui tendit. C'était toujours mieux que de s'essuyer dans sa manche comme il le faisait depuis qu'ils étaient sortis du casino. Lorsqu'elle reprit la parole, ce fut sur un ton calme et détaché.

    Amy-Rose- « Vous devriez arrêter de toucher votre nez. S'il est cassé, vous ne ferez qu'empirer les choses. J'habite à quelques pas d'ici, vous vous sentez la force de marcher ?

    Effectivement, Amy-Rose ne vivait qu'à quelques rues du casino ce qui explique sans doute pourquoi elle y avait passé tellement de temps ces dernières semaines. Désormais, elle allait devoir trouver un autre moyen pour arrondir ses fins de mois. Tout en marchant à côté de Clay, elle fixa le sol, l'air sérieux.

    Amy-Rose- « Pardonnez-moi d'insister lourdement sur ce point mais je n'arnaque personne. Si c'est l'opinion que vous avez de moi et si vous êtes tellement à cheval sur les principes, vous feriez bien de vous remettre en question également. Vous m'avez vu tricher ? Vous étiez avec moi en permanence, si j'avais arnaqué qui que ce soit, vous auriez été aux premières loges pour vous en apercevoir. Je vais vous dire une bonne chose, si vous n'avez rien vu, ce n'est pas parce-que vous êtes un imbécile mais simplement parce qu'il n'y avait rien à voir. Je joue, tout simplement. Compter les cartes, c'est aussi facile pour moi que pour vous de répondre à une question que l'on poserait à un enfant de cinq ans. Quand je dis que je ne suis pas capable d'expliquer comment je fais ça, c'est la vérité. Ca me paraît logique, voilà tout. Je parviens à me souvenir des cartes qui sont déjà sorties et en fonction de ma propre main, j'en déduis celles des autres joueurs. Je n'arnaque personne. »

    Rien à faire, Amy-Rose ne parvenait pas à comprendre pourquoi cette pratique était considérée comme illégale. Après tout, ce n'est pas comme si elle s'était levée un beau matin en décidant d'apprendre à compter les cartes histoire de se faire de l'argent sur le dos des casinos. Chez elle, c'était quelque chose d'assez intuitif et elle ne se trompait que rarement.

    Amy-Rose- « Et ne vous en faîtes pas, c'est moi qui rembourserai ce qu'ils vous ont réclamé. Cet argent, c'est moi qui l'ai gagné et puisqu'à vos yeux, je ne suis rien de plus qu'une belle arnaqueuse alors c'est à moi de me débrouiller pour le leur rendre. Ca me semble logique. »

    Par quel miracle allait-elle pouvoir éponger la dette de Clay, elle n'en avait pas la moindre idée mais ce n'est pas ce qui l'inquiétait le plus pour l'instant. Amy-Rose cessa de parler à l'instant même où ils arrivaient devant chez elle. Elle ouvrit son sac afin de trouver ses clés et c'est en voyant la lumière de son téléphone portable qu'elle réalisa que celui-ci sonnait depuis de longues minutes. Par inadvertance, il avait dû basculer du mode vibreur au mode normal et n'avait de cesse de sonner pour lui rappeler qu'elle devait impérativement envoyer son dernier article avant la fin de la soirée. Nerveusement, elle l'éteignit puis esquissa un sourire confus. « Désolée ... » Voilà encore un détail qui allait incontestablement la faire passée pour une idote, tout juste bonne à enfermer. Avant d'ouvrir, Amy-Rose s'adossa contre la porte d'entrée visiblement décidée à lui révéler quel était le fond du problème. Même si d'ordinaire, elle préférait garder ce petit secret pour elle, elle n'avait pas non plus envie que Clay la prenne pour une détraquée. Qu'il sache ou non, quelle importance désormais ? Sans compter qu'elle savait que tant qu'il ne serait pas au courant de la vérité, il ne pourrait pas comprendre son comportement parfois étrange. Amy-Rose hésita longuement, puis finalement se lança.

    Amy-Rose- « Si je n'ai pas répondu à leurs questions, c'est parce-que … parce-que je ne suis pas capable d'entendre ce que l'on me dit. Pas plus que je suis capable d'entendre la sonnerie de mon téléphone portable ou le son de votre voix. C'est d'autant plus gênant pour moi lorsque mes interlocuteurs parlent trop vite, me tournent le dos ou n'articulent pas. C'est comme ça depuis toujours. Il m'est extrêmement difficile de suivre le discours d'une seule et unique personne, alors imaginez un peu le calvère quand je me retrouve face à plusieurs interlocuteurs. Parfois je parviens à cacher mon problème, parfois ça ne marche pas. J'essaie de m'adapter mais je m'aperçois que ça se termine souvent en catastrophe. Si seulement j'avais pu entendre ce qui était en train de se passer derrière mon dos, vous ne seriez pas dans cet état à l'heure actuelle. Ils … ils parlaient à une vitesse incroyable et l'un d'eux a même mis une main devant sa bouche … comme vous l'avez fait tout à l'heure quand vous vous essuyiez. Loin de moi l'idée de me montrer arrogante et je n'ai pas non plus envie que vous puissiez croire que je me moque de vous. C'est pour ça que je vous raconte tout ça, afin qu'il n'y ait aucune confusion. Quand les gens ont quelque chose à me dire, ils doivent essayer de me parler bien en face et d'articuler sans quoi, je risque effectivement de ne pas leur répondre. »

    La jeune femme baissa le regard en direction de ses clés qu'elle triturait nerveusement depuis sa prise de parole. Elle n'aimait pas parler de son problème, elle n'en avait pas honte mais elle savait que généralement sa surdité mettait ses interlocuteurs mal à l'aise. Elle ne pouvait pas leur en vouloir même si cette situation commençait à lui paraître inconfortable. Un dernier soupir puis elle se décida enfin à ouvrir la porte. Son appartement n'était pas bien grand mais largement suffisant pour une personne seule. Le plus impressionnant ? Amy-Rose possédait une collection de livre incroyable. Des livres parfois anciens et uniques qu'elle avait chiné au fil des années. La jeune femme déposa son sac dans l'entrée, alluma la lumière puis désigna le salon.

    Amy-Rose- « Allez vous asseoir sur le canapé, vous avez besoin de vous reposer. Je vais aller chercher de quoi vous soigner et je reviens tout de suite. »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: Do you want to bet that I'm not a gambler ? ♠♣♥♦ Ven 17 Juin 2011 - 12:18



S'il y avait quelque chose que les proches de Clay pouvait assurer avec détermination chez lui, c'était bien son côté colérique. Il avait beau être un bon vivant et quelqu'un de particulièrement sympathique, il en restait néanmoins colérique et imprévisible. L'avantage c'était que ça ne durait pas longtemps par contre. Il gueulait un coup, disait ce qui lui passait par la tête, et aussitôt après il se calmait et retrouvait ses esprits. Et même s'il pouvait paraître un peu impressionnant de par sa carrure lorsqu'il s'emportait, il restait cependant tout à fait inoffensif. Jamais il n'aurait levé la main sur qui que ce soit. Enfin, pas sur une femme en tout cas. Plus jeune il avait été assez bagarreur certes, mais avec le temps il s'était assagit. Et conscient de ses limites, il ne pensait pas une seconde qu'il puisse effrayer Amy-Rose et qu'elle redoutait qu'il aille trop loin. Il se contentait de s'agiter dans tous les sens, le visage encore douloureux et animé par une colère qui commençait déjà à se dissiper. La jeune femme quant à elle restait silencieuse et baissait parfois la tête. Vu comme elle avait tenu tête aux hommes du casino, cette attitude le surprenait un peu c'est vrai, mais il s'emportait tellement qu'il ne s'attarda pas sur ce détail, continuant de parler encore et encore. Lorsqu'il eut terminé, il se calma enfin, s'intéressant alors à son pauvre nez et commençant à sérieusement se demander s'il était cassé ou non vu la douleur qu'il lui provoquait. Amy s'approcha alors de lui et lui tendit son foulard en disant : « Vous devriez arrêter de toucher votre nez. S'il est cassé, vous ne ferez qu'empirer les choses. J'habite à quelques pas d'ici, vous vous sentez la force de marcher ? » C'était tout ce qu'elle trouvait à redire après tout ce qu'il venait de balancer ? Soit... Il refusa son foulard d'un signe de main et répondit simplement : « Merci, mais ma manche fera l'affaire, il sera foutu sinon après. » Il lui offrit un maigre sourire avant d'ajouter avec un peu plus de vigueur, comme si elle venait de le toucher dans sa virilité : « Bien sûr que j'ai la force de marcher ! Ce ne sont pas quelques coups au visage qui vont m'arrêter. » Bon il y avait aussi un coup à l'estomac qui le faisant encore un peu souffrir, mais Clay refusait de passer pour une petite chocotte. Il pouvait parfaitement marcher, ou même aller faire un footing tiens ! Non mais.

Ils se mirent alors en route en silence, alors que Clay était encore en train de toucher son nez malgré les recommandations de la jeune femme. Ça l'inquiétait trop et il voulait voir jusqu'où il pouvait le manipuler. Il ne hurlait pas de douleur, il n'était sans doute pas cassé alors. De toute façon, le plus douloureux restait sa lèvre ouverte et sa pommette droite qui avait amortit un violent coup. Amy-Rose prit alors la parole, répondant enfin à tout ce qu'il lui avait balancé quelques minutes auparavant. « Pardonnez-moi d'insister lourdement sur ce point mais je n'arnaque personne. Si c'est l'opinion que vous avez de moi et si vous êtes tellement à cheval sur les principes, vous feriez bien de vous remettre en question également. Vous m'avez vu tricher ? Vous étiez avec moi en permanence, si j'avais arnaqué qui que ce soit, vous auriez été aux premières loges pour vous en apercevoir. Je vais vous dire une bonne chose, si vous n'avez rien vu, ce n'est pas parce-que vous êtes un imbécile mais simplement parce qu'il n'y avait rien à voir. Je joue, tout simplement. Compter les cartes, c'est aussi facile pour moi que pour vous de répondre à une question que l'on poserait à un enfant de cinq ans. Quand je dis que je ne suis pas capable d'expliquer comment je fais ça, c'est la vérité. Ça me paraît logique, voilà tout. Je parviens à me souvenir des cartes qui sont déjà sorties et en fonction de ma propre main, j'en déduis celles des autres joueurs. Je n'arnaque personne. » Clay tourna la tête vers elle, écoutant attentivement ses paroles et affichant un air surprit. Visiblement, elle n'avait pas comprit le véritable problème de la soirée. Enfin, du point de vue de Clay. Il secoua doucement la tête de droite à gauche en signe de négation et répondit en la fixant : « Attendez, je ne vous reproche pas ce que vous faites ! Que ce soit de la triche ou non au final, je m'en fiche bien moi. J'avais parfaitement conscience de ce dans quoi je me fourrais en faisant ça, là n'est pas le problème. Mais visiblement vous, non... » Il était certain que si elle était tant persuadé que ça qu'elle ne trichait pas elle n'avait pas prévu ce qu'il s'était passé ce soir. Mais qui pouvait ignorer une telle chose dans un casino ? Bref, la question n'était pas là. Ce n'était pas ça qu'il lui reprochait, pas du tout même ! Il expliqua alors : « Non, le problème c'est qu'il a fallut que je me fasse cogner pour que vous daigner répondre de façon convaincante à ses tarés. Surtout que ça n'avait pas l'air de franchement vous traumatiser au départ... » Il prononça sa dernière phrase en grommelant un peu, affichant sa frustration. Il se souvenait encore que lorsqu'il avait accusé le premier coup, elle n'avait pas réagit, comme si ça ne lui faisait ni chaud ni froid et il n'avait pas franchement apprécié.

« Et ne vous en faîtes pas, c'est moi qui rembourserai ce qu'ils vous ont réclamé. Cet argent, c'est moi qui l'ai gagné et puisqu'à vos yeux, je ne suis rien de plus qu'une belle arnaqueuse alors c'est à moi de me débrouiller pour le leur rendre. Ça me semble logique. » Clay fronça les sourcils et lui lança un regard interrogatif. Pourquoi payerait-elle ce qu'il leur doit ? Non, non, hors de question voyons ! Ce serait profiter de la situation et ce n'était franchement pas son genre. « Certainement pas ! Je savais ce que je faisais, vous n'avez pas à rembourser mes conneries. De toute façon, je n'avais pas encore dépensé l'argent, je l'avais mit de côté pour ma boîte alors ne vous inquiétez pas. Et.. et vous ça va aller financièrement ? » Soucieux, il posa sur elle un regard plus détendu et compatissant, se rendant compte qu'il ne lui avait même pas demandé comment elle allait elle. Après tout, elle avait peut-être eu une sacrée peur même si elle ne l'avait pas vraiment montré. Alors qu'ils continuaient leur marche, il entendit le portable de la jeune femme sonner à plusieurs reprises. Il la regarda du coin de l’œil, surprit de voir qu'elle n'y répondait pas. Peut-être qu'elle n'avait pas envie de parler devant lui, ou quelque chose dans le genre. Qu'à cela ne tienne, il comprenait parfaitement. Il ne fit donc aucune remarque, ne voulant pas la mettre mal à l'aise. Lorsqu'ils arrivèrent enfin devant chez elle, alors qu'elle attrapait ses clés dans son sac, elle sembla voir quelque chose qui la fit tiquer. Elle souffla alors : « Désolée ... » Désolée ? Mais de quoi ? Ne comprenant pas où elle voulait en venir, il haussa les sourcils en signe d'incompréhension. Il allait falloir qu'elle développe là parce qu'il ne comprenait pas. Elle soupira alors et vint appuyer son dos contre la porte d'entrée, visiblement résignée. Il posa sa main contre le mur pour prendre appui, continuant de la fixer avec insistance, attendant qu'elle crache le morceau puisque visiblement quelque chose la tracassait.

« Si je n'ai pas répondu à leurs questions, c'est parce-que … parce-que je ne suis pas capable d'entendre ce que l'on me dit. Pas plus que je suis capable d'entendre la sonnerie de mon téléphone portable ou le son de votre voix. C'est d'autant plus gênant pour moi lorsque mes interlocuteurs parlent trop vite, me tournent le dos ou n'articulent pas. C'est comme ça depuis toujours. Il m'est extrêmement difficile de suivre le discours d'une seule et unique personne, alors imaginez un peu le calvaire quand je me retrouve face à plusieurs interlocuteurs. Parfois je parviens à cacher mon problème, parfois ça ne marche pas. J'essaie de m'adapter mais je m'aperçois que ça se termine souvent en catastrophe. Si seulement j'avais pu entendre ce qui était en train de se passer derrière mon dos, vous ne seriez pas dans cet état à l'heure actuelle. Ils … ils parlaient à une vitesse incroyable et l'un d'eux a même mis une main devant sa bouche … comme vous l'avez fait tout à l'heure quand vous vous essuyiez. Loin de moi l'idée de me montrer arrogante et je n'ai pas non plus envie que vous puissiez croire que je me moque de vous. C'est pour ça que je vous raconte tout ça, afin qu'il n'y ait aucune confusion. Quand les gens ont quelque chose à me dire, ils doivent essayer de me parler bien en face et d'articuler sans quoi, je risque effectivement de ne pas leur répondre. » Clay écarquilla les yeux, l'air abasourdis. Ça, il ne s'y était pas attendu. Mais ça expliquait un paquet de choses en tout cas ! Elle était sourde.. Elle cachait bien son jeu en effet, il n'y avait pas songé une seconde. Mais maintenant qu'il le savait, tout lui paraissait logique en effet. Il prit une grande inspiration et relâcha le mur, venant glisser ses mains dans ses poches alors qu'il était en pleine réflexion. Effectuant une petite moue songeuse, il hocha lentement la tête de bas en haut, silencieux. Oui mais voilà, une question subsistait. Prenant la peine d'articuler un peu plus que d'ordinaire, il demanda alors : « Mais euh... Pourquoi vous ne l'avez pas dit avant ? Que ce soit à moi, comme aux hommes du casino. Les choses auraient été bien plus simples vous savez. » Oui, il ne comprenait pas ce qui l'avait empêchée de le dire. Est-ce qu'elle avait honte ? Ce serait ridicule voyons ! En tout cas, aux yeux de Clay ça ne changeait rien au premier abord. Elle lisait donc sur les lèvres... Impressionnant. Fascinant même ! « Ça doit être génial de lire sur les lèvres ! Enfin.. non, je voulais pas dire ça comme ça, c'était maladroit désolé. » Il baissa la tête, confus. Ça ne devait pas être drôle pour elle étant donné qu'elle était sourde. Mais il n'avait pas pu s'empêcher de partager son enthousiasme. Voyez-vous, il avait presque envie de lui demander de lui apprendre, mais il s'abstint. Ce n'était ni l'endroit, ni le moment. Et puis, ça la gênerait peut-être... Bref, mauvaise idée. Ils pénétrèrent donc chez elle et après avoir déposé son sac dans l'entrée, elle lui désigna le salon en lui disant : « Allez vous asseoir sur le canapé, vous avez besoin de vous reposer. Je vais aller chercher de quoi vous soigner et je reviens tout de suite. » Ne lui laissant même pas le temps de répondre, elle disparut dans la maison, le laissant seul dans l'entrée. Bon... Il rentra donc dans la pièce, s'apprêtant alors à aller s'asseoir -ce n'était pas de refus !- mais son attention fut rapidement détournée. Son regard se posa sur tous les livres qu'elle possédait, c'était impressionnant. Trop curieux, il marcha jusqu'aux étagères et commença à jeter un coup d’œil, sans toucher néanmoins. D'autant plus qu'il avait les mains tâchées de sang. Clay n'avait jamais été un grand lecteur. L'école et tout ça, ce n'était pas trop son truc. Il avait toujours voulu travailler au plus vite, seul l'argent l'intéressait. Depuis il avait changé c'était certain, mais il avait du retard à rattraper niveau culture malgré tout. Après quelques instants, il l'entendit revenir. Il se retourna et marcha jusqu'à elle, un large sourire enjoué sur le visage. Il pointa les livres du doigt et déclara, toujours en prenant soin d'articuler, sans exagérer néanmoins. « Wahou, tous ces livres ! Vous les avez tous lu ou c'est pour en mettre plein la vue aux hommes blessés que vous ramenez chez vous ?» Clay échappa un rire qui vint creuser ses fossettes et faire pétiller son regard malicieux. Clay n'était pas rancunier, surtout qu'il n'avait aucune raison de l'être à son égard. Et à vrai dire, la surdité de la jeune femme ne le dérangeait pas plus que ça. Elle savait lire sur les lèvres, alors c'était parfait, ils pouvaient avoir une conversation tout à fait normale. Suffisait de ne pas tourner la tête ou d'aller trop vite. Clay n'était pas le genre de personne à prendre en pitié les gens ou des choses du genre. Amy était tout à fait normale à ses yeux, ça ne changeait rien. La preuve en était qu'il était parfaitement à l'aise et qu'il était là, à déconner tranquillement.



Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: Do you want to bet that I'm not a gambler ? ♠♣♥♦ Dim 19 Juin 2011 - 17:54

    « Ca doit être génial de lire sur les lèvres ! Enfin .. non, je voulais pas dire ça comme ça, c'était maladroit désolé. » Cette soi-disant maladresse fit aussitôt sourire Amy-Rose, après tout elle n'allait certainement pas se formaliser pour si peu. En réalité, elle ne s'attendait vraiment pas à ce qu'il réagisse de la sorte et elle se sentait rassurée désormais. S'il y a bien une chose dont elle avait véritablement horreur, c'était qu'on la regarde d'un oeil nouveau en apprenant sa surdité. A choisir, elle préférait de loin une réaction spontanée bien que légèrement maladroite à un regard perplexe et empreint d'une curiosité malsaine. La jeune femme agita doucement la tête de droite à gauche pour lui faire comprendre qu'il n'avait pas à se sentir confus pour si peu.

    Amy-Rose-« Ne vous excusez pas, ce n'est rien. En fait vous avez raison, j'imagine que c'est plutôt cool vu de l'extérieur. Enfin, à mes yeux c'est surtout extrêmement pratique. Quand j'étais petite, on m'a appris à parler la langue des signes tout en sachant pertinemment que personne dans mon entourage ne serait capable de communiquer avec moi de cette manière. C'est parfait lorsqu'on se trouve en compagnie d'autres sourds mais ça ne suffit pas. J'ai vite compris l'utilité de savoir lire sur les lèvres en société. Je n'avais pas envie de devoir me tourmenter pour parvenir à me faire comprendre ou pour saisir le message d'autrui et du coup, c'est rapidement devenu une habitude même si c'est parfois relativement complexe pour tout un tas de raisons. »

    Apprendre à lire sur les lèvres n'était pas chose aisée mais à force de patience et d'acharnement, elle avait fini par s'y faire. Amy-Rose parvenait généralement à berner son monde, la plupart des gens qu'elle fréquentait au quotidien ne s'apercevaient de rien et mettaient son attitude parfois étrange sur le compte de la rêverie. Toutefois, la question que venait de lui poser Clay était extrêmement pertinente. Pourquoi n'avait-elle pas évoqué son problème au casino ? Elle hésita un court instant puis se concentra de nouveau sur les clés qu'elle tenait entre ses doigts. « Puis pour répondre à vos interrogations, si je ne l'ai pas dit avant c'est … ce n'est pas à cause d'eux mais plutôt à cause de vous. » Pourquoi diable n'avait-elle pas fait semblant de ne pas avoir pu déchiffrer sa question ? La jeune femme esquissa un sourire nerveux et leva enfin son regard turquoise. « C'est là que vous allez me trouver ridicule j'imagine ... » De l'extérieur, c'était sans doute adorable de la voir hésiter ainsi mais à vivre, c'était un véritable calvère.

    Amy-Rose- « En réalité, j'ai eu peur de vous voir prendre la fuite. C'est idiot, je sais. Si on oublie le mauvais épisode de ce soir, j'ai apprécié chaque seconde en votre compagnie et je ne voulais pas que ça s'arrête. En fait, je ne m'étais pas sentie aussi bien depuis une éternité … c'est sans doute stupide de ma part mais j'ai imaginé qu'en l'apprenant, vous prendriez la fuite comme le font généralement la plupart des gens. Et … je n'avais vraiment pas envie de vous voir partir. Ajoutez à cela le fait que je suis une grande timide et que je ne sais jamais comment amener la chose pour faire comprendre aux autres que je n'entends pas. Ca a beau faire partie intégrante de ce que je suis, certaines personnes ont encore du mal à l'accepter. »

    Les rares fois où elle s'était décidée à passer aux aveux avaient rapidement tourné à la catastrophe : les regards changeaient, certains riaient, d'autres se sentaient soudainement génés ou bien se mettaient à l'infantiliser.

    Amy-Rose- « Je crois que j'ai toujours eu le don de mettre mon entourage mal à l'aise. Les gens ne savent généralement pas comment s'y prendre avec moi. Ils sont à la fois curieux et maladroits même si cette situation est en réalité bien plus inconfortable pour eux qu'elle ne l'est pour moi. Je ne peux pas leur en vouloir de réagir ainsi même si j'aimerais que les choses se passent autrement. Personnellement, je n'ai aucun problème avec ça et je préfère de loin qu'on me pose des questions plutôt qu'on me regarde bizarrement. Malheureusement, la plupart d'entre eux préfèrent ne plus avoir le moindre contact avec moi histoire de ne plus subir de genre d'inconfort. »

    Amy-Rose soupira doucement avant d'esquisser un sourire nostalgique. Toutefois, elle n'avait pas l'intention de s'attarder davantage sur toutes ces mauvaises expériences et invita donc Clay à entrer, afin qu'elle puisse enfin s'occuper de ses vilaines blessures. Elle lui proposa de s'installer, avant de disparaître dans le couloir. Dans la salle de bain, elle s'empara de tout le matériel nécessaire pour soigner les blessures de Clay et ne tarda pas à la rejoindre. « Whaou, tous ces livres ! Vous les avez tous lu ou c'est pour en mettre plein la vue aux hommes blessés que vous ramenez chez vous ? » Naturellement, Amy-Rose ne pu s'empêcher de rire avec sincérité. Machinalement, elle lança un regard en direction de sa « petite blibliothèque personnelle », forcée d'admettre que sa collection pouvait paraître impressionnante pour peu que l'on soit amateur de vieux bouquins. « Je suis démasquée !! Vous êtes conscient que je ne vais pas pouvoir vous laisser sortir d'ici vivant ? » La jeune femme souria de plus belle avant de déposer tout son matériel sur la table basse du salon. « En réalité, vous vous trouvez actuellement dans mon salon qui fait également office de lieu de travail. Ces livres sont … mes outils. Je travaille pour une maison d'édition et parallèlement à cela, je suis critique littéraire. En somme, je passe mes journées le nez plongé dans les livres. » Amy-Rose la jolie arnaqueuse des casinos n'était ni plus ni moins qu'un rat de bibliothèque, passionnée par les livres anciens et les manuscrits incompréhensibles. Ses lèvres rosées se fendirent en un sourire franc,elle pencha légèrement la tête sur le côté et reprit avec ironie:« Vous pensiez peut-être que j'étais la fille d'un mafieux ou quelque chose dans le genre ? Le mythe de reine de l'arnaque vient soudainement de s'effondrer ... Navrée de vous décevoir mais mon univers est beaucoup plus calme qu'il n'y paraît. » Du menton, elle désigna une pile de vieux livres qui se trouvaient juste à côté de Clay. « Ceux-là proviennent d'une impressionnante collection datant d'il y a cinq siècles environ. Une bilbiothèque près de Milan vient à peine de fermer ses portes et ils voulaient détruire certains de ces ouvrages, autant parler d'un véritable sacrilège! J'ai eu la chance de pouvoir en récupérer quelques uns. » Amy-Rose s'avança de quelques pas et frôla du bout des doigts un petit livre soigneusement rangé sur une étagère, à part. « Et celui-ci est mon préféré. Il n'en existe qu'une dizaine d'exemplaires dans le monde. C'est un véritable trésor de la littérature anglaise. On me l'a offert le jour où j'ai obtenu mon diplôme. » Autant parler du plus beau cadeau qu'elle avait reçu au cours de son existence !! « En fait, je crois pouvoir dire que je collectionne les livres depuis toujours. » Amy-Rose cessa de parler, se rendant compte que son intérêt pour les bouquins n'était peut-être pas partagé par Clay. La jeune femme regagna alors le canapé et lui fit signe de venir s'installer près d'elle. « Votre lèvre ne saigne plus, j'imagine que c'est plutôt bon signe. » Délicatement, elle s'empara d'une compresse stérile qu'elle imbiba de désinfectant avant de commencer par nettoyer sa joue. « N'hésitez pas à me dire si c'est douloureux, je ne voudrais pas vous faire mal. Hum... et vous, vous travaillez dans quoi alors ? Je peux essayer de deviner ? » Une lueur mutine dans son regard accompagna son sourire angélique tandis qu'elle faisait mine de réfléchir à la profession de Clay.

    Amy-Rose- « Voyons ça … hum et bien … vous êtes agile, visiblement sportif … j'aurais spontanément tendance à dire que vous êtes flic mais d'une part vous êtes bien trop colérique et d'autre part, vous n'auriez jamais fréquenté une fille comme moi sauf pour lui passer les menottes, donc j'abandonne cette piste. Quoi d'autre … ah oui, vous êtes élégant comme un homme d'affaire. Vous travaillez dans la finance peut-être ? Ou bien … avocat ? Dites-moi que vous êtes éditeur !! Conservateur de la bibliothèque nationale et je vous épouse dans les deux heures qui viennent !! »

    Pas la peine d'être une expert pour se rendre compte qu'Amy se sentait désormais à son aise et que le stress qui avait accompagné l'épisode du casino était désormais loin derrière elle. Prenant son travail d'infirmière au sérieux, elle s'occupa de la lèvre de Clay avant de s'attaquer à son nez tout en tachant de se montrer la plus délicate que possible pour ne pas lui faire mal.

    Amy-Rose- « Vous pouvez être rassuré, votre nez n'est pas cassé. Ca risque juste d'être assez douloureux dans les jours à venir. »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: Do you want to bet that I'm not a gambler ? ♠♣♥♦ Mar 28 Juin 2011 - 19:34



Après ce qu'il estimait être une maladresse, Clay dévia légèrement le regard, gêné. Comme souvent, il aurait mieux fait de réfléchir avant de parler. C'était l'un de ses gros soucis ça, cette manie de parler trop vite et de dire tout ce qui lui passait par la tête sans réfléchir aux poids de ses mots. La situation devait être suffisamment gênante pour la jeune femme, il s'en voulait d'en avoir remit une couche. Mais à vrai dire, il ne s'était pas attendu à ce que sa réaction soit en réalité appréciée par Amy. « Ne vous excusez pas, ce n'est rien. En fait vous avez raison, j'imagine que c'est plutôt cool vu de l'extérieur. Enfin, à mes yeux c'est surtout extrêmement pratique. Quand j'étais petite, on m'a appris à parler la langue des signes tout en sachant pertinemment que personne dans mon entourage ne serait capable de communiquer avec moi de cette manière. C'est parfait lorsqu'on se trouve en compagnie d'autres sourds mais ça ne suffit pas. J'ai vite compris l'utilité de savoir lire sur les lèvres en société. Je n'avais pas envie de devoir me tourmenter pour parvenir à me faire comprendre ou pour saisir le message d'autrui et du coup, c'est rapidement devenu une habitude même si c'est parfois relativement complexe pour tout un tas de raisons. » Pendu à ses lèvres, Clay l'écoutait avec attention, curieux de découvrir sa vision du monde. Car sa surdité la faisait inévitablement appréhender la société d'une autre façon. Mais refusant de lui donner le sensation de passer pour une bête de foire, il garda ses questions pour lui pour le moment et les glisseraient discrètement dans la conversation plus tard, afin de ne pas l'alarmer ou la brusquer. Songeur, il répondit : « Je veux bien vous croire oui... ça ne doit pas être facile au quotidien avec les gens qui ne le savent pas. En tout cas, vous êtes forte, on ne s'en rend pas compte ! » Il leva son pouce vers le ciel pour accompagner ses dernières paroles, une moue admirative sur le visage. C'est vrai qu'il ne s'en était jamais rendu compte. Certes il l'avait parfois prit pour une femme un peu hautaine et spéciale, mais jamais l'idée qu'elle puisse être sourde ne lui avait effleuré l'esprit. Néanmoins, il ne comprenait pas pourquoi elle préférait passer pour une femme qu'elle n'était visiblement pas, plutôt que d'avouer son handicap ? La question lui turlupinant les idées, il finit par la lui demander pour ce qu'il venait de se produire dans le casino.

« Puis pour répondre à vos interrogations, si je ne l'ai pas dit avant c'est … ce n'est pas à cause d'eux mais plutôt à cause de vous. » Clay redressa la tête dans un mouvement surprit, alors que ses sourcils se fronçaient. A cause de lui ? Il croisa ses bras, soudainement plongé dans une incompréhension totale. Pourquoi ne l'aurait-elle pas dit à cause de lui ? N'ayant pas la moindre idée de la réponse, il resta silencieux, attendant qu'elle développe un peu. Amy-Rose se rendit rapidement compte qu'il voulait quelques précisions et elle baissa la tête, mal à l'aise. Clay haussa un sourcil, de plus en plus suspicieux. « C'est là que vous allez me trouver ridicule j'imagine ... » Clay haussa les épaules, doutant du fait qu'il la trouverait ridicule. Il ne voyait pas quelle raison elle pourrait lui donner qui soit suffisamment stupide pour qu'il la trouve ridicule. Il déclara : « Dites toujours ! » Les yeux de la jeune femme n'avaient fait que glisser rapidement sur son visage, pas certain qu'elle est vu ce qu'il venait de dire. Qu'importe, car de toute façon elle se lança : « En réalité, j'ai eu peur de vous voir prendre la fuite. C'est idiot, je sais. Si on oublie le mauvais épisode de ce soir, j'ai apprécié chaque seconde en votre compagnie et je ne voulais pas que ça s'arrête. En fait, je ne m'étais pas sentie aussi bien depuis une éternité … c'est sans doute stupide de ma part mais j'ai imaginé qu'en l'apprenant, vous prendriez la fuite comme le font généralement la plupart des gens. Et … je n'avais vraiment pas envie de vous voir partir. Ajoutez à cela le fait que je suis une grande timide et que je ne sais jamais comment amener la chose pour faire comprendre aux autres que je n'entends pas. Ca a beau faire partie intégrante de ce que je suis, certaines personnes ont encore du mal à l'accepter. » Clay se retrouva subitement un peu bête et déboussolé. En tout cas, il n'avait aucune envie de se moquer d'elle, et ne la trouvait absolument pas ridicule. Néanmoins, cette révélation le prenait un peu de court et il ne savait comment réagir. Il ouvrit la bouche et finit par la refermer alors que son regard déviait sur le côté supérieur, signe de sa réflexion poussée. Il ne pouvait nier le fait qu'il était touché de ses paroles et il devait bien avouer que c'était réciproque. Il avait apprécié chaque soirée passée en sa compagnie. Amy était une femme intelligente et brillante, et même s'il l'avait parfois trouvé un peu désagréable, maintenant qu'il en connaissait les raisons, il voyait les choses autrement. Un peu embarrassé par ses aveux, il resta silencieux trop longtemps et Amy ajouta alors : « Je crois que j'ai toujours eu le don de mettre mon entourage mal à l'aise. Les gens ne savent généralement pas comment s'y prendre avec moi. Ils sont à la fois curieux et maladroits même si cette situation est en réalité bien plus inconfortable pour eux qu'elle ne l'est pour moi. Je ne peux pas leur en vouloir de réagir ainsi même si j'aimerais que les choses se passent autrement. Personnellement, je n'ai aucun problème avec ça et je préfère de loin qu'on me pose des questions plutôt qu'on me regarde bizarrement. Malheureusement, la plupart d'entre eux préfèrent ne plus avoir le moindre contact avec moi histoire de ne plus subir de genre d'inconfort. » Clay écarquilla les yeux alors que sa bouche s'entrouvait en silence, signe de sa consternation. Elle plaisantait là ? Les gens prenaient réellement la fuite en apprenant sa surdité ? Clay lâcha un soupire nerveux, alors qu'il secouait la tête de gauche à droite, n'en revenant pas. Ce que les gens pouvaient être aberrants parfois ! Il décroisa ses bras et vint passer une main désespérée sur son front. « J'en reviens pas... » Il souffla et se tut un instant, encore en train d'halluciner. Au bout de quelques instants, il reprit : « Les gens font vraiment ça ? C'est pas possible sérieusement... C'est.. enfin.. J'hallucine franchement. Je vois pas où est le problème ! Y en a qui ont vraiment l'esprit embrouillé. » Il grimaça, signe de son mépris pour tout ces gens qui avaient osé prendre la fuite face à Amy. « Ne vous en faites pas, je ne risque pas de faire la même chose que ces... personnes ! Votre surdité ne me pose aucun problème et je ne vois pas en quoi ça pourrait en être un de toute façon. J'ai beaucoup aimé les soirées en votre compagnie également, même si je dois reconnaître que parfois j'avais dû mal à vous cerner. Mais c'était uniquement parce que vous ne m'entendiez pas en fait... » Il marqua une pause, songeur. Et puis, le visage rayonnant et un large sourire sur les lèvres il déclara finalement : « On se trouvera un autre casino ! Enfin ce coup-là... on se contentera des machines à sous et tout ce qui n'implique pas des cartes. Je voudrais éviter de perdre une main. » Ponctuant sa phrase d'un petit rire rauque, il lui offrit un clin d’œil complice. Qu'importe qu'ils retournent écumer d'autres casinos ou non, ce qu'il voulait dire c'est qu'il avait aimé les moments avec elle, et qu'il espérait bien pouvoir en passer d'autres. Dans un casino ou pas, ça n'avait plus grande importance à présent. En tout cas, pour ce qui était de lui poser des questions, elle pouvait compter sur Clay pour ça. Il en avait un tas en tête !

Ils pénétrèrent alors à l'intérieur de la maison et Clay fut aussitôt impressionné par sa collection de bouquins, ce qui lui valut une petite remarque taquine dès qu'elle le rejoignit, armée de sa trousse de secours. Amusée par sa remarque, Amy se mit à rire, ce qui charma complètement Clay. Après la soirée qu'ils venaient de passer, quoi de plus ressourçant que le rire d'une femme ? Surtout quand c'est vous qui provoquez ce rire. Rentrant dans son jeu, elle répondit : « Je suis démasquée !! Vous êtes conscient que je ne vais pas pouvoir vous laisser sortir d'ici vivant ? » Clay ouvrit la bouche en signe de stupéfaction et vint poser ses mains sur son torse, à la place de son cœur, faisant mine d'être effrayé. « Je savais que c'était dangereux de faire confiance à une jolie femme ! Pauvre de moi ! » S'exclama-t-il sur un ton théâtrale. Mais puisqu'elle ne pouvait pas l'entendre, il avait mimé exprès une attitude digne des plus grands dramaturges et s'en était fortement amusé d'ailleurs. En tout cas, il avait glissé un petit compliment ni vu ni connu, même lui en avait à peine eu conscience. « En réalité, vous vous trouvez actuellement dans mon salon qui fait également office de lieu de travail. Ces livres sont … mes outils. Je travaille pour une maison d'édition et parallèlement à cela, je suis critique littéraire. En somme, je passe mes journées le nez plongé dans les livres. » Subitement, Clay se sentit... con. Il n'y avait plus la moindre trace de sourire sur ses lèvres, juste une moue gênée. Elle avait dû lire des centaines de livres et elle devait être le genre de personnes incollables aux jeux tels que le trivial poursuite. Alors que lui... Il s'y connaissait en sport ouais... pathétique. Honteux, il toussota et passa une main nerveuse derrière sa nuque et répondit faiblement : « Hmm.. et bah. C'est.. Cela doit être des métiers passionnants. Mais.. vous trouvez le temps de faire les deux ? » Ou comment changer de sujet. Ce qu'il espérait c'était qu'elle ne se lance pas sur le sujet des livres, vous savez du genre : C'est qui votre auteur préféré ? Vous connaissez Machin Truc ? Et tout le blabla. Car là franchement, il passerait pour un inculte. Mais que voulez-vous, ça n'avait jamais été son truc tout ça. « Vous pensiez peut-être que j'étais la fille d'un mafieux ou quelque chose dans le genre ? Le mythe de reine de l'arnaque vient soudainement de s'effondrer ... Navrée de vous décevoir mais mon univers est beaucoup plus calme qu'il n'y paraît. » Clay redressa la tête, chassant de son esprit ses sombres pensées d'infériorité. Il esquissa un sourire amusé, les yeux pétillants. Il fit mine d'être atrocement déçu et répondit : « J'avoue que je vais avoir du mal à m'en remettre ! Mais je suis sûre que vous n'êtes pas aussi blanche que vous le prétendez... Allé, avouez ! Vous faites des trafiques de livres en vérité. » Il croisa les bras et plissa les yeux, posant sur elle le même regard qu'un policier qui essaye de faire avouer à des dealers qu'ils ont vendu de la cam. Puis, Amy se déplaça, approchant ses bouquins et les effleurant avec un respect qui le laissa perplexe. Elle lui expliqua alors d'où provenait une de ses collections, et quel fut son cadeau lorsqu'elle fut diplômée. Elle parlait avec tant de passion que Clay ne pouvait faire autrement que d'éprouver une certaine fascination à son égard. Il l'écouta attentivement, prenant soin de ne pas l'interrompre dans ses explications. Lorsqu'elle eut terminé, il s'approcha d'elle en déclarant : « Et bien... Vous êtes une personne surprenante. C'est pas tous les jours que des enfants collectionnent des livres. » Il hocha légèrement la tête sur le côté pour appuyer ses dires. C'est vrai que les enfants étaient rarement autant intéressés par les livres qu'elle avait pu l'être. Décidément, il n'était pas au bout de ses surprises avec elle. Et s'il y avait bien une chose que Clay aimait, c'était être surprit ! La suite de la soirée prenait une tournure des plus agréables.

« Votre lèvre ne saigne plus, j'imagine que c'est plutôt bon signe. » Clay posa ses doigts sur sa lèvre et remarqua à son tour que ça ne saignait plus. Tant mieux ! C'était en effet une bonne nouvelle. Amy s'approcha de lui à son tour, imbibant une compresse de désinfectant avant de venir la déposer avec douceur sur sa blessure. Clay grimaça quelque peu face aux picotements que ça lui provoquaient, mais il s'efforça de rester le plus impassible possible, ne voulant pas passer pour une chochotte. « N'hésitez pas à me dire si c'est douloureux, je ne voudrais pas vous faire mal. Hum... et vous, vous travaillez dans quoi alors ? Je peux essayer de deviner ? » Clay lui offrit un sourire forcé, cherchant à camoufler la douleur. Il répondit, les traits du visage complètement tirés : « Non.. ça va... auc.. aïeeeu ! Hmhm. » Il grimaça encore une fois avant de faire une petite moue désolé, signe qu'il ne bougerait plus. Il allait reprendre la parole pour lui dire ce qu'il en était de son métier, mais Amy l'interrompit. « Voyons ça … hum et bien … vous êtes agile, visiblement sportif … j'aurais spontanément tendance à dire que vous êtes flic mais d'une part vous êtes bien trop colérique et d'autre part, vous n'auriez jamais fréquenté une fille comme moi sauf pour lui passer les menottes, donc j'abandonne cette piste. Quoi d'autre … ah oui, vous êtes élégant comme un homme d'affaire. Vous travaillez dans la finance peut-être ? Ou bien … avocat ? Dites-moi que vous êtes éditeur !! Conservateur de la bibliothèque nationale et je vous épouse dans les deux heures qui viennent !! » Au fil de ses paroles, Clay avait oublié sa douleur laissant apparaitre un immense sourire sur ses lèvres masculines. Il avait beaucoup apprécié la petite description qu'elle venait de faire de lui. Agile, sportif, élégant... Bon colérique aussi, mais ce n'était qu'un léger détail. Il se redressa, gonflant le torse avec fierté, un petit sourire satisfait au coin des lèvres. « Très intéressant tout ça. Très, très intéressant. Mais perdu ! J'ai créé une société de location de jets privés et de limousines sur miami. En fait... On peut dire que je suis un homme d'affaire oui... Vous y étiez presque finalement. Ça mérite que je vous offre un tour en jet privé, destination de votre choix. Qu'est-ce que vous en dites ? » Clay lui offrit un petit sourire charmeur, posant sur elle un regard insistant. Est-ce qu'il venait de lui proposer un tour en jet privé là ? Oui... C'était du Clay tout craché ça. Toujours en train de se laisser contrôler par ses pulsions. Le problème ne résidait pas dans le jet privé évidemment, mais plutôt dans la proposition en elle-même. A vrai dire, même s'ils avaient passé des moments ensembles et qu'ils semblaient plutôt bien s'entendre jusque là... La proposition pouvait paraître déplacée, surtout si elle était véritablement timide. Oh et puis tant pis ! Clay n'était pas le genre d'homme à s'embarrasser de toutes ces questions. Adviendra ce qu'il adviendra. Après sa lèvre, Amy s'occupa alors de son nez, retrouvant un air sérieux et concentré qui amusait beaucoup Clay. « Vous pouvez être rassuré, votre nez n'est pas cassé. Ça risque juste d'être assez douloureux dans les jours à venir. » Bon, c'était toujours ça alors. Il haussa les épaules, l'air de dire : je suis super fort, même pas peur de la douleur. C'est vrai que Clay n'était pas vraiment une petite nature, mais il n'était pas non plus un surhomme. « Je serais fort alors ! Comme les héros que vous trouvez dans vos livres. » Il redressa le menton, prenant un air solennel alors qu'il posait sa main droite sur son cœur en gage d'honneur et de courage avant de se mettre à rire encore une fois en soupirant, désespéré par lui-même. « Ah et désolé, je suis touché par votre enthousiasme pour notre futur mariage, malheureusement moi et les livres... On a jamais été très amis vous savez. » Il effectua une petite moue honteuse, comme s'il venait d'avouer son pire secret.







Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: Do you want to bet that I'm not a gambler ? ♠♣♥♦ Ven 1 Juil 2011 - 2:19

    Incontestablement, la réaction de Clay sembla la surprendre. Amy-Rose n'avait pas l'habitude que l'on se montre aussi gentil à son égard, on peut même dire que c'était une révolution en soi et il n'avait probablement pas la moindre idée de combien ça pouvait la toucher. Elle savait que n'importe qui aurait rapidement pris la poudre d'escampette en prétextant un rendez-vous de dernière minute ou quelque chose de plus urgent à faire, mais pas lui. Il était resté. Voilà une chose qu'elle n'était surement pas prête d'oublier. La jeune femme retrouva rapidement le sourire en entendant sa réflexion concernant une prochaine sortie au casino. Tout d'abord, elle fut tentée de rétorquer qu'il était également possible de faire quelques pronostics concernant les machines à sous. Bien entendu, les chances de remporter le jackpot étaient moindres puisque c'était beaucoup moins précis que de compter les cartes, mais ce n'était pas totalement impossible. Elle était même certaine d'y parvenir avec un peu d'entrainement. Amy-Rose lui aurait volontiers prouvé par A+B qu'elle avait raison mais en y réfléchissant bien, il était sans doute plus prudent de garder ce genre d'information pour elle et d'adopter un comportement des plus louables s'ils devaient à nouveau se rendre dans un casino ensemble. Ce qui s'était passé ce soir lui avait servi de leçon et elle n'avait pas la moindre envie que cela puisse se reproduire un jour. D'ailleurs, la jeune femme n'était même pas certaine d'avoir envie de remettre les pieds dans une salle de jeux avant fort longtemps !! Une fois à l'intérieur, Amy-Rose se sentit davantage à son aise, osant enfin montrer quelle était sa véritable personnalité: celle d'une jeune femme à la vie pour le moins banale mais passionnée par les livres anciens. Le véritable problème avec Amy, c'est qu'elle ne savait jamais comment se comporter en présence d'autrui pour la simple et bonne raison qu'elle avait pour habitude d'être seule depuis toujours. Les rares personnes qu'elle fréquentait n'étaient ni plus ni moins que de vagues connaissances auxquelles elle n'était pas particulièrement attachée, des voisins ou des gens de la profession. Elle n'avait pas d'amis, pas de famille, n'était pas une demoiselle extravertie et encore moins quelqu'un de sociable. Les seules personnes en qui elle avait voulu avoir confiance avaient finalement fini par la décevoir, c'est pourquoi il était tellement difficile de l'apprivoiser. Amy-Rose était introvertie, calme et discrète. Plus elle observait Clay, plus elle se rendait compte qu'il était son parfait contraire. Il semblait à l'aise, sûr de lui et il n'était pas bien difficile de deviner qu'il avait pour habitude de côtoyer du monde. D'ailleurs, son attitude théâtrale ne manqua pas de la faire rire de bon coeur même si elle piqua un fard au passage. Il ne s'était sans doute même rendu compte qu'il venait de lui dire qu'elle était jolie mais il n'en fallait pas plus pour qu'une légère couleur rosée vienne donner un éclat particulier à son visage de porcelaine. Tandis qu'elle évoquait avec passion sa profession, Clay l'interrogea afin de savoir si elle avait le temps d'exercer ses deux métiers. Amy-Rose aurait adoré pouvoir répondre qu'elle était débordée, qu'elle n'avait pas une minute pour respirer tant son boulot était prenant mais ce ne serait ni plus ni moins qu'un effroyable mensonge.

    Amy-Rose - « Je pourrais même cumuler un troisième emploi, cela ne me dérangerait pas outre mesure. Je ne vais pas vous mentir: en dehors de mon métier, on ne peut pas vraiment dire que je sois particulièrement douée en matière de rapports humain. Je n'ai pas de famille, pas d'attache et je ne connais pas grand monde dans cette ville. En somme, passer mes soirées avec des auteurs morts depuis des siècles ou des personnages aux aventures tumultueuses ne me dérange pas le moins du monde. Et comme je n'ai de compte à rendre à personne, je peux bien passer mes journées et mes week-end à corriger des ouvrages ou en faire la critique. Ca m'occupe. Et puis pour être honnête, j'ai appris avec le temps à apprécier davantage la présence de ces livres que celle de mes semblables. J'ai pourtant tenté le coup mais j'ai horreur de me retrouver dans des endroits où il y a beaucoup de monde pour la simple et bonne raison que j'ai beaucoup de mal à suivre les conversations lorsque plusieurs personnes gravitent autour de moi. J'ai l'impression de perdre le contrôle et ça m'angoisse immédiatement. Donc en plus d'être une arnaqueuse et une trafiquante de vieux bouquins, vous comprendrez vite que je suis une vraie sauvageonne. »

    La jeune femme avait prononcé cette dernière phrase un ton humoristique mais cela n'en demeurrait pas moins réaliste pour autant. Le pire dans tout ça, c'est que la présence des autres ne lui manquait absolument pas. Elle vivait dans l'univers de ses rêves et jusqu'ici, personne n'avait été capable d'y pénétrer. « Et bien... Vous êtes une personne surprenante. C'est pas tous les jours que des enfants collectionnent des livres. » Touché. Il venait de marquer un point mais la jeune femme ne répondit rien, se contentant de lui adresser un léger sourire. Elle n'était qu'une petite fille lorsqu'elle avait commencé à adorer les livres. A l'orphelinat, elle n'avait pas d'amis et la lecture était sa seule et unique occupation pour passer le temps. C'est de là qu'est née sa passion immodérée pour l'écriture et la réflexion. Etant enfant, elle passait des heures pour ne pas dire des journées entières enfermée dans des bilbiothèques ou un quelconque endroit possédant des livres. Amy-Rose lisait tout et n'importe quoi, des romans, des livres d'astronomie et même des bouquins de droit. C'est sans doute pour cette raison qu'elle était capable d'aborder n'importe quel sujet avec une facilité déconcertante. Naturellement, elle ne connaissait pas tout sur tout mais elle était néanmoins dotée d'une rare intelligence dont elle-même n'avait pas conscience. Elle a toujours imaginé que la fiction valait bien mieux que la réalité. Petite, elle voyait les romans comme une sorte de monde magique duquel elle n'avait pas envie de sortir. D'ailleurs, elle n'en était jamais véritablement sortie puisqu'elle avait choisi d'en faire son métier. Cela dit, expliquer le pourquoi du comment elle avait fini par devenir accro à la lecture n'était pas nécessaire pour l'instant. Amy-Rose n'aimait pas parler de son passé et son enfance était une période qu'elle ne revivrait pour rien au monde. Elle n'était heureuse que depuis quelques années, le reste de son existence était comme un affreux cauchemar qu'elle aurait souhaité effacer de sa mémoire à tout jamais. Son sourire ne tarda pas à se faire plus doux et elle reprit la parole avec une certaine tendresse dans la voix: « Peut-être que je vous expliquerai tout ça un jour ... » Et allez savoir pourquoi, elle était certaine que tôt ou tard il deviendrait détenteur de ses moindres secrets ...

    La jeune femme cessa son bavardage afin d'inviter Clay à la rejoindre, histoire qu'elle puisse s'occuper de ses blessures. La conversation la conduisit à tenter de deviner sa profession, chose peu évidente. « Très intéressant tout ça. Très, très intéressant. Mais perdu ! J'ai créé une société de location de jets privés et de limousines sur miami. En fait... On peut dire que je suis un homme d'affaire vous y étiez presque finalement. Ça mérite que je vous offre un tour en jet privé, destination de votre choix. Qu'est-ce que vous en dites ? » Durant quelques secondes, Amy-Rose fixa les lèvres de son interlocuteur tout en affichant un air dubitatif. Avait-elle réellement compris ce qu'il venait de dire ou bien devait-elle lui demander de répéter ? A supposer qu'elle ne se soit pas plantée, il devait certainement plaisanter. « Hum et bien, je … quoi, vous êtes sérieux ? » A en juger son expression, il était on ne peut plus sérieux ! Que devait-on répondre dans ces cas-là ? Génée par le regard insistant de Clay et sentant qu'elle allait de nouveau virer à l'écarlate, elle haussa une épaule et lança sur un ton amusé: « J'imagine que ce serait légèrement déplacé de ma part de vous demander de m'emmener à Las Vegas ? Je suis pourtant certaine qu'on aurait fait un malheur au Bellagio !! » La jeune femme laissa échapper un rire cristallin tout à fait adorable et reprit avec malice : « Ok, on laisse tomber le Nevada. En tout cas, j'en serais vraiment ravie. Je vous remercie, ça me touche beaucoup. En plus, je n'ai jamais eu l'occasion de monter dans un jet. » D'ailleurs elle ignorait totalement qu'il était possible de louer ce genre d'engin ! « Jets et limousines ..., je suis impressionnée. Sérieusement, y'a beaucoup de gens qui ont les moyens de s'octroyer vos services ? Quoi qu'il en soit, je n'aurais jamais pu deviner une chose pareille, c'est certain. » Toutefois, elle se consolait en se disant qu'il avait raison et qu'en déclarant qu'il était probablement homme d'affaire, elle n'était pas tombée bien loin. L'attitude de Clay n'avait de cesse de la surprendre et de la faire sourire et lorsqu'il évoqua les héros de ses livres, elle adopta volontairement une mine offensée. « Hey !! Je vous interdis de vous moquer de mes héros !! » « Ah et désolé, je suis touché par votre enthousiasme pour notre futur mariage, malheureusement moi et les livres... On a jamais été très amis vous savez. »

    Amy-Rose- « Vous dites ça parce qu'on ne vous a jamais appris à les aimer. Personne ne peut détester les livres, c'est impossible. Naturellement, il faut s'éloigner des ouvrages que l'on étudie solennellement dans un cadre purement scolaire et particulièrement rigide pour s'attacher à des lectures beaucoup plus agréables et propices à l'émerveillement. Je suis certaine de pouvoir vous faire changer d'avis, vous tenez le pari ? Faites attention à ce que vous allez répondre, je vous ai déjà prouvé qu'il n'est pas prudent de parier avec moi … »

    La jeune femme le dévisagea avec malice, attendant une réponse de sa part. Elle ne pouvait pas le laisser se faire une fausse idée sur les livres. D'une manière ou d'une autre, elle parviendrait à le convaincre qu'il faisait fausse route. Dès qu'elle ouvrait les pages d'un livre, l'esprit d'Amy-Rose partait vers des lieues qui n'appartenaient qu'à elle, soudainement indifférente à ce qui pouvait bien se passer autour d'elle. C'était une sensation grisante qu'elle s'étonnait de ressentir chaque fois qu'elle entamait un nouvel ouvrage. Amy ne comprenait pas comment il était possible de ne pas aimer la lecture. La jeune femme sortit de ses pensées et reprit avec un joli sourire :

    Amy-Rose- « Oh mais je me rends compte que je suis une hôte particulièrement indisciplinée! Je n'ai même pas demandé au super héros du jour s'il désire boire quelque chose ? Après tout, n'imaginez pas que je vais vous laisser filer aussi rapidement !! Oh et .. de temps à autre il m'arrive aussi de faire du trafic de cuisine chinoise, ça vous tente ? Je vous promets que, la mafia chinoise ne va pas vous tomber sur le dos, vous avez payé votre forfait pour la soirée. »

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: Do you want to bet that I'm not a gambler ? ♠♣♥♦ Mer 13 Juil 2011 - 15:26



Il n'y avait pas à dire, Clay la trouvait touchante. Elle était d'un naturel déconcertant, et sa douceur et sa gentillesse faisait d'elle une femme en apparence sensible et délicate. Bien qu'il suffisait de parler avec elle pour se rendre compte qu'elle était plutôt bien dans ses baskets et que malgré son handicap, elle ne laissait pas les autres dicter sa vie. Elle avait des passions, sa propre maison, elle exerçait ses boulots comme une grande sans l'aide de personne et semblait avoir plutôt bien réussit sa vie. Pourtant, malgré son regard brillant et son sourire tendre, quelque chose manquait. Clay n'aurait pas su dire quoi, mais cela se voyait. Quoi qu'après ce qu'elle venait de lui dire, son opinion penchait de plus en plus pour une solitude trop pesante pour elle. Et le brun trouvait ça attristant et injuste. A première vue, c'était une femme débrouillarde et intéressante. Elle se mêlait aux autres avec brio et une fois la glace brisée, elle se montrait même particulièrement agréable. Elle semblait comme prise au piège d'un cercle vicieux dont elle ne pouvait plus se sortir. Son apparence mensongère déplaisait aux gens qui la prenaient pour une femme hautaine et froide, mais la vérité les faisait fuir. Quelle option lui restait-elle ? Cette idée le peina, réalisant qu'elle passait certainement à côté de pleins de choses. Connaissait-elle le bonheur de se retrouver autour d'un bon verre entre amis ? Sortait-elle de chez elle pour faire X activés ? Il avait comme l'impression que toute sa vie tournait autour de son métier, délaissant -non pas par choix- toute vie sociale. Tout ce qu'elle pouvait espérer, c'était de croiser la route de personnes telles que Clay, qui se soucierait bien peu de sa surdité et apparemment, elle n'en avait pas croisé beaucoup. Il trouvait ça tellement injuste ! Clay avait des tas de défauts, mais jamais il ne mettrait de côté quelqu'un de différents des autres. Surtout quand c'était une personne aussi charmante, dans tous les sens du terme d'ailleurs. Et comme une promesse silencieuse, il décida à cet instant précis qu'il allait la tirer de son quotidien. Il voulait lui faire découvrir un tas de choses qu'elle n'avait très certainement jamais connu et elle avait elle aussi des tas de choses à lui apprendre. Il voulait la voir rire encore, voir ses pommettes retrouver cet éclat, qu'elle baisse les armes et se content de profiter de ce qu'il avait à lui apporter. Cela pouvait paraitre bien prétentieux, mais Clay avait des intentions plus que louable. Il ne prétendait pas être celui qui allait changer sa vie ni quoi que ce soit dans ce genre. Non, il voyait plutôt ça comme un acte de camaraderie et de solidarité. Il ne la laisserait pas tomber, c'est tout.

« Je pourrais même cumuler un troisième emploi, cela ne me dérangerait pas outre mesure. Je ne vais pas vous mentir: en dehors de mon métier, on ne peut pas vraiment dire que je sois particulièrement douée en matière de rapports humain. Je n'ai pas de famille, pas d'attache et je ne connais pas grand monde dans cette ville. En somme, passer mes soirées avec des auteurs morts depuis des siècles ou des personnages aux aventures tumultueuses ne me dérange pas le moins du monde. Et comme je n'ai de compte à rendre à personne, je peux bien passer mes journées et mes week-end à corriger des ouvrages ou en faire la critique. Ça m'occupe. Et puis pour être honnête, j'ai appris avec le temps à apprécier davantage la présence de ces livres que celle de mes semblables. J'ai pourtant tenté le coup mais j'ai horreur de me retrouver dans des endroits où il y a beaucoup de monde pour la simple et bonne raison que j'ai beaucoup de mal à suivre les conversations lorsque plusieurs personnes gravitent autour de moi. J'ai l'impression de perdre le contrôle et ça m'angoisse immédiatement. Donc en plus d'être une arnaqueuse et une trafiquante de vieux bouquins, vous comprendrez vite que je suis une vraie sauvageonne. » Clay afficha une petite moue déçue. Ses doutes se confirmaient, elle était seule. Mais apparemment, cela semblait plutôt lui plaire. Toutes ses bonnes intentions volaient en éclat, alors qu'il se rendait compte qu'elle n'aurait très certainement pas envie de jouer le jeu et le laisser lui faire découvrir le monde tel qu'il le voyait lui. Il baissa les yeux un instant, songeur. Baisser les bras, ce n'était pas son genre ! Non, il tenterait malgré tout. De façon plus subtile, des choses faciles pour elle, mais il tenterait. Sinon, il le regretterait et il détestait avoir des regrets. En tout cas, il avait du mal à comprendre comment elle pouvait être heureuse avec une telle vie. Lui qui était si sociable, il avait du mal à envisager une vie de solitaire... Il ne le supporterait certainement pas. Une autre question lui traversa l'esprit : pourquoi n'avait-elle plus de famille ? Avait-elle coupé les ponts ? Était-elle décédée ? Ou bien... ses parents l'avait-ils rejetée ? Non, ça, c'était impossible... Du moins, il l'espérait sincèrement. Se serait véritablement affreux sinon. Il hocha légèrement la tête, et toujours en prenant soin d'articuler sans parler trop vite, il répondit : « Hmm... Je vois, je vois. Oh je ne vais pas vous mentir ! Je trouve ça... triste. Je ne vous accuse pas, bien évidemment, je sais bien que ce n'est pas de votre faute. Les gens sont tellement ignorants et effrayés par les différences, c'est désespérant. Mais vous êtes une personne tellement intéressante, je trouve ça dommage que personne ne le sache. Néanmoins, tout animal sauvage est domesticable... » Il posa sur elle un regard lourd de sens. Cette petit métaphore ne servait qu'à lui faire comprendre qu'elle ne se débarrasserait pas aussi facilement de lui et qu'il avait bien l'intention de l'apprivoiser. Ou du moins, d'essayer. Il se sentait totalement incapable de rentrer chez lui et de ne plus jamais la revoir ensuite, la laissant seule ainsi. Et de toute façon, il n'en avait pas envie. Toujours sur le sujet des livres, Clay ne lui cacha pas sa surprise lorsqu'elle lui expliqua qu'elle collectionnait des livres depuis toute petite, que ça avait toujours été sa passion. Elle le regarda un court instant, silencieuse. Son esprit semblait s'être dispersé et s'être éloigné de la conversation pour se replonger dans des souvenirs lointain. Clay fronça les sourcils, curieux et intrigué par cette réaction. Elle finit par lui sourire, et dotée d'une infinie tendresse elle souffla : « Peut-être que je vous expliquerai tout ça un jour ... » Immobile, Clay la fixa calmement. Amy était une femme décidément bien mystérieuse, il n'était pas difficile de comprendre que la vie n'avait pas été rose tous les jours pour elle, et qu'elle avait du traverser des épreuves peu enviables. Lui offrant un sourire compréhensif en retour, il se contenta de hocher la tête, lui faisant comprendre que si un jour elle ressentait le besoin de lui expliquer "tout ça", il serait là.

Tous deux assit sur le canapé, Amy s'occupait de ses blessures et Clay tentait de ne pas trop gigoter sous les picotements incessant que provoquait le désinfectant qu'elle utilisait. La conversation aborda alors ce que lui faisait dans la vie et il fut très amusé de la voir tenter de deviner son métier. A vrai dire, il était très flatté de tout ces propositions et de la description qu'elle avait faite de lui. Clay n'était qu'un homme, il ne pouvait nier aimer être complimenté. Surtout en sachant que de la bouche de la jeune femme, c'était parfaitement sincère. Il finit par lui expliquer ce qu'il faisait puisqu'elle n'avait pas deviné et lui proposa en gage de félicitation un tour en jet privé à la destination de son choix. Ce qui était également un moyen subtile de pouvoir la revoir et de commencer ce qu'il voulait entreprendre avec elle : l'ouvrir au monde. Mais l'air dubitatif qu'elle afficha le laissa perplexe. Mince, avait-il dit quelque chose qui ne fallait pas ? Oh, à moins qu'elle n'ait pas saisit toute sa phrase, il avait peut-être parlé trop vite. Alors qu'il allait répéter plus lentement, elle l'interrompit : « Hum et bien, je … quoi, vous êtes sérieux ? » Clay haussa un sourcil, surprit de sa question. Bien sûr qu'il était sérieux ! Et visiblement, son petit air suffit à lui faire comprendre qu'il ne plaisantait pas en effet. « J'imagine que ce serait légèrement déplacé de ma part de vous demander de m'emmener à Las Vegas ? Je suis pourtant certaine qu'on aurait fait un malheur au Bellagio !! » Déclara-t-elle d'une voix enthousiaste. Clay éclata de rire -mauvaise idée, car il sentit à nouveau une violente douleur au niveau de la lèvre qui le fit rapidement cesser de rire- à cette pensée. A Las Vegas, les casinos étaient plus surveillés que partout ailleurs tant il y avait de tricheurs. Ils se feraient épinglé en quelques minutes et là-bas, ils n'étaient pas aussi doux qu'ici... Déjà qu'ils ne l'avaient pas beaucoup été alors bon. Il n'avait pas envie de terminer à l'hôpital, ou pire, six pieds sous terre. Peut-être qu'il regardait trop la télévision, mais ça restait une réalité. Les règlements de compte des casinos étaient toujours particulièrement violent. Il y avait déjà eu des morts, et il y en aurait encore. Et très sincèrement, Clay n'avait pas du tout envie de faire partie de cette sordide liste. « Ok, on laisse tomber le Nevada. En tout cas, j'en serais vraiment ravie. Je vous remercie, ça me touche beaucoup. En plus, je n'ai jamais eu l'occasion de monter dans un jet. » Clay hocha la tête pour approuver vigoureusement et rétorqua : « En effet, laissons tomber les casinos de Las Vegas ! J'ai encore un tas de choses à vivre. Et ma famille a besoin de moi ! » Il échappa un petit rire et soupira longuement. Sa famille... Il entendait par là sa belle-fille, Sixtine. Déjà qu'elle n'avait plus sa mère, alors si lui aussi venait à disparaitre... La pauvre enfant, déjà bien perdue, ne s'en remettrait pas. Elle finira en foyer ou famille d'accueil et sa vie serait foutu. Il le savait pertinemment. Mais bon, pour le moment personne n'était mort, pas la peine de s'en inquiéter ! Il ajouta ensuite, toujours en la fixant : « Oh vous savez, il y a peu de gens qui ont cette opportunité. Dites... vous avez déjà vu le Grand Canyon ? J'ai toujours rêvé d'y aller, mais je n'ai jamais prit le temps de le faire. Si je viens avec vous, ça vous intéresserait comme destination ? » Clay avait les yeux brillants, comme un petit enfant à qui l'ont annonce que l'on va l'emmener à DisneyLand. Il y avait des tas d'endroits que Clay rêvait de visiter, mais il était tellement obnubilé par son boulot qu'il ne s'accordait jamais de vacances, jamais de temps pour lui. En fait, il se rendait compte que même s'il avait une vie sociale très riche, son quotidien tournait principalement autour de son boulot lui aussi. Déviant le regard tristement, il ajouta : « Nous voilà avec un point commun en plus... notre boulot, c'est notre vie. » Mais Clay, contrairement à Amy-Rose ne semblait pas particulièrement enchanté face à cette idée. Néanmoins, il n'avait pas franchement articulé en disant ça, il y avait des chances qu'elle n'ait pas tout saisit à ce qu'il venait de dire. De toute façon, il l'avait plutôt dit pour lui-même que pour elle. C'était vrai après tout, à quoi ressemblait sa vie ? Il avait 35 ans et alors oui, il avait réussit professionnellement parlant. Il était riche et son entreprise marchait à la perfection, mais à quel prix ? Il avait un enfant quelque part aux USA, âgé de 10 ans maintenant certainement, qu'il n'avait jamais vu et qu'il n'avait jamais réussit à retrouver. Suite à une énorme erreur, il avait du fuir Washington et abandonner la femme qu'il aimait à l'époque, couper tous liens avec elle et avec toute sa famille et ses amis. Il avait recommencé une vie ici, à OG. Il s'était marié à une femme qui était aujourd'hui en prison, et dont il se retrouvait avec la garde de sa fille. Oh certes il l'aimait plus que tout Sixitine, mais ce n'était pas comme ça qu'il voyait sa vie. De plus, il préparait secrètement les papiers du divorce, sachant que sa femme ressortait de prison dans un an, mais il ne voulait plus partager sa vie. Bref, Clay était aussi plein de mystères et sa vie n'était pas évidente. Et il n'avait jamais imaginé ça pour lui. A cet âge là, il se voyait marié avec la femme de sa vie, et avec déjà plusieurs enfants qui lui sauteraient dans les bras quand il rentrerait le soir du travail. Et parfois il sortirait plus tôt pour pouvoir aller les chercher à l'école, les faire goûter et les aider dans leurs devoirs... Bref, plus le temps passait et plus Clay réalisait qu'il ne menait pas franchement la vie de ses rêves. Et c'était dur à encaisser. « Jets et limousines ..., je suis impressionnée. Sérieusement, y'a beaucoup de gens qui ont les moyens de s'octroyer vos services ? Quoi qu'il en soit, je n'aurais jamais pu deviner une chose pareille, c'est certain. » Clay retrouva aussitôt le sourire, chassant ses sombres pensées de son esprit. Il hocha la tête pour approuver et répondit : « Oh oui, y a beaucoup de gens. Surtout dans certaines villes, et ici c'est un véritable petit nid à riches ! J'ai des habitués même vous savez. Mes affaires n'ont jamais aussi bien marché, je fais un chiffre d'affaire impressionnant. J'ai moi-même du mal à y croire parfois... » Ouep, fallait dire que quand on arrivait à s'offrir un salaire à 6 chiffres... il y avait de quoi vous laissez perplexe ! Surtout que Clay était issu d'un milieu très modeste. L'argent avait toujours été sa motivation, il avait arrêté tôt l'école pour bosser. Alors de ce côté là, il était très fier de lui. Il en avait chier pour y arriver, mais il y était arrivé.

« Hey !! Je vous interdis de vous moquer de mes héros !! » Clay se mit à rire une fois encore, amusé par l'air offensé qu'elle arborait. Il releva ses mains en signe d'innocence et feinta de ne pas comprendre de quoi elle parlait, alors que ses lèvres tremblaient tant il avait envie de rire. Lui annonçant alors que cela risquait d'être compliqué pour leur mariage, il évoqua la raison, lui expliquant que lui et les livres, ce n'était pas trop une histoire d'amour... « Vous dites ça parce qu'on ne vous a jamais appris à les aimer. Personne ne peut détester les livres, c'est impossible. Naturellement, il faut s'éloigner des ouvrages que l'on étudie solennellement dans un cadre purement scolaire et particulièrement rigide pour s'attacher à des lectures beaucoup plus agréables et propices à l'émerveillement. Je suis certaine de pouvoir vous faire changer d'avis, vous tenez le pari ? Faites attention à ce que vous allez répondre, je vous ai déjà prouvé qu'il n'est pas prudent de parier avec moi … » Clay fut amusé de voir avec quelle ferveur elle défendait l'honneur des livres, persuadée de réussir à lui faire aimer la lecture. Clay restait néanmoins particulièrement sceptique. Il grimaça légèrement en signe de désaccord et répondit : « Je veux bien tenir le pari, mais vous allez perdre. Déjà, je n'ai pas le temps de lire. Excepté le journal et quelques magasines économiques durant mes pauses déjeuners. Et j'vous dit, ça n'a jamais été mon truc. J'ai arrêté l'école à 17 ans et je crois n'avoir jamais lu en entier les livres qu'on avait en cours. C'est pas mon truc. » Il haussa doucement les épaules, un peu honteux. Il avait peur de passer pour un attardé, un inculte ou des choses dans ce genre-là. Il était curieux du monde qui l'entourait, mais lire des auteurs mort depuis 100 ans, ça ne l'intéressait pas. Il avait peur également que, du fait qu'il ne partage pas sa passion pour les livres, elle n'ait plus grand chose à lui dire et n'ait pas envie de perdre son temps avec lui. Ce qui, avouons-le, le blesserait sincèrement. « Oh mais je me rends compte que je suis une hôte particulièrement indisciplinée! Je n'ai même pas demandé au super héros du jour s'il désire boire quelque chose ? Après tout, n'imaginez pas que je vais vous laisser filer aussi rapidement !! Oh et .. de temps à autre il m'arrive aussi de faire du trafic de cuisine chinoise, ça vous tente ? Je vous promets que, la mafia chinoise ne va pas vous tomber sur le dos, vous avez payé votre forfait pour la soirée. » Retrouvant un enthousiasme contagieux, Clay se frotta les mains, particulièrement emballé par cette idée. Et puis, c'est vrai que c'était un héros en plus... Il fit mine de se passer une main dans ses cheveux imaginaires, dans un parfait mouvement l'oréal, l'air princier. Puis il pouffa et répondit en se levant à son tour en guise de politesse : « Le héros du jour accepte avec plaisir la proposition ! J'adooore manger chinois. Mais on partage le prix hein ? Je vais pas vous laissez tout payer. Vous avez besoin d'aide pour préparer quelque chose... ? » Serviable, Clay lui souriait, signe qu'il pouvait par exemple commander pendant qu'elle leur servait à boire. Puis, il ajouta : « Comme ça, j'aurais le temps de vous poser toutes les questions qui me taraudent l'esprit à votre sujet. » Il lui accorda un petit clin d’œil complice, signe qu'elle allait être leur sujet principal durant ce délicieux repas qui les attendait. Et en plus, c'est vrai qu'il mourrait de faim !






Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: Do you want to bet that I'm not a gambler ? ♠♣♥♦ Dim 17 Juil 2011 - 12:31

    Contrairement aux apparences, Amy-Rose n'était pas tout à fait certaine d'être domesticable. A vrai dire, elle se voyait plutôt comme ces animaux craintifs et potentiellement dangereux pour l'homme. Le fait est que la jeune femme avait de nombreux secrets et l'un d'eux l'incitait à se méfier de chaque personne croisant son chemin. Et si Clay n'était pas ce qu'il prétendait être ? Et s'il était l'un d'entre « eux » ? Bien entendu, cette pensée lui traversa l'esprit mais elle préféra bien vite l'oublier afin de profiter pleinement de l'instant présent. Ainsi, son tempérament d'ordinaire sur la réserve était désormais parfaitement méconnaissable et c'était sans doute la première fois de sa vie qu'elle se dévoilait avec tant de facilité. A croire qu'elle trouvait la présence de Clay suffisamment rassurante pour oser lui en dire davantage à son sujet. Elle n'avait pas l'habitude de se confier de la sorte et apprendre à la connaître était un art demandant une infinie patience. Contrairement à ce que la plupart des gens pouvaient bien penser, la jeune femme ne trouvait pas sa propre solitude pesante. Bien entendu, elle ne passait pas la totalité de son temps libre toute seule puisqu'il lui arrivait de sortir, de voir des amis, d'avoir des rendez-vous d'affaire ou encore de partir en voyage. Naturellement, elle était loin d'avoir une vie aussi animée que semblait l'être celle de Clay mais elle savait se contenter de la sienne. Toujours est-il qu'en l'état actuel des choses, Amy-Rose ne cherchait pas à se cacher ou à jouer un rôle quelconque. Pour la première fois depuis bien longtemps, elle était elle-même. Sans artifice et sans le moindre masque. Elle avait même oublié à quel point il pouvait être agréable de se laisser aller tout en se montrant sincère. C'est donc de bon coeur qu'elle se mit à plaisanter au sujet de leur futur tour en jet. « En effet, laissons tomber les casinos de Las Vegas ! J'ai encore un tas de choses à vivre. Et ma famille a besoin de moi ! » Cette dernière phrase sembla interpeller Amy, qui après un court instant seulement reporta son attention en direction de la compresse qu'elle tenait toujours entre ses mains et avec laquelle elle jouait nerveusement. « Votre famille ? » La jeune femme esquissa un sourire poli bien qu'intérieurement, une bombe n'aurait pas fait davantage de ravages. C'était parfaitement idiot et elle en avait pleinement conscience mais entendre Clay évoquer sa famille (à supposer que l'on entende par là femme et enfants) la déstabilisait d'une manière proprement étrange. Le fait qu'il puisse être en couple ou avoir des enfants n'avait jamais traversé l'esprit d'Amy. Maintenant que c'était le cas, elle se sentait extrêmement mal à l'aise. Etrange. Elle n'attendait pourtant rien de sa part et n'y avait d'ailleurs jamais songé, alors pourquoi aurait-elle préféré qu'il n'évoque jamais ce sujet ? Pourtant en y réfléchissant bien, il lui paraissait évident que Clay ne menait pas la même vie qu'elle. Il devait probablement vivre avec une femme aussi belle que surprenante et à côté de laquelle, elle aurait eu l'impression d'être dénuée de tout intérêt. Et ses enfants ? Amy-Rose n'avait aucun mal à l'imaginer en train de s'occuper d'eux. Il devait même être un papa assez cool selon elle. Toute cette réflexion la ramena bien vite à la réalité de sa propre condition. Si de son côté elle venait à disparaître, à qui pourrait-elle bien manquer ? Personne ne s'apercevrait de son absence et Amy le savait bien. La jeune femme se devait admettre que cette perspective là était tout bonnement effrayante. Amy-Rose sortit de ses pensées lorsque Clay lui proposa de visiter le Grand Canyon. Elle l'observa attentivement puis arqua un sourcil. Il ne fallait pas grand chose pour qu'elle commence à se montrer suspicieuse. Pourquoi faisait-il tout ça ? Il la connaissait à peine ! Bien entendu, elle trouvait la proposition alléchante et elle aurait été prête à s'accrocher à n'importe quel prétexte pour le revoir, mais elle ne pouvait s'empêcher de trouver tout cela étrange.

    Amy-Rose « Ecoutez … je crois comprendre où vous souhaitez en venir et c'est précisément là que vous allez me mettre mal à l'aise. Vous êtes vraiment gentil mais … je ne suis pas un jeune chiot ayant besoin d'être protégé. J'ai toujours su prendre soin de moi sans demander l'aide de qui que ce soit. Mon mode de vie doit vous paraître étrange mais il me convient parfaitement. Vos propositions sont incroyables et me touchent bien plus que vous ne l'imaginez mais je ne veux pas que vous vous sentiez obligé de m'accorder du temps. Je vais très bien. Je n'ai certainement pas un réseau social aussi vaste que le vôtre et je ne voyage probablement pas autant que vous mais je suis heureuse. Seule mais heureuse. »

    Pendant qu'elle parlait, sa main s'était délicatement posée sur celle de Clay. Un simple geste ayant pour but de lui faire comprendre qu'elle appréciait ce qu'il essayait de faire pour elle mais que ce n'était pas nécessaire de se donner tant de peine. Après tout, elle était intimement convaincue de ne plus le revoir après cette fameuse soirée qu'ils étaient en train de partager. Cela se passait toujours de cette manière et elle ne se faisait guère d'illusion quant à l'avenir de leur semblant d'amitié. Ainsi, elle avait l'intention de profiter au mieux de cette soirée et de se contenter d'en garder un excellent souvenir. Après ce petit discours, la jeune femme tâcha de changer de conversation en lui faisant savoir qu'elle ne s'attendait pas à ce qu'il exerce une telle profession. Elle était cependant étonnée que des gens aient les moyens de s'octroyer ce genre de services. « Oh oui, y'a beaucoup de gens. Surtout dans certaines villes, et ici c'est un véritable petit nid à riches. J'ai des habitués même vous savez. Mes affaires n'ont jamais aussi bien marché, je fais un chiffre d'affaire impressionnant. J'ai moi-même du mal à y croire parfois. » Amy était vraiment admirative face à tout cela. Difficile d'imaginer qu'un homme aussi gentil qu'il l'était puisse être à la tête d'une telle entreprise. La jeune femme se faisait plutôt une image négative des grands patrons et cette image allait totalement à l'encontre de celle que renvoyait Clay.

    Amy-Rose -« Vous avez des responsabilités et j'imagine que vous êtes la poigne de fer de cette entreprise. Sans vous, plus personne pour satisfaire les exigences de ces messieurs dames hautement fortunés. Dans une ville comme celle-ci, je veux bien croire que vous trouviez votre bonheur ! »

    Elle ne tarda pas à esquisser un nouveau sourire. Amy-Rose savait que même en ayant de l'argent, beaucoup d'argent, elle n'irait jamais jusqu'à privatiser un jet pour son bon plaisir. Pas plus qu'elle ne roulerait en limousine pour faire ses courses. Amy était la discrétion incarnée et l'univers des paillettes et des mondanités ne l'intéressait pas le moins du monde. Lorsque la conversation repartit sur les livres, la demoiselle osa tenter le pari de faire aimer la lecture à Clay. Elle savait qu'elle était capable d'y arriver. Elle en était même absolument certaine. « Je veux bien tenir le pari, mais vous allez perdre. Déjà, je n'ai pas le temps de lire. Excepté le journal et quelques magasines économiques durant mes pauses déjeuners. Et j'vous dit, ça n'a jamais été mon truc. J'ai arrêté l'école à 17 ans et je crois n'avoir jamais lu en entier les livres qu'on avait en cours. C'est pas mon truc. » La gène de Clay était perceptible et n'échappa pas à Amy-Rose. Cependant, elle n'émettait aucun jugement à ce sujet. Il n'avait jamais lu un livre en entier et arrêté l'école à 17 ans ? Où était le problème ?

    Amy-Rose- « 17 ans ou pas, vous avez su gérer votre carrière. Vous aviez de l'ambition et des projets plein la tête, du moins je l'imagine. Dans le cas contraire, vous n'en seriez pas là. Il faut avoir beaucoup de courage pour se lancer dans un tel projet et bon nombre de personnes n'auraient jamais osé tenter l'aventure. Moi la première! Je ne suis pas assez téméraire pour ça. Vous pouvez être très fier de votre travail. Cela dit, j'ai un léger reproche à vous faire : le journal et les magasines économiques …Sans vouloir vous offenser, ce n'est pas étonnant que vous trouviez vos lectures ennuyeuses. Et même si vous êtes persuadé de gagner, je tiens à relever le défi. Un jour, vous direz par vous même que vous adorez la lecture.Vous verrez !!»

    Elle lui lança un sourire amusé puis se leva, proposant de partager un repas chinois. En voyant Clay lui proposer son aide, elle lança machinalement: « Non, ne vous dérangez pas je m'en charge. » Et aussitôt, son sourire s'estompa. Ce qu'elle pouvait se sentir idiote par moment. Comment allait-elle pouvoir faire pour passer commande ? D'ordinaire, la question ne se posait même pas puisqu'elle prenait le temps de s'arrêter directement chez le traiteur chinois qui n'était qu'à quelques rues d'ici. Elle n'avait jamais eu à passer commande par téléphone. « Hum … en fait si, j'ai besoin de votre aide. » Amy lui tendit alors son téléphone portable avec un air navré. « C'est sans doute la seule chose que je ne sois pas en mesure de faire toute seule. Vous voulez bien appeler pour moi ? Le numéro du traiteur se trouve dans mon répertoire. Et au passage, il est totalement hors de question que nous partagions quoi que ce soit. C'est moi qui vous invite, ne me faites pas l'affront de refuser. Je me vexe facilement vous savez. » Elle lui lança un clin d'oeil complice avant de se diriger vers la cuisine. Elle sortit deux verres à vin puis se baissa afin de choisir une bouteille. Amy-Rose n'y connaissait pas grand chose en vin. Les quelques bouteilles qu'elle possédait étaient issues de la cave personnelle de son ancien petit ami auquel elle ne souhaitait plus avoir à faire désormais. Cela ne faisait que cinq semaines que Jake ne faisait plus partie de sa vie et étrangement, elle trouvait la situation beaucoup mieux ainsi. Après une hésitation de quelques secondes, elle s'empara d'une bouteille de vin, grand cru français daté de 1973. Pour Amy-Rose, cela aurait tout aussi bien pu être une vulgaire piquette de supermarché, elle n'aurait pas fait la différence. Elle ne tarda pas à ouvrir la bouteille et retourna dans le salon. « 1973 … vous croyez qu'il est encore bon ? Manquerait plus que je vous empoisonne avec du vin pour couronner le tout !! Vous allez finir par croire que je vous en veux vraiment. » La jeune femme déposa les verres sur la table avant de les remplir. Elle lui tendit le premier et garda le second dans sa main avant d'adopter un air inquisiteur. « Alors dites-moi, qu'est-ce qui peut tant vous tracasser à mon sujet ? Je ne suis pourtant pas bien difficile à cerner contrairement à vous. Et puis, je crois vous avoir déjà révélé pas mal de choses, il serait donc grand temps d'inverser les rôles. » Amy-Rose arqua un sourcil avec amusement, bien décidée à le faire parler. Quelques minutes plus tôt, elle avait bien remarqué la façon dont il s'était soudainement plongé dans ses pensées. De toute évidence, elle n'était pas la seule à avoir des secrets. Et puis c'était pour elle l'occasion de prendre ses distances et d'orienter la conversation sur autre chose que sur sa personne. « J'ai envie de vous connaître. De vraiment vous connaître. Le peu de choses que je sais à votre sujet me fascinent et par conséquent, je vais vous en demander encore et toujours plus. Alors … qui est Clay ? Je vous préviens, si un verre de vin ne suffit pas, j'ai encore un stock de bouteilles pour vous faire parler !» Amy n'était pas tout à fait certaine d'être en train de plaisanter en disant cela. Après tout, elle gardait en tête l'idée que Clay n'était peut-être rien de plus qu'un imposteur, au même titre que Jake l'avait été. Ce dernier été soudainement entré dans sa vie, elle lui avait accordé sa confiance et il avait fini par la trahir. Tout ce qu'il voulait, c'était obtenir des informations qu'elle seule était en mesure de lui fournir. Il était l'un d'entre "eux". Et peut-être que Clay l'était aussi ...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: Do you want to bet that I'm not a gambler ? ♠♣♥♦ Sam 30 Juil 2011 - 1:57

« Votre famille ? » Le regard de Clay qui s'était perdu autour de lui, admirant chaque recoin de sa maison se reposa brusquement dans celui d'Amy. Cette question l'intrigua. Non pas la question en elle-même, mais plutôt la façon dont elle l'avait posé. Comme si cette annonce était si surprenante que ça. Interloqué, il fronça les sourcils, la scrutant du regard. Elle lui souriait, mais son sourire n'avait rien de semblable avec les précédents. Il était bien trop distant et poli, comme contrôlé. Voir même forcé. Mais Clay n'avait jamais été extrêmement doué pour sonder les gens et deviner les pensées qu'ils cachaient. Décidant de ne pas y prêter plus attention que ça, se disant qu'il se faisait très certainement des films, il décida de répondre le plus franchement possible. « Oui enfin... Je ne sais pas trop si on peut appeler ça comme ça en fait. Je vis seul avec ma belle-fille, c'est un peu compliqué. » Il esquissa un sourire suivit d'un roulement des yeux, signe que c'était une histoire vraiment complexe. Et de toute façon, il n'avait pas franchement envie d'expliquer que sa femme était en prison, qu'il tentait de divorcer mais que pour des raisons personnelles, elle lui mettait des bâtons dans les roues. Enfin bref, ce n'était pas le moment de penser à tout ça. Malgré une douleur encore assez hostile, il passait un bon moment en compagnie de la jeune femme. Hors de question de laisser ses problèmes de "couple" venir lui gâcher ces instants.

Malgré le climat agréable qui s'était rapidement installé entre eux, il semblait que comme souvent, Clay soit trop à l'aise et se montre trop entreprenant. C'était un de ses "défauts". Clay était si naturel et spontané, qu'il avait souvent du mal à réaliser que tout le monde n'était pas comme lui, et que Amy pouvait parfaitement se montrer méfiante à son égard, étant donné qu'ils étaient comme des inconnus pratiquement l'un pour l'autre. Mais ça, c'était le genre de détails qui lui échappaient totalement. Quand il était prit d'une envie, il ne réfléchissait pas aux conditions. C'est pourquoi, il ne sut pas trop comment réagir face à la réaction d'Amy-Rose. Elle sembla soudainement bien moins enthousiaste face à sa proposition. Ses gestes s'interrompirent et elle le fixa avec insistance, comme si elle venait de flairer un piège. Un peu embarrassé face à ce changement soudain, Clay se racla la gorge et se mouva un peu, ne sachant plus quoi faire de ses mains. Il haussa légèrement un sourcil en guise d'interrogation, cherchant à comprendre ce qu'il avait pu dire de mal... La réponse ne tarda pas à venir. « Écoutez … je crois comprendre où vous souhaitez en venir et c'est précisément là que vous allez me mettre mal à l'aise. Vous êtes vraiment gentil mais … je ne suis pas un jeune chiot ayant besoin d'être protégé. J'ai toujours su prendre soin de moi sans demander l'aide de qui que ce soit. Mon mode de vie doit vous paraître étrange mais il me convient parfaitement. Vos propositions sont incroyables et me touchent bien plus que vous ne l'imaginez mais je ne veux pas que vous vous sentiez obligé de m'accorder du temps. Je vais très bien. Je n'ai certainement pas un réseau social aussi vaste que le vôtre et je ne voyage probablement pas autant que vous mais je suis heureuse. Seule mais heureuse. » Les yeux de Clay s'étaient ouverts en grand au fil des paroles de la jeune femme. Une honte et une gêne accablante lui firent tomber les épaules, alors qu'il perdait la voix. Ce n'était pas du tout ce qu'il avait sous-entendu ! Certes il avait eut la grossièreté d'imaginer qu'il allait la sortir de son quotidien, mais dans cette proposition, ce n'était pas du tout à ça qu'il avait songé. Ne tardant pas à le lui faire remarquer, il bredouilla : « Je.. ? Non ! ... Non, non, pas du tout ! Je ne voulais pas vous offenser Amy, ce n'était pas du tout mon but. Je ne porte aucun jugement sur votre vie, je ne me le permettrais pas. Certes... J'avoue que ça me dépasse un peu, mais ça ne me regarde pas. Non, la vérité c'est que... » Clay marqua une pause, cherchant ses mots. Il soupira, embarrassé. Il se passa une main fébrile sur sa lèvre blessée, s'accordant quelques instants. Puis, reprenant toujours en faisant attention à sa prononciation, il expliqua : « Vous savez, je manque souvent de tact. Si je vous ai proposé ça, c'est pour plusieurs raisons. Déjà, car c'était une manière de dire que je tenais au fait de pouvoir vous revoir. » Il laissa quelques instants de flottement, son regard se perdant dans celui d'Amy. Souriant vaguement, il continua : « Ensuite, c'est aussi parce que.. Je passe ma vie à bosser, je ne m'accorde jamais de temps. Et aller là-bas, c'est un de mes rêves. J'en ai les moyens, mais je ne me donne pas le temps. Je ne sais pas m'occuper de moi... C'est triste hein ? » Il haussa les épaules, un petit sourire gêné au coin des lèvres. Il continua ses confidences, ne ressentant aucune pudeur à lui avouer tout ça : « Partir tout seul, ce serait une perte de temps pour moi. Je culpabiliserais, je le sais. Mais si je fais ça pour moi et quelqu'un d'autre.. Alors là, tout est différent. Je sais que ce genre de voyage peut paraitre énorme et je comprendrais que vous refusiez.. » Il effectua une petite moue, réalisant progressivement qu'en effet, sa proposition pouvait effrayer ou éveiller des soupçons. Ce n'était pas franchement le genre de choses que l'ont proposait à des gens que l'on connaissait à peine. Mais pour toute personne qui connaissait Clay, ça n'avait rien de surprenant. La main qu'elle avait posé sur la sienne lui fit bien plus d'effet qu'il ne l'aurait imaginé. Troublé, il baissa les yeux vers celle-ci un instant, la fixant avec intérêt. Après quelques secondes d'immobilité, il releva le regard jusqu'à celui d'Amy et resta parfaitement stoïque, cherchant à retrouver sa décontraction légendaire.

« Vous avez des responsabilités et j'imagine que vous êtes la poigne de fer de cette entreprise. Sans vous, plus personne pour satisfaire les exigences de ces messieurs dames hautement fortunés. Dans une ville comme celle-ci, je veux bien croire que vous trouviez votre bonheur ! » Amusé de sa remarque, Clay retrouva son sourire si chaleureux, le regard brillant, comme un gamin. Il hocha légèrement la tête sur le côté en haussant une seule épaule avant de répondre : « Tant que mes employés font du bon boulot, je pense être un patron cool. En tout cas, je m'entend plutôt bien avec eux... Mais allez savoir, peut-être que pendant qu'ils squattent la machine à café tous ensembles, ils décident d'un plan pour m'abattre et me balancer dans l'océan ! » Il ft mine de réfléchir, comme si cette option était véritablement envisageable. Mais la vérité, c'était qu'il était réellement un patron cool. Certes, il restait un patron et il abusait parfois de son statut, mais il était franchement compréhensif, et pas du genre à vous prendre la tête. Du moment que votre boulot était fait, et bien, tout se passait à merveille. Puis, la conversation dévia sur les livres. Clay avouant, non sans gêne, qu'il ne lisait pas et qu'il avait arrêté l'école à 17 ans. Quand il osait dire ça à des gens diplômés du genre bac+5 avec une culture renversante, les gens riaient un peu, moqueurs, et soudainement sceptique de ses capacités à gérer une entreprise. Mais Amy n'avait rien à voir avec cette élite étroite d'esprit. « 17 ans ou pas, vous avez su gérer votre carrière. Vous aviez de l'ambition et des projets plein la tête, du moins je l'imagine. Dans le cas contraire, vous n'en seriez pas là. Il faut avoir beaucoup de courage pour se lancer dans un tel projet et bon nombre de personnes n'auraient jamais osé tenter l'aventure. Moi la première! Je ne suis pas assez téméraire pour ça. Vous pouvez être très fier de votre travail. Cela dit, j'ai un léger reproche à vous faire : le journal et les magasines économiques …Sans vouloir vous offenser, ce n'est pas étonnant que vous trouviez vos lectures ennuyeuses. Et même si vous êtes persuadé de gagner, je tiens à relever le défi. Un jour, vous direz par vous même que vous adorez la lecture.Vous verrez !! » Touché et flatté par sa réponse, Clay resta perplexe quelques instants, se faisant silencieux. Il déglutit et se passa une main derrière la nuque en baissant légèrement les yeux, charmé. Cette femme était décidément des plus charmantes. Elle savait trouver les mots pour faire plaisir, c'était le moins que l'on puisse dire. Lui offrant un sincère sourire de remerciement, il s'empara de sa main, celle qu'elle avait posé sur la sienne quelques instants auparavant. La serrant doucement entre les deux siennes, il murmura, bien qu'elle ne soit pas capable d'entendre la différence : « Vous êtes certainement la personne la plus adorable que j'ai jamais rencontré Amy. Merci beaucoup... » Puis, revenant sur ses dernières paroles, il ajouta : « Ah ! Et si je lis des magasines, le journal etc, ce n'est pas pour le plaisir, ça c'est sûr. Mais j'ai à peine le temps de regarder la télévision ou d'écouter les informations, c'est donc le seul moyen que j'ai trouvé pour connaitre toute l'actualité. Je suis peut-être "inculte", mais je suis curieux du monde qui m'entoure, et j'aime savoir les actualités économiques, politiques et tout le reste de notre pays et des autres. Et j'ai hâte de vous voir perdre, vous n'êtes pas mauvaise perdante au moins ? » Demanda-t-il en riant, se faisant taquin. Amy-Rose avait vraiment beaucoup d'espoir en se lançant dans cette quête. Clay n'avait jamais aimé lire, pourquoi est-ce que cela changerait ?

Le sujet dévia alors sur sa proposition de manger chinois. En parfaite innocence, Clay lui proposa son aide pour commander. Aussitôt, et dans un sourire naturel, Amy répondit : « Non, ne vous dérangez pas je m'en charge. » Clay n'osa pas insister, mais il se demandait bien comment elle allait faire... Peut-être pouvait-elle commander sur internet ? Mais il ne lui semblait pas que le petit livreur du coin ait un site. Dans le doute, il préféra se taire ne voulant surtout pas l'offenser. Mais la jeune femme sembla réaliser son erreur toute seule. Son sourire disparaissant alors, ce fut résignée et embêtée qu'elle revint vers Clay : « Hum … en fait si, j'ai besoin de votre aide. » Sans un commentaire, Clay s'empara du combiné qu'elle lui tendait ainsi que de son calepin, contenant son répertoire. Il hocha la tête en souriant, signe qu'il allait faire ça de suite, sans aucun soucis et qu'elle n'avait pas être aussi gênée face à lui pour ça. « C'est sans doute la seule chose que je ne sois pas en mesure de faire toute seule. Vous voulez bien appeler pour moi ? Le numéro du traiteur se trouve dans mon répertoire. Et au passage, il est totalement hors de question que nous partagions quoi que ce soit. C'est moi qui vous invite, ne me faites pas l'affront de refuser. Je me vexe facilement vous savez. » Clay éclata de rire, ses yeux se plissant doucement. Il leva les mains en signe d'innocence et rétorqua en la fixant : « Très bien madame ! C'est vous qui payez. Même si ce n'est franchement pas galant de ma part de vous laisser faire ça... Si je n'arrive pas à m'endormir cette nuit, ce sera de votre faute, sachez-le ! » Il lui lança un regard qui se voulait accablant, mais son envie de rire le trahissait, rendant son regard tremblant et tout sauf convaincant. Il finit par abandonner, retrouvant le sourire alors qu'il composait le numéro de téléphone du livreur. Alors qu'elle disparaissait dans la cuisine, Clay passa commande rapidement, reposant le téléphone sur la table une fois terminé. Aussitôt, Amy revint avec deux verres et une bouteille de vin. Taquin, il lança : « J'espère que vous n'avez pas l'intention de me saouler pour pouvoir abuser de moi ! Si c'est le cas, apporter une seconde bouteille, je tiens vachement bien l'alcool. » Clay semblait fortement amusé de sa bêtise, ne se doutant pas une seconde que peut-être, il pourrait la mettre mal à l'aise. Clay ne songeait jamais à ce genre de choses et c'était un tort !

« 1973 … vous croyez qu'il est encore bon ? Manquerait plus que je vous empoisonne avec du vin pour couronner le tout !! Vous allez finir par croire que je vous en veux vraiment. » A nouveau, ce fut un rire spontané qui s'échappa des lèvres du brun. Cette femme était décidément surprenante et ça lui plaisait. « Je vous laisserai goûter la première afin de m'en assurer ! En tout cas, on ne peut pas dire que vous soyez une grande buveuse de vin pour en avoir un qui date autant. » C'est vrai ça, il avait rarement vu des gens qui avaient de si vieilles bouteilles dans leur cave et donc il ne savait absolument pas si le vin pourrait être encore bon ou non... Si c'était un grand cru, peut-être... C'était bien connu que le vin se bonifiait en vieillissant, mais jusqu'à quel point ?! Surprise, surprise. « Alors dites-moi, qu'est-ce qui peut tant vous tracasser à mon sujet ? Je ne suis pourtant pas bien difficile à cerner contrairement à vous. Et puis, je crois vous avoir déjà révélé pas mal de choses, il serait donc grand temps d'inverser les rôles. » Clay afficha aussitôt un air de protestation. C'était lui qui voulait lui poser des questions, et non pas l'inverse ! Il la toisa du regard, plaisantin. Elle se défilait, pour le moment... Si elle pensait se débarrasser de lui et de ses questions, c'était le sous-estimer lui et sa persévérance ! Mais il acceptait d'échanger les rôles un instant, si ça pouvait la mettre à l'aise et la rassurer sur son compte. « J'ai envie de vous connaître. De vraiment vous connaître. Le peu de choses que je sais à votre sujet me fascinent et par conséquent, je vais vous en demander encore et toujours plus. Alors … qui est Clay ? Je vous préviens, si un verre de vin ne suffit pas, j'ai encore un stock de bouteilles pour vous faire parler ! » Encore un rire. Décidément, il ne s'arrêtait plus ce soir. Retrouvant son calme, il commença par s'emparer de son verre de vin et de le faire tourner doucement, admirant le magnifique rouge de la boisson et le humant avec intérêt. Puis, avant de se lancer, il releva le regard vers elle et articula : « Je ne sais pas trop ce que je pourrais vous dire qui soit si intéressant que ça sur moi... » Courageux, il porta alors le liquide à ses lèvres, en dégustant une gorgée. Il resta songeur un instant, le regard perdu dans le vague. Finalement, il déclara : « Acide. Mais buvable ! » Il leva son verre vers elle et vint trinquer, enthousiaste : « Tchin ! » Il en prit une seconde gorgée puis le redéposa sur la table, reprenant la conversation. « Je vais commencer par le plus classique alors. Je viens de Washington, je suis ici depuis hmm.. 8 ou 9 ans, quelque chose comme ça. Je n'ai plus de contact avec ma famille, alors c'est un sujet à éviter. Je suis célibataire et je vis seul avec ma belle-fille, Sixtine. Elle a 18 ans maintenant. Sa mère n'étant plus en capacité de s'occuper d'elle depuis plus d'un an environs... Mais ce problème sera bientôt réglé. » Clay resta évasif, ne voulant pas franchement rentrer dans les détails. « A part ça.. Comme vous le savez déjà, je suis chef d'entreprise. J'aime le jazz et les grosses voitures. Ah ! Et je suis un maniaque des chaussures. » Et il échappa un petit ricanement moqueur, se trouvant bien ridicule avec cette manie idiote. « C'est une horreur, je passe mon temps à les nettoyer et à les classer par couleur, par matière, par prix... Bref, Sixtine se fiche de moi tout le temps à cause de ça. » Il secoua la tête de gauche à droite en soupirant. « Je pense que si vous voulez savoir quelque chose en particulier, il serait plus simple que vous me le demandiez vous-même, plutôt que je me perde dans des détails totalement inintéress... » Clay s'interrompit dans sa phrase alors que l'on venait de frapper à la porte. Le livreur sans aucun doute. Amy ne semblant pas comprendre pourquoi il s'était arrêté dans sa phrase, il finit par se "souvenir" qu'elle n'entendait pas. Il se tapa doucement le front, comme pour souligner sa bêtise. Il expliqua alors : « On vient de frapper à la porte ! Désolé, j'avais oublié pour votre surdité. » Il lui offrit un petit sourire confus, alors qu'elle se levait pour aller ouvrir. Il s'empara de son verre, reprenant une gorgée ou deux. Le livreur arrivait à point nommé, Clay commençait à mourir de faim !




Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: Do you want to bet that I'm not a gambler ? ♠♣♥♦ Dim 31 Juil 2011 - 0:25

    En l'espace d'une minute, l'attitude d'Amy-Rose était passée d'un naturel déconcertant à une méfiance exacerbée. Elle avait besoin de comprendre pourquoi il lui faisait de telles propositions alors qu'il la connaissait à peine. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle trouvait son attitude étrange et que forcément, elle ne pouvait s'empêcher de faire un lien avec le comportement de Jake lors de leur première rencontre. A priori, lui aussi était un garçon charmant et bienveillant. Tout comme Clay, il s'était montré un peu trop pressé de découvrir la vie d'Amy et si elle s'était laissée duper une première fois, elle n'avait pas l'intention de retomber dans le panneau aussi facilement. Pourtant Amy-Rose n'était pas dotée d'un mauvais fond et c'est sans doute la raison pour laquelle elle se sentit rapidement stupide d'avoir pu douter de la sincérité de Clay. Elle se rendait bien compte qu'elle venait de le mettre mal à l'aise et qu'il ne savait plus comment faire pour rattraper la situation. Amy-Rose s'en voulait d'être si méfiante à l'égard des autres et en agissant de la sorte, elle savait qu'elle risquait fort de sortir perdante. Si Clay n'était pas un imposteur, s'il souhaitait vraiment apprendre à la connaître et partager ce séjour avec elle, elle n'avait strictement aucun droit de se montrer aussi virulente. « Partir tout seul, ce serait une perte de temps pour moi. Je culpabiliserais, je le sais. Mais si je fais ça pour moi et quelqu'un d'autre.. Alors là, tout est différent. Je sais que ce genre de voyage peut paraître énorme et je comprendrez que vous refusiez. » En réalité, ce n'était pas tant le voyage qu'elle trouvait énorme mais plutôt la proposition. Amy-Rose avait du mal à comprendre pourquoi il souhaitait faire ce voyage avec elle et non pas avec quelqu'un d'autre. Elle n'avait pas l'habitude qu'on lui porte tant d'intérêt. L'espace d'un instant elle se sentit coupable de tout faire tourner autour de son nombril. Peut-être qu'il ne fallait pas chercher à comprendre, c'était comme ça voilà tout. La demoiselle sentit son visage s'empourprer et elle détourna le regard, visiblement confuse. « Oh et bien … je vous promets d'y réfléchir sérieusement. » Et elle allait véritablement y songer. L'idée de faire ce voyage était extrêmement tentante et même si elle n'osait l'admettre clairement, visiter le Grand Canyon faisait également partie de ses rêves.

    Fort heureusement, la jeune femme ne tarda pas à retrouver le sourire en entendant Clay évoquer les potentiels projets machiavéliques de ses employés. Cette perspective était totalement inenvisageable et elle n'avait pas besoin de faire un tour par sa société de transports pour en avoir le coeur net. Durant plusieurs années elle avait elle-même travaillé pour un éditeur peu scrupuleux, incapable de faire la part de choses et qui lui en demandait encore et toujours plus. Celui-ci en revanche, elle l'aurait volontiers largué quelque part en pleine mer, une enclume attachée à la cheville tout en s'assurant qu'un requin blanc n'allait pas tarder à faire un petit détour dans le coin. Naturellement, elle ne pouvait pas laisser Clay douter de son potentiel et c'est la raison pour laquelle elle s'empressa de répliquer lorsqu'il lui avoua avoir arrêté l'école à 17 ans. Honnêtement, elle ne voyait pas où était le problème et lorsqu'elle fit part de son point de vue à Clay, elle remarqua qu'il semblait être extrêmement touché par ses propos. Elle était intimement convaincue par tout ce qu'elle venait de dire. « Vous êtes certainement la personne la plus adorable que j'ai jamais rencontré Amy. Merci beaucoup... » Amy aurait aimé répliquer qu'il n'avait pas à la remercier et qu'elle pensait sincèrement tout ce qu'elle venait de dire mais son regard parlait pour elle. Même si elle esquissa un sourire sincère, elle ne tarda pas à retirer sa main de celles de Clay. Ce genre de démonstration la mettait toujours extrêmement mal à l'aise pour la simple et bonne raison qu'elle ne savait généralement pas comment y répondre. Et puis, elle était troublée. C'était malheureusement difficile pour elle de l'admettre mais c'était pourtant bien le cas. Afin de se redonner contenance, elle passa une mains dans ses cheveux, faisant mine de les attacher ce qui lui donna un prétexte excellent pour justifier la manière dont elle s'était dégagée de son emprise. Elle écouta la suite et fronça les sourcils. « C'est faux. Vous n'êtes pas un inculte. J'ignore qui vous a mis cette idée en tête mais elle est parfaitement absurde et infondée. Et puis ce n'est pas en passant des années enfermé dans un amphithéâtre ou dans d'immenses bibliothèques que l'on apprend ce qu'est la vie. Si vous en doutez encore vous n'avez qu'à me regarder et vous comprendrez. Je ne me défends pas trop mal sur bien des sujets mais je n'ai personne avec qui partager mon point de vue et alors en matière de rapports humains, je suis lamentable. Et puis honnêtement, je sais pas mal de choses totalement inutiles et sans intérêt. Tenez, vous saviez qu'un zèbre court à une vitesse moyenne de 65km/h ? Maintenant que c'est le cas, vous vous sentez différent ? » La jeune femme se mit à sourire avec amusement. Elle n'accordait que peu d'importance à tous ces détails insignifiants. Amy avait une capacité de rétention surprenante, c'est tout. Ca ne veut pas dire pour autant qu'elle se sentait supérieure d'une manière quelconque. Ce qu'elle voulait faire comprendre à Clay, c'est qu'il n'avait pas besoin d'avoir le cerveau d'un petit génie pour être un homme intéressant, plaisant et ambitieux. « Et pour répondre à votre question, je suis effectivement très mauvaise perdante, c'est pourquoi je ne relève jamais un défi si je ne suis pas totalement certaine de le gagner. Laissez-moi un peu de temps et vous regretterez de vous être montré aussi sûr de vous. » Amy-Rose lui lança un clin d'oeil amusé, sachant qu'elle finirait par avoir le dernier mot.

    L'heure de dîner était passée depuis bien longtemps mais la faim se faisant sentir, la jeune femme ne tarda pas à proposer à son invité de partager un repas chinois. La réaction de Clay lorsqu'elle lui affirma ne pas vouloir partager l'addition avec lui la fit rire immédiatement. « Très bien madame ! C'est vous qui payez. Même si ce n'est franchement pas galant de ma part de vous laissez faire ça... Si je n'arrive pas à m'endormir cette nuit, ce sera de votre faute, sachez-le! » L'éditrice haussa les yeux au ciel avec amusement avant de répliquer avec humour: « Ce temps là est révolu jeune homme, les femmes aussi perçoivent un salaire ! Et puis si cela vous ennuie tant que ça, je n'attends qu'un mot de votre part pour accepter une future proposition à dîner. » Sur ces mots, la jeune femme s'éclipsa dans la cuisine afin de s'emparer d'une bouteille de vin. Elle savait que Jake lui en voudrait d'avoir sacrifié l'une de ses plus précieuses cuvées et en réalité, c'est en grande partie pour ça qu'elle l'avait fait. Pourquoi prendrait-elle des pincettes avec un homme qui s'était joué d'elle durant des mois et des semaines ? Après l'avoir débouchée, elle lança même un "A ta santé abrutti!" à voix basse, avant de retourner dans le salon. « J'espère que vous n'avez pas l'intention de me saouler pour pouvoir abuser de moi ! Si c'est le cas, apportez une seconde bouteille, je tiens vachement bien l'alcool ! » Quand elle déchiffra ses paroles, Amy ne su d'abord où se mettre. Elle détourna le regard en direction de la table, tâchant de ne pas se laisser décontenancer par tout ça. Finalement, elle haussa une épaule et reprit:. « C'est assez peu flatteur de savoir que j'aurais éventuellement besoin de vous saouler pour ça. » Bien qu'elle soit en train de plaisanter, la jeune femme demeurra impassible et plongea son regard turquoise dans celui de Clay avant d'arquer un sourcil. Si elle parvenait à le mettre mal à l'aise à son tour, elle aura enfin obtenu sa revanche !! Peu à peu, un sourire se dessina sur son visage de porcelaine et elle adopta un air mutin: « C'est vous qui avez commencé. Vous l'avez bien cherché ! » Elle se mit à rire de plus belle avant de s'intéresser au vin qu'elle venait d'apporter. « Effectivement, je dois reconnaître que je n'y connais pas grand chose en matière de vin. C'était mon fiancé le spécialiste dans ce domaine. Ses parents possèdent un vignoble en France … du moins c'est ce qu'il disait. » Avec Jake, elle n'était plus certaine de rien à présent. « Mais laissez tomber s'il est vraiment imbuvable.»

    Par la suite, elle écouta avec attention Clay lui parler de sa vie et de son passé. Elle aurait pu passer des heures à tenter de découvrir son univers et cerner la personne qu'il était véritablement. Le fait qu'il soit originaire de Washington sembla l'interpeller mais elle préféra ne poser aucune question. Naturellement, elle ne pu s'empêcher de faire un lien entre la ville natale de Clay et un épisode extrêmement marquant de sa propre vie. Elle fut tellement surprise que son verre de vin manqua de lui échapper des mains pour venir se briser au sol. Fort heureusement, elle évita la catastrophe de justesse et laissa machinalement son regard se porter en direction de ses livres, plus précisément vers un ancien exemplaire d'Alice au pays des Merveilles, qu'elle chérissait tout particulièrement. Un court instant après, elle se reconcentra sur les lèvres de Clay puis fronça légèrement les sourcils, ne comprenant pas pourquoi il s'interrompait soudainement. C'est en le voyant regarder en direction de la porte qu'elle comprit que le livreur venait certainement de frapper afin de leur apporter leur commande. Elle esquissa un sourire avant d'aller ouvrir et de revenir quelques secondes plus tard, les bras chargés de sacs sentant incroyablement bon. Amy avait toujours adoré la cuisine chinoise. « Ca sent divinement bon !! Faites attention de ne pas vous brûler, mes compétences d'infirmière sont relativement limitées. » La jeune femme déposa leur commande sur la table avant de se réinstaller et de reprendre la parole, signe qu'elle avait parfaitement compris tout ce que Clay venait de lui expliquer. « Hum et bien c'est intéressant tout ça même si je trouve votre intérêt pour les chaussures peu commun. Je pense que je me joindrais volontiers à Sixtine pour m'amuser de la situation. » Elle lui lança un regard taquin avant d'ouvrir l'un des sacs et d'en sortir le contenu. « Mais dites-moi … vous vous montrez toujours aussi évasif ? Parce-que concrètement, votre vie me paraît encore plus floue désormais qu'elle ne l'était avant. » Mais elle avait bien compris qu'elle ne devait pas aborder certains sujets. Parler de sa famille ou de la raison pour laquelle il s'occupait de la jeune Sixtine tout seul. Amy-Rose n'aimait pas se montrer intrusive et c'est pourquoi elle préféra se satisfaire de tout ce qu'il venait de lui révéler. « J'imagine que vous allez certainement me demander de vous en dire plus afin que nous soyons sur un pied d'égalité, n'est-ce pas ? En réalité, il n'y a pas grand chose à dire et je doute fort que vous puissiez trouver un intérêt quelconque à mon passé. Pour commencer, je ne suis pas américaine. Je suis née et j'ai passé toute mon enfance et une bonne partie de mon adolescence en angleterre. J'ai grandi dans un univers assez particulier puisque mes parents sont décédés alors que je n'étais encore qu'une petite fille. Je ne garde que de vagues souvenirs d'eux et… j'ai l'impression que plus le temps passe et plus tout ça devient flou dans mon esprit. Je lutte pour conserver précieusement certains souvenirs mais ils m'échappent à mon insu. » C'était une chose qui la dérangeait profondément d'autant qu'elle ne possédait aucun souvenir de ses parents, pas même une photographie. « Mes parents n'avaient pas d'attache particulière et après leur disparition, aucun membre de la famille n'a accepté de me prendre sous son aile. J'étais une sorte de fardeau qu'il fallait fuir comme la peste. Alors j'ai été placé dans un orphelinat. Les procédures d'adoption sont longues et les gens qui viennent chercher un enfant veulent généralement qu'il soit jeune et en bonne santé. Passée mes dix ans, je ne répondais à aucun de ces deux critères. Alors j'ai été placée en familles d'accueil. Je ne saurais dire combien en réalité. Et puis il y a eu ces gens … une famille d'américains. Ils m'ont fait venir à Washington … comme vous, c'est amusant, non ? » Elle esquissa un sourire nerveux puis reprit: «J'y suis restée plusieurs mois et après ça, je n'ai jamais plus quitté les Etats-Unis. J'ai vécu à Chicago avant de venir m'installer ici un peu par hasard. J'ai trouvé une bonne place dans une maison d'édition et le reste s'est fait tout seul. »

    Amy-Rose estimait en avoir déjà beaucoup trop dit à son sujet. Elle s'empara de son verre de vin et en bu une sacrée gorgée avant de le reposer et d'esquisser un sourire. Il fallait qu'elle détourne à nouveau la conversation, elle n'avait pas envie que Clay lui pose la moindre question. Elle tâcha donc de revenir sur ce qu'il lui avait dit quelques minutes plus tôt: « Alors comme ça, vous aimez le jazz ? J'ai toujours adoré ça moi aussi !! » Bien qu'elle ait depuis toujours une véritable préférence pour la musique classique, Amy était une grande fan de jazz. Naturellement, elle savait par avance que cette affirmation allait surprendre Clay qui devait certainement déjà s'interroger sur la manière dont elle pouvait en juger. « Hum c'est à dire que … » Comment pouvait-elle expliquer ce que les autres n'étaient pas en mesure de comprendre ? Quand elle disait qu'elle aimait la musique, c'était la pure vérité même si elle n'était pas capable de l'entendre. Elle aimait les vibrations de la musique, elle vivait cela d'une manière totalement différente d'autrui et elle ne savait pas comment mettre des mots sur cet étrange ressenti. « Comment vous faire comprendre ça ? Venez avec moi ... » Le mieux était encore de lui montrer ce qu'elle éprouvait quand elle "entendait" de la musique. La jeune femme se leva du canapé et s'empara de la main de Clay afin de l'entrainer avec elle à l'autre bout du salon, à l'endroit précis où se trouvait son piano. Un piano à queue, noir et qu'elle chérissait par dessus tout. Son sourire s'accentua tandis qu'elle croyait interpréter les pensées de Clay à cet instant précis. Il devait certainement la prendre pour une cinglée et croire qu'elle était en train de se moquer de lui. Comment une personne sourde pouvait-elle jouer de la musique ? Une lueur mutine dans le regard, elle s'empressa de se justifier: « Beethov' l'était aussi... » Amy lâcha sa main puis plaqua délicatement la sienne dans son dos pour l'inciter à se coller contre l'instrument de musique. « Posez vos mains dessus et fermez les yeux. Ne prêtez aucune attention à ce que vous allez entendre, simplement à votre ressenti, d'accord ? » Elle poussa un léger soupir, espérant qu'il puisse éprouver la même chose qu'elle en sentant les vibrations du piano. En prenant son temps, la demoiselle alla s'installer devant l'instrument et commença à en jouer. Qui aurait pu croire un seul instant qu'elle n'avait pas la moindre idée des sons qui naissaient sous ses doigts ? Elle avait appris à jouer du piano très jeune et avait même intégré le conservatoire national de Washington lorsqu'elle y vivait. Elle y avait appris à appréhender la musique d'une manière nouvelle et même si elle n'avait pas la moindre idée de ce que pouvait-être une note, elle connaissait les vibrations particulières de chacune d'entre elles et c'est précisément ce qui lui plaisait. Durant plusieurs minutes, elle laissa ses mains glisser sur le clavier, jouant un air à la fois calme et mélodieux. Il s'agissait là de son morceau favori. Finalement s'arrêta et observa de nouveau Clay. « Vous avez senti les vibrations des notes ? C'est ça ma musique à moi … » Amy-Rose esquissa un sourire plein de charme, le regard pétillant. Ensuite, elle se leva et alla rejoindre Clay de l'autre côté du piano. « A défaut de pouvoir utiliser un sens, on compense par un autre. La vision pour comprendre ce que vous dites ou le toucher pour ressentir. Je ne sais pas à quoi ressemble le son de votre voix mais je pourrais peut-être m'en faire une idée ... » La jeune femme hésita un court instant. Elle observa son interlocuteur non sans nervosité avant de finalement l'enlacer délicatement comme si elle souhaitait se blottir dans ses bras. Il n'y avait rien d'équivoque à cela, elle souhaitait juste se faire une idée des harmonies de son timbre de voix. Avait-elle imaginé sans se tromper ou bien allait-elle être surprise ? Avec douceur, elle plaqua sa joue contre le torse de Clay et resserra ses mains autour de sa taille. Elle ferma les yeux puis souffla quelques mots : « Dites moi juste si vous avez aimé ... »







Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: Do you want to bet that I'm not a gambler ? ♠♣♥♦ Sam 13 Aoû 2011 - 22:16

« Oh et bien … je vous promets d'y réfléchir sérieusement. » Clay la fixait, un peu décontenancé de la voir rougir aussi facilement. Pour quelqu'un d'aussi extravertis que Clay, il était difficile de concevoir ce genre de gêne, le fait que les gens puissent être timides et s'empourprer face à ce genre de propositions pour le moins inhabituelles. Pendant quelques instants, Clay douta. Selon lui, elle n'allait pas y réfléchir du tout, la réponse était toute nette : c'était non. Et comment lui en vouloir après tout ? Certes ils se "connaissaient" depuis un moment déjà. Mais c'était là le hic... c'était qu'en réalité, ils ne se connaissaient absolument pas. Bien que cette soirée pour le moins surprenante était en train de remédier à ce problème. Finalement, il préféra lui laisser le bénéfice du doute et attendre de voir si elle réfléchirait ou non. Il l'espérait sincèrement, car il était persuadé que ce voyage pourrait être particulièrement enrichissant. Clay n'ajouta rien, ne voulant pas la brusquer plus qu'il ne l'avait déjà fait. De toute façon, la discussion était close visiblement. Il ne restait plus qu'à attendre à présent, et espérer avoir une bonne surprise au final... La conversation dévia alors sur lui, Amy-Rose étant visiblement désireuse d'en savoir plus sur lui et sur sa vie. Clay n'était pas un homme particulièrement secret, il n'avait donc aucun souci à parler de lui de façon libre. Oh certes, tout le monde avait ses zones d'ombres et Clay n'échappait pas à la règle. Mais en rien ça ne l'empêchait de lui raconter un tas de choses sur lui. Et puis, plus vous vous montriez évasif et secret, plus votre interlocuteur risquait de ce douter que vous cachiez quelque chose, question de logique. Alors que dans le cas contraire, vous n'attisez aucune curiosité, aucune question. Et on vous fiche la paix. Discutant de ses employés et de leurs pseudo complots contre lui, Clay fut ravit de voir qu'elle retrouvait le sourire et semblait bien plus détendue que les secondes précédentes. Tant mieux, il ne voulait vraiment pas qu'elle soit mal en sa compagnie. Clay aimait que les gens l'apprécient et soit bien en sa présence, et il était prêt à beaucoup pour obtenir ça des gens. Mais généralement, il n'avait pas à faire beaucoup d'efforts. Sa bonne humeur naturelle et sa gentillesse faisaient le travail à sa place. Amy se lança alors dans un discours plus que mélioratif sur sa personne, et Clay l'écoutait, buvant ses paroles avec émotion. Si la plupart des gens l'appréciaient, peu s'évertuaient à lui dire ce genre de choses. Touché par tant de gentillesse, Clay s'empara doucement de la main d'Amy et lui avoua qu'elle était la personne la plus adorable qu'il ait rencontré jusqu'à lors. Visiblement, cette déclaration n'eut pas l'effet escompté. Amy lui sourit bel et bien, le regard reconnaissant. Mais aucun mot ne sortit de sa bouche et dans un geste assez précipité elle retira sa main. Un peu surprit par la rapidité de son geste, les mains de Clay restèrent en suspend un moment avant qu'il ne les rabatte sur ses propres cuisses. Bon, nouvelle observation : ne pas être trop tactile avec Amy. Visiblement, ça la mettait mal à l'aise. Elle fit mine de se rattacher les cheveux et Clay ne chercha pas à savoir si c'était un simple subterfuge ou non. Qu'importe, elle était bien libre de faire ce qu'elle voulait après tout. Mais il ne pouvait nier être un peu... "vexé" qu'elle se soit dégagé aussi vite de son emprise. Il continua cependant à faire bonne figure, ne voulant surtout pas que la demoiselle se rende compte que ce genre de choses pouvaient l'affecter. Et d'ailleurs, lui-même ne préférait même pas savoir pourquoi est-ce que ça l'affectait.

« C'est faux. Vous n'êtes pas un inculte. J'ignore qui vous a mis cette idée en tête mais elle est parfaitement absurde et infondée. Et puis ce n'est pas en passant des années enfermé dans un amphithéâtre ou dans d'immenses bibliothèques que l'on apprend ce qu'est la vie. Si vous en doutez encore vous n'avez qu'à me regarder et vous comprendrez. Je ne me défends pas trop mal sur bien des sujets mais je n'ai personne avec qui partager mon point de vue et alors en matière de rapports humains, je suis lamentable. Et puis honnêtement, je sais pas mal de choses totalement inutiles et sans intérêt. Tenez, vous saviez qu'un zèbre court à une vitesse moyenne de 65km/h ? Maintenant que c'est le cas, vous vous sentez différent ? » Clay l'écouta attentivement, retrouvant le sourire à son tour, amusé par ses paroles. Un léger rire le secoua, mais il se ravisa bien vite, la blessure à sa lèvre se faisant encore particulièrement douloureuse. Il grimaça et posa un doigt dessus pour vérifier que la plaie ne s'était pas rouverte. Non, c'était bon, rien à signaler. Il haussa les épaules dans une petite moue et rétorqua : « J'avoue que niveau rapports humains, je suis certainement plus en vogue que vous ! Mais rien n'est définitif vous savez. Suffit de s'en donner les moyens. En tout cas, on fait une belle paire tous les deux. Vous savez un tas de choses mais vous n'avez personne avec qui les partager. Et moi je ne sais rien et je partage mon ignorance avec des tas de gens. La vie est mal foutue parfois. » Il lui lança un petit sourire complice, avant de reprendre toujours en prenant son temps lorsqu'il parlait, afin d'être facilement compréhensible : « Oh, vraiment ? Je ne pensais pas que ça courait aussi vite ces bêtes là ! C'est vrai que je ne me sens pas bien différent, néanmoins je trouve que le savoir apporte une certaine satisfaction. J'aime apprendre de nouvelles choses, quelles soient utiles ou non. Je vous propose un deal ! » Il se redressa sur le canapé, prenant un air solennel il déclara : « Je vous ferais office de "rapport humain" et vous, vous me transmettez votre savoir. Marché conclu ? » Il leva sa main, lui présentant sa paume afin qu'elle vienne taper dedans avec la sienne pour sceller leur accord. En espérant qu'elle soit d'accord, évidemment...

« Et pour répondre à votre question, je suis effectivement très mauvaise perdante, c'est pourquoi je ne relève jamais un défi si je ne suis pas totalement certaine de le gagner. Laissez-moi un peu de temps et vous regretterez de vous être montré aussi sûr de vous. » Clay retrouva un air plus sérieux, plissant les yeux dans un air de défis. Il se contenta de rétorquer avec la commissure des lèvres tremblantes, signe qu'il retenait un sourire : « Très bien... Alors que le meilleur gagne ! » Affamés, ils décidèrent alors de commander à manger. Lorsqu'Amy refusa de partager la note, Clay ne pu s'empêcher d'être un peu gêné par cet acte. D'accord, ce n'était pas une somme importante, mais tout de même... Question de principes ! Mais visiblement, le sujet n'était pas négociable. Clay décida alors de tourner ça à la dérision ce qui amusa beaucoup Amy qui éclata de rire à sa remarque avant de rétorquer : « Ce temps là est révolu jeune homme, les femmes aussi perçoivent un salaire ! Et puis si cela vous ennuie tant que ça, je n'attends qu'un mot de votre part pour accepter une future proposition à dîner. » Clay la regarda s'éloigner dans la cuisine, interloqué. Et bien là, le moins que l'on puisse dire... c'était que le message était on ne peut plus clair ! Il resta la bouche entrouverte un instant, un peu hébété. Oh, elle n'aurait pas besoin de le lui répéter deux fois, croyez-le ! Sa petite remarque n'était pas tomber dans l'oreille d'un sourd -sans mauvais jeux de mots à son égard. Mais il se ressaisit, s'occupant donc de leur commander à manger. Lorsqu'elle revint avec une bouteille de vin, Clay ne pu s'empêcher de lancer une petite taquinerie. Le sérieux d'Amy le troubla et il dû bien avouer que suite à sa réplique il fut gêné. Est-ce qu'elle l'avait vraiment prit au sérieux ? Clay demeura stoïque, ne sachant plus trop comment rattraper la chose. Alors qu'il allait reprendre la parole pour lui expliquer qu'il plaisantait, un large sourire vint étirer les lèvres d'Amy et elle déclara, amusée : « C'est vous qui avez commencé. Vous l'avez bien cherché ! » Clay roula des yeux, les yeux rieurs. Il soupira de soulagement tout en soufflant : « Ah bah c'est malin ça tiens ! » Il secoua la tête, un peu surprit de s'être fait avoir aussi facilement. Bonne comédienne la jeune femme, bonne comédienne ! « Effectivement, je dois reconnaître que je n'y connais pas grand chose en matière de vin. C'était mon fiancé le spécialiste dans ce domaine. Ses parents possèdent un vignoble en France … du moins c'est ce qu'il disait. Mais laissez tomber s'il est vraiment imbuvable. » Aussitôt, Clay releva la tête, détachant son regard de son verre de vin pour le poser dans celui de son interlocutrice. Son fiancé ? Enfin, ancien fiancé apparemment... Alors comme ça, elle avait été fiancée ? Il était en effet assez surprit par cette nouvelle. Non pas qu'il pense qu'aucun homme ne puisse s'intéresser à elle, bien au contraire ! Mais il l'imaginait si sauvage qu'il ne pensait pas qu'elle ait pu entretenir une relation au point d'être fiancée. Il se sentait soudain pathétique d'avoir eu de tels aprioris à son égard. Confus, il baissa les yeux et d'un air absent se contenta de répondre : « Non, non, il est buvable... Juste un peu acide. Il faut le laisser s'aérer un peu je pense. » Distrait, il reposa son verre sur la table basse avant d'offrir un sourire un peu crispé à Amy. Bon, la bonne nouvelle c'était qu'elle n'était plus fiancée ! Bonne nouvelle ? Pourquoi est-ce que ce serait une bonne nouvelle au fait ? De plus en plus paumé par ses pensées sinueuses, il finit par secouer la tête pour se chasser ça de l'esprit. Ce n'était pas le moment de penser à quoi que ce soit.

Bien trop occupé à narrer les grands traits de sa vie, Clay ne fit pas attention à l'état d'Amy lorsqu'il évoqua Washington. Et de toute façon, même s'il l'avait remarqué il n'aurait pas fait le rapprochement, pensant simplement qu'elle avait eu un geste maladroit ou quelque chose comme ça. Et puis, Clay fut interrompu dans ses paroles alors que le livreur venait d'arriver. Clay avertit son interlocutrice qui se dépêcha d'aller ouvrir pour récupérer leur commande. Elle revint les bras chargés et visiblement très enthousiaste : « Ça sent divinement bon !! Faites attention de ne pas vous brûler, mes compétences d'infirmière sont relativement limitées. » Clay se mit à rire doucement face à cette remarque et l'aida à tout installer sur la table, affamé. Et c'était bien vrai que ça sentait bon ! Se partageant la nourriture, ils commencèrent à manger alors que la jeune femme reprenait la parole : « Hum et bien c'est intéressant tout ça même si je trouve votre intérêt pour les chaussures peu commun. Je pense que je me joindrais volontiers à Sixtine pour m'amuser de la situation. » Clay prit un air désapprobateur, signe que ce n'était pas très gentil de faire ça. Il dressa son index et le secoua de gauche à droite en rétorquant : « C'est très mal de rire des faiblesses d'autrui mademoiselle ! Je ne vous laisserais pas faire sans conséquences. » L'air malicieux, il prit une bouchée, la laissant continuer. « Mais dites-moi … vous vous montrez toujours aussi évasif ? Parce-que concrètement, votre vie me paraît encore plus floue désormais qu'elle ne l'était avant. » Clay hocha la tête le temps de terminer ce qu'il avait dans la bouche. Après quoi, il prit un air un peu genre "beau brun ténébreux" et répondit d'une voix suave -bien qu'elle ne puisse pas l'entendre- : « Je suis un homme très mystérieux, c'est ce qui fait mon charme. » Après quoi il haussa les épaules en riant de lui-même avant de recommencer à manger. Puis, ce fut au tour d'Amy de se lancer et d'en dire plus sur elle. Troublé face à la dure vie qu'elle avait eu, Clay cessa de manger, comme si soudainement il trouvait ça impoli alors qu'elle lui racontait son histoire. Lorsqu'elle eu finit, il resta silencieux un instant, ne sachant pas trop quoi répondre à ça. Comment grandit-ont lorsque même votre famille ne veut plus de vous, vous considérant comme un poids lourd ? C'était terrible... Clay avait le sens de la famille, jamais il ne ferait une telle chose. La preuve en était avec Sixtine qui n'avait même pas de lien de sang avec lui. Trouvant ça particulièrement dur et injuste, surtout quand on voyait la vie qu'elle avait eu ensuite, Clay serra les poings et se crispa, comme en colère contre sa famille. « C'est... Je ne trouve même pas de mot. Que votre famille vous ait tourné le dos alors que vous n'étiez qu'une enfant et que vous aviez besoin d'eux... C'est inhumain ! Le comportement de l'Homme me dépasse parfois, il est si égoïste. » Il hocha la tête de gauche à droite dans une moue de dégoût. Posant alors sur elle un regard plus doux et réconfortant, il ajouta : « Malgré ce que vous avez traversé, vous êtes quelqu'un de bien. Vous pouvez être sans aucun doute fière de ce que vous êtes devenue. » Il lui offrit un dernier sourire avant de se remettre à manger, encore un peu chamboulé par tout ce qu'elle venait de lui avouer. Parfois, il détestait ses semblables.

« Alors comme ça, vous aimez le jazz ? J'ai toujours adoré ça moi aussi !! » Sur le coup, Clay ne ne fit pas le rapprochement. Enthousiaste face à l'idée de partager ce point commun avec elle, il décocha un grand sourire et alors qu'il s'apprêtait à reprendre la parole pour lui demander quels groupes elle aimait en particulier, la mine déconfite qu'elle affichait le fit se taire. Quoi ? « Hum c'est à dire que … » Ah oui ! Amy suivait tellement bien une conversation qu'à chaque fois il oubliait sa déficience. Du coup, il s'interrogea. Comment percevait-elle la musique ? Curieux, il posa sur elle un regard qui en disait long sur le fait qu'il voulait en savoir plus sur cette affaire. Comme depuis le début, il n'y avait pas l'once d'un jugement dans ses prunelles. « Comment vous faire comprendre ça ? Venez avec moi ... » Ravit de découvrir quelque chose qui allait certainement sortir de l'ordinaire, Clay s'empressa de se lever et lui emboîta le pas avec légèreté. Il la regarda alors s'installer face à son piano et pendant quelques secondes Clay eu dû mal à réaliser qu'elle savait en jouer. Il croyait qu'il n'y avait que les surdoués qui faisaient ça ! Du genre de l'autre là... « Beethov' l'était aussi... » Voilà ! Lui ! Clay hocha la tête, gardant cet air de petit garçon qui est impatient qu'on lui montre quelque chose de grandiose. Détendu, il attendait les instructions. « Posez vos mains dessus et fermez les yeux. Ne prêtez aucune attention à ce que vous allez entendre, simplement à votre ressenti, d'accord ? » Clay s'exécuta aussitôt, en bon soldat. Il prit une grande inspiration, ferma les yeux et posa ses mains sur le corps du piano, concentré et attentif. Et là s'écoulèrent quelques minutes absolument prodigieuse. S'efforçant de bloquer son ouïe, il ne prêtait attention qu'aux vibrations de l'instrument. Il sentait les accélération et les ralentissements, il sentait quand elle appuyait plus fort ou plus doucement. Il saisissait tout de ce qu'elle jouait. Pendant quelques instants, il eut comme l'impression d'être déconnecté de la réalité. Lorsqu'elle joua les dernières notes, Clay resta immobile encore un moment, comme pour savourer un peu mieux ce qu'il venait de ressentir. Il finit par rouvrir les yeux et croisa aussitôt le regard d'Amy. Un sourire rêveur et admiratif se dessina sur ses lèvres masculines alors qu'il poussait un long soupire, comme s'il n'en revenait pas. « Vous avez senti les vibrations des notes ? C'est ça ma musique à moi … A défaut de pouvoir utiliser un sens, on compense par un autre. La vision pour comprendre ce que vous dites ou le toucher pour ressentir. Je ne sais pas à quoi ressemble le son de votre voix mais je pourrais peut-être m'en faire une idée ... » Curieux, il fronça les sourcils. Amy se leva alors et s'approcha de lui, ouvrant légèrement ses bras comme si elle voulait l'enlacer. Un peu surprit, Clay finit par faire de même, dégageant ainsi son torse. La joue de la jeune femme se posa dessus alors que ses bras entourait sa taille. Elle souffla alors : « Dites moi juste si vous avez aimé ... » Troublé par ce contact et la situation bien plus qu'il ne voulait se l'avouer, ce fut seulement au bout de quelques seconde qu'il déclara calmement : « Amy c'était... fabuleux ! J'ai adoré. Vous êtes décidément pleine de surprise. » Puis il cessa de parler, sachant qu'elle n'avait pas la moindre idée de ce qu'il était en train de raconter. Ne sachant pas trop quoi faire de ses bras, il resta totalement immobile, n'osant pas bouger. Et puis soudain il sursauta, alors que son combiné vibrait dans sa poche. Il s'empara doucement des épaules d'Amy pour l'inciter à reculer, le tout dans un sourire désolé. Il extirpa le combiné de sa poche, voulant l'éteindre. Mais en voyant le nom de Sixtine s'afficher sur l'écran il fut contraint de répondre, on ne savait jamais ce qui avait bien pu lui arriver encore... Confus, il décrocha et s'éloigna de quelques pas d'Amy, lui tournant alors le dos. Quelques minutes après, il raccrocha et revint vers Amy. Se passant une main dans la nuque, c'est avec une mine navrée qu'il expliqua : « Je suis vraiment désolé Amy, mais Sixtine vient de m'appeler... Son copain vient de la larguer alors qu'ils étaient chez lui. Il faut que j'aille la chercher, elle est dans tous ses états. » Il s'approcha d'elle et posa une main virile sur son épaule avant d'ajouter : « J'ai passé une soirée merveilleuse Amy. Si on oublie l'incident du départ évidemment ! Je suis désolé de ne pas pouvoir terminer ce repas avec vous. Mais je vous promet de me rattraper et la prochaine fois, c'est moi qui offre le dîner. » Il retourna vers le canapé où il s'empara de sa veste à contre-cœur. Fichue adolescente ! Amy le raccompagna jusqu'à la porte et une fois sur le perron, Clay se retourna une dernière fois, ses yeux brillaient. « Passez une bonne nuit. A très bientôt. » Il aurait tellement aimé passer encore du temps avec elle, quitte à parler toute la nuit et à ne pas aller travailler le lendemain. Aucune importance ! En tout cas Amy pouvait être sûre d'une chose : elle allait bien vite avoir de ses nouvelles...
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé





Message(#) Sujet: Re: Do you want to bet that I'm not a gambler ? ♠♣♥♦

Revenir en haut Aller en bas
 

Do you want to bet that I'm not a gambler ? ♠♣♥♦

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
F I L T H Y S E C R E T :: Gold Empire-