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 Soleil, soupirs et autres crises.

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Message(#) Sujet: Soleil, soupirs et autres crises. Mer 15 Juin 2011 - 20:31

« Personne ne peut pendant très longtemps se montrer un visage à lui même et en présenter un autre au reste du monde sans finir par s’y perdre et se demander lequel des deux est le vrai. » Ces quelques mots arrêtèrent le temps pendant de brèves minutes, laissant son visage se figer progressivement. Le jeune homme laissa ses doigts traîner sur ces lettres inscrites si profondément dans les pages de son carnet, involontairement, le regard soudainement lointain, vague, perdu. Son index courant sur les craquelures de la page raviva toutes les questions que Woody tentait vainement de taire. Son sourire carnassier s'était étrangement allongé en un sourire amer, plein regrets et autres remords. Son regard se prit d'une intensité nouvelle, moins perverse, plus humaine ; il se perdit sur le carnet, sur les mots, les lettres posées si rapidement, presque involontairement, mais Woody semblait ailleurs, comme s'il n'arrivait pas à regarder réellement ces mots, comme si la réalité voulait lui échapper. Le jeune homme se recula brusquement au fond de sa chaise, se tenant inhabituellement droit, comme apeuré par ce qu'il pouvait lire dans ses propres pensées, dans son propre carnet. « La vengeance. (…) Vengeance... ». Les lèvres du jeune homme remuaient instinctivement, dans un élan compulsif, névrosé, chuchotant de sombres bribes de ses pensées.

Je suis incapable de me venger. Je suis incapable. Qu'est-ce que je comptais faire, déjà ? C'est quoi le plan ? Je n'ai pas de plan. … Pas de plan, égale... pas envie ? Pas besoin ? Je suis si mauvais que ça ? … Je ne devrais pas... Pour mon bien, je devrais éviter, ne pas mettre en action ce plan désastreux. Les plans machiavéliques terminent toujours mal. … Valmont est mort. Je ne veux pas mourir. Je suis déjà mort. J'ai pas de plan, je suis mort, j'ai pas envie, … Un plan. Respire, respire, expire, non, respire, reprend ta lecture et pond un plan mon brave.

Le jeune homme passa sa main gauche dans sa mèche sauvage de cheveux éclaircie par tant de soleil, laissant des reflets étrangement roussâtres dans sa chevelure d'un noir diabolique. Étape par étape, il reprit sa pose. Se pencha élégamment sur sa table, il recula du bout de son index son carnet noir et ses mots vampiriques. Dans un soupir réprimé, il se concentra sur son livre, un énorme pavé qui trônait sur la table, détonnant dans toute la terrasse de ce café trop animé. Les heures passant, les pages se tournant, le café se renouvelant, Woody se réconfortait. Il se réconfortait, reprenant confiance à ses actes, jusqu'à ce que cette serveuse trop jeune, trop blonde, trop bronzée, s'approche de lui, prenant sa commande d'une voix trop aiguë. Le jeune homme avait sorti la tête de son livre, il avait esquissé un sourire en se tournant légèrement vers elle, et se figea bizarrement dans cette position lorsqu'il aperçu, au-dessus de l'épaule de cette adolescente décolorée, cette silhouette familière s'approcher dangereusement de lui. Soudainement, son cœur se remit à battre, lui qui avait cessé d'exister, de se manifester, depuis tellement longtemps, depuis qu'elle l'avait quitté. Ses sentiments, ses doutes, ses regrets refirent surface tout aussi vite, plus frappant, plus blessant, plus touchant que jamais.


« Il y aura toujours quelque chose pour détruire nos vies, la seule question c'est qu’est ce qui va nous tomber dessus en premier, on est toujours au bord du gouffre. », murmura-t-il, susurrant ses quelques mots pour se réconforter dans son élan dangereux, renfonçant son chapeau sur son visage, ne laissant apparaître que son sourire pervers.

« Excusez-moi ? » demanda la jeune serveuse, imperturbable dans son machouillage vulgaire de chewing-gum.

« Deux cafés, s'il vous plaît ».

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Message(#) Sujet: Re: Soleil, soupirs et autres crises. Mer 15 Juin 2011 - 22:20



L’envie, la crainte, cette quête assoiffée d’aventure et de débauche qui martelait son corps frêle, l’appréhension de se retrouver face à un visage inconnu, tout ceci se mêlait dans son esprit torturé. Que devait-elle faire ? Cet étrange jeune homme avait attisé sa curiosité, mais était-ce bien raisonnable d’oser le rencontrer ? Habituellement, Vaiana refusait tout genre de rencontre, mais cette fois-ci, tout semblait différent. Intriguée par ses phrases magnétiques, la jolie blonde avait crié au loup sans prendre garde. Malheureuse, la vie réservait toutefois de mauvaises surprises et la belle effarouchée en avait malencontreusement payé un lourd tribut par le passé. Poussée par la curiosité et le désir de rompre sa vie misérable et monotone, elle s’interdit de douter, sa décision était résolument prise. Glissant ses doigts fins dans sa chevelure blonde, la jeune femme éteignit son ordinateur avant de se diriger vers la salle de bain. Par chance, elle ne travaillait pas pour Clay aujourd’hui, ce qui lui laissait le temps de se préparer. Rapidement, l’ange blond retrouva la tiédeur d’un bain aux arômes floraux car même si le doute l’assaillait de toutes parts, elle souhaitait se rendre irrésistible et divine pour lui. La soirée se terminerait sûrement dans une chambre d’hôtel ou leurs corps transpireraient la luxure mais qu’importe, il la kidnappait de sa piètre condition. Étourdie par les sels de bain, Vaiana quitta celui-ci avant de s’envelopper dans un peignoir immaculé. Contre toute attente, elle laissa la petite robe noire, des plus classiques sur le côté. Privilégiant un pantalon couleur sable à la taille haute et une blouse claire, Vaiana libéra sa chevelure viking d’un chignon négligé. Un maquillage travaillé et des chaussures à talons vinrent achever sa toilette. Visiblement parée à rencontrer cet étrange inconnu, elle dévala l’escalier, ferma la porte à double tour avant de pénétrer dans l’habitacle d’un taxi impatient.

Se laissant bercer par le vrombissement du moteur, la jeune femme ferma les yeux un court instant. Sillonnant ses veines brûlantes, la panique s’empara de son palpitant avant de la saisir à la gorge. Et si c’était un traquenard ? Une idée délurée et perverse de son ancien employeur ? Impossible, il ne pourrait jamais la retrouver ici, Philadelphie était si loin. Perdue dans de sombres pensées, Vaiana sursauta lorsque le taxi pila devant le lieu de rendez-vous. Poussant un léger soupir, elle paya la course avant de fouler les pavés instables de Fairway.

Ses yeux clairs, à l’affût d’une quelconque silhouette masculine, toisèrent la place animée. Son interlocuteur ne lui donna aucun signe de vie. Résignée mais quelque peu soulagée de ne voir aucun homme portant un chapeau, l’ange blond pénétra dans le premier café venu. Les rétines rivées sur son cellulaire, elle s’approcha du comptoir afin de passer commande. Encore hésitante sur son choix, elle se retourna pour laisser passer un vieillard. « Je vous en prie. » Le sourire aux lèvres, Vaiana déchanta rapidement lorsqu’elle sembla reconnaître une silhouette des plus familières. Quittant la file d’attente, elle s’avança vers la table de ce curieux garçon et son corps se noua lorsqu’elle comprit … « Impossible » laissa-t-elle échapper entre ses lèvres fines et maintenant tremblantes. Woody, l’homme qu’elle avait désespérément aimé se tenait face à elle, un sourire mesquin et vengeur dessiné sur son séduisant visage, il la toisait en retour, les pupilles enflammées d’un feu corrompu. Tout prenait un sens, cette conversation, ce lieu de rendez-vous, ses indices. Dieu qu’elle fut stupide de ne rien déceler. Déglutissant avec difficulté, elle s’avança vers son assaillant avant de poser ses doigts fins sur la table. Terrifiée, elle fuyait ses sourires médisants. « Woody ! Je … je ne comprends pas »
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Message(#) Sujet: Re: Soleil, soupirs et autres crises. Sam 25 Juin 2011 - 15:53



« Woody ! Je … je ne comprends pas » Woody refréna un rire diabolique qui lui brûlait les lèvres, délicatement tordues en un sourire des plus pervers. D'un doigt, il releva le bord de son chapeau noir, révélant son visage tout entier, révélant son regard amusé, son air malsain, son sourire démoniaque. Le jeune homme prenait un malin plaisir à savourer la détresse, l'incompréhension de la jeune femme. Il prenait un certain plaisir à la voir se décomposer, perdre son assurance, voir son visage se troubler. Il n'avait pas la force de lui parler, de briser l'harmonie de ce moment tant attendu. Il eut l'affront de penser que tout se passait comme prévu, que tout se conformait au plan. Discrètement, il commençait à se remémorer tout le plan, toutes les étapes par lesquelles il se devait de passer afin de bien anéantir la jeune femme plantée devant lui. Mais aussi vite que les différentes démarches du plan lui revenaient parfaitement en mémoire, des restes de souvenirs, leurs souvenirs, lui revenaient brutalement en mémoire.

Lorsque les souvenirs de leurs nuits passées ensemble lui revinrent en mémoire, le jeune homme senti un vide affreux prendre possession de son corps. Comment pouvait-il imaginer s'en prendre à cette femme ? Celle qui l'avait supporté durant si longtemps. Celle qui réussissait à le faire rire, même sans raison. Celle qui le soutenait dans son vague élan professionnel et social. Celle qui ne le prenait pas de haut, du moins, pas particulièrement, jusqu'à ce qu'elle le laisse tomber comme un moins que rien lorsqu'il lui offrait sa vie, son futur, un avenir bienheureux. Alors, c'était ça ? Il se motivait à lui en vouloir pour cette simple raison, ce simple départ. Au fond, il comprenait bien qu'une femme saine d'esprit ait pu le quitter, ne pas vouloir de lui dans sa vie, de pas vouloir d'un avenir fait de clichés. Qui voudrait d'un loser comme lui ? Il l'avait compris bien avant de la rencontrer. Il avait compris qu'il n'aurait jamais la moindre chance sur le plan sentimental. Il savait très bien qu'il ne bâtirait pas une vie heureuse avec une épouse aimante et un enfant purement génial. C'était peut-être ce qui le poussait à forcer le caractère artistique de sa personne, d'approfondir le caractère déjanté, déluré, étrange, psychotique de son personnage.

Alors que ses pensées déferlaient à une vitesse impressionnante, il réalisa qu'il n'avait pas eut le temps de dire un mot avant que la serveuse n'arrive le sortir de sa contemplation intérieure. Elle laissa échapper une réplique attendu, déposa violemment deux tasses de café noir dans leurs soucoupes respectives, produisant un bruit désastreux, en total rupture avec la scène qui se déroulait. Ce qui provoqua un étrange soupir marquant l'éternelle insatisfaction de Woody. Il savait bien que personne de normal, de banal, n'aurait prêté la moindre attention à cette serveuse et ces tasses, que n'importe qui aurait réagit en toute simplicité ; il remarqua d'ailleurs que cette blonde vénéneuse n'avait posé sur ces tasses qu'un regard vague, analysant simplement leur arrivée dans le décor et s'en détachant tout aussi instantanément. Ce qui poussait les lèvres du jeunes à dessiner un triste sourire. Elle était si belle dans son étrange détresse.

Woody avait, dès son enfance, dressé une liste des choses importantes auxquelles il se devait d'obéir et qu'il devait rechercher durant sa vie, par tous les moyens et en tous temps – et ce en n'importe quelle circonstance, quand bien même une troisième guerre mondiale serait déclenchée. Très jeune, il avait déjà comprit que la Beauté devait être recherchée en tout et en toutes personnes, qu'il se devait de la fréquenter et qu'il ne fallait jamais la décevoir ou lui désobéir. À cette Beauté se liait une étrange conception de l'Amour. Une sorte d'Amour fou, artistique, dangereux, sulfureux. Un amour que connaissent seuls les grands personnages de vieux romans ou les acteurs du cinéma français. Il savait bien qu'il ne vivrait jamais longuement ce genre d'amour – d'ailleurs un livre ne durait jamais beaucoup plus qu'une centaine de pages et un film, aussi français soit-il, se finissait bien avec le générique, tuant tout amour, aussi beau soit-il. Mais il avait cet étrange élan d'optimisme lorsqu'il abordait ce sujet et se laissait croire qu'il aurait la chance de vivre, plusieurs fois peut-être, ce genre de choses, aussi brièvement que cela lui serait imposé. Cette Beauté artistique et cet Amour purement français et idéalisé étaient depuis aussi loin qu'il pouvait s'en souvenir les deux principaux dictateurs de sa vie, les deux objectifs les plus importants, l'essence même de sa vie sur terre – en quelque sorte, du moins.

Mais en bon névrosé qui se respecte, Woody n'avait pas dressé qu'une seule liste. Il existait des centaines de listes qui dictaient ou résumaient sa vie et la manière dont il planifiait sa propre existence. En parallèle de cette grande liste des points importants, essentiels à toute vie grandiose – du moins, à ses yeux – Woody avait dressé la liste des dangers, des points négatifs, des Ennemis à fuir et ne jamais, au grand jamais, approcher – d'aussi loin que cela fusse. Et alors qu'il essayait de côtoyer son amie Beauté et sa maîtresse L'Amour, Woody tentait vainement de fuir ce grand ennemi, cette force obscure, ce virus capable d'anéantir votre vie avant même que vous n'accomplissiez quoique ce soit, avant même que vous puissiez former votre première pensée. Cet Ennemi, les gens normaux l'appellent L’Échec.

(je le termine sous peu - très peu - angel ).
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Message(#) Sujet: Re: Soleil, soupirs et autres crises. Lun 27 Juin 2011 - 22:39

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Message(#) Sujet: Re: Soleil, soupirs et autres crises.

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