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 As anybody ever told you, it's not coming true | Neal [ENDED]

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Message(#) Sujet: As anybody ever told you, it's not coming true | Neal [ENDED] Sam 6 Juin 2009 - 22:43

Depuis maintenant près de deux ans, la première chose qui me vient à l'esprit quand je me réveille est "où suis-je?". Tous les matins, cette même impression d'être perdu, de ne pas savoir où on se trouve et comment on y a débarqué. La même angoisse, tous les jours. Une fois, j'ai demandé au médecin de la fac si c'était grave. Il m'a limite ri au nez, et puis a compris que j'étais vraiment sérieux et que ça m'inquiétais. Bien sûr que ça m'inquiète, j'ai le comportement d'un junkie alors que je ne prends rien! Il a essayé de m'expliquer que c'était le changement qui provoquait cet état de confusion, que ça passerait tout seul avec le temps et en y mettant de la bonne volonté. Cas échéant, il m'a dit que je n'avais qu'à revenir le voir, et qu'il me prescrirait des antidépresseurs. J'ai préféré ne pas retourner le voir, et je ne m'en porte pas plus mal, mes angoisses matinales mises à part. En un an et demi, j'aurai quand même du m'habituer à ce petit appartement de Lemon Street, à ses trois pièces lumineuses et à son lit immense dont je fini immanquablement par arracher les draps à force de trop me retourner. Il me faut poser les deux pieds par terre pour réaliser où je me trouve. Ma chambre est le seul endroit à ma connaissance où l'on ait posé de la tapisserie sur le sol, dernier vestige des anciens propriétaires que je n'ai jamais eu le courage de changer.J'en aurai peut être la force, un jour, mais pour l'instant je n'ai fait que retarder ce moment. Une fois debout, une seconde angoisse m'assaille, moins déroutante mais de manière bien plus violence: "que vais-je faire aujourd'hui?" Au début, la question ne se posait pas, en semaine j'allais assister à mes cours à la fac, voire à ceux d'autres classes si l'envie m'en prenait, et le week-end je mettais tout au propre et m'avançais dans mes lectures et révisions. De temps en temps une sortie entre amis au ciné ou à la pizzeria, et puis tous les samedi un passage au vidéo-club pour me louer deux films. C'était simple, mécanique mais agréable, le genre de vie que mène soit les étudiants, soit les retraités. Mais avec cette histoire d'année sabbatique, je perds complètement pieds vis à vis de la réalité. C'est simple, je dois vérifier au moins vingt fois par jour la date, et même mon agenda ne m'est pas d'une grande utilité... Mais en contrepartie j'ai enfin le temps de respirer et d'apprécier Ocean Grove à sa juste valeur. D'ailleurs, mes écrits avancent bien.
J'ai commencé, dès mon arrivée, à écrire de petits portraits sur les gens que je croise. Ce sont soit des personnes que j'apprends à connaitre et pour qui je fais de nouvelles versions à chaque fois que je le revoie si l'inspiration se présente; soit des inconnus dont j'essaye d'imaginer la vie et le quotidien à leur façon de marcher, leur tenue et les affaires qu'ils transportent. J'en suis actuellement à 271 récits très précisément, compris entre 10 lignes et 139 pages, le tout tapé à l'ordinateur et rangé dans une boîte posée sur la deuxième étagère de ma bibliothèque. Si j'en avais le courage, je reprendrai chacun de ces textes, les améliorerai, et puis enverrai les meilleurs d'entre eux à un éditeur, en croisant les doigts pour qu'ils soient publiés. Car oui, quand on me demande ce que je fais, je me revendique écrivain. J'en ai la prétention. Ça épate les gens, et les fait rêver pendant quelques instants. C'est le genre de métier qu'ils s'imaginent soit hyper glamour, soit tellement peinard que ça en devient énervant, alors qu'en réalité c'est le boulot le plus dur que j'ai jamais fait, mais c'est une des choses pour lesquelles je suis le plus doué, alors je m'entête à vouloir percer. Ça sera juste une question de temps, n'est-ce pas? Il faut dire que ma muse n'est pas vraiment du genre arrangeante. Elle s'amuse à passer me voir tard le soir quand je cherche le sommeil, quand je suis sous la douche ou encore quand j'attends le bus. En revanche, une fois que je suis devant ma page blanche, j'ai beau l'attendre qu'elle ne vient que quand ça lui chante! J'ai bien essayé de lui donner un nom, de m'adresser à elle quand vraiment je n'arrive à rien, mais pour l'instant ça n'a pas vraiment aidé les choses. Elle doit attendre que je sois à bout. Non, si je veux vraiment être honnête, je ne crois pas vraiment à ces histoires de muse. C'est une belle invention bien sûr, et s'imaginer une ravissante créature lisant depuis le haut de votre épaule ce que vous écrivez est plus qu'appréciable, mais je considère que mon art se travaille tout seul. Quoi qu'il en soit, revenons à aujourd'hui puisque c'est de ça que je comptais parler. Enfin non, c'est ce que j'ai envie de découvrir. Quel intérêt de s'interroger sur un avenir qui ne correspondra probablement en rien à ce que l'on avait espéré? Quel est l'intérêt des hypothèses à rallonges alors qu'il n'y a qu'à faire un pas pour les vérifier. Voilà donc ce que je voulais faire: mettre le nez dehors par cette fin de journée et inspirer à pleins poumons la chanson du printemps.

S'il y a bien quelque chose d'intéressant ici, à Ocean Grove, c'est que l'on ne peut jamais savoir à quoi s'attendre. C'en est d'ailleurs hallucinant de voir à quel point d'un jour à l'autre tout évolue. Je suis peut être un peu trop naïf pour m'en extasier à ce point, mais ça m'épate tellement que je ne peux pas faire autrement. Je dois vraiment passer pour un plouc qui n'a rien vu d'autre que son petit village natal. OK, je suis jamais sorti de Londres, mais c'est quand même une des plus importantes capitales mondiales! Je dois vraiment trop être impressionnable... D'ailleurs, j'en ai conservé la plupart de mes vieilles habitudes. La preuve? Là, je vais au Starbucks. Je vais commander comme à chaque fois un Caramel Macchiato sur place, et le boire sur la terrasse (quand il pleut je reste à l'intérieur bien entendu, dos à la baie vitrée) et observant les autres clients. En plus, c'est toujours plus ou moins le même genre de consommateurs, des cadres qui vont ou reviennent du travail, des étudiants branchés en manque de caféine ou de jeunes parents qui font faire un tour à leurs bébés avant de rentrer dans leur belle maison neuve.
Aujourd'hui, il fait beau et l'été approche, tout comme la fin de l'année scolaire, et il y a du monde dans la rue. Je dois avouer que je ne suis pas vraiment à l'aise quand il y a trop de gens dans un même espace. Je suis sûr que je suis un de ces agoraphobes qui s'ignorent et qui le découvrent par hasard, en faisant une crise d'angoisse au milieu de la foule. J'espère juste que je serai pas trop piétiné quand ça arrivera, on doit sentir les pieds après un truc comme ça, non? Oh pitié, c'est mauvais (sans jeu de mot) ça! Vite un café, que j'essaye d'avoir les idées un peu claires!

Un Caramel Macchiato s'il vous plait. Sur place. Merci.

Ça sent bon le caramel, divinement bon même et je me surprends à fermer les yeux pour mieux ressentir ce parfum. Si j'étais un tant soit peu un bon cuisinier, je passerai ma vie à expérimenter des recettes au caramel, mais, comme je n'ai jamais réussi à en faire sans me retrouver avec une plaque de sucre brûlé jusqu'à l'immangeable, je me contente de ceux que font les coffee-makers du Starbucks, qu'ils en soient bénis jusqu'à leur vingt-deuxième génération. Allez, vite trouver une place de libre pour enfin gouter à cette merveille! Avec ce soleil, on dirait que le monde entier s'est donné rendez vous à Fairway Place, et plus précisément sur cette terrasse. Ne me gâchez pas mon plaisir, voyons, vous ne voudriez pas me faire pleurer aussi tôt dans la journée... Ah, ça sera inutile puisque je vois une table qui se libère. Il existe donc bien une justice dans ce pays, me voilà rassuré! Petite table ronde en bois mât, deux chaises assorties -une pour moi, une pour mon ami l'homme invisible- et roulez jeunesse! Je pose avec précaution le gobelet brulant, et m'assois confortablement. Une première gorgée pour se donner du courage, et je déballe tout mon matériel. Carnet à spirale, critérium à mine fine et air de circonstance: concentration, inspiration et exaspération mélangés pour être sûr de ne pas être dérangé. Il y a toujours des benêts ou des imbéciles, appelez-les comme vous voulez, pour s'approcher et poser des questions, mais la plupart des gens semblent le comprendre tous seuls, comme des grands. Deuxième gorgée avant de s'y mettre. Hum! Toujours aussi bon à ce que je vois, même si depuis hier il y avait peu de chances que ça évolue trop négativement... Sur qui vais-je écrire alors... J'ai envie de pas trop me casser la tête, mais d'essayer de créer ce que pourrait être la vie d'une personne. La jeune fille, là-bas, devrait convenir. Jolie, énigmatique, concentrée... je peux toujours tenter, on verra où ça m'amènera...

" Aujourd'hui, il fait particulièrement beau et la plupart des gens sont dehors, à profiter du soleil et de la vie, blottis contre leur moitié, mais elle, elle est assise là, seule et l'air triste. Elle est arrivée plus tôt dans l'après-midi, l'air un peu égarée. Elle grignote un muffin aux pépites de chocolat qui semble la combler d'ennui. Pour tout accompagnement, un café noir dans son blanc récipient. Elle regarde la fumée s'élever avec grâce de la tasse et souffle dessus sans y réfléchir. Sous la table, ses jambes en-collantées s'entrecroisent nerveusement. Elle boit une gorgée de café et puis repose la tasse dans se soucoupe, il est maintenant trop froid. Elle soupire. Le regard des autres clients se pose parfois sur elle, mais elle évite que le sien ne les croise. Elle n'a pas envie de parler, pas moins avec eux qu'avec d'autres personnes, ce qui peut paraitre ironique vu son choix de venir dans un lieu aussi fréquenté, mais elle avait besoin de mêler au commun des mortels l'espace de quelques instants. Elle passe ses journées à travailler, sans but, et s'endort à peine le pas de la chambre franchi. Pour une fois, elle a envie de voir des gens vivre autour d'elle, même si ça ramènera son cœur sur les rails des montagnes russes. Elle suit des yeux les mouvements que font les personnes autour d'elle, comme pour mieux s'imprégner d'une existence qui n'est pas la sienne, et elle touille son café, y traçant des ronds à l'infini. "


Dernière édition par Basil Lane le Dim 27 Sep 2009 - 10:33, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: As anybody ever told you, it's not coming true | Neal [ENDED] Sam 20 Juin 2009 - 16:43

    Il y a des secrets qu'il faudrait parfois garder pour soi. Ne jamais rien dévoiler, au risque de paraître pour l'imbécile de service qui ne comprend pas ce qu'on lui demande. C'était de cette manière que Neal percevait les choses, ainsi il s'était toujours battu pour garder l'histoire de son passé secrètement fermé dans un tiroir, à clé. Il était convaincu qu'une fois que ces derniers seront mis au grand jour, il n'aurait aucune raison de continuer à vivre dans la ville. En faite, il n'était pas tout à fait convaincu du regard des autres lorsque ce passé sera mis sur table. Beaucoup ont déjà tentés, beaucoup ont une partie de ses secrets; mais personne ne fut encore assez performant pour les dévoiler au grand jour, pour déstabiliser le petit Rowlands. C'est alors qu'il fit surface, après sept ans d'absence, continuant de garder le mystère pour lui, pire encore; il le convoitise. Le jeune homme s'était levé très tôt, il avait profité que le soleil ne soit encore couché pour filer faire du sport : du jogging. A six heures vingt sept précisément, il avait sauté de son lit et avait filer tout droit vers sa salle de bain personnel - qui était à l'entrée de sa chambre, petite mais utile. Un lavabo, une douche, un toilette, un poste de radio, une chaise et deux armoires. Son cousin partageait la grande salle de bain, avec sa promise - que Neal ne supportait pas entre parenthèse. C'était la raison pour laquelle, chacun des deux se fuyaient. Ils ne s'aimaient pas, Neal en était conscient et ne démordait pas de lui cacher toute sa haine. De nombreuses disputes avec son cousin avaient étés forcément de mise au début. Désormais, dès qu'elle était chez elle, on pouvait être sur que Neal en sortait. De toute manière, solitaire & volage comme il était, il se servait de sa chambre que pour dormir; le reste du temps, il le passait dehors. Bien sur, il aurait pu prendre un appartement pour lui seul, une maison même; l'argent n'était pas le problème. Cependant, il avait préféré vivre avec son cousin, au moins les premières semaines de sa nouvelle venue, histoire de se refaire au quartier, histoire de connaître tous les détails. Et après tout, il était assez proche de son cousin avant son départ, il avait peut-être besoin de renouer avec ce dernier, après son déménagement. Pensif, il était désormais habillé d'un short, torse nu; et il venait de mettre une casquette sur sa tête. Il descendit d'un pas rapide pour finalement se retrouver dans la cuisine, où il se servit un bon café bien chaud. & sans attendre, il sortit de la maison à toute vitesse, prenant soin de ne pas oublier ses lunettes de soleil; pour le reste de la journée, qui s'annonçait longue. Et il se mit à courir, à courir, et encore à courir. Jusqu'à en perdre le souffle, bien une heure trente après - voir plus, il avait perdu la notion du temps. Oh c'était plus pour un entraînement quotidien, il n'avait donc pas couru à toute vitesse et avait su ainsi garder son allure sans se fatiguer. Mais désormais le soleil commençait à pointer le bout de son nez, ce qui entraîna le jeune homme à rentrer dans un gymnase délaissé. Il avait pour habitude d'y aller, déjà petit; avec Esteban, Dakota & Duncan : ces meilleurs amis de l'époque. Ils avaient même trouvés une cachette derrière des planches pour cacher le matériel : comme un ballon, des raquettes avec des balles etc... Tout un tas d'objets pour pouvoir s'éclater lorsqu'ils viendraient sans pour autant s‘encombrer. C’était l’une des nombreuses idées de monsieur Rowlands qui n’en manquait pas une seule à l’appel, histoire de pouvoir se défouler, quand l’idée le prenait. Ils venaient ici pratiquement tous les soirs, et durant les vacances ils restaient même de longues journées. C'était ici même aussi qu'ils faisaient des soirées, en mettant la musique à fond lorsque l'un d'entre eux pensaient à emmener un poste radio avec pile. Neal avait même passé des nuits entières ici, ayant trop bu, ne réussissant même pas à ramper sur le sol au delà d'un mètre. Déjà très tôt, il buvait, fumait... Il fuyait la stricte réalité pour des soirées de détente. Il fallait avouer qu’ils étaient tous très réputés, on avait presque l’impression qu’ils formaient un clan, une tribu sans chef. Beaucoup d’entre eux se haïssaient au fond, mais pourtant rien n’empêchait à la majorité d’entre eux de passés une soirée tous ensemble. Mais il s'arrêta lors de ses treize ans; quand il dût partir de Miami. Il voulait consacrer ses bêtises seulement à ocean grove, et non dans le Michigan. C'est pour cette raison, que maintenant il ne fume plus, ne boit que très rarement - pour ainsi dire presque jamais. Neal est passé du tout au tout, se transformant totalement. Mais les personnes le connaissant un minimum saurait qu’il est plutôt du genre à ne pas faire de demi mesure, de ne jamais faire les choses à moitié.

      « Excusez-moi; pourrais-je m'asseoir à cette table ? Dit-il accompagner d'un large sourire, serein et à l'aise »
      « Je vous en prie... Lui répondit le jeune homme déjà assis à la table »


    La journée s'était déroulé plus rapidement qu'il n'y aurait cru, seul dans son gymnase désert; il ne s'était finalement pas ennuyé. Mais il commençait à avoir soif, & à avoir faim. Il n'avait rien mangé depuis la veille, si ce n'est une barre de céréale, le matin même. Mais il ne s'en plaignait pas, l'important c’était sa journée sportive. Une de plus pour son palmarès. Sortant du gymnase en question, il quitta l’endroit pour marcher tranquillement vers les différents restaurants du coin. Enfin plutôt bars & snacks, histoire d’éventuellement se remettre au quotidien, petit à petit. Ce n’était pas qu’il soit d’un très grand fan de discussion, cependant il savait saisir l’opportunité pour faire de nouvelles rencontres. Il ne s’attardait pas aux anciennes, ou peu. Neal arriva finalement devant l’un des endroits les plus populaire de l’environ, il était connu la bas, du moins sa famille avait marqué les esprits. Mais il n’y était pas revenu, depuis… 2002. Cherchant une place du regard, aisément et d’une manière très courtoise, il s’était avancé vers un bel inconnu. Neal s'exécuta donc en s'asseyant calmement sur la chaise, en diagonale du jeune homme en question. Il ne faisait pas froid, cependant d'un geste machinal le garçon remit son tee shirt sur le torse de façon à ce qu'il lui apporte toute la chaleur nécessaire. Peut-être due à l'humidité de la soirée. N'aurait-il pas été mieux à l'intérieur directement, plutôt qu'à l'air frais ? Possible, qu'importe Neal tentait de se distraire en regardant les autres personnes, déjà installés. Une femme semblait boire une boisson rafraîchissante, pendant qu'une petite dégustait une glace. & cet homme qui reportait instinctivement son regard sur Neal - comme lui le faisait sur cet homme louche. Le connaissait-il, l'avait-il déjà vu plus jeune ? Tant de questions restaient encore sans réponse, & celle-ci n'était qu'une de plus et certainement la moins importante. Rare ont étés les fois il avait porté son attention sur le jeune garçon qui était à la même table que lui, pourtant après quelques instants de répits, le jeune Rowlands porta enfin son regard sur lui. Il semblait à la fois sérieux & concentré. Neal ne connaissait la réponse mais il avait porté son regard sur le carnet que tenait le jeune homme et si cela n'aurait jamais été aussi impoli, il aurait probablement jeté un coup d'oeil sur ce qu'il faisait. Surtout qu'à chacun des passages, les gens y jetaient un regard, sans le vouloir. Ce qui l’intriguait davantage. Était-il comme lui, un dessinateur hors pair ? Au quel cas, ils auraient pu éventuellement travailler ensemble, ou se donner un coup de main. Enfin de temps en temps certes, car Neal tenait à sa solitude plus que tout… Mais ce jeune garçon avait l’air de trop réfléchir pour que cela soit un dessin, car pour Neal, toute les formes lui venaient naturellement, aussi simplement que faire du vélo. Tandis que l’homme en face de lui semblait avoir la tête bien plus en dehors de son cahier, qu’à l’intérieur. Ou était-il peut-être facilement perturbable aussi..

      « Oh mais qui voila ?! S'exclama une voix arrivant de dos à Neal. On ne vous attendait plus à ocean grove, Monsieur Rowlands... »
      « Comme quoi, tout peut arriver dans notre monde.. Dit-il d'un air ironique tandis qu'il fixait le serveur »
      « Que puis-je vous servir ? »
      « Vos cocktails m'ont presque manqués! J'aimerais fortement l'un de vos derniers chefs d'oeuvre.. »


    Neal fixait le serveur d'un certain âge, il était venu de nombreuses fois quand il n'avait que huit ans - si ce n'est légèrement plus. Il était même venu les aider plusieurs fois l'année avant de partir de sa ville natale. Et il n'était pas plus intrigué que ça qu'on le reconnaisse. C'était cet homme qui lui avait, autrefois parler le plus; Neal se souvient qu’il connaissait tout le monde et parlait toujours pour ne rien dire. Il aurait pu vendre même ce qu'il n'avait pas. Ainsi, Neal n'avait jamais su garder trop longtemps les mystères concernant sa vie face à ce dernier. Oh bien évidemment, cet homme ne connaissait pas toute sa vie, mais il venait très souvent chez les Rowlands et parlait longuement avec le père de Neal, de tout & de rien. Une chance d'ailleurs qu'il n'était pas venu à parler de son père aujourd‘hui même, car le jeune garçon avait tendance à montrer sa haine infinie pour cet homme qui se dit être son père et le vieux serveur n'aurait eu aucun mal à deviner l'ambiance de leur nouvelle maison. Parce que évidemment pour lui, Neal était revenu avec eux, cela allait de soi. Grave erreur monsieur… Tandis que le vieux était parti chercher sa commande et allait faire un tour vers d‘autres tables, Neal sentit le regard posé sur lui, sans même qu‘il n‘est eu le temps de détourner le regard.
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Message(#) Sujet: Re: As anybody ever told you, it's not coming true | Neal [ENDED] Sam 27 Juin 2009 - 21:53

J'écris, rature, barre et efface. Ça me donne l'air encore plus occupé que je ne le suis et m'évite de la compagnie. Ça dure quelques minutes, chacune plus savoureuse que la précédente car une de plus, et peut être la dernière. Je prend mon temps, m'applique comme un gamin qui fait ses lignes alors que j'écris comme un chat. De petits traits qui ne prennent même pas forcément la peine de se croiser, des trucs très fins et très linéaires, que l'on m'a déjà reproché à de nombreuses reprises -en particulier mes très chers profs de lycée, à la fac on s'en fout, c'est toujours ça de prit- mais auxquels je suis attaché. Ça me donne l'impression que j'écris véritablement que pour moi, que les gens qui y jetteraient un coup d'œil ne pourrait pas comprendre le sens cachés de mes hiéroglyphes, comme s'il pouvait d'agir de trucs secrets, ou juste un peu réservés. De toute façon, du moment que j'arrive à me relire il n'y a pas de raison de changer, n'est-ce pas? Je pose à peine le point final de mon premier paragraphe et lève la pointe de mon critérium de la feuille qu'une voix s'élève en face de moi: "Excusez-moi; pourrais-je m'asseoir à cette table ?" Je lève les yeux vers cette voix, sans avoir le temps de réprimer un léger sursaut. Il faut dire que je ne m'attendais pas à ce qu'on me parle, absolument pas. On vous a jamais dit que l'on ne s'adresse pas aux gens sans prévenir? Je le regarde vite fait, histoire de savoir à quoi ressemble celui qui m'interrompt. Un jeune homme, souriant, et visiblement pas gêné de prendre la place de mon ami invisible. Bizarrement, je ne tente pas de conserver ma table pour moi tout seul comme j'aurais tendance à le faire, mais hoche la tête. Je vous en prie...
Il s'assoit sans un merci, prend ses aises à tables et cherche des yeux un serveur. Il n'a pas l'air bavard, tant mieux. Je bois une nouvelle gorgée de café, tant qu'à être dérangé autant en profiter, qui commence d'ailleurs à rafraichir. Pas encore gelé, mais si je continue à ce rythme la prochaine fois ça sera bon. Je reprend le crayon en main pour recommencer mes petites histoires, lève les yeux en direction de la jeune fille et... mais elle est passée où? Partie probablement, s'ennuyant à la terrasse de la même façon que ça commence à me gagner. Soupir. Il me reste plus qu'à inventer, mais c'est une partie que j'aime moins, quand je n'ai plus de modèle sous les yeux ce n'est pas aussi amusant. Et je gribouille, griffonne en pesant chaque mot. C'est ça, je m'ennuie. Bon, je crois que je vais pas trop m'attarder...
-Oh mais qui voila ?! S'exclama une voix arrivant du dos de Neal. On ne vous attendait plus à Ocean Grove, Monsieur Rowlands...
-Comme quoi, tout peut arriver dans notre monde..

Monsieur Rowlands?! Je n'entends qu'à moitié la suite de leur discussion, obnubilé par le nom prononcé. "Rowlands", comme dans "Adrian Rowlands" et dans "société Rowlands"? Je réprime à peine un sourire, trop heureux de ce petit coup de pouce que me donne le destin. Je ne dois pas griller le peu de chance qui me tombe sur les épaules. Je regarde plus attentivement le jeune homme, l'air de rien. On doit à peu près avoir la même taille mais il est nettement plus musclé que moi -pas dur, c'est sûr, mais il a l'air d'y consacré pas mal de temps-, et la peau plus mate. A première vue on n'a pas l'air d'avoir grand chose en commun, mais si l'on s'en tient à la ressemblance qui me lie à ma mère il n'y a pas de quoi en faire toute une histoire non plus. A croire que je ne ressemble pas plus à mon père qu'à ma mère, leurs gènes se sont sans doute trop bien mélangés.
Maintenant, il va me falloir trouver un truc à lui dire pour lancer la conversation, qu'importe que ça ne soit pas particulièrement brillant, l'essentiel est de se lancer. Je le regarde, le dévisage, presque impoliment je sais, mais entre membres d'une même famille il ne m'en voudra pas je pense, j'espère. Non, décidément on n'a pas l'air d'avoir beaucoup de traits de ressemblances.
Le serveur termine de prendre la commande et repart en direction de la cuisine sans que je n'aie le temps d'enregistrer ce qu'il a put commander. J'inspire un grand coup et me décide à tenter le tout pour le tout, c'est maintenant ou jamais. Et c'est précisément au moment où j'ouvre la bouche qu'il se retourne vers moi, comme si à force de le fixer il l'avait sentit. J'avale ma salive d'un coup, et me lance avant de perdre ce qui me reste d'assurance. Je dois avoir l'air un peu bête, à moins que ça ne soit mon imagination, mais tant pis.

Excusez moi. On vous a appelé Rowlands, je crois. Vous êtes... lié à la famille de la Société Rowlands?

Il me regarde, intrigué, l'air un peu soupçonneux. Quoi, ça ne se fait pas? C'est pas une bonne approche? C'est vrai que c'est un peu indiscret comme question, surtout qu'on ne se connait pas. Ah, mais où sont passées mes bonnes manières! OK, ce mec est peut être mon frère, mais c'est une raison plus que valable pour faire bonne impression quand même!
Putain! Je viens de réaliser: ce mec est peut être mon frère! On se calme. Je me calme. Respirer, faire le vide en soi, ne pas le fixer trop fort. Regarder la feuille devant moi, oui c'est ça. Prendre le crayon, gribouiller un truc, n'importe quoi. Regarder l'heure à ma montre. Mon frère! Je vire complètement gaga. OK, on se reprend. Sourire de rigueur, air sincère et de circonstance. Mon frère, donc pas se faire jeter. Insister, mais pas être lourd non plus. Ah, que c'est compliqué! Je déteste vraiment faire ce genre de trucs! Allez, que je me débarrasse de la partie chiante au plus vite, il a sûrement autre chose à faire qu'attendre qu'un inconnu se décide à articuler deux mots, et je ne suis pas là pour faire l'amuseur public.

Désolé, c'est peut être un peu, euh... brusque comme question, je sais...

J'hésite à me présenter, et me rétracte au dernier moment. Après tout, dire quoi? "Bonjour, je m'appelle Basil et je suis ton demi-frère. Enchanté de faire ta connaissance." Stupide. Ça serait le meilleur moyen pour qu'il prenne ses jambes à son cou ou qu'il me prenne pour un psychopathe ou je sais pas trop quoi d'autre. Si ça se trouve on a déjà essayé de lui faire le coup, sauf que moi c'est pas du bidon. Enfin, je crois. En tout cas, je ne fais pas ça pour l'argent, je m'en fous, mais il a dû en voir d'autre et apprendre à s'en méfier. Dire que j'avais envisagé je ne sais combien de possibilités pour mon premier contact avec les Rowlands, et que c'est précisément sur une que je n'avais pas imaginée que je tombe. Moi qui croyais que le destin était de mon côté sur ce coup, j'étais vraiment loin!
Il me regarde sans répondre, attendant probablement que je finisse ma phrase. C'est vrai que ça doit faire quelques secondes qu'elle est en suspend. Je jette un rapide coup d'œil à la montre. Non ça va, ça doit juste faire 3 ou 4 secondes. En même temps, ce que je raconte est si peu palpitant, enfin je parle pour lui, moi ça m'intéresse particulièrement! Je tente un sourire forcé et improvise une conclusion, bidon j'en ai conscience, mais qui m'amène à ce qui m'intéresse le plus. Ne me reste plus qu'à prier pour qu'il saisisse la perche que je lui tends et me parle de mon père, au moins pour combler un peu ma curiosité

Enfin, on voit M. Adrian Rowlands tellement souvent en ce moment qu'on doit souvent vous parler de lui j'imagine...
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Message(#) Sujet: Re: As anybody ever told you, it's not coming true | Neal [ENDED] Jeu 9 Juil 2009 - 23:36

    C'était absolument fou de voir que dix neuf ans sont passés sans connaître la moitié d'une même famille - des cousins qu'on aurait pu qualifier de proches, et devoir passés autant d'années sans même que nos routes se croisent. Bon d'accord chez la famille Rowlands, cela n'était pas extraordinaire. D'une part la famille étant bien trop grande, connaître chaque membres révèlent du miracle. Entre vrais cousin(e)s, vrais frères & soeurs, vrais enfants, cela paraissait déjà dur. Mais si on additionnait le nombre de personnes venant s'ajouter dans la famille par alliance, on était d'avantage moins certain de rencontrer tout le monde. D'autre part, son père n'a jamais aimé retrouver sa famille; Neal savait juste qu'il avait eu quelque souci avec ses parents, qu'ils ne parlaient quasiment plus à son frère. Enfin, si son père n'était pas un bavard, Neal l'était encore moins. Alors réflexion faite, il ne connaissait pas réellement les raisons pour lesquelles il ne connaissait pas véritablement sa famille - même la plus proche. Il avait simplement rencontré celle habitant à ocean grove. Dont Vahiney Grimes par exemple, puis aussi le cousin par alliance où Neal habitait d'ailleurs chez lui. Peut-être que d'autres cousins ou membre de sa famille vivent à ocean grove, alors qu'il ne le sait pas. Ma foi, tout est possible... A peine la commande prise, le serveur absent; que Neal eu l'impression d'être examiné à la loupe. Détaillé aux moindres mouvements, à la moindre parole. Il n'aimait guère ça, fallait l'avouer et très vite, il détourna le regard vers cette sensation - pour peut-être essayer de se prouver du contraire. Mais il fut la désagréable surprise de voir l'homme le fixait davantage, sans baisser la tête - comme si tout cela paraissait normal. Il agita ses mains sur la table, nerveusement tandis que le serveur venait de lui apporter son cocktail. La rapidité de ce bar le surprendra toujours.

      « Excusez moi. On vous a appelé Rowlands, je crois. Vous êtes... lié à la famille de la Société Rowlands? Neal lui jeta un bref regard accusateur avant que Basil ne reprenne, désolé, c'est peut être un peu, euh... brusque comme question, je sais... »


    Alors ça pour être brusque ça l'était! En fait, non ce qui dérangeait plus le jeune homme c'était ce que lui voulait cet homme. Et non pas la façon qu'il avait eu de présenter les choses. Le jeune homme avait l'habitude qu'on l'interrompre pour parler de sa famille, de ses gênes les unissant avec eux. Alors un de plus, un de moins n'en était pas plus perturbant qu'autre chose. Cependant, si Neal aurait tenter de fuir le regard de son interlocuteur, ce dernier fixait ses moindres faits, comme si il espérait obtenir plus d'informations, comme si cela suffirait. Et bien que le jeune homme reportait le regard de part & d'autre, il sentait celui de Basil le contemplait - quelque chose qu'il ne supportait pas. Au début cette manie de le fixer attirait Neal dans les conclusions que son interlocuteur était bisexuelle ou peut-être homo ?! Rassurez-vous, Neal n'avait rien contre eux; il les aimait bien. De loin! Mais plus les secondes avancées, moins l'homme déportait son regard sur autre chose, ce qui commençait à largement agacé le jeune homme. Se recroquevillant dans son siège, il détourna une nouvelle fois son regard pour chercher un siège libre. Pourquoi avait-il eu l'idée de venir s'asseoir ici ? Parce que c'était la seule place de libre sans groupie aux alentours. Rowlands avait toujours eu l'habitude de les fuir dès que possible, n'aimant pas trop la foule - c'était quelque chose de difficile pour lui à gérer. Surtout avec l'engouement qu'il créer. Ancien mannequin, beau jeune homme de dix neuf ans, né d'une famille aisée - tout ça pour une unique personne. Il y avait donc de quoi être attiré par cet homme, lorsqu'on était légèrement attiré par le fric & le pouvoir. Et Neal pouvait parfaitement le comprendre - c'était donc sans trop de difficulté qu'il prenait lui-même ses distances. Histoire d'éviter de faire parler de lui une nouvelle fois dans les journaux : l'homme espiègle - pris au piège.

      « Enfin, on voit M. Adrian Rowlands tellement souvent en ce moment qu'on doit souvent vous parler de lui j'imagine... Se confessa t'il, l'air de rien »


    Neal porta une nouvelle fois attention sur lui, cherchait-il à se trouver une excuse ? Cherchait-il à engager la conversation ? Il fallait avouer que rien ne devait être facile pour lui. Et Neal s'en était rendu compte. Il se demandait d'ailleurs comment ce dernier pouvait faire pour engager une telle conversation - qui s'annonçait déjà perdu d'avance. Comment se confier à un inconnu ? Mais le jeune homme restait sur ses réserves, observant l'individu d'un air néfaste. Quand il comprit qu'il parlait d'Adrian - l'oncle de Neal, ce dernier fit alors une légère grimace. Il était vrai que son oncle était connu par le biais de la presse ou de divers réunions faites. Cependant Neal ne le connaissait guère, il l'avait vu très peu de fois aux fêtes familiales mais avait pu discuté avec lui, lorsque Neal était censé prendre le flambeau de la société. Ceci étant cet homme paraissait pessimiste - d'autant plus que Neal s'était opposé fermement à en être le futur responsable. & Adrian - différent du père l'avait parfaitement compris, et avait tenté de son côté de mettre son petit grain de sable, afin de pouvoir laisser Neal en paix. Depuis, une violente altercation s'était faite et une haine s'était liée entre eux. Déjà que les deux frères enfants étaient en guerre permanente, alors reprendre la suite d'une si importante société ne pouvait qu'être difficile. Très vite, il reprit connaissance, le jeune homme semblait d'un calme apparent; silencieux et il n'était pas prêt à partir.

      « Famille Rowlands ? Dit-il surpris,humm... Avec un air soucieux sur le visage »


    Le jeune homme restait perplexe. Que voulait-il savoir ? Neal n’avait aucune information à lui donner, surtout pas en sachant qu’il était qu’un inconnu. Et rien ne lui prouver qu’il était réellement un membre de la famille - d’ailleurs ça ne trottait même pas dans la tête de Neal. Non pour lui, il était soit homo et voulait tirer son coup avec lui. Soit il était attiré par l’argent et le pouvoir que détenait sa famille. Et comme le nom de son oncle était facilement trouvable, rien ne semblait le dérangé dans cette pensée. Seulement, Neal aurait tenté de changer de discussion, de faire croire par exemple qu’il ne connaissait aucun Adrian - ou alors qu’il faisait parti d’une autre famille de Rowlands. Il aurait pu. Il aurait du. Finalement, un vague soupire sorti de sa bouche, sans le contrôler, il tapait ses doigts nerveusement contre la table, tandis que l’autre main prit le verre pour mener le cocktail jusqu’aux lèvres du jeune homme, qui le désaltérera.

      « Disons que si certains seraient fière de faire partis de cette famille, pas tout le monde le pense! Froid mais direct, Neal. Neal Rowlands. Le dernier mot fut dit dans un chuchotement tout en lui tendant la main comme pour le saluer »


    Il s‘était peut-être montrer légèrement froid aux premiers abords, il se devait donc de se rattraper. Comment détourner le sujet avec autre chose que les présentations pour commencer ? Et si le jeune homme s‘avère trop insistant - Neal se fera une joie de le recadrer!
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Message(#) Sujet: Re: As anybody ever told you, it's not coming true | Neal [ENDED] Sam 11 Juil 2009 - 23:21

S'il ne veut pas me répondre, je le comprendrais très bien. D'ailleurs, je serais le premier à me méfier et à reculer ma chaise si l'inverse se produisait, mais il semblerait que je sois tombé sur quelqu'un de patient et de pas encore totalement traumatisé par la pression qui repose sur ses épaules. Ou alors je me fais des idées et il n'a rien à voir avec les Rowlands, ceux riches et célèbres, ceux que l'on voit en couverture des journaux spécialisés en économie. Comme quoi j'aurai mieux fait de faire quelques recherches sur les autres membres de la famille plutôt que de croire que tout irait très bien et me contenter de m'intéresser à Adrian et à son parcours. Pourtant, même en me contentant de chercher des informations à ce sujet, j'avais constamment l'impression de me battre contre quelque chose d'infiniment plus complexe que ce à quoi je m'attendais. Et chaque nouvelle découverte amenait son flot de nouvelles interrogations, amenant sa relation avec ma mère dans des profondeurs que je n'aurais jamais soupçonnées...
"Famille Rowlands ? humm... " Il me regarde, l'air étonné par ma question, et un peu embêté aussi. Finalement, j'aurai touché juste? Ça serait trop beau! J'essaye de dégager mon regard du sien une fois de plus, d'arrêter de le fixer, mais c'est presque plus fort que moi. A chaque fois que je tente de regarder ailleurs, je reviens toujours à lui, comme par peur de rater l'élément qui me dira s'il s'agit véritablement, ou non, de mon frère. Manie de l'écrivain qui ne peut s'empêcher de scruter son sujet. Il doit me prendre pour je sais pas trop quoi, quelqu'un de trop curieux peut être, ou alors il risque de croire que je lui fais des avances. Ça, ça serait vraiment drôle! Être dragué par un demi-frère dont on ignore l'existence. Non, même si je dois avouer qu'il est assez beau garçon, il n'a pas de soucis à ce faire de ce côté là, je ne me suis pas aussi avancé sur le chemin de l'avilissement .
"Disons que si certains seraient fiers de faire parti de cette famille, pas tout le monde le pense! Neal. Neal Rowlands." Il laisse partir son nom de famille dans un murmure, comme quelqu'un qui en as honte ou qui souhaite le dissimuler. Étrange comme comportement. Les quelques membres que j'avais vus à la télé paraissaient très fiers de leur appartenance aux Rowlands, et voilà qu'il, Neal puisque tel était son prénom, agit d'une façon totalement inattendue. Les choses seraient-elles moins belles que ce qu'on voudrait nous faire croire? Bah, j'aurai d'autres occasions pour me pencher la dessus. Je serre la main qu'il me tend, tentant de faire bonne impression et de paraitre plus assuré que je ne le suis. Heureusement qu'il ne peux pas voir à travers moi car j'ai le cœur qui cogne plus vite qu'il ne l'a jamais fait, et je ne parle pas de l'état de mon estomac qui fait des galipettes sur montagnes russes. Se ressaisir, se ressaisir vite. Depuis longtemps je n'avais pas été dans un état aussi extrême, je ne sais même plus à quand remonte la dernière fois, mais là j'ai l'impression d'avoir le cerveau mis en pause sur la dernière phrase de Neal.

Basil. Basil Lane. Enchanté.

Il y a un moment où j'ai pensé donner un faux nom, mais en y réfléchissant je me suis dit qu'il valait mieux être franc là dessus. Non seulement je suis capable de m'embrouiller et de me tromper de nom d'une fois à l'autre, mais en plus suivant comment les choses vont évoluer ça serait dommage de me faire jeter pour quelque chose d'aussi bête. Il y a toujours le risque que Neal parle de moi à M. Rowlands avant que je n'aie eu le temps de prendre les devant de la situation et qu'il comprenne qui je suis en entendant le nom de Lane, après tout le nom que je porte est aussi, et surtout, celui de ma mère. Mais c'est un risque que j'accepte de courir. Il nous a versé, et il nous verse toujours, une pension à la seule condition qu'elle ne reprenne pas contact avec lui et qu'elle me cache son identité, ce qu'elle a fait avec beaucoup de rigueur -chose rare de sa part-; mais aujourd'hui j'estime avoir le droit de savoir certaines choses. Au pire il cessera ses virements, mais je suis en âge de me débrouiller par moi-même. Les fins de mois meseront un peu plus difficile sans sa participation à mes frais, je m'en doute, mais je puiserai dans ma petite réserve et je préfère ça plutôt que de continuer à échafauder des hypothèses qui commencent à devenir ridicules.

Je ne vais pas embêter avec votre père alors. Enfin, j'ai tellement eu l'habitude de me l'entendre citer pour ses talents de communiquant qu'en entendant votre nom ça m'a fait 'tilt'.

Je ne veux pas être désagréable ou trop insistant et je fais de gros efforts pour ne pas tout demander d'un coup. Ça serait très malpoli, n'est ce pas? Alors j'essaye de l'emmener à me répondre sans que ça ne soit trop flagrant. Je parle de moi, un peu, de lui, un peu moins, de son père, un peu plus, et j'essaye d'obtenir un joli assemblage de sa vie que je recolle petit à petit. Dit comme ça, ça fait un peut être psychopathe qui analyse sa future victime, mais je vous assure que c'est en toute bonne fois que j'agis de cette manière. Après tout, vouloir renouer avec sa famille c'est une cause noble, non? Quoi qu'il en soit, je trouve que je m'en sors plutôt bien pour l'instant. Et une fois que les papillons qui volent au cœur de mon ventre auront cessé de s'échouer, j'arriverai sûrement à trouver des trucs plus intelligents à dire. Profitant d'un silence de ma part -que dire maintenant, c'est à lui de me confirmer si Adrian est bien son père, pourvu qu'il m'y réponde!- je bois une nouvelle gorgée de café pour me redonner des forces. C'est que c'est épuisant de jouer les apprentis détectives. Décidément, je ne serai jamais James Bond, ce qui est peut être pas plus mal pour les sujets de notre chère Majesté: ils seraient probablement plus en danger avec moi que sans moi si je devais déjouer les plans des méchants. Déjà que je m'en sors pas très glorieusement avec ma vie là, alors si en plus ça se complique... Mais je crois que j'aime justement la complexité, puisque je m'y jette corps et âme.
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Message(#) Sujet: Re: As anybody ever told you, it's not coming true | Neal [ENDED] Mar 28 Juil 2009 - 20:43

    Le jeune homme semblait curieux et très intéressé par la famille de Neal. C’était à se demander ce qu’il voulait réellement - qu’avait-il pu entendre pour paraître si frustré à l’idée de n’avoir aucune réponse à ses questions ? Était-il venu chercher ses réponses à Neal ? Croyait-il une seule minute que Neal allait lui ouvrir en grand les bras et l’accueillir avec un large sourire ? Croyait-il que les Rowlands allaient lui ouvrir le tapis rouge ? Neal ne semblait pas très bien comprendre où voulait en venir son interlocuteur, il semblait perdu face au jeune garçon : ou peut-être que Basil jouait le jeu de la devinette. Neal rapporta une nouvelle fois le verre à ses lèvres pour à nouveau en boire une gorgée, il reposa le verre sans porter un seul regard à l’autre type à sa table. Il n’avait pas beaucoup de choix de manœuvre et Neal avait ce besoin de vouloir tout contrôler. Il aimait qu’on fasse comme bon lui semblait et n’était pas pour les imprévues. Hors pour l’instant, Lane semblait incertain, mystérieux. Le jeune homme aimait jouer et si Basil était comme ça, il avait trouver un bon partenaire avec Neal Rowlands. Quelques tables commençaient à se vider, d’autres semblaient se remplir sans trop de difficulté. Néanmoins il jeta un bref regard autour de lui, et il ne s’était pas aperçu que nombreux ont quittés leur table. Il haussa brièvement les épaules en reportant son attention sur Basil qui prenait la parole.

      « Basil. Basil Lane. Enchanté. Lâchant la poignée de sa main, il releva la tête vers Basil alors que ce dernier reprit la parole, je ne vais pas embêter avec votre père alors. Enfin, j'ai tellement eu l'habitude de me l'entendre citer pour ses talents de communiquant qu'en entendant votre nom ça m'a fait 'tilt'. »
      « Adrian Rowlands mon père ?!, répéta-t‘il d‘une voix grave et il ajouta en s‘avançant vers Basil pour parler tout bas, dîtes-moi où est la caméra caché ?! »


    Il tentait de reprendre son sérieux, et si vite pensée, si vite réussit. Le jeune homme se relaissa tomber sur le dossier de la chaise, croisant les bras tout en fixant Basil. C’était à son tour de scruter le jeune blagueur. A cet instant même, Neal paraissait dans l’embrume la plus totale. D’un côté Basil avait l’air de connaître des choses, d’avoir déjà entendu parler de sa famille, peut-être même de les avoir rencontré. De l’autre, il semblait complètement à côté de la plaque. C’était comme si il avait pleins d’informations, mais qu’elles n’étaient pas du bon destinataire. Et si cela pourrait frustrer certaines personnes; Neal savait que si tel était le cas, il en jouerait ! Basil avait pu longuement l’observer, il avait pu tenter de décelé le mystère qu’engendrer cette famille bourgeoise, sans réellement tomber dessus. Il était peut-être qu’un journaliste, qu’un avocat, qu’un photographe. D’après le fait qu’il écrivait ou gribouillait quelques trucs sur son bloc, cela ne pouvait être que journaliste. Mais qu’est-ce que la famille Rowlands pourrait avoir de si précieux pour qu’on veuille connaître les moindres secrets qu’elles cachent ? N’ont-ils pas autre chose qu’à faire que vouloir remettre la vie passée sur le tapis ? N’ont-ils pas honte de chercher la faille jusqu’à l’épuisement ? Plus Rowlands le regardait, plus il tentait de comprendre pourquoi Basil voulait savoir certaines choses. Pourquoi cet acharnement ? Et dire que Neal n’était pas au bout de ses peines… Et si Basil était finalement loin du compte, Neal l’était tout autant. Laisser son esprit vagabonder autant n’était pas quelque chose de bon; surtout quand l’imagination l’emportait si loin. Il essayait tout simplement de comprendre comment avait-il pu venir s’asseoir à cette place même, où il serait confronter à un interrogatoire musclé. Ce n’était qu’une question de temps. Alors comme pour tenter de fuir cette possibilité, il détourna la conversation, il en avait peut-être trop dit. Mais, il ne supportait pas qu’on puisse croire un seul instant qu’il était le fils d’un homme comme Adrian. Il avait beau être plus compréhensif et agréable que son frère, Neal n’était pas son fils. Et ce n’était pas difficile à le savoir, alors pour un homme qui semblait en connaître déjà beaucoup sur les Rowlands; est-ce une méthode pour faire parler Neal ?!

      « Mais vous êtes qui au juste ? Un de nos concurrents ? Sa voix devenue grave, il regarda le jeune homme en plissant les yeux »


    Neal se rendait à peine compte de ce qu‘il venait de dire. Mais surtout de la manière dont il s‘y était prit. Sa voix était assez dure, son expression laissait perplexe… Il acceptait déjà mal quand l’un d’entre eux critiquaient un autre membre de la famille, alors si Basil était l’un des concurrents direct et qu’il s’y amuserait; il devrait se méfier du diable qui repose en Neal. C’était peut-être une attitude surprenante, peut-être même incompréhensible. Mais malgré tout, Neal est un être loyal : et pour sauver ses plus proche connaissance - il serait prêt à beaucoup de chose. Il avait beau crier haut & fort que jamais il ne pardonnera à son père; à sa famille. Qu‘il renoncera au seul bien familial : la société Rowlands. Il n‘empêche qu‘il ne supportait pas qu‘on puisse les critiquer, qu‘on puisse s‘attaquer à cette société - qui avait toujours fait parti de sa vie. Neal était trop protecteur - et même envers les gens dont il fut déçu. Ces personnes ne sont pas n‘importe qui, ce sont des parents, qui grâce à eux, Neal a connu la vie. Peut-être pas celle qui l‘aurait aimé avoir, mais qu‘importe, il devait à ses deux personnes bien plus qu‘un jugement. Alors oui, malgré tout; il les défendrait, malgré tout, il les aimait. Il restait sur la défensive en observant la moindre mimique de Basil, il était fort pour reconnaître ce que son interlocuteur pensait rien qu’en le regardant. & Basil était considéré comme n’importe quel autre interlocuteur. C’est certain ?
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Message(#) Sujet: Re: As anybody ever told you, it's not coming true | Neal [ENDED] Lun 24 Aoû 2009 - 22:49

Dans les films, les retrouvailles familiales se passent toujours bien. Pas forcément dès le début c'est vrai, il faut bien quelques rebondissements et péripéties pour intéresser le zappeur, mais tout se termine dans la joie et la bonheur, éventuellement autour d'un repas de fête ou d'un beau feu de cheminée sensé illustré toute la chaleur humaine qui en découle. Dans la réalité, oubliez tout cela. Allez, prenez votre éponge et nettoyez tout ce ramassis de lieux communs qui embarrassent votre esprit. Personne n'a envie de voir son quotidien chamboulé par la présence d'un inconnu, surtout si tout est déjà parfaitement établi entre vous et vos proches. Qui vous dit que cette personne en face de vous est bien ce qu'elle prétend être et que ses desseins sont ceux qu'elle annonce. Rien de vous le garantie. Alors vous vous méfiez, tentez de voir jusqu'où elle ira avant de faire un faux pas et tenez bon. Tout tient à peu de choses en fin de compte.

Il y a donc ce jeune homme en face de moi, une sorte d'appolon auquel les jeunes filles le plus proches ne sont pas visiblement pas indifférente, et qui semble s'impatienter. A cause de moi, ça va de soi. Au lieu de lui dire ce que j'ai le cœur, ce que je sens être la vérité, je fais des tours et détours pour je ne sais quelles raisons. Je devrai bondir de joie à travers tout le Starbucks, me jetant à son cou et chantant à qui veut l'entendre à quel point ce jour est splendide et à graver dans le marbre; et au lieu de ça je bois de ridiculement petites gorgées de café en gribouillant et tournant autour du pot. Grands Dieux, c'est mon frère que j'ai en face de moi et je me comporte comme une gamine amoureuse pour la première fois. Et il manquerait plus que ça se termine de la même façon, en crise de larme et départ précipité du méchant garçon qui aurait osé me briser le cœur. Hum, je m'égare. Mais comment lui expliquer, logiquement et sans lui faire soupçonner de mauvaises intentions de ma part? C'est là tout mon problème. Si cette conversation avait eu lieu avec mon père, j'aurais su quoi lui dire, mais là j'avance en territoire complètement inconnu. Et c'est à cet instant précis que Neal choisit de m'enfoncer un peu plus encore dans la confusion: "Adrian Rowlands mon père ?! Dîtes-moi, où est la caméra caché ?!" Il s'est avancé pour m'annoncer cela, et son souffle dans mon cou me glace doublement. Ai-je été stupide à ce point? Non, je n'ai pas pu me tromper sur toute la ligne. "Il" a le même nom, et a vue de nez le même age que le fils d'Adrian, que mon père donc. Il doit y avoir quelque chose qui m'échappe, mais quoi? Ou alors on tourne en rond, je le teste pour savoir ce qu'il en est, et lui me teste pour voir ce que je sais. En gros ça peut durer indéfiniment une histoire pareille, du moment que chacun reste campé sur ses positions. Et j'essaye de trouver que répondre à sa question avant que la situation ne m'échappe encore un peu plus. La première chose qui me vient à l'esprit, c'est de dire que la caméra est dans mon stylo, mais je sens que si j'essaye de blaguer je vais me retrouver avec son cocktail renversé sur le crâne. Et puis il enchaine, à voix haute comme pour prendre à témoin tous les gens autour de nous, ce que ne me plait pas pas tellement: ce que j'ai à lui dire, à lui demander ne concerne pas le reste du monde, juste lui, moi et mon père s'il avait été là.. "Mais vous êtes qui au juste ? Un de nos concurrents ?" Voilà donc comment il me voit. Comme un vulgaire concurrent ou intéressé par la société. Non, mille fois non. Je me fous de la société, je ne sais même pas vraiment ce qu'elle fait à part de jolis bénéfices, et je me fous complètement des possibles secrets qu'elle détient. Mais allez faire comprendre ça sans passer pour un fou. A croire qu'être désintéressé est vraiment devenu une tare dans le monde actuel. Et Neal me fixe. J'ai peur qu'il ne me laisse sur place, lassé et fatigué de ma présence et de mon absence d'explications. Deuxième fois de ma vie qu'une discussion avec un autre garçon me met dans un tel état de nervosité. Même si les raisons sont différentes, je me retrouve avec cette même sensation de perdre pied avec la réalité, de ne plus savoir les raisons qui nous poussent à maintenir cette conversation à moins que tout cela se termine en une somptueuse et phénoménale apothéose. Prions pour la comparaison s'arrête là, je crois qu'il ne faut pas trop que je compte sur lui pour me serrer la main et me réconforter une fois que les choses auront prit leur tournure définitive, et puis je ne tiens absolument pas à ce que ce qui s'est passé se reproduise... Je n'étais peut être qu'un pauvre idiot qui avais trop rêvé, trop idéalisé les choses et qui s'était réveillé sans réaliser à quel point les choses pouvaient être différentes de ses songes. Et j'avais succombé, si naïvement que ça en était presque touchant. Malgré cela, je veux tenter le coup une fois encore, même si cela doit encore me couter, en relativisant: deux personnes distinctes, donc deux cas différents, n'est-ce pas?
Je soupire, compte jusqu'à trois dans ma tête et enchaine les mots comme ils viennent, comme un peu plus de temps gagné avant le grand déballage qui devra bien arriver à un moment ou à un autre.

Je ne suis pas un concurrent. Je ne suis pas un journaliste, un espion ou quoi que ce soit de ce genre. Je ne suis pas intéressé par la société de votre famille,ce qu'elle peut faire et la façon on elle le fait, ni par tout ce qui peut y être associé. Je suis...

Je suis... Je suis Basil Lane, 21ans et presque toutes ses dents, anglais et fier de son lignage, fils unique chéri de sa mère et de beaux-pères à répétition, écrivain talentueux et prochainement dans toutes les bonnes librairies, gentlemen et ses variantes, aussi insoupçonnées qu'opposées. Vous en voulez plus? Même si je le ferais avec plaisir, patientez donc un peu. Tout l'attrait des choses vient du plaisir que l'on a a les découvrir, et je ne veux pas vous gâchez le plaisir que vous procurerait la découverte de ma personne. Regardez moi. Admirez moi. Adulez moi. Et sortez moi de ce point de non-retour dans lequel je suis empêtré. Car c'est à cet endroit que les choses clochent et où elles reviennent sans cesse, par ma faute probablement. Tant que je n'aurai pas crevé l'abcès on y reviendra, mais je repousse toujours encore un peu plus le moment fatidique. D'ailleurs, s'il n'est pas mon frère ça change beaucoup de choses. Pas tout, mais presque. Parce que dans ce cas je n'ai peut être pas à lui expliquer quoi que ce soit ou à me justifier; ou au contraire je ferai mieux de tout lui dire pour qu'il m'aide. Holy Fuck, s'il pouvait m'aider un peu au lieu de me lancer des perches avant de me faire couler avec! Alors je me décide à continuer sur ma lancée, et qu'importe la façon dont les choses seront interprétées. Je ne peux pas tout gérer, même avec toute la bonne volonté que je voudrais y mettre.

Oh et puis tout cela n'a aucun intérêt, n'est-ce pas? Je pourrai vous dire ce que je veux que vous ne me croiriez pas pour autant, je me trompe?

Je marque une pause, quelques secondes de silence pour bien appuyer sur ce qui va suivre. J'ai l'air sérieux, et le suis véritablement. Je pose mon joker sur la table, sans penser qu'il puisse se moquer de moi. Le joker ne fait que ça pourtant, mais là il se tient bien sagement en retrait, comme je lui demande.

On va donc se contenter de l'essentiel. Vous allez vous en contentez: sachez juste que je ne suis pas quelqu'un qui cherche à vous nuire, en aucun cas.

Voilà qui devrait mettre les choses sur un nouveau plan, même si je ne suis pas sûr que ça puisse les arranger. Je suis peut être même bon pour me prendre un coup, ou le cocktail comme je le pressentais à un moment, mais il fallait que je dise quelque chose de ce genre, histoire de poser certaines limites. Je sais que j'ai le mauvais rôle à ses yeux, celui du questionneur, de celui qui dérange, mais tout cela était vraiment nécessaire. Si je ne tentais pas un minimum de recadrer la situation, alors tout cela serait inutile et l'on aurait plus qu'à se dire au revoir. Adieu même, puisque j'imagine qu'il ne tiendrait pas à me revoir si l'on arrêtait les choses là. Mais je m'accroche, et je suis tenace. Parce que même s'il n'est pas mon frère, il est au moins un cousin, un membre de la seule famille qui me reste. Et que je refuse de revenir les mains vides, sans une quelconque réponse, aussi mauvaise et désagréable soit-elle. Je sais encaisser et je n'ai pas peur de ce que je pourrais entendre, j'ai probablement imaginé bien pire.
Et pourtant je continue à trembler, comme hanté de l'intérieur. Je ne prends même plus mon stylo entre les doigts pour qu'il ne remarque pas à quel point mes mains s'agitent. J'ai toujours été un peu trop anxieux quand les choses s'accélèrent, et là je crois que c'est bel et bien le cas.
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Message(#) Sujet: Re: As anybody ever told you, it's not coming true | Neal [ENDED] Mar 1 Sep 2009 - 13:37

    Pourquoi avait-il toujours ce besoin de devoir défendre des personnes dont il n’était pas certain de leur fidélité ? Pourquoi devait-il protégé corps et âme des gens qui n’en valaient pas la peine ? Il se l’était toujours demandé - sans en trouver une réponse. C’était sans doute un besoin, une nécessité. Une façon de vivre - car ce n’était certainement pas de la part de ses parents qu’il avait apprit à ce comporter ainsi. Ou peut-être - et c’était le plus plausible, qu’il avait ce besoin de ne jamais faire comme les autres, il voulait trop se mettre en marge des autres. Par conséquent faire l’inverse de ce qu’on lui demandait : de ce que ce père lui ordonnait. C’était une seconde nature chez lui ! Il se retrouvait particulièrement con devant Basil, d’avoir été si dédaigneux pour des parents, qui en l’occurrence ne lui rendent pas la pareil. Certes, le jeune homme n’en savait rien, et il n’en saura jamais rien. Mais si par curiosité il venait à tout savoir - puisqu’il en sait déjà pas mal semble t’il, rien n’est impossible, quel serait sa réaction ?! Tout serait à l’honneur de Neal, vraiment ? Sans doute pas. Quoi qu’il en était, il avait toujours su gardé brillamment pour lui tout ce qu’il pensait de sa famille. Eux seuls connaissaient suffisamment le jeune homme pour connaître ses pensées. Ceci étant, devant les caméras, presse, employés de la société - il savait si bien cacher son jeu. C’était dans ces seuls moments qu’on reconnaissait ses dons de manipulation - mais en vérité c’était pour une autre raison. Seulement la connaître n’était pas quelque chose d’évident - il se laissait si rarement observé et lorsqu’il le faisait, c’était uniquement lui qui voulait tirer les cordes - menait sa barque comme il le souhaitait. Alors si souvent il agissait bizarrement dans ses moments, disait des choses que rare comprenaient, justement pour que ses personnes abandonnent, lui lâche la grappe. Certains le faisaient, d’autres poursuivaient leur curiosité comme si ça devenait pour eux une obsession. Une chose est certaine : il n’aimait pas être découvert, qu’on puisse connaître ses atouts comme ses faiblesses. Qu’on l’espionne c’est une chose, qu’on en découvre bien davantage ça en est une autre ! Et il n’aura aucun mal à vous remettre en place si jamais vous aller trop loin : en soit la limite n’est pas si grande que ça. Hélas pour vous !
    Mais qui était réellement Neal Rowlands ? Cet être si insaisissable qu’il ferait tourner la tête au plus terre à terre d’entre nous. Il a cette carrure d’imposer ses lois sans avoir l’impression de forcer qui que ce soit - il n‘impose pas grand chose. Pourtant dans le fond, on ne lui résiste jamais très longtemps. Il n’est pas très bavard, se confie rarement - mais quand il ouvre sa bouche, il ne mâche pas ses mots. Souvent arrogant et dédaigneux, il cache un mal être que rare ont devinés - avec un manque de confiance en lui qui se traduit généralement par des gestes nerveux. Il anticipe les coups de ses adversaires comme si il se retrouvait à la place de son interlocuteur : en clair, il n’aime pas les surprises et tout ce qui va avec. Si il est souvent de mauvais humeur, c’est tout simplement pour se préserver - il a une peur de s’attacher. Peur d’être déçu, de se faire avoir. Pour cette unique raison que bien souvent sa carapace est tellement épaisse qu’elle semble indestructible. & pourtant, il ne suffirait pas de grand-chose pour la percer. Bien sur, si il ne parle pas de lui ce n’est pas pour parler des autres : il aime mieux aller voir les personnes directement. Les potins et les nouvelles du genre closer - il préfère laisser ses activités aux demoiselles, qui semblent bien plus à l’aise & performante pour ça. D’une nature ambigu & mystérieuse - il semble être entre deux feux, ne sachant rarement ce qu’il veut. On peut le dire assez changeant, c’est vrai. Mais quand on regarde d’un peu plus prêt le rapport qu’il entretient avec son frère, on voit de suite son côté haineux et particulièrement borné. Et oui, si un défaut ressort le plus chez Neal, c’est bien son côté intransigeant & rancunier. Il a énormément de mal à pardonner - rien que d’y penser, le met à chaque fois dans une folie noir. Autant avouer les choses de suite : il est un brin borné. Oh oui il vous voit venir avec vos gros sabots - Neal est loin d’être la personne la plus têtu qui puisse exister, il a seulement des principes et sait s’y tenir; point ! Froid & orgueilleux, il n’aime pas se montrer attachant dès la première rencontre, il préfère refroidir sans hésitation ses interlocuteurs pour leur montrer les limites à ne jamais franchir. Et si par malheur vous ne comprenez pas - vous franchissez donc les limites imposés par le jeune Rowlands, je n’aurai plus qu’une chose à dire : paix à votre âme ! Le jeune homme saura vous poursuivre toute votre misérable vie, seulement pour une simple & unique vengeance - histoire simplement d’accroître son ego. Mais malgré tout ces défauts, si il y a bien une chose à retenir de Neal. C’est bien son dévouement sans limite pour les rares personnes qui auront su briser la glace, s’emparant de son cœur. C’est vrai, qu’il n’y en a pas eu des tas, et c’est vrai aussi qu’il n’y en aura pas beaucoup d’autres - mais uniquement pour ses personnes : il leur sera redevable toute sa vie. A la condition qu’eux même ne lui joue pas un mauvais tour qui saurait briser la glace en mille éclat - mais son cœur avec…
    Neal Rowlands est tout ça et plus encore…

      « Je ne suis pas un concurrent. Je ne suis pas un journaliste, un espion ou quoi que ce soit de ce genre. Je ne suis pas intéressé par la société de votre famille,ce qu'elle peut faire et la façon on elle le fait, ni par tout ce qui peut y être associé. Je suis... Malgré que Neal ne disait rien, il semblait être plus attentif qu’il ne paraissait. Oh et puis tout cela n'a aucun intérêt, n'est-ce pas? Je pourrai vous dire ce que je veux que vous ne me croiriez pas pour autant, je me trompe? Légèrement déçu, Neal jeta un regard sévère en direction de Basil qui n‘était pas décidé de l’informer de son identité, on va donc se contenter de l'essentiel. Vous allez vous en contentez: sachez juste que je ne suis pas quelqu'un qui cherche à vous nuire, en aucun cas. »
      « Vous êtes donc…, n‘entendant aucune réponse de la part du jeune homme, Neal poursuivi légèrement irrité par le silence de son interlocuteur, ais-je besoin de réitérer ma question monsieur Lane ? Neal se voulait autoritaire et borné »

    Les quelques paroles de Basil à l’encontre de Rowlands n’auront fais qu’accroître le doute à ses yeux. Autant dire les choses directement : il regarde le jeune homme d’un très mauvais œil. Et coûte que coûte, il saura la vérité : celle que Basil prend soin de cacher. On connaît un Neal méprisant, solitaire & indifférent - il est enfin temps de le voir dans toute sa splendeur : l’être le plus terrifiant pour sa curiosité excessive & sa totale indépendance. Qui plus est, Neal aurait pu éventuellement faire croire qu’il croyait les paroles du jeune homme assis devant lui - sauf que avec le recul, et le fait qu’il ne voulait rien lui dire, il ne pouvait plus. Et puis une dernière chose, si Neal avait bien compris, il devait se contenter de l’essentiel - tel si il était en plein régime ?! Hélas pour Lane, Neal est une personne très gourmande, qui mange beaucoup voir tout le temps - contradiction avec le sport intensif qui lui permet de compenser ses trop grands excès de nourriture. Et le jeune homme ne saurait cacher qu’il est quelque peu déçu par la réaction de Basil - les paroles de ce dernier n‘auront pas réussi à calmer sa ‘faim’. Forme de politesse ou n’étais-ce pas pour montrer ce qui séparait Basil de Neal ? Soyons clair, si Neal posait une question, ce n’était certainement pas pour qu’on l’ignore, ou qu’on lui réponde par une question. Il attendait seulement des explications - et si ces dernières pouvaient tenir la route, ce serait conseillé ! Mais à côté de ça, il n’entendait toujours rien sortant de la bouche de son interlocuteur, ce qui laissa Neal impatient. Basil se foutait-il de lui ? Ou cherchait-il simplement des réponses concrètes à ses questions indiscrètes ? Et si Rowlands était trop curieux ? Pourtant de son point de vu, une présentation n’était pas difficile à interpréter, ni même à comprendre et encore moins à répondre. Basil n’était peut-être pas certain de l’enjeu qu’il jouait - ne connaissait-il pas suffisamment la réputation d‘un vrai ‘connard’ comme celle de Neal ? Pourtant, généralement ces choses la sont vite transmises aux nouveaux. D’autant plus que l’histoire de Neal n’avait pas l’air de lui être indifférente - alors que pouvait-il bien vouloir cacher pour ne pas vouloir répondre à une si simple question que celle posée précédemment par notre bel apollon ?! Devant l’expression muette de Lane - Rowlands perdait totalement patiente et comme il avait autre chose à faire qu’à glander avec l’un des concurrents de la société de son père, il ajouta tout en rassemblant ses quelques affaires et en finissant son verre d’une traite dont il le gardait toujours en main.

      « Je pense que nous n‘avons plus rien à nous dire dans ce cas. Si un jour vous vous décidez à me dire qui vous êtes réellement, alors je ne pense pas que vous aurez des difficultés à me retrouver n‘est-ce pas ? Il repoussa sa chaise afin de se lever tout en prenant soin de ne rien oublier, avant de poursuivre en direction de Basil avec un air blasé sur le visage, bonne fin de journée Monsieur ou bonne continuation pour votre société ! Pour marquer l‘insistance de son manque de patiente cruel, il claqua sur la table le verre vide, qui sous l‘effet du choc, fit un bruit sourd sans être pour autant cassé. »

    D‘après Neal Rowlands, Basil faisait parti de l‘une des grandes sociétés adverses à celle de sa famille. Il était un espion, payé à observer chacun des gestes de l‘entreprise de son choix - aussi concurrente que la sienne. Et les Rowlands sont assez ténébreux pour qu‘on puisse les jalouser, les envier. C‘était donc tout à son honneur - sauf que Neal n‘aime pas être épinglé. Il marchait fièrement et il passait sans trop de difficultés entre les chaises - où certaines étaient vides. Finalement il attachait très peu d‘importance à cet homme et sans se retourner une seule fois vers lui, il quitta les lieux pour retourner chez lui. Il savait que puisque Basil avait déjà entendu parler de lui & de sa famille, cela signifie simplement qu‘ils n‘en auront pas finis. C‘était donc une manière comme d‘une autre de la part de Neal de montrer quelle est la personne qui a les cartes en main. & celle qui ne les aura jamais !
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Message(#) Sujet: Re: As anybody ever told you, it's not coming true | Neal [ENDED] Jeu 24 Sep 2009 - 23:55

J'ai toujours ressenti une profonde et quasi malsaine attirance pour les funambules. Les voir marcher le long d'une corde, suspendus au dessus du vide sans rien pour les retenir ni les protéger, eux et leurs corps longilignes. Les voir avancer, pleins d'assurance alors que le sol est si dur et la chute si probable, et continuer sur leur lancée sans se demander un seul instant s'il ne font pas cela pour la dernière fois de leur existence. Enfant, je les dévorais des yeux, ressentant chaque pas comme si c'était moi qui le faisais, le cœur au bord du vide et l'esprit en équilibre avec le leur. J'en tremblais d'excitation, m'appuyant sur la rambarde qui séparait les spectateurs de la piste du cirque où je les voyais progresser pour m'empêcher de tomber en avant tellement je me croyais avec eux, là haut. J'ai toujours été fasciné par ce qui était hors de ma portée, et les funambules étaient mes demi-dieux à moi. Quand est-ce que les choses ont changé? Depuis quand ai-je perdu cette âme qui me faisait croire en ce qui se situait au delà de ma simple perception des choses? Probablement en tombant dans ses bras, en succombant à la fascination qu'il exerçait sur moi et en voyant où cela conduisait. On en revient toujours aux mêmes choses. Une attirance en chasse une autre avant de revenir plus forte. Mais ne vous méprenez pas, je ne désire par Neal Rowlands, pas de la façon dont vous pouvez l'entendre tout du moins. Inutile du se le cacher, il a tout pour plaire et attiser la passion chez ses interlocuteurs, mais non. Et comme à l'époque où j'étais muet d'admiration devant ces personnes marchant le long de leur fil, puis muet d'admiration devant celui qui m'expliquait dans quelle mesure nous changerions le monde ensemble, je me retrouve sans aucune ressource face à Neal Rowlands. Il arrive ainsi que le génie que j'aimerai donner à ma vie n'atteigne pas les sommets que je vise. J'ai beau essayer de faire mon possible, je me retrouve pris de court, le souffle coupé par une force que je ne peux surmonter. Regardons les choses en face, je suis un être imparfait. Soit. Mais je vaux largement plus que la plupart des gens qui végètent ici bas. On ne peut pas être génial tout le temps. Je ne peux pas l'être, c'est sûr. Mais peu importe ce que l'on fait, l'important est la légende qui nous entoure. Entourer son existence et son être de milliers de paillette pour se rendre plus visible, et donner à son âme toute l'intensité qu'elle mérite. Je veux briller parmi le monde et être un funambule sans fil. Au fond, qu'ont ils de plus que nous autres? Juste une meilleure vision des choses, rien de plus. Ils savent où se situe la limite entre équilibre et déséquilibre, entre plein et vide, entre assurance et danger, autrement dit entre la vie et la mort. Voilà aussi pourquoi je les admirais tant, en plus de la performance physique et de la beauté du spectacle, parce que j'enviais leur vision si simple et si parfaite des choses, dans un monde où tout ne peut pas entrer uniquement dans deux cases distinctes. Je n'ai jamais dit que cela rendrait les choses plus faciles, mais ça permettrait tout de même d'y voir plus clair si l'on était capable de faire cette distinction. Mais là dessus, inutile de se leurrer, j'en suis bien loin. C'est quand je tente de simplifier les choses à leur maximum qu'elles me paraissent encore plus complexes; la preuve, j'en étais arrivé à la conclusion très mathématique que "Adrian = mon père = père de Neal", d'où "Neal = mon frère", et POUF! tout s'écroule. Comme quoi les pensées logiques ne sont pas vraiment mon fort, sans vouloir me sous-estimer. Mais revenons plutôt à l'objet de toutes mes pensées qui n'en peut plus d'attendre. "Vous êtes donc… Ai-je besoin de réitérer ma question monsieur Lane ?" Il me regarde, l'œil sévère. Ne sois pas si impatient mon cher, tout viendra quand cela sera enfin nécessaire. Ça le serait que je t'aurais tout révélé depuis longtemps, mais ça aurait aboutit à ton départ, je n'en doute pas un instant. Je t'aurai compris en plus. Ou alors tu m'aurais ri au nez, me prenant pour un fou. Mais visiblement la patience n'est pas ton point fort. Une seconde puis quelques unes de plus qui passent, et tu te lèves pour partir, m'adressant quelques dernières paroles en guise d'adieux. "Je pense que nous n‘avons plus rien à nous dire dans ce cas. Si un jour vous vous décidez à me dire qui vous êtes réellement, alors je ne pense pas que vous aurez des difficultés à me retrouver n‘est-ce pas ? Bonne fin de journée Monsieur ou bonne continuation pour votre société !" Si tu savais comme ça me fait mal d'entendre ça, autant de conneries à la fois. Ainsi donc je ne t'ai même pas convaincu du fait que je n'étais pas envoyé par une autre société, en tant que concurrent ? Pauvre fou, si tu savais que je ne suis que ton frère, et pas juste métaphoriquement parlant! Oh, si seulement tu pouvais t'imaginer tout ce que j'ai à te dire, à te demander, pour en savoir plus sur toi, mon père et les raisons pour lesquelles il nous a abandonné. Je ne lui en veux pas pourtant. Probablement qu'avec un couple de parents "normaux" je n'aurai pas eu autant de chance. Peut être que j'aurai vu mes parents se déchirer tous les soirs, quand tu rentrerais du travail, très cher Adrian. Peut être que tu aurais trompé ma mère, comme tu l'as fait avec ta femme pour m'avoir; et peut être qu'elle aussi t'aurait trompé, comme elle le faisait avec son propre mari. Peut être que je t'aurais déçu et que je n'aurai jamais été à la hauteur de tes espérance en choisissant une voie bien différence de celle des affaires. Si tu avais été là, bien sûr que je t'aurai eu, mais je n'aurai pas connu cette chance d'approcher cette gloire qui est celle d'être le fils de Mlle Lane, de vivre avec un beau-père différent tous les mois ou presque, et d'être chouchouté par eux parce qu'ils en ont les moyens et veulent se faire bien voir auprès de leur amante. L'amour s'est toujours marchandé à mes yeux, après tout c'est uniquement dans ce but là que l'on gâte autant ceux que l'on aime. C'est une sensation qui a besoin de preuves et non pas juste de paroles, et je l'ai compris très tôt. Même sans moyens financiers, il fallait me le prouver. Alors peut être que les choses ont été pour le mieux ainsi, et que je ne vais à l'avant que d'une énorme déception. Ces vingt années ne se rattraperont jamais, mais il reste peut être une mince chance de les compenser par celles à venir. Au fond, je ne sais même pas exactement pourquoi je tiens autant à retrouver mon père. Il ne m'a jamais manqué, et l'idée de partir à sa recherche ne m'étais jamais venu à l'esprit avant de découvrir la seule trace de son passage autre que ma propre existence. Comme quoi une simple lettre peut changer bien des choses, même celles que l'on ne soupçonnait même pas. Peut être est-ce même l'attrait de la recherche qui me plait le plus, et non pas celui que je vais trouver à la fin. Des hommes, j'en connais déjà tellement, alors un de plus ou de moins ne devrait pas changer grand chose, mais il y a un moment où il faut savoir retrouver ce à quoi on s'accroche et s'y agripper aussi fort que possible, quitte à tout chambouler. Il faut savoir faire un vœu, et attraper la comète au passage.

Je regarde Neal s'éloigner de notre table et de moi, se frayer un passage entre les autres clients sans jeter un seul coup d'œil en arrière. C'est avec des détails comme celui-là que j'ai l'impression de comprendre quel genre de personne est mon frère. Les choses avec lui ne seront probablement pas faciles, mais je sais que c'est quelqu'un de droit et direct, qui ne tergiversera pas des heures pour me dire sa vérité, bon point de son côté. Son départ si soudain n'est donc que le résultat de mon comportement qui doit paraitre insupportable à ses yeux. C'est vrai que je me suis assez mal débrouillé, limite si je n'ai pas bafouillé au lieu de me montrer sous mon plus beau jour. Je n'étais pas prêt, pas à ça du moins, mais je ne me serais pas imaginé perdre autant le contrôle de moi-même face à un changement de situation, aussi radical soit-il. J'en soupire de désespoir. Et Neal s'éloigne encore un peu plus, quittant le Starbucks après avoir glissé un billet dans la main de son serveur. Bon, puisque c'est comme ça je n'ai plus qu'à partir à mon retour, reprendre le cours de mon existence avec pour nouveau leitmotiv de ne pas laisser perdre ce premier accès à cette famille qui ne m'est pas totalement étrangère sans toutefois être la mienne non plus. J'avale le restant de café au fond de mon gobelet, devenu presque froid à force de trainer. Apparemment la discussion à duré plus longtemps que ce que je ne me serai imaginé. En même temps, on m'aurait dit que le temps se serait arrêté que je n'en aurais pas été plus étonné que ça. Il aurait pu se passer n'importe quoi autour de nous, l'arrivée des aliens ou l'apocalypse comme la résurrection de je ne sais quelle idole que je ne m'en serai pas rendu compte à moins que l'attention de Neal n'y ait elle aussi été attirée. Je n'ai pas cessé de le fixer, de regarder le moindre détail de sa personne, comme pour mieux l'apprendre par cœur en prévision du moment où il ne serait plus en face de moi, ce qui allait indubitablement arriver. J'aurai eu ne serait-ce qu'un peu de talent en dessin que j'aurai été capable de faire son portrait de tête, les yeux fermés. Malheureusement, ce don n'est pas le mien, alors je me contenterai de ceux que j'ai déjà en ma possession et de mes souvenirs. Et accessoirement d'internet, puisque s'il fait partie des Rowlands il devrait y avoir quelques informations à son sujet comme il y en a sur le mien. Rien de bien passionnant peut être, mais je ne serai jamais assez rassasié concernant Neal Rowlands, et ce tant que nous n'aurons pas évoqué certaines choses. Il y a une heure de cela, je ne me doutais absolument pas que j'étais aussi obsédé par ce désir de retrouver mon père. C'était la raison de ma venue ici bien sûr, mais passé l'euphorie de la découverte de sa lettre je n'ai jamais passé de nuit blanche à me répertorier tous les scénarios possible le concernant. Du temps où j'allais voir Lyann pour mes insomnies, j'avais évoqué ma quête du Graal personnelle, mais on en avait conclu tous les deux que c'était peut être ce qui dans ma vie me posait le moins de problème, comme une sorte de fantasme que l'on garde dans un coin de sa tête avant de le réaliser. Je partais à la recherche de mon père, oui et alors? En gros c'était ça. Un rêve d'enfant gâté qui se met en tête de changer son quotidien parce que quelque chose dans son train-train quotidien ne le satisfait plus ou le dérange. Inutile de trop réfléchir là dessus, c'en était plus qu'évident. On a tous ainsi, dans un coin de sa tête, des désirs sans fondements, sans raison particulière d'exister, mais auxquels on s'accroche parce que ça ferait trop mal d'admettre qu'ils n'ont pas de réelle valeur et de s'en séparer. Ou même plus simplement parce qu'ils permettent d'oublier d'autres choses, qui elles se révèlent plus tranchantes.

Il est désormais temps pour moi de partir, puisque de toute façon j'aurai beau me creuser la tête pour trouver ce que j'aurai du faire que ça ne changera rien, alors je rassemble les quelques feuilles éparpillées sur la table. Détestable manie de m'étaler quand je m'installe quelque part. Je tends le bras pour attraper mon crayon qui avait roulé de l'autre côté de la table quand je réalise qu'il est posé sur une serviette du Starbucks entièrement griffonnée. Bizarre, je n'ai pas pour habitude d'écrire sur autre chose que sur du papier et j'ai pas pour souvenir de l'avoir fait aujourd'hui... Alors j'attrape la serviette en même temps que le crayon et découvre un portrait, très ressemblant je dois l'avouer, de moi même. Et là, je n'y comprends plus rien. Comment est-ce que ce truc a pu apparaitre dessus? A moins que mon visage n'ait été choisi pour représenter le Starbucks -ce dont je doute fort, ils ne l'auraient pas fait sans m'en informer- quelqu'un a du le faire, mais qui? Puisque ce n'est pas moi... alors ça ne peut être que Neal. Décidément mon frère est quelqu'un d'étonnant. Non seulement il m'intriguait pour des raisons que je suppose évidentes, mais maintenant je le trouve en plus fascinant, comme personne capable de me surprendre et de m'émerveiller à chaque seconde. En le voyant je n'aurai pas parié sur le fait qu'il puisse avoir un quelconque don artistique. C'est peut être pas très gentil pour lui, mais c'est comme ça. Je sais qu'il faut se méfier des préjugés et attendre de connaître les gens avant de se faire une idée précise de qui ils sont, mais son corps semblait plus avoir été travaillé par des heures de musculations et de sport que par des séances de dessins et d'études de l'art. Ma foi, je me suis bien trompé là dessus, et je ne l'en apprécie que d'avantage. Et me revoilà en train de sourire béatement à la seule idée que, d'une certaine façon, nous nous complétons.
Je glisse mon critérium dans la spirale de mon carnet après y avoir placé avec précaution la serviette à l'intérieur pour éviter de l'abimer en la ramenant. Non seulement ce qui est dessus me plait, mais en plus cela pourrait m'être utile pour la suite si je suis l'idée qui est en train de me gagner. C'est un peu naïf, mais je veux avoir la folie d'y croire pour que les choses n'en restent pas là. Je me lève, jette un dernier coup d'œil sur la table pour être sûr que l'on ne m'a pas laissé une autre surprise, quand j'aperçois le serveur qui s'était occupé de Neal un peu plus tôt, et là, une nouvelle idée! Un truc un peu plus risqué, mais qui pourrait s'avérer utile, alors je m'approche de lui, innocemment.
    Excusez-moi. J'ai oublié de demander quelque chose à Neal, Neal Rowlands, tout à l'heure, peut être que vous pourrez m'éclairer.... Est-ce qu'il habite toujours au même endroit? Je veux dire, au même endroit qu'avant son départ?

Je souris et prend l'air de quelqu'un qui se retrouve un peu embêté faute d'avoir pensé plus tôt à demander ce qui l'intéressait au principal intéressé. Je fais exprès de l'appeler "Neal", comme si c'était un vieil ami que je n'avais pas vu depuis longtemps, et je vois que ça marche.Mesdames et messieurs, Actor Studio! Car même si je ne donne pas trop de renseignements, il a du nous voir discuter tout à l'heure et n'a aucune raison de penser que nous ne nous connaissions pas; et puis si j'évoque son ancien logement sans plus de précisions ça peut toujours se comprendre parce que la famille est célèbre et qu'il serait dommage que des oreilles indélicates tombent sur ce genre de détail. Comme quoi il est parfois si facile de mentir.
    Oh non non. Il me semble plutôt qu'il cohabite avec l'un de ses cousins, sur Apple Road...

    Alors je vois de qui il s'agit! Merci de votre aide, et bonne journée!

Il semblerait qu'aujourd'hui la chance soit avec moi. Non seulement je rencontre un membre de la famille Rowlands, mais en plus je tombe sur le serveur le plus compréhensif et serviable (peut être le moins sûr aussi, pour ce qui est de tenir sa langue on repassera) qu'il soit possible de trouver. Peut être qu'avoir son adresse ne me sera d'aucune utilité, surtout qu'elle est assez vague, mais je la garde dans un coin de ma tête. Bon, c'est vrai que ça fait un peu psychopathe quand on pense, s'attarder autant à découvrir la vie privée de quelqu'un qui ne me connait absolument pas, mais c'est juste de la curiosité. Peut être un peu malsaine, mais curiosité avant tout. Son dessin me sera déjà d'une grande utilité, mais il vaut mieux assurer ses pas du plus grand nombre de façons possibles. Et si je m'étais mis en garde, me répétant que cela n'arriverait pas, alors j'avais eu tort de tant m'en faire.



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As anybody ever told you, it's not coming true | Neal [ENDED]

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