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 (famille Blythe) DOUBLE TROUBLE

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Message(#) Sujet: (famille Blythe) DOUBLE TROUBLE Dim 7 Juin 2009 - 8:50


Victoria était au bord de la crise de nerfs. Entre les décès accumulés – qu’elle n’avait toujours pas digéré pour diverses raisons – le retour de Neal, les examens finaux qui approchaient dangereusement, les meurtres et les incendies du quartier – qui mettaient insécurité, peur, panique et inquiétude au sein de chaque habitant – et sa mère qui se faisait absente de plus en plus en longtemps, Victoria était sur le point de sentir ses nerfs lâchés. De plus, ses nuits étaient de plus en plus raccourcies, devenues trop agitées pour qu’elle puisse fermer les yeux, ce qui réduisait fortement sa capacité à retenir ce qu’elle devait apprendre pour la fin du mois. Sans oublier non plus son travail au Blue Lagoon, qui lui prenait de plus en plus de temps – avec la période estivale qui arrivait, cela n’avait rien d’étonnant, et ses petites enquêtes en parallèle. Cela n’avait donc rien d’étonnant de la voir soupirer, râler, s’énerver et bailler devant ses feuilles et ses cahiers de cours alors qu’elle relisait pour la énième fois la même phrase sans en comprendre le sens. Et c’était bien cette incompréhension qu’il énervait le plus la demoiselle ; toutes ces années passées à avoir les meilleures notes auraient-elles donc servi à rien ? Cette pensée, Victoria ne voulait même pas qu’elle passe dans sa tête, au risque de se remettre en question alors qu’elle savait qu’elle n’en avait pas besoin. Assise en tailleur sur son lit, ses outils d’apprentissage éparpillés sur la grande moitié, la demoiselle laissa son dos retomber sur ses oreillers, les yeux se fermant et une moue abattue au visage. Oui, Victoria Blythe se sentait abattue. Dépitée, découragée, comme si la perspective de révisions se transformait en véritable torture, en une épreuve bien trop dure à supporter. Il lui fallait quelque chose. Quelque chose pour la garder au maximum éveillée et avec des performances assez acceptables pour pouvoir apprendre convenablement. La blonde se redressa, sauta de son lit et se dirigea vers sa porte, guettant le moindre bruit. Le seul bruit qu’elle entendait était celui venant de la télévision. Il était bien quinze heures passé, quelqu’un devait se prélasser de cette après-midi, plutôt calme dans la maison, dans le salon. Sortant de sa chambre à pas de loup, elle vérifia que personne n’était présent dans son champ de vision avant de se diriger vers son but précis : la chambre de Rhys. En tant qu’ancien boxer, ce ne serait pas surprenant d’y trouver quelque chose comme des vitamines ou qui multiplient les performances dans sa chambre. Pourquoi là-bas ? Tout simplement pour ne pas les mettre à la portée de tous. Après s’être totalement assuré que la voie était libre, elle s’engagea dans la chambre de son frère, tout en prenant soin de bien refermer la porte derrière elle. Victoria haussa un sourcil alors que son regard parcourut l’état des lieux ; retrouver des médicaments dans ce champ de bataille ne s’annonçait guère très facile. Ce fut donc dans un soupir de courage que la demoiselle se dirigea, en premier lieu, vers le bureau. Fouillant la mini-bibliothèque, dégageant les livres et les feuilles qui s’éparpillaient, poussant les objets, ouvrant les tiroirs, Victoria rajouta un peu plus de bazar à celui de base. Ses mains étaient actives et n’avaient aucun scrupule à défaire et mettre la chambre sans dessus dessous. La cadette s’attaqua ensuite au lit. Sous les oreillers, sous le drap, sous le matelas, sous le lit lui-même, elle sortit tout ce qui pouvait contenir ou cacher des pilules. Autrement dit, beaucoup de boites du fin fond du dessous de lit se retrouvèrent sur les diverses babioles trainassant déjà par terre, éparpillant un peu plus leur poussière et faisant éternuer la demoiselle de façon discrète. Après tout, côté discrétion et recherche, elle avait déjà une sacrée expérience, non ? Après avoir défait le lit, la demoiselle s’assit dessus en soupirant. Elle revisita la chambre du regard avant de tomber sur la table de chevet. S’accroupissant devant, Victoria souleva la lampe, puis regarda la place ouverte avant d’ouvrir le tiroir. Grimaçant en sortant ce qu’il y avait dessus, la jeune Blythe perdit patience, sortit le tiroir et le retourna sans retenu. Des magasines, des babioles et des objets s’ajoutèrent au sol. Ecartant tous les objets les uns des autres, la demoiselle entendit comme un bruit qu’elle cherchait depuis le début alors que sa main butait contre une boite en bois carrée. Victoria l’ouvrit sans plus réfléchir et poussa un léger cri de victoire en voyant les fameuses petites boites rondes bleues. Elle avait déjà vu son père en prendre et elle savait que c’était ceux-là. Cependant, une autre boite, orange cette fois-ci, attira son attention. Fronçant des sourcils, la blonde attrapa celle qui était orangée et la porta à ses yeux ; ça aussi, elle connaissait. Elle connaissait très bien. Très bien pour être allé en chercher quand on les lui demandait. Et elle savait pertinemment à qui ces pilules là revenaient. Redressant la tête d’une façon lente, ses yeux se perdirent dans le vague. Puis, vient la compréhension. Si elle avait été un type de Cullen, certainement que ses yeux seraient devenus pire que noirs sombres tellement que la colère et la frustration la bouffaient soudainement. Même fatiguée, elle arrivait clairement à comprendre les choses et là, ce qu’elle avait apparemment compris ne lui plaisait pas. Ne lui plaisait absolument pas. Victoria se releva, prit la peine de prendre les pilules enfermées dans les boites bleues, en ingurgita une et les fourra dans ses poches avant de sortir de la pièce, de façon fracassante – et donc, non très discrète. La jeune Blythe dégringola des escaliers d’une vitesse incroyable et se dirigea vers le salon, tout en cachant l’objet dans sa main. Par chance pour elle – et peut-être par malchance pour lui – c’était Rhys qui se trouvait avachi dans le canapé, les yeux rivés sur l’écran de télévision. Après avoir jeté un coup d’œil aux environs, la demoiselle se planta devant son frère, tout en poussant la table basse pour avoir plus d’espace.

    VICTORIA : C’est quoi, ça ?

Son visage était dur et son ton, froid. L’envie de le gifler, de le frapper était présente, trop forte et trop intense. Mais elle ne voulait pas porter coup avant. Victoria lui laissait le bénéfice du doute mais elle savait que sa pensée n’était pas mauvaise. Elle savait que Rhys était dans le coup. A tous les coups. S’impatientant de la longueur de l’arrivée de la réponse, elle trépigna.

    VICTORIA : REPONDS ! Et inutile d’essayer de mentir, tu m’entends ?



Dernière édition par Victoria Blythe le Ven 17 Juil 2009 - 12:26, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: (famille Blythe) DOUBLE TROUBLE Mer 10 Juin 2009 - 23:28


C'était le week-end, Ocean Grove pansaient doucement mais sûrement ses plaies encore béantes et l'humeur générale extérieure était encore à l'inquiétude, aux condoléances et aux entraides. Le drame des différents incendies criminels avait eu, au milieu du chaos qui s'était abattu sur eux, au moins une conséquence positive : celle de souder d'avantager les habitants de ce quartier résidentiel. Bien que certains regards se devinaient méfiants et soupçonneux, la majorité des actes étaient ceux de la solidarité et du réconfort : Ocean Grove n'était pas n'importe quel quartier, il était aussi celui hautement réputé pour son voisinage en or. Rhys Blythe était, pour sa part, le témoin et occasionnellement l'acteur de cette grande vague d'aide. En effet, étant forcé de se rendre à la ville de Miami pour ses études et avec son travail d'assistant de professeur sportif, il n'avait pas le temps de s'investir d'avantage que pendant les week-ends. Aussi, en cette journée, le jeune homme avait fini par regagner la maison des Blythe après avoir offert sa force à une femme de soixante-quatre ans qui avait investi dans un système d'alarme incendie et qui avait alors cherché une personne assez débrouillarde pour le lui installer. Après avoir retiré sa casquette qu'il posa sur le buffet de la cuisine, puis s'être servi dans le réfrigérateur une bière fraîche, Rhys se dirigea vers la salle de séjour où il n'espérait qu'une chose : se vautrer dans son canapé favoris, la télécommande sur les genoux et le goulot de sa bouteille à ses lèvres. Il ignorait qui était présent dans la maison à cet instant : son frère était probablement dehors, à son bureau, Victoria révisait peut-être à la bibliothèque ou sagement dans sa chambre, Annabel était probablement sortie faire des courses à cette heure-ci et Darla … Et bien, tout était à présent si compliqué qu'il se demanda un instant si elle n'était pas quelque part également dans la maison. Il marqua même un temps d'hésitation avant d'allumer le téléviseur, se demandant s'il ne ferait pas mieux de monter à l'étage pour essayer de voir si elle était là et ainsi lui offrir sa compagnie. Pourtant, il n'en fit rien et appuya sur le bouton qui éclaira l'écran en face de lui.
Les minutes défilèrent ainsi jusqu'à se transformer en quarts d'heure. Le programme télévisé était absolument inintéressant ( Rhys avait même jeté son dévolu sur une chaîne de chasse et pêche ) mais la bière qu'il buvait suffisait à son bonheur. Même si à cet instant une panne de courant s'annonçait, il ne s'en sentirait pas dérangé le moins du monde. Ainsi, lorsqu'il entendit des pas précipités dévaler les escaliers, il ne tordit même pas son cou pour essayer de voir de qui il s'agissait : il reconnaissait assez bien ces petits pas vifs et était donc persuadé que Vicky se tapait un sprint pour voir combien de temps lui prendrait pour passer de sa chambre à la porte d'entrée, probablement en vue d'un examen à une heure crépusculaire. Pourtant, lorsqu'il l'entendit faire irruption dans la salle de séjour, il tourna son visage sur sa droite et la regarda d'un œil très peu concerné, même s'il voyait pertinemment que ses traits étaient tout à fait tendus. Il bu même une nouvelle gorgée de sa bouteille tandis qu'il regardait sa sœur s'imposer entre lui et le téléviseur. Charmant, il ne saura jamais comment accrocher efficacement un hameçon sans avoir ensuite les doigts qui pue le ver de terre après. Levant son regard sur la silhouette de Vicky qui se tenait droite et tendue comme sous l'effet d'une colère qui n'avait encore aucun sens (et donc aucun impact) pour Rhys, il attendit qu'elle daigne enfin lui donner la raison de cette réaction.
Cependant, lorsqu'il saisit où elle voulait en venir, il aurait largement préféré qu'elle garde le silence. Sans s'en rendre compte, sa mâchoire venait de se crisper et son regard s'était durcit. La tension qui se formait entre eux pouvait s'apparenter à celle qu'ils connaissaient lorsqu'ils étaient plus jeunes et se disputaient pour un jouet … A la différence près qu'en cette journée, la tension menaçait de se décupler fortement. Malgré le ton autoritaire de sa petite sœur, Rhys n'émit aucun son, ses doigts encerclant avec pression le verre de sa bouteille. Le contact visuel qu'il partageait avec sa sœur valait certes tous les mots du monde mais elle semblait décidée à ce qu'il affronte ses responsabilités et que sa langue se délie. Allait-elle obtenir ce qu'elle espérait ? Rien n'était moins sûr. Lorsqu'elle insista une nouvelle fois pour recevoir une réponse, Rhys sembla totalement insensible même si à l'intérieur de lui, il bouillonnait. Il n'avait pas imaginé possible une telle situation … Même si le risque qu'il avait prit présageait les conséquences les plus périlleuses, il ne s'était jamais figuré que la vérité éclaterait de cette sorte. Il n'était pas prêt. Absolument pas prêt et il était en revanche déterminé à ce que cela ne soit pas le moment. Se levant alors pour se retrouver à son tour debout, il se planta face à sa sœur et lui confisqua d'un geste brusque les pilules qu'elle tenait à moitié cachées au creux de sa paume avant de les glisser dans la poche arrière de son jeans. Comme si le fait qu'il les dérobe à nouveau les efface de l'esprit de la jeune femme. Le visage fermé et le regard brûlant, presque défiant, Rhys qui faisait bien deux têtes de plus que sa sœur profita sans doute de cet avantage pour paraître plus menaçant.

    « Et bien quoi ? Nous savons tous les deux de quoi il s'agit. Oublie ça … Depuis quand est-ce que tu es permise dans ma chambre ? Et surtout, depuis quand fouilles-tu dans mes affaires ? »


Son esquive de la question principale était sans doute grossière et ne risquerait pas d'irriter doublement Victoria mais Rhys s'en moquait : il n'avait rien à dire à ce sujet. Il n'avait pas à donner la moindre explication et encore moins à se justifier. Seul Dieu avait le droit de le juger.


Dernière édition par Rhys Blythe le Mer 9 Sep 2009 - 19:13, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: (famille Blythe) DOUBLE TROUBLE Mar 23 Juin 2009 - 18:16


    RHYS : Et bien quoi ? Nous savons tous les deux de quoi il s'agit. Oublie ça... Depuis quand est-ce que tu es permise dans ma chambre ? Et surtout, depuis quand fouilles-tu dans mes affaires ?

Victoria ne lâchait pas le regard de son frère. La position dans laquelle elle se trouvait n'était, à première vue, guère avantageuse pour l'insinuer à continuer la discussion. Mais elle n'était pas sa sœur pour rien. &, quand bien même il était plus vieux, plus grand et plus épais qu'elle, la cadette ne céderait pas facilement. La ténacité était de rigueur dans la famille, encore fallait-il lui rappeler. Ce fut pour cela qu'elle s'est sentie obligée d'aller dans la chambre de son frère. Pour trouver quelque chose qui pourrait la faire réussir, par n'importe quel moyen, toutes ces années d'apprentissage où elle se voulait être la meilleure. Rôle qu'elle a rempli avec brio. Les études avaient un rôle primordial dans sa vie et il était strictement hors de question de mettre en péril ses examens finaux à cause d'une brève fatigue passagère. Fatigue qui semblait commencer à se creuser un peu au niveau des yeux. Cette envie de réussite, de succès, de finir la première qu'elle avait dans son sang l'avait poussé à aller dans la chambre de Rhys, de la retourner complètement et d'y trouver quelque chose dont elle ne s'y attendait pas. Quelque chose qui n'avait pas lieu d'être ici. Quelque chose qui pourrait porter préjudice à Rhys. Elle avait observé chaque expression de son frère quand elle lui a montré l'objet et qu'il lui arrache de la sorte des mains ne lui plaisait guère. Victoria fronça des sourcils ; pourquoi ne voulait-il simplement pas mettre fin à toutes les hypothèses délirantes, à tous les films idiots qu'elle était en train de se faire dans sa tête ? Pourquoi n'avait-il rien dit ? Et pourquoi ne disait-il toujours rien ? Maât était au courant ? Quelqu'un était au courant ? Non, impossible. A eux trois, ils étaient pas assez idiots pour laisser quelque d'autre s'immiscer dans des affaires familiales qui ne regardaient personne d'autre qu'eux. Et ils étaient pas assez démantelés, pas assez éloignés, pas assez perfides, pas assez mauvais entre eux pour se trahir. Tout du moins, c'était le point de vue de Victoria. Cette dernière plaçait ses frères à une estime certainement plus haute qu'elle-même. En dépit du fait qu'elle se veut être toujours la meilleure, elle ne se trouve pas être la meilleure. Et, sentimentalement, elle préfère encore rester vieille fille mais avec ses frères plutôt que d'être amoureuse et vivre sans eux. Et si jamais il arrivait quoique ce soit à Maât ou Rhys, elle ne s'en remettrait pas. Ce fut donc peut-être pour cela qu'elle était inquiète. Sa quiétude lui faisait naitre une valse de questions dans sa tête, des questions qui ne demandaient qu'à être prononcées pour avoir leurs réponses. Victoria, la tête toujours levée vers son frère, commença à perdre sérieusement patience. Son visage était dépourvu d'émotions, il y avait juste ses traits qui étaient crispés. Tout comme son frère. La demoiselle rompit contact visuel pour passer la main dans ses cheveux, l'autre sur sa hanche, contourner la table et regarder la télévision sans y prendre un intérêt particulier. Elle ferma un moment les yeux, sentant ses fichus spasmes de rage la prendre de partout. Puis, lâchant ses bras et ré-ouvrant les yeux, la jeune Blythe se retourna brusquement vers Rhys.

    VICTORIA : Mais on s'en contrefiche de ce que je foutais dans ta chambre ! Essaye pas d'esquiver la conversation, Rhys. Ni même ma question.

Sa sœur semblait, comme à chaque fois qu'elle était énervée, sur le point de laisser perler des larmes de colère. Cette situation la dérangeait et son frère qui tenait à garder de conserver quelque chose en lui. Chose qu'il ne voulait pas dire mais qui se laissait assez facilement deviné. Et qu'il cachait depuis bien trop longtemps. Victoria croisa les bras, comme pour montrer qu'elle n'allait pas les baisser de si tôt. Elle voulait savoir. Elle voulait qu'il le dise. Elle commençait à s'inquiéter pour lui mais il ne semblait pas en prendre conscience.

    VICTORIA : Maât le sait ? Que tu gardes ça dans ta chambre ?

Sa voix semblait presque s'être apaisé. Comme pour tenter de se calmer, pour ne pas hurler, pour ne pas que les voisins entendent plus qu'ils ne devraient.
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Message(#) Sujet: Re: (famille Blythe) DOUBLE TROUBLE Mer 9 Sep 2009 - 19:12


C'était à présent et quasiment une bataille des nerfs qui se jouait entre les deux jeunes Blythe et le perdant allait assurément tout perdre. Victoria : une chance de savoir enfin la vérité ; Rhys : une chance de rester clean de toute accusation. Pourtant, une chose était certaine : ce n'allait certainement pas être du gâteau que d'essayer de faire avouer quoique ce soit à l'étudiant. Aussi déterminé qu'il l'était à cet instant, il pourrait d'avantage accepter de se trimbaler à poils et avec une crête sur la tête dans toute la ville plutôt que de donner une réponse honnête à sa petite sœur. Si Rhys avait retenu une chose de ses qualités de sportifs, c'était la fermeté de l'esprit. Alors oui, Vicky s'enfonçait le doigt (profondément) dans l'œil si elle espérait obtenir du jeune homme des aveux aussi aisément. Malheureusement pour elle, elle allait devoir se montrer plus inventive et entreprenante parce que Rhys n'allait pas flancher devant ses grands yeux humides.
Il la vit alors briser ce contact visuel qui était devenu si puissant entre eux deux, celui qu'il partageaient déjà lorsqu'ils étaient mômes et que Rhys intimait l'ordre d'un regard à sa sœur de ne pas le compromettre face aux parents. A présent, c'était exactement la même chose : Rhys ordonnait, tacitement, à sa sœur de ne pas insister. Pensant un instant qu'elle avait compris le message, il la regarda s'écarter de lui pour venir contourner la table sur laquelle étaient appuyés les pieds de Rhys quelques minutes plus tôt. Elle se mit même à regarder le programme diffusé – une énième émission de chasse et pêche – et Rhys pensa que la partie était à présent conclue. Mais il se trompait et il n'allait pas tarder à le réaliser. En effet, Vicky abandonna aussi soudainement son calme apparent qu'elle l'avait trouvé et se relança dans sa quête de réponses. Qu'elle était agaçante lorsqu'elle s'y mettait ! Le visage fermé, Rhys poussa un soupire, déjà lassé de son attitude acharnée. Ne pouvait-elle donc pas fermer les yeux sur ce petit flottement et le laisser définitivement en paix ? Ne pouvait-elle pas lui faire confiance ? Il vit clairement dans le regard de la jeune femme qu'elle était extrêmement tendue voire inquiète. Elle semblait presque sur le point de fondre en larmes mais Rhys ne comptait pas pour autant lui accorder ce qu'elle désirait. Il n'avait rien à lui offrir, qu'elle cesse de s'entêter. Ce fut alors au moment où elle évoqua Maât que Rhys reposa brusquement son regard vers elle, dur et incisif. Pourquoi voudrait-elle qu'il soit au courant ? Imaginait-elle une sorte de conspiration ? La fixant un long moment, il réussit à détendre juste assez sa mâchoire pour lui accorder une réponse.

    « Maât n'est pas comme toi, il ne passe pas son temps à fouiller ma chambre. Alors non, il n'est pas au courant et ce n'est pas plus mal. Tu n'as pas à craindre quoique ce soit, je gère. »


Comme pour prouver de la frivolité de la situation, Rhys se rapprocha à son tour du téléviseur et vint se rasseoir à sa place initiale, sentant la boîte de médicaments craqueler sous son poids. Avec nonchalance, il laissa son dos reposer sur le dossier et attrapa la télécommande qu'il avait abandonné sur le bras du meuble avant de commencer à zapper. Il ne tarda pas alors à tomber sur une chaîne câblée qui diffusait 24h/24 une émission de télé-réalité où les héros ne sont autre que de jeunes adultes pleins aux as – pour la plupart – vivant sur la Côte Ouest, et s'éclatant en s'inventant des problèmes. En somme, une émission d'attardés mentaux pour attardés mentaux. Pourtant, et bien qu'il était particulièrement connu dans la famille Blythe que Rhys abhorrait ce programme, il sembla y trouver un intérêt juste assez suffisant pour dévier la conversation (une fois de plus) sur cette émission. Il ne connaissait franchement rien des intrigues principales qui tenaient en haleine les téléspectateurs habitués mais, grâce aux légendes, il réussit à réunir juste assez d'informations pour aligner quelques phrases concernant ce show.

    « Aaron a pardonné à Beleen … Encore. Quoique à sa place, j'aurais tôt fait de tout lui pardonner aussi. »


Espérant que cette feinte ai juste assez attirée l'attention de sa sœur sur ce que diffusait l'écran plat, Rhys regardait sans les voir les images qui se mouvaient devant lui. Il avait beau afficher une apparence détendue et assurée, il était anxieux. Il n'avait aucun regret sur ses actes, bien entendu, mais il craignait à présent de tirer qui que ce soit avec lui s'il advenait qu'il se fasse prendre. C'était juste impensable et il comptait bien se battre bec et ongles pour empêcher que cela n'arrive. Et aucun doute, Victoria était la dernière personne sur Terre qu'il voulait voir avoir des ennuis à cause de lui, alors évidemment, elle n'allait pas apprendre d'avantage de choses de si tôt. Rhys, malgré l'attitude exécrable et frustrante qu'il abordait à cet instant, n'avait qu'un désir : tenir Victoria aussi éloignée que possible de ses affaires, surtout après le grave accident dont elle se remettait tout juste.
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Message(#) Sujet: Re: (famille Blythe) DOUBLE TROUBLE Mer 23 Sep 2009 - 22:43


RHYS : Maât n'est pas comme toi, il ne passe pas son temps à fouiller ma chambre. Alors non, il n'est pas au courant et ce n'est pas plus mal. Tu n'as pas à craindre quoique ce soit, je gère.
VICTORIA : Tu gères ? Effectivement, ça se voit, Rhys. Tu gères tellement que tu n’as pas eut la fichue idée de t’en débarrasser. Non, Monsieur préfère les avoir près de son oreiller, au cas où. Vraiment très brillant.

Victoria avait serré des dents, son front se plissant. Elle voulait faire comprendre qu’elle était sérieuse, qu’elle ne rigolait pas et qu’elle voulait être prise pour quelqu’un de dix-huit ans, et non comme une gosse de sept. Ses frères avaient parfois la sale manie de la prendre pour plus jeune qu’elle ne l’était. Et maintenant qu’elle se remettait à peine de son coma – dont le réveil avait été il y a déjà une semaine et demi – cela ne jouait pas réellement en sa faveur. La jeune fille connaissait ses frères par cœur – tout du moins, c’est ce qu’elle pensait. Et il était clair que là, Rhys avait décrété de se renfermer comme une huitre et de réfuter toute parole qu’elle pourrait dire. La manière dont il s’installait dans le canapé avant d’enfourcher la télécommande pour zapper rapidement, l’air las, clamait la fin de la conversation. Il était d’une tête à claque incroyable quand il s’y mettait, songeait Victoria. En cet instant, voir son frère se foutre carrément d’elle la frustrait au plus haut au point. Et ces derniers temps, elle avait de quoi être frustrée et pourtant, elle emmagasinait tout sans broncher. Malgré son plâtre, la jeune Blythe avait tenu à se rendre à sa première semaine de fac. Elle l’avait tellement attendu qu’elle n’allait pas repousser son désir juste pour quelques os engourdis. Et puis, des circonstances ont fait qu’elle démontrait qu’elle n’était pas la fille de sa mère pour rien. Quand quelque chose va mal, la seule chose que les femmes Blythe trouvaient à faire pour noyer leur peine était le travail. La blonde avait sauté sur la rentrée comme occasion de se vider l’esprit, de redémarrer d’un pied qui se voulait meilleur et de tenter de mettre ses soucis sur le côté, en bord d’autoroute. Il suffisait d’un instant de vaguement et elle se mettait à se sentir terriblement faible, trahit et dans une tristesse incroyable. C’était dans ces instants là que l’absence de son père se faisait ressentir. Et que sa mère ne soit pas là ne facilitait pas les choses. Après tout, Victoria avait beau adoré ses frères, ce n’était pas les mêmes relations qu’avec ses parents. Avec Maât et Rhys, elle voulait tout simplement qu’on la traite en adulte responsable. Elle gardait la tête haute, munie d’un sarcasme à toute épreuve. Oui, elle avait conscience de passer pour une réelle emmerdeuse auprès des deux hommes. Mais elle s’en fichait car cela était presque un de ses seuls moyens pour réussir à maintenir un semblant d’attention vers elle. Alors qu’avec ses parents, c’était différent. Avec eux, elle pouvait tout leur dire, tout confier, tout extraire sans avoir peur d’être juger ou, encore, de subir des moqueries. Car oui, il faut bien l’avouer, Victoria ne semblait pas se voir dans les bras de Rhys, pleurant comme une fontaine. Le connaissant, il serait aussi bien capable de la réconforter que de lui lancer des piques ennuyées. Elle aurait certainement plus de facilité avec Maât mais ce dernier était bien trop débordé et ce faisait guère présent dans la demeure familiale. Mais de toute façon, la dernière fois qu’elle avait pleurée remontait bien à une semaine. Et même si, à cette pensée, son cœur accélérait le rythme, elle devait aussi se tordre les lèvres pour ne pas péter un câble et se rendre à la maison du fautif même. Et pourtant, ce n’était pas l’envie qui lui faisait défaut. Mais elle avait un blocage – autant physique que mental. Victoria tourna alors son regard vers l’écran et semblait se perdre dans cette contemplation des images qui bougeaient avant que Rhys ne rompe le silence installé entre eux.

RHYS : Aaron a pardonné à Beleen … Encore. Quoiqu’à sa place, j'aurais tôt fait de tout lui pardonner aussi.
VICTORIA : Il y a peut-être des choses qui sont difficiles à pardonner mais qu’il l’aime trop pour la perdre de cette façon… sa mine était devenue soucieuse et songeuse, comme si elle se parlait plus à elle-même qu’à son frère, avant de secouer la tête tout en soupirant légèrement. De toute manière, tu n’es pas à sa place. Tu n’es pas attaché à quelqu’un qui t’as blessé. Tu ne peux pas comprendre. Et t'es désespéré à ce point pour regarder ce genre de truc ?

Sa voix, auparavant perdue, était devenue sèche. Après tout, elle se trouvait à peu près à la place de ce Aaron. En tout cas, dans la phrase dite par son frère car il était clair qu’elle n’avait strictement aucune idée de l’histoire même. Elle-même avait été sur le point de lui pardonner son départ. Ce triste abandon qui l’avait fragilisé bien plus qu’il ne le fallait. Et pourtant, maintenant, une semaine après, Victoria ne pouvait s’empêcher d’avoir des envies meurtrières mélangées à des pulsions soudaines de tendresse à son égard. Elle se sentait tranchée et ce n’était pas Rhys qui allait pouvoir l’aider de ce point de vue là. Surtout quand il s’agissait du sujet très épineux Neal Rowlands. Il n’y avait qu’à se rappeler de l’état dans lequel il était rentré après leurs retrouvailles dans la maison de Dieu pour connaitre le taux de haine qu’ils pouvaient se livrer. Cependant, ni l’un ni l’autre n’avait été très évasif sur le sujet. Rhys s’était vanté, tandis que Neal s’était emporté avant que Victoria ne clôt la conversation. Néanmoins, elle ne pouvait pas ne pas rajouter son petit commentaire face à ce détournement de conversation de son frère – qui semblait légitime mais qui, aux yeux de sa sœur, paraissait totalement idiot et incompréhensible. Pourquoi ne souhaitait-il pas engager la conversation ? Elle eut une légère grimace, sa jambe la relançant, comme pour lui rappeler la raison pour laquelle elle s’était aventurée dans la chambre de Rhys. La jeune blonde sortit alors du salon pour se diriger vers la cuisine. Tout en faisant couler l’eau dans son verre d’une main, l’autre s’occupa d’extirper les pilules anti-douleurs qu’elle avait chipé à Rhys. Il n’en avait plus guère d’utilité, pour l’instant, il ne ferra donc pas un scandale si elle lui en prend quelques uns, n’est- ce pas ?

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Message(#) Sujet: Re: (famille Blythe) DOUBLE TROUBLE Sam 10 Oct 2009 - 12:33


Les remarques cyniques que sa sœur lui lança sèchement au visage firent grimacer le jeune homme. Il ne sut pas y répondre, sans doute parce que dans le fond, elle avait tout à fait raison mais surtout parce qu'il ne voulait pas envenimer d'avantage la situation. Bien sûr qu'il savait que garder ces cachets avec lui n'était pas l'idée la plus brillante qui soit mais il savait aussi que rien ne pouvait être en meilleur sécurité que sous vos propres soins. Du moins le pensait-il jusque là car c'était sans compter sur la curiosité et l'absence totale de gêne de sa jeune sœur. Vivre avec Victoria Blythe était probablement plus risqué que de vivre 24h sur 24h sous l'œil avide de caméras – elles, au moins, peuvent tomber parfois en panne. En effet, même si la jeune femme venait à peine de se remettre de son accident de voiture, elle persistait à utiliser toute son énergie pour s'immiscer dans la vie de son frère, à s'introduire sur son territoire et à venir ensuite lui demander des comptes. C'était d'un toupet sans nom mais Rhys savait que c'était ainsi qu'elle fonctionnait : peut-être même que dans un sens, cela lui permettait de se rassurer sur le fait qu'elle était toujours aussi efficace après un coma et une rééducation douloureuse. Si ça pouvait lui faire plaisir, naturellement, Rhys était prêt à laisser couler.
Affalé sur le divan, comme s'ils venaient simplement d'avoir une conversation sur la météo du jour, Rhys persistait à sauver les apparences. Il imaginait parfaitement la jeune femme, derrière son épaule, en train de le regarder de son air courroucé. Elle devait se sentir frustrée par la façon dont il venait de finement se dérober de son interrogatoire pour se planter devant une émission de télé-réalité qui ne volait guère plus haut qu'un chien avec des ailes de papier. Les images fortement colorées sous le soleil Californien qui défilaient sous le regard de l'étudiant n'avaient aucune saveur pour lui mais il les regardait avec persistance, redoutant l'instant où Vicky taperait du pied avant de le traiter de tous les noms. Il savait que cette situation était cruciale, que cette discussion était inévitable mais il ne pouvait se résoudre à l'affronter. Rhys avait traversé un bon nombre d'épreuves difficiles mais il restait toujours un homme assez immature, du moins concernant les prises de responsabilité. Alors, lorsque sa sœur prit enfin la parole, il se crispa sensiblement, persuadé de recevoir ses foudres … Mais il se trompa. De toute évidence, sa supercherie avait fonctionné : Victoria ne semblait plus obnubilée par le sujet des pilules découvertes au creux de sa chambre. Intrigué par ce brusque bouleversement, le jeune homme fronça le sourcil avant d'abandonner la télécommande sur la table et de se retourner vers sa sœur. Appuyant son coude sur le dossier moelleux du siège, il fut troublé de voir qu'elle semblait sincèrement affectée par ce qu'elle venait de dire et Rhys avait bien assez d'éléments sous la main pour comprendre de quoi elle voulait parler, ou plus exactement de « qui ». Il devinait clairement qu'à cet instant, elle ne parlait plus de cet Aaron et de cette Beleen qui n'étaient que des personnages fictifs, très probablement payés par la production du Westown Real Show pour lire des textes écrits par leurs scénaristes. Ici, c'était la véritable existence qui se jouait, c'était le cœur de Victoria qui était réellement brisé par le plus concret des salauds de la Terre : Neal Rowlands. Pourtant, et alors qu'il aurait été très simple pour Rhys de débiter tout le mal qu'il pensait de la relation que Vicky partageait avec Neal, il ne comptait pas secouer d'avantage le couteau dans la plaie. Le jeune homme observa attentivement sa sœur, assez déstabilisé de la voir dans cet état : ils n'étaient pas exactement le genre dans la famille à se confier tous leurs problèmes sentimentaux, loin de là. Après tout, il suffisait de voir de quelle façon ils avaient apprit l'homosexualité de leur frère aîné. Mais là, c'était bien assez critique pour que Rhys ne se défile pas : il sentait que sa sœur avait besoin de lui. Il ne savait strictement pas s'il serait accueillit chaleureusement ou pas s'il s'aventurait sur le terrain houleux des affaires de cœur de sa sœur mais il était quasiment certain qu'il devait tenter. Malgré qu'elle venait de se moquer sèchement de sa soudaine passion pour l'émission que diffusait leur écran télévisé, Rhys désirait toujours lui venir en aide. Surtout parce que si, étonnamment, il connaissait la douleur de se voir abandonner par un être cher même s'il ne comptait certainement pas le reconnaître. Ainsi, quand elle quitta promptement la salle de séjour pour regagner la cuisine, Rhys ne tarda pas à se lever d'un bond puis à traverser rapidement la pièce pour venir se glisser sur un tabouret, du côté opposé mais face à Vicky. Il la vit boire son verre d'eau mais ne se douta pas qu'elle venait d'avoir posé sur sa langue l'un des comprimés chipés. Posant les avant bras sur le comptoir comme un bon élève qui s'apprêtait à réciter sa leçon, il fixait sa sœur comme s'il espérait qu'elle prendrait en compte ce qu'il était sur le point de lui dire. Il n'allait certainement pas recommencer ce manège de si tôt, croyez-moi. Rhys donnant des conseils de relations personnelles, c'était déjà bien assez incongru pour se réaliser plus d'une fois.

    « Peut-être que je ne peux pas comprendre, peut-être que si. Mais je sais quand même que le pardon, ce n'est pas forcément la meilleure solution. Parfois, il y a des situations foireuses qui sont censées restées foireuses. Je veux dire, bien sûr qu'il faut faire l'effort de pardonner, en bon chrétien, mais il ne faut pas s'obstiner vainement. Quand c'est fini, c'est fini. Faut savoir l'admettre, même si c'est douloureux. Faut tourner la page et écrire un nouveau chapitre. Tu guériras Vicky. »


Sa petit discours sonnait d'un scepticisme drastique mais il était censé et sa dernière phrase pouvait aussi bien être comprise de manière concrète qu'abstraite car il savait que Victoria souffrait particulièrement de sa convalescence. La question qui restait alors en suspend était de savoir si, si le jeune homme qui était au centre de cette histoire était un autre que Neal, Rhys aurait tenu le même discours. Pourtant, si on observait attentivement le regard du jeune homme, on pouvait y lire sa sincérité et son absence totale d'arrière pensée : ce n'était pas un stratagème, une tentative d'emprise sur sa sœur pour se venger de Neal mais bel et bien un conseil neutre et honnête.
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Message(#) Sujet: Re: (famille Blythe) DOUBLE TROUBLE Mar 13 Oct 2009 - 23:15


RHYS : Peut-être que je ne peux pas comprendre, peut-être que si. Mais je sais quand même que le pardon, ce n'est pas forcément la meilleure solution. Parfois, il y a des situations foireuses qui sont censées restées foireuses. Je veux dire, bien sûr qu'il faut faire l'effort de pardonner, en bon chrétien, mais il ne faut pas s'obstiner vainement. Quand c'est fini, c'est fini. Faut savoir l'admettre, même si c'est douloureux. Faut tourner la page et écrire un nouveau chapitre. Tu guériras Vicky.
VICTORIA : T’es allé chercher ça où ?

Victoria haussa un sourcil, regardant son frère de façon suspicieuse. Ce n’était pas dans les habitudes de Rhys de débiter ce genre de paroles. A vrai dire, c’était plus leur aîné qui faisait subir à ses cadets ses leçons de moral et ses discours de bons conseils. Il faut dire que Maât avait la parole assez facile, surtout avec Victoria. Plus jeune, il n’était pas rare qu’elle se tourne vers lui quand elle se sentait mal. Rhys était plus celui qui la cherchait, qui l’embêtait. Ou sinon, qui décrétait que sa seule présence suffisait amplement à calmer les maux. La jeune Victoria, haute comme trois pommes, a vite compris vers qui se tourner selon ses problèmes. Avec le temps, Rhys n’est pas devenu plus bavard, bien au contraire. Aussi fut-il pour cela qu’elle fut surprise et étonnée d’entendre ce discours guère courant sortant des lèvres même de son frère. La jeune Blythe scruta ce dernier des yeux, comme pour y déceler quelque chose qui pourrait trahir les paroles si honorables de Rhys. Comme une mauvaise plaisanterie qu’il lui faisait en récitant un passage de ce qu’il a pu voir ou entendre récemment. Cependant, il semblait être sûr de ses paroles. Son visage était tout ce qu’il pouvait y avoir de sérieux en lui. Quelque peu déstabilisée d’avoir ce genre de conversations avec lui, Victoria baissa la tête avant d’avaler le reste d’eau qui gisait dans son verre tout en glissant soigneusement les comprimés restant dans sa poche, d’un geste discret. Il suffirait d’une pilule blanche en la possession de sa sœur pour alarmer Rhys. Fallait mieux se montrer prudente, même s’il pouvait aussi bien facilement reconnaitre que ce n’était que de simples antidouleurs. La cadette posa son verre bruyamment sur le comptoir, tout en s’installant à l’opposé même de son frère, toujours debout.

VICTORIA : Je guérirai. Je suis une Blythe, après tout, n’est-ce pas ? dit-elle, un léger sourire adressé à son frère. puis, son visage se referma peu à peu, chaque trait de son front se plissant. C’est juste que… Je n’admettais pas que ce soit fini. Rhys, tu me connais assez pour savoir que je ne renonce pas facilement. Et là… Je sais que ça me fait mal, que ça me détruit. Je le déteste pour tout ça. Mais d’un autre côté… Je ne peux pas faire comme si rien ne s’était passé, tu comprends ?

Victoria se pinça furieusement les lèvres, avant de détourner son regard qui avait été plongé dans celui de son frère. Elle n’avait pas prévu ni pensé parler ou dire tout ceci à Rhys. Connaissant son hostilité envers Neal, la jeune fille avait bien compris qu’il n’était pas l’être le plus objectif de la terre à ce sujet là. Mais il restait son frère. Et ce titre lui proférait un statut privilégié. Comme poussée par ses paroles neutres, sincères et calmes, Victoria semblait ne pas contrôler les paroles qui coulaient à flot de sa bouche. C’est ce qu’on pourrait appeler ce moment comme l’instant du « vidage de sac » quand le sac est trop plein. Elle ne savait pas forcément si Rhys était la meilleure personne à qui elle pouvait en parler mais vu qu’ils étaient lancés sur le terrain, autant continuer. Forcément, la jeune blonde ne voulait pas admettre les paroles de son frère. Elle ne pouvait et ne voulait pas croire que le cap de fin allait sonner alors que rien n’avait réellement commencé. Le même sang coulait dans leurs veines, il était donc le mieux placé pour comprendre l’acharnement qu’avait Victoria à vouloir se raccrocher à quelque chose qui tanguait et qui la faisait irrévocablement souffrir. Elle qui pensait avoir eut sa dose de douleurs pour les années à venir, il semblait que la douleur mentale était toujours plus forte que la douleur physique. Se rattacher à quelqu’un aussi facilement, aussi rapidement alors que cette personne faisait tout pour vous rejeter était cruel. Mais pourquoi n’est-il pas resté dans le Michigan, nom d’un chien ? C’était bien une des questions principales qui turlupinaient dans l’esprit de la demoiselle depuis ce retour. Et encore plus depuis ce fameux vingt-cinq août.

Dans le fond, Victoria était plutôt ravie de l’initiative de Rhys. Avec les évènements écoulés ces derniers mois dans la famille Blythe, la peur que la fratrie éclate nichait dans un coin de sa tête comme un compte à rebours. Et pourtant, malgré les décès, les comas, les prises d’otages et les suspicions suscitées, Rhys venait de démontrer à la jeune cadette que sa famille restait soudée quoiqu’il arrive. Et qu’il avait perçu son mal-être – ce qui, en somme, n’était pas non plus très surprenant. Maât, Rhys et Victoria ne pouvaient guère jouer sur les apparences entre eux ; quand l’un a quelque chose qui le tracasse ou qui le met mal, les deux autres le sentiront aussitôt. Cela devait être les liens du sang. Bien sûr, chacun avait sa vie, son territoire, son espace personnel. Ils avaient reçu une éducation telle qui empêchait les enfants Blythe de se comporter comme des gosses de riche, à être égoïste, prétentieux et tout ce qui s’en suit. Et dès le départ, la limite entre les trois enfants avaient été faites. Mais cela n’empêchait pas l’un d’aller un peu empiéter sur le chemin de l’autre, comme Rhys le faisait en ce moment même – quant bien même ce fut Victoria qui est abordée le sujet involontairement.

VICTORIA : Et si je ne veux pas que cette situation reste foireuse ?

La voix de la blonde était basse, comme si elle avait peur que quelqu’un d’autre entende ce qu’elle venait de dire. Relevant ses prunelles vertes vers son frère, elle attendait une réponse. Un avis de son aîné. Et peut-être aussi de son expérience. Après tout, lui aussi avait vécu à peu près la même situation. Celle d’avoir été abandonné. Mais s’il se trouvait dans la situation de Victoria, comment réagirait-il ? Cette dernière porta le verre à ses lèvres pour y boire les dernières gorgées qui y gisaient.



Dernière édition par Victoria Blythe le Dim 25 Oct 2009 - 13:57, édité 2 fois
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Message(#) Sujet: Re: (famille Blythe) DOUBLE TROUBLE Jeu 22 Oct 2009 - 11:16


Bien sûr, le tact n'avait jamais été le mot d'ordre chez les Blythe, la remarque incisive de la jeune femme en réponse aux propos pourtant sincères de Rhys ne l'étonna donc qu'à moitié. Mais l'étudiant devait reconnaître que cette réplique le déstabilisa et il se renfrogna sensiblement. Toujours assit sur le tabouret il se contenta de hausser les épaules, l'air de dire « Laisse tomber » avant de se laisser doucement basculer sur les pieds de son siège. Pourtant, il n'était pas totalement offensé : il savait très bien que c'était la façon de Vicky de lui démontrer que cette situation l'embarrassait et qu'elle souhaitait peut-être s'en défaire au plus vite. Il y avait de quoi après tout : Rhys qui parle « garçons » avec sa petite sœur, il y a de quoi surprendre. Il l'observa alors tandis qu'elle baissa le menton et but sa nouvelle gorgée d'eau mais malgré son attention, ne remarqua pas le geste discret qu'elle exécuta pour cacher définitivement ses cachets dans sa poche. Toute son attention était dirigée sur le visage de sa sœur, toujours soucieux de son état sentimental car elle avait beau vouloir esquiver le sujet, Rhys ne perdait pas de vue que c'était elle qui venait d'évoquer Neal et que c'était là un signe annonciateur d'une peine certaine. Finalement, il eut raison de ne pas croire cette conversation close puisque la jeune femme ne tarda pas à lui répondre plus franchement. Cessant de basculer, il l'écouta et esquissa un faible sourire en réponse lorsqu'elle déclara que son nom de famille l'aiderait certainement à s'en remettre. Il était plutôt satisfait de l'entendre dire une chose pareille : la fierté et l'honneur étaient importants dans la famille et savoir qu'elle avait conscience qu'une histoire d'amour ne réussirait jamais à ébranler ces valeurs était bon signe. Lorsqu'elle continua alors en disant que c'était plus fort qu'elle de prendre à cœur cette histoire, Rhys fit une grimace. C'était compréhensible comme démarche, bien sûr. Tourner la page n'est jamais facile, surtout quand la personne sur laquelle on doit tirer un trait compte si fort mais le jeune homme n'était pas tellement pour la passivité. Elle devait se décider, c'était clair comme de l'eau de roche de la marque Cristalline. Malgré que Vicky essayait visiblement de détourner son regard du sien, le jeune homme ne cessait de la regarder, complètement insensible au fait que son attention puisse paraître oppressante. C'était sa Vicky après tout, inutile de prendre des pincettes entre eux. La dernière phrase qu'elle lança alors, à demi-voix et fébrile, convainc son frère sur l'avis qu'il portait sur la question. Victoria n'était pas prête à laisser partir son Neal et bien que Rhys haïssait ce jeune homme, il était conscient que la relation qu'il entretenait avec sa sœur n'était visiblement pas qu'une amourette d'adolescents. D'ailleurs, l'étudiant se promit de faire comprendre bien rapidement à Neal à quel point il jouait avec le feu en triturant ainsi le cœur de sa sœur – non pas que cela ne fut pas déjà fait mais il n'est jamais vraiment inutile de remettre les points sur les « I » avec ce genre d'énergumène …
Soudainement alors, à l'instant même où Vicky reposa son regard brillant sur son frère, Rhys tapa sur la table et se pencha en avant, fixant sa jeune sœur avec conviction. Elle avait intérêt à l'écouter attentivement parce qu'il n'allait certainement pas répéter cela de sitôt (peut-être même le regretterait-il dès l'instant où les mots auront finit de franchir sa bouche).

    « Alors bats-toi pour que ça ne soit pas le cas ! Débrouille-toi comme tu sais le faire pour trouver une solution … Je ne sais pas exactement par quel moyen mais tu ne peux certainement pas rester comme ça. Tu dois te décider : soit tu le laisses définitivement tomber et on sera probablement tous soulagés, soit tu t'accroches et tu le rends dingue de toi. J'arriverai peut-être à m'y faire. »


Rhys pencha la tête de biais et afficha un sourire complice à sa sœur. Ce n'était pas un feu vert en somme parce qu'elle n'en avait clairement pas besoin mais c'était une sorte de « bénédiction » à peine avouée et il espérait que cela aurait tendance à l'apaiser sur au moins un point : celui que Neal avait peut-être une chance d'être toléré dans le secteur de la famille Blythe. Inconsciemment peut-être, Rhys agissait comme aurait pu le faire Douglas Blythe s'il n'avait pas périt quelques mois plus tôt : le rôle du patriarche était toujours aussi vacant et le vide qui en résidait était difficile à supporter. Aussi, à tour de rôle, les enfants de la famille empruntaient cette place. Jamais bien longtemps, toujours bien assez pour soutenir les autres membres qui étaient dans le besoin d'un conseil sage ou d'une autorité quelconque. Parce que Maât, Victoria & Rhys avaient beau être des adultes à présent, ils restaient des êtres en quête d'une voie, d'une ligne peinte à suivre avec confiance.
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Message(#) Sujet: Re: (famille Blythe) DOUBLE TROUBLE Mar 27 Oct 2009 - 19:01


RHYS : Alors bats-toi pour que ça ne soit pas le cas ! Débrouille-toi comme tu sais le faire pour trouver une solution … Je ne sais pas exactement par quel moyen mais tu ne peux certainement pas rester comme ça. Tu dois te décider : soit tu le laisses définitivement tomber et on sera probablement tous soulagés, soit tu t'accroches et tu le rends dingue de toi. J'arriverai peut-être à m'y faire.

Cette conversation sortait de l’ordinaire, il n’y avait pas à dire. Plus le temps passait et plus Rhys étonnait sa sœur. Son air concerné plaqué au visage la surprenait, comme s’il prenait à cœur la situation guère lumineuse de Victoria. Cela était le cas ? Après tout, depuis la fin de son coma, ses frères avaient souvent été à ses soins les plus infimes – s’en était d’ailleurs assez surprenant et limite gênant. Même si, pendant des mois, elle a fait tourner en bourrique et exaspérer les garçons juste pour tenter de combler ce manque d’attention, cela lui faisait bizarre. Victoria n’avait pas l’habitude d’être traiter de cette façon. Mais il était presque évident pour les deux frères d’être aux aguets à la moindre petite chose anormale chez leur cadette. Cette dernière les remercierait sûrement jamais assez de ne pas l’avoir salement abandonné après ce qu’elle leur avait fait traverser. Maintenant, à l’instant présent, elle voulait juste s’éclipser, ne plus entendre parler d’elle, de son accident, de son coma et encore moins du désastre qu’avait été le gala. La presse à scandales trouvait bien trop de gagne pain au sein de la famille Blythe et il était temps de redémarrer du bon pied. Cependant, cela allait être assez dur avec une jambe qui ne cesse de vous lancer tous les quarts d’heure. Le discours de Rhys eut autant d’effet que sa main qui avait tapé la table ; le sursaut puis le haussement de sourcils l’air de dire « Qu’est-ce qu’il t’arrive ? » Car un peu plus et Victoria pourrait soupçonner Rhys de vouloir quelque chose à la fin même de cette conversation. Mais il semblait bien trop sérieux, sûr de ses paroles et confiant pour avoir une idée derrière la tête. La jeune fille esquissa alors un fin sourire tout en baissant la tête, presque gênée. Après tout, parler « garçons » avec un garçon et, qui de plus, était son frère, c’était un brin incommodant. Mais il restait son frère, un des piliers de sa vie et quitte à savoir son opinion, chaque parole était bonne à prendre. Victoria fronça un moment des sourcils, laissant planer le silence dans la cuisine. Elle réfléchissait à ce qu’elle allait bien pouvoir répondre – parce qu’il fallait préciser que Rhys l’avait un peu prise au dépourvu par sa réponse aussi claire et positive. Elle s’attendait à recevoir des reproches ou des interdictions ou des mises en garde. Mais rien du tout. Il lui offrait la possibilité de choisir : soit elle abandonnait avant même d’avoir tenté d’essayer, soit elle devait le reconquérir par tous les moyens. Et si elle n’y arrivait pas ? Après tout, Neal n’était pas n’importe quel garçon qu’elle avait pu croiser. Elle n’a jamais été aussi proche d’une personne – hors du cercle familial, bien sûr – qu’avec lui. Même sa meilleure amie, Lullaby Walkers qui jouait les fantômes ces derniers temps, n’a jamais eut ce lien privilégié. Elle ne voulait pas faire n’importe quoi avec Neal car elle savait qu’elle-même pouvait y laisser sa peau. Dans le fond, peut-être avait-elle un esprit assez sadique pour espérer toujours plus fort à ce que les choses aillent mieux avant de se laisser tomber de haut. Il fallait qu’elle apprenne à ne plus se mettre à croire, à avoir des espérances sur des choses sans aucun but, sans aucun avenir. Mais elle était comme ça, Victoria ; tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir, non ?

VICTORIA : Je ne savais pas que j’avais besoin de ta permission pour aller le récupérer… Mais le problème est bien là : je ne sais même plus ce que je veux ! Je ne sais pas si je suis réellement attaché à lui ou si c’est juste une crise d’adolescence passagère. Et si je réussis à le … récupérer, qui me dit qu’il restera auprès de moi ? Et je ne sais pas si je pourrai vivre un second abandon. Même s’il me semble que la fuite devient sa spécialité phare. elle se renfrogna face à cette idée avant de se redresser pour se pencher vers son frère. Et tu as dit, « on sera probablement tous soulagés. » T’entends qui par tous, Rhys ? Et pourquoi soulagés ? Vous êtes plusieurs à penser qu’il a une mauvaise influence, même inconsciente, sur moi ?

Sa voix n’était guère enthousiasme et elle parlait un peu froidement. Victoria connaissait l’hostilité de Rhys envers Neal, et vice-versa. Elle avait pu tâter le terrain chez l’un comme chez l’autre de façon préventive pour comprendre que c’était certainement cause perdue que de tenter de leur trouver un terrain d’entente. Autrefois, Neal ignorait tout simplement Rhys, pourquoi ne pourrait-il pas faire la même chose sept ans après ? Peut-être parce que Rhys n’était pas le genre de frère à rester les bras croisés, regarder sa sœur se morfondre pour un garçon qui, à ses yeux, semblait ne pas avoir d’importance. Il n’y avait qu’à voir comment il était entré amoché, la dernière fois qu’il avait croisé le jeune Rowlands, pour comprendre que les deux hommes ne pourraient jamais s’entendre, que Victoria soit là ou pas. Mais cette dernière n’acceptait guère de savoir que certains seraient « soulagés » de la savoir loin de lui. Un bon nombre de personnes autour d’elle semblait vouloir se méfier de Neal ; certainement avaient-ils raison. Mais, malgré ce qu’il lui avait fait, elle voulait continuer à croire qu’il ne la traitait pas comme les autres habitants, qu’il y avait toujours ce lien spécial entre eux deux. Victoria avait peut-être raison. Comme elle pouvait avoir tord. Elle n’en savait rien – pour une fois. Elle ne savait pas ce qu’il avait pu se passer par l’esprit du jeune homme pour qu’il la lâche de la sorte. Mais malgré le fait qu’elle semble avoir bon espoir sur le côté un peu privilégié que Neal pourrait lui accorder, même sept ans après, elle ne semble cependant pas décider à aller vers lui pour comprendre le problème. Certainement avait-elle prit l’habitude à ce qu’il vienne à elle. Dans un soupir de lassitude à force de se poser des questions, Victoria se redressa rapidement et sa main tapa brutalement contre le verre, qui roula jusqu’à se fracasser sur le sol. Fermant un moment les yeux d’exaspération, elle ré-ouvrit ses iris sur son frère avec une moue qui implorait une sorte de pitié avant de descendre du tabouret pour tenter, tant bien que mal, à ramasser les morceaux de verre qui jonchaient sur le carrelage blanc. Elle clopina tranquillement vers la poubelle avant de se retourner, un léger sourire aux lèvres.

VICTORIA : Et au faites, avec Hailey… T’as conclu ? inutile qu’il lui mente, elle le savait déjà. elle n’était pas Victoria Blythe pour rien. mais elle voulait une réponse franche et assurée de la part de son frère, d’où l’air taquin qu’elle avait adopté.

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(famille Blythe) DOUBLE TROUBLE

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