AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 there's a fire starting in my heart (rosenberg)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
Invité
Invité




Message(#) Sujet: there's a fire starting in my heart (rosenberg) Mer 5 Oct 2011 - 20:51

Ned pénétra dans le bar avec un sourire qu’il ne parvenait pas à réprimer. Ah ! Voilà qu’après une dure journée passée derrière son écran d’ordinateur, il pouvait s’offrir quelques heures de détente. Un bon verre de bière et une discussion animée suffiraient à lui changer les idées alors que son cerveau était comme dans un étau, pressé par la concentration dont il avait dû faire preuve durant trop d’heures consécutives. Il s’arrêta au milieu d’une foule de nouveaux arrivants et expira, comme s’il se délectait de l’ambiance qui se dégageait de ses lieux. Pourtant il les connaissait par cœur, il fréquentait le bar depuis si longtemps qu’il faisait presque partie des meubles. Jamais il ne s’était lassé de l’endroit et il était devenu habituel de le voir trainer là les vendredis soirs et les week-ends, seul, avec un groupe d’amis ou en charmante compagnie. Il ne trainait pas dans les quartiers gays et savait qu’il ne serait pas dérangé ou mal vu s’il amenait un rendez-vous au Blue Lagoon. C’était donc devenu son quartier général et il connaissait certains des employés depuis si longtemps que bon nombre d’entre eux étaient devenus des amis proches. Ned avait cette capacité à s’attirer la sympathie et l’amitié des gens sans devoir faire beaucoup d’efforts. Il fallait dire qu’il était facile à vivre et avait la répartie acérée, sans jamais être assassine. Pas le moins du monde embarrassé par quoi que ce soit, il laissait les conversations dériver et ne semblait jamais perdre le fil de la discussion. C’est également cet intérêt qui faisait de lui un interlocuteur hors pair. Il s’intéressait vraiment aux gens, il les écoutait réellement et ne feignait pas du tout l’intérêt qu’il pouvait porter à des détails en apparence futile. Bien des femmes s’étaient amourachées de lui en pensant qu’il les draguait avant de réaliser qu’elles avaient affaire à un homosexuel pure souche qui ne s’en cachait pas et n’en jouait jamais. Ami sur lequel on pouvait compter, il ne finissait jamais la soirée seul, même lorsqu’il se pointait sans rendez-vous particulier. Il y avait toujours un visage familier pour le sortir de sa solitude et si ce n’était pas le cas, il faisait de nouvelles connaissances, c’était aussi simple que ça.
Se décidant à libérer le passage, il se faufila parmi les fêtards et alla s’accouder au bar, ouvrant un bouton de sa chemise, tant la chaleur l’accablait déjà. « Un martini blanc » commanda-t-il avant de se détourner du comptoir pour jeter un coup d’œil alentour. Son œil avisé ne tarda pas à repérer un groupe d’amis qui squattait une table, dans un coin de la salle, à l’écart de la cohue. Il n’avait plus besoin de chercher, il savait déjà ce qu’il allait faire de sa soirée. « Et voilà ! » Ned reporta son attention sur le barman et le remercia en posant un billet dans la paume chaude et légèrement calleuse de l’employé. Il absorba une gorgée du délicieux alcool et entreprit de rejoindre ses amis. Le visage du premier à le repérer s’éclaira et Ned le gratifia d’une accolade avant de serrer la main de chacun des hommes qui formaient le cercle. Pas une nana en vue, mais cela ne saurait tarder, Ned le savait. Il s’installa près d’un blond aux cheveux bouclés qui s’était légèrement poussé. La conversation alla bon train, ils échangèrent des banalités puis un premier gars quitta le groupe, ayant repéré une ‘sirène’ parmi la foule mouvante. Ned leva son verre pour lui souhaiter bonne chance et il allait reprendre le sujet où ils l’avaient laissé lorsque son regard fut capté par une silhouette qui ne lui était pas inconnue. Et pour cause : il s’agissait de son voisin direct, un bel Apollon qui dégageait un charme indéniable et qui opérait sur Ned une fascination indéfinissable. « Je reviens » déclara-t-il distraitement en tendant son verre à son interlocuteur. Celui-ci parut surpris durant une poignée de secondes, avant d’émettre un rire en comprenant que toute l’attention de Ned s’était envolée vers l’autre bout du bar. « Bonne chance ! » s’exclama-t-il en observant le webdesigner qui se frayait un chemin parmi les clients, complètement sourd à tout ce qui l’entourait.


Dernière édition par Ned Norton le Jeu 2 Fév 2012 - 20:24, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: there's a fire starting in my heart (rosenberg) Jeu 6 Oct 2011 - 20:13

« Quoi ? Comment ça, t'as trouvé autre chose à faire ? » Elie était ulcéré. Ul-cé-ré. Rien pourtant ne le destinait à faire prendre cet air renfrogné et bougon à son joli visage. Il se trouvait au Blue Lagoon, le bar branché de Miami où il devait – normalement – prendre un verre avec une amie. Ladite amie qu'il tenait au bout du fil et qui tentait de se justifier par tous les moyens possibles et inimaginables. « Je t'assure, Elie, j'étais sur le point de partir et ... » « Et quoi, hein ? Un plombier sexy est venu sonner à ta porte ? » « ... Ben, oui. » « QUOI ?! » « Mais si, tu sais, je t'ai parlé d'Enrique ! Il est venu réparer la tuyauterie deux ou trois fois chez moi – tu sais bien que mon proprio est un sale con et enfin bon, apparemment, je lui ai plu et là, il ... » « Tu me lâches pour t'envoyer en l'air ?! MAIS QUEL GENRE D'AMIE ES-TU ?! » Le genre réaliste. « Elie, t'es peut-être un abstinent chronique, mais c'est pas le cas de tout le monde ! J'AI BESOIN QU'ON ME FASSE GRIMPER AUX RIDEAUX FLUTE ! » « Quoi ?! Mais n'importe quoi, je suis pas un abst- ... Merde ! » Sans s'en rendre compte, Elie gesticulait depuis un bon bout de temps, son verre à la main, son portable dans l'autre, et à force de bouger dans tous les sens, s'énervant tout seul sur la malheureuse Alice Lockart qui lui avait posé un lapin pour jouer à la bête à deux dos avec il ne savait quel plombier latino. Et à force de s'agiter dans tous les sens, la probabilité que son bras heurte quelqu'un d'autre se vérifia. Aussitôt, Elie se tourna vers celui qu'il avait malencontreusement éclaboussé de vodka-jus de citron-triple dose de sucre, s'apprêtant à se répandre en excuses. « Je suis vraiment déso- » Ses yeux s'écarquillèrent et il ne put dire un mot de plus. Le sort s'acharnait contre lui. Ou lui donnait un coup de pouce, il l'ignorait encore. Alice parlait toujours dans le combiné, larmoyante. Elie n'y fit pas attention et coupa la communication, mettant fin aux pleurnicheries de son amie. C'était peut-être finalement une bonne chose qu'elle ne soit pas venue ...

Combien y avait-il de chances pour qu'il tombe sur son voisin – celui-là même qui s'était rendu responsable de la fuite de son oiseau – ce soir ? Probablement ... Allez, peut-être cinq sur cent dix mille au moins ! Mais encore et toujours, le peintre semblait jouer de malchance (ce qui, peut-être, profondément enfoui sous des tonnes de mauvaise foi, ne lui déplaisait pas plus que ça) et c'est bien en face du charmant jeune homme qu'il se trouvait et qu'accessoirement, il venait d'asperger. Elie se passa nerveusement la langue sur les lèvres. Les dégâts sur la chemise de son voisin n'étaient pas catastrophiques mais tout de même. Il faisait vraiment une su-per impression, là. « Je suis ... Je suis vraiment navré, je n'avais pas vu et ... » Il s'enfonçait pitoyablement. Qu'est-ce qu'il fallait faire dans ces moments-là ? Dans ce genre de moments qui n'appartenaient qu'aux comédies romantiques qu'il se plaisait à critiquer en compagnie de Nuala ? Réprimant son envie folle de fuir à toutes jambes, Elie prit sur lui, poussa un gros soupir intériorisé. « Euh, si vous ... Vous n'êtes pas trop trempé, je ... euh ... Je peux vous offrir un verre ? » NUL ! Vu, vu et revu ! Maudissant sa totale incapacité à faire preuve d'originalité dans le choix de ses phrases d'accroche, il se passa la main dans les cheveux, remerciant le ciel pour que la relative pénombre dans laquelle était plongé le bar camoufle ses joues roses et brûlantes. Il lui semblait d'ailleurs que l'endroit avait gagné quelques degrés, restait à savoir si ses soudaines bouffées de chaleur était tantôt dû à la marée humaine, ou bien plutôt à ce bouton de chemise savamment défait qu'arborait son charmant voisin au nom inconnu, et qui laissait apercevoir juste ce qu'il fallait de cou découvert pour enflammer l'imagination la plus chaste. Celle d'Elie, par exemple. D'ailleurs, dans son trouble, il avait totalement oublié de se présenter.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: there's a fire starting in my heart (rosenberg) Sam 15 Oct 2011 - 19:35

Son voisin, Ned l’avait repéré dès le premier regard. Il avait généralement l’œil pour repérer les créatures alléchantes du genre mais il ne pouvait ignorer la pointe qui lui avait transpercé le ventre à la vue de l’inconnu. Il l’avait marqué, hypnotisé, chose qui n’était jamais arrivée avant cela. Ned s’était demandé si c’était ‘ça’ qu’on appelait le coup de foudre mais il avait décidé que non. Il n’avait jamais vraiment adressé la parole à son voisin, tout juste s’il l’avait salué d’un hochement de la tête, d’un geste de la main ou d’un sourire. Timide, il ne l’était pas. Pas en temps normal, en tout cas. Mais il était impressionné pour une raison qu’il ignorait totalement et pas une seule fois dans son esprit, l’idée que l’autre soit hétérosexuel avait pu lui traverser l’esprit. C’était comme si c’était inconcevable qu’il soit attiré à ce point par un homme qui ne regarderait que les femmes. Mais il ne pouvait pas non plus affirmer avoir perçu quoi que ce soit qui indique une attirance réciproque. Qu’à cela ne tienne, il le découvrirait ce soir ! Et se pouvait-il qu’il ruine toute chance de connaitre l’autre en étant trop spontané, trop franc ? Qu’il fasse fuir le bel étalon par une façon de l’aborder trop osée ? Oui, cela lui traversa l’esprit. Mais, honnêtement, il n’eut pas vraiment le temps de la laisser s’insinuer plus loin dans sa conscience parce qu’il avait atteint les abords du jeune homme et il ne lui restait qu’une seconde et demie, voire deux, pour décider de la méthode d’approche adéquate. Il n’avait jamais vraiment réfléchi à ce moment, à ce qu’il dirait ou ferait quand il croiserait le regard pénétrant de son artiste de voisin. Il était trop pressé pour cela, ses pensées l’emportaient généralement plus loin, quand le stade de la discussion était depuis longtemps passé et qu’il passait ses doigts sur les lèvres du trentenaire, qu’il respirait son parfum masculin, qu’il caressait chaque parcelle de son corps. Il repoussa ces images, refusa qu’elles s’insinuent en lui, de peur que ses pensées se lisent dans son regard flamboyant. De plus, il était assez près pour entendre des fragments de la conversation que son voisin avait avec Dieu sait qui – son petit ami ? Non, son amie. Pas sa petite amie, ce qui ravit davantage Ned qui croisa les bras sur son torse, tendant l’oreille, se contrefichant de l’image qu’il pouvait donner à rester planté derrière son futur interlocuteur sans rien faire d’autre que sourire comme un imbécile. « Quoi ?! Mais n’importe quoi, je suis pas un abst-… Merde ! » Célibataire, donc. Encore mieux ! Ned n’eut pas le réflexe de s’écarter quand son voisin s’agita – et même s’il en avait eu l’occasion, rien ne prédisait qu’il en aurait fait l’effort – et quand le liquide se déversa sur sa chemise, il fit un pas en arrière, dénouant ses bras, la surprise s’affichant sur son visage, faisant disparaitre la moue charmée qu’il arborait une seconde plus tôt. « Je suis vraiment déso- » Ned, loin d’arborer un air courroucé, secoua sa main dégoulinante puis porta son pouce à ses lèvres, le suçotant d’un air amusé en découvrant la mine médusée de son voisin. Au moins l’avait-il reconnu, ce qui était déjà un bon point parce que si Ned avait dû expliquer qu’il résidait dans la demeure voisine à la sienne, c’aurait été profondément affligeant. « Je suis… Je suis vraiment navré, je n’avais pas vu et… » Ned s’essuya les mains sur le pantalon en secouant la tête : « Y a pas de souci, j’ai mes torts, j’aurais dû faire plus attention au lieu de rester planté derrière vous… » Il ne précisa pas qu’il écoutait attentivement la moindre de ses paroles, évidemment. « Euh, si vous… Vous n’êtes pas trop trempé, je… euh… Je peux vous offrir un verre ? » Voilà qui était parfait ! Ned avait une certaine expérience en ce qui concernait ces offres de verre, elles l’avaient rarement mené ailleurs que dans un lit étranger mais pour l’instant, ce n’était pas son objectif. Il ne s’agissait pas d’une proie quelconque, d’une conquête comme les autres : c’était son voisin ! Si tout foirait, vive l’ambiance lorsqu’ils se recroiseraient. Il n’y avait pas que cela, naturellement, mais c’était l’excuse qu’il s’était trouvée. « Volontiers ! » déclara donc Ned, ravi que tout aille dans son sens – sa bonne étoile veillait-elle donc sur lui ? « Ned Norton, au fait. » ajouta-t-il en lui tendant une main confiante. Toute l’appréhension s’était envolée. Il se sentait étrangement très à l’aise, malgré l’enjeu de la suite des événements. C’était probablement le fait qu’il parlait enfin (!) à son voisin, chose qu’il n’avait pas envisagée, encore moins préparée. « Un Martini blanc serait parfait. » Et dire qu’il ne l’avait même pas fait exprès. Il aurait pu, se dit-il alors qu’il tournait son attention vers le barman. Il aurait pu avoir l’idée de bousculer le jeune homme pour provoquer la rencontre, et il avait fallu que la situation soit inversée. Quelqu’un veillait-il vraiment sur lui ce soir ?
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: there's a fire starting in my heart (rosenberg) Lun 17 Oct 2011 - 22:28


Elie ne savait pas s’il devait apprécier le délicieux sourire de son voisin, ou le craindre comme la peste. Confus, son cœur s’était accéléré à la vue du jeune homme et il ne ralentissait pas la cadence. « Volontiers ! » Un instant, Elie se demanda de quoi il parlait et il lui fallut toute sa volonté pour se souvenir, que, en effet, quelques secondes plus tôt, il l’avait tout naturellement invité à prendre un verre, ce qui lui semblait désormais être l’idée la plus ahurissante de stupidité dont il avait été capable. « Ned Norton, au fait. » Elie serra la main amicalement ( ?) tendue, tâchant de ne pas s’attarder ni sur la chaleur ni sur la douceur de la peau. « Enchanté. » répondit-il aussi poliment que lui permettait son angoisse chronique des relations humaines, et plus particulièrement des relations humaines avec son beau, jeune et très charmant voisin. Il aurait menti en disant qu’il ne voulait pas faire sa connaissance. Depuis leur rencontre fortuite, il ne pouvait pas nier que le jeune homme lui trottait dans la tête. Seulement, il s’était convaincu que ça ne voulait rien dire. Après tout, il avait le droit de trouver son voisin mignon et de penser à lui de temps à autre. Ca ne l’obligeait absolument pas à aller camper devant sa porte un bouquet d’œillets à la main. « Un Martini blanc serait parfait. » « Deux Martinis blancs, alors. » Il n’était pas certain que boire plus que nécessaire soit une bonne idée mais Elie avait besoin d’un remontant. Il y avait tellement longtemps qu’il n’avait pas été confronté à ce genre de situation (si jamais il se passait quelque chose, bien sûr). Il se sentait comme un jeune collégien transi et niais, ce qu’il n’était pas et ce qu’il n’avait jamais été, merci bien. Il avait toujours aimé jouer le jeu de la séduction. Mais face à Ned, il était perdu. Pas seulement parce que c’était son voisin, mais aussi et surtout, parce que c’était le premier homme depuis la mort de Nathan qui parvenait à le troubler et ... à lui plaire. Son sourire, surtout. La définition même du (très) charmant.

En attendant, Ned s’adressait toujours à un inconnu et Elie décida d’y remédier. « Je suis Eliezer Rosenberg. » Il maudit ses parents une fois de plus. « Enfin, vous pouvez m’appeler Elie. Parce qu’Eliezer ... Enfin, c’est vraiment atroce. » On leur apporta les Martinis et Elie en but une gorgée. Il lui semblait que le bloc de glace tombé au fond de son ventre fondait peu à peu et il se détendit. Rien qu’un peu, certes, mais c’était toujours mieux que de rester paralysé et de passer pour un imbécile frigide et ronchon. « Je vous remercie, pour l’oiseau. Ce n’était pas un premier contact très agréable, vous n’étiez pas obligé. » Elie se mordit la lèvre. Il n’était pas connu dans le voisinage pour sa délicatesse ou son tact légendaire. Au contraire. Il était plutôt le voisin qui omettait toujours les friandises à Halloween, ne tondait jamais sa pelouse, oubliait de prendre le journal déposé chaque matin et qui laissait des piles moisir sous son porche. Le voisin dont on se demandait ce qu’il faisait dans un quartier aussi propret. « On ne s’était jamais croisés avant ... » Plus élégant, tu meurs. Elie eut un sourire contrit et se passa la main dans les cheveux. « Vous ne manquez rien, je suis un voisin abominable. » Elie se passa la main dans les cheveux et se débarrassa de son blouson. Il se rendait compte que deux années d’abstinence avaient légèrement rouillé sa machinerie de guerre ... Puis flûte, il ne savait pas quoi attendre de cette soirée, c’était Ned qui avait commencé en lui déposant un oiseau et un petit mot sur le pas de sa porte, alors il estimait que c’était à son voisin de faire le paon et de le convaincre que tout ce cirque rimait à quelque chose.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: there's a fire starting in my heart (rosenberg) Mar 25 Oct 2011 - 22:38

Ned avait l’avantage de ne jamais être affecté par ce qui l’entourait. Au centre de l’attention ou simple électron libre dans une foule compacte, il se sentait à l’aise, quoi qu’il arrive. Une qualité non négligeable, surtout lorsqu’il s’agissait d’obtenir ce qu’on désirait. Il n’avait jamais eu peur de mettre les bouchées doubles pour arriver à ses fins et rien n’était de trop pour atteindre un objectif. Or, ce soir, l’enjeu était de taille, mais l’angoisse n’avait nullement sa place entre lui et son voisin. Maintenant qu’il avait enfin franchi la barrière du simple bonjour – il ne criait pas encore victoire, attention ! – il savait qu’il devait tout faire pour que les choses poursuivent leur cours, puisqu’elles avaient si bien démarrées. Il avait toutes les cartes nécessaires en main : il savait que son charme plaisait habituellement, qu’il avait l’humour un peu décalé mais apprécié et qu’il ne manquait pas de conversation et il n’y avait là aucune prétention, juste l’éducation maternelle qui avait su faire grandir en lui une confiance naturelle sans être exagérée. Ned ne se posa pas la question de savoir si le jeune artiste se doutait de ce qu’il avait derrière la tête. D’après lui, la note qu’il avait laissée, sur une hypothétique sortie en tête-à-tête était suffisamment explicite et si son voisin n’avait pas encore fui à toutes jambes, c’est qu’il y avait une lueur d’espoir pour le webdesigner. À moins qu’il n’ait pas lu ou su décoder le message. Mes ces options-là n’étaient pas envisageables, Ned refusait de les prendre en considération, n’ayant jamais été du genre à envisager le pire mais à voir au contraire le bon côté des choses, sans être non plus un optimiste idéaliste. S’il décela le moindre malaise chez son crush, il n’en montra rien, voulant éviter d’approfondir celui-ci. Il voulait le voir à l’aise, il voulait voir son visage s’illuminer, s’embraser. Il voulait entendre son joli timbre de voix et sourire comme un idiot à chacune de ses paroles. Il n’était pas romantique, juste charmé et il y avait tellement longtemps qu’un homme n’avait pas eu un effet pareil sur lui que c’en était non seulement distrayant mais également apaisant. Enfin, les palpitations, spontanées et vraies, revenaient à la charge. Il n’y avait pas plus délicieux aux yeux de Ned que cette dose d’adrénaline due à l’inconnue de leur rencontre. Allaient-ils s’entendre ou au contraire découvrir quelque chose de désagréable chez l’autre ? Peu importe. Il s’agissait d’un jeu avant tout, la découverte d’un être inconnu, avec ses différentes facettes, ses qualités et ses défauts. « Je suis Eliezer Rosenberg. Enfin, vous pouvez m’appeler Elie. Parce qu’Eliezer… Enfin, c’est vraiment atroce. » Enfonçant les mains dans ses poches d’un air décontracté, Ned haussa les épaules, répliquant simplement : « Enchanté, Eliezer. » Et d’emblée, il savait qu’il préférait l’appeler ainsi que par son diminutif, qu’il trouvait plus banal. S’il était vrai que son prénom était un peu étrange, il avait au moins l’avantage d’être original. Ned remercia le barman d’un clin d’œil et attrapa son verre, s’abstenant toutefois de le porter immédiatement à ses lèvres, reportant son attention sur Eliezer alors que celui-ci reprenait : « Je vous remercie, pour l’oiseau. Ce n’était pas un premier contact très agréable, vous n’étiez pas obligé. » « Pour qui, pour l’oiseau, ou pour moi ? » plaisanta Ned, ravi de voir son voisin plus bavard que ce à quoi il s’attendait. Le voilà qui faisait la conversation sans que le webdesigner n’ait à lui tirer les vers du nez. Tout était parfait. « On ne s’était jamais croisés avant… Vous ne manquez rien, je suis un voisin abominable. » Ah, qu’il était séduisant, à se passer la main dans les cheveux de cette façon. Ned dut se mordre l’intérieur de la joue pour ne pas révéler le fond de sa pensée. Mais les mots qui s’échappèrent de ses lèvres laissaient sensiblement poindre ce qu’il pensait exactement de son ‘abominable’ voisin : « Abominable n’est pas vraiment le terme que j’aurais utilisé… » Il n’allait pas dire qu’il le trouvait plus adorable, incroyablement attirant et plutôt mystérieux. Ils n’en étaient pas à ce stade-là, il ne voulait pas brûler les étapes. « Avez-vous déjà rencontré la vieille femme du coin de la rue ? Elle, elle est abominable. Elle colporte des rumeurs en se basant sur ce qu’elle peut observer de son porche. Autant dire qu’elle se méprend la plupart du temps mais c’est la loi du quartier. Vous… Vous n’êtes pas bruyant, ni envahissant. Vous vivez tranquillement, sans causer d’ennui. Je ne vois pas ce qu’il y a d’abominable là-dedans. » Portant le Martini à ses lèvres, il sirota une gorgée et ajouta : « Qu’est-ce que vous faites dans la vie ? Vous m’avez l’air souvent concentré. » Il réalisa qu’il se trahissait, laissait deviner un espionnage régulier mais tant pis. S’il s’en offusquait, Ned trouverait bien une parade pour se dégager de cette situation avec panache. En attendant, il voulait faire comprendre à Eliezer qu’il avait beau être assez en retrait, lui, le webdesigner, n’avait pas manqué de le remarquer.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: there's a fire starting in my heart (rosenberg) Ven 28 Oct 2011 - 0:13

« Abominable n’est pas vraiment le terme que j’aurais utilisé… » Eliezer ne sut pas où il avait trouvé le courage de relever les yeux tant ses joues le brûlaient. Vite, une gorgée de Martini. Aussitôt que l'alcool franchit ses lèvres, il retrouva (ou crut retrouver) un peu de contenance. Il avait l'impression de jouer aux montagnes russes : un instant, sa confiance était au beau fixe et la minute d'après, il était aussi fébrile qu'un gosse de dix-sept ans. Et il se sentait d'autant plus stupide que le compliment sous-entendu que son voisin lui avait fait était un effet de son imagination débordante. Débordante, et en manque cruel d'affection, surtout. Une nouvelle gorgée de Martini devrait y remédier. « Avez-vous déjà rencontré la vieille femme du coin de la rue ? Elle, elle est abominable. Elle colporte des rumeurs en se basant sur ce qu’elle peut observer de son porche. Autant dire qu’elle se méprend la plupart du temps mais c’est la loi du quartier. Vous… Vous n’êtes pas bruyant, ni envahissant. Vous vivez tranquillement, sans causer d’ennui. Je ne vois pas ce qu’il y a d’abominable là-dedans. » Rassuré par le Martini qu'il venait de s'enfiler en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, Elie s'autorisa à faire naître un sourire sur les lèvres. Il connaissait cette fameuse voisine et il avait déjà fait les frais de ses ragots rageurs. Ce dont il se fichait royalement. « Qu’est-ce que vous faites dans la vie ? Vous m’avez l’air souvent concentré. » Elie ne se départit pas de son sourire mais se tendit légèrement. Il savait que la fenêtre de son atelier donnait sur la maison d'à-côté et il venait tout juste de prendre conscience que son voisin avait donc tout le loisir de l'observer à sa guise. L'idée, sans être effrayante, lui paraissait un peu dérangeante. C'est vrai quoi, il n'avait pas payé une petite fortune pour vivre dans un quartier ultra-huppé et se faire finalement épier par un voisin psychopathe. Alors qu'il allait rétorquer quelque chose dans le genre de « ah oui, et la vue est intéressante ? », une petite voix qu'il n'avait jamais entendu auparavant lui tapa sur les doigts et lui intima d'être aimable. Ne sors pas les griffes, Elie. Bois un coup, souris et arrête de faire ton bizarre. Elie aurait bien voulu ignorer la petite audacieuse, mais il devait admettre qu'elle avait parfaitement raison. Alors il décida de faire monter la conversation d'un cran, dusse-t-il s'en mordre les doigts plus tard. Il allait faire passer le dialogue du vous au tu, et ce sans retour possible.

« Je crois qu'on peut se tutoyer, non ? J'ai l'impression d'être vieux quand on me vouvoie. » Passer le cap de la trentaine avait été difficile, surtout avec l'absence assourdissante de Nathan. Et Elie ne tenait pas particulièrement à penser à sa propre fin. « Je restaure des oeuvres d'art anciennes. Là, je m'occupe d'une fresque florentine qui date du XVIème siècle. C'est pour ça que je suis tellement ... 'concentré'. » ajouta-t-il d'un air presque narquois. Sans s'en rendre compte, ses doigts jouaient avec le rebord du verre qu'il avait laissé sur le comptoir. « C'est si intriguant que ça, ce que je tarabiscote dans mon atelier, pour que tu t'y intéresses ? » Les mots étaient sortis presque tout seuls, comme lui brûlant la langue. Elie ignorait lui-même ce qu'il avait voulu faire passer comme message avec cette question. Il ne maîtrisait pas vraiment la subtilité, surtout quand il était confus et surtout, il ne comprenait pas ce que Ned lui voulait. Il allait peut-être passer pour ... Pour pour un type affamé d'affection, pour un dangereux déséquilibré, pour il ne savait pas quoi encore. Et si d'habitude, il se fichait royalement de ce que qui se disait de lui, ce n'était pas le cas avec Norton. « Euh, je ne voulais pas dire que ça me dérangeait. Juste que ... Que ... » Il se passa la main dans les cheveux une nouvelle fois. « Euh ... Bref. Ca n'a aucune importance. A mon tour. Qu'est-ce que tu fais dans la vie, Ned Norton ? » Il sut finalement ce qu'il avait voulu dire, mettant par la même occasion le doigt sur le trouble qui l'animait depuis le début de la conversation. Pourquoi tu t'intéresses à moi ? Voilà, voilà la vraie et seule question qu'il voulait poser à son charmant voisin. Si seulement il en avait eu le courage et la force, et surtout, surtout, si seulement l'image de Nathan ne revenait pas à la charge à chaque fois ...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: there's a fire starting in my heart (rosenberg) Dim 30 Oct 2011 - 22:47

Il était incapable de dissimuler le sourire charmé qui lui étirait les lèvres alors qu’il contemplait Eliezer. Chacune de ses mimiques, chacun de ses gestes avait l’art de tourmenter son sérieux. Il allait finir par croire qu’il se fichait de lui mais c’était tout le contraire. Il y avait longtemps qu’il n’avait pas eu une relation sérieuse et était donc rôdé à ce jeu du chat pourchassant sa proie. Le seul problème, c’est qu’une fois qu’il avait joué avec sa victime, il s’en lassait rapidement et n’avait aucun remords à la délaisser. Tout le souci résidait donc dans ce qui suivrait. Parce que contrairement aux autres, qui avaient constitué pour Ned une simple distraction, il ne voulait pas que cela soit pareil avec son voisin. Pour ne pas altérer leurs relations de voisinage, déjà, mais également parce qu’il n’était pas certain de faire taire cette petite flamme qui lui brûlait le ventre s’il en venait à se faire détester de son voisin. Bon, il exagérait sensiblement, sachant que personne à sa connaissance ne le haïssait véritablement, mais si Eliezer devait lui trouver des défauts particulièrement déplaisants, il ne savait pas trop comment il parviendrait à le convaincre de lui donner une seconde chance. Heureusement, ils étaient encore loin du danger alors que la conversation s’entamait à peine, et de façon plutôt cordiale, comme le jugea le webdesigner. Du moins le croyait-il jusqu’à ce qu’il remarque une légère tension chez le jeune artiste. Peut-être aurait-il dû y aller mollo et être un peu plus subtil. Mais Ned n’avait jamais dû faire preuve de tact. Ses interlocuteurs savaient généralement à quoi s’en tenir et si la suite ne les intéressait pas, ils le faisaient clairement savoir. Ned n’insistait pas, il n’en voyait pas l’intérêt. Il n’avait plus qu’à espérer qu’Eliezer ne lui envoie pas de signaux de ce style car il aurait cette fois plus de mal à laisser tomber l’affaire. Il ne pouvait pas échouer si près du but, il ne pouvait pas envoyer valser ses chances d’en apprendre davantage sur son coup de cœur. Ce serait un bel échec, le genre qu’il n’avait pas connu depuis un bon moment. « Je crois qu’on peut se tutoyer, non ? J’ai l’impression d’être vieux quand on me vouvoie. » Ned accepta d’un hochement de la tête, le sourire toujours pressé sur ses lèvres. Si ses amis le voyaient occupé, il était sûr qu’ils se ficheraient bien de sa tête. Mais il savait également qu’ils connaissaient par cœur son crush pour un inconnu, à défaut de savoir de qui il s’agissait exactement. Cette part-là, il l’avait jalousement gardée pour lui, de peur d’être déçu lorsqu’il découvrirait l’hétérosexualité de son voisin, ou lorsqu’un quelconque autre obstacle viendrait se glisser entre lui et le bonheur absolu. Mais tout allait finalement pour le mieux. « Je restaure des œuvres d’art anciennes. Là, je m’occupe d’une fresque florentine qui date du XVIème siècle. C’est pour ça que je suis tellement… ‘concentré’ » « Je vois » répondit Ned, qui ne voyait pas du tout, en réalité, n’ayant jamais été porté sur ce type d’art mais il était prêt à parier qu’Eliezer parviendrait à lui faire apprécier n’importe quelle forme d’art. Tant qu’il en parlait, Ned pouvait l’écouter sans broncher. « C’est si intriguant que ça, ce que je tarabiscote dans mon atelier, pour que tu t’y intéresses ? » Surpris par ce retournement de situation, à la fois amusé mais pris de court, Ned ouvrit la bouche. Touché ! C’était plutôt la passion qui semblait l’habiter qui impressionnait Ned mais cette information, il la garda pour lui. « Euh, je ne voulais pas dire que ça me dérangeait. Juste que… que… Euh bref. Ça n’a aucune importance. À mon tour. Qu’est-ce que tu fais dans la vie, Ned Norton ? » « Je m’occupe de design pour des petites compagnies qui se lancent sur le marché » dit-il simplement. « Ce n’est pas du grand art, je ne sais rien faire de mes dix doigts mais en ce qui concerne les programmes informatiques, je suis plutôt habile. » Il agita les doigts, par plaisanterie puis ajouta, un peu plus sérieux : « Je ne passe pas mon temps à t’observer, je tiens juste à le préciser. » - ou si peu… - « C’est juste que comme je travaille la plupart du temps dans mon salon, je t’ai vu travailler et ça m’intriguait, c’est vrai. Tu es si sérieux, plongé dans ton boulot comme si plus rien n’existe autour. Je crois que c’est ça qui m’a plu. Cette bulle qui t’entoure, qui te donne cette aura particulière. Tu avais l’air... inaccessible. Mais je suis ravi de voir que tu ne l'es pas. Ça aurait été dommage. » Il n’allait pas lui proposer de l’envoyer sur les roses s’il le trouvait trop envahissant ou trop franc parce qu’il craignait qu’il soit bien capable de le faire. Il ignorait si Eliezer était sur ses gardes ou s’il se faisait des idées mais il avait pourtant l’impression d’avoir été plutôt clair sur le fond de sa pensée lorsqu’il avait proposé d’aller boire un verre. Ou peut-être pas. Finalement, la forme écrite pouvait prêter à confusion, là où le langage oral dissipait tout malentendu. Raison de plus pour poursuivre cette conversation et s’assurer que l’artiste comprenait bien que ce n’était pas le besoin de se faire des amis qui poussait le webdesigner à l’aborder.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: there's a fire starting in my heart (rosenberg) Lun 31 Oct 2011 - 22:41

« Je m'occupe de design pour des petites compagnies qui se lancent sur le marché. Ce n’est pas du grand art, je ne sais rien faire de mes dix doigts mais en ce qui concerne les programmes informatiques, je suis plutôt habile. » Lorsque Ned agita les doigts, Elie eut une pensée totalement inavouable et complètement déplacée qu'il préféra enterrer au fin fond de sa conscience. Et pourtant, le fourmillement lointain qu'il ressentait dans le creux de son ventre ne cessait pas. Au contraire, il se trouvait amplifié par ce je ne sais quoi qu'il y avait dans le sourire de Norton et tout ce que ça pouvait promettre. Et tout à coup, quelque chose sembla changer. Même si l'ombre de Nathan était toujours là, le sourire de Ned semblait l'avoir dilué à l'extrême et elle n'était plus qu'un fantôme diaphane dont il n'avait presque plus conscience. Il y avait tellement qu'on ne lui avait pas adressé ce sourire que son pouvoir était comme multiplié. Est-ce que ça voulait dire qu'il consentait à laisser le charme opérer ? « Je ne passe pas mon temps à t’observer, je tiens juste à le préciser. C’est juste que comme je travaille la plupart du temps dans mon salon, je t’ai vu travailler et ça m’intriguait, c’est vrai. Tu es si sérieux, plongé dans ton boulot comme si plus rien n’existe autour. Je crois que c’est ça qui m’a plu. Cette bulle qui t’entoure, qui te donne cette aura particulière. Tu avais l’air... inaccessible. Mais je suis ravi de voir que tu ne l'es pas. Ça aurait été dommage. » Eliezer eut une pensée pour Nuala et se promit de ne jamais lui répéter le coup de « l'aura mystérieuse ». Elle aurait été capable d'aller trouver Ned et de lui demander l'adresse de son dealer. Quand à lui, il hésitait entre trouver extrêmement séduisant le fait d'être l'objet d'une attention soutenue ou bien éprouver une sorte de curiosité un peu voyeuse maintenant qu'il savait qu'il pouvait lui aussi jeter des oeillades curieuses à son voisin ... En toute discrétion bien sûr.

Mais en aucun cas, il n'était angoissé. Peut-être que ça le reprendrait demain, mais pour l'instant, il trouvait les choses excitantes, intéressantes, et il ne ressentait aucune culpabilité. Absolument aucune. Il allait répondre quand soudain, il perçut du mouvement à l'arrière du bar, dans le dos de Ned et il remarqua alors un groupe d'hommes les yeux et les bras braqués sur eux. A la vue de leurs airs goguenards, et de leurs sourires plutôt narquois rivés plutôt sur Ned que sur lui, en vérité, Elie en déduisit que c'était les amis du jeune homme. Alors qu'il se serait senti gêné une autre fois, Eliezer les désigna d'un coup de tête. « Je crois qu'on t'observe derrière. » fit-il avec un sourire. Ses yeux se firent charmeurs sans qu'il ne s'en rende véritable compte, et il continua avec un sourire assorti. « Tu avais parié que tu réussirais à conclure ce soir ? » Paf, lui qui avait évité le sujet mettait les pieds dans le plat. Un poids sembla s'alléger de ses épaules, et les battements de son cœur s'accélérèrent légèrement. Pas d'une soudaine bouffée d'angoisse, mais plutôt d'ivresse. Une ivresse délicieuse, qu'il croyait avoir oublié mais qu'il retrouvait peu à peu. « Je ne suis pas ce genre d'homme mais j'avoue que c'est la première fois qu'on me parle de mon aura. J'aime beaucoup ça. » le taquina-t-il. L'exaltation que provoquait ce jeu nouveau de séduction gagnait tout son corps, du long de son dos jusqu'au bout de ses doigts. Il avait oublié qu'il pouvait désirer et être désiré, et ce soir était une seconde révélation. Qu'importe demain, maintenant, il aurait tout le temps de regretter ses actes et de se traiter de fou. Maintenant, il voulait jouer. Il était prêt, il n'avait pas oublié les règles et surtout, il se sentait incapable de perdre.

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: there's a fire starting in my heart (rosenberg) Lun 31 Oct 2011 - 23:32

C’était un peu comme si tout ce qui se passait en dehors de leur périmètre était sans importance. Des ombres qui flottaient autour d’eux, un bruit de fond, des visages flous, sans intérêts. Le bar était bondé mais il aurait pu être déserté que cela serait revenu au même pour Ned. Il pouvait être tellement distrait et dissipé par moment, alors que rien n’aurait pu le tirer de sa contemplation à présent. Il aurait fallu le secouer pour l’éveiller, pour le forcer à se détourner du visage d’ange qu’il avait appris à adorer, sans même connaitre la personnalité de celui-ci. Il n’aimait pas se fier aux apparences mais dans ce cas-ci, il n’avait pu faire autrement. À défaut de pouvoir apprendre à connaitre son voisin, il s’était mis à le regarder, à guetter ses passages devant la fenêtre et à chérir ces instants volés où il l’observait, alors qu’il était complètement inconscient de l’espionnage dont il était victime. Mais maintenant il avait l’opportunité de changer la donne et il ferait tout pour ne pas la gâcher ou la voir éclater en morceaux. « Je crois qu’on t’observe derrière. » Ned n’eut pas vraiment besoin de jeter un coup d’œil par-dessus son épaule pour savoir de qui il s’agissait. Il connaissait suffisamment de monde parmi la foule pour savoir que dans le tas, il y aurait forcément quelqu’un pour remarquer qu’il était en grande conversation avec un inconnu – inconnu qui, ils le déduiraient rapidement, ne pouvait être que le fameux bellâtre dont il leur avait bassiné les oreilles ces dernières semaines – ou bien était-ce déjà des mois ? Il amorça cependant un mouvement pour se retourner. Certains firent mine d’être en grande conversation mais quelques autres continuaient à l’observer, un sourire entendu aux lèvres. Le webdesigner leur adressa un signe et ils répondirent, probablement très fiers de leur coup. Voilà qui pouvait compliquer les choses. « Tu avais parié que tu réussirais à conclure ce soir ? » La bouche entrouverte, à la fois amusé et pris de court, Ned darda son regard dans celui, métamorphosé, de son interlocuteur. Il finit par se pincer les lèvres, loin d’être gêné par cette mise au pied du mur. Émettant un rire en secouant légèrement la tête, il répondit : « Pas vraiment, mais j’ai dû leur parler de mon crush pour mon voisin, à un moment ou un autre. C’est surtout ça, qui les amuse… » Au moins, le message était visiblement passé, même si c’était de façon inattendue. Ned ne s’attendait certainement pas à se faire renvoyer cette balle-là à la figure. « Mais l’idée m’a sûrement traversé l’esprit. » avoua-t-il, le sourire en coin. « Je ne suis pas ce genre d’homme mais j’avoue que c’est la première fois qu’on me parle de mon aura. J’aime beaucoup ça. » Ned rêvait-il ou la situation venait-elle de le retourner comme une crêpe. Lui qui n’avait pas su comment aborder son cher voisin se voyait doublé par celui-ci quand il fallait en venir aux choses sérieuses. Noyant son sourire dans son verre, Ned le fixa un instant. « Je fonctionne beaucoup à l’aura » expliqua-t-il. « Beaucoup plus qu’au physique, en réalité. Certains appellent ça du charisme, je préfère le terme d’aura. » Il jeta un regard derrière lui. La plupart de ses comparses étaient repartis dans leur conversation mais certains avaient toujours leur attention braquée sur eux. « Qu’est-ce que tu dirais d’aller voir ailleurs si on n’y est pas ? » proposa-t-il pour s’éloigner des regards indiscrets. « Je commence à avoir chaud, d’être sous tous ces projecteurs. » L’air frais lui ferait du bien. Un tête-à-tête, également, parce qu’il voulait absolument voir où cette discussion le mènerait. Il avait le cœur en feu, le ventre en ébullition et s’il ne les calmait pas rapidement, il allait agir sur un coup de tête, ce qu’il aurait préféré éviter. Surtout en public.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: there's a fire starting in my heart (rosenberg) Mar 1 Nov 2011 - 15:46

« Je fonctionne beaucoup à l’aura. Beaucoup plus qu’au physique, en réalité. Certains appellent ça du charisme, je préfère le terme d’aura. » Elie eut un petit rire (vite, qu'on apporte une médaille à Ned!). "Ben voyons." rétorqua-t-il d'un air sardonique. Norton s'imaginait peut-être qu'il allait tomber dans le panneau ? Elie n'était pas né de la dernière pluie, et maintenant qu'il en avait implicitement appris un peu plus sur son voisin, il savait que Ned appartenait à ce genre redouté, celui du chasseur déterminé. « Qu’est-ce que tu dirais d’aller voir ailleurs si on n’y est pas ? Je commence à avoir chaud, d’être sous tous ces projecteurs. » Un frisson remonta le long de son dos et pourtant, il ne faisait pas froid du tout à l'intérieur du Blue Lagoon. Elie eut un petit sourire. "Tu préfères les petits coins sombres ? C'est rassurant." Il sortit un billet de son portefeuille et le déposa près de son verre vide avant de quitter son tabouret et d'emboiter le pas à son voisin. Il était à la fois curieux et fébrile quand à la suite des évènements. Certes, il avait déjà une petite idée (n'importe qui en aurait eu une) mais il se refusait à l'envisager comme seule possibilité. Il lui avait dit : il n'était pas un homme "comme ça". Cependant, lorsqu'il passa à côté de la table des amis de Ned, il leur lança un regard éloquent. "Ned aura plein de choses à vous raconter demain ... Bonne soirée." Et il s'engouffra aussitôt par la sortie du bar, profitant d'un passage dans la foule compacte du bar, laissant son voisin se dépêtrer avec les remarques de ses amis pendant quelques instants, ravi comme un gosse de sa blague douteuse.

Lorsqu'il sortit du bar, le froid humide d'octobre le happa, et remonta la fermeture de son blouson en cuir jusqu'au cou, tout frileux qu'il était. Il alla s'appuyer sur un lampadaire, les mains dans les poches. C'était fou comme l'été torride (sans commentaire sur le choix du qualificatif) avait laissé place à l'automne pluvieux et morne ... D'ailleurs, une petite bruine tombait sur Miami ce soir-là. Soudain, la porte du bar s'ouvrit et la silhouette de Ned apparut au milieu d'un flot de clients qui avaient décidé de rentrer chez eux. "Je te retiens, toi et tes projecteurs ! Il fait un froid de chien." lui lança Elie en grommelant. Bon, il exagérait, les températures étaient tout à fait supportables. Elie frissonna pour la forme - de vrai froid cette fois - et se décolla de son lampadaire pour rejoindre son voisin. Retrouvant sa bonne humeur qui n'était d'ailleurs pas vraiment partie, il lui décocha une oeillade malicieuse et demanda : "Alors, refroidi ? Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?" Il se rapprocha un peu de lui et remarqua qu'il était un poil plus grand que Ned, détail tout à fait insignifiant mais qui avait son charme aux yeux d'Elie. C'était peut-être dangereux de lui trouver des qualités ou des détails agréables dès maintenant, mais Elie n'en tint pas compte. Il avait le droit, ce n'était pas interdit. Leurs regards se croisèrent et pour la première fois, Elie le soutint sans ciller, une petite lueur bravache au fond des prunelles.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: there's a fire starting in my heart (rosenberg) Mar 1 Nov 2011 - 19:50

Aïe aïe aïe, les choses se corsaient, visiblement. Il ne savait pas ce qu’il avait dit ou fait pour qu’Eliezer se métamorphose de la sorte mais il aimait cela. Son côté aventureux, amateur du jeu n’en était que plus excité, même si l’ironie du ton de son charmant interlocuteur aurait dû le désarçonner. En fait, désarçonné, il l’était mais ce n’était pas désagréable. Cela changeait de d’habitude. Au moins devrait-il un peu manœuvrer pour ne pas être envoyé sur les roses. Il était pourtant sincère lorsqu’il parlait de cette fameuse aura. Bien sûr, le physique était la chose qui attirait le regard en premier lieu mais il fallait davantage pour garder son attention. Il se lassait tellement rapidement et trouvait les beaux étalons sans conversation tellement ennuyeux. Mais il ne blâmerait pas Elie. Il était vrai que sa réplique faisait un peu réchauffée et de toute façon, il n’était pas du genre à s’appesantir sur ses échecs, préférant enchainer avec quelque chose de plus efficace. « Tu préfères les petits coins sombres ? C’est rassurant. » Ned étouffa un rire et s’échappa lorsqu’il le vit pousser un billet sur le comptoir. Maudit soit sa propension à croire que dans le domaine de la drague, il excellait. Visiblement, il avait encore des choses à apprendre. La subtilité, par exemple. Il louvoya entre les clients et haussa les épaules lorsque ses amis lui lancèrent des regards interrogateurs. Il ne préférait pas faire de pronostics, ayant bien vu ces dernières minutes qu’il était dans l’incapacité d’anticiper les réactions de son voisin. La preuve se répéta : « Ned aura plein de choses à vous raconter demain… Bonne soirée. » Une série de sifflements accueillit cette boutade et Ned se passa la main dans les cheveux, estomaqué. « Norton, aurais-tu trouvé plus franc que toi ? Est-ce possible ? » s’écria l’un d’eux, railleur, alors que le webdesigner faisait un petit arrêt à leur table. « Il me tue. Il m’enterre ! Faut que j’y aille, ça m’étonnerait pas qu’il me sème si je tarde trop. » Les autres tentèrent de le retenir mais il s’échappa, se frayant un passage dans la foule. Il fut soulagé de voir la silhouette élancée de son voisin, appuyé à un lampadaire, à une poignée de mètres de là. « Je te retiens, toi et tes projecteurs ! Il fait un froid de chien. » Ned grimaça, désolé et pinça les lèvres, pour dissimuler un minimum le sourire qui lui chatouillait les lèvres. Il s’était arrêté à un mètre et demi de l’autre et quand celui-ci s’approchant, s’enquit : « Alors, refroidi ? Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? » Ned dévisagea son voisin en se disant qu’il était bien différent du personnage qu’il avait entraperçu depuis son salon. Non pas que cela soit désagréable. Mais il ne s’était pas préparé à se trouver à son égal – ou même son supérieur ? Il avait prévu toutes sortes de cajoleries pour endormir la méfiance d’Eliezer. Visiblement, c’était des précautions inutiles. « Bonne question. Je n’avais rien prévu pour ce soir. Encore moins de m’enfuir avec toi dans la nuit… » Il décocha un sourire à son joli voisin et se perdit un instant dans un regard trop profond, trop limpide. Il chassa son malaise d’un sourire malicieux en pressant son index au milieu du torse d’Eliezer : « Et dire que je croyais être le plus dangereux des deux ! » Il jeta un coup d’œil circulaire, en pleine réflexion. Il lui aurait bien proposé de venir boire un verre chez lui mais c’était un peu risqué, vu qu’ils habitaient l’un à côté de l’autre. Qui ne lui disait pas que l’artiste allait lui fausser compagnie une fois arrivés à destination ? Non, il fallait trouver un endroit plus intimiste ou il n’y aurait personne, aucun de ses amis pour venir gâcher leur tête-à-tête. « Je connais un endroit. En général, c’est là que je vais manger pour m’éviter la gueule de bois le lendemain. À cette heure-ci, ça devrait être plus tranquille… Ça vous va, monsieur ? » Il y aurait une belle vue sur… un océan qu’ils ne verraient pour ainsi dire pas. Mais c’était sans importance, ce n’était pas pour admirer le soleil couchant. « Ou bien, on peut faire simple : s’acheter à boire dans un nightshop et vider le tout dans un coin à l’abri du froid. J’sais pas si tu faisais ça quand t’étais adolescent, pour échapper à la vigilance des parents, mais ça avait son charme. »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: there's a fire starting in my heart (rosenberg) Sam 5 Nov 2011 - 0:51

« Bonne question. Je n’avais rien prévu pour ce soir. Encore moins de m’enfuir avec toi dans la nuit… » S'enfuir avec lui dans la nuit ... Ces six mots, pourtant des plus tendancieux, provoquèrent chez Elie une chaleur alarmante au niveau des joues. Sans qu'il ne l'ait vraiment voulu (ou peut-être que c'était son inconscient qui essayait de faire passer le messager), un flot d'idées interdites aux moins de dix-huit ans venait de faire irruption dans son esprit, causant un blanc momentané (et lui donnant l'air certainement stupide). Il avait appris le nom de son voisin il y a peine une demi-heure, il lui avait dit qu'il n'était pas du genre à coucher au premier rendez-vous, et voilà qu'il ne pouvait pas s'empêcher de se faire des films classés X. Et ce qui lui faisait le plus peur, c'était cette absence totale de culpabilité, peut-être même plus que la sensation que tout allait vite, très vite pour son pauvre petit cerveau balloté entre raison et instinct. Mais il serait fort. Il serait inflexible. Elie n'était pas un homme « comme ça » et il tenait à sa vertu, merci bien. Mais rien ne lui interdisait de jouer, n'est-ce pas ? Rien du tout. « Et dire que je croyais être le plus dangereux des deux ! » Le contact, même infime, même informel, dénué de toute arrière-pensée, réussit à provoquer un long frisson le long de son corps. Refusant de se sentir vulnérable, Elie serra les dents et ne s'autorisa aucune réaction. Garder le contrôle était essentiel. « Si tu savais. » rétorqua-t-il, surjouant le mystère. « Je connais un endroit. En général, c’est là que je vais manger pour m’éviter la gueule de bois le lendemain. À cette heure-ci, ça devrait être plus tranquille… Ça vous va, monsieur ? » Tant que Ned gardait ces petites fossettes quand il souriait en coin ... Elie détourna furtivement le regard pour se concentrer sur autre chose. Contrôle, tu parles ! « Ou bien, on peut faire simple : s’acheter à boire dans un nightshop et vider le tout dans un coin à l’abri du froid. J’sais pas si tu faisais ça quand t’étais adolescent, pour échapper à la vigilance des parents, mais ça avait son charme. »

Surpris par cette drôle de proposition, Elie se frotta pensivement le menton, le regard levé vers le ciel parsemé d'étoiles. « C'est vrai, ça a son charme ... » Il ne pensait pas vraiment à ses jeunes années lorsqu'il murmurait ces mots. L'adolescence n'avait rien eu de charmant à ses yeux, ça avait été une longue succession de conflits et il avait été soulagé de pouvoir prendre le large dès qu'il l'avait pu. Bref. Plonger dans les souvenirs n'ayant jamais été son fort, il préféra revenir au présent, nettement plus agréable, à la vue des prunelles qui le fixaient en attendant une réponse de sa part. « Je sais pas. Vas-y, surprends-moi ! Je te suis, j'ai pas peur de m'enfuir dans la nuit, moi. » fit-il en croisant les bras, les yeux plongés dans les siens. En observant Ned, il se surprit à n'y voir aucune trace de Nathan. Rien en lui ne lui rappelait son amour disparu, rien dans le visage, ni l'expression, ni la façon de parler, ni même, dans ce qu'il avait pu entrapercevoir du caractère. Est-ce que c'était pour ça qu'il s'était laissé approcher ? Parce que rien en Ned ne lui remémorait la souffrance qui lui avait déchiré le cœur et laissé presque pour mort ? Elie chassa cette idée. Il ne voulait rien savoir, il ne voulait pas penser à ça ce soir. Il ne voulait surtout pas associer Nathan et Ned, que ce soit par leurs différences ou leurs points communs. C'était deux mondes séparés, cloisonnées et clos. Et même si Elie se sentait parfois entre les deux, lorsque l'absence était insupportable, lorsque le lit lui apparaissait immense, froid et vide de tout sens, lorsque la maison était trop silencieuse et trop grande, lorsque son coeur était froid et son corps glacé par la douleur, ce soir, il se sentait bien vivant. Tant que Ned continuait de sourire.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: there's a fire starting in my heart (rosenberg) Sam 5 Nov 2011 - 18:48

Surprendre. Eliezer ne savait pas à quoi il s’engageait, visiblement, en enjoignant Ned à le ‘surprendre’. Il était trop docile, cela cachait quelque chose. Forcément. Ned n’arrivait pas à cerner son voisin, ce qui était profondément déstabilisant. Il avait beau le regarder, le fixer, plonger son regard dans le sien, rien ne lui parvenait. Pas le moindre indice qui lui permette de deviner la personnalité changeante de l’artiste. Il avait des airs nonchalants, comme si tout ce que Ned avait à proposer lui conviendrait. Sans peur, vraiment ? D’autant plus ardu à surprendre, se dit Ned, dont le cerveau en ébullition évaluait toutes les possibilités qui s’offraient à lui – à eux. Il y en avait un nombre incalculable et aucun indice pour l’aiguiller. Tout ce qu’il savait, c’était son prénom et le fait qu’il n’était pas ‘comme ça’. D’ailleurs, qu’est-ce qu’il croyait ? Que lui-même l’était ? Avait-il une telle image de Ned avant même de lui avoir adressé la parole. Voilà une chose dont il devrait trouver le fin mot de l’histoire. Parce qu’il n’était pas forcément ‘comme ça’, lui non plus. Bon, ça lui était bien arrivé à quelques reprises, difficile de mentir à ce sujet. Mais ce n’était pas non plus un mode de fonctionnement. Et puis quoi ? Il le déduisait sous prétexte que ses amis les avaient observés sans retenue ni discrétion ? Tout ce qu’il avait fait, c’était exposer son coup de cœur. Il ferait un débriefing la prochaine fois, ferait savoir à sa bande qu’agir ainsi l’avait mis dans de beaux draps. Mais il ne pouvait pas dire que cela avait ruiné ce rendez-vous. Parce que oui, maintenant Ned considérait ce tête-à-tête comme un rendez-vous, certes improvisé mais rendez-vous quand même ! Il en oublia ses récriminations en voyant l’autre se frotter le menton d’un air dubitatif. Il lui fallut une volonté ferme pour ne pas émettre un soupir stupide. Son sourire comblé et charmé suffisait amplement à trahir son intérêt plus que vivace pour son artiste de voisin. « Je ne sais pas. Vas-y, surprends-moi ! Je te suis, j’ai pas peur de m’enfuir dans la nuit, moi. » Les dés étaient lancés. L’invitation envoyée. Le message reçu. Hochant la tête d’un air entendu, Ned se mordilla l’intérieur de la joue. « D’accord… » commença-t-il avant de sortir son téléphone de la poche de son pantalon pour jeter un coup d’œil à l’heure qu’il était. Une heure raisonnable. « Tant pis pour toi si tu trouves ça nul, par contre. Tu l’auras cherché ! » C’était un peu stupide de dénigrer son idée avant même de l’avoir énoncée, aussi ajouta-t-il, pour éviter tout malentendu : « J’vais opter pour une activité tout ce qu’il y a de plus puéril mais qui a fait ses preuves. Généralement, soit ça finit en pugilat, soit ça finit… bien. » Il lui décocha un sourire mystérieux, un peu sadique. « J’offre la boisson. Ta part du marché, c’est que tu joues le jeu jusqu’au bout ou jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’alcool. » Il fit mine de mener la marche puis sembla hésiter et se retourna vers Eliezer. « Oh, encore une chose, j’m’en fiche que tu ne sois pas ‘comme ça’. Je le suis pas forcément non plus. D’ailleurs, c’est peut-être même mieux, ça voudrait dire qu’un deuxième rencart est envisageable. Et si c’est pas au deuxième rencart, on en aura un troisième et ainsi de suite. Sauf si tu décides que tu m’aimes pas, que je t’agace, ce qui est possible, mais peu probable. Les gens m’aiment bien, généralement. » Il enfonça les mains dans les poches de son pantalon noir, comme satisfait d’avoir mis les choses au clair. « Ah, au fait. On va jouer, ce soir. Peut-être que tu changeras d’avis en cours de route, mais crois-moi, les jeux d’alcool, ça délie les langues et ce soir, c’est tout ce que je veux : savoir des trucs sur toi, n’importe quoi. » Se mettant en marche à reculons, il poursuivit la conversation. Bavard comme une pie, il ne lui fallait pas grand-chose pour qu’il devienne intarissable. « J’espère que tu connais le principe de ‘je n’ai jamais’ ou du ‘action, vérité’. » Quand il disait que ce qu’il avait en tête était puéril !
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: there's a fire starting in my heart (rosenberg) Dim 6 Nov 2011 - 0:20

« Tant pis pour toi si tu trouves ça nul, par contre. Tu l’auras cherché ! » Et ben, ça commençait bien ! Elie haussa un sourcil étonné. A quoi il pensait exactement, l'hurluberlu ? « J’vais opter pour une activité tout ce qu’il y a de plus puéril mais qui a fait ses preuves. Généralement, soit ça finit en pugilat, soit ça finit… bien. » Encore mieux ! Elie se passa la main dans les cheveux, pas vraiment rassuré par le rictus féroce apparu sur le charmant visage de son voisin et se dit qu'il avait peut-être finalement fait une erreur en se jetant à corps perdu dans l'inconnu ... Aurait-il finalement peur de la nuit ? « J’offre la boisson. Ta part du marché, c’est que tu joues le jeu jusqu’au bout ou jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’alcool. » DE QUOI ?! Elie faillit ouvrir la bouche à s'en décrocher la mâchoire mais conservant le peu de dignité qu'il lui restait, il écarquilla seulement les yeux. Un jeu d'alcool ? Est-ce que Ned comptait le faire rouler sous la table et abuser de lui une fois qu'il serait tombé dans les vapes ? Sans qu'il ait le temps de protester, que c'était hors de question qu'il s'abaisser à ce genre de jeu et qu'il pouvait se le garder, son rendez-vous, mais Ned s'éloignait déjà, avant de faire volte-face. Une vraie girouette ... « Oh, encore une chose, j’m’en fiche que tu ne sois pas ‘comme ça’. Je le suis pas forcément non plus. D’ailleurs, c’est peut-être même mieux, ça voudrait dire qu’un deuxième rencart est envisageable. Et si c’est pas au deuxième rencart, on en aura un troisième et ainsi de suite. Sauf si tu décides que tu m’aimes pas, que je t’agace, ce qui est possible, mais peu probable. Les gens m’aiment bien, généralement. » Elie tomba des nues et resta coi, abasourdi par la confiance en lui que Ned manifestait. Ah oui ? Alors, c'était comme ça ? Monsieur se croyait donc irrésistible ? Faux, archifaux, et il allait d'ailleurs lui prouver ! Si Ned voulait ce second rencart, il avait intérêt à montrer patte blanche ... Il allait montrer à son voisin qu'il n'était pas le minet naïf qui se laissait charmer par deux ou trois oeillades mystérieuses !

« Ah, au fait. On va jouer, ce soir. Peut-être que tu changeras d’avis en cours de route, mais crois-moi, les jeux d’alcool, ça délie les langues et ce soir, c’est tout ce que je veux : savoir des trucs sur toi, n’importe quoi. » « Tu peux aussi demander gentiment, je ne mords pas ... » répliqua le peintre. S'il voulait tellement savoir, il n'avait pas besoin de le faire boire ... Mais qu'importe. Piqué au vif, touché dans son orgueil, c'était trop tard, Elie était prêt à jouer à tous les jeux et à prendre tous les paris stupides qu'on lui proposait. Il ne comptait pas se laisser faire, qu'importe la quantité d'alcool ingurgité. « J’espère que tu connais le principe de ‘je n’ai jamais’ ou du ‘action, vérité’. » Un sourire en coin se dessina sur ses lèvres. « Pour qui tu me prends ? » Des souvenirs de l'université lui revinrent – cette fois beaucoup plus agréables (et endiablés) que ceux de son adolescence. « Tu ne sais pas à qui tu parles ... » Comme pour montrer qu'il ne craignait rien ni personne, il emboîta lui-même le pas à son voisin et l'encouragea à le suivre d'un coup de tête. « Au fait. Si je joue le jeu, toi aussi, bien sûr. » Ca lui semblait évident : pas question qu'il soit le seul à dévoiler ses petits secrets honteux tandis que son voisin écoutait sagement de l'autre côté de la table, son sourire délicieusement énigmatique accroché aux lèvres comme une clef sur une porte. Il était sûr que Ned avait plein de petites choses croustillantes à raconter. Et si jamais il s'y refusait ... Tant pis, il y aurait toujours des tas d'actions à lui faire subir. Qui pourraientt être de n'importe quelle nature, après tout, Ned n'avait qu'à s'en prendre à lui-même. En y songeant, Elie avait presque d'y être. « Alors, on va se procurer tout ça, monsieur-je-crois-que-je-tiens-mieux-l'alcool-que-mon-voisin ? Je te laisserais commencer. » Bon, Ned restait sans doute sobre bien plus longtemps qu'Elie, mais ce dernier était (déjà) trop guilleret pour y penser.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




Message(#) Sujet: Re: there's a fire starting in my heart (rosenberg) Lun 14 Nov 2011 - 21:19

Il y avait une éternité qu’il ne s’était plus laissé aller à jouer à ce genre d’âneries. Pour quelqu’un de spontané et joueur il s’était montré particulièrement sage ces dernières années. C’était peut-être l’âge qui prenait place, la maturité atteignant enfin son cerveau d’éternel adolescent. Ou bien n’avait-il tout simplement plus trouvé de partenaire adéquat à la tâche. Il risquait gros en se lançant dans une telle entreprise avec son charmant voisin. Si celui-ci trouvait l’idée ridicule, il était cuit et c’en était fini de leur découverte avant même d’avoir réellement commencé. Mais il avait parlé et il était difficile de faire marche arrière et puis, jusqu’à présent, la spontanéité ne l’avait jamais trahi. Si elle n’était pas une assurance de réussir dans la vie, il savait que beaucoup de gens aimaient l’imprévu ou, à défaut d’en être friand, admiraient ceux qui étaient adeptes de cette façon de voir la vie. Et il n’y avait pas meilleur exemple que Ned dans cette catégorie-là. S’il remarqua la réaction d’Eliezer, il décida de ne pas s’en formaliser. Si l’affaire était réglée à cause de son choix, ce serait extrêmement dommage mais il ne pourrait pas y faire grand-chose. Ned était d’une nature bonne enfant, il ne voyait pas l’intérêt de calculer, d’anticiper. À quoi bon ? Si la mésentente devait naitre, elle apparaitrait tôt ou tard. De son point de vue, mieux valait tôt que tard. Il n’avait pas envie de chercher à savoir ce qui plairait aux autres. C’était une cause perdue, selon lui. Bien sûr, il n’était pas toujours en parfait accord avec ses amis, mais ils avaient tous appris à faire avec leurs petits défauts respectifs. Il était donc dans l’intérêt d’Eliezer de savoir à quel énergumène il avait affaire, afin de ne pas être déçu plus tard, quand la véritable nature du webdesigner referait surface. Parce qu’il était clair qu’elle ressurgirait un jour ou l’autre, on ne peut pas mentir sur qui l’on est éternellement. Raison pour laquelle il avait assumé très tôt son penchant pour les hommes. Il l’avait bien mieux vécu que ces hommes qui peinaient encore aujourd’hui, la trentaine bien passée, à comprendre que cela faisait partie d’eux-mêmes, et que ce n’était pas honteux. Pour faire simple : Ned aimait le naturel, le vrai, celui qui revenait au galop, quoi qu’on fasse. Il y avait toujours quelque chose à aimer, même parmi les défauts les plus apparents. « Tu peux aussi demander gentiment, je ne mords pas… » Un simple sourire aux lèvres, Ned haussa les épaules. Certainement, mais son but n’était pas de découvrir les secrets de son voisin mais de trouver un contexte à ce premier rendez-vous improvisé. Certes, il n’avait pas trouvé mieux que de proposer un jeu puéril et qui risquait de leur donner la gueule de bois le lendemain. Mais il voulait simplement un truc mémorable, qui sorte un peu de l’ordinaire, égaie son existence un peu ennuyeuse. Il ne le réalisait qu’à présent, alors qu’il discutait avec ce voisin qu’il avait tant observé, persuadé qu’il n’y aurait jamais plus qu’un échange cordial entre eux, qu’une barrière infranchissable – barrière qui ne l’avait pourtant jamais arrêté par le passé – s’élevait entre lui et son crush. C’était probablement parce que savoir l’air d’y toucher, Eliezer avait l’air inaccessible. Trop intelligent, trop sérieux, trop mature pour un gars comme Ned. Mais ce soir, à défaut d’avoir confirmé les préjugés du webdesigner, n’avait fait que le déboussoler davantage. Il ne savait vraiment pas à qui il avait affaire mais il voulait le savoir. Finalement, il s’agissait peut-être d’une provocation inconsciente, d’un besoin de voir jusqu’où son voisin accepterait de le suivre, d’entrer dans sa combine, dans son jeu idiot. Et que gagnerait-il exactement lorsqu’il frôlerait cette limite ? Il ne le savait pas. Il verrait bien. « Pour qui tu me prends ? Tu ne sais pas à qui tu parles… » Un sourire canaille étira les lèvres de Ned alors qu’il répliquait : « Mais je ne demande qu’à voir. » « Au fait. Si je joue le jeu, toi aussi, bien sûr. » Acquiesçant comme si ça allait de soi, il mena la marche vers une rue où les night shops abondaient, illuminant le quartier de leur enseigne fluorescente. « Alors, on va se procurer tout ça, monsieur-je-crois-que-je-tiens-mieux-l’alcool-que-mon-voisin ? Je te laisserais commencer. » Ned éclata de rire. Incroyable ! Il ne savait pas ce qu’il avait fait pour faire naitre autant de méfiance chez son voisin mais il n’avait visiblement pas raté son coup. « Tu me prêtes des pensées que je n’ai pas ! » répliqua-t-il avant de se diriger vers une devanture. Poussant la porte d’un coup d’épaule, il pénétra dans la boutique nocturne et se glissa dans les rayons. Jetant un coup d’œil par-dessus son épaule, il demanda : « Une préférence ? » Il attrapa deux packs de bière qu’il cala sous son bras. « Mais plus important : chez toi ou chez moi ? » A bien y réfléchir, il n’avait pas envie de sombrer dans l’ivresse dans le froid nocturne. L’avantage d’être voisin, c’est qu’il ne faudrait pas aller loin pour retrouver le confort de son petit chez soi. Mais d’abord, il fallait bien faire le plein d’alcool, le jeu ne serait vraiment pas pareil sans lui. Même si, en soi, Ned se contrefichait de sa compagnie, tant qu’Eliezer ne le chassait pas, agacé par sa façon trop directe d’aborder la soirée.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé





Message(#) Sujet: Re: there's a fire starting in my heart (rosenberg)

Revenir en haut Aller en bas
 

there's a fire starting in my heart (rosenberg)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
F I L T H Y S E C R E T :: The Blue Lagoon Bar-