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 Feeling any better now ? | Knox

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Message(#) Sujet: Feeling any better now ? | Knox Dim 30 Oct 2011 - 0:28

    L'un des avantages à vivre dans un quartier comme Ocean Grove consistait à ne jamais s'y ennuyer, un fait qui se vérifiait chaque jour ou presque. J'avais beau y vivre depuis un peu plus de quatre ans, cette impression que j'avais eue en arrivant ne s'était jamais démentie, à mon plus grand plaisir. Bon, je devais bien admettre que je me serais passé de certains événements comme la tentative d'empoisonnement de masse à Halloween l'an dernier, la prise d'otage sur je ne savais plus quel bateau lors de ma deuxième année sur place ou encore cet ouragan qui avait tout de même eu la bonté d'âme d'attendre que Parfaite ait accouché avant de tout détruire, mais dans l'ensemble j'étais plus que satisfait. La preuve ultime étant que j'avais fait le choix d'y rester, et que je n'envisageais plus ma vie ailleurs qu'au 2968 Lemon Street. Peut être qu'un jour il nous faudrait déménager dans une maison plus grande, mais l'on en était pas encore là et je préférais ne pas trop y penser pour l'instant. De toute manière, il me restait suffisamment de choses à faire pour ne pas m'encombrer la tête de pensées inutiles, ou du moins essayer de ne pas aller en ce sens. Car, oui je l'avouais, je n'en avais toujours pas fini de ma visite du quartier. Je connaissais les alentours de la maison comme si j'y avais grandi, mais plus je m'éloignais, et plus j'avais l'impression d'accéder à un niveau de réalité différent. Je n'en étais pas à me demander s'il pouvait exister si près de chez moi une passerelle pour un univers parallèle, mais ça me travaillait quand même assez pour que je prenne la décision d'explorer les lieux par un beau matin de printemps. Les jumeaux confortablement installés dans leur poussette, j'étais ainsi parti à l'aventure, empruntant des rues dont j'ignorais l'existence jusque là. Ils n'étaient pas pressés, et moi non plus, ce qui facilitait assez les choses. Mon seul impératif était de rentrer avant que la nuit ne tombe, ou que le stock de biberons s'épuise, ce qui me laissait une belle marge dans les deux cas. Et, petit à petit, j'avais comblé mes lacunes, réduisant la zone d'inconnu à son strict minimum, allant même jusqu'à découvrir que je connaissais désormais mieux le quartier que mon épouse elle-même ! Ce n'était pas grand chose, mais j'en étais tout de même très fier. J'aimais me dire que je ne risquais pas de me perdre, et qu'en cas de problème je saurais par où passer pour rejoindre un point quelconque de la ville. J'avais conscience qu'en pratique ça ne me servirait probablement jamais, mais ça ne pouvait pas me faire de mal de toute façon, et j'avais ainsi continué, jour après jour. Après tout, outre cet intérêt géographique, mes petites escapades me permettaient aussi de passer du temps à l'extérieur, seul, et c'était parfois tout ce que je recherchais. Quand j'avais besoin de compagnie, je savais qui appeler et à qui proposer d'aller boire un verre, mais quand j'avais besoin de me retrouver seul il n'y avait rien de mieux que d'emmener les jumeaux faire un tour. Ils étaient encore assez jeunes pour avoir besoin de moi sans que leur présence ne se fasse trop sentir, et j'aimais cette sensation, aussi égoïste soit-elle. Je comprenais que certains ne se sentent pas à l'aise en présence d'enfants, qui plus est s'il ne s'agissait pas des leurs, mais ce n'était pas mon cas. Bien au contraire, j'avais presque l'impression que j'avais attendu ça toute ma vie...
    Le gazouillis d'Elinor en train de gigoter dans sa poussette m'obligea à quitter des yeux l'entrée du zoo où j'avais rendez-vous avec Knox. Ma fille semblait fascinée par un oiseau qui passait et repasser dans le ciel, loin au dessus d'elle, et qui lui tirait quelques sons à priori appréciateurs dès qu'il entrait dans son champ de vision. Le sens de ses "paroles" était une énigme sans fin que je m'entêtais à vouloir percer, même si je savais que c'était sans espoir. Au mieux, je pouvais avoir une idée de ce qu'elle voulait, mais même à ce niveau là je bloquais souvent. C'était normal, bien sûr, mais ce n'était pas pour me rassurer pour autant. Oui, un oiseau. Tu as vu comme il vole haut ? Elle émit une réponse que je pris pour une confirmation, et me sourit. Elle était adorable, il n'y avait pas d'autre mot... J'avais eu un peu de remord à l'emmener au zoo alors que son frère rattrapait sa nuit blanche, mais puisqu'elle était en pleine forme et que j'avais proposé à Knox cette sortie, ça aurait été dommage de l'annuler au dernier moment. J'avais pourtant hésité, un peu trop pour une décision ayant si peu de conséquences d'ailleurs, mais il était trop tard pour se refaire, et cette habitude d'envisager chaque situation sous tous ses angles était solidement ancrée en moi. Il ne me restait donc plus qu'à souhaiter que cette sortie se passe aussi bien que ce que Knox et moi l'avions prévu...


Dernière édition par Basil Lane le Sam 12 Nov 2011 - 21:41, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Feeling any better now ? | Knox Sam 5 Nov 2011 - 17:17

Knox n'était pas rassuré. Il s'agissait de sa première sortie en seul en compagnie de Max, et même si il avait eu un peu plus de mois pour s'assurer qu'il savait s'en occuper, tout lui paraissait différent maintenant qu'il se trouvait à l'extérieur. Maya n'était pas à ses cotés, et il ne se trouvait pas dans un endroit où il était certain de pouvoir tout maîtriser. C'était inquiétant, et pourtant, c'était excitant à la fois. Il avait le droit à un moment d'intimité avec sa fille chérie, et rien ne pouvait lui faire plus plaisir. Puisqu'il avait rendez-vous avec Basile, ce moment d'intimité ne durerait pas bien longtemps, mais c'était toujours ça de pris. Il y avait d'ordinaire toujours quelqu'un avec lui, pour le distraite, ou pour s'occuper de Max, mais cette fois, elle était à lui, rien qu'à lui, même si ce n'était que pour le temps du trajet jusqu'au zoo. Après avoir pris soin de bien la couvrir, il avait attaché son siège dans la voiture – non sans vérifier quinze fois qu'il était bien attaché, avait déposé des baisers sur son petit front avant de prendre la route. Puisqu'elle avait décidé de garder les yeux ouverts pour le trajet, Knox lui parla alors de tout et de rien, lui parlant un peu de la ville, un peu de son histoire avec Maya. Lorsqu'il se rappelait combien il avait été impatient de la naissance de ce petit être, il ne se demandait comment il avait fait pour réussir à attendre aussi longtemps sans pouvoir la serrer contre lui. Elle avait cet odeur qui vous chamboulait le coeur, ce sourire qui vous donnait envie de mettre le monde à ses pieds, et tous ces petits gestes qui faisaient qu'une minute passée loin d'elle était un véritable supplice. Knox passait tout son temps chez Maya et Adriel, ignorant peut être un peu trop le fait qu'il ne devait pas seulement se montrer responsable dans son attitude, mais également financièrement. Il commençait doucement à réaliser tout ce à quoi il devait penser, mais pour le moment, sa priorité était de passer un maximum de temps avec Max – et tant qu'on ne le jetait pas dehors, il était certain que cette envie, ce besoin ne changerait absolument pas. C'était fou, lui même ne se reconnaissait pas... Jetant un coup d'oeil à l'enfant alors qu'il s'apprêtait à se garer, il se rendit compte du bien que retrouver Basil lui ferait. Ils avaient quasiment le même âge, et étaient tous les deux pères. La principale différence résidait dans le fait que Basil avait bien plus d'expérience en la matière que Knox, et que ce dernier pourrait donc lui demander quelques conseils. Il avait tellement de questions qui trottaient dans son esprit. C'était assez affolant le nombre de choses qu'il fallait prendre en compte, et auxquelles il n'avait aucune réponse... Il aurait bien été tenté de demander des conseils à Maya, ou à Adriel, mais il avait peur de leur donner une mauvaise image – et c'était la dernière chose dont il avait besoin.

Qui plus est, Max était une fille. Et c'était cela qui l'inquiétait le plus. Il savait très bien comment pouvait se comporter les garçons – il en était un après tout – et il ne tenait absolument pas à ce que sa fille se retrouve avec le coeur brisé. Il se demandait donc à partir de quel âge il devait comment à se méfier d'eux, à partir de quel âge devrait-il discuter avec elle des moyens de contraception – même si il ferait tout son possible pour que ce soit à Maya d'avoir cette discussion -, et toute une quantité d'autre chose qui l'effrayait. Il espérait naturellement que Max tienne de sa mère sur ce point ; elle était forte, indépendante, et si son fort caractère avait tendance à rendre fou Knox, il savait que si elle héritait d'un caractère pareil, elle serait toujours capable de retomber sur ses pattes, quoiqu'il arrive.
Pour l'heure, cependant, elle avait encore besoin de Knox pour tout – littéralement, et c'était un délice que de lui offrir tout ce dont elle pouvait avoir besoin – et en l'occurrence, elle avait besoin qu'il la sorte de la voiture. Il remis alors correctement le bonnet de celle-ci, resserra légèrement son écharpe, et après avoir passé un doigt sur son nez pour vérifier qu'il n'était pas froid, Knox la prit dans ses bras, et l'emmitoufla dans son manteau. Il savait parfaitement qu'il serait plus pratique de prendre un landau, ou l'une de ses écharpes que l'on porte sur le devant, mais il préférait la sentir tout contre lui, ainsi que le moindre de ses gestes pour pouvoir réagir au plus vite si elle avait besoin de quoique ce soit. Il avait d'ailleurs prévu un sac à langer beaucoup trop chargé avec une quinzaine de couches, trois bodys de rechange, autant de tenues, et sept ou huit biberons – oubliant probablement qu'il partait pour une après midi et pas trois jours.

Lorsqu'il aperçut enfin l'entrée du zoo, et Basil à coté de l'endroit où on achetait les tickets, il se sentit comme soulagé. Toute de suite, la présence de son ami avait un effet rassurant. Il le rejoint alors, maintenant le plus possible Max, et lui sourit après l'avoir salué. « Tu en as oublié un des deux dans la voiture ? » taquina-t-il son ami, avant de se baisser légèrement pour saluer Elinor correctement, et déposer un baiser sur sa joue. Il entrouvrit alors un petit peu son manteau pour laisser apparaître la petite bouille de sa fille, et la présenter à Elinor, qui ne l'avait pas encore vu. « Hey Eli, je te présente Max. Y a de grandes chances que vous finissiez par être copines un jour... »
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Message(#) Sujet: Re: Feeling any better now ? | Knox Lun 14 Nov 2011 - 23:41

    La première chose à faire était de ne jamais paniquer, et je l'avais appris à mes dépends. Bien évidement, c'était plus facile à dire qu'à faire, même avec toute la bonne volonté du monde, mais j'étais le preuve vivante que l'on pouvait y arriver. Je ne me plaçais pas en modèle, et j'avais fait de mon mieux pour que Knox ne se mette pas en tête qu'il devait absolument faire comme moi avec sa fille, mais je n'étais quand même pas peu fier. J'avais des ratés, des jours où je me laissais complètement déborder, mais ça faisait partie du jeu. Les règles n'étaient écrites nulle part et pourtant il me fallait faire comme si je les connaissais sur le bout des doigts, essayer d'éviter une erreur fatale et continuer mon chemin, cette satanée poussette devant moi. Que l'on ne se méprenne pas : j'aimais mes enfants, les jumeaux aussi bien que celui qui n'était pas encore là. Cette période pendant laquelle Parfaite avait disparu de la surface du globe et où j'avais du m'occuper d'eux par moi-même était à la fois l'une des pires de ma vie, mais aussi des plus enrichissantes. Je lui en avais voulu de ne pas être là, de ne pas les voir grandir et assister à leurs premiers mois, de m'avoir laissé me débrouiller seul, mais tout au fond de moi quelque chose s'en frottait les mains. Quand j'en avais pris conscience, j'en avais presque eu honte. Je ne savais pas exactement ce que c'était, mais c'était là, tapis en moi, comme si le fait qu'elle soit partie à ce moment là venait de me conférer tous les droits les concernant. Je savais qu'elle reviendrait, j'en étais persuadé, et je savais surtout que quelque chose venait de se briser entre nous. Désormais, j'allais avoir une longueur d'avance. A l'échelle d'une vie ça ne signifiait rien, mais c'était un mois qu'elle ne rattraperait jamais, même s'il me prenait l'envie de lui transmettre tout l'enseignement que j'en avais tiré. C'était là que j'avais compris à quoi correspondait quel type de pleur, et à partir de quel moment je devais me dépêcher d'intervenir. Les premiers temps, j'accourais au moindre bruit, comme pour compenser l'absence de leur mère. J'avais tellement peur qu'elle leur manque et qu'ils en restent traumatisés à vie ou je ne savais quoi de pire, que j'en oubliais tout le reste. La succession des événements avait été telle que la plupart de mes amis ne pouvaient que compatir à distance, et pour ceux qui faisaient le déplacement ils ne trouvaient pas grand chose de plus qu'une porte close ou quelqu'un n'ayant pas la tête à discuter. En y repensant, mon comportement était non seulement odieux, mais en plus complètement irréfléchi. J'étais celui qui recommandait de ne pas paniquer, grand sage ayant tiré ses leçons de morale de son expérience, et le premier à le faire. Heureusement que Parfaite n'était partie qu'un mois, je préférais ne pas imaginer ce que je serais devenu dans le cas contraire. J'avais beau m'être comporté avec elle comme le dernier des abrutis, préférant me réfugier dans l'alcool plutôt qu'avoir une véritable discussion avec celle qui était toujours ma femme, j'avais néanmoins gardé les pieds sur terre et figure humaine. Quant à ma santé mentale, il me semblait qu'elle n'était pas trop altérée non plus...

    Et dire que j'étais celui qui vantait à qui voulait l'entendre les bonheurs de la paternité ! Oui, en un sens je disais la vérité puisque je le pensais vraiment, mais il me fallait pour cela occulter ma vie de couple. Une chance que ce n'était pas sur ce point que Knox s'était amusé à me demander des conseils. Parfaite et moi étions peut être toujours ensemble, mais je n'en aurais pas parié autant pour lui et sa Maya. Les questions qu'il me posait n'étaient cependant pas tout à fait celles que j'avais, et j'avais répondu à bon nombre d'entre elles en inventant. Ce n'était pas des mensonges, juste de la broderie. Que voulait-il que je lui dise quand il s'inquiétait des garçons qui tourneraient autour de Max d'ici quelques années ?! Pour être honnête, je n'avais pas encore pensé à ce moment là avant qu'il ne m'en parle. J'imaginais Elinor le jour de sa première rentrée à l'école, le jour où elle aurait sa première fête d'anniversaire avec ses amis, le jour où elle me demanderait un poney pour Noël... et ainsi de suite jusqu'à sa remise de diplôme. Pourtant, dès que j'avais commencé à y réfléchir, je devais reconnaître que ça m'avait plus inquiété qu'autre chose. Parfaite n'avait d'ailleurs pas tardé à faire de même quand elle m'avait vu si soucieux, se demandant si elle allait devoir lui parler de sa propre expérience pour qu'elle évite de faire les mêmes erreurs... Notre fille n'avait pas encore un an que l'on en était à se demander quel serait le meilleur moment pour lui expliquer ce si fascinant mystère de la vie en société. Quant à Hector, même s'il était un garçon, je savais que la tâche ne serait pas forcément plus facile. De belles nuits d'insomnies nous attendaient donc !

    Mais pour l'instant, Elinor était plus intéressée par son oiseau que par le quaterback de son lycée, et c'était tant mieux. Profitant d'être encore un peu seul avec elle, je me lançai dans un monologue descriptif de l'animal et de ce qu'il faisait. Je lui inventai un nom, une vie, mimant même son vol sous l'oeil amusé de familles achetant leurs tickets d'entrée au zoo. Knox rata d'ailleurs mon petit numéro de peu, arrivant juste après que j'aie replié mes ailes.
    Sur le coup, je cru qu'il avait laissé Max avec Maya, ne voyant ni poussette ni porte-bébé avec lui, mais la bosse sous son manteau m'offrit un précieux indice. Je le saluai en faisant attention à ne pas faire de geste trop brusque, ne voulant pas la réveiller si elle dormait, mais vit au passage que ce n'était pas le cas. J'allais faire un commentaire mais Knox s'amusa de la présence d'un seul des jumeaux avec moi, et je pris une expression horrifiée. Je me disais bien qu'il manquait quelque chose ! Ma phrase terminée, et mon sérieux repris, il entrouvrit son manteau pour nous laisser mieux voir sa fille, se penchant vers Elinor. Aussitôt, elle tendit une main en direction de Max, l'air décidée à vouloir l'attraper, voire à la mâchouiller comme elle avait l'habitude de le faire avec ses jouets. Hector aussi le subissait parfois, mais généralement moins bien que les peluches. Du calme, tu vas lui faire peur... Ca serait dommage de partir sur de mauvaises bases avec elle. Au son de ma voix, Elinor détourna le regard en ma direction, puis attrapa la main que je lui tendais. Vu la taille de la sienne, cela se résumait à m'encercler deux doigts et à les serrer très fort, mais elle était déjà très douée à ce petit jeu là. La laissant s'amuser un peu avant qu'elle ne me réduire les phalanges en charpie, je me retournai vers Knox. Prêt pour la visite ? J'ai déjà pris les tickets pour nous faire gagner du temps. Et je souris à Max, ne pouvant pas faire grand chose de plus vu la façon dont ma propre fille me retenait. Je ne savais pas qui, d'Elinor et moi, était le plus impatient de venir au zoo. Même si je savais que les animaux qui se trouvaient là étaient en cage et probablement très malheureux, c'était malgré tout le genre d'endroit qui me faisait redevenir un petit garçon, avec toute l'impatience que cela pouvait contenir. C'était d'ailleurs la raison secrète qui m'avait poussé à prendre les tickets dès mon arrivée, le petit portail à l'entrée permettant d'apercevoir ce qui me semblait être des paons...
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Message(#) Sujet: Re: Feeling any better now ? | Knox Jeu 8 Déc 2011 - 23:14

C'était quelque chose de profondément nouveau pour lui. Quelque chose qu'il ne connaissait absolument pas. Pourtant, c'était délicieux. C'était quelque chose de déroutant, quelque chose qui le dépassait complètement. Pourtant, c'était la plus belle chose qui pouvait lui arriver. Knox avait encore du mal à mettre des mots sur ce que lui apportait la paternité, sur ce que cela signifiait pour lui. Il en était heureux, fier, paniqué et malheureux à la fois. Il n'était probablement pas prêt, mais qui l'était jamais ? Il était heureux et fier car Max était la perfection incarnée. Il était malheureux parce qu'il craignait de la décevoir un jour, ou de décevoir Maya. Pour commencer, il n'avait pas les moyens financiers de l'élever. Et si c'était un problème qu'il avait trop de fierté pour partager avec Basil, il n'en restait pas moins réel. Il se concentrait sur les problèmes qu'il pouvait aisément résoudre. Financièrement, c'était bien plus compliqué. Il avait des idées, mais elle n'était pas les bonnes. En tant que père de famille, il ne pouvait plus se permettre les âneries qu'il s'était permis par le passé. Il s'était toujours offert quelques écarts pour pouvoir se faire un peu d'argent de poche, notamment en travaillant au black. Mais cela ne serait pas suffisant. Il ne pouvait pas risquer de se faire prendre entrain de revendre des films téléchargés de manière à se faire un chouilla de profit. Il ne pouvait pas non plus continuer de faire des petits boulots à droite à gauche, cela ne serait jamais assez pour combler tous les besoins de ce petit être, et sa mère. Même si Maya voudrait probablement subvenir à ses besoins seule, Knox tenait à pouvoir la gâter, à lui offrir un bouquet de fleurs simplement parce qu'il en avait envie, ou parce qu'il n'avait pas eu le temps de l'embrasser avant de partir travailler. Bon. Certes. Ils n'en étaient pas encore là dans leur relation. Ils commençaient tout juste à se retrouver, il leur faudrait du temps pour en arriver là. Mais il préférait être prévoyant, et ne plus se retrouver devant le fait accompli. Pour l'heure, cependant, il aurait plutôt à intérêt à se concentrer sur une bonne après midi passé en compagnie d'un ami en tant que « parents responsables ». C'était tellement difficile à croire que Knox n'en revenait toujours pas. Tout s'était passé si vite – hier encore, il n'était qu'un gamin. Il fallait dire qu'il avait un petit peu l'impression de vivre dans une bulle ces derniers temps. Tout s'était déroulé si vite qu'il n'avait pas encore dit à ses parents qu'il était papa, qu'ils étaient grands-parents. C'était quelque chose qui l'effrayait aussi, d'une certaine façon. Comment réagiraient-ils ? Plus que tout, Knox craignait qu'il les entende lui dire qu'il n'était pas prêt, et qu'il ferait un père médiocre. Car du haut de ses dix huit ans, il avait plus l'âge d'être l'enfant de quelqu'un que d'en avoir un. Mais il n'avait pas le choix, et il était prêt à faire tout ce qui était en son pouvoir pour s'en sortir et être parfait dans cette position.

Knox éclata d'un rire franc, lorsque Basil prit son air horrifié. La compagnie du jeune homme avait toujours été des plus agréables. C'était toujours simple d'être en sa compagnie, et même si ils avaient l'âge où ils étaient sensés passer leurs nuits dehors, ils avaient tous les deux pris un chemin différent. Ils n'en étaient pas plus malheureux, et pour Knox en tout cas, les moments passés tranquillement avec leurs progénitures – et même lorsqu'il ne s'agissait que celles de Basil – étaient toujours agréables et lui suffisaient amplement. Il ne disait pas qu'il ne souhaitait plus sortir. Mais pour l'instant, il n'en éprouvait plus spécialement le besoin. Le jeune homme eut un léger moment de recul malgré lui lorsque Elinor approcha sa main de Max. Cela n'avait rien avoir avec la demoiselle. Il savait parfaitement qu'elle ne voulait aucun mal au nouveau-né, mais à son âge, les enfants ne sont jamais très délicats, et Knox n'avait aucune envie que la petite découvre ce que c'était de se prendre à coup au bout de quelques semaines à peine. A vrai dire, il désirait même qu'elle ne le découvre jamais, mais il ne pouvait pas la protéger de tout. Il remercia intérieurement Basil d'intervenir aussi rapidement auprès de la fillette, le bébé qu'elle était même, qui ne s'en inquiéta pas une seule seconde. « Elles sont encore un peu trop jeunes, pour pouvoir jouer ensemble. Max aurait tout oublié d'ici là. » précisa-t-il, comme pour s'excuser de son mouvement de recul. Il ne doutait pas un seul moment qu'ils finiraient tous par être ami, que ce soit les Lane, ou les Spencer – certes, il n'avait que Max à l'heure actuelle mais rien ne disait que cette situation s'éterniserait. Il avait de toute façon bien le temps d'y penser. Il paraît que les enfants grandissent trop vite, mais Knox espérait bien pouvoir profiter un maximum de l'enfance de sa fille avant de la voir grandir. Il était bien placé pour voir combien les adolescents pouvaient se montrer ingrats – il en était toujours un, d'une certaine façon. « Allons-y » lacha Knox, qui nota mentalement d'acheter une glace à tout le monde – sauf au nourisson! - pour remercier son ami de lui avoir offert sa place au zoo. Observant rapidement les alentours, il eut l'occasion d'apercevoir quelques animaux derrière les barreaux, et la file de gens. Un large sourire se dessina sur son visage. « Cela fait une éternité que je n'ai pas mis les pieds dans un zoo ! » Et si cela ne lui avait pas particulièrement manqué tant qu'il n'y pensait pas, Knox était bien heureux de s'y retrouver à l'heure actuelle. Il avait toujours ressenti une certaine fascination pour la façon qu'avaient les animaux de s'adapter à tout type de situation, même si cela signifiait vivre loin de leur milieu naturel, dans des endroits absolument pas conçus pour eux. « Tu sais si ils ont des fauves ? Et beaucoup de sortes d'animaux en général ? » Et voilà, pour un peu, Knox se serait presque cru parti à l'aventure, à la découverte d'animaux perdus. Il réhaussa légèrement la position de Max, et glissa doucement un doigt sur son visage. « Tu vas voir ma puce, c'est magnifique. »
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Message(#) Sujet: Re: Feeling any better now ? | Knox Mer 28 Déc 2011 - 0:25

    Quand j'avais fait part à Parfaite de mon intention d'emmener les jumeaux au zoo avec Knox et sa fille, elle avait fait une drôle de tête, comme si j'avais dit quelque chose de stupide. Elle avait croisé les bras sur son ventre qui commençait à être bien arrondi, et avait soupiré. J'aurais parié pour une nouvelle crise d'hystérie de sa part, mais non. Elle s'était contentée de hausser les épaules avec un vague « Si tu veux.», et était partie en direction de la cuisine pour lancer le lave-vaisselle. Intrigué par son comportement, je l'y avais suivie, m'attendant à ce qu'elle revienne sur le sujet, proteste, me reproche de faire ce genre de sortie avec Knox plutôt qu'avec elle ou n'importe quoi d'autre. Pourtant rien. Elle continua son petit numéro en silence, se servant un verre de lait qu'elle rinça une fois bu ; puis me sourit. Elle parut alors prendre conscience de mon incompréhension. « Ca va pas ? » Qu'est-ce que je pouvais lui répondre ? Que je trouvais ça suspect qu'elle ne montre pas plus d'opposition que ça à mes projets ? Que j'avais l'impression de vivre avec une étrangère quand ses hormones de grossesse se mettaient en effervescence ? J'avais alors trouvé une réponse bateau dont je n'avais plus aucun souvenir, mettant fin à la conversion et au problème. J'avais bien assez de choses en tête pour m'en rajouter...
    Jusqu'au moment de partir, j'avais cru qu'elle tenterait de me faire changer d'avis, d'une façon ou d'une autre. On avait tous les deux passé un semblant de nuit blanche à cause d'Hector qui faisait ses dents, à la seule différence qu'elle souffrait plus que moi du manque de sommeil. Je lui avais bien dit d'aller dans la chambre à l'étage, mais elle avait refusé, se levant à chaque fois pour essayer de le calmer. Au matin, alors que j'hésitais à annuler ma sortie avec Knox, elle avait alors insisté pour que j'y aille. Elle savait que ça me ferait bien de me retrouver seul avec ma fille, et il me semblait qu'il en était de même pour elle. On n'avait jamais vraiment évoqué le sujet, mais le fait d'avoir des jumeaux nous avait presque forcé à toujours tout faire ensemble, et il était rare que l'on se retrouve en tête à tête avec l'un d'entre eux. Il y avait bien ces moment où l'un des deux était à la sieste et où on avait le second rien que pour nous, mais ce n'était pas pareil. Je ressentais ainsi une sorte de plaisir coupable à me dire qu'aujourd'hui, ça ne serait qu'Elinor et moi, et Parfaite et Hector. Plaisir coupable que je ne boudais pas...

    La plupart des gens de mon entourage ne comprenaient pas cette envie que Parfaite et moi avions eu de fonder une famille, si vite. D'une certaine façon, je comprenais, mais c'était ce que j'avais toujours voulu. J'étais encore jeune, soit, et en âge de faire des expériences, mais je ne voyais pas l'intérêt d'enchainer les aventures alors que j'avais déjà trouvé ce que je cherchais. Bien sûr, je n'avais prévu que l'on aurait un bébé si vite, même deux, et que la conception du suivant n'aurait pas attendu plus de quelques mois. Sur ce point, j'étais le premier à l'admettre, il n'y avait rien de très volontaire. Au contraire, lorsqu'elle m'avait appris être de nouveau enceinte, j'avais mis du temps à assimiler et accepter l'idée. Ce n'était pas le fait d'avoir un enfant de plus qui me gênait, mais ce que ça impliquait. Matériellement, ça ne posait aucun problème, mais émotionnellement ? Autant dire que Knox et moi n'avions aucun mal à trouver un sujet de discussion, une bonne partie de nos préoccupations étant similaires. J'avais une petite longueur d'avance sur lui au niveau de l'expérience, mais il m'arrivait de me demander ce que ça m'apportait réellement. Je n'avais pas l'impression d'avoir plus de réponses que lui, ni même moins d'inquiétudes. Au contraire, j'étais passé par toutes celles qu'il connaissait, et avait désormais les suivantes. Et si je m'inquiétais moins sur le long terme que lui, ça ne m'empêchait pas de compenser ailleurs, sur d'autres détails qui m'apparaissaient cruciaux. Dans l'immédiat, par exemple, c'était la douleur infligée à deux de mes doigts. Ca pouvait paraitre surprenant vu l'âge d'Elinor, mais elle était déjà dotée d'une capacité de pression étonnante, que j'espérais ne jamais voir mise au profit de l'ouverture à mains nues de bouteilles de bière. C'était peut être idiot, mais j'avais le souvenir d'un type, à l'époque où j'étais au lycée, qui arrivait à les décapsuler d'une seule main, se servant de son pouce comme d'un levier, ou un truc dans le genre. Chassant cette idée de ma tête, je souris à Knox, qui établissait déjà la future amitié liant nos filles. Je défis les doigts d'Elinor des miens, lui donnant son doudou pour qu'elle ait autre chose à martyriser que moi, et acquiesçai silencieusement. Oui, elle étaient encore bien trop jeunes pour jouer ensemble, mais un jour, prochainement...
    L'entrée du zoo n'était qu'à quelques pas de nous, et je voyais que Knox était aussi impatient que moi d'y pénétrer. C'était presque un comble, deux grands garçons comme nous, à agir comme des gamins, mais c'était plus fort que moi. Il me confia ne pas y avoir mis les pieds depuis une éternité, et je lui souris. Et moi donc ! Je n'étais pas encore venu voir celui-ci, et je ne me rappelle pas la dernière fois où j'y suis allé en Angleterre... mais ça ne doit pas être récent ! Voilà, j'avais officiellement rajeuni d'au moins quinze ans, retrouvant un état d'excitation à l'idée de visiter un zoo que je n'avais pas éprouvé depuis bien longtemps. Et les questions de Knox attisèrent plus encore mon intérêt. J'imagine, oui. Ca ne serait pas un vrai zoo s'il n'y avait pas des fauves Je me penchai alors sur la poussette, rajustant la petite écharpe d'Elinor. Tu te rappelles ce que je t'ai dit qu'on allait voir ? Des lions, des tigres, des panthères, et même des élé-... des éléphants ! Sur ce point, je m'avançais peut être un peu, mais j'espérais qu'il y aurait en effet des éléphants. Pour une raison qui m'échappait un peu, Elinor adorait les éléphants. Dès qu'elle en voyait un sur un livre, ou à la télé, elle se mettait à s'agiter en riant aux éclats. Le nom faisait d'ailleurs partie de ceux qu'elle savait dire, ce qui n'avait pas manqué de m'étonner la première fois où elle avait tenté de le prononcer. Néfant ? Elle en avait les yeux qui pétillaient, et j'en espérai d'autant plus de ne pas la décevoir avec une promesse en l'air.
    La jeune fille à l'entrée du zoo nous laissa passer, se rappelant visiblement que j'avais acheté les places tout à l'heure. Ce ne fut pourtant qu'une fois à l'intérieur que je réalisai à quel point vouloir visiter un zoo en poussette pouvait ne pas être pratique. Tu peux m'attendre deux minutes, je vais faire comme toi ! Et je partis dans l'autre sens, retournant à la voiture dont je sortis le porte-bébé que je passai autour de mon cou. J'aurais bien gardé Elinor dans mes bras, comme Knox le faisait avec Max, mais cette méthode me semblait plus facile à tenir sur la durée. J'y installai Elinor, qui depuis tout à l'heure répétait, encore et encore, Néfant ?, et rangeai la poussette dans le coffre de la voiture.
    Un petit sprint plus tard, j'étais de nouveau avec Knox, qui s'était arrêté en face de l'habitat des paons, comme j'avais bien vu en arrivant. Je suis de retour, c'est bon.
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Message(#) Sujet: Re: Feeling any better now ? | Knox Ven 30 Déc 2011 - 12:04

Dans un sens, Knox enviait Basil. Elinor avait l'âge de comprendre tout ce que disait son père, même si elle restait un bébé. Elle réagissait, et pouvait même prononcer quelques mots. Malheureusement, Knox devrait encore attendre un moment avant que Max puisse agir de la sorte. D'un autre coté, c'était tant mieux. Cela lui permettait de profiter au maximum de sa fille, et de pouvoir passer tout son temps avec elle sans être vraiment épuisé. Evidemment, cela restait fatiguant, notamment parce que la demoiselle ne faisait pas encore ses nuits et prenait un certain plaisir à ne pas louper un biberon. Mais avec l'aide d'Adriel, et celle de Maya lorsqu'elle daignait s'y mettre, l'un dans l'autre, il trouvait encore le moyen de trouver qu'il ne voyait pas assez sa fille. Parfois, il avait un peu l'impression de se perdre dans son rôle de père. De n'être plus que ça, et d'en oublier qu'il était encore un adolescent, ou en tout cas un homme. Il ne le regrettait absolument pas et était sincèrement heureux de pouvoir partager autant avec sa fille, mais d'être aussi proche, aussi fan d'elle, l'empêchait tout simplement de comprendre l'attitude que Maya avait. Elle se montrait un minimum présente de temps à autre, mais c'était toujours le strict minimum. Knox avait parfois l'impression qu'elle ne se plaisait pas vraiment dans son rôle de mère, et pire que tout, qu'elle aurait préféré en être totalement débarrassée. C'était une idée qui horrifiait d'autant plus Knox qu'il ne se voyait plus vivre sans ce petit être de 58 centimètres – Knox avait été la veille chez le pédiatre – aux joues roses. L'idée d'avori une famille lui plaisait bien plus qu'il ne l'aurait imaginé, et ce même si c'était totalement imprévu. C'était peut être même ce qui faisait la beauté du tout, en y pensant. Les imprévus de la vie qui la rendait si précieuse. Certes, ce n'était pas toujours dans un sens positif, mais l'un dans l'autre, Knox avait plutôt eu une vie heureuse jusqu'alors. Il ne lui manquait qu'une chose, mais ce n'était pas parti pour arriver de si tôt. Si c'était le cas, dans l'esprit du jeune homme, cela serait avec Maya qu'il aurait emmené Max au zoo. Même si la petite ne se rappellerait probablement jamais des animaux qu'elle y avait vu ce jour-là. Il chassa cependant ces idées de son esprit. Maya n'avait peut être pas la place qu'il aurait souhaité dans sa vie, ou même dans celle de Max, cela ne changeait rien au fait qu'il était chanceux. Mieux valait donc en profiter plutôt que de se morfondre sur quelque chose qu'il ne pouvait forcer – malheureusement.
Il sourit en entendant Basil dire que la dernière fois qu'il avait été au zoo, c'était lorsqu'il était en Angleterre. A croire que ces endroits étaient réservés aux enfants, ou aux parents, mais que les personnes qui n'entraient pas dans ces deux catégories n'y allaient pas vraiment – hormis les passionnés, et ceux qui y travaillaient probablement. C'était étrange, du moins au vu de l'excitation que ces deux-là ressentaient à l'idée de pouvoir y passer l'après-midi à observer les animaux, dans un milieu qui ressemblait à leur habitat naturel. Lorsque Basil décrit à Elinor les animaux qu'ils allaient pouvoir observer, il scruta avec attention le visage de l'enfant, le voyant changer d'un animal à l'autre. Chaque nom d'animal semblait lui apporter un peu plus d'excitation, et il était difficile d'imaginer un sourire plus large sur le visage d'un enfant. C'était réellement un plaisir à voir, et Knox ne put s'empêcher de reposer son regard sur Max qui était décidée à dormir. Malgré lui, il ne pouvait s'empêcher d'être un chouilla déçu. Ne voulait-pas ouvrir les yeux, et observer un minimum les animaux ? Cela ne pouvait être qu'une bonne chose, non ? S'habituer à découvrir tout ce que contenait le monde était quelque chose que l'on ne pouvait jamais faire trop tôt. Knox avait envie de la réveiller pour lui expliquer tout cela, pour lui raconter tout ce qu'elle avait à connaître et à découvrir, et qu'elle n'aurait probablement jamais assez d'une vie pour voir tout cela. Cependant, quand elle dormait si paisiblement, sa respiration si lente qu'elle se dessinait à peine sur son abdomen, le jeune homme ne pouvait se résoudre à la réveiller. Il était fou amoureux d'elle. Qu'elle dorme si elle le souhaitait, ses désirs étaient de toute façon des ordres. Il sourit à Elinor qui semblait ravie à l'idée de pouvoir voir des éléphants – même si elle paraîtrait encore plus petite, comparé à l'un d'eux. « Qui sait, tu pourras peut être leur donner des cacahuètes ? » lui dit-il. Ils se dirigèrent ensuite enfin vers l'entrée du zoo au rythme des « néfant » de Elinor.

« Pas de problème, on a le temps ! » répondit Knox à son ami. Il se dirigea vers le plan qui se trouvait à l'entrée du zoo pour avoir un petit aperçu des animaux qu'il allait pouvoir voir aujourd'hui, et sourit en voyant qu'il semblait y avoir foule d'animaux : des paons, des ratons laveurs, des tigres, des serpents, … une ribambelle d'animaux se dessinait devant lui, et Knox était vraiment ravi de la proposition que lui avait fait Basil. Il finit par se diriger vers l'habitat des paons en attendant son ami, et les observa crier « Léon » en faisant leur parade pour séduire les femelles. Pour une fois que ce n'était pas les femmes qui se pavanaient, c'était assez drôle à voir. Ils s'égosillaient comme ils le pouvaient afin d'attirer leur attention – ce qui ne fonctionnait pas toujours, bien évidemment. Avant même qu'il n'ait envie d'aller voir ailleurs, Basil se trouvait à ses cotés, le souffle court. « C'était pas la peine de courir, on est pas pressés! » Même si il devait avouer avoir hâte d'en arriver aux fauves. « Alors, Elinor, on commence par où ? » dit-il, puisqu'elle était la plus jeune, c'était elle la reine de la journée. « Néfant ! » cria-t-elle, sans surprise. « C'est parti, j'ai repéré où c'était sur le plan. » expliqua-t-il à son ami. Ils se dirigèrent alors vers le fond du zoo – commencer dans n'importe quel sens était le meilleur moyen de louper certains animaux, mais ce n'était pas comme si ils n'auraient jamais l'occasion d'y retourner. « Comment va Parfaite, aujourd'hui ? Pas trop fatiguée ? »
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Message(#) Sujet: Re: Feeling any better now ? | Knox Sam 7 Jan 2012 - 23:43

    De nouveau aux côtés de Knox, j'essayais de retrouver mon souffle, ayant plus de mal que ce que j'aurais cru. Même si je n'avais jamais été très doué pour la course, j'étais persuadé d'être encore capable de parcourir une petite centaine de mètres sans donner l'impression d'avoir fait un effort surhumain, mais il fallait croire que ce n'était pas le cas. J'avais toujours l'excuse d'Elinor contre moi, qui commençait à peser malgré son jeune âge, mais ça ne me satisfaisait tout de même pas. Je fis cependant un signe de la main à Knox pour lui dire que tout allait bien et que je serais vite de nouveau apte à reprendre la route. Il avait beau dire que nous n'étions pas pressé, ce qui était vrai, je ne tenais pas à perdre du temps inutilement. Il avait du s'en rendre compte depuis la naissance de Max mais, à partir du moment où l'on se retrouvait avec un enfant, le temps se mettait à passer différemment. C'était un phénomène sur lequel j'avais du mal à poser des mots, mais que je sentais, et qui ne manquait pas de me troubler. Ce que j'avais l'habitude de faire en cinq minutes me demandait maintenant des heures entières, et inversement. Par moment, le seul fait de penser à ce que ça donnerait une fois que le futur bébé là me donnait des angoisses. C'était peut être exagéré, mais ça me semblait légitime malgré tout. On avait joué avec le feu et les jumeaux allaient avoir une petite sœur, à nous de nous débrouiller pour que notre famille ne devienne pas une catastrophe ambulante... Cette sortie au zoo avait ainsi le mérite de me changer les idées pendant une petite journée, ce qui serait loin de me faire du mal. Ce n'était pas pour ça que je l'avais proposée, mais ça faisait partie des bons côtés qui s'y étaient greffés. Et vu le sourire de Knox, il me semblait que je n'étais pas le seul à en profiter.

    Ayant retrouvé mon souffle et mes forces, ce que Knox semblait attendre avant de lancer le signal de départ, il demanda à Elinor ce qu'elle voulait voir en premier. Sans grande surprise, elle vota pour les éléphants. Et si mon ami ne le savait pas, il fallait savoir que c'était le seul nom d'animal qu'elle connaissait ; autant dire que l'on n'entendrait que ça de la journée, quelle que soit la créature en face de nous. Chez nous, même le chat y passait. J'avais beau répéter à Elinor que ce n'était pas un éléphant mais un chat, allant jusqu'à imiter les cri de chacun des deux animaux pour lui montrer la différence, ça n'y changeait rien. Elle le faisait aussi pour les humains parfois, ce qui n'était pas toujours très bien pris - Parfaite pouvait en témoigner, elle qui avait cru que sa fille la comparait à un éléphant à cause de sa grossesse, et qui s'était retrouvée dans mes bras, en pleurs, pendant une bonne dizaine de minutes avant d'arriver à se calmer. Dans un zoo, au moins, il n'y avait pas vraiment de risques que qui que ce soit le prenne mal. Après tout, la plupart des animaux devaient s'entendre appelés par des noms qui n'étaient pas les leurs, et je n'étais pas sûrs que ça les blesse plus que la présence de grilles autour d'eux. Mais trêve de réflexions ! On était là pour passer un bon moment, et je suivis Knox, qui avait repéré le chemin pour rejoindre les éléphants. On marchait l'un à côté de l'autre, nos filles serrées contre nous, suffisamment lentement pour qu'elles aient le temps de profiter de la balade. Enfin, pour être honnête, il n'y avait qu'Elinor pour en profiter, Max ayant succombé à l'appel de Morphée depuis un petit moment déjà. Si Knox n'avait pas fait de commentaire, j'avais eu l'impression qu'il en était un peu déçu, ce que je comprenais. Après tout, j'étais passé par là, par ces moments où l'on veut que nos enfants profitent des splendeurs du monde en présence, et où l'on se retrouve avec un petit être endormi, que l'on n'arrive pas à se résoudre de réveiller. Cruel dilemme que je n'avais toujours pas résolu, mais pour lequel mon ami avait toute ma compassion.
    Et tandis que je montrais à Elinor des singes, un peu plus loin sur notre droite, Knox se décida à changer de sujet. Si lui et Parfaite ne se connaissaient pas, il en avait suffisamment entendu parler d'elle pour me demander de ses nouvelles de temps à autres, à moins que ça ne soit juste pour se faire une idée des pensées et éventuelles préoccupations que j'avais en tête. Après tout, si l'on s'était connu, c'était parce que je m'étais remis à boire pour oublier mes problèmes conjugaux, et ça pouvait difficilement s'oublier. La grimace que j'esquissai aurait pu lui suffire en matière de réponse, mais elle servait surtout d'accompagnement à ce que je m'apprêtais à dire. J'ai l'impression de vivre avec un dragon... En même temps que je prononçai ces quelques mots, je me rendis compte que c'était complètement idiot. Qu'est-ce que c'était que cette comparaison avec un animal mythologique ? Elle ne crachait pas de feu, pas que je sache, mais ça m'était sorti tout seul. Je m'arrêtai de marcher, aussitôt imité par Knox qui me fixait bizarrement, et j'éclatai de rire. Ok, je crois qu'il n'y a pas que Parfaite qui commence à souffrir du manque de sommeil. Efface ce que j'ai dit ! Je secouai la tête, comme pour effacer ces quelques mots de mon esprit, et me remis à marcher. Aujourd'hui ça a l'air d'aller, même si c'est vrai qu'on a pas beaucoup dormi... Ca avait déjà été difficile pour elle, quand elle attendait les jumeaux, de les sentir remuer à toute heure du jour et de la nuit. Cette fois, en plus de celui dans son ventre, y'en a toujours un pour se mettre à pleurer quand elle s'endort. Et comme c'est une vrai tête de mule, impossible de la convaincre d'aller se reposer chez son frère ! Enfin bon. Calme depuis un petit moment, Elinor avait recommencé à s'agiter, tournant la tête vers moi puis vers Knox, répétant encore et toujours son fameux "Néfant ?!" Oui ma puce, on y arrive, ne t'en fais pas. En attendant regarde, tu vois les girafes ? Son regard se perdit dans la direction que je lui montrais, deux cous jaunes émergeant d'arbres dont je ne connaissais pas le nom. Même si je savais que ça ne durerait pas, ça l'occuperait assez pour que l'attente de l'éléphant ne soit pas plus dure pour elle qu'elle ne l'était déjà. Et entre Maya et toi alors ? Ca s'arrange avec Max au milieu ? Ma question était maladroite, je le reconnaissais, mais ça me démangeais de savoir. Si ma situation avec Parfaite n'était pas idéale, je savais qu'entre Knox et Maya ce n'était pas facile non plus, ce dont je ne tirais aucune satisfaction...
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Message(#) Sujet: Re: Feeling any better now ? | Knox Jeu 19 Jan 2012 - 18:23

Si le ton de Basil n'avait pas été aussi sérieux lorsqu'il avait lâché qu'il avait l'impression de vivre avec un dragon, Knox aurait probablement envie d'éclater de rire. On ne pouvait pas dire qu'il connaissait très bien la demoiselle, mais quelque chose lui disait que Basil exagérait quelque peu les choses. Il ne le jugeait pas cependant, se rappelant de toutes les demandes farfelues et les sautes d'humeur de Maya lorsqu'elle était encore enceinte. Le jeune homme se contenta alors simplement de fixer son ami, l'air interdit quelques secondes. Que voulait-il exactement par là ? Dans le sens où il était impossible de l'approcher ou simplement parce qu'elle ne cessait de lui cracher des choses désagréables à la figure. Il émit un léger rire à la réplique de son ami, et reprit sa marche en sa compagnie alors que Aliénor prenait un malin plaisir à répéter « Néfant ? » à chaque fois qu'elle apercevait ne serait-ce qu'une patte d'un animal. La pauvre petite avait encore bien du chemin à faire – du moins, selon les critères d'un enfant de son âge – avant d'arriver aux éléphants. Observant la petite, Knox écouta tout de même attentivement ce que lui disait son ami, bien heureux que ce ne soit pas le genre de choses qu'il serait amené à traverser en tant qu'homme. Naturellement, ils étaient les boucs émissaires, et étaient ceux qui devaient gérer les hormones de la femme enceinte, mais cette dernière devait endurer tous les coups de pied, et ce rush d'hormones qui la faisait passer de femmes extrêmement joyeuse à quasiment dépressive en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire. Sans parler de l'accouchement que Knox était bien heureux d'avoir manqué – même si il préférait ne pas le dire tout haut, cela serait donner à Maya une opportunité de lui faire un reproche. Il y avait cependant une différence flagrante entre Parfaite, et Maya. Cette dernière aurait probablement été ravie de pouvoir se trouver ailleurs pendant que Max pleurait la nuit. Knox avait parfois l'impression qu'elle ne voyait pas en cet enfant la même chose que lui. Et si cela avait l'avantage que Knox puisse passer la plus grande partie de son temps libre avec Max, cela n'empêchait pas le jeune homme de regretter de ne pas pouvoir profiter pleinement de tous ces moments avec Maya. « Si tu veux prendre une soirée de repos avec elle à l'occasion, n'hésite pas. J'ai trouvé un petit appartement en dehors de la ville, je pourrai prendre les enfants une soirée. » Il n'était pas forcément certain de pouvoir gérer des jumeaux, mais cela ne devait pas être très compliquée de s'en occuper toute une soirée. Il s'arrangerait pour ne pas garder Max ce soir-là - même si cela lui déchirait le coeur d'avance, il pouvait bien faire cela pour son ami. C'était bien la seule chose qu'il pouvait faire pour l'aider de toute façon. Malheureusement, il en avait encore pour quelques mois avec l'accouchement de Parfaite. Après tout irait probablement mieux entre les deux – ils étaient faits pour être ensemble, de toute façon. L'air absent,il sourit légèrement en voyant Basil s'occuper de Aliénor, mais il était en réalité perdu dans ses pensées. Cette certitude qu'il avait pour le couple de son ami, il ne la partageait pas pour Maya et lui. Plus le temps passé, plus il avait l'impression qu'elle ne le pardonnerait jamais vraiment. Il était sérieux, pourtant. Il était responsable, et n'avait commis aucun faux pas depuis son arrivée à Miami. Mais ce n'était pas assez, ce n'était jamais assez pour cette dernière. Qu'attendait-elle de lui ? Il se retenait d'aller boire un verre avec les collègues du chantier quand ils lui proposaient pour être sûr de se présenter à une heure correcte – et pour voir Max, bien évidemment. Il poussa un soupir, l'envie de sortir une cigarette roulée lui traversant l'esprit. Il fouilla dans ses poches, avant de se souvenir que pour les enfants, cela pouvait être particulièrement dangereux. «  Et entre Maya et toi alors ? Ca s'arrange avec Max au milieu ? » Knox poussa un profond soupir. Il ne savait pas si Basil avait lu dans ses pensées, mais il aurait préféré ne pas aborder le sujet. C'était comme si les choses se compliquaient encore plus si il en parlait à voix haute. Il haussa alors légèrement les épaules, et continua à marcher un petit peu, espérant que le jeune homme changerait de sujet, ou qu'ils arriveraient bientôt devant les éléphants. Mais à chaque pas qu'il faisait, c'était comme si le problème grossissait, grossissait, et grossissait. « J'ai l'impression que c'est de pire en pire, en fait. » finit-il par lâcher, sortant une clope pour de bon cette fois. Il prit soin de camoufler le petit nez de Max sous son écharpe avant de l'allumer, et reprit, oubliant presque qu'il était venu pour se détendre. « J'en fais jamais assez, et plus ça va, plus elle s'éloigne... » Il tira une longue latte sur sa cigarette et lâcha un juron. Cette situation n'était décidément pas prête de s'arranger. Il secoua cependant légèrement la tête, et accéléra le pas. Il avait vraiment hâte de trouver où étaient ces éléphants pour que Aliénor redevienne le centre de l'attention. Si Knox n'avait aucun mal à parler des choses qui se déroulaient bien, et de ses sentiments positifs, dès que cela devenait compliquer, c'était autre chose. Il avait plus envie de se renfermer sur lui-même, de prendre une bonne bière, et un bon joint. Cependant, ce n'était pas quelque chose que le père d'une gamine de quelques semaines était sensé faire. Il adorait sa fille, elle était tout pour lui, mais il se demandait quand même si les responsabilités qu'elle engageait ne creusaient pas un gouffre encore plus profond entre sa mère et lui. Après tout, ils étaient habitués à passer des heures à faire les cons, à boire trop, et à se faire l'amour un peu partout, quand ça leur prenait. Mais, maintenant, ils devaient être responsables, l'un comme l'autre. Peut être ne s'accordaient-ils pas assez de temps ensemble... mais en même temps, Maya avait tendance à éviter de passer trop de temps avec lui – du moins, c'était l'impression qu'il avait.
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Message(#) Sujet: Re: Feeling any better now ? | Knox Dim 22 Jan 2012 - 23:18

    De manière générale, j'évitais de donner des conseils, aussi bien à mes amis qu'aux membres de ma famille. Ce n'était pas parce que leur existence ou les choix qu'ils pouvaient faire ne m'intéressaient pas, mais j'avais toujours cette angoisse au fond de moi de les aiguiller dans le mauvais sens. Après tout, certaines décisions que j'avais pu prendre par le passé montraient bien que je n'étais pas tout à fait ce que l'on pouvait appeler un "modèle à suivre", et je me serais bien gardé de prétendre le contraire. Pourtant, il arrivait que j'y sois obligé. C'était ce moment où Parfaite avait du choisir entre tirer un trait sur sa carrière professionnelle pour se concentrer sur sa vie de famille, ou essayer de concilier les deux. C'était Amy-Rose qui m'avait confié le manuscrit de son roman autobiographique, en me demandant de lui dire tout ce que j'en pensais. C'était tel ou tel autre, qui n'auraient pas compris que je bafouille une excuse avant de me défiler. Et, avec Knox comme avec tant d'autres, j'étais comme au pied du mur. Je ne m'en plaignais pas complètement, parce qu'aborder leurs problèmes avec des gens signifiait bien que l'on était assez proches pour se faire mutuellement confiance, mais par moment j'aurais préféré ne pas avoir à tenir le rôle de confident. Ca avait ses bons côtés, mon mariage avec Parfaite en témoignait, mais ce n'était pas fait pour moi. Ou alors qu'on me laisse le temps d'y réfléchir, seul, avant que j'aie à formuler mon point de vue. Bien entendu, dans la réalité, ça ne pouvait pas fonctionner. Je ne pouvais pas écouter quelqu'un m'expliquer le pourquoi du comment de ses malheurs, puis lui demander un temps mort pour me laisser y réfléchir. Je n'étais pas psy, et donc pas dans la mesure d'argumenter en expliquant que notre entrevue venait de s'achever et que l'on finirait la semaine prochaine. Et si, de mon côté, évoquer mes problèmes conjugaux était une façon de les dédramatiser, je savais qu'il n'en était pas de même pour tout le monde. Dans ma tête, j'envisageais toujours le pire, quoi qu'il arrive. Que ce soit concernant l'avenir de ma carrière ou de ma relation avec Parfaite, ce qu'allaient devenir mes enfants ou le monde plus généralement, j'avais tendance à considérer le verre comme à moitié vide. Mes nuits d'insomnies étaient ainsi l'occasion de laisser s'échapper toutes mes angoisses, jusqu'au moment où elles prenaient le dessus sur moi. En parler, en revanche, me permettait de tout remettre au clair. Je ne tenais pas à m'étendre, ni sur les détails ni en lamentations, et le seul fait de me contentait de l'essentiel me permettait souvent de réaliser que, oui, la situation n'était pas si désespérée que ça. La comparaison de Parfaite avec un dragon était à l'image de cette dualité qu'il y avait entre mes paroles et mes pensées. C'était sorti tout seul, tel que je le ressentais, mais une fois que c'était dit, ça me paraissait complètement disproportionné. Knox, cependant, n'eut pas l'air de trop s'inquiéter pour ma santé mentale, et je l'en remerciais. Après tout, il avait suffisamment de problèmes pour ne pas avoir à se demander si notre promenade au zoo n'allait pas se terminer par un petit détour à l'hôpital psychiatrique... Et preuve ultime qu'il comprenait ce que j'avais voulu dire, sa proposition de s'occuper des jumeaux pendant que Parfaite et moi prenions un peu de temps pour nous. Sur le coup, je secouai la tête, négativement. Je connaissais assez ma femme pour savoir qu'elle n'accepterait pas, et puis je ne voulais pas l'embêter avec ça. En même temps, pourtant, j'avais envie d'accepter, parce que c'était tout ce dont on pouvait avoir besoin en ce moment. Ce n'était pas grand chose, mais une petite soirée en amoureux, rien que tous les deux, était un luxe auquel on n'avait pas pu céder depuis bien longtemps. Je ne savais même plus à quand remontait la dernière fois. J'en parlerai avec Parfaite, mais merci de la proposition... Ce n'était pas "oui", ce n'était pas "non", ni complètement entre les deux. Bon, c'était compliqué, et inutile d'en rajouter une couche supplémentaire. Quant à ma question suivante, il n'avait encore rien dit que je savais de quoi il allait en retourner. Il haussa les épaules avec un soupir, et continua à avancer, comme si de rien n'était. Je gardai le silence, attendant une réponse plus précise, mais comprenant qu'elle ne comprendrait pas de bonne nouvelle. Et effectivement, lorsque Knox céda, ce n'était pas vraiment pour m'annoncer à quel point il était heureux. Je le vis alors sortir une cigarette et l'allumer, non sans faire en sorte que Max n'ait pas à en respirer la fumée. A l'odeur, je compris que ce n'était que du tabac, ce qui raviva mon manque de nicotine, mais ce n'était pas le moment de craquer. Après tout, j'avais bien assez fumé au cours de ces dernières semaines pour essayer de faire un effort aujourd'hui. Puis Knox enchaîna, donnant de nouveaux détails, qui me firent grimacer. Je suis désolé... Ca lui faisait probablement une belle jambe, mais c'était sincère. Je le vis alors accélérer, avançant dans une direction qui semblait être celle des éléphants, et sur laquelle il n'hésitait pas. Je pressai le pas à mon tour, aussi bien pour suivre son rythme que pour empêcher la catastrophe imminente qui était en train de se préparer. Si Elinor avait, jusque là, bien patienté, elle commençait à montrer des signes de fatigue. Ce n'était pas encore bien grave, mais elle s'agitait dans son porte bébé, chouinant plus qu'elle ne demandait à voir ses animaux préférés, et ça ne laissait présager rien de bon. Tout en avançant, je penchai la tête vers elle pour essayer de la calmer. On arrive bientôt, je te le promets... Cela n'eut pas beaucoup d'effet, mais je préférais essayer malgré tout.
    Knox et moi marchions désormais assez rapidement, ne prenant pas le temps de regarder les animaux devant lesquels on passait. Il avait l'air perdu dans ses pensées, probablement en train de considérer sa relation avec Maya sous tous les angles. J'aurais bien volontiers voulu lui dire que ce n'était qu'une phase et que ça ne durerait pas, prenant pour exemple ce qui s'était passé entre Parfaite et moi, mais ça n'aurait pas marché pour la simple et bonne raison que la naissance des jumeaux avait failli causer notre perte. Ça et son père qui avait cru bon de vouloir rappeler sa fille auprès de lui, mais je ne pouvais pas m'empêcher de penser qu'il n'aurait jamais fait ça s'il n'avait pas eu nos enfants pour faire pression sur elle. Alors voilà, j'étais dans une sorte d'impasse, mais tentai malgré tout de m'en sortir. Je vais pas me faire l'avocat du diable, mais c'est un peu normal que ça coince au début, le temps que tout le monde retrouve ses marques. J'avais pris le ton le plus sûr de moi possible, mais n'étais pas certain d'être très convainquant. Je sais qu'on est pas des modèles, mais il nous a fallut quasiment six mois avec Parfaite, avant d'arriver à retrouver une relation à peu près stable. Y'a rien de gagné, c'est sûr, mais si tu es là pour Maya, elle doit l'apprécier malgré tout. Je veux dire, elle s'éloigne, ouais peut être, mais ça ne veut pas dire qu'il n'y a rien entre vous... J'achevai ma phrase, ou plutôt la laissai en suspend, l'horizon laissant apercevoir une bonne surprise. Non pas Maya, décidée à venir passer la journée avec Knox & leur fille, désolé pour lui, mais ce qu'Elinor attendait, les éléphants. Souriant, j'attrapai une de ses mains dans l'une des miennes, et montrai la direction dans laquelle regarder de l'autre. Tu as vu ? On est arrivé !
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Message(#) Sujet: Re: Feeling any better now ? | Knox Ven 3 Fév 2012 - 1:05

Knox ne pouvait pas dire les choses comme telles sans prendre le risque de vexer son ami, mais il se moquait bien de savoir que il leur avait fallu six mois avec Parfaite pour s'adapter à la naissance des jumeaux. Il était ravi pour son ami, et était même plutôt fier de tout ce qu'il avait accompli, et de sa famille. Mais il savait pertinemment que les choses avec Maya étaient entièrement différentes, et que il n'y avait pas de comparaison possible. Ce n'était pas seulement le fait que chaque histoire soit différente, c'était également la différence d'âge entre Maya et lui, le fait qu'il l'avait fait renvoyé, et qu'elle ne se soit absolument pas laissée impressionner par les kilomètres qu'il avait traversé pour elle. Il ne pouvait pas dire qu'il n'y avait pas eu de rapprochement, cela aurait été mentir, mais il n'y avait rien eu de significatif. Hormis le moment intense qu'il avait vécu à la naissance de leur fille, mais Knox avait bel et bien conscience qu'il ne s'agissait de rien d'autre qu'une parenthèse pour Maya, et qu'il ne devait pas s'attendre à ce que cela se reproduise de si tôt. Il poussa un profond soupir, et ne put s'empêcher de jurer malgré les oreilles innocentes qui traînaient dans le coin – et non, ce n'est pas une allusion à celles des éléphants - : « Sérieux, ce que j'en ai à foutre qu'elle l'apprécie, si c'est pour qu'elle s'éloigne encore plus. » Il ne savait pas vraiment comment faire comprendre à son ami que le problème ne datait pas de sa grossesse, ni même de la naissance de Max. C'était Knox le fautif. Il avait tout foutu en l'air en se montrant trop bavard, il en avait conscience. Mais il avait tout fait pour se faire pardonner, et rien n'avait suffi. Maya ne lui donnait rien, si ce n'est de l'espoir de temps à autre, et cela tuait Knox à petit feu. Il n'arrivait plus à faire le con comme avant, et quoiqu'il en dise, il n'y avait pas que Max. IL ne voulait pas prendre le risque de perdre encore plus Maya que ce n'était déjà le cas. « Elle me pardonnera jamais, de toute façon. » lâcha-t-il avant de regarder, attendri, Elinor s'émerveiller devant les éléphants. Il détestait être aussi fataliste, et avoir l'impression qu'il était temps d'abandonner, et de tout laisser derrière lui, mais il faudrait bien qu'il se rende à la vérité à un moment ou un autre. Maya ne l'aimait plus, ou si c'était le cas, elle le cachait assez bien. Bon sang ! Il avait besoin d'un verre, et d'une bonne cuite. Mais il était à peine quinze heures de l'après-midi, et avec les enfants à charge... ce n'était probablement pas la meilleure proposition qu'il pouvait faire à Basil. Rien ne l'empêcherait d'aller boire seul ce soir, mais cela l'enchantait nettement moins. Une part de lui mourrait d'envie de retrouver sa vie d'antan, où tout était beaucoup plus simple, où il avait toujours quelqu'un avec qui allait boire, où il pouvait se permettre de repousser les filles qui venaient le draguer parce qu'il savait que Maya l'attendait – ou, en tout cas, était là.

Alors que Basil et lui décidèrent sans prononcer un mot qu'ils avaient passé assez de temps à observer les éléphants, la fillette sembla considéré que au contraire, ils allaient repartir trop tôt, et insista pour qu'ils restent encore un petit moment à les observer. Comme pour approuver la jeune femme, un éléphant ne trouva rien de mieux que de barrir, et de faire sursauter la moitié des gamins qui, accrochés aux barreaux, pensaient sûrement que ces bêtes, effrayées par un animal aussi ridicule qu'une souris, ne pouvaient pas faire autant de bruit. « On peut rester là encore un peu, y a un banc juste à coté. » En effet, ils se trouveraient légèrement décalés vis à vis des éléphants, mais Elinor ne manquerait rien du spectacle – et puisque cela semblait la rendre muette, peut être que Knox et Basil pourraient discuter tranquillement. Ce n'était pas qu'Elinor le gênait, bien au contraire, il la trouvait adorable, mais maintenant qu'il avait commencé à discuter avec Basil, c'était comme si il ressentait le besoin de demander des conseils, d'obtenir des réponses à ses questions. Knox Lee Spencer qui avait besoin de conseils. Knox Lee Spencer qui était prêt à parler de ses émotions, et de sa vie à quelqu'un. Décidemment, Miami faisait des choses incroyables aux gens qui y vivaient – le soleil sûrement. « Tu laisses Eli manger des glaces ? » demanda-t-il à son ami. Il venait, en se retournant, d'apercevoir un de ces stands que l'on trouve dans chaque lieu touristique, et qui ne vendait que des cochonneries. Il avait terriblement envie d'en prendre une – et d'en offrir une à son ami, cela allait de soit – mais il aurait été mal venue de manger une telle merveille devant un enfant qui était trop jeune pour en manger... « Ou d'la barbe à papa, ou un truc du genre ? » C'est à peu près à ce moment-là que Max se décida à se manifester à son tour, et confirma à tout le zoo que ses poumons étaient en bon état de marche. Si, comme à chaque fois, le coeur de Knox se brisa en mille morceaux à l'attente de ses cris, il avait désormais un minimum d'expérience, et d'une manière assez drôle pour les gens de l'extérieur, il commença à chercher méthodiquement le problème de la demoiselle. « Tu veux ta tétine ? » lui demanda-t-il, alors qu'il lui tendait son auriculaire. Mais la princesse se remit à brailler, et Knox en conclut qu'il se trompait. «  Pas ta couche, pitié... » Se contorsionnant, il renifla la couche de Max, qui ne semblait pas pleine le moins du monde, et en conclut donc qu'elle avait fait. « C'est que tu es une gourmande ! » lâcha-t-il, en cherchant le biberon dans son sac. Par chance, la femme de sa vie préférait le biberon de l'après-midi à température ambiante, et Knox n'aurait pas à courir dans tout le zoo pour pouvoir nourrir sa fille. Avec précaution, il lui donna alors le biberon, vérifiant la position de sa fille, et l'absence d'air dans la tétine. Soulagé de ne plus l'entendre pleurer, Knox s'apaisa à son tour, et se retourna vers son ami. « C'est une horreur ; à chaque fois qu'elle se met à pleurer, j'ai l'impression que c'est la fin du monde. »
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Message(#) Sujet: Re: Feeling any better now ? | Knox Dim 12 Fév 2012 - 23:37

    Même si j'avais l'impression de connaître la situation de Knox pour la trouver très proche de celle qui avait été la mienne quelques mois plus tôt, j'avais bien compris que ce n'était pas mon exemple qui allait le réconforter. Il s'était bien gardé de le dire, mais j'avais vu qu'il n'y croyais pas quand je lui avais dit que ça s'arrangerait, comme ça avait été le cas pour Parfaite et moi. Après tout, j'avais l'air malin à lui affirmer ça, mais est-ce que je l'aurais cru si nos rôles étaient inversés ? Non, bien sûr. J'avais beau me rattacher à ce que je pouvais lorsque la situation devenait tendue, je n'en devenais pas plus stupide pour autant. Pareil pour Knox. Sur ce point au moins, on était sur la même longueur d'onde. Et si je lui avait raconté ce genre de bêtises, c'était avant tout pour éviter de laisser s'installer un silence gênant entre nous, ce pour quoi j'étais très doué. Faire la conversation ne faisait pas partie des dons que j'avais reçu à la naissance, et encore moins lorsqu'il s'agissait de résoudre les problèmes des autres. Les réconforter à la rigueur, parce que je savais être présent et les écouter, mais de là à trouver les mots qu'il fallait, il y avait un monde que je n'avais toujours pas réussi à franchir. Un jour peut être, quand Elinor rentrerait avec le cœur brisé, et où il me faudrait lui expliquer que tous les garçons ne sont pas d'ignobles salauds, mais qu'il arrive que l'on tombe sur des gens qui ne nous méritent pas et nous font du mal faute de savoir comment s'y prendre mieux. Mais d'ici là, j'espérais avoir encore une bonne quinzaine d'années devant moi, même un peu plus si l'on voulait bien me les accorder, et il me fallait me débrouiller. Je ne connaissais pas Maya autrement que par ce que Knox m'en disait, et je ne me sentais pas prêt à aller frapper à sa porte pour lui ouvrir les yeux. J'y avais pensé, et avais aussitôt fait marche arrière. Ah c'était bien moi ça, inventer de super histoires impossibles à appliquer dans la réalité !
    La vision des éléphants, si près d'elle, avait plongé Elinor dans un état de douce euphorie. Elle gigotait dans son porte-bébé, tendant les bras en avant comme pour toucher la première ses animaux préférés, encore incapable de prendre en compte les notions de distance et d'éloignement. Mais sa gaîté était communicative, et je pressai le pas. Elle te l'a dit ? Mot pour mot ? Tant qu'elle l'a pas fait tu as une chance, il y en a toujours une... Après la psychologie de bazar, la philosophie de bazar. Pourtant, une phrase aussi bateau avait des airs de grande vérité solennelle, comme si un vieux sage me l'avait transmise. C'était idiot, ça aussi, mais j'y avais toujours cru. Même quand ça allait mal, j'avais toujours voulu croire que ça pourrait s'arranger. Et la seule fois où j'avais compris qu'il n'y avait aucun espoir, j'avais tout arrêté moi, avant de le regretter. Laisse lui un peu de temps, elle a peut être juste besoin de ça... Et si jamais vous avez besoin de quelqu'un pour garder Max, si vous voulez retrouver un peu d'intimité, tu m'appelles. Faut bien qu'on s'habitue à en avoir trois maintenant ! Je ponctuai ma phrase par un sourire, comme pour mieux dédramatiser la situation. Et, pour cela, quoi de mieux que des éléphants ?
    On resta un petit moment à les regarder, ou plutôt à commenter tout ce que l'on voyait à Elinor. La pauvre, elle ne savait plus où donner de la tête entre les éléphants en train de boire, de manger, de bouger leurs oreilles, de faire des choses dont je n'avais aucune idée de la signification... Knox s'était lui aussi pris au jeu, essayant d'encourager Max à y participer à son tour, mais mademoiselle avait quitté les bras de Morphée seulement quelques instants. Et si, pour ma part, j'avais ma dose de pachydermes, Elinor se mit à hurler lorsque l'on s'éloigna de l'enclos, obligeant par là l'un de nous à céder. Knox fut le premier, à moins qu'il ne soit tout simplement que le moins expérimenté...

    Une fois assis sur le banc, je sortis Elinor de son porte-bébé et l'installai contre moi de manière à ce qu'elle puisse voir les éléphants. Ses petits pieds glissèrent à quelques reprises, mes cuisses n'étant pas une zone de support très stable, mais elle trouva vite ses marques tandis que je la tenais fermement pour qu'elle ne tombe pas. Elle était redevenue muette, mais je voyais bien que ça tournait à toute vitesse dans sa tête. La question de Knox m'arracha de mes propres pensées, et je me tournai vers lui. Une glace ? Bonne question. Une barbe à papa ? Là il me posait une colle... Pour la glace, elle en a encore jamais mangé, mais je pense pas que ça puisse lui faire de mal. Elle est encore petite pour en avoir une pour elle toute seule, mais je peux bien lui faire goûter la mienne ! Car oui, j'avais compris le message subliminal de cette question, et j'étais tout à fait disposé à tenter l'expérience. Et visiblement, Max était elle aussi d'humeur à avoir une glace, vu la gueulante qu'elle se mit à pousser. Même si j'étais habitué à celles des jumeaux, ça n'en rendait pas moins ce moment très désagréable à vivre, car il nous prenait complètement au dépourvu. A force j'avais plus ou moins appris à comprendre ce que chaque cri sous-entendait, mais le manège de Knox me rappela ces mois d'errance par lesquels j'étais passé. Et je me mis à rire, doucement mais sûrement. Ce n'était pas contre lui, surtout qu'il s'y prenait plutôt bien, mais c'était plus fort que moi. Peut être que c'était une façon de mettre à distance cette partie de ma vie où j'avais eu l'impression de ne plus rien contrôler, ou de revivre ce tâtonnement constant, mais ça ressortait sous la forme de rire. Elinor eut l'air surprise, se tournant vers moi avant d'appuyer l'une de ses mains contre ma joue. Désolé, c'était plus fort que moi. Elles nous rendent dingues à un point, c'est pas croyable... Quand c'est pas la mère, c'est la fille. Et quand c'est pas la fille, c'est la mère... Je crois que j'aurais pas assez d'une vie pour comprendre quelque chose aux femmes ! Je terminai en déposant un rapide baiser sur la jour d'Elinor, ayant tout à fait conscience que son coeur était pour l'instant pris par quelqu'un d'autre que moi, en l'occurence un vieil éléphant répondant au doux nom de "Ptolémée". Allez savoir ce qui avait pris l'équipe du zoo de lui donner un nom pareil, mais c'était bien ce nom qui figurait sur la grille, à côté de la photo de l'éléphant que ma fille badait. C'est parti pour une glace alors ?
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Message(#) Sujet: Re: Feeling any better now ? | Knox Mer 22 Fév 2012 - 21:31

Basil n'avait pas tort. Tant qu'elle ne lui avait pas dit, il n'avait aucun moyen d'être certain. Il avait beau connaître Maya sur le bout des ongles, savoir que ces signaux n'étaient pas bon signes, tant qu'elle ne lui disait pas clairement qu'il n'y avait aucune chance – ce qu'elle n'avait fait que lors de leurs retrouvailles à Miami – il y avait un maigre espoir, mais un espoir tout de même. A vrai dire, c'était surtout le fait que Adriel ne lui ai jamais dit d'arrêter d'espérer qui le convainquait le plus. Il ne connaissait pas bien le meilleur ami de Maya, mais il avait eu le temps de le découvrir assez pour savoir que que si il n'avait vraiment eu aucune chance, Adriel aurait trouvé un moyen de lui faire comprendre. A moins que cela ne soit uniquement ce que Knox voulait se plaire à croire, et non la réalité. Il avait bien conscience de tout faire pour se raccrocher au moindre fil d'espoir qu'il pouvait trouver, quitte à se fourvoyer complètement, quitte à se briser le coeur un peu plus fort. Mais aujourd'hui, cependant, il ne se sentait pas d'être plein d'espoir. Il était simplement fatigué de laisser du temps au temps, d'attendre que les choses s'améliorent. Il avait tout simplement envie d'abandonner, et de tourner la page. Oh, il changerait probablement d'avis incessamment sous peu, mais en attendant, il était complètement démoralisé. Lui qui avait été si heureux de cette journée ne s'était probablement douté qu'il se retrouverait dans un tel état de désolation en si peu de temps. Pourtant, il savait qu'il lui suffisait de regarder Max pour se sentir beaucoup mieux. Car, il avait beau aimé Maya de tout son coeur, il savait pertinemment que c'était Max la femme de sa vie. A partir du moment où il avait appris qu'elle allait faire partie de sa vie, il en était tout simplement tombé amoureux, plus vite et plus fort que jamais auparavant. Elle serait toujours son rayon de soleil, quoiqu'il advienne. Knox s'efforça cependant de sourire à son ami lorsqu'il proposa de garder Max, et évita de se montrer trop bougon. Ils n'étaient pas là pour ça. Autant prendre sur lui, pour chasser ses pensées négatives de son esprit, et se concentrer sur le présent. « J'y penserai, c'est gentil. » Mais il savait pertinemment qu'il ne demanderait pas une telle faveur à son ami. Tout d'abord parce qu'il ne savait que trop bien combien les hormones de Parfaite lui rendaient la vie difficile, mais aussi parce que cela serait inutile. Cela ne changerait probablement rien aux problèmes qu'il traversait. Et puis, dans le pire des cas, Adriel serait probablement ravi de garder sa filleule pendant une soirée, même si il n'avait pas semblé très à l'aise en sa compagnie au départ.

Il changea rapidement de sujet en proposant que Basil et lui s'installent sur le banc pour qu'Elinor puisse mieux observer les enfants. Lorsqu'il avait proposé de faire goûter une glace à Elinor, Knox s'était senti un peu gêné. N'avait-il pas tout intérêt à connaître par avance ce que les enfants pouvaient, et ne pouvaient pas manger, et à quel âge ? Si il voulait pouvoir être le meilleur père possible pour Max, il devait connaître les besoins les plus basiques des enfants. Il se promit alors de contacter son pédiatre de le lendemain, de faire des recherches sur internet le soir-même et peut être même d'acheter toute la littérature sur le sujet, généralement destinée aux femmes. Il acquiesça cependant lorsque son ami lui dit qu'elle était probablement trop jeune pour avoir une glace seule. Ca, par contre, il s'en était douté ! Il n'était peut être pas si nul que ça, au final. Ou, en tout cas, il y avait encore un minimum d'espoir pour son cas. « Faisons ça, alors ! » dit-il avant que Max ne se mette à hurler aussi fort que ses petits poumons lui permettaient de le faire. Cherchant méthodiquement d'où venait le problème, Knox se renfrogna légèrement en voyant son ami rire de sa technique. Il fit mine de l'ignorer, cependant, se sentant déjà assez paumé dans son rôle de père sans avoir besoin que l'on se moque de lui. C'était dans ces moments-là que sa famille, et plus précisément ses parents, lui manquaient. Il avait promis à sa mère de venir les voir dès que Max serait plus grande, mais en attendant, il se rendait compte d'à quel point il avait besoin d'elle. Que n'aurait-il pas donné pour avoir les conseils de sa mère, et toute son expérience en cet instant ! Il esquissa un sourire quand son ami s'excusa d'avoir autant rigolé. Il devait avouer être assez d'accord sur le fait qu'il ne comprendrait, lui non plus, jamais vraiment rien aux femmes, ou si peu encore. Et le pire était probablement que lorsqu'ils parvenaient enfin à les comprendre, il y avait toujours quelque chose d'autre pour les surprendre, ou alors, il leur était simplement impossible de trouver la réponse adéquate, celle qu'elles attendaient, pensant que c'était évident alors que c'était tout l'inverse. Pourquoi ne pouvaient-elles simplement pas dire ce qu'elles désiraient ? Cela aurait été tellement simple. « Oui, dès que Max a fini son biberon, je nous offre une glace ! » dit-il à son ami. Il n'avait malheureusement pas encore la technique parfaite pour se déplacer tout en lui donnant le biberon, mais au final, cela le ravissait. Cela lui donnait une excuse pour contempler son si joli visage pendant quelques minutes.
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Message(#) Sujet: Re: Feeling any better now ? | Knox Dim 25 Mar 2012 - 16:21

    J'avais beau rire de la technique de Knox, il aurait compris qu'il n'avait aucune raison de le prendre mal si seulement il avait pu lire dans mes pensées. Au contraire, je trouvais qu'il s'y prenait bien, et même bien mieux que moi à la même époque. J'avais maintenant assez d'expérience pour éviter certaines erreurs basiques, mais les premiers temps je les avais toutes faites, les unes après les autres, et même plutôt deux fois qu'une. Je tournais en rond dans la maison en essayant de ne rien oublier, profitant des quelques minutes de répit entre deux crises de larmes pour me fumer une cigarette dans la jardin, comme au bon vieux temps. Je n'avais pourtant jamais regretté que les jumeaux soient là, avec moi, même lorsque le contre-coup de la fatigue se faisait sérieusement sentir. Ils étaient la seule raison que j'avais de m'accrocher, de faire l'effort de me maintenir hors de l'eau, en attendant des jours meilleurs. Ils rendaient la situation pire encore, mais m'aidaient à tenir le coup, à ne pas juste plier bagage pour rentrer à Londres. J'avais été tenté de le faire, mais j'avais toujours résisté, parce qu'ils me donnaient l'espoir que tout n'était pas fini. Ils étaient là, ils avaient besoin de moi, tout comme ils avaient besoin de leur mère, et je voulais croire qu'ils la feraient revenir. Pour Knox bien sûr, la situation était différente, mais j'avais l'impression que Max avait un rôle similaire à celui joué par Hector et Elinor. Elle était trop petite pour dire quoi que ce soit, mais sa seule présence poussait à faire un petit effort supplémentaire, et à croire en sa bonne étoile. Pour moi, rien n'arrivait jamais par hasard, même si l'on avait parfois du mal pour prendre le recul nécessaire pour s'en rendre compte et voir les constellations que traçait pour nous le destin. Ces derniers temps, j'y pensais tout particulièrement, ayant de longues heures d'insomnie à occuper. J'avais pris la décision de m'occuper seul des jumeaux la nuit, afin de laisser à Parfaite une chance de se reposer un minimum, et cela m'occupait lorsque je m'occupais d'eux. Avec l'habitude, je savais comment les faire manger ou changer leur couche en pensant à autre chose, voire même en faisant autre chose lorsque j'étais en grande forme - ce que Knox ne tarderait pas à apprendre à son tour -, et essayer de démêler les fils de ma vie était un programme suffisamment vaste pour m'occuper chaque nuit jusqu'à l'accouchement de ma femme, voire même au delà. J'essayais de retracer le parcours qui m'avait fait abandonner ma vie anglaise pour me retrouver père de famille, et tout était effectivement étroitement lié. La perspective de l'existence de mondes parallèles et de toutes les possibilités que cela induisait ne m'avait d'ailleurs jamais semblé aussi attrayante, et par moment je m'amusais à imaginer ce qui aurait pu se passer si je n'avais rompu avec Linwood, si j'étais allé avec Lyann à cette soirée où elle avait retrouvé son ex et fait le choix de retourner avec lui, si j'avais refusé d'aider Parfaite lorsqu'elle m'avait exposé son plan pour faire tomber son père... Tant de possibilités que j'en perdais la tête, ce qu'accentuait le manque de sommeil. Mais la fascination que je trouvais à imaginer toutes ces possibilités se trouvait toujours un peu bridée par l'idée que j'aurais pu passer à côté de tout ça.

    J’acquiesçai d'un sourire aux paroles de Knox. Oui, on a tout notre temps. Je resserrai mon étreinte envers Elinor, qui tentait de s'échapper de mes bras, probablement pour retourner voir les éléphants de plus près. Elle bougonna mais se laissa faire, son intérêt brusquement tourné sur Max. Elle la fixa quelques instants, tendit le bras vers elle, puis me regarda, l'air de dire que le biberon était trop loin et qu'elle voulait que je le lui passe. Désolé ma puce, il est pas pour toi ce biberon. Mais tu vas avoir encore mieux d'ici peu, tu vas voir, je suis sûr que tu vas adorer les glaces ! Pour être un père responsable empêchant ses enfants de manger des sucreries, on repassera. Quoi qu'il en soit, même si elle n'avait aucune idée de ce dont je pouvais être en train de lui parler, elle se calma, et se contenta de regarder Max en train de finir son biberon. Ben dis donc, c'est rare de la voir céder si facilement. Je sais pas ce qui se passe dans sa tête, mais elle a l'air de bien aimer Max en tout cas. Elles deviendront peut être copines plus vite qu'on le pensait ! Et, pour être honnête, penser qu'Elinor et Max puissent être amies dans le futur n'était pas pour me déplaire. Je savais que je ne pourrais pas les obliger de bien s'entendre, mais ça serait plus agréable ; au moins qu'elles ne s'ennuient pas lorsque Knox et moi nous verrions, et que l'on n'ait pas à se forcer à sympathiser avec les parents de leurs futurs autres amis - il y en aurait forcément, mais à deux ce serait plus facile à supporter.


Dernière édition par Basil Lane le Dim 25 Mar 2012 - 16:23, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Feeling any better now ? | Knox Dim 25 Mar 2012 - 16:22

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