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 a life-changing moment (pv)

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Message(#) Sujet: a life-changing moment (pv) Ven 2 Déc 2011 - 17:34

(...)


Et c’est à peu près tout ce qu’elle retiendrait de cette expérience, probablement. Pire que la douleur, la déchirure, les torsions de ses boyaux, c’était l’absence de Knox qui l’angoissait. Parvenue dans la salle de travail, il n’était toujours pas là alors qu’il avait eu largement le temps d’atteindre l’hôpital. Pourquoi avait-il pris sa voiture quand il pouvait venir avec Adriel et elle ? Chaque fois qu’elle avait un peu de répit, elle guettait le visage de son jeune amant puis reportait son attention sur Adriel, espérant qu’il hocherait enfin la tête pour lui signifier l’arrivée de Knox. « Continue à l’appeler » le suppliait-elle, épuisée par deux heures de contractions et par l’agitation qui l’entourait. Ils voulaient tous bien faire, assurer le bon déroulement de l’accouchement mais elle se sentait acculée, cernée, étouffée par tous ces corps humains, tous ces visages connus et inconnus. Elle n’en voulait plus que deux et l’un d’eux manquait à l’appel. « Il a dû fuir. Il a réalisé ce qui l’attendait et il a pris ses jambes à son cou. » conclut-elle alors qu’ils avaient finalement atteint la salle où la délivrance aurait lieu. Adriel tenta bien de la rassurer mais elle secoua la tête. « Il n’est pas idiot. J’aurais fait pareil si j’en avais eu l’occasion » avoua-t-elle alors qu’elle ne voyait plus grand-chose en dehors de son ventre proéminent. « Pourquoi a-t-il fallu que je le garde ? » Une question qui ne nécessitait aucune réponse et qui ne reflétait que son angoisse et sa peur de ne pas être à la hauteur. Elle n’en n’était pas moins perdue et désorientée alors que les dernières minutes approchaient. Elle effaça une larme et daigna enfin reporter son attention sur le médecin qui tâchait depuis un moment de la ramener au moment présent. Sa tête légèrement échevelée, il émergeait entre ses jambes de façon grotesque. « C’est le moment de vous concentrer, Maya. Encore quelques poussées et ce sera terminé. Vous avez compris ? » Elle se pinça les lèvres et hocha la tête. Elle avait compris. Elle était en sueur, était au plus mal de sa forme, mais elle comprenait qu’elle devait cesser de se lamenter pour donner la vie. « Allez-y, à trois… » Un décompte. Une poussée. Elle serrait les dents. Un autre décompte. Une nouvelle poussée et une sensation de perdre une part d’elle-même. Le médecin ne demanda pas de recommencer, il tenait dans ses mains une petite chose rose et rouge, souillée de sang, les yeux clos qui ne tarda pas à ouvrir grand la bouche pour pousser un cri éraillé avant de se faire plus puissant. La respiration altérée, elle fixa cette chose qui avait émergé d’elle et dont on offrait à Adriel de couper le cordon ombilical. Elle ne se résolut à relâcher ses doigts que pour le laisser faire alors qu’à nouveau, elle se sentait déconnectée de son propre corps. Ses yeux chocolat se portaient du bébé au visage d’Adriel pour revenir au bébé. « C’est une fille. » annonça le médecin en portant délicatement le petit fardeau jusqu’à Maya pour la loger entre les bras épuisés de la maman. Le souffle coupé par la vue de l’enfant, elle sentit, à son plus grand étonnement, son cœur s’emplir d’une douce chaleur, le genre qu’elle n’avait réservé qu’à un très petit nombre de personnes. Une voix qu’elle n’identifia pas lui demanda comment elle s’appelait et avec un petit reniflement, Maya répondit, la voix rauque et brisée : « Max. Elle s’appelle Max. »


Dernière édition par Maya Mazzello le Ven 10 Fév 2012 - 23:07, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: a life-changing moment (pv) Lun 26 Déc 2011 - 18:22

Il fallut beaucoup de patience à Knox pour convaincre le policier de le laisser sortir. Il avait été loin, trop loin et ne pouvait se pardonner son attitude. Il avait été idiot, franchement ! Voilà comment il allait les premières minutes de sa vie de père : en prison, derrière des barreaux. Ce n'était pas son genre, pourtant. Hormis quelques conneries de gamin, Knox n'avait jamais eu à faire aux policiers, et étaient plutôt du coté des « bons » garçons qu'autre chose. Il n'était pas parfait, c'était certain. Il avait de nombreux défauts, mais un délinquant, c'était exactement l'inverse de ce qu'il était. Et c'était pourquoi il se haïssait autant d'avoir osé commettre un impaire pareil un tel jour ! Par chance, le policier finit par se montrer plutôt compréhensif, et accepta de la libérer au bout de deux heures à peine – deux heures de trop mais Knox avait bel et bien conscience qu'il aurait pu passer la nuit au trou si il était tombé sur quelqu'un d'autre. La seule chose pour laquelle le policier ne pouvait pas l'aider, c'était sa voiture. Elle resterait en fourrière à moins qu'il ne paye l'amende. Le problème n'était pas la mauvaise volonté du jeune homme à régler cette dernière : il n'en avait tout simplement pas les moyens. Il poussa un soupir en quittant le commissariat, et décida de marcher jusqu'au centre des bus pour voir combien de temps il lui faudrait pour s'y rendre – cela serait de toute façon plus rapide que d'y aller à pied. L'idée de téléphoner à Adriel pour qu'il vienne le chercher avait bien évidemment traversé l'esprit du jeune homme, mais il ne souhaitait pas que maya reste seule dans un moment pareil. Rien que l'idée de se retrouver à la place de Maya le faisait pâlir. Non seulement, elle avait tenu neuf mois, mais en plus, de ce qu'il avait pu voir dans les films, elle n'allait pas passer les heures les plus agréables de sa vie. Elle avait beau être la personne la plus forte qu'il connaisse, il refusait qu'elle vive cela seule. Elle lui en voudrait probablement plus qu'il ne pouvait l'imaginer de ne pas être avec elle, mais il faisait tout son possible. Naturellement, il du faire le sprint de sa vie pour avoir le bus à temps, et alors qu'il arrivait éreinté devant la porte, son téléphone se mit à sonner. Il l'ignora, acheta un billet, et alla s'installer dans le fond du bus. Ne lui restait plus qu'à attendre... Les plus longues minutes de sa vie, il n'y avait pas de doute à cela. Il sortit un calepin, et tenta de gribouiller quelque chose. Mais il se sentait si nerveux que rien ne lui faisait que des gribouillis digne d'un enfant de deux ans – et encore. Comment allait Maya ? Comment allait leur enfant ? Y avait-il des complications ? Son portable retentit de nouveau alors qu'il déchirait une feuille de son calepin. Il hésita à répondre – si c'était Maya, cela serait sûrement signer son arrêt de mort. Mais, puisque ce fut le numéro d'Adriel qui apparut, Knox décida de risquer sa chance. Il lui expliqua rapidement la situation, et fit promettre au meilleur ami de sa bien-aimée de ne pas lui dire la vérité – pas avant qu'il n'arrive, en tout cas. Si ce coup de fil n'apaisa en rien la nervosité du jeune homme, cela accentua plus qu'un peu son excitation. Enfin. Cela allait arriver. Si on lui avait dit il y a neuf mois qu'il se montrerait si impatient...

Lorsqu'il arriva à l'hôpital, il recommença sa course. C'était idiot, il ne savait pas vraiment où il allait. Il aperçut le signe maternité qui indiquait le troisième étage, et continua de courir aussi vite qu'il le pouvait jusqu'à arriver au dit-étage : le quatrième. Mais sa course, qu'il vivait comme une quête, ne s'arrêtait pas là. Encore lui fallait-il trouver la bonne porte. Il aurait plus rapide de demander son chemin à l'accueil, ou à une infirmière, mais il était bien trop impatient pour cela. Il dérangea alors deux ou trois mamans avant de tomber enfin sur celle qu'il cherchait. Il ne la vit pas tout de suite, pourtant. Mais sa voix raisonna dans la pièce, et Knox ne put que s'arrêter net. « Max. Elle s'appelle Max. » Interdit, il resta sur le pas de la porte. Oui, il resta là, comme un con, quelques secondes. La bouche ouverte, les yeux humides, il réalisait tout doucement qu'il était papa. Ou peut être pas. Mais c'était un choc, c'était certain. Il aperçut une silhouette fine lui tapoter sur l'épaule. « Je vous laisse un peu tous les deux.. Enfin, tous les trois. » Knox leva les yeux vers Adriel, et acquiesça d'un signe de tête. Les médecins s'éloignèrent doucement de Maya, et c'est alors qu'il l'aperçut. Il ne voyait pas grand chose à vrai dire. Une simple couverture que Maya tenait avec précaution. Doucement, il s'approcha, voulut s'excuser d'être arrivé si tard, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Il s'appuya doucement sur le bord du lit, pas certain que ses jambes le porteraient jusque les deux femmes de sa vie, puis s'installa à coté d'elles. Doucement, il passa sa main sur le visage de Maya, et puis, le petit être qu'elle tenait dans ses bras se manifesta – comme pour réclamer l'intention de Knox. Il baissa alors les yeux, et cette fois, il ne put empêcher une larme, une seule et unique, de couler le long de sa joue. C'était la plus petite, et la plus jolie chose qu'il ait jamais vu. La plus parfaite, aussi. Il releva les yeux vers Maya, pour lui faire partager tout ce qu'il pensait. Mais il n'y avait pas de mot. Qu'importe, il n'en avait pas besoin. Il déposa, doucement, un baiser sur le front de la jeune maman, et réussit enfin à sortir deux mots. Pas un de plus. « Je peux... ? » fit-il, en montrant Max d'un hochement de tête. Il n'osait imaginer le bien que cela lui ferait de tenir son enfant – sa fille – dans ses bras. Il avait l'impression que sa vie ne pourrait jamais être plus belle qu'aujourd'hui.
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Message(#) Sujet: Re: a life-changing moment (pv) Sam 31 Déc 2011 - 15:42

La douleur n’était plus qu’un lointain souvenir. Maya n’avait d’yeux que pour Max alors qu’autour d’elle, les silhouettes s’affairaient, évoluaient, hors de sa propre bulle. Les blouses blanches passaient autour d’elle sans qu’elle s’en soucie. Elle se contrefichait du monde entier, il n’y avait plus qu’un être qui comptait à ses yeux et il se trouvait contre sa poitrine, le regard voilé, la peau ridée, la bouche entrouverte. Max semblait aussi fascinée par le visage maternel que l’était Maya par cette poupée parfaite en tous points. Elle peinait à croire qu’elle avait pu produire une petite chose d’une telle beauté. Les cheveux fins clairsemaient son crâne et la jeune maman les frôla du bout des doigts, émue aux larmes. Le monde n’existait plus. Max accaparait l’attention de Maya. Le sol aurait pu s’écrouler qu’elle l’aurait à peine remarqué. Un amour inconditionnel qu’elle pensait impossible à éprouver lui emplissait pourtant bel et bien le cœur. Égoïste, elle l’était. Elle ne se mêlait pas spécialement aux autres, n’entretenaient que de très rares relations et se fichait pas mal de ce qui l’entourait. Comme si les seules personnes à en valoir la peine, elle les comptait parmi son entourage. Ces rares personnes à être parvenues à pénétrer sa carapace et à prendre une place considérable dans son existence. Adriel, son meilleur ami, son frère de cœur, qui l’avait connue il y a si longtemps et qui l’avait reprise comme si une décennie ne les avait jamais séparés. Knox, cet étudiant, ce visage parmi les autres, qui était parvenu à l’ensorceler, à lui faire franchir des barrières interdites, à la faire éprouver autre chose qu’un désir latent. Pour le reste, son univers n’allait pas beaucoup plus loin et était d’autant plus réduit qu’elle n’enseignait plus sa passion à des jeunes gens ennuyés par leur propre existence. Mais elle ne pourrait probablement plus jamais donner cours à des mineurs. Quand on lui demanderait pourquoi elle avait été licenciée, elle pourrait difficilement dissimuler la vérité. ‘J’ai eu une relation avec l’un de mes élèves. Il était mineur à l’époque. J’ai, pour ne pas calmer les choses, donné naissance à une petite fille.’ Ah, elle voyait déjà la tête des gens quand elle le leur apprendrait et se connaissant, elle savait qu’elle prendrait un malin plaisir à provoquer ces réactions et à savourer l’horreur dans leurs regards, la désapprobation dans le froncement de leurs sourcils. Mais tout ça, tout ce qu’elle avait mis en péril à cause de son inconscience – ou sa rébellion contre la bienséance – n’était plus qu’une broutille. Qu’importe qu’on la juge, qu’on la traite de manipulatrice, qu’on médise sur son compte, elle tenait la plus belle chose qui soit entre ses bras : l’espoir d’une rédemption, l’indice d’une guérison qui s’était mise en marche. Quand ? Est-ce que cela importait ? Elle avait tout ce qu’elle désirait, après tout. Elle était tellement focalisée sur Max qu’elle ne remarqua pas l’éloignement d’Adriel. C’est comme si elle avait été transportée dans une autre dimension. Tout comme elle ne décela l’approche que quand Knox fut à côté du lit. Tirée de sa contemplation, Maya leva les yeux et découvrit la mine décomposée de Knox. Son cœur se broya à la vue du père de sa fille. Jamais elle ne l’avait vu dans cet état-là et la constatation qu’il était aussi perdu et ensorcelé qu’elle la rassura. Il balbutia sur un ton d’excuse mais elle n’avait que faire de ses explications. Elle secoua la tête et essuya une larme qui s’était échappée bien malgré elle. « Viens par-là » souffla-t-elle à son intention. Elle ne réalisa son exténuation que quand il lui caressa le visage et qu’elle ferma les yeux au contact de ses doigts. Elle était épuisée, ses muscles étaient endoloris, son visage suintait et sa peau était moite. Les mèches de ses cheveux courts étaient collées à son front. Elle ressemblait à n’importe quelle femme qui venait d’accoucher. Elle rejoignait cette longue procession de mères, infinies. Il y en avait eu tant avant, il y en aurait encore davantage après et elle était là au milieu, vidée, lessivée. Elle soupira, comme pour relâcher les dernières pressions, quand il l’embrassa en douceur. « Je peux… ? » Déjà ? Il voulait déjà lui retirer sa fille, celle qu’elle avait mis tant d’énergie à expulser ? Il en avait parfaitement le droit et si elle aurait pu lui reprocher son absence durant les moments les plus durs et son retard, son arrivée après la bataille, cette pensée ne lui traversa même pas l’esprit tant elle était soulagée qu’il soit enfin là. Manœuvrant péniblement, elle souleva le nouveau-né et la confia à la patience et à la protection de son père. Elle les regarda, l’œil voilé par la fatigue et la paix intérieure qu’elle ressentait. Si elle avait cru en Dieu, elle L’aurait probablement remercié. Pour tout, pour avoir veillé sur elle, pour lui avoir évité des complications supplémentaires, pour avoir rendu les choses si rapides. Mais Dieu n’avait pas sa place dans son existence alors elle apprécia sa situation, elle chercha du regard Adriel, mais celui-ci n’était nulle part en vue. Il n’y avait que des infirmières, un médecin, Knox et Max. Tout était terminé. Neuf mois de calvaire prenaient fin et elle avait l’impression qu’elle ignorait tout de son avenir. Il était pourtant simple de deviner qu’il s’agirait d’élever cette enfant, de lui éviter tout ce qu’elle-même avait pu vivre pendant son enfance, de ne pas lui réserver ce sort qui avait fait de Maya la personne qu’elle était. Indépendante, certes, mais incapable de se fier à quiconque, incapable de se donner entièrement, même à son amant. Incapable de savoir quelle idée folle la prendrait demain. Mais était-il vraiment nécessaire de s’en soucier maintenant ? Elle avait Adriel. Elle avait Knox. Deux éléments qui changeaient nettement la donne. Elle n’était pas seule et elle pouvait compter sur eux, elle le savait. C’est avec cette douce assurance qu’elle reporta son attention sur Knox et qu’elle dévora le portrait idyllique qui s’offrait à elle. Ce visage, jeune et fort, émerveillé par ce qu’il tenait dans les bras. Le sourire aux lèvres, Maya le laissa savourer sa toute nouvelle paternité et elle ferma les yeux. Juste un instant. Juste histoire de reprendre des forces. Parce qu’il lui en faudrait et elle en avait épuisé tant ces dernières heures.
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Message(#) Sujet: Re: a life-changing moment (pv) Mer 18 Jan 2012 - 9:09

Knox avait souffert comme il n'était pas permis ces derniers mois. Il y avait eu le départ brutal de Maya à cause d'une confession à un destinataire mal intentionné, et son absence à gérer au quotidien. Il s'était dit que ça lui passerait au début, qu'il finirait par s'habituer à son absence. Ne plus la croiser au détour d'une salle de classe finirait par lui paraître normal. Mais il avait beau avoir fait tout ce qui était en son pouvoir, cela n'était jamais assez. Son fantôme se trouvait toujours à ses cotés, et si cela restait un minimum supportable pendant la semaine, le week-end, Knox avait l'impression de devenir fou. Il suivait les conseils de la jeune femme à la lettre pourtant ; il se mélangeait aux gens de son âge, draguait même quelques jeunes femmes, mais rien n'y faisait, rien n'était suffisant. Elle manquait toujours à ses jours et à ses nuits. Alors, il avait décidé de tout faire pour la retrouver, sachant qu'elle serait encore plus en colère que lorsqu'elle était partie, qu'elle lui en voudrait encore plus. Cela lui importait peu. Tant qu'elle trouvait encore de quoi se mettre en colère contre lui, c'est qu'il avait une chance de se faire pardonner, que tout cela n'était pas en vain. Il avait fait preuve d'une patience absolue, chose dont il ne s'était jamais cru capable, pas à une telle échelle en tout cas. Il avait accepté ces coups d'éclat, il avait pardonné qu'elle lui cache sa grossesse jusqu'à ce qu'elle n'est plus le choix, et pendant la grossesse de cette dernière, il avait acquiescé à chacune de ses demandes farfelues, à chacun de ses coups de colère, et avait pris sur lui. Pour elle, et puis pour Max aussi. Et maintenant qu'il tenait ce petit être dans ses propres bras, c'était comme si il se rendait compte de tout le chemin qu'il avait parcouru. Il ne regrettait rien. Il était même prêt à endurer deux fois pire si cela signifiait qu'il pouvait tenir Max dans ses bras éternellement. Et la voir grandir, et évoluer... Il espérait qu'elle ressemblerait plus à sa mère qu'à lui, cependant. Sinon, Maya et lui n'avaient pas fini d'en baver. Perdu dans sa contemplation des traits paisibles de sa fille, Knox sursauta légèrement lorsqu'une infirmière l'informa qu'il devait la reprendre pour la laver, et s'assurer que tout allait bien. Il hésita une seconde. Il ne voulait pas laisser Max, et avait envie de les suivre. Elles pourraient sûrement lui expliquer quelques gestes basiques – la chose la plus proche d'un bébé dont Knox avait jamais eu à s'occuper était un chiot... autant dire qu'il y avait du travail ! Mais d'un autre coté, il y avait Maya. Et quelle serait sa réaction si elle se réveillait – puisque tout dans sa respiration semblait dire qu'elle s'était assoupie – et qu'elle ne voyait ni Max ni lui à ses cotés ? Il aurait pu demander à Adriel, qui attendait encore sûrement dans le couloir, de veiller sur Maya, mais... il avait aussi envie de l'avoir un peu pour lui. Il y avait toujours Adriel quelque part lorsque Knox réussissait à se trouver en tête à tête avec Maya, et peut être qu'il était temps qu'il discute enfin de l'éléphant dans la pièce. Peut être que cet accouchement aurait ouvert les yeux de la jeune femme et lui aurait fait comprendre que Knox méritait une chance – non pas qu'il se considère à la hauteur de Maya. Il acquiesça d'un signe de tête, et demanda à Adriel de veiller sur Max, de les suivre. Il rapprocha un siège dans la pièce du lit de Maya, et chercha dans le visage endormi de la jeune femme quelque chose à quoi se raccrocher. Max n'était dans sa vie que depuis quelques minutes et pourtant, il avait l'impression qu'elle y avait toujours été, qu'elle avait toujours fait partie de lui. Pourquoi, sinon, aurait-il l'impression qu'on lui avait arraché un membre lorsqu'on l'avait délicatement soulevé de ses bras ? Timide, il s'approcha des lèvres de la jeune femme, mais abandonna l'idée au dernier moment. Il préférait qu'elle soit éveillée, pour ça, mais cela ne l'empêcha de murmurer, tout contre ses lèvres, leurs souffles s'entremêlant : « Je t'aime, tellement Maya. » Il resta quelques minutes à l'observer mais l'impatience qui l'avait autrefois caractérisé lui donnait envie de la réveiller, et de lui demander si elle était prête à lui donner de nouveau sa chance. Il poussa un léger sourire, et chercha rapidement de quoi s'occuper dans la chambre. Il aperçut un bloc-note, et un crayon abandonné là. Alors, il fit la seule chose qu'il avait jamais su faire correctement, se mit à dessiner Maya tenant Max dans ses bras. Il préférait généralement conserver le modèle dans ses yeux, mais cette image semblait à jamais imbriquée dans son esprit. La félicité qui s'emparait de lui devant cette image le comblait à un point qu'il n'avait jamais pensé imaginable. « Is this real life ? » souffla-t-il, alors qu'il posait les derniers traits sur sa représentation. Il observa le dessin, satisfait, et reposa le bloc sur la table de chevet de Maya. S'appuyant sur le fauteuil, il attendit patiemment que Maya se réveille, ou qu'on daigne lui ramener Max. Ce fut Adriel qui ramena Maya. Sa longue et fine silhouette contrastait avec celle de Max, qui semblait encore plus petite dans ses bras. « J'ai une urgence au travail. Appelle moi quand tu veux rentrer, j'enverrai une voiture te chercher. » informa-t-il Knox avant de lui rendre la jolie princesse. Mais alors que Adriel venait de franchir le pas de la porte, la petite se mit à hurler, comme si Knox venait de la blesser. Totalement perdu, il fit de son mieux pour ne pas paniquer, et tenta de la bercer mais sans succès. Il fit Maya gigoter doucement, et encore plus désespéré, il la regarda : « J'ai rien fait, je te le promets ! Elle s'est mise à pleurer toute seule, je ne sais pas pourquoi ! »
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Message(#) Sujet: Re: a life-changing moment (pv) Ven 27 Jan 2012 - 22:47

Elle s’était assoupie un petit moment mais quand elle rouvrit les paupières, c’était comme si elle avait à peine fermé les yeux. L’épuisement était toujours là, dans chaque cellule de son corps. La seule différence, c’est qu’elle n’avait plus à se battre pour expulser l’enfant, elle n’avait plus rien à faire, on s’occupait d’elle et cela faisait un bien fou. Les infirmières évoluaient comme des petites abeilles butineuses, discrètes et méticuleuses, chuchotant en apportant les derniers soins à Maya. Et elle n’avait d’yeux que pour la vision qui lui était offerte. Son visage ne trahissait rien de l’attendrissement qui lui serrait la poitrine. La panique qu’elle lisait dans le regard de Knox lui mit du baume au cœur et elle esquissa un pâle sourire en soupirant. Elle aurait aimé être en forme, pouvoir apprécier ce moment magique, cet instant de répit et s’en souvenir pour le restant de ses jours. Mais elle n’avait plus l’énergie à rien, elle avait tout donné pour mettre fin à une trop longue grossesse et enfin entendre le premier cri de cette petite chose qui avait grandi en elle. Elle peinait encore à croire que Knox et elle aient pu concocter une petite merveille pareille mais maintenant qu’elle l’avait à portée de doigts, elle ne pouvait plus nier cette vérité. La sentir peser contre son cœur qui battait follement avait été d’un réconfort inimaginable. Cette petite chose avait eu le don de la guérir des douleurs internes comme externes, d’éloigner ses craintes et d’engendrer un bonheur sans nom, un bonheur comme elle n’en n’avait plus connu depuis longtemps. Mais avait-elle seulement expérimenté cela ? Pouvait-elle comparer quoi que ce soit à la naissance de Max ? Non. Même les moments les plus fous, ceux qui restaient gravés dans sa mémoire, n’avaient rien d’égal avec aujourd’hui. Tout ce qu’elle avait pu vivre, de bien comme de mal, n’était qu’une broutille comparé à ce que la nature lui avait offert. Jamais elle ne s’était sentie prête à être mère, elle avait même pensé s’en débarrasser mais quand sa grossesse avait été confirmée, il était trop tard. Au fond, elle sentait bien qu’elle avait nié les faits, ignoré ce qui semblait évident. Elle avait su qu’elle était enceinte avant même d’arriver à Miami mais avait refusé d’accepter ce pressentiment, se disant qu’il s’avérerait erroné si elle ne faisait rien pour le confirmer. « Viens ici » souffla-t-elle en tendant la main, comme elle l’avait fait plus tôt, quand tout s’était déclenché. Sa main vint caresser le bras de Knox et elle le guida d’une simple pression, pour qu’il s’installe près d’elle. Elle dut rassembler ses forces pour parvenir à se redresser. Elle ne chercha pas à récupérer Max, se contentant de caresser son visage aux petites joues pleines et rouges. « Tu ferais mieux de t’habituer à ses cris et ses pleurs, ou tu vas t’épuiser à t’inquiéter » dit-elle en souriant, comme si elle était une experte en la matière alors qu’elle était aussi novice que lui. Max se mit à lui suçoter l’index et elle frissonna en sentant les gencives de l’enfant s’activer. Elle tâcha de garder les yeux ouverts et guetta la silhouette élancée de son meilleur ami mais celui-ci semblait avoir disparu de la circulation. Elle ignorait si c’était dû à sa fatigue ou au fait que Knox et elle avaient peut-être besoin de ce tête-à-tête, mais elle ne s’interrogea pas davantage sur son absence. Son regard dévia sur la table de chevet, cependant, où elle repéra le dessin de Knox. Un sourire ému vint souligner ses lèvres et elle tendit la main vers la feuille. « Tu n’as pas perdu la main, à ce que je vois » commenta-t-elle en suivant du doigt les traits de la petite chose qu’elle tenait dans ses bras. « Mes cours ne t’ont jamais servi à rien… Tu étais bien le seul à savoir dessiner, dans tout le lot » C’est avec une certaine nostalgie qu’elle repensa à ces moments surréalistes où elle devait confiner son attirance derrière une attitude professionnelle. C’était un miracle que personne n’ait jamais relevé le sourire en coin qui arquait invariablement ses lèvres, dès que Knox la provoquait. Personne ne soupçonnait quoi que ce soit mais il arrivait trop souvent qu’ils fassent des références qu’eux seuls comprenaient. C’était grisant, c’était interdit et elle avait cru que c’était tout ce qu’il y avait à y voir. Son incapacité à vivre une vie normale, sa tendance à agir contre le courant, comme en couchant avec un élève, par exemple. Elle n’avait pas vu le reste. Le désir qu’il provoquait chez elle, l’impatience qu’elle avait de l’avoir pour elle seule, les effets qu’il avait sur elle, rien qu’en la touchant. Comme s’il l’électrisait, comme s’il faisait ce qu’il voulait d’elle. Les traits du croquis n’étaient plus que des lignes noires imprécises, alors qu’elle s’était perdue dans ses pensées. À quoi bon se souvenir de tout cela ? Ils étaient passés à autre chose. Elle, en tout cas, ne se voyait plus retourner là-bas. Son regard détailla le jeune père comme s’il tâchait de lire ses pensées. Lentement, elle se redressa et glissa une main sur la joue de Knox pour diriger son visage vers le sien. Elle s’efforça de ne pas perturber Max et approcha ses lèvres de celles de son ancien étudiant. « Ecoute-moi bien, maintenant, parce que tu risques de n’entendre ça qu’une fois. Mais j’ai le sentiment qu’il n’y aura pas de moment plus idéal que celui-ci… » Elle avait la gorge nouée à l’idée d’ouvrir l’une des portes de son cœur, non pas pour revenir vers lui, pas encore, mais bien parce qu’il y avait un temps pour tout et que celui-ci était réservé à la vérité, à l’authenticité. « Je sais que je peux être insupportable. Je sais que tu ne comprends pas toujours ce qui me passe par la tête. Crois-moi, je ne le sais pas toujours non plus. Mais je pense que Max est venue pour remettre de l’ordre dans nos vies. Nous avons déconné, nous avons été trop loin et il est peut-être temps d’assumer. Tu le regretteras probablement un jour, quand tu découvriras que j’ai volé ta jeunesse. Mais n’oublie jamais que Max n’y peut rien et qu’elle n’a que toi sur qui compter. Il lui faut ses parents si on ne veut pas qu’elle soit aussi paumée que moi. Tu me promets de lui éviter un tel sort ? Tu me promets de la protéger ? D'être toujours là pour elle? » Des larmes dévalaient ses joues et elle ne se rappelait même pas avoir commencé à pleurer. Mais elle en demandait peut-être trop à Knox. À qui aurait-elle pu confier cette angoisse profondément ancrée en elle, cependant ? Il ne savait pas tout d’elle, de son passé. Elle n’était même pas certaine qu’il sache pour River, elle ne se rappelait plus mais cela n’avait aucune importance. Elle voulait juste être rassurée, savoir qu’il y aurait quelqu’un pour écarter Max des travers dans lesquels sa mère était tombée. Et si Adriel aurait pu assumer ce rôle, elle en était certaine, c’était à Knox qu’il incombait. Et c’était en Knox qu’elle plaçait sa confiance également.
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Message(#) Sujet: Re: a life-changing moment (pv) Ven 3 Fév 2012 - 20:18

C'est avec un profond soulagement que Knox entendit les mots de Maya parvenir à ses oreilles. Il n'était absolument pas sûr de ce qu'il faisait, mais cette dernière semblait convaincue qu'il n'avait rien fait de mal. Il savait que cela ne voulait rien dire pour l'avenir, que cela ne l'empêcherait pas de commettre des petites erreurs comme des plus conséquentes, mais au moins, il ne commençait pas sa vie de parent sur un violent échec. « Tu ferais mieux de t’habituer à ses cris et ses pleurs, ou tu vas t’épuiser à t’inquiéter » Il émit un léger sourire, mais savait pertinemment qu'il ne s'habituerait jamais à la voir pleurer. Oh, il avait bien conscience que c'était le seul moyen d'expression pour un nourrisson, et qu'il devrait apprendre à les identifier, pour savoir ce qu'elle réclamait, mais il ne s'y habituerait pas pour autant. Elle était si paisible lorsqu'elle se reposait... Il préférait nettement la voir ainsi, plutôt que devenir toute rouge et s'égosillait pour se faire attendre. Elle n'avait pas besoin d'aller si loin ; un simple couinement, et Knox se ferait un vrai plaisir d'accourir. Mais comment lui faire comprendre ? Comment lui dire qu'il y aurait toujours quelqu'un pour prendre soin d'elle ? Une vague d'émotions s'empara de lui à l'image qui se dessinait devant lui. Maya, Max, et lui ; une famille. Jamais il n'aurait imaginé une telle chose ; il n'avait même pas envisagé qu'ils puissent construire quelque chose de sérieux avant qu'elle ne choisisse de partir, mais à l'heure actuelle... cela ne lui semblait pas impossible. Cela lui semblait même être l'évidence même. Il poussa un soupir de bonheur alors que Max tétait le doigt de sa mère. Il l'observa ensuite tourner la tête vers le dessin qu'il avait réalisé quelques minutes auparavant. Quelque chose le gêna, cependant. Ce n'était pas qu'il n'était pas fini, ou même qu'il avait honte de le montrer à Maya, mais cela lui rappelait étrangement la première fois qu'il lui avait adressé la parole à Miami, et cela s'était fini de manière désastreuse. Il tenta, comme il le pouvait, de chasser cette sensation, cependant. C'était probablement ce qu'il venait de vivre qui le rendait si suspicieux. Il avait du mal à imaginer comme lui, petit con de première, avait bien pu faire pour être aussi chanceux. « Mes cours ne t’ont jamais servi à rien… Tu étais bien le seul à savoir dessiner, dans tout le lot » Faux. Tout du long. Oui, il savait dessiner, il ne pouvait le nier. Mais les cours de Maya lui avaient servi. Il n'avait jamais cherché à exploiter son « talent », n'avait jamais vraiment réalisé son potentiel avant de la rencontrer. Il avait ensuite commencé à chercher comment il pourrait innover, de nouvelles techniques... Elle l'avait rendu moins fainéant, et pas que pour les arts plastiques. Mais il ne pouvait pas lui dire tout ça, il ne pouvait lui expliquer tout ce qu'elle avait changé en lui. Plus qu'elle ne le pensait sûrement, plus que lui-même ne le réalisait, très certainement. Son air se fit plus sérieux, comme si quelque chose la préoccupait. Attentif, Knox attendit qu'elle prenne la parole, impatient. Une part de lui espérait qu'elle était entrain de réaliser à quel point il lui avait manqué, et qu'ils étaient faits l'un pour l'autre ; Max en était la preuve, après tout. Comment auraient-ils pu créer un être aussi parfait, sinon ?

Alors qu'elle était assez proche de lui pour qu'il puisse sentir son souffle, un large sourire se dessina sur le visage de Knox. Enfin. Ce moment qu'il avait tant attendu. Enfin, elle se rendait compte qu'il ne s'était pas moquée d'elle, qu'il l'aimait vraiment, et que quoiqu'il arrive, ils trouveraient un moyen de tout faire fonctionner. Il déchanta rapidement cependant en voyant les yeux de la jeune femme s'humidifier, puis les larmes coulaient sur ses joues. Doucement, avec précaution, il dégagea l'une de ses mains, et essuya les larmes au fur et à mesure qu'elles coulaient comme il le pouvait. Et puis, il comprit. Ou plutôt, il ne fut pas sûr de comprendre. Les mots de Maya n'avaient aucun sens. Elle ne lui avait rien volé, plutôt tout donné. Et pourquoi n'avait-elle que lui sur qui compter ? Pourquoi avait-il besoin de lui promettre d'être toujours là pour elle ? Décontenancé, il observa la jeune femme pendant plusieurs secondes avant de répondre. Sourcils froncés, il gigota légèrement, et après avoir vérifié qu'il n'y avait pas perturbé son enfant, il replongea son regard dans celui de Maya. « Je te promets tout ça, Maya. Mais je n'ai pas besoin de le faire. Evidemment que je prendrai soin d'elle jusqu'au bout, et je ne lui en voudrai jamais. Mais tu oublies quelque chose. Elle n'a pas que moi, elle t'a toi également. Et je sais que tu ne le vois pas comme ça, mais tu feras une maman formidable. Tu connais mieux que quiconque les erreurs à ne pas commettre. Elle a de la chance de t'avoir comme mère. » Il déposa un long baiser sur son front, et la regarda de nouveau. « Je ne regrette rien, ne regretterai rien, parce qu'il n'y a rien à regretter. » Il prit une grande inspiration, et posa son regard sur leur enfant. « Je vous aime tellement toutes les deux. Tellement. »
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Message(#) Sujet: Re: a life-changing moment (pv) Ven 10 Fév 2012 - 23:07

C’était la deuxième fois qu’elle pleurait en quelques mois et cette constatation était loin de lui plaire. Elle ne pleurait pas. C’était un fait avéré. Rien n’était supposé la toucher suffisamment pour faire couler ses larmes. Au contraire, elle avait façonné cette carapace indestructible qui la préservait du monde extérieur. Malgré tous leurs efforts, ces autres, ces gens qui l’entouraient, n’étaient pas censés atteindre un point sensible de son âme. Avec Adriel, ça avait été différent. Il était son frère de cœur et par conséquent, il avait cette place, ce pouvoir. Devant lui, Maya s’autorisait à ressentir. Et encore, Maya n’aimait pas se sentir faible ou vulnérable. Du coup, lorsqu’elle avait explosé en pleine rue, elle s’était sentie soulagée et frustrée à la fois. Elle avait toutefois accepté son besoin d’évacuer River par ses pleurs. Dans ce cas-ci, la situation était bien différente. Il ne s’agissait plus d’Adriel mais de Knox. Knox qui l’avait trahie, tant déçue et était revenu pour mieux lui scier les entrailles. Elle ne pouvait plus le chasser. Elle n’aurait probablement pas pu vivre un autre jour loin de lui et, paradoxe total, elle ne parvenait pas non plus à le laisser revenir. Elle le gardait à distance, juste à portée de main sans aller jusqu’à le toucher. Elle le traitait mal, elle en avait conscience mais elle persistait à le tenir à l’écart. Sauf maintenant. Maintenant elle avait besoin de cette promesse, elle avait besoin de lui extorquer ces mots, afin de ne plus éprouver d’inquiétude pour Max, pour l’avenir de la petite fille qu’il tenait entre ses bras. Elle refusait qu’elle ait le même destin et qu’elle finisse aussi endommagée que sa mère. Sans jamais l’avouer à haute voix, Maya savait que son manque d’investissement, son incapacité à s’attacher, à se donner complètement était due à son enfance, à l’abandon dont elle avait été victime et la constante déception qu’elle vivait depuis et dont elle ne parlait jamais. Parler revenait à se confier, admettre sa faiblesse, ses peurs, ses tourments. Or elle ne voulait donner les clefs de son âme à personne. Tant pis si elle passait pour une femme sans cœur. C’était plus simple à assumer que les larmes. La preuve, elle se sentait minuscule et sur le point de se briser et son accouchement n’y était pour rien. Elle ne pouvait pas blâmer ses hormones. C’était de ce trou béant qu’il était question, de cette faille qui lui crevait le cœur et la mémoire. Elle n’avait aucune envie de s’épancher, elle ne voulait pas expliquer la folie de ses mots. Elle voulait qu’il comprenne de lui-même, sans poser les questions gênantes que ce genre de confession avait tendance à engendrer. Elle voulait juste qu’il accepte, qu’il promette. Elle ne se sentait pas la force de commenter. Si elle ne lui avait jamais ouvertement parlé d’elle et de son passé, ce n’était pas pour commencer dans cette chambre d’hôpital, épuisée par le travail de cette naissance. Aussi apprécia-t-elle son silence, son geste tendre pour faire disparaitre ses larmes. Elle n’avait rien besoin de plus. Il devait juste l’écouter et la réconforter. Oui, c’était trop en demander pour ce qu’elle lui donnait mais Maya était égoïste, elle l’avait toujours été. C’était une façon comme une autre de se protéger aussi, de ne penser qu’à soi, de ne pas se soucier de ce que l’on attendait ou pensait d’elle. Elle distingua la stupéfaction et l’incompréhension dans le regard de son jeune amant mais elle se contrefichait de passer pour une lunatique, tant qu’il répondait comme elle le souhaitait, tant qu’il comprenait que ce moment n’était pas dédié aux confessions mais bien aux promesses. Sa gorge se serra quand il promit. Ses larmes picorèrent ses paupières quand il lui assura qu’il prendrait soin de Max jusqu’au bout et qu’il ne lui en voudrait jamais. Il aurait pu s’arrêter là mais il continua et Maya baissa les yeux, appuyant son front et ses joues ruisselantes contre ses genoux. C’était plus qu’elle ne pouvait en supporter. Son rôle de mère débutait à peine et elle se sentait déjà dépassée et loin d’être à la hauteur. Elle ferait une mère minable, elle en était convaincue et le discours fébrile de Knox ne fit que la conforter dans cette idée. Il était tellement plus jeune mais tellement plus ouvert également, tellement plus apte à offrir le meilleur à Max. Avec un père comme lui, Max serait heureuse, bien élevée et ouverte alors que sa mère n’avait que sa rancœur et ses barrières à lui transmettre. Rien de sain, en somme. « Je vous aime tellement toutes les deux. Tellement. » Maya conclut cette déclaration d’un baiser muet, les lèvres pressées contre la joue de Knox, le visage si proche qu’il ne pourrait pas voir le désarroi complet dans lequel Maya était. Mais il y avait une lueur d’espoir. Faible, certes, et Maya devrait s’y raccrocher pour que tout aille bien mais cette lueur était là, tenant Max dans ses bras et ne semblait pas prête de partir, à son plus grand soulagement.

THE END
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a life-changing moment (pv)

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