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Tomas Varga

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Message· · Sujet: can't save me now, there's no way out. can't save me now, there's no way out. EmptyDim 10 Mar - 21:08

can't save me now, there's no way out
@filip storberget

Vide.
Aucun autre mot ne pouvait mieux décrire ce que Tomas ressentait depuis qu'il avait regardé la silhouette de sa grand-mère en bas des marches. Sa jambe droite formait un angle bizarre ; son visage était tordu de douleur, mais aucun son ne sortait de ses lèvres, bien que sa bouche fusse grande ouverte. Il était resté en haut des escaliers pendant quelques secondes pendant lesquelles le monde autour de lui avait disparu pour laisser place à l'appartement froid et à la décoration minimaliste de Paul. Il était en haut de la mezzanine et il regardait à nouveau le béton absorber le sang de son amant. Dans ses souvenirs, tout était exagéré : la flaque rouge et sombre autour de la tête de Paul était d'une taille démesurée. Son visage était intact, parfait, il n'y avait pas de cernes sous ses yeux, il n'y avait pas de rougeurs autour de ses lèvres, autour de ses narines, rien qui pouvait trahir son addiction, rien qui n'atténuait sa beauté naturelle. Dans le désordre de ses souvenirs, Paul était parfait, même si l'enfer était lentement en train de l’envelopper. Tomas l’y avait rejoint rapidement, criant des mots qu’il avait oubliés (ou était-il resté en haut de cette mezzanine, retenu par son frère qui avait réalisé qu’il n’y avait plus rien à faire ?, il ne savait plus). Lorsqu'il avait reprit ses esprit, lorsqu’il avait chassé (temporairement) les images de son passé, la panique s'était emparée de lui. Tout recommençait. La spirale infernale dans laquelle il s'était perdu depuis le jour où il avait rencontré Paul ne lui offrait aucun répit.
Il arpentait les couloirs de l'étage, refusant obstinément de s'asseoir ; il l'avait fait, pendant quelques minutes, la main de sa mère tenant fermement la sienne, mais il n'avait pas pu calmer la tension dans ses jambes et s'était senti sur le point de craquer. Il aurait préféré être devant son sac de frappe et épuiser toute sa frustration et sa colère en boxant. Il aurait préféré être à la salle de sport et soulever aveuglément de la fonte, jusqu’à ce que ses forces lui fassent défaut. Là encore, alors qu'il marchait, les poings enfoncés dans ses poches, il pouvait sentir des larmes s'amasser dans le coin de ses yeux et menacer de s'écouler. Une ou deux échappaient à son contrôle, quelque fois, et s’écoulaient de ses yeux rouges pour se disperser sur ses joues mal rasées, si Tomas n'avait pas eu le temps de les effacer d'un revers de poignet.
– Tomas !
Il se retourna ; à l’autre extrémité du couloir qu’il parcourait peut-être pour la dixième fois, sa mère, le visage fatigué et les bras croisés sur la poitrine, venait de l’appeler dans un murmure. D’un signe de la tête elle lui fit signe de la rejoindre. Il s’exécuta, enfonçant un peu plus ses poings fermés dans ses poches. Elle était minuscule, comparée à lui, et l’état dans lequel elle était accentuait encore plus la disproportion entre le fils et la mère. Elle évitait son regard. Depuis la dispute et l’accident de sa grand-mère, Tomas et sa mère n’avaient pas réussi à maintenir une conversation pendant plus de cinq minutes.
– Tu déranges tout le monde à marcher comme ça, souffla-t-elle en regardant autour d’elle comme pour prouver ce qu’elle venait de lui dire.
– Okay, se contenta-t-il de dire, sans prendre le soin de parler à voix basse comme sa mère.
Elle soupira.
– Viens t’asseoir, le docteur va bientôt arriver pour nous parler, et après on pourra aller voir ta grand-mère, d'accord ?, dit-elle en évitant toujours son regard et en posant sa main sur son épaule, le poussant légèrement vers la salle d’attente d’où elle était sortie.
– Non. Il résista à la pression de la main de sa mère. Il ne voulait pas voir sa grand-mère ; il était déjà assez rongé par la culpabilité pour voir de plus prêt l’effet néfaste qu’il avait sur ceux qui l’entouraient. Il ne voulait pas vraiment être là : il détestait les hôpitaux, il détestait la clinique de Windmont Bay pour y passer trop de temps chaque mois.
– Tomas …, souffla-t-elle, exaspérée, l’air abattue ; elle ne savait plus quoi faire avec son fils. Elle aussi était rongée par la culpabilité, elle était tiraillée entre l’envie de faire confiance à son garçon et la prudence qui lui conseillait de toujours douter de lui. Tomas, lui, n’arrivait pas vraiment à oublier son état hystérique lorsqu’elle l’avait vu avec la boîte d’anti-douleurs dans ses mains. Il pensait avoir tout fait pour mériter à nouveau son respect et sa confiance.
– T’arrives même à m’regarder dans les yeux, alors m’dis pas que t’as besoin d’moi ici. Je ferai mieux de rentrer.
– Qu’est-ce que …, commença-t-elle.
– En fait j’ai l’impression qu’t’arrives plus à me regarder depuis Paul. Il l’avait fait. Il avait prononcé le prénom tabou. Sa mère devint blanche, plus rouge de colère.
– PAUL, dit-il en approchant son visage du sien et en prononçant lentement le nom de son ancien petit-ami, avant de tourner les talons. Il traversa le couloir et poussa les portes battantes avec plus de force que nécessaire. Il claqua également la porte des escaliers ; il avait envie de crier, de pleurer, d’enfoncer son poing contre un des murs en béton qui l’entourait, mais il se contenait en se mordant l’intérieur des jours et en respirant profondément. Paul. Rien n’avait changé, depuis ces six dernières années : sa mère lui en voulait encore pour tout ce qui était arrivé à sa famille. Et il ne pouvait pas s’empêcher de se persuader qu’elle avait raison : s’il n’avait pas fait l’erreur de tomber pour Paul, tout serait différent : son frère serait là, sa mère serait heureuse, sa grand-mère ne serait pas reliée à des machines pour l’aider à respirer et soulager sa douleur.
Il poussa la porte qui menait au rez-de-chaussée et entra dans le hall principal de la clinique.
Il s’arrêta net au milieu.
Son cœur se décrocha ; le vide s’accentua dans sa poitrine. Il sentait des frissons dans tout son corps alors qui se laissait lentement emporter par le stress. Il n’était pas prêt pour la confrontation à venir.
Et pourtant elle était inévitable, parce que son regard venait de croiser celui de Pip.

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Filip Storberget

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Message· · Sujet: Re: can't save me now, there's no way out. can't save me now, there's no way out. EmptyLun 11 Mar - 20:16

De par ses racines, de par les souvenirs de son enfance et de son adolescence, Filip aimait la neige, le blizzard, le froid. Ce déchaînement de la nature qui vous remettait à votre place, vous rappelant que votre place dans l’univers était mise à caution et qu’il fallait savoir respecter des forces qui vous dépassaient. Il se pensait invincible sans le moindre doute. Tout norvégien qu’il était, il avait cependant pris les choses à la légère et il en avait payé les lourdes conséquences. Il s’en était pourtant sorti pas si mal que ça lorsqu’on lui avait fait prendre conscience des risques qu’il avait encouru et qu’il avait vu ce qu’il avait failli advenir de lui. Sous les admonestations de sa mère, les réprimandes de son père, les gifles de Georgie suivies fort heureusement par des embrassades qui avaient plus sûrement manqué de causer sa mort et les piques adressées par les médecins, il n’avait pas pipé mot, même s’il n’en pensait pas moins. Oui, il avait pris des risques inconsidérés à aller randonner en forêt alors même que tous les bulletins météo laissaient d’ores et déjà craindre le pire. Non, il ne voulait pas mourir : il avait survécu à bien pire et dans des circonstances bien plus dramatiques pour terminer à la Jack Dawson de Titanic sans avoir au moins couché une dernière fois avec une jolie rousse dans une voiture. Non, au contraire, il avait récupéré un plus ou moins rouquin d’une voiture qu’il avait sauvé. C’est d’ailleurs le point qui faisait débat : plutôt que de le remercier et de l’encenser pour être parvenu à sauver un parfait inconnu des griffes glaciales de la mort, ses plus proches lui criaient dessus et le secouaient physiquement pour lui reprocher son escapade. Sans cette escapade, Giacomo serait mort. « Så takk heller… » (1) Face à la réaction de sa mère en suite de ses paroles, il fit mine d’avoir un malaise afin de pousser la quarantenaire à cesser de lui hurler dessus en le maudissant dans sa langue natale, effrayant tous les patients autour, voire quelques médecins. Le silence qui s’ensuivit lui fit le plus grand bien et c’est dans ce dernier qu’il réalisa combien il avait effectivement pris des risques inconsidérés, que l’inquiétude de sa mère était légitime, que la colère de son père était méritée, que les reproches de Thea et de Georgie avaient lieu d’être. Il aurait pu mourir. Il serait d’ailleurs mort si, au final, lui et le sicilien n’avait pu partager leur chaleur corporelle, en tout bien, tout honneur évidemment. Cela c’était joué à quelques heures, voire quelques minutes près d’après ce qu’avaient indiqué les médecins. Les heures avaient été longues avant qu’on les retrouve grâce à la balise qu’il avait eu la présence d’esprit de prendre avec lui. Même s’ils s’étaient retrouvés dans une semi-protection contre la bise glaciale qui avait recouvert cette petite ville de l’Oregon et ses environs, l’igloo qu’il était parvenu à construire demeurait froid et il n’avait pas emmené suffisamment de couverture pour deux. S’il faisait le fier à bras devant ses proches mais également devant le personnel de l’hôpital, il ne pouvait empêcher les frissons s’emparer de son cœur lorsqu’il se retrouvait seul dans le noir, hanté par les nombreux ‘et si ?’.

« Vous sortez enfin ? » « Enfin ? C’est parce que je vais vous manquer. C’est pour ça ? » « Non pas vraiment. » « Voyons, Lizzie, vous pouvez dire la vérité. » Ladite Lizzie releva son regard azur vers le jeune homme sans grande conviction et ce, en dépit du charmant sourire que ce dernier lui adressait. « Regardez. » Il saisit le stylo installé sur le comptoir et le fit tourner entre ses doigts sans la moindre difficulté. « Plus d’engelure ! » « C’est bien. Vous voulez que je délivre une médaille aux médecins pour avoir fait leur travail. » « Non, mais maintenant que je ne suis plus un patient… » débuta-t-il en signant le papier de décharge qu’elle lui présentait avant de terminer : « … notre amour n’est plus interdit. » Il lui adressa un clin d’œil, se penchant sur le comptoir. « Jag älskar Dig så högt Lizzie, ja, bara för Ditt vackra, ljuva namn. » (2) L’infirmière roula des yeux mais ne put s’empêcher de sourire malgré elle. Le jeune homme se doutait qu’elle n’avait plus l’habitude que les patients tentent de la séduire depuis un petit moment maintenant. « Allez. Filez voir la jolie rousse qui passait vous voir tous les jours plutôt que de raconter des balivernes à une dame de mon âge. » Filip explosa de rire et pencha la tête, tel le gentleman qu’il n’était absolument pas. « Ce fut un plaisir. » « Ne renouvelez pas l’expérience pour avoir le plaisir de me revoir tout de même. » « Promis. » Il récupéra ses dernières affaires et se tourna pour se diriger vers le hall d’entrée, sa main cherchant déjà son téléphone portable dans sa veste pour savoir si Leslie ou Dee était à la maison. Il n’avait pas envie d’attendre dehors, même si les températures s’étaient quelques peu réchauffées. Il avait définitivement besoin de ce voyage à Hawaii.  Le sourire fermement accroché à ses lèvres se figea cependant lorsque son regard croisa celui d’un fantôme, de quelqu’un qu’il ne s’attendait pas à voir et qui le prenait au dépourvu.

« Tomas ? » Il mit un certain temps à comprendre que la voix qui avait prononcé ce prénom était la sienne. Il mit un temps tout aussi long pour comprendre les sentiments qui l’assaillaient alors que la silhouette du jeune homme ne semblait pas vouloir bouger de l’endroit où il se trouvait à quelques mètres de lui. Il lui en avait voulu lorsqu’il s’était réveillé seul dans le lit du jeune homme ce matin-là. Il aurait aimé… Il ne savait pas ce qu’il aurait aimé mais, à tout le moins, il n’avait pas aimé se réveiller seul dans une chambre qui n’était pas la sienne et sans la personne avec qui il avait passé la nuit, même platoniquement. L’hôpital se moquait éperdument de la charité dès lors qu’il infligeait systématiquement ce genre de traitement à ses histoires d’un soir. Au-delà du fait qu’il possédait manifestement des doubles standards, Tomas n’était pas une histoire d’un soir. Après tout, il ne s’était rien passé entre eux de bien sensuel. Mais il y avait eu autre chose, de plus profond et les sentiments de stupre et de pure attirance physique s’étaient teintées d’autre chose au contact du jeune homme. Cet autre chose qui désormais justifiait à ses yeux la déception qu’il avait ressentie alors en claquant la porte derrière lui, le petit mot en norvégien plié dans la poche de son pantalon. Il lui en avait voulu oui. Mais pas longtemps. Il ne savait pas en vouloir aux gens, moins encore à ceux qu’il appréciait. Et c'était précisément le problème auquel il devait faire face en cet instant précis : il ne savait pas quels sentiments prendre en compte. Il était surpris de le voir mais néanmoins ravi. Il voulait lui en vouloir et être froid avec lui après ce qu'il avait vécu comme un abandon mais il ne pouvait s'empêcher de se rapprocher de lui, de vouloir être proche. Il se passa la langue sur les lèvres, se souvenant du goût de celles du jeune homme. « Tiens, tiens, tiens, un revenant. » Il glissa les mains dans les poches et s’approcha nonchalamment du jeune homme, l’interrogeant le sourcil relevé : « Har du savnet meg som jeg savnet deg i morges ? » (3) Parvenu face à lui, il fronça cependant les sourcils lorsqu’il vit ses yeux de plus près. « Ca ne va pas ? » Question stupide s’il en est dès lors que l’on se trouve dans un hôpital, certes.



(1) « Donc remerciez-moi plutôt. »
(2) « Je t’aime tellement, Lizzie. J’aime dire ton nom à haut de voix. »
(3) « Je t’ai manqué comme tu m’as manqué ce matin-là ? »

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Message· · Sujet: Re: can't save me now, there's no way out. can't save me now, there's no way out. EmptyLun 10 Juin - 15:08

Il ne pouvait rien faire d’autre que s’arrêter au beau milieu du hall et de regarder Pip. Il ne pouvait rien faire d’autre qu’essayer de se convaincre qu’il ne s’agissait pas de Pip, que la lumière du rez-de-chaussée lui avait joué un tour, que les traits d’un autre lui avaient rappelés ceux du norvégien et qu’il lui suffisait de cligner des yeux pour que le grand blond disparaisse et laisse la place à un autre. Tomas espéra, le temps d’une longue respiration – ce Pip, en face de lui, n’était qu’un rêve éveillé, rien d’autre, n’est-ce pas ? Mais son souffle se coupa rapidement. La tentative avait été vaine. C’était bien Pip, là, à quelques mètres, avec sa fougue habituel, avec son aura qu’il pourrait ressentir au milieu d’une foule, avec ses yeux brillants dans lesquels il s’était perdu plus d’une fois et qui l’avaient convaincu de lui accorder sa confiance. C’était bien Pip, qui s’avançait lentement vers lui, et Tomas ne pouvait s’empêcher de s’imaginer comme une proie paralysée face à un prédateur déterminé. Il savait, d’avance, qu’il ne pourrait rien faire pour décourager Pip, pas même un regard chargé. Et pourtant, il tenta de communiquer à travers ce regard, il tenta de lui dire de ne pas s’approcher, il tenta de le convaincre de tourner les talons. Il tenta de lui dire, en un regard, que ce n’était ni le lieu, ni le moment.
Son cœur s’était accéléré, il s’était emballé à l’idée d’avoir à faire face à Pip. Maintenant qu’il n’y avait plus aucun doute, que c’était bien le norvégien, ce n’était plus de la crainte qu’il ressentait, ce n’était plus une peur déraisonnée ; la panique laissa rapidement la place à la fatigue, la lassitude, celle de se battre en permanence contre tout ce qui l’entoure, ami comme ennemi, famille comme inconnu. La lassitude d’avoir à briser le sourire que Pip arborerait dans quelques secondes. La lassitude d’avoir à lui faire du mal. La lassitude d’avoir à jouer ce rôle en permanence, la même scène, le même acte, le même personnage. Il n’avait pas le choix. C’était une façon, comme une autre, de se protéger.
Il ne voulait pas être triste toute sa vie. Il ne voulait pas être seul toute sa vie. Il avait tenté de se réveiller de ce mauvais cauchemar, mais des voix d’une autre vie l’avait convaincu de baisser les bras, d’abandonner cette vaine entreprise, qu’il n’y avait pas d’expiation possible, qu’il n’y avait aucune porte de sortie.
Il déglutit, difficilement ; sa gorge était sèche, comme si toutes les larmes versées ces dernières nuits l’avaient complètement desséché. Il devait être qu’une pâle version de lui-même. Il ne supporterait pas de voir son reflet dans les yeux de Pip. Non, il ne le supporterait pas ; il n’aura pas qu’à éviter son regard. Tout sera plus simple. Il baissa la tête lorsque Pip arriva à sa hauteur. Il plongea ses poings serrés dans les poches de sa veste, enfonçant les ongles dans les paumes de ses mains.
Il fronça les sourcils lorsqu’il entendit la voix de Pip, il les fronça davantage lorsqu’il prononça quelques mots en norvégien qu’il ne comprit pas, qu’il ne voulait pas comprendre, quelques mots qui avaient une certaine mélodie dans la bouche de Pip et que Tomas aurait pu s’amuser à répéter, il y a quelques temps, quand tout semblait aller bien. Aujourd’hui, ces mots ne l’amusèrent pas, ils l’excédèrent. Il humecta ses lèvres et regarda par dessus l’épaule de Pip. La sortie.
Il n’avait que quelques pas à faire. Il n’avait que quelques mots à dire pour se défaire de Pip.
Il plongea son regard dans celui du garçon ; froid, sévère, antipathique, il fit de son mieux pour que son regard glace Pip et le décourage de le suivre.
– Je …
C’était simplement quelques mots dosés, destinés à blesser ; c’était un exercice dans lequel il excellait. Mais rien ne lui venait. Il se contenta de regarder Pip pendant quelques secondes, de longues secondes, avant de s’avancer. Il contourna le norvégien, le bousculant de l’épaule pour le déloger de son chemin, et se dirigea vers la sortie.
Il murmura, silencieusement, comme s’il était en train de prier :
– Me suis pas, me suis pas, me suis pas.

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Message· · Sujet: Re: can't save me now, there's no way out. can't save me now, there's no way out. EmptyDim 23 Juin - 14:18

Dire qu’il était surpris de le voir en cet instant et surtout en cet endroit précis était un euphémisme. Il fallait bien avouer que l’hôpital de Windmont Bay était le dernier lieu où il aurait imaginé se retrouver face à Tomas. Il arrivait en deuxième position après le couvent St Rose. Lorsque leurs chemins venaient à se croiser de manière inopportune, il était souvent question d’alcools, de bruits, de musiques, de corps qui se frôlaient et d’éclats de voix qui vrillaient l’oreille au bout d’un moment. Bref, tout l’inverse d’un hôpital. L’espace d’un instant, pris d’une peur possessive, semblable à une mère juive, il scanna le visage et le corps de son interlocuteur surprise, tentant de découvrir s’il s’était blessé, si la tempête avait eu une incidence à son encontre ou si toute autre maladie hivernale l’avait prise. Mais clairement, mis à part l’expression qu’il portait sur son visage et le froid glacial qui émanait de ses yeux acier qui le clouait sur place pour toute sorte de raison, il semblait se porter comme un charme. Peut être un membre de sa famille ou un ami. Ou peut être qu’il cachait autre chose encore, de plus sombre et dont il n’avait manifestement pas envie que le norvégien apprenne. Pris dans ces multiples scénarios qui se croisaient et se recroisaient dans son esprit, Filip en oublia de lui faire passer un véritable interrogatoire, comme cela aurait été le cas en temps normal. Il lui sembla que l’instant dura une éternité entre eux. Il sentait une grande violence, émotion négative provenant de la part de Tomas et il ne savait s’il devait la prendre personnellement. Sans doute mais il ignorait ce qu’il avait fait de mal pour mériter pareil traitement. A dire la vérité, c’était plutôt à Filip de lui en vouloir pour l’avoir abandonné au petit matin, sans véritable explications que ce petit mot qu’il avait glissé sans réfléchir dans sa poche et avait toujours quelque part chez lui-même s’il ne savait pas trop où. Il haussa les sourcils lorsque Tomas ouvrit la bouche, restant en suspends devant la phrase qu’il cessa cependant de prononcer, avant de les froncer à nouveau, ne comprenant pas son attitude. Il avait beau chercher mais il ne comprenait pas ce qu’il avait pu bien faire de mal. Il avait remis en place la lunette des toilettes ce matin là. Il ne s’était rien passé entre eux, le norvégien respectant les volontés du jeune homme sans chercher plus loin et ce malgré la furieuse envie qui le tenaillait. Alors oui, cela faisait plusieurs semaines qu’ils ne s’étaient croisés, ne cherchant pas à se contacter mais leur relation, auparavant, n’appelait pas autre chose. Et cette nuit là n’avait pas changé grand-chose, du moins pas fondamentalement. Il se devait d’être honnête : Tomas avait levé un tantinet le voile sur son mystère, donnant au blondinet l’envie d’en découvrir davantage et surtout de le voir autrement que comme un coup d’un soir potentiel ou un insupportable allumeur qui le laissait systématiquement en plan. Malgré lui et malgré les non-dits, Tomas était inconsciemment entré dans le cercle des amis de Filip. Un cercle que ce dernier défendait bec et ongle.

« Tomas … » commença-t-il d’un air interrogateur mais déjà celui-ci marchait dans sa direction d’un pas affirmé, le bousculant au passage et le surprenant dans la même ampleur. Sous la violence couplée à la surprise du choc, le norvégien vacilla légèrement, se retournant les sourcils froncés et une colère sourde à l’encontre de Tomas se répandant dans ses veines. Comment pouvait-il le traiter de la sorte ? S’il l’avait baisé et jeté comme il faisait avec nombre de ses conquêtes, il aurait pu le comprendre. Ca n’aurait été ni la première, ni la dernière fois. S’il lui avait fait un sale coup en faisant la main basse sur ses possessions ou abîmé ces derniers alors qu’il l’avait laissé seul chez lui, en lui faisant une confiance aveugle, il aurait pu le comprendre. S’il avait craché sur son dos et répandu les pires rumeurs à son encontre, il aurait pu le comprendre. Mais, pour une fois, pour l’une des rares fois de sa vie, il n’avait rien fait de tout cela. Il se retourna lui jetant un regard noir par-dessus son épaule même si déjà la silhouette du jeune homme s’éloignait vers le parking de l’hôpital, sortant dans le froid et sortant volontairement de la vie du norvégien. Il lui en voulait pour une raison X ou Y, grand bien lui fasse. Filip n’allait pas s’en formaliser et pouvait tout autant le mettre au même rang que ses ex. Tant pis pour lui. Tant pis pour eux et pour la brèche qu’avait ouverte Tomas. Il n’en dormirait pas pour autant sur ses deux oreilles ce soir. Ou plus sûrement entre les cuisses d’une jolie infirmière. Son regard se posa sur un couple de personnes âgées dont le mari attendait sur un brancard d’être pris en charge, lui faisant réaliser qu’il n’avait pas à ressentir la moindre colère. Il était dans un hôpital. On ne venait pas ici pour des nouvelles joyeuses et c’était peut être la raison pour laquelle Tomas ne voulait pas rester. Culpabilisant pour cette montée de colère qui n’avait pas lieu d’être, il observa les portes menant au parking qui battaient encore et pris d’une volonté soudaine, se dirigea vers ces dernières, rattrapant à grandes enjambées Tomas qui était moins éloigné qu’il ne le pensait. « Hé, hé, Tomas. » lui dit-il en l’attrapant par le bras, l’empêchant de s’éloigner et le contraignant à se retourner vers lui. « Qu’est-ce qu’il se passe ? Rien de grave ? » demanda-t-il inquiet pour celui qu’il considérait désormais comme un ami. Il plongea son regard dans le sien, tentant d’y lire la réponse qu’il ne voulait pas lui donner. « Je suis là si tu as besoin. Tu veux un café ? » Il fouilla dans ses poches et poursuivit : « Leur café est dégueulasse mais on peut aller à Marceline. » Il lui adressa un sourire timide, se voulant rassurant. Il était là pour lui.

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Message· · Sujet: Re: can't save me now, there's no way out. can't save me now, there's no way out. EmptyDim 21 Juil - 11:01

Il ne savait même pas où il allait. Il ne savait pas s’il avait pris la bonne direction, en sortant de l’hôpital. Est-ce qu’il aurait du prendre à droite ? Est-ce qu’il avait bien fait d’aller à gauche ? Où était la voiture de sa mère ? Et à quoi bon aller vers le parking, il ne repartirait pas avec elle. Il ne savait pas où aller, vers où marcher, il était tiraillé entre la colère et la frustration, entre la fatigue et l’excitation, entre l’envie de pleurer et de rire aux éclats. Il fuyait Pip. C’était ce qu’il faisait de mieux, fuir. Il était un homme en fuite, depuis tellement longtemps, que c’était devenu un exercice naturel. C’était tellement plus facile, de fuir, que de rester les pieds bien ancrés et de faire face aux obstacles qui venaient dans sa direction. C’était tellement plus facile, oui. Tomas fuyait parce qu’il était fatigué. Fatigué de tomber, fatigué de faire du mal autour de lui, fatigué de se regarder dans un miroir et de se détester, fatigué de se trouver toxique. Il était fatigué de passer de l’optimisme à la réalité, plus sombre, qui était la sienne : une réalité sans lumière et sans rédemption, une réalité où il blessait ceux qu’il aimait, alors à quoi bon laisser rentrer des gens dans sa vie ? Il tentait de le faire. Il le faisait, il le regrettait, pas pour lui, mais pour les autres ; il regrettait que toutes ces belles personnes lui fassent confiance et lui sourissent. Il s’en voulait de les tromper.
Parce que c’était ce qu’il était. Un fuyard. Un trompeur. Un escroc. Il se mit à sourire. Il aimait ça, se dire qu’il n’était qu’une escroquerie. Ce mot portait tellement de vérité en lui.
Il fuyait Pip et à travers lui, il se fuyait lui-même ; il voulait pouvoir se mettre à sprinter et laisser le Tomas qu’il ne voulait plus être derrière lui, il voulait le distancer, le semer, lui donner aucune chance de pouvoir le rattraper et empoisonner à nouveau tous les recoins de son corps et de son esprit. Son passé, qui il était hier et les cicatrices qu’il portait encore aujourd’hui dans les ruines de son palpitant était un poison incontournable que rien ne pouvait guérir. Ou peut-être les mots. Mais il fuyait ça aussi, les mots, parce que tout serait bien plus difficile, si la vérité se propageait.
Il était déjà perçu comme un junkie, même s’il n’avait plus fumé de crack depuis des années comme il le faisait à outrance avant, jusqu’à en perdre tout contrôle sur ses sens. Il était perçu comme un gamin difficile, sans futur parce qu’au passé trouble. Pire que trouble, même, selon certains qui ne pouvaient pardonner les péchés même absous. Peut-être qu’un nouveau qualificatif n’aurait pas plus d’effet sur l’image que Windmont Bay se faisait sur lui. Mais lui ne le supporterait pas, comme il ne supportait pas, bien qu’il faisait tout pour faire croire le contraire, les regards toujours prompts à la critique, les regards toujours chargés de jugements, les regards qui fuyaient toujours le sien. Tout ce qu’il voulait, c’était d’ancrer son propre regard dans celui de quelqu’un d’autre, quelqu’un qui se contenterait de lui sourire et de ne pas le condamner au bûcher pour hérésie. Quelqu’un qui hausserait les épaules lorsqu’il découvrirait le passé noir, le présent pollué, le futur inexistant qui le caractérisaient. Zoya. Pip. Le garçon étoilé. Il avait croisé quelques personnes. Quelques personnes qui lui insufflaient de l’optimisme. Il n’avait pas envie de les perdre en leur confessant ses autres pêchés.
Pourtant, lorsqu’il entendit Pip derrière lui, lorsqu’il sentit sa main se refermer autour de son bras, Tomas fut plongé par une volonté destructrice. À quoi bon mentir ? À quoi bon courir après lui ? Il n’était qu’une escroquerie, à la fin : une fois la vérité faite, personne ne voudrait de lui. Personne de censé ne voudrait de lui. Lorsqu’il ressentit la pression des doigts de Pip contre sa chair, il se retourna, se laissant diriger par le norvégien sans lui opposer la moindre résistance. À quoi bon courir après lui ? Pourquoi est-ce que Pip était là à lui demander ce qu’il se passait, à lui dire qu’il était là … Qu’est-ce que ça voulait dire, ce charabia ?
Il étouffa un éclat de rire nerveux, secouant la tête en écoutant la proposition de Pip. Il devait le faire fuir, lui aussi. Il soupira et se mit assis sur un bout de trottoir, attrapant sa tête dans ses mains et plongeant ses ongles rongés dans son crâne.
– Je veux pas d’café, non. J’en ai rien à foutre de Marceline. Je veux juste qu’tu me laisses tranquille, qu’tu me foutes la paix, mais ça je crois que t’as pas compris. Pourtant c’est simple, je crois, dit-il en tournant la tête vers Pip et en lui jetant un regard inexpressif. Tomas voulait faire du mal au norvégien, lui donner assez de raison pour qu’il décide de tourner les talons et de tirer un trait sur lui. Tomas se faisait autant de mal à lui-même, parce qu’il aimait Pip. Il aimait sa folie. Sa joie de vivre. Son rire. Il aimait s’agacer lorsqu’il l’entendait parler norvégien, sans être capable de comprendre le moindre mot. Il aimait Pip, mais il avait peur de le décevoir lorsqu’il découvrirait qui il était vraiment. Il avait peur de le perdre à cause de la vérité : il était moins douloureux de le faire fuir plutôt que de le regarder s’éloigner de sa propre volonté.
– Je sais pas pourquoi tu te fatigues avec moi ? Je m’en fous de toi. J’ai même pas voulu coucher avec toi, dit-il en étouffant un nouvel éclat de rire, toujours aussi nerveux, qui trahissait son mal-être et son malaise. Dès que j’en ai eu l’occasion, j’me suis même tiré. Tu te rappelles pas ? C’était clair pour moi, dit-il en haussant les épaules, détournant son regard de Pip.
Il n’avait plus de force dans ses jambes. Il n’avait plus de force du tout. Il attendait que le mal se fasse, il attendrait que Pip lui tourne le dos. Il serait alors une personne en moins à décevoir.

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Filip Storberget

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Message· · Sujet: Re: can't save me now, there's no way out. can't save me now, there's no way out. EmptyDim 25 Aoû - 16:24

Il s’agissait de ses plus gros défauts : l’arrogance et la susceptibilité. Le jeune norvégien possédait un nombre non négligeable de qualités dont il faisait fort bon usage. Mais ces dernières aussi lumineuses et légères soient-elles ne faisaient parfois guère le poids avec ses plus noirs défauts. Et en cet instant précis, Tomas titillait ceux-ci plutôt que les premiers. D’instinct, le blondinet fronça les sourcils lorsqu’il l’observa se détacher de lui et s’asseoir sur le trottoir. Regardant autour de lui afin de surveiller qu’aucune voiture ou ambulance ne fasse d’embardée sur les éventuels verglas, seuls témoins survivants de la tempête de neige qui avait secoué cette bonne vieille ville de l’Oregon qui était devenu progressivement autant la sienne que sa Norvège natale, il se mit en face de lui, les mains dans les poches ne sachant quoi en fait d’autre dès lors qu’il avait refusé la main tendue. Dire qu’il était surpris des propos tenus par son réticent interlocuteur n’était qu’une demi-vérité. Il se devait d’être honnête avec lui-même : ils jouaient à ce jeu du chat et de la souris, ou plutôt de la carotte et du bâton depuis qu’ils se connaissaient. Il n’y avait donc surprenant qu’après la nuit, grande avancée dans leur relation vu toutes les fois où il l’avait laissé en plan et contraint à séduire le premier venu pour s’occuper des parties de son anatomie mises à ma par un tel abandon, qu’ils avaient passées ensemble, aussi sage soit-elle, qu’il le rejette aujourd’hui. C’était dans l’ordre des choses et de leur relation, un ordre auquel il avait fini par s’habituer, voire même à attendre. Il se demandait bien comment Tomas allait lui faire payer cette faiblesse qu’il avait eue à son encontre, prise dans un moment de fragilité dans laquelle l’étudiant n’avait pas attendu pour s’engouffrer. Il roula des yeux vers le ciel devant son agressivité mais décida de ne pas se laisser rejeté de la sorte aussi facilement, il avait l’habitude malheureusement. « Okay, pas de café. On peut tout aussi bien se geler les miches ici. » Lui adressant une petite moue, considérant la chose, il finit par s’installer à ses côtés sur le trottoir, grimaçant alors que le froid du sol se propageait rapidement à lui, le temps de s’habituer sans doute. « C’est une manière nouvelle et originale de me filer les blueballs. » plaisanta-t-il joyeusement. « Tomas Varga, toujours novateur en la matière. » Il faisait volontairement fi du fait que le jeune homme ne voulait manifestement pas lui parler, pas l’avoir à ses côtés en cet instant précis et même si son rejet était une fois de plus blessant et insupportable pour quelqu’un d’aussi fier et egocentrique que Pip, il n’en demeurait pas moins qu’il le considérait comme un ami, voire plus s’il acceptait de le reconnaître. Bon gré, mal gré, Tomas était entré dans le cercle proche de ceux qui comptaient pour lui. A partir de là, il était hors de question qu’il le laisse seul en l’ayant vu quitter un hôpital bouleversé. Il ne savait trop bien ce que cela pouvait parfois impliqué. Il avait encore des frissons en repensant l’état émotionnel dans lequel il s’était retrouvé lorsque lui et Leander… Il se secoua la tête. Hors de question d’y penser et de se laisser happer.

« Tu veux jamais coucher avec moi, Tomas. C’était pas franchement une nouveauté. » répliqua sèchement le norvégien lorsque les paroles de son interlocuteur le piquèrent plus qu’il ne voulait bien l’admettre. Même s’il jouait les fier à bras et celui pour qui aucune remarque blessante, aussi volontaire soit-elle, ne l’atteignait pas, il demeurait que le rejet aujourd’hui de Tomas lui vrillait le cœur. Il n’en laissait rien paraître, comme à son habitude, et sortit même une cigarette qu’il avait pu négocier à un patient pendant son séjour qu’il alluma, laissant la fumée de cette dernière s’évaporer vers le ciel gris, y ajoutant une autre dose de nuage sans doute. « J’vais finir par croire que ton corps est recouvert d’écailles comme les crocodiles et que c’est pour ça que tu veux jamais aller plus loin avec moi. » Il lui jeta un coup d’œil appréciateur de côté, comme s’il le jaugeait avant de poursuivre. « C’est soit ça, soit je te dégoûte tellement que l’idée de passer la nuit avec moi te donne des nausées. J’ai des doutes sur cette deuxième option ou alors tu places ton téléphone à des endroits sérieusement originaux. Fais gaffe quand même : tu pourrais ne jamais avoir d’enfant si tu continues de le mettre dans ta fermeture éclair. »  Il prit une nouvelle bouffée de cigarette avant de lui proposer une taffe s’il en avait besoin et s’il le désirait. Il conserva le silence durant quelques instants, ne sachant quoi dire de plus et luttant contre lui-même pour ne pas craquer et hausser les épaules en partant, maudissant le jeune homme entre ses dents. Il avait l’impression d’exercer un numéro d’équilibriste retenant toute respiration pour ne pas tomber dans le vide qui le happerait et le déchiquèterait avant de le relâcher. « Je me rappelle très bien de cette nuit-là, Tomas. Mais toi, on dirait que non. » Posant sa tête contre sa main, l’observant avec attention, il le perça de son regard bleu, tentant de déceler ses mystères sans y parvenir comme de manière habituelle. « Je me rappelle que tu voulais juste dormir dans mes bras. Si tu voulais vraiment pas de moi, tu aurais pu prendre n’importe qui d’autre avec le risque que ça dégénère, on est d’accord. Tu es peut être parti mais c’était chez toi. J’y avais jamais mis les pieds et je doute que tu y amènes régulièrement des inconnus. Cette nuit-là n’a peut être pas compté pour toi mais pour moi oui. » Il se surprenait lui-même des mots qui franchissaient ses lèvres. Il ne s’attendait pas à un tel aveu, moins encore venant de sa part. Ce n’était pas son genre après tout. Mais ce n’était pas non plus le genre à accepter de dormir en tenant dans ses bras quelqu’un d’autre sans tenter quoi que ce soit avec cette personne. Il n’y avait que deux individus avec qui il avait jamais fait preuve d’une telle tendresse depuis qu’il s’était installé en Oregon, trois en comptant LJ mais ce n’était pas pareil. « Tu comptes pour moi, Tomas. » confirma-t-il. Il se l’avouait enfin. Tomas avait pris une importance dans son existence qu’il avait toujours pris soin d’ignorer. Il ne savait pas ce qui l’avait poussé à ouvrir les yeux aujourd’hui mais il voulait être là pour lui, aujourd’hui, demain et tous les jours qui allaient suivre. « J’ai pas envie de te voir comme ça, moins encore de te laisser comme ça. Alors je vais te le demander une dernière fois : y a quoi ? »

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Tomas Varga

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Message· · Sujet: Re: can't save me now, there's no way out. can't save me now, there's no way out. EmptyMar 17 Sep - 19:08

Il savait qu’il ne s’extirperait pas aussi facilement des griffes de Pip. Il l’écoutait, sans vraiment l’écouter, assourdit par ses propres pensées qui s’employaient à le provoquer et à le torturer. Il le regardait, du coin des yeux, parcourut par l’envie de le repousser et de lui donner une raison de ne plus jamais courir après lui, et par la peur de céder et d’attraper la main qu’il lui tendait. Il soupira, s’agaçant davantage face à son inaptitude à savoir ce qu’il voulait réellement. Il ne voulait pas de la compassion de Pip, il ne voulait pas de son aide, de ses mots, de son soutien, il ne voulait pas de cette stupide main tendue. Mais, au fond, il n’était pas réellement sûr de lui. Peut-être que c’était tout ce dont il avait besoin. Un ami, une épaule sur laquelle se reposer, une oreille attentive à qui tout raconter. C’était un combat interne permanent. Exténuant. Lassant. Un combat dans lequel il s’était engagé depuis tellement de temps qu’il ne pouvait plus en compter les années. Un combat dans lequel il ne savait pas vraiment qui encourager. Le Tomas qui tentait d’apercevoir la lumière, au fond de ce fichu tunnel dans lequel il s’était perdu ? Ou le Tomas qui avait accepté l’idée qu’il n’y avait plus d’espoir à attendre ? La facilité le poussait à tendre vers le second Tomas. C’était le choix le plus cohérent, également, et tout semblait le pousser vers lui. Toutes les erreurs qu’il avait accumulées et qu’il continuait à accumuler – l’accident de sa grand-mère étant le dernier en date – ne faisaient que le convaincre davantage qu’il était une cause perdue.
Mais il y avait Pip qui, malgré tout ce que Tomas lui avait dit, malgré tout ce qu’il pourrait encore lui faire, était là, obstinément, assis à quelques centimètres de lui, et sa présence continue avait semblé, étonnement, calmer la rage irraisonnée dans laquelle il s’était embourbée depuis quelques minutes. Il n’arrivait pas à le comprendre. À sa place, Tomas aurait baissé les bras depuis longtemps, il aurait abandonné le jeu, il aurait abandonné la partie sans chercher à se procurer une nouvelle chance. Il soupira, se tournant vers lui lorsqu’il lui proposa de tirer sur la cigarette qu’il avait allumée. Tomas l’entoura de son pouce et de son index et la porta à ses lèvres, inspirant longuement pour plonger ses poumons du plus de nicotine possible. Il coupa sa respiration, laissant les effets se propager en lui, avant d’expulser la fumée par les narines, puis par sa bouche, tout en soufflant :
– Tu fais chier.
Il garda la cigarette entre ses doigts. Elle était à lui, maintenant. Il prit une nouvelle taffe, regardant le cercle incandescent laisser derrière lui des cendres grisâtres, qui tombèrent rapidement à ses pieds. Il détestait Pip, en ce moment. Il le détestait d’être arrivé à le calmer, par ses mots, par sa présence – dont il n’avait pas besoin, pourtant, il s’en était convaincu. Il le détestait d’être presque arrivé à le faire sourire avec sa façon d’exposer la situation de son point de vue. Tomas voulait exploser. Il voulait enfoncer ses poings dans du béton. Il voulait pleurer de rage, Mais il était épuisé. Il réalisa, là, assis à la gauche de Pip, qu’il était épuisé et qu’il n’arriverait sans doute pas à se lever sans difficulté.
Ce qu’il détestait le plus, c’était que Pip lui ai dit qu’il tenait à lui.
Tomas soupira – il lui sembla n’avoir été que soupir depuis quelques minutes – et se tourna vers le garçon qu’il observa derrière ses sourcils froncés. Ce qu’il détestait aussi, c’était qu’il ait eu raison, sur tout. Peut-être pas sur son corps, qui n’était pas recouvert d’écailles. Mais sur tout le reste, probablement. Dormir avec lui ne lui avait pas donné la nausée, au contraire. Dormir avec lui avait été un des moments les plus sereins qu’il avait passé depuis des mois et des mois. Sentir la chaleur de quelqu’un contre lui. Sentir la respiration de quelqu’un se perdre sur sa peau. Être avec quelqu’un, tout simplement. Il avait également raison : cette nuit-là, Tomas ne s’en rappelait pas, ou du moins, il faisait tout pour ne pas s’en souvenir, parce qu’elle avait été futile, au final. Il s’était senti bien. Il s’était senti protégé. Mais à quoi bon ? Il soupira, longuement, encore, et secoua la tête en regardant Pip.
– Je compte pour toi …, répéta-t-il. Je compte pour toi. Il le dévisagea quelques secondes, avant de détourner son regard.
– Tu peux pas dire ça … Et si j’étais horrible ? Si j’étais un monstre, hein ? Parce que je crois que j’en suis un, dit-il en se battant contre le sanglot qui mourut dans sa gorge avant de pouvoir trahir ses émotions. Il déglutit, avec difficulté, puis enfonça son visage dans ses mains, se frottant les yeux afin de tuer les quelques larmes qui naissaient dans le coin de ses yeux rouges.
C’était la seule vérité. Il était un monstre. Et Pip devait le savoir. De cette façon, peut-être qu’il s’enfuirait.
– Et si j’te disais que j’ai tué quelqu’un ? J’compterai toujours autant pour toi ? souffla-t-il en tournant à nouveau la tête vers Pip, enfonçant son regard dans le sien, le défiant de lui dire que cette révélation ne changeait rien. Il était prêt à le voir se lever et à s’enfuir. Tomas avait l’habitude de voir les gens qui comptaient autour de lui déserter, et il ne leur en voulait pas.

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Message· · Sujet: Re: can't save me now, there's no way out. can't save me now, there's no way out. EmptyLun 11 Nov - 15:48

Il tenta de se restreindre et de ne pas sourire de manière amusée. C’était marrant mais on lui disait souvent ça, qu’il faisait chier. Et souvent sur ce même ton, oscillant entre agacement et tendresse, sans savoir si son interlocuteur allait lui donner une bonne et résonnante claque ou éclater de rire en secouant la tête. C’était toute l’ambivalence avec laquelle le norvégien traversait son existence. Son regard pétillant de malice glissa de Tomas vers les rares personnes qui tentaient de marcher sur le parking enneigé de l’hôpital, tentant au passage de ne pas se casser une jambe pour revenir directement de l’endroit dont ils partaient. Il se passa la langue sur la lèvre inférieure, humidifiant cette dernière pour éviter qu’elle ne gerce face au caractère rude des hivers océaniques et en profita pour dissimuler son sourire qui menaçait de percer à chaque instant. Il ne put s’empêcher cependant de plaisanter : « C’est ce qui fait mon charme. » Il adressa un clin d’œil à son interlocuteur qui n’était manifestement pas dans le même état d’esprit que lui et qu’il avait bien l’intention de voir sourire à nouveau, si ce n’est aujourd’hui, demain ou après-demain ou tous les jours d’après. Il avait toujours été un garçon sincère et honnête. Même s’il était d’humeur libertine et avait du mal à s’attacher profondément à quelqu’un, il demeurait fidèle à ceux qu’il invitait dans son existence. Ils étaient rares et il pouvait les compter sur les doigts de la main, notamment sur le continent américain. Tomas faisait parti d’entre eux et même si, au final, ils ne se connaissaient pas tant que ça, même s’ils ne se voyaient pas tous les jours, il existait un naturel entre eux contre lequel le blondinet ne pouvait, ni ne voulait lutter. Les premières fois, il l’aurait bien emplafonné dans le mur, à défaut de faire toute autre chose contre le mur avec, tant il avait trouvé le moyen de frustrer ce véritable casanova des soirées estudiantines mais il s’était lentement inséré dans son cœur pour se nicher confortablement. Il l’appréciait vraiment beaucoup, peut être un peu trop au regard du peu de retour sur investissement, mais il ne pouvait s’en empêcher. Le voir ainsi lui vrillait le cœur et tel qu’il lui avait indiqué sans détour, il ne le laisserait pas cette fois-ci. Il voulait être présent pour lui tant qu’il sentait une détresse silencieuse émaner du jeune homme. Finalement, il reposa ses grands yeux bleus sur lui, admirant la fumée de cigarette s’évader de ses lèvres pour monter vers le ciel, sa glotte monter et redescendre en fonction de sa salive qui descendait le long de sa tranchée, son regard obstinément posé devant lui. Il ne se dissimulait pas en tentant d’analyser et de deviner ce qui le préoccupait. N’était pas mentaliste qui le souhaitait malheureusement et il avait le pressentiment, tout au fond de lui, qu’il pourrait lire et relire la biographie sans tabou de Tomas Varga, ce dernier demeurerait un mystère pour lui.

Il maintint son regard quelques instants, confirmant : « Oui, tu comptes pour moi. » Mais déjà Tomas regardait ailleurs, semblait même happé par quelque chose qui voulait le conduire dans un tunnel sombre où le norvégien avait beau hurlé, il ne pourrait rien faire pour le faire revenir à la lumière. Fronçant légèrement les sourcils, il secoua négativement la tête, ne croyant pas un seul instant que celui qu’il considérait comme un ami, voire un peu plus, puisse se voir comme un monstre. « Tomas… » gronda-t-il, commençant déjà à vouloir le contredire. Pip en avait rencontré des monstres dans son existence, certains même continuaient à hanter ses nuits et avaient été la raison pour laquelle non seulement lui mais également sa famille avaient quitté leur pays d’origine. Parce que vivre dans le même pays leur avait été insupportable, parce qu’après ce qui lui était arrivé, il n’avait plus jamais été capable de fonctionner malgré ce qu’il était parvenu à faire croire aux autres. L’ironie de se sentir plus en sécurité aux Etats-Unis, pays bien plus dangereux que la Norvège, n’avait pas manqué de sel et d’ironie mais c’était grâce à cette fuite en avant qu’il pouvait désormais regarder à nouveau l’océan sans se mettre en position fœtale en espérant que cela s’arrête. C’était grâce au fait qu’ils s’étaient arrachés à leurs racines qu’il pouvait se regarder dans la glace et ne pas s’insulter en réalisant que lui était en vie, contrairement à d’autres. Filip avait rencontré des monstres. Il leur avait fait face en le regardant dans le blanc de leurs yeux. Il avait flanché devant eux et en était sorti traumatisé au point de ne plus même supporter une porte qui claque un peu trop bruyamment. Et Filip avait beau regardé en détail Tomas, il en venait toujours à la même conclusion : il n’était pas un monstre. Du moins, c’était ce qu’il pensait savoir au plus profond de lui mais les paroles que le jeune homme prononcèrent ensuite le glacèrent le sang, jusqu’au plus profond de lui-même.

Incapable de se maîtriser, il recula légèrement la tête sous le regard inquisiteur et dérangeant de son interlocuteur. La surprise envahit ses traits et il aurait été mensonger de nier l’accélération brutales du cœur de Pip. Ce dernier sentit la peur s’insinuer dans chacune de ses veines sans qu’il ne puisse rien y faire et sa respiration se fit plus douloureuse alors que des images, des flash lui revenaient en mémoire, l’aveuglant même temporairement. Ce fut au prix d’un effort incommensurable qu’il parvint à s’arracher à ses souvenirs douloureux et il sursauta et tourna vivement la tête vers la gauche, persuadé d’avoir entendu un bruit sec et caractéristique au loin. La mâchoire crispée, il observa longuement les alentours, prêt à décamper dès que quelque chose ne lui plairait pas et constatant que les seuls bruits alentours étaient ceux d’une ville endormie sous l’hiver, le chant d’un coucou se réverbant contre le silence cotonneux, il reporta son attention mesurée sur Tomas. Il ouvrit la bouche alors, découvrant que cette dernière était sèche. « Comment… » croassa-t-il tout d’abord, ayant du mal trouver tant ses mots que sa salive. Le froid mordant de l’hiver avait retiré toute couleur à ses joues et pourtant, il sentait une chaleur diffuse au fond de son estomac. Il se racla la gorge avant de reprendre. « Comment ça ? » Il ne voulait pas y croire. Il ne pouvait pas y croire. Lui, plus que tout autre, ne pouvait avoir sympathisé avec un tuer. Il ne pouvait pas avoir partagé des étreintes et des baisers sulfureux avec quelqu’un qui avait ôté la vie à un autre être vivant. Il ne pouvait avoir développé des sentiments, sur lesquels il avait encore du mal à mettre le doigt, pour un monstre. Il refusait de le croire. Pas Tomas. Les monstres étaient ignobles. On ne pouvait les regarder sans savoir l’estomac qui se retournait, sans sentir la haine faire bouillir les veines jusqu’à l’explosion. Ce n’était pas ce qu’il ressentait quand il regardait le jeune homme. Son cœur refusait de se calmer tant qu’il n’aurait pas compris. « Qu’est ce que tu veux dire par là ? C’était un accident ? » Il se serait agi d’une autre personne, le norvégien aurait pris ses jambes à son cou, le laissant là sans demander son reste et en faisant bien attention à ne pas lui tourner le dos et à ne plus jamais le recroiser de son existence. Mais c’était Tomas. Ses jambes refusaient de bouger. Son esprit ne parvenait pas à comprendre, bien trop abasourdi d’une telle révélation. « C’était un accident, c’est ça ? Il s’est passé quoi ? » Sans doute un accident de voiture. Il avait trop bu et se blâmait. Il ne pouvait imaginer autre chose. Cela serait bien trop insupportable pour le grand blond. Alors, il prit sur lui.

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