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Tomas Varga

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Message· · Sujet: trying to mend old mistakes trying to mend old mistakes EmptyMar 18 Juin - 17:40

@zoya ryker

La rumeur.
Elle lui avait été rapportée par sa mère. Elle ne connaissait pas cette Zoya Ryker. Elle ne savait pas à quel point cette gamine était incroyable. Elle ne savait pas que Tomas l’avait pris sous son aile, sans qu’il le réalise, sans que Zoya ne le réalise ; ils n’étaient que deux êtres qui s’étaient trouvés et qui, étrangement, s’accordaient parfaitement, même si le contraste entre l’un et l’autre était frappant. Rien ne semblait les rapprocher. Rien de signifiant, du moins. Sa mère ne savait pas qu’il tenait à elle, ni qu’il lui donnait des leçons de boxe – elle apprenait vite, Zoya, et Tomas ne pouvait s’empêcher de sourire en réalisant le chemin qu’elle avait parcouru en si peu de temps. Sa mère ne savait rien du tout. Alors elle s’était contentée de dire, avec une voix faussement abattue : « D’après Mme Baker, une gamine a tenté de suicider. Zoya Ryker. Pauvre petite chose ».
Tomas n’avait pas été sûr d’avoir bien entendu. Il lui avait demandé de répéter. – Non, non, juste le prénom. Comment tu dis qu’elle s’appelle ?. Même lorsqu’elle avait répété le prénom de la rouquine, Tomas n’était pas arrivé pas à comprendre. Alors il avait répété lui-même le nom de son élève, plusieurs fois, intérieurement, avant de saisir ce que sa mère était en train d’essayer de lui dire.
Elle avait réalisé qu’il était chamboulé par l’annonce. Mais elle s’était trompée de raison. Elle s’était mise à se mordre l’intérieur de la joue – Tomas l’avait vu faire, comme elle le faisait à chaque fois qu’elle était à court de mots ou qu’elle était soudainement submergée par une situation qu’elle avait mal anticipée. Évoquer une tentative de suicide à une personne qui elle-même avait tenté de mettre fin à ses jours était maladroit. Encore plus lorsque cette personne avait plusieurs fois tenté de s’ôter la vie. Elle avait certainement oublié ; cela faisait longtemps, maintenant. Presque cinq ans depuis la dernière fois. Elle avait probablement oublié. Mais elle s’en était brusquement rappelée, avant de s’excuser en joignant les mains sur sa poitrine, désemparée par l’effet que l’annonce pouvait avoir sur son fils. – C’est ... non, c’est pas ça, avait-il dit, la voix pleine de lassitude, c’est juste que je la connais.
Tomas ne savait pas si Zoya se rendrait à leur prochain cours. Il ne savait pas si elle apparaîtrait, avec toute son innocence et sa fougue, les gants déjà enfilés, prête à en découdre avec le sac de frappe. Il savait pas, si elle venait, dans quel état il la trouverait. Il ne savait plus rien, il cherchait encore une raison de croire ou non à cette rumeur. Il trouvait difficile de ne pas y croire, même s’il lui semblait qu’il n’y avait aucune explication rationnelle à son acte, si la rumeur était avérée. Est-ce qu’il y a vraiment une explication rationnelle ? Il en avait pour chacune des tentatives qu’il avait faites, alors oui, certainement : il réalisa qu’il ne connaissait certainement pas Zoya aussi bien qu’il ne le pensait. Il ne savait plus rien du tout. Il ne savait pas non plus si le sac de frappe résisterait aux coups enragés qu’il lui assénait.
De temps en temps, il s’arrêtait, prenant quelques secondes pour souffler, la garde haute, les genoux toujours fléchis, le regard fixé sur la porte qu’il avait laissée entrouverte pour entendre Zoya, si cette dernière arriverait.
La rumeur avait réveillé tellement de choses. La rumeur l’avait remis devant tant de situations dans lesquelles il se trouvait pitoyable, lamentable, l’ombre de lui-même, comme cette fois où sa mère l’avait retrouvé sur le sol de la salle de bains, les tablettes de médicaments de sa grand-mère vidées de leurs pilules, et qu’elle avait enfoncé ses doigts dans sa gorge pour le forcer à vomir ce qu’il avait ingéré. Son poing glissa sur le sac ; il perdit l’équilibre en étant emporté par la puissance qu’il avait rassemblée dans sa frappe manquée et manqua de tomber. Il se retourna vers le sac et frappa de toutes ses forces pour calmer sa frustration.
Il ne pouvait pas laisser Zoya le voir comme ça. Si cette dernière venait.

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Zoya Ryker

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Message· · Sujet: Re: trying to mend old mistakes trying to mend old mistakes EmptyJeu 20 Juin - 21:03

Elle avait hâte d’arriver à la salle pour son cours de boxe. Zoya avait toujours hâte d’y être, mais ce jour-là encore davantage, et pour cause : elle avait enfin suffisamment économisé pour pouvoir s’offrir des gants neufs, des vrais, à elle, elle ne devrait plus enfiler la paire que Tomas lui prêtait pour ses leçons. Il allait sûrement s’imaginer qu’ils étaient rose bonbon ou ornés de nœuds, comme l’imbécile de vendeur avait essayé de plaisanter quand elle s’était rendue à la boutique. Un regard, toutefois, avait suffi à lui faire ravaler sa langue et l’adolescente avait éprouvé une certaine satisfaction. On la prenait visiblement de moins en moins pour une gamine et de plus en plus pour une adulte – ou au moins quelqu’un qu’on pouvait prendre au sérieux. Elle devait encore sortir les crocs, certes, mais elle s’en fichait. Bientôt, elle pourrait même foutre une beigne à celui qui s’en prenait à ceux qu’elle aimait et alors, là, on verrait bien qui rirait le dernier. En attendant, il lui avait fallu des mois pour parvenir à réunir la somme nécessaire – Inej était radine sur l’argent de poche et Zoya s’était vite lassée des quelques baby-sittings qu’elle avait faits. Elle était encore trop jeune pour pouvoir se dégoter un boulot d’étudiante – elle n’abandonnait pas l’idée de devenir serveuse pour se faire des pourboires en or – mais peut-être que ça irait mieux quand elle aurait quinze ans. En attendant, elle en avait toujours quatorze et filait sur son vélo cabossé – la chute avec Oliver n’avait pas aidé – pédalant comme une dératée pour ne pas arriver en retard – non pas qu’elle pense que Tomas s’en souciait vraiment, après tout, il n’avait pas spécialement été emballé par l’idée de lui servir de coach, même s’il avait fini par céder assez facilement devant sa mine butée. Car il n’y avait sans doute pas plus borné que Zoya Ryker à Windmont Bay.
Elle arriva sur place, à peine essoufflée par sa course et abandonna son vélo sur la pelouse, sachant parfaitement que personne ne chercherait à lui voler cette vieille bécane et elle pénétra dans le bâtiment avec l’impression que ses pieds ne touchaient plus le sol, tant elle était excitée par son acquisition.
- Tomas ! J’ai une surprise ! Enfin, pas vraiment, pas pour toi, je veux dire, mais regarde!
Zoya était entrée dans la salle et s’était exclamée dès qu’elle avait aperçu la silhouette du jeune sportif. Tout à son engouement, elle ne remarqua pas la mine soucieuse du jeune homme, ni ne nota le grincement du sac qui se balançait au bout de sa chaîne après avoir reçu un coup violent. Elle balança son sac sur un banc en bois et ouvrit la fermeture Éclair d’un geste empressé pour plonger les mains à l’intérieur et en extraire deux gants noirs aux coutures bleu électrique. Ils brillaient encore, n’avaient pas la moindre éraflures et elle les brandit fièrement en s’approchant de Tomas. Elle était déjà en tenue, s’étant habillée chez elle avant de prendre son vélo – devoir passer par les vestiaires était une perte de temps et elle n’avait aucune patience aujourd’hui.
- Bon, j’avoue que j’ai un peu poussé le vice jusqu’à assortir mes vêtements, gloussa-t-elle et, en effet, elle portait un legging noir et un haut bleu éblouissant qui faisait ressortir ses yeux.
Elle qui ne se souciait jamais de ce qu’elle portait avait soudainement eu envie de faire honneur à son achat et elle enfila les gants avant de les frapper l’un contre l’autre, comme pour les échauffer, eux aussi.
- J’ai demandé conseil au vendeur. Au début, il se foutait un peu de ma gueule mais il a vite compris que je ne rigolais pas ! Ils sont cools, hein ? Bon, j’ai dû me ruiner mais ça en valait le coup. Je vais en découvre avec ce fichu sac, tu vas voir!
Zoya prit conscience qu’elle pépiait comme un moineau et elle s’arrêta pour se focaliser sur Tomas, plus essoufflée par sa tirade que par son effort physique pour venir à la salle en un temps record. Elle remarqua enfin l’air étrange du jeune homme et fronça les sourcils :
- Qu’est-ce qui ne va pas ? Tu trouves que je n’aurais pas dû les acheter?
Elle ne le connaissait pas assez pour deviner ce qui le rendait maussade mais elle s’était peu à peu faite à son caractère ombrageux et distant. Ça faisait partie de Tomas et elle ne s’était jamais laissée démonter lors de leurs leçons précédentes. D’un côté, elle appréciait ce sérieux parce qu’il incitait à faire confiance au garçon. Elle s’était peu à peu habituée à ses silences, à ses froncements de sourcils, à sa réticence naturelle, rien qui ne l’ait détournée de lui jusque-là. Pourtant, elle jura que quelque chose clochait cette fois, quelque chose de plus grave.
- Il est arrivé quelque chose à ta famille? demanda-t-elle, ne voyant pas d’autre raison.
Mais il n’avait sans doute pas envie d’en parler. Elle fut quelque peu déçue que ses gants ne fassent pas plus d’effets mais ravala son amertume en considérant son interlocuteur. Mine de rien, elle n’aimait pas le voir faire cette tête-là.

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Message· · Sujet: Re: trying to mend old mistakes trying to mend old mistakes EmptyDim 21 Juil - 10:03

Il rêvait tellement de tout recommencer, si on lui offrait cette possibilité. Fermer les yeux, les rouvrir et se retrouver au point de départ, là où une simple main tendue, un simple okay murmuré entre ses lèvres pincées, là où une décision hâtive avait été prise et avait changé son destin à jamais. Sans ce okay, qu’il trouvait tellement stupide aujourd’hui, il ne l’aurait jamais suivi, il n’aurait jamais sombré comme un navire pathétique qui se laissait lentement avalé par les vagues, sans la moindre résistance. Cette soirée-là, autour de ce feu de camp improvisé dans un parc de Portland, la main qu’il lui avait tendue était moite et lui avait le cœur qui battait si fort que tout était devenu flou autour de lui. Tout était encore flou, aujourd’hui. Le chemin devant lui, son futur et, sans avoir à aller trop loin, son présent aussi n’était qu’un brouillard épais dans lequel il marchait à l’aveugle.
Il y avait eu quelques éclaircies, dans cette brume qui collait à la peau. Zoya Ryker en était l’une. Elle, comme les autres rayons qui perçaient les ténèbres, lui donnait une perspective. Elle lui donnait le sourire, rien qu’en pensait à son énergie inépuisable, à sa folle obstination, à sa volonté inébranlable de vaincre le sac de frappe qu’elle tentait de dompter à chacune de ses leçons – il n’avait pas trouvé d’autres mots que leçon pour qualifier leurs rendez-vous réguliers (il se trouvait un piètre professeur et n’avait aucune légitimité pour se prétendre en être un). Zoya Ryker lui faisait oublier tous ces démons qui le rongeait. Sa force, son aura, tout ce qu’elle irradiait de positif lui donnait une force jusqu’au petit matin, où, quand il regardait son reflet dans le miroir de la salle de bains, il n’avait plus aussi peur de sa gueule et de ses yeux noirs.
Zoya Ryker lui faisait oublier tout ce qu’il y avait de pire, dans sa vie. À travers leurs leçons, elle lui insufflait, sans qu’elle en ait aucune idée, un optimisme fou et naïf, comme si ces moments privilégiés étaient la solution, comme si ces moments où il passait de l’énervement à l’éclat de rire, de l’agacement à la joie, comme ci ces entrevues sportives étaient le contrepoison à son mal. Elle n’avait que quinze ans et elle lui donnait une raison de vivre qu’il ne comprenait pas. À quinze ans, il ne se rappelait pas vraiment ce qu’il faisait, à part traîner dans Portland, suivre son frère à la trace, essayer de lui parler de choses qu’il ne maîtrisait pas. À quinze ans, il passait son temps à attendre. Attendre le moment où les choses seraient plus simple, où toutes les émotions qui le parcouraient trouver enfin une traduction. Le traducteur qui l’avait trouvé ne s’était pas contenté de mettre des mots sur sa confusion. Le garçon qui s’était mis sur son passage l’avait entraîné dans son propre enfer, où Tomas avait rencontré des démons dont il ne débarrasserait peut-être jamais. Lorsqu’on goûte aux mêmes ténèbres pour lesquelles il avait succombé, on signe un pacte à vie. Ou à mort. On y laisse des plumes, on y laisse du sang, on y laisse sa propre personne.
Tomas s’était extirpé de cet enfer avec des cicatrices béantes qu’il était le seul à voir. Des cicatrices qui s’ouvraient quelques fois, qui suintaient, qui menaçaient toujours de s’ouvrir à nouveau et de l’empoisonner à nouveau. Le chemin avait été si long. Si éprouvant. Il ne lui semblait pas avoir vingt-quatre ans. Il lui semblait en avoir le double, le triple.
Il était tellement las, quelque fois, qu’il en pleurait sans raison. Des larmes plus fortes que la raison qui s’écoulaient sur ses joues, et qui revenaient lorsque Tomas les effaçait de la paume de ses mains, comme si elles étaient indélébiles.
Combien de fois avait-il choisi la solution la plus rapide ? Il ne s’en souvenait plus. Il y avait cette fois où sa mère l’avait trouvé dans la salle de bains, où son corps convulsant l’avait empêché d’ouvrir complètement la porte. Il avait été si lucide que les scènes étaient encore imprimées sur sa rétine. Le visage de sa mère qui forçait un passage dans l’entrebâillement de la porte, qui heurtait ses jambes mortes, qui les avait heurtées tant de fois. Ses lèvres immobiles sur lesquelles une mousse blanche s’était déposée. Le cri de sa mère.
Combien de fois avait-il entendu le cri de sa mère ? Il ne se souvenait plus vraiment combien de fois il avait tenté d’en finir. Les tentatives se mélangeaient à celles préméditées mais jamais concrétisées. Il détestait y repenser. Il détestait tellement y repenser. Il ne savait pas s’il avait été brave ou simplement faible, s’il avait été courageux et fort ou s’il avait été simplement pathétique et désolant.
Entendre la rumeur autour de Zoya Ryker l’avait plongé dans un état de colère et de frustration.
La voir se faufiler avec tant de joie et d’énergie dans la salle de sport l’énervait d’avantage. Il n’était pas en colère contre elle, du moins il ne le pensait pas. Il était en colère contre lui-même : si cette rumeur était vraie, comment avait-il pu passer à côté des signaux ? Son expérience lui avait apprit qu’il y avait toujours des signaux précurseurs. Comment avait-il pu être aussi aveugle ? Il était en colère contre lui-même, pour céder si facilement à la rumeur, pour y croire jusqu’à en être excédé, jusqu’à ne raisonner qu’en absolu et perdre toute lucidité.
Zoya lui montra ses gants noirs, flambants neufs, éclatants, sans aucune égratignure et sans aucun combat derrière eux. Ils étaient magnifiques et brillaient dans les yeux de la rouquine, qui en était tellement fière que Tomas ne pouvait s’empêcher de sourire pendant une fraction de seconde. Il l’écouta déverser toute son excitation et lui expliquer son périple, jusqu’à ce que son flot de paroles se stoppe et que son visage se fige dans une expression interrogatrice.
Il avait simplement besoin qu’elle le rassure. Qu’elle lui dise que tout allait bien.
– Ma famille va bien, t’inquiète, dit-il en secouant la tête. Ces quelques mots avaient le goût du mensonge. Comment pouvait-il dire ça ? Son frère était en prison. Sa grand-mère à l’hôpital. Et tout était de sa faute. Mais ce n’était pas le sujet. Ce n’était pas le moment.
– C’est juste que j’ai entendu quelque chose et que ça me fout en rogne, parce que je sais pas si c’est vrai et si c’est vrai … Je sais pas ce que je ferais, dit-il en se trouvant tellement naïf et imbécile. Mais il avait besoin que Zoya balaie la rumeur, qu’elle prononce les mots attendus et qu’elle prouve à quel point il était ridicule.
– Ces histoires, celles de la vieille Baker, c’est des conneries, hein ? Rassure-moi, dit-il en s’avançant de Zoya et en évitant son regard. Il attrapa les mains de la rouquine et lui enleva un à un ses nouveaux gants – il avait ôté les siens quelques secondes plus tôt et les avait jeté dans un coin. Il les serra dans ses mains et en pressa le rembourrage d’un geste délicat, plein de douceur. Il appréciait la distraction ; cela lui donnait une raison de ne pas regarder Zoya, de ne pas se voir dans ses yeux.

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Message· · Sujet: Re: trying to mend old mistakes trying to mend old mistakes EmptyMer 24 Juil - 20:08

Elle n'était pas trop douée pour se soucier des états d'âme des autres, Zoya. Trop vive, trop spontanée, trop obnubilée par ses passions et idées, elle n'était pas insensible aux émotions des autres, c'était juste qu'elle y était aveugle. Et elle devait bien l'avouer, le plus souvent, quand les gens exprimaient leur désarroi, leur inquiétude, leur peurs, la jeune Ryker trouvaient ceux-ci dérisoires. Elle ne comprenait pas, par exemple, qu'Oliver puisse tant s'inquiéter de ses notes alors qu'il avait un score parfait - que ferait-il s'il rentrait avec un bulletin comme celui de Zoya? Une syncope, à coup sûr. Elle avait l'air tellement stupide à côté de lui et pourtant, elle ne s'en souciait pas, parce que son intérêt ne se trouvait pas à l'école mais partout ailleurs. Elle ne comprenait pas davantage pourquoi Inej lui avait caché la vérité: qu'est-ce que ça pouvait faire qu'elle soit sa mère plutôt que sa sœur? Zoya trouvait même plus cool ce nouveau statut. La seule chose à l'avoir ébranlée au cours de ces douze derniers mois, c'était bien la tentative d'enlèvement dont avait été victime son meilleur ami et qui avait précisément conduit à ce qu'elle se retrouve ici, avec Tomas. Autrement, elle n'aurait sans doute jamais rencontré le jeune homme et elle ne se serait pas trouvé une passion en la boxe - non pas qu'elle insinue que ce qui était arrivé à Oliver soit une bonne chose, loin de là, mais il fallait concéder que c'étaient les circonstances de la vie qui faisaient dévier les chemins. Alors, forcément, si elle n'arrivait pas à décoder les gens qu'elle voyait tous les jours, comment pouvait-on s'attendre à ce qu'elle s'imagine une seconde que le sportif ait pu entendre - une fichue putain de - rumeur à son propos? Et que c'était précisément cette rumeur qui calquait sur ses traits une expression aussi vide, aussi torturée? Zoya était habituée au côté ténébreux de Tomas, à sa façon de se payer un peu sa tête, mais pas à cette mine de déterré. Comment aurait-elle pu s'imaginer une seconde qu'il avait été l'une de ces personnes assez désespérées pour se diriger vers la mort, comme si c'était la solution idéale - finale, oui, c'est sûr, mais idéale? Zoya refusait de l'accepter.
Alors elle ne comprenait pas. Elle fronçait les sourcils en l'observant, un peu inquiète et, aussi, il fallait bien l'avouer égoïstement: un peu agacée. Il était censé la féliciter, admirer le choix de ses gants, l'enjoindre à les baptiser au plus vite. Ce serait comme une nouvelle sorte de contrat où il la prendrait vraiment au sérieux, où il ne se contentait pas de lui faire plaisir parce qu'il n'avait rien de mieux à faire. Mais peut-être que c'était dérisoire d'attendre cela d'un homme de dix ans son aîné, elle commençait à être habituée à l'idée d'être éternellement traitée comme une gamine ou, du moins, comme quelqu'un de plus jeune et donc plus négligeable. Elle réprima un soupir frustré. Exprimer son irritation serait faire preuve d'immaturité et puis, Tomas lui avait déjà consacré tellement d'heures depuis le mois d'octobre dernier qu'elle ne pouvait pas lui en vouloir de ne pas être dans son assiette aujourd'hui - et tant pis si cela correspondait justement avec son engouement redoublé suite à l'achat de sa propre paire de gants.
La perplexité de Zoya ne fit que s'accroître lorsqu'il lui assura que sa famille allait bien. Alors quoi? était-elle tentée de grogner, comme si la famille était la seule chose qui puisse ternir une ambiance - ça l'était pour elle, dont le foyer se résumait à Inej, même si, honnêtement, elle n'avait pas besoin d'une tripotée de cousins, d'oncles et de tantes, elle était bien heureuse que ce soit elles et rien qu'elles. La jeune Ryker jaugea le boxeur et essaya d'envisager les autres raisons possibles à ce manque évident d'enthousiasme: problèmes de couple? d'argent? d'emploi? Ne pouvait-il donc pas laisser ces choses-là à la porte du vestiaire, le temps d'une heure? Égoïste, encore, lui siffla une petite voix que la rouquine chassa d'un haussement d'épaules impatient.
Finalement, Tomas se mit à parler et Zoya fronça encore davantage les sourcils, ne comprenant décidément rien à ce qu'il racontait. S'attendait-il à ce qu'elle lise entre les lignes? A ce qu'elle sache à quoi il faisait allusion quand ils ne parlaient jamais de leur vie extérieure - à l'exception de la raison qui avait mené Zoya jusqu'à lui, évidemment. Elle ne lui avait pas parlé de la soirée d'Halloween, de ce qu'elle avait découvert, de la colère qu'elle avait éprouvée durant des mois à l'idée d'avoir été gardée écartée de ce pan de la vie d'Inej alors qu'elle en était le centre. Elle ne lui parlait pas d'Oliver, de l'ennui profond que représentait l'école. Il n'était pas là pour ça. Et il n'avait pas davantage parlé de sa vie privée - et elle ne l'avait pas plus interrogé, même si, évidemment, elle avait éprouvé une pointe de curiosité, de temps à autre, à l'idée qu'elle ne savait pratiquement rien de lui. Mais c'en était resté au stade de pensée fugace sur laquelle elle ne s'arrêtait pas. Alors, qu'il commence maintenant à parler en énigme, elle ne comprenait pas. Pourquoi ne pouvait-il pas être plus clair? Et en quoi, surtout, ça la regardait?
Puis le couperet tomba et Zoya sentit son cœur rater un battement ou deux. Ah non, pas ça! gronda-t-elle intérieurement. Pas encore cette histoire absurde qui avait eu le don de faire naître une pointe d'inquiétude chez Inej - compréhensible, dans ce cas-là. Et voilà que ça arrivait jusqu'ici. Elle fixa d'un air sérieux le jeune homme qui lui retirait ses gants et les éprouvait du bout des doigts. Et qui ne la regardait pas. L'adolescente l'observa, se demandant pourquoi la rumeur le mettait dans cet état. Avait-il connu quelqu'un qui s'était suicidé? Croyait-il que sa volonté de se défendre avait quoi que ce soit à voir avec ce mensonge? Elle s'avança d'un pas et posa la main sur l'avant-bras de Tomas, ne répondant pas immédiatement - d'abord, il fallait qu'il cesse d'éviter de regarder dans sa direction. Ce ne fut que lorsqu'elle capta son regard qu'elle déclara, une onde de colère dans la voix, une flamme ardente embrasant ses yeux clairs:
- La réponse est dans ta question: c'est la vieille Baker qui raconte des conneries, comme d'habitude. Bien sûr que c'est faux. Tu m'imagines une seule seconde en train d'essayer de me tuer?
Sa question était sincère. Ils ne se connaissaient pas vraiment, au fond, mais elle croyait que ça, au moins, il aurait pu le deviner tout seul, sans en arriver à arborer cette mine défaite. Elle relâcha la pression et laissa retomber son bras le long de son flanc:
- Et même si c'était vrai, qu'est-ce que tu pourrais y faire? Mmh?
Elle récupéra ses gants d'un geste lent mais déterminé et elle les enfila avant de se détourner de lui, pour être celle qui ne le regardait pas à son tour, alors qu'elle demandait d'une voix mesurée, prudente:
- Pourquoi ça te met dans cet état? Est-ce que quelqu'un que tu connais...?
Sa question était peut-être déplacée et maladroite mais peut-être qu'il avait besoin d'en parler. Elle n'était peut-être pas douée pour décoder les humeurs des autres mais elle savait écouter. N'était-ce pas ce qu'une amie était censée faire? Elle voulait croire que leur relation, bien que superficielle et basée uniquement sur des rendez-vous réguliers loin d'être spontanés, reposait sur une sorte d'amitié. Et puis s'il ne voulait pas en parler, elle n'insisterait pas.

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Message· · Sujet: Re: trying to mend old mistakes trying to mend old mistakes EmptyJeu 26 Déc - 11:28

/!\ cette réponse parle de pensées suicidaires et de passage à l’acte.

Zoya posa une main sur son avant-bras, et toute la colère qui tenaillait Tomas et l’animait furieusement – et irrationnellement – depuis quelques heures se dissipa lentement, comme si la jeune fille avait le don d’apaiser chaque être qu’elle touchait, comme si elle s’emparait de toute l’ire qui l’emplissait. Il se laissa bercer par le regard de la rouquine, qui avait capté le sien et le retenait captif ; derrière la fureur, celle-là même qui était en train de le quitter lentement, il y voyait toute l’innocence de la gamine, un espoir ardant qu’elle se devait de protéger avant la même animosité qu’elle employait lorsqu’elle malmenait le sac de frappe. Il donnerait tellement pour retourner quelques années en arrière, avoir l’âge de Zoya, avoir sa force et son courage, et fendre de ses poings tous les démons qui s’étaient dressés sur sa route, plutôt que les accueillir à bras ouvert en pensant que leurs discours charmeurs étaient la promesse d’une vie plus douce.
La rumeur de la vieille Baker avait réveillé en lui des souvenirs noirs qui s’attachaient à lui et lui rappelaient quelques fois leur existence, afin de lui rappeler qu’il n’en serait jamais libéré, afin qu’il garde à l’esprit que les erreurs du passé peuvent être aisément reproduites dans le futur. Il ferma les yeux lorsque Zoya lui demanda s’il s’imaginait une seule seconde qu’elle puisse essayer de se suicider. Il répéta ses mots, tout bas, dans sa tête. « Tu m’imagines une seule seconde en train d’essayer de me tuer ?. Personne ne peut savoir ce qui se cache au fond des gens. Personne ne savait vraiment ce qui se cachait au fond de lui. Zoya en était inconsciente, et il aimait cela. Il ne voulait pas lui faire du mal. Il ne voulait pas voir une trace de pitié dans ses yeux. Il ne voulait pas qu’elle sache, mais il savait que cette conversation allait irrémédiablement dans ce sens, et peut-être que cela serait une bonne chose, finalement. La perspective de Zoya lui serait probablement bénéfique, et si elle ne l’était pas, il ne craignait pas vraiment de souffrir davantage. Avoir mal était une sensation normale, pour lui. Ces dernières années – sans crack, sans excès, sans drogue dans ses veines – avaient un goût insipide, Il s’était même demandé si être clean ne le rendait pas plus insensible et engourdi que l’addiction et la dépendance. Peut-être que c’était ce que Tomas voulait : souffrir un peu plus. Il n’y avait que ça qui lui donnait la sensation d’exister.
En guise de réponse, il haussa les épaules.
N’avait-elle jamais pensé au suicide ? Tomas ne pouvait pas y croire. Combien de fois avait-il contemplé le vide, lorsqu’il se réfugiait en haut de l’hôpital pour fumer une cigarette, et que des voix lui disaient qu’il ne suffisait que d’enjamber la barrière pour se libérer de ses chaînes ? Combien de fois avait-il regardé les couteaux de cuisine, que sa mère, par erreur, n’avait pas dissimulé, comme les lames de rasoir – dont il avait trouvé la cachette, sous l’évier –, et que des voix lui avaient murmuré qu’il ne suffirait que de dessiner quelques lignes parallèles sur ses poignets ? Combien de fois s’était-il dit qu’il aurait préféré y passer dans l’accident de voiture qu’il avait eu, il y a quelques années, plutôt que de s’en sortir, indemne, sans la moindre égratignure ? « Pretty lucky guy, aren’t you ? ». Il ne se rappelait plus qui lui avait dit ces quelques mots, il se souvenait seulement qu’il avait grimacé. Et combien de fois avait-il tenté de se suicider ? Il ne se rappelait plus. À deux reprises ? Trois, peut-être. Il n’y avait certainement pas mis toute sa volonté dans ces actes désespérés.
Zoya s’était détachée de lui. Elle s’était éloignée, de quelques pas, enfilant ses gants roses et évitant son regard, comme il l’avait fait y a quelques minutes. Il regardait chacun de ses gestes avec une certaine culpabilité. Elle venait à chacun de leurs rendez-vous avec une vitalité débordante, et il mentirait s’il niait que Zoya apportait des couleurs à sa vie morose. Elle était une boule d’énergie positive, et lui n’avait rien d’autre à apporter que des pensées noires. Il soupira.
Peut-être qu’elle n’avait pas besoin de savoir, au final ? Peut-être que lui parler de son passé était inutile. Il s’engouffra dans la question de la rouquine, et mentit. Tomas voulait que Zoya ne connaisse que ce qu’il y avait de positif, en lui, même s’il n’y avait pas beaucoup de chose à découvrir. Peut-être qu’elle se lasserait, et que leurs sessions de boxe – qu’il aimait de plus en plus – se termineraient rapidement.
– Oui. Je connais quelqu’un. Il y a pensé. Il y pense encore quelquefois. Il a essayé, aussi, et peut-être qu’il essayera encore, peut-être pas. Une fois que tu y penses, tu peux plus t’arrêter. Une fois que t’essayes, ça te poursuit toute ta vie. Alors je veux pas que tu te mettes ce genre d’idées dans la tête. Okay ?, dit-il, s’avançant vers Zoya et comblant le vide qu’il y avait entre eux. Il la dominait de plusieurs centimètres : elle était si petite qu’il pourrait la faire disparaître dans ses bras. Peut-être qu’il pourrait mieux la protéger, de cette façon ?
Il vérifia que ses gants étaient bien serrés autour de ses poignets, et ajusta l’un des scratchs avec ses dents. Avec un de ses poings, il bouscula légèrement Zoya.
– Et qu’est-ce que je ferai si c’était le cas, hein ?, continua-t-il en bousculant à nouveau la jeune fille, enfonçant de façon répétée son poing droit dans l’épaule de la rouquine.
– Je ferai sortir toutes ces idées de ta tête, okay ? Une par une, continua-t-il, changeant de cible, donnant maintenant des petits coups sur la tête de Zoya. C’était certainement ce qu’on aurait dû lui faire. Lui mettre une raclée. Le forcer à ouvrir les yeux et à descendre des nuages noirs qui le retenaient captif et corrompaient son esprit. C’était peut-être la raison pour laquelle il avait cherché à se prendre des coups, qu’il avait tant aimé se retrouver dans des bagarres qu’il provoquait, ou dans lesquelles il n’avait rien à faire, mais qu’il rejoignait dès le premier coup asséné.
Zoya était intelligente. Elle était vive et perspicace. C’était de cette façon qu’il la percevait. Il se demanda, pendant quelques secondes, s’il l’avait berné. Si elle avait compris que le « quelqu’un » dont il parlait était en réalité lui-même. Certainement.
– Cette personne que je connais, il a jamais eu personne à qui parler. Mais toi t’as quelqu’un, deal ?, dit-il, tendant ses poings gantés vers Zoya.

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I wasted all those yesterdays and am completely out of tomorrows.
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Zoya Ryker

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Message· · Sujet: Re: trying to mend old mistakes trying to mend old mistakes EmptyMer 15 Jan - 20:48

Zoya ne comprenait même pas qu’on puisse en arriver à un stade où ne plus vivre était une option. L’idée même lui donnait des frissons. Quel désespoir fallait-il atteindre pour croire que la mort était mieux que la vie? Elle ne savait pas si c’était de la lâcheté mais elle songeait qu’il fallait une sacrée dose de folie - elle ne pouvait appeler ça du courage, se suicider ne relevait pas du courage, si? Il s’agissait d’un abandon, ça n’était pas une victoire - pour aller au bout de la chose. Aucune mort ne semblait douce et paisible, dépourvue de douleur et l’adolescente ne pouvait imaginer qu’on puisse se passer une corde autour du cou, s’enfoncer une lame dans la peau ou se jeter par la fenêtre. S’enfiler une dose létale de médicaments était-il l’option la moins effrayante? La rouquine ne voulait même pas y songer davantage. La simple mention du suicide la mettait mal à l’aise. Elle avait l’âge où l’on peut encore se sentir invincible, irréductible, et croire naïvement qu’un décès ne survenait que chez les personnes âgées ou malades. Quelqu’un qui avait toute la vie devant lui, même s’il était dans une situation désespérée, ne se devait-il pas d’essayer, au moins? A vrai dire, Zoya n’y avait jamais véritablement réfléchi jusqu’à ce qu’elle entende la rumeur qui circulait sur son compte et qui l’avait mise hors d’elle. Que la vieille mégère parle sur son dos, elle pouvait s’en accommoder, mais si c’était pour colporter des nouvelles aussi sombres, la gamine avait envie de lui faire avaler sa langue. Non seulement c’était morbide et vicieux, mais en plus ça créait une vague d’inquiétude qui n’avait pas lieu d’être - et honnêtement, elle était agacée que ceux qui l’avaient entendue puisse y croire une seule seconde.
C’était absurde et si ça n’était pas la preuve que la sorcière était atteinte de démence, elle se demandait ce qu’il leur fallait. Elle en voulait à Agnes de répandre la douleur comme ça: à quelles fins? Eprouvait-elle un plaisir malsain à voir les gens souffrir à cause d’elle? Avait-elle conscience de ce qu’elle faisait? Ou s’ennuyait-elle tant que c’était le seul moyen qu’elle avait trouvé pour se divertir? Une chose était certaine: Zoya se fit la promesse de ne jamais croire un mot des commérages. Elle ne s’y fiait déjà pas avant mais elle le ferait encore moins à présent qu’elle avait assisté aux répercussions. Alors peut-être que sa question trahissait l’innocence qu’elle gardait, malgré les bêtises qu’elle faisait, mais Zoya le demandait sincèrement: qui pouvait s’imaginer une seule seconde qu’elle puisse attenter à sa propre vie? Elle qui n’aspirait qu’à ce que l’école se termine, à ce qu’elle puisse voyager, voir le monde, vivre des aventures folles? C’était insensé. Elle vibrait pour la vie, n’avait jamais pensé à sa disparition d’une quelconque manière, ne s’était même jamais demandé ce qu’Inej ressentirait si elle mourait subitement. Parce que c’était im-pos-si-ble, tout simplement.
Au fond, c’était évident que ce n’était pas une question de tu connais quelqu’un qui et avant même qu’il ouvre la bouche pour mentir, Zoya en prit conscience. La certitude s’infiltra dans ses veines et les glaça. Et les mots de Tomas ne firent qu’ancrer davantage cette sensation alors qu’elle tournait lentement un regard indéchiffrable vers lui. Zoya l’écouta, sans broncher, sans vraiment assimiler ce qu’il lui disait. Sérieuse, elle l’observa venir à elle, releva les yeux quand elle fut forcée de redresser le menton pour le dévisager. Elle cligna à peine des paupières, comme si la confession déguisée l’avait figée, telle une statue de marbre au milieu d’une pièce trop vide. Elle n’avait aucune idée de ce qu’elle était censée répondre, à cet instant précis. Elle se sentait bête, elle était prise au dépourvu et elle avait surtout peur de lâcher une maladresse.
Elle ne réfléchissait pas toujours à la portée de ses paroles et le savait parfaitement. Combien de fois ne s’était-elle pas fourrée dans des situations impossibles parce qu’elle parlait à tort et à travers? Combien de fois n’avait-elle pas blessé Inej avec ses mots malheureux, dégoupillés sous l’effet de la colère ou de la frustration? Alors elle redoutait quelque peu d’ouvrir la bouche.
Et puis Tomas se mit à la bousculer, à coups de poings légers mais suffisamment efficaces pour la déstabiliser, pour la faire vaciller sur ses pieds et la forcer à faire un pas de côté pour garder son équilibre, quand bien même elle résistait à la poussée, tous les muscles contractés, guindés.
- Arrête, marmonna-t-elle quand il s’en prit à sa tête, détournant la tête pour échapper à l’attaque. Arrête, je te dis!
Zoya fit volte-face et lui asséna un coup dans l’avant-bras, plus fort qu’elle ne l’avait souhaité. Mais il l’avait tant narguée avec ses assauts qu’elle se ficha bien de lui faire mal et elle répéta son geste, projetant son autre gant vers lui.
- Je n’ai pas. Besoin. Que tu me sortes ces idées de la tête. Parce qu’elles n’y sont pas, s’exclama-t-elle, ponctuant ses paroles de nouveaux coups.
L’adolescente tenta un coup de pied pour le forcer à battre en retraite et le fusilla du regard. Elle était essoufflée par son coup d’éclat et elle recula à son tour, imposant quelques mètres entre eux. Elle faillit lui dire qu’elle avait quelqu’un, plusieurs personnes même, malgré son fichu caractère. Elle avait Inej, elle avait Oliver. Elle se garda bien de le lui dire, toutefois, tout en se demandant s’il avait été seul à ce point, pour s’imaginer qu’il n’avait eu personne à qui parler. Tout le monde avait quelqu’un, non? Mais au lieu de laisser échapper ces réflexions, elle pinça les lèvres et le regarda encore quelques longues secondes, ne sachant comment l’aborder.
- T’as aussi quelqu’un, maintenant. Deal? finit-elle par dire, avec une appréhension évidente.
Parce qu’elle craignait qu’il se mette à rire, à se foutre de sa gueule, en la traitant de gamine inconsciente; ou qu’il s’insurge et prétende ne pas être ce quelqu’un; ou qu’elle le blesse en affichant si abruptement qu’elle avait vu clair dans son jeu. Zoya déglutit, le souffle encore altéré par la colère.
- C’est pour ça que tu fais ça? demanda-t-elle, avec sa franchise naturelle, englobant la salle d’un regard vague avant de le poser à nouveau sur Tomas.
Des dizaines de questions s’entrechoquaient dans sa tête mais elle ne se sentait pas le droit de les lui poser. Mais sans doute son regard trouble laissait-il deviner les interrogations évidentes: c’était quand? qu’est-ce que tu t’es fait? pourquoi tu l’as fait? qu’est-ce qui t’est arrivé?. Mais surtout: qu’est-ce qui a pu te pousser à croire que tu devais en arriver là? Le coeur de la sauvageonne s’indignait devant pareille injustice et elle n’arrivait même pas à le cacher, trop choquée par la tournure qu’avait pris leur rendez-vous.
- La prochaine fois que je la vois, je vais lui faire bouffer son dentier, jura-t-elle, tremblant de colère.
Car, avec ses médisances, la vieille Baker ne s’était pas contentée de la heurter elle; elle avait inquiété inutilement son entourage… et elle avait rouvert les blessures de Tomas.

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