hell to the liars

Afin de valider votre fiche et pour participer au concept même du forum, il est important que votre personnage possède toujours un ou plusieurs secrets. Et si vous aidiez Agnes Baker à propager ses rumeurs ? Par l'achat de rumeurs dans notre boutique, vous pouvez vous prêter au jeu des commérages. Ou vous pouvez opter pour les SMS anonymes, plus personnels.
wb bulletin
No. 1 Si vous souhaitez montrer votre soutien à FS,
vous pouvez voter pour les top-sites et/ou faire un petit
tour dans notre pub bazzart.
No. 2 L'aventure FS vous tente mais vous avez peur de vous
lancer ? N'hésitez pas à nous faire part de vos demandes
/idées/doutes dans la partie aide à la création . Plusieurs
pré-liens et mini-liens sont également disponibles.
No. 3 season finale, la saison 2 touche à sa fin.
Il est maintenant temps de commencer à clôturer ses sujets
pour démarrer sur de nouvelles bases pour la saison 3. Prenez le
temps de lire ce sujet pour tous les détails.
home sweet home

Filthy Secret est un forum city avec un système de secrets. Il n'y a pas de lignes imposées, pas de pression (un rp par mois nous parait raisonnable). Pas de recensement, des mps seront envoyés pour s'assurer que l'envie et la motivation sont toujours présentes avant de procéder à la libération de l'avatar et suppression du compte. Les doublons de prénom (et de nom - sauf si affiliation) ainsi que les initiales dans les pseudos sont interdits.

Partagez
 

 i don't want you to go, i don't really wanna fight.

Aller en bas 
— i was fireproof.

Brandon Rose

messages : 3058
name : capricorns
face + © : froy — ©aftermath.
multinicks : atticus, angel, bashîr, eden, rufus.
points : 3551
age : 20.
♡ status : beauchamped.
work : sports coach @ windmont bay campus.
home : w/ jax, wants to get a bigger apartment to get a puppy.

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : jax, trent, tomas, stella, bliss, jesse&jax.

i don't want you to go, i don't really wanna fight. Empty
Message· · Sujet: i don't want you to go, i don't really wanna fight. i don't want you to go, i don't really wanna fight. EmptyLun 11 Nov 2019 - 3:52

bran & jax.
No cameras catch my muffled cries
I counted days, I counted miles
To see you there
To see you there
And now the storm is coming, but
It's you and me
That's my whole world

@taylor swift, miss americana and the heartbreak prince.


home in 10min. cant wait to see u.
god i thought about u all day.
be naked!!!

C’était la meilleure partie de sa journée. Claquer la portière de sa Jeep derrière lui, dire adieu au lycée et à ces idiots de deuxième année qui ne parvenaient pas à aligner un pied devant l’autre sans trébucher (pratique, lorsqu’ils avaient une compétition d’athlétisme à gagner dans deux mois si le lycée voulait s’assurer de pouvoir financer le reste de l’équipement sportif), sortir son portable et envoyer un message à Jax. Dans les secondes qui suivaient, il recevait invariablement une réponse, le plus souvent pointant son manquement flagrant à une quelconque tâche ménagère. Mais au moins, Bran savait que Jax l’attendait. Il était là. Tous les soirs, il retrouvait son amoureux parce qu’ils vivaient ensemble, parce qu’ils étaient tangibles et réels, ce n’était plus une fantaisie ni l’histoire tragique du prince et de son jardinier, ils étaient passés à autre chose, quelque chose de mieux, d’encore plus doux. Jax était son foyer. Sa famille. La seule dont il avait besoin, les seuls bras qu’il voulait retrouver. Il jeta son portable sur le siège à côté de lui et fit vrombir le moteur de la Jeep sur le parking des profs. Au-dessus de lui, le ciel d’hiver tombait déjà, rose et bleu, et il prit ça comme un signe. Rentrer vite, retrouver sa moitié bleue, se lover dans ses bras pour que leurs peaux prennent la couleur des rêves.
Il avait le coeur étrangement léger. Peut-être parce qu’on était vendredi soir et qu’il n’avait pas à se lever pour aller enseigner à des gamins dégingandés comment enfiler leurs maillots à l’endroit. Peut-être que parce que c’était la première fois depuis des semaines qu’il se sentait bien, vraiment bien, débarrassé de ce brouillard qui avait repris dès les premiers mois d’automne. Ça faisait un an et les rêves avaient recommencé. Les sueurs froides, les vertiges, les souvenirs-éclairs qui lui vrillaient le crâne et l’obligeaient à tirer un coup de sifflet sur le terrain. Le malaise, indicible et étrange, qui lui courait le long de la nuque et s’entortillait autour de son crâne, pressant contre ses tempes. Il avait fait de son mieux pour que Jax ne remarque rien. De toutes façons, il ne lui avait toujours rien dit ; la raison de leur rupture était un secret que Bran avait décidé de taire, pour eux. Il était revenu, non ? Jax n’avait pas besoin de savoir, pas besoin d’être touché, sali parce qui s’était passé ce soir de novembre sur le campus de Yale. C’était son problème à lui. Et puis, il allait mieux, non ? Il avait tu ses angoisses et cherché une solution. Et il avait trouvé, et il ne sursautait presque plus lorsqu’une main étrangère l’effleurait par inadvertance. Tout allait bien. Tout irait bien. Il avait survécu une première fois. Il allait surmonter le reste. Tant qu’il avait Jax à ses côtés, il pouvait tout faire. Même sans le lui dire.
Il se gara devant le petit immeuble qui était désormais son foyer et il bondit hors de l’habitacle, pressé de retrouver la chaleur confortable du petit appartement de Jax - de leur appartement, désormais, quand bien même la personnalisation de l’espace demeurait un sujet encore sensible pour le jardinier, ce que Bran ne parvenait franchement pas à comprendre - honestly, n’était-il pas tenu pour acquis qu’il était l’artiste des deux ? Il avait bien tenté de présenter ses grands projets à Jax (par le biais d’une présentation Powerpoint constituée de 102 slides) mais ce dernier s’était révélé insensible et de mauvaise volonté et Bran s’était promis de repasser à l’attaque, cette fois-ci à un moment plus opportun et où il était quasiment certain d’obtenir une réponse positive de la part de son petit ami (sous la douche, sa main glissant sans merci vers les latitudes les plus sensibles du corps de l’ouvrier). Ce soir, pourtant, il se promettait de laisser son amant respirer et il gravit les marches quatre à quatre, pressé de retrouver la mine renfrognée. « Babe ! Il y a du nouveau dans l’histoire du prof d’anglais qui ne veut pas quitter sa femme pour la prof de chimie. S’ils ne font pas quelque chose rapidement, je la contacte moi-même. » lança-t-il en entrant, se rappelant soudainement les développements de la saga qui passionnait l’ensemble du corps professoral et dont Jax était spectateur (victime) collatéral. Bran laissa tomber son sac dans l’entrée, ôta ses chaussures et déboula dans la minuscule cuisine, celle-là même qui avait accueilli leur premier rendez-vous. Tout sourire, les joues roses, il débarqua dans l’espace étroit où était généralement occupé son petit ami mais haussa un sourcil surpris en le voyant assis, la mine sombre. Quelque chose se noua dans le creux de son ventre. « Jax ? » osa-t-il d’une petite voix. Puis il baissa les yeux vers les mains de son amant - et cette fois-ci, c’est son coeur qui coula au fond de ses entrailles, à pic, arraché de sa cage thoracique par une main glacée.
Jax les avait trouvées.
Deux petits flacons en plastique orange, l’étiquette arrachée, remplacée par deux mots tracés au feutre noir (anxiety pills). Son remède-miracle contre le brouillard. Ses 0.010mg d’euphorie apaisée. Le secret de son sommeil sans rêves, sans mains qui se permettaient de parcourir son corps sans qu’il ne le veuille pas. Son erreur fatale, sa faiblesse aussi. « C’est pas ce que tu crois. » murmura-t-il dans un souffle. Mais qu’est-ce que Jax était censé croire ? Qu’il avait une explication rationnelle, qu’il pouvait justifier de la raison pour laquelle il avait choisi de ne pas lui dire qu’il prenait ces pilules jour après jour ? Il connaissait son amoureux, Bran : toujours à imaginer le pire, à croire que son bonheur allait lui échapper des mains. Mais il fallait qu’il comprenne, il fallait qu’il le croie, quand il lui dirait que c’était pour lui, pour eux qu’il prenait ces médicaments. Pour quoi d’autre, sinon ? « Où est-ce que tu les as trouvées ? » Comme si ça allait changer quelque chose. Comme s’il ne venait pas de briser, à nouveau, la confiance de Jax. Comme s’il n’avait pas planté une épine empoisonnée dans la chair de son propre couple.

_________________

-- puppy love.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
it's all butterflies and roses

Jax Beauchamp

messages : 4852
name : Olivia
face + © : harris dickinson (@ faustine )
multinicks : chad, emerson, harper, lydia, parker, stella, tobias, zoya
points : 1610
age : 25
♡ status : in love and happy with brandon rose again
work : on the road (delivering driver)
home : a small appartement in a shitty neighborhood

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : billie, bran/jesse, bran

i don't want you to go, i don't really wanna fight. Empty
Message· · Sujet: Re: i don't want you to go, i don't really wanna fight. i don't want you to go, i don't really wanna fight. EmptySam 23 Nov 2019 - 17:47

Jax avait passé les trois derniers jours sur les routes en songeant que chaque voyage lui devenait plus insupportable. C’était pourtant sa faute: c’était lui qui avait voulu changer de poste, trouver quelque chose qui lui permette de fuir Windmont Bay, pour y passer moins de temps à se morfondre. C’était avant que Bran lui revienne évidemment. Il avait pris une décision sans réfléchir à l’avenir, ne cherchant qu’à fuir son quotidien, et il en subissait les conséquences à présent. Chaque fois qu’il recevait son plan de route, il rechignait à partir, à laisser Bran derrière lui, même s’il savait qu’il le retrouverait à son retour. C’était plus fort que lui, il ne pouvait s’empêcher d’imaginer le pire, que les choses puissent se répéter et que la distance et l’absence aient permis au trublion de s’éloigner à nouveau. Il n’y avait aucune logique à ce mode de pensée puisqu’il avait toujours retrouvé son amant où il l’avait laissé. Il aurait dû noyer l’angoisse, se défaire du pessimisme qui stagnait en lui. En vain. C’était toute une gymnastique mentale de reléguer dans un coin les scénarios sombres et défaitistes. Il devait se faire à l’idée que leur couple tenait la route, qu’ils ne feraient plus les mêmes erreurs, qu’ils grandissaient à chaque épreuve, qu’ils forgeaient la base solide d’un couple prêt à tenir face à toutes les tempêtes. Et c’était précisément ce qu’il avait fait en parcourant les derniers kilomètres qui le séparaient de Windmont Bay.
Arrivé à l’appartement qu’il partageait désormais avec son amant, Jax éprouva un plaisir serein à retrouver le lieu familier: son odeur, sa chaleur… et, oui, le désordre auquel Bran l’avait habitué. Toutes ses remontrances et reproches n’avaient pas l’air de fonctionner pour éduquer le gosse de riche qui devait avoir eu l’habitude qu’une femme de ménage passe dans son sillage pour ramasser ses affaires. C’était cependant un mal dont le chauffeur routier s’accommodait allègrement parce que tant qu’il régnait un joyeu bordel dans son logement, cela voulait dire que Brandon Rose y avait vécu à son propre rythme et c’était bien la seule chose que Jax Beauchamp demandait.  Il ne put toutefois s’empêcher de pousser un grondement en voyant les affaires éparpillées et les assiettes empilées, mais décida de ne pas s’atteler au rangement immédiatement. Il rêvait d’abord d’une bonne douche brûlante pour délasser ses muscles et chasser la fatigue accumulée.
Ce ne fut donc qu’une demi-heure plus tard qu’il entreprit de faire la vaisselle, de ranger les assiettes et de jeter un oeil à l’état du frigo. Comme celui-ci était encore bien garni, le jeune homme poursuivit sa mission fée du logie en ramassant les quelques vêtements abandonnés, les jetant dans la salle de bain au fur et à mesure et termina en avisant le sac de sport de Bran, jeté dans un coin du hall. Jax s’installa ensuite près de la machine à laver et tria les vêtements en différents tas à ses pieds. Il extirpa les affaires de sport du nouveau coach de Windmont Bay et les lança sur l’une des piles. Ce fut à ce moment-là que des objets non identifiés sautèrent d’un repli ou d’une poche et roulèrent sur le carrelage pour interrompre leur course en heurtant la porte. Perplexe, Jax se pencha et ramassa ce qui s’avérait être un flacon orange - qui ne lui disait déjà rien qui vaille, mais à ce stade, il laissait encore le bénéfice du doute à son amant. Il le tourna pour lire les deux mots qu’aucune dyslexie n’aurait pu confondre, pourtant.
Et Jax ne comprit pas. Ni d’où provenait ces médicaments, ni pourquoi Bran les avait en sa possession. Les avait-il confisquées à l’un de ses élèves? Pourquoi avalerait-il des pilules contre l’anxiété? Il allait bien. Jax savait qu’il allait bien. Ils allaient bien. Depuis des semaines, des mois. Depuis qu’ils s’étaient retrouvés. Ils n’avaient certes jamais abordé leur rupture, le comportement de Bran restait un mystère mais Jax n’avait jamais osé l’interroger. Par lâcheté, il le savait. Tant que l’ouragan de l’automne passé restait enfermé dans un placard, ils n’avaient pas à évoquer des souvenirs douloureux et cela convenait parfaitement à l’ouvrier. Seulement, il devait bien se résoudre, en manipulant le flacon, à revoir sa vision des choses et quand, quelques instants plus tard - deux minutes? cinq? dix? combien de temps resta-t-il à fixer ces mots ténébreux? - son téléphone annonça un message, Jax le sortit d’un geste lent pour découvrir les mots joyeux de Bran. Rien ne laissait présager quoi que ce soit entre leurs lignes. Jax préféra ne pas répondre. Il aurait tout le loisir de réagir lorsque Bran débarquerait, d’ici une dizaine de minutes.
En attendant, Jax remplit une première fois la machine et lança le programme. Puis il embarqua ses trouvailles et alla s’installer à la table de la cuisine. L’étiquette avait été arrachée et il lui était impossible de déterminer ce que contenaient les flacons. Alors il attrapa son téléphone et lança une recherche. Anxiety pills. Il parcourut les premiers liens, avec la désagréable sensation que quelque chose lui parcourait les veines, incapable de chasser le souvenir de sa mère qui suivait le traitement inefficace contre son cancer. La voix de Bran s’éleva dans l’appartement - une voix qui, en d’autres circonstances, aurait hérissé sa peau d’une impatience mal contenue - et Jax ferma les pages puis reposa son portable, face contre la table, avant de croiser les bras et de fixer l’encadrement où allait apparaitre le garçon qu’il aimait, d’une seconde à l’autre.
La silhouette s’immobilisa et l’interrogation perça dans le ton de Bran. Pour seule réponse, Jax poussa les deux flacons devant lui. Jax ne le regardait pas vraiment, pas encore, pas à ce moment-là, mais il releva les yeux quand Bran lui assura que ce n’était pas ce qu’il croyait.
- Et qu’est-ce que je crois, selon toi? demanda-t-il, la voix rauque, en reprenant l’un des flacons pour tourner l’étiquette vers Bran. Je sais lire.
Il reposa l’objet léger qui pesait pourtant trop lourd entre ses doigts et se prit la tête dans les mains, les coudes sur la table. Où est-ce que tu les as trouvées? Jax soupira. Quelle importance? Mais visiblement, ça en avait pour Bran et l’ouvrier n’avait aucune envie d’être accusé de fouiller dans ses affaires.
- Je voulais faire la lessive. C’est tombé quand je triais. Je ne fouinais pas.
Mais pourquoi se justifiait-il? C’aurait été le moment de faire remarquer à Bran que s’il faisait de temps en temps les tâches ménagères, ça n’arriverait pas. Il n’aurait pas à tomber sur ses secrets. Il n’aurait pas à remettre en question les dernières semaines (mois?) de leur relation. Il n’aurait pas à se demander ce qu’il avait manqué d’autre. Il n’aurait pas à se dire qu’il était un sombre crétin de n’avoir rien remarqué, rien su.
- Pourquoi as-tu besoin de prendre ces cachets? Qu’est-ce qui t’angoisse à ce point? Je t’ai trop foutu la pression en te demandant de te secouer et de trouver un job?
Il ne pouvait toutefois s’imaginer que cela se résume à ça. Bran ne se laisserait pas démonter parce que son petit ami réclamait un peu plus d’équilibre financier. Alors il craignait sincèrement la réponse de Bran. Parce qu’il se doutait que quelle que soit celle-ci, il ne la verrait pas venir. Et il se sentait particulièrement démuni face à cette brume opaque qui auréolait à présent son amant.

_________________

But if love is fire, then I'll burn for you.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
— i was fireproof.

Brandon Rose

messages : 3058
name : capricorns
face + © : froy — ©aftermath.
multinicks : atticus, angel, bashîr, eden, rufus.
points : 3551
age : 20.
♡ status : beauchamped.
work : sports coach @ windmont bay campus.
home : w/ jax, wants to get a bigger apartment to get a puppy.

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : jax, trent, tomas, stella, bliss, jesse&jax.

i don't want you to go, i don't really wanna fight. Empty
Message· · Sujet: Re: i don't want you to go, i don't really wanna fight. i don't want you to go, i don't really wanna fight. EmptyDim 8 Déc 2019 - 4:02

Pendant quelques secondes, Bran crut qu’il pouvait encore sauver les meubles. Il allait trouver quelque chose de délicieusement impertinent à dire, Jax ne pourrait pas s’empêcher de rire et ils mettraient tout ça derrière eux. Ils commanderaient une pizza parce que c’était vendredi soir et que ni l’un ni l’autre n’avait le courage de se mettre à cuisiner. Bran insisterait pour regarder un film forcément fabuleux et Jax capitulerait sur la promesse d’un baiser.
Mais rien de tout ça n’allait arriver, pas vrai ? 
Pas quand la voix de Jax taillait aussi profondément dans la chair de Bran.
Je sais lire.
Bran eut l’impression de s’être pris une gifle. Il se rapetissa tout autour de son coeur qui battait comme celui d’un fou furieux. Je sais que tu sais lire, aurait-il voulu répondre mais Jax ne lui laissa pas le temps de balbutier une réponse, qui, de toutes façons, ne serait pas entendue, pas comme Bran l’aurait désiré en tout cas. Jax était livré tout entier à son doute et Bran ne pouvait que rester planté là, à subir les conséquences de ses choix désastreux. C’était sa faute si Jax lui sautait au visage comme un animal blessé, sa faute si soudain leur petit appartement était sombre, étouffant. Et tout à coup, Bran ressentait justement l’envie d’avaler l’un de ces cachets. Il avait l’impression de ne plus voir clair, de vaciller. Il sombrait et le sol s’ouvrait sous ses pieds. « Non… Non, ça n’a rien à voir. » se défendit-il. Il ne pouvait pas détacher les yeux du flacon posé sur la table. Il lui aurait suffi d’étendre le bras pour récupérer son bien mais il savait que Jax ne le laisserait pas faire. Pas tant qu’il aurait reçu une explication qui tenait la route, qui ne sonnait pas comme le mensonge que Bran cherchait désespérément à faire sortir de sa bouche d’habitude bien plus loquace. Il ne voulait pas, il ne pouvait pas dire à Jax pourquoi il avait besoin (oui, besoin) de ces médicaments. La vérité restait emmurée quelque part au fond de lui, enterrée au plus profond de sa honte et de sa peine. Il ne pouvait pas imaginer prononcer les mots en face de Jax. Ce soir, alors qu’il regardait son amant jeter un regard si triste sur le flacon orange, Bran réalisait que le mensonge, il se l’était aussi raconté à lui-même. Ce n’était pas la colère de son amant qu’il craignait, ni son dégoût. C’était sa peine, celle qu’il avait lue dans ses yeux lorsque Jax était venu le voir jusque dans cette petite chambre de Yale et qu’il avait guillotiné leur relation sans explication. C’était la douleur dans sa voix écorchée lorsqu’il l’avait sauvé de Tanner et ramené chez lui, sans poser de questions, sans exiger de récompense. Bran ne supportait pas de voir Jax malheureux. C’était physique, instinctif, primaire. Et par-dessus tout, il refusait l’idée d’être à nouveau la cause des yeux éteints de son amant. Il ne pouvait pas supporter l’idée d’être le coupable et pourtant, il recommençait, encore et encore. Tout ça pour ne pas avoir à regarder la vérité en face : il n’était qu’un petit con égoïste. Ce n’était pas Jax qu’il protégeait, au final.
C’était lui. Lui et juste lui.
Il ne voulait pas faire face. Ni à Jax, ni à ses blessures, ni à la haine, la rage et la peine qui prenaient tout, qui l’étranglaient parfois dans les moments les plus inattendus, qui obscurcissaient les ciels les plus purs et les jours les plus doux.
Il voulait oublier, juste oublier. S’il te plaît, laisse-moi oublier.
Pour une fois, Bran restait silencieux, incapable de parler. La vision de Jax et du flacon entre ses doigts parvenait à le réduire au plus absolu des silences. Il ne savait pas quoi dire, ni comment le dire. Il lui semblait que tout son esprit hurlait mais il aurait été incapable de traduire la violence de la tempête par des mots. À la place, il approcha doucement de la petite table de la cuisine. Jax et lui y avaient leurs places attitrées, celles qu’ils avaient prises lorsqu’ils avaient partagé leur premier repas dans cet appartement. Le voir assis là, seul à cette table qui semblait plus petite que jamais, fêlait le coeur de Bran comme jamais encore auparavant. C’était le revers d’être en couple, vraiment, d’aimer aussi fort que Jax et lui s’aimaient. La souffrance était désormais aussi intime que la joie. Et ça faisait mal.
Bran prit place, faisant racler la chaise sur le carrelage de la cuisine. Dans le silence de l’appartement (d’habitude toujours animé d’une imitation du dernier morceau pop à la mode de la part de Bran), tout semblait résonner plus fort et Bran avait l’impression que son coeur allait exploser. Qu’il allait tomber là, sur le sol de la cuisine et qu’il allait devoir en ramasser les morceaux comme des bouts de verre éparpillés si Jax ne relevait pas bientôt les yeux vers lui. Regarde-moi. S’il te plaît. « Jax, s’il te plaît. » Craintivement, il alla chercher la main de son amant. Comme toujours, le contact de la peau de Jax fit crépiter le bout de ses doigts. Oh, qu’est-ce qu’il n’aurait pas donné pour tout balayer, là, d’un coup ? Juste pour prendre Jax dans ses bras, lui promettre que tout irait bien, lui dire d’effacer cette inquiétude qui barrait son front et voilait ses yeux ? Mais il connaissait Jax, Bran. Il ne se laisserait pas si facilement cajoler. Il avait la tête solide et les épaules droites, les pieds bien ancrés dans le sol. Et au final, n’était-ce pas ce qu’il aimait tant chez son petit ami ? La certitude de pouvoir se glisser entre ses bras au plus noir de la nuit, la fermeté sévère de son étreinte quelques fois, sa manière de toujours le remettre à sa place. Jax le protégeait. Ses bras étaient une forteresse, son amour un bouclier. « Je vais bien. Tout va bien, je t’assure. » murmura-t-il, butant sur les mots. Sa voix tremblait. Il savait ce que Jax allait lui dire. S’il allait si bien, pourquoi prendre ces satanés cachets ? Pourquoi lui cacher ? « J’ai juste… Ça m’aide parfois, c’est tout. » Et Bran réalisait alors que son argumentation était bancale, car il ne pouvait convoquer aucune explication qui tenait la route. Il s’emmêlait les pinceaux, se contredisait à chaque fois qu’il ouvrait la bouche et rien ne pouvait venir le sauver, pas même sa répartie sans pitié. Au moment où il en avait le plus besoin, sa verve légendaire lui faisait défaut, sa capacité à baratiner son monde foutait le camp. Comme si quelque part, au fond de lui, il savait qu’il était temps de laisser saigner la vérité partout sur leur petite table.

_________________

-- puppy love.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
it's all butterflies and roses

Jax Beauchamp

messages : 4852
name : Olivia
face + © : harris dickinson (@ faustine )
multinicks : chad, emerson, harper, lydia, parker, stella, tobias, zoya
points : 1610
age : 25
♡ status : in love and happy with brandon rose again
work : on the road (delivering driver)
home : a small appartement in a shitty neighborhood

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : billie, bran/jesse, bran

i don't want you to go, i don't really wanna fight. Empty
Message· · Sujet: Re: i don't want you to go, i don't really wanna fight. i don't want you to go, i don't really wanna fight. EmptyMer 25 Déc 2019 - 12:51

Il n’aimait pas ce rôle. Il lui matraquait le coeur, mais Jax ne savait que faire d’autre. Il ne pouvait ignorer son trouble, il ne pouvait pas faire comme s’il n’avait rien vu. Il aurait pu, bien sûr, ranger les pilules, fourrer les affaires de Bran dans le sac de sport, le remettre à l’endroit où il l’avait pris. Bran ne se serait rendu compte de rien et lui, il aurait pu s’efforcer de poursuivre leur quotidien comme s’il n’y avait pas cette question en suspens qui lui hantait l’esprit. Combien de temps, alors, Bran aurait-il mis avant d’aborder le sujet? Ou aurait-il fini par arrêter d’en prendre et il n’y aurait plus eu de raison d’en parler? Nier la réalité pouvait-elle leur éviter de s’exposer à un conflit? Devait-il faire confiance à Bran et le laisser gérer ses problèmes à sa manière? Etait-ce le rôle qu’il devait s’assigner? Ou au contraire, parce qu’ils partageaient tant, parce qu’ils voulaient construire un avenir ensemble, Jax devait-il monter au front, quitte à ce qu’ils se déchirent, quitte à ce qu’ils se heurtent à l’incompréhension de l’autre? Ils étaient si différents, si opposés, mais Jax savait que c’était là leur force. Et puis, il savait qu’il ne pourrait pas faire semblant de rien après avoir vu ces flacons. Alors il ne lui restait qu’une solution, même s’il la détestait, même s’il se détestait de laisser ses propres angoisses parasiter son jugement. Il avait confiance en Bran - ou plutôt, il voulait avoir confiance en Bran, mais une zone d’ombre subsistait et c’était ce qui lui faisait le plus peur, sans doute.
- Pourquoi alors? ne put-il s’empêcher de croasser, désespéré.
La réaction de Bran le tétanisait. Il ne savait pas à quoi il s’était attendu pourtant. A un sourire grivois? A de la colère? A une remarque acerbe et pleine de reproches? A une pirouette dont le trublion avait le secret? Mais ça n’était pas rien, aucune sortie futée ne pourrait alléger la tenstion. Sauf si les pilules n’appartenaient pas à Bran. Mais au vu de la réaction du jeune homme, Jax eut l’amère confirmation qu’elles n’étaient pas le butin d’une confiscation - et d’ailleurs, avait-on le droit de prendre en otage des médicaments contre l’anxiété? Mais en était-ce seulement? Qui lui disait que le contenu était ce qui était prescrit sur le flacon? Et voilà qu’il s’enlisait à nouveau dans une spirale infernale où il cherchait à envisager toutes les possibilités, espérant trouver la moins pénible, la moins effrayante… en vain. Bran pouvait aussi lui mentir pour esquiver la confrontation mais là encore, ses traits le trahissaient et ce que Jax lisait sur ceux-ci le percutait de plein fouet.
Il avait bel et bien été aveugle. La faute à quoi? Ses voyages réguliers loin de Windmont Bay? Son bonheur aveugle? Son refus de voir l’évidence? Mais il n’avait sincèrement rien vu. Il avait retrouvé son Bran, son amant bravache, éclatant, hypnotisant. Il n’avait pas soupçonné une seconde qu’il puisse ne pas aller aussi bien qu’il le paraissait et, à nouveau, Jax fut rappelé à l’odre: parce que ce qu’il voyait dans les yeux de Bran, dans sa pâleur, dans ses balbutiements, ça le ramenait à ce qu’il s’était passé l’année précédente. Pile un an, songea Jax en sentant son coeur couler au fond de son estomac.
Le silence l’écorcha, aveu sanglant de ce qui se tramait en secret entre les murs de leur foyer. C’aurait dû être un endroit où ils se retrouvaient, où l’extérieur ne pouvait les atteindre, un cocon sécurisé où ils pouvaient être l’un à l’autre, être là l’un pour l’autre. Mais visiblement ce n’était qu’une illusion puisque le mal s’était introduit jusque-là. Le regard de Jax était toujours rivé à ces mots écrits à la va-vite - devait-il y voir les accents ténébreux de cette angoisse qui emprisonnait Bran et le tenait à l’écart? - et cilla à peine lorsque Bran s’approcha et s’installa face à lui. Il avait l’impression d’entendre son coeur résonner contre toutes les parois de son corps. Il déglutit, les yeux dans le vague, incapable d’affronter à nouveau la détresse de Bran. Il avait beau être l’ainé, le dominer de sa haute taille, Jax avait l’impression qu’il ne pouvait protéger Bran, qu’il était un piètre chevalier en papier mâché, aussi impuissant à se faire bouclier du garçon qu’il aimait qu’il l’avait été pour s’interposer entre son père et sa soeur et sa mère. Que pouvait-il faire face à un ennemi invisible, impalpable?
La voix déchirée de Bran fit naitre un frisson d’horreur à la base de sa nuque, qui fila le long de sa colonne vertébrale. Jax serra les lèvres, comme s’il empêchait les mots de sortir alors qu’il n’avait aucune idée de ce qu’il devait dire, de ce qu’il pouvait dire. L’ancien ouvrier finit par relever les yeux quand Bran lui assura qu’il allait bien. Menteur, lui lança son regard voilé. Il connaissait Bran, comment pouvait-il croire qu’il allait bien quand il arborait cette mine de vaincu? Si Jax était parfois agacé par les vantardises de son amant, il haïssait par contre cette défaite sourde qu’il ne savait comment appréhender. Il avait l’impression de ne pas être armé pour combattre, pour être efficace, comme s’il tenait une épée en mousse face à un mur de métal. Et il n’y avait rien de plus déroutant que cette impasse.
Jax laissa de longues secondes s’égrener, réfléchissant soigneusement à ses mots. Il ne voulait pas accabler Bran, il devait le laisser faire à son rythme, mais il savait que l’attente lui donnerait l’impression d’être un chien allant et venant devant une porte close - il ne trouverait aucun répit, il questionnerait chacun des gestes de son amant, il vacillerait face à l’inconnu, il ne pourrait pas prétendre que tout allait bien, même si Bran le lui demandait. Le jeune homme finit par prendre une profonde inspiration avant de soupirer tout en posant sa main libre sur celle de Bran:
- Je sais que tu ne me dois rien, que je ne peux pas te forcer à me parler si tu n’en as pas envie…, commença-t-il, le ton raide.
Les mots lui coûtaient mais que pouvait-il dire d’autre? Jamais il ne forcerait Bran à faire quoi que ce soit contre volonté, même si ça l’écorchait vif de rester en retrait, spectateur muet et impuissant du mal qui le rongeait et qui ne pouvait visiblement être soigné qu’à l’aide de pilules contre l’anxiété.
- Mais je ne peux pas prétendre n’avoir rien découvert. Plus maintenant.
Il n’avait aucune idée de la façon de gérer une telle situation. Le temps suffirait-il à faire saigner moins la plaie? Le doute finirait-il par s’estomper pour n’être plus qu’une tache informe dans un coin de son cerveau? Jax maintint sa main sur celle de Bran et extirpa celle du dessous pour se libérer des doigts de son jeune amant. Ses doigts si doux, sa main si chaude, qui lui apparaissait comme une brûlure, à cet instant précis.
- Juste… est-ce que c'est lié à ce qu’il s’est passé l’an passé?
Cette gangrène née à Yale et qui avait rompu leur lien? Il ne parvenait même plus à évoquer le nom de la célèbre université à haute voix, elle revêtait trop de douleur et d’incompréhension. Etait-ce un éternel recommencement ou le fait qu’ils soient loin de ce lieu maudit les préservait-il d’une nouvelle déchirure? C’était ce que le regard de Jax demandait à celui de Bran, alors qu’il avait la gorge nouée et la poitrine envahie de ronces.
- Est-ce que… est-ce que je peux faire quoi que ce soit pour t’aider? finit-il par demander, dans un filet de voix, alors qu’il faisait distraitement craquer ses phalanges - un geste qu’il n’avait plus fait depuis des années.

_________________

But if love is fire, then I'll burn for you.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
— i was fireproof.

Brandon Rose

messages : 3058
name : capricorns
face + © : froy — ©aftermath.
multinicks : atticus, angel, bashîr, eden, rufus.
points : 3551
age : 20.
♡ status : beauchamped.
work : sports coach @ windmont bay campus.
home : w/ jax, wants to get a bigger apartment to get a puppy.

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : jax, trent, tomas, stella, bliss, jesse&jax.

i don't want you to go, i don't really wanna fight. Empty
Message· · Sujet: Re: i don't want you to go, i don't really wanna fight. i don't want you to go, i don't really wanna fight. EmptyDim 12 Jan 2020 - 20:08

Il faisait du mal à Jax et ça lui retournait les entrailles, faisait remonter la bile le long de sa gorge. Bran n’osait pas regarder l’ouvrier mais il pouvait presque voir, malgré tout, sa façade si solide se fissurer, tout doucement, mensonge après mensonge, battement de coeur après battement de coeur. C’était sa faute si les yeux de Jax prenaient cette teinte trop triste, sa faute si le silence les étouffait, sa faute si les murs de leur petit appartement leur donnaient l’impression de se refermer autour d’eux. Sa faute, sa faute, sa faute.
Comme ça avait été sa faute aussi, à Yale.
Il y revenait toujours. Sans les cachets, il se faisait rattraper par cette certitude qui lui agrippait la gorge comme des mains déterminées à l’asphyxier. Tout ce qui lui était arrivé, Yale, cette soirée funeste, sa rupture avec Jax, les séquelles qui vivaient encore dans son corps sans qu’il ne parvienne à les effacer totalement, tout ça, toute sa vie qui s’était effondrée, toute son âme lézardée et son bonheur volé, il ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même. S’il n’avait pas été si idiot, s’il avait fait plus attention, s’il n’avait pas bu n’importe quoi dans le verre de n’importe qui, il n’en serait pas là, à contempler la douleur du garçon qu’il aimait comme un miroir de son erreur. Je suis désolé, je suis désolé, je suis désolé, aurait-il voulu murmurer contre les lèvres de Jax. Désolé de faire de lui un dommage collatéral, désolé de ne pas être à la hauteur, désolé de ne pas être, finalement, le Bran dont il était tombé amoureux. Il était désolé d’être lui. I’m a mess, I’m sorry. Bran ne parvenait pas à rester immobile alors que Jax lui faisait l’effet d’être devenu un roc, un bloc de glace. Il aurait voulu que son amant dise quelque chose. Qu’il s’énerve, même. Tout plutôt que de lui offrir ce silence sur lequel il venait s’écorcher et qui lui laissait le coeur en sang.
Enfin, la main de Jax vint se poser sur la sienne et l’espoir naquit à nouveau dans le coeur de Bran. Il releva les yeux vers son amant, trop vite, pour découvrir le visage sombre et fermé, les lignes anguleuses de la mâchoire contractée, ce pli inquiet à la tempe. Et tout à coup, il eut peur que même ses mains, aussi amoureuses soient-elles, ne puissent plus effacer ces traces. La voix même de Jax lui fissurait le coeur. « Je te parle de tout. » objecta Bran, la voix si faible qu’il ne fut pas sûr que Jax l’entende. Et c’était vrai. Il n’y avait qu’avec Jax qu’il avait réussi à évoquer ses peurs, ses doutes, ses incertitudes. Avec lui, il pouvait s’extirper de son armure d’or. Avec lui, il pouvait devenir fragile sans craindre qu’on le brise.
Mais ce qui s’était passé l’année dernière, c’était différent. Il ne voulait pas en parler. Bran retenait le sujet de toutes ses forces et pourtant, pourtant, il avait l’impression qu’il s’échappait de lui par toutes les pores de sa peau. Combien de fois, lorsqu’il était revenu à Windmont Bay, avait-il dû s’arrêter de marcher en pleine rue pour pouvoir trouver un endroit où s’asseoir, parce que ses jambes se dérobaient sous lui ? Combien de fois s’était-il réveillé en sursaut avec l’impression de manquer d’air, tremblant, trempé de sueurs froides qui lui collaient à la peau comme un mauvais souvenir ? Combien de fois avait-il pleuré en silence, caché, seul, parce qu’il ne savait pas comment dire à qui que ce soit qu’il avait peur de son propre reflet, de sa propre peau ? Jax n’avait pas besoin de savoir tout ça. Il pouvait guérir seul. Redevenir le Bran que l’ouvrier aimait, même si pour ça, il fallait qu’il aille acheter en secret des cachets que personne d’autre n’avait voulu lui donner. Je ne peux pas prétendre n’avoir rien découvert. Plus maintenant. La main de Jax lui échappa et Bran le laissa faire. Il était trop amorphe, trop vidé, pour essayer de le retenir. Ses doigts se refermèrent sur le vide laissé par son amant et sa gorge se noua. Il fallait qu’il soit fort. Il fallait qu’il soit brave. Étrangement, ce fut la voix de son père qui traversa le brouillard de son esprit. Tête haute, Bran. Tiens-toi droit. Inconsciemment, il suivit le conseil paternel et se redressa sur sa chaise, comme s’il pouvait prouver à Jax que tout allait bien d’un simple mouvement d’épaule. Mais l’amoureux le connaissait trop pour se laisser berner par ses ultimes bravades et à nouveau, il visa juste, touchant Bran en plein coeur, là où précisément il ne voulait pas que Jax vienne s’aventurer. Leurs regards se croisèrent et les yeux de Jax l’engloutirent de tristesse, de détresse. Tout à coup, il était renvoyé à sa chambre d’étudiant à Yale, à leur rupture, au chant déchirant de sa peine, au brouillard qui avait suivi pendant des mois.
Tout lui revint d’un coup.
Coup de poing dans le ventre. Mains invisibles autour de sa gorge qui serraient, serraient, serraient.
Des silhouettes floues, des sourires dessinés au poignard sur des visages qui disparaissaient dans la nuit.
Et la douleur. Et la honte, surtout.
Bran ramena ses mains entre ses jambes. Il tremblait, imperceptiblement, juste assez pour que sa vue se trouble. Il entendit les phalanges de Jax craquer. Dans un éclair lumineux mais trop bref, il se souvint de leur moment au petit diner, leur bout d’univers suspendu. C’était là qu’il avait remarqué cette manie qu’avait le jardinier de faire craquer ses doigts. Mais tout redevint sombre et lorsqu’il releva les yeux vers Jax, Bran avait le visage couvert d’une ombre qui ne disait rien de bon. « Tu peux m’aider en me laissant les prendre. » Il désigna le flacon au milieu de la table. Sa voix était métallique tout à coup, coupante comme du verre pilé. « Tu ne m’as jamais demandé ce qui s’est passé là-bas. » Il se détestait déjà de dire ces mots. Il se détestait d’en revenir à chaque fois au même point, à la même idée : il ne voulait pas de l’aide de Jax, il ne la méritait pas. Aujourd’hui seulement, il réalisait le fossé qui s’était creusé entre eux à cause de son entêtement. « Pourquoi maintenant ? Parce que je prends deux cachets de temps en temps ? » Il était injuste et il le savait. C’était lui, pas Jax, qui avait imposé le silence sur leur rupture. C’était lui qui avait érigé des murs et des barrières si immenses qu’il n’était même plus sûr de pouvoir lui-même les escalader. « Je ne suis pas fort comme toi, Jax. » lâcha-t-il comme si c’était la faute de Jax s’il se perdait dans ce labyrinthe sans fin.

_________________

-- puppy love.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
it's all butterflies and roses

Jax Beauchamp

messages : 4852
name : Olivia
face + © : harris dickinson (@ faustine )
multinicks : chad, emerson, harper, lydia, parker, stella, tobias, zoya
points : 1610
age : 25
♡ status : in love and happy with brandon rose again
work : on the road (delivering driver)
home : a small appartement in a shitty neighborhood

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : billie, bran/jesse, bran

i don't want you to go, i don't really wanna fight. Empty
Message· · Sujet: Re: i don't want you to go, i don't really wanna fight. i don't want you to go, i don't really wanna fight. EmptyAujourd'hui à 16:36

D’un côté, la situation actuelle n’avait rien de commun avec ce qu’il avait pu vivre par le passé. Et puis d’un autre, elle le ramenait pourtant à la sensation désagréable du silence qui ronge, qui éloigne, qui casse. Celui de ses onze ans, quand la demeure ne résonnait plus d’aucun rire, où chaque écho lui hérissait la peau. Celui des portes closes, des murmures presque inintelligibles de sa mère qui le suppliait de rester dehors, le temps que son père se calme, alors même qu’elle arborait une marque vive sur sa joue, juste sous l’oeil - les chairs gonflées, meurtries, qui prendraient des teintes diverses avant de lentement revenir à leur pâleur picorée de taches de rousseur. Celui des larmes muettes de sa soeur, qu’il voyait couleur sans arriver à tendre la main pour les effacer. Celui de la chambre d’hôpital, parasité par les machines qui attestaient que le coeur de sa mère battait encore - même si c’était à peine, même si c’était chaque fois plus clair qu’il finirait par s’éteindre, comme le reste. Aucun de ses souvenirs ne pouvait être attaché à Bran et pourtant ils refaisaient surface alors que Jax constatait à quel point la douleur ne le quittait jamais véritablement; elle s’était juste tapie, endormie, sans doute charmée par le bonheur que le trublion faisait éclater au creux de la poitrine de l’ouvrier. Mais elle se réveillait au moindre signe de danger, au moindre doute, à la moindre piqûre d’angoisse.
Jax ne voulait pas que chant funeste vienne fragiliser leur relation. Il n’avait jamais pu affronter la force brutale de son père, ni la résignation obstinée de sa mère, mais il ne laisserait pas son amant s’évaporer sous ses yeux sans rien faire. Maintenant qu’il savait que Bran portait un masque (à quelle fréquence, ne pouvait-il s’empêcher de se demander, était-ce un besoin rare, ce refuge médicamenteux, ou survenait-il plusieurs fois par mois, semaine ou jour?) il veillerait doublement, il serait à l’affût, prêt à s’interposer, prêt à agir, quel que soit l’origine de son tourment.
Je te parle de tout.
Jax ne répliqua pas mais la réponse lui traversa pourtant le visage: quand lui avait-il parlé de ces pilules? Jamais. Elles avaient été cachées, soigneusement dissimulées dans un sac; pas rangées en évidence dans l’armoire qui leur servait de pharmacie. Elles avaient été sciemment écartées de leur quotidien pour qu’il n’en sache rien alors comment Jax pouvait-il croire que Bran lui parlait de tout? Alors, forcément, le jeune homme ne pouvait que s’interroger: pourquoi avait-il ressenti le besoin de lui cacher ce détail qui n’en était pas un? Redoutait-il tant sa réaction? Et, du coup, celle qu’il offrait (un mur de ciment, solide malgré les éclats qui témoignaient de sa jeunesse malmenée) n’allait-elle pas conforter Bran dans son idée qu’il avait bien fait de garder ce secret sous silence? Jax ne préféra donc pas s’opposer à sa déclaration, la laissant au contraire flotter entre eux alors qu’il se mordait l’intérieur de la joue d’un air absent.
Pour lui, l’addition était évidente. Comment n’aurait-il pas pu la faire quand l’attitude de Bran lui rappelait précisément l’hostilité à laquelle il avait été confronté lorsqu’il avait débarqué à Yale, espérant faire une surprise à son petit ami? Bran n’esquissait pourtant pas l’agressivité qu’il avait démontrée là-bas, mais il battait en retraite, il ressemblait à un animal blessé, ce qu’il n’avait jamais fait avant leur rupture. Il lui était bien sûr arrivé d’être furieux, de balayer Jax de ses mots tranchants mais ces disputes-là, elles lui avaient évoqué la frustration d’un gosse de riche qui ne supportait pas d’être contrarié. Or, l’épisode de la chambre et la situation actuelle pouvaient être rangées dans une case à part, isolée du reste, tant ils ne ressemblaient pas à Bran, pas à celui auquel le diablotin l’avait habitué, en tout cas. Mais Jax s’en rendait compte: chacune de ces personnalités était Bran, elles mutaient simplement selon les circonstances, les événements, les tensions qui pesaient sur ses épaules. L’ouvrier avait pendant quelque temps jugé cette pression risible, quand on voyait ce que la vie avait apporté à Bran sur un plateau. Il avait fallu qu’il pénètre dans son univers pour réaliser que chacun avait ses propres démons, que leurs vies opposées n’empêchaient pas qu’ils puissent se comprendre. Et c’était ça que Jax aurait voulu faire comprendre à Bran: quoi qu’il se passe à cet instant précis, il pouvait écouter, comprendre, absorber; il pouvait le soutenir, l’épauler, l’aider. Mais peut-être Bran n’en était pas convaincu. Comment savoir ce qui se tramait dans ce garçon indomptable et obstiné?
Aussi, lorsqu’il croisa le regard du jeune homme, Jax sut que ses soupçons étaient justifiés et il réalisa à ce moment-là qu’il aurait voulu que Bran le détrompe, lui prouve le contraire, lui assure qu’il faisait fausse route. Qu’il se moque de sa bêtise, même. Non. Jax n’aurait pas supporté qu’il tourne à la dérision l’un de leurs points de rupture, un point qui échappait à Jax, encore aujourd’hui - et qu’il avait soigneusement remisé dans un coin de sa tête pour y songer le moins possible.
La réaction de Bran tétanisa Jax qui fronça imperceptiblement les sourcils, comme s’il pouvait sentir les ondes qui émanaient du corps en face. Qu’étaient-elles? De la colère? De la détresse? De la peur? De l’angoisse, que seul un flacon pouvait enfermer, à l’évidence.
- Bran..., souffla Jax, la voix rauque, sentant l’inquiétude s’enraciner en lui plus profondément.
Les ténèbres semblaient s’être emparées du garçon et Jax cessa de respirer, redoutant déjà le pire, craignant que sa tentative de forcer le barrage, aussi pathétique soit-elle, pousse Bran à des extrêmes qu’ils ne connaissaient que trop bien. Les mots ne résonnaient-ils pas encore dans son esprit quand il avait le malheur d’y penser? Tu savais que je ne voulais pas être ici. Tu savais et t’as rien fait. Je t’ai jamais demandé de venir ici. Je t’ai jamais demandé quoi que ce soit. Tu m’as abandonné ici. Quel écho allait-il trouver dans les prochains mots de Bran?
Tu peux m’aider en me laissant les prendre.
A nouveau, Jax ne trouva pas la force de répondre. Il se contenta de dévisager Bran d’un air impuissant. L’accusation le percuta et il ferma brièvement les paupières avant de baisser la tête en soupirant. Par lâcheté. Par refus de froisser leur fragile équilibre, parce qu’il ne voulait pas bousculer leur bonheur retrouvé. Il n’avait en effet jamais demandé ce qui s’était passé à Yale, mais la question l’avait suffisamment hanté pour s’incruster dans chacune de ses cellules.
- Exactement. Parce que tu prends des cachets alors que je ne me rendais même pas compte que quelque chose n’allait pas, fut tout ce que Jax parvint à laisser échapper avant que Bran ne le tacle à nouveau. Fort?
Le mot résonna comme une cloche moqueuse, tintant méchamment dans la tête de l’ouvrier qui porta les mains à son visage, d’un air incrédule. S’il y avait bien un mot qu’il n’avait jamais osé espérer associer à lui-même, c’était bien celui-là. Il secoua imperceptiblement la tête, une envie de pleurer grondant violemment en lui.
- Je ne suis pas fort, Bran. Je suis un foutu lâche. J’étais un gamin terrorisé par son père, qui n’a pas pu protéger les siens. Je suis un mec qui préférait se fourrer la tête dans le sable plutôt que chercher à savoir pourquoi son petit ami semblait aller si mal.
Jax laissa retomber ses mains et s’appuya des deux coudes sur la table, se penchant légèrement en avant pour retrouver le contact visuel avec Bran:
- Il faut être fort, aussi, pour savoir quand demander de l’aide. Et tu en as visiblement besoin. Tu ne peux pas enterrer le problème. Je ne peux pas l’enterrer. J’ai perdu chacun des membres de ma famille, les uns après les autres, je ne veux pas te perdre toi aussi.
Le jeune homme pinça les lèvres, la gorge nouée mais le regard éclairé d’une lueur assurée:
- Quoi qu’il t’arrive, je sais que tu vas le surmonter. Parce que tu es fort. Tu as une force redoutable, quand tu t’y mets. Et attraper une main ne fera pas de toi un faible. Et si tu ne peux pas me parler, trouve quelqu’un à qui tu puisses te confier.
Ces derniers mots étaient peut-être douloureux mais Jax était prêt à accepter qu’il puisse être impuissant à l’aider. Pourvu que quelqu’un puisse soulager Bran du chaos qui sévissait en lui. Afin qu’ils puissent continuer à marcher ensemble. Car il avait altéré ses paroles, en réalité: ce n’était pas qu’il ne voulait pas perdre Bran; c’était surtout qu’il ne le supporterait pas.

_________________

But if love is fire, then I'll burn for you.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




i don't want you to go, i don't really wanna fight. Empty
Message· · Sujet: Re: i don't want you to go, i don't really wanna fight. i don't want you to go, i don't really wanna fight. Empty

Revenir en haut Aller en bas
 
i don't want you to go, i don't really wanna fight.
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
F I L T H Y S E C R E T :: windmont bay :: Pioneer Oak-
Sauter vers: