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Chad Siringo

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Message· · Sujet: life's just a moment life's just a moment EmptyLun 11 Nov - 19:06

CASH + CHAD
@Cash Siringo
So try to your dying breath to hold on to happiness
'Cause life is just a moment and one day it's over
And it's cruel how the time can pass, the deepest rivers move so fast
And life's just a moment, so know when it's golden

(hold on to happiness, rhys lewis)
mid-october 2019

Chad n’entrait presque jamais dans la chambre de ses frères et de ses soeurs. Il était si précieux déjà d’avoir un endroit à soi dans une baraque pleine à craquer qu’il s’agissait presque d’un accord tacite qui préservait l’intimité de chacun dès qu’il était question de la chambre. Il n’y avait sans doute que Cody pour ignorer toute l’importance de ce détail. A treize ans, il considérait la maison comme son territoire et s’infiltrait partout, sans que ça dérange qui que ce soit (à part Clarissa, sûrement). Chad ne cherchait jamais à voir ce qui se tramait dans la chambre des jumeaux, il préférait même ne pas voir l’état dans laquelle la pièce devait être, avec les projets fous et ingénieux qu’ils avaient l’art de concocter. Quant à celle de Cash, contrairement à celle des autres, il passait rarement devant, parce qu’elle se trouvait au fond du couloir et qu’il n’avait pas à emprunter ce chemin-là pour rejoindre le dernier étage où sa propre chambre (qui était également celle de Caleb) se situait.
Il n’avait donc pas prévu de s’immiscer dans la pièce alors que son propriétaire était absent, mais il avait ramené quelques pizzas et n’obtenant pas de réponse à son appel, il était monté au premier pour passer la tête dans les chambres et proposer aux autres de venir manger un bout. Ce n’était pas diététique, évidemment, comme Candace ne manquait pas de le lui rappeler régulièrement, mais il n’avait honnêtement pas la foi de se mettre aux fourneaux, contrairement à elle. Surtout si c’était pour découvrir que la maison était désertée ou, pire, qu’on décline son invitation. Il trouva les portes des filles fermées et n’obtint pas de réponse lorsqu’il frappa doucement. Celle des jumeaux était grande ouverte, par contre, mais tout était éteint, les lits étaient défaits (Chad doutait qu’ils aient un jour été faits) et la fenêtre était entrouverte, laissant filtrer la brise nocturne. Soupirant, Chad pénétra dans la chambre et batailla un instant avec le battant avant que celui-ci ne se referme brusquement:
- Combien de fois faudra-t-il leur dire…
Chad ressortit ensuite et poussa l’exploration jusqu’à la chambre de Cash.
- Hé, j’ai ramené de la pizza, si tu veux, dit-il en poussant un peu plus la porte qui était déjà entrouverte.
Un filet de lumière s’échappait de l’entrebâillement mais en réalité Cash n’était pas là, comme le comprit Chad au silence qui lui répondit. Sans trop savoir pourquoi, le jeune homme contempla quelques minutes l’univers de son jeune frère, pour constater à quel point celui-ci lui était étranger. Caleb aurait certainement pu lui dire un millier de choses à propos de Cash, parce qu’il s’intéressait à tous, plaisantait avec tous, les traitait tous avec une égale complicité. Mais qu’aurait-il pu dire au sujet de cadet, lui? Qu’il avait des grenouilles? Instinctivement, l’attention de Chad se porta sur le terrarium, dont il s’approcha distraitement, les mains dans les poches, pour se pencher et chercher les batraciens. Il en repéra une, il ignorait combien il y en avait, en réalité. Il observa un instant la peau luisante, les yeux globuleux, les membres souples puis il se redressa, se demandant sincèrement ce que Cash pouvait trouver à ces bestioles. Qu’importe, cependant, ils avaient chacun droit à leur monde et il y avait sûrement des choses qu’il faisait ou aimait que Cash trouverait tout aussi aberrantes ou inintéressantes. Il allait monter au dernier étage, dénicher Cody qui devait sûrement être vautré sur le lit de Caleb - sur son lit. Il fallait qu’il cesse de s’approprier ce lit abandonné et dont Cody avait pris possession au fil des mois, jusqu’à déménager quelques affaires dans la chambre de Chad. A présent, le gamin devait sans doute considérer que la pièce était la leur, la sienne et celle de Chad et même si la chose attendrissait l’ainé, elle lui faisait aussi mal parce que c’était une façon supplémentaire d’effacer petit à petit Caleb, et il le supportait difficilement.
Le jeune homme s’apprêtait à éteindre la lampe de chevet et à quitter la pièce lorsqu’il aperçut un coin de feuille qui dépassait de sous une pile de livres scolaires. Intrigué, il laissa son geste en suspens puis il tira sur la page. Son coeur dégringola lorsqu’il découvrit le portrait de son frère décédé, les lèvres tiraillées de ce sourire en demi-teinte qui le caractérisait tant. Le dessin était douloureusement réussi, il redonnait vie à Caleb, à tel point qu’il absorba Chad qui ne prêta pas attention aux pas dans l’escalier, ni au grincement du vieux plancher, ni à la silhouette qui s’encadra dans la porte.

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Cash Siringo

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Message· · Sujet: Re: life's just a moment life's just a moment EmptyLun 18 Nov - 14:54

La maison était calme, bien trop calme, ce qui était étrange – mais plutôt agréable –, à cette heure de la journée ; Cash resta quelques secondes à écouter le silence, les sourcils froncés, l’oreille tendue comme une proie à l’affût d’un prédateur. Cette paix relative représentait en elle-même une certaine menace à ses yeux, comme si le calme ne pouvait s’installer chez les Siringos sans qu’une tempête hors catégorie soit en préparation, prête à s’abattre sur lui, comme s’il devait être sur ses gardes et que l’ennemi était en train de l’espionner dans l’ombre, prêts à l’assaillir et à sauter sur son dos dans un cri de guerre. Il entendit des bruits de bas étouffés au-dessus de sa tête et tenta d’identifier d’où ils provenaient en dessinant le plan du premier étage dans son esprit. Sans doute la chambre des jumeaux, conclut-il, avant de hausser les épaules et de traverser l’entrée, dont le sol était jonché de paire de chaussures jetés à la hâte, et de pénétrer dans la cuisine. Il essaya de se rappeler la dernière fois où il avait eu la maison rien que pour lui, mais il échoua rapidement à se remémorer la moindre période ininterrompue de deux heures où il aurait été le seul maître de cette bâtisse. Il y avait toujours de la vie, dans cette demeure, la plupart du temps effervescente et éprouvante, quelquefois bouillonnante lorsque les Siringos s’entrechoquaient dans un chaos duquel il en sortait toujours avec quelques plumes en moins, qu’on les lui ait arrachées, ou que Cash se seraient arrachées lui-même, dans un excès de frustration, de colère, de lassitude, ou bien dans un cocktail explosif des trois. The more the merrier, qu’ils rabâchent ! Cash n’avait jamais réussi à transposer cette locution au quotidien passé au milieu de sa fratrie.
La cuisine était une preuve irréfutable du chaos existant, mais Cash ne relevaient plus la pile de vaisselle sale dans l’évier, la table à moitié débarrassée, les chaises mal assorties parce qu’il avait fallu en remplacer certaines que ses frères avaient réussi à endommager, les verres semés et oubliés un peu partout. Il se dirigea vers le frigo, instinctivement, l’ouvrit sans grand espoir, et contempla le vide absolu qui se présentait sous ses yeux. Il se redressa et gratta l’arrière de sa tête, avant d’enrouler son index autour d’une boucle emprisonnée entre ses doigts. Il n’y avait pas énormément de choix. Une boîte de cornichons. Un pot de mayonnaise – Cody y avait mélangé du ketchup afin de concocter sa sauce préférée et éviter ainsi d’avoir à reproduire l’opération à chaque repas. Quelques tranches de cheddar. Il grogna doucement. Rien de quoi se faire un sandwich avant de prendre sa retraite dans sa chambre et de n’en sortir que le lendemain. Il attrapa deux tranches de cheddar du paquet entrouvert et croqua dedans, refermant le frigo avec sa main libre avant de se retourner et de froncer les yeux. Ce ne fut qu’en posant son regard sur les boîtes de pizza posées sur la table qu’il en capta l’odeur, qui eu automatiquement l’effet d’aliéner son estomac, qui gronda son impatience. Cash engouffra dans sa bouche le reste du cheddar, dont le goût lui était désagréable maintenant qu’il salivait à l’idée de la nourriture chaude patientant sagement à quelques mètres de lui. Il remercia intérieurement Chad – il reconnut le logo de la pizzeria pour laquelle son frère travaillait –, et réalisa qu’il était probablement à l’origine des pas qu’il avait entendus il y a quelques minutes à l’étage – ce qu’il faisait dans la chambre des jumeaux resterait toutefois un mystère qu’il ne chercherait pas à élucider. Il inspecta l’intérieur des boîtes et attrapa deux parts de pizza, dont la chaleur était agréable au toucher, qu’il empila dans la paume de sa main, avant de réajuster son sac sur son épaule et de se diriger vers les escaliers. La mission pillage était une réussite totale et un sourire satisfait se dessina sur ses deux lippes affamées.
Cash grimpa les marches deux par deux et s’engouffra dans le couloir du premier étage, sa chambre étant celle située tout au fond, une position géographique pas nécessairement stratégique (combien de fois s’était-il retrouvé piégé et forcé de s’enfermer pour fuir les jumeaux ?), mais qu’il appréciait pour autant, car assez isolée. Il tendit à nouveau l’oreille, essayant de repérer la présence de Chad – s’il s’agissait bien de la personne qu’il avait entendue –, mais abandonna rapidement l’exercice : le fromage des parts de pizza qu’il tenait dans la paume de sa main commençait à fondre le long de ses doigts et son estomac criait famine, même si celui-ci avait été sur le point d’exploser ce midi, avec toute la junk food qu’il avait ingurgitée à la cantine. Lydia ne lui demandait plus comment il faisait pour engouffrer autant de nourriture à longueur de journée, mais elle l’avait fait un milliard de fois avant, et Cash lui avait toujours répondu, dans un haussement d’épaules, qu’il n’y pouvait pas grand-chose. Concentré sur ses parts de pizza, impatient de les dévorer et de s’écrouler ensuite sur son lit, son carnet de dessins entre les mains, Cash avait traversé le couloir en une fraction de seconde, sans remarquer la porte de sa chambre, grande ouverte, s’engouffrant dans son repère avant de s’immobiliser brusquement.
– Qu’est-ce que tu fiches ici ?, lâcha-t-il spontanément, presque instinctivement, les yeux agités, son regard balayant chaque recoin de sa chambre pour y déceler le moindre changement, la moindre preuve d’une perturbation. Il n’appréciait pas de découvrir un Siringo dans sa chambre, même s’il savait qu’il n’y avait rien au monde qui pouvait empêcher ce scénario de se produire, pas lorsqu’on faisait partie de cette famille.
– Qu’est-ce que tu fous là ?, répéta-t-il, comme pour le presser de lui donner une réponse, réponse dont il se fichait bien tant que Chad le laissait tranquille au final et qu’il sortait de sa chambre. Il eut besoin de quelques secondes supplémentaires pour sortir de sa cataplexie, faisant quelques pas dans sa chambre avant de remarquer la feuille de papier dans les mains de son frère. Est-ce que … ?
Il se rappela de ce dessin, esquissé à la va-vite un soir, glissé entre une plusieurs manuels scolaires, là où il pensait qu’il resterait caché, jusqu’à ce qu’il l’oublie, ou jusqu’à ce qu’il décide de le finir ou de l’améliorer. Si Chad avait mit la main sur le croquis d’une grenouille – que Cash appréciait tout particulièrement dessiner –, il ne lui aurait rien dit. Il se serait contenté de tendre une main et d’attendre que son frère lui passe son dessin, tout en se parant d’un regard noir jeté dans le vide. Mais Chad n’avait pas n’importe quelle esquisse entre les mains.
Son sang ne fit qu’un tour. Il était en rage, mais comme à son habitude, le garçon faisait tout son maximum pour intérioriser ses émotions, pour ne jamais les laisser transparaître. Cash posa (jeta) les parts de pizza sur son bureau et fit les quelques pas nécessaires pour combler la distance entre lui et son frère, tendant la main vers le dessin et le tirant des doigts de Chad.
Il entendit un bruit de déchirement.
Le dessin était ruiné. Une partie du portrait de Caleb était resté entre les doigts de son frère, l’autre partie était dans sa main. Entre eux, comme une plaie béante qui venait de se rouvrir, il y avait la distance que ni l’un, ni l’autre n’avait jamais vraiment réussi à combler et qui venait de s’étendre un peu plus encore. Son regard était fixé sur le bout de papier qu’il tenait, sur lequel on distinguait un cou et le haut d’un torse masculin. À ce moment, il le détestait. Il détestait Chad, mais Cash ne pouvait rien faire d’autre que fixer le dessin qu’il avait fait il y a plusieurs semaines dans un exercice de deuil qui n’en portait pas le nom, mais qui s’était révélé terriblement efficace.
Il ne pouvait pas intérioriser la colère qui se propagea subitement dans son corps. D’une main, il froissa la feuille martyrisée entre ses doigts et d’un mouvement d’épaule, il fit balancer son sac à dos au travers de sa chambre. Il tira ensuite le reste du dessin des doigts de Chad. Il ne savait pas s’il était plus énervé après Caleb de les avoir abandonnés ou après Chad d’avoir empiété sur son intimité.
– Content ?, dit-il en se décalant légèrement, laissant la voie libre pour Chad de sortir de sa chambre.

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Message· · Sujet: Re: life's just a moment life's just a moment EmptyLun 2 Déc - 12:06

Il avait toujours été proche de Caleb. Du moins était-ce la sensation qu’il avait mais il savait aussi qu’avant l’arrivée de son frère, Crystal et lui formaient déjà un duo soudé, complice. Ils étaient les premiers nés, à cette époque, ils avaient l’impression que c’était eux contre le monde et que tant qu’ils étaient là l’un pour l’autre, rien ne pourrait les affaiblir. Deux ans plus tard, Candace était arrivée, perturbant leur drôle d’équilibre, avec ses pleurs intempestifs, son besoin d’attention qui avait irrité les ainés. Ils ne l’avaient pas incluse dans leurs jeux. Un an plus tard, Caleb était arrivé et Chad ne savait pas pourquoi il avait l’impression que son frère s’était invité parmi eux là où sa soeur s’était incrustée mais telle était sa réalité des choses: Caleb n’avait en rien fragilisé leur dynamique, il s’était inséré naturellement. Ils avaient formé une famille, à eux trois. Presque un jeu de papa-maman-bébé, toute leur attention tournait autour de ce nouveau né maigrichon aux grands yeux curieux qui écoutait plus qu’il ne parlait. Cela illustrait bien Caleb, en un sens. Il avait toujours su entendre les plaintes des uns et des autres alors que lui n’en avait jamais formulées. Il était sage avant l’âge, il était d’une drôle de sérénité, mais c’était peut-être simplement le fait qu’il s’était adapté à son environnement, Chad n’en savait rien. Il n’avait jamais été très doué pour embrasser les situations, il avait plutôt l’impression qu’elles lui tombaient sur la tête. Après… après, ça n’avait été qu’une succession de naissances avec lesquelles ils avaient dû composer. Oh, qu’on ne se méprenne pas, le jeune homme aimait ses frères et soeurs avec leurs défauts et leurs qualités, leurs tempéraments singuliers, mais ça n’avait plus jamais été pareil qu’avec Caleb, comme si la distance se créait avec l’écart, chaque nouveau bébé devenant un nouvel étranger dans le paysage Siringo. Et puis avec l’arrivée des jumeaux, il avait fallu réorganiser les chambres. Crystal et Candace avaient pris une chambre, Caleb et Chad une autre, c’était normal, instinctif, ça avait rapproché les deux frères. Quant aux trois derniers arrivants, Chad avait l’impression de ne pas vraiment les connaitre. Il y avait neuf ans d’écart entre Cash et lui, onze avec Clarissa et treize avec Cody - mais là encore, avec Cody, c’était différent: sa surdité avait fait de lui un centre d’attention particulier, ils s’étaient tous adaptés à ce bébé souriant qui ne réagissait pas aux sons, ils avaient tous appris à converser avec lui avec des signes.
Désormais, rien n’était plus pareil. Crystal avait sa propre famille, Caleb était décédé, leur chaos familial, à quoi tenait-il encore? A un fil. Un fil ténu qui était prêt à se rompre au prochain coup du sort - un coup du sort que Chad n’était même plus certain de redouter, peut-être même qu’il l’attendait avec impatience. Une raison de laisser tomber tout ça. Il avait vingt-six ans, la plupart des ses frères et soeurs étaient assez grands pour se gérer seuls (même si ça, ce n’était pas une nouveauté, c’était une condition sine qua non pour ne pas devenir fou dans un tel environnement), allait-il vraiment rester là jusqu’à la majorité de Cody? Parfois, Chad craignait surtout de ne jamais partir, d’être enchainé à cette barraque branlante par il ne savait quel mauvais sort. Seraient-ils plus heureux à vivre chacun leur vie, sans avoir à s’inquiéter des autres? Ou étaient-ils trop habitués à cette façon de fonctionner pour arriver à s’en détacher? Il avait tenté, pourtant. Il était parti, sans rien dire, des mois durant, cherchant un moyen de faire son deuil. Une illusion, une chimère. Qui lui revenait en pleine figure dès qu’il tombait sur un objet qui faisait renaître Caleb de ses cendres.
La voix de son cadet le fit sursauter et Chad laissa instinctivement échapper un juron inintelligible.
- Salut à toi aussi, lâcha-t-il en se retournant vers le propriétaire de la chambre, légèrement agacé par l’agressivité de Cash. J’étais venu te dire qu’il y avait de la pizza. Ta lampe était restée allumée, j’ai simplement voulu l’éteindre. Tu sais. Histoire d’économiser l’électricité. Mais je vois que tu as trouvé le butin.
Il n’aurait sans doute pas dû répondre sur ce ton légèrement narquois, il savait que le manque d’intimité de cette demeure impliquait qu’une pièce au moins, soit un territoire privé, que pénétrer dans la chambre des autres, même s’il n’y avait rien à cacher, était perçu comme une intrusion - à l’exception de Cody qui pouvait s’incruster partout sans être chassé d’une remarque désobligeante. Cela ne signifiait pas pour autant qu’il apprécie la manière dont Cash s’adressait à lui. Il n’avait rien fait de mal, il ne fouinait pas dans ses affaires - pas intentionnellement, en tout cas - et s’il n’y avait eu ce dessin de Caleb, il se serait contenté d’éteindre et de sortir. Ni vu ni connu, Cash n’en aurait rien su.
Par contre, il ne s’attendait pas à une telle réaction de l’adolescent et quand celui-ci jeta les parts de pizza, approchant ses doigts brillants du gras de la pâte, Chad eut un mouvement de recul, pour protéger le portrait du disparu.
- Fais gaffe, tes d--, s’exclama-t-il avant d’être interrompu par le son du papier déchiré.
Le silence tomba comme une masse entre eux et Chad observa le dessin d’un air accablé. Le visage était intact mais il aurait presque pu croire que le sourire de Caleb s’était gondolé, prenant une forme douloureuse qu’il ne connaissait que trop bien. Un sourire figé, taché, qui dissimulait des choses, qui laissait entrevoir des failles. Un sourire de Siringo. A la deuxième tentative, Chad n’essaya même pas de retenir ou protéger le portrait, il la laissa retourner dans les mains de son propriétaire, accusant le coup, portant un regard indéchiffrable sur Cash.
- Non, Cash. Je ne suis pas content. J’admirais ton dessin, la façon dont tu lui as redonné vie. Si j’avais su que ça te mettrait dans un état pareil...
Chad éleva vaguement la main, comme s’il s’apprêtait à dire autre chose, puis il avorta son geste, comme pour dire laisse tomber.
- Désolé, finit-il par marmonner entre ses dents, comme si ce mot lui coûtait. Bon appétit.
Il n’avait aucune envie de se battre avec son cadet. Parce qu’il n’en avait pas l’énergie, parce qu’il n’en voyait pas l’intérêt. Il pouvait comprendre, vu leur relation effilochée, mais ça ne rendait pas la chose plus facile à accepter. Sans un mot de plus, Chad passa devant son frère et sortit de la chambre, prêt à le laisser tranquille, comme il se doutait qu’il n’avait aucune envie de lui parler - à lui, en tout cas. Il s’arrêta toutefois sur le seuil, hésita une seconde puis lâcha par-dessus son épaule:
- Un talent comme le tien, tu ne devrais pas le cacher. Je suis sûr que ça ferait plaisir aux autres de voir ce que tu fais.
Mais peut-être qu’il était le seul à l’ignorer, peut-être qu’il était le seul à ne pas s’être suffisamment intéressé à Cash pour se douter de ce qu’il cachait, secrets comme talents. Il avait toujours vu son cadet comme un garçon effacé, sans grand intérêt, il devait l’avouer, même s’il en avait honte. Ce n’était même pas qu’ils étaient trop différents, ils ne l’étaient peut-être même pas. Caleb aurait pu le lui dire. Caleb devait sûrement savoir tout un tas de choses sur Cash, que Chad aurait été incapable de citer. Mais c’était Caleb, ça. Le ciment de la famille, à s’entendre avec chaque membre, à donner à chacun l’impression d’être unique. Et maintenant que cette base solide avait disparu, comment étaient-ils censés se reconstruire? C’était une tâche qui semblait ardue, voire impossible, à cet instant.

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Message· · Sujet: Re: life's just a moment life's just a moment EmptyVen 20 Déc - 14:50

Cash ne savait pas quoi faire. Il ne savait pas quoi dire. Il ne savait pas quel mouvement effectuer, quel mot former dans sa bouche. Il ne savait pas quelle émotion devait prendre le dessus sur l’autre. Il laissa un silence, pesant et inconfortable, s’installer entre eux. Il ressentait la colère s’infuser lentement en lui, et il tentait de la dissimuler, mais ses tempes vibraient, et il entendait les battements de son cœur résonner dans ses oreilles, de telle sorte qu’il en était presque assourdi et que son visage devait probablement trahir l’incendie en lui.
Il était en rage, contre Chad, qui avait envahi son intimité – Cash détestait découvrir un de ses frères ou de ses sœurs dans sa chambre, dans son monde, il détestait l’idée qu’ils puissent tenter de découvrir les secrets qu’il cachait derrière son mutisme, alors qu’il ne protégeait rien d’autre que des sentiments confus. Il était en rage contre lui-même. Il se détestait d’avoir déchiré le dessin et de s’être défaussé en faisant supporter à Caleb le poids de la culpabilité, alors qu’il était tout autant coupable que son frère aîné. Cash avait été surpris de trouver Chad, il avait été paniqué de le trouver avec un de ses dessins entre les doigts (quel dessin ?, s’était-il demandé en posant ses yeux sur son frère ; un portrait de Lydia, celui de Lace, celui de Caleb, ou celui d’un des Siringo, qu’il grimait et caricaturait pour les tourner en dérision ?) et il s’était laissé emporté par une animosité soudaine lorsqu’il avait réalisé qu’il s’agissait des traits de son frère aîné. Il était en rage contre Caleb, qui l’avait abandonné et laissé seul alors qu’il avait tant besoin de lui, et qui le regardait maintenant, sur un bout de feuille amputé, le visage déformé, une grimace sur les lèvres.
Cash froissa un peu plus le portrait ruiné de Caleb et releva la tête en direction de Chad. Il aimait son frère, même s’il n’avait jamais prononcé ces mots à haute voix, ni même les avait-il réellement pensés. Il l’aimait, autant qu’il aimait la fratrie toute entière – les jumeaux y compris –, mais Cash n’avait pas la moindre idée de ce que cela signifiait. Cody occupait une place particulière dans son cœur, et il n’aurait aucune difficulté à expliquer pourquoi. Mais il se sentait bien incapable de dire pourquoi il aimait les autres Siringo. Caleb devait être la raison. Caleb était le lien qui les unissait tous. Caleb était l’astre autour duquel tous les Siringo gravitaient, en harmonie, en paix … Mais il n’était plus, Caleb l’avait délaissé, il les avait tous délaissés, et Cash avait réalisé à quel point le fossé entre lui et ses autres frères et sœurs était profond et obscur. Sans Caleb, il était infranchissable. Sans Caleb, il n’osait essayer, car il savait qu’il échouerait.
Il n’expliquait pas non plus sa relation avec Caleb. Il avait toujours eu les bons mots avec Cash. Les bonnes réactions. Les bons conseils. Les bons regards. Caleb avait toujours tout compris, et il avait su aborder chaque sujet, chaque difficulté, sans repousser Cash dans ses retranchements, sans même le forcer à se confier lorsqu’il n’en avait pas envie, ou lorsqu’il n’y était pas prêt. Il le détestait, parce qu’il y avait tellement de choses qu’il aurait dû lui dire, tellement de choses qu’il aimerait lui dire. Il le détestait parce qu’il avait besoin de lui et que personne ne pouvait le remplacer.
Cash regarda Chad, et il ressentit la même sensation que qu’il se trouvait au bord d’une falaise, le vide prêt à l’avaler. Il l’écouta, et grimaça à chacun de ses mots. J’admirais ton dessin … La façon dont tu lui as redonné vie …
Il détestait l’entendre parler de Caleb.
– Qu’est-ce que … C’était juste un portrait, dit-il du bout des lèvres, les sourcils froncés. Un stupide portrait, ajouta-t-il, dans sa tête.
Il observa Chad baisser les bras avant même d’avoir commencé la lutte, et Cash ressentit du soulagement. Cash ne voulait pas se battre non plus. Il voulait rester seul. Il voulait bloquer sa porte et redessiner à la hâte le portrait de son frère, même s’il savait qu’il haïrait ce nouveau portrait, qu’il n’aurait rien du premier. Il l’aurait remercié, si cela avait été facile, mais rien ne l’était entre eux. Il ne pouvait rien faire pour réparer le lien qui les unissait, si jamais un lien avait existé – la disparition de Caleb avait même aggravé le gouffre entre eux. Peut-être que les choses auraient été différentes si Caleb ne s’était pas volatilisé … Cash ne lui avait pas pardonné cette absence. Il ne l’avait pas comprise. Il en gardait une rancœur au fond de lui, qui influençait toutes ses interactions avec son frère.
Cash grimaça davantage lorsque Chad s’arrêta sur le seuil de la porte de sa chambre. Il avait l’impression d’entendre Caleb. Caleb aurait pu lui dire quelque chose de similaire, peut-être même que le discours aurait été similaire. Le lycéen ne put s’empêcher de penser que Chad essayait de jouer le rôle du grand frère. Il était vacant, après tout. Mais Chad ne pourrait jamais remplacer Caleb.
Les battements de son cœur l’assourdissaient un peu plus, et se fut à ce moment que son portable vibra dans sa poche. Il regarda la notification qui venait de s’afficher sur son téléphone, avant de fermer les yeux et de ranger l’appareil. Le prénom qui s’était affiché sur l’écran n’aida en rien à calmer Cash. Il voulut se refréner à répondre à son frère, mais il ne put s’empêcher de laisser s’échapper une réplique improvisée. Les mots sortirent, sans filtre, mais aussi sans remords.
– Je dessine tout le temps, Chad. Tout – le – temps. Je ne te montre juste pas ce que je dessine, parce que tu risquerais de pas aimer ce que je fais …, commença-t-il, revoyant dans sa tête les planches de dessins dans lesquels il grimait tous les membres de sa famille, à l’exception de Caleb et Cody.
– Et … qu’est-ce que t’essaies de faire, là, de toute façon ? T’essaies de te faire passer pour Caleb ? À toujours dire les bonnes choses ? À toujours faire les bonnes choses ? T’es pas Caleb.
Il s’avança vers le bureau et jeta le portrait déchiré dans la corbeille à papiers.
– T’es juste Chad. Caleb est mort. Tu ne pourras jamais le remplacer.
Cash fixa son frère, le jaugeant du regard. Les mots qu’il avait prononcés résonnèrent dans sa tête, mais il ne les regrettait pas. Pas encore, du moins, et lorsque ce sera le cas, il ne s’excuserait pas pour autant. Il en parlerait probablement à Lydia. Il en aurait parlé à Caleb, s’il avait été là. Mais comme Cash venait de le dire, Caleb était mort. Caleb l’avait abandonné, et dans son absence, le pont qu’il avait réussi à ériger entre les membres de la fratrie Siringo s’était effondré.

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Chad Siringo

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Message· · Sujet: Re: life's just a moment life's just a moment EmptyMer 1 Jan - 13:08

Il était peut-être l’ainé des garçons mais Chad n’était pas le plus sage. Il ne l’était pas quand ils étaient adolescents, il ne l’était pas davantage aujourd’hui. Il faisait juste d’autres conneries, reportait ses problèmes ailleurs, manquait toujours d’ambition et, à le regarder vivre au jour le jour, entre deux jobs sans avenir, c’était à se demander s’il évoluerait un jour. Il ne pouvait même pas prétendre que sa vie lui convenait telle qu’elle était mais il ne cherchait pas davantage à la changer. Il se laissait porter par le courant, quitte à se ramasser quelques vagues en retour, parfois.
Comme ce soir.
S’il ne s’était pas contenté de reprendre sa place, s’il s’était un minimum intéressé aux autres, s’il ne s’était pas complu dans sa vie dissolue avec son meilleur ami, peut-être qu’il n’en serait pas là, à regarder ce garçon qui était subitement devenu un adolescent, un garçon qu’il ne connaissait pas vraiment. A quel moment Cash avait-il quitté l’enveloppe du préadolescent pour devenir ce jeune homme en colère? Chad se le demanda, à cet instant-là, alors qu’il accueillait la réaction de Cash avec une certaine incrédulité. Il comprenait la colère liée à l’invasion de son territoire et pourtant il restait stupéfait face à cette attaque imprévue. Il était persuadé que les jumeaux auraient trouvé le moyen de le faire sortir en le bousculant un peu, en le raillant peut-être, Clarissa l’aurait sûrement fusillé du regard avant de claquer la porte dans son sillage et Cash… eh bien, Chad devait avouer qu’il n’avait même pas envisagé la réponse qu’il pourrait obtenir. La preuve, sans doute, qu’il n’avait jamais vu Cash pour ce qu’il était: un être à part entière, avec son caractère, ses propres rêves, frustrations et colères.
Chad vit le portrait être encore davantage martyrisé par les mains de son créateur et la douleur se diffusa dans le corps de l’ainé qui pinça les lèvres. Il aurait aimé pouvoir récupérer ce bout de papier malmené, qu’importe qu’il soit déchiré ou froissé. C’était Caleb. C’était un point de vue neuf parce qu’il ne s’agissait pas des photos (trop rares) qu’il connaissait par coeur, ce n’était pas un cliché pris sur le vif, il capturait différemment l’essence de Caleb, il le révélait plus que n’importe quelle photographie égarée dans un tiroir ou punaisée sur les murs des chambres de chacun. Caleb était partout et il n’était plus là. Mais Chad savait d’avance que réclamer ce dessin serait un vain espoir et il se borna juste à fixer les doigts magiques de Cash.
C’était juste un portrait.
Le livreur de pizza ne protesta pas, même s’il n’était pas d’accord. Ce n’était pas juste un portrait, c’était la mise en lumière d’un être disparu injustement. C’était le point qui les reliait tous les uns aux autres, qui avait toujours su entretenir des relations saines avec chacun, peu importe les différences de tempéraments. Caleb pouvait s’asseoir à côté de n’importe lequel d’entre eux et trouver quelque chose à dire, là où Chad se souciait peu de ce que pouvaient faire les jumeaux ou les plus jeunes. Rares étaient les moments passés ensemble autour de la table, de toute manière, et lorsque cela arrivait, il fallait toujours qu’une dispute éclate ou il suffisait que l’un d’eux trouve un prétexte pour fuir la pièce pour que l’ensemble se disloque et n’ait plus aucun sens. Chad détestait particulièrement le sourire indifférent, voire un peu méprisant, de leur mère, lorsque cela se produisait. Comme si elle disait: tenez, vous voyez? ça ne marche jamais alors qu’elle ne faisait jamais le moindre effort pour rassembler ses enfants. Chad se souvenait lui avoir demandé pourquoi elle les avait faits si c’était pour vivre sa vie sans s’intéresser à eux. Il n’avait jamais obtenu une véritable réponse. Et puis il n’en avait plus rien eu à foutre.
Le jeune homme écouta la réponse de Cash, le regard indéchiffrable. Ses sourcils se froncèrent légèrement alors qu’il se demandait pourquoi il risquait de ne pas aimer ce qu’il faisait. Si tous ses autres dessins avaient le dixième de la qualité de celui de Caleb, il ne voyait sincèrement pas comment il ne pourrait pas aimer. Mais contredire son cadet ne lui semblait pas judicieux, à cet instant précis, comme s’il pouvait sentir la colère irradier des ondes ou des rayons. La suite le conforta dans l’idée que rien de ce qu’il dirait ou ferait ne serait accepté par le plus jeune - et il ne savait s’il devait le lui reprocher ou s’il était l’unique à blâmer dans cette situation. De toute façon, l’objet de départ fut relégué en second plan lorsque Cash se mit à l’accuser de vouloir endosser le rôle de Caleb.
L’attaque fit naître un sourire incrédule sur les lèvres de Chad. Jamais il n’aurait eu cette prétention. Il n’arrivait pas à la cheville de Caleb, il le savait. Et pourtant, un léger grésillement se mit à vibrer dans un coin dans sa tête: peut-être n’était-ce pas si absurde, comme raisonnement, même si cela relevait alors d’un comportement inconscient, d’un besoin distant de ne pas laisser les éléments de leur famille se disperser aux quatre vents.
Chad attendit quelques secondes, s’assurant que son frère avait terminé, puis il prit une profonde inspiration, tâchant de ne pas laisser entrevoir la colère qui le rongeait et la plaie qui venait de s’ouvrir sous les coups de couteau qu’étaient les mots de Cash.
- Rien, Cash. Je n’essaie rien. Et encore moins de remplacer Caleb. C’est impossible.
Une lueur grillait son regard alors qu’il s’efforçait de ne pas se laisser percer par la rancoeur et par son besoin de se défendre.
- Je t’ai simplement complimenté, mais si ça ne te plait pas, je m’en abstiendrai, la prochaine fois.
Le jeune homme fit mine de s’éloigner, ce qui aurait sans doute été la stratégie la plus indiquée à ce moment précis, puisqu’il était évident qu’ils ne se comprenaient pas mais, à nouveau, il avorta sa retraite et refit face à son frère cadet:
- Je crois qu’on l’a tous compris avec sa mort: c’était lui qui faisait le lien entre nous, lui qui nous connaissait le mieux, lui vers qui on se tournait quand on avait besoin de parler. Maintenant qu’il n’est plus là, qu’est-ce qui reste, au juste? Tu vois les choses comment? Continuer à vivre comme avant, à s’ignorer les uns les autres?
Sa voix avait pris un accent plus autoritaire, son regard s’était durci. Il revint dans la chambre, quitte à braver la fureur de Cash, mais il ne pouvait concevoir de laisser Caleb dans la corbeille et il se pencha pour récupérer le portrait.
- Tu peux me détester autant que tu veux, Cash. Mais tu ne me détesteras jamais autant que je me déteste de ne pas avoir pu le sauver.
Chad serra les mâchoires et plaqua le dessin contre son torse, y plaquant les mains dans une vaine tentative de le lisser. Il défiait son frère de reprendre son oeuvre si c’était pour la destiner aux déchets.
- Je sais que je crains, que j’ai merdé, que je n’ai pas été le frère que j’aurais dû être et si je pouvais échanger ma place avec lui, je le ferais. Mais voilà. T’es coincé avec moi. Vous l’êtes tous. Et si on veut que ça marche, il va falloir qu’on y mette tous du nôtre. Toi compris.
Le jeune homme balaya du regard l’univers singulier de Cash puis revint poser les yeux sur l’occupant de la chambre.
- Alors il serait peut-être temps que tu sortes de ta coquille et que tu nous montres qui tu es. Parce que ça, lâcha-t-il en brandissant Caleb d’un air sérieux, ça me donne envie de voir ce que tu fais. Que ça risque de ne pas me plaire, je m’en fous.
Il laissa retomber sa main, le dessin toujours prisonnier de ses doigts, fixant toujours Cash comme s’il le découvrait pour la première fois.
- Tu comptes manger dans ton coin ou tu descends?
C’était une sorte de la balle est dans ton camp et peut-être que Chad aurait dû laisser à Cash le temps de peser le pour et le contre, mais à la place, il resta planté là, attendant une réponse, conscient qu’il ouvrait la voie à d’autres reproches potentiels.
Et s’il ne se sentait pas particulièrement de taille à affronter son cadet ce soir, il s’était fait la promesse de faire un effort en revenant. Il comptait bien s’y tenir.

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Have you ever wished you could rewind, pick up all the pieces of the life you left behind ? Have you ever lived on borrowing time, knowing your mistakes are chasing you down from behind ? But, don't hold me, cause I am falling back down and I wouldn't wanna see you hit the ground. But little darling you found my heart in the lost and found but the scars they still follow me around.
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