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 mind is a prison

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Robbie Ripley

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Message· · Sujet: mind is a prison mind is a prison EmptyLun 16 Déc - 17:42

Robbie marchait en directement du labyrinthe, et il se retourna, lentement, continuant sa marche à reculons, les mains enfouies dans les poches de sa veste en cuir. Un sourire se dessinait sur le bout de ses lèvres alors qu’il observait Em lui emboîter le pas, à quelques mètres derrière lui. Il haussa un sourcil.
– Tu peux toujours renoncer, Emerson Moore. Je ne veux pas te forcer à affronter le labyrinthe et toutes les horreurs qui nous y attendent. On ne sait pas sur quoi on va tomber …, lança-t-il, la tête légèrement levée, un regard faussement condescendant décoché en direction d’Em. Il continuait à marche à reculons, fixant le garçon qu’il tentait de provoquer, ses lèvres affichant un sourire un peu plus démonstratif.
– J’ai entendu des choses troublantes sur Windmont Bay … Des histoires à te glacer le sang, quand t’y repenses bien. Je comprendrai si tu décidais de renoncer. Il fait nuit noire, on est entouré de vampires assoiffés, toi-même t’as l’air d’être sur les dents …
Robbie n’arrivait pas à dissimuler le plaisir qu’il prenait à tenter de décourager Emerson. Il le taquinait, plus qu’il ne cherchait réellement à le faire renoncer à pénétrer avec lui dans le labyrinthe que les organisateurs de la fête d’Halloween avaient fait sortir de terre. Il ne savait absolument pas à quoi s’attendre de cette attraction éphémère, mais il comptait bien profiter de ce moment et le rendre mémorable. Il voulait s’amuser, autant que possible.
– Je ne t’en voudrai pas. Je ne te jugerai pas. Je serai juste un peu déçu, dit-il. Il avait sorti les mains de ses poches, et il les plaça sur son torse, sur son cœur, tordant son visage dans une moue destinée à mimer un sentiment de déception.
Il se mit alors à rire et jeta un dernier regard dans la direction d’Emerson, un clignement d’œil se perdant dans l’obscurité qui les entourait, tout juste troublée par quelques torches allumées pour l’occasion et pour délimiter le chemin qui le mèneraient vers le labyrinthe. Il se retourna, remit les mains dans les poches de son blouson, et continua de gravir le sentier.
Robbie aurait pu être à des centaines de kilomètres d’ici, s’il n’avait pas décidé de rester un peu plus longtemps pour forcer le destin, si Bailey n’avait pas réussi à trouver la piste du trésor qui l’attendait dans cette ville. Un butin empli d’émotions vives et brutes, un butin empli de souvenirs, un butin qui se prenait la forme d’Emerson Moore et qu’il était tellement heureux d’en être le découvreur.
Il devait se montrer honnête avec lui-même. Il avait redouté ce moment. Il le redoutait encore. Robbie tentait d’y penser le moins possible, mais l’ombre qui se dressait entre lui et Emerson était omniprésente et lui rappelait que sa quête vers Windmont Bay cachait en réalité une toute autre motivation. Était-il réellement à la recherche d’Emerson Moore, ou pourchassait-il plutôt son passé ? S’attendait-il à revoir Cameron à travers Emerson, à retrouver le fantôme d’une époque révolue dont il n’arrivait pas à se défaire ? Probablement. Il en était même certain. Cela ne servait à rien de se mentir. Cameron lui manquait chaque jour. Il avait essayé de ne pas y penser et d’enfouir ce manque au plus profond de lui. Aujourd’hui, il était prêt à exploser et à happer Robbie dans des tourments qu’il aimerait loin derrière lui.
Il jeta un regard derrière lui et sourit à nouveau, accélérant le pas, jusqu’à se mettre à courir à petites foulées vers le labyrinthe – pratiquement déserté, sauf à ce qu’il soit peuplé d’âmes errantes, perdues en son cœur. Il s’engouffra dans le dédale, suivant le seul chemin qui s’offrait à ceux qui y pénétraient.
Il repéra un petit renforcement dans les haies, presque invisible si on n’y prêtait pas attention, et s’y glissa pour dissimuler sa présence. Il ne savait pas encore s’il sauterait de sa cachette pour surprendre Emerson et, peut-être, lui arracher un cri d’effroi, ou s’il attendrait que le garçon passe devant lui pour le suivre ensuite dans l’obscurité et attendre le moment propice pour attaquer …
Il affrontait ses souvenirs autant qu’il en construisait des nouveaux. Il voulait que cette nuit soit mémorable, d’une façon ou d’une autre. Il voulait qu’Emerson s’en souvienne avec émotion. Il voulait la garder avec lui et s’y replonger lorsqu’il passerait de longues semaines en mer, une fois en Alaska.
Robbie voulait partir de Windmont Bay avec un brin de nostalgie ; il voulait, le moment venu, se retourner vers Emerson Moore comme s’il se retournait vers un ami et lui souffler un à bientôt qui n’aurait aucune signification, à part avoir le goût d’une promesse qu’il tiendrait, un jour.

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Emerson Moore

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Message· · Sujet: Re: mind is a prison mind is a prison EmptyVen 27 Déc - 18:44

Emerson suivait Robbie comme si un fil invisible les reliait. Même s'il avait voulu changé d'avis, il n'aurait pas pu. Ce n'était pas une question de fierté, de montrer à Robbie à qui il avait affaire. C'était quelque chose de plus instinctif, plus irréfléchi, la lueur de défi qui brillait au fond du regard du jeune Moore n'était qu'un déguisement. Un leurre. Une mascarade. Mais pour qui? Robbie ou lui? Que cherchait-il à prouver? Ou plutôt, quel masque de bravoure arborait-il pour ne pas devoir s'interroger davantage sur ce tressautement qui lui chatouillait le ventre à chaque fois qu'il observait Robbie - franchement ou à la dérobée? Emerson enviait l'assurance nonchalante du meilleur ami de son frère. C'était comme si rien ne pouvait atteindre ce garçon sauvage et libre. Pourquoi se serait-il jamais arrêté un instant sur l'autre, celui qui vivait dans l'ombre, tel un animal nocturne, que la lumière effrayait ou aveuglait? C'était peut-être une sorte d'esprit revanchard qui poussait dès lors Emerson à lui emprunter un peu de cet air frondeur, énigmatique et irrévérencieux.
Emerson l'aurait bien bousculé pour lui ôter cet arc méprisant qui lui caressait les lèvres, mais l'image resta rangée dans son esprit, comme toutes les fois où il avait imaginé faire descendre Cameron de son piédestal. Parfois, Emerson avait été effrayé par les plans qui glissaient furtivement dans sa tête quand il regardait son frère étaler son panache. Plus tard, il avait appris à analyser ces pulsions et il avait dû se rendre à l'évidence: une part de lui avait toujours été un peu jalouse de voir le gouffre qui les séparait. Pourquoi Cameron avait-il eu la belle vie quand lui était constamment recalé, faute d'entrer dans le moule? Il n'était jamais assez grand, assez fort, assez bruyant, assez remarquable. Mais au final, il était vivant et Cameron était mort, alors qui s'en sortait le mieux?
- Regarde plutôt où tu marches, où tu vas te vautrer sur une racine, marmonna Emerson d'un air faussement boudeur, lui rendant le même sourire, le nez légèrement retroussé, comme s'il était peu impressionné par les fanfaronnades de Robbie. J'étais là avant toi, je les ai sûrement déjà entendues, tes histoires à glacer le sang. Et le sang ne me fait pas peur.
Emerson tapota sa canine droite en guise d'explication.
- Et tu n'as pas idée...
A quel point il était sur les dents. A nouveau, son ventre se contracta légèrement en dévisageant l'énergumène à la beauté irréelle et Emerson déglutit avant de détourner les yeux, craignant d'être trahi par son regard trop long qui glissait invariablement vers les lèvres du jeune homme.
- Tais-toi donc et regarde où tu marches, tu veux? le chassa Emerson d'un geste de la main impatient.
Le rire de Robbie lui répondit et Emerson le vit se détourner - non sans éprouver un certain soulagement à ne plus être sous le projecteur de son regard moqueur. Un léger soupir s'échappa des lèvres d'Emerson qui secoua la tête en se traitant tout bas d'incorrigible imbécile. Pourquoi se faisait-il aussi facilement avoir que six ans plus tôt? N'avait-il donc pas évolué pour être encore autant la proie de sentiments étouffés pour un homme qui ne le voyait pas? Pas comme il l'espérait, en tout cas. Comme un individu. Un être dissocié de Cameron Moore. Emerson avait oublié à quel point vivre dans l'ombre de son frère était exténuant mais la présence de Robbie le lui rappelait douloureusement, et ce alors même que l'accusé était enterré depuis longtemps.
Robbie accéléra la cadence et disparut rapidement dans le couloir façonné pour l'occasion. Emerson l'atteignit quelques secondes plus tard et s'arrêta à l'entrée, surpris par l'obscurité, accentuée par les lampions qui dansaient dans son dos en diffusant leur lumière pâle. Ce n'était pas le fait qu'il fasse si sombre qu'il n'y voyait pas à deux pas qui fit tambouriner le coeur d'Emerson mais la conscience que n'importe qui pourrait surgir en poussant un cri déchirant. Le jeune homme attendit que ses yeux s'accoutument à leur nouvel environnement, se rassurant en se disant qu'il avait l'habitude d'évoluer dans des endroits où il ne voyait pas où il mettait les pieds - sauf qu'il savait aussi que chaque recoin de la salle de spectacle lui était familier, là où il n'avait aucun moyen d'identifier les écueils que représentaient les racines, les rochers et les plantes envahissantes. Emerson écouta le silence qui ne présageait rien de bon. Il n'entendit pas la moindre branche craquer, ni le moindre bruissement qui trahirait un mouvement.
- Rob? Jeez, tu prends vraiment ce jeu trop au sérieux, lança-t-il d'une voix qui se voulait railleuse, espérant extorquer un gloussement au chasseur.
Devinant qu'il était bon pour s'aventurer dans le labyrinthe obscur, Emerson s'avança dans le couloir, à pas mesurés, cherchant à distinguer ce qui pourrait le faire trébucher, les mains tendues pour tâtonner la nuit noire.
- Tu sais, ça me rappelle un jeu qui vous amusait tous comme des cons quand j'avais six ou sept ans, se mit-il à raconter à voix haute, pour montrer qu'il était le plus mature - ou pour se sentir moins seul. Vous m'attachiez un bandeau autour de la tête, vous me faisiez tourner sur moi-même et vous gloussiez bêtement en me regardant tituber parce que j'avais perdu mes repères et mon équilibre à force de tourner.
Il avait un souvenir vif des rires qui ricochaient autour de lui, qui se rapprochaient et s'éloignaient sans explication; des mains qui lui touchaient l'omoplate pour l'inciter à se retourner et quand il le faisait, Emerson n'attrapait que du vent. Les garçons avaient dix ou onze ans, cela devait sûrement les amuser, une sorte de plaisir cruel de faire tourner en bourrique un enfant plus jeune. C'était de leur âge et Emerson aurait menti en disant qu'il trouvait désagréable d'être la victime de ces jeux idiots. A l'époque, il s'était aussi dit que c'était un rite d'initiation qui lui permettrait peut-être de prouver sa valeur auprès de la bande, pour en faire enfin partie. L'histoire lui avait appris que c'était un espoir vain qui avait fini par mourir au creux de sa poitrine en même temps qu'il découvrait les premiers émois amoureux pour l'un de ces adolescents en particulier.
N'en était-il pas toujours au même point alors qu'il s'aventurait toujours plus loin?
Quelque chose détala dans un buisson tout proche lorsqu'une branche se brisa sous son pied et Emerson sursauta. Sa cape de vampire se prit dans quelque chose et il se tourna pour tirer maladroitement dessus, se souciant peu de l'abimer. Mais le tissu était bien accroché et Emerson laissa échapper une exclamation de surprise lorsqu'un bruit de déchirure perça la nuit, juste avant qu'il ne trébuche en arrière et s'étale sur le dos.

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Message· · Sujet: Re: mind is a prison mind is a prison EmptyDim 26 Jan - 12:44

Pendant de longues secondes, Robbie resta dissimulé entre les haies, n’entendant rien d’autre que le silence de la nuit autour de lui, et les battements de son cœur dans ses oreilles. Il ne savait pas ce qu’il faisait, il n’avait aucune envie de le savoir. Il vivait le moment, déterminé à profiter de chaque instant avec Emerson. Bien plus qu’il ne voulait se l’avouer, le garçon avait replongé Robbie dans un passé qu’il avait oublié – il s’en était faussement persuader ; son passé n’était jamais très loin de lui, bien que la naïveté de Robbie l’avait convaincu du contraire. Il avait cru laisser ses démons derrière lui, en s’enfuyant loin du Wyoming, mais ils étaient bien sur sa trace, sans relâche, sans répit, prêt à l’embusquer au moment le plus opportun. Lorsqu’il avait revu Emerson, il n’avait fallu qu’un seul regard pour que la sensation d’avoir le cœur dans un étau revienne. Pour que des flashs effacés le hantent à chaque clignement des yeux. Mais être avec Emerson lui faisait du bien. Et c’était tout ce qui importait pour le moment. Une fois que Windmont Bay sera derrière lui, une fois qu’il sera loin d’Emerson, le Wyoming reviendrait le ronger, comme une bête féroce mue par un désir de revanche : il le savait – et cette certitude le faisait souffrir, comme si elle le marquait au fer rouge.
Rob. Rob. Un nouveau sourire se dessina sur ses lèvres ; amer, doux amer. Il ne pourrait pas s’échapper du passé si facilement. Il avait été si idiot de croire l’inverse. L’histoire que le garçon raconta continua de le plonger un peu plus dans ses souvenirs, qu’il avait bannis dans un entre-monde. Il n’avait aucune envie de retomber dans ces limbes, pas maintenant, même si ce voyage était maintenant incontournable – il l’avait déjà amorcé lorsqu’il s’était lancé dans cette dangereuse quête. Robbie chassa l’idée de son esprit, il chassa la scène, qu’Em narrait et qu’il revivait distinctement dans sa tête – Cam riait, lui gloussait, certainement, comme il l’avait fait bien trop souvent en sa compagnie. Il se rappela la scène, et plusieurs autres, des images qui défilèrent et qui rendirent un peu plus amer le sourire sur ses lèvres, qui n’en était peut-être plus un. Il se concentra sur l’instant présent, autant qu’il le pouvait. Il laissa ces voix et ces rires s’évanouirent dans l’obscurité qui l’entourait. Il se concentra sur Emerson, qui continuait de s’approcher lentement …
Robbie sortit de sa cachette, sans bruit, les mains dans les poches de sa veste en cuir, prêt à bondir sur Emerson, avant qu’il ne se lance dans une nouvelle histoire, avant qu’il ne le poignarde à nouveau avec ses mots. Il l’entendit alors, et il le vit quelques secondes plus tard, baigné dans la lumière de la lune, au prise avec sa cape, qui s’était accroché derrière lui. Le garçon faisait tellement de bruit que Robbie ne prit plus le soin de masquer ses pas, et il marcha à allure normale vers Emerson, prêt à l’effrayer par derrière. Alors que ses lèvres étaient ouvertes et qu’il était prêt à murmurer des mots dans l’oreille d’Em, le garçon tomba en arrière. Robbie eut le temps de sortir les mains de ses poches, d’entourer la taille d’Emerson, avant de trébucher à son tour et d’accompagner la chute du jeune Moore.
– Ouch.
Ses bras ceinturaient Emerson, ses mains reposant sur le ventre du garçon. Un sourire figé sur ses lèvres (peut-être à jamais), des éclats de rire sporadiques soulevant sa cage thoracique, il tenta de regagner sa respiration, coupée quelques secondes auparavant par la chute d’Em, qu’il avait amortie. Il se redressa, les mains toujours autour du garçon, et se mit en position assise. Emerson était maintenant contre le torse de Robbie, entre ses jambes, et le vagabond, toujours en train de rire, vint reposer sa tête contre l’épaule d’Em.
– Rien de cassé ?, demanda-t-il, murmurant les mots dans le creux du cou d’Emerson.
Il ferma les yeux et se laissa lentement submerger par l’odeur du garçon. Des frissons s’emparèrent de son corps, et, par réflexe, il resserra l’étau de ses bras autour du torse d’Emerson.
– J’ai quelque chose à te demander ..., dit-il alors, glissant ses mains sous les bras d’Emerson pour l’aider à se relever, tapotant sa cape déchirée pour en enlever la terre et les feuilles qui s’y étaient collés. Il fit quelques pas en arrière et frotta son jeans, avant de se redresser et de plonger son regard dans celui du garçon. Il haussa les sourcils quelques secondes et lui sourit, échangeant quelques mots silencieux dans un regard, se moquant d’eux-mêmes et de leur chute ridicule. Ils venaient de forger leur premier souvenir ensemble, et Robbie s’en souviendrait une fois en mer, lorsqu’il aurait rejoint l’Alaska et son port de pêche et qu’il se sentira seul.
– Je dors sur la plage, avec Bailey, depuis qu’on est arrivé. Y a moyen que tu nous héberges avant que je reparte ? Juste quelques nuits. J’ai un sac de couchage, je dormirai par terre, et Bailey sera pas un problème, promis.
Il remit ses mains dans les poches de sa veste et tourna légèrement la tête sur le côté, faisant une moue suppliante.

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Message· · Sujet: Re: mind is a prison mind is a prison EmptyAujourd'hui à 20:51

Il avait perdu l’habitude de se casser la figure, d’avoir la moindre émotion soudaine. Enfant, il grimpait aux arbres, sautait dans la rivière en criant comme Tarzan ou poussait les chevaux au galop, enivré par le vent qui lui fouettait les joues. Depuis qu’il était parti, il avait dû se débrouiller seul, s’adapter à des situations nouvelles, des personnes étrangères et toutes les émotions vives avaient été soigneusement mises sous scellés. Emerson avait appris la prudence, la méfiance, l’observation; il avait oublié la spontanéité, le goût de l’aventure, les actes irréfléchis. L’enfant sauvage avait laissé place à un adulte en retrait et tout cela le percuta alors qu’il sentait la résistance lâcher, son corps être déséquilibré et la gravité l’attirer.  
Avait-il oublié de vivre? Etait-ce le but de la résurrection du fantôme du Wyoming? Lui montrer que sa petite vie tranquille n’était pas ce à quoi il aspirait réellement, alors qu’il avait passé des années à s’en persuader? Emerson avait traversé tant d’épreuves qu’il n’avait souhaité qu’un peu de répit: un coin anonyme où recommencer à zéro, où il pouvait être celui qu’il était, sans avoir à expliquer son passé, sans devoir grimacer à chaque fois que quelqu’un se trompait de pronom. A Windmont Bay, il était Emerson Moore, le garçon qui travaillait à la salle de spectacle, les personnes qui le connaissaient dans l’intimité se comptaient sur les doigts d’une main; les autres n’avaient pas besoin de savoir, cela ne les regardait pas, tout simplement. Il s’était lové dans cette nouvelle existence: son petit appartement, ses horaires décalés, son cercle restreint d’amis - pourquoi aurait-il souhaité plus? Mais ses sens avaient commencé à s’éveiller un an et demi plus tôt et, depuis, il lui semblait que son corps essayait de se dégager de sa prison. Il s’en était ouvert à Sami, ça n’avaient été que des mots mais ça lui avait fait un bien fou, déjà. Mais il avait fallu que Robbie surgisse du brouillard pour qu’Emerson comprenne qu’il voulait la paix de l’esprit mais l’embrasement de son corps; une réalisation qu’il persistait pourtant à museler. Parce qu’il s’agissait de Robbie, évidemment, un amour mort-né; parce qu’il ne voulait pas gâcher leur amitié naissante. Parce qu’ils étaient enfin ce que le cadet Moore avait toujours rêvé: deux garçons qui pouvaient discuter, qui pouvaient partager, qui pouvaient rire ensemble. Pourquoi aurait-il risqué ce lien en construction?
Mais ce ne fut pas une branche pointue ou une plante aux fines épines qui accueillit sa chute - ce furent des bras et un surface solide, chaude et humaine. Tout était allé si vite, en une poignée de secondes, et Emerson ne réalisa ce qu’il s’était passé que lorsqu’il sentit la terre dure sous ses fesses et l’étrange sensation de l’étreinte inopinée.
- Pardon! s’exclama Emerson en tentant de tourner la tête pour voir Robbie.
Mais celui-ci le tenait toujours par-derrière, les mains appuyées contre le ventre (en bouillie) du maladroit et Emerson sentit son coeur s’affoler en prenant conscience de leurs positions respectives. Robbie tressautait contre son dos, étouffant son rire, mais Emerson n’en avait que pour la panique naissante qui s’insinuait en lui - il dut se contenir pour ne pas écarter aussitôt les mains jointes. Ce n’est que Robbie, s’efforçait-il de dicter à son corps affolé, mais peut-être était-ce justement la raison d’une telle énergie brouillonne. Il craignait que Robbie détecte son angoisse, qu’il l’interroge et cherche à l’apaiser. Que pourrait-il rétorquer? Qu’il n’y pouvait rien? Qu’il l’avait toujours rendu nerveux? Qu’il n’avait jamais été insensible à sa beauté envoûtante, qu’il s’enivrait de son parfum comme le dernier des crétins? Robbie ne comprendrait pas; peut-être qu’il ficherait de lui, ou le malaise viendrait parasiter leurs retrouvailles. Par pitié, pas ça, pria Emerson en posant une main sur le sol, resserrant les doigts dans la terre meuble.
Un frisson (Emerson avait même l’impression qu’il y en avait plusieurs) naquit sous sa peau, juste à l’endroit où le menton de Robbie se cala contre son épaule, et Emerson sentit l’onde se répandre dans l’entièreté de son corps, comme un écho, un coup de tambour.
- N--non, ça va, lui assura Emerson en fermant les yeux, tâchant de garder un ton neutre. Et toi?
Car c’était Robbie qui avait amorti leur chute, il y avait plus de chance que des deux, ce soit lui qui se soit fait mal. Le jeune Ripley resserra son étreinte et Emerson ne put s’empêcher de se raidir d’appréhension. L’instant flottait dans le mystère de cette nuit d’Halloween et Emerson se concentra sur les éléments extérieurs (le hululement d’un oiseau nocturne, le ricochet des rires lointains contre les arbres, les appels de certains autres aventureux qui s’étaient risqués dans le labyrinthe).
- Quoi?
Emerson ne parvint pas à dissimuler la méfiance de sa question, incapable d’anticiper ce que Robbie pourrait lui demander, tant les possibilités étaient infinies. Il laissa le jeune homme l’aider à se relever (il n’était pas certain qu’il y serait parvenu seul, il serait bien resté là pour l’éternité) et baissa les yeux sur ses doigts maculés de terre, qu’il frotta sur sa cuisse. Il finit par relever le regard pour croiser celui de Robbie et attendit, toujours sur le qui-vive, refusant de choisir une voie.
Aussi, quand le grand brun finit par demander s’il pouvait l’héberger quelques nuits, Emerson éprouva un soulagement notable.
- Tu rigoles? Bien sûr. Enfin, je croyais que tu étais à l’hôtel, si j’avais su… Quelle idée.
Emerson sourit et secoua la tête. Il aurait dû demander au lieu de supposer, mais c’était comme s’il avait peur de trop en savoir, ou de poser la question qu’il ne fallait pas, qui risquait de les pousser vers une discussion qu’ils ne semblaient pas vraiment vouloir, ni l’un ni l’autre.
- Je suis un adulte responsable, tu sais, précisa-t-il avec une petite moue désabusée. Mon canapé est tout à fait convenable et sera bien plus confortable.
Il haussa les épaules, se mordit la lèvre inférieure et ajouta:
- Et j’adore Bailey.
Le regard qu’il porta à Robbie laissait toutefois penser que ses mots avaient une tout autre signification et Emerson fut soulagé qu’il fasse nuit noire; ainsi, Robbie ne pouvait voir ses joues teintées.
- Je te filerai une clé, comme ça tu ne dépendras pas de moi et mes horaires à la salle.
Le jeune homme fit rouler une pierre sous sa semelle et marmonna, sans savoir s’il parlait pour lui ou pour que Robbie l’entende:
- Tu peux rester aussi longtemps que tu veux.

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