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 everyone fails at something (s/e)


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Eason Harjo

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· everyone fails at something (s/e) · Dim 8 Mar - 20:45
STELLA x EASON
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@stella kahnwald

Gomme d’semelles érodée dérapant sur le linoléum puis sur le carrelage puis ,une fois le nez dehors, sur le macadam.
Si quelqu’un lui avait proposé de parier quoi que ce soit, sur ce qui s’était produit dedans – un véritable massacre bureaucratique - il aurait violemment refusé de se prêter à cette tartuferie d’envergure.
Là dedans, putain de merde, il avait perdu absolument tous ses moyens ; ses sourires insolents, son attitude indolente, ses sarcasmes en toute heure particulièrement affûtés - pouf. Plus rien de ce qui faisait de Eason Harjo Eason Harjo n’avait été présent ; des festivités tenues en son honneur, organisées comme le pire guet-apens de l’histoire. Un orteil dans cette vieille salle et il avait sû, c’était de ces odeurs acres qui s’agrippaient aux sinus, peut-être des vibrations dans l’air,  il se serait volontiers tiré par la porte arrière, d’ailleurs, n’était-ce pas ce qu’il avait presto fait dès que l’occasion s’était offerte à lui ?  Il aurait juré que son coeur avait eu l’intention d’écarter les côtes dans le but de , lui aussi, prendre ses jambes à son cou ; il y avait dans cette réponse les reliquats d’une habitude usée, les premières notes d’une chanson enregistrée sur un quarante cinq tours : de la folk, sinon quoi d’autre ? Qu’est-ce que ce satané pays avait d’autre à mettre  à sa disposition ? Des artères grisâtres sur lesquelles faire crisser des pneus ? Une pédale d’accélérateur à ruiner d’une seule pression de godasse ? Un sac noir.
A putain de sac noir et tout ce qu’il y avait dedans. Il avait rejoué ce scénario un millier de milliards de fois dans sa tête, la chute inévitable ne rendait le déroulement que plus désarçonnant : quoi qu’il ait pu faire, quelle qu’ait été l’option choisie, il savait pertinemment qu’il finirait baisé.
Cette vie là ne lui avait pas fourni les armes ; pas les nerfs, pas le cœur pour.
Il n’avait jamais eu le cœur ni à la séparation, ni à l’abandon. Certains diraient qu’il avait, au contraire, toujours su se débrouiller avec, faire la paix avec ce savoir, que l’Irak était une preuve.
Que même Windmont Bay était une preuve ; il ne fuyait jamais bien loin, il ne faisait que tourner en rond – d’abord au sein des cinquante deux états  - pour lesquels il s'était saigné- puis en lui même. Jusqu’à ce que l’ombre devienne plus grande que le tracas, plus réelle que le probable, tangible sous ses paumes tremblantes.
Il serra les poings, d'abord, les yeux rivés sur ses phalanges puis, il se passa une main sur le visage ; elle y demeura plusieurs secondes, qui devinrent des minutes puis il baissa les bras ; cette lutte là devait finir, le choix s’était imposé à lui.
En fait, à bien y réfléchir, il n’avait pas vraiment eu le choix. Encore une fois, quelqu’un s’était dit que. C’était certainement le plus rageant: ces valses inéquitables qu'il devait abordé avec résignation. Ce rôle de bouffon qu’il avait déjà endossé, les réparties qu’on lui avait attribué. Il posa un regard métallique sur Wild Stella  lorsque ses plus beaux atouts se dessinèrent devant lui, provocateurs, égides d’une personnalité daubante.
Eason demeura silencieux – contemplatif de ce qui se trouvait sous ses yeux marrons (Blondie ressemblait à la Blondie de ce repaire à picoleurs, loin de celle qu’il avait croisé au nouvel an – coincée dans ces apparences polies magnifiées par l’émeraude d’une robe longue), de ce qui meublerait son lendemain (son pick-up, l'interminable route, les oasis de ciment qui se dresseraient là où la nature réclamait ses droits).  Ensuite, c’est un long soupire qui s’échappa de ses lèvres, le cri de l’inconsciente détresse alimentée par une terrible envie de tout cracher, de tout révéler tant qu’il le pouvait encore.
Sachez que cet homme qui se tenait debout dans cette rue là, sous un soleil agonisant, n’en était pas à son premier tour de piste.
Il s’était tiré de cette salle, préférant échapper à l’inquisition – pour mieux tomber entre les griffes de Kahnwald. Il ne se serait pas attendu à ça ; c’était peut-être aussi grisant qu’agaçant. S’il avait voulu, il se serait inventé une excuse – il était très doué pour le mensonge - . -  Je crois que c’est bien la première fois qu’on se croise de jour – lâcha-t-il, finalement.   De jour, sans avoir bu.
Mais il n'avait pas une seule fois eu envie de mentir à cette femme là. 

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Dernière édition par Eason Harjo le Sam 28 Mar - 14:52, édité 1 fois

Stella Kahnwald

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· Re: everyone fails at something (s/e) · Dim 8 Mar - 22:44
La porte claqua et Stella ferma les yeux. Une grimace froissa ses traits et elle prit une profonde inspiration avant de rouvrir les paupières. Elle savait le geste inutile mais, instinctivement, elle posa la main sur la poignée et tenta de la tourner. Un juron qu’aucune femme bien élevée n’aurait proféré passa ses lèvres pincées et elle abattit son poing fermé sur le battant - sans plus de résultat que de diffuser une vive douleur dans son poignet et son avant-bras.
Ses clés, son téléphone, son portefeuille, tout se trouvait à l’intérieur. Même son paquet de cigarettes était resté sur la table du salon. Elle avait tout sorti la veille en cherchant une aspirine au fond de son sac et n’avait rien rangé. Elle était allée s’étaler dans son lit et n’avait rouvert les yeux qu’une dizaine d’heures plus tard. A présent, son sac battait sa hanche, complètement superficiel: il ne contenait qu’un paquet de chewing-gums éventré, son peigne (auquel il manquait plusieurs dents), deux échantillons de parfums, un tube de rouge à lèvres. Si elle le secouait, elle entendrait peut-être tinter de la monnaie dans une poche dissimulée mais ce ne serait de toute manière pas assez pour se payer quoi que ce soit. Et elle n’avait aucune moyen de contacter l’un des gamins avec qui elle vivait. Ô joie. Sa journée promettait d’être merveilleuse.
Un chapelet de grognements s’échappa de ses lèvres tandis qu’elle quittait l’immeuble. Elle n’avait aucune idée de l’endroit où se réfugier ni ce qu’elle pouvait faire pour passer le temps jusqu’à ce qu’elle puisse récupérer ses affaires. Or, s’il y avait bien quelque chose qui insupportait Stella Kahnwald, c’était bien l’idée d’errer comme une âme désoeuvrée - sans une goutte d’alcool dans le sang ou de nicotine dans les poumons, s’entend. Le premier lui permettait de se déconnecter de la réalité, de la faire somnoler même, avec une bonne dose, le second relâchait ses nerfs, chassait l’impatience et/ou la colère qui grondai(en)t en elle. Sans ces fidèles alliés, qu’était-elle censée faire pour chasser les pensées ténébreuses qui lui encombraient la tête? Comment devait-elle supporter les heures qui s’écouleraient avec une lenteur désespérée, comme pour tester ses limites, comme pour voir quand elle allait basculer dans la folie du désoeuvrement? Car c’était le paradoxe Stella: elle ne fichait rien de son existence - rien de valable, en tout cas - mais elle ne supportait pas l’inactivité, le silence, la présence de fantômes sans noms, sans visages. Les voix de la raison - celle, doucereuse, de la culpabilité, l’autre, plus virulente, d’une haine sans destinataire, sans point de départ ni arrivée.
Que fit-elle durant les trois heures qui la séparaient de cette nouvelle rencontre inopinée? Elle tourna en rond. Tout bonnement et simplement. Elle erra du côté de la plage, inspirant longuement chaque fois qu’elle sentait ses mains se mettre à trembler. Elle déambula dans les rues, s’arrêtant devant chaque vitrine, se maudissant d’être à sec. Merde, elle était même allée jusqu’au phare via le sentier secret (emprunté par tous les jeunes de Windmont Bay pour s’échapper et aller boire à la belle étoile) mais le temps était maussade et il n’y avait personne - pas la moindre âme en peine à tourmenter (ou à qui gratter une clope). Ah, qu’est-ce qu’elle n’aurait pas fait pour une stupide cigarette ou une lampée de bière. Pathétique. Rien qu’en y songeant, elle avait souri de sa propre misère. Elle était finalement revenue sur ses pas et avait maudit cette randonnée qui lui donnait des bouffées de chaleur et des palpitations. Aurait-elle mieux fait de rester assise sur les marches de l’escalier en priant pour que l’un de ses colocataires revienne plus tôt que prévu? Sans doute. Mais dans ce cas-là, elle n’aurait pas croisé la route d’Eason.
Elle le trouva planté là, au détour d’une rue, grand échalas au look de vagabond - incroyable mais vrai, elle commençait à apprécier la dégaine, elle qui s’amusait à retrousser le nez, juste pour feindre le désintérêt, prête à railler ce qui venait lui chatouiller l’estomac. Pas le coeur. L’estomac. Elle tenait à faire la distinction. Que fichait-il là? Est-ce qu’il était en train de pleurer? Stella se figurait mal cette idée mais qu’en savait-elle finalement? Elle ne le connaissait pas. La femme errante pencha la tête en l’observant et croisa les bras, se gardant bien de manifester sa présence - en vérité, elle aimait assez bien le regarder à son insu, il y avait une certaine vulnérabilité et ce mystère épais qui le cernait de toutes parts. Ce mystère qu’elle ne cherchait pas à percer mais qui l’attirait, bien malgré elle, elle devait en convenir (pas à haute voix, toutefois).
Eason finit par baisser les bras et découvrit sa présence. Stella resta impassible, toujours figée dans la même pose et se borna à un haussement de sourcils équivoque. A coup sûr, il aurait préféré ne pas être surpris à ce moment précis - du moins aurait-elle détesté que ça soit le cas, si la situation avait été inversée.
- Et? T’es déçu? s’enquit-elle avec une pointe de cynisme.
Elle n’était pourtant pas aussi débraillée que le soir de leur première rencontre, même si sa veste en cuir lui collait un peu au dos (merci la marche improvisée) et ses cheveux devaient lui donner des airs de lionne égarée (même excuse), mais elle ne semblait plus avoir le moindre point commun avec la femme du Nouvel An. Stella Kahnwald ne s’embarrasssait pas de grand-chose et s’il la côtoyait plus d’une heure toutes les lunes, il découvrirait qu’elle changeait de visage comme d’humeur et que l’illustration la plus éloquente était sans doute ce qu’elle enfilait à ce moment-là - même si, étrangement, elle avait la désagréable impression que peu importe sa tenue, il verrait toujours à travers d’une façon bien trop perçante pour son bien.
- T’as pas l’air dans ton assiette…, fit-elle remarquer, pour ne pas lui demander comment il allait.
Comment se comportait-on avec un parfait étranger qui était bizarrement devenu un visage familier, une voix résonnante, une présence singulière dans un paysage terne? Stella n’en savait rien. Elle avait appris à ne compter sur rien, sur personne, elle entendait bien continuer sur cette voie, quoi qu’il arrive.

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· Re: everyone fails at something (s/e) · Lun 9 Mar - 15:23
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@stella kahnwald

Il n’avait pas seulement suffi d’un anniversaire ; il n’aurait probablement rien glorifié des manèges réalisés dans le but de le faire plier. Cela faisait un sacré bout de temps qu’il n’était plus sujet aux oscillations d’aérolithes, plus susceptible d’y trouver une rare forme de réconfort.
Eason était un homme, dans ce que cette définition avait de plus révoltant, de plus usant et corrodant, peu prolixe, bordé par des conceptions désuètes, pétri d’intentions louables que sa ganache de rejeton né d’la cuisse gauche rendait insupportable à côtoyer. C’était un tout ou rien qui s’employait, qui décidait de rapprocher les pôles pour les rendre indistincts l’un de l’autre, presque pareils en tout point. Presque inutiles.
 Il avait évoqué les diversions conscientes ; omettant intentionnellement celles d’une autre nature, se galvanisant d’une sensation habituelle, compagne de ses envies terribles.
Complice de ce sac noir – et de ce qui se trouvait dedans-. Des médailles gagnées et le savoir sous les plis d’une lettre froissée. Le poids tombant dans son estomac comme l’aurait fait du granite prit à joug ses lèvres entrouvertes – sur son visage, des milliers d’expressions se succédèrent, toutes furtives, toutes narrant des bribes d’une histoire qu’il avait planqué durant les seize dernières années, encaissant le coup d’une bonne dose de déni.
Ce processus n’avait duré qu’un temps, irréfragable face à l’éveil. Il employait toujours ces mots «éveil », « savoir » pour que l’éventualité de tout déverser ne se fasse pas aussi tentante qu’elle ne l’était déjà (trop, effroyable et perceptible sous forme de picotements).
Wild Stella sous ses iris et il n’y aurait eu aucun autre prisme sous lequel elle aurait été aussi  appréciée, exactement pour tout ce qui aurait dû la rendre antipathique. Ses phrasés acescents, son air mutin et condescendant, le rictus qui ne quittait pratiquement jamais ses lèvres et qui n’en faisait qu’une trame sur laquelle il aurait inlassablement désirer dessiner autre chose. Du contentement, du plaisir, de la folie,  de la fureur – dans les mauvais jours- , il aurait aimé être l’artiste des jours meilleurs ;  montrer à l’impudente farouche ce qu’elle manquait à marquer les tranchées, à bâtir pierre par pierre le mur illusoire de ces remparts insensés : elle disait qu’elle se fichait de ce que les autres pensaient d’elle ? C’était aussi faux qu’il prétendait n’être qu’un trimardeur. Si c’était le cas, alors n’était-il pas que de passage dans cette vie qui avait croisé la sienne un soir mélancolique.
Mais, il y en avait eu d’autres ; le fortuit rencontrant le fatum et qui malgré tout – les signes dispensateurs d’une formidable leçon, par exemple – avait franchi ces satanées pierres, faisant une brèche dans ce mur là, sur ce rempart, faisant s’écrouler sur elles les appréhensions ; un verre de vodka à la fois.
Quelques semaines et c’était à une nouvelle année qu’ils s’étaient donnés : tiens, prends.
La ‘pointe de l’iceberg’ victime du réchauffement climatique induit par les azurées qui le fixaient et qui étaient exactement les mêmes que lorsqu’il fermait les yeux, espérant s’en souvenir, se vit disparaître sous la montée des sentiments.
Ces billes inquisitrices, malignes ; railleuses, toujours. Il n’en était pas à son premier tour de piste, pourtant, quelque chose chez la blondinette lui suggérait tout le contraire.
Celle-là était glissante, farcie d’excavations. De ces rinks qu’il aurait entamé avec foi : juste la ferveur de ceux qui croient en quelque chose (mais, ne croyait-il qu’en lui, qu’en ce que ses mains avaient fait?). Il lui aurait donné la réplique en silence, c’était ce qu’il savait faire de mieux ; l’Oklahoma ne lui avait jamais autant manqué qu’à cet instant, celui qui précédait le départ (et qui ne s’encombrait encore d’aucune destination, comme s’il laissait le choix au hasard).
Qu’était donc Wild Stella ? Si ce n’est un autre des choix du hasard ou comme elle l’avait si bien dit « le fruit ».
Un, auquel il n’aurait même pas eu le temps de goûter.
Il y avait cette conjonctive rougie et la fine pellicule humide qui rendait brillants ses yeux ; il n’avait pas souvent chialé mais ce jour, précisément,  avait vu les vannes rompre, c’était intenable, le poids de l’éveil, la suffocation. Il manquait d’air, il manquait d’appui, il manquait de tout ce dont il aurait diablement eu besoin. Il gloussa face à la remarque concernant son état ; il avait connu de meilleurs jours – mais, encore, il avait connu toute la gamme (et bien qu’elle ait été large, il savait qu’il n’y avait rien d’autre à faire que de succomber).
Il la quitta du regard, collectant ses pensées, dieu...ses larmes, il renifla et porta à nouveau son attention sur elle ; l’homme essayant de planquer ses blessures, l’homme essayant de se montrer fort, qu’en aurait dit Bill ?
Après quelques secondes, il secoua la tête, non, il n’était pas dans son assiette et il n’allait probablement pas l’être pour les prochaines semaines. Il allait quitter cette ville, il allait quitter Donna, il allait quitter Persy, il allait la quitter elle et tout ce qui aurait pu se passer parce que c’était la démarche à suivre, la seule qu’il ait connu et appliqué. - J’ai fait mon temps – cette ville avait été exactement tout ce qu’il n’avait pas voulu qu’elle soit : accueillante, chaleureuse, pleine de vie.
Il ne développa pas, parce que cela n’aurait servi à rien.
D’un mouvement du menton, il l’invita à le suivre ;  l’envie de bouger s'était faite pressante, s’il se mettait déjà en mouvement, son corps puis son esprit s’y habitueraient. Et alors les second thoughts disparaîtraient comme elles l'avaient fait toutes les fois précédentes. Il aurait dû la repousser, s'éviter les complications éventuelles mais...nop. - Tu te souviens de ce que je t'ai dit sur les opportunités à saisir ? il arqua un sourcil. Permission de me retrouver dans ta tête ? Il avait des choses à lui dire avant de déguerpir. 

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Dernière édition par Eason Harjo le Mar 10 Mar - 16:34, édité 3 fois

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· Re: everyone fails at something (s/e) · Lun 9 Mar - 18:04
Elle se souciait rarement - jamais, pensaient plutôt les gens - des états d’âme de chacun. C’était ce qui lui avait valu cette réputation sulfureuse de femme sans coeur, qui prenait et jetait sans sembler éprouver la moindre émotion. Ce qu’ils ne paraissaient pas saisir, c’était que c’était plus simple comme ça. Economie de temps, économie d’énergie. Elle n’avait jamais été dotée de patience, elle l’était encore moins aujourd’hui. Ce n’était pas l’âge qui avait réduit son taux de tolérance, qui avait avancé son seuil à un point critique; c’était la vie qui s’était chargée de ça. Usée jusqu’à la corde, voilà ce qu’était Stella Kahnwald. Elle en avait marre des gens et de leurs attentes illusoires. Elle n’était pas née pour les satisfaire et même quand elle avait essayé - elle ne s’en vantait pas et l’effort avait été peut-être été si minime qu’il était passé inaperçu - ça n’avait servi à rien. Quand on ne se chargeait pas de lui coller tous les maux de la terre sur le dos, Stella le faisait à leur place, leur donnant des excuses, des preuves, des ah, qu’est-ce que je vous avais dit? Le vrai problème, il venait quand il fallait aller à contre-courant, démontrer qu’elle n’était pas aussi horrible qu’on la dépeignait - quand il fallait déconstruire une croyance qui avait eu largement le temps de s’enraciner dans l’esprit d’un gamin délaissé. L’autre souci, c’était que Stella n’avait pas appris à composer, à s’adapter, à concéder. Comment, dans ce cas, concilier la nécessité et l’habitude? Comment se défaire des mécanismes de défense encrassés? Tout cela paraissait insurmontable, voué à l’échec et, dans ce cas, à quoi bon s’échiner? A quoi bon rester? A quoi bon zoner dans Windmont Bay, en équilibre précaire sur une corde prête à rompre? Stella Kahnwald n’en avait aucune idée - et personne à qui demander.
Tous ceux qu’elle aurait pu envisager étaient soient morts et enterrés, soit prêts à se fendre la poire si elle essayait de se repentir. Elle ne les détestait même pas pour ça - elle-même se serait foutue de sa propre gueule si elle avait assisté à la scène. Voie sans issue. C’était un peu le serpent qui se mordait la queue - la vipère, dans son cas précis.
Alors, théoriquement, n’aurait-elle pas dû ne rien en avoir à foutre de sa mine de déterré, de son regard larmoyant? Aurait-elle dû faire comme si elle ne le voyait pas? Jouer la nonchalance en espérant que l’expression se dilue et prenne une autre forme? Elle était incapable de lui témoigner la moindre marque de compassion mais il devait s’en douter, ça, non? Elle aurait pu parier que oui. Elle aurait même parié gros. Tout. Ce qui se résumait à pas grand-chose vu ce qu’elle avait à offrir. Encore aurait-il fallu qu’il veuille quoi que ce soit de sa part.
Eason secoua la tête et Stella attendit. Une réponse. Un indice. N’importe quoi. J’ai fait mon temps. Des mots cryptiques qui ressemblèrent à des petits pierres pointues, jetées en poignées sur elle, son visage impassible, son coeur moins impénétrable qu’elle ne voulait (se) le faire croire. Une lapidation lacunaire qui la fit presque glousser à son tour. Il aurait pu disparaître depuis longtemps, pas besoin d’au revoir puisqu’ils ne se connaissaient pas, qu’est-ce que ça aurait changé pour elle? Strictement rien. Mais maintenant que cette perspective s’infiltrait entre eux, Stella vacillait. Elle ne voulait pas osciller, elle voulait rester droite - assurance illusoire vu qu’elle zigzaguait depuis toujours. Elle n’avait jamais été droite. N’était-ce pas la raison précise pour laquelle elle se tenait aujourd’hui à cet endroit? Destin fataliste qui se moquait de manquer de cohérence. Lui, il jouait. Les pions, ils pouvaient basculer, s’étaler, ne jamais se relever.
C’aurait été le moment de le pousser à élaborer, mais ça aurait signifié démontrer de l’intérêt et sa carapace la plus solide consistait justement à ne rien laisser filtrer de tel. Economie de temps, économie d’énergie. A quoi bon se fatiguer? Le suivre n’allait toutefois pas à l’encontre de ses principes, si? Elle n’avait rien de mieux à faire, après tout. Toujours coincée dehors, autant qu’elle ait de la compagnie - et la sienne n’était pas désagréable (mais chut).
Stella lui emboîta le pas, décroisant les bras, allongeant les foulées pour arriver à sa hauteur, suivre sa cadence. Dix centimètres à tout casser entre leurs coudes. Et elle qui devait lever le menton pour lui jeter des regards en oblique, sceptiques, la question dansant en arrière plan. Elle s’apprêtait à réclamer, à lui dire qu’elle venait de passer trois heures à marcher et qu’elle ne le suivrait donc pas jusqu’à Tombouctou à ce rythme, quand il ouvrit à nouveau la bouche. Elle fronça légèrement les sourcils, comme si elle ne se rappelait pas de tels propos et s’écarta d’un demi-pas lorsqu’il lui demanda la permission de se retrouver dans sa tête.
Son premier réflexe aurait été de dire qu’il ne voulait pas s’y retrouver. Que c’était moche, là-dedans. Chaotique. Marécageux. Au bord de l’asphyxie. Mais c’aurait été admettre trop de travers, certains dont il devait sûrement se douter. Parce que chaque fois qu’il la regardait, elle avait l’impression d’être un être transparent, privé de la possibilité de cacher les horreurs qu’elle trimballait partout où elle allait. Mis à nu. Passé au crible. Une vulnérabilité forcée, qu’elle ne savait pas maîtriser.
- Est-ce que je t’en ai déjà empêché? répliqua-t-elle, sarcastique, sans abandonner son air méfiant.
Elle avait gesticulé, prétendu, fait diversion, mais aucune de ses manoeuvres n’avait aveuglé Eason. Elle ne voyait pas l’intérêt de le nier. Pas s’il disparaissait demain.
Et puis elle ne pouvait noyer cette curiosité que faisait naître une telle attitude. La force du mystère, songea-t-elle. Ou sa force à lui.
- Ne t’avise pas d’y foutre le bordel, l’avertit-elle toutefois, un sourire trahissant qu’elle trouvait cette perspective parfaitement improbable.
Il ne pouvait pas faire pire, en tout cas.

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· Re: everyone fails at something (s/e) · Mar 10 Mar - 17:46
STELLA x EASON
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@stella kahnwald

- Vous avez reçu un colis, d’ailleurs un peu trop volumineux pour la boîte postale correspondant à votre compte – il avait froncé les sourcils, ah bon ? Il n’y avait pas grand-chose habituellement dans cette maudite boîte, si ce n’est les courriers qu’il avait accepté de faire suivre (il lui arrivait parfois d’avoir des nouvelles de Dulce qui ne résistait pas au romantisme d’une lettre, parfois c’était Cait qui se rappelait à son souvenir comme une chanson d’accroche , parfois c’était Persy et leurs collections de bouchons et leur insatiable envie de liberté qui les menait sur les routes). Il n’avait pas accueilli la nouvelle comme il aurait dû (probablement avec excitation et impatience – génial, un colis !), il s’était passé une main sur la nuque, avait acquiescé comme l’aurait fait l’idiot pris en joug : peu enclin à négocier les termes d’une mise à mort (priant seulement intérieurement pour qu’elle soit rapide).
Ça n’était pas une sensation inédite, aussi lorsqu’il vit revenir l’employée du bureau de poste avec le paquet entre ses mains – de la taille d’un cageot - , il aurait presque pu décrire avec exactitude ce qu’il contenait.
Parce qu’il l’avait fui une bonne dizaine de fois à travers tout le pays et qu’invariablement (parce que disparaître des radars aussi facile n’était pas entièrement envisageable, faute à ses liens qu’il avait crée – bien malgré lui) l’émetteur de ce paquet finissait par le retrouver, par retrouver son adresse, par lui envoyer ces effets personnels.
Stockton, Californie, Jeff et Gina Fink.
Après White Cave, il n’y avait plus eu d’absolu pour celui qui avait vécu dans la nature et qui avait grandi en adoptant une maxime simpliste ; il n’avait jamais été un enfant du monde puisqu’il avait eu des parents, puisqu’il leur avait appartenu avant d’appartenir à ces grands espaces qui lui avaient inculqué la hardiesse et l’indocilité avant que l’armée ne se charge de tout remettre en ordre (puisqu’il s’agissait de lui offrir une réelle appartenance et ...d’accord, il n’y avait pas cru une seule seconde). L’employée du bureau de poste n’avait pas idée de ce qu’elle avait déclenché, de cet orage qui se déchaînait encore et qu’il contenait face à Blondie.
Les larmes ? Il les assumait, pleinement. Ce qu’il n’assumait pas, en revanche, c’était le choix qu’il avait sciemment fait ce jour là, lorsque devant ce groupe d’hommes en costards-cravates il avait accepté le feuillet tendu dans sa direction (et la gifle balancée).
Eason Harjo et Stella Kahnwald marchaient côte à côte, sur cet asphalte tâché par endroits, craquelé, terreau des quelques graines de pissenlits qui avaient été disséminées par les vents soufflants dans cette région pourtant peu favorable à leur épanouissement ; devant ces enseignes, ces vitres aux thèmes différents – au milieu d’un chemin menant vers le royaume magique des munchkins ou vers cet ailleurs qu’il considérait, à peine attentif à son propre mouvement (encore moins à celui de la femme qui le flanquait et qui ne cessait de le surprendre ; il l’aurait vu refuser sa compagnie, rechercher celle du gamin qui l’escortait au nouvel an – une distraction furtive et creuse, c’était de ces tours qui aidaient simplement à tromper le temps et à se fourvoyer elle-même).
Il pila au milieu du passage et, à cette heure là, pas vraiment tôt, ni vraiment tard, il ne gêna ni bouscula personne mise à part Stella et l’infini gouffre que dissimulaient peu efficacement ses opalines ; l’infinie douceur muselée par un ego surdimensionné qu’un parcours semé d’obstacles avait rendu difforme, repoussant mais qu’il avait l’impression d’avoir côtoyé toute sa putain de vie.  - Arrête de fuir, Stella. Arrête de les fuir et arrête de te fuir – il avait reçu la permission d’entrer dans cette tête particulièrement complexe qui n’aurait jamais su effleurer les possibilités tendues dans sa direction ; il eut l’impression qu’ils étaient le corps d’une chanson de Bruce Springsteen – mais il refusait, Eason Harjo sur le départ, d’accepter que la seule personne dans cette ville qui méritait d’y rester ne fasse exactement ce qu’il s’apprêtait à faire ; encore et toujours, c’était une solution temporaire et si dans son cas la viabilité n’était pas à soulever...Travaille sur tes plaies. Travaille dessus, sérieusement. Prétendre qu’elles n’existent pas ne les fera disparaître. S’il avait travaillé sur les siennes, peut-être qu’il serait à Stockton ; depuis seize années déjà. Peut-être qu’il n’aurait jamais rencontré ni Stosic, ni Dulce, ni Donna ; il n’aurait pas rencontré cette blonde cynique et le rictus moqueur qu’elle affichait, ses gesticulations excessives ; sa logique irrationnelle de « rien ne peut m’atteindre » puisque qu'elle avait été assise à côté de lui, dans ce bar, ce soir-là. Fais en sorte que ça s'arrête, que la spirale prenne fin, le pouvoir a toujours été entre tes mains, ne t'en remets pas au hasard. Le hasard c'est qu'une connerie qu'on raconte à ceux qui n'ont pas les couilles de prendre de véritables décisions. Il se passa une main dans ses cheveux et reprit la marche, après avoir haussé les épaules. S'il devait suivre ce qu'il venait de dire à la trentenaire alors il savait quelle serait sa prochaine destination. Au fait, il a tes  yeux. Ses beaux yeux d'un bleu coupé à l'eau.

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· Re: everyone fails at something (s/e) · Mer 11 Mar - 19:24
Elle appréhendait, évidemment. Donner la permission, c’était ouvrir la porte, donner une chance de foutre un coup de pied dans la ruche. Il valait mieux pour lui qu’il ne craigne pas les piqûres, les morsures, parce qu’un animal blessé avait une forte tendance à claquer des dents, une défense offensive, faire mal avant d’avoir mal - ou faire plus mal que la douleur lancinante déjà présente. Elle n’offrait pas ce loisir, généralement, ne savait pas pourquoi elle le faisait avec lui. Il n’avait rien à faire là. Personne n’avait rien à y faire. C’était une zone de guerre dévastée, plus rien ne pousserait au milieu de cette terre retournée, ça ressemblait aux tranchées du siècle précédent, les carcasses pourrissantes et l’odeur nauséabonde comprises. Mais il semblait y tenir, pour une raison qui échappait à Stella, et s’il avait envie de s’enfoncer dans la boue, pourquoi le retiendrait-elle? Peut-être qu’il partageait plus qu’elle ne voulait l’admettre. Peut-être qu’il pouvait poser la main à même le sol et sentir le monde bouger sous la surface, tremblement indécis, vibration lointaine. Elle n’avait pas envie qu’il se salisse les mains mais puisqu’il n’écoutait pas, puisqu’il niait les signaux d’alarme, les mises en garde répétées, puisqu’il attendait que les diversions faiblissent, Stella le laisserait n’en faire qu’à sa tête. Pour ce que ça leur rapporterait, à l’un et à l’autre, l’un à l’autre, de toute manière…
Alors Stella tournait la clé, poussait les deux battants d’un geste teinté de provocation. Vas-y, semblait-elle dire. Va voir, puisque tu ne demandes que ça. Après… on verrait bien. Elle ne savait pas comment ça marchait après, elle n’était jamais restée assez longtemps pour le découvrir. Par indifférence, dirait-on. Par peur, plus assurément.
Elle s’arrêta une seconde après lui, sur le qui-vive, une lueur de défi grillant ses yeux clairs, malgré la conscience qu’elle lui avait donné carte blanche. Elle le regrettait avant même qu’il ait ouvert la bouche, percée avant même qu’il lâche les mots. Un frisson à l’origine indéfinissable hérissa sa peau, sous les couches de vêtements et elle recula instinctivement, comme si une distance minimale permettait d’être moins touchée par sa voix, par ses paroles. La blonde l’incendia du regard, les mâchoires serrées. Elle avait détesté cette façon qu’il avait de croire qu’il savait tout d’elle d’un regard, le soir où ils s’étaient rencontrés pour la première fois. Elle haïssait la vérité: que c’était exactement ça. Qu’elle n’avait pas eu besoin de dire quoi que ce soit pour qu’il évite les pièges et écueils, il avait avancé droit vers elle, sans se soucier du masque qu’elle cherchait à afficher, du portrait disgracieux qu’elle offrait. Pourquoi? s’était-elle demandé. Pourquoi ce parfait inconnu détenait-il la clé d’un coffre fermé à quadruple tour? Pourquoi avait-il fallu qu’elle croise sa route?
La tentation de répliquer, de l’interrompre, était brûlante. Je fuis pas, voulait-elle gronder en réponse. Je ne fuis personne. Mais c’était comme si les mots se heurtaient à un mur, celui de sa gorge nouée, de ses lèvres pincées. Ils s’entremêlaient et n’avaient plus le moindre sens. Ils se déversaient dans son regard en rébellion. Lui donner la permission de l’analyser ne signifiait pas qu’elle devait accepter ses paroles comme l’évangile, n’est-ce pas? Et comment pouvait-il être si sûr de lui? Si persuadé qu’il ne se trompait pas, qu’il l’avait lue toute entière? Il avait vu le sang couler, elle savait qu’elle était aussi humaine que la prochaine personne qui passerait près d’eux - et qui se demanderait sûrement s’ils étaient un couple qui se querellait, quand ils n’étaient rien l’un pour l’autre. Juste deux astres qui étaient entrés en collision. Même pas des connaissances, encore moins des amis. Alors de quel droit lui donnait-il des conseils qu’elle n’avait pas demandés? Elle avait accepté de l’écouter, ça ne signifiait pas qu’elle comptait suivre ses recommandations. Elle s’apprêtait à lui dire tout cela, à lui cracher son indignation au visage, à balancer sa mauvaise foi mais il se fichait de ses mensonges, de ses contorsions d’équilibriste complètement ivre. Il avait juste envie d’avoir raison, de lui prouver qu’il l’avait percée, qu’elle n’était qu’un cliché pathétique dont le problème majeur était visible des kilomètres à la ronde. Un haussement d’épaules et il était reparti, détalant dieu sait où.
Non sans lâcher une dernière bombe, toutefois.
Stella ne le suivit pas, cette fois. Son coeur de pierre avait coulé au fond de son corps, la rivant à cet endroit où elle était plantée, la bile remontant son oesophage, la colère faisant vibrer tout son corps.
- Il n’a pas que mes yeux, répliqua-t-elle, la voix tremblante de cynisme - et d’une douleur impossible à contenir, dont elle n’avait même pas soupçonné l’intensité jusqu’à ce qu’Eason lui jette ses quatre vérités au visage. Il a aussi mon caractère de merde.
Un tic fit tressauter ses lèvres, mais il ne s’agissait pas d’un sourire, plutôt d’une incrédulité irrépressible.
- C’est trop tard, dit-elle rageusement. J’ai vingt ans de retard.
Il me hait comme je haïssais mes parents, songea-t-elle. Elle n’avait fait que reproduire les travers familiaux. Elle avait cru l’épargner d’une maladie incurable. Elle ne voulait pas qu’il lui ressemble. Elle avait été égoïste, aussi, elle ne s’était pas sentie de taille, elle n’avait pas voulu abandonner sa liberté, mais ça, c’était l’excuse qu’elle s’était plu à diffuser quand, en vérité, la source de sa désertion était bien plus complexe qu’une erreur de jeunesse, qu’un égocentrisme démesuré.
- J’ai vingt ans de retard et je reste quand même là.
Un ricanement lui échappa et elle haussa les épaules. Elle pouvait fuir, aller n’importe où, le monde était assez vaste, mais elle avait l’impression de n’avoir nulle part où aller. Elle était en bout de courses. Elle avait été partout et elle n’avait jamais trouvé sa place. Elle avait perdu tout espoir de la dénicher quelque part. Certaines âmes étaient peut-être faites pour errer éternellement, ressassant leurs erreurs, incapables de les réparer.
Finalement, un sourire parvint à tordre ses lèvres et une grimace lui froissa les traits alors qu’elle cherchait à reprendre l’avantage, à les détourner d’elle.
- Si tu crois que je ne vois pas ce que tu fais… C’est toi qui as une tête de déterré, toi qui as l’air de porter le monde sur tes épaules. Pourquoi on parle de moi? Mon problème, c’est que contrairement à toi, je suis incapable de savoir ce qui se passe là-dedans, dit-elle en désignant son front. Alors au lieu de jouer les grands sages en réduisant ma vie à une analyse à deux balles, tu vas me dire ce qui se passe?
Elle croisa les bras sur sa poitrine, pour se donner un air assuré, mais elle sembla davantage se protéger d’un ennemi invisible - sans savoir s’il était là dehors ou dans sa tête.

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· Re: everyone fails at something (s/e) · Sam 14 Mar - 12:08
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« DNA test came back, turns out you’re not who you're supposed to be »
La calvitie de celui qui s’était exprimé grignotait quatre vingt pourcent de son crâne, les cheveux éparses étaient collés au gel d’une extrémité à l’autre n’ayant même pas l’avantage de planquer le désastre ; ses lunettes étaient de forme carré, son nez aquilin expressif doté d’une arête retorse bougeait à chaque fois qu’il prononçait une parole.
Les deux autres piafs qui le flanquaient se contentaient d’en faire les chœurs, acquiesçant à chaque assertion : il n’avait que dix huit piges à l’époque mais Eason se souvenait encore avec acuité de cette remontée acide qui s’était frottée au paroi d’tube digestif et qui avait frôlée ses papilles.
Tous les White Cave du monde s’étaient réunies dans les mirettes azurées qui le fixaient désormais ; dans l’expectative d’une réponse, il s’était suffisamment dérobé à l’exercice, considérant qu’il n’existait entre eux – entre Stella stellaire et Eason Harjo inextirpable (des convictions , des conceptions désuètes qu’il affectionnait tant) – rien de mesurable (mais, l’impalpable était pourtant indubitable et crevait les yeux).  Il n’aurait fait preuve que de stupidité s’il s’était enlisé dans l’expression d’une dénégation forcée ; il n’y avait chez l’individu qu’une sérieuse véridiction dans son approche de ce que la femme qui l’accompagnait présentait de ses semblables – la brutalité d’une intuition.
La reconnaissance de deux alter egos ; dans une ritournelle intemporelle.
Elle avait haussé le ton ; inconsciemment, sûrement parce qu’il avait creusé la distance avec ses longues jambes – un pas de l’un en représentait deux de l’autre. Il s’était arrêté répondant d’un sourire – le cynisme était excessivement criard, dans cette voix dont elle ne mesurait pas le pouvoir, presque trop agréable pour des oreilles qui ne se délectaient que de conversations sans enrobages.
Stella Kahnwald : pas seulement un physique ; de ces blondasses qui auraient pu prétendre à un titre – c’était de la ruse et ...un caractère de merde.
Apparemment, elle avait vingt années de retard, Eason, lui,  en avait seize ( lui avait-on annoncé dans cette salle mal éclairée) mais c’était pas forcément parce qu’ils étaient en retard qu’ils devaient toujours se blâmer d’avoir un jour été trop lâches.
En retard mais également fin prêts à rectifier leurs erreurs, à faire en sorte de guérir les blessures provoquées par un éloignement dont ils n’avaient ,à l’époque (et peut-être n’avaient-ils jamais réussi à en sentir les effets), pas évalué les retombées. Nul doute se serait-il dérobé, comme il le faisait toujours et comme toutes les femmes qui avaient compté (si peu) l’avaient fait remarquer : furtivement. - C’est parce que tu es exactement là où tu devrais être ; il t’a fallu vingt ans pour le comprendre. Il secoua la tête et sourit ; d’un air fou. T’es pas en r’tard, t’as pris ton temps. Il leva les yeux au ciel, avait-il lui aussi pris le sien ? Ils devraient comprendre – l’aurait-il fait ?
S’il avait été à la place de cet adolescent dont il avait aperçu les traits au nouvel an ?
Il ne se targuait pas de comprendre les rouages d’un mécanisme dont il ne savait rien ; il n’avait pas grandi au sein d’une famille conventionnelle, il n’y avait eu que William Salazar Harjo et leur vieille Honda, leur tente ,leurs pièges à lapins, leurs canes à pêche et l’espoir de ne jamais être retrouvés. Il ne s’en serait même pas douté, l’Eason de huit ans, pas plus que celui de cinq pas plus que celui qu’il avait été bien avant cela. Tu avais tes raisons. Mais, si tu es partie, tu ne l’as pas fait parce que tu t’es dit qu'ça serait amusant . T’es pas le genre de femme à prendre ce genre de décision à la légère– il répondait là à ce qu’elle lui avait dit, par rapport au fait qu’elle ne savait pas ce qui se passait dans sa tête à lui de cette façon contournée dont il usait toujours.
Si, elle savait.
Elle savait parce qu’elle avait vingt ans de retard, du moins, vingt ans à rattraper. Et qu’il était exactement dans le même cas qu’elle – il avait eu ses raisons mais ses raisons n’étaient désormais plus légitimes. Son analyse ne valait même pas deux balles – il l’aurait dispensé pour rien du tout ; Wild Stella méritait mieux que le rejet (comme il aurait mérité mieux que le feuillet). Mieux que le mensonge, mieux que les « contorsions d’équilibriste ». -   J’ai évoqué  White Cave, nan ? La goutte d’eau, l’événement qui aurait dû lui mettre la puce à l’oreille. J’me tire simplement de cette ville pour la Californie – peut-être que si ça avait été quelqu’un d’autre, une femme moins  intelligente, cela aurait pu lui suffire. Mais, cela n’aurait jamais suffi  à celle qui se plaisait à dénigrer tout ce qui pouvait sortir de sa bouche. Il n'y avait plus une trace de larme dans ses yeux et il le devait à la blondinette. Elle n'avait pas idée de ce qu'elle venait de faire, par le simple fait d'être là. Alors, il se rapprocha d'elle, il goba les quelques mètres qui les séparaient promptement. Tu veux que je te dise ? J'ai toujours fermé ma gueule. Il lança un regard entendu. Parce que j'avais honte d'avoir aimé mon enfance, d'avoir aimé quelqu'un qui m'avait arraché à mon berceau pour des raisons que je ne saurais jamais. Je ne peux pas revenir en arrière, c'est pas possible - plus il parlait, plus les digues rompaient, plus les choses qu'il avait gardé se déversaient et il se fichait que ça ait  lieu face à celle qu'il aurait pu qualifier d'inconnue. Elle aurait encaissé, elle. Elle n'était pas fragile. C'est à Stockton que se situe ma véritable famille et de toutes les villes de ce maudit pays, c'est bien la seule que j'ai évité avec précaution. Il avait été à quelques kilomètres de Jeff et Gina Fink. Quelques kilomètres de mettre fin à leur profonde tristesse. J'ai été un gosse heureux, j'ai vécu de rien et cela m'a toujours suffi. Je pensais qu'il ne me fallait pas plus que Bill - le plus dur, le plus insensé. Je l'ai appelé "papa", putain, je l'aurais même appelé dieu. Il leva les mains, il rendait les armes. Mais il n'était ni l'un, ni l'autre. Il était l'immonde, l'effroyable.
Il était celui qui avait dérobé Archer Fink, quatre ans, un après midi de novembre. - Alors, dis-moi comment et je te porterais également sur mes épaules n'était-ce pas ce qu'il avait toujours fait ?

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Dernière édition par Eason Harjo le Jeu 19 Mar - 15:05, édité 1 fois

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· Re: everyone fails at something (s/e) · Mar 17 Mar - 18:26
En temps normal, elle ne se serait pas souciée de ce qui pouvait faire froncer les sourcils de ce presque inconnu. Ce qui voilait son regard, ses traits enténébrés, elle ne voulait pas y être associée. Elle ne pourrait rien y faire, de toute manière. Elle ne trouverait pas les mots qu’il fallait, n’aurait pas les gestes adéquats. Elle n’avait pas été formée à être un soutien à quiconque, elle était plus douée pour créer des ennuis, embourber les gens, les faire fuir. Elle n’aurait pas dû demander, pas insister. Elle aurait dû garder son masque habituel, être le personnage qui lui évitait de s’impliquer. De se blesser. Garder ses distances. Creuser le fossé. Imposer l’écart. Empêcher l’approche. Tout ça, elle le faisait très bien, instinctivement, naturellement. Laisser entrer quelqu’un dans sa tête et essayer d’aller dans la sienne, ce n’était pas dans ses habitudes, elle n’avait pas signé pour ça en s’asseyant sur ce stupide tabouret, à côté de ce vagabond, quelques mois plus tôt.
Et pourtant elle était là. A le jauger avec méfiance et à attendre avec une certaine appréhension sa réponse. Elle n’avait pas uniquement demandé pour détourner l’attention, pour ne pas être l’objet observé au microscope; elle voulait également savoir. Vraiment. Elle voulait comprendre cet énergumène qu’elle croisait aux moments les plus inopportuns, dans les lieux les plus variés. Dans un instant de désespoir imbibé, lors du duel de fer de regards glacés et puis sur ce bout de trottoir. Elle n’avait pas souvent pensé à lui après leur première rencontre, bien que ses mots se soient bel et bien fichés en elle, comme des flèches pointues, qu’elle ne pouvait extraire sous peine de créer une hémorragie interne. Il s’était invité plus souvent après la soirée du Nouvel An, mais elle n’avait eu aucun moyen de le retrouver - ni particulièrement l’envie, d’ailleurs. Trop envahissant à son goût. Dès qu’il pénétrait sa tête, il devenait presque impossible de l’en déloger et, après cet échange, Stella redoutait qu’il se soit incrusté encore plus profondément, ce qui ne l’arrangeait pas du tout au vu de ce qu’il venait d’insinuer.
Un départ prochain. Tout proche, même. Une disparition qui n’aurait pas dû lui pincer le coeur mais elle ne put ignorer la piqûre, aussi bornée fut-elle pour agir en ce sens. Elle ne croyait pas au destin, Stella Kahnwald, et elle savait que Windmont Bay était assez petite pour que des routes s’y croisent fréquemment, mais elle ne pouvait s’empêcher d’y voir des coïncidences bien étranges. S’il s’agissait d’un hasard, elle ne savait pas s’il était heureux ou malheureux (pour elle comme pour lui). Elle ne pouvait pas y faire grand-chose, de toute manière, si elle avait voulu l’éviter, elle en aurait profité en le voyant les mains plaquées sur le visage, s’éclipsant discrètement avant qu’il ne la trouve-là. Mais c’était trop tard, tout ça. Trop tard pour Bran, trop tard pour elle, trop tard pour la fuite et, pour une raison qu’elle ignorait, trop tard pour Eason.
- Je ne crois pas, mais bon, lâcha-t-elle, moins nonchalante qu’elle aurait aimé l’être.
En huit mois à tourner en rond, Stella avait eu le temps de se faire à l’idée. Elle avait eu toute la vie pour s’y faire, son retour n’avait fait que confirmer une crainte douloureuse déjà bien ancrée. Mais elle n’avait pas envie de le dire tout haut, de donner l’impression de se plaindre, d’avouer sa défaite. Il en savait peut-être beaucoup, d’un regard, mais il n’en savait pas assez non plus, et elle n’allait pas lui donner plus que ce qu’il prenait déjà sans se soucier de son consentement. Tout était plus simple quand la distance était instaurée, quand les gens se fiaient à une image galvaudée, façonnée pour distraire, pour détourner, pour dégoûter. Elle préférait être détestée que prise en pitié, préférait qu’on se méprenne totalement sur elle plutôt que d’être percée par ces yeux caramel. La nonchalance plutôt que la vulnérabilité. L’indifférence plutôt que ce point qui s’enfonçait dans sa cage thoracique et enfermait son coeur froissé, frippé, rafistolé entre ses doigts.
- Tu peux me trouver toutes les excuses que tu veux, ça n’apaisera pas la colère d’un gamin qui a vu sa mère aller et venir, sans raison apparente, sans prévenir.
Elle usait du mot ‘mère’ mais elle n’était qu’une génitrice. Généralement, ce mot collait plus aisément aux hommes, prompts à disparaitre, à laisser la responsabilité aux autres. Ils n’avaient pas mis l’enfant au monde, ils pouvaient s’en détacher facilement. Mais elle? Elle l’avait porté, l’avait mis au monde, l’avait regardé les premiers mois, s’en était vaguement occupé, mais pas avec la douceur et la patience attendues. Elle, elle avait fini par acheter sa liberté, elle lui avait jeté un dernier regard alors qu’il l’appelait, accroché aux barreaux de son lit. Et elle était partie. Sans un mot. Sans un regard. Eason serait-il aussi clément avec elle s’il avait assisté à cette scène qui tournait en boucle dans l’esprit de Stella? Probablement pas.
La femme en cavale haussa une épaule, hocha vaguement la tête. Elle se rappelait qu’il l’avait mentionné, elle n’y avait pas prêté plus d’attention que ça. Elle accusa le coup sans broncher - elle était devenue une championne dès qu’il s’agissait de feindre l’indifférence. Sauf avec lui. Il revint vers elle et elle leva le nez, le dévisageant toujours d’un air indéchiffrable, attendant le coup de grâce qui n’aurait pas dû en être un. Elle aurait dû n’en avoir strictement rien à foutre. Au lieu de quoi, elle absorba les mots, l’aveu, les laissa couler en elle, trouver une signification de moins en moins nébuleuse. Légèrement perplexe, Stella fronça les sourcils mais ne l’interrompit pas. Elle attendait toujours la chute de son histoire. Elle fut moins choquée qu’elle aurait dû l’être, sans doute.
Au lieu de poser toutes les questions logiques - quand, qui, comment? elle savait où, il venait de lui dire qu’il ne savait pas pourquoi - Stella secoua la tête.
- Pourquoi maintenant? Qu’est-ce qu’il s’est passé, qu’est-ce qui a changé?
Pourquoi cette précipitation soudaine? Elle ignorait à quand remontait la découverte mais elle ne semblait pas récente, si elle en croyait ses aveux.
- Tu ne peux pas te reprocher d’avoir été heureux. De n’avoir été qu’un gosse innocent.
Mais à quel moment perdait-on son innocence? A quel moment pouvait-on commencer à se blâmer? Des questions auxquelles Stella n’avait jamais voulu répondre, parce qu’elle en redoutait trop les réponses.
Ses derniers mots la firent toutefois reculer et elle secoua la tête, son assurance désagrégée, altérée par un vent froid qui souffla dans son corps.
- Ne dis pas ça. Je n’ai pas besoin de ça. Et toi non plus.
Tu as assez à gérer, aurait-elle pu dire. Ou bien tu ne mérites pas ça.
Ou mieux que ça.
Le monde était complètement barré, songea Stella avec amertume. Elle avait eu un gosse qu’elle n’avait pas pris la peine de voir grandir et elle se trouvait face à un homme qu’on avait arraché à sa famille. Leurs culpabilités avaient des origines différentes mais elles étaient aussi enracinées en lui qu’en elle. La différence, c’était qu’elle était le bourreau de sa propre vie et il avait été la victime de cet enlèvement.
- Tu n’y es pour rien. Tu le sais ça, non? Quoi qu’il se soit passé, tu n’y es pour rien.
Elle voyait sans doute flou, n’avait pas tous les éléments en main pour comprendre son conflit intérieur. Elle n’avait retenu que l’évocation de sa honte d’avoir été heureux, d’avoir aimé son ravisseur. Elle pouvait comprendre sa détresse, le fait qu’il ait évité une famille qu’il ne connaissait pas. Des inconnus. Comme elle et Bran, et elle se maudit de rapporter, de comparer la situation d’Eason à la sienne. Elles n’avaient rien de semblables, rien qui les lie. Et pourtant il la ramenait invariablement à une constatation.
Elle avait honte.
Et rien de ce qu’elle avait fait ne l’avait jamais rendu heureuse.

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· Re: everyone fails at something (s/e) · Jeu 19 Mar - 16:05
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- J’aime cet endroit, Stella lança-t-il, comme si cette réponse était évidente; comme si son départ était explicable, comme s'il était compréhensible par le profane. Je me suis toujours entouré de mes semblables , ceux qui appréciaient autant que moi la route, pour m’éviter tous les tracas qu’une vie sédentaire pouvait procurer. J’ai fait des essais, avant. Trop, peut-être, il avait irrémédiablement été déçu, peut-être présentait-il trop d’attentes ? Je me suis marié. S’inscrivant dans un duo, pour éviter d’être toujours rejeté, la marginalité faisait peur, il avait fait l’armée, il avait appris à vivre en groupe.  L’échec avait été cuisant, la douleur toujours présente n’avait pas diminuée d’un seul grade. J’ai essayé de donner le meilleur de moi-même mais j’n’ai jamais réussi à faire mieux, mieux que c’que je suis déjà. Quelqu’un, un individu, un homme.
Dans une partition faite de règles, de codes ; de normes, de morale. Une société qui jugeait facilement et qui n’accordait à personne le droit à l’erreur.
Comme celle d’avoir réellement aimé son kidnappeur. On l’aurait taxé du syndrome de Stockholm mais, Eason Harjo, celui qui avait campé au bord de la Yellowstone aurait su que tout était faux. C’était sincère, c’était profond, c’était réel – innocent, enfantin ; l’amour d’un enfant envers son père, son seul parent. - Les choses ont changé, elles l’ont fait sans que je n’ai à donner mon avis. Encore une fois. Une énième fois après le 11 septembre. Encore une fois après ce novembre là. Encore une fois après White Cave. Encore une fois après le tabouret, le bar et la blessure à la main d’une blonde à la langue de vipère.
D’un ample geste de  la main, il désigna ce qui se trouvait atour de lui, autour d’eux.
Les voitures en mouvements, les piétons, les animaux tenus en laisse ; les cieux , les astres. Toutes ces choses qui faisaient parties d’un décor devenu familier, apprécié, il aurait pu désigner les parterres de fleurs, leurs noms, leurs propriétés. Il était une plante qui n’avait jamais pu ou peut-être même jamais su s’enraciner ; qui se suffisait à elle même. Jusqu’à ce que d’autres plantes en fassent l’une des leurs ; jusqu’à ce que la vie poursuive son cours et ne lui fasse part de la nouvelle qu’à la toute dernière minute. La vie qu’il avait fui et qu’il s’était à maintes reprises refusé de choisir était devenue la sienne ; il pouvait l’appeler ainsi, dire des « ma vie » et y trouver un semblant de sens.
Y découvrir exactement ce dont il avait toujours besoin et dont il aurait toujours besoin.
Stella Kahnwald aussi avait besoin d’une vie, peut-être pas de cette vie, pas la sienne mais une qu’elle aurait aussi appelé « mienne » en y trouvant du sens.
Et, oui, il l’aurait porté sur ses épaules.
Probablement parce qu’elles étaient suffisamment larges, suffisamment solides, suffisamment prêtes à le faire ; il n’était pas Atlas, il n’était qu’un être humain, qu’un ‘’semblable’’ auquel elle avait adressé la parole dans un bar.
Il n’avait pas aimé cette idée de hasard, n’avait pas aimé cette idée de destin ; avait proposé celle de libre arbitre, d’être décisionnaire. Il avait proposé que plus rien relève des autres ; ni les sourires sur leurs visages, ni le pseudo bonheur du quotidien, ni les plaisirs simples que certains échangeraient contre l’importance pécuniaire. Et si le regard des autres conservait la gravité dont il avait déjà parlé. Ces autres qu’il aimait. Il se fichait profondément de ceux qu’il ne connaissait pas ; il se serait rué à poil sur l’asphalte pour leur déclamer sa perforante aversion. - Voilà tout ce qui a changé. Tout ce qu’il venait d’énumérer, de cette façon décousue parce qu’il s’était tu durant toutes ces années et qu’il ne savait plus, plus parler, plus dire , plus « « exposer » ». Il avait cet air de grand fou, depuis quelques minutes, qui ne s’effaçait ni de ses traits, ni de son regard mordoré ; offrant à la blonde la vision des différents cercles de son Enfer personnel ; qu’elle investigue, qu’elle en fasse la critique, qu’elle s’en approprie les horreurs. Sans l’ombre de sympathie. Il l’aurait probablement détesté pour cela, si elle s’était fendue d’une remarque compatissante, si elle lui avait offert la chaleur de ses bras. Il préférait les choses telles qu’elles l’étaient : dépourvues de pharisaïsme.
Dans ce regard là, celui de cette autre, il n’y avait rien que de la clarté. Quoiqu’elle ait bien pu penser ; il ne savait plus – car il était sorti de sa tête, pour entrer dans les dédales de la sienne et il y courrait désormais les pieds nus.
Eason ne savait même plus comment se taire. A cause de ce colis, à cause de son amour, à cause de toutes ces maudites fleurs qui avaient fait de lui l'un des leurs. - J'aime des personnes, je n'aime plus la solitude, je n'aime plus le réconfort qu'elle m'a longtemps apporté;il ne se complaisait plus ni de la honte qui l'avait habité, ni de la culpabilité. C'était l'image d'un colis dont il avait découvert le contenu, des années auparavant, mais dont il n'avait accepté la signification que ce jour là. Pour lequel il avait enfin versé les larmes. - Nos situations ne sont pas semblables, Blondie. Elles ne le sont pas. Mais, j'imagine qu'un enfant ne détestera jamais réellement ses parents, quand bien même ils aient été de parfaits connards. Il eut une pensée pour Bill. Il en eut une centaine d'autres pour les Fink.
Une pour Archer. Celui qu'il n'avait jamais été. - J'ai un colis à récupérer.

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Stella Kahnwald

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· Re: everyone fails at something (s/e) · Jeu 26 Mar - 12:36
Elle aurait dû se taire. Qui était-elle pour assurer quoi que ce soit à Eason? Eason dont elle ne savait rien, qui lui avait balancé un truc énorme, sous forme de fragments épars qu’elle s’efforçait de reconstituer, de cimenter, complétant les informations avec des suppositions alors qu’elle pouvait ne rien discerner de l’essentiel. Pourtant elle en avait le sentiment. Elle avait l’impression de comprendre sa douleur, alors que c’était insensé. Comment aurait-elle pu? L’empathie? Stella Kahnwald ne connaissait pas. C’était une émotion qui lui échappait, insolite. Elle assurait à Eason qu’il n’y était pour rien mais elle n’avait pas le droit de dire ça, de dire quoi que ce soit. Elle était la dernière à pouvoir émettre une opinion, à pouvoir analyser sa situation aberrante. Elle ne comprenait pas pourquoi il lui racontait tout ça. Parce qu’elle était là? A ce moment-là? Parce que ça débordait et qu’il fallait bien se déverser? Il aurait dû se confier à quelqu’un d’autre. Une personne plus apte à accueillir ses émotions, pas une âme errante incapable d’aimer, incapable de rester.
Ils avaient ça au moins en commun: ils ne restaient pas en place, ils n’avaient pas une place à eux. A moins qu’Eason soit moins vagabond qu’elle, finalement. N’avait-il pas cette famille qui n’attendait qu’à voir sa vie changée par le retour du fils perdu, du fils enlevé? Elle, personne ne l’attendait, elle était une intruse, un problème dont on se serait bien passé. L’éternel problème Kahnwald. Insoluble.
- Alors pourquoi tu pars? demanda-t-elle, une pointe d’impatience dans la voix.
C’était l’hôpital qui se foutait de la charité, elle le savait, mais la question revenait en boucle. Pourquoi maintenant? Qu’est-ce qui a changé? Au fond, elle s’en fichait pas mal. Elle ne voulait pas qu’il parte, ce qui était parfaitement absurde au vu de la nature de leur relation. Il n’était rien pour elle, elle n’était rien pour lui. Deux âmes errantes dont les routes s’étaient croisées à un moment de leur existence. Bid deal. Combien de temps regretterait-elle de ne pas avoir cherché à en savoir davantage, de ne pas avoir tenté de le connaître un peu mieux? Quelques jours? Semaines? Elle ne comptait pas en mois, elle ne comptait plus en mois depuis longtemps, c’était une mesure trop grande, trop large. Elle se remettrait de cette drôle de conversation, elle avait assez de soucis comme ça. Eason se noierait dans l’espace temps et elle… elle continuerait sa course effrénée, jusqu’au crash final.
Stella pinça les lèvres, l’écouta déblatérer, songea une nouvelle fois qu’il importait peu qu’elle soit la personne en face. Pourtant ses mots résonnaient en elle. Il avait essayé de donner le meilleur de lui-même, elle n’avait même jamais pris cette peine. Au contraire, elle avait paru vouloir offrir l’image la plus désarçonnante possible. Si personne ne la comprenait, c’était leur faute à eux, right? Elle ne voyait pas pourquoi il s’était donné tant de mal - sans doute parce qu’elle ne voyait pas l’intérêt qu’il fasse mieux, il était très bien comme il était. Elle se garda bien de le dire, ça, par contre, préférant rester hermétique, chassant la sensibilité qui cherchait à s’insinuer en elle, à la chatouiller, à la bousculer.
- Je ne te comprends pas, persista-t-elle, butée.
Peut-être qu’il délirait. Peut-être que pour lui, les raisons étaient limpides. Pour Stella, ce n’était qu’un brouhaha constant dans ses oreilles, un grondement lointain dans sa poitrine, un tremblement de terre dans son esprit. Un tsunami dont la vague gonflait, noire et effrayante, qui montait si haut qu’elle cachait ce soleil tiède de mars. Pourquoi s’était-elle approchée de lui? Pourquoi n’avait-elle pas tourné les talons en le voyant? Elle avait déjà eu un avant-goût, elle savait qu’il était dangereux, qu’une poignée de minutes suffisaient. De secondes, même. La soirée du Nouvel An ne lui avait-elle pas démontré qu’il suffisait qu’il apparaisse pour que le reste s’estompe et s’évapore? Son désir de provocation envers Bran avait été dévié dès que le vagabond/serveur s’était présenté à elle. Même ce pauvre garçon au bras duquel elle était suspendue n’avait eu aucune chance à partir du moment où Eason était venu foutre le bordel dans l’esprit de Stella. Et voilà que ça recommençait. En pire. Mais il allait partir. Elle aurait dû s’en trouver soulagée. Si Eason poursuivait sa quête inconnue, Stella n’aurait plus à redouter ses paroles trop vives, trop pénétrantes. Elle pourrait continuer sa mascarade, rester le problème qu’elle était, ne pas avoir à revoir sa façon d’aborder les choses, les gens. Elle pourrait persister dans sa descente aux enfers, en sachant qu’aucune main ne viendrait la secourir, qu’il n’y aurait pas d’épaules pour la porter. Juste des cachets pour l’abrutir, juste de l’alcool pour l’anesthésier. Juste le sommeil pour l’accueillir.
Le regard glacé de la fuyarde se raffermit lorsqu’Eason reprit la parole, avec des termes plus précis. Il aimait des personnes, il n’aimait plus la solitude. Elle pouvait le comprendre, ça, non? A peine. Qui avait-elle seulement aimé, au cours de son existence? Et la solitude, y avait-elle trouvé le moindre réconfort? Etait-ce ce qu’elle avait recherché, tout ce temps? Du réconfort? Son corps s’agita, elle serra les dents et détourna les yeux.
Il avait un colis à récupérer.
- Tu aimes des personnes, tu n’aimes plus la solitude, et donc tu te casses? Où est la logique là-dedans?
A moins que ça soit précisément parce que ces personnes qu’il aimait étaient là-bas, qu’elles étaient le remède à sa solitude. N’était-ce pas ce qu’elle était venue chercher à Windmont Bay, seule racine pourrissante auquel son existence pouvait se raccrocher? Elle aurait aimé trouvé la réponse ailleurs, loin de l’Oregon. Quelle importance, cependant? Elle ne rattraperait jamais les vingt années perdues, d’autant plus parce qu’elle avait été une parfaite connasse et qu’elle ne se réparait pas aussi aisément qu’une machine enrayée. L’être humain était bien trop complexe pour ça et Stella Kahnwald n’était-elle pas humaine, même si elle aimait penser le contraire?
Mais il avait un colis à récupérer, une vie à reprendre. Qu’avait-elle à lui dire, alors, si ce n’est:
- Je n’ai plus qu’à te souhaiter bonne route, dans ce cas? Bon vent. Bon voyage. Bonne quête. Bonne chasse au trésor. Bon retour à la maison. Au choix.
Elle souriait, maintenant, de ce sourire cabossé, sardonique, qui ne voulait pas trop en dire mais qui n’arrivait pas à tout taire. Elle haussa les épaules. C’est la vie.
- Si jamais tu décides de repasser par ici, peut-être que tu m’y retrouveras. Mais je compterais pas trop là-dessus non plus.
Si elle quittait à nouveau Windmont Bay, ce serait pour ne jamais revenir.
C’était probablement la seule certitude qu’elle avait aujourd’hui.

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