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 reverse the time


F I L T H Y S E C R E T :: windmont bay :: Crescent Lane :: mickey's dinner
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Lydia Winters

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· reverse the time · Lun 9 Mar - 9:59
ATTICUS + LYDIA (+ ROBIN)
@Atticus Byron
I wish I could unmiss you
Reverse the time so I could unmeet you
It would've made it so much easier, easier
If I could unmiss you when I miss you
And you could unmiss me too

march 13th 2020

Lydia avait l’impression d’être déguisée. Overdressed. Elles étaient au Mickey’s, après tout, un jean/pull aurait largement suffit mais aujourd’hui était un jour spécial et Robin avait été si heureuse de pouvoir choisir leurs tenues que Lydia n’avait pas eu le coeur de la contrarier. Elle lui avait promis qu’elles feraient ce qu’elles voulaient, que c’était leur journée. Peut-être que c’était plus par culpabilité que Lydia avait négocié cette journée - après tout, elle se sentait terriblement honteuse d’avoir fait subir ces changements à Robin, en la séparant de force de sa famille, en l’emmenant vivre ailleurs. Ce n’était en tout cas pas parce qu’elle avait subitement les moyens de faire des folies, c’était certain. La fillette avait été si conciliante, ne s’était jamais plainte, avait semblé s’adapter à leur nouvelle situation comme s’il s’agissait d’un jeu grandeur nature. Elle avait pleuré quelques fois, évidemment, demandant où étaient Tommy, Oliver, Beth, Sami et Chase, mais elle s’était calmée chaque fois que Lydia l’avait prise dans ses bras pour la consoler. Au fond, la séparation avait eu quelques avantages: notamment celui de pousser Lydia à se rapprocher de sa fille; là où elle la délaissait aisément auparavant, la confiant aux soins des autres, elle avait dû assumer sa décision et composer avec les nouvelles contraintes.
Elle était heureuse de voir Robin sourire. Ce matin, au moment de choisir leurs tenues, la petite fille avait été ravie de désigner la robe - celle que Carter lui avait ‘offerte’ - tandis que pour elle-même, Robin avait opté pour son ensemble Minnie (jupe à pois rouges, t-shirt à l’effigie de la célèbre souris et, évidemment, le serre-tête aux larges oreilles noires). En arrivant au célèbre diner, les serveuses s’étaient extasiées et Robin avait été aux anges d’être le centre de tant d’attention émerveillée. Elles lui avaient naturellement demandé quelle était l’occasion spéciale et Robin avait fièrement annoncé qu’elle avait trois ans aujourd’hui. Ah, ça se fêtait, ça! Lydia avait acquiescé, un peu embarrassée d’être à l’origine de tant d’agitation, puis elle avait poussé Robin vers une banquette, prête à commander un petit déjeuner gargantuesque pour satisfaire la gourmandise de sa fille.
Bientôt, ce fut un milk-shake vanille, un chocolat chaud, une pile de pancakes (avec une petite bougie plantée au sommet), une salade de fruits et des petits beignets qui leur furent servis et Lydia immortalisa l’instant où Robin souffla la flamme, le coeur écrasé par la solitude de cet instant qui aurait été dignement fêté si la petite avait été cernée de tous les gens qu’elle aimait. Mais Lydia n’avait pu se résoudre à les contacter, à leur proposer de venir - par honte et par obstination, aussi. Par chance, Cash les rejoindrait plus tard, quand elles iraient le chercher à la sortie du lycée. D’ici là, Lydia devrait trouver le moyen de distraire Robin. Elles iraient sans doute au cinéma, ça les occuperait au moins deux heures et si Lydia s’en voulut un peu de décompter ainsi, elle ne pouvait s’en empêcher non plus. Avec un peu de chance, toutes ces émotions fatigueraient Robin qui aurait bien besoin de faire une sieste au cours de l’après-midi. Elle, en tout cas, se sentait épuisée d’avance et la journée ne faisait que commencer.
- Tiens, mange tes pancakes, maintenant, dit-elle après avoir coupé ceux-ci en morceaux.
Elle attrapa la tasse de chocolat chaud et la porta à ses lèvres en se laissant aller contre le dossier de la banquette, contemplant le ravissement innocent de Robin, se disant qu’elle ne se rappelait même plus un temps où elle avait souri comme ça, où les problèmes n’avaient pas pesé sur ses frêles épaules. Elle avait pourtant dû être heureuse, à une époque, non? Elle avait dû jouer, rire, s’émerveiller. Mais c’était comme si elle n’avait jamais été enfant, comme si elle était née pour être écrasée par la vie. Elle aurait voulu pouvoir demander à Tommy de lui raconter une anecdote de son enfance, qu’il fasse revivre l’insouciance de la jeunesse. Mais elle ne pouvait pas. Pas après tout ça.
Lydia esquissa un sourire - qui aurait pu passer pour de la tendresse pour un oeil non averti, mais qui dégoulinait plutôt de mélancolie - à Robin quand celle-ci lui offrit le sien, gonflé d’un bonheur sans frontières. Elle avait peut-être un peu de répit avant que Robin ne réalise à quel point elle était une mère minable et Lydia aurait voulu pouvoir capturer cet instant dans une boule à neige qu’elle aurait pu secouer à chaque fois que le doute l’assaillait.
Sans doute aurait-elle laissé la tristesse et le désarroi l’envahir si elle n’avait pas levé les yeux à ce moment-là. En moins d’une seconde, Lydia passa du chagrin étouffé à une panique insondable.
Car Atticus Byron venait de passer la porte du Mickey’s.

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Atticus Byron

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· Re: reverse the time · Mer 18 Mar - 2:52
Marcher dans les rues de Windmont Bay lui paraissait toujours un peu irréel. Il avait grandi ici. Il avait été la star de son équipe de football, sa notoriété effrayant même les snobs d’Edgewater qui ne participaient pas à leur championnat (sans doute avaient-ils peur de contracter une maladie mystérieuse s’ils touchaient la main d’un pauvre) et il avait vécu dans la certitude qu’une fois le lycée terminé, il ne remettrait plus jamais les pieds à Windmont. Son ambition, c’était Foxborough et les Patriots. New York et les Giants. À la limite, Seattle et les Seahawks. Il aurait son nom en haut de l’affiche, son visage sur tous les écrans de Time Square. Son père et lui passaient des heures à négocier des contrats imaginaires avec Nike et Adidas. Tu seras le nouveau visage du football, promettait son paternel en lui assénant une claque sur l’épaule. À l’époque, ça sonnait déjà un peu comme une menace mais Atticus souriait et opinait du chef. Tu es né pour ça, fils.
Désormais, il ne pouvait plus courir dix mètres sans s’écrouler et il devait demander la permission à son compagnon de sobriété avant de pouvoir ne serait-ce qu’un cachet de paracétamol. Il n’était pas l’avenir du football. Son visage n’apparaissait nulle part si ce n’est sur son dossier médical. Son nom avait fait une ligne dans le journal de Notre-Dame - NFL hopeful quits, reasons unknown - et il doutait que Nike l’appelle un jour pour un contrat. Retour au point de départ. Raisons inconnues. Direction ? Vague.
Parce qu’il n’en pouvait plus de tourner en rond - et surtout parce que Rheon l’y avait forcé - il avait commencé une sorte de volontariat au centre social du coin, où il était censé être un youth mentor ou quelque chose comme ça. Atticus ne voyait pas bien en quoi il pouvait être utile à des gosses qui visiblement en savaient bien plus que lui sur la vie et ses tribulations. Il n’y avait qu’à voir la façon dont il était resté complètement muet, la bouche entrouverte et les yeux ronds, quand Harvey, dix ans, lui avait appris entre deux exercices de math (auxquels Atticus ne comprenait absolument rien et dont il consultait la solution sur Google) que son père était en prison et sa mère une addict. That sucks, avait-il répondu puis Harvey était passé à autre chose et Atticus s’était senti complètement idiot. Il n’apportait rien à ces gamins. Les nerds qu’il passait à son temps à mettre à la poubelle à l’époque avaient raison, finalement. Il était juste un ex-joueur de foot. Et nul en maths, en plus de ça.
Pourtant, c’était pour ces gamins qu’il était en route vers le Mickey’s Dinner ce matin-là. Il n’était pas censé les rejoindre avant l’après-midi mais il avait d’autres choses à faire avant d’aller au centre et il voulait prendre de l’avance. Quand il habitait à Windmont Bay, il ne traînait jamais au Mickey’s - trop peur d’être tenté par tout ce gras et ce sucre qui lui étaient interdits - mais aujourd’hui, quelle importance ? De toutes façons, ce n’était pas pour lui, se répétait-il alors qu’il poussait la porte du diner et que la chaleur sucrée semblait automatiquement coller à sa peau. C’était pour les gamins du centre. Il avait comme la sensation qu’une montagne de pancakes même réchauffées au micro-onde ferait du bien à tout le monde. Oui, d’accord, ce n’était peut-être pas la réponse adulte et raisonnable qu’on attendait de lui mais Atticus n’avait jamais rien promis de tout ça. Il était juste un mec qu’on avait planté là en espérant qu’il serve enfin à quelque chose. Il faisait ce qu’il pouvait, avec les moyens du bord.
Il ne comptait pas rester et s’approcha alors de la caisse enregistreuse à côté de laquelle une petite vitrine présentait divers mets caloriquement astronomiques et sourit à l’antique matriarche qui le fixa d’un air revêche. Can I help you, son ? Atticus se passa une main dans les cheveux et jeta un regard dans à la vitrine. « Je vais vous prendre… » Il se mordit la lèvre un instant et se pencha pour mieux observer avant de se raviser. Il prit un menu qui trainait par-là et l’ouvrit en grand. « Deux douzaines de pancakes. » De l’autre côté de la vitrine, il entendit très distinctement un soupir. « Un cheesecake. » Nouveau soupir et grattage de calepin, cette fois-ci. « Et un brownie géant aux pépites de peanut butter. » Ultime grognement. Atticus releva les yeux et ferma le menu d’un coup sec. « Le tout à emporter. » précisa-t-il avec un sourire. La serveuse le considéra d’un oeil sceptique. Everything is homemade. Gonna take some time. Take a seat. Coffee? Oui, un café, tiens. Il avait comme la sensation qu’il en aurait besoin pour survivre à la journée qui l’attendait et il se retourna vers la salle du diner.
C’est là qu’il la vit.
Lydia.
Ce qu’il remarqua en premier, c’était sa robe. Forcément la robe.
Puis ce fut la petite fille qui l’accompagnait. Atticus fouilla dans sa mémoire. Si les anti-douleurs ne lui avaient pas complètement cramé les neurones, il comptait cinq Winters, Lydia incluse. Mais bien des choses avaient dû changer en son absence, y compris le nombre de Winters à Windmont Bay. Le monde ne s’était pas arrêté de tourner parce qu’Atticus Byron avait décidé de tourner le dos à tout ce qu’il connaissait. À tout ce qu’il aimait.
Tout à coup, il se retrouva avec une tasse de café brûlant entre les mains et nulle part où s’asseoir. Son regard restait rivé sur Lydia, cependant et il fallut qu’une serveuse lui tape sur l’épaule pour qu’il réalise qu’il se tenait en plein milieu du passage. « Euh, désolé. » bafouilla-t-il. Il fit un pas de côté. Lydia était toujours là, à quelques mètres de lui. Il n’avait qu’à traverser la moitié de la salle pour la rejoindre.
Ses jambes agirent d’elles-même. C’était son corps qui prenait le dessus, toujours quand il s’agissait de Lydia. Il passa entre les chaises, marmonna des excuses à moitié entendues aux gens qu’il dérangea et se retrouva devant la table occupée par son ex-petite amie et la petite fille qu’elle gardait. Lydia devait être sa tante ou sa baby-sitter, il ne voyait pas d’autre explication. « Hey. » lâcha-t-il à l’intention de la jeune femme, comme si leur dernière rencontre ne s’était pas soldée par un échec cuisant. Comme s’il n’avait pas stalké et décortiqué le moindre aspect de la vie de Lydia par les bribes qu’il pouvait attraper sur les réseaux sociaux (et il avait bien vu que Cash Siringo était toujours là à lui tourner autour, et qu’il y avait ce mec, Carter, qui aurait dû prendre rendez-vous chez le coiffeur). Comme si, encore une fois, tout était normal. Mais rien ne l’était. Malgré tout, il restait là. Incapable de partir. Incapable de faire un choix. Comme toujours. « Je vois qu’on fête un anniversaire aujourd’hui. » reprit-il, sourire forcé, s’adressant désormais à la petite qui leva les yeux vers lui, les joues barbouillées et les yeux brillants.

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· Re: reverse the time · Mer 25 Mar - 16:12
Elle se serait bien cachée sous la table. Au diable la robe, le lieu, le moment, pourvu qu’elle échappe à Atticus. Mais un mouvement brusque aurait sûrement attiré son attention, ou celui d’une serveuse et Lydia espérait que l’immobilité totale dans laquelle elle se figea passerait inaperçue, qu’Atticus prendrait ce qu’il était venu chercher et s’en irait sans la voir. Elle se sentait exposée, vulnérable, une cible aisée. Elle avait l’impression d’avoir un panneau clignotant au-dessus de la tête, que les pépiements de Robin étaient plus que des sons discrets, qu’ils envahissaient tout l’espace, qu’ils ricochaient sur les meubles, qu’ils se dirigeaient vers le jeune homme qui se tenait là-bas, près du comptoir. Lydia avait l’impression qu’un foyer ardent la consumait de l’intérieur, qu’il ne s’éteindrait pas avant de l’avoir réduite en cendres.
La première fois qu’elle avait revu Atticus, sur le bord du terrain, alors qu’elle était installée dans les gradins, c’était la colère qui l’avait embrasée. Elle le détestait. Tout ce qui n’allait pas dans sa vie, elle en rejetait la faute sur lui - parce que c’était simple, parce que son absence lui avait permis de l’accuser de tous les maux, parce qu’elle ne voulait pas admettre avoir sa part de responsabilités. Elle l’avait repoussé, avec violence, avec hargne. Parce qu’elle voulait lui montrer qu’elle était passée à autre choses (la bonne blague), parce qu’elle ne voulait pas lui laisser l’opportunité de l’amadouer (il serait bien capable d’y arriver; un sourire, une ombre dans le regard et c’en serait fini de Lydia Winters), parce qu’elle souffrait autant que le premier soir et qu’elle avait espéré que ça ne se voie pas de manière si flagrante. Son seul mécanisme de défense avait été l’agressivité, la passivité face à la douleur évidente (une douleur physique, pas mentale), la fuite, aussi. Aujourd’hui, elle n’avait pas le temps d’être furieuse, ni celui de fuir, elle était prise au piège, acculée, un lapin terrorisé dans les phares d’un véhicule qui ne roulait même pas encore vers elle.
Il y avait un espoir, très mince, qu’il ne se passe rien, que leurs chemins s’évitent encore. Il se pouvait qu’il se rappelle, lui aussi, leur dernier échange, et sache qu’il valait mieux qu’il dévie sa course, même s’il l’apercevait. Le message avait suffisamment été clair la fois précédente, non?
Cela remontait toutefois à plusieurs mois, Robin n’avait même pas su se frayer un chemin jusqu’au coeur de sa mère quand celui-ci s’était enrayé à la vue du sportif. Cette fois, par contre, la fillette était au centre du tourbillon, sa présence tétanisait Lydia. Ce n’était pas tant de croiser Atticus qui l’effrayait, même si elle n’en menait clairement pas large, mais bien qu’il rencontre Robin. Son secret. Mais avait-elle seulement la certitude qu’il ignorait son existence? Il en avait peut-être entendu parler, quelqu’un avait pu mentionner la fille-mère Winters, sans connaître le lien entre la star du lycée et celle qui avait laissé tomber depuis belle lurette. Et dans ce cas, que lui était-il passé par la tête? Avait-il fait le lien? S’en moquait-il? S’il la voyait en compagnie de l’enfant, quelle allait être sa réaction? Allait-il lui démontrer qu’il n’en avait rien à faire? Lui reprocher d’avoir été au bout de la grossesse? Il ne pouvait pas. Elle ne lui avait rien dit, rien réclamé, cela ne le regardait pas. Elle n’avait rien attendu de sa part, n’en attendait pas davantage aujourd’hui, même s’il fallait convenir qu’il était plus facile d’être aussi déterminé quand le garçon en question vivait loin d’elle, qu’elle ne le voyait pas posté-là, à une poignée de mètres d’elles, inchangé et métamorphosé en même temps. Mais peut-être que c’était elle qui avait changé, son regard qui s’était modifié. Peut-être que le temps avait fait son oeuvre. Peut-être que son âme s’était étiolée, qu’elle n’avait plus rien en commun avec la Lydia d’Atticus.
Elle ne voulait pas le savoir, pas le découvrir ni en avoir la confirmation.
Faute de pouvoir abandonner la table avec une note impayée, de risquer de se faire remarquer en essayant de rhabiller Robin pour aller faire un tour, Lydia s’enfonça un peu plus dans la banquette, comme n’importe quelle adolescente, feignant d’être plus absorbée par l’écran de son téléphone, même si elle n’arrivait pas à se concentrer une seule seconde dessus, que par ce qui se passait autour d’elle. Robin avait l’habitude, elle continua à manger en chantonnant, trempant les doigts dans le sirop d’érable pour les porter à ses lèvres. Lydia aurait dû la gronder. Lydia aurait dû lui parler. Lydia aurait dû faire tant de choses. Tout ce qu’elle fit, cependant, fut se figer en devinant le mouvement en périphérie de son champ de vision.
Atticus s’était détourné du comptoir. Il l’avait forcément vue.
La demoiselle sentit son coeur s’arrêter, le sang se glacer dans ses veines et une chaleur brûlante lui monter aux joues. Ses intestins se nouèrent et ses muscles se raidirent, mais elle resta prostrée dans sa position nonchalante, les yeux rivés à son écran. Avec un peu de chance, même en la découvrant là, il ne ferait pas un pas dans sa direction. Peut-être même qu’il entamerait son propre manège pour ne pas avoir à lui adresser la parole et, alors, Lydia saurait que tout était définitivement fini et fichu - non pas qu’elle ait conscience de cette faible flamme qui persistait à brûler au fond d’elle.
Son corps en alerte paniqua lorsqu’elle perçut l’avancée. Vers elle.
Vers elles.
Le tout était de se composer un visage neutre, se dit-elle, dans une vaine tentative de persuasion. Faire comme si rien n’importait - qu’il sache ou ne sache pas, quels que soient ses sentiments vis-à-vis de la nouvelle, vis-à-vis de Robin. Sauf que c’était plus facile à dire qu’à faire. Elle aurait pu s’y préparer, essayer au moins, mais jamais elle ne serait parvenue à véritablement anticiper l’angoisse qui la prit en tenaille. Elle ne pouvait qu’improviser. Relever le nez de son écran au moment où la voix du jeune homme lui parvint, feindre d’être surprise de le voir, arborer un masque impénétrable. C’était dans ses cordes, non?
- Hey, répliqua-t-elle en se redressant légèrement, forcée de faire avec sa présence.
Son ton était moins cinglant que lors de leur dernier (et seul) échange mais il restait froid, distant. Une porte close. Une porte contre laquelle Lydia s’appuyait de toutes ses forces, pour ne pas laisser les sentiments, les sensations qu’il avait fait naître, refaire surface. Lydia posa son téléphone sur la table, face contre le bois et croisa les bras sur celle-ci. Elle ne lui demanderait pas comment il allait, ce qu’il faisait-là, ce serait revenu à entrouvrir le battant. La jeune femme déglutit lorsqu’il fit allusion à l’anniversaire qu’elles fêtaient et, pendant une fraction de seconde, Lydia songea à se réfugier derrière le même stratagème que Tommy. Une fraction de seconde, seulement. Tout était plus simple avec un frère ou une soeur, n’est-ce pas? Mais elle n’était pas obligée de préciser son lien avec Robin. Elle ne lui devait aucune explication.
- Elle a trois ans aujourd’hui, dit-elle, de sa voix d’adolescente boudeuse, répondant contre son gré. Robin, dis bonjour à Atticus.
Robin, comme toujours, fut ravie d’obéir. Elle n’avait pas hérité de caractère ombrageux de sa mère et elle offrit un grand sourire au jeune homme, agitant l’une de ses mains en annonçant fièrement:
- Oui, c’est mon anniversaire, aujourd’hui. Je vais recevoir des cadeaux. Hein, Maman?
L’innocence de sa fille aurait dû la faire fondre mais Lydia sursauta, sachant pertinemment que c’était un risque qu’elle avait pris, à laisser Robin s’exprimer. Si elle avait voulu conserver la direction de la conversation, elle se serait arrangée pour que Robin ne place que des sourires, pas des mots.
- Oui, tout à l’heure, répondit-elle à Robin. Ce soir.
Elle aurait dû relever les yeux, mais elle craignait de voir la réaction d’Atticus. Elle craignait surtout qu’en agissant ainsi, elle lancerait un message, sans savoir lequel. Une lueur de défi? De provocation? De dépit? De détresse? Ses épaules légèrement voûtée ne trahissaient-elles pas déjà à quel point elle était vaincue?
Lydia n’arrivait tout simplement pas à regarder Atticus.
Elle était face au mur, au gouffre, aux flammes.
Elle ne savait plus quoi faire.

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· Re: reverse the time · Ven 24 Avr - 2:58
Qu’avait-il à perdre ? En quittant Windmont Bay, en quittant Lydia, Atticus avait naïvement pensé qu’il y gagnerait au change. Qu’une fois à l’université, les coaches se bousculeraient pour l’avoir de son équipe. Il obtiendrait gloire, argent et célébrité. Il aurait l’occasion de briller sur le terrain et de savourer la vie d’une star de football. Mais ça ne s’était pas passé ainsi - rien ne se passait jamais comme il le voulait, il le savait désormais. La conscience de cette vérité générale lui écorchait le creux du ventre à chaque fois qu’il tentait de se prouver le contraire. Rien ne se passait comme prévu. La vie ne se pliait pas à son bon vouloir. La vie, ce n’était pas les couloirs de Windmont High. La vie, c’était une blessure au genou, les anti-douleurs et l’expulsion. La vie, c’était une claque imaginaire qui lui avait dévissé le cou si fort qu’il en était revenu à son point de départ. Le point de départ, c’était Windmont Bay.
C’était le Mickey’s Dinner.
C’était, surtout, Lydia Winters.
À l’époque du lycée, si sa bande de potes avait appris qu’il était tombé amoureux d’elle, il se serait fait chambrer jusqu’à n’en plus finir. Était-ce pour ça qu’il avait refusé catégoriquement qu’ils s’affichent ensemble ? Certainement que oui, un peu. Mais ce n’était pas la vraie raison. La vérité, il la gardait pour lui. Il s’était défendu derrière des prétextes idiots, souvent blessants, mais la vérité, elle était là : il avait eu peur qu’elle se rende compte à quel point il n’était pas assez bien pour elle. Il avait peur qu’elle réalise à quel point il était influençable, lâche et bête ; peur qu’elle réalise qu’elle était une fleur et lui, une mauvaise herbe. C’était plus facile de faire croire à Lydia qu’il était ce garçon qui savait siffler tous les airs de Broadway (l’un des rares héritages maternels)  sur demande lorsqu’ils n’étaient que tous les deux. Plus facile d’être lui, en somme. Et pourtant, il avait choisi l’autre rivage dès qu’il en avait eu l’occasion. Là encore, c’était la peur qui avait dominé son choix, celle de ne pas pouvoir être celui qu’elle voulait qu’il soit, peur de l’inadéquation, peur du ridicule. Aujourd’hui, il se rendait compte à quel point c’était dérisoire. Aujourd’hui, il ne pouvait que regretter. Tough shit. Nobody cares.
Hey. Son coeur loupa un battement. Elle s’était redressée, avait pris en compte sa présence. Il existait à nouveau dans les yeux de Lydia Winters - pas de la façon qu’il aurait voulu - mais au moins, elle le regardait sans avoir l’air de vouloir lui arracher sa tasse de café pour la lui lancer au visage. Il se passa une main nerveuse dans les cheveux. Il n’avait rien à ajouter, rien à dire. Il voulait juste… Qu’est-ce qu’il voulait, au juste ? Pas plus que ce qu’il espérait à l’époque : être dans son orbite, exister dans le monde de Lydia qu’il préférait tant au sien. Elle savait toujours le faire rire, même si la plupart des mots qui s’échappaient de sa petite bouche moqueuse avait pour but de le tourner en ridicule. Ce n’était jamais cruel, avec Lydia. Elle riait de lui pour mieux l’embrasser. Il n’avait qu’à ouvrir les bras pour la recueillir, à l’époque. Et il serrait fort, sans avoir peur de la casser. Ils étaient invincibles, en secret.
La voix rauque de Lydia attira son regard et Atticus revint vers son ex-petite amie dont il put  alors détailler tout le profil. Toujours aussi jolie, toujours aussi menue. Elle possédait cette beauté impertinente, un mot qu’il avait entendu une fois, pendant un cours d’anglais dont il ne se rappelait que vaguement mais qui était resté avec lui et qu’il convoquait à chaque fois qu’il posait les yeux sur Lydia. Trois ans aujourd’hui, lui apprit son ex-petite amie à propos de la gamine qui continuait de babiller, inconsciente de ce qui se jouait entre eux. « Trois ans. » répéta Atticus d’un air absent. Trois ans. Ça résonna étrangement en lui sans qu’il ne sache pourquoi, un peu comme s’il avait la réponse sur le bout de la langue. Il pouvait s’en passer, des choses, en trois ans.
Partir de Windmont Bay.
Se faire virer de Notre-Dame.
Se faire éjecter. Bim, hors-jeu.
Perdre à tous les points de vue, à tous les niveaux.
C’était sensé être sa spécialité, pourtant, de gagner. Pendant dix-sept ans, il n’avait su faire que ça : c’était qui Atticus Byron était, un gagnant, un battant. Pas un loser ni le genre de mec qui se laissait démonter par quoi que ce soit. Il était trop fort pour ça, pas vrai ? C’était ce que Lydia aimait chez lui, non ? Le côté star de foot, la certitude de savoir où il allait dans la vie. Qu’est-ce qu’il pouvait bien lui dire, aujourd’hui ? Hey, I’m a loser now, can we try again? Réveille-toi, imbécile, songea-t-il. Qu’est-ce qu’il pouvait bien lui apporter à part son lot de casseroles, ses insécurités et son QI qui atteignait péniblement un nombre à deux chiffres ? Lydia méritait mieux que ça, que lui et Atticus le savait parfaitement. Raison pour laquelle il recula d’un pas en se raclant la gorge. Hein, Maman ?
Soudain, Atticus se retrouva sur le terrain de foot. Il avait la balle entre les mains. Il était proche du but, proche du touchdown. C’était le genre de moments où il se croyait seul sur le terrain, où ça se jouait entre lui, sa tête et ses jambes. Puis ce fut le tacle. Il aurait dû y être préparé mais le choc était toujours aussi violent. Sa tête cogna à l’intérieur de son casque. Boum, boum, droite gauche. Encéphalogramme plat. Maman. Lydia n’était ni la baby-sitter ni la tante ni la cousine… Non, elle était au-dessus de tout ça, en première ligne. Elle était maman, désormais. Atticus resta muet. Il regarda Lydia puis Robin, plusieurs fois, comme pour essayer de repérer les liens de filiation sur leurs visages. Il ne voyait rien, est-ce que c’était normal ? Il avait peut-être mal entendu ? Lydia ne pouvait pas être… Et puis soudain, second tacle. Encore plus violent, cette fois-ci. Sans casque, sans protection, rien du tout. Non, juste un bon vieux poing dans la mâchoire. S’il avait bien retenu un seul truc en cours de bio, c’était que pour faire un bébé, il fallait être deux. Atticus se racla la gorge. Il aurait dû tourner les talons, il le savait. Tant pis pour les pancakes et le cheesecake, il ferait sans.
À la place, un large sourire lui creusa ces fossettes irrésistibles au coin des joues. « Trois ans, wow ! T’es une grande fille, maintenant. » ll le pensait en plus, sincèrement. Il adorait les enfants. Il en voulait plein (« assez pour toute une équipe de football » répétait-il souvent à Lydia, avec le même sourire d’ailleurs). « Et ton papa n’est pas là pour célébrer avec vous ? » Il ne savait pas à qui s’adressait cette question idiote et sans tact. À Robin, en espérant qu’elle lâcha innocemment un indice ? Ou à Lydia - juste pour qu’elle réagisse, qu’elle lève les yeux sur lui, enfin ?

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Lydia Winters

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· Re: reverse the time · Mer 29 Avr - 15:16
Lydia pensait qu’il n’y avait rien de pire que se retrouver sous le microscope des regards de ses camarades de classe, des murmures qui la suivaient partout dans les couloirs, des questions posées d’un air gênant, des marques de sympathie ridicules que certaines élèves avaient voulu lui témoigner tandis que ceux qui auraient dû être là s’éloignaient, discrètement mais indubitablement. Elle, si fière, si douée pour se faire remarquer, s’était recroquevillée dans sa coquille minuscule et avait fini par fuir l’univers de son adolescence. Elle croyait le plus dur derrière elle. Elle pensait que se réveiller la nuit, toutes les heures, pour se traîner jusqu’au berceau, pour s’évertuer à préserver le sommeil des autres Winters en berçant son bébé, était la pire épreuve. Elle s’imaginait que se lancer dans la vie active, trouver un emploi, l’allier à l’éducation de Robin, serait d’une difficulté sans nom. Elle songeait qu’elle croulait sous les responsabilités et ne parvenait pas à garder la tête hors de l’eau.
Mais tout cela lui semblait dérisoire, à cet instant.
Sans doute parce qu’elle avait plus ou moins surmonté les obstacles, parce qu’elle s’était adaptée, contrainte et forcée, à sa nouvelle existence, parce que ça faisait partie d’elle, à présent. Mais elle n’était jamais parvenue à se préparer à cette éventualité - à cette fatalité. Elle avait toujours vu la scène à travers une lentille brouillée, floue, incapable de se figurer ce qu’elle ferait ou dirait le jour où elle serait sous le microscope du regard d’Atticus Byron, avec toutes les casseroles qu’ils trimballaient dans leur sillage. Et voilà que ce moment était arrivé et qu’elle devait improviser, avancer en eaux troubles, dans le brouillard complet.
Elle pouvait sentir chacun des effets que cette présence avait sur elle. Cette tétanie. Ce roulement de tambour qu’était devenu son coeur en panique. Cette sensation désagréable qui lui frôlait le corps, comme si elle suait par tous les pores. Cette torsion dans son ventre qui lui donnait envie de filer aux toilettes pour s’y enfermer et ne plus jamais en sortir. Cette sècheresse dans sa gorge qui refusait de s’ouvrir, qui ne voulait pas prendre les devants, qui s’obstinait à attendre qu’il n’y ait plus d’autres options et qu’elle doive lui dire. Ou lui faire comprendre.
A moins qu’elle ait joué la carte de la lâcheté, en laissant à Robin le soin de lui annoncer la vérité, celle qui aurait dû lui sauter aux yeux, faire l’objet d’un calcul rapide, évident, qui aurait dû provoquer une réaction, n’importe laquelle. Robin qui ne se doutait pas un seul instant de la tempête qui sévissait dans le coeur de sa mère. Pourquoi se serait-elle inquiétée? Elle était rôdée, habituée à l’humeur ombrageuse de sa maman, elle redoutait les ténèbres qui s’invitaient trop souvent dans son regard, attendait que ça passe, parce qu’elle savait que ça passait toujours, qu’entre les nombreux coups d’éclat, il y avait des instants de tendresse, qu’elle quémandait, collectait, savourait. Cela allait un peu mieux depuis que Lydia était partie de chez elle, même si Robin était incapable de faire le lien entre ce départ et l’attention que sa mère lui portait. Une attention, une fois de plus, un peu contrainte et forcée, mais acceptée. Parce qu’elle l’avait voulu, ce bébé, raison pour laquelle Lydia avait fini par se résoudre à l’idée qu’elle devait assumer ses choix, qu’elle devait apprendre à jouer, à gérer, si elle ne voulait pas que Robin soit malheureuse comme elle l’était. Robin ne se tracassait pas d’appeler sa maman “maman”, Robin ne se demandait pas qui était ce garçon posté près de leur table. Du haut de ses trois ans, elle se régalait de son repas d’anniversaire et elle trouvait que le monsieur avait l’air gentil. Elle ne se disait pas que si sa mère avait l’air si guindée, c’était justement à cause de lui. Alors elle pouvait bien lui dire, non? songeait honteusement Lydia.
Qu’elle fêtait son anniversaire.
Qu’elle avait trois ans.
Qu’elle était née neuf mois après que sa maman se soit fait larguer par son petit ami secret.
Le silence devint assourdissant et, la tête toujours baissée, Lydia ferma les paupières, s’attendant à… à quoi, en fait? Tout et rien à la fois. Tout et n’importe quoi.
Tout sauf cette question-là.
Enjouée. Ignorante. Embarrassante.
Se fichait-il ouvertement d’elle?
C’était ça que demandait son regard sidéré lorsqu’elle releva la tête, les yeux agrandis, figés. Elle voyait ce sourire qui l’avait envoûtée, toutes ces années auparavant. Ce sourire qu’elle avait suivi du bout des doigts dans les moments de paresse, dont elle avait effleuré les fossettes, ces merveilleuses encoches qui rendaient ce sourire irrésistible. Elle avait étudié ce visage durant des heures entières, elle l’avait embrassé avec frénésie, emportée par ce brasier qu’il faisait naître en elle. Et elle avait désormais l’impression d’être face à un étranger. Trois ans, presque quatre, c’était un gouffre, une distance infranchissable, mais c’était cette question irréfléchie qui venait de faire éclater son coeur, alors qu’elle le fixait, interdite.
Elle se sentait incapable de parler. Ses lèvres s’entrouvraient, comme si des mots allaient s’en échapper, mais rien n’en sortait. Elle n’arrivait pas à prononcer le moindre mot, à sortir le moindre son. Ni pour le rembarrer sèchement, ni pour faire exploser sa détresse. Elle dévisageait Atticus en se demandant s’il se payait sa tête, s’il était cruel ou juste inconscient, si l’éventualité lui effleurait seulement l’esprit.
Apparemment pas.
Que devait-elle en conclure, dans ce cas?
Une fois encore, ce fut Robin qui lui facilita la tâche, qui parla pour elle, qui énonça la triste vérité.
- J’ai pas de papa, s’exclama la fillette, sans pourtant sembler le moins du monde ébranlée par cette constatation, comme si c’était tout simple. Mais on verra tout le monde bientôt! Pour ouvrir les cadeaux!
Lydia n’avait rien promis de tel mais n’avait pas voulu broyer le coeur de sa gamine, qui devait déjà s’adapter aux changements d’environnement depuis leur fuite du foyer Winters en octobre dernier, mais c’était un détail, une négligence qui passait loin derrière dans la liste des préoccupations de la jeune femme, tandis que celle-ci contemplait son ex-petit ami.
- J’ai préféré ne pas t’en parler, vu la façon dont les choses se sont terminées…
Les choses. Leur relation catastrophique.
Leur amour adolescent qui n’avait pas survécu aux écueils.
Elle n’avait pas voulu qu’il sache, que ça le détourne de ses rêves de gloire.
Maintenant il savait.
Et elle n’avait aucune idée de ce que ça signifiait.

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Atticus Byron

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· Re: reverse the time · Sam 20 Juin - 3:22
Il ne réalisait pas encore. Pourtant, tous les éléments étaient là, devant lui, comme étalés sur le bureau d’un détective. Le mystère ne demandait que lui pour être éclairci mais Atticus était incapable de relier les points. Il était trop absorbé par sa jalousie, trop consumé par la question qui cognait contre les parois de son crâne fendillé : qui ? qui ? qui ? Un type du lycée ? Un mec plus âgé ? J’ai pas de papa, avait dit la petite Robin, et Atticus se demandait bien ce que ça voulait pouvoir dire. Bien sûr que si, elle avait un père. Un père qui avait touché Lydia, qui l’avait faite rire, qui était parvenu à surmonter la barrière qu’elle érigeait entre elle et le reste du monde.  Elle ne laissait pas approcher facilement ; il le savait d’expérience. Avec Lydia, il fallait trouver des moyens de se faufiler, il fallait déployer des trésors d’ingéniosité, une multitude de langages secrets ; tout ce dont il ne s’était jamais senti ou cru capable jusqu’à ce qu’elle capte son regard et qu’il ne puisse pas faire autrement que de se jeter dans l’inconnu. Il avait l’audace de croire qu’il était devenu prince charmant : pour Lydia, il aurait gravi des montagnes, combattu des dragons - mais tant qu’ils restaient dans l’ombre, le secret. Prince charmant ? Prince de rien du tout. Prince de pacotille, en carton, fantoche. Il n’était qu’un lâche. Il avait été effrayé d’aimer. Il avait eu peur des regards de lycéens qui avaient sûrement oublié jusqu’à son nom aujourd’hui. Il avait eu peur… Il n’avait jamais su nommer la peur, Atticus. La peur prenait la forme des autres : de ce garçon qui osait porter du rose, de cette fille un peu potelée, de ce prof qui avait du mal à tenir la classe. Il avait peur de ce qu’ils étaient, de ce que leurs regards effrayés disaient de lui. Lui, lui et encore lui. Celui qu’il punissait, au final, c’était lui-même, mais il n’avait jamais eu le courage de s’en prendre directement à son reflet dans le miroir. C’était plus facile de pousser un nerd dans les couloirs, plus facile de ricaner avec la meute. Où étaient les loups désormais ?
Ses yeux glissèrent vers Lydia, vers ce visage délicat où flamboyaient ces yeux braise de charbon. Il avait osé la comparaison à haute voix, une fois, et elle avait ri en lui demandant d’expliquer. Il se souvenait du poids de Lydia, assise à califourchon sur lui, ses propres mains qui remontaient distraitement sur les cuisses menues, son rire quand il trouvait l’endroit pour la chatouiller. Il avait rougi, détourné les yeux, marmonné dans sa barbe. What’s that, big mouth? Il se souvenait de son ton mutin, de ses doigts qui avaient couru sur sa joue pour le ramener à elle. Braise de charbon, avait-il répété. Sombres et chauds à la fois.
Mais aujourd’hui, dans ce petit diner, Lydia le fixait avec des yeux vides, éteints.
C’était sa faute, Atticus le savait.
Sa faute. Sa faute. La faute de ses peurs stupides, de son égoïsme.
Il n’aurait pas dû être là, s’immiscer dans ce qui était un moment personnel entre mère et fille. Il ne voulait pas que Robin se souvienne de lui, même pas une seconde. Il aurait voulu avoir eu la présence d’esprit de ne pas s’être approché - de cette table mais aussi de Lydia, des années plus tôt. Il n’avait pas le droit d’être là. Quand comprendrait-il qu’il devait laisser Lydia Winters tranquille ? Il échouait, quoi qu’il tente, quoi qu’il fasse. Il se racla la gorge, prêt à faire un pas en arrière, à disparaître, pour de bon cette fois-ci. Mais le regard de Lydia le harponna et il ne put même pas esquisser une ébauche de fuite.
J’ai préféré ne pas t’en parler, vu la façon dont les choses se sont terminées…
Il ne répondit rien. Tout à coup, il était perdu, encore plus que d’habitude. « Me parler de quoi ? » répondit-il en écho. Il haussa un sourcil et se passa une main dubitative dans les cheveux. Au fond de lui, quelque part, son coeur s’agitait. C’était un début. Une conversation, même s’il n’avait aucune idée de ce que Lydia essayait de lui dire.
Vu la façon dont les choses s’étaient terminées.
Il n’avait pas besoin qu’elle le lui rappelle.
Il s’en souvenait parfaitement.
Le rejet. La honte. Le silence.
C’était arrivé il y a trois ans et chaque détail était encore imprimé en lui. Trois ans. Juste comme Robin, nota-t-il en posant les yeux sur la petite fille qui continuait de picorer dans son assiette, insensible à ce qui se passait entre sa mère et…
Son père.
Ça lui tomba dessus comme une averse d’été, imprévue, déchirant le ciel, martelant sa nuque. Bien sûr que oui, Robin avait un père. Et ce n’était ni Cash Siringo ni un type dont le visage se confondait avec le flou. C’était lui, Atticus Byron. Le quaterback déchu. Le blessé sans utilité. Le garçon qui abîmait tout ce qu’il touchait.
Sa poitrine rétrécit tout à coup. « Lydia. Lydia. » Voix étranglée, gorge soudain incapable d’exprimer autre chose que ce nom. Il répéta deux fois, mais n’alla pas pas plus loin, comme si prononcer une troisième fois le prénom de son amour perdu allait soudainement conjurer quelque chose. Mais Lydia n’avait-elle déjà pas invoqué le pouvoir qu’elle avait tenu secret pendant tout ce temps ? La vérité avait cette drôle de façon de tout souffler sur son passage et pourtant, Atticus manquait d’air. Il ne pouvait pas respirer. Inhale, exhale. Le visage de Lydia s’effaça, flou, vague, et celui de Robin apparut à la place. Sa fille. Instinctivement, il se chercha sur le visage de l’enfant - son enfant - mais ne trouva rien qui puisse lui confirmer ce qu’il savait, pourtant, au creux de son ventre, être vrai. Robin était sa fille. Il était père.
Inhale. Inhale. Inhale. Can’t exhale. « J’ai besoin d’air. Dehors. » bredouilla-t-il au travers du brouillard. Il jeta un nouveau regard à Robin, puis à Lydia. Suis-moi, aurait-il voulu lui dire, mais il était incapable d’extraire quoi que ce soit à sa gorge étranglée. Et pourtant, il ne voulait rien d’autre que parler, parler, parler. Lui qui détestait les mots d’habitude croulait sous eux mais se révélait incapable d’en utiliser ne serait-ce qu’un seul. Alors il se détourna, les jambes flottantes, le coeur en vrac, vers la porte du diner. Il sortit et l’air frais lui gifla le visage. Mais ça n’aidait pas. Il avait besoin de Lydia, qu’il pouvait voir à travers la fenêtre. Il avait besoin d’elle - et il s’appuya contre la fenêtre, une main plaquée contre la vitre, le regard suppliant. Il fallait qu’elle sorte. Il fallait qu’elle lui parle.

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