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 thinking about the time that's slipping.


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Brandon Rose

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· thinking about the time that's slipping. · Mer 18 Mar - 18:20
stella & bran.
The weight of the world on my shoulders
Hope my tears don't freak you out
They're just kinda coming out
It's the music in me and all of the colors

@kacey musgraves, mother.


Le mois de mars faisait fleurir Bran. Il était une rose qui prenait corps à l’intérieur d’un garçon de vingt ans. Ses joues se couvraient d’un voile doré à peine perceptible qui n’apparaissait que lorsque la lumière du soleil printanier traversait une fenêtre et venait habiller sa peau d’une myriade d’éclats éphémères, couleur arc-en-ciel. Son corps avait repris l’espace qu’il avait l’habitude d’occuper, sculpté comme l’un de ces éphèbes de marbre que l’on apercevait au détour d’un jardin ou d’un labyrinthe. Il se sentait léger et véloce comme s’il avait été chaussé de sandales ailées. L’amour précédait chacun de ses pas. Les baisers de Jax tatouaient un parfum sucré sur sa peau. Il était heureux, heureux, heureux. Pas comme avant, pas comme lorsqu’il était encore un enfant insouciant. Il était heureux dans la durée, dans la fondation de son amour, dans la certitude qu’il pouvait justement être malheureux un jour sans que ce ne soit la fin de son monde. Heureux de savoir qu’il n’était pas seul. Qu’il ne le serait jamais. Même ce matin, lorsqu’il s’était levé et que Jax avait déjà disparu, appelé à la dernière minute pour un week-end entier de travail, Bran n’avait pas tout à fait ressenti cette piqûre au coeur. Il avait effleuré les draps froids qui sentaient encore la nuit et la peau de Jax et avait repoussé l’angoisse pour s’extirper du lit. Il va revenir. Il revient toujours.
Mais après ces considérations romantiques, Bran avait bien dû convenir d’une vérité générale : sans Jax, il allait passer ce week-end à s’ennuyer à mourir, mettre l’appartement en désordre sans prendre la peine de ranger derrière lui et continuer à regarder leur série Netflix alors qu’il avait promis d’attendre son amant pour reprendre. Ugh. Sans grande conviction, il s’était levé, avait passé un temps fou à se préparer (en essayant la moitié des affaires de Jax qu’il n’avait bien sûr pas repliées derrière lui) et ouvert et refermé le frigo une bonne dizaine de fois sans jamais s’arrêter sur quoi manger exactement. Finalement, au bout de trois heures d’ennui pendant lesquelles il avait regardé le plafond, Bran s’était finalement décidé à sortir. L’air printanier lui avait ébouriffé les cheveux et rendu le sourire et il paradait dans les rues de Windmont Bay comme à son habitude lorsqu’il leva la tête pour réaliser qu’il venait d’emprunter Bridgewater Way. Et si ses souvenirs étaient bons, c’était là que Jesse habitait. Jesse ! Il y avait longtemps qu’il n’avait pas vu son ami. Depuis cette soirée cauchemardesque avec Jax, en réalité. L’espace d’une seconde, Bran hésita. Est-ce que ce n’était pas trahir Jax que de profiter de son absence pour aller rendre visiter à son pote ? Et en même temps, il n’y avait rien, strictement rien entre lui et le grand échalas aux boucles brunes. Jesse était un ami, rien de plus. Bran sortit son téléphone et tapa un premier message.
hey, i’m hanging out with jesse today.
Mmh. Il fit rapidement l’équation dans sa tête. Jax était loin. Il allait passer deux jours loin de la maison. Pendant le week-end, en plus de ça. Et voilà qu’il lui annonçait qu’il allait traîner avec Jesse. Il tapa un second message.
i love you more than anything, ok?
Pas de réponse : Jax devait être en train de conduire. Bran se demanda si lui envoyer des nudes apaiserait la tempête qu’il pressentait arriver mais il arrivait devant l’appartement de Jesse et relégua cette question à plus tard. Il aurait peut-être dû envoyer un message mais maintenant qu’il était là… De toutes façons, sa présence en elle-même était le cadeau, non ? Conforté dans cette certitude par une confiance en lui momentanément à toute épreuve, Bran frappa à la porte et attendit qu’on vienne lui ouvrir, ce qui ne tarda pas. Mais ce n’était pas le visage familier de Jesse qui se découpa dans l’encadrement de la porte. Non, c’était une autre silhouette, toute aussi connue.
Connue, certes, mais inattendue.
Bran écarquilla les yeux, incapable de dissimuler la surprise de voir celle qui lui avait ouvert. « Ma… Stella ? » Sa langue avait fourché mais il s’en était rendu compte au dernier moment. Stella n’était pas maman. Ou si elle l’avait été, elle ne lui avait pas laissé le temps de s’en rappeler. Alors pourquoi faisait-il cette erreur pour la deuxième fois ? D’abord sur le court de tennis et maintenant là, face à face. Seuls. Avec l’impression de plonger dans un miroir. Il ressemblait à Jacob dans les grandes lignes, mais dans les détails (et c’était là qu’était le diable), il était à Stella. Il n’aurait pas su dire où ni comment ni pourquoi. Mais ils étaient les mêmes.
Et pas que dans le visage.
Toutefois, ce n’était pas ça qui allait arrêter Brandon Rose et il croisa les bras, claquant la langue d’un petit air impatient. Bon, elle allait bouger, oui ou non ? Il n’avait pas le temps de lui faire la charité de sa conversation. « Je viens voir Jesse. Jesse Reinhart. » expliqua-t-il avec la sensation de devoir se justifier de sa présence, comme si ce n’était pas celle de Stella qui était la plus étrange des deux. Bran la jaugea en un regard et haussa un sourcil narquois. « Je ne savais pas qu’il avait engagé une femme de ménage. » susurra-t-il.


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Stella Kahnwald

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· Re: thinking about the time that's slipping. · Jeu 26 Mar - 9:40
Stella était installée sur l’appui de fenêtre, au centre d’un courant d’air frais et piquant qui la faisait frissonner et aérait la pièce. Elle était vêtue d’une nuisette qui avait vu des jours meilleurs et d’un chandail trop large qui lui donnait l’impression d’être lovée au sein d’un nuage doux. L’un de ses bras reposait contre son ventre, l’autre pendait à l’extérieur, une cigarette à l’agonie coincée entre les doigts. Cela faisait plusieurs minutes que Stella se tenait ainsi, recroquevillée, glacée par les températures matinales et incapable de bouger pour autant. Elle fixait le ciel bleu d’un air absent et sérieux, perdue dans des pensées nébuleuses dont elle seule connaissait les tréfonds et ne s’abandonnait à cette lassitude que parce qu’elle savait que l’appartement était tout à elle. Si Jesse avait été là, elle aurait arboré son masque habituel: sourire désinvolte, regard de glace, démarche légère, à la limite de la provocation, avec une pointe de sensualité - juste parce qu’elle aimait semer le trouble et qu’il n’y avait rien de plus facile à amadouer que les hommes. Non pas qu’elle considère Jesse comme un homme. Il n’était qu’un gamin, à ses yeux, il avait l’âge de Bran, il ne l’intéressait pas (pas dans ce sens-là, en tout cas). Il lui manquait quelque chose pour faire de lui un mâle et peut-être que sa jeunesse, sa proximité avec l’âge d’être son fils, le préservait d’un danger latent. Au fond, c’était sans doute ce qui sauvait leur drôle de cohabitation aussi.
Est-ce que cette situation satisfaisait Stella Kahnwald? Étrangement, oui. C’était un arrangement qui lui correspondait bien, hors des sentiers battus et qui lui permettait de ne pas être complètement isolée, confrontée à ses démons et surtout à Windmont Bay. Elle serait sans doute devenue folle si elle avait dû rester au Majestic. Ou elle serait repartie. Elle ignorait ce qui était le mieux et elle n’allait certainement pas l’avouer à Jesse, mais elle devait convenir qu’elle était plutôt bien tombée. On ne pouvait sans doute pas en dire autant du pauvre garçon.
Des coups à la porte extirpèrent Stella de sa contemplation. La blonde incendiaire cligna des paupières, son esprit réintégrant son corps et elle jeta un coup d’oeil dans la pièce. Elle fut bien tentée d’ignorer l’invité surprise, qui tirerait les conclusions logiques de ce silence, mais elle songea qu’il s’agirait peut-être de sa seule distraction de la journée et elle déplia les jambes, posa un pied nu à terre en se penchant à l’extérieur pour écraser son mégot puis le jeta dans un pot de fleur à l’abandon. Stella retrouva le parquet usé de l’appartement et ferma les battants de la fenêtre avant d’aller ouvrir au visiteur.
La surprise de Stella égala sans doute celle de Bran, même si elle fut capable de la dissimuler à son fils, contrairement à lui. Elle avait près de vingt ans d’avance sur lui, elle avait appris depuis longtemps à composer avec les imprévus - et cela l’avait sauvée dans bien des cas.
- Elle-même, rétorqua la mère déchue avec un sourire cynique. A qui ai-je l’honneur?
Bien sûr, elle se demanda ce qu’il fabriquait là. Personne ne savait qu’elle vivait ici, elle s’était bien gardée de révéler quoi que ce soit à Jacob - il aurait utilisé n’importe quel détail comme une arme pour la déglinguer, pour l’éloigner de Bran, qu’il voulait à tout prix préserver de sa déserteuse de mère. La bonne blague. Elle aurait dû faire le lien entre l’un des autres occupants de l’appartement et Bran mais, en réalité, à cet instant précis, Jesse était à des lieues des pensées de Stella. Il n’y avait plus que Bran. Bran et elle. Un Bran égaré et une Stella… pas assez habillée. L’attitude du jeune homme se métamorphosa dès que la surprise se dissipa et il retrouva cette attitude qui agaçait tant Stella - sans doute parce qu’elle aurait été tout à fait du genre à l’adopter elle-même.
- Il n’est pas là, lâcha-t-elle sans plus de précision.
Elle ne suivait pas les allées et venues des autres, ne se souciait pas de leurs agendas respectifs, n’avait donc aucune idée du moment où il allait rentrer. Si Bran faisait des additions hâtives quant à sa présence dans l’appartement et sa petite tenue, elle s’en fichait. Elle ne comptait pas se défendre ou s’expliquer, ça n’avait jamais été dans sa nature - ce qui lui avait sans doute causé du tort, les gens choisissant leurs conclusions sans preuves, mais Stella n’en avait jamais rien eu à foutre (et ce, quoi qu’en dise ce vagabond d’Eason).
- Moi non plus, ce serait une bonne idée, ça, répliqua-t-elle, moins cinglante qu’elle ne l’aurait voulu, bien consciente de la tentative de morsure.
Lamentable, aurait-elle volontiers ajouté. A la place, elle fixa encore un instant son fils puis elle se détourna, laissant la porte ouverte. Libre à lui d’entrer ou de s’en aller. Elle, elle retourna le salon et entreprit de retourner les coussins du canapé, en quête de son paquet de cigarettes, qui avait dû glisser quelque part. Elle l’espérait, du moins. Elle espérait qu’elle n’avait pas fumé sa dernière clope juste avant l’arrivée de Bran, auquel cas elle devrait supporter ses sarcasmes sans s’encrasser les poumons. Or, s’enfiler les cigarettes était devenu son moyen de résister à l’alcool et aux cachets. Un dérivé sans saveur, sans effets salvateurs, qui ne l’empêchait pas de trembler légèrement par moment ou de se retrouver face aux flacons dans la pharmacie. C’était une lutte de tous les instants et elle n’était pas sûre de pouvoir la supporter si Bran venait jouer aux quilles avec ses nerfs.

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· Re: thinking about the time that's slipping. · Mer 15 Avr - 23:46
Stella était la dernière personne qu’il voulait voir aujourd’hui. Non, en fait, elle était la dernière personne qu’il voulait voir tout court. Sa relation avec Stella était de toute façon simple à comprendre : si elle avait pris feu et qu’il se trouvait pour une quelconque raison en la possession d’un seau d’eau, Bran aurait préféré ruiner son brushing plutôt que d’asperger sa mère. Voilà où ils en étaient et Bran ne faisait pas le moindre effort pour que la situation change (trait de caractère certainement hérité de la méduse qui tentait de le transpercer de ses yeux). Pourquoi aurait-il fait un seul pas vers elle ? Depuis qu’elle était revenue à Windmont Bay, Stella n’avait pas fait le moindre effort pour réparer quoi que ce soit - si tant était qu’il y avait quelque chose à réparer. Il n’y avait jamais rien eu. Stella n’avait même pas eu le bon goût de se remarier à un homme deux fois plus vieux qu’elle, ce qui aurait eu moins le mérite de donner à Bran l’excuse d’être le pauvre petit garçon riche balloté entre deux foyers plus indécemment riches l’un que l’autre. Certes, il avait eu les vacances à Hawai’i, les cours de piano hors de prix, la Range Rover mais où étaient ses séjours au ski, la Porsche et la maison de vacances au Mexique ? Nulle part, voilà, et c’était la faute de Stella qui n’avait pas été foutue de se trouver un vieillard plein aux as. Jamais Bran n’avait rencontré quelqu’un de plus égoïste. Bien entendu, à aucun moment l’idée d’exagérer un tant soi peu ne lui vint à l’esprit, pas plus que la possibilité de cette amertume ne soit ancrée dans l’espoir insensé qu’elle soit revenue pour lui. Stella était l’ennemie numéro 1, point final. Il n’y avait rien d’autre à ajouter.
Il n’est pas là. Interloqué, Bran battit des cils telle une biche prise dans les phares d’une voiture. Qu’est-ce que Stella pouvait bien connaître de l’emploi du temps de Jesse Reinhart ? Il ne comprenait pas… Que faisait-elle là ? Baissant les yeux sur son téléphone, Bran ignora royalement sa mère pour envoyer derechef un message à son ami. Mais pouvait-il le considérer ainsi ? Il était clair qu’une trahison était ourdie derrière son dos. dude, what the hell? ur living with stella? aka the devil who does NOT wear prada aka my so-called mother? call me asap. Ce bref passage sur son écran lui apprit dans la foulée que Jax lui avait lâché non pas un, mais deux vus, suite à ses messages et il leva les yeux au ciel. Sérieusement ? Est-ce que cette journée pouvait plus mal tourner ?
Lorsqu’il releva les yeux, il accrocha brièvement le regard de Stella. Sa présence était encore inexpliquée et lorsqu’elle lui tourna le dos pour, il fit un pas en avant par réflexe. Elle retournait dans l’appartement. Dans cette tenue. Dans cette tenue ?! « Non… » souffla-t-il pour lui-même, estomaqué par le choc qu’il venait de se prendre en pleine face. La nuisette premier prix. Le pull  visiblement emprunté au placard d’un octogénaire aveugle. Non… Ce n’était pas possible ! Pas ça ! Pas Jesse ! Elle ne pouvait pas l’avoir ensorcelé lui aussi. Frénétique, Bran rouvrit son téléphone et commença à chercher l’adresse d’un exorciste avant de se raviser. Qui sait ce que Stella comptait faire dans cet appartement… Vu sa situation désastreuse, elle ne devait pas se contenter de les séduire. Certes, son amitié avec Jesse venait d’être sérieusement mise en péril par les choix désastreux du grand brun en matières de femmes, mais Bran était un ami loyal et il ne pouvait décemment laisser Stella cambrioler l’appartement en toute connaissance de cause. Alors il prit son courage à deux mains et fit un pas à l’intérieur. Il hésita : refermer la porte ou la laisser ouverte, au cas où il devrait s’enfuir ? Non, mieux valait ne pas attirer la suspicion de Stella. Il l’affronterait s’il le fallait. Il devait certainement être le seul homme de Windmont Bay sur lequel ses charmes de perfide sorcière ne fonctionneraient pas. Bim, immunisé ! Être abandonné par sa mère payait enfin.
Son téléphone toujours dans la main, il avança dans le salon où Stella semblait être à la recherche d’objets précieux. Bran regarda autour de lui : no offense, mais Jesse ne roulait pas sur l’or et il doutait fort que sa gold digger de mère ne trouve quoi que ce soit d’intéressant ici. Cependant, il avait depuis longtemps abandonné l’idée de comprendre les motivations ténébreuses de sa génitrice et donc se contenta de la toiser d’un regard qui ne cachait rien du mépris qu’il éprouvait. « Si tu touches à un seul cheveu de Jesse… C’est ton genre, hein ? Tu les choisis beaux et idiots exprès ! » s’exclama-t-il soudain en pointant un doigt accusateur vers elle. Comment osait-elle profiter de son ami ainsi ? Mû par une soudaine inspiration, Bran enjamba le dernier mètre qui les séparait et se laissa tomber sur le canapé (et ce malgré l’idée effroyable que Jesse et Stella aient pu y mêler leurs fluides corporels). Il leva le nez vers Stella et la défia du regard. « Je reste ici jusqu’à ce qu’il revienne. Pour te surveiller. » Qu’elle essaye seulement de le déloger, et elle verrait que Bran n’avait pas peur de se battre - même physiquement, s’il le fallait.

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· Re: thinking about the time that's slipping. · Ven 17 Avr - 10:40
La vie de Stella ressemblait à une couture décousue, effilochée, une tentative de joindre les deux extrémités qui n’arrivait qu’à une juxtaposition mal fichue, prête à rompre. Une vie de bohème, sans point d’attache, sans destination particulière. Lorsqu’elle repensait aux endroits où elle avait vécus, Stella voyait les salons bordéliques où les corps enchevêtrés récupéraient d’une nuit agitée et sauvage; les chambres d’hôtel miteuses où elle avait échoué, sans souvenir précis. Elle passait volontairement au-dessus de sa chambre d’adolescente à Windmont Bay, seule structure stable, sereine, où elle aurait pu trouver sa place, mais qu’elle avait dénigrée, par principe, parce qu’à cet âge-là, on hait le monde, on hait ses parents, on hait tout ce qui peut venir dans sa direction. Un rejet catégorique, qu’elle pourrait regretter si elle en était capable, mais Stella Kahnwald repoussait toute forme de mélancolie, de remords, de doute, de honte ou de chagrin. Comme si elle n’était pas dotée des codes nécessaires, comme si elle n’était qu’un robot dysfonctionnel.
Après tout, les robots n’avaient pas d’émotions et, par conséquent, ils ne souffraient pas.
Quant à analyser cette propension à tout tenir à distance, à coups de poignards verbaux ou de regards perçants, c’était bien sûr hors de question. Hors de question qu’elle évoque ses travers, qu’elle admette ses torts, qu’elle se demande pourquoi elle agissait ainsi, qu’elle avoue ce qui l’avait éloignée de Windmont Bay, qu’elle reconnaisse cette peur indicible qui lui nouait les tripes et qu’elle assommait continuellement, d’alcool, de drogues, de péripéties, de mots crus, de sourires acérés et de regards glacés. Tout plutôt que de laisser entrevoir la moindre faiblesse. Même déceler le mépris dans les yeux de son fils, même s’écorcher à ses paroles dédaigneuses, même ravaler cette nausée qui lui remontait la gorge et lui faisait tourner la tête et le coeur.
Car elle le savait: avouer reviendrait à écoper des rires moqueurs, une cruauté jouissive, une indifférence exterminatrice. A récolter ce qu’elle avait semé. Elle préférait se dire qu’elle l’avait bien mérité plutôt que de chercher la rédemption. C’était comme ça, c’était Stella.
Elle marmonnait des imprécations en poursuivant sa quête, se fichant bien de mettre l’endroit sens dessus dessous, soupirant d’agacement en passant au fauteuil suivant, lorsque la voix de Bran ricocha dans la pièce pour la menacer (lol?) si elle touchait à un seul cheveu du garçon avec qui elle vivait. Cette seule idée l’aurait bien fait rire si elle n’avait pas été aussi obsédée par l’idée de retrouver son paquet de cigarettes et elle se redressa, abandonnant sa fouille désespérée:
- Tu oublies riches, aussi. Pas de chance pour moi, je me suis vautrée dans son cas, répliqua-t-elle, sarcastique. Où est ce foutu paquet?
Elle feignait de ne pas voir en sa présence une pression, une occasion. Si elle cherchait la moindre issue, l’interstice pour désamorcer la tension entre eux, elle savait qu’elle allait dire et faire n’importe quoi (encore plus que d’habitude, s’entend), alors elle préférait lui offrir le spectacle habituel. Là, au moins, il ne serait pas déstabilisé. Son garçon se laissa tomber dans le canapé et la défia du regard, annonçant qu’il resterait là jusqu’à ce que son ami revienne. Pour la surveiller. Stella l’observa un instant, impassible, puis haussa les épaules avec désinvolture:
- Comme tu le sens.
Elle laissa retomber le coussin d’un geste impatient et contourna la table de salon pour se diriger vers le couloir qui menait à sa chambre. Elle s’arrêta toutefois sur le seuil et se retourna:
- Je vais me changer. Je peux? Où tu veux me surveiller pendant ce temps-là aussi? le railla-t-elle, un sourire sardonique aux lèvres.
Stella connaissait la réponse et elle n’attendit pas la grimace de dégoût pour disparaître et rejoindre la pièce qui lui servait de refuge depuis plusieurs mois. Elle abandonna son gilet et sa nuisette et enfila un jean, un t-shirt vert pâle et un chandail gris craie. Elle ne résista pas au besoin de jeter un oeil au miroir pour constater ses traits tirés, ses cheveux mal coiffés et elle se passa les doigts dedans avant de les attacher en un chignon lâche. Elle ne pourrait rien faire pour son teint blême, ses cernes et les rides qui se dessinaient au coin de ses yeux: il l’avait vue ainsi, tant pis pour lui.
Lorsqu’elle revint, la mère déchue s’arrêta à nouveau dans le salon, s’attendant presque à ce qu’il ait changé d’avis et se soit envolé pendant qu’elle était partie, mais Bran était une véritable tête de mule et trônait toujours dans le fauteuil, comme un cerbère qui garde l’entrée d’un passage secret qui mènerait à un trésor. Stella songea qu’elle aurait aimé connaître le chemin ténébreux qui donnait accès au coeur de son fils mais s’il était aussi tortueux que le sien, elle était déjà fatiguée d’avance.
- Bon. Tu veux quelque chose à boire, en attendant ton copain? Café? Jus de fruit? Verre de lait?
Elle arborait un léger sourire narquois. Elle, elle se serait bien servi un whisky ou un shot de vodka, mais elle songea que son image était déjà assez lacérée sans qu’elle offre en plus des occasions à Bran de la déglinguer.
- Parce que moi j’ai bien besoin d’un café.
Cette fois, elle disparut dans la cuisine, bien décidée à démontrer à son rejeton qu’elle était ici chez elle, que ça lui plaise ou non - et, donc, en filigrane, qu’elle ne comptait pas partir de sitôt ou qu’elle ne disparaîtrait pas, comme toutes ces fois où elle l’avait laissé tomber, par le passé.
Après tout, elle n’était jamais restée aussi longtemps depuis qu’elle était partie la première fois.
Ne se demandait-il donc pas pourquoi?

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· Re: thinking about the time that's slipping. · Dim 17 Mai - 1:43
Bien sûr, ce n’était pas que pour Jesse que Bran s’apprêtait à sacrifier son après-midi. C’était quelque chose qu’il n’était pas prêt à admettre, ni à lui-même et encore moins à Stella, et qui le poussait à rester alors qu’il aurait été sans doute plus simple de prendre ses jambes à son cou. Mais est-ce que Brandon Rose était du genre à fuir ? Certainement pas et surtout pas face à la gorgone qui lui servait de génitrice. Alors, il restait planté sur le canapé de Jesse, les bras croisés comme un enfant boudeur (ce qu’il n’était pas loin d’être), espérant dissimuler l’angoisse qu’il éprouvait à l’idée de se retrouver seul avec celle qui lui avait donné la vie. À bien y réfléchir, à quand remontait la dernière fois qu’il avait été seul, vraiment seul avec Stella ? Leur confrontation au country club ne comptait pas. Là-bas, ils s’étaient affrontés en terrain miné, l’empreinte de Jacob Rose partout entre eux. Ici, ils jouaient un match différent. Pas amical (jamais), mais pas à mort non plus. Quand à la dernière fois qu’ils s’étaient retrouvés face à face, sans foule, sans les bras de Jax pour le retenir ni l’armée d’éphèbes que sa mère semblait pouvoir invoquer en claquant des doigts, Bran aurait été incapable de le savoir et ça lui tordait un peu le ventre.
Heureusement pour lui (?), Stella avait le chic pour détourner son attention et il la fusilla du regard alors qu’elle manifestait une indifférence qui lui hérissait la nuque. Comme il le sentait ? Oh, il le sentait parfaitement, il sentait qu’il allait rester là tout l’après-midi et même toute la soirée rien que pour lui pourrir la vie. Qu’importe les plans que sa sorcière de mère avait prévus pour aujourd’hui, elle pouvait les ajouter à la potion qu’elle préparait forcément dans son chaudron quelque part, car Bran comptait rester pour dîner. Sans broncher, il continua de guetter le moindre geste suspect d’un oeil implacable, surtout lorsque Stella s’éloigna pour se diriger vers une pièce inconnue. Sur le qui-vive, Bran était prêt à bondir mais son expression alerte se mua en grimace de dégoût lorsque sa mère lui annonça qu’elle allait se changer. Stella n’avait-elle donc aucune dignité ? Aucune pudeur ? Il ne voulait rien voir de tout ça ! « Ew ! » gémit-il en se cachant les yeux de façon dramatique. Bien sûr, il savait parfaitement qu’elle allait disparaître dans sa tanière mais on ne savait jamais. Qui savait ce qui pouvait bien se tramer dans les méandres de l’esprit forcément diabolique de Stella Kahnwald… Et puis Bran voulait lui faire comprendre qu’il la trouvait décrépie. Il en avait assez que toute la population masculine de Windmont Bay se pâme devant elle et tombe à ses pieds. Lui n’était pas sous le charme (certes, il était son fils, ce qui facilitait la chose) et il entendait bien le lui faire savoir.
Le bruit d’une porte qui s’ouvre puis se referme lui signala que Stella était revenue. « C’est bon ? Tu es visible ? » demanda-t-il tout haut. Sans réponse, il fut forcé d’écarter les doigts pour lancer un regard furtif à sa mère et fut soulagé de constater qu’elle avait enfin revêtu une tenue décente - à défaut d’être intéressante. Bran se découvrit le visage en poussant un soupir et considéra Stella d’un oeil critique. Il était tenté de faire une remarque sur le look particulièrement insipide de la jeune femme mais cette dernière le prit par surprise. Quoi ? Elle jouait à la parfaite maîtresse de maison maintenant ? Bran haussa un sourcil incrédule, les yeux écarquillés. Si c’était ainsi qu’elle pensait réparer vingt ans d’absence, elle se trompait, et lourdement en plus de ça. Un verre de lait ? Il avait quoi, cinq ans ? Bran croisa les bras et haussa son sourcil aussi haut qu’il lui était humainement possible. Parce que moi, j’ai bien besoin d’un café. Et moi, j’ai besoin que tu disparaisses, fut-il tenté de rétorquer. Néanmoins, Bran tint sa langue - s’il devait passer l’après-midi coincé ici avec Stella, autant ne pas commencer à s’écharper si tôt. Non, s’ils devaient faire la guerre, il avait comme la sensation qu’elle serait larvée, toutes en piques inattendues et en coups bas. Après tout, il avait conscience que son amour des manigances ne lui venait pas de son père. Bran suivit Stella des yeux. La facilité avec laquelle elle évoluait au sein de l’appartement avait quelque chose de franchement insolent et il fronça les sourcils en la voyant disparaître dans la cuisine, le laissant seul (but what’s new?) dans le salon. D’un côté, il ne voulait pas lui donner l’impression de la suivre comme un petit chien ; de l’autre, il voulait vérifier qu’elle n’avait pas installé un laboratoire de métamphétamines sur le comptoir. Gentil comme il était, Jesse devait sûrement prendre l’installation pour une sorte de fabrique de savons bio (l’idée que son ami soit un étudiant en chimie n’effleura pas l’esprit de Bran). C’était décidé : il se levait et il allait prendre Stella en flagrant délit ! Il bondit du canapé et prit à son tour le chemin de la cuisine, s’attendant à tomber sur une véritable opération de cartel. Mais il fut bien forcé de constater qu’il n’en était rien, et que Stella était visiblement en train de se préparer une tasse de café tout ce qu’il y avait de plus dénuée de drogues dures. Bo-ring. Bran poussa un soupir (le troisième en moins de dix minutes) et s’appuya contre le chambranle de la porte. « Je voudrais un café aussi. Avec du lait. » finit-il par dire. Tant qu’il l’avait dans son champ de vision, elle ne pouvait incorporer aucun poison au breuvage, non ? Il se racla la gorge, nouveau soupir. « S’il te plaît. » ajouta-t-il en levant les yeux au ciel, conscient de son oubli (?) précédent. Il ne voulait surtout pas que Stella puisse croire que parce qu’elle l’avait abandonné, il était désormais un gamin à problèmes et sans manières. Non merci, il se débrouillait très bien sans elle et son retour intempestif ne changeait rien à tout ça. Retour qui commençait d’ailleurs à s’éterniser, et Bran ne pouvait s’empêcher de trouver à ce séjour prolongé une odeur suspecte. Stella ne restait jamais bien longtemps. Qu’était-elle venue chercher ici ? « Tu repars quand ? De Windmont Bay, j’entends. » demanda-t-il alors, ses grands yeux bleus un modèle d’innocence, comme s’il s’agissait de faire la conversation à une vague connaissance.

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· Re: thinking about the time that's slipping. · Lun 1 Juin - 15:09
Stella, au fond, aurait sans doute voulu savoir comment se comporter, ce qu’elle devait dire, pour amadouer Bran, pour le faire descendre de ses grands chevaux, pour qu’ils puissent avoir une conversation “normale”, à défaut de se lancer dans de grandes déclarations - elle n’était pas faite pour ça et elle avait le sentiment qu’il y avait une part commune chez son fils. Mais en vérité, elle ne savait même pas ce qu’elle espérait lui dire, même s’il avait posé les armes et s’était déclaré prêt à l’écouter. C’était sûrement pour ça qu’elle paradait et s’esquivait sous de faux prétextes (comme se changer ou se faire un café), juste pour retarder le moment où elle se retrouverait sous la douche de son regard glacé, jugée et méprisée, parce qu’elle n’avait aucune idée de ce qu’elle faisait (à Windmont Bay comme avec sa vie en général). C’était le flou intégral, elle évoluait dans un marécage brumeux, sans but, sans issue. Les jours s’écoulaient, lui échappaient et le gouffre se creusait et elle avait l’impression d’osciller sur le bord, prête à dégringoler au moindre faux pas. Pourtant elle devrait faire un effort, sinon à quoi bon être revenue? A quoi bon tourner en rond et attendre? Si une trêve avec Bran ne semblait pas possible, ne valait-il mieux pas s’en aller et cesser de hanter ces rues qui ne voulaient pas d’elle?
Agacée par ces tourments qu’elle jugeait plus incommodants qu’autre chose, Stella pressa le bouton de lancement du café et posa les mains sur le plan de travail en fixant la machine pendant que celle-ci ronronnait pour faire chauffer l’eau. Elle devina l’ombre de la silhouette en périphérie de son champ de vision et quand Bran déclara vouloir également un café, elle réprima un soupir et se détacha du meuble pour prendre une tasse dans l’armoire et sortir une brique de lait du frigo. La marque de politesse fit imperceptiblement frémir ses lèvres et elle se détourna pour l’empêcher de le déceler. L’amusement détala toutefois rapidement lorsque Bran poursuivit en lui demandant quand elle repartait. Stella laissa passer quelques secondes durant lesquelles la machine à café sembla marmonner à sa place puis elle se tourna pour faire face au gamin qu’elle avait si longtemps abandonné et qui prenait une revanche bien méritée aujourd’hui:
- Pourquoi? T’es pressé que je m’en aille? Ma présence en ville te pose problème? demanda-t-elle, plus sèchement qu’elle ne l’avait voulu.
Elle aurait préféré opter pour un ton plus sarcastique et provocateur mais il était trop tard pour rattraper le coup et elle enchaîna avec un haussement d’épaules:
- Je ne sais pas. J’ai quelques affaires à régler. Une histoire d’héritage. Un de mes cousins qui croit pouvoir s’approprier une part qui me revient.
Le café se mit à couler dans la tasse, diffusant son parfum qui lui redonna quelques forces en s’insinuant dans ses poumons, mais lorsque la tasse fut remplie, elle la prit et la posa sur la petite table, avec le lait, invitant silencieusement Bran à s’installer pendant qu’elle glissait l’autre tasse dans la machine et appuyait à nouveau sur le bouton. Elle fouilla ensuite les placards et leur dégota une boîte de biscuits qu’elle posa près de la tasse de Bran avant de revenir s’appuyer contre le meuble.
- Je sais que tu me vois comme l’ennemi, parce que je n’ai pas su être la mère que tu voulais. Que je n’ai pas su être une mère du tout, admit-elle à contrecœur, son regard similaire à de la glace fondue, les lèvres tirées vers le bas, tant l’aveu lui coûtait. Mais je me disais qu’on aurait pu essayer d’apprendre un peu à se connaître, tous les deux. A défaut de pouvoir tourner la page ou rattraper le temps perdu.
Sans doute aurait-elle dû faire preuve d’un peu plus de contrition mais elle ne pouvait pas effacer les vingt dernières années, elle n’était pas optimiste quant à la faculté de pardon de son fils - et d’ailleurs, elle ne cherchait pas son pardon, parce qu’elle ne le méritait pas - et n’avait aucune idée de la marche à suivre dans une situation pareille. Les choses étaient ce qu’elles étaient et soit Bran apprenait, comme elle, à composer avec l’autre, soit il refusait de faire un effort et leur relation resterait telle qu’elle l’était: abîmée, écorchée, saignante, purulente. Stella se jurait de ne pas fuir une fois de plus si c’était cette dernière option que choisissait son gamin, mais l’accepter ne serait pas aisé, elle le savait. Elle détestait se débattre avec ses démons intérieurs et généralement elle s’en abstenait en les noyant sous l’alcool, en les dupant avec de la drogue, en les refoulant derrière son attitude frivole et libre de toute attache. Depuis qu’elle était à Windmont Bay, elle s’efforçait pourtant de changer de comportement, de diminuer les doses, de revenir sur le chemin de la sobriété - mais tout ça avait un coût, physique comme mental, et elle n’était pas sûre d’arriver à tout museler si Bran persistait à l’envoyer chier comme il le faisait à chaque fois qu’ils se trouvaient face à face. Stella n’oubliait cependant pas qu’elle était la fautive, qu’elle était la mère et lui l’enfant, qu’elle n’avait rien fait pour gagner sa confiance, qu’elle n’avait au contraire que démontré à quel point il ne pouvait compter sur elle, qu’elle n’était qu’un courant d’air qui s’échappait dès que la fenêtre était ouverte. Logique, du coup, qu’il doute de ce retour, de ses motifs, des promesses qu’elle ne lui faisait de toutes façons pas. Elle lui avait donné toutes les cartes pour qu’il la haïsse ainsi que le bâton pour se faire battre.
La deuxième tasse de café se remplit et Stella s’en empara avant de venir s’installer face à Bran, consciente de l’étrangeté de cette proximité, de cette intimité à laquelle ni l’un ni l’autre n’était habitué, et elle l’observa un instant, l’écho des mots de Jacob lui revenant en mémoire. Fonce alors mais si tu disparais encore sans le prévenir, je veillerai à ce que tu ne sois plus la bienvenue ici. Les menaces étaient cependant inutiles: Stella savait parfaitement que si elle partait, ce serait pour ne plus jamais revenir.
Pendant un instant, elle imagina que c’était la dernière fois qu’elle voyait Bran, qu’il allait continuer son bonhomme de chemin et qu’elle s’effacerait de son existence et son coeur se serra à cette idée. Elle ignorait si c’était par égoïsme ou conscience de tout ce qu’elle avait laissé passer mais la sensation était là et, elle, elle ne mentait pas.
- Tu crois que ça te parait envisageable? Ou tu comptes me détester toute ta vie?
Peut-être n'était-ce pas la meilleure façon d'aborder la chose mais tant pis. Stella restait Stella, après tout.

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· Re: thinking about the time that's slipping. · Mer 1 Juil - 2:51
Sa question n’était pas étrange. Elle naissait d’une vieille habitude — d’une vieille blessure, en vérité, mais Bran refusait de la nommer ainsi, non, Stella n’avait pas ce pouvoir-là, il le lui refusait. Il l’avait toujours vue partir. Il ne pouvait pas se souvenir de son premier départ mais l’indentation de l’absence s’était inscrite en lui à la manière d’une cicatrice invisible à l’oeil nu. Et en négatif de cette absence, comme pour le (les) faire souffrir, il y avait tout ce qui existait entre eux, sans qu’ils n’aient eu besoin de se croiser pendant vingt ans pour construire : leurs yeux bleus, leur manière de mordre plus que de parler, le sarcasme qu’ils maniaient tous les deux comme une seconde langue. « Je pose juste une question, Stella. » rétorqua Bran justement sur le même ton. Dans un geste inconscient, il resserra ses bras autour de lui. Dis donc, elle allait se calmer ! Qu’est-ce que ça pouvait lui faire, d’ailleurs, qu’il s’intéresse à elle ? N’était-ce pas ce qu’elle recherchait constamment, l’attention ? Totalement imperméable à l’ironie de la situation, Bran se mordit la lèvre et écouta l’excuse que Stella lui donna pour expliquer son retour qui traînait en longueur. Un cousin ? Un héritage ? Il ne savait pas que Stella s’était muée en héroïne de murder mystery. Il n’avait jamais entendu parler d’un quelconque cousin (pas qu’il le voulait, d’ailleurs, non merci, il avait des standards en termes de fréquentation) et il avait franchement du mal à croire qu’un trésor attendait sa mère quelque part à Windmont Bay. Mais il était bien forcé de considérer l’hypothèse : après tout, quelle autre raison aurait-elle eu qu’un joli chèque ? C’était ce qu’elle préférait, non ? « J’aurais dû m’en douter. » marmonna-t-il, plus pour lui-même que pour sa mère. L’envie de jouer les détectives n’était soudain plus aussi intéressante maintenant qu’il était conforté dans son hypothèse : Stella était une pie voleuse et elle était revenue à Windmont Bay pour plumer les malheureux pigeons qui avaient le malheur de croiser sa route. À moins que ce ne soit qu’un leurre ? Il releva les yeux vers elle et l’observa déposer la tasse et le lait sur la table. Rien que par esprit de contraction, il aurait dû refuser de s’asseoir, tiens. Juste pour lui montrer qu’elle n’avait aucun pouvoir sur lui. Mais qu’est-ce que ça aurait changé ? Alors de mauvaise grâce, Bran déplia les bras et alla s’installer, faisant racler la chaise sur le sol pour signaler son mécontentement, au cas où Stella n’aurait pas perçu le message qu’il cherchait à faire passer depuis qu’il était entré.
Il regarda la tasse, le lait, les biscuits et tout ce qui lui venait (malgré lui, parce qu’il ne voulait pas penser ça, il ne voulait pas être ce garçon à qui sa mère avait manqué), c’était pourquoi maintenant ? Pourquoi revenir faire irruption dans sa vie vingt ans plus tard ? Bran releva les yeux vers Stella et tenta de trouver la réponse sur le visage de celle qui lui avait donné la vie. Parce que c’était plus facile ? Parce que les années les plus difficiles étaient passées ? Pourquoi pourquoi pourquoi, ça cognait dans son crâne, ça saturait son esprit. Et même lorsque Stella lui offrit une réponse, il ne parvint pas à l’admettre. Je n’ai pas su être une mère du tout. Malgré lui, par réflexe, Bran leva les yeux au ciel. Autour de la tasse de café, ses mains se resserrent et la jointure de ses doigts blanchit. « Et ça t’a pris vingt ans pour réaliser tout ça ? Très touchant. Envoyez les applaudissements. » cracha-t-il, sarcastique. Et pour s’empêcher un autre coup d’éclat, il noya son ressentiment dans une gorgée de café trop chaud, qui eut le mérite de lui brûler la langue pour lui faire penser à autre chose.
Ou tu comptes me détester toute ta vie ? La question le prit de court et Bran suspendit son geste alors qu’il reposait la tasse sur la table. Il jeta un coup d’oeil à Stella, posa la tasse dans un bruit sourd et poussa un soupir. « Si je te détestais, tu le saurais. » se défendit-il, péremptoire, et il fut surpris de constater que c’était la vérité. Il ne détestait pas Stella. Oh, il éprouvait beaucoup de choses. Il la méprisait. Il se méfiait d’elle comme de la peste. Il la trouvait mal fagotée, désagréable et il ne pouvait pas croire qu’il fut le descendait direct d’une telle sorcière. Mais il ne la détestait pas. Ou plus. Et pourtant, il y avait eu des moments où son absence avait été pire qu’une gifle et l’avait laissé tremblant et minuscule au fond de son lit d’enfant. Et pourtant, Bran ne détestait pas Stella. Il voulait croire qu’il était passé à autre chose, mais ce n’était pas tout à fait vrai non plus. Il attendait. Il voulait voir.
Perdu, Bran se laissa basculer contre le dossier de sa chaise, sa tasse toujours entre les mains et considéra sa mère d’un regard de chat, la bouche griffée d’un sourire qui servait à dissimuler son trouble, sa confusion, sa colère. Il avait attendu cette discussion toute sa vie. Et maintenant qu’elle arrivait, il ne parvenait pas à faire tomber ses barrières comme il l’aurait voulu. La rancoeur s’était solidifiée autour de son coeur comme un cercueil de pierre et tout à coup, Bran avait l’impression que sa poitrine pesait des tonnes. En face de lui, Stella lui renvoyait un visage sur lequel il ne pouvait rien déchiffrer, à part leur ressemblance. Qui était-elle ? Pourquoi était-elle partie ? Et surtout, pourquoi était-elle revenue ? C’était cette question qui continuait d’obséder Bran. Il devait y avoir une raison, une vraie. Qu’il voulait découvrir, au détriment de son orgueil. À moins que ce ne soit qu’un prétexte, là encore, pour passer du temps avec celle qui l’avait pourtant abandonnée non pas une, mais plusieurs fois ? Bran se mordit l’intérieur de la joue à cette pensée. Ce n’était pas vrai. Il ne voulait pas que ce soit vrai. Et pourtant… « Fine. Qu’est-ce que tu veux savoir, alors ? » demanda-t-il d’une voix encore trop tranchante. Ce n’était pas aujourd’hui qu’il signerait l’armistice avec Stella. Mais une trêve ? Il pouvait essayer.

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· Re: thinking about the time that's slipping. · Mer 19 Aoû - 9:41
Stella n’avait jamais été douée pour la confrontation. La provocation, elle en usait et abusait, cherchant les ennuis, attisant la colère ou le mépris. Mais la confrontation, elle l’esquivait d’un pas dansant – ou en disparaissant, tout simplement. Combien de fois n’avait-elle pas été à l’origine d’un chaos sans nom, qu’elle n’avait pas assumé, parce qu’elle s’était envolée bien avant que les ennuis la rattrapent ? Elle avait sûrement laissé de mauvais souvenirs partout où elle était passée mais c’était à Windmont Bay qu’elle avait fait le plus de dégâts, en laissant derrière elle le seul être pour qui elle aurait dû changer sa vie.
Elle aurait dû trouver la force – ou le courage – de rester, de jouer le rôle que la vie lui avait dévolu, même si elle n’en avait pas voulu. Tout aurait été réglé si elle avait mis un terme à sa grossesse quand elle en avait l’opportunité. Il n’y aurait pas eu ces neuf mois durant lesquels elle maugréait après le monde, il n’y aurait pas eu ce bébé au regard trouble qui attendait trop d’elle, il n’y aurait pas eu cette fuite insensée, cette incapacité à revenir, à prendre ses responsabilités. Mais sa vie en aurait-elle été métamorphosée ? Aurait-elle une existence qui en valait la peine, si elle avait trouvé un endroit où s’ancrer plutôt que d’errer d’une ville à l’autre, d’une vie à l’autre ? Ou était-elle destinée à cette dissolution éternelle, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien d’elle ? Le pire dans tout ça, elle le savait, c’était qu’elle n’avait pas voulu avorter. Elle avait prétexté, avec cet air désinvolte qui lui était coutumier, que puisqu’ils étaient mariés, ce serait sûrement mal vu que l’épouse se débarrasse du fruit de leur amour, usant volontairement d’une ironie dégoulinante. Comme si elle avait été forcée d’aller jusqu’au bout, comme si Bran n’avait pas été son choix. Mais quand son fils était né, Stella l’avait contemplé et s’était sentie désemparée. Elle avait réalisé tout ce qu’il impliquait, tout ce qu’il attendrait d’elle et tout ce qu’elle ne pourrait lui offrir, par conséquent. Ce n’était pas la faute de Bran si elle était partie, il avait juste précipité sa fuite. Il l’avait juste confrontée à tout ce qu’elle redoutait.
Et maintenant, elle devait y faire face. Ce n’était pas qu’il était temps – le temps était largement dépassé depuis longtemps – mais c’était tout ce qu’il lui restait, à Stella Kahnwald. Son gamin. Qui s’en était mieux sorti sans elle que si elle avait été dans les parages pour le bousiller comme elle se bousillait elle-même. Alors elle devait accepter les sarcasmes, les remarques acérées, son prénom qui sonnait comme un coup de marteau sur les lèvres de Bran. Elle encaisserait, parce que c’était tout ce qu’elle savait faire : encaisser les coups du sort, les insultes, le dédain. Elle encaisserait parce que c’était tout ce qu’elle méritait. Elle encaisserait, aussi, qu’il puisse accepter son explication aussi simplement, sans éprouver la moindre surprise, le moindre doute. Après tout, elle avait façonné cette image de veuve noire qui courait après l’argent, qui n’avait que faire du reste. Elle ne pouvait pas répondre qu’elle avait compris depuis longtemps que l’adage était vrai : il ne faisait pas le bonheur. Elle ne savait même pas ce que c’était, le bonheur. Elle ne l’avait jamais approché, n’en avait même pas senti la plus petite fragrance. C’était un mets réservé aux autres, pas aux mères envolées qui ruinaient tout sur leur passage.
A la nouvelle salve de mots sarcastiques, Stella ne broncha pas. Elle se contenta de fixer le jeune homme qu’était devenu le bébé qu’elle avait abandonné dans son sillage. Elle trouva des similitudes avec elle mais elle devina surtout l’influence de Jacob. Son assurance, son autorité ; ce qui l’avait d’abord charmée avant qu’elle n’en vienne à le détester, lorsqu’il n’était plus un défi qu’elle s’était lancé mais un boulet rivé à sa cheville et qui la clouait au sol. Bran était la somme de deux êtres égoïstes que rien n’aurait dû lier et elle le plaignit d’avoir eu à naviguer dans le monde avec des modèles pareils. Mais il s’en sortait mieux qu’elle, non ? songea-t-elle en caressant distraitement l’anse de sa tasse. Il n’était pas devenu le déchet humain qu’elle était, alors peut-être qu’elle avait fait quelque chose de bien dans sa vie, n’est-ce pas ?
- Non, ça ne m’a pas pris vingt ans, se borna-t-elle à répondre au bout de quelques secondes, s’abstenant d’ajouter : ça m’a pris quelques secondes.
Mais à quoi bon essayer d’expliquer quelque chose qu’il ne pourrait jamais entendre ? Rien de ce qu’elle dirait ne pourrait apaiser la rancœur que Bran éprouvait à son sujet. Il avait eu vingt ans pour la ressasser, comme elle avait eu vingt ans pour vivre avec cette culpabilité acide.
Aussi ne le crut-elle pas une seule seconde, lorsqu’il prétendit qu’il ne la détestait pas. Elle se serait détestée. Elle se détestait, alors pourquoi lui ne la haïrait-il pas ? Elle avait passé sa vie à détester sa propre mère de l’avoir envoyée à Windmont Bay et son père de ne s’être jamais soucié d’elle – et elle n’avait pas fait mieux avec son propre gosse. Au lieu de réparer les torts qu’on lui avait faits, elle les avait simplement passés à la génération suivante. Alors, vraiment, elle ne voyait pas comment il ne pouvait pas éprouver ce sentiment à son égard. Se pouvait-il que ce qui l’avait façonnée n’ait pas été donné en héritage à Bran ? A nouveau, elle songea qu’elle lui avait peut-être permis de ne pas être terni par sa noirceur interne. Pas un instant elle ne se dit qu’elle aurait pu changer si elle était restée, qu’elle aurait pu finir par trouver une sorte de bonheur, de sérénité, en s’occupant de l’être qu’elle avait mis au monde.
Elle ne s’attendait pas à ressentir un tel soulagement lorsque Bran capitula – même s’il le faisait à contrecœur, sans cacher sa méfiance. Un poids, ou une ombre, libéra la poitrine de Stella qui le contempla un instant, mille questions au bord des lèvres et incapable de pencher pour l’une ou l’autre en même temps. Pour ça non plus, elle n’était pas douée : une conversation simple, sans les artifices qu’elle y ajoutait habituellement (ceux qu’elle utilisait pour provoquer, amadouer, attaquer, embrumer).
- Tout. N’importe quoi, finit-elle par dire en haussant légèrement une épaule. Parle-moi de ta vie. Ce que tu fais, ce qui te passionne. Tes projets, tes rêves…
Il y avait tant à demander et tant de sujets épineux, aussi. Elle ne pouvait pas demander comment s’étaient passées ses années à Edgewater Academy, elle aurait dû être là pour suivre son parcours ; elle ne pouvait réclamer des souvenirs heureux, ils ne feraient que souligner qu’elle n’avait jamais fait partie du tableau, même en arrière-plan. Elle avait l’impression que n’importe quelle question les ramènerait à ce gouffre qui les séparait, celui qui illustrait son absence. Mais peut-être qu’elle se fourvoyait. Peut-être que c’était un élément secondaire ou tertiaire avec lequel Bran avait composé sa vie, auquel il ne songeait que par intermittence, le moins possible et, dans ce cas, devait-elle s’en trouver soulagée ou peinée ? Elle avait suivi le cheminement de Bran grâce à des chemins détournés (les rares nouvelles que Jacob daignait lui donner, la lettre mensuelle d’Edgewater qui lui permettait de connaitre les exploits scolaires de Bran), puis il y avait eu l’avènement de Mazebird qui lui avait offert une esquisse de ce que pouvait être la vie de son fils, mais tout ça ne remplaçait pas le véritable contact, celui qu’ils avaient à présent, alors qu’elle se gorgeait de chaque détail du visage de Bran.

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