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 say, isn't it strange ? [eason].


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Donna Gaynor

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· say, isn't it strange ? [eason]. · Sam 21 Mar - 9:48



i touch your head to pull your thoughts into my hand.
it wouldn't move, what could i do?
i tried for you, tried to see through all the smoke and dirt.
(soundtrack) @eason harjo

Quelque chose cloche, cette sensation lancinante et désagréable la cogite depuis des jours. Elle ne saurait quoi, son instinct lui intime d'en découvrir la teneur, de gratter la surface. D'en avoir le coeur net. L'intuition physique, débordante que quelque chose se trame et qu'un drame est sur le point d'éclater. A gut feeling, comme on dit. Le bon sens en ce cas consiste à laisser les choses se faire ou ne pas se faire, qu'il ne faut pas toujours disséquer, psychoter mais être tranquille, brave. C'est l'esprit encombré, embruiné qu'elle entame son train-train. Elle n'a pas croisé son locataire, ce matin-là, ce qui sur le coup ne l'a pas inquiété. Elle tente de se rassurer en accueillant à bras ouverts les tracas du quotidien, les responsabilités qui lui incombent comme des distractions utiles et plaisantes par moment. Mais rien n'y fait, son esprit est ailleurs, accaparé par ce pressentiment prégnant ; elle ne peut s'en défaire. Ses moments d'absence se font remarquer, nuisent parfois au travail fourni, sa concentration perturbée. On finit par le remarquer au salon, au vue des regards inquiets de son entourage. Elle rentrera plus tôt, c'est acté, avec l'accord de tous, laissant les rennes du commerce entre de bonnes mains. Dans la voiture qui la ramène chez elle, elle croit apercevoir la silhouette d'Harjo, au détour d'une ruelle. Fausse alerte, il en est rien, un mirage peut-être ; elle aurait juré que non. A son sujet, elle ignore tout de son quotidien, de ses pérégrinations, de ses états d'âme. Il n'est pas du genre loquace, il est taiseux, le Eason. On s'habitue aux défauts des autres quand on ne croit pas de son devoir de les corriger. A ce jour, il demeure un mystère irrésolu, un coffre-fort affectif. Pas évident de causer avec lui parfois, comme si il créait volontairement une distance entre eux. Ses gestes parlent pour lui, des petits riens aux yeux des non-initiés mais Donna les capte, communiquant elle-même par le corporel. Les bribes d'information le concernant, elle les a glané avidement au compte goutte, ces derniers mois. Des morceaux de vie, des morceaux de lui qu'elle tente de recomposer. Il lui a offert alors la main qu'elle a ardemment désirée toute sa vie, la main qui n'a pas besoin de mensonge pour qu'on la mérite, la main de la confiance et de l'attention : alliance que certains qualifient de complicité mutuelle. Elle s'est attachée à lui, à son plus grand dam. Mais elle connaît les types de son genre, elle connaît leur nature. Celle des fugitifs, qui revient toujours au galop à la moindre attache, un sentiment de bonheur qui leur est insoutenable. Elle en est bien consciente, seulement elle caresse cet espoir secret et égoïste qu'il ne partirait jamais, qu'il ne la quitterait pas, qu'il resterait pour elle. Cette idée saugrenue a fait son chemin, s'est nichée sournoisement en elle, difficile de l'en déloger ; elle s'accroche, la bougresse. Elle voudrait y croire, mais la réalité est qu'il en est capable, son sac noir toujours prêt, toujours prêt à se faire la malle. Elle a été aux aguets, à l'affût d'un départ imminent.  A cette simple pensée, son cœur se serre et les préoccupations de ce matin remontent à la surface, ce pressentiment fondé resurgit alors. Cette fois-ci, elle n'a pas prêté attention aux signes annonciateurs, aux présages, ces derniers temps. Elle gare le véhicule devant la maison, le pick up est toujours là. Elle se précipite à la porte d'entrée, se déleste de son manteau et accoure dans le salon, prise d'une panique soudaine et incontrôlée. Elle le retrouve dans le salon, assis sur le canapé, le regard fuyant, le visage enfoui dans ses mains. Elle remarque le sac noir à ses pieds, ce satané sac noir et elle comprend. Cette réalisation soudaine la chamboule plus qu'elle ne l'aurait anticipé, mais elle garde son sang-froid allant jusqu'à s'efforcer de lui demander, brisant enfin ce silence corrosif: — Tu pars quelque part ? Ce ne serait pas la première fois qu'il lui fait le coup. Il prétexterait des choses du style, un road-trip de dernière minute, des bivouacs dominicaux et ainsi de suite. Le double des clés et un chèque signé, prêt à être encaissé placés sur la table basse l'alertent, confirment alors sa pire crainte. Son mutisme persistant ne fait que de l'affirmer. — Tu pars ?, s'étrangle-elle sur le coup de l'incompréhension. You look at me, I look at you. Elle réprime ses larmes délatrices par pudeur, par amour-propre surtout. Elle ne pleurera pas devant lui, pour lui, ce serait le comble. C'est pour de bon, cette fois. Plus d'escapades improvisées, d'échappées dominicales. Pas de retour arrière possible pour Eason Harjo. With nothing to say. — Réponds moi, Eason., qu'elle exige d'un ton impérieux, le souffle haletant. Elle a cette urgence dans la voix, son trouble est palpable. L'incendie se propage alors dans son coeur, le sol est en train de se dérober sous ses pieds. Concernant Eason Harjo, elle ne s'est pas trompée. Or, elle aurait préféré s'être plantée beauté, ses espoirs à présent annihilés. Il ne resterait pas, elle ne pourrait rien y faire. La relation qu'ils ont entretenue, cette relation si singulière n'aurait pas suffi et cela la blesse profondément. Ils ne sont plus que des étrangers, à présent et elle doit s'y résoudre. Isn't it strange? How people can change.

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Dernière édition par Donna Gaynor le Dim 21 Juin - 7:31, édité 3 fois

Eason Harjo

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· Re: say, isn't it strange ? [eason]. · Mer 25 Mar - 16:24



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Le regard mordoré est résolument perdu dans le vague. Il se montre particulièrement indifférent, à la course du temps, effrénée, imperturbable, mise en exergue par le mouvement des aiguilles sur le cadran, par celui plus complexe de l’astre – oisif, perçu à travers les ombres, leur danse repérable sur le sol, sur les rebords des fenêtres, la succession suave de leur agitation.
Son paquet de Winston ébroué dans toutes les directions ; il en a fumé les vingt clopes d’une seule et unique traite, sous le perron, appuyé contre la rambarde blanche, à la peinture écaillée ; il s’est pris une écharde, a porté la main à sa bouche, a essayé de se défaire de cette sensation implacable – il a consacré des milliers de pensées, toutes différentes, à son hôtesse. Mais ce cœur baroudeur, il tombe gros et lourd dans ce torse qu’est le sien ; et maintenant, à chaque fois qu’il croisera une Donna, il pensera immédiatement à la mulâtresse qui l’a accueilli. Qui lui a accordé sa confiance. Le désœuvrement ressenti est féroce ; il pourrait même le flanquer du qualificatif ‘insondable’, il se pare d’une couche de tristesse aigre douce. Un échange sucré salé qu’une cohabitation prolongée a relevé de la plus étrangère manière qui soit ; il le concède, lorsqu’il pousse un soupire et passe une main sur son visage, il y efface la contrariété, la crainte d’être détesté peut-être même son propre mécontentement. Il sait qu’il ne pourra pas dire au revoir, ni même adieu à cette habitude qu’il a lâchement acquise et qu’il s’efforcera, plus tard, d’oublier en la remplaçant par une autre. C’est un voile particulier qui s’installe devant ses yeux ; sur chaque objet sur lequel son regard  se plante, chaque individu dont il distinguerait difficilement la silhouette. Tout est flou, tout est d’une clarté sévère, d’une quiétude dérangeante ; elle deviendrait presque frappante. C’était pas à ce genre de dérobade qu’il se serait vu abandonner un pan conséquent de son être. Sa vie, il s’est toujours fait un point d’honneur de la vivre selon ses propres termes ; dirigée par des choix dont il n’a pas longtemps discuté la légitimité (ni même le bon sens).N’être que de passage dans toutes ces existences croisées jusque là ? Son choix, imputable qu’à sa seule et unique personne, son libre arbitre, sa putain de couardise. Il a dit au revoir à Wild Stella (et lorsqu’il l’a fait, c’était un sourire qui lui étirait les lèvres et qui le faisait d’une zygomatique à l’autre) – mais, il n’a pas un instant été fichu d’imaginer à quoi ressemblerait la distanciation, cette étreinte à laquelle il déciderait abruptement de se dérober, quel sentiment prédominerait lorsqu’il allait s’enfuir, se retirer de ce cadre où il s’était vu s’inscrire de manière si naturelle qu’il s’était souvent senti complètement désarçonné ?Les femmes comme Donna Castello renferment une force intérieur, cette luminescence perceptible par l’oeil aguerri qui lui aurait été profondément impossible d’ignorer. A bien des égards, elle est une femme, oui, dans ce que le terme a  de plus dense, de plus étourdissant ; dans ce qu’il a  de plus généreux, de plus captivant, de plus réel, vorace. Dans ce qui lui inspire une admiration sans borne et qui l’incite à la pleutrerie ; il n’en a pas connu des tas, des comme elle, s’entend. Ils peuvent très bien se passer de mots et peut-être que chez celui qui n’a jamais réussi à connaître la chaleur maternelle, il a  reconnu chez la volupté de la basanée des raisons de croire, de rechercher les spectres dans ce passé qu’il a  tenté  en  de vaines reprises de se trouver une place. Il l'a trouvé sur le canapé, autour d’une infusion de thé, dans la serre, les mains dans la terre jusqu’aux coudes, sous la véranda à se siroter une bière par un soir accort. Il doit arrêter de se trouver des excuses; il est grand temps de rejoindre sa chambre et de s'emparer de son sac noir; c'est à ça qu'il sert. A ces extractions douces, peut-être pas tant que cela dépourvues de peines. L'aurait-on seulement imaginé ? Aurait-on seulement inventé ses traits rieurs malgré l'absence de paroles frivoles ? C'était une chose, de nourrir cette idée, durant des mois, des années. C'en est une autre, de la pondre et de le faire dans la solitude; malgré toutes ces décennies qu'il s'est pris depuis dans la tronche. C'est dans le salon que la propriétaire des lieux le retrouve; lorsqu'il entend sa voix, il se demande s'il ne s'agit pas d'une malice de son esprit. Le seul moyen trouvé par sa cervelle délétère de brandir un majeur FUCK sous ses mirettes déjà entamées par le départ. Shit, songe-t-il, relevant le regard sur elle; pas qu'il chialait - de toute façon, il n'a plus rien à sortir de ses glandes lacrymales, elles se sont considérablement asséchées depuis l'Irak. Mais, peut-être que de les poser sur elle, avec ce maudit jeu de lumières, peut-être bien qu'il pourrait la pleurer. Pleurer leurs silences, leurs soirées coincés dans les "côte à côte" sans se coller d'étiquettes. I'm just crying 'cause I can't escape what could've been.Il tourne la tête, incapable de faire face à celle dont la voix répercute une gamme émotionnelle qu'il n'a jamais pu penser lui prêter.Are you aware when you set me free? Qu'il n'aurait jamais pensé un jour entendre; pire, écouter (et y trouver un semblant de réconfort) - C'était qu'une question de temps,lâche-t-il et le mot adéquat serait bien lâche, le ton manque de vivacité, il rappelle celui d'un pré-enregistrement. Cette phrase là le débecte, il la connait pour l'avoir bien trop souvent utilisé. Elle ne lui demandera pas de rester; Donna possède une telle force de caractère; c'est admiratif qu'il se relève. - J'ai laissé les clés et ma part de loyer - débute-t-il mais, il sait déjà qu'observatrice comme elle est, elle a déjà tout remarqué. T'avais pourtant dit que ça te laisserait indifférente. C'était le deal, pense-t-il; il l'avait prévenu, pourtant, il se tient encore dans cette pièce, à attendre qu'elle lui donne la permission de sortir. All I can do is let my heart bleed

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· Re: say, isn't it strange ? [eason]. · Ven 19 Juin - 15:39
Les mots lui manquent, à cet instant. Les pensées se succèdent, plus brumeuses les unes que les autres. Peu à peu, l'émotion dans tout ce qu'elle de plus dévastatrice la submerge. Sidérée, elle peine à la contenir, tellement l'impact est impitoyable. Consternée, elle tient à peine debout, chancelant d'un pied sur l'autre. C'est avec une clairvoyance cuisante qu'elle comprend que son départ est imminent et le retarder ne changera rien ; il a pris sa décision et elle est formelle, pas de retour en arrière possible. Elle bat en retraite, se barricadant derrière un semblant d'amour-propre alors qu'elle est chamboulée, anéantie par la nouvelle. C'était qu'une question de temps, ce compte-à-rebours tacite au moment de la signature fatidique du bail. Elle, la logeuse, lui, le locataire. Ces regards à la dérobée, ces veillées sur le porche sirotant des bières, ces fleurs recouvrant la devanture de la maison, les a-t-elle imaginés ? Ne lui a-t-elle pas offert autre chose que gîte et couverts ? En l’espace de quelque mois, le temporaire s’est doucement mué en immuable. Elle a présumé - à tort - que le métèque en lui cesserait de fuir, finirait par être dompté. Les hommes comme Eason Harjo ne laissent personne indifférents ; il attire, il fascine. La fascination qu'exerce un être sur un autre ne provient pas de ce qu'exhale sa personnalité à l'instant de la rencontre. C'est de la somme de tout son être que se dégage une drogue puissante capable de séduire et d'attacher. Elle a été séduite, elle s'est attachée - il lui a redonné le goût de l'aventure. Grâce à lui l'accablement et la douleur s'étaient peu à peu dissipés, comme fond la glace au dégel du printemps. C'est la fin d'une colocation, d'une parenthèse enchantée. Désormais, ces moments de bonheur, d'adhésion à la vie, si on se les rappelle bien, finiront par faire une sorte de couverture, de patchwork réconfortant, qu'on pose sur le corps nu, efflanqué, tremblotant de notre solitude. Elle tente de réprimer ses larmes. A quoi bon ? T'avais pourtant dit que ça te laisserait indifférente. Ses paroles l'accablent, ces mots la heurtent... Car, en somme, ce sont bien ses propres sentiments qu'il exprime ainsi, sous une forme élémentaire et grossière sans doute, mais ils correspondent à ses pensées - vraiment ? -, elle se de le demande. Elle n'y a jamais eu accès, verrouillées à double tour. Et le mystère demeure entier et elle n'aura jamais les réponses à ses questions les plus intimes. — Je t'ai dit ça à l'époque parce que c'est ce que tu voulais entendre, Eason. Lui, il appartient aux rangs des estropiés, des torturés, des damnés, des égarés, non par compassion mais par fraternité, parce qu'il est l’un des leurs, perdu, paumé, indécent, minable, apeuré, lâche, injuste, avec de brefs éclairs de gentillesse ; salement atteint et conscient de l’être, cette lucidité ne lui est d’aucun secours, au lieu de le guérir elle le plombe. A l'époque, elle a pensé que cela l'aiderait. Donna s'est attachée à lui, malgré tout, voire s'est entichée de lui. Une vérité qu'elle a mis du temps à reconnaître, qu'elle peine à se l'avouer. — Je ..., tente-t-elle de poursuivre. Le trouble la gagne, une nouvelle fois. Ne pars pas, ce qu'elle aimerait lui dire, le lui murmurait. Elle aurait voulu expliquer ce qu'il a signifié pour elle et ce qu'elle a ressenti, à cultiver à ses côtés le jardin, à s'asseoir à côté de lui dans une voiture, à l'entendre pester. — Si c’est ta décision alors … je ne te retiendrai pas ... , qu'elle articule avec difficulté. Reste, qu'elle aurait du dire à la place. La sentence tombe, elle est sans concession, univoque, froide. Elle reste, solide et magnanime, fermement sur ses appuis alors que c'est le chaos dans son esprit. Tout ce qui lui reste à faire c'est de lui souhaiter 'Bon voyage' et 'Au revoir', en hôte cérémonieuse qu'elle est, avec le même sourire éclatant que lorsqu'elle l'a accueilli chez elle la première fois. Elle ne peut s'y résoudre, l'idée même de lui adresser ses adieux la paralyse. Ces paroles, les regretteraient-elle ? Oui, au moment, il franchirait le seuil de cette porte. Au moment de l'effondrement. Mais sous cet extérieur inexpressif, presque sans vie, se cache le souvenir d’un être palpitant qui a trop bien appris, en si peu d’années, l’inanité des choses, la cruauté de la séparation et la fragilité de l’amour. Émotionnellement, elle est épuisée. Elle puise dans le courage qu'elle lui reste pour réduire les mètres qui les sépare. Son corps entre en collision contre le sien, elle l'enlace tendrement, longuement avant de le relâcher avec une douceur fébrile. Etouffant un sanglot, elle murmure —  Tu vas me manquer, Eason Harjo. Et les jours passeront, la nuit restera. Il lui manquera. Des fois ce seront ses yeux, des fois ce seront ses pas dont elle croira reconnaître le bruit. La plupart du temps, ce sera lui en entier.

@eason harjo

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Eason Harjo

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· Re: say, isn't it strange ? [eason]. · Dim 21 Juin - 13:38



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Il avait encore sa Jeep et ça faisait une demi heure, non, quarante cinq minutes qu’il était garé dehors ; qu’il fumait cancéreuse, après cancéreuse, à guetter la porte. Il avait remarqué que le jardin manquait de vie ; que le gazon aurait mérité une totale restructuration – quelques mauvaises herbes auraient également dû être arrachées, avant que la saison rende impossible un travail profond. C’était chez Eason Harjo l’une des seules choses qu’il arrivait à repérer d’entrée de jeu, la présence ou non du règne végétal – la présence ou non de cette vie qui silencieusement se poursuivait, leurrait l’attention du commun, il avait eu assez de ces dégradés de rouge qui avaient tracé des cercles sur son uniforme.  Il avait eu assez de toutes ces fileuses, de cet imperturbable anthracite qui longtemps avait donné une forme linéaire au fil de son existence ; bien avant qu’il apprenne, de lui-même, que ce fil portait mal son nom et qu’il n’allait pas d’un point à l’autre, qu’il ne relevait pas du chemin, ni d’une forme propre – certainement, son cynisme tenait du réalisme, quelqu’un aurait argué qu’il était complètement foutu et qu’on ne pouvait plus rien faire pour le sauver, pour le tirer hors d’ce bassin boueux dans lequel il buvait la tasse, continuellement. C’était sur un tableau en liège, parmi un méli-mélo de papiers, parmi ces morceaux d’attentes qu’il avait trouvé celui qui sommeillait, pliait en quatre, dans la poche de sa chemise en denim Levi’s. La poche bavait, elle avait abrité tellement de choses – et l’avait même abrité lui. Il fixait cette porte là, d’un blanc ivoirin, que le temps avait légèrement jauni ; la couronne de fleur qui était accrochée au heurtoir quelconque, en laiton poli, couleur dorée qui n’attendait que sa main, que son impulsion, qu’il fasse les présentations. Il n’était pas habitué à ce genre de démarche ; il avait appris depuis une dizaine d’années à vivre seul – c’était généralement plus facile de changer d’avis et d’se tirer lorsqu’il n’y avait personne d’autre impliquée dans une histoire. Dans son histoire, seul Eason, sa Jeep, son baluchon et l’éternelle filandreuse donnaient le ton. Pas de place pour qu’une autre personne prenne part au voyage. Il le vivait au son d’un vieux jazz, à l’odeur de nicotine, à la voûte ébène où brillaient quelques étoiles ; les fenêtres ouvertes, la plénitude portée comme un plaid, la glaciale chaleur devenue vieille habitude. Il aurait ajouté quelques pots, des Pétunias blanches ; il aurait repeint la porte et même le rocking-chair. Il aurait changé le tapis d’entrée – il était effacé et rapiécé, méritait une retraite ancipitée- ; il aurait – mais, pas ce routard, tirer des plans sur les phénomènes astraux le rendait nauséeux, fébrile, susceptible de prendre ses jambes à son cou. Focalisé sur l’allée, il avait oublié tous ses entraînements du temps qu’il avait passé à l’armée ; le coup sur la vitre l’avait fait sursauté et il avait tourné un regard surpris dans la direction d’une touffe de cheveux bruns – les plus belles boucles qu’il ait jamais vu – confondu, il avait bafouillé à l’attaque selon laquelle il ‘surveillait son habitation’ un ‘ce n’est vraiment pas ce que vous pensez’ et pour agrémenter ses dires, il avait plongé la main dans sa poche pour tendre le bout de papier sur lequel un numéro avait été griffonné (il avait pensé que l’écriture était délicate, qu’elle ressemblait à des hiéroglyphes dont les contours auraient été badigeonnés d’huile – il avait souri en se disant qu’il était tombé amoureux d’une écriture et pas d’une annonce, pas de l’offre qui était écrite noir sur blanc). Donna Castello l’avait surpris, elle était exactement ce bruit distinct sur la vitre, l’embardée qui lui avait fait rater deux inspirations et qui avait concouru à ce que sa cervelle manque durant quelques secondes d’oxygène.
A cet instant là, dans ce salon dont il a foulé le tapis un nombre incalculable de fois, dont il a appris à aimer (comme il a appris à l’aimer elle) tous les objets décoratifs (même ceux auxquels il ne trouvait aucune nécessité, ni même fonction), Eason se sent comme chez lui. Il se sent comme au bord de la Yellowstone, assis devant sa tente – à déguster du poisson grillé. La mulâtresse a quelque chose de si familier, il se dirait aurevoir à lui-même, il ne conçoit toujours pas cette idée mais elle est bien là, elle le dévisage et quelque chose dans le voile luisant qui retombe sur ses pupilles lui rappelle celui qui retombe sur les siennes. ‘Ça n’était qu’une question de temps’ et son ‘T’avais dit que ça te laisserait indifférente’ se retrouvent vite écrasés par l’aveu abrupt ; il accuse le coup mais il se ment surtout à lui-même, ce coup là ne devrait pas être accusé, il devrait enfoncer la porte ouverte et l’inviter à rétorquer qu’il ne le pensait pas, qu’il ne l’avait jamais voulu à l’époque comme à cet instant précis, partir ou rester, laisser une marque puis se dérober. Il ne veut pas se dérober à elle, voler le réconfort qu’il lui a apporté, ni celui qu’elle lui a offert ; c’était pas seulement que des infusions de thé, pas seulement des bières, pas seulement des soirées à regarder des films remastérisés. Il aimerait qu’elle lui demande de rester ; cette décision n’est pas irrévocable, elle n’est pas entièrement prise ; peut-être demande-t-elle conseil, avis ? Peut-être demande-t-elle un signe, vas-y, décision fragile. – Je veux que tu sa… trop tard, le corps de la jeune femme est contre le sien, trop tard pour les paroles creuses, pour ses acrobaties qu’il comptait utiliser pour échapper à la trop dense gravité ; c’est bête mais ses yeux se ferment, il se laisse bercer  – par ce qui est exprimé, il s’accorde le droit de glisser ses bras autour de ces épaules qu’il a déjà effleuré, sur lesquelles il s’est appesanti parfois. Cette ligne, il en grave les virages dans sa mémoire ; les plus belles boucles qu’il n’a jamais vu sont là, contre son menton. Et puis, elle s’éloigne, elle lui dit qu’il va lui manquer ; peut-être bien qu’il a laissé couler ses perles salées qu’il essuie du revers de sa manche, qu’il renifle bruyamment et que dans une tentative désespérée de finir ce qu’il avait commencé – graver Donna dans sa mémoire de manière parfaitement irréversible-, il tend la main, le bras entier qui se recroqueville autour de cette nuque, la joue qui d’abord glisse sur les boucles, puis jusqu’à la tempe – pile là où ses lèvres viennent se plaquer. May the road rise toi greet you, Eason songe-t-il, alors qu’il hume cette odeur dont il n’arrive pas à se défaire. Il la voit rire sans lui, il la voit réarranger les roses, avec des gants qu’elle porte toujours trop grands. Il la voit passer ses soirées sans lui – il se voit avant tout passer ses soirées sans elle. – Je ne t’abandonne pas – chuchote-t-il, cette proximité est trop confortable, elle est rassurante. Je ne t’abandonne pas – répète-t-il, il ne veut pas qu’elle se fasse des idées, que les plaies s’ouvrent, qu’elles saignent et qu’elles le fassent sans qu’il ne soit dans les parages pour les panser ; un pot de fleur à la fois.  I was here ( ?) lâche-t-il, desserrant son étreinte, ni sur le ton du constat, ni sur celui de l’interrogation. La nature flotte, elle se défait de son genre ; il le sait maintenant avec certitude. Il s'est tenu dans chaque pièce, il s'est dressé auprès d'elle comme le plus fidèle allié, armé de tous ses silences, ils se sont restaurés, brique par brique - les ruines n'étaient pas des ruines, tout juste quelques failles à colmater. - Tu me manques déjà s'entend-t-il souffler, gêné. Sac noir qu'il vient d'attraper dans la main, il aimerait qu'elle l'accompagne, qu'elle vienne une dernière fois frapper à sa vitre.

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