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 shake off the night and don't hide your face


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Robbie Ripley

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· shake off the night and don't hide your face · Dim 29 Mar - 16:03
shake off the night and don't hide your face

suite directe de a little while longer@emerson mooresong

Robbie regardait un ciel noir, sans lune, assombri par des nuages dans lesquels se perdaient les rayons de la lune. Il pleuvait depuis maintenant quelques minutes et le garçon laissait la pluie balayer obstinément son visage. Il était en bas de l’immeuble d’Emerson. Il ne savait pas depuis combien de temps il était planté là, appuyé contre un lampadaire de la rue, les bras croisés sur son torse,  attendant que le courage l’anime, attendant que les doutes se dissipent. Bailey l’attendait, abritée sous le porche, les pattes boueuses, le regardant avec une impatience qu’elle ne réussissait que difficilement à dissimuler. Il entendait le bruit sourd que faisait sa queue en s’abattant sur la porte en bois de l’entrée et les grognements sporadiques qu’elle lui adressait d’exaspération. Elle voulait rentrer ; elle savait que son tapis, celui qu’Emerson lui avait offert, l’attendait, près du radiateur. Elle s’était trop rapidement habituée au confort d’un appartement. Robbie, lui, avait peur de monter, sans qu’il puisse expliquer réellement pourquoi, sans qu’il puisse en comprendre parfaitement les raisons profondes. Il savait que toutes les fois qu’il empruntait les escaliers qui le menaient à l’appartement d’Emerson l’éloignait un peu plus de son but. L’Alaska trottait peut-être encore dans sa tête, mais l’idée lui semblait maintenant lointaine. L’idée lui semblait maintenant saugrenue. Un peu folle. Sans doute comme sa fuite permanente, depuis qu’il avait quitté le Wyoming. Il savait également qu’à chaque fois qu’il regardait Emerson, qu’à chaque fois que leur regard se liait, qu’à chaque fois qu’il sentait l’odeur du garçon, même quand celui-ci n’était pas prêt de lui, l’envie de partir de Windmont Bay s’évaporait. Il tombait amoureux du garçon, sans qu’il en ait conscience. Peut-être était-ce la raison pour laquelle, pour la première fois depuis qu’il vivait avec Emerson, Robbie restait immobile, en bas de l’immeuble de son ami, paralysé par des questions qui restaient sans réponse, engourdi sous l’effet de la torture de ses sentiments.
Bailey aboya et le tira de son atonie passagère. Elle le ramena sur terre, l’extirpant de ses pensées dans lesquelles il s’était égaré.
– J’arrive. J’arrive …, dit-il, tout en lançant un regard vers les fenêtres de l’appartement d’Emerson. L’avait-il espionné ? Bailey avait-elle attiré son attention ? Avait-il eu le temps de l’observer ?
Robbie traversa la rue, passant une main sur son visage pour en essuyer la pluie. Il dégoulinait. L’eau de pluie avait presque nettoyé toute la terre qui s’était collé à lui lors de sa chute, plus tôt dans la soirée, lorsqu’il était tombé de la petite colline qu’il avait gravie pour admirer la vue sur la ville. Restaient les égratignures sanguinolentes, sur ses genoux nus, sur ses coudes. Celles sur son dos, qu’il ne pouvait voir mais qu’il ressentait vivement. Son t-shirt n’avait pas retrouvé sa teinte blanche. Il était déchiré, ci-et-là, tout comme son short. Il secoua la tête. Robbie s’était laissé perdre dans ses pensées, là encore, lorsqu’il avait entrepris la descente ; distrait, il avait glissé et avait dégringolé au bas de la colline.
– Allez, viens, dit-il à Bailey, poussant la porte d’entrée. Bailey s’y faufila dès que possible et se hâta dans les escaliers, ses griffes retentissant sur le sol. Son empressement le fit sourire. Lui grimpa les escaliers à une tout autre allure, prenant son temps à chaque marche.
Sa chienne l’attendait maintenant devant l’appartement d’Emerson et Robbie sourit à nouveau. Elle avait adopté Emerson sans aucun mal. C’était elle, d’ailleurs, qui l’avait retrouvé. C’était à cause d’elle … grâce à elle que les deux garçons s’étaient retrouvés. Il gratta le crâne de Bailey en arrivant à son tour devant l’appartement. Il en ouvrit la porte après avoir attrapé la clef qu’il avait fait glissée dans une de ses chaussettes, avant de partir à l’aventure, quelques heures plus tôt.
– Reste ici, toi. T’es toute sale. Je viendrais te nettoyer. T’amuses pas à bouger, dit-il à sa chienne, intimant son ordre en haussant les sourcils. Bailey s’assit et sa queue reprit son mouvement de balancier, l’impatience se lisant à nouveau dans son regard noir.
Robbie se déchaussa, enlevant en même temps ses chaussettes, trempées, qu’il glissa dans chacune de ses chaussures. Il traversa le couloir et se dirigea vers la salle de bain, sans lancer un regard vers le salon, où Emerson devait probablement se trouver à cette heure. Il enleva avec difficulté son t-shirt, collée à sa peau mouillée, et regarda son dos. Au milieu des grains de beauté qui parsemaient sa peau, des égratignures rougeoyantes, là où terre et gravillons avaient éraflaient son dos. Il n’arrivera pas à nettoyer ça tout seul. Il se résigna à faire appel à son ami.
Il passa la tête dans le couloir.
– Emerson ? Tu peux venir me donner un coup de main ? Dans la salle de bain !, dit-il, à haute voix, avant de retourner devant le miroir, de s’armer de coton et de désinfectant, et de tenter de commencer le travail autant qu’il pouvait.

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· Re: shake off the night and don't hide your face · Jeu 2 Avr - 17:46
Il régnait dans la pièce une ambiance chaleureuse. Emerson avait allumé les lampes quand le soir était tombé, une playlist jouait en fond, douce et apaisante, tandis que le seul occupant actuel des lieux s’attelait à la cuisine. Emerson n’avait rien d’un fin cuisinier mais il appréciait la tâche, se bornant à des plats faciles à confectionner, généralement. La corvée qu’il répugnait tant à accomplir lorsqu’il était adolescent était peu à peu devenue une activité comme une autre, d’abord forcée parce qu’il se devait d’être indépendant, elle était passée en phase de moment de détente auquel il s’adonnait régulièrement, même si son emploi du temps inversé, opposé à la plupart de ses connaissances, le poussait aussi à manger entre deux tâches et à commander quand il se sentait trop épuisé pour faire quoi que ce soit.
Depuis que Robbie avait débarqué, les choses avaient toutefois quelque peu changé. Ils vivaient comme des colocataires, chacun à son rythme mais c’était justement ce qui poussait Emerson à prendre le temps de faire les choses. Parfois, ils n’avaient qu’une heure ou deux pour discuter et dans ces moments-là, un plat permettait de s’arrêter, de s’asseoir, de ne pas se presser. Et puis il y avait les soirs qu’ils passaient comme deux gars lambda, vautrés dans le canapé devant un film ou les doigts pianotant sur la manette de jeux vidéos. Emerson aimait d’autant plus ces moments qu’il avait l’impression de vivre ceux qu’il n’avait pas eus avec son frère. Des instants de douce intimité masculine, où les cris et les rires retentissaient, les bières s’amoncelaient sur la table basse et qui emplissaient le coeur du jeune homme d’une sensation un peu amère et satisfaisante en même temps.
Il n’aurait échangé ces coupures hors du temps pour rien au monde. Même pas pour le souffle chaud qui balayait son coeur lorsque leurs regards s’accrochaient un peu trop longtemps, ou quand il sentait la chaleur qui émanait du bras de Robbie, à quelques millimètres du sien. Même pas pour la douce torsion de ses entrailles à chaque fois qu’il entendait sa voix, son rire, ou qu’il se gorgeait de ses anecdotes joyeuses ponctuées par les jappements de Bailey, comme si elle confirmait les propos de son maitre. Même pas pour… Ah, qui cherchait-il à leurrer, à cet instant, alors qu’il s’inquiétait de ne pas voir revenir Robbie. La pluie avait commencé à tomber et le jeune homme n’était pas rentré. La lumière s'était diluée et les étoiles étaient apparues et durant tout ce temps, Emerson avait jeté des coups d’oeil vers la fenêtre, sans se résoudre à aller guetter le retour du meilleur ami de Cameron. C'était un homme adulte, il savait ce qu’il faisait, il s’était sans doute réfugié quelque part en attendant que la douche cesse. Emerson commençait à se demander s’il n’allait pas devoir diner seul, ranger la portion généreuse réservée à Robbie dans un Tupperware et occuper sa soirée en guettant chaque grincement, chaque crissement.
Un nouveau morceau de musique s’éleva et Emerson attrapa la télécommande pour augmenter le son et chantonner avec l’artiste. Il retourna ensuite près des casseroles et enfonça la cuiller en bois dans la sauce pour remuer lentement. Il goûta et claqua la langue, satisfait de sa concoction. Son ventre se mit à gronder et il reposa l’ustensile sur le plan de travail, juste au moment où il perçut le léger grincement de la porte et devina des paroles inintelligibles.
- Ah, te voilà! Je commençais à m’inquiéter! lança-t-il de son poste.
Il n’obtint aucune réponse mais ne s’en formalisa pas. Sans doute Robbie n’avait-il pas entendu ou compris, comme lui une seconde plus tôt. Ou était-il allé dans la chambre pour troquer ses affaires trempées contre des vêtements secs. A coup sûr, l’odeur alléchante de la sauce spaghetti qu’il avait préparée allait attirer le jeune homme d’ici quelques minutes. De quoi lui réchauffer le corps par la même occasion, songea distraitement Emerson avec un sourire. Il versa des pâtes dans une haute casserole d’eau bouillante et mit le minuteur. Il se passait le poignet sur le front, la buée de la cuisson lui ayant parcouru le visage, quand la voix de son ami lui parvint.
- J’arrive!
Emerson jeta un dernier coup d’oeil à la cuisine, pour s’assurer qu’il n’y avait rien qui puisse déborder ou se renverser et se dirigea vers la salle de bain. Ne voyant pas Bailey lui sauter dans les jambes à son arrivée dans le couloir, Emerson en conclut que c’était avec elle que Robbie avait besoin d’aide et il débarqua donc dans la pièce étroite pour trouver…. un Robbie à moitié nu.
Si la vue n’avait rien de vraiment neuf, le torse du jeune homme n’étant pas une oeuvre dissimulée, le tableau qu’il offrit au milieu de la salle de bain, les cheveux trempés, se tordant le cou pour désinfecter des plaies, brouilla les sens d’Emerson qui resta quelques secondes sur le seuil, hypnotisé, avant que les essais infructueux de Robbie ne le sortent de sa torpeur.
- Bon Dieu, qu’est-ce que tu as fabriqué?! s’exclama-t-il pour reprendre contenance. Allez, donne-moi ça, tu n’y arriveras pas.
Son ton faussement autoritaire était destiné à masquer son trouble et Emerson lui prit le coton des mains avant de lui désigner le bord de la baignoire pour qu’il s’installe dessus.
- Tourne-toi légèrement. Que j’y voie quelque chose.
Le jeune homme pressa les épaules de Robbie pour indiquer le meilleur angle puis il soupira ostensiblement, prenant un air désespéré et fataliste:
- Regarde-moi ça! Tu t’es pris pour Bailey et tu t’es roulé par terre pour le seul plaisir de tout salir?
Emerson ne put s’empêcher de pouffer de rire et il attrapa le matériel nécessaire qu’il posa à côté de lui. Il attrapa une serviette qu’il humidifia à l’évier et entreprit de laver grossièrement le dos de Robbie, puis d’ôter les corps étrangers les plus visibles, avant d’abandonner la serviette pour un coton imbibé de désinfectant.
- Attention, ça va piquer, l’avertit-il, comme si Robbie l’ignorait, et lorsqu’il appliqua l’ouate sur la plaie, il guetta un son ou un raidissement du corps qui trahirait la douleur diffuse qu’il infligeait à son compagnon. Pas trop mal? demanda-t-il doucement en nettoyant précautionneusement les éraflures, pressant toujours ici ou là pour guider la position de Robbie et ainsi lui assurer une lumière suffisante pour jouer les infirmiers.

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· Re: shake off the night and don't hide your face · Dim 5 Avr - 12:18
Dos au miroir, Robbie tourna la tête au-dessus de son épaule pour tenter de voir l’étendue de ses blessures, peut-être superficielles, mais tout de même douloureuses. Ses traits se contorsionnaient à chaque fois qu’il posait un doigt sur une des plaies ou sur une contusion, ou qu’il tentait de se débarrasser de la terre et autres débris qui s’y étaient glissés. Il s’éleva sur la pointe des pieds pour observer plus bas, tirant son short vers le bas, frottant sa peau avec des morceaux de coton imbibés de désinfectant. Emerson apparut finalement dans l’encadrement de la porte de la salle de bain, quelques secondes après lui avoir annoncé qu’il arrivait. Robbie se tourna vers lui et sourit, cessant ses tentatives infructueuses de nettoyer les plaies qu’il n’arrivait pas à atteindre correctement, baissant les bras et haussant finalement les épaules devant la réaction surprise de son ami.
– Je suis tombé comme un idiot, lui répondit-il.
Le ton de sa voix le fit sourire davantage et il obéit, candidement, tendant le coton et le désinfectant vers le garçon, qui, d’un regard, lui demanda de se diriger vers la baignoire et de s’installer sur le bord. Robbie ne pouvait s’empêcher de sourire face à la réaction de son ami alors qu’il se tournait, à nouveau sur les ordres d’Emerson, afin de lui présenter son dos sur un meilleur angle, que le garçon rectifia en posant ses mains sur ses épaules. Ses mains étaient froides, et Robbie se raidit, pendant quelques secondes, avant de se détendre et de sentir le souffle chaud du garçon sur sa peau, alors qu’il venait de soupirer longuement.
– Concentre-toi, se plaignit-il en tournant légèrement la tête vers Em alors que le garçon riait après sa remarque.
Il croisa son regard, l’espace d’une seconde, avant de sourire à nouveau et de partager les rires d’Emerson. Il reprit sa position initiale et haussa les épaules lorsque le garçon l’avertit que ses opérations risquaient de lui faire mal.
– Je suis un dur, j’ai vu pire, dit-il en levant les yeux au plafond, fronçant toutefois légèrement les sourcils lorsqu’Emerson s’attaqua à la première plaie, tapotant la peau avec un morceau de coton.
– Ouch.
Il se mit à rire à nouveau, quelques secondes, avant de poser ses coudes sur ses genoux et de laisser Emerson faire ce qu’il avait à faire, tournant légèrement la tête pour regarder le garçon. Il y a quelques mois, il avait fait une irruption soudaine dans la vie d’Em, sans s’annoncer, sans prévenir. Robbie, grâce à l’entremise de Bailey, était apparue devant Emerson, un sac de voyage sur le dos, un sac qui était maintenant posé depuis plusieurs mois dans cet appartement qu’il partageait tous les deux. Il ne savait pas quand il le jetterait à nouveau sur ses épaules ; il ne savait pas quand il prendrait à nouveau la route ; il ne savait pas quand il quitterait Emerson, ni s’il avait envie de le quitter. Du coin des yeux, il l’observait. Un air sérieux s’était emparé de ses traits. Il se concentrait, l’une après l’autre, sur les plaies qui parsemaient le dos de Robbie. Il ne prêtait plus attention à la douleur, soudaine, éphémère et diffuse. Il ne prêtait attention, inconsciemment, qu’à Emerson, qui prenait le plus grand soin pour s’occuper de son patient et mettre en pratique ses talents d’infirmier improvisé.
Comment pourrait-il partir de cet appartement ? Comment pourrait-il quitter Emerson ? Partir de Windmont Bay n’avait plus rien d’aisé. Il ne lui suffirait pas de fourrer ses affaires dans son sac, d’attraper tout son barda et de faire ses adieux à Em. Il ne quitterait pas cette ville sans y laisser une partie de lui, ni sans y laisser une histoire en suspens, une histoire inachevée. Des mots restaient encore à être échangés. Il détourna le regard et regarda ses jambes, tout autant couvertes de contusions que son dos, ainsi que de terre et de débris, et se leva soudainement, repoussant les mains qu’Emerson avaient posées sur lui.
– Ça va nous prendre une éternité, dit-il en se penchant vers la baignoire et en ouvrant l’eau, qui se mit à s’écouler du pommeau de douche, en hauteur.
– Je vais prendre une douche, tu reprendras après, continua-t-il en se tournant légèrement vers Robbie et en lui souriant, avant de lui tourner le dos et d’ôter son short, entraînant en même temps son caleçon, qu’il jeta avec le reste de ses affaires, se dénudant totalement.
Il grimpa dans la baignoire, tira le rideau de douche derrière lui, et laissa l’eau s’écouler sur son visage, la tête jetée en arrière.

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· Re: shake off the night and don't hide your face · Lun 6 Avr - 15:25
La vue des blessures lui rappelait ces bobos de leur jeunesse. Il ne se passait pas une semaine sans que la mère Moore doive sortir sa boîte de secours pour désinfecter et panser les plaies. Il était aussi arrivé qu’ils doivent se rendre en ville, quand des points de sutures étaient indispensables. Emerson avait quelques souvenirs vifs de son frère grimaçant de douleur, le bras tordu, le visage écorché, sautillant sur un pied, soutenu par ses potes. Il souriait même en repensant à la fois où son père avait fait exprès de rouler dans les nids de poule pour faire geindre l’ainé de ses enfants, pour lui apprendre à être aussi irresponsable. Cameron semblait si peu considérer sa sécurité qu’il donnait l’impression de se croire invincible. L’histoire leur avait prouvé à tous que le casse-cou n’était pas aussi solide qu’il le pensait. Même Emerson en était venu à croire qu’il ne pourrait jamais rien arriver à son frère, jusqu’à ce jour fatidique où sa monture avait eu le dessus - et où la vie avait commencé à s’essouffler, à le déserter, jusqu’à ce qu’elle l’abandonne pour de bon. Emerson avait vu Cameron ce jour-là. Le matin, il reposait encore dans son lit, incapable de bouger, incapable de s’exprimer comme il le voulait et en début d’après-midi, il était parti. Le gamin qu’il était alors avait observé le corps - le cadavre - de Cameron sans parvenir à intégrer que c’était fini, qu’il ne le bousculerait plus, qu’il ne le foudroierait plus de son regard perçant. Cameron avait disparu, il n’était resté que son enveloppe charnelle et, quelques temps plus tard, c’était Emerson qui avait disparu.
Invariablement, son esprit avait déterré cette période morbide où sa famille évoluait autour d’un lit d’hôpital. Les lésions de Robbie étaient pourtant superficielles, même si elles n’étaient pas belles à voir. Elles mettraient du temps à guérir mais elles finiraient par ne laisser que de fines traces sur le corps encore jeune et solide. Robbie finirait par oublier sa mésaventure, elle se noierait dans les anecdotes innombrables de ses propres blessures et, instinctivement, le regard d’Emerson parcourut le dos de son ami, cherchant les empreintes d’autres tourments, d’autres chutes. Il était un dur, il avait vu pire. La remarque étira les lèvres du jeune Moore qui ne répondit pas immédiatement, se bornant à un hochement de la tête que Robbie ne verrait pas.
- Je n’en doute pas, finit-il par répliquer en poursuivant sa tâche, tamponnant précautionneusement les estafilades, imaginant sans peine la douleur diffuse qui devait picorer la peau entaillée.
Le silence s’infiltra dans la pièce et Emerson travailla avec concentration, sans prêter attention à la victime de ses soins qui l’observait du coin de l’oeil. Il y avait longtemps qu’il n’avait plus soigné quelqu’un, qu’il avait eu ces gestes appliqués. Une éternité ramenée à cet instant muet, dans la petite salle de bain. Une complicité tournée en intimité fugace.
Emerson s’était habitué à la présence de Robbie plus aisément qu’il ne l’avait cru lorsqu’il l’avait revu pour la première fois. Il avait quelque peu redouté la cohabitation inopinée, qui avait commencé juste après Halloween, mais son quotidien s’était étrangement modelé à ce nouvel agencement et Emerson s’était bien gardé d’interroger Robbie au sujet de son projet de rejoindre l’Alaska. Les jours s’étaient transformés en semaines, puis en mois et, à présent, Emerson le savait, il aurait du mal à revenir à une vie solitaire si son ami décidait finalement de continuer sa route. Ce qui pouvait arriver demain ou le mois prochain, Emerson connaissant le tempérament imprévisible de Robbie.
Au bout d’un moment, le jeune homme prit conscience de l’étude dont il faisait l’objet et il adressa un coup d’oeil à Robbie avant de laisser échapper un petit rire embarrassé:
- Quoi? C’est pas trop douloureux? demanda-t-il, pour dissiper le silence qui pouvait rapidement devenir gênant, accentué par la proximité imposée par l’étroitesse de la pièce.
Robbie cessa de le regarder et se leva si brusquement que le jeune soignant sursauta, la main toujours en l’air, alors qu’il observait d’un air perplexe le maladroit.
- J’avais presque fini ton dos, se défendit Emerson en se relevant à son tour quand il fut éclaboussé par des gouttes échappées du jet de la douche.
Si Robbie ne lui avait pas adressé un bref sourire à ce moment-là, Emerson aurait bien cru qu’il était agacé. Le revirement le laissa perplexe mais son trouble culmina quand son crush adolescent - et adulte - se détourna et se dévêtit entièrement, exposant des zones qu’Emerson s’était efforcé de ne pas imaginer au cours des derniers mois (sans grand succès, il fallait bien l’avouer). Complètement pris de cours, Emerson sentit ses joues s’enflammer et son coeur faire une embardée. Il déglutit et papillonna des paupières pour reprendre ses esprits.
- Euhm… ok. J’embarque ce qu’il faut au salon…
Il se sentait comme un intrus dans la pièce, à présent, et il ramassa les produits et les cotons imbibés. Il se munit également de compresses et de pansements et sortit de la salle de bain, s’efforçant d’imaginer un mur plus épais qu’un simple rideau de douche entre lui et un Robbie complètement nu.
Dès qu’il fut dans le couloir, les bras chargés, le jeune homme ferma les yeux et secoua la tête, avant de laisser échapper un petit rire incrédule:
- Il est incroyable, murmura-t-il pour lui-même en rejoignant la cuisine.
Les pâtes n’étaient pas encore cuites et Emerson renversa son barda sur le plan de travail avant d’aller au frigo se prendre une bière.
Il lui faudrait bien cela pour faire redescendre sa tension, pensa-t-il naïvement.

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· Re: shake off the night and don't hide your face · Dim 12 Avr - 15:34
Robbie s’était laissé surprendre. Quand avait-il commencé à ressentir ça ? Quel avait été le moment déclencheur ? Pourquoi ? Surtout, pourquoi ?! Il s’était laissé submergé par des dizaines de questions, toutes assourdissantes, alors qu’il était en train d’étudier le garçon, s’affairant à la tâche qu’il lui avait confiée, nettoyant les légères contusions qui parsemaient son dos arrondi. Il n’y avait pas eu de moment déclencheur. Il s’était laissé submergé, inlassablement, sans qu’il ne s’en rende compte, sans que son cœur ne le prévienne, sans être averti par des signaux précurseurs. Robbie s’était levé, sans réfléchir. Il s’était dénudé, là encore sans réfléchir, brisant le contact visuel, brisant le contact physique, n’ayant en tête que de prendre une douche, une excuse pour s’accorder quelques minutes, loin du toucher d’Emerson. Il entendit le garçon se plaindre : il avait presque terminé. Mais Robbie ne l’écouta pas ; il ne répondit pas. Il enjamba le rebord de la baignoire et fit glisser le rideau de douche derrière lui, les gouttelettes d’eau s’abattant sur lui dans un effet libérateur. Robbie avait pris une précaution. Il connaissait Emerson. Il pouvait l’admettre, il pouvait le clamer, après tant de mois à partager son quotidien. Avant de sauter dans la baignoire, il s’était retourné vers lui, il lui avait souri, légèrement, et il lui avait lancé un regard, furtif, dans lequel il lui avait dit : T’inquiète pas.
Sous le jet d’eau, il ferma les yeux, laissant sa tête tomber en arrière, s’efforçant de vider son esprit. En vain. Faire le vide …, il se rappela, soudainement, d’une nuit californienne, passée autour d’un feu de camp, au milieu de la forêt de séquoias, dans le camp illégal, perdu entre les arbres majestueux, qui le protégeait, lui et ses compagnons, du monde réel. Faire le vide, il n’y a rien de plus idiot que de dire ce genre de choses, leur avait dit Cassidy. Elle était une vagabonde, comme les autres, comme lui ; c’était elle, qu’il avait rencontrée sur la route, qui l’avait entraîné jusqu’à la plantation de cannabis, où il était devenu un des ouvriers agricoles illégaux qui vivaient en communauté dans la forêt. Tous n’étaient que des âmes errantes, qui s’étaient retrouvés, là, pour une raison ou pour une autre. Cassidy, adepte de la méditation – Robbie se rappela à quel point il adorait la regarder pendant ses séances –, avait répondu à l’un des leurs qu’elle ne méditait pas pour faire le vide, que faire le vide est impossible, que faire le vide n’a pas de sens. Je médite pour habiter mon corps, pour me connecter à l’essentiel… Robbie avait grimacé. Il s’était tourné vers son ami, et il avait écarquillé les yeux, avant de recevoir de Cassidy une capsule de bière sur le front.
Elle avait raison, pensa-t-il, alors qu’il se frottait le visage, frénétiquement. Il ne pouvait se vider la tête. Il ne pouvait s’empêcher de penser aux sentiments qui venaient de s’imposer à lui, brutalement, sans crier gare. Il ne pouvait s’empêcher de réaliser que, lentement, l’amitié qu’il avait partagé avec Emerson était devenu quelque chose de bien plus important, quelque chose qui l’avait échappé, quelque chose qu’il avait, inconsciemment, occulté de son esprit. Quelque chose de dangereux.
Lorsqu’il avait étudié Emerson, quelques minutes plus tôt, la vérité lui avait explosé sous les yeux. Un glissement de terrain l’avait emporté. Pourquoi maintenant ? Il se pencha et coupa l’eau, avant de tirer le rideau et d’attraper une serviette qu’il noua autour de sa taille, après s’être séché à la hâte et ébouriffer ses cheveux, qui étaient retombés devant ses yeux, d’une manière désordonnée. Il ne comprenait rien à ce qu’il lui arrivait. Comment avait-il pu être si aveugle ?
Il sortit de la salle de bain ; ses contusions n’étaient plus que le cadet de ses soucis. Elles n’étaient pas si graves, de toute façon, et l’eau qui avait coulé sur lui l’avait débarrassé des débris qui s’étaient collés à sa peau éraflés. Tout ce qui importait, maintenant, était de regarder Emerson dans les yeux et de comprendre. Il se laissa guider par le bruit que faisait le garçon et le rejoignit dans la cuisine.
Son regard se jeta dans celui d’Emerson lorsqu’il ferma la porte du frigo et se redressa, une bouteille de bière dans la main. Robbie se contenta de le regarder, les sourcils légèrement froncés. Chaque respiration était une décharge d’adrénaline ; Robbie entendit le rythme de son cœur s’emballer et il secoua la tête, doucement, souriant progressivement en comprenant qu’il ressentait pour Emerson bien plus de choses qu’il ne l’avait pensé.
Il n’avait pas été aveugle aux regards de son hôte. Il n’avait pas été aveugle à son trouble ; mais Robbie avait été totalement inconscient à celui qui s’était installé en lui. Comment en était-il arrivé là ? C’était simple. Emerson, sans effort de sa part, l’avait conquit, sans que Robbie n’ait le temps de le réaliser et de préparer une défense efficace. Il soupira. Chacune de ses respirations lui donnait une impulsion en avant ; chacune lui donnait l’envie de combler la distance et de serrer Emerson contre lui.
– Je vais faire quelque chose que je ne devrais pas faire … Mais je pense que c’est que tu veux. Et c’est ce que je veux aussi, je crois. Je …, souffla-t-il, sans se poser de questions, sans réfléchir davantage, se laissant emporter par ses émotions, par ses pulsions, par ce désir soudain qui le brûlait sauvagement.
Il posa une main derrière la nuque du garçon et attira ses lèvres contre les siennes.

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Emerson Moore

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· Re: shake off the night and don't hide your face · Lun 13 Avr - 17:16
S’il fermait les paupières, Emerson avait l’impression de voir le corps nu de Robbie imprimé sur ses rétines. Comme une réminiscence lumineuse d’un flash qui l’avait aveuglé, quelques secondes plus tôt. Il n’avait pas pu s’en empêcher. Son regard avait parcouru furtivement la silhouette de l’homme qui avait toujours hanté ses rêves, aussi loin que remontaient ses premiers émois amoureux. Sauf que les sensations, Emerson le savait, étaient bien plus éveillées aujourd’hui que lorsqu’il n’était qu’un adolescent de quatorze ans, qui se bornait à fantasmer des choses dont il n’avait aucune idée. A présent, un simple aperçu des grains de beauté qui parsemaient la peau de Robbie, ou la façon dont ses muscles s’esquissaient sous la peau et le jeune homme pouvait sentir tout son corps irradier d’un désir brûlant. Jusque-là, leur cohabitation avait été innocente. Ils étaient deux mecs qui partageaient un espace, qui apprenaient à se connaître, à devenir amis. Qui prenaient leurs marques. Il n’était pas question de se mettre complètement à poil devant l’autre. Ils partageaient des bières, riaient des mêmes choses, n’évoquaient presque jamais et seulement en surface leur Wyoming natal, comme s’il s’agissait d’une zone d’ombre qu’ils contournaient sciemment, comme si s’aventurer sur ce terrain ténébreux risquait de réveiller quelque monstre endormi. Et, honnêtement? Emerson s’était largement satisfait de cette entente, de cet accord tacite, de cette compagnie joyeuse et désinvolte.
Jusqu’à ce soir.
Les joues en feu, le coeur en pagaille, le ventre gargouillant d’une onde indicible, Emerson s’efforçait de chasser l’esquisse entrevue, marquée au fer rouge dans son esprit en ébullition, bien décidé à ne pas se perdre en analyse et conjecture. Après tout, Robbie étant Robbie, il pouvait ne rien voir de particulier dans le fait de se déshabiller devant le petit frère de son défunt meilleur ami. Peut-être qu’ils avaient l’habitude, à l’époque, de se dénuder les uns devant les autres. Ils étaient des garçons de la nature, ils avaient vécu des week-ends entiers sous tente, alors pourquoi ne pas voir les autres nus? Emerson ne voulait pas s’imaginer des choses et, surtout, ne voulait pas que Robbie perçoive son trouble - sans savoir que c’était depuis longtemps chose faite. Il se pensait plutôt doué pour cacher ce qui grouillait en lui, le jeune Moore.
La fraîcheur du frigo lui caressa le visage et Emerson profita que Robbie se douchait pour essayer de calmer ses sens, de les enjoindre au silence, pour les rajuster à la situation, pour les empêcher de tout faire dérailler. Il n’avait pas envie que Robbie se fiche de lui et de ses sentiments confus. Il ne voulait pas qu’un malaise naisse entre eux, les éloigne alors qu’ils commençaient à rattraper le temps perdu, à développer leur propre amitié, indépendante de l’existence de Cameron - ou du moins, encore une fois, Emerson le croyait-il. Mais son frère planerait toujours comme une ombre dans son sillage et de façon d’autant plus prononcée quand il était en compagnie de son meilleur ami. Le jeune homme pressa la bouteille de bière contre sa joue et le contraste des températures lui fit un bien fou. Il absorba aussi quelques gorgées, car la fraîcheur du verre ne suffisait pas, il lui fallait aussi l’effet salvateur de l’alcool qui irriguait ses veines, qui aliénait ses pensées, qui apaisaient ses sens en folie, et referma la porte du frigo au moment où Robbie débarqua dans la pièce.
Emerson se figea une nouvelle fois, la bouteille portée à mi-chemin vers ses lèvres. Il fut saisi à nouveau par l’incompréhension qu’il ressentait vis-à-vis de son colocataire. Robbie le dévisageait, l’air sérieux, et Emerson le fixait, perplexe, s’efforçant de ne pas noter la tenue légère dans laquelle le voyageur se baladait, qui se bornait à une serviette nouée autour des hanches. Il avait envie de lui demander ce qu’il se passait, d’esquisser un sourire embarrassé, de réduire la tension d’une plaisanterie idiote mais il se sentait incapable de faire quoi que ce soit, tant l’attitude de Robbie le tétanisait. Que lui était-il arrivé aujourd’hui? Etait-ce sa chute qui avait provoqué cet air indéchiffrable? Ce ne fut qu’au moment où le blessé se mit à sourire de façon énigmatique qu’Emerson retrouva sa voix.
- Tout va bien? Tu te comportes de façon étrange depuis que tu es rentré…
Ce n’était pas un ton accusateur mais il laissait percer le doute qu’il ressentait et quand Robbie s’avança lentement dans sa direction, Emerson ne bougea pas, fronçant légèrement les sourcils à son tour, tandis que son coeur se remettait à cogner comme un fou, jusqu’à lui donner l’impression qu’il résonnait partout dans son corps, comme un écho assourdissant.
- Qu’est-ce que tu rac--
Les mots suivants ne parvinrent jamais jusqu’à ses lèvres. Robbie l’avait attiré à lui, d’une main impérieuse pressée dans la nuque et Emerson ne résista pas. Bien sûr qu’il ne résista pas. Parce qu’il crut un instant rêver, que son imagination lui jouait un mauvais (?) tour. Parce qu’il avait fanstasmé ce contact au cours des mois passés aux côtés de Robbie. Parce qu’il pouvait remonter le fil tortueux de sa mémoire et, toujours, il y avait ce désir enfantin d’être embrassé par son crush adolescent.
A la place, Emerson retint son souffle, se raidit malgré lui, il oscilla, parce qu’il ne touchait plus tout à fait le sol, presque dans tous les sens du terme. Il tenait la bouteille à l’écart, pour ne pas renverser, pour ne pas qu’elle frôle la peau nue de Robbie. Et il sentait le souffle chaud, l’haleine familière mais qu’il n’avait jamais goûtée comme ça, qui se mêlait au sien. Il percevait la douceur des lèvres contre les siennes, le piquant de la barbe du jour qui lui chatouillait la peau. Le contact dura quelques longues secondes, ne pouvait sans doute pas se qualifier de vrai baiser enflammé, mais il suffit pour étourdir le jeune Moore qui revint à plat sur ses pieds, muet de surprise. Il chercha une réponse dans les yeux de Robbie, en se demandant ce qu’il était censé faire, dans un cas pareil, après une telle entrée en matière. Alors Emerson opta pour la seule parade qu’il connaissait: l’humour.
- Laisse-moi deviner… Tu t’es aussi cogné la tête en tombant?
Sa plaisanterie manquait de tonus, elle avait pour unique but de briser le silence, permettre à Robbie d’en rire s’il regrettait l’approche. Mais les mots de son ami lui revenaient, prenaient tout leur sens et Emerson déglutit.
- Tu penses que c’est ce que je veux, hein? souffla-t-il, le coeur pris dans un étau. Et toi, tu crois que c’est ce que tu veux aussi…? Et que tu ne devrais pas le faire?
Un nouveau sourire gondola les lèvres d’Emerson qui posa à l’aveugle sa bière sur le comptoir.
- Et tu me sors ça alors que t’es à moitié à poil…
Il mourait d’envie de le toucher, de glisser ses mains autour de son cou, de rapprocher leurs lèvres encore une fois, de sentir la langue de Robbie dans sa bouche cette fois, de rapprocher son corps du sien, mais ils pouvaient encore s’en sortir sans trop d’égratignures - excepté celles que Robbie s’était faites en tombant - alors que s’ils cédaient… le retour serait beaucoup plus chaotique.
- Je sais ce que je veux, moi… mais toi… tu le sais ou tu crois savoir?
La différence, c’était la certitude.
Et ce n’était pas rien.

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· Re: shake off the night and don't hide your face · Dim 26 Avr - 11:20
L’embrasser. Il y avait pensé, depuis plusieurs jours ; combler cette distance qui n’avait plus de sens. Combien de fois lui avait-il dit, silencieusement, « viens ici », « je veux que tu t’approches » ? Combien de fois lui avait-il demandé, sans un mot, de faire le premier pas, de faire ce que le garçon brûlait d’envie de le faire ? Robbie lisait le désir qui dévorait Emerson ; l’attraction qu’Em ressentait pour lui était évidente, elle l’avait toujours été. Il pouvait tenter, maladroitement, vainement, de la cacher. Robbie voyait ses joues prendre une teinte de rouge à chaque fois qu’il s’approchait de lui, à chaque fois qu’il posait sa main sur son épaule, toutes les fois où il l’enlaçait pour le saluer. L’embrasser, il en avait rêvé ; il était enfin honnête avec lui-même. Emerson lui plaisait aussi, peut-être autant qu’il plaisait au garçon. Pourquoi serait-il là, s’il en était autrement ? Pourquoi aurait-il repoussé son départ s’il ne se plaisait pas, là, avec Em à ses côtés ? Pourquoi restait-il alors que la route l’appelait ? ; il avait ça dans la peau, il avait ça dans le sang, il n’avait cessé de penser à l’Alaska depuis qu’il s’était mis cette idée en tête. Rester trop longtemps au même endroit était devenue contre nature ; mais, cette fois ci, cette fois ci tout était différent. Il était à Windmont Bay depuis plus de six mois et il n’avait pas envie de partir.
L’embrasser. L’embrasser venait de l’apaiser, et la sensation était la plus douce qu’il avait ressentie depuis longtemps. Sa main droite était solidement arrimée à la nuque d’Emerson ; il ne forçait plus ses lèvres à rester scellées aux siennes. Il pouvait sentir qu’Em l’embrassait également, maladroitement, peut-être. Robbie n’était pas en train de lui voler ce baiser. Ils étaient en train de se l’échanger, même s’il restait timide, même s’il restait hésitant. Il posa la paume de sa main gauche contre le dos, raide, tendu du garçon. Avec la force nécessaire, pendant les quelques dernières secondes du baiser balbutiant, il l’attira contre lui, contre son torse nu. Il sentit la jambe du garçon s’insérer involontairement entre les siennes. Un geste quelconque, anodin, qui vint cependant l’enflammer un peu plus. Il ne savait pas où cela les mènerait, ni même si ce baiser en commanderait d’autres, ou appelleraient d’autres intrusions dans l’intimité de chacun.
Leurs lèvres se quittèrent ; celles de Robbie s’avancèrent à nouveau, comme pour essayer d’initier un nouveau baiser. Un réflexe, simplement.
Peut-être que Robbie ne voulait pas cesser de l’embrasser, parce qu’il savait que des mots seraient prononcés, des questions seraient posées ; il connaissait Emerson. Il parlerait. Il ne pourrait s’empêcher de parler, de l’interroger, même le souffle coupé après l’avoir embrassé. Robbie ne saurait pas répondre ; il en serait probablement incapable.
Les questions arrivèrent à mesure qu’Emerson reprenait ses esprits. Robbie l’observait intensément ; il ne voulait pas manquer un soupir, un sourire, un geste, il ne voulait pas manquer un signe, un indice qui trahirait Em, qui en dirait bien plus sur ce qu’il pensait de ce baiser que ses mots. Comme il s’y attendait, Robbie n’avait aucune réponse à donner. Était-ce vraiment ce qu’il voulait ? Il ne savait pas. Il le désirait, il avait envie de l’embrasser à nouveau ; de ça, il en était convaincu. Le reste, peu importe. Robbie ne pouvait penser à autre chose qu’à Em. Au fond de lui, il savait que rien ne serait plus pareil. Mais il s’en préoccuperait un autre jour. Pas maintenant.
– Tais-toi, dit-il en fronçant les sourcils, d’un air réprobateur.
Sa main gauche était encore posée sur le bas du dos d’Em. Il l’attira à nouveau vers lui, contre lui. Leurs fronts se touchèrent, comme le bout de leurs nez ; Emerson était à sa merci, il le sentait. Lui n’agissait plus que par instinct. Il laissait toutes les émotions et sentiments qu’il avait réprimés ces derniers mots parler.
– Tu crois vraiment que je ferais ça si j’en avais pas envie ... dit-il, dans un soupir. Son souffle ricocha sur les lèvres d’Em.
Il glissa ses deux mains sous le tee-shirt du garçon, le long de son dos ; elles vinrent le ceinturer et le serrer contre lui, délicatement, sans lui offrir la possibilité de s’enfuir, cependant. Il fit un pas en avant. Em recula, jusqu’à ce que ses fesses ne heurtent le plan de travail, jusqu’à ce qu’il soit complètement pris au piège. La serviette autour de la taille de Robbie n’avait pas résisté aux quelques pas que les deux hommes venaient de faire.
Robbie colla son bassin contre celui d’Emerson. Il ferma les yeux, ensuite, et posa à nouveau ses lèvres sur celles du garçon.

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· Re: shake off the night and don't hide your face · Jeu 30 Avr - 16:53
Il y avait un tourbillon qui sévissait juste sous ou derrière son nombril. Un doux moteur qui ronronnait d’habitude, qui vrombissait à cet instant, comme s’il s’accordait à la cadence du muscle cardiaque en déroute. Même respirer apparaissait comme une tâche complexe pour Emerson. Il n’y avait pas que ses sens qui étaient affolés, il y avait ses pensées qui volaient, se percutaient l’une l’autre, se mélangeaient. Il avait l’impression qu’il n’y avait plus rien d’articulé, plus rien qui fonctionnait. Son cerveau avait perdu les commandes et les pédales, en même temps. Tout ça parce que Robbie Ripley avait décidé de jouer avec ses nerfs, songea distraitement Emerson. Quelle autre explication apporter à ce brusque changement d’attitude (et de température)? Comment gérer l’approche frontale, la semi-nudité, l’air effronté, les propos équivoques? Il pouvait avoir la langue acérée, Emerson, mais face à des situations comme celles-ci, il se retrouvait démuni, à ne savoir que dire ou que faire, de peur de se brûler ou de se prendre une douche froide. Sa seule certitude, c’était que quelque chose s’était passé, du côté de Robbie, et que ça venait jouer aux quilles avec leur fragile équilibre.
Il ne pensait pas être un livre ouvert et il n’avait certainement pas décelé la mutation dans le comportement de Robbie ces derniers temps. Il avait continué à associer son attitude désinvolte avec ce qu’il avait toujours connu, sans se douter qu'au milieu de ces sourires et regards, quelque chose avait éclos, quelque chose avait germé, s’enracinant entre eux et il avait beau se demander ce qu’il se tramait dans la tête de Robbie, Emerson ne chercha pas à freiner des quatre fers.
La résistance était minimale, juste de quoi ne pas se laisser aller complètement contre le torse du vagabond, alors que celui-ci l’attirait invariablement contre lui. Mais il sentait son bras autour de lui, son ventre contre le sien, ses jambes près des siennes et, surtout, la zone volcanique à laquelle Emerson tentait vainement de songer le moins possible. Il déglutit, les joues se parant d’une couleur enflammée, le coeur virevoltant, incapable de savoir où poser les mains - même si son esprit avait plein d’idées à ce propos.
L’ordre le prit de court et, interloqué, Emerson émit un son indéfinissable, entre hoquet de surprise et gloussement incrédule, mais à la nouvelle pression de la main de son colocataire, il céda ce qui lui restait de résistance. Sa main gauche s’accrocha à l’épaule de Robbie, la droite à sa taille et Emerson déglutit avec difficulté, avec la sensation que son coeur frôlait ses lèvres et menaçait de s’échapper.
- J’imagine que non, reconnut-il en fermant les yeux, le front pressé contre celui de Robbie, avalant son souffle au passage.
Il n’empêchait que mettre des mots sur les actes aurait peut-être pu les faire revenir sur terre, leur éviter un malaise consécutif à une nouvelle intimité. Mais Emerson n’avait pas davantage envie que Robbie de retrouver le sol, il préférait l’aventure, la nouveauté, même s’il en était tout autant effrayé.
Les mains de Robbie remontèrent dans son dos, l’attirèrent, le pressèrent comme un citron et, à nouveau, Emerson eut la sensation de planer, de ne plus marcher droit, comme si ses jambes l’abandonnaient pour mieux le pousser dans l’étreinte. Il laissa à Robbie le contrôle, se remit entièrement à ses mouvements et recula lorsqu’il avança, jusqu’à ce qu’un obstacle l’arrête. Le garçon laissa échapper un gémissement contre les lèvres de son assaillant et évacua ses dernières réserves d’un soupir alangui.
Alors il laissa les commandes à son corps, bien décidé à ne pas s’embarrasser de questions angoissantes pour l’instant. Il répondit avec plus de ferveur au baiser de Robbie, passa ses bras autour de sa nuque et s’accrocha à lui, cherchant son contact, sa langue. Il n’arrivait pas à croire que ça arrivait vraiment, qu’il ne s’agissait pas de l’un de ses fantasmes plus vrais que nature, qui l’enivrait à toute heure de la journée et de la nuit, quand il fermait les yeux et cherchait à inventer le corps de Robbie dans ses rêveries. Il était bien là, de chair et d’os et de sang. Emerson se rappela vaguement qu’il s’était fait mal en tombant, qu’il devait éviter de toucher ses plaies encore sensibles, mais toutes ses pensées étaient brouillées, presque incohérentes, tandis qu’il embrassait le jeune Ripley avec la fièvre de quelqu’un qui a enfermé ses sentiments en pensant ne jamais les laisser s’échapper.
Emerson ne lâcha son compagnon que pour attraper son t-shirt par le col et le faire passer par-dessus sa tête, interrompant momentanément le baiser. Il était essoufflé, enflammé, intimidé, mais il releva les yeux vers Robbie pour effleurer ses joues, incertain de la réaction attendue à la vue de la large portion de sa peau marquée par une brûlure sur une partie de son épaule et du haut de son bras droit - cette zone qui détournait souvent les gens des autres cicatrices, celles qui trahissaient l’ablation. Le silence écorché par leurs souffles saccadés fut brièvement rompu lorsque la plaque annonça la fin de la cuisson des pâtes avant de s’éteindre, mais Emerson ne fit pas le moindre geste pour se soustraire du piège délicieux et il douta que Robbie s’en soucie davantage, d’après ce qu’il venait de lui dire, et de lui faire. Le jeune homme fut bien tenté de demander ce que Robbie avait en tête mais 1) ça paraissait assez naïf et 2) il redoutait de casser l’instant.
A la place, il laissa doucement retomber ses mains sur le torse de Robbie, y dessina des arabesques du bout des doigts avant d’y apposer les lèvres. Il voulait découvrir les merveilles de ce corps méconnu et si familier à la fois. Il voulait le sentir vibrer, faire taire les velléités de sa conscience qui voulait l’inciter à la prudence. Il ne voulait pas être prudent. Il voulait le feu, les flammes, la tendresse et la folie. Il voulait Robbie.
Il voulait juste Robbie.

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