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 the only time that we stop laughing is to breathe or steal a kiss


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Chad Siringo

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· the only time that we stop laughing is to breathe or steal a kiss · Lun 30 Mar - 16:54
SHARON + CHAD
@Sharon Hill
16.02.2020

Le temps lui manquait. Il devait se dépêcher de rentrer pour enfiler une chemise propre, une autre veste, troquer son jean usé contre un pantalon sombre, ses baskets éraflées contre des converses. Certes, ce n’était pas le top de la classe mais Chad n’avait rien d’autre et ce n’était pas si mal que ça. Il optait pour un look un peu plus habillé mais toujours décontracté. Il n’allait tout de même pas sortir le costard de son enveloppe en pastique, il n’était de rigueur que pour les grandes occasion - en gros, les mariages et les enterrements et il n’y avait eu aucun de ces événements majeurs chez les Siringo depuis… eh bien depuis Caleb. L’habit ne serait pas sorti aussi aisément la prochaine fois car chacun repenserait forcément cette journée d’octobre où ils avaient enterré leur frère - la dernière fois où ils avaient tous été réunis (à l’exception du père qui purgeait toujours sa peine à la prison du coin). Chad était certain que Sharon ne lui en voudrait pas. Elle avait eu un aperçu de son train de vie - plongeur chez Mickey’s, ça n’inspirait pas vraiment la richesse et il l’avait prévenue qu’il viendrait en scooter parce que la famille se partageait une unique voiture - un modèle cabossé qui avait été ressuscité plus d’une fois par les jumeaux. Mais le jeune homme tenait toutefois à faire un effort et il grimpa les escaliers en courant, passant devant les chambres des autres sans s’arrêter pour rejoindre sa chambre.
Cody était affalé en travers du lit, penché sur ses devoirs et il tourna la tête en percevant le mouvement précipité de son ainé qui ouvrait grand la penderie tout en se débarrassant maladroitement de ses vêtements de la journée. L’adolescent émit un son qui ressemblait un gloussement et Chad lui jeta un coup d’oeil:
[Tu te moques? On verra comment tu seras, le soir de ton premier rendez-vous!] lui fit remarquer Chad en signant - ce qui ne lui facilitait pas sa tâche, signer avec Cody entravait forcément ses mouvements.
Le garçon se redressa et s’installa en tailleur, ravi de la distraction.
[Premier rendez-vous? Elle est belle? Tu vas l’embrasser?]
Chad lui fit signe d’attendre pendant qu’il enfilait son pantalon noir et se laissait tomber sur son lit pour lacer ses chaussures. Il se redressa ensuite et répondit:
[La plus belle fille que j’aie jamais vue. Et oui. J’espère.]
[Elle ressemble à quoi?]
L’ainé des Siringo sortit son téléphone, ouvrit la conversation et donna le téléphone à son frère, uniquement parce que ça lui permettait de continuer à se changer pendant que le gamin agrandissait un maximum la photo de Sharon. Chad enfila un t-shirt gris et un pull bleu pétrole puis s’empara de sa veste en cuir noir.
[Je dois y aller, je suis déjà en retard] annonça-t-il en récupérant son téléphone. [Demande à quelqu’un de commander, pour ce soir, ok? Je ferai les courses demain. Promis.]
Chad ébouriffa les cheveux de son cadet avant qu’il ait le temps de protester et dévala les escaliers en sens inverse. Avec un peu de chance, les pizzas seraient encore assez chaudes au moment où ils rejoindraient le phare.

Le jeune homme suivit les indications de son GPS, s’éloignant de l’épicentre de Windmont Bay pour s’aventurer dans les faubourgs de la ville. Son scooter cahota sur la route mais Chad se dit qu’il en avait eu, des aventures, avec les péripéties que représentaient parfois ses livraisons aux quatre coins de sa ville natale, et il accéléra donc sans se soucier des plaintes du véhicule. Il était pressé de retrouver le sourire irrésistible de la blonde au charme envoûtant. Il était surtout impatient de passer avec elle plus que cinq minutes volées à un moment qui n’invitait pas à la rencontre et au rapprochement et espérait que le courant passerait aussi bien qu’au Mickey’s.
Bientôt, il approcha une propriété et il s’arrêta à quelques dizaines de mètres de la demeure principale, où il guetta un signe de vie. Il jura intérieurement en réalisant qu’il avait oublié d’apporter des fleurs. Il espérait ne pas croiser le père ou le frère de la jeune femme et encore moins froisser cette dernière avec son impardonnable oubli. Son empressement lui avait fait sauter les détails élémentaires. A moins que ça soit son inexpérience totale en premiers rendez-vous qui soit à blâmer.
Après tout, Chad n’avait jamais eu de véritable tête-à-tête avec une fille. Du genre planifié à l’avance, qui ne soit pas un Tinder date où la conversation importait peu. Il ne le réalisa qu’au moment où il coupa le moteur de son scooter et enleva son casque pour se passer les doigts dans les cheveux. Il y avait sans doute une première fois à tout mais il y avait de quoi être intimidé, non? Surtout qu’il n’aurait jamais cru tomber sous le charme aussi aisément, mais il fallait dire que Sharon avait ce côté divin et original, avec son sourire mutin et son regard limpide. On ne passait pas à côté d’une créature pareille et on se créait donc les occasions qu’on pouvait. Tant pis pour les fleurs, songea Chad, il se rattraperait autrement. Pour l’heure, il était temps d’aller sonner à la porte et ce fut donc dans cette optique qu’il descendit de son scooter pour se diriger vers la maison, le casque sous le bras.

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Sharon Hill

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· Re: the only time that we stop laughing is to breathe or steal a kiss · Ven 3 Avr - 10:46
Sharon appliqua une fine couche de gloss sur ses lèvres, replaça derrière son oreille une mèche rebelle et cligna de ses yeux de biche vers son reflet dans le miroir. Puis elle traversa la grange qui lui faisait office de studio – ce n’était pas exactement du grand luxe, mais elle bénéficiait d’une belle lumière, les deux chauffages d’appoint à puissance maximale maintenaient une température agréable, elle disposait du strict minimum vital niveau mobilier (lit, canapé, fauteuil, télé, penderie, frigo, four, wc et baignoire) et les piles de livres et DVD, seules décorations avec une lampe style projecteur de cinéma et un poster en noir et blanc, donnaient presque aux lieux un côté cosy – ce n’était pas comme si elle avait trop eu le choix, retourner dans sa chambre d’adolescente était hors de question, elle se serait constamment revue à quatorze-quinze-seize ans et elle aurait fait une dépression au bout de trois jours ; elle aurait pu dormir sur un matelas par terre dans la chambre de Mike mais bon, passer la nuit avec un garçon de douze ans pour une jeune femme de vingt-cinq, c’était quand même un peu glauque ; et puis le clic-clac du salon où son père prenait le petit-déjeuner entre quatre heures et demi et cinq heures chaque matin, c’était dire adieu à toute intimité, et ce n’était pas vraiment une solution viable pour elle qui n’était vraiment fraîche qu’après neuf heures et demi minimum et deux cafés.
Elle jeta un œil par la fenêtre, de là elle voyait la cour, la devanture de la maison, la fenêtre de son ancienne chambre dont les rideaux étaient tirés.
C’était facile de se représenter la scène. Une Sharon de quinze ans accoudée à la fenêtre de sa chambre à travers laquelle elle regardait rêveusement, les yeux dans le vide. Elle avait les cheveux un peu plus longs, le visage un peu plus clair, le ventre beaucoup plus rebondi. Un Chad adolescent soulevait la poussière de la cour et faisait s’agiter les poules en arrivant sur son scooter pétaradant, Sharon dévalait les escaliers quatre à quatre avec un sourire jusqu’aux oreilles, traversait la cour d’un pas guilleret, elle prenait timidement la main du garçon dans la sienne en le dévorant des yeux, puis grimpait derrière lui, enroulant ses bras potelés fermement autour de sa taille et collant sa joue chaude contre son épaule. Il faisait vrombir le moteur de l’engin et ils filaient tous les deux romantiquement vers l’horizon.
Le film s’éteint brusquement dans le bourdonnement d’un véritable scooter cahotant devant la maison avant de s’interrompre. Par la fenêtre, Sharon distingua la silhouette de Chad qui descendait du scooter et retirait son casque. Elle enfila son manteau, prit une demi-seconde pour sourire pour elle, trois autres pour vérifier son reflet dans le miroir – elle portait les bottines à talon sur un jean, son col V bordeaux préféré et un blouson aviateur camel, meilleur allié des temps d’hiver – puis attrapa écharpe et sac à main et sortit en claquant la porte derrière elle.
Chad, dos à elle, avançait vers la maison d’un pas décidé. C’était assez sexy d’ailleurs, cette détermination dans son pas, même s’il allait dans la mauvaise direction ; d’autant plus mauvaise direction que Sharon était presque sûre que son père était déjà endormi ou du moins couché – il se levait avant le soleil, à quatre heures et demi, chaque matin, et il n’était donc pas rare qu’il soit déjà au lit à dix-neuf ou vingt heures le soir. « Hey, salut ! Par ici ! » Elle avala les quelques mètres entre elle et Chad en deux enjambées et lui attrapa l’avant-bras. Malgré les talons de ses bottines, il la dépassait encore de plusieurs centimètres, elle avait oublié comme il était grand. Elle sourit. « Salut, » répéta-t-elle, le souffle un peu court, coupé tant par son sprint de quinze mètres que par le visage qui se tourna vers elle, beau comme celui d’un mannequin dans une pub pour eau de toilette. C’était exactement à cause de ce visage, ce sourire et ces yeux clairs que, malgré sa volonté de se faire désirer et de laisser Chad languir un peu avant de lui envoyer un texto et d’accepter de sortir avec lui, elle le retrouvait déjà une semaine à peine après leur rencontre au Mickey’s Dinner.
Elle se hissa sur la pointe des pieds et déposa une bise sur sa joue. « On y va ? » L’air était frais, son souffle formait un nuage de buée. Sharon enroula deux tours d’écharpe autour de son cou et désigna du menton le scooter du jeune homme, garé quelques mètres plus loin. Elle s’approcha du sien, un modèle un peu vintage dont la carrosserie crème légèrement écaillée faisait tout le charme, pour récupérer son casque et revint à Chad avec un sourire en coin et un air de défi. Elle passa une main dans ses cheveux blonds et enfila son casque sur sa tête. « Tu me laisses conduire ? » demanda-t-elle, l’air angélique, regard de chat, en enfourchant le scooter avant même d’en avoir obtenu la permission.

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· Re: the only time that we stop laughing is to breathe or steal a kiss · Dim 5 Avr - 15:01
Alors qu’il avalait les mètres pour rejoindre le porche et frapper à la porte, Chad sentit son coeur cogner un peu plus fort. Un sourire indélébile se dessina sur ses lèvres, virant doucement à une teinte incrédule alors qu’il prenait à peine conscience de ce qui allait se passer - un tête-à-tête avec la femme la plus belle de l’univers - et à quel point il avait pris tout cela trop à la légère. Il aurait dû lui proposer un rencard en ville, pas au phare. Il aurait dû lui payer un somptueux diner, quitte à avoir les poches trouées les prochains jours, au lieu d’apporter des pizzas de son boulot. Il aurait également eu plus de temps pour se préparer, au lieu de se borner à troquer une tenue pour une autre. Une douche n’aurait peut-être pas été du luxe, même si le changement de vêtements lui avait rafraîchi le corps et semblé chasser la fatigue accumulée au cours de la journée. En songeant à la fraicheur, le jeune homme regretta de ne pas s’être brossé les dents en vitesse avant de décoller et il fouilla la poche de sa veste pour sortir un paquet de chewing-gum, qu’il déchira maladroitement, son casque entravant ses gestes, avant de fourrer le bonbon à la menthe dans sa bouche. Quel amateur, se maudit-il. Les bases élémentaires auraient dû être respectées et il espérait ne pas décevoir la belle avec son allure débraillée - son allure de Siringo, se moqua-t-il intérieurement. Il fallait bien être un Siringo, aussi, pour avoir l’audace de croire qu’il avait une seule chance de séduire une femme pareille avec des pirouettes lamentables. Mais en bon héritier qu’il était de la bêtise de sa propre famille, Chad chassa ces considérations alors qu’il mâchait et sentait sa bouche prendre un goût mentholé.
La maison se rapprochait et le jeune homme ne put réprimer un élan de curiosité en détaillant celle-ci. Comme souvent, lorsqu’il découvrait un nouveau logement, Chad ne put réprimer l’envie d’imaginer sa fratrie trop nombreuse dans ce nouvel environnement, plutôt que fourrée dans une maison en ruine où ils avaient de plus en plus l’impression d’être les uns sur les autres - et cela ne faisait que s’accentuer au fur et à mesure que les plus jeunes grandissaient, que le nombre d’adultes augmentait. Tant qu’ils étaient jeunes ou adolescents, la demeure leur correspondait assez bien: elle était sens dessus dessous, jamais rangée, un appareil électrique défaillant forcément. Peut-être que Chad aurait dû débarrasser le plancher, libérer l’espace, permettre aux autres de s’étaler dans les pièces désertées, mais étrangement, le jeune homme ne parvenait pas à se détacher de cet univers qui l’avait vu grandir, le seul où il se sente chez lui - que cela plaise à Rufus ou non. Il n’empêchait qu’il n’avait aucun mal à transposer l’ensemble ailleurs et il se figura que les jumeaux auraient été aux anges s’ils avaient vécu au grand air, pareil pour Cody. Chad était tout à ses pensées et il n’entendit pas le premier appel, il ne revint sur terre qu’au moment où il sentit une main lui agripper le bras.
- Hey! Salut! Désolé, j’étais distrait, j’admirais ta maison, avoua-t-il en désignant la maison qui se trouvait désormais derrière lui, comme il s’était tourné vers Sharon. Même si tu ne viens pas de là…, constata-t-il, quelque peu perplexe, avant de hausser les épaules. Wow…
Chad ne cacha pas qu’il était sous le charme, alors que son regard glissait furtivement sur la tenue sexy de Sharon. Son sourire incrédule devait lui donner un air benêt mais il ne chercha même pas à se corriger, alors que sa main pressait légèrement le coude de la jeune femme lorsqu’elle lui fit grâce d’une bise. Son délicieux parfum envahit les poumons de Chad qui secoua la tête pour sortir de sa torpeur:
- On y va! approuva-t-il, même s’il aurait préféré lui dire à quel point il la trouvait canon - et toute une série d’adjectifs synonymes qui auraient soulignés son charme indéniable. Ah, voilà le fameux scooter, commenta-t-il en la voyant se munir de son casque. Il est cool!
Le jeune homme se mordit la langue. Allait-il proférer des phrases sans intérêt tout au long de la soirée? Où était passé son élan bravache qui lui avait permis de s’incruster à la table de la belle pour lui faire du gringue? Elle allait le trouver rasoir au possible, c’était certain, mais Chad était complètement hypnotisé, charmé par l’assurance nonchalante de Sharon et il la contempla, alors qu’elle revenait vers lui, avec son allure de star du cinéma, les vagues blondes de ses cheveux dansant sous le coup du geste fluide.
- Je parie que personne n’a jamais pu te refuser quoi que ce soit, plaisanta-t-il en la suivant, même s’il n’y voyait aucun inconvénient, évidemment.
Chad enfila son casque à son tour et s’installa derrière la jolie blonde, de sorte qu’il se retrouva entre elle et le sac de livraison qui contenait les pizzas. Il sembla hésiter un instant quant à l’endroit où poser ses mains et opta finalement pour les épaules délicates de Sharon, même s’il était aussi tentant de les poser sur sa taille. D’un gestes instinctif, Chad pressa les doigts, dans une sorte de bref massage, et laissa ses paumes glisser vers l’extrémité des épaules:
- Direction les étoiles, mademoiselle, souffla-t-il à son oreille, référence toute relative à la fugue de Jack et Rose dans le célèbre film des amants maudits. Attention, les freins sont un peu retors, préféra-t-il préciser pour éviter qu’ils finissent dans le décor.
Il avait toujours un pied à terre, mais il le souleva au moment où l’engin démarra et ses doigts resserrèrent leur prise et, instinctivement, migrèrent vers les hanches de Sharon, tandis qu’un sourire irrépressible venait arquer les lèvres de Chad.

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· Re: the only time that we stop laughing is to breathe or steal a kiss · Sam 2 Mai - 16:50
Chad Siringo qui marchait vers la maison des Hill, c’était à la fois une image inattendue, parce que les rêves d’adolescence de Sharon avait été relégués aussi loin que les mauvais souvenirs de cette époque, et à la fois familière, car elle se l’était représentée mentalement des dizaines à des centaines de fois, et jusque dans les moindres détails. À tel point qu’elle en aurait presque douté : n’était-il pas déjà venu ? Ou au contraire, la silhouette qu’elle observait avancer avec détermination vers l’entrée de la maison n’était-elle pas une énième vision de son esprit ? Sharon s’approcha de Chad en quelques enjambées et saisit son avant-bras avant que le mirage ne s’efface.
Sharon vit la surprise passer sur son visage de la voir arriver du mauvais côté et elle rit sans pouvoir s’en empêcher. Elle regarda à son tour la maison, médita ses mots – elle avait beau avoir sa chambre en horreur et rêvé des années d’avoir un toit plus solide et moins rustique au-dessus de la tête, Sharon était assez mature désormais pour reconnaître leur chance d’avoir grandi dans une maison où chacun avait son espace, qui tenait debout malgré tout (grâce aux efforts quotidiens de son père) et avec un jardin pour respirer et courir après les poules. Elle secoua ensuite vaguement la tête – non, elle ne venait pas de la maison, elle arrivait de la grange où elle avait posé ses valises plusieurs semaines plus tôt et où elle avait désormais bien envie d’embarquer Chad Siringo, là, tout de suite – pourquoi le scooter, le phare, les pizzas, pourquoi s’en aller, se regarder, manger, parler quand elle pouvait simplement l’attirer chez elle, le faire s’asseoir sur son canapé de fortune et passer la soirée à embrasser ses lèvres en passant sa main sous ce chandail bleu pétrole qui faisait ressortir ses délicieux yeux clairs ? Sans doute qu’elle sourirait entre deux baisers, mais ils n’auraient même pas à parler.
Ce n’était probablement pas là que Chad voulait en venir. « Longue histoire. » une longue histoire qu’elle écarta d’un geste de la main avec un petit sourire en coin. Ce n’était pas vraiment le moment qu’elle s’épanche sur cette maison, sur cette chambre d’adolescente qu’elle exécrait au possible pour y avoir passer ses soi-disant ‘belles années’ à avaler des burgers devant des téléfilms plein de mélo, à relire cinquante fois les mêmes romans de gare en espérant qu’il lui arrive ne serait-ce qu’un dixième de ce qui arrivait à la girl next door héroïne de ces pages et à observer par la fenêtre les jeunes qui passaient, s’imaginant faire partie de leur groupe d’amis au lieu d’être la fille dont ils moquaient le physique, la famille, les rumeurs, quand elle aurait dû, comme chaque autre jeune fille, y tenir des soirées pyjamas où elle et ses amies auraient ri en parlant des garçons qui leur plaisaient, buvant leur première bière et fumant la première cigarette, y fomenter des plans pour faire le mur et rejoindre un garçon plus âgé qui la faisait craquer, et y passer des heures au téléphone à échanger des potins avec une meilleure copine, à voix basse pour laisser croire à son père qu’elle était en train de faire ses devoirs.
Elle retint un gloussement au « wow » que Chad laissa échapper en la détaillant, en profita pour caresser des yeux son profil parfait qu’un sourire était venu incurver et se hissa sur la pointe de ses pieds pour déposer ses lèvres sur sa joue. Il sentait le tabac froid, le bonbon à la menthe et cette odeur de linge propre typique des garçons qui donnait envie à toutes les filles d’arracher du corps du garçon ledit linge propre porté. Mais avec la température hivernale quoi que clémente pour le mois de février, les poules qui caquetaient au fond de la cour et Mike qui était cap de dévier son regard de ses jeux vidéo deux minutes juste pour venir l’observer par la fenêtre (et peut-être lui faire des grimaces), ce n’était pas vraiment le moment pour ça.
Sharon jeta un regard de côté vers Chad et lui emboîta le pas en direction de son scooter, non sans un détour vers le sien pour emporter son casque. « Lui-même. Je t’emmènerai faire un tour la prochaine fois. » La prochaine fois... Elle s’en était imaginé des dizaines des « prochaines fois » qui n’étaient jamais arrivées, mais c’était toujours agréable de se l’imaginer alors c’est encore ce que fit Sharon : Chad et elle sur son scooter, elle au volant, sous le soleil, suivant la côte, cheveux au vent, les lèvres du garçon contre sa nuque...
Elle était impatiente et n’avait pas envie d’attendre la ‘prochaine fois’. Alors Sharon se glissa derrière le volant du scooter sur lequel elle posa ses mains avec assurance sans en attendre l’autorisation. Si on lui avait déjà refusé quoi que ce soit ? « Hmmmmm, » éluda-t-elle, yeux doux, airs irrésistibles, alors que « Plus d’une fois, si tu savais » aurait été une réponse plus exacte. C’était bien pour ça qu’elle s’imposait, maline, avant qu’on lui dise ‘non’.
Sharon régla rapidement le rétroviseur, pianotant sur le volant pendant que Chad prenait place dans son dos. Ses gestes étaient lents, tendres, elle sentait déjà la chaleur de la peau du jeune homme irradier vers ses épaules. Elle rit innocemment quand il annonça la destination et attacha la sangle de son casque. « Accroche-toi bien alors. » Elle lui jeta par-dessus son épaule un regard malicieux avant de mettre en route le moteur.
Chad pouvait sans doute le voir dans le rétroviseur, Sharon eut un sourire en coin presque tout le trajet. Un peu parce que la nuit était en train de tomber et qu’elle appréciait l’air frais qui arrivait avec elle et venait lui chatouiller le cou entre ses deux tours d’écharpe. Beaucoup parce qu’elle sentait les mains de Chad sur ses hanches et que c’était aussi doux, bon et chaud que dans ses rêves d’adolescente – à la différence que ses généreuses poignées d’amour avaient cédé à une taille fine. Elle accéléra quelques fois en sentant le moteur cahoter un peu et freina doucement en arrivant au pied du phare où elle s’arrêta et stationna l’engin.
Elle retira son casque, descendit du scooter et se tourna vers Chad avec un grand sourire amusé, comme si elle disait « alors ? » alors qu’il n’y avait pas grand-chose à dire.
« Merci pour la pizza » dit-elle enfin, et elle lui laissa à peine le temps de récupérer celle-ci. Après lui avoir saisi l’avant-bras devant chez elle quelques minutes plus tôt, elle descendit cette fois un peu plus et, pressée, l’attira derrière elle en lui attrapant le poignet alors qu’elle avançait déjà vers le phare.
Peut-être que la ‘prochaine fois’, elle s’aventurerait encore plus bas et se risquerait à nouer se doigts à ceux de Chad Siringo.

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· Re: the only time that we stop laughing is to breathe or steal a kiss · Jeu 7 Mai - 14:05
Il était rarement passager, Chad, alors quand Sharon démarra, avec l’expertise de celle qui a l’habitude de piloter ce genre d’engin, il se laissa emporter, dans tous les sens du terme. Les mains arrimées aux hanches de la sirène, il ne put s’empêcher de couler un regard vers ses épaules, ses boucles blondes qui lui chatouillaient le visage, avant de se rappeler qu’il y avait un rétroviseur et qu’il ne voulait pas risquer qu’elle le prenne pour un obsédé ou un pervers. Mais comment résister à l’envie de se perdre dans cette contemplation rêveuse? Elle était magnifique et le plus beau, c’était qu’elle semblait ne faire aucun effort, comme si tout cela était inné, naturel. Peut-être qu’elle avait l’habitude que les hommes la fixent comme ça, aussi, songea-t-il en détournant son attention vers le paysage qui défilait à vive allure. Consciente de ses charmes, elle pouvait en jouer à sa guise, il en était persuadé, mais il ne pouvait nier cette sensation, ni même rejeter l’idée absurde que, peut-être, si tout était si simple, c’était parce qu’ils étaient faits pour s’entendre, pour se comprendre, pour s’attirer comme des aimants. Peut-être que c’était la magnétisme de l’inconnu ou juste une reconnaissance de l’autre, le sentiment qu’ils pouvaient être qui ils étaient, en compagnie de l’autre, et que rien de mal ne pouvait arriver. Le concept d’âme soeur lui paraissait toutefois trop ridicule pour être seulement évoquer dans sa tête, mais il se disait tout de même qu’il n’avait jamais rencontré quelqu’un avec qui une telle alchimie s’était offerte immédiatement. Peut-être qu’il se leurrait, se faisait des films, mais Chad aimait à penser qu’il y avait une part de vérité profonde dans cette pointe qui s’enfonçait dans son coeur à chaque fois qu’il pensait à elle et encore plus quand il était en sa présence.
Au fur et à mesure des kilomètres avalés, Chad se détendit et se laissa porter par sa dulcinée. Il s’efforça de ne pas sourire comme un grand bêta, secoua la tête parfois, implacable envers lui-même et sa propension à craquer à chaque fois qu’il glissait un regard dans le rétroviseur, gloussa aux moments où le moteur avait toussé comme un vieux lascar enfumé et regretta presque qu’ils arrivent déjà à destination. Le phare s’élevait devant eux, éternel gardien de la côte qu’ils connaissaient tous depuis l’enfance et que Caleb, Rufus et lui avaient contemplé tant de fois lorsqu’ils se saoulaient et fumaient des joints sur la falaise. Il réalisa, au moment où le moteur se tut, qu’il n’avait plus vraiment mis les pieds là depuis l’accident de son frère - il l’avait même fui, ça n’avait pas été un concours de circonstances, cet éloignement, il l’avait cherché. Mais il fallait bien exorciser le mal et quelle meilleure façon d’atténuer le souvenir funeste que d’y associer une soirée romantique en compagnie de l’une des plus ravissantes créatures que cette planète ait jamais porté?
Chad descendit du scooter et ôta son casque, le nez toujours levé vers le phare, comme s’il guettait le regard de ce dernier. Se rappelait-il ce soir d’octobre? Se rappelait-il toutes ces heures perdues? Reconnaissait-il en lui le gars paumé qui avait squatté si souvent son voisinage? Il chassa ces questions idiotes de son esprit et se concentra sur sa compagne, bien plus agréable à tout point de vue et qui ne convoquait pas Caleb à chaque détour de conversation. C’était bien simple: avec Sharon, Chad avait presque l’impression que le reste du monde n’existait pas.
- Tu es la reine des scooters, à ce que je vois, plaisanta-t-il en soulevant le siège pour qu’ils puissent y ranger leurs casques, avant de récupérer les pizzas, heureusement encore assez chaudes au toucher, comme il put le constater lorsqu’il souleva les deux boîtes, tel un serveur sophistiqué, et deux couvertures épaisses..
Sharon l’attrapa par le poignet et Chad émit un petit rire conquis. Elle n’avait évidemment pas besoin de le tirer de la sorte, il l’aurait suivie n’importe où, mais il aimait qu’elle prenne les devants, qu’elle ne minaude pas en attendant qu’il fasse le premier pas. Elle avait cette assurance fascinante qui affolait les sens du jeune Siringo. D’ailleurs, il lui semblait que son sourire était devenu indélébile, à jamais marqué sur ses lèvres et ce fut donc sans la moindre résistance qu’il se laissa entraîner par Sharon. Il accéléra même juste un peu le pas, pour réduire la distance. Et pour pouvoir faire le mouvement nécessaire pour entrelacer ses doigts à ceux de la jeune femme. Un petit élan qui lui permit de sentir sa paume contre la sienne et il exerça une pression pour la faire ralentir:
- Viens. Il y a une vieille souche, par-là, parfaite pour s’asseoir.
Lentement, il fit dévier leur course en direction de ladite souche, qui se trouvait à une centaine de mètres de là. Arrivés sur place, il posa les pizzas sur la table improvisée et étendit l’une des couvertures sur le sol - l’autre servirait à leur couvrir les épaules si le froid s’insinuait sous leurs vêtements.
- Madame. Si vous voulez bien vous installer…, dit-il en offrant une révérence exagérée, une main tendue pour aider la dame de son coeur à s’asseoir.
Il se laissa ensuite glisser près d’elle et lui sourit:
- J’en ai pris une basique et une végétarienne, au cas où.
Les deux cartons étaient ouverts entre eux et Chad réalisa soudain qu’il manquait quelque chose d’essentiel - et ce ne devait sans doute pas être la seule:
- Merde. J’ai oublié les boissons, grimaça-t-il, le nez froissé d’embarras. Je me rattraperai, promis. Ne soit pas trop sévère avec la note, okay? C’est mon premier véritable rendez-vous. Enfin, je devrais peut-être éviter de t’avouer une chose pareille.
Chad se gratta la tête, contemplant son organisation désastreuse et promit:
- Je ferai mille fois mieux la prochaine fois.
Le jeune homme se pinça les lèvres, incapable de dissimuler son sourire gêné et se carra contre la souche. Il invita Sharon à venir plus près en tapotant l’espace près de lui et plaisanta:
- Pour ma défense, mes parents n’étaient pas des modèles. Je crois qu’ils se sont rencontrés quand ils étaient collés un samedi matin à l’école et leur premier rencard devait sans doute être dans une des cellule du commissariat.
Chad préférait en rire. Il réalisait qu’il enchaînait les maladresses depuis qu’ils s’étaient rencontrés, mais il avait la sensation que Sharon ne lui reprocherait jamais son background catastrophique, il ne savait pas pourquoi. C’était quelque chose dans son sourire, dans son regard, quelque chose qui lui disait qu’elle ne pouvait que lui faire du bien et illuminer son existence désoeuvrée.

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· Re: the only time that we stop laughing is to breathe or steal a kiss · Dim 31 Mai - 12:39
Sharon leva un instant les yeux vers le phare qui les dominait – un instant mais pas plus. C’était un repère, un attachement particulier pour chaque habitant de Windmont Bay, chacun pour diverses raisons. Beaucoup, d’ailleurs, parce qu’en profitant de la vue qu’il offrait on pouvait laisser libre court à son imagination et se laisser aller à rêvasser sans bornes. Mais Sharon n’avait jamais eu besoin de s’échapper physiquement pour s’évader dans sa tête. En fait, elle n’éprouvait pas d’attachement particulier au phare, ni à Windmont Bay dans sa globalité ou à aucun autre lieu spécifique de la ville, et ça n’avait pas seulement à voir avec les années désastreuses qu’elle avait pu y passer, seulement elle ne s’attachait pas vraiment aux lieux et pensait du reste qu’il n’y avait rien ici qu’elle ne pourrait retrouver ailleurs.
Même si la vue était, il fallait bien le reconnaître, imprenable et magnifique. Et d’autant plus en bonne compagnie.
Sharon jeta un regard de côté vers Chad, descendit du scooter mais pas de son petit nuage et accepta la plaisanterie du jeune homme comme un compliment. « Je te l’avais dit. » minauda-t-elle avec son sempiternel sourire espiègle.
Elle n’était pas très patiente, et si sa conduite un peu pressée n’avait pas suffi à en convaincre Chad, elle s’empressa cette fois de lui saisir le poignet pour l’attirer derrière elle vers le sentier principal. Elle le sentit bientôt accélérer pour remonter à sa hauteur et glisser, plus bas, sa main contre la sienne, ses doigts se mêlant aux siens, la pression de sa paume tiède contre la sienne. Elle ralentit le pas pour mieux en profiter et suivre la direction indiquée par Chad. L’endroit était tel qu’il l’avait décrit parfait pour s’installer et propice aux rendez-vous amoureux. La vue était superbe, le ciel était dégagé et ses doigts étaient entrelacés à ceux de Chad. Sharon sourit.
« Oh, merci. » La révérence la surprit, Sharon gloussa discrètement et ses pommettes virèrent au rose devant tant de galanterie. Elle en avait rarement constaté autant chez un garçon, du moins jamais de façon aussi simple et sincère – la galanterie que d’autres hommes avaient pu lui témoigner avait toujours semblée fausse, trop calculée. La révérence que lui offrait Chad avait certes quelque chose d’exagéré et d’assez maladroit, mais elle ne semblait offerte que pour la faire sourire. Sharon accepta la main tendue pour l’aider à s’asseoir et s’installa sur la couverture sans se départir de son sourire, pendant que Chad déposait devant eux les pizzas, prenait place à ses côtés et pestait contre les boissons qu’il avait oubliées.
Elle pouffa sans même essayer de se retenir et ça n’avait rien de méchant car l’embarras de Chad le rendait d’autant plus mignon. « Attends, tiens. » Elle fouilla le fond de son sac à main et en extirpa un thermos. Elle réalisa en l’ouvrant qu’il n’était qu’à moitié rempli de thé au citron du matin et donc probablement tiède et éclata à nouveau de rire en le tendant vers Chad. « Ça fera l’affaire ? » plaisanta-t-elle avec un haussement d’épaules. S’offusquer de son oubli ? Ce n’était pas vraiment son genre, quoi que venant d’un garçon qui ne lui plaisait pas autant elle aurait sans doute soupiré sans s’en cacher. Mais c’était Chad, et qui était-elle pour être sévère avec ce garçon absolument craquant, à ses petits soins comme aucun garçon ne l’avait jamais été, quand bien même un peu maladroitement ? Et puis, il y avait la façon dont il la regardait, comme s’il guettait son sourire ou quelque chose dans son regard, et la façon dont il lui souriait aussi, parce qu’il lui souriait vraiment, elle voyait ses dents et son cœur, des vrais sourires, pas ces rictus en coin qui ne dévoilaient rien et ne servait que d’hameçon, d’arme de séduction.
Elle n’aurait rien pu lui reprocher – elle se contenta de pouffer de rire encore, quoi qu’elle tiquait sur l’une de ses excuses. « Ton premier véritable rendez-vous ? » répéta Sharon après un court moment. Elle plissa les yeux en dévisageant Chad, l’air un peu dubitatif mais sans pouvoir s’abstenir de continuer à sourire. « C’est vrai ou bien tu dis ça pour essayer de m’attendrir ? J’ai du mal à croire qu’un garçon assez audacieux pour s’installer à la table d’une inconnue au Mickey’s Dinner n’ait jamais proposé de rencard à une fille. Et ça m’étonnerait aussi que qui que ce soit ait déjà dit non à de si beaux yeux. »
Elle l’observa du coin de l’œil et replaça derrière son oreille une mèche blonde que le vent d'ouest avait ramenée sur son visage. Chad disait qu’il ferait mieux la prochaine fois – ce ne serait donc pas que dans sa tête qu’il y aurait une prochaine fois ! – et se défendait de son oubli en lui expliquant que ses parents n’étaient pas un modèle en la matière. C’était dit sur le ton familier de la plaisanterie, le même ton que Sharon pouvait employer quand elle disait en parlant de sa mère « non, je ne sais pas où elle est en tournée en ce moment ni quand elle passera, avec elle on ne sait jamais ! » en riant comme si ça ne la chagrinait en rien. Elle se pinça les lèvres en observant Chad et vint plus près de lui, là où il lui avait fait signe de s’approcher. Un premier rendez-vous dans une cellule du commissariat, c’était une histoire qu’elle pouvait réinventer, non ? « Je ne sais pas si j’accepte cet argument. Ça ne veut rien dire, peut-être que c’était quand même un super rencard, très romantique, et tout ? Ils se sont échangés des mots doux en douce quand le cadet qui les surveillait avait le dos tourné, ils n’ont pas vu le temps passer tant ils n’ont fait que se dévorer des yeux pendant des heures et le premier des deux qui a pu sortir du commissariat a patiemment attendu sur le parking que l’autre sorte à son tour pour conclure leur rendez-vous par un baiser. » Elle sourit doucement, et puis comme si l’imagination de cette histoire lui avait ouvert l’appétit, Sharon la termina en attrapant une part de pizza et en mordant dedans.

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· Re: the only time that we stop laughing is to breathe or steal a kiss · Lun 15 Juin - 14:46
Parfois, Chad se demandait si la tendance des Siringo à s’éparpiller dans tous ce qu’ils faisaient n’était pas une conséquence de leur éducation, tout comme il s’interrogeait sur leur tendance à ne pas se poser avec quelqu’un. Ils étaient encore jeunes, tous, ils avaient le temps, mais le jeune homme ne pouvait s’empêcher de remarquer qu’aucun n’avait ramené quelqu’un à la maison, aucun n’avait semblé avoir une relation sérieuse, même si ce n’était qu’une affaire de quelques semaines ou mois. Crystal avait fait un gosse avec un illustre inconnu, Candace semblait plus portée sur les études que l’amour, Caleb n’avait jamais paru s’intéresser à quiconque, les jumeaux étaient bien trop fougueux pour s’arrêter à une conquête et les autres, Chad les estimait trop jeunes pour se préoccuper des affaires de coeur. Quant à lui-même, eh bien, le fait qu’il éprouve des sentiments plus que confus à l’égard de son meilleur ami n’aidait en rien et il était connu pour son inconstance. Jusqu’à Sharon, il n’avait jamais réussi à vraiment accrocher avec quelqu’un; jusqu’à Sharon, personne n’était parvenu à supplanter Rufus ou en tout cas à mettre son coeur en déroute au point de reléguer son attirance au second plan. Sharon Hill avait changé la donne. Sharon Hill s’était naturellement imposée et installée dans l’espace vacant du coeur de l’éternel célibataire qu’était Chad Siringo.
Du coup, le jeune homme éprouvait une excitation particulière à l’idée de passer la soirée en si charmante compagnie. Une excitation qui lui faisait un peu perdre la tête, mais pas au point de tout faire capoter avant que ça ait commencé, il l’espérait. Il voulait voir où leur complicité pouvait les mener. Il voulait apprendre à connaître Sharon, à découvrir son univers, à s’y faire une petite place. Il voulait commencer quelque chose, pour la première fois de sa vie. Quelque chose qu’il n’avait pas peur d’enclencher, d’enflammer, même s’il devait d’abord passer pour un terrible date avec ses oublis et ses paroles irréfléchies.
Par chance, Sharon lui sauva la mise en extirpant un thermos de son sac et Chad le saisit, soulagé et ravi:
- C’est parfait!
Tu es parfaite, aurait-il pu tout aussi bien déclarer, tant il la dévorait des yeux, charmé au possible par l’ensemble qu’elle représentait, auréolée d’une sensualité folle tout en offrant un portrait naturel. Celui de la femme idéale. Dont il ne parvenait pas à détacher le regard, comme s’il craignait qu’un battement de cils révèle qu’il avait s’agit d’un mirage tout du long, d’un rêve insensé, et qu’il n’allait pas tarder à ouvrir les yeux et contempler le plafond de sa chambre, en percevant au loin les bruits de ses frères et soeurs dans la maison.
Mais non. Ils étaient bien perchés sur la falaise et Sharon gloussait, et le coeur de Chad virevoltait, tandis que ses joues se paraient d’une délicieuse lueur embarrassée.
- C’est pourtant vrai, lui assura-t-il, avant de sentir ses lèvres s’écorcher d’un rictus entendu. Un vrai rencard. Tinder, ça compte pas.
Parce que là, évidemment, c’était une autre affaire, il en avait eus plein, bien sûr. Mais ça n’avait pas l’intensité de ce soir, peut-être parce que ça n’avait jamais été Sharon. Peut-être parce qu’il n’avait jamais eu un coup de coeur comme celui-là. Peut-être parce qu’il n’avait jamais laissé l’opportunité aussi, mais qu’importe? L’essentiel était ce qu’il ressentait là, à cet instant précis. Toutes les personnes qu’il avait rencontrées après quelques messages échangés, dans l’unique but de partager un moment de plaisir, sans jamais chercher à découvrir ce qu’il y avait derrière la personne, avaient comblé un vide, un manque, une frustration; elles n’avaient pas marqué son esprit, son coeur et encore moins son âme (cette dernière était trop liée à Rufus, dans son inconscient). Mais Sharon, elle avait été la flèche décochée, qui avait tracé un arc de cercle avant de se ficher profondément dans le coeur instable de Chad. L’en retirer maintenant reviendrait à le faire saigner à mort, il en était persuadé.
- Mais je retiens, ajouta-t-il avec un sourire canaille. Tu aimes mes yeux.
Il se pencha et prit une part de pizza avant de se carrer contre la souche et de glisser un bras aventureux sur les épaules de Sharon, afin de la rapprocher encore un peu, pour s’enivrer de son parfum, pour s’abreuver de sa chaleur. Il mordit dans la pâte chaude et écouta l’histoire revisitée par la jeune femme. Sa voix agréable donnait presque envie de croire à une telle version mais le sourire qui retroussait les lèvres du jeune Siringo laissait penser qu’il était incapable de se figurer une chose pareille. Pas avec ses parents. Son père, ce couillon, ce magouilleur sans envergure qui croupissait en prison en clamant son innocence (et Chad n’avait aucun mal à le croire, il avait sûrement dû se faire piéger) et qui y resterait encore jusqu’à ce que Cody soit majeur, sans doute; sa mère, cette égoïste finie qui vivait désormais aux crochets de ses propres enfants, faute de pouvoir garder un boulot plus de quelques semaines. Peut-être que l’un des deux avait attendu l’autre, admit Chad dans sa tête, mais ce n’était certainement pas pour conclure leur rendez-vous d’un simple baiser (il n’aurait même pas été surpris que ce soit celui qui ait conçu Crystal, tant le manque de considération pour la contraception semblait être une habitude chez ses parents; il refusait de croire qu’ils aient pu choisir d’avoir autant de rejetons quand ils n’avaient pas les moyens de les entretenir et surtout quand il voyait l’absence d’instinct maternel de sa génitrice). Chad préféra toutefois ne pas jouer les cyniques alors qu’il passait un agréable moment en divine compagnie et il chassa ses parents d’un petit rire en concédant, sans être très convaincant:
- Oui, peut-être, qui sait… Ils étaient jeunes.
Qui connaissait leur avenir? Quelles ramifications prendrait leur famille quand ils trouveraient chacun quelqu’un avec qui fonder quelque chose? Ou leur vie chaotique les pousserait-elle à ne jamais multiplier le nom, parce qu’il y avait assez de Siringo en ville? Mais c’était faux. Crystal, déjà, avait ouvert la porte à la génération suivante, qui savait quels autres petits monstres suivraient?
Cela le ramena invariablement au moment présent (non pas qu’il s’imagine déjà avoir un gosse avec la jolie blonde, mais le simple fait d’envisager de construire quelque chose était déjà un pas énorme pour lui, non?) et il reporta son attention sur Sharon:
- Allez, assez parlé de la rencontre hypothétique de mes vieux. Parle-moi de toi. Qu’est-ce que tu fais dans la vie? Où étais-tu tout ce temps où tu as privé Windmont Bay de ta présence?
Parce que leur échange avait été bref, au Mickey’s, mais Chad avait retenu l’essentiel et il ne parvenait toujours pas à croire qu’il ait pu passer à côté de Sharon Hill toute sa vie. Il voulait cependant désormais tout apprendre d’elle, l’écouter parler et rire, se laisser bercer par sa voix veloutée, et imaginer une vie où ils se retrouveraient régulièrement, pour voir où les jours les mèneraient.

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· Re: the only time that we stop laughing is to breathe or steal a kiss · Sam 20 Juin - 19:31
Ainsi donc, des années après qu’une Sharon adolescente se soit languie rêveusement que Chad Siringo l’invite boire un milkshake au Mickey’s Dinner ou observer le coucher de soleil sur Ocean Avenue pour son tout premier rendez-vous amoureux, le même garçon l’invitait au phare pour ce qu’il venait d’avouer être son premier véritable rendez-vous à lui ? C’était une drôle de surprise qui fit ses lèvres se fendre d’un sourire.
« Non je suis d’accord ça ne compte pas. » admit Sharon en hochant le menton. « Dans ce cas OK. » concéda-t-elle alors avec un haussement d’épaules, acceptant finalement l’argument en affichant un indéfectible sourire, laissant ses joues se parer de rose quand Chad releva son compliment.
Elle se demanda sans réellement chercher une réponse à la question, où tout cela les mènerait, lui le garçon dont c’était le premier véritable rendez-vous, et elle la fille au cœur d’artichaut qui avait eu un faible pour lui quelques années auparavant. Elle aurait été incapable de projeter quoi que ce soit – et c’était une constante dans la vie que Sharon avait décidé de mener, elle ne savait jamais trop où elle allait, mais quoi qu’il arrive elle y allait – elle était d'ailleurs d’autant plus prête à foncer dans le mur si elle avait le bras de Chad enroulé ainsi autour de ses épaules. Elle se blottit un peu plus contre la chaleur de son torse et respira le parfum de son cou.
Sharon nota, mais sans le lui faire remarquer à haute voix, que malgré son rire Chad n’avait pas l’air bien convaincu par la petite histoire qu’elle venait de lui conter. Sa version revisitée du premier rendez-vous des parents du garçon, quoi que très enjolivée, ne devait pas compter beaucoup de points communs avec le tableau de la réalité. Elle ne pouvait pas lui en tenir rigueur – pour la rencontre de ses parents aussi, il y avait deux histoires.
Celle à laquelle elle s’était prise à rêver quand elle avait treize ans et qu’elle avait lu ses premiers romans à l’eau-de-rose, qu’elle se repassait encore de temps à autres quoi que moins convaincue et qui donnait envie d’y croire à quiconque aimait les histoires romancées niaises à souhaits ; et puis celle cynique qu’elle avait fomenté plus tard et qui était, du peu que ce que ses parents lui en avaient répété, plus proche de leur réelle rencontre.
Dans la première, sa mère, bien plus entreprenante que son père, avait remarqué celui-ci parmi les badauds alors qu’elle chantait dans un bar, et lorsqu’elle l’avait vu quitter les lieux, elle avait mis fin à sa performance sans avertissement pour l’alpaguer. Il lui avait alors avoué qu’il ne sortait que pour cueillir des fleurs à offrir à la magnifique chanteuse dans l’intention de l’inviter au restaurant une fois sa prestation terminée, elle avait rougi mais n’était pas remontée sur scène.
Dans la seconde, le décor était identique, mais cette fois-ci le père de Sharon renversait sur la chanteuse sa pinte de bière pendant l’entracte de celle-ci. Il se répandait en excuses, finissait par lui demander « je peux vous payer un verre pour me faire pardonner ? » pour s’entendre proposer en réponse « ok, et si ça vous dit on fait un bébé dans la foulée ? ». L’histoire pouvait paraître branlante et cynique et manquait cruellement de romantisme en comparaison à la première, mais elle correspondait à la vision moins romanesque – et plus réaliste – que Sharon avait de ses parents, quand elle les observait du coin de l’œil, et aux maigres éléments dont elle disposait sur les circonstances de leur rencontre, à savoir qu’ils s’étaient rencontrés dans un bar où sa mère se produisait et que Sharon était née avant l’année suivante.
Elle rit avant de répondre quand Chad lui demanda ce qu’elle faisait dans la vie – ne venait-elle pas de lui en faire une démonstration ? Elle avait l’impression de ne faire que ça depuis que Chad était arrivé dans la cour devant chez les Hill : rire et sourire. Ça lui réchauffait le cœur autant que le bras du garçon réchauffait ses épaules. « Je raconte des histoires semblables à celle que je viens de te raconter. » À la différence que les histoires qu’elle narrait devant son micro étaient beaucoup plus riches de détails et du reste bien mieux ficelées et relatées que celle qu’elle venait d’inventer – non qu’elle y soit pour quoi ce soit, il n’aurait pas fallu attendre de Sharon qu’elle écrivît la moindre ligne (quoi qu’elle en eût l’imagination), elle se contentait de lire les textes que d’autres rédigeaient pour elle. « À la radio. » précisa-t-elle immédiatement, pour clarifier. « J’anime une émission de récits et d’histoires. »
Il n’y avait pas grand-chose de plus à dire là-dessus. Elle avait un job dont les contraintes étaient minimes, la rémunération correcte et l’investissement modéré – ça lui convenait plus que bien sans qu’elle ne demandât davantage, Sharon ne réfléchissait pas forcément « long terme », « carrière » ou « ambitions », elle se laissait simplement porter. Elle avait passé tant d’années à se contenter de rêver sa vie que, désormais qu’elle avait commencé à la vivre, elle ne ressentait pas le besoin de faire des plans sur la comète ou se fixer des objectifs : elle faisait seulement ce dont elle avait envie sur le moment et les choses lui convenaient ainsi car Sharon ne s’en sentait pas pour autant paumée, mais seulement plus libre.
La deuxième partie de la question de Chad lui laissa davantage matière à réflexion. « Priver Windmont Bay de sa présence. », rien que l’expression fit naître un rictus au coin des lèvres de Sharon. À sa connaissance, pas un quidam à Windmont Bay ne s’était senti privé de quoi que ce soit le jour où elle était partie pour la fac – à part Mike, peut-être, mais c’était une autre histoire – ah si, sans doute avait-elle privé les langues de vipères d’une cible facile pour leurs moqueries et les rumeurs.
Et puis, désormais elle pouvait également se laisser aller à penser qu’elle avait privé quelques années Chad Siringo de son premier véritable rendez-vous.
Mais à part ça...
« Je suis partie à la fac. Et même si ça a été un raté et que je n’y suis pas restée bien longtemps, je n’avais pas vraiment envie de rentrer. » Sharon avait compris que Chad n’avait jamais remarqué son existence quand ils n’étaient encore que des gamins ou des ados et qu’il n’avait, de fait, jamais fait le lien entre la petite grosse qu’elle était alors et l’espiègle et fine jeune femme qu’il avait devant lui. Cependant elle se demanda un instant s’il n’avait jamais entendu le nom des Hill dans le murmure des conversations que les commères les plus malveillantes de la ville laissaient courir sur sa famille. « Mais je suppose qu’on finit toujours par revenir sur ses pas, non ? je suis revenue à Windmont en décembre pour mon petit frère, il est en pleine crise d’adolescence, mon père est complètement dépassé... mais si ça n’avait pas été pour Mike, j’imagine que ça aurait été pour autre chose. » Sharon haussa les épaules et rit doucement en finissant sa phrase, constatant qu’elle avait saisi et avalé sans tout à fait s’en rendre compte une deuxième part de pizza. Elle se pencha pour saisir le thermos et en but quelques gorgées, après quoi elle s’allongea le dos sur la couverture qui avait été étendue sur la souche, pieds au sol et genoux pliés vers le ciel, le creux de sa tête calé sur la cuisse de Chad.
Elle observa un moment le profil du garçon (toujours aussi renversant) depuis son nouveau point de vue. Elle était revenue (à reculons) à Windmont Bay pour Mike – mais si demain Mike allait mieux, ne trouverait-elle pas entre temps une autre raison de rester ? Ses lèvres s’étirèrent sur un fin sourire amusé et Sharon esquissa un mouvement du menton vers Chad. « Et toi ? » l’interrogea-t-elle à son tour. Elle se souvint d’un détail mentionné lors de leur rencontre au Mickey’s Dinner. « Pourquoi n’être jamais parti ? »

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· Re: the only time that we stop laughing is to breathe or steal a kiss · Mar 28 Juil - 11:51
Il la connaissait si peu et il se sentait pourtant déjà si bien avec elle. Peut-être était-ce juste la magie des premiers instants, l'éblouissement causé par le sourire renversant de Sharon, ou l'hypnose que provoquait sa voix chaude et envoûtante, ou encore la noyade dont il était victime chaque fois qu'il plongeait son regard dans les lagons paradisiaques de la jeune femme. Mais il en doutait. Il ne savait pas pourquoi mais c'était comme ça. Un truc qui lui chatouillait les entrailles, qui rebondissait dans son coeur, qui enivrait ses sens d'une façon bien plus exquise que l'alcool. C'était l'effet dévastateur de sa beauté enchantée, évidemment, mais Chad était sûr que ça n'était pas que ça. C'était aussi le magnétisme de son attitude, la légèreté de sa personnalité, son assurance exquise mais pas imposante. Il se demandait comment un loser comme lui avait pu convaincre une nana comme elle de le rejoindre pour un rendez-vous aux allures improvisées, tellement il était mal organisé. Et pourtant, elle était là, en chair et en os, à couper le souffle du malheureux Siringo.
Elle aurait pu continuer à inventer des histoires, autant qu'elle le désirait, il serait resté là à l'écouter inlassablement, plus concentré sur le contact de leurs corps pressés l'un contre l'autre que sur ses mots peut-être, si le sujet de ses paroles n'avait pas été aussi délicat. Non pas que Chad ait honte des siens, c'était un bagage qu'il traînait depuis longtemps, connu de tout Windmont Bay et chacune des personnes qui avait eu à les côtoyer avait sûrement sa propre idée sur la fratrie et ses géniteurs, mais ça n'en restait pas moins un sujet qu'il n'abordait pas facilement. Le temps donnerait bien à Sharon la possibilité de rencontrer les spécimens de son clan si leur entente continuait sur cette voie - même s'il n'avait pas hâte et redoutait plutôt de la faire fuir si elle voyait ce qu'il traînait dans son sillage. Pourtant, séparément, il était sûr que chacun de ses frères et soeurs était cool, mais tous ensemble, ils avaient plutôt tendance à faire des étincelles et à ne pas se montrer à leur avantage. Mais ils n'en étaient pas encore là, se rassura Chad. C'était leur premier rendez-vous, il devait se concentrer sur un jour à la fois et ne pas guetter les nuages noirs à l'horizon.
- Vraiment? Il va falloir que je me mette à écouter la radio, dans ce cas, dit-il en sachant pertinemment qu'il allait le faire - la simple perspective de pouvoir s'allonger en écoutant la voix veloutée de Sharon était déjà un rêve éveillé. Je parie qu'il y a des milliers de mecs qui l'allument rien que pour entendre ta voix, ajouta-t-il en jouant distraitement avec l'une des mèches de la jeune femme.
Oh, il était jaloux de tous ces types qui connaissaient déjà ce secret bien gardé et qui branchaient leur lecteur pour se laisser bercer par le timbre enchanteur de l'animatrice radio. Perdu dans sa contemplation de l'horizon, il ne décela pas l'effet qu'avait eu sa réflexion, n'imaginant pas une seule seconde, évidemment, qu'une déesse comme elle ait pu traverser une adolescence pénible. Il savait pourtant que cette période n'était pas simple à vivre, il avait eu son propre lot de drames, dont un qui avait sensiblement changé sa vie, mais à côté de la mort de Caleb, tout ça lui paraissait bien dérisoire.
- Tu m'étonnes..., commenta-t-il avec un sourire gondolé.
Sharon n'avait pas tort. On finissait toujours par revenir sur ses pas. Lui, c'était la culpabilité qui l'avait fait rentrer, la conscience qu'il n'aurait jamais dû partir en premier lieu, mais il ne s'était pas senti capable de rester. Pas après le drame qui avait marqué à jamais les Siringo. Il écopait encore des conséquences de ce choix égoïste et irréfléchi mais il ne le regrettait pas. Il avait eu besoin de s'éloigner, de ne plus être noyé parmi les siens et si le prix à payer était leur rancoeur, il ferait en sorte de se racheter, qu'importe le temps que ça prendrait.
Chad écarta le bras en sentant Sharon remuer et en profita pour attraper à son tour le thermos et boire quelques gorgées. Il émit un soupir satisfait et se passa le poignet sur les lèvres pour ôter toute éventuelle trace de pizza, avant de baisser les yeux vers Sharon - dont la nouvelle position aurait mis Chad dans l'embarras, quelques années plus tôt. Mais la nouveau point de vue était aussi charmant que les autres et il se cala plus confortablement contre la souche, tout en inspirant, avant de répondre, sans la quitter des yeux, comme s'il parlait sous le coup de l'hypnose, le regard perdu dans un monde abstrait, lointain:
- Je suis parti... Trois mois. Après la mort de mon frère. On me le reproche toujours à l'heure actuelle.
Il dit cela avec un sourire comme si c'était une plaisanterie, parce qu'il ne voulait pas ruiner l'ambiance avec des paroles sombres et pesantes, mais c'était la vérité, il ne voyait pas l'intérêt de la cacher. Il poursuivit toutefois, se confiant plus à Sharon qu'il ne l'avait fait avec quiconque depuis son retour, sans savoir pourquoi il y arrivait avec elle et pas avec Rufus.
- Je ne suis pas allé bien loin. J'ai trainé du côté de Lincoln City. Puis il a bien fallu revenir.
Un haussement d'épaules conclut sa brève confession. Il ne lui dirait pas qu'il s'était saoulé la gueule pendant des semaines, qu'il avait perdu toute notion du temps. Il ne précisa pas qu'il était parti un soir, sans prévenir personne, qu'il avait laissé les siens se faire un sang d'encre, qu'il n'avait pas donné de nouvelles, qu'il était juste revenu, un jour, comme une fleur, mais que sa désertion n'avait pas été pardonnée. Mais il ne demandait même pas pardon.
Son regard trouble se concentra à nouveau sur Sharon et le sourire de Chad se creusa:
- Je ne crois pas que j'aurais quitté Windmont Bay autrement. J'ai l'impression d'être cloué à cet endroit. Tu ne regrettes pas d'être revenue, toi?
Il ne songeait même pas à la situation qui l'avait poussée à revenir mais plutôt à ce qu'elle avait laissé derrière elle pour revenir à la case départ. N'aurait-elle pas préféré rester loin de Windmont Bay, malgré tout? Ou cela signifiait-il que l'herbe n'était pas plus verte ailleurs et qu'il pouvait dès lors se contenter de l'existence qu'il avait, ici et maintenant?

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· Re: the only time that we stop laughing is to breathe or steal a kiss · Ven 31 Juil - 22:00
« Je ne suis pas sûre que ça te plaise, ce sont surtout des histoires pour les mères de famille. » gloussa-t-elle, bien que l’idée d’un Chad allongé sur son lit en train d’écouter sa voix qui raconterait une romance à l’eau de rose ou un fait divers en fixant le plafond de sa chambre d’un air amoureux lui plaisait bien. « Et si tu veux entendre ma voix, tu as mon numéro de téléphone contrairement à ces milliers d’auditeurs ! » le taquina Sharon en se mordant la lèvre sous des airs rieurs.
Ce n’était pas comme si son émission était diffusée sur une radio de masse aux horaires de grande écoute – mais elle avait déjà reçu quelques courriers, de la part d’enfants surtout, qui accompagnaient leurs mots de dessins approximatifs, et de mères au foyer qui la remerciaient d’égayer leurs longues après-midi. Les hommes étaient plus rares, sauf un mémorable (un fétichiste archi tordu) qui avait écrit et appelé plusieurs fois à la station de radio pour savoir quelle était sa pointure et quel type de chaussures elle portait quand elle lisait ses textes. Il n’y avait pas davantage de fierté à exercer le métier qu’elle s’était choisie – il ne s’agissait jamais que de lire des textes – mais c’était la vie qu’elle menait désormais, loin (si ce n’est en terme de distance, du moins en terme de quotidien) de ce qu’avait été ses années d’enfance à Windmont Bay.
Sur ce sujet là, d’ailleurs, Sharon ne s’épancha pas davantage. Chad sembla comprendre l’idée et elle lui fût reconnaissante de ne pas insister – non pas que les cicatrices de ses jeunes années furent encore vives (quoi qu’un peu), simplement cette vie était passée et soit dit en passant cela lui convenait bien que la plupart des gens de Windmont Bay ne fassent pas le lien entre la jolie blonde au sourire carnassier qui arpentait la ville sur son scooter rutilant et l’adolescente passive en surpoids qui avait valu nombre de leurs moqueries moins d’une décennie plus tôt.
La confession si intime de Chad, vers qui le sujet avait ainsi été orienté, la surprit quoi qu’elle ne le montrât pas tant – elle avait raté pas mal de choses pendant son absence de Windmont Bay, y compris le drame qui avait frappé les Siringo. Une vague de mélancolie et de compassion la fit frissonner et Sharon se pelotonna imperceptiblement plus étroitement vers Chad, sa nuque reposant toujours contre sa cuisse. Elle ne pût s’empêcher de l’imaginer mettre les voiles, le cœur lourd, planté sur le siège de son scooter qui filait droit vers le sud ; et de s’interroger, le cœur serré : que ferait-elle s’il arrivait un jour quelque chose à Mike ? Ses dernières frasques avaient été encore loin de le mettre en danger à ce point mais qui savait ce qui pouvait survenir le lendemain. Et si jamais les choses tournaient mal, qu’est-ce qui serait pour Sharon le plus difficile : rester à Windmont Bay où ils avaient tous leurs souvenirs en commun, depuis le jour où leur mère avec débarqué avec le poupon dans les bras quand elle avait une douzaine d’années, ou bien partir en abandonnant son père à sa solitude et son chagrin ? « Tu as fait ce dont tu avais besoin, j’imagine. » répondit-elle d’une voix douce, lui épargnant les « Je suis désolée. » de rigueur. Elle réalisa que sa main était venue retrouver celle de Chad sans qu’elle ne s’en rende compte, ses doigts glissant délicatement entre ses phalanges, et elle exerça une légère pression de sa paume contre la sienne.
Lui le garçon cloué à Windmont Bay et elle la fille qui y était revenue, comme attirée par la force d’un aimant. Elle se figura leur duo dans un autre décor – pourquoi pas la Californie, tout le monde devait être heureux dans un état aussi ensoleillé et bercé par des vagues assez hautes pour y surfer. Sharon avait toujours aimé à penser que son futur se jouait loin de la petite ville portuaire de son enfance – mais la vérité était qu’elle n’en savait rien. La preuve, à vingt-cinq ans, tout juste sept années après s’en être enfuie, elle était de retour à la case départ. Ce retour, elle ne l’avait pas vraiment réfléchi, il n’avait fallu qu’un coup de fil passablement alarmiste de son père pour la décider à rentrer fissa. Ce n’était qu’une fois dans le train qu’elle avait pris la mesure de cette décision arrêtée sur un coup de tête, mais même alors elle n’avait pas envisagé de faire marche arrière – plus elle pensait à Mike, plus elle se disait que revenir auprès de lui ne pouvait qu’être bénéfique à l’équilibre de son petit-frère. « Je me suis posée la question au début... » reconnut-elle, songeuse. Il lui fallait toutefois admettre que le retour au bercail avait été moins terrible qu’elle n’eut pu l’imaginer. Certes, les moqueries sur ces bouseux de Hill n’avaient jamais cessé, et en plus ça jugeait à tout-va l’éducation de Mike dont les écarts s’étaient vite ébruités – mais la plupart des habitants ne la reconnaissaient pas pour l’instant, alors ils lui fichaient la paix, en fait c’en était même parfois plutôt amusant quand elle y pensait.
Elle leva les yeux vers le visage de Chad, penché sur elle, ses yeux clairs qui la sondaient, son sourire en coin tout bonnement craquant, et derrière lui le ciel qui se paraît d’étoiles. Si Sharon regrettait d’être revenue ? Maintenant qu’elle y pensait, il n’y avait pas vraiment matière aux regrets. Ses lèvres s’ourlèrent d’un sourire qui monta lentement jusqu’à ses joues rosies. « Mais finalement je me dis que je resterai bien encore un peu. » La moue mutine, les yeux pétillants, Sharon se redressa sur ses coudes et tendit le cou pour venir presser tendrement ses lèvres contre celles de Chad Siringo.

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Chad Siringo

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· Re: the only time that we stop laughing is to breathe or steal a kiss · Ven 28 Aoû - 10:09
Un sourire irrépressible chatouilla les lèvres de Chad lorsqu’il songea qu’elle pourrait même raconter les pires horreurs qui soient, c’était sa voix qui faisait la magie de l’écoute, mais cela aurait pu être interpréter différemment, comme s’il se fichait de ce qu’elle disait, alors que ce n’était pas vrai. Il aimait l’écouter. Il adorait la regarder, il l’aurait bien observée sous toutes les coutures si ça n’avait pas pu créer un certain embarras. Il était complètement happé, irrésistiblement attiré, et s’il fallait appeler ça le coup de foudre, Chad avait l’impression que c’était encore loin du compte. Sharon Hill l’avait envoûté, dès l’instant où il l’avait vue pour la première fois – ou du moins le croyait-il. Il aurait eu honte de savoir qu’il l’avait souvent croisée alors qu’elle était adolescente et lui à peine plus âgé qu’elle, et il aurait dû admettre qu’il n’était qu’un mec, qu’il en avait toutes les faiblesses, et qu’un sourire pouvait le renverser, mais qu’il pouvait être complètement aveugle ou imperméable à une personne plus discrète, plus banale en apparence. Mais le jeune Siringo ne pouvait que savourer l’instant présent et les seules bribes que Sharon lui avaient dévoilées jusque-là, et quand elle argua que contrairement aux autres, il avait son numéro de téléphone, Chad eut un sourire canaille, mi-fier de lui, mi-honoré d’avoir cette chance inouïe.
- J’en reviens toujours pas, d’ailleurs, souffla-t-il plus pour lui-même qu’autre chose.
Surtout vu la façon dont il s’était installé à la table, envahissant son espace, volant quelques précieuses minutes à un temps qui lui était compté. Mais peut-être était-ce l’audace qui avait payé, peut-être était-ce cet instant de folie, sans la moindre humilité, qui lui avait permis d’attirer l’attention de Sharon sur lui. Comme quoi, ne pas avoir de manières pouvait payer, parfois, songea Chad en riant intérieurement.
Leur conversation dévia toutefois dangereusement vers une pente qui n’aurait pas dû être abordée comme ça, lors d’un premier rendez-vous, sans préparation du terrain. C’était cependant là encore ce qu’il appréciait du peu de temps qu’il avait pu passer avec la sirène : la spontanéité, les changements de direction, l’imprévisibilité, même si ça devait les mener vers des souvenirs douloureux, même si ça devait laisser entrevoir qu’il n’était pas aussi nonchalant qu’il aimait à le laisser penser. La compassion de Sharon le caressa et il pinça les lèvres avec une moue dubitative. Il ne savait pas si c’était ce dont il avait eu besoin, mais il n’avait pas vu d’autre issue, il n’avait pas pu résister à l’urgence de cette terreur qui le taraudait. Il avait fui parce qu’il ne savait pas quoi faire d’autres. Et il était revenu pour la même raison, finalement.
Chad baissa les yeux en sentant une douce chaleur lui presser la paume et il répondit à l’étreinte des doigts de Sharon, conscient du frisson délicieux que ce simple contact lui procurait. Son pouce caressa machinalement la peau veloutée et, de sa main libre, il effleura les mèches blondes, frôlant la tempe de Sharon, son regard suivant le mouvement de ses doigts avant de glisser à nouveau vers les traits parfaits de la jeune femme. Sa beauté était presque douloureuse à regarder et Chad se mordit l’intérieur de la joue pour ne pas succomber, pour ne pas se laisser glisser dans une contemplation rêveuse et absente.
Il lui retourna la question parce qu’il avait beau ne pas exceller dans les conversations sérieuses, ne pas aimer particulièrement s’attarder sur les choses qui faisaient mal, il n’aspirait pas à détourner le sens de leur discussion. C’était comme ça qu’ils apprendraient à se connaitre, après tout. Le cœur ouvert aux intempéries de la vie, même s’il aurait peut-être mieux valu qu’il joue encore quelques temps la carte de l’insouciance. Mais peut-être qu’il y avait une connivence insoupçonnée à pouvoir laisser entrevoir les failles, peut-être qu’il pouvait laisser tomber le masque, lorsqu’il était avec Sharon.
Un sourire glissa sur les lèvres de Sharon et, naturellement, instinctivement, Chad sourit à son tour, incapable de résister à l’éblouissement, sans même vraiment oser espérer ce qui allait suivre. A ce moment-là, il aurait pu se contenter d’un regard insondable, éternel, sans nécessité d’user de mots pour combler l’espace, l’air, le temps, mais il pouvait aussi plonger dans l’eau tiède, laisser son cœur gonfler dans sa cage thoracique et tous ses sens s’agiter en décelant le mouvement de la jeune femme et en accueillant ses lèvres douces.
Chad ferma les yeux, comme si c’était un rêve dont il ne voulait pas émerger, ou tout simplement pour savourer chaque seconde, chaque sensation, s’imprégner de l’instant, le faire durer le plus longtemps. Il retint même son souffle, l’espace d’une respiration, puis ses muscles se décontractèrent et ses doigts glissèrent sur la joue de Sharon. Chad se pencha un peu plus, prolongea le baiser en douceur puis, galvanisé par le contact, logea sa main sous la nuque de la jeune femme, comme pour la soutenir. Ce ne fut qu’au moment où il avait l’impression qu’il allait oublier toute retenue qu’il cessa de l’embrasser, non sans émettre un petit rire abasourdi :
- Wow, laissa-t-il échapper avant de se pincer les lèvres, comme s’il voulait capturer les sensations, et de rouvrir les yeux. Wow…, répéta-t-il, en la contemplant. J’ai l’impression qu’on exauce un vœu dont je n’avais même pas conscience…
La poésie et Chad, ça faisait deux, évidemment, mais il ne savait pas comment exprimer autrement cette allégresse et cette légèreté qui prenaient possession de son corps et de son esprit. Toutes ses aventures, qui se dissolvaient dans un brouillard d’alcool, ne pourraient jamais rivaliser avec l’onde qui le traversait à cet instant précis. Il fut tenté de plaisanter d’un please, don’t leave Windmont Bay ever again mais 1) il n’avait pas la prétention de se dire qu’il pourrait la retenir, 2) il savait que, quoi qu’il arrive, il ne voulait pas être un frein à quoi que ce soit, à qui que ce soit, et certainement pas pour une déesse comme Sharon. A la place, il murmura, le voix un peu rauque :
- Quelle merveilleuse idée…
Chad sourit, pressa doucement son front contre celui de la belle, ses pouces traçant des cercles invisibles sur sa joue et l’arc de son cou, et laissa échapper, sur le ton de la plaisanterie :
- Bon, je ne dois pas si mal m’en sortir, si je suis gratifié d’un baiser alors que je n’ai même pas ramené à boire !
Il s’écarta en riant, la dévisagea une poignée de secondes, puis ne résista pas à l’envie de goûter à nouveau à ses lèvres.

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· Re: the only time that we stop laughing is to breathe or steal a kiss · Sam 12 Sep - 12:39
Elle ne s’était pas attendue à ce qu’ils abordent ce soir – même de façon aussi pudique, incomplète et réservée – des sujets un peu privées. Les tourments familiaux ou le deuil d’un frère n’étaient pas des sujets qui avaient été mis sur la table lors des rencards que Sharon avait précédemment pu avoir avec d’autres garçons – il ne s’agissait souvent que de se montrer sous son plus beau jour, caresser la surface sans jamais gratter plus profondément, jouer de sourires comme si elle n’était qu’une poupée sans rien laisser entrevoir de ce qui se cachait derrière. Mais après tout, ces premiers rendez-vous-là ne l’avaient jamais menée nulle part (jusqu’à un deuxième, un troisième peut-être, mais rien de plus) et ne s’étaient pas spécialement mieux déroulés que celui-ci, au contraire – alors peut-être finalement était-ce Chad Siringo et son inexpérience en la matière qui détenaient le secret le mieux gardé des premiers rendez-vous, la laissant entrevoir à son tour des bribes de lui qui l’incitaient à serrer un peu plus fort sa paume dans la sienne.
Quand à savoir si elle ne regrettait pas son retour à Windmont Bay... Les regrets n’étaient pas de mise quand elle observait du coin de l’œil Chad qui la dévorait des yeux et lui servait des sourires craquants en pagaille, et un départ n’était pas d’actualité – pas alors que la dernière fugue de Mike remontait à une dizaine de jours et que cela ne faisait guère qu’un mois qu’elle avait repris l’animation de la tranche de quinze heures de la sixième radio orégonaise (laquelle lui offrait par ailleurs plus d’heures d’antenne, et donc une visibilité et un salaire un peu plus cools que son précédent job à Seattle). Et si ces instants volés passés avec Chad ne représentaient pas – ou pas encore – une raison supplémentaire pour prolonger son séjour dans sa ville natale, ils paraissaient déjà assez précieux pour lui rendre ce séjour incontestablement plus agréable.
Et quoi de mieux pour rendre le moment plus agréable encore que sceller ses lèvres à celles qui, à force de sourires, lui étaient de plus en plus appétissantes à mesure que la soirée avançait ? Sharon céda sans tarder à la tentation et pressa d’abord tendrement ses lèvres contre celles de Chad, puis avec davantage de gourmandise une fois qu’elle eût goûté à leur chaleur et en sentant ses doigts installés contre sa joue. Elle se laissa emporter par l’ardeur du garçon jusqu’à boire ses lèvres à grand soif et n’accepta de le laisser s’échapper que parce que l’air commençait à lui manquer.
Deux « wow » – le rose monté aux joues, Sharon se mordit la lèvre en rouvrant les yeux et, malgré son souffle court comme après un match de basket, elle pouffa. Elle repensa aux messages échangés la veille – si ce n’était pas là un poète romantique ! – puis effleura le bout du nez de Chad du sien. « Si j’avais su que ça te ferait cet effet-là. » Elle plongea ses prunelles frétillantes dans le regard du garçon et sourit du bout des lèvres sans oser le taquiner bien davantage, simplement parce qu’elle n’en pensait somme toute pas moins que lui – n’était-ce pas son propre cœur que Sharon entendait d’ici danser allègrement la polka dans sa poitrine depuis que ses lèvres avaient rencontrées celles de Chad ?
Les pouces du jeune homme qui caressaient sa joue faisaient naître une myriade de frissons le long de sa nuque. Sharon sourit pour la millionième fois de la soirée, son regard se baladant sur le visage du garçon dont la proximité lui permettait d’observer le moindre détail. Franchement, qui avait besoin d’eau quand elle pouvait boire ses lèvres-là ? « Pas mal du tout même pour un premier, premier rendez-vous. » lui accorda-t-elle en laissant malicieusement ses yeux glisser sur l’arc de ses lèvres dont elle avait encore la sensation imprimée contre sa bouche – et taquine, même si après un baiser comme celui-là elle aurait pu être un peu plus généreuse que "pas mal du tout".
Elle recula son front du sien et son rire vint se mêler à celui du jeune homme. « D’ailleurs, je crois que je viens de te priver de la véritable expérience du premier rendez-vous... » lui avoua Sharon d’une petite voix avec de faux-airs de remords qui ne trompaient personne. Elle clarifia : « C’est un peu frustrant mais normalement, il faut attendre au moins le second rencard pour s’embrasser. » Elle hocha lentement la tête mais ne put réprimer le rictus qui lui étirait le coin des lèvres. « Désolée. » Elle avait rarement paru aussi peu désolée qu’en prononçant ces piètres excuses et encore moins lorsqu’elle perçut le geste qu’amorçait Chad pour venir l’embrasser à nouveau. Sharon glissa sur le côté et se releva sur ses genoux, elle se pencha à son tour vers Chad et sourit tout contre les lèvres du garçon, dont le visage n’était plus loin du sien que de quelques millimètres. Elle coula une main sur sa nuque, à la racine des cheveux bruns dans lesquels elle glissa ses doigts et de l’autre attrapa le revers du col de sa veste pour mieux avoir le jeune homme tout près d’elle alors qu’il venait s’emparer à nouveau de ses lèvres. Sharon n’oublia cette fois-ci pas de respirer pour l’embrasser plus longuement, glisser sa langue entre les lèvres de Chad, s’imprégner du goût chaud et sucré de sa bouche et inspirer profondément son souffle tiède.
Elle se détacha, lentement, après de longues minutes qui n’avaient qu’à peine suffi à la rassasier mais étaient parvenues à faire s'emballer son palpitant. Elle noua alors ses bras autour de la nuque du jeune homme et enfouit son visage au creux de son cou où elle laissa échapper un petit rire amusé qui lui collait encore aux lèvres quand elle releva la tête. « Bon OK, je dirais même mieux que "pas mal", ça vaut carrément un deuxième rencard. » Ça aussi, ce n’était pas tout à fait dans les règles – ça aurait probablement dû être à Chad de lui proposer de se revoir, et elle de le faire languir un moment au lieu de le devancer – mais il aurait désormais compris depuis longtemps que Sharon faisait fi de toutes les règles qui pouvaient bien exister.

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